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A u t o m n e 2010,

volume

22,

numéro

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Sommaire

Photo de la page couverture Vallée Bras du Nord LMI – Daniel Pouplot

Récits - Découvertes

Éditorial

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Fédération Festival de la marche 2010 Prix Sentiers-Québec 2009 On gagne à être membre Journée nationale des sentiers Le Sentier national au Québec a 20 ans

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Régions

Info-Sentiers 10

L’envers du décor

La Sépaq a 25 ans

Histoire

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La petite histoire du Parc national du Mont-Saint-Bruno 36

Équipement Bien éclairé pour la randonnée 38 Couteaux - Choisir sans couper court 40

28 Arrière-pays de Charlevoix

Destinations 30 Les plus hauts sommets

Santé Respirez par le nez 45 Bien se nourrir en longue randonnée 46 Capsules santé 47 Environnement La protection de la biodiversité 48 Lèche-vitrine Trouvailles et nouveautés 50

À la rescousse

18

20

38

16

Une vraie plaie! 50

Lecture Calendrier des activités

Paysage du Québec

Technique Les chasse-ours 42

13 Mont Lafayette - C’était l’hiver en septembre 14 Parc de la Rivière Gentilly - Un séjour énergisant 16 La Traversée de Charlevoix 18 Baie McLaurin - L’histoire de la tour 20 Découvrez le Parc national de Zapata 22 Coup de cœur pour Winnipeg 24 Saskatoon, la ville des ponts 25 Parc national de la Gaspésie 26 Station Mont-Tremblant

Cahier encarté

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Sentier Le Trappeur (Mauricie) Tronçon du Sentier national Carte détachable à la page 53


Éditorial

M a r c h e Randonnée

Droits, et

devoirs privilèges

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oin de moi l’idée d’initier une profonde réflexion sur l’être humain, ou de revisiter la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais plutôt de rappeler aux marcheurs et aux randonneurs les réalités de notre quotidien. Peu de monde se questionne sur la liberté qu’il a d’arpenter les trottoirs de sa ville ou les sentiers des parcs urbains, tenant pour acquis que tout cela fait partie de droits que lui accorde son statut de citoyen. La fréquentation et l’usage de ces infrastructures déclarées publiques sont pourtant régis par des lois et règlements que chacun de nous, membres d’une collectivité, se doit de respecter. Une dérogation peut être sanctionnée, sans remettre toutefois en question l’existence de cette infrastructure. Nous dirons que nous avons le privilège d’avoir un droit d’usage qui comporte des devoirs pour être maintenu. Mais, bref… c’est tellement évident ! Eh bien, confrères marcheurs et marcheuses, randonneurs et randonneuses, le milieu naturel dans lequel s’effectue la grande majorité de nos activités pédestres a aussi ses lois et règlements, ces privilèges accordés qui n’en font pas des droits immuables et, de ce fait, des devoirs que nous ne devons jamais oublier. Nous voilà donc revenus à la question récurrente de notre comportement lors de la fréquentation des sentiers et des conséquences qu’il peut avoir sur le maintien d’un privilège d’accès. Que le territoire soit public ou privé, un sentier reste tributaire d’une permission accordée. Ici par le ministère des Ressources naturelles, gestionnaire des terres de la Couronne, ailleurs par un propriétaire privé, que ce soit un individu unique ou un groupe légalement constitué. Quoi qu’il en soit, cette permission comporte des conditions d’usage et le non-respect de celles-ci peut, ici, signifier non seulement la perte ou la restriction d’un accès, mais même la disparition d’un sentier.

L’obtention d’un droit de passage n’est pas toujours évidente et bien souvent, surtout dans le cas des terres privées, le résultat d’une démarche longue et exigeante. Sa perte, par contre, semble, à côté, d’une simplicité déconcertante. Un simple changement de propriétaire ou un geste non autorisé posé par un randonneur négligent et ce qui était l’assurance d’agréables randonnées disparaît de notre patrimoine pédestre. En fait, un patrimoine qui ne nous appartient jamais vraiment et dont nous ne sommes que des usagers.

MARCHE-Randonnée est publiée quatre fois par année par la Fédération québécoise de la marche, organisme sans but lucratif œuvrant au développement de la marche sous toutes ses formes au Québec.

Siège

social

4545, avenue Pierre-De Coubertin C.P. 1000, succursale M Montréal (Québec) H1V 3R2 Téléphone : 514 252-3157 • 1 866 252-2065 Télécopieur : 514 252-5137 Internet : www.fqmarche.qc.ca Courriel  : revuemarche@fqmarche.qc.ca MARCHE-Randonnée est réalisée grâce à la collaboration précieuse des bénévoles.

Comité

de la revue

Annie G’sell, Daniel Pouplot, Audrey Roussin

Coordination Nicole Blondeau

Correction Monique Duguay

Le développement de nouveaux outils comme le GPS, ou d’activités comme la raquette horspiste ou le géocaching, tous invitant à « sortir des sentiers battus », comme le dit si bien l’expression, ne doit pas conduire à développer une attitude qui, en d’autres lieux, sera dommageable ou interdite. Il nous faut donc rappeler à chacun qu’il se doit d’adapter ses pratiques de marche et de randonnée aux conventions liées aux droits de passage obtenus, tant sur les terres publiques que privées, et dont le gestionnaire du lieu aménagé où il se trouve devrait l’avoir informé. Quitter le sentier, camper n’importe où, faire du feu lorsque qu’interdit (en coupant du bois en plus!), laisser des déchets et bien d’autres gestes que nous pourrions trouver anodins deviennent des motifs possibles pour celui qui a donné sa permission, de la reprendre.

Graphisme - Mise

Même si la propriété privée et différentes pratiques d’exploitation du territoire continueront de se développer, nous pourrons profiter encore de l’usage de celui-ci si nous savons composer avec les droits de chacun. Le partage est une pièce maîtresse de la vie en société et nous avons chacun notre part à faire.

Imprimerie

Participez au développement du réseau pédestre québécois en agissant en tout temps dans le respect des autres. Bonnes randonnées ! Daniel Pouplot

en page

Simon Fortin — www.samourai.ca

Cartographie Marc Létourneau

Publicité Communications Publi-Services : 450 227-8414 Roselyne Thibault : poste 306 rthibault@publi-services.com Jean Thibault : poste 302 jthibault@publi-services.com

Collaborateurs Julie Aubé, Lucie Boulianne, Claude P. Côté, Marcel Descarreaux, David Desjardins, Sophie Dionne, Pierre Duff, Dominic Gendron, Harold Gilbert, Claudine Hébert, Laurent Jourdain, Jean-Paul Lahaie, Dominique Lemieux, Marie-Lou Phaneuf, Julie Poirier, France Rivet, Lise Rochette, Hélène Simard. J.B. Deschamps La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes. Poste-publications No de convention : 40069242 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN-1495-687x

Dates de tombée des prochains numéros Le prochain numéro paraîtra le 10 décembre 2010. Tous les textes doivent nous parvenir, au plus tard, le vendredi 1er octobre 2010. Le calendrier des activités couvrira la période du 11 décembre 2010 au 3 avril 2011. Pour le numéro du printemps, qui paraîtra le 25 mars 2011, les textes doivent nous parvenir pour le vendredi 14 janvier 2011. Adressez vos envois à : Comité de la revue, Fédération québécoise de la marche, C.P. 1000, succ. M, Montréal (Québec) H1V 3R2

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Fédération Photo : Pierre Brasseur

Festival de la marche

2010 P

Il est encore temps de vous inscrire

articipez au grand rassemblement annuel des marcheurs et des randonneurs le dimanche 26 septembre prochain, à Rigaud.

Cette année, quatre circuits pour niveaux et goûts variés, un « village des marcheurs » et un tirage de nombreux prix de présence vous sont proposés. De plus, un repas cuisiné à la mode d’autrefois, accompagné d’animation au violon et à la cuillère, sera servi dès 17 h (inscription au préalable seulement), le tout déployé dans l’ambiance chaleureuse et champêtre de la Sucrerie de la Montagne. Joignez-vous aux festivités ! Venez découvrir les érablières flamboyantes et le fameux « champ du diable » dans les sentiers du mont Rigaud.

Inscription par téléphone ou en ligne : Fédération québécoise de la marche • www.fqmarche.qc.ca • 514 252-3157 • 1 866 252-2065 Inscriptions : • 13 $ membre de la Fédération • 15 $ non membre • Gratuit pour les moins de 12 ans, accompagnés d’un adulte. Souper • 15 $ pour les 12 ans et moins • 20 $ pour les plus de 12 ans

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Prix SentiersQuébec 2009

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e 9 juin dernier, lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération québécoise de la marche, le Prix Sentiers-Québec 2009 a été remis à la Récré-Eau des Quinze. Chaque année, la Fédération décerne ce prix à un organisme ou à un individu qui a contribué de façon exceptionnelle au développement des sentiers pédestres au Québec.

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Fédération

Le dynamisme de l’équipe et la qualité du produit ont fait que Récré-Eau des Quinze a été reconnu pour avoir développé le réseau de sentiers pédestres le plus important et le mieux aménagé du Témiscamingue. De plus, l’organisme est devenu rapidement une référence en Mme Lidia Bontems, vice-présidente du conseil matière de gestion et de promotion d’activités récréatives. d’administration de la Fédération québécoise me C’est Mme Gisèle Dallaire qui a reçu la plaque-souvenir au nom de Récré-Eau des Quinze. de la marche, et M Gisèle Dallaire, de RécréEau des Quinze. Félicitations à toute l’équipe!

On gagne à

250 $ offerts par

être membre !

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ous les trois mois, la Fédération québécoise de la marche fait tirer un chèque-cadeau de 250 $, offert par la Sépaq, la Société des établissements de plein air du Québec. Ce chèque est échangeable contre les produits et services offerts dans n’importe lequel des parcs nationaux, réserves fauniques ou centres touristiques gérés par la Sépaq.

Tout le monde peut participer, car aucun achat n’est requis. Les membres de la Fédération québécoise de la marche sont automatiquement inscrits.

« Nous avons utilisé notre chèque-cadeau pour aller faire de la randonnée dans le Parc national du Saguenay et le long du Fjord, ce qui était tout naturel puisque ma femme, ma fille et moi sommes tous trois "Randonneurs émérites". Pour être francs, nous avons profité de l’occasion pour "dévaliser" la boutique du Parc et nous équiper de vestes, chapeaux et autres équipements de plein air. Ce fut un séjour que nous avons beaucoup apprécié dans une région superbe pour ses paysages et ses nombreux sentiers. » René DesGroseillers Gagnant du tirage du 10 octobre 2008

Le prochain tirage sera effectué le 15 octobre 2010. La Fédération communiquera avec la personne gagnante dans les 15 jours suivant le tirage. Le résultat sera publié dans le prochain numéro de la revue Marche-Randonnée.

Un tirage a eu lieu le 2 juillet dernier. L’heureux gagnant est monsieur Christopher Roy, de Le Gardeur. Félicitations !

Bonne chance! Pour devenir membre, remplissez le formulaire de la page 52 de la présente revue ou adhérez en ligne en toute sécurité via le site Web de la Fédération québécoise de la marche : www.fqmarche.qc.ca Les règlements du concours sont disponibles auprès de la Fédération québécoise de la marche.

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Photo : Parc de la Rivière Doncaster

Fédération

Journée nationale des sentiers Merci de votre participation !

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e 5 juin dernier, 19 réseaux pédestres et clubs ont participé à la 13e édition de la Journée nationale des sentiers au Québec. Cette année, plus de 150 bénévoles ont prêté main-forte aux corvées, apportant ainsi leur soutien aux réseaux pédestres, malgré la pluie qui fut présente un peu partout dans la province. Des centaines d’heures de bénévolat, voire des milliers, se trouvent derrière les kilomètres de sentiers pédestres que vous parcourez. Les subventions sont insuffisantes pour assurer l’entretien des sentiers pédestres tout au long de l’année. Le bénévolat s’avère ainsi essentiel pour préserver des sentiers de qualité. Voici un court aperçu de quelques-uns des travaux réalisés en 2010 : • La Corporation du Sentier national au Bas-Saint-Laurent a organisé deux corvées de déblaiement dans les tronçons Le Littoral basque et Sénescoupé. Au total, ce sont 18 km qui ont été couverts. • Le Parc d’environnement naturel de Sutton a bénéficié de l’aide de 65 bénévoles. Quelque 700 arbres ont été plantés et un nouveau sentier a été balisé. • La Traversée de Charlevoix a accueilli 13 bénévoles enthousiastes, représentant 104 heures de travail qui ont été précieusement données. Les bénévoles ont eu l’opportunité de coucher en chalet et d’aller randonner sur le mont Eudore-Fortin le lendemain. • Encore une fois cette année, les bénévoles du Sentier international des Appalaches ont réussi à déblayer les 650 km de sentiers pédestres avant l’ouverture officielle le 24 juin. Bravo ! • Une petite équipe très énergique du Clan 223e Cartahu (scouts de 17 à 25 ans) de la région de Laval a participé pour la première fois à la Journée nationale des sentiers, dans la section du centre du Sentier des Contreforts, dans Lanaudière. Une trentaine d’arbres tombés ont été déplacés et le déblaiement a été fait sur environ 10 km. • Dans le Parc de la rivière Doncaster dans les Laurentides, 4 bénévoles se sont impliqués. Ils ont transporté du paillis et du bois tronçonné, coupé la repousse et dégagé les rigoles. • De plus, le Parc de la Forêt ancienne du Mont Wright, dans la région de Québec, a reçu 5 bénévoles de 5 à 65 ans qui se sont impliqués dans l’événement. Merci à tous les bénévoles qui ont contribué à la Journée nationale des sentiers et à ceux qui s’impliquent de façon régulière. Participez en grand nombre à la prochaine édition!

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Fédération

Bénévoles lors d’une corvée sur le Sentier des Contreforts

Le Sentier national au Québec Texte et photos : Pierre Duff, coordonnateur provincial du Sentier national au Québec

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uand il sera complété, vous pourrez le marcher en toute tranquillité, du Pacifique à l’Atlantique. Aucun risque d’y rencontrer un véhicule motorisé, un vélo ou un cheval et son cavalier car, sauf pour de courtes sections, il est réservé strictement à la randonnée pédestre en été et à la raquette ou au ski nordique en hiver. Vous pourrez y respirer l’air pur et y admirer les étoiles, car il évite les centres urbains en privilégiant les régions plus sauvages, plus boisées, plus montagneuses. C’est le paradis de la randonnée, c’est le Sentier national.

La petite histoire

Au Québec, il est réalité depuis maintenant 20 ans. Mais c’est bien avant cela que l’idée a commencé à germer. Dans les années 60, des Ontariens rêvaient de prolonger leur sentier, le Bruce Trail, jusqu’au bout de l’escarpement du Niagara, puis vers le nord de la province et au delà. À l’autre bout du pays, des Britanno-Colombiens souhaitaient accroître le sentier du centenaire de l’Association canadienne des auberges de jeunesse tout au long de la vallée du fleuve Fraser jusqu’à sa source, au pied du mont Robson. Puis, en Alberta, un 3e groupe désirait un sentier qui remonterait la rivière Bow et longerait la frontière entre les deux provinces en remontant jusqu’à Jasper, tout près de la même montagne. Il n’en fallait pas plus pour que Doug Campbell, de Canmore en Alberta, ait la vision de raccorder tous ces sentiers. Il voulut réunir des gens des cinq provinces de l’Ouest, mais la nouvelle s’ébruita et d’autres groupes, entre autres, de la Nouvelle-Écosse, insistèrent pour participer. C’est donc le 29 avril 1971, à Toronto, qu’eut lieu la première rencontre. Le Sentier national au Canada était né. Mais la route allait être longue et difficile. Ce n’est qu’en 1977 que l’Association Canadienne du Sentier National (ACSN) reçoit sa charte, et le premier tronçon du Sentier national, le Rideau Trail, ne sera inauguré que le 5 juin 1987, à Ottawa. En 1984, John Saywell, de la Fédération québécoise de la marche, est élu comme administrateur de l’ACSN et c’est la même année que la Fédération devient répondante pour la partie québécoise du Sentier national. Finalement, c’est en 1990 qu’est formé le « Comité québécois pour le Sentier national », sous l’égide de Réal Martel. Le premier tronçon québécois, le Sentier de la Matawinie, est inauguré le 27 octobre de la même année.

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Le Sentier national aujourd’hui

Aujourd’hui, le Sentier national, au Québec, compte tout près de 1 000 km qui s’intègrent dans le projet pancanadien qui comptera, une fois terminé, plus de 10 000 km. Il ne faut toutefois pas le confondre avec le Sentier transcanadien. Bien que ces deux sentiers aient la même mission, traverser le Canada, leurs moyens sont bien différents. Le Sentier transcanadien est un sentier multifonctionnel dédié à la marche, au vélo, à l’équitation, à la motoneige et même au canot, et il est situé le plus souvent près des centres urbains pour atteindre un plus grand bassin d’utilisateurs. À l’opposé, le Sentier national est réservé exclusivement à la randonnée pédestre, à la raquette et au ski de fond, et il sillonne les régions sauvages pour assurer aux utilisateurs paix et tranquillité. Le Sentier national relie autant que possible des sentiers déjà existants pour en faire un sentier continu. Traversant huit régions touristiques, ce sont présentement 59 sentiers qui forment son axe principal, de l’Ontario au Nouveau-Brunswick. Du Bas-Saint-Laurent, un nouvel axe vers l’est reliera sous peu le Sentier international des Appalaches, la Gaspésie devenant ainsi la 9e région à être traversée par le Sentier national. Un axe secondaire formé de 11 sentiers permet également de pénétrer profondément dans un territoire où les sentiers pédestres sont bien établis depuis longtemps, soit la vallée de la Jacques-Cartier. Le Sentier national, c’est aussi des gens. Ce sont les Réal Martel, Paul Perreault, Martin Stämpfli, Michel Devost, Pierre Blouin, Marc Beauchamp de ce monde qui œuvrent depuis des années au sein du comité du Sentier national au Québec. Ce sont aussi des centaines d’autres bénévoles qui, en région, font leur part pour construire ou entretenir leur bout de sentier. Ce sont des gestionnaires qui sont fiers que leur sentier fasse partie du Sentier national, mais ce sont aussi des parrains qui, tout aussi fièrement, visitent régulièrement « leur » section de sentier et en font l’entretien. Tout cela pour vous offrir un sentier regorgeant d’attraits, sécuritaire et plaisant à visiter. C’est grâce à eux que vous retrouverez tout au long du Sentier national, des refuges, des appentis (lean-to), de superbes ponts piétonniers suspendus pour traverser nos belles rivières, des sites de camping, des stationnements, tous des éléments qui feront de votre expérience sur le Sentier national un moment que vous apprécierez.


Réal Martel installant une balise le long du Sentier de l’Albatros

Fédération

Grand randonneur du Sentier national au Québec

a 20 ans !

L’avenir

Bien que le Sentier national ne soit pas encore terminé, le dynamisme des premières années ne s’est pas essoufflé et les kilomètres s’ajoutent toujours au Québec, d’année en année. Au Canada, les leaders des premières heures sont toujours en place, mais la relève s’avère difficile à recruter, de sorte que le Québec fait présentement figure de proue au pays. Si nous arrivions à être les premiers à terminer, peut-être cela procurerait-il un second souffle au reste du Canada ? Même une fois le Sentier complété, la tâche ne sera cependant pas terminée. Il faut voir à pérenniser chaque tronçon, car on sait bien qu’un sentier peut facilement disparaître s’il n’est pas entretenu. L’expérience nous a appris que la meilleure façon de pérenniser un sentier, c’est la prise en charge par un organisme local, que ce soit une MRC ou une corporation créée spécifiquement dans ce but. Ce n’est qu’à ce moment qu’on pourra dire « mission accomplie ! » Et on peut déjà rêver que le Sentier national au Canada rejoindra alors les plus grands sentiers de longue randonnée du monde, comme l’Appalachian Trail, les GR d’Europe, la piste royale en Laponie, le sentier des Incas ou le tour des Annapurna, pour ne nommer que ceux-là. Mais le Sentier national aura quelque chose de plus que tous les autres : ce sera le plus long sentier pédestre au monde. Ici au Québec, il nous reste encore près de 600 km à construire, mais si le passé est garant de l’avenir, il n’est pas si loin le jour où un premier randonneur traversera le Québec, d’un bout à l’autre, sans quitter le Sentier national.

Nous sommes heureux d’annoncer le nouveau programme incitatif « Grand randonneur du Sentier national au Québec ». Accessible à tous les membres en règle de la Fédération québécoise de la marche, ce programme gratuit vise à vous faire découvrir toutes les sections existantes du Sentier national au Québec (SNQ), tout en récompensant vos efforts. Un certificat et un écusson seront remis à chaque niveau atteint. • 1er niveau : vous devez avoir marché au complet un sentier du SNQ dans chacune des huit régions qu’il traverse, tout en accumulant un minimum de 100 km au total. • 2 e niveau : vous devez avoir obtenu le 1er niveau et avoir marché au moins 500 km sur le SNQ. • 3 e niveau : vous devez avoir obtenu le 2e niveau et avoir parcouru 1 000 km sur le SNQ. • 4e niveau : vous devrez avoir marché le SNQ au complet. Ce niveau ne sera accessible que lorsque le sentier sera complété d’un bout à l’autre. Pour participer au programme, il suffit de vous inscrire auprès de la Fédération, par courriel ou par téléphone. Lors de votre inscription, vous recevrez la liste des sentiers admissibles ainsi que les règlements complets.

