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FEDERATION QUEBECOISE DE LA MARCHE

25 ANS ! PRIX À GAGNER

@quebecmarche

Le magazine qui marche depuis 25 ans !


Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Mot de la rédaction

MarcheRandonnée MARCHE-Randonnée est publiée quatre fois par année par la Fédération québécoise de la marche, organisme sans but lucratif œuvrant au développement de la marche sous toutes ses formes au Québec.

Siège social

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a majorité d’entre nous sommes en pleins préparatifs des Fêtes : décorations, emplettes, popote… Que de choses à faire ! Et, pour certains, que de corvées ! Mais on veut tous faire plaisir à ceux qu’on aime. On veut que cette période de l’année soit magique. Pour que le décor soit parfait, il faut de la neige. On la souhaite épaisse et poudreuse, pour faire disparaître la grisaille et illuminer les paysages.

Or, ce pouvoir magique de la neige ne se manifeste pas seulement pendant les Fêtes. Il agit aussi durant toute la saison froide. Plus l’hiver est enneigé, plus les activités de plein air sont favorisées et plus on a envie d’aller dehors. Une simple balade en raquette dans un sentier en pleine nature procure une énergie qui « recharge nos batteries » pour des heures, voire des jours. Ce numéro hivernal de Marche-Randonnée propose plusieurs destinations qui mettront de la magie dans vos randonnées. Entre autres, le mont Gosford, l’un des plus hauts sommets du Québec méridional, vous en mettra plein la vue avec ses paysages dignes des plus beaux contes de fées. L’île Verte vous éblouira par la blancheur de son décor champêtre et vous charmera par son accueil chaleureux. Le Baluchon, destination de luxe par excellence, vous séduira par son environnement naturel et sa panoplie d’activités et de services. Et pourquoi n’essaieriez-vous pas une longue randonnée ? Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec cette appellation, il ne s’agit pas nécessairement de parcourir une longue distance, mais plutôt d’effectuer une randonnée de deux jours ou plus, avec coucher le long du sentier. Une toute nouvelle rubrique, qui débute avec ce numéro, vous explique étape par étape comment procéder, en 2 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

vous suggérant un itinéraire. Cet hiver, « Prêt-à-partir » vous propose un séjour de deux jours et une nuit en refuge dans la Forêt Ouareau. Ce circuit en boucle se prête très bien à un premier essai de longue randonnée. Dormir en pleine nature est une expérience extraordinaire ! Une fois initié à la longue randonnée, parions que vous voudrez en faire d’autres; car « l’essayer, c’est l’adopter ». La Boucle du sentier Les Caps, qu’on vous présente aussi dans ce numéro, vous propose un autre circuit avec coucher en refuge, empreint de magie.

4545, avenue Pierre-De Coubertin Montréal (Québec) H1V 0B2 Téléphone : 514 252-3157 – 1 866 252-2065 Télécopieur : 514 252-5137 Internet : www.fqmarche.qc.ca Courriel : revuemarche@fqmarche.qc.ca MARCHE-Randonnée est réalisée grâce à la collaboration précieuse de bénévoles.

Éditeur Daniel Pouplot

Rédactrice en chef Nicole Blondeau

Membres du comité de la revue Pierre Duff, Annie Leblond, Dominic Robitaille

RéviseureS/correctriceS Monique Duguay, Annie Leblond

Graphiste Simon Fortin – www.samourai.ca

Ce deuxième numéro de l’année du 25e anniversaire de Marche-Randonnée vous offre, une fois de plus, la chance de gagner un séjour de luxe. Cette fois-ci, c’est l’auberge Le Baluchon qui vous invite. On vous dit comment participer au tirage, à la page 5.

Cartographe

Participez aussi à notre concours d’articles « Randonner au Québec ». Même si vous ne croyez pas avoir d’aptitudes pour écrire, faites-nous part de vos expériences ou de vos découvertes. Racontez-les en vos mots, tout simplement. Vous verrez que c’est moins difficile que vous pensiez. Vous courrez la chance de gagner l’une des trois cartes-cadeaux, offertes par Alliance Spas Relais santé, pour des séjours dans des établissements réputés situés à proximité de sentiers pédestres tout aussi réputés. Il y aura également des tirages au sort parmi tous les participants.

Julie Aubé, Olivier Bélanger, Mylène Bergeron, Lidia Bontems, David Desjardins, Simon Diotte, Cécile Gladel, Patrick Graillon, Claudine Hébert, Gabriel Lépine, Alexandra Mignault, Anne Marie Parent.

