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P r i n t e m p s 2010, V o l u m e 21, N u m é r o 3

Sommaire

Photo de la page couverture La Zizanie des marais Parc national de Plaisance Jean-François Bergeron, Sépaq

É ditorial F édération

On gagne à être membre Répertoire des lieux de marche au Québec Devenez randonneur émérite Journée nationale des sentiers Festival de la marche 2010 Xtrail Mont Sutton Vos articles sont bienvenus Supportez les sentiers pédestres

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14 Le Chemin de Compostelle 5 7 7 8 8 8 8 9

R égions Info-Sentiers 10

L’ envers

du décor Colloque sur la recherche scientifique 13

H istoire

Récits - Découvertes

La petite histoire du mont Saint-Hilaire 30

É quipement

Bottes de randonnée 32 Sacs à dos de jour 34

Dangereux, la randonnée? 37 Courses pleine nature 38

16 Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin 18 Parc national de Plaisance 19 Promenade printanière au cimetière Notre-Dame-des-Neiges 22 Refuge faunique Marguerite-D’Youville

Destinations 24 Randonnées fleuries

Paysage du Québec 28 Tapis de trilles

T echnique

T émoignage

Ultra-Trail du Mont-Blanc 40

S anté

Aliments déshydratés et lyophilisés 42 Capsules santé 44 La force musculaire 45

La grande marche de la Terre autour du Soleil 46 Les débris ligneux 47

F aune Abeilles, guêpes et frelons 48

L èche - vitrine Trouvailles et nouveautés 50

À

la rescousse Piqué! 50

L ecture 51 C alendrier

19

E nvironnement

des activités Cahier encarté

14 40

22 Sentier Mestashibo (Québec) Tronçon du Sentier national Carte détachable à la page 53


Éditorial

M a r c h e Randonnée

14 ans  plus tard ...

Le réseau pédestre québécois !

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ès avril 1977, le Comité québécois des sentiers de randonnée inc., ancêtre de la Fédération québécoise de la marche, publiait le premier Répertoire des sentiers de randonnée pédestre au Québec. Cette brochure de 28 pages fut suivie, au fil des ans, d’autres publications recensant les sentiers, et même une carte générale du Québec donnait, en 1990, l’emplacement de 120 sentiers ou réseaux pédestres. Mais c’est en 1996 que la Fédération marquait une étape importante en publiant, à la suite de la création de sa propre maison d’édition, Bipède, le premier Répertoire des lieux de marche au Québec. On y trouvait plus de 400 lieux, et 5 580 km de sentiers de toutes catégories y étaient répertoriés. La 7 édition de l’ouvrage qui paraît ce mois-ci, 14 ans plus tard, inscrit 689 lieux de marche, et couvre près de 11 000 km de sentiers et parcours pour tous les types de promeneurs, marcheurs et randonneurs, novices ou aguerris. e

Cette explosion du réseau pédestre québécois ne se veut pas la réponse à une mode, mais l’expression d’une profonde prise de conscience de l’importance de bâtir des lieux de détente, de loisir, de ressourcement et de découvertes qui remettent de l’avant des valeurs qu’une société, de plus en plus à la recherche de performance et de défis, a tendance à nous faire oublier. Les développements de ces 14 dernières années, qui ont doublé le réseau pédestre québécois, se sont exprimés par différents types d’aménagement. On y trouve des sentiers périurbains de proximité, qui font découvrir l’activité à des marcheurs que la vraie nature peut encore faire hésiter ou qui sont limités dans leurs déplacements. On note de courts sentiers de promenade qui conduisent souvent à un attrait particulier, tel qu’une chute ou un belvédère, propice à un premier apprivoisement du paysage naturel. S’ajoutent des sentiers de courte randonnée qui donnent en quelques heures aux randonneurs une bouffée d’air et le sentiment d’être, bien souvent, plus loin qu’ils ne le sont vraiment. S’installent des sentiers de longue

randonnée qui permettent un abandon presque complet à une nature que l’on a progressivement, sinon apprivoisée, mais maintenant beaucoup mieux comprise. Et se dévoilent enfin des sentiers d’interprétation qui enrichiront le marcheur de connaissances, tant historiques que patrimoniales, ou propices à le rendre plus à l’aise dans un milieu naturel qui l’attire de plus en plus. Les développeurs de sentiers ont aussi avancé vers une compréhension plus étendue des attentes des marcheurs et des randonneurs. L’accroissement de la mobilité des individus a conduit ces derniers vers d’autres horizons d’où ils reviennent plus compréhensifs, mais aussi plus exigeants sur ce que doivent être des sentiers conviviaux, bien aménagés, sécuritaires et intéressants. Si les réponses à ces demandes peuvent exiger aujourd’hui plus d’efforts de la part des gestionnaires, ils en sont largement récompensés par l’accroissement des visiteurs et la capacité de ces derniers à promouvoir les lieux qu’ils ont aimés. Les intervenants locaux et régionaux découvrent aussi de plus en plus le potentiel social et économique de ces développements d’infrastructures de plein air et doivent revoir l’implication nécessaire à leur pérennisation. Car cette pérennité reste la pierre angulaire de tout cet échafaudage, et si les bâtisseurs de sentiers doivent faire appel à toutes leurs ressources d’ingéniosité, de persévérance et de passion pour les créer et les maintenir, ils ne pourront le faire à long terme sans aide plus significative. Les élus doivent participer au transport de la charge de tous ces bénévoles qui se dévouent d’un bout à l’autre du Québec, et ils doivent le faire le plus tôt possible. Un « portefeuille » de kilomètres de sentiers qui double en 14 ans, c’est quand même l’équivalent d’un rendement annuel de 5 % scrupuleusement réinvesti. Pas mal, à notre époque si économiquement instable. Pensons-y bien, c’est pour le bien-être et la santé de tous ! Et pourquoi pas 22 000 km… ou plus, dans 14 ans ? Daniel Pouplot

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M a r c h e Randonnée

Printemps2010

MARCHE-Randonnée est publiée quatre fois par année par la Fédération québécoise de la marche, organisme sans but lucratif œuvrant au développement de la marche sous toutes ses formes au Québec.

Siège

social

4545, avenue Pierre-De Coubertin C.P. 1000, succursale M Montréal (Québec) H1V 3R2 Téléphone : 514 252-3157 • 1 866 252-2065 Télécopieur : 514 252-5137 Internet : www.fqmarche.qc.ca Courriel  : revuemarche@fqmarche.qc.ca MARCHE-Randonnée est réalisée grâce à la collaboration précieuse des bénévoles.

Comité

de la revue

Annie G’sell, Sylvain Lavoie, Daniel Pouplot, Audrey Roussin

Coordination Nicole Blondeau

Correction

Monique Duguay Annie G’sell

Graphisme - Mise

en page

Simon Fortin — www.samourai.ca

Cartographie Marc Létourneau

Publicité

Communications Publi-Services : 450 227-8414 Roselyne Thibault : poste 306 rthibault@publi-services.com Jean Thibault : poste 302 jthibault@publi-services.com

Collaborateurs

Élyse Arbic, Sylvain Archambault, Julie Aubé, Paule Bussières, Benoit Chevrier, Elisabeth Chlumecky, Shannon Desbiens, Marcel Descarreaux, David Desjardins, Mario Fafard, Daniel Gauvreau, Dominic Gendron, Xavier Génot, Claudine Hébert, Jean-François Houle, Jean-Paul Lahaie, Dominique Lemieux, Marie-Lou Phaneuf, Julie Poirier, France Rivet.

Imprimerie J.B. Deschamps Nous reconnaissons le soutien financier du g­ ouvernement du Canada, par l’entremise du Fonds du Canada pour les magazines (FCM), du ministère du Patrimoine canadien, pour les coûts reliés à ce projet. La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes. Poste-publications No de convention : 40069242 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN-1495-687x

Dates de tombée des prochains numéros Le prochain numéro paraîtra le 4 juin 2010. Tous les textes doivent nous parvenir, au plus tard, le vendredi 2 avril 2010. Le calendrier des activités couvrira la période du 5 juin au 19 septembre 2010. Pour le numéro de l’automne, qui paraîtra le 10 septembre 2010, les textes doivent nous parvenir pour le vendredi 9 juillet 2010. Adressez vos envois à : Comité de la revue, Fédération québécoise de la marche, C.P. 1000, succ. M, Montréal (Québec) H1V 3R2


On gagne à

Fédération En collaboration avec

être membre ! Voici le témoignage de monsieur Régis Robin, gagnant du tirage du 5 janvier 2009 : « Au milieu du mois d’août, nous avons eu le bonheur de séjourner dans la Réserve faunique Mastigouche pour une excursion de pêche de quatre jours. J’étais accompagné de mon fils Frédéric et de son ami Maxime. La pêche a été bonne et abondante, et nous avons même eu le loisir de faire la cueillette de champignons sauvages qui ont agrémenté certains de nos repas. Bien évidemment, le certificatcadeau de 250 $ de la Sépaq a grandement facilité le séjour et fut un apport financier important. Nous remercions chaleureusement la Sépaq et la Fédération québécoise de la marche pour ce cadeau. » Tout le monde peut participer, puisque aucun achat n’est requis. Les membres de la Fédération québécoise de la marche sont automatiquement inscrits. Un tirage a eu lieu le 5 janvier 2010. L’heureuse gagnante est madame Lise Lavoie, de Longueuil. Félicitations !

Frédéric, Régis et Maxime

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ous pourriez gagner un chèque-cadeau de 250 $ en participant au concours On gagne à être membre, organisé par la Fédération québécoise de la marche.

Tous les trois mois, la Fédération procède au tirage d’un chèque-cadeau de 250 $, offert par la Sépaq, la Société des établissements de plein air du Québec. Ce chèque est échangeable contre les produits et services offerts dans l’un ou l’autre des établissements : parcs nationaux, réserves fauniques ou centre touristiques.

La Fédération effectuera le prochain tirage le 16 avril 2010, et communiquera avec la personne gagnante dans les 15 jours suivant le tirage. Le résultat sera publié dans le prochain numéro de la revue Marche-Randonnée. Bonne chance ! Pour devenir membre, remplissez le formulaire de la page 52 de la présente revue ou visitez le site Web de la Fédération québécoise de la marche : www.fqmarche.qc.ca Les règlements du concours sont disponibles auprès de la Fédération québécoise de la marche.

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Répertoire des lieux  de marche au Québec

Fédération

nouvelle édition

Depuis sa toute première édition, en 1996, le Répertoire des lieux de marche au Québec est LA référence pour les marcheurs et les randonneurs de tout calibre. Le Répertoire est reconnu comme la source de renseignements la plus complète et la plus fiable en ce qui concerne les sentiers et parcours pédestres, car il est fait par ceux dont la mission est le développement et la promotion de la marche et de la randonnée pédestre au Québec. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 62 000 exemplaires ont été vendus. Une nouvelle édition du Répertoire vient tout juste de paraître. Toujours préparée avec le plus grand soin et le souci de fournir des informations précises, elle renferme tous les renseignements désirés et la même qualité de présentation. Comme pour chacune des éditions précédentes, les données ont toutes été revalidées. Cette 7e édition compte 689 lieux de

marche, dont 108 nouveaux. Chaque sentier de plus de 500 m y est indiqué. Le traitement des circuits patrimoniaux et des jardins de promenade a été modifié : ces lieux sont maintenant regroupés à la fin de chacune des régions. De plus, une section « Pèlerinages » a été ajoutée, répertoriant les itinéraires de ce type. Enfin, une nouvelle sélection de 300 photos a été effectuée, vous donnant ainsi un avant-goût de vos excursions pédestres. Le Répertoire des lieux de marche au Québec est disponible dans les librairies, les boutiques d’équipement de plein air et à la Fédération québécoise de la marche, au prix courant de 26,95 $. En devenant membre de la Fédération, vous ne payez que 21,55 $. Renseignez-vous ! 514 252-3157 • 1 866 252-2065 • www.fqmarche.qc.ca

Devenez randonneur émérite en parcourant le Québec En effectuant la mise à jour du Répertoire, on a inventorié au Québec 689 lieux de marche, totalisant plus de 10 000 km de sentiers et circuits pédestres. Nul besoin de les parcourir tous pour devenir randonneur émérite. Il suffit d’en parcourir 25, dans 10 régions différentes.

le programme, les anciennes listes demeurent valides pour les sentiers parcourus avant le 1er avril 2010. Après cette date, les sentiers parcourus doivent figurer sur la nouvelle liste. Pour l’obtenir, il suffit d’en faire la demande auprès de la Fédération québécoise de la marche.

Le programme du Certificat du randonneur émérite québécois est offert à tous les membres de la Fédération québécoise de la marche. Chaque adhérent reçoit, avec sa carte de membre, une liste de 75 sentiers répartis dans les 20 régions touristiques du Québec. Chaque fois qu’il en parcourt un, il note la date sur sa liste. Lorsqu’il en a 25, répartis dans 10 régions différentes, il retourne sa liste à la Fédération. Par la suite, il reçoit un certificat et un écusson à coudre attestant son mérite.

514 252-3157 • 1 866 252-2065 • www.fqmarche.qc.ca

Il y a trois niveaux de randonneurs émérites : Bronze, pour la première tranche de 25 sentiers, Argent, pour la deuxième, et Or, pour la troisième. Un certificat et un écusson sont remis pour chacun des niveaux atteints. Participez au programme Peu importe votre âge, votre forme physique ou votre expérience, vous pouvez participer. Il y a des sentiers de différentes longueurs et difficultés. De plus, il n’y a aucune limite de temps. La seule condition est d’être membre en règle de la Fédération au moment où vous parcourez chacun des sentiers. « Nul ne connaît mieux son pays que celui qui l’a marché », disait le sage. Participer au programme du Certificat du randonneur émérite québécois est une belle occasion de découvrir le Québec, en pratiquant une activité simple, naturelle et bonne pour la santé. Participez en couple ou en famille, en choisissant l’adhésion familiale. Chaque membre de la famille pourra ainsi obtenir son certificat et son écusson. Nouvelle liste Une nouvelle liste entrera en vigueur le 1er avril 2010. Les sentiers demeurent sensiblement les mêmes. Toutes les données – distance, type, dénivelé – seront mises à jour. Pour les randonneurs déjà engagés dans

Bravo aux randonneurs  émérites 2009 Niveau Bronze Gaétane Lapierre LaSalle Jean-Pierre Taillon LaSalle Johanne Gagnon Lorraine Monique Tremblay Saint-Laurent Gisèle Bélanger Québec Stéphane LeBel Québec Diane Clément Montigny Gatineau Gilles Montigny Gatineau Mario Lauzon Blainville Marie-Josée Lebel Longueuil Yves David Longueuil Raymond Marcoux La Prairie Michelle Dansereau Nominingue René Périard Gatineau Louise Blanchard Gatineau Dominique Marleau Rigaud Jean-Yves Paquin Rigaud Niveau Argent Chantal Quesnel Montréal Gaétan Roy Montréal Serge Gauthier L’Assomption

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Fédération Photo : LMI - Daniel Pouplot

Journée  nationale  des sentiers

Le samedi 5 juin, faites votre part

Pour une 13e année, vous êtes conviés à la mobilisation générale pour la grande corvée d’entretien des sentiers pédestres du Québec. Offrez vos services bénévoles aux gestionnaires de sentiers, qui ont grandement besoin d’aide. Il y a des balises à repeindre, des branches à couper, des broussailles à ramasser et plein d’autres travaux plus ou moins légers. Petit ou grand, fort ou faible, chacun peut effectuer une tâche qui lui convient. Un responsable sera sur place pour superviser les travaux.

Où aller? Après le dégel, les gestionnaires visiteront leurs sentiers afin d’identifier les besoins, puis en informeront la Fédération québécoise de la marche. Au fur et à mesure que les informations lui seront transmises, la Fédération affichera dans son site Web les sentiers où des bénévoles sont requis. Ainsi, vous pourrez choisir vous-même où vous désirez apporter votre aide et communiquer directement avec le gestionnaire pour avoir les détails du travail à faire.

Des bottes de marche, des vêtements confortables et adaptés à la météo, de l’eau et un lunch sont tout ce dont vous avez besoin. Si vous possédez un sécateur, une sciotte ou un outil que vous croyez pouvoir être utile, emportez-le. Sinon, certains gestionnaires en ont à prêter.

Pour avoir des sentiers agréables et sécuritaires, chacun peut faire sa part! www.fqmarche.qc.ca • 514 252-3157 • 1 866 252-2065

Festival de la marche 2010 À ne pas manquer Photo : Pierre Brasseur

La 13e édition du Festival de la marche aura lieu le dimanche 26 septembre 2010 à Rigaud, dans la région de Vaudreuil-Soulanges en Montérégie. Cette journée de randonnées, de découvertes et de festivités vous conduira, à travers d’éblouissantes érablières, vers des cabanes à sucre et des sommets, ainsi qu’à une moraine glaciaire surnommée « le champ du diable » ou « le champ de patates ». Il y aura de l’animation, des tirages de prix de présence et un souper des plus chaleureux. Inscrivez tout de suite la date à votre agenda. Les détails paraîtront dans le prochain numéro de Marche-Randonnée.

Xtrail Mont Sutton Relevez le défi

C’est le 29 mai prochain, à Sutton, qu’aura lieu l’événement Xtrail Asics, une course à pied « extrême » dans des sentiers en montagne. Marathoniens, triathlètes, coureurs professionnels ou du dimanche, tous sont invités à relever le défi. Le Mont Sutton et le Parc d’environnement naturel de Sutton accueilleront l’événement pour une 2e année. Quatre parcours sont offerts, dont un pour les jeunes de 6 à 14 ans. La Fédération québécoise de la marche tiendra un kiosque sur place. N’hésitez pas à venir nous rencontrer. http://xtrailasics.com

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Vos articles sont bienvenus Les récits et les découvertes que vous lisez dans MarcheRandonnée sont fournis gracieusement par des personnes qui souhaitent partager leurs expériences de marche. Vous aussi êtes invités à le faire. Que vous soyez un promeneur du dimanche ou un randonneur chevronné, faites-nous part de vos découvertes, expériences et aventures. Qui sait? Peut-être aurez-vous le plaisir de voir votre article paraître dans les pages de Marche-Randonnée. Les destinations du Québec sont particulièrement appréciées. Faites parvenir textes et photos à revuemarche@fqmarche.qc.ca


Fédération Supportez les

sentiers pédestres

Reconnue comme organisme de charité dûment enregistré, la Fédération québécoise de la marche a créé la Fondation SentiersQuébec, il y a près de 30 ans, dans le but de recueillir des dons servant à aider le développement de la marche et des sentiers de randonnée pédestre partout au Québec. La Fondation vise autant le support à la création de nouveaux sentiers qu’à l’entretien du réseau existant. Elle favorise les échanges entre les organisations en région et la Fédération, et aide à la production et à l’amélioration des outils d’information et de promotion. Pour encadrer ce processus, la Fédération a mis sur pied PADÉLIMA, le Programme d’Aide au DÉveloppement des LIeux de MArche, qui octroie des subventions aux organisations affiliées à la Fédération qui désirent agir dans le développement du réseau pédestre québécois. Même si ce support reste modeste en fonction de certains travaux, il représente un coup de pouce aux gestionnaires de sentiers et souvent une référence pour l’obtention d’autres subventions.

Quelques réalisations

C’est en 1996 que la Fondation a pu commencer à octroyer ses premières subventions. Depuis, 33 projets ont reçu une aide financière. Les montants versés ont contribué à tracer, déblayer et baliser des centaines de kilomètres de sentiers pédestres, notamment des tronçons du Sentier national, à aménager des emplacements de camping le long de sentiers, à rénover ou construire des passerelles, des abris, des refuges, des toilettes sèches, des panneaux de signalisation et d’interprétation.

Inauguration du sentier Jacques-Buteux, tronçon du Sentier national en Mauricie Photo : Robert Gagnon, PARC Bas-St-Laurent

La Fondation Sentiers-Québec

Photo : Yvon St-Germain

Qui, croyez-vous, aménage et entretient les sentiers pédestres au Québec ? En dehors des parcs nationaux et municipaux, ce sont très souvent des petites entreprises, des sociétés, des coopératives ou des organisations sans but lucratif. Les unes comme les autres comptent entièrement ou en partie sur le bénévolat. Certaines personnes consacrent de nombreuses heures à maintenir en vie les sentiers, sans aucun salaire. Mais les besoins financiers sont nombreux : remboursement de frais de déplacement des bénévoles, achat de matériaux, entretien des outils, main d’œuvre spécialisée pour certains travaux, sans compter tous les frais administratifs.

Passerelle refaite à neuf dans le sentier Cascades Sutherland, tronçon du Sentier national au Bas-Saint-Laurent

Panneau de signalisation dans Les Sentiers de l’Estrie

Merci aux donateurs

Au cours des deux dernières années, la Fondation Sentiers-Québec a récolté près de 32 000 $ grâce à la généreuse contribution de plus de 600 donateurs. Un sincère merci à toutes les personnes qui ont donné, ainsi qu’aux entreprises suivantes : AIM / Delsan Services environnementaux • Berry Plastics (Bouchons MAC) • Bombardier Inc. • Groupe Canam • Devencore NKF • Lallemand Inc. • Novacap • Paris Glove of Canada Ltd

Faites un don

Contribuez au développement de la marche et de la randonnée pédestre au Québec. Aidez à soutenir les projets qui permettront à tous de découvrir les régions du Québec par des sentiers attrayants et sécuritaires. Pour tout don égal ou supérieur à 10 $, la Fédération québécoise de la marche émettra un reçu officiel pour impôts. Faites parvenir votre don à : Fondation Sentiers-Québec Fédération québécoise de la marche 4545, avenue Pierre-De Coubertin Case postale 1000, succursale M Montréal (Québec) H1V 3R2

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Régions Info-sentiers BAS-SAINT-LAURENT

Le réseau des Haltes marines de la route des Navigateurs Ce circuit écotouristique, d’une longueur de 200 km environ, est un incontournable pour découvrir les facettes maritimes du Bas-Saint-Laurent. Le parcours en voiture traverse les municipalités de la route des Navigateurs, de La Pocatière à Sainte-Luce. Le réseau des Haltes marines est ponctué de sites naturels aménagés offrant un accès public et des sentiers pédestres en bordure du Saint-Laurent. Au cœur du réseau se trouvent des centres d’interprétation du milieu marin animés par des guides-interprètes. Un dépliant sera disponible au printemps 2010. Renseignements : info@romm.ca Sentier national au Bas-Saint-Laurent Plusieurs nouveautés On commencera la construction de quatre nouveaux refuges et une nouvelle carte topographique sera produite prochainement. D’importants changements aux infrastructures routières auront lieu sur le Vieux Chemin et sur le chemin Turcot. On a modifié la signalisation des 15 stationnements et le refuge du Ruisseau Noir, dans le tronçon des Érables, est maintenant ventilé. Des travaux d’élagage ont été effectués dans certaines portions du sentier, et des réparations de ponceaux ont été faites dans les tronçons Les Érables et Rivière des Trois-Pistoles.