Participez à ce grand projet

En tant que randonneur, vous pouvez vous impliquer de plusieurs façons dans le Sentier national au Québec : • En œuvrant comme bénévole avec les responsables régionaux. • En devenant parrain d’une section. Parrainer un sentier, c’est le visiter au moins trois fois par année en y faisant l’entretien léger et en faisant rapport de ses visites au coordonnateur provincial. • En contribuant financièrement avec vos dons à la Fondation SentiersQuébec. Près de 60 % des dons reçus par la Fondation sont consacrés à la réalisation du SNQ. • En participant au nouveau programme « Grand randonneur du Sentier national au Québec ». • En marchant par vous-même des sections du sentier, tout en précisant à l’épicier, au garagiste ou au gestionnaire de votre hébergement que vous le visitez parce que vous marchez le SNQ. • En nous avisant de tout problème rencontré sur un sentier. Vous êtes nos yeux sur le terrain. N’hésitez pas à contacter la Fédération québécoise de la marche (sentiernational@fqmarche.qc.ca) pour de plus amples renseignements ou pour obtenir les cartes topographiques des sections homologuées. Notez que dans chaque numéro de la revue Marche-Randonnée est insérée une carte différente d’un tronçon du Sentier national au Québec.

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Régions Info-sentiers Réserve naturelle des Montagnes-Vertes Nouveaux outils d’accès Un an après l’ouverture officielle de la Réserve naturelle des Montagnes-Vertes au grand public, le gestionnaire de la réserve Corridor Appalachien, Les Sentiers de l’Estrie et le Parc d’environnement naturel de Sutton ont annoncé l’harmonisation des droits d’accès entre leurs réseaux de sentiers. Avec le support de Tourisme Cantons-de-l’Est, les trois organismes ont développé deux nouveaux outils : un billet quotidien commun et le Passeport des Montagnes-Vertes.

BAS-SAINT-LAURENT Sentier national au Bas-Saint Laurent Nouvelle carte La Corporation du Sentier national au BasSaint-Laurent a publié une nouvelle carte topographique bilingue incluant : • Les 12 tronçons consécutifs du sentier, d’une longueur totale de 144,4 km • Les courbes de niveau • Les limites du territoire du nouveau Parc national du Lac-Témiscouata • La localisation des stationnements principaux et secondaires • La localisation des points de vue, des belvédères, des refuges du SNQ et des campings situés à proximité du sentier • Des photos du sentier La nouvelle carte est disponible au prix courant de 6,50 $, dans divers points de vente au BasSaint-Laurent ainsi qu’auprès de la Fédération québécoise de la marche. 418 714-2599 www.sentiernationalbsl.com

Pour les mordus de randonnée pédestre, le Passeport des Montagnes-Vertes, vendu au coût annuel de 90 $, donne accès en toute saison à l’ensemble des 270 km des sentiers forestiers balisés et entretenus. Les détenteurs du passeport deviennent automatiquement membres des trois organismes et bénéficient des mêmes avantages que les membres ordinaires. Le billet quotidien, quant à lui, permet aux randonneurs d’accéder, le temps d’une journée, à l’ensemble des trois réseaux de sentiers. L’accessibilité des sentiers étant une priorité à Sutton, le partenariat a été élargi afin d’inclure la station de montagne Au Diable Vert et Arbre Sutton, deux entreprises touristiques dont les sentiers donnent accès à l’un ou l’autre des trois réseaux. Le Passeport des Montagnes-Vertes et le billet quotidien sont disponibles auprès des gestionnaires de sentiers, à leurs bureaux ou en ligne, ou auprès des 10 bureaux touristiques de la région.

Les Sentiers de l’Estrie : www.lessentiersdelestrie.qc.ca Parc d’environnement naturel de Sutton : www.parcsutton.com Réserve naturelles des Montagnes-Vertes : www.rnmv.ca

Sentiers frontaliers Amélioration du réseau Sentiers frontaliers annonçait récemment une amélioration remarquable de son réseau de sentiers. En effet, sur les 135 km que compte le réseau, de nouvelles balises et une signalisation, durables et uniformes, ont été installées. Les randonneurs se sentiront davantage en sécurité au cœur de ces belles forêts sauvages et diversifiées. Lors de leur assemblée générale annuelle, la présidente, Gloriane Blais, mentionnait : « C’est grâce à un financement important, très apprécié, et aussi grâce à plusieurs corvées effectuées par nos membres, bénévoles et scouts, que nous avons pu y arriver. Les contributions financières proviennent du Gouvernement du Canada et la Coalition nationale sur les sentiers, ainsi que du Programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier – Volet II du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. » Sentiers frontaliers est un réseau de sentiers pédestres reconnu notamment pour la longue randonnée en camping ou en lean-to. Il est situé dans les Cantons-de-l’Est et fait le lien avec les sentiers Cohos, aux États-Unis. 819 549-1035 www.sentiersfrontaliers.qc.ca

Les sentiers du parc Harold-F.-Baldwin Interprétation historique Ce lieu est connu surtout pour son sentier qui conduit jusqu’au sommet rocheux du Pinacle, qui offre un impressionnant panorama du haut de sa falaise. Lors de votre prochaine visite, profitez-en pour parcourir également le sentier des moulins, un joli petit parcours facile de 1,6 km. Il possède maintenant cinq panneaux d’information qui vous renseigneront sur l’histoire de Baldwin. 819 849-2677 • 819 849-6669 parchfbaldwin.regioncoaticook.qc.ca Isle aux Grues

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M a r c h e Randonnée

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Photo : Conservation de la nature

CANTONS-DE-L’EST


Régions Info-sentiers CHAUDIÈRE-APPALACHES Isle-aux-Grues Double inauguration L’organisme Conservation de la nature et ses nombreux partenaires ont inauguré, le 14 juin dernier, les aménagements dans la forêt de la pointe aux Pins, à l’île aux Grues. Avec l’appui financier principal de la Fondation HydroQuébec pour l’environnement, CNC a conçu et réalisé des infrastructures destinées à favoriser la découverte de ce site exceptionnel, tout en assurant sa protection. Pour mettre en valeur ce milieu naturel, dix panneaux d’interprétation, ainsi que d’autres aménagements, ont été conçus afin de sensibiliser les randonneurs à l’importance de protéger les richesses écologiques du site et de prévenir la dégradation des habitats. Conservation de la nature a notamment amélioré le réseau de sentiers, aménagé deux belvédères et rénové la vieille cabane à sucre de la pointe, en plus d’avoir construit un abri d’interprétation à l’entrée du site et un escalier descendant jusqu’à la berge. De plus, la pointe aux Pins s’est vu attribuer le statut officiel de « réserve naturelle » par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, conformément à la Loi sur la conservation du patrimoine naturel, qui vise à favoriser la mise en place d’un réseau d’aires protégées représentatives de la biodiversité du Québec. En hommage au grand peintre de notoriété internationale qui a séjourné à l’île aux Grues, la réserve naturelle a été officiellement nommée « Jean-Paul-Riopelle ». 418 241-5117 • 418 248-8060 www.isle-aux-grues.com

LANAUDIÈRE Les sentiers Brandon Beaucoup de nouveau La Municipalité a acheté le terrain à l’entrée, qui sert à rejoindre les sentiers, ce qui permettra d’ajouter quelques aménagements et d’accueillir les visiteurs plus facilement. Une partie du sentier Numéro 4 sera réaménagée, afin d’éviter des zones marécageuses, et de nouvelles affiches seront installées dans tout le réseau des sentiers,

pour le confort et la sécurité de la clientèle. De plus, on accorde maintenant la permission aux marcheurs d’amener leurs chiens, à condition de les tenir en laisse. Des patrouilleurs veilleront à ce que cette directive soit respectée. Ce réseau de 22 km de sentiers multifonctionnels, situé à Saint-Gabriel-de-Brandon, en est à sa 21e année d’activité. Les sentiers sont accessibles aux marcheurs et aux cyclistes. 450 835-1515 www.panorama-brandon.com

LAURENTIDES Parc écologique Le Renouveau Nouvel abri On vient tout juste de terminer la construction d’un abri de jour qui sera chauffé en hiver. Celui-ci se situe sur le sentier du Cerf (no 2), là où se trouvait une gloriette. Cette dernière a été déménagée sur le sentier de l’Orignal (no 5). Le Parc écologique Le Renouveau se situe à proximité du village de Nominigue. En plus de la randonnée pédestre, on peut y pratiquer différentes activités de plein air. 819 278-3384 www.municipalitenominingue.qc.ca

MONTÉRÉGIE Centre écologique Fernand-Seguin Nouvel étang accessible aux randonneurs Les randonneurs sont invités à venir découvrir le nouvel étang qui a été aménagé le printemps dernier au Centre écologique Fernand-Seguin, à Châteauguay, à la suite de travaux de compensation de l’autoroute 30. Un sentier contourne l’étang afin de faciliter l’observation de la faune et de la flore. Les marcheurs pourront découvrir ce nouvel aménagement par le sentier 2. Le Centre écologique Fernand-Seguin est accessible par le boulevard Brisebois, à Châteauguay, à côté du centre hospitalier Anna-Laberge. 450 698-3133 www.heritagestbernard.qc.ca

QUÉBEC Parcours VivaCité Mobile Le Parcours VivaCité mobile est le premier parcours au Canada balisé au sol, qu’on explore en toute saison. Plus de 5 km de découvertes vous attendent dans quatre quartiers de Québec, chargés d’histoire et au cachet unique : vous verrez sous un angle différent le faubourg Saint-Jean, reconnu pour son charme et ses saveurs; le quartier Saint-Roch, nouveau carrefour culturel et branché; le croissant du Vieux-Port et la place Royale, berceau de la civilisation française en Amérique du Nord; et enfin le quartier PetitChamplain, authentique parcelle romantique et animée au bord du Saint-Laurent. Dès septembre, muni de votre iPhone ou de votre iPod Touch, vous pouvez télécharger l’application des rues de Québec Mobiles sur AppStore et avoir accès à toute l’information sur le parcours VivaCité : description, photos, liens vers l’information complémentaire, vidéos. www.parcoursvivacite.com

SAGUENAY – LAC-SAINT-JEAN Caverne Trou de la Fée Deux nouvelles promenades Reliant le barrage au sentier de la Coulée Verte en passant par les vestiges de l’ancienne centrale hydroélectrique, deux nouvelles promenades ont été ajoutées cet été, offrant des points de vue exceptionnels sur le canyon, la rivière et la chute. La promenade de la conduite d’eau, ouverte à la mi-juin, longe la rivière Métabetchouane dans le tracé de l’ancienne canalisation alimentant les turbines pour produire de l’électricité. La promenade des passerelles accrochées, ouverte depuis la mi-juillet, contourne le cap de roc en surplombant la rivière tumultueuse. Vous en aurez plein la vue. 418 346-5436 / 418 346-1242 www.cavernetroudelafee.ca


L ’envers

les parcs nationaux du québec

photo : Pierre Soulard, Sépaq

... da n s

du décor

La

a

Sépaq

25 ans

Par Lucie Boulianne

Contexte historique

La Sépaq, la Société des établissements de plein air au Québec, est née, au milieu des années 1980, d’une conjoncture créée par les besoins de rationalisation des dépenses gouvernementales, d’une part, et par l’absence de structures dédiées à l’administration de territoires et d’équipements récréatifs et touristiques, d’autre part. En créant une société d’État pour assumer la gestion du patrimoine collectif, la profitabilité des équipements pouvait désormais être envisagée puisque la mécanique qui dirige les revenus du gouvernement dans un fonds consolidé ne s’y appliquait pas. Les revenus pouvaient donc être utilisés pour combler les dépenses, et les surplus, pour l’entretien et le développement des équipements. La voie de la rentabilité était désormais tracée.

Création

C’est dans cet esprit qu’un projet de loi créant la Sépaq a été adopté en décembre 1984. Dès l’entrée en vigueur de la Loi sur la Société des établissements de plein air du Québec, le 20 mars 1985, la Sépaq est constituée. Les opérations débutent en juin de la même année, au moment du transfert, par décret, des établissements – essentiellement récréotouristiques – composant la Société.

Développement

Peu à peu, cette corbeille initiale s’est transformée au fil des ans, des transferts et des cessions, pour modeler le profil de la Sépaq actuelle, c’est-à-dire un formidable réseau de plein air qui fait la fierté des Québécois et qui rassemble sous son égide 23 parcs nationaux du Québec, 15 réserves fauniques, une pourvoirie, et huit centres touristiques dont plusieurs, comme l’Aquarium du Québec et le Parc de la Chute-Montmorency, constituent des attraits touristiques majeurs.

Regard sur l’avenir

La Sépaq des années 2010 est une société dynamique, dépositaire d’un patrimoine naturel et culturel d’une richesse inouïe, soucieuse de sa préservation et pleinement consciente des responsabilités qui lui incombent de par sa mission. Elle se projette dans l’avenir comme une Société créative, résolument tournée vers le développement durable, forte d’effectifs motivés et d’actifs incomparables, appuyée par une clientèle fidèle, voire fervente à certains égards. Par ailleurs, où que vous alliez dans le réseau Sépaq, nos établissements afficheront toujours la fierté qu’ils ont de vous servir depuis déjà un quart de siècle. Soulignons qu’en plus de la Sépaq, cinq parcs nationaux fêtent eux aussi en 2010 leurs 25 ans. Il s’agit des parcs nationaux d’Aiguebelle, de l’ÎleBonaventure-et-du-Rocher-Percé, de Miguasha, du Mont-SaintBruno et de la Pointe-Taillon. www.sepaq.com

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Récit

Mont

Lafayette C’était l’hiver en septembre

Texte et photos : Gabrielle Gagnon et Laurent Jourdain

S

itué dans la chaîne des Appalaches, le mont Lafayette est le 6e mont d’importance en hauteur dans l’État du New Hampshire, avec 1 603 m. Le Franconia Notch State Park nous accueille, ce samedi matin, 19 septembre 2009.

Les randonneurs sont nombreux en ce matin de fin d’été. Selon les prévisions météorologiques, les nuages devraient se dissiper au cours de la journée. Température prévue : 13 °C. Nous nous rendons au chalet d’accueil pour y recevoir les informations d’usage. La guide nous propose le sentier principal : une boucle de 14,3 km comprenant, dans l’ordre, les monts Little Haystack (1 475 m), Lincoln (1 552 m) et Lafayette (1 603 m). Il faut prévoir 7 h 30 de marche. Selon notre guide, la température au sommet, par temps venteux, est de 15 à 20 degrés inférieure à celle au bas de la montagne. D’accord pour ce trajet ! 9 h 45 : départ. Le périple débute par le sentier Falling Waters (5,1 km). Le couvert forestier mixte abonde. Les cascades d’eau fréquentes rendent le parcours agréable. Quoique le sentier soit très rocheux et sinueux, notre ascension va bon train. Nous franchissons les derniers mètres nous menant au sommet. La température a chuté. La cime des arbres est givrée. Le mont Little Haystack nous accueille dans un froid hivernal! Le vent cinglant fouette les marcheurs. Quel changement de climat! Entre les nuages et la brume, la vue se dévoile peu à peu. Les éclaircies nous offrent un panorama de 360°. Quel spectacle ! La vallée nous paraît minuscule, les montagnes, majestueuses ! Nous poursuivons notre marche sur la Franconia Ridge en direction du mont Lincoln. La végétation se compose d’arbustes, d’herbes courtes, de mousses et de lichens. Sur ce roc hostile à la végétation, nous avançons vers le prochain sommet, objectif atteint à 13 h. La pause pour dîner est courte dans ce froid trop intense. Il faudra trouver un endroit plus abrité ! Nous trouvons ce lieu près du sommet du mont Lafayette, où des rochers nous protègent du vent. Cette pause méritée nous permet encore une fois d’admirer la vue imprenable sur les montagnes.

Nous amorçons notre descente vers le refuge Greenleaf Hut, visible depuis le sommet. Le ciel s’est complètement dégagé. Le temps superbe et clément nous invite à la marche. Je n’ai qu’une réflexion en tête : « Wow ! Quel paysage ! ». Nous marchons environ 45 minutes pour atteindre le Greenleaf Hut. Après 30 minutes de pause, nous décidons de reprendre le sentier. Encore 1 h 45 de marche pour atteindre la vallée. Magnifique descente ! Toujours ce sentier rocheux qui, peu à peu, laisse entendre les premiers clapotis des cascades. Nous sommes de retour à notre point de départ vers 17 h 45. Ce fut une belle randonnée, pour marcheurs en forme. Il fallait prévoir 7 h 30 de marche et c’est réellement le temps que nous avons mis. Nous reviendrons, à coup sûr, au mont Lafayette. Merci à mes amis et partenaires de cette journée, Gabrielle Gagnon et LouisMartin Verville. Le mot de Gabrielle Pour les adeptes de randonnée en montagne, la boucle des monts Lincoln et Lafayette est un incontournable. Plusieurs randonneurs étaient au rendez-vous ce matin-là. Quelques-uns étaient même accompagnés par leur chien. La plupart venaient des États voisins ou de la région. Mais, à ma grande surprise, plusieurs Québécois étaient aussi de la partie. Nous entendions parler français sur les sentiers presque autant que l’anglais. Notre curiosité nous poussait à leur demander de quelle région ils venaient ! De Montréal pour la plupart, mais aussi de Sherbrooke, Québec, Drummondville et même du Saguenay! Nous n’étions pas les seuls à avoir mis nos réveils de bonne heure pour relever ce défi physique. Par son parcours d’un dénivelé de 1 173 m, le spectacle des trois sommets est époustouflant. De plus, lors de notre ascension, le givre recouvrait le sol et la végétation à partir de la zone alpine. De toute beauté ! Jamais nous n’aurions pensé voir un tel un décor à la mi-septembre. www.nhstateparks.com/franconia.html

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Récit

Parc  de  la  Rivière

Gentilly un séjour énergisant Texte et photos : Audrey Roussin

Après une première nuit de sommeil reposante, je me lève, le bout du nez froid, j’écoute le vent me bercer. Un petit feu, un petit déjeuner et hop ! On part à l’aventure dans le parc, à l’aide de la carte que nous a fournie la préposée à l’accueil. Quelle surprise ! Ce n’est que début octobre et les érables nous fournissent déjà un spectacle de couleurs éblouissantes et les thuyas, un parfum automnal saisissant.

Parcours dont vous êtes le héros

Le parc offre une panoplie de courts sentiers qui permet au marcheur de choisir le parcours qui lui convient selon ses points d’intérêt et d’ajuster la randonnée à sa propre mesure. C’est, en quelque sorte, un parcours dont vous êtes le héros.

S

itué en plein cœur du Centre-du-Québec, le Parc de la Rivière Gentilly compte un réseau de 15 km de sentiers, dont certains multifonctionnels (randonnée pédestre, à vélo et équestre), 33 sites de camping rustique, cinq sites de camping aménagé, un chalet rustique quatre-saisons, ainsi que deux camps prospecteurs. La fin de semaine du 2 octobre 2009, nous sommes fin prêtes pour un weekend de filles au Parc régional de la Rivière Gentilly, un lieu qui nous est jusqu’alors inconnu et une région qui demeure quasi inexplorée. À notre grande surprise, le parc s’avère une véritable oasis de nature en plein cœur de la région de Bécancour. De plus, le camp prospecteur réservé s’annonce un réel camping de luxe. Bien aménagé, il comprend poêle à bois, table et chaises, matelas et lits pour quatre personnes. C’est la combinaison parfaite pour apprécier le camping tout en demeurant au chaud et au sec à l’approche des nuits plus fraîches. Les prévisions météorologiques annoncent de la pluie pour la fin de semaine, alors nous nous trouvons bien chanceuses d’avoir un toit imperméable et un poêle à bois.