Cet hiver, faites plaisir à ceux que vous aimez, et faites-vous plaisir. Chaussez vos raquettes, et allez dans les sentiers enneigés. Profitez de la blanche magie de l’hiver ! Nicole Blondeau Rédactrice en chef

Marc Létourneau

Responsable de la publicité Dominic Robitaille 514 252-3157 poste 3436 drobitaille@fqmarche.qc.ca

Collaborateurs

IMPRIMEUR Le Groupe Communimédia inc. La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes. Poste-publications No de convention : 40069242 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN-1495-687x

Prochain numéro Parution : 21 mars 2014 Les récits et les découvertes que vous lisez dans Marche-Randonnée sont fournis gracieusement par des personnes qui souhaitent partager leurs expériences pédestres. Vous êtes invités à le faire aussi, que vous soyez promeneur du dimanche ou randonneur chevronné. Faites-nous part de vos découvertes, expériences et aventures à revuemarche@fqmarche.qc.ca.


Photo de la page couverture LMI – Daniel Pouplot Sentier de la Montagne à Deux Têtes

SOMMAIRE HIVER 2014, volume 25, numéro 2

Carte détachable Sentier du Lac Joe (Lanaudière) Tronçon du Sentier national

RÉCITS – DÉCOUVERTES 12

Boucle du sentier Les Caps

14

Mésaventure au parc de la Gatineau

4 FÉDÉRATION

16

Manhattan en espadrilles

Festival de la marche 2013

18

Départ

Le mont Gosford

Bientôt 25 ans

20

Le Baluchon - plein air et détente

Concours d’articles

22

L’île Verte en saison blanche

Festival de la raquette 2014

24

Haute-Matawinie

8

INFO-SENTIERS

2

MOT DE LA RÉDACTION

10 L’ENVERS DU DÉCOR Le programme de suivi de l'intégrité écologique 30 HISTOIRE Raquettes Faber, depuis plus de 100 ans

PRÊT-À-PARTIR 26

PAYSAGE DU QUÉBEC 28

36 ÉQUIPEMENT Crampons pour ne pas perdre pied

Empêcher l’eau de geler, est-ce possible?

40 SANTÉ Prévenir et traiter l’embonpoint en marchant

Contrôler son poids sans souffrir de faim

Capsules-santé

45 ENVIRONNEMENT Carcaj’où ? 48 FAUNE Le Cerf de Virginie

La Forêt Ouareau en 2 jours, 1 nuit

Le bâton de pèlerin

DESTINATIONS 32

Blanche magie en raquette

22

50 LÈCHE-VITRINES Trouvailles et nouveautés 51 LECTURE

48

18 Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 3


➤ FÉDÉRATION

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’est le dimanche 13 octobre dernier, par une journée douce et ensoleillée, qu’a eu lieu la 16e édition du Festival de la marche, le grand rassemblement annuel des amateurs de randonnée pédestre. Plus de 160 participants, venus d’un peu partout au Québec, se sont réunis à Saguenay pour prendre le départ vers l’un des cinq parcours proposés. Trois de ceux-ci les ont menés à la découverte de différents attraits du parc de la Rivière-du-Moulin, dont la très jolie rivière du même nom, ses méandres, ses cascades et ses chutes. Un autre parcours a conduit les randonneurs sur le sentier Eucher, avec ses spectaculaires points de vue sur la baie des Ha! Ha! Et enfin, le sentier de la Statue a permis d’admirer la majesté du Fjord du haut du cap Trinité. Au retour des randonnées, divers kiosques et activités étaient à la disposition des festivaliers, et plusieurs prix de présence ont été tirés. L’événement s’est terminé par un souper à l’hôtel Le Montagnais, suivi d’une très intéressante conférence de M. Mario Bilodeau, de l’INAQ (Intervention par la nature et aventure Québec), qui a démontré avec éloquence que la marche peut faire des miracles.