Photo : Francis Pelletier

Les tronçons Les cascades Sutherland, Montagne à Fourneau, Rivière Touladi, La Grande Baie et Dégelis se situent maintenant à l’intérieur du Parc national du LacTémiscouata, le dernier-né du réseau Parcs Québec. L’accès est interdit aux animaux domestiques, la chasse n’est pas autorisée et l’on doit payer les frais d’accès à la Sépaq afin de se promener librement sur le territoire. Plus

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tard, la Sépaq veillera à revisiter le tronçon de la Montagne à Fourneau et à apporter des ajouts dans d’autres tronçons comme la construction de refuges, l’aménagement d’un camping aux cascades Sutherland, la mise en valeur des vestiges et l’augmentation du nombre de sentiers en boucle.   418 894-3263 www.sentiernationalbsl.com

CANTONS-DE-L’EST Gorge de la rivière Magog Première phase d’aménagement L’organisme Cité des Rivières, de concert avec la Ville de Sherbrooke, a procédé à l’aménagement du sentier lumineux de la Gorge de la rivière Magog. Ce sentier effectue une liaison entre la Promenade du Lac-desNations et le centre-ville de Sherbrooke. Long de 3 km, il comporte plus de 110 projecteurs, 68 rampes d’éclairage, 102 petits luminaires, 21 balises au sol et d’autres éléments qui ajoutent de la magie. Les lumières du sentier rendent féeriques les ponts, les passerelles, la faune, les structures industrielles, sans compter le sentier lui-même. Deux portes d’entrée permettent l’accès au sentier. La première, La Porte des Sciences, se trouve près du Musée de la nature et des sciences et l’autre, La Porte des Arts, se trouve à côté du Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Les marcheurs trouveront aussi deux escaliers, construits à même les pentes escarpées de la gorge. La passerelle piétonnière La Frayère, quant à elle, permet des points de vue sur le plan de lumières, en plus d’être l’endroit de rassemblement pour les gens qui veulent voir le spectacle Omaterra.  L’ensemble des investissements de ce sentier lumineux aura coûté 6,6 millions de dollars.   819 560-4280 www.tourismesherbrooke.com

Les Sentiers de l’Estrie Plein de nouveautés Deux nouveaux secteurs de marche sont maintenant ouverts : la zone East  Angus et la zone Richmond. Un nouveau camping a été installé dans la zone Foster. De plus, l’organisme CCDN (Coopérative Conservation Développement Nature) a construit deux autres refuges depuis l’an dernier : La Rouche, entre les secteurs Brompton et Kingsbury, et Du Marais, entre les secteurs Richmond et Kingsbury. Le nombre de refuges s’élève à six, alors que l’on dénombre 33 bases de tentes et 30 gîtes touristiques. Les Sentiers de l’Estrie offrent aussi le service « Taxi Vélo », une navette qui  conduit les randonneurs d’un accès à un autre, ou d’un gîte à un autre. À partir du 1er mai, plus de 70 activités seront organisées pour les amateurs de tous types de randonnées. Pour terminer, des ateliers thématiques attireront les curieux de tout acabit. Parmi les ateliers, on trouve l’orientation en forêt, la pratique de la longue randonnée, les massages pour les randonneurs, pour ne nommer que ceux-là.   819 864-6314 www.lessentiersdelestrie.qc.ca Parc national de Frontenac Revitalisation et ajouts Dans le secteur Saint-Daniel, on a procédé à une revitalisation du sentier La Tourbière. Aménagé de trottoirs de bois, ce sentier long de 4,5 km est riche en découvertes de toutes sortes. Une flore composée de plantes carnivores et d’orchidées surgissent du sol et piquent la curiosité. Une vingtaine de nouvelles plaques descriptives et deux tours d’observation ont été ajoutées. Pour les amateurs d’interactions et les personnes de nature ludique, plusieurs activités organisées par un naturaliste enrichiront les découvertes et les explorations au cours de la saison estivale.   418 486-2300 • 1 800 665-6527 www.parcsquebec.com/frontenac


Photo : Sépaq – Parc national de Frontenac

Régions Info-sentiers

CENTRE-DU-QUÉBEC

LAURENTIDES

Réservoir Beaudet Un projet de passerelle Chantiers Canada et Infrastructures Québec ont versé une subvention de 866 667 $ chacun pour la construction d’une passerelle au courant de l’année 2010. La passerelle franchira la rivière Bulstrode, au bout du réservoir Beaudet, et permettra de fermer la boucle d’un sentier d’une longueur de 5,2 km. La passerelle aura une longueur de 130  m et une largeur de 4 m. Elle sera accessible aux marcheurs durant la saison estivale seulement, l’hiver étant réservé aux quadistes et motoneigistes. Le coût des travaux s’élève à 2,6 M$.   819 758-1571 www.ville.victoriaville.qc.ca

Centre d’activités et de plein air Saint-Adolphe-d’Howard En construction Un nouveau refuge, « Le Bivouac de l’étoile », sera prêt à louer à la fin de l’été. Pour le moment, il sert d’abri. On y trouve trois murs, un toit et un poêle à bois. Dans l’avenir, on prévoit y ajouter plusieurs pièces. Il se situe à l’intersection des sentiers Corbeau, Bertrand et Brossard, à une demi-heure du centre de plein air, et est accessible à pied. Autre nouveauté : on a construit un nouveau pont, qui enjambe les marécages dans les sentiers de niveau facile.   819 327-3519 www.stadolphedhoward.qc.ca

GASPÉSIE Sentier international des Appalaches (SIA) Nouveautés Plusieurs nouveautés ont été apportées au SIA au cours des derniers mois. Tout d’abord, il y a un projet de création d’une aire protégée entourant les sommets dans la Réserve faunique de Matane. De plus, d’importantes subventions ont été attribuées afin d’assurer l’entretien et l’aménagement du sentier. Toujours dans la Réserve faunique de Matane, les sentiers ont fait peau neuve. Une équipe de travailleurs a veillé à nettoyer les zones de chablis, à élargir les sentiers et à construire un total de huit passerelles. Pour terminer, on a décidé, lors de l’assemblée générale annuelle qui s’est tenue au mois d’octobre, d’améliorer les outils de communication ainsi que le service à la clientèle.   418 562-7885 www.sia-iat.com

Centre Touristique et Éducatif des Laurentides (CTEL) Réfection des sentiers : premiers pas dans L’Érabilère Grâce à une subvention accordée à la Municipalité de Saint-Faustin – Lac-Carré, dans le cadre du programme mono-industriel, le CTEL a pu procéder à une mise à niveau du sentier L’Érablière. La coordination des travaux a débuté en octobre dernier et se terminera dès l’ouverture de la saison 2010, en mai prochain. Ce sentier de 1,5 km a été désigné prioritairement par le conseil d’administration du CTEL, à cause de la détérioration de plusieurs trottoirs et ponts en bois. La suite du dossier de réfection des sentiers du CTEL touchera aux points moins sécuritaires de son réseau, en particulier dans le sentier La Sapinière, et ce, dès la prochaine saison. Il est à souligner que la signalisation fait aussi partie du plan. Tous les randonneurs sont donc invités à venir redécouvrir le nouveau visage de L’Érablière... et plus ! 819 326-9072 ou 1 866 326-9072 www.ctel.ca

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Régions Info-sentiers MAURICIE

OUTAOUAIS

Centre d’aventure Mattawin Des chalets et des tentes prospecteurs ont été construits dans le premier kilomètre du sentier Mattawin, en bordure de la rivière du même nom. De plus, de nouvelles installations ont été ajoutées dans une section du camping. Un bloc sanitaire, constitué de toilettes et de douches, est accessible aux randonneurs désirant un certain confort.   819 646-9006 ou 1 800 815-7238 www.centredaventuremattawin.com

Réserve écologique de la Forêt-la-Blanche Deux nouveaux belvédères Grâce à un octroi obtenu dans le cadre du Programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, ainsi que de la MRC de Papineau, deux nouveaux belvédères ont été ajoutés le long des sentiers d’interprétation de la Forêt La Blanche. Le premier belvédère offre une vue panoramique sur le lac La Blanche, l’un des plus grands lacs de la région de l’Outaouais, tandis que le second se trouve aux abords du lac en Ciel, un petit lac se trouvant au terminus du sentier La Prucheraie. On rappelle aux randonneurs que les animaux domestiques, même en laisse, ne sont pas admis sur le territoire de la Forêt La Blanche.

MONTÉRÉGIE Boisé des Douze De nouvelles infrastructures Les travaux liés au contrôle de l’érosion et à la gestion de l’écoulement des eaux au Boisé des Douze sont maintenant complétés. Il est intéressant de suivre l’évolution de la flore et de la faune sur les berges des bassins de rétention, qui sont facilement visibles du sentier. Profitez également des nouveaux panneaux d’interprétation qui informent les visiteurs sur la friche, l’herpétofaune et la dynamique de l’érosion.

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Photo : LMI – Daniel Pouplot

Le statut de réserve naturelle du Boisé limite les activités. Parmi les contraintes, notons l’interdiction de camper ou de faire des feux, de circuler en vélo, en véhicule motorisé, ou même à pied hors sentier; le tout afin de protéger la végétation, la faune ainsi que la quiétude des usagers. La vocation du Boisé des Douze est de conserver la biodiversité locale; il est interdit d’y promener son animal domestique, qu’il soit en laisse ou non. Ces règlements rendent les lieux particulièrement calmes. Profitez-en! Pour plus de renseignements et une copie de la carte : www.villesainthyacinthe.com/ boise/pages/presentation.htm  

819 281-6700 www.lablanche.ca


L’envers ... d a n s

du décor

les parcs nationaux du québec

Colloque sur la  recherche scientifique dans le réseau des parcs nationaux Par Paule Bussières

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n octobre dernier, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) présentait son tout premier colloque sur la recherche scientifique dans le réseau Parcs Québec. Ce premier colloque a su révéler l’importance, voire l’apport nécessaire, de la recherche scientifique à l’acquisition de connaissances sur les territoires protégés, d’où le thème que nous lui avons donné : la connaissance au service de la conservation. Cet événement, qui coïncidait avec le 10e anniversaire de la Sépaq comme gestionnaire des parcs nationaux, a accueilli près de 160 chercheurs, universitaires, professionnels de recherche et gestionnaires de parcs nationaux autour d’une vingtaine de résultats de travaux de recherche déterminants pour l’avenir de notre patrimoine naturel. Plusieurs des projets qui ont été présentés durant ces deux jours ont été réalisés par l’intermédiaire d’un partenariat entre un parc et une université, ou entre un parc et une autre institution. La Sépaq constate que, malgré tous les efforts déployés ces dix dernières années, elle ne peut, à elle seule, assurer l’acquisition des connaissances nécessaires à la préservation des parcs nationaux. Même si tous les parcs comptent aujourd’hui sur des équipes solides en conservation, l’expertise scientifique est essentielle. Pour bien protéger les parcs, nous devons d’abord bien les connaître, et cette connaissance passe aussi par l’entremise de partenariats de recherche. Les résultats des travaux de recherche qui ont été présentés durant ces deux jours ne représentent qu’une fraction de ce qui a été réalisé par la communauté scientifique durant ces dix dernières années dans les parcs nationaux. Pour donner un aperçu, les travaux de monsieur Claude Lavoie, de l’Université Laval, ont révélé l’importance d’établir des zones de préservation, et ce, peu importe la superficie des parcs nationaux. De son côté, monsieur Martin-Hugues St-Laurent, de l’Université du Québec à Rimouski, a démontré que les résultats de recherche des dernières années sur la population menacée du caribou de la Gaspésie ont clairement orienté les pratiques de gestion du parc national de la Gaspésie, notamment en ce qui concerne

l’accessibilité des visiteurs sur les plateaux en période de reproduction et de mise-bas. Par ailleurs, la présence de monsieur Philippe Janvier, du Muséum national d’histoire naturelle de France, a confirmé une fois de plus l’intérêt que suscite le parc national de Miguasha partout dans le monde. D’autres résultats provenant de recherches fondamentales et de recherches appliquées ont nourri l’assistance durant ces deux jours, démontrant que les deux types de recherche sont complémentaires et que les parcs nationaux font d’excellents laboratoires. La table ronde qui clôturait le colloque a été des plus révélatrices. De leur côté, les gestionnaires des parcs ont clairement manifesté leur intérêt à profiter davantage de l’expertise collective développée dans nos institutions de recherche et nos ministères. Les chercheurs ont, pour leur part, invité les parcs à mieux communiquer leurs besoins et les potentiels de recherche. Tous s’entendaient sur les avantages à réaliser des projets de recherche à l’intérieur des parcs nationaux (territoires protégés, processus écologiques naturels, banques de données historiques, logistique facilitée, etc.). La question fondamentale du financement de ces recherches a également été soulevée. Le maillage entre les différents organismes représente probablement le meilleur moyen de trouver de nouvelles sources de financement pour réussir à augmenter la quantité de recherches et la qualité de celles-ci dans les parcs nationaux. Au final, puisque la connaissance est au service de la conservation, c’est notre patrimoine naturel qui en serait le grand gagnant. Rappelons qu’il y a dix ans, en 1999, le gouvernement du Québec confiait à la Sépaq le mandat d’amener le réseau Parcs Québec à un niveau de qualité comparable à celui des autres grands réseaux de parcs nationaux que l’on trouve ailleurs dans le monde, et ce, aussi bien en matière de conservation que d’éducation. Un mandat exigeant, soit, mais dont les résultats permettent aujourd’hui à un nombre croissant de Québécois de découvrir, dans le plus grand respect, leurs parcs nationaux. Printemps2010

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Récit

Le Chemin de  Compostelle

Le pont Valentré de Cahors

Un défi à relever pour soi Texte et photos : Mario Fafard

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e 4 août 2008, je m’envolais pour la France avec comme objectif de marcher le Chemin de Compostelle au complet, à partir du Puy-en-Velay jusqu’au cap Finisterre en Espagne : une « promenade » de 1 700 km, un défi de taille pour un individu qui n’avait jamais fait de randonnée auparavant. J’ai pourtant atteint l’objectif deux mois plus tard, soit le 8 octobre. Si le nombre de kilomètres peut en rebuter plus d’un, cette expédition est à la portée de toute personne qui, comme moi, est amoureuse de la marche, à condition de bien se préparer autant physiquement que psychologiquement. Il n’est pas recommandé de partir sur ce chemin sur un coup de tête ! Dans mon cas, l’idée a germé en 1999, à la suite de la lecture d’un article traitant du Chemin. Pour espérer « tenir la distance », comme un boxeur voulant se rendre au bout des 12 rounds, je me suis imprégné du Chemin dans ma tête en me répétant sans cesse quelle expérience extraordinaire cela doit être et qu’un jour, je partirais à la conquête de ce sentier millénaire. Pendant toutes ces années, je me suis renseigné, j’ai glané des informations un peu partout. La meilleure façon de se mettre dans le bain consiste à devenir membre de  l’Association québécoise des pèlerins et amis du Chemin de Saint-Jacques (www.duquebecacompostelle.org). Cette association, dirigée exclusivement par des bénévoles, regroupe autant des personnes qui ont marché Compostelle que celles qui désirent le faire éventuellement. Elle offre des conférences et des soirées témoignages, organise des randonnées pédestres et des ateliers de préparation. De plus, l’association est le seul organisme accrédité au Québec à émettre le credential, un petit passeport octroyant le droit d’être hébergé dans les gîtes réservés exclusivement aux pèlerins. C’est sur la base de ce document qu’une fois arrivé à Saint-Jacques-de-Compostelle, le pèlerin peut recevoir la Compostella, le parchemin signifiant qu’il a parcouru le Chemin à pied jusqu’au bout. Il est à noter cependant que tout pèlerin ayant marché les 100 derniers kilomètres peut aussi recevoir ce document.

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Une fois ses devoirs faits, il faut se Au cap Finisterre décider à partir. Même en ayant en main toutes les informations, des doutes sur ses propres capacités à relever ce défi subsistent. Il faut donc se faire confiance. Il ne faut pas avoir peur d’avoir peur. Ma décision fut prise à Noël 2007 : quoiqu’il advienne, août 2008 constituerait le moment du grand départ. La période nécessaire pour arriver à Saint-Jacques à partir du Puyen-Velay varie entre deux et trois mois. Pour ceux qui ne peuvent profiter d’un long congé, il est possible de marcher une partie du Chemin et de reprendre plus tard à l’endroit où on l’a laissé. Mais il vaut mieux compléter le pèlerinage en une seule fois, question de garder son momentum, en plus d’économiser sur les frais de vol. Et comme on ne peut jamais présumer de ce que demain sera fait, on ne peut savoir avec certitude si l’on sera en mesure d’y revenir une prochaine année. Une fois arrivé au Puy-en-Velay, j’ai effectué une visite de la ville avant de chercher un gîte pour la nuit. N’ayant pu trouver une place disponible, j’ai dû me résoudre à prendre une chambre d’hôtel. Le départ pour la plupart des pèlerins au Puy a lieu tout de suite après la messe célébrée spécialement pour eux à 7 h chaque matin à la basilique. Mais, en cette journée dominicale du 10 août, j’ai plutôt assisté à la messe de…11 h. J’avoue avoir fait preuve de paresse ce matin-là. Mais une fois n’est pas coutume ! C’est sous un soleil de plomb, à midi exactement, que j’ai « brisé la glace » en m’engageant sur le Chemin. Ce sera la seule fois que je partirai aussi tard.


Récit Il est impossible de demeurer impassible face aux différents décors, aussi spectaculaires les uns que les autres, qui se succèdent. Je pense au rocher et à la chapelle Saint-Michel-d’Aiguilhe au Puy-en-Velay, la montagne du Monistrol, les plateaux de l’Aubrac, la ville médiévale de Conques, la vallée du Célé, Cahors et son pont Valentré, le cloître et le canal de Moissac, SaintJean-Pied-de-Port, dernière ville française avant la traversée des Pyrénées. La partie espagnole n’est pas en reste avec les magnifiques villes que sont Pampelune, Vienna, Longrono, Burgos avec son immense cathédrale et ses magnifiques terrasses, les plaines immenses de la Meseta, O Cebreiro, village juché en haut d’une montagne et, finalement, Santiago. Cathédrale Saint-Jacques Pendant les deux mois que durera ma randonnée, le signal de départ variera entre 6 et 7 h, question de profiter de la fraîcheur du matin. Au début du sentier, une inscription attira mon attention : « Ce n’est pas le Chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le Chemin. » Ce n’est qu’une fois arrivé à SaintJacques que l’on saisit pleinement le sens de cette affirmation. Le Chemin en lui-même n’est pas difficile, mais c’est de composer avec les intempéries, la chaleur, les ampoules, les nuits blanches à cause des ronflements des voisins de lit, ainsi que d’autres désagréments qui constituent le difficile. Voilà le vrai Chemin ! Mais la beauté des lieux et les rencontres qu’on y fait compensent largement « le difficile ». Même si l’on amorce le Chemin en solitaire, on ne reste jamais seul bien longtemps. Partir seul permet de s’ouvrir davantage aux autres tout en conservant son indépendance. Dès les premiers instants, j’ai fait la connaissance d’Henri, un ingénieur français en préretraite. Nous avons convenu de faire un bout de chemin ensemble. Peu après, nous avons accueilli Marie-Chantal, une coiffeuse originaire de Versailles. Plus tard, ce fut au tour de Danielle, une retraitée de l’enseignement originaire de HauteSavoie, à se joindre à nous. Notre groupe a fait halte au gîte de madame Allegre, à Saint-Christophe-de-Dolaizon, une étape de 9 km. Il est fortement conseillé de marcher de courtes distances lors des premiers jours, question de bien « huiler  la machine ». Une fois son organisme bien acclimaté, il devient plus facile de couvrir de plus longues distances. Très tôt, j’ai pu effectuer régulièrement des étapes variant entre 30 et 35 km, marchant à une moyenne de 5 km / h. Toutefois, je tiens à préciser que ce chemin n’est pas une course. Il faut marcher à son rythme. Et prendre le temps de contempler les beaux paysages qui nous entourent.

Mais au-delà des aspects touristiques ou sportifs, c’est la dimension spirituelle unissant tous les pèlerins qui finit par l’emporter. Le Chemin mobilise des centaines de gens : jeunes, vieux, hommes, femmes, riches, pauvres, provenant de tous les coins de la planète, ayant tous comme objectif de marcher le Chemin jusqu’au bout. Et cela pour diverses raisons : en souvenir d’un proche disparu, pour changer de vie, pour marquer un temps d’arrêt, pour remercier la providence d’avoir recouvré la santé, etc. Lorsqu’on atteint Santiago, la plupart des pèlerins, dont moi-même, éprouvent des sentiments partagés : heureux car on a relevé un défi lancé à soi-même, tristes car on doit dire adieu à de belles amitiés tissées tout le long du Chemin. L’émotion est d’ailleurs palpable lors de la messe des pèlerins, célébrée tous les midis à la cathédrale, en particulier lorsque l’immense encensoir se balance au-dessus de nos têtes. Pour mieux vivre mon « deuil », j’ai repris la route pour atteindre le cap Finisterre, situé à 90 km à l’ouest de Santiago. Lorsque je touchai la borne 0,00 avec l’océan Atlantique devant moi, je me suis dit : « Là, c’est vraiment la fin, j’ai atteint mon but ! »

2010 : année jacquaire

Le Chemin de Compostelle risque d’être envahi par d’innombrables pèlerins cette année. En effet, 2010 constitue une année jacquaire puisque la fête de saint Jacques, célébrée le 25 juillet, tombe un dimanche. Bon nombre de personnes peuvent alors trouver une motivation supplémentaire de vivre l’expérience du Chemin. D’autant plus que la prochaine année jacquaire n’aura lieu qu’en 2021. Ceux et celles qui cherchent à faire de nouvelles rencontres lors de leur pèlerinage verront sans doute leur souhait comblé. Par contre, les autres, ambitionnant de marcher avec l’impression d’être seul au monde, en seront quittes pour quelques déconvenues. Enfin, si de futurs pèlerins rêvent de voir leurs existences illuminées instantanément à la conclusion du Chemin, ils pourront voir leur souhait en partie réalisé s’ils arrivent justement le 25 juillet à Santiago. En soirée, d’immenses feux d’artifices y sont projetés.