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Nous nous attaquons au sentier Le pêcheur intrépide, suivi de La Presqu’île et de La Croisée pour nous rendre à l’attraction principale, les chutes à Thibodeau. Autrefois surnommée « la chute à Ti-Mer » par Omer Thibodeau lui-même, les chutes, qui sont formées d’escaliers de galets rouges, dévoilent un véritable chef-d’œuvre naturel. D’abord, Le Pêcheur intrépide, qui suit la rivière Gentilly en sillonnant la forêt, renferme de petites montées et descentes plus ou moins abruptes. On y trouve, ça et là, des cordes pour aider les marcheurs intrépides à franchir le terrain vallonné. Puis, le parcours débouche sur les magnifiques chutes, dans lesquelles on peut se baigner lorsque la température le permet. C’est, entre autres, un endroit agréable pour s’arrêter, le temps d’une petite soupe réconfortante pour se réchauffer en ce temps pluvieux. Ensuite, on continue notre balade aux abords de la rivière Gentilly sur le sentier Le Rustique, qui permet des points de vue sublimes sur les chutes. Peu importe où l’on se trouve sur le parcours, on entend le ruissellement relaxant des rivières Beaudet et Gentilly. Le lendemain, le soleil pointe le bout de son nez. Nous décidons donc de nous aventurer dans l’autre section du parc. Nous empruntons d’abord le sentier Le Grand Tronc, d’une longueur de 4,7 km, soit le plus long sentier du parc. Il permet d’accéder à plusieurs autres sentiers. Le couvert forestier est dense et nous prenons le temps de respirer le grand air. Le point de vue situé à la jonction


Récit des sentiers de La Petite et de La Grande Tournée vaut le détour. Il offre un panorama sublime sur la rivière Gentilly. Cette petite pause nous permet d’écouter le vol des bernaches qui nous rappelle que le froid arrive à grands pas.

La petite histoire

Le Parc régional de la Rivière Gentilly est né d’un projet de mise en valeur en 1989 par Hydro-Québec. Depuis 1992, il est géré par un organisme à but non lucratif, l’Association de mise en valeur du Parc de la Rivière Gentilly. Depuis, des cures de rajeunissement ont permis l’aménagement d’installations, telles qu’un terrain de volleyball de plage, une place équestre pour accueillir des chevaux ainsi qu’un circuit d’interprétation sur l’histoire de la famille Thibodeau à laquelle appartenaient les terres depuis 1893. L’impressionnant réseau permet la balade pédestre, équestre, de même qu’à vélo.

Saviez que vous que …

En tant que partenaire de la Fédération québécoise de la marche, le Parc régional de la Rivière Gentilly offre aux membres 25 % de rabais sur l’accès aux sentiers et 10 % sur l’hébergement. Notez également que les sentiers Les Cascatelles / La croisée sont admissibles au Certificat du randonneur émérite québécois. Renseignements : 1 877 298-2459 • www.rivieregentilly.com Horaire : De début mai à octobre Accès : Sortie 235 de l’autoroute 20 et suivre les indications pour l’accueil du parc.

Tirage :

Un certificat-cadeau, d’une valeur de 120 $, comprenant deux nuitées en camp prospecteur, sera tiré parmi les personnes intéressées. Pour participer, envoyeznous vos coordonnées avant le 29 octobre 2010, par courriel à infomarche@ fqmarche.qc.ca, ou en téléphonant au 514 252-3157 ou au 1 866 252-2065. Le tirage aura lieu le 5 novembre 2010. Le certificat est valide jusqu’en octobre 2011. (Veuillez noter que les camps prospecteurs sont fermés durant la saison hivernale.)

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Récit

La  Traversée

de  Charlevoix une expédition bien planifiée

Par Lise Rochette

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Photo : Lise Rochette

’un rêve longuement caressé par Lucien Legault, responsable du club VéloVie, La Traversée de Charlevoix est devenue, pour 24 membres de notre groupe, une réalité en août 2009. Dès l’automne précédent, après discussion avec la Direction de La Traversée des différents forfaits offerts et une étude sérieuse de la cartographie, le projet a pris forme : formation de groupes d’un maximum de 12 participants chacun avec départs à un jour d’intervalle, forfait de luxe comprenant transport de bagages et de nourriture, chalets avec matelas, vaisselle, cuisinière et éclairage au gaz, et départ la troisième semaine d’août. Bien informés des implications d’une telle expédition, soit d’avoir la capacité de marcher sept jours consécutifs des distances de 16 à 20 km comprenant des dénivelés atteignant jusqu’à 400 m en montée et 690 en descente, ainsi que le goût de la vie de groupe avec une grande proximité (dortoirs, soins d’hygiène dans le ruisseau ou le lac, toilettes sèches…), esprit d’entraide car tous ne marchent pas au même rythme, 24 des 30 personnes intéressées ont accepté de relever le défi.

Photo : Lise Rochette

Chacun des deux groupes de 12 s’est réuni pour l’élaboration des menus, deux personnes préparant chacun un souper, menu commun pour le déjeuner et préparation individuelle du lunch du midi. Un bac pour nourriture sèche et une glacière ont été prévus et étiquetés pour chaque jour. Ils ont été conservés dans les locaux de La Traversée (frigo et congélateur) et livrés

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chaque jour. Les bagages ont été préparés en s’inspirant de l’aide-mémoire du livre « L’autre nature de Charlevoix ». D’ailleurs, ce livre et les cartes topographiques nous ont accompagnés tout au long de la randonnée. Jour 1 : Arrivée à 13 h à l’accueil de La Traversée. On aligne bacs et glacières pour faire la répartition des repas. Photo de groupe, puis c’est le départ pour la Zec des Martes. Après une heure de marche dans un sentier forestier, nous arrivons au lac à l’Écluse. Le chalet L’Écureuil nous attend, clair, confortable. Jour 2 : Dès le départ, nous sommes encadrés par les « Sentinelles », immenses épinettes noires se tenant droites comme des soldats au garde à vous. La descente est douce et nous mène le long du ruisseau aux Mouches, puis de la rivière du Gouffre Sud-Ouest. Accompagnés par leur doux murmure, nous arrivons à une éclaircie qui nous permet d’admirer au loin les villages de Saint-Hilarion et de Notre-Dame-des-Monts. Nous choisissons le sentier passant par le mont des Morios. Les paysages sont époustouflants et font la joie de nos photographes. Le chalet La Marmotte nous attend. Une loutre sort le bout de son nez du lac Boudreau pour saluer Andrée. Jour 3 : Un sentier forestier nous mène jusqu’à la rivière du Gouffre que nous traversons. Tout au long d’une douce montée, nous avons régulièrement de beaux points de vue sur les montagnes environnantes. Sur l’une d’elles, de longues traînées blanches et un gros bloc blanc ressemblant à un glacier nous intriguent. L’équipe passée la veille sur le sentier nous a laissés des petits mots drôles. Les nombreux bleuets que nous ont laissés les ours nous donnent l’énergie pour nous rendre au sommet de La Noyée. Quelle récompense! Panorama de 360 degrés incroyable : Fleuve, montagnes, lacs et villages. Clic! Clic! Nos photographes sont à l’œuvre. La descente, appréhendée par quelques-uns, s’avère facile. La courageuse Ginette marche sans ralentir malgré une ampoule au talon formée la veille. Bleuets et jolies fleurs bordent


Photo : René Michon

Récit

le sentier forestier. Enfin ! Plus qu’un kilomètre avant d’arriver au chalet La Chouette. Nous longeons et traversons un esker. Fatigués, nous anticipons le plaisir de nous rafraîchir dans le lac qui, si beau de loin, est décevant pour la baignade, le fond étant peu profond et fait de sable mouvant. Jour 4 : Quatre braves décident d’effectuer le trajet initial du Sentier national, pour un total de 19,5 km. Les cinq premiers kilomètres sont assez difficiles en raison des roches et de la boue, en plus de la montée. Les autres randonneurs choisissent de prendre un raccourci par le sentier de vélo (14,5 km). Ils manquent l’intersection et se retrouvent sur une route de gravier qui les mène au sommet de la montagne, pour une randonnée de 22 km. En rejoignant le Sentier national au km 15, les deux groupes se retrouvent et admirent les magnifiques gorges de la rivière Malbaie. La descente sur un chemin forestier est éprouvante pour les pieds, à cause des milliers de petites roches. Après le km 10, nous entrons dans une forêt qui nous semble enchantée tant elle est dense, et c’est donc avec enchantement que nous arrivons sur le pont enjambant la majestueuse rivière Malbaie. Plus que quatre longs kilomètres sur une route de gravier du Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Étant un peu à l’arrière, j’ai à la fois le plaisir, la peur et l’excitation de voir maman ours et ses deux petits détaler devant moi. Nous arrivons au chalet Le Geai bleu, juché sur un promontoire, avec vue sur la rivière et les montagnes. Divin ! On oublie la fatigue, mais malgré cela, l’heure du coucher arrive de plus en plus tôt : ce soir, 20 h 30.

Jour 7 : Photos avant notre dernier départ. Nous entamons une longue montée pour ensuite entreprendre une longue et douce descente qui nous conduit, au terme de notre périple, au pied du mont Grand Fonds. En traversant la route des Montagnes pour revenir dîner dans les locaux de La Traversée, nous sommes ébahis par l’immensité des montagnes que nous venons de traverser à pied. C’est avec une grande fierté et le sentiment d’avoir réussi à dépasser nos limites que nous acceptons, des mains d’Eudore Fortin, fondateur de La Traversée de Charlevoix, notre certificat de réussite du parcours de 104 km de Saint-Urbain au mont Grand Fonds. La Traversée de Charlevoix : www.traverseedecharlevoix.qc.ca • 418 639-2284

Jour 5 : Dès le départ à 8 h 15, nous longeons la belle rivière Malbaie, ensuite le ruisseau du bassin de drainage de celle-ci, puis celui de la rivière Petit Saguenay. Doux murmure pour les oreilles et réjouissance pour les yeux, petites fleurs, forêt, mousses, sans oublier les nombreuses cascades. La montée est constante et un beau rocher offrant un regard sur les montagnes nous attend pour la collation. Après avoir dîné près d’un lac, nous parcourons un beau sentier facile bordé de cornouillers du Canada. Ensuite, 4 km sur un sentier de VTT nous mène au chalet Le Coyote et nous permet de voir les caches de chasseurs au bord de l’étang, des blocs de sel, de petites boîtes en bois munies d’un grillage, qui nous intriguent beaucoup, et même une carcasse d’auto des années 50; mais déception : aucun orignal en vue. Lavage ravigotant à l’eau glacée du ruisseau ou confort de ceux qui préfèrent l’eau chauffée dans un petit bassin, petit feu dans le foyer, un bon souper suivi de la vaisselle, quelques jeux de société. Quelle belle journée ! Jour 6 : Nous nous attendons à une journée en descente facile. Déception ! Dès le départ, nous avons une montée pour arriver à la tête du bassin de drainage de la rivière Petit Saguenay. Ainsi, toute la journée, nous alternons entre descentes et montées. Le sentier parsemé de roches est assez éprouvant pour les jambes, mais très beau pour la vue avec son couvert de mousses, ses bordures de cornouiller du Canada et d’oxalide des montagnes. Nous dînons devant un beau point de vue nous laissant entrevoir montagnes et lacs, et même le Fleuve au loin. La dernière portion du sentier est une longue descente agréable. Automne2010

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Récit

Baie McLaurin L’histoire de la tour Texte et photos : France Rivet

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n septembre 2009, j’ai eu la chance d’assister à l’inauguration officielle d’une tour et d’un belvédère d’observation sur le sentier de la Baie McLaurin, à Gatineau. D’une hauteur de 7 m, la tour permet désormais de surplomber ce grand espace naturel situé au cœur du réseau de terres humides de la rivière des Outaouais, à quelques pas seulement de la ville. D’une superficie de 1 200 hectares, la baie McLaurin est composée à 90 % de zones marécageuses bordées de forêts comportant des essences d’arbres rares tels que le chêne blanc, le charme de Caroline, le micocoulier occidental, l’orme de Thomas, le noyer cendré et le chêne à gros fruits. Les marais et les marécages sont fréquentés par 33 des 35 espèces d’amphibiens et reptiles présents au Québec (une première québécoise s’y est déroulée en 1989 : la capture d’une tortue musquée) et constituent une aire de reproduction importante pour de nombreux oiseaux (entre autres, le petit blongios, une espèce menacée) et la sauvagine. Le canard branchu, en particulier, y trouve son habitat privilégié : une érablière argentée

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et nombreuses y sont les colonies de rats musqués, de castors et de visons. L’inauguration de la tour et du belvédère marquait l’aboutissement de la première étape de la mise en valeur récréoéducative. À échéance, le site fera partie du refuge faunique des berges de la rivière des Outaouais que le gouvernement du Québec entend créer de la baie McLaurin jusqu’au Parc national de Plaisance. Débutée en 2005, la construction du sentier d’interprétation, d’une longueur totale de 1,6  km dont 250 m sur une passerelle flottante, a rencontré de multiples embûches. Mais heureusement, les ennuis administratifs, le vandalisme, les crues printanières qui emportèrent la passerelle ainsi que le la nécessité de déplacer certaines infrastructures n’ont pas eu raison du projet et le sentier a pu être ouvert au public en 2007. La récente construction de la tour et du belvédère pour compléter ce sentier a été tout aussi rocambolesque. Afin que les équipements lourds puissent circuler, les


Récit

travaux de construction devaient obligatoirement se faire durant la saison hivernale. Toutefois, l’hiver 2009 s’étant avéré très doux, à la mi-février, la terre n’était toujours pas gelée. Le sol était de glaise et l’eau se ramassait continuellement dans le trou creusé en vue d’installer la structure de béton de la tour. L’équipe a donc cru bon de creuser un second trou, puis d’y pomper l’eau du premier. Mais il n’y avait rien à faire! Le trou principal se remplissait continuellement, l’eau venant de partout! Au même moment, les travailleurs devaient s’assurer que ce trou ne gèle pas, sinon ils se seraient retrouvés avec un bloc de glace de 3,6 x 3,6 x 1,5 m ! Des couches de paille et de toiles ont été superposées pour empêcher le gel. Quel casse-tête ! Finalement, pour acheminer le matériel sur place, la solution a été de construire un pont de glace sur la baie McLaurin. La passerelle, quant à elle, a vu les poteaux plantés dans la vase qui la soutenaient être remplacés par un système d’étriers, de câbles d’acier et d’haubans qui, dorénavant, la stabilise et lui permet de suivre le niveau de l’eau. Après tous les efforts et péripéties déployés, il n’en tient qu’à nous de profiter de l’opportunité que le sentier de la Baie McLaurin nous offre d’observer la grande diversité de faune et de flore qui occupe cet espace unique. J’ai ouï dire qu’au printemps, on peut voir, à partir de la passerelle flottante, les carpes qui viennent frayer par milliers. Le niveau d’eau étant assez bas, elles font des remous à la surface. Le bouillonnement peut parfois être si intense

que certains ont eu l’impression qu’un monstre cousin de celui du Loch Ness était sur le point d’émerger. Lors de l’inauguration de la tour, en plein milieu de son discours, un interlocuteur a vu un papillon se poser tout doucement sur sa main. Puis, sur le chemin du retour, alors que nous traversions la passerelle, un grand héron s’est posé à quelques pas de nous sur la balustrade. Il nous a observés quelques instants, puis a décidé de s’éloigner un peu et de commencer ses activités de pêche. Quels beaux clins d’œil! Je vous souhaite d’être tout aussi émerveillés lors de votre visite.

Renseignements

• Accessible de mai à novembre. • S tationnement pour automobiles au parc Martin-Larouche, rue Notre-Dame, à Gatineau. • U  n stationnement pour vélos a été installé sur l’accès au site par la rue Hurtubise. • Le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) organise régulièrement des sorties d’interprétation à la baie McLaurin. Renseignements : www.creddo.ca

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D é c o u v e rt e

Découvrez

le

Parc national

de Zapata

Guamà avec ses huttes sur pilotis

la plus vaste région sauvage de Cuba Texte et photos : Claude P. Côté

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éclaré réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO en l’an 2000, le Parc national de Zapata, avec ses 4 500 km2, représente non seulement le plus vaste territoire sauvage de Cuba, mais aussi la plus grande réserve naturelle de toutes les Caraïbes. Situé au nord de la mer du même nom, à moins de 200 km au sud de la capitale, ce parc national s’appelle aussi le Parc naturel de Montemar. Avec ses mangroves, sa savane, sa selva et ses vastes marais, ce milieu indompté est caractéristique des côtes tropicales les plus sauvages. Tocororo La péninsule de Zapata, tout comme le parc, est bornée au sud par la baie des Cochons. Ce nom, aujourd’hui célèbre, rappelle l’invasion ratée des Américains le 16 avril 1961, alors que 1 400 mercenaires cubains en exil, entraînés par la CIA, tentèrent de renverser les troupes de Fidel Castro. Aujourd’hui, de grands panneaux en bordure de la route proclament la victoire des troupes de la révolution cubaine et la première défaite militaire des ÉtatsUnis en sol d’Amérique. Vingt ans plus tôt, de 1938 à 1944, le frère Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique de Montréal et auteur de la Flore laurentienne, réalise pas moins de sept voyages à Cuba. Pour lui, c’est une occasion d’explorer la flore de l’île, mais aussi de fuir les hivers montréalais qui ne conviennent pas à sa santé. Accompagné du frère Léon, un biologiste français établi à Cuba, il parcourt le pays dans une optique scientifique, mais aussi culturelle. Ensemble, ils publieront un ouvrage de 1 000 pages en trois volumes, intitulé les « Itinéraires botaniques dans l’île de Cuba ». À son quatrième voyage, Marie-Victorin visite les marais de Zapata, un milieu qui compte à lui seul plus de 900 variétés de plantes, dont 115 endémiques. Dans ses carnets, il consigne ses observations de la botanique du milieu. Le 25 février 1941, il note, dans un style qui lui est bien personnel, « les sournois entrelacs de fougères et de roseaux, repaires de crocodiles ». Puis, il y a les « trainées de pélicans, canards et cormorans qui passent à tire-d’aile au-dessus de nos têtes »* consigne-t-il dans ses carnets, mais avec moins d’appréhension cette fois.

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Les marais de Zapata

Situé dans une position géographique privilégiée, au cœur de deux importants passages migratoires d’oiseaux entre les deux Amériques, les marais de Zapata voient défiler, chaque année, des milliers d’oiseaux migrateurs dont plusieurs en provenance du Nord canadien. Sur les 150 espèces d’oiseaux vivant en permanence dans le parc, trois n’existent nulle part ailleurs dans le monde. À juste titre, on nomme cet Éden sauvage, les « Everglades de Cuba ». Quel spectacle remarquable que les grandes nuées de flamands roses prenant d’assaut ces marais salants. Cette large population est ici, d’ailleurs, la plus importante de l’hémisphère Nord. Jusqu’à 10 000 flamands peuvent s’y rassembler en une seule occasion. Mais ce royaume des eaux n’est pas seulement l’apanage des grands volatiles aquatiques comme le cygne, la grue ou le héron blanc; c’est aussi l’habitat du plus petit oiseau du monde, le zunzuncito, et du coloré tocororo, l’emblème national de Cuba. Quant à la faune paludéenne, elle est bien représentée. On dénombre 37 espèces de reptiles et 13 d’amphibiens. Le parc est aussi le refuge du crocodile cubain (Crocodilus Rhombifer), une espèce endémique dont l’habitat est le plus restreint au monde. Le secteur de Las Salinas, avec ses tours d’observation, est le meilleur circuit pour l’observation de cette nature vivante. Son unique sentier traverse la forêt tropicale et les marais, puis termine son parcours sur une vaste lagune qui s’étend jusqu’à la mer. Ce domaine aquatique peuplé de petites îles est aussi l’asile des lamantins, ces immenses mammifères marins que l’on surnomme « vaches des mers » parce qu’ils ont la particularité d’être herbivores. On peut explorer l’endroit en canot en compagnie d’un guide. Notons qu’il n’est pas permis de circuler dans les parcs nationaux de Cuba sans la présence d’un guide. Cette présence se veut rassurante, mais surtout instructive.


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Hérons blancs dans les marais de Las Salinas Doline inondée sur le sentier de Los Enigmas de las Rocas

Boca de Guamà

Du nom du chef de la tribu indigène des Taïnos, qui se souleva contre les conquistadors espagnols en 1532, Guamà est un village aquatique plutôt insolite. Établi sur une dizaine d’îles au milieu d’une vaste étendue d’eau salée à l’intérieur des terres, le village taïno reconstitue les us et coutumes d’une ethnie aujourd’hui éteinte. Si le jeu des acteurs en costume d’époque laisse songeur, l’endroit est par contre d’une sublime beauté. Admettons qu’il n’est pas évident de recréer les rites et les mystères d’une culture précolombienne depuis longtemps disparue. Par contre, les 32 sculptures grandeur nature de l’artiste cubain Rita Longa reconstituent de façon admirable le travail et les activités des premiers occupants de la péninsule.

Un long chapelet de trottoirs de bois et de ponts suspendus permet de circuler sur les nombreuses îles de tourbe spongieuse de la lagune. Quarante-neuf huttes en bois de palmier royal, montées sur pilotis, rappellent à leur façon les anciennes constructions autochtones. Si vous choisissez d’y dormir, n’ayez crainte d’être dépaysé; elles sont toutes pourvues de climatisation et de télé par satellite. Avouons qu’ici, on ne craint guère les contradictions quand il s’agit d’assurer à ses hôtes un hébergement tout confort.