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Merci à tous les participants, aux vaillants organisateurs, ainsi qu’aux généreux partenaires et commanditaires. Et à l’an prochain, à Duhamel, en Outaouais! Pour plus de photos : www.fqmarche.qc.ca

DÉPART

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e Temps passe à une vitesse constante, égale pour tous, tic-tac, tic-tac, et ne s’arrête jamais. Il appartient à chacun de faire ce qu’il désire de son temps, dans le Temps. Notre président-directeur général, Daniel Pouplot, vient de nous dire : « Je m’arrête ». Ceux d’entre vous qui étaient présents à l’assemblée générale, en juin 2013, avaient entendu son vibrant et émouvant discours d’adieux. Lorsque Daniel se joint à la Fédération québécoise de la marche, en 1991, nous faisons partie des organismes coupés ne recevant aucune subvention du gouvernement. Il commence à exercer ses fonctions comme bénévole, rapidement devient directeur général, puis PDG. Esprit fondateur, il crée les éditions Bipède qui seront, dès la première œuvre publiée, une source de revenus substantielle. L’œuvre phare est notre Répertoire des lieux de marche au Québec, ainsi que sa version hivernale. Visionnaire, il est conscient que la source d’information fiable est la clé de la pérennité. Dès le début, il pose les balises : il bâtit une base de données et un environnement qui assurent cette pérennité à l’information fondamentale de la marche : les sentiers. Viendront s’y greffer divers programmes : certification de sentiers, de guides… Impossible de dire tout ce qu’il a accompli 22 ans durant. Mais aujourd’hui, il y en a qui disent qu’on ne peut parler de la marche au Québec sans parler de Daniel Pouplot. Quand je croise un DG d’une autre fédération, il me dit : « Ah ! vous, à la Marche, avez un super DG ! » Ça veut dire : compétence, pertinence des idées, attitude associative, simplicité et gentillesse, qui rayonnent alentour.

4 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Photo : Monique Blondeau

Notre super-PDG Daniel ressent un appel de la montagne. Il veut faire une longue randonnée, mythique, de plusieurs mois, à laquelle il rêve depuis si longtemps… quand il est encore temps. Tic-tac, tic-tac. Il laisse la Fédération aux antipodes de la situation de ses débuts il y a 22 ans. Tout ce que nous sommes, nous le devons à la saine et dynamique gestion de ce visionnaire. Va, Daniel ! Nous te souhaitons une belle nouvelle saison de ta vie, qui s’ouvre pour toi sur l’échelle du Temps : saison des randonnées, puisse-t-elle être toute beauté, tout bonheur. Si, au détour d’un sentier, tu t’arrêtes près de chez nous, notre porte te sera grande ouverte. Lidia Bontems, présidente du conseil d’administration Fédération québécoise de la marche


FÉDÉRATION ➤

Bientôt 25 ans! Tirages de séjours de luxe

À l’occasion du 25e anniversaire de la revue Marche-Randonnée, nous offrons à tous nos lecteurs la chance de gagner l’un des quatre séjours de luxe tirés au cours de cette année de fête. L’automne dernier, Fairmont – Le Manoir Richelieu, dans Charlevoix, a offert un séjour pour deux personnes, comprenant une nuitée, un petit déjeuner et un souper gastronomique. Le résultat du tirage paraît dans le site Web de la Fédération québécoise de la marche, dans la section du 25e anniversaire de Marche-Randonnée. Cet hiver, c’est au tour de l’Auberge Le Baluchon, en Mauricie, d’offrir un séjour pour deux personnes, incluant une nuitée, un petit déjeuner et un souper gastronomique, ainsi que l’accès aux sentiers et à certaines activités. Tirage : 14 mars 2014. Pour participer, lisez l’article des pages 20 et 21 de ce numéro, rendez-vous sur le site Web de la Fédération québécoise de la marche et remplissez le formulaire dans la section du 25e anniversaire de Marche-Randonnée. Vous devez répondre correctement à une question portant sur l’article. Les personnes n’ayant pas accès à Internet peuvent participer par téléphone. Toute personne âgée de 18 ans et plus peut participer. Si, au moment du tirage, la personne gagnante est membre en règle de la Fédération québécoise de la marche, elle recevra, en plus, un montant de 100 $. 514 252-3157 – 1 866 252-2065 www.fqmarche.qc.ca

Concours d’articles Randonner au Québec Randonneurs, à vos claviers!