La Meseta Printemps2010

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Centre d’interprétation  de la nature  du lac Boivin

Texte et photos : France Rivet

Un milieu de vie riche et diversifié

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e mois d’avril est arrivé et le printemps est bel et bien en train de s’installer. Il est donc grand temps de sortir nos bottes de marche et d’aller observer le réveil de la nature. À moins de 10 minutes du centreville de Granby, le Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) est un lieu de choix pour s’adonner à la marche au cœur d’une nature riche et diversifiée. Le CINLB a le mandat de conserver un territoire de plus de 450 hectares d’espaces naturels constitués principalement de marécages, de terres boisées, du lac Boivin et de sa bande riveraine. Plus de 250 espèces d’oiseaux y ont été répertoriées et chaque printemps la sauvagine y fait une halte lors de sa migration. Notre excursion débute par une petite grimpette jusqu’au sommet de la tour Le Nichoir (10 m) d’où notre vue s’étend jusqu’à la montagne de Bromont et ses pistes de ski. À nos pieds, nous observons le marais et le lac toujours enneigés et gelés sauf pour quelques étendues d’eau ici et là qui sont prises d’assaut par les barboteurs. Au-dessus de nos têtes, les cris des premières bernaches se font entendre.

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La tour se situe au début du sentier de La Prucheraie (1,34 km), le plus fréquenté du site, qui nous permet de longer le marais et de traverser une prucheraie. Tout au long du sentier, nous nous amusons à observer les écureuils roux et gris ainsi que les tamias qui vont et viennent de partout. De toute évidence, ils sont habitués à la présence humaine puisqu’ils s’approchent de nous sans aucune crainte, dans l’espoir que nous ayons quelques graines ou arachides à partager avec eux. Le sentier La Prucheraie nous mène au sentier Le Marécage (0,9 km) qui donne un accès direct au marais et permet d’observer une toute autre variété de flore et de faune. À partir de la passerelle de bois (d’une longueur de 400 m), alors que les mésanges virevoltent autour de nous et que les carouges à épaulettes, accrochés aux quenouilles, lancent des cris retentissants, nous passons de longues minutes à regarder les rats musqués qui s’affairent à grignoter les racines de plantes de milieux humides (quenouilles, sagittaires, pontédéries). Un peu plus loin, les colverts pataugent dans les secteurs où l’eau est libre de glace. Quelle comédie que ces deux colverts mâles qui s’aventurent sur le


D é c o u v e rt e lac glacé ! Ils avancent péniblement et affrontent le vent qui leur donne du fil à retordre. À tour de rôle, ils perdent l’équilibre et les voilà qui embrassent la glace. Mais ils ne se laissent pas décourager et se remettent à se dandiner tant bien que mal. Tout près d’eux, deux goélands à bec cerclé s’obstinent pour qui se régalera de la plus récente prise pêchée à même le lac. Lors d’une seconde visite au début mai, c’est à partir de cette passerelle que nous avons longuement observé deux couples de canards branchus. Le premier couple se promenait dans un secteur assez dégagé alors que l’autre jouait à cache-cache dans les massifs de quenouilles, de saules et d’aulnes qui colonisent les abords du marais. Le CINLB propose deux autres sentiers : Les Ormes (1,4 km), situé au nord du sentier La Prucheraie, a été aménagé dans le but d’attirer diverses espèces de canards; et La Randonnée (6 km) où l’équilibre naturel est le moins perturbé dû au fait qu’il est moins achalandé que les autres sentiers. En 2009, plus de 175 000 personnes ont bénéficié des installations et des aménagements du Centre. Le CINLB offre également un accès à la piste multifonctionnelle asphaltée La Granbyenne (plus de 18 km) dont une section traverse le lac Boivin sur une digue. Cette piste donne accès à la piste cyclable L’Estriade (21 km) et à celle du

Parc national de la Yamaska (3 km). À l’ouest de La  Granbyenne, on trouve une seconde tour de 10 m, nommée la Tour d’y voir, qui donne une vue d’ensemble sur un autre secteur du marais. Peu importe la saison de l’année, il y a toujours de l’activité au CINLB, que l’on se trouve dans les sentiers ou dans le pavillon d’interprétation animé par diverses présentations, conférences, expositions ou classes nature. Que le printemps soit chaud, froid, ensoleillé ou pluvieux, toute sortie au CINLB vous offrira un contact privilégié et mémorable avec la faune qui y a élu domicile pour quelques jours ou pour la vie ! Accès : de la sortie 74 de l’autoroute 10, prendre la route 241 nord jusqu’à la route 112. Tourner à gauche sur la rue Denison. Tourner à droite sur la rue de la Gare. Tourner à droite sur la rue Drummond. Le Centre d’interprétation est situé au 700, rue Drummond. Services : le Centre d’interprétation est ouvert (361 jours par année) de 8 h 30 à 16 h 30 en semaine, et de 9 h à 17 h la fin de semaine. Les sentiers sont accessibles du lever au coucher du soleil. L’accès aux sentiers est gratuit. Renseignements : 450 375-3861

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Une randonnée à petits pas

Des îles et des presqu’îles qui chantent

Le parc est un archipel d’îles et de presqu’îles. Plus de 25 % de sa superficie est composée de milieux humides. De belles forêts et de nombreux champs en friche côtoient ces milieux propices à la faune et à la flore, sur une superficie modeste de 28,1 km2. Par des sentiers multifonctionnels ou exclusivement pédestres, le visiteur peut, sur une courte distance, parcourir tous ces habitats et paysages différents et, qui dit habitats différents, dit aussi espèces d’oiseaux différentes. La randonnée ornithologique printanière dans le parc est un secret de moins en moins bien gardé par les ornithologues amateurs. Depuis longtemps, le territoire est reconnu comme un endroit de prédilection pour observer la faune ailée. Il faut savoir qu’en plus d’offrir une grande diversité au niveau des écosystèmes, il est situé au cœur d’un important corridor de migration de canards, de rapaces, de parulines et, bien-sûr, de la bernache du Canada, son emblème animalier. Jusqu’à maintenant, près de 250 espèces d’oiseaux y ont déjà été observées. Évidemment, il s’agit du résultat de plusieurs années d’observation, mais un amateur peut, en période de migration, observer près d’une cinquantaine d’espèces différentes. Le parc fait même partie des endroits où certains observateurs chevronnés ont pu observer jusqu’à 100 espèces dans une seule journée, ce qui est rare ! Le territoire, avec sa faune ailée colorée et mélodieuse, est l’endroit idéal pour assister au réveil de la nature après un long sommeil

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hivernal. L’expérience sera donc plus sensorielle que physique; une randonnée permettant d’éveiller nos sens engourdis.

En pratique…

La première chose à faire à votre arrivée au parc est de vous rendre au centre de découverte et de services, situé dans le secteur des Presqu’îles, à Plaisance. Les préposés à l’accueil vous aideront à planifier votre randonnée en vous proposant des circuits intéressants au gré de Dame Nature. On vous tiendra aussi informés des observations en vedette. On trouve au parc plus de 30 km de sentiers multifonctionnels ainsi que 8 km de sentiers uniquement pédestres. À partir de la mi-mai, le parc offre aussi un service de navette en ponton qui permet de transporter marcheurs et cyclistes du secteur des Presqu’îles à celui de Thurso. Vous pouvez ainsi avoir accès à d’autres paysages et d’autres découvertes intéressantes.

Prolongez votre randonnée printanière

Le Parc national de Plaisance est l’un des premiers parcs du réseau Parcs Québec à ouvrir les portes de son camping au printemps. Dès la fin d’avril, vous pouvez profiter un peu plus longtemps de votre expérience nature en campant sur l’un des 130 emplacements de camping aménagés. On y offre également le prêt-à-camper en tente Huttopia ou en tente-roulotte tout équipée. Des yourtes ainsi qu’un chalet pouvant accueillir huit personnes complètent l’offre d’hébergement.

Parc national de Plaisance, Jean-François Houle, Sépaq

Pour vous y rendre

Le parc est au cœur de la rivière des Outaouais, entre les villages de Montebello et de Thurso. Il est situé à 160 km à l’ouest de Montréal et 70 km à l’est de Gatineau, via la route 148. Renseignements : www.parcsquebec.com Réservations : 1 800 665-6527 État des sentiers au printemps : 819 427-5334 Jean-François Houle est responsable du Service de la conservation et de l’éducation au Parc national de Plaisance.

Photo : LMI – France Rivet

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Par Jean-François Houle

e marche à pas feutrés depuis quelques minutes, les bras fléchis et mes jumelles près du menton. Tout en avançant, mes yeux viennent et vont entre le sentier et la cime d’un gros chêne, question de ni trébucher, ni perdre de vue l’objet de mon excitation : la silhouette d’un oiseau. Les occasions d’observations d’oiseaux abondent et je suis rendu à plus d’une trentaine d’espèces différentes en moins de deux heures. C’est une autre randonnée riche en couleurs qui s’achève. Une randonnée printanière au Parc national de Plaisance, c’est vivre à petits pas…

Le bruant chanteur, reconnaissable par son chant caractéristique, est le premier bruant à arriver au printemps au parc Photo : LMI – France Rivet

Parc national de Plaisance

Photo : Parc national de Plaisance, Luc Labelle, Sépaq

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Promenade printanière

  cimetière NotreDame-des-Neiges au

Texte et photos : Elisabeth Chlumecky

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n merveilleux ciel de mai, d’un bleu aigu, s’arrondit au-dessus de Montréal. D’un pas léger, je pénètre dans le cimetière Notre-Damedes-Neiges. Les mots célèbres de Félix Leclerc pourraient figurer audessus de l’entrée de la rue Decelles : « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans… » En cette journée du jeune printemps, le cimetière, établi sur l’ancienne terre du docteur Pierre Baudouin, est animé d’une vie exaltée… Bourgeons, fleurs, brins d’herbe, tout monte, tout éclate, tout reluit. Les oiseaux fusent de partout. À l’autre extrémité du parc funéraire, dans le cimetière Mont-Royal, un filet d’eau chante le renouveau printanier. Les longs alignements muets de tombes m’inspirent d’abord un peu de mélancolie. Impression vite dissipée par une allée bordée d’érables argentés. Le soleil éclatant découpe de larges ombres enchevêtrées sur le chemin qui monte vers une chapelle en pierre de taille. Le toit et le clocheton de l’édifice construit en 1854 rutilent contre le ciel. La chapelle aux éléments néogothiques s’harmonise avec le centre administratif, vieil édifice aussi en pierre de taille, et au toit un peu biscornu. On se croirait dans une campagne mystérieuse entrevue en songe. Le centre administratif offre des cartes du cimetière et un répertoire des personnalités célèbres qui y reposent. Le bassin voisin est encore à sec. L’été, les citadins viennent chercher ici fraîcheur et paix, loin des rumeurs de la ville.

Près de la chapelle, l’Ange de Gloire, d’un geste passionné, semble accorder sa protection aux promeneurs. Le Monument funéraire de la famille Valois1 est l’œuvre du sculpteur de renom, Louis-Philippe Hébert. L’ange de bronze, lourd de plusieurs tonnes, se dresse avec la grâce et la légèreté des êtres ailés.

Le cimetière de 350 hectares, fondé en 1854, est l’un des plus beaux endroits pour la promenade au Québec. Ses voies courent sur 55 km. Les plans d’aménagement ont été conçus par l’architecte Henri-Maurice Perreault. La première personne à y être inhumée, en 1855, était une jeune femme d’origine irlandaise, Jane Gilroy2. La nécropole est à la fois d’ordonnance classique et romantique. Alignements rectilignes, îlots rectangulaires et plans symétriques représentent le goût classique épris d’ordre. Les paysages de facture romantique sont, eux, composés de chemins serpentins, de coins ombragés, de coteaux herbeux. Savamment étudiés, ces détails donnent l’illusion d’une disposition naturellement accidentée et visent à consoler l’âme et à l’élever vers le Divin. De nombreuses voies rayonnent autour du centre administratif. Dans ce parc funéraire, où je fais des marches méditatives depuis des années, j’ai mes chemins et mes tombes préférés. Le cimetière, lieu d’une très grande richesse patrimoniale, est à la fois musée, « florilège » d’épitaphes poétiques et livre de sagesse.

Un cimetière-musée

Parmi les buissons, sous le feuillage des vieux arbres, le cimetière abrite des chefs-d’œuvre méconnus : pleureuses, bustes, médaillons, statues d’anges et de la Vierge, figures allégoriques, pietà. Des artistes immenses, comme Alfred Laliberté, ont signé quelques-uns de ces monuments. Quel promeneur ne recevra pas le choc de la beauté pure, devant le Monument de la famille Dufresne, œuvre de Pasquale Sgandurra3. Le Monument de la famille Greco est tout aussi saisissant de beauté4. Une femme penchée sur une jeune personne soutient sa tête et pose délicatement un baiser sur son front. Une tendresse ineffable émane du visage et des mains de cette figure de compassion. Miracle de la sculpture, capable de rendre dans le bronze, le granit et le marbre, les vibrations de l’âme; l’expression vivante de l’amour !

Un lieu de paix


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Des œuvres plus récentes, comme celle représentant le pâtissier PierreAlexandre Gerbeaux5 enlaçant son fusil de chasse, toucheront aussi les passants. Au bas, figurent deux vers de Nelligan : « Puis tu partais… Je me rappelle ! / Les bois brillaient au clair de lune. » On regrette de ne pas avoir connu ce bon vivant amoureux de la nature et des lettres. Le promeneur, à l’affût de chefs-d’œuvre, fait toujours de nouvelles découvertes. Par exemple, ce bas-relief représentant une jeune Hongroise, Rosalia Kovats de Pasztelyi, au visage aristocratique encadré de fleurs6. Deux dates sur la tombe : 1895-1931. Quelle fatalité a donc ravi si tôt la femme bien-aimée à l’époux ? Tout monte, tout éclate, tout reluit

Un merveilleux endroit pour la promenade

Orgueils et humilité

La cité des morts est à l’image de la cité des vivants. S’y mêlent les mêmes orgueils et les mêmes disparités sociales. Notables et princes de la finance se sont fait construire au tournant du XXe siècle des caveaux sur le modèle de palais urbains. Certains évoquent les demeures fastueuses du Mille carré  doré. Mais la musique des bals et le brouhaha joyeux des mondanités ne tournent plus autour de ces vies… Ne s’entend, à présent, que le silence du cimetière mêlé au chant des oiseaux. Le caveau de la famille Prévost7, savamment architecturé, vaut le détour. Pour ma part, je préfère les tombes des « humbles », des gens de « petite extrace », comme les appelait le poète François Villon : croix rouillées, croix de bois délavées par les intempéries, petites stèles bordant les chemins détournés.

Nos amis, les peintres et les poètes

À chacune de mes promenades, je salue de vieux « amis », écrivains et peintres. Mon premier hommage va à Nelligan8 qui portait en lui un « ciel de printemps auroral ». Près de sa tombe monte la tour Art déco de l’Université de Montréal. Des adolescents, qui communient au mal de vivre de notre poète national, laissent ici fleurs, poèmes et… bouteilles de vin. Je me recueille aussi sur les tombes des peintres Riopelle9 et Clarence Gagnon10. Ne faut-il pas honorer les artistes qui apprennent aux humains à voir la beauté sans fin du monde ?

Un jardin japonais

Le peintre Marc-Aurèle Fortin nous a communiqué l’amour des arbres, miracles de sève et d’équilibre. Quelque 3 514 arbres ont été plantés au cimetière entre 1855 et 1866. Plus de 59 essences différentes y poussent. Des érables argentés et des marronniers d’Inde bordent solennellement les grandes allées. Des arbres centenaires ombragent les tombes. De frais boisés créent l’illusion d’être à la campagne. Dans quelques jours, l’enclave de verdure prendra des allures de jardin japonais avec ses pommetiers et ses cerisiers en fleur. Si le cimetière est musée, il est aussi « recueil de poèmes ». D’émouvantes épitaphes expriment l’amour et le bonheur d’avoir vécu ensemble. D’autres dispensent des leçons de sagesse, nous rappellent l’urgence de « saisir le jour », de vivre dans la plénitude de l’instant présent : « Toi qui passes, penses-y »...


Monument funéraire de la famille Dufresne

Tombes éparses au cimetière Mont-Royal

Un cimetière multiethnique

La diversité ethnique caractérise aussi la nécropole qui regroupe, entre autres, des îlots chinois, ukrainiens et italiens. La section vietnamienne aligne des tombes noires et roses ornées de lotus artificiels. Dans la lumière printanière, j’entends bruire les voix des « Boat People » venus chercher, au Québec, une terre de paix et de liberté11. Près de là, le lot slovaque parle lui aussi de patrie perdue12. À l’est et au sud du cimetière, dans les sections orthodoxe13 et ukrainienne14, lampions et bouquets de fleurs créent une toile colorée. Ici, une visite aux défunts ne semble pas méditation triste sur la mort, mais retrouvailles joyeuses avec le disparu.

Sections et numéros de tombes 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.

B - 243 F - 56 B - 489 B - 495 B -1149 GA -1400 T - 139

8. N – 588 9. B - 2431 10. N-6 11. Section « K » 12. Section « K » 13. Section « Or » 14. Section « W »

Le petit peuple du cimetière

J’aime aussi le cimetière pour toute la vie animale qui y remue. Parfois, des marmottes pointent leur museau au passage des promeneurs. Depuis des années, j’espère, en vain, apercevoir, entre deux tombes, l’éclat fauve d’un renard cherchant un Petit Prince endeuillé à consoler... Des ornithologues, au pas feutré, arpentent les lieux, jumelles et téléobjectifs en main. Cachés derrière les buissons, ils guettent pics maculés, passerins indigo, éperviers et autres merveilles du monde ailé.

Le cimetière Mont-Royal

Souvent, j’enfile la longue allée qui rejoint le cimetière Mont-Royal, lieu de sépulture des protestants, inauguré en 1852. L’endroit, plus accidenté, est prisé des promeneurs pour ses chemins pentus, ses vieux arbres noueux et ses tombes de guingois. La facture romantique y est plus prononcée qu’au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Ne dominent pas les alignements rectilignes de tombes. Les coteaux sont plantés de croix celtiques, de stèles verdies et d’angelots blancs. Malheureusement, parfois, des cyclistes en mal de vitesse frôlent le paisible promeneur. Tout au long de l’année, je marche dans ces deux cimetières, empruntant l’un après l’autre petits chemins et longues allées. Mon podomètre indique parfois 10 km. Chaque saison orne les lieux d’une nouvelle poésie : balancement des arbres par les jours venteux d’été; ambres mélancoliques de l’automne; nuits de blizzard emportant les couronnes de roses et laissant de hautes vagues blanches contre les tombes. Mais, plus que tout, j’aime l’ivresse de vivre qui s’empare du « Royaume des morts » au printemps … Pour en savoir plus : chlumeckym@videotron.ca Références : Pierre-Richard Bisson, Mario Brodeur, Daniel Drouin, Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, Henri Rivard Éditeur. Printemps2010

M a r c h e Randonnée

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D é c o u v e rt e

Photo : Dominic Gendron

Refuge faunique

MargueriteD’Youville

Fossés piscicoles

une oasis de nature en milieu urbain Par Dominic Gendron

D

ans l’archipel de Montréal, peu de milieux naturels ont été aussi bien protégés que l’île Saint-Bernard, située à Châteauguay. Les marais, les marécages, les rives, les prairies, l’érablière à caryers et la chênaie à chênes bicolores qu’on y trouve constituent des écosystèmes exceptionnels qui abritent des espèces fauniques et floristiques des plus diversifiées. La majeure partie de l’île est occupée par le refuge faunique Marguerite-D’Youville, lequel a été créé en 1993 grâce à une entente intervenue entre la congrégation des Sœurs grises, propriétaire de l’île depuis près de 250 ans, la Fondation de la faune du Québec et la Ville de Châteauguay. Le nom du  refuge faunique Marguerite-D’Youville rappelle celui de la fondatrice des Sœurs grises de Montréal, devenue propriétaire de la seigneurie de Châteauguay au XVIIIe siècle. C’est à l’organisme Héritage Saint-Bernard que la Fondation de la faune du Québec a confié le mandat de gérer et de protéger le site. L’organisme vous invite à venir sillonner les 8 km de sentiers accessibles sept jours par semaine, du lever au coucher du soleil. Qualifiés de niveau « facile », les sentiers conviennent autant à la marche en famille qu’au randonneur aguerri.

Du Pavillon à la plage Le Grillon

À votre arrivée sur l’île Saint-Bernard, il faut d’abord repérer le Pavillon de l’île. C’est à cet endroit que commencera votre balade. À l’intérieur, les préposés du Café de l’île vous accueilleront en vous offrant une boisson ou une collation et, surtout, vous proposeront une carte des sentiers et le dépliant des oiseaux observés sur le territoire, deux outils bien pratiques pour votre balade. Les sentiers débutent derrière le Pavillon. Si vous arrivez tôt, vos chances de croiser une famille de cerfs de Virginie dans les 500 premiers mètres de marche sont grandes. Si vous parcourez les sentiers dans le sens horaire des aiguilles d’une montre, vous découvrirez rapidement un petit quai qui surplombe un marais. À cet endroit, vous aurez peut-être la chance d’observer des tortues peintes se réchauffant au soleil, ou le petit et discret héron vert se dissimulant derrière des broussailles. Par la suite, vous profiterez de la superbe vue sur le lac Saint-Louis qu’offre la plage Le Grillon. À cet endroit,

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vous pourrez vous reposer à la gloriette ou à l’une des tables à pique-nique.