Les sentiers à découvrir

Sur le littoral de la baie, une série de grottes et de failles inondées, associées à une ancienne fracture tectonique, s’étend parallèlement à la côte sur une trentaine de kilomètres au sud de Playa Larga. On peut y voir des dizaines de puits naturels dont le plus profond, Cueva de los Peces, atteint 70 m et se prête à merveille à la baignade et à l’observation de poissons multicolores. Les deux sections du court sentier de Los Enigmas de las Rocas, avec ses reliefs karstiques de dolines inondées, ses grottes et sa forêt tropicale luxuriante, guident le marcheur dans une aventure pleine d’énigmes et de ravissements inattendus. Du village traditionnel des carboneros (charbonniers) de Las Bermejas débute le sentier de Las Bermejas - Caleta Buena. On y trouve, encore de nos jours, les vestiges des fours de charbon de bois artisanaux montés en forme de

pyramide, une tradition qui a existé ici pendant des centaines d’années. En 1941, lors de son passage dans la région, Marie-Victorin note que le carbonero est l’élément humain de la mangrove des marais de Zapata. Il reconnaît que la difficile condition des charbonniers locaux, une centaine à l’époque, est un rouage important de l’économie de Cuba. C’est l’époque où la cuisine populaire de l’île se fait presque totalement au charbon de bois. Après trois heures de marche sur le sentier de Las Bermejas, on arrive à la mer des Caraïbes dans les piscines naturelles de Caleta Buena. Un autre intérêt de ce secteur est le Rio Hatiguanico, un cours d’eau bordé de hauts palétuviers tropicaux, que l’on découvre à pied ou en bateau. Dans cet environnement de marais et de mangroves, les paysages n’ont pas changé depuis l’arrivée de Colomb sur l’île. La nature y est toujours aussi sauvage et exotique. Si vous ne pouvez imaginer Cuba sans ses plages, sachez que Playa Larga, au fond de la baie des Cochons, possède parmi les plus belles plages du sud de l’île. Mais au-delà des plages, c’est la culture locale qui retient l’attention. La péninsule de Zapata est la région la moins peuplée de Cuba et ses résidants sont d’une hospitalité sans bornes. En parcourant cette région, le visiteur découvrira des paysages inusités, mais il sera tout aussi frappé par l’authenticité de ses habitants. *Marie-Victorin à Cuba, par André Bouchard, aux Presses de l’Université de Montréal.

Transport et accès

Si vous voulez explorer la péninsule de Zapata par vos propres moyens, vous devez savoir deux choses : le transport en commun est difficile à partir de la capitale et certains secteurs du parc ne sont pas desservis. Pour les sentiers pédestres et autres activités du parc, il faut être accompagné d’un guide. Le plus simple est de joindre un circuit accompagné orienté vers l’écotourisme. Des excursions à partir de Montréal sont maintenant possibles. Informez-vous auprès du Bureau de tourisme de Cuba. Bureau de tourisme de Cuba 2075, rue University, bureau 460 Montréal (Québec) H3A 2L1 514 875-8004 Courriel : montreal@gocuba.ca Sites web : www.gocuba.ca • www.authenticacuba.com Automne2010

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Coup de cœur pour Winnipeg Texte et photos : France Rivet

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otre avion n’a pas encore atterri que déjà Winnipeg me laisse une excellente première impression. En effet, de mon hublot, je contemple le dense couvert forestier qui recouvre des quartiers résidentiels entiers. C’est à peine si je réussis à apercevoir une demeure, une rue. Quelles magnifiques promenades cela laisse présager !

Les deux jours que nous passons à Winnipeg sont pur enchantement. Notre visite débute au site historique de La Fourche, là où les deux rivières qui zigzaguent dans la ville s’unissent : la Rouge et l’Assiniboine. C’est ici que pendant des millénaires, les peuples des Premières nations se sont ralliés et ont commercé. Puis les Européens en ont fait la plaque tournante de la traite des fourrures avant que La Fourche ne devienne le point de débarquement principal des immigrants venus coloniser l’Ouest canadien. Le site a ensuite été abandonné pendant de nombreuses années, mais un important projet de développement en fait de nouveau un lieu de rassemblement très couru. Pour les marcheurs que nous sommes, La Fourche est un lieu de prédilection puisque de multiples sentiers, ponts piétonniers et promenades riveraines la relient au reste de la ville. Les sentiers aux abords des deux rivières sont bien éclairés et maintenus, sauf que chaque printemps, ils subissent les inondations qui touchent le secteur, celui-ci se trouvant dans les plaines inondables des deux rivières. La Fourche nous offre de beaux points de vue, tant sur le centre-ville de Winnipeg que sur Saint-Boniface, situé sur l’autre rive de la rivière Rouge. On ne peut manquer l’Oodena Celebration Circle, un amphithéâtre qui rend hommage aux 6 000 ans d’histoire de la vie autochtone dans la région et qui représente l’harmonie entre le système solaire, le vent, la terre et l’eau. De la marina, on peut ensuite descendre aux abords de la rivière Assiniboine où l’on croise le Mur du temps, couvert d’inscriptions racontant les événements historiques qui se sont déroulés ici. En empruntant L’Esplanade Riel, le pont à haubans piétonnier, on peut partir à la découverte de Saint-Boniface, le quartier francophone de Winnipeg. Une promenade le long de l’avenue Taché, entre le boulevard Provencher et le pont Norwood, offre parmi les plus belles vues sur Winnipeg et sur La Fourche. Des panneaux d’interprétation parsèment le trajet afin de commémorer les événements marquants de Saint-Boniface. Un arrêt s’impose à la cathédrale. Proie des flammes en 1968, la structure actuelle intègre habilement les éléments restants de l’ancien édifice. Dans le cimetière adjacent, reposent divers personnages illustres dont Louis Riel et ses grands-parents maternels, Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury, le premier couple d’ascendance européenne à fonder une famille dans l’Ouest canadien.

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Saint-Boniface regorge de points d’intérêt associés aux illustres personnages que sont Louis Riel et Gabrielle Roy; la maison natale de cette dernière est située à quelques coins de rue. Pour nous permettre d’approfondir nos connaissances sur ses deux figures emblématiques, Tourisme Riel a développé trois circuits pédestres autoguidés (Saint-Boniface, le Saint-Boniface de Gabrielle Roy et Louis Riel) ainsi qu’une visite guidée d’environ deux heures. Une visite à Saint-Boniface ne serait complète sans revivre l’époque des voyageurs au Fort Gibraltar. Juste à l’arrière du Fort, un sentier longeant la rivière Rouge permet de rejoindre le sentier de la Seine, rivière sinueuse dont les rives nonaménagées abritent une faune diversifiée. De La Fourche, on peut suivre les sentiers pour découvrir plusieurs autres quartiers : Point Douglas, le plus vieux quartier de la ville; Osborne Village, où se trouvent les édifices législatifs provinciaux; Norwood Flats, quartier à l’ombre d’ormes majestueux; ou Saint-Vital, quartier à fort héritage métis accueillant la maison familiale de Louis Riel et un grand parc situé dans un méandre de la rivière Rouge. Lors des diverses promenades, la vision que j’avais eue en regardant par le hublot se concrétise et il ne fait aucun doute que Winnipeg mérite son surnom de « la cité des ormes majestueux », elle qui bénéficie de la présence de plus de 170 000 ormes d’Amérique sur son territoire. Pour ceux qui seraient en manque de béton et de gratte-ciel, de La Fourche, on emprunte vers le nord le sentier longeant la rivière Rouge, puis on bifurque sur l’avenue Lombard pour accéder au quartier de la Bourse. Le caractère architectural de ce secteur du centre-ville combine des influences des architectures victorienne, romane et édouardienne et nous rappelle que, de 1880 à 1920, alors qu’elle vivait une forte croissance économique, Winnipeg était connue comme « la Chicago du Nord ». Au moment de quitter Winnipeg, nous traversons le quartier Tuxedo, un quartier cossu du sud-ouest de la ville avec une forte concentration de manoirs et de maisons imposantes protégés eux aussi par un important couvert d’arbres matures. Durant la période estivale, Wellington Crescent, un boulevard à deux voies, est interdit aux automobiles les dimanches et les jours fériés. Dans la section médiane, un sentier de promenade a été aménagé. L’artère mène à l’entrée sur le parc Assiniboine, un parc de plus de 158 hectares abritant la plus grande forêt urbaine au Canada. Ici aussi, un réseau de sentiers permet d’explorer la forêt, les étangs, le jardin anglais ainsi qu’une galerie d’art et un jardin de sculptures. Dans les jardins anglais, on voit une statue-fontaine d’un jeune garçon tenant une botte. Cette statue est chère aux Winnipegois puisque installée jadis devant l’hôtel de ville, elle disparut mystérieusement au début des années 1900 et demeura introuvable pendant plus de 30 ans. À la surprise de tous, elle réapparut finalement dans le parc Assiniboine, où elle se trouve depuis. Les possibilités de marche sont partout à Winnipeg. Le club de marche local Prairie Pathfinder a publié Winnipeg Walks, un volume (en anglais seulement) décrivant près d’une quarantaine de randonnées aux quatre coins de la ville. Belles découvertes ! Les frais de ce voyage ont été défrayés par le Corridor touristique francophone de l’Ouest : www.ouestcanadien.ca

Pour la randonnée, nos conseillers ont les réponses.

Laval Montréal Saint-Hubert 514.524.1106

5 FÉVRIER

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Saskatoon, La ville des ponts

Texte et photos : France Rivet

dit-on pour observer les pélicans. Chaque année, du printemps jusqu’au mois de septembre, ils viennent pêcher sur les rives de la rivière. Le barrage qui avait été construit à cet emplacement en 1967 représente un endroit de prédilection pour eux. Toutefois, un débat fait présentement rage entre les amateurs de sports d’eau vive qui aimeraient bien profiter des installations et des citoyens ayant à cœur de continuer à pouvoir observer les pélicans dans cet emplacement de choix au cœur de la ville. Depuis quelques années, les citoyens de Saskatoon se réapproprient les berges de leur rivière. Plusieurs nouvelles sections sont prévues et permettront de rejoindre à pied d’autres lieux propices à l’observation de la faune. N’hésitez pas à en profiter lors de votre prochain séjour !

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out comme Winnipeg, la ville de Saskatoon a été une révélation pour la marcheuse et photographe que je suis. Traversé par la rivière Saskatchewan Sud, le centre-ville de Saskatoon bénéficie d’un réseau de 20 km de sentiers récréatifs, résultat d’un grand projet de développement durable des berges de la rivière. Longeant les deux rives, la première phase de ce projet s’est terminée en 2006 et relie parcs aménagés, espaces sauvages, pont piétonnier, belvédères d’observation, musées, galerie d’art, théâtre en plein air ainsi que les sept ponts qui enjambent la rivière Saskatchewan Sud. L’hôtel Delta Bessborough complète ce paysage, un édifice emblématique au style « châteauesque » construit au début des années 1930 par le Canadian National, dans la même veine que le Château Laurier à Ottawa et le Château Frontenac à Québec.

C’est au lever du soleil que j’ai eu le bonheur de déambuler le long des sentiers et de découvrir certains des points d’intérêt. Mon premier arrêt : le parc Kiwanis Memorial où une fontaine et une rotonde honorent la mémoire des combattants des deux guerres mondiales. Un peu plus loin, je suis arrivée au parc River Landing Riverfront, appelé à devenir le point central de Saskatoon en combinant un lieu de rassemblement, de spectacles et de récréation. La traversée de la rivière par le pont Sénateur Sid Buckwold m’a permis d’obtenir de belles vues sur le château pour ensuite continuer ma route dans le parc Rotary avec son pôle de la paix et de revenir sur la rive ouest par le pont de l’Université. C’est ici qu’il faut se trouver à l’heure du coucher du soleil pour pouvoir apprécier le spectacle du soleil se couchant derrière le château. Juste au nord de ce pont, le sanctuaire Mendel Riverbank and Island est un endroit tranquille où on peut régulièrement observer des castors et les visiteurs estivaux très appréciés de Saskatoon que sont les pélicans blancs d’Amérique. Malheureusement, le temps m’a manqué pour pouvoir me rendre un peu plus au nord du sentier, au Realty Executives Boardway, le meilleur endroit

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Les frais de ce voyage ont été défrayés par le Corridor touristique francophone de l’Ouest. www.ouestcanadien.ca


Parc national de la Gaspésie

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Sommets d’automne Par Nicole Blondeau

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es passionnés de randonnée en montagne affectionnent particulièrement ce parc puisqu’il renferme plusieurs des plus hautes montagnes du Québec. Des sommets comme Jacques-Cartier (1 268 m), Richardson (1 180 m), Logan (1 150 m), Xalibu (1 140 m) et Albert Nord (1 088 m) peuvent être atteints sans difficulté technique. Certes, la montée peut être longue et pénible, mais la récompense en vaut vraiment la peine. Du haut de ces cimes dénudées, on ne se lasse pas de contempler les panoramas s’étirant à perte de vue sur les vastes étendues sauvages de la Gaspésie. Les longues journées d’été sont propices à ces randonnées qui demandent plusieurs heures. Mais en automne, qu’en est-il ? Après le 30 septembre, l’accès est interdit aux monts Jacques-Cartier, Xalibu et Albert, et ce, en raison de la préservation des caribous. Mais d’autres sommets demeurent accessibles plus tard en saison

Les McGerrigle

Dans ces montagnes, on peut atteindre certains sommets jusqu’au 30 novembre. C’est le cas du mont Richardson. Après une montée raide et rocailleuse, le sommet complètement dénudé offre un splendide panorama de 360 degrés. On y voit le mont Xalibu vers le nord, Jacques-Cartier vers le nord-est, et Albert vers l’ouest, pour ne nommer que ceux-là. Il faut compter 6 h environ pour faire l’aller-retour de 11,4 km. Juste à côté se trouve le mont Joseph-Fortin, dont le sommet atteint 1 080 m. Le point de vue Le Surplomb vous donne une vue plongeante sur le cirque glaciaire et le lac aux Américains : stupéfiant ! L’aller-retour fait 9,2 km et peut être parcouru en quelque 4 h 30. Si vous êtes en excellente forme physique, vous pouvez atteindre ces deux sommets en une seule randonnée d’une journée. Prévoyez de 7 à 8 h pour compléter tout le parcours, qui totalise plus de 14 km. Mais rappelez-vous que la nuit vient vite, en automne. Alors, partez tôt le matin. Pour une randonnée plus relaxe, le sommet du mont Ernest-Laforce est tout indiqué. D’une altitude de 820 m, il est atteignable en deux heures à peine, avec peu d’efforts. Le stationnement se situant à 665 m d’altitude, il ne vous reste plus que 155 m à monter dans un parcours en boucle de 4,5 km. Du gâteau ! Et quelle vue ! Le mont Albert est en vedette dans le panorama qui s’étale tout autour.

Les Chic-Chocs

Dans les monts Chic-Chocs, on peut accéder à plusieurs sommets jusqu’à la fête de l’Action de grâce, soit le 2e lundi d’octobre. Le pic de l’Aube, qui culmine à 920 m, offre une vue imprenable sur la muraille des Chics-Chocs, le relief montagneux et les forêts qui s’étalent à perte de vue. En plus de la longue pause que vous prendrez pour admirer le panorama, comptez 5 h pour faire l’aller-retour de près de 13 km. Il y a aussi le pic du Brûlé, qui s’élève à 790  m d’altitude. Du haut de l’imposante muraille où il se situe, la vue s’étend jusqu’au Saint-Laurent et vous dévoile un autre panorama extraordinaire. Le circuit est sensiblement de la même longueur et se fait dans les mêmes temps, sauf qu’il s’agit d’un parcours en boucle. Vous n’aurez donc pas à revenir sur vos pas. Un autre beau sommet, qu’on peut parcourir jusqu’à la fin de novembre, c’est le mont Olivine. Bien qu’il ne s’élève qu’à 670 m, la vue est époustouflante tout au long de sa longue crête dégagée. Du côté est, le panorama donne sur la vallée de la rivière Sainte-Anne et les McGerrigle et, du côté ouest, sur le lac du Diable et le mont Albert. On peut y accéder en partant du centre de découvertes ou du stationnement du ruisseau Isabelle. Chacune de ces deux options donne une dizaine de kilomètres pour faire l’aller-retour au sommet, ce qui représente une randonnée de 5 h environ. Il est possible aussi d’effectuer une traversée qui, dans ce cas, vous oblige à prévoir une façon de revenir à votre point de départ. L’idéal est de faire le circuit en boucle qui part du stationnement du ruisseau Isabelle  : après avoir franchi la crête, vous faites un petit crochet jusqu’à l’abri de la Serpentine pour une pause au chaud, puis vous revenez, presque directement, par un sentier forestier. Ce parcours totalise une douzaine de kilomètres et prend entre 5 et 6 heures, sans compter la pause, naturellement.

La longue randonnée

Toute une série de sommets, dont plusieurs dépassent les 1 000 m, peut être parcourue en refuge ou en camping. Pour une seule ou plusieurs nuits, le choix est vaste. Peu importe le parcours que vous choisirez, en autonomie ou en excursion guidée, vous en serez enchantés. Mais préparez-vous bien. Il n’y a pas que le relief qui est difficile, les conditions climatiques aussi. Et n’oubliez pas de vérifier les périodes d’accès.

Renseignements

Photo : LMI – France Rivet

• Sentiers et parcours : Parc national de la Gaspésie 418 763-7494 • 1 800 665-6527 • www.parcsquebec.com • E xcursions guidées : Sentier international des Appalaches 418 562-7885 • www.sia-iat.com

Lac aux Américains

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Station

Mont-Tremblant

à la croisée des mondes Texte et photos : Sophie Dionne

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n ne peut que tomber amoureux de la Station Mont-Tremblant, ce village piétonnier de style européen qui incarne la liberté à l’état pur, la liberté d’être soi-même, tantôt petite bête culturelle et sociale, tantôt solitaire et en communion avec la nature. En fait, la beauté de la Station MontTremblant réside dans le paradoxe qu’elle incarne, c’est-à-dire celui d’être une des rares destinations qui nous offrent le luxe du choix entre le plein air et une vie culturelle épanouie : un parfait équilibre. En revanche, afin de pleinement l’apprécier ainsi que les joyaux qu’elle recèle, il faut mettre de côté ses préjugés et accueillir les différences non pas d’un œil réprobateur, mais indulgent. Audelà du shopping et des festivals, la Station Mont-Tremblant, c’est aussi dix sentiers pédestres pour tous les goûts et la plus haute cime des Laurentides. Une destination « Mini-Wheats » sans prétention, à la hauteur de toutes les attentes, du randonneur aguerri à l’inévitable néophyte en gougounes.

La station

La Station Mont-Tremblant comme destination de randonnée en montagne, en opposition au Parc national du Mont-Tremblant, est souvent boudée par les puristes, à l’instar du mont Washington qui revêt la toge du tourisme lucratif trop aisément. Toutefois, la beauté de cette destination « Mini-Wheats » est qu’elle marie le charme d’un village piétonnier à la quiétude et la paix que seule la montagne octroie. L’abstrait et le concret s’y côtoient constamment. D’une part, alors qu’au pied de la montagne dans l’action des festivals multiples qui rendent hommage à celle-ci, on a du mal à croire au silence presque troublant qui règne dans les sous-bois. De l’autre, alors qu’à mi-chemin du sommet, dans les pistes de ski endormies, on risque un coup d’œil au pied de la montagne, toute cette vie artificielle semble fort abstraite et à des années-lumière de notre réalité. De la station, une accueillante télécabine panoramique propose la montée au sommet et/ou la descente de celui-ci moyennant un coût.

Les sentiers

En matière de randonnée, la Station Mont-Tremblant est audacieuse parce qu’elle a la prétention de vouloir combler tout le monde et qu’elle y arrive avec brio. Les sentiers sont généreux et les points de départ multiples : du pied du versant sud, du sommet et du pic Johannsen. Leur difficulté varie de facile à exigeante en passant par modérée.

Du pied du versant sud :

• Les Ruisseaux : un tour de la base facile de 1 km • Le Grand Brûlé : un aller simple au sommet (ou l’inverse) exigeant de 6,5 km • Les Caps : un aller simple au sommet (ou l’inverse) exigeant de 5 km • Le Vertigo : un aller simple au sommet (ou l’inverse) exigeant de 6 km

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Du sommet :

• Le Manitou : un sentier d’interprétation de la nature très facile de 1 km • Le 360° : un tour du sommet facile de 2,5 km • Le Bon Vivant : une boucle modérée qui mène au pic Edge de 4,5 km • Les Sommets : un aller-retour modéré jusqu’au pic Johannsen en passant par le pic Edge de 9 km


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Du pic Johannsen :

• Le Johannsen : un aller simple à la base du versant sud (ou l’inverse) exigeant de 10 km Il est également possible de couper à travers la montagne par Les Sommets vers Le Johannsen par Le Parben, un sentier exigeant de 8 km La possibilité de combiner les sentiers est moins contraignante que d’être confiné à un parcours tout tracé. Par ailleurs, pour les moins expérimentés, une combinaison sentier / télécabine panoramique offre le meilleur des deux mondes, une solution agréable à la totale. Des sentiers, on a droit régulièrement à un coup d’œil sur le paysage de par les multiples percées sur les pistes. La faune y est abondante et peu farouche au pied, comme au sommet. Le parcours n’y est pas escarpé et se révèle fort agréable. Pour la carte des sentiers : www.tremblant.ca/activities/summer/ activities/hiking, sous la rubrique hiking.