Pour faire suite au succès du concours photo « Randonner au Québec », Marche-Randonnée lance un concours d’articles sur le même thème. Que vous soyez un promeneur du dimanche ou un randonneur chevronné, racontez-nous vos découvertes, expériences ou aventures sur les sentiers pédestres du Québec. Vous courez la chance de gagner l’un des trois grands prix, soit l’une des trois cartes-cadeaux offertes par Alliance Spas Relais santé : 1er prix : 500 $ au Spa Eastman, dans les Cantons-de-l’Est 2e prix : 300 $ à l’Auberge et spa West Brome, dans les Cantons-de-l’Est 3e prix : 250 $ au Polar Bear’s Club, à Piedmont dans les Laurentides

De plus, trois prix de participation, soit trois adhésions à la Fédération québécoise de la marche, accompagnées de la dernière édition du Répertoire des lieux de marche au Québec, seront tirés au hasard parmi tous les participants. ➤ Vous avez jusqu’au 28 février 2014 pour nous faire parvenir vos articles à l’adresse électronique suivante : concoursarticles@fqmarche.qc.ca ➤ Veuillez prendre note que pour être admissible au concours, vous devez respecter tous les règlements se trouvant dans le site : www.fqmarche.qc.ca Bonne chance à tous et bonnes randonnées !

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 5


FÉDÉRATION ➤

Festival de la raquette Samedi 8 février 2014

Photo : LMI — Daniel Pouplot

Photo : Parc national du Canada de la Mauricie

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’est dans la région de la Mauricie qu’aura lieu la 9e édition du Festival de la raquette, le grand rassemblement annuel des amateurs de raquette à neige. Le Sentier national en Mauricie et le Parc national du Canada de la Mauricie, coorganisateurs de l’événement, invitent tous les adeptes de raquette, débutants, intermédiaires ou avancés. Cette région est reconnue pour ses bonnes conditions de neige et pour ses beaux paysages forestiers. Les sentiers choisis comportent des points de vue sur des lacs, des rivières et des falaises. En fait, on offre l’occasion de passer une belle journée en plein air, encadrée de gens accueillants.

L’accueil des randonneurs se fera à l’auberge Le Florès de Shawinigan (Sainte-Flore), un des commanditaires de l’événement. Les personnes qui ne possèdent pas de raquettes pourront en emprunter sur place, grâce aux Agences Stéphane Morin, représentantes des raquettes Atlas et Tubbs. Un service d’autobus est prévu pour les déplacements vers les sentiers. Au retour des randonnées, une boisson chaude sera offerte, le temps de récupérer et de socialiser. Des prix de présence seront tirés, dont un séjour pour deux à l’auberge Le Florès, comprenant une nuitée en chambre classique et petit déjeuner. Pour ceux qui le désirent, un souper aura lieu à l’auberge Le Florès. Ce site enchanteur est reconnu pour sa gastronomie, la qualité de ses chambres et ses forfaits détente. Venez découvrir les beaux paysages et l’accueil chaleureux de la Mauricie ! Inscriptions

avant le 9 janv.

après le 8 janv.

Membre de la Fédération

10 $

15 $

Non-membre de la Fédé.

15 $

20 $

Gratuit

Gratuit

Souper (places limitées)

26 $

26 $

Souper (12 ans et -)

13 $

13 $

Enfant (12 ans et -)

Choix des parcours PARCOURS 1 : SENTIER PÈRE-JACQUES-BUTEUX Les falaises de Grandes-Piles sont renommées comme l’une des plus belles richesses de la rivière Saint-Maurice. Vous les gravirez par un sentier qui emprunte l’ancien chemin de La Tuque, puis vous longerez un petit ruisseau qui vous amènera sur un tronçon du Sentier national, le sentier Père-Jacques-Buteux. Ce sentier vous donnera accès au plus beau point de vue sur la rivière SaintMaurice, ainsi qu’au magnifique paysage de la campagne de Saint-Jean-des-Piles. Niveau : intermédiaire Dénivelé : 230 m

Longueur : 7,8 km (boucle) Durée : 3 h 30

PARCOURS 2 : SENTIER CHUTE DU DIABLE Situé dans le Parc récréoforestier Saint-Mathieu, ce magnifique tronçon du Sentier national vous conduira au cœur de la vallée de la Petite rivière Shawinigan. C’est au site de la chute du Diable que se fera la pause du dîner. Tout au long du parcours, vous pourrez constater la diversité et la maturité des arbres, ainsi que la présence constante des parois rocheuses. Niveau : intermédiaire Dénivelé : 200 m

Longueur : 11 km (boucle) Durée : 4 h 30

PARCOURS 3 : SENTIER DU CAMPING (No 1) Ce sentier, qui débute au pavillon de services de Rivière-à-la-Pêche, est aménagé pour les débutants et les familles. Il contourne le camping et atteint un abri chauffé. Le parcours se poursuit en proposant deux

options de retour : la première permet de revenir directement au point de départ, et la seconde prolonge la randonnée de 1,4 km tout en offrant de jolis points de vue sur la rivière Saint-Maurice. Niveau : débutant Dénivelé : négligeable