Chêne bicolore rare

En continuant sur le sentier qui longe le lac SaintLouis, vous croiserez le plus gros chêne bicolore du Québec. Ce type de chêne est rare au Québec et vous aurez la chance de toucher à ce spécimen âgé de plus de 210 ans. En effet, cet arbre est l’aîné d’une chênaie bicolore d’à peine 6 hectares. Cette forêt est reconnue par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune comme Écosystème forestier exceptionnel de type « forêt rare ». Ce titre lui est accordé puisque l’on retrouve très peu ce genre de forêt dans la province et que l’espèce dominante est une espèce rare.

Pointe nord

Vous continuerez ensuite votre promenade dans une forêt marécageuse où une grande passerelle vous permettra de vous rendre au belvédère d’observation de la pointe nord. À partir de ce point, vous aurez une vue impressionnante sur Montréal. C’est à cet endroit que l’on réalise que l’île Saint-Bernard est une oasis de nature au milieu de la zone la plus développée de la province. On trouve dans ce secteur quelques spécimens d’aubépine ergot-de-coq. Cet arbuste, que le frère Marie-Victorin, auteur de la Flore laurentienne, qualifiait d’espèce « la plus belle et la plus distincte de notre flore », est très rare au Québec. Seuls quelques centaines d’individus ont été répertoriés, tous dans la région de Châteauguay. D’ailleurs, sur l’île SaintBernard seulement, 11 espèces différentes d’aubépines ont été recensées, ce qui est tout à fait exceptionnel. Par la suite, les sentiers vous mèneront dans la magnifique érablière à caryers, une autre forêt de l’île considérée comme Écosystème forestier exceptionnel de type « forêt refuge » puisqu’on y compte un grand nombre d’espèces floristiques rares. C’est aussi dans cette forêt que vous aurez la chance d’observer l’un des plus rares oiseaux du Québec, le pic à ventre roux. Il n’y a qu’un couple nicheur connu au Québec et il a été observé à quelques reprises dans ce secteur.


D é c o u v e rt e Les friches

Photo : Dominic Gendron

Vue sur Montréal

Les digues

Une autre grande passerelle toute neuve vous mènera de l’érablière à caryers à la grande digue. Sur l’île, on trouve deux digues. Elles font partie d’une série d’aménagements fauniques majeurs comprenant des fossés piscicoles ainsi que des structures de contrôle du niveau de l’eau. Ces aménagements, très bien intégrés au paysage, contribuent à maintenir un habitat de qualité pour les poissons et un grand nombre d’oiseaux dans les marais. Vingtcinq espèces de poissons utilisent les marais de l’île Saint-Bernard pour se reproduire, ce qui fait du territoire un « buffet à volonté » pour plusieurs des 216 espèces d’oiseaux observés jusqu’à maintenant. Un abri d’observation est aménagé au centre de la grande digue pour vous permettre d’observer, sans être vu, les canards branchus, grands hérons et plusieurs autres espèces d’oiseaux. Vous pourrez peut-être même observer un vison chassant un rat musqué ou une loutre de rivière dévorant un poisson fraîchement pêché. C’est sur la petite digue, un secteur peu achalandé de l’île, que vous pourrez observer le magnifique spectacle des grandes aigrettes, ce membre de la famille des hérons à la silhouette du grand héron, mais de plus petite taille et blanc immaculé. Il n’est pas rare d’en observer plus de 10 simultanément sur la petite digue. Vous remarquerez aussi la présence du castor sur les digues et les rives, puisqu’il ne se gène pas pour couper des arbres !

Tout le long de votre randonnée, des panneaux d’interprétation vous donneront des suppléments d’information relativement à différentes espèces observables sur l’île SaintBernard.

Photo : Dominic Gendron

Le secteur sud de l’île est composé de friches où l’on observe régulièrement le cerf de Virginie, le renard roux et les innombrables hirondelles. Le sentier du retour vous offrira aussi de nombreuses fenêtres sur la rivière Châteauguay, facilitant ainsi l’observation de différents canards et hérons qui y pêchent tranquillement.

Renard roux

Des activités pour petits et grands

L’organisme Héritage Saint-Bernard, gestionnaire du refuge faunique Marguerite-D’Youville, offre de nombreuses activités estivales sur le site. Entre autres, une balade en ponton en compagnie d’un guide naturaliste vous permettra de découvrir la richesse du site à partir de la rivière Châteauguay, et un meunier vous fera découvrir l’aspect historique de l’île Saint-Bernard. Informez-vous au Café de l’île. Si vous partez de Montréal, il est possible d’utiliser la navette fluviale en partance de l’arrondissement de Lachine, laquelle termine son parcours directement sur l’île Saint-Bernard. Renseignements : 450 698-3133 • www.heritagestbernard.qc.ca Dominic Gendron est coordonnateur à la protection et à l’aménagement du territoire à Héritage Saint-Bernard.

Photo : Michel Préville

Abri à la grande digue

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Destinations Randonnées

fleuries Par Nicole Blondeau

V

ite, que l’hiver prenne fin et que le printemps se manifeste! Certes, on aime l’hiver, mais on aime aussi les autres saisons. Et à l’approche du printemps, on a envie de voir de la verdure et des fleurs le long des parcours. Mais il faut être patient, attendre que le dégel soit terminé afin de ne pas éroder davantage les sentiers. Ensuite, les uns après les autres en commençant par ceux du sud, les lieux de marche accueilleront les randonneurs. Ce sera alors le moment idéal pour s’initier à la botanique. Au printemps, avant que les arbres ne déploient leurs feuilles et alors que le soleil réchauffe le sol de ses rayons, les fleurs en profitent pour s’épanouir. Certains boisés sont littéralement couverts d’un tapis fleuri, tandis que d’autres ne sont colorés que par quelques fleurs solitaires. Avec, en mains, un guide d’identification comme par exemple la Flore printanière, de Gisèle Lamoureux aux éditions Fleurbec, il est facile et plaisant de s’instruire. Voici des suggestions de lieux accessibles au printemps et quelques fleurs qu’on peut y observer. Et si la botanique n’intéresse pas tout le monde, la beauté des fleurs ne laisse personne indifférent.

Parc écologique Jean-Paul-Forand e milieu protégé, situé au pied du mont Shefford, est traversé par le ruisseau Deschamps sur lequel des castors ont construit un barrage, créant ainsi un vaste marécage. Celui-ci occupe l’ouest du parc, tandis que l’est est recouvert d’une forêt mixte. Les sentiers sont aménagés en terrain vallonné, de part et d’autre du ruisseau qui peut être franchi en quelques endroits par des passerelles de bois rond. Une jolie petite chute, d’une hauteur de 3 m environ, coule parmi des rochers moussus. Des tables à pique-nique permettent de casser la croûte tout en admirant l’eau qui dévale. En bordure du marécage se trouve une pergola favorisant la contemplation de ce fascinant milieu humide. Grâce aux différentes espèces de feuillus et de conifères, le paysage s’enrichit au printemps d’une multitude de teintes de vert, du plus tendre au plus prononcé. On y entend les chants mélodieux de la grive des bois, du viréo aux yeux rouges et du cardinal à poitrine rose, pour ne nommer que ceux-là. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Arisème petit-prêcheur, coptide du Groënland, maïanthème du Canada, populage des marais, trille ondulé, trille rouge, viorne bois-d’orignal. 9,7 km De la sortie 78 de l’autoroute 10, prendre le boulevard Bromont, puis la route 241 nord. Tourner à gauche sur le chemin Picard et faire 2 km. Dépliant-carte sur le site Web 450 539-2258 • www.cantonshefford.qc.ca

Photos : LMI – Daniel Pouplot

Cantons-de-l’Est

C

Sentier des Trotteurs

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une vingtaine de kilomètres à l’est de Victoriaville, ce réseau de sentiers pédestres propose deux parcours. Le sentier des Cascades consiste en un circuit en boucle d’une longueur de 7 km. Tout en demeurant sous couvert forestier, on longe la jolie petite rivière Bulstrode et un ruisseau qui coule en cascades. Quant au sentier du Pic, un autre circuit en boucle, il emprunte le sentier des Cascades auquel s’ajoute une portion de 4 km en terrain montagneux, pour un total de 11 km. À son plus haut point, on trouve un beau panorama s’ouvrant sur le hameau de Trottier et le paysage environnant. La forêt des Bois-Francs dans laquelle sont tracés les sentiers comporte une grande variété d’espèces d’arbres, tant feuillus que conifères, créant une belle ambiance. L’accès est gratuit, mais les contributions volontaires sont appréciées. Une boîte de perception à cette fin se trouve au point d’accueil. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info : M a r c h e Randonnée

Claytonie de Caroline, coptide du Groënland, cornouiller quatre-temps, cypripède rose, dicentre capuchon-rose, salsepareille, tussilage pas-d’âne. 11 km De Victoriaville, prendre la route 161 sud et tourner à gauche sur la rue Laurier Est. Tourner à droite sur la route 263 sud et faire 12 km environ. Le stationnement est situé le long de la route, à la jonction de la rue Guillemette. Carte sur le site Web 819 758-5480 • www.sentierdestrotteurs.com Printemps2010

Photo : Luc Couture

Centre-du-Québec

À


R

econnu comme l’un des plus beaux jardins d’Amérique du Nord, ce domaine a été déclaré « Bien culturel du Québec » et « Lieu historique national du Canada ». Aménagé à la fin du XIXe siècle, ce parc-jardin empreint de romantisme bénéficie d’un microclimat. On y trouve plus de 2 000 variétés de végétaux dont plusieurs espèces peu fréquentes à cette latitude. Un des sentiers traverse une forêt reconnue comme « Forêt exceptionnelle », laquelle compte plusieurs arbres plus que centenaires. Un autre sentier parcourt les berges du Saint-Laurent. Et, naturellement, il y les jardins aux mille couleurs et parfums. Une brochure, contenant un plan détaillé du site, permet de s’autoguider tout en se renseignant sur l’histoire du lieu et l’identification des végétaux. On peut aussi traîner, contempler et rêvasser. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Photos : Domaine Joly-De Lotbinière

Chaudière-Appalaches

Domaine Joly-De Lotbinière

Alliums, anémones, cœurs saignants, iris, jacinthes, magnolias, narcisses, pommetiers, tulipes. 7,6 km De la sortie 278 de l’autoroute 20, suivre la route 271 nord jusqu’à Sainte-Croix. Emprunter ensuite la route 132 ouest sur 7��km, puis la route de Pointe-Platon sur 3 km. Brochure incluant carte disponible à l’accueil 418 926-2462 • www.domaine.joly.com

Corporation de l’Île Lebel n devrait plutôt la qualifier de presqu’île puisque l’île Lebel est attachée à la rive nord du Saint-Laurent. On présume qu’elle porte le nom d’un ancien propriétaire ou occupant, mais elle a déjà été connue sous le nom d’île du Curé. Situé dans la ville de Repentigny, le parc couvre une superficie de 15 hectares d’espaces verts comportant des zones boisées, des battures, un marécage et une frayère. Au printemps, ces milieux grouillent de vie, favorisant l’observation de la nature, particulièrement de la faune ailée puisqu’on y a répertorié 152 espèces d’oiseaux. Les sentiers, recouverts de gravier fin damé, permettent d’emmener bébé en poussette. Ils donnent accès à des points de vue sur le Fleuve, ses îles et la rive sud. Une passerelle de bois traverse le marais. Le parc offre aussi des aires d’observation, de pique-nique et de jeux pour petits et grands.

Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Photo : LMI – Serge Gauthier

Lanaudière

O

Butome à ombelle, iris versicolore, lilas, nénuphar, pontédérie cordée, rosier indigène, vinaigrier. 2,8 km De la route 138 à Repentigny, prendre le boulevard Lebel ou la rue Thouin, tous deux menant au stationnement. Aucune 450 841-3264 • adjointe@parcilelebel.qc.ca

Parc national d’Oka ’il est une destination classique à visiter dès la neige fondue, c’est bien le parc national d’Oka. Le printemps s’y manifeste tôt et on y trouve une variété d’habitats qui en fait l’un des parcs québécois les plus riches au niveau floristique. Milieux humides, forêts, friches, plage et colline sont autant d’environnements où on peut marcher. Le sentier de la Grande Baie, où érablière argentée et marais se côtoient, est surnommé « le quartier général des oiseaux migrateurs ». Celui de la Sauvagine fait voir les berges du lac des Deux Montagnes, le lac de la Sauvagine et la rivière aux Serpents. Le sentier du Calvaire d’Oka suit le chemin de croix aménagé par les Sulpiciens il y a plus de 250 ans et aboutit à un superbe point de vue panoramique. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Antennaire, butome à ombelle, cornouiller hart-rouge, gingembre sauvage, sanguinaire du Canada, trille blanc, violettes. 22 km De l’autoroute 640, continuer vers l’ouest sur la route 344 et suivre les indications sur 5 km environ. Journal du parc, dépliant-carte et brochure disponibles à l’accueil 450 479-8365 • www.parcsquebec.com

Photo s: LMI – France Rivet

Laurentides

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Destinations Boisé L’orée des bois et îlot de nature est enclavé dans un développement domiciliaire. Il consiste en un rectangle de terrain boisé de 8 hectares, encadré de maisons sur trois côtés, le quatrième s’ouvrant sur la rivière des Mille Îles. Malgré la proximité des habitations, il est très agréable de se promener dans ce joli petit boisé de feuillus. On y trouve une incroyable variété de fleurs printanières, notamment la sanguinaire du Canada, qui est probablement la toute première plante à fleurir en forêt et qui se trouve ici en grandes colonies. Des passerelles sont aménagées au bord de la rivière, laquelle a tendance à sortir de son lit au printemps. En certains endroits, les bancs situés sur la rive baignent dans l’eau, mais le sentier permet de garder les pieds au sec.

Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Actée rouge, érythrone d’Amérique, sanguinaire du Canada, trille blanc, trille rouge, uvulaire grande-fleur. 1,5 km De la sortie 17 de l’autoroute 13, prendre le boulevard Sainte-Rose vers l’ouest sur 1 km. Tourner à droite sur la rue Cousteau, à droite sur la rue Séguin, et à gauche sur la 37e Avenue. On peut stationner au parc-école ou au bout de la rue. Guide Marcher et découvrir Laval sur le site Web 450 978-8904 • www.ville.laval.qc.ca

Photos : LMI – Daniel Pouplot

Laval

C

Parc de l’Île Saint-Quentin ette île se situe au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent. C’est une oasis de nature tout près du centre-ville de Trois-Rivières. Les sentiers longent le Fleuve et parcourent cinq milieux  : l’érablière argentée, l’ormaie-frênaie, la peupleraie, la saulaie et la berge. Un sentier multifonctionnel, accessible aux marcheurs et aux cyclistes, fait le tour de l’île. Un trottoir de bois, d’une longueur de 750 m et agrémenté de panneaux d’interprétation, sillonne l’érablière argentée, qui occupe le tiers de la superficie du parc. Avant l’apparition de ses feuilles, l’érable argenté se couvre de discrètes fleurs mâles ou femelles. Un belvédère offre une vue sur les îles avoisinantes. Près d’une centaine d’espèces d’oiseaux fréquentent le parc et on y trouve une étonnante biodiversité faunique et floristique. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Actée rouge, aubépine, cardamine carcajou, chèvrefeuille, érythrone d’Amérique, maïanthème étoilé, violettes. 5,8 km De l’autoroute 40, sortir au boulevard des Chenaux et tourner à droite sur celui-ci. Tourner ensuite à gauche sur le pont Duplessis et prendre la sortie « Île Saint-Quentin ». Dépliant-carte et brochures disponibles à l’accueil 819 373-8151 • 1 866 370-8151 • www.ile-st-quentin.com

Photo : Parc de l’Île Saint-Quentin

Mauricie

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Boisé des Douze

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n mai, ce qu’on remarque en premier dans ce lieu, c’est la grande quantité d’arbres et d’arbustes qui fleurissent en même temps. Ensuite, c’est l’abondance des oiseaux chanteurs qui le fréquentent. Le sentier des Aubépines est bordé de ces arbustes d’un côté et, de l’autre, d’un champ garni de fleurs sauvages. L’aubépine, grâce à ses longues épines, procure un refuge sécuritaire à la faune ailée. Le sentier du Méandre longe la Décharge des Douze, un joli petit ruisseau qui serpente en gazouillant. Six accès permettent de s’en approcher, procurant de beaux petits coins pour faire une pause, assis sur des rochers, à l’ombre de vieux saules. Ici et là, des panneaux d’interprétation renseignent sur différents aspects de ce boisé, comme par exemple l’importance de la friche, l’herbe à puce, l’herpétofaune, le contrôle de l’érosion et l’origine du nom du lieu. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info : M a r c h e Randonnée

Aubépine, bermudienne commune, cerisier à grappes, chèvrefeuille, fraisier des champs, salsifis des prés, tiarelle feuille-en-cœur. 2,5 km De Saint-Hyacinthe, suivre la route 137 sud jusqu’à ce qu’elle porte le nom d’avenue Saint-Louis. Tourner à gauche sur la rue Brouillette Est et continuer jusqu’au bout le la rue. Dépliant-carte au centre d’information touristique de Saint-Hyacinthe • carte affichée à l’entrée 450 778-7728 • www.villesainthyacinthe.com/boise/pages/presentation.htm Printemps2010

Photos : LMI – Daniel Pouplot

Montérégie

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Parc-nature du Bois-de-Liesse armi les 17 grands parcs de l’île de Montréal, les six parcs-nature se démarquent par leur mission de conservation du patrimoine naturel. Celui du Bois-de-Liesse possède une superficie de 159 hectares et se distingue par son écosystème varié, la forêt centenaire des Bois-Francs et le ruisseau Bertrand qui sillonne tout le parc. Certains sentiers sont utilisés pour la marche et le vélo, d’autres sont réservés à un usage strictement pédestre. On trouve aussi une passerelle japonaise, un sentier sur pilotis sillonnant une zone humide. Des belvédères permettent d’observer des points d’intérêt particulier. Au début du printemps, d’immenses colonies de grands trilles blancs tapissent le sous-bois, et une très grande variété de fleurs sauvages ajoutent des taches de couleur ici et là. La faune ailée est remarquable par sa diversité et facile à observer. C’est un lieu où le printemps est précoce et se manifeste dans toute sa splendeur.

Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Photos : LMI – Daniel Pouplot

Montréal

P

Actée rouge, fraisier des champs, érythrone d’Amérique, sanguinaire du Canada, trille blanc, trille rouge, tussilage pas d’âne, uvulaire grande-fleur, violettes. 14,5 km De la sortie 8 de l’autoroute 13, prendre le boulevard Gouin vers l’ouest. L’accueil Pitfield se trouve au numéro 9432. Dépliant-carte disponible à l’accueil et sur le site Web 514 280-6729 • 514 280-6678 • www.ville.montreal.qc.ca/grandsparcs

Parc de la Gatineau a proximité des villes populeuses que sont Gatineau et Ottawa, sa vaste superficie couvrant plus de 360 km2, ses aménagements élaborés et, surtout, sa belle nature sauvage, font de ce parc un lieu très fréquenté. On peut y pratiquer une foule d’activités de plein air. La randonnée pédestre y occupe une place de choix puisque le réseau de sentiers permet une incroyable variété de parcours, de la courte promenade à la longue randonnée. Panoramas, falaises, failles, chutes, lacs, ruisseaux, forêts, jardins, ruines et même une caverne font partie des paysages qu’on y trouve. Côté flore, le parc compte une cinquantaine d’espèces d’arbres et un millier d’espèces vasculaires, dont une centaine d’espèces figurant parmi les plantes en péril au Québec. La faune y est également riche et variée : on y a répertorié 230 espèces d’oiseaux, 54 espèces de mammifères, 11 espèces de reptiles, 15 espèces d’amphibiens, sans compter les invertébrés. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Photo s: LMI – France Rivet

Outaouais

L

Amélanchier, gingembre sauvage, cardamine, claytonie de Caroline, cornouiller quatre-temps, érythrone d’Amérique, sorbier d’Amérique, uvulaire grande-fleur. 165 km De la sortie 12 de l’autoroute 5, suivre les indications sur 2 km environ. Carte, dépliant et brochure disponibles à l’accueil 819 827-2020 • 1 800 465-1867 • www.capitaleducanada.gc.ca/gatineau

Ottawa ien qu’elle soit située à l’extérieur du Québec et ne constitue pas un lieu de marche en elle-même, la ville d’Ottawa n’en demeure pas moins une destination printanière incontournable. En effet, son Festival canadien des tulipes attire les visiteurs par centaines de milliers chaque année. C’est 3 000 000 de tulipes de toutes les couleurs qui fleurissent le long du canal Rideau, depuis le parc des Commissaires au lac Dow, jusqu’au parc Major’s Hill au centre-ville. Ailleurs dans la ville, les résidants fleurissent leurs parterres et les commerçants décorent leurs devantures. Les promenades sont constamment égayées par les aménagements floraux. De nombreuses activités entourent l’événement. Cette année, le Festival canadien des tulipes en sera à sa 58e édition et aura lieu du 7 au 24 mai. Fleurs : Réseau : Accès : Doc : Info :

Photo s : LMI – France Rivet

Ontario

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Jacinthes, jonquilles, narcisses, infinie variétés de tulipes Incalculable De l’autoroute 417, on accède au parc des Commissaires depuis la sortie 121A, et au parc Major’s Hill depuis la sortie 118. Les détails se trouvent sur le site Web. Cartes, dépliants et brochures dans les bureaux d’information touristique à Ottawa 613 567-5757 • 1 800 66 TULIP • www.festivaldestulipes.ca

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Paysage

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du

Québec


Tapis  de  trilles

Le spectacle de ces délicates fleurs confirme que le printemps est bel et bien arrivé. Appelé trille blanc ou trille à grande fleur, le Trillium grandiflorum met de 7 à 10 ans pour fleurir une première fois. Il est très facile à identifier avec ses trois grands pétales blancs comme neige au bout d’une longue tige. Il pousse en vastes colonies dans nos érablières. On peut l’admirer, entre autres, au Parc-nature du Bois-de-Liesse, au Centre de la nature Mont-Saint-Hilaire et au Parc national d’Oka. Il est l’emblème floral de l’Ontario.