Le sommet

C’est au sommet que tout se décide : descente en télécabine panoramique, par les sentiers ou poursuite de la randonnée vers le pic Johannsen. Au sommet, le vent est roi, l’air glacial et lorsqu’on fait abstraction des talons hauts et des visages parfaitement maquillés qui envahissent le Grand Manitou (aire de restauration), le paysage y est fier et généreux, ouvert, et les points de vue sont, sans équivoque, majestueux. La végétation y est dense, mais non invasive, de sorte qu’on se rince l’œil peu importe où l’on se trouve. Après s’être sustentés, un détour vers l’incontournable tour d’observation 360º est une récompense bien méritée. Cette tourelle tremblante est l’endroit idéal pour les clichés en permettant un coup d’œil sur le lac Tremblant et sur la vallée. De là-haut, le village piétonnier n’est plus qu’un amalgame multicolore et abstrait. Un rappel que la civilisation attend sagement notre retour. Nous pouvons aisément comprendre que pour le randonneur puriste et expérimenté, un sommet cinq étoiles (boutique de souvenirs, cafétéria, etc.), accessible à tous et non réservé aux initiés, perd de son attrait. Par contre, la promesse d’un toit sur la tête et d’une toilette avec table à langer peut s’avérer providentielle pour les jeunes familles qui sacrifient trop souvent ce loisir montagneux au profit d’une activité qui répond davantage aux besoins immédiats des bambins. Aux randonneurs puristes je dis : Laissez tomber vos préjugés et venez découvrir la majesté de ce coin de pays enchanteur et convivial ! Automne2010

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Paysage

du

Québec

Arrière-pays de

Charlevoix

Quiconque a fait une incursion dans l’arrière-pays de Charlevoix est immédiatement tombé sous son charme. C’est ainsi que bien des amateurs de randonnée en montagne en ont fait leur coin chéri, séduits par ses sommets rocheux et dénudés, et par sa végétation incroyablement variée, allant de la forêt de feuillus du creux des vallées jusqu’à la toundra des hauts sommets. La Traversée de Charlevoix, un sentier de longue randonnée de 100 km qu’on parcourt en sept jours, est l’une des plus belles façons de s’imprégner de ces paysages qui ont fait la réputation de la région.

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Photo : Jacques Breton Automne2010

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Photo : LMI – France Rivet

Destinations

Les plus hauts

sommets Par Nicole Blondeau

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Photos : LMI – Daniel Pouplot

Mont Dominant

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l porte bien son nom puisqu’il domine toute la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Vous pouvez vous y rendre par le sentier Le Sommet, dans le Parc national d’Aiguebelle. Le sentier parcourt la forêt boréale, tout en côtoyant plusieurs lacs où les chances d’apercevoir un orignal sont très bonnes. L’ascension, modérée mais soutenue, vous mène jusqu’au point culminant, à 570 m, où se trouve une tour de communications. Vous y aurez un beau panorama sur la plaine abitibienne. Comme c’est un parcours en boucle, pas besoin de revenir sur vos pas. Longueur : Accès : Info :

Sentier Le Sommet : boucle de 10,6 km • Parc national d’Aiguebelle : 42,6 km De Rouyn-Noranda, suivre la route 101 nord jusqu’à D’Alembert. Tourner à droite vers Saint-Norbert-de-Mont-Brun et suivre les indications pour le Parc. 819 637-7322 • 1 800 665-6527 • www.parcsquebec.com

Abitibi-Témiscamingue

ous les randonneurs vous le diront, la récompense ultime en randonnée, c’est de contempler le paysage du haut d’un sommet. Mais encore faut-il une bonne dose de souffle, de sueur et de courage pour y arriver. Le plus haut sommet du Québec, c’est le mont d’Iberville (1 652 m), dans les Torngats : pas facile d’y accéder. Au deuxième rang, on trouve le mont Jacques-Cartier (1 268 m), en Gaspésie : plus accessible, mais pas pour tous. La plupart des plus hauts sommets québécois se situe d’ailleurs dans l’Est. Or, chacune des autres régions touristiques a, elle aussi, son sommet le plus élevé : intéressant, n’est-ce pas? Ce que nous vous proposons ici, ce sont les plus hauts points de chaque région, accessibles en randonnée pédestre. Alors, qu’attendez-vous? Chaussez vos bottes et partez à la conquête des plus hauts sommets !

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a Commission de toponymie le qualifie de « petite protubérance ». Mais il est bien plus que ça puisque du haut de ses 538 m, il offre un panorama de 360 degrés sur les vastes étendues sauvages de la région. Situé sur le territoire de Chapais, le sentier, en partie sur pilotis, vous invite à faire le tour du lac Campbell. Par la suite, la montée est raide par endroits, mais facilitée par des escaliers. Votre randonnée sera agrémentée de panneaux d’interprétation de la faune et de la flore. Au sommet, vous trouverez un grand belvédère couvert où vous pourrez contempler à loisir le paysage environnant. Longueur : Accès : Info :

M a r c h e Randonnée

Réseau : 8 km Un stationnement se situe à l’entrée « est » du boulevard Springer (route 113), et un autre au pied de la montagne. 418 745-2511 • 418 745-2355 • www.villedechapais.com

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Photos : LMI – Daniel Pouplot

Baie-James

Mont Springer


Mont Comi e sommet, qui culmine à 575 m, servait de point de repère aux navigateurs du Saint-Laurent dès le XVIIe siècle. Aujourd’hui, le Parc du Mont-Comi est connu pour ses infrastructures récréatives comportant, entre autres, un réseau de sentiers pédestres. Le Sentier national passe par le sommet via le tronçon Chute Neigette–Mont-Comi. En suivant la crête longeant la vallée de la rivière Neigette, vous aurez de très belles vues sur les terres agricoles et sur un pont couvert et, du haut du mont Comi, un point de vue spectaculaire sur la région et sur le SaintLaurent. Sentier Chute Neigette–Mont-Comi : 12,9 km • Parc du Mont-Comi : 19 km Chute-Neigette : de la sortie 621 de l’autoroute 20, aller vers le sud jusqu’au village de Saint-Anaclet. Devant l’église, tourner à droite sur la rue Principale, puis à gauche sur la rue Neigette. Faire 2 km et tourner à droite sur la rue du Fourneau-à-Chaux. • Parc du Mont-Comi : de Rimouski, suivre l’autoroute 20 est jusqu’à Sainte-Luce. Prendre la route 298 sud, dépasser le village de Saint-Donat-de-Rimouski et faire 6 km. Tourner à droite sur le chemin du Mont-Comi et suivre les indications pour la station de ski. Le départ du sentier se trouve dans le stationnement, près du télésiège no 2. Sentier Chute Neigette–Mont-Comi : 418 739-4634 • www.saintdonat.ca Parc du Mont-Comi : 418 739-4858 • 1 866 739-4859 • www.mont-comi.qc.ca

Mont Gosford l se place au septième rang des plus hauts sommets du Québec, avec 1 193 m d’altitude. Du haut de la tour d’observation construite à sa cime, le panorama s’étend tout autour de vous. Vers le nord, vous pourrez repérer le mont et le lac Mégantic; vers le sud, plusieurs hauts sommets des montagnes Blanches américaines. Le mont Gosford se situe dans le réseau des Sentiers frontaliers, qui offre une grande variété d’itinéraires, de la randonnée d’une journée à l’expédition de plusieurs jours. Prenez note qu’en période de chasse au gros gibier, la randonnée est interdite. Renseignez-vous. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour au mont Gosford : 13 km • Sentiers frontaliers : 133,5 km De Notre-Dame-des-Bois, suivre la route 212 est sur 13 km. Tourner à droite sur le rang Tout-de-Joie et faire 6 km. 819 544-9004 • 819 544-2027 • www.sentiersfrontaliers.qc.ca

Mont Arthabaska

Photo : Tourisme Bois-Francs

A

nciennement connu sous le nom de mont Saint-Michel, le mont Arthabaska s’élève à 305 m. À son sommet trône une croix qui, le soir venu, s’illumine de milliers de diodes rouges, la rendant visible à 25 km à la ronde. Le belvédère procure un très beau point de vue sur Victoriaville et la région. Grâce à la lunette d’approche installée sur place, vous pourrez même apercevoir le pont Laviolette, qui franchit le Fleuve vers Trois-Rivières. Les sentiers, qui serpentent parmi les érables et les conifères, sont accessibles aussi bien par le haut que par le bas de la montagne. Longueur : Accès : Info :

Parc du Mont Arthabaska : 7,2 km De Victoriaville, suivre la route 161 sud, puis : Haut de la montagne : continuer sur le boulevard des Bois-Francs Sud, tourner à gauche sur le chemin du Mont-Saint-Michel et aller jusqu’au pavillon. Bas de la montagne : tourner à gauche sur la rue Laurier Est, puis à droite sur la rue Girouard et continuer jusqu’au bout 819 357-1756 • 819 357-8247 • www.montarthabaska.com

Automne2010

M a r c h e Randonnée

Centre-du-Québec

I

Photo : Marie-Claude Lacombe

Cantons-de-l’Est

Photo : Roger Joannette

Longueur : Accès : Info :

Bas-Saint-Laurent

C

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V

énéré par ceux qui l’ont atteint, craint par ceux qui le convoitent, L’Acropole des Draveurs est le point culminant du sentier du même nom. Il faut grimper 800 m de dénivelé pour arriver au sommet, à 1 050 m d’altitude. Là-haut, la vue est époustouflante ! Il ne faut surtout pas avoir le vertige. Un panneau de lecture du paysage vous permet d’identifier des sommets environnants. La végétation arctique-alpine est remarquable par sa beauté, sa diversité, son endurance et sa fragilité. Vous avez aussi des chances d’apercevoir des caribous. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour à L’Acropole des Draveurs : 10,6 km • Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie : 18,6 km De la route 138, aller vers Saint-Aimé-des-Lacs et suivre les indications pour le Parc sur 27 km. 418 439-1227 • 1 800 665-6527 • www.parcsquebec.com

Mont Saint-Magloire

S

itué dans le Parc régional du Massif du Sud, le mont Saint-Magloire est le plus haut point de toute la région, avec une altitude de 917 m. Au sommet, une tour d’observation vous offre un panorama de 360 degrés sur les Appalaches. Si le temps s’y prête, vous pourrez même apercevoir le mont Katahdin aux États-Unis et les Laurentides vers le nord. Pour vous rendre au sommet, plusieurs itinéraires sont possibles, les difficultés étant différentes d’un parcours à l’autre. Vous pourrez demander conseil aux préposés à l’accueil. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour au sommet : ± 13 km • Parc régional du Massif du Sud : 98,8 km De la sortie 337 de l’autoroute 20, suivre la route 279 sud jusqu’à la route 216. Tourner à gauche et suivre les indications pour le Parc. 418 469-2228 • www.massifdusud.com

Charlevoix

la-Rivière-Malbaie - Steve Deschênes - Sépaq

L’Acropole des Draveurs

Photo : Parc régional du Massif du Sud

Chaudière-Appalaches

Photo : Parc national des Hautes-Gorges-de-

Destinations

Photo : LMI – Daniel Pouplot

es montagnes sont au cœur du bouclier canadien, l’une des plus anciennes formations géologiques du globe. Elles sont recouvertes par la taïga, une zone de transition entre la forêt boréale et la toundra. Cette vaste étendue sauvage est caractérisée par un plateau ondulé, parsemé de lacs et de montagnes dénudées dont le plus haut point atteint 823 m d’altitude. Ces paysages nordiques d’une beauté envoûtante ne vous laisseront pas indifférents. Longueur : Accès : Info :

Réseau : 40 km L’entrée des sentiers se trouve le long de la route 389, à 6 km au sud de Fermont 418 287-5471 • 1 888 211-2222 • www.caniapiscau.net

Gaspésie

Mont Jacques-Cartier

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D

euxième plus haut sommet du Québec avec 1 268 m, le mont Jacques-Cartier, situé dans le Parc national de la Gaspésie, est l’endroit le plus propice pour l’observation des caribous, car c’est un habitat essentiel du domaine vital de ces cervidés. La montagne étant en grande partie dénudée, vous en aurez plein la vue! Mais renseignez-vous bien sur la météo, car les conditions climatiques y sont souvent adverses. Prenez note également que le sentier n’est plus accessible après le 30 septembre à cause de la période du rut des caribous. Longueur : Accès : Info :

M a r c h e Randonnée

Aller-retour au sommet : 8,3 km • Parc national de la Gaspésie : 101,2 km De Sainte-Anne-des-Monts ou de New Richmond, prendre la route 299 et suivre les indications pour le Parc. 1 800 665-6527 • 1 866 727-2427 • www.parcsquebec.com Automne2010

Photo : Parc national de la Gaspésie Mathieu Dupuis - Sépaq

C

Duplessis

Monts Severson


L

Photo : Michel Bonato

a « Grosse Colline  », située sur l’île d’Entrée, est le point le plus élevé des Îles-de-la-Madeleine avec 174 m. Du sommet, vous aurez un superbe panorama sur tout l’archipel et sur la mer. La colline elle-même est entièrement recouverte de friche herbacée et de pâturages verdoyants où broutent paisiblement vaches et chevaux. Les falaises qui bordent l’île sont peuplées d’oiseaux marins qui virevoltent au-dessus des vagues qui se brisent sur les rochers. Vous ne voudrez plus repartir de cette île à la beauté apaisante.

Longueur : Accès : Info :

Sentiers Ivan-Quinn et Big Hill : 1,5 km Un petit bateau fait la navette entre Cap-aux-Meules et l’île d’Entrée. 418 986-3100 • www.muniles.ca

Îles-de-la-Madeleine

Big Hill

L

e Parc national du Mont-Tremblant chevauche deux régions : Lanaudière et Laurentides. Le sentier Le Carcan conduit au deuxième plus haut sommet du parc et plus haut sommet de Lanaudière, à 883 m d’altitude. Le sentier serpente dans une belle forêt aux essences variées. Au cours de l’ascension, qui se fait par paliers, vous verrez des lacs au charme fou, de jolies cascades gazouillantes et de ravissants points de vue. Le sommet est recouvert d’une forêt dense de conifères comportant de petites trouées. Longueur : Accès : Info :

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Lanaudière

Mont Le Carcan

Aller-retour au sommet : 14,4 km • Parc national du Mont-Tremblant : 176 km De Saint-Donat, suivre les indications pour le Parc, secteur Pimbina. 819 688-2281 • 1 800 65-6527 • www.parcsquebec.com

C

Photo : LMI – Daniel Pouplot

ulminant à 930 m, ce pic faisant partie du mont Tremblant est le plus haut point de toute la région des Laurentides. Le sommet n’offre pas de point de vue, mais vous y serez accueilli par de sympathiques mésangeais du Canada. Pour vous y rendre, vous pourrez emprunter Le Toit-des-Laurentides du Parc national du Mont-Tremblant, ou les sentiers Le Grand Brûlé et Le Johannsen de la Station Mont-Tremblant. Les deux itinéraires, qui comportent de nombreux points de vue et d’intérêt, sont aussi intéressants l’un que l’autre. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour par Le Toit-des-Laurentides : 14 km • Parc national du Mont-Tremblant : 176 km Aller-retour par Le Grand Brûlé et Le Johannsen : 20 km • Station Mont-Tremblant : 46,1 km De l’autoroute des Laurentides (15), continuer sur la route 117 nord, puis : Parc national du Mont-Tremblant : aller vers Saint-Faustin-Lac-Carré, suivre les indications pour Lac-Supérieur, puis celles pour le Parc, secteur de La Diable. • Station Mont-Tremblant : dépasser Saint-Jovite, tourner à droite sur la montée Ryan, puis suivre les indications pour la Station. Parc national du Mont-Tremblant : 819 688-2281 • 1 800 65-6527 • www.parcsquebec.com Station Mont-Tremblant : 819 681-2000 • 1 888 736-2526 • www.tremblant.ca

Laurentides

Pic Johannsen

Butte sans nom haque région a son plus haut point, et Laval ne fait pas exception. Celui qu’on nommait « le mont Laval », haut d’une soixantaine de mètres, n’est plus accessible depuis plusieurs années. Mais au Centre de la nature de Laval, on trouve une petite butte qui frôle les 50 m d’altitude. À son sommet, vous aurez une vue sur l’autoroute 25 et les quartiers résidentiels environnants et, en scrutant bien l’horizon, vous pourrez apercevoir les Montérégiennes. Ce lieu comporte de beaux aménagements paysagers et est propice à d’agréables promenades en famille ou en amoureux. Longueur : Accès : Info :

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Laval

C

Réseau : 5 km De la sortie 11 de l’autoroute 25, prendre le boulevard Saint-Martin vers l’ouest. À la première jonction, prendre à gauche le boulevard Lesage et, tout de suite après, prendre encore à gauche sur l’avenue du Parc. 450 662-4942 • www.laval.qc.ca

Automne2010

M a r c h e Randonnée

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Mont Veyrier

I

Photo : LMI – Daniel Pouplot

l faut être vaillant et peut-être aussi un brin téméraire pour atteindre ce sommet de 1 104 m, situé dans les monts Groulx. Pour s’y rendre, la route est longue et l’ascension, ardue. Mais la récompense est sublime! L’isolement, l’immensité et la splendeur des paysages caractérisent ce lieu. Les conditions climatiques y sont rudes et la météo, parfois impitoyable. Vous devrez donc être en très bonne forme, vous préparer avec la plus grande minutie et randonner en complète autonomie. Et surtout, vous ne devrez compter que sur vous-même, car il n’y a ni patrouille ni secours. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour au sommet : ± 45 km • Monts Groulx / Uapishka : kilométrage presqu’infini De Baie-Comeau, suivre la route 389 nord jusqu’au km 335. 418 296-0180 • 1 888 463-5319 • www.monts-groulx.ca

Manicouagan

Destinations

C

’est dans la Réserve faunique du Saint-Maurice que nous avons repéré le plus haut point accessible en randonnée pédestre en Mauricie. Il s’agit d’un sommet sans nom de 533 m d’altitude, situé sur le sentier La Grande Ourse. Celui-ci fait le tour du lac Normand et passe par ce sommet offrant un beau point de vue sur le lac. Votre randonnée vous conduira dans des sous-bois odorants et vous pourrez faire d’intéressantes haltes sur les plages qui ponctuent le parcours. Prenez note qu’en période de chasse à l’orignal, la randonnée est interdite. Renseignez-vous. Longueur : Accès : Info :

Sentier La Grande Ourse : boucle de 18 km • Réserve faunique du Saint-Maurice : 30,9 km De Grand-Mère, suivre la route 155 nord jusqu’à l’accueil Matawin. 819 646-5687 • 819 646-5679 • www.sepaq.com

Photo : Sépaq

Mauricie

Sommet sans nom

L

e mont Saint-Hilaire est composé de quatre sommets dont le plus haut est le Pain de Sucre, avec 415 m. Le sentier qui y monte, le Pain-de-Sucre, est l’un des plus populaires du Centre de la nature. En moins d’une heure, vous atteindrez ce promontoire rocheux où vous aurez une vue imprenable sur le patchwork que forment les terres agricoles et les quartiers résidentiels de la région. À l’horizon, vous verrez poindre les hauts édifices de Montréal. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour au Pain de Sucre : 5,2 km • Centre de la nature Mont-Saint-Hilaire : 20,3 km De la route 116 à Mont-Saint-Hilaire, prendre la rue Fortier qui devient le chemin Ozias-Leduc. Tourner à gauche sur le chemin de la Montagne, et encore à gauche sur le chemin des Moulins. 450 467-1755 • www.centrenature.qc.ca

Montérégie

Photo : Centre de la nature

Pain de Sucre

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V

ous l’aurez deviné, le plus haut point de Montréal, c’est le mont Royal. Mais comme il compte trois sommets, lequel, croyez-vous, est le plus élevé ? C’est, à 233 m d’altitude, la colline de la Croix, où se trouve… la croix, évidemment. Le large sentier qui en fait le tour s’appelle le Circuit des mangeoires, mais plusieurs le surnomment le « tour de la croix ». En le parcourant, vous aurez accès à un très beau panorama vers le nord-ouest. Vous apercevrez, entre autres, l’oratoire Saint-Joseph, l’Université de Montréal et la colline d’Outremont. Pour une expérience hors de l’ordinaire, allez y contempler le coucher du soleil. C’est magique! Longueur : Accès : Info :

M a r c h e Randonnée

Circuit des mangeoires : boucle de 2 km • Parc du Mont-Royal : 30 km De la rue Sherbrooke : prendre le chemin de la Côte-des-Neiges vers le nord, puis à droite le chemin Remembrance. • De l’avenue du Parc : prendre l’avenue du Mont-Royal Ouest, puis à gauche la voie Camilien-Houde. 514 843-8240 • www.lemontroyal.qc.ca

Automne2010

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Montréal

Colline de la Croix


L

e plus haut point accessible en randonnée pédestre en Outaouais, c’est le long du Sentier de l’Albatros que nous l’avons déniché. Il s’agit du tronçon du Sentier national qui va de Val-des-Bois au lac Écho en passant par la Réserve faunique de Papineau-Labelle. Le parcours, entièrement en forêt, est ponctué de lacs et de points de vue. Le plus haut sommet s’élève à 440 m et se trouve au km 16. À la chute des feuilles, vous y avez un beau point de vue sur le lac Écho. Notez qu’en période de chasse au gros gibier, la randonnée est interdite dans la portion située dans la réserve faunique. Renseignez-vous. Photo : Réal Martel

Longueur : Accès : Info : Note :

Aller-retour depuis le lac Écho : 7 km • Sentier de l’Albatros : 19,5 km Val-des-Bois : le sentier débute au chemin de l’Aqueduc. • Lac Écho : de Buckingham, prendre la route 309 nord et, passé Val-des-Bois, prendre à droite le chemin Kennedy. 819 454-2280 • mun.valdesbois@mrcpapineau.com Avant d’entrer dans la Réserve, on doit s’enregistrer au bureau administratif, situé au 443, route 309, à l’entrée sud du village de Val-des-Bois.