Longueur : 3,1 km ou 4,5 km Durée : 2 h 30

PARCOURS 4 : SENTIER RUISSEAU-BOUCHARD (No 14) Cette randonnée débute en empruntant la première partie du sentier du Lac-Solitaire, puis se poursuit par une descente qui offre différents points de vue sur le lac aux Chevaux et le ruisseau Bouchard, et se termine enfin au pavillon de services de Rivièreà-la-Pêche. Niveau : intermédiaire Dénivelé : 100 m

Longueur : 8,3 km (boucle) Durée : 4 h 30

PARCOURS 5 : SENTIER DU LAC-DU-PIMBINA (No 15) Ce parcours, qui emprunte la première partie des sentiers du Lac-Solitaire et du Ruisseau-Bouchard, mène à un spectaculaire point de vue sur le lac Solitaire. La randonnée se poursuit par une descente vers le secteur sud du lac au Chevaux et offre différents points de vue sur les lacs Benoît et du Pimbina, et sur le ruisseau Bouchard, avant de revenir au pavillon de services de Rivière-àla-Pêche. Niveau : avancé Dénivelé : 100 m

Longueur : 13,1 km (boucle) Durée : 5 h 30

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 7


➤ INFO-SENTIERS

DES NOUVELLES DES RÉGIONS

ABITIBI – TÉMISCAMINGUE Pointe-aux-Roches Nouveau réseau De nouveaux sentiers ont vu le jour à Latulipe-et-Gaboury. Ils sillonnent la Pointe-aux-Roches, en bordure du lac des Quinze, entre les baies Gillies et Arsenault. Le réseau totalise 6,7 km et offre plusieurs points de vue sur le lac et la région avoisinante. Bien que l’inauguration n’aura lieu que l’an prochain, les sentiers sont déjà praticables, tant pour la marche que pour la raquette. 819 629-4277 – www.latulipeetgaboury.net

CHAUDIÈRE – APPALACHES Mont-Orignal Des sentiers pour la raquette Près de la station de ski Mont-Orignal, à Lac-Etchemin, se trouve un tout nouveau réseau de sentiers de raquette. Totalisant près de 35 km, certains sentiers parcourent plusieurs sommets, tandis que d’autres, plus faciles, côtoient la rivière Etchemin. Le réseau est tracé dans une forêt servant d’hivernage au cerf de Virginie, ce qui promet de belles rencontres. 418 625-1551 – www.montorignal.com/en-raquette/

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Parc régional des Appalaches Signalisation et publications Plusieurs nouveautés ont vu le jour, dont l’implantation d’une toute nouvelle signalisation identifiant les différents secteurs du parc. À l’image de la signalisation des parcs nationaux, sept nouvelles enseignes ont été créées afin d’orienter efficacement les visiteurs dans chacun des secteurs du parc. Cette signalisation vient bonifier les projets d’affichage amorcés par plusieurs municipalités du Parc régional des Appalaches. Parmi les autres nouveautés, il y a eu la publication de deux guides pour agrémenter le passage des excursionnistes. Le « Journal du Parc » 2013-2014 dresse l’inventaire des divers sentiers, de même que celui des hébergements, en plus de présenter l’éventail des activités pouvant être pratiquées sur ce vaste terrain de jeu naturel. L’autre publication, « Suivez le guide », regorge d’information et d’anecdotes sur les attraits et les particularités du parc. L’équipe du parc a élaboré cinq parcours par lesquels les randonneurs pourront découvrir des spécimens parfois rares de la faune et de la flore québécoise, des écosystèmes diversifiés et des phénomènes géologiques fascinants. 418 223-3423 – 1 877 827-3423 – www.parcappalaches.com