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Histoire

L’hôtel Iroquois

La petite histoire  du  mont Saint-Hilaire

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e mont Saint-Hilaire existe depuis 124 millions d’années. Il est situé dans la plaine du Saint-Laurent, à 40 km à l’est de Montréal. Contrairement à la croyance populaire, la montagne n’a pas été formée par un volcan. On parle plutôt de trois intrusions souterraines de magma. Or, ce magma n’a jamais atteint la surface terrestre, mais s’est solidifié en profondeur sous une épaisse couche de schiste argileux, une roche friable. Sur une période de plusieurs millions d’années, les glaciers ont sans cesse érodé la croûte terrestre dans la vallée du Saint-Laurent. Par contre, ces intrusions faites de roches magmatiques, beaucoup plus dures que le schiste argileux, ont résisté à l’érosion, ce qui a donné le massif rocheux tel que nous le connaissons aujourd’hui. Au moment de son deuxième voyage au Canada en 1535, Jacques Cartier aperçoit le mont Saint-Hilaire depuis le sommet du mont Royal, mais ne s’y rendra pas. On connaît la montagne, à l’époque, sous le nom de Wigwomadensis, ce qui veut dire « maison » en langue autochtone.

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Par Marcel Descarreaux Photos : Société d’Histoire de Beloeil

Champlain explore la région en 1603 et 1609. Cependant, la montagne demeure peu habitée en raison de son éloignement de Ville-Marie. L’occupation du territoire par les Francais ne commence véritablement qu’après 1694. Jean-Baptiste Hertel de Rouville se fait alors octroyer une seigneurie entourant le mont Saint-Hilaire. Le seigneur nomme « sa »  montagne le mont Rouville. À partir de 1730, il installe de nombreux colons dans sa seigneurie et l’économie locale se développe. Après la défaite des Français aux mains des Anglais, le clergé, alors omniprésent chez les francophones, craint l’influence grandissante des protestants nouvellement arrivés dans la région. Pour rendre la présence de l’Église catholique plus visible, on fait ériger en 1841 une immense croix de plus de 30 m de hauteur et un chemin de croix qui y mène, sur le sommet le plus élevé, le Pain de Sucre. Il est même possible de grimper à l’intérieur de la croix. Malheureusement, une violente tempête la jette par terre à peine cinq


Histoire

La croix du Pain de Sucre ans plus tard. En 1871, on récidive avec la construction, sur le même site, d’une chapelle qui, comble de malheur, sera détruite par le feu quelques années plus tard. Cinq générations de Hertel se succéderont, à titre de seigneurs de Rouville, jusqu’en 1844 alors que René Hertel, aux prises avec de graves difficultés financières, vend son domaine à Thomas Edmund Campbell. La montagne change alors de nom pour mont Belœil. En 1851, le nouveau propriétaire construit, sur la rive ouest du lac Hertel, le café Campbell, qui attire de nombreux visiteurs venus de Montréal. Le café sera, lui aussi, détruit par le feu dix ans plus tard. En 1874, les fils font bâtir un grand hôtel de luxe de 150 chambres, l’hôtel Iroquois. Au cours des années suivantes, le chemin de fer amène des milliers de touristes fortunés à la gare de SaintHilaire. De là, ils poursuivent leur route en carrosse tiré par un cheval jusqu’à la montagne. La malchance s’acharne sur les Campbell : l’hôtel sera complètement détruit par les flammes en 1895. En 1913, la famille Campbell vend 890 hectares de sa propriété à un officier britannique, le brigadier Andrew Hamilton Gault, richissime rentier et fondateur du célèbre régiment Princess Patricia. Grand amant de la nature, il voit à ce que la montagne (maintenant appelée Saint-Hilaire en l’honneur d’Hilaire de Poitiers, docteur de l’Église) retrouve son état naturel original. Gault encourage ses visiteurs à pêcher dans son lac, à se balader à cheval et à marcher dans les

anciens chemins des érablières abandonnées. De plus, il interdit la coupe de bois et la chasse. Même les ratons laveurs ont le droit de fouiller dans ses poubelles en toute impunité ! En 1947, le brigadier s’installe au bord du lac Hertel dans un modeste chalet. Dix ans plus tard, il y fait construire un vaste manoir en pierres en vue de sa retraite. Malheureusement, il n’y vécut que quelques mois avant sa mort. Cette bâtisse existe encore aujourd’hui sous le nom de Maison Gault et sert de salle de réception. Avant sa mort, Gault a légué son « bien le plus précieux » à l’Université McGill pour qu’elle poursuive son œuvre de conservation pour le bénéfice des générations futures. Depuis ce temps, la montagne est consacrée à la protection de l’environnement, à la recherche scientifique, à l’éducation et aux loisirs de plein air. La superficie totale protégée couvre 10 km2, dont 4,5 km2 destinés à la préservation stricte et 5,5 km2 ouverts au public. On y trouve 25 km de sentiers pour l’interprétation de la nature, la randonnée pédestre, la raquette, le ski de fond et l’ornithologie. La montagne fut reconnue comme refuge d’oiseaux migrateurs en 1960, réserve de la biosphère en 1978, et réserve naturelle en 2004. Renseignements : Centre de conservation de la nature Mont-Saint-Hilaire 450 467-1755 www.centrenature.qc.ca

Pour la randonnée, nos conseillers ont les réponses.

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Équipement

Bottes  de randonnée partez du bon pied Par David Desjardins

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eu importe où vous allez, et le temps qu’il faudra pour vous y rendre, ce sont vos pieds qui devront vous porter. Aussi simple soit-elle, c’est donc cette idée qui devrait guider l’achat d’une paire de bottes : vos pieds font tout le travail, autant s’arranger pour qu’ils le fassent dans les meilleures conditions possibles.

trouve le bottillon (ou botte mi-haute), la botte légère et souple (randonnée), la moyenne (trekking), la plus lourde et résistante pour les expéditions majeures, puis on doit aussi considérer les matériaux utilisés, du pur cuir au 100 % synthétique en passant par les différents alliages (souvent un extérieur cuir et une doublure Gore-Tex, pour l’imperméabilité).

Sans ampoule, sans orteils écrasés et sans fatigue excessive

Pour s’y retrouver rapidement et procéder par élimination, on revient à notre équation qui comprend les données essentielles que décrit Kristin Hostetter : « Il faut prendre en compte le poids de ce qu’on transporte (le sien et celui du sac à dos), le type de terrain sur lequel on s’aventure (stable ou pas), la durée des sorties qu’on compte effectuer, et aussi connaître notre corps, nos préférences », expose-t-elle.

Celle dont le boulot consiste, depuis maintenant 16 ans, à passer au crible sacs à dos, manteaux, et surtout les bottes et chaussures de marche, est évidemment consciente que la notion de prix ne peut pas être aussi facilement évacuée de l’équation décisionnelle. Elle soutient plutôt que ce sont l’apparence et le conditionnement publicitaire que l’on devrait mettre de côté au moment d’investir dans ce support essentiel pour nos pieds, mais aussi nos chevilles, nos genoux, notre dos.

En général, plus le terrain est accidenté, le poids élevé et les sorties prolongées, plus on penchera pour une botte haute et résistante (mais souvent aussi plus lourde), qui offre plus de stabilité et des matériaux qui soutiennent la cheville.

« Dans un monde idéal, on ne devrait même pas se soucier du prix et simplement choisir la botte qui nous fait le mieux, dans laquelle on se sent vraiment bien et qui répond le plus efficacement à nos besoins », avance Kristin Hostetter, journaliste et chef de pupitre « équipement » au magazine Backpacker.

Exit, donc, les images racoleuses de la pub, le design aux courbes suggestives, les couleurs chatoyantes et les slogans, aussi inspirants soient-ils. On cherche littéralement chaussure à son pied, point final. Mais même une fois la pub et la dimension cosmétique oubliées, l’équation n’est pas nécessairement beaucoup plus simple. D’abord parce que le marché recèle une incroyable variété, allant de la chaussure de course en sentier (ou trail running) à la botte d’alpinisme (mountaineering). Entre les deux, on

Morceaux de choix

« Il ne faut pas avoir peur d’en essayer plusieurs pour trouver celle qui nous convient », soutient Simon Gauthier, grand manitou de la chaussure à la boutique Le Yéti. « S’il faut en sortir six paires pour comparer, on le fait. Mais en général, on est capable de voir tout de suite en enfilant une botte si ça fonctionne ou pas. » De plus en plus, les avancées technologiques permettent aux fabricants de construire une botte résistante, de bonne qualité, mais qui est aussi instantanément confortable qu’une espadrille de jogging. Même dans le haut de gamme, toujours largement dominé par des constructions en cuir, de facture plus classique, le marché du « synthé » marque des points.

ÉVASIONS D’UN JOUR

Québec, Tremblant, Ottawa, Parc de la Mauricie...

ESCAPADES

Philadelphie, Niagara Falls, Sandbanks, New York...

PERMIS DU QUÉBEC

VOYAGES

Hawaii, Pérou, Islande, Corse, Île de Madère...

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Équipement

Salomon Cosmic 4D

Dans le genre, Simon suggère la Cosmic 4D, de Salomon : « À prix égal avec une botte de cuir haut de gamme, mais avec le confort d’un soulier de course et, surtout, c’est beaucoup plus léger. C’est une botte très bien construite, avec une coquille de thermoplastique qui sert d’amortisseur. Il n’y a pas que de la mousse, donc, c’est presque un système mécanique qui permet une plus grande stabilité et une meilleure absorption des impacts. » Reste que le cuir occupe encore le haut du pavé. Surtout dans le marché de la botte de trekking (donc moyenne) de bonne qualité où les acheteurs craquent pour sa durabilité, sa respirabilité et, surtout, la principale caractéristique de ce matériau ancestral : plus on la porte et mieux elle nous fait.

Scarpa SL M3

Parmi les vedettes du genre, on propose la Terrano, de Lowa. Populaire malgré son prix en apparence prohibitif (à environ 330 $), sa fabrication tout cuir (intérieur et extérieur) offre un confort durable et une rigidité moyenne pour un poids cependant relativement lourd. C’est le hic avec le cuir : dans la balance, il supplante systématiquement les fabrications synthétiques. Dans le même genre, la Scarpa SL M3, tout cuir, mais avec doublure synthétique, existe dans des modèles pour hommes et femmes. Moins chère que la Terrano (environ 270 $), elle s’avère très rigide, faite d’un cuir italien que Simon propose aux utilisateurs sérieux. « Ce n’est pas la première année que Scarpa la produit, ni la dernière. Le rapport qualité-prix est impeccable », soutient-il.

Scarpa Kailash

Scarpa Bhutan

Toujours chez Scarpa, ceux qui cherchent une botte pour des sorties de moyenne durée sur un terrain relativement accidenté, mais pour un budget moins généreux (entre 200 et 220 $) seront ravis par la Kailash et la Bhutan. La seconde, un nouveau modèle, reprend où la révérée Kailash s’arrête, ajoutant à une fabrication de bonne qualité une empeigne de nubuck synthétique. Et enfin, pour ceux qui favorisent le bottillon, on suggère de regarder du côté de chez Keen, ou Patagonia, cette dernière offrant entre autres la Nomad Gore-Tex, et son équivalent féminin, la Bly (nommée en l’honneur de l’exploratrice Nelly Bly). « Ce sont des bottillons souples, en cuir naturel à l’extérieur, de bonne qualité, avec une membrane Gore-Tex; donc, on n’a pas à se soucier de réimperméabiliser souvent l’extérieur, explique Simon. Pour quelqu’un qui veut faire de courtes randonnées, qui ne veut pas investir dans une grosse botte (on est ici sous la barre des 200 $), c’est un modèle intéressant, léger, qu’on peut même utiliser en ville. » Reste que malgré toutes ces suggestions, ce sont bien sûr votre portefeuille, mais aussi votre pied, insistent nos experts, qui doivent décider.

Keen Oregon

« D’une compagnie à l’autre, expose Simon Gauthier, le « fit » (ndj : le patron utilisé pour concevoir la botte) change beaucoup. Si on prend trois compagnies, par exemple, Lowa, Scarpa et Vasque, pour chaque compagnie, on va trouver une botte similaire, qui correspond au même type de randonneur. Mais le « fit » est tellement différent que si on se sent mieux dans celle qui est faite, par exemple, avec des matériaux plus chers, ça vaut la peine d’investir, ça va faire une grosse différence », croit Simon, faisant ainsi écho aux propos tenus par Kristin. Il conclut : « S’il y a un article, avec le sac à dos peut-être, pour lequel on ne devrait pas lésiner – si possible – sur la dépense, c’est la botte. »

Empreinte écolo Keen Pyrénnées

Patagonia Nomad

Soulignant qu’on trouve relativement peu d’innovations majeures dans le monde de la chaussure et de la botte de marche au cours des dernières années, sauf peut-être l’apparition de sérieux compétiteurs à Gore-Tex, comme Event, pour l’imperméabilisation, Kristin Hostetter tempère cette observation en indiquant que de plus en plus de compagnies empruntent de nouvelles avenues afin de construire des bottes dont l’empreinte écologique serait la plus insignifiante possible. Semelles en matériaux moins polluants que les EVA qui mettent jusqu’à 1 000 ans avant de se décomposer, tissus et mesh récupérés, (comme la nouvelle chaussure de course en forêt Scarpa Epic), matériaux recyclables, dons à des organismes écologiques pour chaque soulier vendu (comme chez LaSportiva), les fabricants respirent l’air du temps, mais encore timidement. Le marché étant ce qu’il est, plus vous demanderez, et plus l’offre sera grande, vous permettant de vous chausser à votre goût, la conscience en paix.

Patagonia Bly Printemps2010

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Photo : Jacques Lacroix

Équipement

Baluchon sur mesure Sacs à dos de jour Par Claudine Hébert

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ien que de nombreux écoliers se soient approprié le sac de jour pour transporter leurs manuels, la multiplication des grandeurs et des modèles de cet accessoire découle directement des besoins exprimés par les randonneurs. Un simple coup d’œil sur le mur dédié aux sacs à dos de jour dans les boutiques de plein air suffit pour deviner que les randonneurs ont parlé haut et fort. Si vous n’avez jamais encore acheté de sac à dos de jour ou que votre dernier achat remonte à plus de dix ans, vous serez étonné de voir combien cet accessoire est devenu un produit sur mesure. Non seulement les modèles d’aujourd’hui se déclinent en plusieurs grandeurs et plusieurs volumes (20 à 50 litres), leurs bretelles et leurs dos s’ajustent. S’ajoutent les couleurs, les designs, les technicités, les variations de matériaux, les gadgets, les pochettes… et un sexe.

Oui, un sexe. Comme pour les souliers, les vêtements, les raquettes, il y a désormais des sacs destinés aux femmes et aux hommes. Apparue au début des années 1990, cette attention est dorénavant répandue chez tous les grands manufacturiers de sacs à dos. « Le dos est plus court, les bretelles sont plus étroites, plus angulaires et la sangle des bretelles est plus élevée pour s’adapter aux poitrines féminines », explique Benoît Deshayes de In-Sport Fashion, distributeur des sacs américains Osprey au Canada.

Acheter intelligemment

Cela dit, de retour devant le mur de sacs, ne paniquez pas et n’allez surtout pas succomber aux charmes d’un modèle dès le premier coup d’œil. Déterminez d’abord le ou les modèles qui conviennent à votre stature et à vos besoins. Un conseil : il est tout à votre avantage de privilégier une boutique qui emploie un ou des commis dédiés exclusivement au département des sacs à dos. Ces conseillers ont, en général, reçu une formation de la part de leur employeur et des manufacturiers pour expliquer de fond en comble la nature et l’utilité de chaque modèle accroché au mur. Une mesure de votre dos et quelques questions de base (quels types de randonnées, à quelle période de l’année, que comptez-vous transporter dans le sac, votre poids, votre taille) suffisent à ces commis bien formés pour présélectionner quatre ou cinq sacs les plus adaptés à votre taille et à vos sorties.

Critères de base

Bien que le volume d’un sac de jour n’implique généralement pas de lourdes charges, l’armature du sac demeure un critère de premier ordre. Composée

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d’aluminium, de mousse ou de plastique, l’armature assure le confort et surtout la répartition du poids du sac vers les hanches. Contrairement à ce que plusieurs croient, vos épaules ne sont pas seules à supporter le poids du sac. Plus des deux tiers de la charge repose sur vos hanches, d’où l’importance de choisir un sac avec une ceinture rembourrée qui enserre bien votre taille. Idem pour les bretelles qui devraient épouser votre dos et vos épaules au point d’en oublier leur présence. N’hésitez pas à bourrer le sac de poids et de vous promener dans la boutique pour recréer les conditions de randonnée. Montez et descendez les marches à quelques reprises afin de tester le confort.

Les bonus

Pour le reste, tout est une question de goût…et de budget. Vous transpirez du dos ? Favorisez un modèle doté d’un système de ventilation dorsale avec filet. « Cette technologie, un héritage des sacs de longue randonnée, constitue une réelle bénédiction pour les randonneurs-grimpeurs et ceux qui marchent par temps de grandes chaleurs », explique John Gauthier, de Sport Dinaco, distributeur canadien des sacs à dos allemands Vaude. Le type de chargement (frontal, par le haut, par le bas ou les trois à la fois) influence également le choix final. L’ouverture frontale a l’avantage d’offrir un plus grand accès au contenu du sac et convient bien aux randonnées urbaines. Les chargements par le haut et par le bas favorisent un bourrage du sac plus uniforme, mais limitent l’accès au contenu. Vous raffolez des pochettes ? La plupart des modèles multiplient les petits compartiments à l’avant, sur le dessus et les côtés. Même la ceinture du sac n’y échappe pas et peut maintenant loger clés, argent de poche, carte d’identité et autres menus objets dont le cellulaire. Vaut-il la peine de payer l’extra d’une trentaine de dollars pour acheter un sac à dos ultraléger ? « Oui, si le contenu est également de nature ultralégère. Dans le cas contraire, les quelque 500 gr en moins de ce type de sac ne valent pas le coup », indique Benoît Deshayes de In-Sport. Enfin, il y a de fortes chances que votre futur sac soit doté d’une housse imperméable. Introduite par Vaude, cette ingénieuse composante intégrée au sac de jour est en voie de devenir un élément-clé pour l’ensemble des sacs de jour présents sur le marché. Les randonneurs ont parlé.


Équipement Quatre bons choix En mode Stratos

En quête d’un sac léger, polyvalent et bien ventilé? Osprey renouvelle sa collection de sacs à dos de randonnée de jour Stratos. Présenté en quatre volumes (24, 26, 34 et 36 litres) et deux formes de chargement (frontal ou par le haut), le nouveau Stratos jouit de la suspension AirSpeed. Outre ce ventilateur dorsal en mailles extensible louangé par les randonneurs, le sac dispose du système d’attaches Stow on the go (conçu pour retenir les bâtons de marche), des pochettes à glissière sur la ceinture et une housse imperméable intégrée. Il est également compatible au système d’hydratation. Vendu en trois tailles (petit, moyen, grand) et trois couleurs (vert, bleu, noir) à partir de 120 $. www.insport.ca • www.ospreypacks.com

Double personnalité

Consignes du chiro

Les manufacturiers auront beau améliorer le confort des sacs à dos de jour, leurs produits ne vous prémunissent pas systématiquement d’éventuels maux de dos. « Un mauvais usage du meilleur sac à dos sur le marché peut causer autant de dommage à long terme qu’un sac de moins bonne qualité », soutient le chiropraticien Robert David, porte-parole de l’Association des chiropraticiens du Québec. Au-delà de l’armature, des bretelles et de la ceinture, l’efficacité d’un sac à dos repose essentiellement sur la façon dont il est porté et utilisé par le randonneur, rappelle le Dr David. Des bretelles mal ajustées, une charge trop lourde, un poids mal réparti, l’attache poitrine et la ceinture détachées…voilà les plus fréquentes erreurs d’utilisation notées auprès des détenteurs de sacs à dos de jour. À ces négligences s’ajoute la mauvaise habitude qu’ont plusieurs randonneurs de balancer d’un mouvement sec leur sac lourd derrière le dos. « Prenez plutôt le temps de le déposer sur un point d’appui (table à piquenique, rocher, souche) ou de demander à votre partenaire de randonnée de le tenir et de vous aider à le remettre sur vos épaules », conseille le chiro.

Vous êtes accro au sac à dos et au sac d’hydratation qui ne font qu’un ? Surveillez l’arrivée du nouveau modèle Manta d’Osprey. En collaboration avec Nalgene, le manufacturier américain révolutionne la formule du système hydraulique. Après cinq ans de recherches et une centaine de prototypes, le Manta se veut plus facile à manipuler et surtout beaucoup plus stable. Doté d’un réservoir de trois litres sans BPA, il dispose des mêmes caractéristiques qu’un sac de jour classique pour loger vêtements, jumelles, appareil photo et collation. Offert en trois volumes (20, 25, 30 litres), deux tailles (petit-moyen, moyen-grand) et trois couleurs (bleu, vert, rouge), à partir de 140 $. www.insport.ca • www. ospreypacks.com

Vaude au féminin

Dans la catégorie des sacs à dos féminins, le Tacora de Vaude tire assez bien son épingle du jeu. Ses bretelles ergonomiques ajustables, son dos Aeroflex qui assure une bonne ventilation, sa capacité de 20 litres et sa partie extensible de 4 litres ainsi que ses multiples compartiments, y compris à la ceinture, en font un des modèles chouchous auprès des randonneuses. On aime bien aussi son sifflet à la sangle de poitrine, sa housse imperméable intégrée et sa sortie pour un système d’hydratation. Vendu à partir de 120 $. www.sportdinaco. com • www.vaude.de

Une suspension dorsale améliorée

Est-il encore possible de perfectionner la performance et le confort d’un sac à dos de jour ? Le manufacturier américain Gregory nous en fournit la preuve avec la suspension JetStream LTS dont jouit sa nouvelle gamme de sacs de jour (35 à 65 litres). Finie l’utilisation des filets en mailles pour la ventilation du dos. Gregory mise plutôt sur une armature en aluminium ergonomique qui intègre un canal dans lequel circule l’air. Cette formule augmente non seulement la ventilation dorsale, elle rehausse l’efficacité du support structural du sac; de quoi maximiser le contenu sans en compromettre son confort. Notre coup de cœur : le nouveau Z45 (45 litres), doté d’une ouverture frontale, de poches latérales et d’une ceinture ajustable en trois versions. Vendu 240 $. www.gregorypacks.com Printemps2010

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Technique photo : LMI – Daniel Pouplot

Dangereux, la randonnée pédestre ?