Outaouais

Sommet sans nom

B

Longueur : Accès : Info :

Photo : Pierre Duff

ien connue des amateurs d’activités de plein air de toutes sortes, cette montagne profite d’un emplacement privilégié. Elle s’avance sur le bord du bouclier laurentien, procurant des vues imprenables sur le Fleuve, l’île d’Orléans et les basses terres du Saint-Laurent. Pour vous rendre au sommet culminant à 820 m, vous avez le choix parmi différents sentiers, mais préparez-vous à une belle grimpée. Notez toutefois qu’à certaines périodes de l’année, il est possible de faire l’ascension en télécabine. Station Mont-Sainte-Anne : 32,6 km De Québec, prendre la route138 est jusqu’à Beaupré, puis la route 360 jusqu’à la Station. 418 827-4561 • 1 888 827-4579 • www.mont-sainte-anne.com

Pic Dubuc

C

Photo : Sépaq

e sommet, qui domine toute la région, se situe dans le Parc national des Monts-Valin. Il s’élève à 980 m d’altitude et on s’y rend par La vallée des Fantômes, un sentier accessible depuis la route du Bras-des-Canots. Au sommet, vous aurez une vue saisissante sur le paysage environnant. L’hiver, le décor devient fantasmagorique avec les arbres rabougris qui prennent des allures spectrales. D’autres pics font partie des monts Valin et vous offrent aussi de grandioses panoramas. Longueur : Accès : Info :

Aller-retour au sommet : 6 km • Parc national des Monts-Valin : 29 km De Chicoutimi, traverser le Saguenay par le pont Dubuc et prendre la route 172 est sur 13 km. À la première entrée du village de Saint-Fulgence, tourner à gauche sur le rang Saint-Louis et faire 17 km. 481 674-1200 • www.parcsquebec.com

Automne2010

M a r c h e Randonnée

Saguenay–Lac-Saint-Jean

Québec

Mont Sainte-Anne

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La petite histoire

du  Parc national du  Mont-Saint-Bruno Par Marcel Descarreaux

L’ancien moulin à farine existe encore aujourd’hui

ur la Rive-Sud de Montréal, le Parc national du Mont-Saint-Bruno s’élève au-dessus de la plaine du Saint-Laurent. Avec sa colline, ses lacs, ses ruisseaux, ses vergers, son moulin historique et les sentiers qui sillonnent sa forêt, cette oasis de verdure attire les amants de la nature et les amateurs d’activités de plein air.

S

C’est ainsi qu’en 1710, le gouverneur général, Philippe de Rigaud, accorde la seigneurie de Montarville à Pierre Boucher de Boucherville. Pendant plus d’un siècle, les seigneurs du fief de Montarville seront issus de la famille Boucher. Mais en 1832, François Pierre Bruneau prend la relève. Pour la première fois, la famille Boucher ne compte plus d’intérêts dans la seigneurie.

C’est par un heureux concours de circonstances que le milieu naturel du mont Saint-Bruno a été préservé dans le contexte habité de la plaine environnante. Ce sont les premiers occupants du territoire qui en ont fait ainsi, d’abord les seigneurs et, par la suite, un groupe de richissimes familles anglophones et une congrégation religieuse.

Les seigneurs de Montarville font construire quatre types de moulin : à farine, à scie, à tanner et à carder. Le sieur de la Bruère fait construire une tannerie en 1742 et un moulin à planches en 1748. L’ancien moulin à farine existe encore aujourd’hui et sert de salle d’exposition et de relais. Fait inusité, lors de l’insurrection des patriotes en 1838, il a servi de cachette aux rebelles pourchassés par les troupes britanniques.

L’époque des seigneurs

Les Français nouvellement arrivés en terre canadienne instaurent le système seigneurial pour coloniser les terres à potentiel agricole. Les seigneurs, en échange de portions de terre, s’engagent à y établir des colons.

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Photo : LMI – Serge Gauthier

Histoire

M a r c h e Randonnée

Automne2010

La Mount Bruno Association

Le 15 juillet 1897, Edson Loy Pease acquiert 4 km2 au cœur de l’ancienne seigneurie pour 45 000 $. Il propose à des amis anglophones fortunés de se joindre à un projet d’un domaine commun. En 1899, Pease rédige un acte de vente de la propriété à la Mont Bruno Association, un groupement pour la copropriété et l’entretien.


Photo : LMI – Nicole Blondeau Le calvaire en 1965

Histoire Les propriétaires accordent une grande importance aux aménagements sportifs. Chacun a son terrain de tennis, certains en ont un de croquet ou de boulingrin. Autant de sports et d’aménagements sont liés à la tradition britannique et indispensables à leur mode de vie. Un terrain de golf de cinq trous est aménagé sur la propriété commune près du lac du Moulin.

La demeure de Pease prend l’allure d’un château de pierres à multiples tourelles et toits pointus. Un incendie la détruit complètement le 26 mars 1941, causant la mort de son fils et de sa gouvernante. Une bibliothèque de 10 000 volumes, dont des livres rares, de nombreux objets d’art et une collection de tableaux sont aussi la proie des flammes.

Le juvénat des Frères

En 1922, les Frères de Saint-Gabriel se portent acquéreurs d’une grande partie du versant ouest de la colline qu’ils occuperont pendant plus d’un demisiècle. Ils y établissent une vaste exploitation agricole et construisent une imposante maison d’enseignement. De sa fondation en 1925 à sa fermeture en 1966, c’est environ 600 frères enseignants que le juvénat aura formés. De 1966 à 1975, le bâtiment fut utilisé en tant que collège privé pour une clientèle générale sans vocation religieuse, mais avec les frères comme enseignants. Une commission scolaire prend la relève jusqu’en 1982. Une fois inoccupé, l’immeuble devient la cible de vandales qui prennent un vilain plaisir à en saccager l’intérieur. Les pompiers doivent intervenir occasionnellement pour éteindre des feux de joie. Le collège sera démoli dans la controverse en 1990. Dans les aménagements laissés par les frères, la grotte est celui qui suscite le plus la curiosité des visiteurs. Les juvénistes et les frères ont mis dix ans à la construire avec des pierres ramassées sur la montagne. Inaugurée en 1954, la grotte a servi pendant 20 ans comme lieu de prière.

Le débat pour la vocation du parc

Faute d’argent, la Mount Bruno Association doit se départir de son vaste domaine en 1968 et le vend à un promoteur immobilier. En 1974, on annonce un projet résidentiel de 1 000 habitations prestigieuses, au cœur de la montagne, ce qui alerte l’opinion publique. Un groupe de citoyens, conscients de l’irrémédiable dommage que causerait un tel projet, convainc le Gouvernement du Québec d’exproprier ces terrains. Un an plus tard, Québec acquiert le vaste domaine des Frères de Saint-Gabriel. À cette époque, les parcs du Québec sont classifiés en deux catégories, soit de récréation et de conservation, ce qui fait une grande différence au niveau des infrastructures. Des audiences publiques pour définir la vocation du futur parc ont lieu en 1982. Deux clans s’affrontent dans un débat fort médiatisé, avec d’un côté les pro-récréation et de l’autre les pro-conservation. Au total, les pro-conservation auront déposé 104 mémoires d’audiences publiques, contre seulement cinq pour les pro-récréation. Finalement, en juin 1985, le Gouvernement annonce en chambre que le Parc national du Mont-Saint-Bruno serait reconnu « parc de conservation ». Cela met fin à un long processus d’acquisition de terrains et un fort débat sur sa classification. Aujourd’hui le parc fait la joie de plus de 750 000 visiteurs annuellement qui viennent s’y récréer en toutes saisons. Le Parc national du Mont-Saint-Bruno fête cette année ses 25 ans ! Renseignements : 450 653-7544 • www.parcsquebec.com Automne2010

M a r c h e Randonnée

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Photo : Thomas Ulrich, Mammut

É quipement

Bien éclairé pour la randonnée Par Claudine Hébert

Q

uelle que soit la saison, la randonnée nocturne recèle son lot de charmes. Une agréable expérience dont, hélas, plusieurs se privent, faute d’un éclairage approprié. Voici quelques consignes pour profiter de ces moments… en toute clarté. Il suffit d’avoir, un jour, été surpris par le coucher du soleil survenu avant la fin d’une longue randonnée en montagne ou d’avoir marché dans un quartier très mal éclairé pour regretter de ne pas avoir eu sous la main une lampe d’appoint. Bien qu’ils soient utiles en camping, vous conviendrez que la lampe de poche, la lanterne, y compris le fanal, ne sont pas des modes d’éclairage les plus pratiques en marchant, ne serait-ce que parce que nos mains sont généralement déjà occupées à tenir des bâtons de marche, une carte, une boussole, la laisse du chien… ou quelques sacs d’épicerie si on aime faire nos courses en soirée. Pour les besoins de notre activité, le meilleur moyen d’avancer dans le noir sans craindre où poser les pieds demeure l’usage d’une lampe frontale. Depuis la création de la version loisir par le manufacturier Petzl au début des années 1970, cet appareil d’éclairage, maintenu par une bande élastique sur la tête, fait justement un sacré tabac dans le milieu du plein air. Un simple coup d’œil aux multiples modèles disposés sur les présentoirs des boutiques ne laisse aucun doute sur la popularité croissante du produit. Enfants comme adultes, tous craquent pour le dispositif qui permet de jouer dehors pendant des heures et des heures sous les étoiles, tout en ayant les mains libres.

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M a r c h e Randonnée

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Bien que ces gadgets luminaires semblent tous les mêmes, certains modèles conviennent davantage à la pratique de la randonnée. Pour s’y retrouver, le prix demeure, comme d’habitude, un premier bon indice. Méfiez-vous des modèles qui coûtent moins de 20 $. « La plupart de ces lampes bon marché sont dotées d’un faible faisceau lumineux dont la portée ne dépasse pas les 20 m, soit la moitié de ce que doit rechercher un randonneur », explique Pascal Stevenson, représentant des ventes pour le manufacturier suisse Mammut, dont la gamme de produits d’éclairage fera son entrée sur le marché québécois dès cet automne. Un faisceau d’au moins 40 m de portée offre à son utilisateur une meilleure vision nocturne en sentiers. Il permet également un usage plus polyvalent de la lampe frontale. « C’est un minimum pour mieux anticiper les virages lors des randonnées de ski de fond nocturne », souligne Francis Bullet, commis chez Sail, à Laval. Autre critère à considérer : l’autonomie de la lampe frontale. Personne n’a envie que sa lampe ne le lâche au moment où il en a le plus besoin. Et les lampes dont il faut régulièrement changer les piles perdent actuellement à vitesse grand V la cote des consommateurs soucieux de leur empreinte sur l’environnement. De là vient l’essor des lampes DEL (LED en anglais) sur le marché depuis dix ans. L’introduction des diodes électroluminescentes a littéralement révolutionné la lampe frontale. Il faut savoir que ces diodes de 5 mm sont jusqu’à six fois moins énergivores qu’une ampoule incandescente conventionnelle. Selon l’utilisation et le réglage de la lampe, certains modèles


Équipement Quatre modèles pour voir clair Savoir faire d’ici : Dirigée par le Montréalais James Santourian, ancien inspecteur de moteurs d’avions Rolls Royce qui souhaitait améliorer les produits d’éclairage, la jeune compagnie Genesis suggère une lampe frontale étonnante, la Mika. Équipée d’une DEL XP-E dont la puissance du faisceau ajustable peut atteindre plus de 100 m, la Mika dispose également d’un anneau qui permet d’augmenter et réduire l’intensité de la lumière. Outre ses fonctions de pointe, la lampe frontale se distingue par ses modes d’éclairage de couleurs – rouge, bleu et vert – intégrés. Alimentée par trois piles AAA, la lampe propose jusqu’à 10 heures d’autonomie à intensité maximale, et jusqu’à 100 heures en mode clignotant rouge. Vendue 60 $ dans la plupart des boutiques de plein air. www.genesisled.ca Éclairage d’hiver : Surveillez cet automne la sortie de la Magik IR, de Genesis, dont l’éclairage s’ajustera en activant simplement la main devant l’appareil. Conçu pour faciliter les randonnées d’hiver qui impliquent généralement le port de gants et de mitaines, cet appareil doté de senseurs se vendra 80 $. www.genesisled.ca Puissant faisceau : Les randonneurs pourront dès cet automne profiter de la technologie d’éclairage du manufacturier Mammut. Un des produits vedette de ce fabricant suisse demeure le Lucido TX1. Grâce à un faisceau avec angle ajustable (entre 9 et 45 degrés), cette lampe dispose d’une portée allant de 7 à 105 m. Son autonomie, assurée par trois piles AAA, varie de 100 à 180 heures selon l’utilisation. Vendue 80 $, la TX1 vient également dans une version ceinture (99 $), dont le boîtier portable contenant trois piles C permet de tripler l’autonomie de la lampe. www.mammut.ch Le classique : Pour les randonneurs qui ne jurent que pour Petzl, le modèle Tikka XP 2 comble leurs attentes. Très polyvalente, cette lampe dispose de trois modes d’éclairage, soit maximum, économie ou clignotant. Son faisceau blanc peut atteindre 17 et 60 m, ce qui permet une autonomie variant de 80 heures en mode maximum, à 160 heures en mode économie. Alimentée par trois piles AAA, la Tikka XP2 bénéfice également d’un DEL rouge qui peut être utilisé en mode continu ou clignotant. Vendu 51 $. www.petzl.com

offrent plus de 150 heures d’autonomie. Les lampes DEL ont aussi l’avantage d’être plus compactes et légères, et sont mêmes plus résistantes aux chocs et aux variations de températures extrêmes. De plus, cette technologie ne cesse d’évoluer. Les manufacturiers de lampes frontales se livrent actuellement une féroce compétition sur le plan de la puissance lumineuse et de l’autonomie de cette dernière. De plus en plus de fabricants optent pour l’utilisation de méga DEL, un faisceau qui peut éclairer au-delà de 100 m. C’est le cas des lampes frontales que propose Genesis, un fabricant de l’Est ontarien très innovateur dans le domaine. Ce nouveau joueur de l’éclairage plein air, qui ne craint pas de se mesurer aux principaux fabricants Petzl et Black Diamond, est même l’un des rares à offrir une lampe frontale dont l’intensité du faisceau s’ajuste de 10 à 100 %. « Comme une lampe de salon que l’on règle à son goût », indique fièrement James Santourian, président de Genesis. D’autres facteurs peuvent également influencer l’achat de votre lampe frontale, notamment les modes d’éclairages colorés. Outre la lumière blanche, de plus en plus de lampes frontales intègrent, ou offrent à l’aide de filtres vendus en sus, des variantes rouge, bleu et verte. Et ce n’est pas par coquetterie. Héritage de l’univers militaire, ces variantes ont chacune une fonction précise, à commencer par le rouge, la plus populaire des lumières colorées. Cette variante permet une vision nocturne sans éblouir ses compagnons de marche. Ayant pour fonction de ne pas contracter la pupille des yeux, ce mode d’éclairage s’avère très pratique lors des discussions de groupe. « Ce mode d’éclairage est également très apprécié

par les partenaires de camping sous la tente », nous a confié un campeurrandonneur rencontré chez Sail, à Laval. Les deux autres couleurs ont des fonctions un peu plus techniques. La lumière verte facilite la lecture de cartes topographiques à la tombée du jour, tandis que le bleu fait le bonheur des randonneurs… chasseurs. « Cette teinte permet de distinguer les traces de sang au sol », précise James Santourian, un des premiers fabricants à intégrer ces trois DEL colorés au sein d’une même lampe frontale. Notez que certaines lampes frontales disposent également d’une fonction clignotante rouge afin de signaler votre présence. Le manufacturier Guardian offre, à ce propos, des versions d’éclairage qui ne font que clignoter, de quoi plaire aux randonneurs urbains qui veulent surtout être vus. L’entreprise propose même une version clignotante pour Fido. Enfin, à moins d’être un crac de l’équipement ultraléger, le poids n’est pas véritablement un facteur qui pèse lourd dans l’achat. La plupart des lampes frontales pèsent moins de 200 g, piles comprises, et le boitier des piles fait généralement corps avec la tête pour maximiser le confort. Certains boitiers vont même être installés derrière la tête afin de mieux répartir le poids du dispositif d’éclairage. Dans le cas des lampes ultrapuissantes, qui frôlent le demi-kilo, les manufacturiers proposent des versions ceinture qui permettent de porter le boîtier des piles à la taille, dans une veste, voire dans un sac à dos. Alors voilà, plus d’excuse ni de raison d’avoir peur de marcher dans le noir ! Automne2010

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É quipement

LST de Gerber

Hiker de Victorinox

Couteaux Choisir sans couper court C

hoisir un couteau de poche peut paraître simple. Pourtant, le choix étant vaste, mieux vaut faire comme pour n’importe quel article de plein air et sonder ses besoins avant d’explorer l’éventail des possibilités. Mais peu importe ce dont on croit avoir besoin, les experts consultés sont catégoriques : inutile d’avoir trop gros, trop long ou trop complexe. Les classiques et la simplicité sont de mise. « Un couteau, ça ne sert pas souvent, mais quand t’en as besoin, t’es vraiment très content de l’avoir », tranche François Guy Thivièrge. Pour lui, la nécessité d’avoir un canif en sa possession lors de sorties en forêt relève de l’évidence. Pourquoi si catégorique ? Simplement parce que, même si l’on ne passe pas ses fins de semaine à escalader les plus vertigineux sommets du monde comme l’a fait Thivièrge en grimpant jusqu’à la cime des plus hautes montagnes des sept continents, les occasions de se servir d’un couteau finiront tôt ou tard par survenir. Et ce jour-là, sans le petit objet dans son sac, on risque de se sentir tout petit nous aussi. « C’est parfois aussi simple que de vouloir couper des fruits, du fromage, ouvrir un contenant, étendre du beurre », poursuit Thivièrge à propos des nombreuses utilités du canif, aussi pratique pour réparer une botte de marche, une ceinture, un manteau, une sangle de sac à dos, mais aussi pour couper des branches, des cordes… « Parce qu’il peut survenir des situations d’urgence », rappelle le grimpeur qui pratique aussi une panoplie d’activités de plein air pour le plaisir. Ainsi, si l’on s’égare en forêt (parce que ça peut arriver), un couteau peut être utile pour construire un camp de fortune, par exemple.

La simplicité

Comme pour la plupart des articles de plein air, choisir un couteau revient à se lancer tête première dans un océan de possibilités. Une simple balade en ligne suffit à vous assommer : c’est que le monde regorge de maniaques de couteaux, et les compagnies en produisent parfois des dizaines de modèles s’adressant à autant de clientèles, du marcheur au chasseur en passant par le sportif de rivières et le commando de fortune qui rêve secrètement de joindre n’importe quel groupe d’intervention tactique.

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Camper de Victorinox

Par David Desjardins

Selon François Guy Thivièrge, le choix d’un couteau de base pour le randonneur s’avère d’une extrême simplicité : il faut une lame simple, de bonne qualité, ou alors si on veut quelques outils de base, un bon vieux couteau suisse fera l’affaire. Gabriel Couet de chez Mountain Equipment Coop abonde « Avec une lame, on peut presque tout faire. On peut même se servir du dos de la lame comme tournevis, et si elle est faite d’un acier de bonne qualité (voir plus loin pour le choix des alliages), elle ne se brisera pas. Dans le genre, il existe quelques couteaux à cran d’arrêt qu’on veut légers, comme une sécurité qu’on se permet d’oublier au fond de son sac, et sans fioritures, « puisqu’on cherche des mécanismes simples qui risquent moins de s’endommager ». Parmi les plus intéressants du lot (il y en a quand même plusieurs) le LST de Gerber (un peu plus de 20 $), avec son manche en nylon et sa lame en acier inoxydable à haute teneur en carbone, ne cumule que 35 petits grammes.