8 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

GASPÉSIE Sentier international des Appalaches – Québec Problèmes de signalisation Les bénévoles travaillent fort pour conserver une signalisation adéquate tout le long du sentier. Malheureusement, leurs efforts sont souvent anéantis par la négligence d’autres utilisateurs, quand ce n’est pas carrément du vandalisme. Si les sections du sentier situées en pleine forêt sont moins attaquables, celles utilisant des chemins forestiers ou des sentiers de véhicules hors-route sont beaucoup plus exposées. Les vandales prennent de tout : affiches en planches de pin, poteaux de support des affiches et même les nouvelles affiches en plastique, que certains chasseurs utilisent pour marquer leur territoire. Donc, lors de votre prochaine randonnée sur le SIA-QC, si vous constatez un manque de signalisation, merci de bien vouloir nous en aviser. Et si vous être témoin d’une acte de vandalisme, essayez d’obtenir le plus de renseignements possible, qui nous permettraient d’identifier les fautifs. 418 562-7885 – www.sia-iat.com

LANAUDIÈRE – LAURENTIDES Sentier de l’Inter-Centre Corvées d’entretien L’automne dernier, des bénévoles ont procédé au déblaiement de certaines portions du réseau, dont le sentier menant au refuge Le Nordet, ainsi que sur la montagne Blanche. Des membres du Club de Montagne le Canadien, armés de sécateurs et de sciottes, ont donné un généreux coup de main. L’hiver, les corvées sont habituellement suspendues, mais elles reprendront au printemps lorsque la neige aura fondu et que le sol se sera asséché. Si vous désirez offrir un peu de votre temps, n’hésitez pas à vous manifester auprès de l’organisme « Sentier de grande randonnée des Laurentides ». 1 888 783-6628 – www.intercentre.qc.ca

LAURENTIDES Centre touristique et éducatif des Laurentides Un mal pour un bien Les violents orages qui ont sévi l’été dernier ont sérieusement éprouvé le CTEL, au point qu’il a dû fermer. Quelque 500 arbres ont été brisés ou déracinés. Mais il n’a fallu que quelques jours pour rouvrir tous les sentiers, même L’Aventurier, le plus sévèrement atteint. Le Panoramique, admissible au Certificat du randonneur émérite québécois, est maintenant de type linéaire. Il faut donc effectuer un aller-retour pour accéder au belvédère, où le point de vue est nettement amélioré. Ailleurs dans le réseau de sentiers, d’autres points de vue ont été dégagés et bonifiés. L’ancien belvédère de La Sapinière, arraché en même temps que de nombreux arbres, laisse place à une grande ouverture, permettant de voir au complet le lac du Cordon. Le CTEL est fermé l’hiver, mais pourra accueillir les randonneurs au printemps. Ils découvriront de tout nouveaux paysages. 819 326-9072 – 1 866 326-9072 – www.ctel.ca CERTIFIÉ

2013


INFO-SENTIERS ➤ Parc régional Val-David – Val-Morin Cure de rajeunissement L’équipe d’entretien du parc a effectué plusieurs travaux, dont la réfection de trois ponts, qui avaient subi l’usure du temps. Parmi les travaux figurait aussi la rénovation du chalet d’accueil du secteur Far Hills, en commençant par l’installation d’une nouvelle toiture. De plus, afin de faciliter l’accès au parc, on a construit une nouvelle guérite à l’entrée du stationnement du chalet d’accueil. Ce nouveau bâtiment, très fonctionnel, permet aux clients d’acquitter les frais d’accès, de recevoir de l’information et de se procurer une collation. 819 322-6999 – www.parcregional.com Wentworth-Nord Ouverture de nouveaux sentiers La municipalité de Wentworth-Nord, située dans la MRC des Pays-d’en-Haut, a inauguré en octobre dernier un nouveau réseau de sentiers d’interprétation multifonctionnels autour du lac Saint-François-Xavier. Le projet conjugue protection de la nature et récréotourisme. Le sentier principal, d’une longueur de 6 km et baptisé sentier des Orphelins, offre aux visiteurs de découvrir les milieux humides et les espèces fauniques présentes dans la région. En outre, dix panneaux d’interprétation jalonnant le parcours permettront de sensibiliser les usagers aux enjeux de la protection de l’environnement. Les deux extrémités du sentier des Orphelins sont reliées au Corridor aérobique de façon à constituer un parcours en boucle. Le projet comporte également l’aménagement d’un belvédère au sommet d’une montagne et de deux passerelles sur pilotis assurant la traversée de deux tourbières boisées. De plus, un refuge pouvant héberger huit personnes est en construction. Dès janvier 2014, les usagers pourront s’y abriter pendant la journée ou y passer la nuit.

Laurentides – OUTAOUAIS Sentier national Prolongement Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a donné son aval au prolongement, vers Labelle, de la Route des Zingues. Les personnes intéressées à participer à ce projet sont invitées à téléphoner au 819 438-7100, poste 1611.