Non mais ... Par Jean-Paul Lahaie

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e pratiquais mon activité favorite depuis quelques années quand j’ai pris conscience, en 1980 lors d’une première excursion au mont Washington, que des gens pouvaient mourir pendant une randonnée pédestre. J’ai été impressionné par la liste de près d’une centaine de morts (largement dépassée aujourd’hui) affichée à l’accueil de Pinkham Notch Camp, lieu de départ privilégié des randonneurs dans les White Mountains au New Hampshire. Les causes des décès sont diverses, mais révélatrices. Les consignes de sécurité sont pourtant claires, mais la liste des accidents s’allonge, malgré tout, année après année. C’est évidemment un exemple extrême, mais qui fait réfléchir. Nous pratiquons la randonnée pédestre dans un environnement naturel et sauvage, pas toujours familier pour les humains du XXIe siècle, mais c’est ce qui fait le charme de nos randonnées. Ces paysages sont source de découvertes et d’étonnement. La nature a aussi son petit côté imprévisible et pas toujours agréable. C’est pourquoi nous devons nous prémunir contre ses changements d’humeur. C’est ce que nous appelons la prévention. Nous allons aussi regarder l’aspect préparation. Tout cela dans le but de rendre notre excursion agréable et sécuritaire. Je projette de faire une randonnée en fin de semaine. La première chose à faire, c’est de m’informer sur le sentier que je veux parcourir, à l’aide d’un guide comme le Répertoire des lieux de marche au Québec des Éditions Bipède. Je m’assure que le sentier que je vise est à la mesure de mes capacités physiques : son dénivelé et sa longueur ne doivent pas dépasser le temps que j’ai pour le parcourir, car il faut impérativement que je sois sorti du sentier avant la noirceur ! C’est aussi le moment de me poser les questions : suis-je suffisamment en forme ? À quand remontent ma dernière randonnée et mon dernier examen médical ? Avant le départ, un petit coup d’œil sur le bulletin météorologique me fournira d’autres renseignements dont je dois tenir compte. Vient ensuite le temps de rassembler mon équipement pour ma randonnée. Il y a des choses indispensables qu’il faut que j’emporte. Je laisse à la maison le superflu, car je devrai le transporter et cela augmentera ma dépense énergétique, baissera ma vitesse de progression et finalement nuira à l’objectif que j’ai planifié pour mon excursion. L’essentiel : un sac à dos confortable, qui va me permettre de transporter ma nourriture, ma gourde d’eau, ma trousse de premiers soins, mes vêtements de rechange, un imperméable, un canif, des allumettes, ma carte du sentier et une boussole.

Comme je ne vais pas à la plage, mes vêtements devront être adaptés à la randonnée, chauds et confortables. Même si la température est de 25 à 30 oC avec du soleil, il est possible qu’au cours de la journée, la température descende de 15o, peut-être plus. L’exemple le plus classique est l’orage au sommet d’une montagne : on se retrouve mouillé et c’est l’hypothermie assurée ! Faire de la randonnée pédestre, c’est parfois comme dans les pièces de théâtre : il faut changer de costume souvent et rapidement ! La pièce maîtresse de mon équipement, c’est la botte de randonnée. Elle doit être robuste, légère, avec un bon maintien pour la cheville et une bonne semelle qui adhère au sol.

On peut discuter longtemps sur les tissus les plus avantageux pour nos vêtements. L’offre de fibres techniques et miraculeuses est plus qu’abondante dans les magasins de plein air ! Le moins qu’on puisse dire, c’est « pas de coton ! »; ça retient l’eau comme un buvard ! L’important, c’est l’imperméable ou le coupe-vent en « Gore-Tex » ou autre enduit qui protège de la pluie, ainsi que des vêtements de rechange. Les bâtons de marche doivent devenir les meilleurs compagnons du randonneur. On choisit un bâton léger, muni d’un mécanisme de verrouillage des sections télescopiques qui soit efficace. Mieux vaut marcher avec deux bâtons et, avant le départ, bien les ajuster à notre morphologie (on doit tenir le bâton par la poignée, avec l’avant-bras perpendiculaire au corps). J’ai fait le tour de l’équipement, mais il y a autre chose : avant mon départ, je dois prévenir un ami ou la famille du lieu de ma randonnée ainsi que du moment prévu de mon retour. Vous imaginez les conséquences sur l’intervention des secours si personne ne sait où chercher ? Comme dit l’adage, « mieux vaut prévenir que guérir » ! Il faut savoir que les services publics d’intervention en cas d’accident sont beaucoup plus lents dans les régions éloignées. Il peut être trop tard lorsqu’ils arriveront ! Le téléphone cellulaire, ce magicien du monde urbain, est à peu près inutile dans nos régions sauvages. La plupart ne fonctionnent pas en dehors du réseau routier. Bonne randonnée et pensez à votre sécurité ! Jean-Paul Lahaie est bénévole à la Fédération québécoise de la marche et guide pour Rando Plein Air du Québec La Fédération québécoise de la marche s’est jointe aux autres fédérations de plein air afin de rendre accessible, dans un seul document, l’ensemble des connaissances relatives à la sécurité des pratiques disciplinaires. En collaboration avec le Conseil québécois du loisir (CQL), les fédérations ont produit le Guide de pratique et d’encadrement sécuritaire des activités de plein air – normes, exigences et procédures. Vous pouvez consulter et imprimer le Guide en vous rendant dans le site du CQL : www.loisirquebec.com Printemps2010

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T echnique

Courses pleine nature La randonnée a aussi ses extrêmes Par Daniel Gauvreau

Cette mode, qui est plus développée en Europe et aux États-Unis que chez nous, est probablement issue du croisement entre un coureur sur route et un randonneur. De cette rencontre est apparu un hybride fort intéressant : l’adepte des courses en nature. « Chemin forestier, chemin de montagne, chemin côtier, chemin agricole, chemin longeant un cours d’eau... Toutes ces surfaces sont recherchées par le coureur qui y trouve relief, variété des surfaces et hétérogénéité du paysage ! »1 En quelques années, cette activité s’est répandue, organisée, fédérée et s’est donné technique, équipement et valeurs. En 2008, la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) lançait un circuit national de courses hors route s’adressant aux athlètes. Devant le succès populaire obtenu, la FFA se tourne cette année vers le grand public en offrant des épreuves plus courtes dans un circuit affublé du joli nom de Trail Tour National. Soulignons que les épreuves courtes font moins de 42 km. La même fédération chapeaute également le Challenge national des courses en montagne, un circuit plus compétitif. La terminologie de ce domaine n’est pas encore bien fixée : ainsi, on parle de « courses pleine nature », un terme qui englobe les courses de montagne, les courses vertes, les courses hors stade, les trails et les ultra trails; les trails étant des courses de moins de 42 km, tandis que le terme ultra est réservé aux plus longues.

Sylvain Lavoie, un employé de la Fédération québécoise de la marche

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Voici comment se voient les adeptes de la course en sentier : « Certains revendiqueront des distances minimum, d’autres de l’autosuffisance, plus de ceci, moins de cela, mais ce qui nous regroupe, c’est d’abord la liberté et la convivialité. Liberté de courir pour profiter des paysages, des forêts, des plaines, des champs, des montagnes, avec une philosophie presque écolosportive. Sortons du bitume des centres-villes pour respirer le grand air ! Liberté aussi de courir sans le chronomètre qui revient tous les kilomètres nous harceler et nous rappeler les lois physiques de la pesanteur… Bien entendu qu’il y a un chrono et un classement, mais le terrain changeant, l’itinéraire plus ou moins roulant, le dénivelé, font que l’on ne peut plus comparer les temps d’une course à l’autre, même sur des distances identiques. Convivialité : plutôt que de discuter chrono, on en vient avec ses compagnons de route à discuter de la petite traversée du ruisseau, du panorama avant la crête… autour d’un bon repas d’après course, où l’organisateur aura mis un point d’honneur à servir les spécialités du terroir local. »2 Chaque municipalité, région ou massif montagneux y va de son invitation et, chaque fois, c’est la fête du sport et de la nature. L’Ultra Trail du Mont-Blanc, qui comprend quatre épreuves distinctes, en sera à sa huitième édition au mois d’août prochain. Les inscriptions se font par Internet et sont fermées dès le 14 janvier : cette année, 6 500 participants se disputaient les 4 500 places disponibles pour les quatre épreuves, dont 2 500 pour l’ultra seulement. Après un tirage au sort, on oriente les personnes qui ne sont pas choisies vers l’une des autres épreuves ou on leur accorde une place en priorité l’année d’après, à condition d’avoir le minimum de points requis pour s’inscrire, parce qu’il faut se qualifier pour participer. Pendant la course, dans les rues, c’est aussi la fête : salons, concerts, fête de quartier avec buvettes, animation de rue, feu de joie, orchestre, dégustations, sans oublier la fondue et la raclette. Une fête qui peut durer plusieurs jours.

Photo : J.D. Bunod – Xtrail Asics

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e Tour du Mont-Blanc est l’une des randonnées alpines les plus connues. Il faut de neuf à douze jours pour boucler le circuit, soit environ 160 km et près de 18 000 m de dénivelés positif et négatif. Certains soirs, on est assez fourbu. Eh bien, figurez-vous, amis randonneurs, que certains sportifs s’amusent à réaliser ce parcours intégral… en course à pied.


Photo : J.D. Bunod – Xtrail Asics

Technique

Le terrain peut être très accidenté Au Québec, on n’en est pas encore là, explique Daniel Des Rosiers, le promoteur de l’Ultimate XC3, un événement qu’il organise annuellement au mont Tremblant depuis 2008. « Ici, dit-il, on joue au hockey. En Europe, on court depuis 100 ans et la mode s’est développée aux États-Unis depuis une quarantaine d’années. » Il s’agit, selon l’organisateur, d’un événement unique au monde, qui s’étale sur trois jours et comprend trois volets : course à pied dans des sentiers en forêt, vélo de montagne et kayak de mer. La prochaine édition de l’Ultimate XC aura lieu le 26 juin 2010. On peut composer un menu à la carte en s’inscrivant à une, deux ou trois disciplines, et en choisissant, dans chacune, l’une des distances offertes. Dans la catégorie course en sentiers, on a le choix entre le 13, 21, 35 et 56 km. On peut participer à l’événement en solo ou former une équipe de « spécialistes » dont chaque membre courra dans sa discipline. « Grâce à Internet, les participants peuvent annoncer qu’ils cherchent des partenaires, explique avec enthousiasme Daniel Des Rosiers, et on pourra ainsi se retrouver avec une équipe formée d’un Français, un Québécois et un Allemand qui ne se connaissaient pas d’avance ».

Il n’est jamais interdit de marcher durant un tel parcours; d’ailleurs, dès que le terrain s’incline vers 18 ou 20 degrés, il est plus efficace de marcher. On monte à la queue-leu-leu et tous les participants se parlent. Si en course sur route il est facile de s’isoler dans une bulle, en montagne ou en forêt, le terrain nous force à être attentif, à prévoir les obstacles et à surveiller ses appuis. En descente, il faut prévoir deux ou trois pas à l’avance et chercher la meilleure trajectoire sans faire de longs sauts. On double par la gauche en s’annonçant et on ramasse ses papiers parce qu’on est écolo. Il y a parfois des stations d’alimentation, mais autrement, il faut boire et manger régulièrement. Et quand on arrive sur un sommet, comme à Sutton, on prend le temps de s’arrêter pour profiter du paysage. Comme équipement, il vous faudra des souliers spécialement conçus pour la course en sentier, qui ont une semelle plus adhérente, des chaussettes confortables, des bâtons (s’ils sont permis), une bouteille et un petit sac à dos bien testé à l’avance. La plupart de ces épreuves se terminent par un BBQ convivial et une remise de prix. Allez voir dans ces sites les résultats des épreuves passées  : vous verrez que ce n’est pas si inquiétant. Et pour en apprendre un peu plus sur cette nouvelle tendance, lisez le magazine français du trail, du raid et du sport nature : Trail Endurance Mag7. www.myactivasport.com www.raidlight.com 3 www.ultimatexc.com/running-series.html 4 www.coursesenforet.com/index.html 5 www.xtrailasics.com 6 www.parcappalaches.com 7 www.endurance-mag.com 1 2

Il faut dire que ce genre d’événement attire une clientèle internationale qui cumule les raids, les courses d’aventure, les ultimate ou les ultras comme d’autres font des voyages de plage ou de culture. La « totale » ou le cumul des plus longues distances de chaque discipline, « n’est pas très civilisée » comme l’affirme son auteur. Comme son nom l’indique, l’événement fait dans l’extrême, dans le genre Raid Ironman… Mais il y en a qui cherchent ce genre de défi. D’autres organismes se spécialisent aussi dans le domaine de la course d’aventure : Raid Pulse, Endurance Aventure, Vert Le Raid et le XC de la Vallée Bras-du-Nord. Sylvain Lavoie travaille à la Fédération québécoise de la marche. Il est un adepte de la course pleine nature et a participé au 35 km de l’Ultimate XC en 2009. « Il fallait monter le pic Johannsen dans une « face de singe » (très à pic), traverser un pont de corde, enjamber des roches glissantes, avancer à contrecourant dans l’eau glaciale (on est en juin) d’un cours d’eau; on s’enfonce, les chaussures se remplissent de sable, on craint les ampoules… » Si vous êtes attiré par la course en sentier, mais  réticent à participer à une course de ce genre, voici une solution qui vous conviendra : les circuits Courses en forêt4 et Xtrail Asics5 proposent des distances de 5 et 10 km, courues dans des sentiers en forêt. Le circuit Xtrail Asics comprend deux événements majeurs : au mont Sutton (29 mai) et au mont Orford (16 octobre). On y trouve une panoplie de distances, depuis le parcours d’initiation à celui le plus technique, ainsi qu’un parcours pour enfants, le tout dans une ambiance de fête populaire. En septembre, il y a le Raid des Appalaches6, de style triathlon, mais vous pouvez choisir de participer uniquement à la portion course, dans un sentier de 10 à 15 km. Bien sûr, il y a un chronomètre et des dossards, mais le but premier est d’avoir du plaisir et de se tenir en forme. Si vous marchez parfois à 5 ou 6 km  / h, sachez qu’un 5 km se court en une trentaine de minutes. Il n’y a encore que quelques manifestations du genre qui sont offertes au cours d’une saison au Québec,  mais nul doute que l’engouement populaire permettra d’allonger le calendrier. Printemps2010

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T é m o i g n ag e

Ultra-Trail du Mont-Blanc

Texte : Xavier Génot Photos : Maindru Photo

Un membre de la Fédération participe

À

l’occasion du 50e anniversaire du Tour du Mont-Blanc, un des sentiers les plus connus et prisés des randonneurs avec un achalandage annuel de 30 000 marcheurs, les dirigeants de l’association Les Traileurs du MontBlanc proposèrent en 2003 de parcourir la boucle dans son intégralité. À cette époque, l’Ultra-Trail le plus long en France était La Grande Course des Templiers (Aveyron) avec 67 km et 2 500 m de dénivelé positif. Ainsi, avec un Ultra-Trail de 150 km, cette nouvelle épreuve paraissait inhumaine pour la parcourir en une seule étape avec un temps maximal de 43 heures. Cependant, en cette fin du mois d’août 2003, ils furent tout de même 700 participants au départ. Mais les conditions météo terribles ne laissèrent que 70 personnes atteindre l’arrivée qui avait, en plus, été ramenée à 120 km du départ. Depuis, cet événement est devenu la course référence en France et dans le monde. Pour obtenir un dossard, j’ai dû participer à des courses qualificatives et accumuler un certain nombre de points. Compte tenu de la longue distance et du nombre élevé d’abandons durant la course (55 % environ), les organisateurs veulent s’assurer que tous les participants possèdent les capacités physiques nécessaires. Vendredi 28 août 2009, 30 minutes avant le départ : je n’en mène pas large. J’ai 46 heures pour faire le parcours de 166 km et 9 600 m de dénivelé positif. Je ferme les yeux de longues minutes pour profiter des derniers moments de repos. Mon objectif est d’aller le plus loin possible. La température oscillera autour de 0 °C durant cette première nuit. 18 h 30 : 2 500 personnes s’élancent dans l’aventure. Je parcourrai le premier kilomètre en marchant, à cause de l’étroitesse des rues de Chamonix. Je gère mon effort durant les premiers kilomètres en me répétant que la course ne commence qu’en Suisse, soit au 100e km. Nous passons Saint-Gervais et sa foule (km 21), puis les Contamines (km 31). Nous quittons le monde urbain pour plonger dans un épais brouillard durant quelques heures, soit jusqu’au ravitaillement Les Chapieux (km 50). Nous traversons en Italie par le col de Seigne. Le jour se lève et les premiers rayons du soleil éclairent les glaciers. Je descends vers le lac Combal et j’arrive à Courmayeur vers 10 h (km 78).

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Printemps2010

Jusqu’ici, tout va bien, malgré une légère pointe au muscle releveur qui se fait sentir au pied droit. Je n’y prête pas trop attention car ma petite famille est là pour m’encourager. Je repars pour l’ascension de Bertone et ses magnifiques refuges positionnés face au mont Blanc. À ce moment, j’ai 2 h 30 d’avance sur les barrières horaires. Ces dernières sont présentes à tous les 20 km environ. Les participants doivent les franchir dans les temps, sous peine de disqualification. Je fais évaluer mon pied par un kiné au ravitaillement d’Arnuva (km 94). Il m’indique que je devrai prendre une décision dès que je commencerai à boiter si je ne veux pas avoir des séquelles plus tard. Ses paroles ne me préoccupent pas sur le moment. Je m’apprête à monter le Grand Col Ferret qui culmine à 2 700 m d’altitude, une des plus grandes difficultés du parcours. À cet instant, 21 heures plus tard, les premiers participants viennent de franchir la ligne d’arrivée : incroyable mais vrai. Nous arrivons en Suisse au km 100. Le sentier technique et abrupt descend en zigzags jusqu’au village de La Fouly. Mon pied droit ne m’autorise plus à pousser et mon pied gauche ne peut plus compenser. La douleur est difficilement supportable. Les mots du kiné me reviennent en tête : « Vous devrez prendre une décision… » J’ai 5 h d’avance sur les barrières horaires. Je préviens mes proches d’un éventuel abandon afin d’éviter une blessure à long terme. Je prendrai ma décision à Champeix où un ami suisse m’attend pour m’apporter des articles de rechange et surtout des encouragements.


La dernière ascension pour Champeix est longue et interminable, mais j’ai moins de douleur qu’en descente. Il est 20 h, je me rends à l’infirmerie et j’expose mon problème au responsable des kinés. « Ce que tu as au pied, je l’ai eu il y a deux ans dans cette course. Deux solutions s’offrent à toi : si tu veux réaliser une performance et faire un bon temps, tu dois t’arrêter immédiatement, car c’est impossible dans ton état. Si ton but est de simplement terminer la course, tu peux repartir sans problème. La suite dépendra de ton degré de tolérance à la douleur. Les prochaines heures seront pour toi très, très longues », dit-il. Ces paroles furent pour moi une renaissance, une résurrection. J’avais le feu vert pour poursuivre. Une nouvelle course commence. Il me reste 18 h pour réaliser les 43 derniers kilomètres. Je suis euphorique. Je trottine le long d’un lac. Des randonneurs me regardent passer d’un air perplexe, vu ma technique de course un peu spéciale. Ils doivent probablement se dire : « Il n’ira pas bien loin, celui-là. » L’ascension de Bovine se passe plutôt bien malgré la difficulté et la réputation de son sentier : roches très hautes, bâtons qui coincent entre les cailloux, utilisation des mains à certains endroits. Je ne peux plus courir en terrain plat ni dans les descentes. Des coureurs me doublent en marchant. Je dois probablement me déplacer à une vitesse de 2 km / h. La route sera longue. Je ressens une fatigue extrême. Je me rends compte, avec un effort de lucidité, que je cours depuis plus de 30 h sans même faire une sieste. Je dois absolument prendre quelques minutes pour dormir à la prochaine étape. Par moments, je m’assoupis sur mes bâtons et je trébuche. Je suis comme un zombie. Plus loin, sur le sentier monotrace, une imposante vache type reine apparaît dans le faisceau de ma lampe frontale. Je m’arrête brusquement. Elle n’a pas l’air commode. Je ne pense pas qu’elle veuille me laisser passer. Je décide de la contourner par le bois. Deux longues heures plus tard, j’aperçois le petit village de Trient (km 138) depuis le col de la Forclaz. Je me rends près d’un bâtiment et je demande à un des 1 500 précieux bénévoles qu’on trouve sur le parcours s’il est possible pour moi d’y dormir. Il m’informe qu’il n’y a malheureusement plus de place. Je lui demande si je peux dormir par terre, dans le coin de la pièce. Il me balbutie : « Euh… Oui… » Je lui demande de me réveiller dans 30 minutes, car la barrière horaire me « rattrape ». Mes douleurs articulaires et musculaires ne me permettent pas d’envisager une bonne sieste réparatrice. Malgré tout, je ne mets pas longtemps à m’assoupir. Le bénévole me réveille à l’heure précise (forcément, on est en Suisse). Je suis en train de vivre le pire réveil de ma vie. Mon corps n’est que douleurs. Je m’assois un instant. Des nausées me

viennent et n’annoncent rien de bon. J’ai la devise de ne jamais refaire deux fois la même épreuve. Je me refuse alors d’abandonner si près du but. J’ai 4 h d’avance sur la barrière horaire. Je me lève et je m’habille à la vitesse d’un vieillard. Dehors, les coureurs continuent à passer plus ou moins vaillamment. Je tente de faire quelques mètres, puis quelques dizaines de mètres, et mes jambes « repartent ». La motivation me revient. Je suis déjà dans la montée de Catogne. Soudain, j’ai des hallucinations : des personnes allongées au milieu du sentier, des tigres dans le bois qui me fixent et des voitures arrivant derrière moi me font sursauter. Au sommet, je m’arrête un instant. J’éteins ma lampe frontale et je m’allonge quelques minutes dans l’herbe, comme pour arrêter le temps qui cherche sans cesse à me rattraper. Le silence, le ciel étoilé, l’aube qui pointe à l’horizon derrière les montagnes, les lumières dans la vallée de Vallorcine; j’ai une chance incroyable d’être là et de profiter de ce moment magique. Il ne reste que 18 km de parcours. La descente vers Vallorcine est infernale. J’en ai marre de trébucher! Aussitôt descendu, le parcours remonte pour une dernière fois jusqu’à la Tête aux Vents. Il fait jour, le soleil réchauffe mon corps, ça sent la fin. Plus rien ne pourra m’empêcher de finir cette boucle. Je suis dans la descente de La Flégère, à fond les pas de souris, en compagnie d’une amie venue soutenir un pantin désarticulé. Nous arrivons à Chamonix, les rues sont remplies de touristes. La ligne d’arrivée est à quelques pas devant moi. Je n’apprécie pas vraiment ce moment à sa juste valeur. J’ai tellement hâte d’arriver ! Je franchis la ligne en 43 h. Je suis classé 930e sur 1 383 finissants et 2 500 partants. Ma femme me prend dans ses bras, elle est plus émue que moi. Je n’ai qu’une envie, m’allonger et dormir. C’est ce que je ferai dans les minutes qui suivront, sur un banc d’arrêt d’autobus, en attendant mon chauffeur. Par cette expérience, on peut se questionner sur l’utilité de repousser autant ses limites. Pour moi, c’est une façon de prouver que nous vivons à l’intérieur d’une machine dont on ne soupçonne pas le potentiel. Notre monde, de plus en plus sédentaire, nous pousse souvent vers la facilité et le confort. Après ce genre d’épreuve, j’apprécie davantage toutes les petites choses du quotidien qui peuvent paraître si banales : dormir dans un lit, prendre une bonne douche, manger au chaud et à l’abri. Je parle de choses que plusieurs connaissent déjà, par leurs expériences de randonnée (conditions météos difficiles, nuits en refuge parfois inconfortables, égarements en forêt). Alors, sortez dehors, marchez, bougez, faites du sport. On se sent tellement bien après! Finalement, le plus dur, c’est d’ouvrir la porte de chez soi. À chacun son UTMB ! Printemps2010

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Santé

Aliments déshydratés

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éshydrater les aliments figure parmi les méthodes de conservation les plus anciennes, au même titre que le fumage ou le salage. Maintenant que les réfrigérateurs et congélateurs sont d’usage courant, la déshydratation n’est plus un mode de conservation essentiel pour la vie de tous les jours. Elle maintient toutefois toute sa pertinence pour bien des randonneurs qui ont à cœur le souci de bien s’alimenter... et le poids de leur sac à dos ! Les hommes ont compris depuis des millénaires que les aliments se conservaient plus longtemps lorsqu’on diminue leur taux d’humidité. En effet, en réduisant l’humidité dans un aliment, sa conservation est grandement prolongée puisque les micro-organismes ne peuvent plus s’y multiplier. Outre l’aspect salubrité, le fait de retirer l’humidité procure d’autres grands avantages tels que ceux d’occuper peu d’espace et d’être beaucoup plus légers, permettant de limiter le volume et le poids du sac à dos. Des atouts fort appréciés lors des longues randonnées !