La bonne lame

Ce qui nous amène, puisqu’il en sera question tout au long de cet article, à la qualité de l’acier duquel est composée la lame d’un couteau. « Ce n’est pas toujours évident à savoir en regardant le couteau ou même en consultant sa fiche, expose cependant Gabriel Couet, parce que ce ne sont pas toutes les compagnies qui divulguent la composition exacte des lames, mais en général, si elle est de bonne qualité, ils vont l’écrire quelque part… Et le prix est aussi un bon indicateur ». Ce qu’on cherche, au juste ? Une lame en acier, préférablement inoxydable pour éviter qu’elle ne se corrode. Ensuite, il faut voir la quantité de carbone, qui entre toujours dans la composition de l’acier dont l’autre composante principale est le fer. Plus l’alliage d’acier est à haute teneur en carbone, et plus la lame du couteau faite de cet acier sera rigide et restera effilée longtemps. Par ailleurs, il faudra aussi plus de temps pour l’aiguiser et elle sera moins souple, donc plus facile à casser.


Équipement

EvoGrip 18 de Wenger

On trouvera aussi, mais plus rarement, des lames de titane, souples et légères (mais généralement plus onéreuses) et des lames dentelées, le plus souvent sur les couteaux de sauvetage, d’escalade ou de sports de rivières puisque ces tranchants irréguliers sont surtout conçus pour couper des tresses (des cordes) et des surfaces lisses. « Ces lames sont aussi très difficiles d’entretien, précise Gabriel Couet. Les lames d’acier sans dents peuvent être aiguisées à l’aide d’une pierre qu’on peut amener avec soi en forêt, mais les lames dentelées doivent être effilées par un coutelier. »

Outil ou gadget ?

On le croyait passé de mode, tout juste bon pour quelques nostalgiques tandis que la vague des couteaux à fonctions multiples déferle sur le marché, mais lorsqu’il est question d’ajouter à la lame quelques bidules pratiques, le bon vieux canif suisse règne toujours en maître. Comme pour François Guy Thivièrge, la préférence de Gabriel Couet va à ces couteaux dont il vante abondamment les mérites : « Si on veut des outils, c’est l’idéal. Il y a moins de pièces mobiles que dans un couteau de type « multifonctions », donc moins de mécanismes fins qui risquent de se briser. » Couet propose deux modèles de Victorinox que le prix (environ 27 $), le poids (plus ou moins 100 g) et les composantes rendent incontournables : le Hiker, muni d’une lame, d’un tournevis cruciforme, d’un tournevis plat, d’un poinçon, d’un cure-dents et d’une scie; ainsi que le Camper qui troque un des tournevis de son frangin pour un tire-bouchon. « Avec six à huit fonctions vraiment utiles, le couteau suisse est abordable et pratique », croit quant à lui François Guy Thivièrge. Proposant une gamme semblable d’outils (des ciseaux en plus), le EvoGrip 18 de Wenger (compagnie parente de Victorinox) partage le même poids, mais a l’avantage d’une forme ergonomique et d’un revêtement de caoutchouc antidérapant qui le rendent plus facile à manipuler. Il est cependant un peu plus cher, à environ 50 $.

Opinel

Trailmaster de Victorinox

EZ Out de Gerber

« En bout de ligne, ce qui compte, c’est de trouver le couteau qui convient à nos besoins, plaide Couet. Par exemple, si on est plus de type pique-nique, on aura sans doute plus souvent besoin d’un tire-bouchon que d’un tournevis. » Mais l’auteur de ces lignes s’en voudrait de ne pas influer sur la sélection de vos outils en mentionnant qu’il existe désormais quantité d’excellents vins dont le bouchon se dévisse… Et les outils multifonctions ? Ils sont peu recommandés. Leurs pièces demeurent fragiles, leur coût supérieur, leur poids à l’avenant, et leur utilité discutable. « Honnêtement, je n’ai jamais vraiment eu besoin d’une paire de pinces dans le bois », laisse tomber Gabriel Couet, suivi d’un Thivièrge toujours aussi catégorique : « C’est un peu trop gadget. »

Les classiques

Une fois mis de côté les couteaux de chasse (lourds et massifs), de sauvetage (que la longue lame et la corpulence du manche rendent moins pratiques) et ceux pour les sportifs de rivières (que la lame dentelée rend difficile d’entretien), il reste les classiques : nous avons nommé l’éternel Opinel et ses nombreuses déclinaisons. Qu’en pensent nos experts ? Eh bien, ils s’entendent à nouveau, et leur unanimité est plutôt favorable à ce type de couteaux dont la rusticité n’est pas qu’esthétique, puisque le classicisme d’Opinel s’étend jusqu’à la fonction. On ne sera donc guère surpris d’apprendre que le slogan de la compagnie est « simplicité, efficacité et fiabilité ». Un manche, une lame, une bague pour fixer la lame en place : et voilà ! Reste à choisir quel type d’acier on préfère, le fini du manche… Ou encore la gravure qu’on souhaite voir apposée sur l’une ou l’autre, puisque la compagnie propose des couteaux personnalisés. « Je trouve que ça fait un beau cadeau, conclut d’ailleurs François Guy Thivièrge en vantant les mérites de son couteau favori : le Laguiole, un autre coutelier français de renom qui, comme Opinel, propose aussi des gammes de produits domestiques de grande qualité. « C’est un peu plus cher qu’un Opinel de base (qui est environ 20 $) et évidemment, si on le perd, c’est ennuyeux. Mais moi, je l’adore. À mon avis, c’est la « Mercedes» du couteau. » Automne2010

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T echnique

Clochettes Lanceur de fusée

Les  chasse-ours

« Fort » délicat ! Texte et photos : Jean-Paul Lahaie

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es rencontres avec un ours sont plus fréquentes qu’auparavant. Forcément, puisqu’il y a beaucoup plus d’humains qui envahissent les régions sauvages pour leurs activités de plein air. Les randonneurs, grimpeurs, kayakistes, cyclistes de montagne, VTT, chasseurs, pêcheurs, travailleurs forestiers et autres partagent le même milieu que notre ami l’ours. La population totale de nos plantigrades à fourrure est d’environ 60 000 au Québec et, pour vivre, ça leur prend de la place! Les médias, troquant l’éducation pour le sensationnalisme, ont développé une crainte de l’ours parmi la population. Statistiquement, les attaques d’ours sont rares, vraiment rares. Vous avez 10 fois plus de risques d’être frappé par la foudre que de périr sous la patte d’un ours. Tout de même, la comparaison s’arrête là! La foudre est un phénomène relativement prévisible et, en prenant des précautions de base, on peut prévenir un accident. Le cas d’une rencontre avec un ours relève plutôt d’un événement aléatoire et c’est ce qui augmente nos craintes.

La prévention est toujours le meilleur remède

Il existe différents dispositifs pour éloigner un ours. Le sifflet, la clochette, le lanceur de fusée (pétard à ours ou Bear Bangers) et la bombonne de poivre de Cayenne sont les principaux dispositifs.

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La clochette est probablement le moyen le plus inefficace. Peu bruyante, l’ours risque de ne pas l’entendre, car son ouïe est peu développée. Il n’y a pas de risque qu’un ours soit impressionné. Le sifflet, utilisé pour impressionner un ours avant une attaque, est un peu controversé. S’il n’associe pas ce bruit à un humain, le sifflet peut simplement l’irriter. La voix humaine est plus efficace. Une voix calme va rassurer l’ours sur les intentions pacifiques du randonneur et il s’éloignera, car notre présence ne l’intéresse pas, sauf s’il pense qu’on peut lui fournir de la nourriture. Le lanceur de fusée style « crayon » est généralement efficace s’il est utilisé par une personne expérimentée. Il est composé d’un levier avec cran d’arrêt, d’un percuteur et d’un ressort, comme une arme à feu. La cartouche explosive (assourdissante) se visse à l’extrémité du tube. Son utilisation est dangereuse pour l’utilisateur. Il a occasionné des problèmes auditifs graves et des brulures à certains utilisateurs. Il faut faire des tests d’entrainement avant de l’utiliser contre un ours. Pour éloigner un ours efficacement, il faut que l’origine du son soit entre l’ours et vous. Lancer la fusée au dessus ou en arrière de l’ours va l’amener à se ruer vers vous. Ce n’est pas un outil facile à armer et à utiliser sécuritairement en randonnée. Il est plus efficace pour éloigner un ours rôdeur autour de la tente. La cartouche est un explosif et n’est définitivement pas recommandé pour des personnes sans expérience.


Technique La bombonne de poivre de Cayenne est la meilleure parade contre l’attaque d’un ours. La fameuse cannette a sauvé des vies ! Les spécialistes considèrent que le poivre de Cayenne est plus efficace qu’une arme à feu pour repousser un ours qui attaque. Elle contient un composé extrait du piment de Cayenne appelé oléorésine capsicum. La concentration de capsicum est suffisante dans la plupart des produits chasse-ours vendus au Canada. D’une durée de conservation limitée, surveillez la date d’expiration du produit ! Vous devriez faire un essai de la bombonne une fois l’an en l’actionnant une fraction de seconde dans un endroit isolé. Lorsque vous allez Bombonnes de poivre en forêt, gardez-là toujours à la portée de la main, dans un étui spécial, accrochée à la ceinture, jamais dans le sac à dos. Si vous devez vous en servir, ne le faites qu’en dernier recours. Le jet de la cannette est conique et peut atteindre une distance de 6 m (20’). Visez le museau de l’ours. La bouteille se videra en moins de 10 secondes, alors il est préférable de l’utiliser par petits jets pour se garder une réserve en cas de récidive ou à cause de la présence d’autres ours! Après l’avoir utilisée, éloignez-vous de l’endroit. L’ours devrait être hors d’état de nuire pendant une quinzaine de minutes et, assurément, avoir perdu le goût de vous rencontrer une seconde fois. Une mise en garde sur les limites de son

utilisation : son efficacité est diminuée ou risquée si le vent est face à vous, ou qu’il est fort et détourne le jet, ou encore pendant une pluie qui va réduire la portée du liquide atomisé. J’espère que ces renseignements rassureront les randonneurs et les inciteront à transporter une bombonne chasse-ours à titre préventif lors d’une excursion au « pays des ours ». Jean-Paul Lahaie est bénévole à la Fédération québécoise de la marche et guide chez Randonnées Plein Air du Québec. Références – Ressources disponibles par Internet Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec : www.mrnf.gouv.qc.ca JOLICOEUR, H*. Les chasse-ours à base de poivre de Cayenne, Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune, 2001, 13 p. (en PDF) – Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, ISBN 2-550-38700-7 JOLICOEUR, H*. L’ours noir et vous! ou Comment éviter les problèmes avec les ours noirs, Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune, 2001, 62 p. (en .PDF) – Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, ISBN 2-550-37561-0 *Hélène Jolicoeur : une des plus grandes expertes sur la faune au Québec.

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Respirez

par le

Santé

nez ! Par Marie-Lou Phaneuf, B.Sc. Kinésiologue

a respiration n’est pas seulement essentielle à la vie. Elle a un effet bénéfique sur la relaxation et est également très utile lorsque vous faites un effort physique.

Comment ça fonctionne ?

La respiration est un échange de gaz. Nous inspirons de l’oxygène et nous expirons du dioxyde de carbone. L’inspiration et l’expiration se font par les poumons, mais ce sont les organes et les muscles qui utilisent l’oxygène. Lorsque celui-ci est amené dans les poumons par l’inspiration, une certaine quantité passe dans le sang. Grâce à la circulation sanguine, l’oxygène est ensuite acheminé aux organes et aux muscles. Ces derniers vont alors utiliser l’oxygène pour fonctionner et pour créer de l’énergie par un procédé complexe. Ce procédé va créer du dioxyde de carbone, qui sera retourné dans le sang pour ensuite être expiré par les poumons. En résumé, nous inspirons pour faire fonctionner notre corps, puis nous expirons pour rejeter les déchets gazeux qui en résultent. Lorsque vous faites une activité physique, telle qu’une randonnée en montagne, le besoin en énergie des muscles augmente. Il y a donc une accélération de la respiration, un essoufflement, qui se crée afin de fournir plus d’oxygène aux muscles. Avec plus d’oxygène, les muscles peuvent produire plus d’énergie. Plus l’effort est important, plus le besoin en oxygène sera important. Comme le dioxyde de carbone est créé lors de la formation d’énergie avec l’oxygène, l’essoufflement sert aussi à éliminer le dioxyde de carbone du corps. Lorsqu’il y a un équilibre entre l’oxygène entrant et de dioxyde de carbone sortant, le pH des muscles est équilibré. Les muscles sont donc dans un bon état pour faire un effort, pour se contracter.

Y a-t-il une façon idéale de respirer ?

Les deux étapes de la respiration, l’inspiration et l’expiration, ont des fonctions importantes. Il est donc primordial de bien faire les deux lors d’un effort. Pour vous en assurer, vous pourriez vous donner un repère dans votre activité pour effectuer vos respirations. Par exemple, inspirez pendant deux pas, expirez pendant deux autres pas. Par expérience, lors d’efforts plus intenses, il peut vous paraître plus confortable d’expirer plus fort ou plus longtemps. Cela est probablement dû au fait que l’expiration plus longue vous permet de vous débarrasser de plus de dioxyde de carbone, évitant ou diminuant la fatigue musculaire. De plus, l’inspiration par le nez serait préférable puisqu’elle favorise l’humidification, le réchauffement et la filtration de l’air avant de se rendre aux poumons. Ce sont tous des facteurs qui améliorent la transmission de l’oxygène des poumons dans le sang.

Températures extrêmes

Lorsqu’il fait très chaud ou très froid, il est normal d’avoir de la difficulté à respirer pour des raisons physiologiques. L’intérieur des poumons est tapissé

d’une muqueuse humide aidant à faire passer l’oxygène. L’air trop chaud dessécherait cette muqueuse, rendant plus difficile l’absorption de l’oxygène. Pour l’air froid, ce n’est pas tout à fait la même difficulté. L’air froid arrive à une température acceptable dans les poumons grâce au chemin qu’il emprunte et qui le réchauffe avant d’arriver aux poumons. Il serait plus difficile à respirer à cause de la vasoconstriction (rétrécissement) des vaisseaux lorsque la température est froide. Il n’existe pas de moyen pour améliorer la respiration lors de températures extrêmes, mais il serait probablement utile de vous rafraichir et de vous hydrater correctement lors de temps très chaud et de vous vêtir chaudement (cou, visage, tête, corps) lorsque la température est très froide.

Manœuvre de Valsalva

Si vous bloquez votre respiration pour soulever quelque chose de lourd, vous pratiquez la manœuvre de Valsalva. Lorsque vous bloquez la respiration, vous contractez les muscles du tronc nécessaires pour soulever ou déplacer un objet lourd. Par exemple, vous ferez la manœuvre de Valsalva en pelletant, en déplaçant votre divan ou bien en faisant de la musculation. Cette méthode est donc utile pour être plus fort ou pour éviter les blessures. Cependant, elle ne doit pas être pratiquée par tout le monde. Le fait de bloquer sa respiration augmente de façon considérable la pression dans la cage thoracique. Comme le cœur se trouve dans la cage thoracique, cette manœuvre exerce également une grande pression sur lui. La manœuvre de Valsalva est donc à éviter pour les gens qui ont une maladie cardiaque ou respiratoire.

Pourquoi la respiration nous aide-t-elle aussi à relaxer?

Il existe, dans tout le système nerveux du corps humain, le système nerveux sympathique. Celui-ci a pour fonction de mettre le corps en état d’alerte et de le préparer à faire une activité physique ou intellectuelle. Les fonctions du système nerveux sympathique entraînent, entre autres, une augmentation de la tension artérielle, une augmentation de la fréquence cardiaque, une respiration courte et superficielle, de l’hypersudation et une sécrétion plus importante d’adrénaline. Lorsqu’il est stimulé, le système nerveux sympathique engendre donc des facteurs de stress. Le fait de pratiquer une respiration lente et profonde ferait en sorte d’inhiber les actions du système nerveux sympathique. Environ six respirations profondes par minute, en gonflant la cage thoracique et l’abdomen, devraient vous aider à évacuer le stress et relaxer, en plus de vous procurer ce qu’il y a de plus important pour vivre : de l’oxygène ! Pour plus de renseignements sur le sujet ou pour des questions à formuler, n’hésitez pas à communiquer avec moi. Cela me fera plaisir de travailler avec vous à améliorer votre respiration, et votre forme physique ! Marie-Lou Phaneuf : 514 692-7209 • marielou@labatcave.com

Photo : LMI – Sylvain Lavoie

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Photo : LMI – Daniel Pouplot

Santé

Bien  se  nourrir en longue randonnée

Par Julie Aubé, Dt.P. Nutritionniste

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artir quelques jours en randonnée rime avec paix, nature, calme et aventure ! Pour que l’expérience demeure positive, il est primordial de prévoir suffisamment de « carburant » pour combler les besoins de l’organisme, sans quoi la plus belle des randonnées peut vite se transformer en mauvais rêve. Voilà pourquoi une bonne planification est de mise ! Lorsque les provisions sont suffisantes et adaptées aux besoins, on met toutes les chances de son côté d’avoir une randonnée réussie !

Avant et pendant une longue randonnée

Il n’y a rien de pire que de manquer de nourriture en pleine nature. Voilà pourquoi il est si important de bien prévoir ses provisions avant de s’éloigner de la civilisation pour quelques jours. D’autant plus que l’expérience est tellement plus agréable quand on a de quoi fournir à notre corps le carburant dont il a besoin pour être dans une forme optimale et fournir l’effort auquel il est soumis. En préparant ses provisions, on garde en tête que chaque gramme qu’on emporte avec soi doit être justifié puisqu’on doit tout transporter soi-même. Donc, à bas les calories vides (soit les calories qui ne fournissent pas de nutriments importants en échange), comme par exemple les croustilles, les bonbons, les boissons gazeuses, etc. On doit plutôt s’assurer que chaque aliment qu’on emporte fournisse du carburant intéressant pour l’organisme, en l’occurrence des glucides, principalement des glucides complexes (céréales, pains, pâtes...) qui donnent de l’énergie sur une plus longue période, des protéines (qui sont à la base de l’endurance) et des matières grasses en quantité modérée (surtout par temps chaud, puisqu’ils peuvent alors être plus difficiles à digérer). Durant la randonnée, la clé est de maintenir l’hydratation et la glycémie (soit le taux de sucre dans le sang). D’abord, on veille à commencer

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l’aventure avec des réserves optimales de glycogène (glucides emmagasinés dans les muscles et le foie), en veillant à consommer des repas complets, équilibrés, nutritifs et riches en glucides complexes les jours précédant le départ. Une fois en route, on privilégie plusieurs pauses-collations, dans l’idée de manger régulièrement de petits repas légers, plutôt que de surcharger le système digestif avec seulement trois gros repas dans la journée. De cette façon, on fournit régulièrement à l’organisme de petites quantités de carburant qui permettent de maintenir l’effort sans attendre de ressentir une panne d’énergie! Ces repas légers sont idéalement composés d’une combinaison de glucides complexes et de protéines. On peut miser sur des aliments déshydratés (ex. : bœuf jerky, soupes en poudre...) ou sur des plats lyophilisés achetés tels quels. On pourrait aussi simplement emporter des nouilles ou du couscous instantané, qui sont légers et faciles à réhydrater, et y ajouter des sauces déshydratées ou des champignons séchés. Avant de partir pour une randonnée où plusieurs repas sont à prévoir, il est intéressant de consulter un livre qui fournit de nombreuses idées de repas adaptés aux besoins du randonneur, tels que celui d’Odile Dumais (La gastronomie en plein air, Éditions QuébecAmérique et Géo Plein Air, 1999), qui demeure une excellente référence. Personne n’est intéressé à subir les symptômes d’une intoxication alimentaire en randonnée! Entre 4 et 60 oC, c’est ce qu’on appelle la zone de danger, dans laquelle les microorganismes se développent rapidement. Comme la réfrigération est difficile lors des longues randonnées de plusieurs jours, il faut miser sur des aliments nutritifs non périssables ou à faible taux d’humidité, emballés sous vide, ou encore en conserve. Par exemple, on peut penser au lait en poudre, au beurre d’arachide, de noix et de graines, aux conserves de thon et de sardines, aux fruits séchés, au riz et aux pâtes, aux viandes séchées (type jerky), aux galettes, biscottes, céréales


Santé à déjeuner et autres barres de céréales, aux pâtes de fruits, ou encore à la pâte d’amande qui, en plus d’être savoureuse, est concentrée en protéines et en sucres. On réalise que la catégorie du « non périssable » laisse quand même bon nombre de possibilités à la fois savoureuses et nutritives ! D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’on est en pleine nature qu’on se prive d’aromatiser ses préparations ! En effet, les bouillons déshydratés, les épices et les fines herbes séchées ne pèsent pas lourd, d’autant plus qu’on n’en a pas besoins en grande quantité pour donner du goût. Bref, il est tout à fait possible de bien s’alimenter en randonnée, autant sur le plan nutritif que sur le plan du goût, et ce, malgré le fait qu’on doive tout transporter !