MAURICIE Aux berges du lac Castor Remise à neuf des sentiers À la suite des épisodes de bourrasques de vent de l’été dernier, les joyeux lurons de la coop Aux berges du lac Castor se sont retroussé les manches et ont profité des belles journées d’automne pour remettre à neuf les 30 km du réseau de sentiers. Ils ont tronçonné, débroussaillé, construit des passerelles, détourné des inondations et peaufiné la signalisation. Les sentiers sont donc prêts à recevoir les randonneurs pour cet hiver. 819 268-3339 – www.laccastor.com Parc national du Canada de la Mauricie Nouvelles options hivernales Deux nouveaux sentiers de raquette ont été aménagés pour la saison hivernale. Le sentier du Camping (no 1), de niveau

facile, compte 3,1 km de longueur. Il débute au pavillon de services de Rivière-à-la-Pêche, contourne le camping et propose un premier arrêt à l’abri chauffé de la boucle D. Par la suite, il offre deux options de retour : revenir directement au point de départ, Photo : Parc national du ou prolonger la randonnée de 1,4 km. Canada de la Mauricie Cette portion offre de magnifiques points de vue sur la rivière Saint-Maurice. Le sentier du Lac-à-la-Pêche (n o  4a) , de niveau intermédiaire, mesure 8,8  km. Il longe la rivière à la Pêche et ses cascades, et mène à un panorama spectaculaire. Il se poursuit avec plusieurs montées et descentes qui offrent différents points de vue sur le lac à la Pêche, et se termine à un abri chauffé. Un embranchement vers le site de canot-camping no 1 offre aux adeptes de défi une option de niveau difficile. Pour une première saison hivernale, les tentes oTENTik sont disponibles aux amateurs de séjour en plein air. Avantageusement situées dans la boucle F du camping de Rivière-à-la-Pêche, bien isolées et munies d’un poêle à bois, ces tentes permettent de dormir à deux pas du départ des sentiers et à proximité de tous les services hivernaux du parc. 819 538-3232 – www.pc.gc.ca/mauricie

MONTÉRÉGIE Réserve naturelle du Boisé-des-Douze Amélioration Grâce aux travaux exécutés cet automne, le sentier des Aubépines sera plus facile à parcourir. Par endroits, les infrastructures qui contrôlent l’érosion dans les sentiers forment des marches faciles Photo : © Céline Lussier Cadieux à franchir pour les poussettes et les traîneaux. Tous les sentiers sont ouverts à la marche hivernale, une activité idéale pour apprécier la vue sur le méandre gelé et observer les oiseaux qui passent l’hiver ici. 450 774-7276 – 1 800 849-7276 – www.boisedesdouze.org

SAGUENAY – LAC-ST-JEAN Sentier Eucher Inauguration L’arrondissement de La Baie et le Groupe des Écorceurs ont procédé, en septembre dernier, à l’inauguration du sentier Eucher. Ce spectaculaire sentier de randonnée pédestre, d’une longueur totale de 8 km, permet de découvrir graduellement la splendeur de la baie des Ha! Ha! Bordé de plusieurs belvédères naturels, le sentier donne également accès au site de la Croix du centenaire, construite en 1938 et restaurée cette année. L’installation d’une signalisation permanente a été finalisée, s’harmonisant avec le plan de signalisation des sentiers pédestres de la ville de Saguenay. Une carte donnant une vue globale du sentier est affichée à l’entrée du site ainsi qu’à différentes jonctions, aidant ainsi les randonneurs à se situer. Rappelons que le sentier Eucher faisait partie des parcours du Festival de la marche, qui a eu lieu le 13 octobre dernier. 418 698-3157, poste 6070 – 1 800 463-6565 – www.saguenay.ca

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 9


➤ L'ENVERS du décor... dans les parcs nationaux du québec

Parc national du Mont-Orford — Photo Sépaq

Le Programme de suivi de l’intégrité écologique Par Patrick Graillon

Une première synthèse des résultats de l’indicateur sur l’emprise des sentiers

➤ Les parcs nationaux du Québec protègent plusieurs territoires faisant partie des plus beaux sites naturels de la province. Et quel meilleur moyen pour profiter de ces paysages que la randonnée pédestre? Cette activité est d’ailleurs la principale raison qui attire les visiteurs dans les parcs. Les gestionnaires de ces territoires s’efforcent à rendre tous ces sites accessibles pour le bénéfice de la population, mais sans compromettre la mission première des parcs : la conservation.