Qu’est-ce que la déshydratation ?

On a l’habitude des fruits secs, des bouillons en cubes, des herbes séchées et de quelques autres aliments de tous les jours qui se trouvent dans la plupart des garde-manger. Or, on peut appliquer le processus de la déshydratation à une large gamme d’aliments : fruits et légumes, mais aussi viandes, poissons, sauces, soupes, plats composés... Le principe de base de la déshydratation est simple : en chauffant doucement les aliments à déshydrater, il se produira peu à peu une évaporation de l’eau contenue naturellement dans les aliments. Cette opération peut durer de longues heures, jusqu’à ce que la quasi-totalité de l’humidité se soit évaporée. On appelle ce procédé « déshydratation à chaud ». Au moment de l’utilisation des aliments déshydratés, il faut les faire mijoter dans l’eau frémissante de façon à ce que l’eau évaporée puisse pénétrer de nouveau dans les aliments. Une façon de faire est de peser l’aliment avant et après la déshydratation pour connaître le poids exact d’eau perdue. Un autre truc est d’ajouter environ trois fois leur volume d’eau. Par exemple, pour 250 ml (1 tasse) de sauce à spaghetti déshydratée, il faudrait ajouter environ 750 ml (3 tasses) d’eau, et laisser mijoter environ 10 minutes.

Par Julie Aubé, Dt.P. Nutritionniste La longue période de déshydratation expose les aliments à l’air et à la chaleur, ce qui peut affecter certains éléments nutritifs fragiles, comme la vitamine C par exemple.

Qu’est-ce que la lyophilisation ?

Aussi nommée « déshydratation ou séchage à froid » (par opposition à la déshydratation à chaud dont on vient de parler), la lyophilisation est une technique qui utilise un principe physique appelé « sublimation ». Si l’évaporation est le passage d’un état liquide à un état gazeux, la sublimation est simplement le passage d’un état solide à l’état gazeux, sans passer par l’état liquide. Pour ce faire, les aliments sont d’abord congelés à très basse température. On leur fait ensuite subir un vide poussé pour que la glace se transforme en vapeur. C’est ainsi que l’eau (sous forme de glace) est extraite des aliments et que leur poids devient en moyenne dix fois moindre. La préparation des mets lyophilisés est d’une grande simplicité. Leur texture poreuse fait en sorte qu’ils n’ont pas besoin d’être cuits, mais simplement réhydratés. Le moment de la dégustation venu, il suffit généralement d’ajouter de l’eau bouillante dans le sachet et de laisser reposer tel qu’indiqué sur l’emballage. Cela a donc l’avantage, en prime, d’économiser du carburant qui, lui aussi, pèse lourd dans le sac à dos. Un autre avantage des aliments lyophilisés est qu’une fois emballés sous vide, ils ne nécessitent aucune réfrigération. Côté valeur nutritive, les aliments lyophilisés seraient plus avantageux que les aliments déshydratés. D’abord, ils ne subissent pas de cuisson, puis leur emballage sous vide, généralement opaque, préserve certains nutriments sensibles à l’air ou à la lumière. Des études ont rapporté que la valeur nutritive des aliments lyophilisés se comparerait à celle des aliments surgelés. Quand vient le moment de choisir un mets lyophilisé (et il en existe de toutes sortes, des ragoûts aux couscous en passant par les soupes, les desserts, les sauces et les petits déjeuners), un regard à l’étiquetage nutritionnel est important. On veut s’assurer que le produit acheté ne renferme pas de gras trans. Les produits dont la liste des ingrédients révèle la présence de shortening ou d’huile hydrogénée sont à éviter. On doit aussi éviter les produits qui renfermeraient des quantités démesurées de sodium. Bien sûr, on veut remplacer les petites pertes d’électrolytes dans la sueur, mais pas

Photo : LMI – Nicole Blondeau

  lyophilisés

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de déshydratation varie énormément selon la nature du produit, mais aussi en fonction de l’épaisseur des morceaux, de l’humidité dans l’air ambiant et de certaines autres conditions climatiques.

Photo : LMI – Nicole Blondeau de là à ingérer en un seul plat plus de la moitié de l’apport maximal tolérable en sodium de la journée ! Enfin, si on choisit un plat principal lyophilisé, on s’assure qu’il renferme suffisamment de protéines pour soutenir l’organisme, soit au moins 15 g par portion.

Acheter ou faire soi-même ?

Si les aliments lyophilisés doivent être achetés dans les boutiques de plein air, il est possible de procéder à la déshydratation maison avec le four traditionnel ou à convection. Avant de se lancer dans la déshydratation maison, il est fortement recommandé de faire la lecture d’un ouvrage sur le sujet qui révèle les principales techniques, astuces, couples temps-températures de déshydratation et recettes, comme par exemple, La gastronomie en plein air, d’Odile Dumais. Grosso modo, la même technique de base s’applique à la plupart des aliments. Après s’être lavé les mains, il faut d’abord déposer les aliments à déshydrater sur une plaque métallique recouverte d’une pellicule plastique (pour empêcher le contact avec le métal) sans toutefois la surcharger (maximum 1 cm d’épaisseur). Enfourner la plaque dans un four maintenu entre 55 oC et 65 oC, et placer un petit bloc de bois dans la porte du four pour la maintenir entrouverte, de façon à laisser l’humidité s’échapper. Retourner fréquemment les aliments durant la déshydratation. La durée du processus

Il existe aussi des déshydrateurs domestiques, qui sont abordables et qui ont plusieurs avantages, entre autres de ne pas monopoliser le four durant de longues heures, d’éviter d’augmenter la température de la maison puisque la porte du four doit rester entrouverte (surtout l’été), et de déshydrater de façon plus uniforme. On peut acheter un déshydrateur par Internet et dans plusieurs magasins à grande surface. Si vous souhaitez déshydrater de la nourriture pour une randonnée, prenez-vous longtemps d’avance avant le départ sachant que la durée de déshydratation peut être de quelques heures à plus d’une journée! Comme une randonnée peut rapidement tourner au cauchemar si les aliments apportés s’avèrent avariés ou impropres à la consommation, il est fortement recommandé d’acquérir une certaine habileté avant de se fier sur ses productions maison pour survivre. Si de la moisissure apparaît sur un aliment déshydraté, c’est qu’il restait de l’humidité et alors on ne consomme pas le produit. Imaginez le désastre si cela survient en forêt ou en montagne à plusieurs dizaines de kilomètres de toute civilisation! Il est donc judicieux de faire de nombreux tests auparavant. Si maîtriser l’art de la déshydratation demande patience, dextérité et expérience, la lyophilisation est la solution la plus simple, mais elle demande un plus gros budget.  Les aliments déshydratés ou lyophilisés sont-ils nécessaires lors d’une randonnée de quelques heures ou d’une journée? Ils peuvent être intéressants, mais ils ne sont pas essentiels lors des sorties en plein air de courte durée. Par contre, lors d’un départ de quelques jours en nature, le sac à dos, déjà bien lourd et chargé, se transforme en gardemanger, et chaque gramme doit être justifié. Les aliments déshydratés et lyophilisés deviennent alors fort intéressants.


Par Julie Aubé, Dt.P. Nutritionniste

Actualité

Gare

capsules santé

à l’excès de sodium

Une récente enquête canadienne menée à travers le pays par des chercheuses de l’Université d’Alberta a permis d’observer que la majorité des Canadiens croient qu’ils consomment trop de sodium, et qu’ils sont conscients que trop de sodium peut entraîner des problèmes de santé tels que l’hypertension. L’apport excessif en sodium est effectivement une des principales causes d’hypertension artérielle, qui peut endommager les vaisseaux sanguins et augmenter le risque d’avoir une maladie du cœur ou un accident vasculaire cérébral. Bien qu’on estime que les adultes canadiens consomment 3 500 mg de sodium par jour (pratiquement deux fois plus que l’apport recommandé pour le maintien d’une bonne santé), seulement un Canadien sur deux passerait véritablement à l’action pour réduire leur consommation de sodium. En effet, près de la moitié des participants à l’enquête tentaient de réduire activement leurs apports en sodium en précisant, entre autres, qu’ils n’ajoutaient jamais de sel à la table. Or, le sel ajouté à table ne représente en moyenne que 11 % de notre consommation de sodium dans une journée, alors que 77 % du sodium provient des aliments industrialisés. Donc, c’est certes une belle idée de limiter le sel ajouté à table, mais pour limiter encore plus efficacement son apport en sodium, l’idée est de choisir consciencieusement les aliments préparés et industrialisés en consultant le tableau de la valeur nutritive. Et encore mieux : limiter l’achat de produits transformés et cuisiner davantage soi-même à la maison à partir d’aliments de base, atteindre un poids santé et bouger!

Coup de cœur

Le livre Thé, HistoireTerroirs-Saveurs

Envie d’un breuvage chaud au retour d’une frisquette randonnée printanière ? Ou d’une boissonsanté à savourer à toute heure de la journée ? Le thé est une option toute indiquée ! Avis aux amateurs, la maison de thé Camellia Sinensis a publié récemment le magnifique ouvrage Thé, Histoire-Terroirs-Saveurs, qui permet de découvrir le thé sous de multiples aspects, depuis des légendes le concernant jusqu’à sa culture en passant par la présentation des différents thés et terroirs, avec quelques recettes de chefs en prime. La dernière section du livre explore les vertus-santé associées au thé. Une lecture instructive et inspirante !

Recette

Thé Chai

Voici une recette simplissime de thé Chai parfumé et réconfortant, tirée du livre Thé, Histoire-Terroirs-Saveurs. Donne 1 litre (4 tasses). Ingrédients : • 500  ml (2 tasses) d’eau • 500 ml (2 tasses) de lait 3,25 % • 4 c. à thé de mélange chai Camellia • 4 c. à thé de sucre brut Préparation 1. D  ans une casserole, amenez l’eau à ébullition. Versez le mélange Chai dans l’eau bouillante et laissez mijoter pendant 5 minutes. 2. Ajoutez le lait et le sucre et portez le tout à ébullition. 3. R  etirez du feu, couvrez et laissez infuser 5 minutes. Ajoutez du sucre, si nécessaire. Filtrez la préparation. Note : si vous utilisez du lait de soja sucré, diminuez la quantité de sucre à 2 c. à thé au goût. Choisissez un thé corsé de type Assam si vous faites votre propre mélange d’épices. Pour obtenir un Chai encore plus laiteux, mettez 750 ml (3 tasses) de lait pour 250 ml (1 tasse) d’eau. Source : Thé, Histoire-Terroirs-Saveurs, Maison de thé Camellia Sinensis, Les Éditions de l’Homme, 2009, p. 244.


La  force

Santé

musculaire Les avantages de la développer Par Marie-Lou Phaneuf, B. Sc. Kinésiologue

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ans toutes les activités sportives existantes, il y a des avantages à être fort musculairement, et la randonnée pédestre ne fait pas exception. Nous aborderons dans ce texte les trois avantages les plus susceptibles de vous intéresser. Mis à part l’équilibre musculaire, l’acquisition d’une meilleure posture et une meilleure santé en général, l’augmentation de votre force musculaire peut contribuer à améliorer votre capacité cardiovasculaire, diminuer l’apparition de certains maux chroniques et même vous procurer plus de plaisir dans la vie de tous les jours.

Une meilleure endurance musculaire

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que la musculation peut aider à augmenter votre capacité cardiovasculaire. Le principe est plutôt simple : lorsque vous faites de la musculation, vous vous soumettez à une activité dont l’intensité se rapproche d’une activité à intensité maximale. À ce moment, il se produit dans vos muscles trois phénomènes : l’hypertrophie, l’augmentation de la grosseur des fibres musculaires; l’hyperplasie, l’augmentation du nombre de fibres musculaires; et la coordination intramusculaire, la capacité de votre système nerveux à contracter toutes les fibres musculaires simultanément. La simplicité de ce principe vient du fait qu’un muscle contenant un plus grand nombre et de plus grosses fibres musculaires contient plus de cellules musculaires. Il y a donc un plus grand nombre de ces dernières qui peuvent développer leur capacité à utiliser l’oxygène.

Photo : LMI – Sylvain Lavoie

La capacité cardiovasculaire étant la capacité d’un muscle à utiliser l’oxygène, on peut donc dire que la musculation contribue à augmenter votre capacité cardiovasculaire. Par contre, il est primordial que le muscle fort soit entraîné à utiliser l’oxygène puisque les nouvelles cellules musculaires ne naissent pas avec les mêmes capacités que les autres cellules déjà existantes. Ainsi, en combinant des séances de musculation avec des randonnées en montagne, vous rassemblez les conditions pour augmenter efficacement votre capacité cardiovasculaire. De plus, en devenant plus fort, le randonneur monte la même montagne qu’avant, mais en utilisant un plus faible pourcentage de sa force musculaire. Il peut donc augmenter l’intensité de la montée simplement parce qu’il est plus fort.

Une diminution des maux chroniques

Comme dans toutes les activités sportives, la randonnée pédestre crée des déséquilibres au niveau de la masse musculaire. Par exemple,

les abdominaux peuvent devenir plus faibles puisqu’ils ne sont pas directement sollicités lors d’une randonnée, de même que les fessiers et les ischiojambiers qui peuvent être, dans certains cas, moins bien utilisés que les quadriceps et les mollets. Dans ces deux cas, de tels déséquilibres peuvent causer des douleurs au dos et aux genoux. Dans ce genre de cas de déséquilibres musculaires causant des douleurs articulaires, la musculation est nécessaire pour travailler spécifiquement les muscles qui n’ont pas l’habitude d’être sollicités. En situation d’équilibre musculaire, il sera plus facile de poursuivre vos randonnées pédestres puisque vous ne serez plus ralenti par les douleurs articulaires. Cependant, la flexibilité peut également jouer un rôle dans la diminution des douleurs articulaires, selon les cas.

Plus de plaisir dans la vie de tous les jours

Que ce soit pour ouvrir le pot de cornichons, pour déplacer un meuble, pour soulever vos enfants ou vos petits-enfants, ou même pour transporter vos sacs d’épicerie, la force musculaire vous permet de rester fonctionnel dans la vie de tous les jours. À long terme, la musculation vous permet également de rester autonome plus longtemps, d’avoir un meilleur équilibre pour éviter de mauvaises chutes, d’avoir de meilleurs réflexes musculaires et peut même vous aider à maintenir ou améliorer vos capacités cérébrales. Alors, qu’attendez-vous pour commencer ?

Comment travailler la force ?

Généralement, vous devriez faire des exercices incluant plusieurs groupes musculaires afin de développer une force fonctionnelle. Vous devriez également retrouver dans votre programme des exercices visant chacun des groupes musculaires de votre corps. Selon votre condition physique, de trois à quatre séries de cinq à douze répétitions seront suffisantes pour augmenter votre force musculaire. Finalement, faites ce programme deux ou trois fois par semaine pour créer un effet d’adaptation et ainsi voir des résultats. Vous pourrez donc constater tous les avantages d’être fort. Avant toute chose, le meilleur conseil que vous pourriez recevoir par rapport à l’entraînement en musculation serait de consulter un kinésiologue. Celui-ci a une formation universitaire pour entraîner une personne selon ses objectifs, ses limitations, sa condition physique, etc. Pour toute question ou précision : 514 692-7209 • marielou@labatcave.com Printemps2010

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E nvironnement grande marche de la Terre autour du Soleil La

Texte : Benoit Chevrier, astronome amateur Photos  : Club d’astronomie de Boisbriand

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e ne vous apprends rien si je vous dis que nous avons quatre saisons et que nous n’y pouvons rien. L’hiver, c’est la congélation assurée et l’été, les amis qui possèdent des piscines sont nos meilleurs partenaires de survie. Mais pourquoi notre planète nous fait-elle vivre tous ces changements de températures et de climats sur une si courte période ? En tant qu’astronome amateur, je vais tenter de vous répondre de la façon la plus simple qui soit. En résumé, les saisons ne sont que le résultat de la révolution de la Terre autour du Soleil. Cette révolution s’effectue en 365,25 jours; c’est ce qui établit la durée totale d’une année terrestre. Toutes les planètes de l’univers ont une révolution plus ou moins longue. Si nous restons dans notre voisinage, Vénus, notre sœur jumelle, fait le tour du Soleil en 224,70 jours et, à son opposé, Mars complète sa révolution en 686,98 jours. Ainsi, chaque planète possède sa propre période de révolution. Mais qu’en est-il des saisons là-dedans ? Eh bien voilà : notre planète tourne comme une toupie inclinée de 23 degrés. C’est donc à cause de cette inclinaison, additionnée au mouvement de révolution, que les saisons existent sur Terre. Il faut mentionner que, dans notre système solaire, il y a les planètes Mars, Uranus, Neptune et Terre qui ont des changements de saison remarquables. Par contre, pour certaines d’entre elles, ces changements sont moins perceptibles. Revenons avec l’exemple de la Terre : comme l’image ci-dessous l’illustre bien, puisque les deux hémisphères ne sont pas toujours exposés de la même manière durant une année, nous remarquons que le mouvement de révolution de la Terre, additionné à son inclinaison, joue un rôle important sur les changements de climat. L’hémisphère qui est le plus incliné reçoit plus de lumière et, par le fait même, plus de chaleur. Le solstice d’été a lieu le 21 juin. L’hémisphère Nord est alors plus incliné en direction du Soleil. La chaleur va donc entrer en contact avec nous plus rapidement que si nous étions en Australie, par exemple. À l’opposé, lors du solstice d’hiver, c’est l’inverse qui se produit. L’hémisphère Sud est plus incliné et, pour notre part, les rayons du Soleil qui nous arrivent ne suffisent pas à réchauffer suffisamment le sol. Par contre, il est important de noter que chacun des deux hémisphères n’a rien à envier à l’autre durant les équinoxes puisque les journées sont de valeur égale (ou presque) partout sur le globe. Il existe une façon tangible de démontrer que notre planète tourne sur un axe incliné. Il s’agit de photographier le Soleil sur une période d’un an, toujours à la même place, et prendre ainsi une trentaine de poses au total. Le résultat de

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cette expérience se nomme l’analemme solaire. On remarque que la position du Soleil varie sur un axe vertical. C’est la résultante de l’inclinaison de la Terre. Cependant, le glissement horizontal est, pour sa part, le résultat du changement de vitesse de notre planète tout au cours de sa révolution. Et comme image finale, vous obtenez un « 8 » ou encore le symbole de l’infini. C’est ce « 8 » que nous appelons analemme, solaire puisqu’il s’agit de notre étoile, le Soleil. Comme quoi nous ne cessons de tourner en rond !

Quelques données techniques

Notre planète est la troisième planète du système solaire. Elle fait partie des planètes dites telluriques, puisque ces dernières se sont formées, en grande partie, à partir de roches en fusion et qu’elles possèdent une croûte dure. La grande différence entre la Terre et les autres planètes du même genre, c’est que l’eau est en grande partie responsable de l’apparition de la vie. La Terre est comme un manège de parc d’amusement allant à 108 000 km / h et parcourant une révolution complète dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. L’orbite de la Terre n’est pas un cercle parfait, mais plutôt une ellipse. De plus, le Soleil n’est pas directement au centre de cette ellipse. La Terre, au solstice d’été, est à 152,1 millions de kilomètres de notre étoile. On dit alors que la Terre est à son point le plus loin, l’aphélie. À l’opposé, lors du solstice d’hiver, notre planète est à 147,1 millions de kilomètres de notre étoile; elle est alors à son point le plus près, au périhélie. Vous en connaissez maintenant plus sur la grande marche de notre petite planète autour de son étoile, le Soleil. Pour plus d’informations, vous pouvez communiquer avec moi à questiondastro@hotmail.com Club d’Astronomie de Boisbriand : www.astroboisbriand.ca


Photo :Gabriel Rancourt

Photo : Sylvain Archambault

Environnement

Les débris ligneux

Quand le bois mort devient source de vie Par Sylvain Archambault

LMI – Terra Nostra Québec

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e retour du printemps ramène un drôle de virus qui provoque une fièvre plutôt contagieuse : la fièvre du grand ménage. Tout y passe : la cave, les fenêtres, la cour arrière, tout. Cette fièvre se répand même aux nombreux lieux de randonnée alors qu’une armée de bénévoles s’active à préparer les sentiers pour une autre saison de marche. On ramasse alors les débris laissés par l’hiver, on retire les branches qui obstruent les sentiers, on coupe les arbres morts qui menacent la sécurité des randonneurs.