Primordiale hydratation

Lors des longues randonnées, il est judicieux d’opter pour une boisson qui fournit de 4 à 8 % de glucides, pour retarder la fatigue et améliorer la performance. Cela peut être une boisson énergétique, ou un jus 100 % pur dilué auquel on ajoute une pincée de sel pour remplacer la perte d’électrolytes dans la sueur. Il est important de veiller à boire environ 150 à 250 ml toutes les

15 minutes, et ce, même si l’on ne ressent pas la soif. Pour vous encourager à boire, emportez des boissons dont la saveur vous plait et prévoyez différentes solutions pour ne pas que la redondance de la boisson vous incite à boire moins. En plus des boissons pour sportifs et des jus dilués, vous pourriez penser à emporter, par exemple, quelques feuilles de menthe fraîche, du lait en poudre (avec lequel vous pouvez vous faire des chocolats chauds en fin de journée), des thés et tisanes, etc.

Que penser des suppléments?

Plusieurs sportifs s’inquiètent de souffrir de carences alimentaires et décident de se rassurer en prenant un ou des suppléments. Il est suggéré de consulter un médecin ou une nutritionniste ayant des connaissances en nutrition sportive avant de prendre des suppléments, puisqu’on trouve réellement toutes sortes de choses sur le marché. Pour un individu normal en santé, lorsque les menus sont équilibrés, le recours à ces produits est souvent superflu.

Astuce

Une autre bonne idée pour réduire au maximum le volume et le poids des provisions est d’éliminer un maximum d’emballages superflus.

Par Julie Aubé, Dt.P. Nutritionniste

capsules santé

Trouvaille

Fruits City Snacks

Voici une nouvelle idée de collation nutritive et très légère à transporter en randonnée : les fruits lyophilisés City Snacks. Offerts en sept saveurs (banane et fraise, pêche, fraise, pomme, banane, poire et ananas), ils sont disponibles en emballages individuels. Le fait qu’ils soient lyophilisés les rend très légers (donc tout indiqués pour le sac à dos), et ils se grignotent tout simplement tels quels, sans avoir besoin de les réhydrater. En prime, ils sont sans aucun additif ni agent de conservation, et ils fournissent des glucides naturels des fruits, de la vitamine C et des fibres. Bien qu’ils ne soient pas particulièrement économiques, les fruits City Snacks sont une collation intéressante, différente et amusante pour toute la famille et pour les randonneurs. www.cdsbrokers.net/

Coup de cœur

Champignons

sauvages du

Québec

On observe un véritable engouement pour les produits de la nature, parmi lesquels figurent les champignons sauvages de nos forêts québécoises. Bolets, chanterelles, morilles et autres délices des bois se trouvent de plus en plus facilement dans les épiceries fines, les marchés publics et même par Internet. Pour goûter des champignons qui sont vraiment cueillis dans les forêts d’ici, achetez-les d’un cueilleur, comme par exemple Gérard Mathar, de Gaspésie Sauvage. Ses champignons sont cueillis dans les forêts de la vallée de la Matapédia. Une partie de sa récolte est vendue sous forme de champignons frais, une autre partie est destinée à faire des champignons séchés. Les champignons sauvages séchés doivent être réhydratés avant d’être consommés (dans l’eau, le vin, le bouillon...). Ils sont donc idéaux à apporter en longue randonnée : tant de goût pour si peu de poids! Une fois réhydratés, on peut les intégrer partout où on aurait mis des champignons frais. Ils sont, entre autres, un régal dans les riz et risottos, les plats de pâtes, les sauces et plus encore ! www.gaspesiesauvage.com Saviez-vous que ? Le séchage des champignons des bois est tout un art ! Pour chaque variété de champignons, il existe une température et une durée de séchage qui permet de révéler un maximum de saveurs ! En moyenne, cela prend de 10 à 12 kilos de champignons frais pour obtenir un kilo de champignons séchés.

Recette

Thé

épicé (pour 500

ml)

➤ 2-3 ml (½ c. à thé) de feuilles de thé vert ➤ 500 ml (2 tasses) d’eau de source ➤ 4 clous de girofle ➤ 1 cm de bâton de cannelle ➤ 3 baies de poivre de la Jamaïque ➤ 15 ml (1 c. à soupe) de jus de citron

Faire frémir l’eau avec les épices pendant 10 minutes et passer au tamis. Ajouter les feuilles de thé. Laisser infuser 10 minutes. Ajouter le jus de citron. Servir chaud. Rafraîchit à souhait.

Référence : DUMAIS, Odile. La gastronomie en plein air, Éditions Québec-Amérique et Géo Plein Air, 1999. pages 78-79. Automne2010

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Environnement

La protection de la biodiversité Au bénéfice de tous

L

’année 2010 a été proclamée année internationale de la biodiversité par l’Organisation internationale des Nations Unies (ONU). L’objectif est d’alerter l’opinion publique sur le déclin de la biodiversité partout dans le monde. La biodiversité désigne la diversité du monde vivant sur la terre : flore, insectes, animaux, champignons, micro-organismes, etc. Les différents éléments de la biodiversité rendent d’innombrables services à l’homme. Par exemple, les arbres freinent l’érosion des berges, apportent de l’oxygène, et la majorité des médicaments utilisés sont des extraits ou des dérivés de produits naturels. La nature nous rend aussi de nombreux services comme la filtration et la rétention de l’eau par les marais ainsi que le captage du CO2. En plus de tout cela, elle nous fournit des endroits magnifiques pour pratiquer nos activités de plein air. Toutefois, selon l’ONU, les taux actuels d’extinction d’espèces seraient jusqu’à 1 000 fois plus élevés que les niveaux jugés naturels. Les causes sont multiples; on n’a qu’à penser aux changements climatiques, à l’étalement urbain, à l’utilisation non durable des ressources naturelles, etc. Évidemment, le lien entre toutes ces causes est simple à établir : il s’agit de l’activité humaine. Alors, comme nous sommes à l’origine de la perte accélérée de la biodiversité, la responsabilité nous revient de la freiner. L’un des moyens les plus efficaces pour protéger la biodiversité est la création d’aires protégées. Lorsqu’un écosystème ou un ensemble d’écosystèmes est conservé, la totalité de la biodiversité présente y est protégée. Il est important que ces milieux soient les plus grands possible et qu’il y ait une certaine liaison entre les espaces protégés afin d’en assurer la viabilité pour la plus grande partie des espèces présentes. Par le biais de sa commission sur les aires protégées, l’organisme Nature Québec recommande de protéger un minimum de 12 % du territoire québécois. Cet objectif est loin d’être atteint dans la zone la plus développée et industrialisée du Québec, soit la région métropolitaine de Montréal. Par exemple, sur l’île de Montréal, ce taux est malheureusement d’à peine 5 %.

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Prucheraie de la ceinture verte Châteauguay-Léry

Texte et photos : Dominic Gendron

La création d’aires protégées dans la grande région de Montréal s’avère une tâche difficile, les terrains étant presque exclusivement de nature privée et voués au développement résidentiel ou commercial. Toutefois, de nombreux organismes font un travail impressionnant pour la protection de milieux naturels ainsi que pour la sensibilisation à la protection de la biodiversité. Pensons entre autres à Conservation de la nature Canada, Canards Illimités, la Fondation de la faune du Québec, Éco-Nature, le Centre d’information sur l’Environnement de Longueuil, Sauvons nos trois grandes îles, le Centre de la nature du Mont Saint-Hilaire ainsi qu’à la Coalition Verte. Ces organismes disposent de plusieurs outils pour la création d’aires protégées. En effet, il existe divers programmes gouvernementaux qui favorisent l’acquisition, la donation et la location de terrains en vue d’une conservation idéalement à perpétuité. Qui plus est, dans bien des cas, il est possible de compter sur la collaboration des municipalités qui peuvent elles aussi agir concrètement pour protéger la biodiversité par le biais d’une réglementation municipale et de plans d’urbanisme. En effet, selon Jean-François Girard, président du Centre québécois du droit de l’environnement, une municipalité possède les outils nécessaires pour protéger intégralement un milieu humide ou boisé sous tenure privée sur son territoire sans expropriation. Plus de quarante organismes de conservation de la grande région de Montréal (de Mirabel à la frontière des États-Unis, et de Sorel à la région du Suroit) rêvent de la protection des derniers milieux naturels du grand Montréal pour atteindre les fameux 12 % d’aires protégées. Plus de cent sites d’importance sont ciblés par ce projet. L’initiative a pour but de créer une grande ceinture verte autour de Montréal, laquelle serait nommée Parc Écologique de l’Archipel de Montréal. L’association demande aux divers paliers gouvernementaux de prendre les mesures nécessaires pour y arriver.

Des espèces phares

Quand un milieu naturel est protégé, toutes les espèces présentes, menacées ou pas, en bénéficient. Parmi ces espèces, certaines sont plus rares et contribuent à l’avancement des dossiers de protection, au bénéfice de plusieurs autres espèces.


E nvironnement Rainette faux-grillon de l’Ouest : Dans le grand Montréal, on trouve un grand nombre d’espèces fauniques et floristiques en danger. L’une des espèces menacées les plus connues est la Rainette faux-grillon de l’Ouest. Cette minuscule grenouille est la plus petite et la plus menacée au Québec (elle mesure au plus 3,7 cm). Le déclin de la Rainette faux-grillon de l’Ouest est principalement dû à l’étalement urbain et à l’industrialisation de l’agriculture. Auparavant, cette grenouille était bien abondante au sud-est de Montréal et dans la vallée de la rivière des Outaouais, alors que maintenant, elle est désignée vulnérable par le gouvernement provincial et jugée menacée par le gouvernement fédéral. Avec la disparition de son habitat, la situation de cette espèce ne cesse de s’aggraver. Au Québec, outre les populations de l’Outaouais, on compte moins de dix métapopulations et quelques populations isolées de Rainette faux-grillon de l’Ouest situées dans la seule région de Montréal. Une équipe de rétablissement de la Rainette faux-grillon de l’Ouest, mise en place par divers ministères québécois, a sonné l’alarme dans un avis diffusé récemment. L’équipe a affirmé être pessimiste quant aux perspectives de rétablissement de cette espèce au Québec. Le problème est que la loi ne protège l’habitat des espèces en danger que sur les terres du domaine de l’État et non sur les terres privées. Il faut donc compter sur des organismes de conservation plutôt que sur les lois québécoises pour protéger des espèces comme cette petite rainette. Lors de vos prochaines randonnées, ne soyez pas surpris si vous ne la voyez pas, puisqu’en plus d’être peu nombreuse, elle est plutôt discrète. Aubépine ergot-de-coq : Une autre espèce, moins connue, attire l’attention dans le secteur de la ceinture verte de Châteauguay-Léry. Il s’agit de l’Aubépine ergot-de-coq, une espèce floristique que le frère Marie-Victorin a qualifiée comme étant « la plus belle et la plus distincte de notre flore » en 1928. À cette époque, l’espèce était déjà peu commune au Québec; on la trouvait seulement dans la région de Châteauguay. Aujourd’hui, l’habitat de cette espèce a grandement diminué. Dans la région où l’on trouve l’arbuste, une petite partie de son habitat est protégée : le refuge faunique Marguerite-D’Youville et le territoire du ruisseau Saint-Jean. Par contre, une grande partie du territoire occupé par l’Aubépine ergot-de-coq au Québec se trouve dans la ceinture verte de Châteauguay-Léry, laquelle n’est pas protégée. Afin de conserver cette espèce, il est primordial de protéger la plus grande partie possible de ce territoire. Grâce à la mobilisation citoyenne, à une volonté politique et à l’implication de groupes comme S.O.S. Forêt Fernand-Seguin, Héritage Saint-Bernard et Nature Action Québec, la partie de la ceinture verte se trouvant à Châteauguay est en voie d’être protégée. Par contre, la bataille n’est pas encore gagnée à Léry. Dans cette petite municipalité, les citoyens se mobilisent pour protéger ce patrimoine naturel. De son côté, la Ville semble déterminée à développer le secteur résidentiel dans certaines parties de cette magnifique oasis de biodiversité. Il y a toutefois de plus en plus d’ouverture de la part des élus de Léry et un espoir de voir cette forêt protégée se pointe. Un développement au cœur de ce boisé pourrait nuire à l’intégralité du milieu et surtout, atténuer l’effet de massif forestier en morcelant la ceinture verte. En plus de protéger un grand nombre d’espèces rares, la protection d’un territoire comme la ceinture verte de Châteauguay-Léry, ou tout autre grand boisé, permet à l’homme d’avoir accès à des milieux naturels pour y pratiquer de la randonnée, observer la faune ou simplement se ressourcer. Afin de protéger la biodiversité, tout le monde a un rôle à jouer et tous peuvent en bénéficier. N’hésitez pas à appuyer des initiatives de conservation dans votre région. Il y a aussi de nombreux sites protégés à visiter un peu partout au Québec, et souvent, il s’agit d’excellents endroits pour la randonnée et l’observation de la faune et de la flore !

Salamandre cendrée et Paruline à flancs marron : même les espèces dites « communes » bénéficient de la protection du milieu naturel de grande envergure.

Dominic Gendron est coordonnateur à la protection de l’aménagement du territoire – Héritage Saint-Bernard. www.heritagestbernard.qc.ca

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L è c h e - v i t r iTnrouvailles es Par Claudine Hébert

Équipé pour randonner

Avoir des ailes aux pieds

Des bas à vie

Le GPS simplifié

Encouragé par le succès qu’a obtenu sa chaussure de sentiers Wings GTX auprès des adeptes de plein air, Salomon a décidé d’en faire profiter un plus large public avec une version botte de randonnée d’un jour. Baptisée Wings Sky GTX, la botte dispose des mêmes caractéristiques (soutien, légèreté, imperméabilité, respirabilité) ainsi que des mêmes couleurs, orange et noir, de la chaussure, ce qui lui confère le surnom de botte « Ronald McDonald » dans plusieurs boutiques de plein air. Cette toute dernière génération de bottes légères de Salomon s’est instantanément couverte de nombreux éloges de la part des randonneurs d’un jour qui découvrent combien il est agréable d’avoir des ailes aux pieds sans pour autant en compromettre le confort. Prix suggéré : 220 $. www.salomon.ca

Bonne nouvelle pour les randonneurs qui ont l’habitude de faire la vie dure à leurs bas. Le manufacturier du Vermont de bas Darn Tough continue sa percée au Québec. Et cette fois-ci, ce sont de nouvelles collections, confectionnées exprès pour les besoins de la randonnée (modèles 1403 et 1405), qui ont fait leur apparition sur le marché. Ces bas faits de laine mérinos et de nylon comprennent davantage de coussinets pour envelopper le pied. Cette technique augmente non seulement le confort du talon jusqu’à la pointe des orteils, elle en solidifie littéralement la chaussette, d’où la garantie à vie du produit. Vous avez bien lu. Voilà des bas dont vous aurez plus de chances de vous lasser de la couleur… que d’en voir l’usure. Prix suggéré : 25 $. www.darntough.com

Pourquoi l’usage d’un GPS devrait-il absolument être complexe et ardu ? Grâce au Backtrack de Bushnell, la manipulation de l’appareil de géolocalisation est devenue un jeu d’enfant. À peine plus gros que le cadre d’une montre, le Backtrack propose un GPS dans sa plus simple version. L’appareil, qui résiste à l’eau, dispose de deux boutons et peut enregistrer jusqu’à trois positions. Tous ceux qui aiment se promener hors des sentiers battus n’ont qu’à introduire leur position de départ avant de partir à l’aventure. À la fin de la journée, il suffit de ressortir l’appareil pour marquer sa position actuelle. Le GPS indique la direction et la distance à parcourir pour retourner au point de départ. Alimenté de deux piles AAA, le gadget est doté d’une boussole digitale et d’un éclairage DEL. Prix suggéré : 96 $. www.bushnell.com

À la rescousse Une vraie plaie !

Par Julie Poirier Instructeure en secourisme, Croix-Rouge canadienne Directrice adjointe, Atout Plus

D

e la simple éraflure au saignement important, les deux préoccupations principales dans le cas de toute plaie ouverte sont de contrôler le saignement et d’éviter l’infection. Le contrôle de tout saignement se fait par pression directe, idéalement à l’aide d’un linge propre ou, mieux, stérile, jusqu’à l’arrêt du saignement. Si le saignement est très abondant, appliquez rapidement une pression sur la plaie, couchez la personne et faites appel aux services médicaux d’urgence ou au 911. Une fois le saignement arrêté, il faut prévenir l’infection. La plaie doit être nettoyée à l’eau et au savon, puis rincée plusieurs minutes à l’eau courante, si possible. L’utilisation d’une bouteille d’eau comprimable (du genre utilisée par les cyclistes) permet un bon rinçage sous pression, quand l’eau courante n’est pas disponible. Pour remplacer le savon, on trouve des serviettes antiseptiques de chlorure de benzalconium dans les trousses de premiers soins.

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et nouveautés

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Une fois la plaie bien nettoyée, il faut la protéger à l’aide d’un pansement stérile, afin d’éviter toute contamination subséquente, jusqu’à ce qu’une cicatrice se forme pour protéger la zone. Il est possible, quand la personne n’y est pas allergique, d’appliquer un onguent antibiotique. Les plaies doivent être nettoyées et pansées fréquemment (au moins tous les jours et quand le pansement est sale). Dans le cas d’une plaie qui mesure plus de 2,5 cm (1 po) de longueur, dont les bords ne se rejoignent pas, qui se trouve au visage ou près d’une articulation de la main ou du pied, une visite à la clinique médicale pour des points de suture est requise afin d’accélérer la guérison et minimiser les risques d’infection. Aussi, si vous constatez, 24 heures ou plus après la blessure, des signes d’infection (rougeur, douleur, chaleur et enflure autour de la plaie ou pus dans la plaie), ayez recours à des soins médicaux sans tarder.


En collaboration avec

Autour du monde

Lecture

LABERGE, Marc. Planète rebelle, 128 p., 32,95 $ Pour la première fois de son histoire, l’éditeur Planète rebelle publie un album de photographies, une parution exceptionnelle alliant récits empreints d’imaginaire et clichés de paysages de lointaines contrées (Burkina Faso, Indonésie, Pérou, Terre de Baffin, Maroc, Turquie, entre autres) s’inscrivant parfaitement dans l’esprit de la maison pour qui poésie, oralité et arts visuels vont de pair. On découvre de plus dans Autour du monde les talents de photographe du conteur Marc Laberge. Ces images et ces mots d’une rare puissance forment un voyage aussi insolite qu’inoubliable. À la frontière entre chroniques et fiction, l’ouvrage célèbre de façon passionnée la nature et l’aventure. Hélène Simard, revue le libraire

Le grand livre pour attirer les oiseaux chez soi BRÛLOTTE, Suzanne, et Gilles LACROIX. Broquet, 488 p., 39,95 $ La grande réputation de ces auteurs n’étant plus à faire dans le domaine de l’ornithologie, ceux-ci nous présentent enfin un volume réunissant tout ce qu’il faut pour attirer nos amis à plumes et favoriser leur bien-être à même notre environnement humain. Bien entendu, une grande place est accordée à la construction de mangeoires, nichoirs, cabanes et les instructions, assorties de nombreuses photographies, sont on ne peut plus claires et précises. Ce livre se révèle une véritable perle pour l’ornithologue autant amateur qu’aguerri. Aménagement d’arbres et arbustes propices à l’accueil de différentes espèces, renseignements sur les maladies, premiers secours pour les oisillons : tout y est. C’est réellement un livre à posséder pour qui se plaît en compagnie de ces petits compagnons saisonniers. Harold Gilbert, librairie Sélect, à Saint-Georges

Le guide de vie et survie en forêt LORD, Jean-Marc, et André PELLETIER. Broquet, 432 p., 34,95 $ Être égaré, voilà le cauchemar de nombre de randonneurs. Le nouveau guide des éditions Broquet dresse un portrait complet et réaliste de la survie en forêt. Trucs et techniques prolifèrent dans cet ouvrage de référence. Tout excursionniste, expert ou non, se doit de le feuilleter afin de répondre à une pléiade d’interrogations liées à la vie en forêt. Après avoir lu le guide, vous constaterez la nécessité de toujours avoir sur vous de quoi faire du feu – pas aussi simple que certains le croient –, de vous protéger de votre pire ennemi (le froid!) ou d’éviter l’incontrôlable angoisse. Construire un abri, signaler sa présence, s’adapter à la météo, apprivoiser les serpents et les mouches noires, bien s’alimenter et s’orienter grâce aux astres, toutes vos questions y trouveront réponse, même les plus anodines. D’ailleurs, si vous aviez le choix, préféreriez-vous croiser un ours ou une mouffette? Dominique Lemieux, www.livresquebecois.com

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Payez votre adhésion en ligne en toute sécurité : www.fqmarche.qc.ca

Photo : LMI – France Rivet

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Tél.  : 514 252-3157 Sans frais : 1 866 252-2065

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