Ces activités essentielles à la bonne gestion des sentiers peuvent être une excellente occasion de se rappeler le rôle écologique vital joué par les débris ligneux grossiers, un terme général qui englobe tout le bois mort qui se retrouve au sol (branches, troncs, arbres renversés, etc.) ou les arbres morts encore debout (chicots). Loin d’être des déchets inutiles, tous ces débris ligneux sont des éléments clés des écosystèmes forestiers. Ils contribuent à la richesse des sols, ils sont source de nourriture pour nombre d’espèces, des plus petits invertébrés jusqu’aux oiseaux et mammifères, ils servent d’abris ou de sites de nidification et même de lit de germination pour certaines essences d’arbres.

Rien ne se perd, rien ne se crée

Tout au long de sa vie, un arbre accumule du carbone ainsi que quantité d’éléments nutritifs : azote, phosphore, potassium, calcium, magnésium. Lorsqu’il meurt, la décomposition libère lentement ces divers éléments nutritifs, sous l’effet des microorganismes, pour les rendre à nouveau disponibles à la croissance végétale. Un peu à la façon d’un engrais, les arbres morts et tous les autres débris ligneux contribuent à la fertilité des sols forestiers, même si les quantités d’éléments nutritifs ainsi recyclées sont beaucoup moins importantes que celles fournies par la chute au sol périodique des feuilles mortes ou des aiguilles de conifères. Les débris ligneux participent à la formation de l’humus, conservant ainsi l’humidité et améliorant la structure des sols. Finalement, ils jouent un rôle non négligeable dans la réduction des gaz à effet de serre en stockant temporairement le carbone.

Le bois mort, un milieu de vie

Même morts, les débris ligneux sont, paradoxalement, d’extraordinaires milieux de vie. En fournissant un habitat de qualité à de nombreuses espèces, ils contribuent grandement au maintien de la biodiversité en forêt. Tout d’abord, ils servent de milieu de croissance pour mousses, lichens, champignons et nombre de plantes dont ils sont souvent recouverts. Certaines essences, comme le bouleau jaune, requièrent même des souches ou troncs en décomposition pour assurer la germination de leurs graines. Une foule d’organismes, que ce soit des champignons, des vers ou des insectes, se nourrissent de bois en putréfaction; on les dit « aproxyliques ». À leur tour, plusieurs de ces organismes servent de proies aux écureuils, aux ours et à de nombreux oiseaux insectivores tels que les pics.

Les arbres morts debout, qu’on appelle « chicots », servent d’habitat essentiel à près d’une quarantaine d’espèces animales en forêt boréale mixte. C’est le cas du grand pic, du pic chevelu ou du pic maculé qui vont excaver eux-mêmes des cavités dans les troncs pour y nicher, ou des mésanges et sitelles qui vont réaménager des cavités déjà existantes. C’est le cas du garrot d’Islande, une espèce de canard en déclin, qui niche dans les arbres creux. C’est le cas aussi de plusieurs mammifères tels que la martre, le tamia rayé, le pékan et plusieurs espèces de chauves-souris, qui vont s’abriter dans les cavités abandonnées. Toutes ces espèces cavicoles doivent leur survie à la présence de chicots, ces véritables condominiums de la forêt.

Aménagement durable des forêts

Les forêts ne sont pas toutes égales et les vieilles forêts comportent généralement beaucoup plus de débris ligneux ou d’arbres morts que les jeunes forêts… pour le plus grand bien de la biodiversité. Malheureusement, l’aménagement forestier conduit souvent à la disparition graduelle de ces vieilles forêts et à un rajeunissement des peuplements par des rotations de coupe trop rapides. Dans un souci d’aménagement durable des forêts, on recommande le maintien d’un plus grand pourcentage de forêts mûres dans le paysage. On devrait aussi veiller à ce que la récolte forestière laisse sur place un certain nombre de chicots pour ne pas nuire aux espèces animales qui en dépendent pour leur survie. D’autre part, on effectue de plus en plus la récolte d’arbres entiers (troncs, écorce, branches, brindilles, etc.) pour maximiser l’utilisation de la ressource ou pour produire de l’énergie à partir de cette biomasse forestière. Le prélèvement de l’ensemble des débris ligneux issus de la coupe forestière a toutefois des conséquences écologiques sur les sols, sur la nutrition et la croissance des arbres. Cette récolte de biomasse doit donc se faire avec la plus grande prudence, pour ne pas épuiser les sols fragiles.

Nettoyer… mais pas trop !

Le premier samedi de juin, comme toutes les années depuis 13 ans, aura lieu la Journée nationale des sentiers, cette grande corvée dédiée à l’entretien et au nettoyage des sentiers. Profitons de cette journée pour contribuer à la vitalité de notre réseau de sentiers, mais aussi pour réfléchir à l’importance des débris ligneux forestiers. Pourquoi ne pas examiner attentivement les arbres morts debout, ces fameux chicots, pour essayer d’y observer des traces de présence animale, ou s’attarder aux véritables jardins miniatures qui couvrent parfois les troncs morts au sol. Oui, il est bon de nettoyer… mais il faut parfois calmer notre zèle ! Journée nationale des sentiers : www.fqmarche.qc.ca/jns.asp Sylvain Archambault est biologiste et adjoint à la conservation à la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP section Québec) Printemps2010

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Photo : Insectarium de Montréal, Réné Limoges

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Bourdon

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ça va darder ! Par Audrey Roussin

L’abeille domestique possède un corps velu et plutôt allongé et sa coloration est moins vive que celle des guêpes et des bourdons. La vie de l’abeille est extrêmement organisée : chaque membre de la colonie (reine, mâles et ouvrières) dispose d’un rôle bien établi.

On peut les rencontrer dans nos escapades à la campagne, en forêt et même en milieu urbain. La plupart des espèces d’abeilles et de guêpes sont solitaires. Celles-ci ont peu tendance à piquer. Quant à l’abeille domestique, la guêpe sociale et la majorité des bourdons, ce sont des espèces dites « sociales » : elles vivent en colonie, dont chacune comporte trois castes : les reines, les mâles et les ouvrières.

La reine, la plus grosse abeille de la colonie, est la seule femelle reproductrice de la ruche. Elle pond de 1 500 à 2 500 œufs par jour, soit environ un œuf la minute. Elle possède une espérance de vie de quatre à cinq ans, mais dans les exploitations apicoles, elles sont remplacées environ tous les deux ans. Quant aux mâles (les faux-bourdons), ils ne possèdent pas d’aiguillon et leur langue courte ne leur permet pas de butiner. Ils ne sortent de la ruche que pour l’accouplement. Leur durée de vie est d’environ 50 jours. Leur seul rôle est de féconder la reine. À la fin de l’été, les faux-bourdons deviennent inutiles et sont chassés par le reste de la colonie. Les abeilles que l’on aperçoit à l’extérieur de la ruche sont généralement les femelles stériles, car ce sont elles qui ont la responsabilité du transport du pollen. On les appelle les ouvrières. Ce sont elles qui ont la tâche de nourrir la reine et les fauxbourdons. Elles constituent la majorité de la population de la ruche (de 40 000 à 60 000 par ruche) et ont une durée de vie d’environ 40 jours dans la saison active, ou de six mois si elles hivernent. La colonie se renouvelle à perpétuité : elle hiverne et se multiplie.

Photo : Insectarium de Montréal, André Payette

ien que les abeilles, guêpes et bourdons soient des insectes redoutés et souvent considérés comme « indésirables », ce sont des insectes fort utiles. En effet, ils tiennent tous trois un rôle majeur dans la pollinisation des fleurs, assurant ainsi la diversité végétale.

Reine et abeilles

Comment les distingue-t-on? L’abeille domestique : productrice de miel

On compte près de 365 espèces d’abeilles au Québec. L’une des plus connues est l’abeille domestique. On dit de l’abeille domestique qu’elle est le plus évolué de tous les insectes sociaux. Pourquoi « domestique » ? Parce que tel que son nom l’indique, elle a été domestiquée à travers les siècles et vit maintenant volontairement dans les ruchers fabriqués par les apiculteurs. C’est cette espèce qui produit le miel et la cire.

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Abeilles, guêpes et  bourdons

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Seules les ouvrières possèdent un dard, qu’elles n’utilisent que pour assurer leur défense et celle de la ruche. Le dard, qui est muni de crochets et fait partie intégrante de l’abdomen de l’abeille, se déchire lorsque l’abeille pique, ce qui entraîne inévitablement sa mort. Les abeilles ne peuvent donc piquer qu’une seule et unique fois. L’aiguillon, sécrétant un venin provoquant de la douleur et un afflux sanguin, doit être retiré rapidement. Évitez d’écraser le sac à venin et en favoriser la propagation.

La guêpe : sociale, mais agressive

On compte plus d’une dizaine d’espèces de guêpes sociales au Québec. Comment les reconnaît-on? Le corps de la guêpe est moins poilu que celui de l’abeille et sa silhouette est plus élancée, d’où l’expression « taille de guêpe ». La couleur de son pyjama rayé est d’un jaune vif. Ce sont les guêpes que l’on retrouve à nos pique-niques et qui affectionnent particulièrement les ordures.


Photo : Insectarium de Montréal, André Payette

Abeille domestique

Photo : Insectarium de Montréal, Réné Limoges

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Guêpe jaune

Les guêpes ont une organisation différente des abeilles et doivent construire un nouveau nid chaque année. La reine a comme responsabilité de choisir l’emplacement du guêpier, d’en entreprendre la construction et d’assurer sa principale tâche, la ponte. Elle n’élève que les premières larves de la colonie et ensuite ce sont les ouvrières qui prennent la relève. Tout comme pour les abeilles domestiques, les ouvrières doivent nourrir la reine et les mâles de la colonie, et elles sont seules à participer aux travaux du guêpier. La maturité des nouvelles reines entraîne la perte d’autonomie de la vieille reine et ainsi le début du déclin de la colonie. De plus, comme l’accouplement des mâles et des nouvelles reines se produit à l’extérieur du guêpier, il se produit souvent entre guêpes de colonies voisines. Puis seulement une partie des nouvelles reines fécondées survit à l’hiver tandis que le reste de la colonie meurt avec l’arrivée du froid de l’automne. Bien que les guêpes soient plus agressives, elles n’attaquent que s’il y a provocation. Elles piquent à l’aide de leur aiguillon venimeux pour immobiliser une proie, se défendre ou protéger leur nid. Si elles se sentent menacées, une attaque massive peut survenir. Elles peuvent piquer une même victime jusqu’à une dizaine de fois. La guêpe ne meurt pas après avoir piqué. Donc, si elle se pose sur votre nourriture ou sur vous, il est préférable de la pousser délicatement. On peut reconnaître qu’une guêpe s’apprête à attaquer si elle fonce rapidement en ligne droite vers son agresseur.

Le bourdon : le p’tit gros poilu

On compte près de 20 espèces de bourdons au Québec. La majorité sont sociales et vivent en colonies. Les bourdons se distinguent principalement par leur forme trapue et leur corps très velu. Leurs longs poils leur permettent de mieux retenir les grains de pollen et de les transporter. Les énormes bourdons que l’on aperçoit au printemps sont les reines. Selon les espèces, elles peuvent mesurer jusqu’à 32 mm de longueur ! Ce sont elles qui ont la responsabilité de trouver l’emplacement du nid qui, la plupart du temps, est sous terre. Les ouvrières, quant à elles, participent à toutes les tâches de la colonie sauf la reproduction. Leur durée de vie est de deux à quatre semaines. Les bourdons, tout comme les guêpes, forment de nouvelles colonies chaque année. Une fois adultes, les mâles et les jeunes reines fertiles quittent le nid pour s’accoupler, mais seules les jeunes reines fécondées passent l’hiver si elles arrivent à se trouver un abri au sec et protégé, par exemple, sous des écorces ou dans des arbres creux.

Les bourdons ne sont pas aussi agressifs que les guêpes. Ils ne piquent que s’ils sont dérangés au nid. Encore une fois, ce ne sont que les femelles qui possèdent un dard et elles peuvent piquer à plusieurs reprises. On utilise souvent à tord le mot « taon ». Les taons (taons à cheval), tout comme les mouches à chevreuil, sont des insectes qui ne piquent pas pour se défendre, mais pour se nourrir de sang.

Saviez-vous que…

• Selon un proverbe allemand, Dieu aurait inventé l’abeille et le diable, la guêpe. • Les abeilles domestiques ont un langage propre à elles. Grâce à leurs phéromones et leurs danses, les abeilles peuvent transmettre des messages. • Les bourdons utilisent une phéromone pour marquer les fleurs qu’ils ont déjà butinées. • Écraser une guêpe déclenche un signal d’alarme chimique qui incite ses congénères à piquer. • Selon une croyance québécoise, plus un nid de guêpe est haut, plus l’accumulation de neige sera importante au cours de l’hiver. C’est faux. • Les bourdons produisent également du miel, mais en beaucoup plus petite quantité que les abeilles. Les bourdons emmagasinent le miel seulement pour répondre aux besoins à court terme de la colonie.

Les expressions

• En ligne d’abeille : passer son temps inutilement • Avoir le bourdon : être nerveux • Avoir une taille de guêpe : avoir une silhouette élancée

Pour en savoir plus :

Gare au dard ! : tout ce que vous devez savoir pour apprécier, reconnaître et vous protéger des guêpes, des abeilles et des bourdons ! www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/gareaudard/site_fr/index.html Toile des insectes du Québec : pour assouvir votre curiosité sur tous types d’insectes. www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/toile L’insectarium de Montréal fête ses 20 ans cette année. L’auteur tient à remercier monsieur André Payette, de l’Insectarium de Montréal, pour son aide à la production de cet article.

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L è c h e - v i t r iTnrouvailles es

et nouveautés

Par Claudine Hébert

Équipés pour le printemps Profitez du redoux et de l’éveil printanier pour redécouvrir les plaisirs de la randonnée urbaine. Trois accessoires pour maximiser cet enchantement.

À

Tenue de ville

Clichés souvenirs

Marcher sur des nuages

Ce qu’on aime avec le Softshell, ce sont ses multiples personnalités. Qu’il fasse beau, venteux, nuageux, voire un peu pluvieux (car l’imperméabilité du vêtement a tout de même ses limites), cette veste légère au look mi-sportif mi-urbain constitue un allié tout désigné pour vos randonnées en ville. Son petit côté hybride permet de préserver la chaleur du corps et de vous protéger contre les éléments extérieurs. Notre suggestion? La collection printanière de Peak Performance. Le manufacturier suédois suggère son propre procédé de membrane qui rend ses vestes hybrides très concurrentielles sur le marché. Équipée d’une capuche, la veste Softshell est offerte en versions féminine ou masculine, ainsi qu’en plusieurs couleurs (rouge, rose, bleu et noir). Vendue 250 $ dans la plupart des boutiques plein air. www.peakperformance.com

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la rescousse

Piqué!

Par Julie Poirier Instructeure en secourisme, Croix-Rouge canadienne Directrice adjointe, Atout Plus

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e printemps ! La température augmente et la quantité de vêtements diminue… Tout ce qu’il faut pour se faire piquer! Une piqûre d’insecte peut être incommodante, douloureuse et même mortelle. Nous nous limiterons ici aux piqûres d’abeilles et de guêpes. Tout de suite après la piqûre, il faut vérifier si le dard est resté dans la peau et, le cas échéant, gratter la peau avec un ongle ou une carte pour le déloger rapidement. Ces piqûres causent une douleur vive, une enflure, une rougeur et une démangeaison au site de la piqûre. Ces réactions sont atténuées au contact de la glace. Pour éviter l’infection, on doit bien nettoyer le site de la piqûre. Une réaction plus importante peut mener à des nausées, vomissements ou diarrhées, en plus d’une baisse de pression

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artérielle (peau pâle et moite, faiblesse, étourdissements et syncope) et nécessite un suivi médical. Les antihistaminiques, tels que le Benadryl®, peuvent atténuer ces symptômes. Chez une personne qui y est sévèrement allergique, une piqûre peut entraîner une réaction grave, voire mortelle (choc anaphylactique). Les signes sont alors l’enflure du cou et du visage (yeux, lèvres, langue), la difficulté respiratoire et la chute de pression sévère. L’injection rapide d’épinéphrine (comme EpiPen®) est alors requise, en plus d’un suivi médical immédiat. Il est évidemment préférable (et assurément plus agréable!) d’éviter les piqûres d’insectes, en portant des vêtements de couleur claire et des chaussures, ainsi qu’en évitant de chasser les insectes en gesticulant !

ÉpiPen®


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Lecture

À l’assaut du Khili-Khili BOWMAN, William E. Éditions Rivages, 2009, 224 p., 29,95 $ Traduit de l’anglais par Jean Rosenthal William E. Bowman, à la fois écrivain et alpiniste, a désiré recréer l’univers d’une expédition montagnarde type. En effet, À l’assaut du Khili-Khili est une histoire complètement farfelue où des personnages tenteront l’impossible afin d’escalader le mont Khili-Khili, d’une altitude de 13 000 m. Avec une équipe composée d’un guide toujours perdu, d’un médecin toujours malade, d’un cuisinier d’une nullité à tout venant, d’un interprète perpétuellement incompris, en plus de 3 000 porteurs « yogistanais », l’assaut du Khili-Khili ne sera pas une escalade de tout repos. L’homme qui dirige cette folle équipée aura la lourde tâche de rallier les troupes. Il deviendra volontiers psychologue, confident, patron, aide et victime. À l’assaut du Khili-Khili est truffé d’anecdotes humoristiques, dignes des plus grands explorateurs : le sentiment d’accomplissement, le froid, la faim qui ne s’en va pas, le découragement suivi d’une trace d’espoir. Ces événements-clés sont racontés de façon drôle. Ce récit est aussi la représentation de la sensation de solitude humaine, au milieu de nulle part. Un roman qui mérite d’être savouré du premier au dernier « sommet ». Élyse Arbic, Fédération québécoise de la marche

Notre grande virée • La France au bout des pieds • Beurre de yak et yeux bridés OUELLET, Lucie-Soleil, et James MCINNES • FORTIER, Monique • SAINT-PIERRE, Annick. Éditions Bertrand Dumont, collection Les Calepins des aventuriers, 2009. La collection Les Calepins des aventuriers propose à ses lecteurs des récits de voyage. Dans des contextes différents, quatre explorateurs, soit James McInnes et sa femme Lucie-Soleil Ouellet, Monique Fortier ainsi qu’Annick Saint-Pierre ont voulu faire vivre leurs expériences. À travers leurs explorations, leurs rencontres, leurs découvertes, ils nous dressent le portrait des contrées lointaines qu’ils ont visitées. James McInnes et Lucie-Soleil Ouellet, armés de leur véhicule récréatif, ont parcouru l’Amérique du Nord, du nord au sud, et du sud au nord. Ils ont côtoyé des paysages extraordinaires. Leur récit est ponctué de poèmes, exprimant leur point de vue artistique. Monique Fortier est partie à la découverte de la France. Marchant sur plus de 2 000 km, elle a passé à travers toute une gamme d’émotions. Croyant cheminer seule, elle a croisé une succession de personnes qui l’ont encouragée à poursuivre jusqu’au bout. Annick Saint-Pierre, quant à elle, a exploré plusieurs pays d’Asie, sans itinéraire précis. Pendant un an et demi, elle a choisi de voyager à la manière des gens du pays, et a réfléchi sur la place qu’occupent ces visages et horizons moins connus des terres orientales. La collection comprend quatre autres récits de voyageurs. Élyse Arbic, Fédération québécoise de la marche

À table avec les Grands Explorateurs Collectif, Éditions Ulysse, 2009, 176 p., 29,95 $ Les Grands Explorateurs nous avaient déjà habitués à de précieuses expériences internationales. C’est ici sous forme de recettes qu’ils récidivent. Ils nous présentent les plats qui les ont marqués, ou tout simplement, leurs péchés mignons. Pains, sauces, soupes, desserts, tout y passe. Le nasi goreng est tout bonnement délicieux, et que dire de la très sucrée torta chilena ! Sur 95 recettes, 28 idées de menu sont offertes par nos explorateurs. Une soirée péruvienne entre amis ? Pourquoi pas ! Suivez les instructions, et surtout, ne manquez pas de lire le récit passionnant qui accompagne chaque pays : vous y trouverez photos, anecdotes, conseils et souvent, comment vous comporter à table avec ces peuples aux coutumes méconnues. Un livre à lire et à savourer ! Shannon Desbiens, Librairie Les Bouquinistes, à Chicoutimi

Le Québec. Un voyage de découverte HÉBERT, Valérie et Stéphane MARCHAND, Publications Modus Vivendi, 2009, 256 p., 24,95 $ La vie de Valérie et Stéphane, un couple de trentenaires montréalais, était tracée. Boulot payant, deux ou trois rejetons, maison en banlieue. Le stéréotype, quoi ! Rapidement, le poids du quotidien se fait sentir. La déprime passagère se transforme en dépression. Leurs espoirs, en regrets. Sur un coup de tête, le duo abandonne tout. La paire part à la découverte du Québec et produit un récit de voyage photographique. En résulte le magnifique Le Québec, un voyage de découverte. Valérie et Stéphane visitent tour à tour l’Estrie, Québec, Charlevoix, le Saguenay, la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îlesde-la-Madeleine. Bien plus que la description de leur guérison intérieure, on retrouve conseils, informations et bonnes adresses. Les photos de Stéphane Marchand, d’une beauté inouïe, donnent le goût de suivre leurs traces. Comme quoi le voyage et le plein air peuvent donner un nouveau sens à la vie. Dominique Lemieux, www.livresquebecois.com Printemps2010

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