C

et équilibre entre l’accessibilité et la conservation est, depuis toujours, le principal défi que doivent relever les gestionnaires de toute aire protégée. L’une des difficultés réside dans la mesure des impacts de la présence humaine sur les écosystèmes. À l’instar des autres réseaux de parcs nationaux ailleurs dans le monde, Parcs Québec s’est doté d’indicateurs permettant de vérifier l’évolution de l’intégrité écologique. Il en résulta le Programme de suivi de l’intégrité écologique, communément appelé PSIE. En résumé, chaque parc mesure de 20 à 25 indicateurs donnant de l’information sur divers paramètres en lien avec le milieu naturel. De ces mesures, il est possible de synthétiser si, globalement, l’intégrité écologique du parc s’améliore ou régresse. Il s’agit d’un outil précieux pour les gestionnaires. Parmi ces mesures, on retrouve l’indicateur sur l’emprise des sentiers. Ce dernier a été mis en place dans l’ensemble des parcs entre 2004 et 2006. Nous effectuons donc un suivi depuis plusieurs années. Sur le terrain, le suivi est relativement simple. Des placettes d’échantillonnage de 40 m sont mises en place à divers endroits dans le réseau de sentiers d’un parc. À la fin de l’été, ces placettes sont visitées par un garde-parc qui vient mesurer, toujours aux mêmes endroits, l’emprise du sentier. On entend par « emprise » la section du sentier (largeur) où le sol est dénaturé et où la végétation ne réussit pas à pousser. Pourquoi mesurer l’emprise ? Un sentier dont les placettes démontrent une augmentation de son emprise peut révéler des déficiences par rapport à son aménagement. Ces déficiences peuvent occasionner, par exemple, l’érosion du sol ou de la sédimentation dans des cours d’eau adjacents et ainsi affecter négativement l’intégrité

10 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

écologique du milieu. Un élargissement peut aussi témoigner d’un achalandage important du sentier, donc de la nécessité d’améliorer sa capacité à recevoir des randonneurs et ainsi éviter à plus long terme des impacts sur le milieu naturel. Sans un minimum de suivi, il est difficile pour les gestionnaires de savoir comment évolue l’état des sentiers et comment intervenir adéquatement. Au total, c’est 127 sentiers dans 19 parcs qui sont suivis. Parmi ces parcs, on en retrouve 15 où la moyenne de l’emprise des sentiers suivis est restée sensiblement stable depuis la mise en place du PSIE, trois où la situation s’est améliorée et un seul où l’on note une moyenne qui se détériore. Parmi les sentiers suivis dans un parc dont la moyenne est stable, il se peut très bien que certains démontrent des signes de dégradation, d’autres d’amélioration. La moyenne n’est qu’une façon de synthétiser l’information pour la rendre plus compréhensible et afin de pouvoir porter des jugements plus généraux. Pour les gestionnaires, ce qui importe, ce sont les mesures propres à chacun des sentiers, afin d’orienter, le cas échéant, les interventions. Dans le cas des trois parcs qui démontrent une amélioration (Plaisance, Anticosti et Miguasha), la situation est la même : il s’agit de parcs où des sentiers furent aménagés ou retravaillés il y a quelques années avec une emprise permettant d’assurer une capacité de support adéquate en prévision d’une hausse d’achalandage. Au cours des années, la végétation a repris progressivement ses droits sur l’emprise et a atteint un certain équilibre, même avec le piétinement occasionné par les randonneurs. Le parc où l’on note une augmentation statistiquement significative de l’emprise est celui d’Oka. La combinaison de la


L'ENVERS du décor... ➤

Le parc national de Plaisance : un exemple de cas où l’emprise moyenne a diminué depuis 2006 à la suite du réaménagement de plusieurs sentiers.

Le parc national d’Oka : le seul parc où l’indicateur démontre une hausse de l’emprise moyenne des sentiers depuis la mise en place des placettes en 2005. Il n’y a pas de données en 2010 puisque le suivi n’a pas pu être réalisé.

pente et du fort achalandage du sentier du Calvaire, ainsi que la pratique du vélo de montagne au sentier du Sommet expliquent cette augmentation. Le détail de ce suivi pour chacun des parcs sera présenté dans le premier rapport général du PSIE, dont la parution est prévue pour la fin de l’année 2013. Ensuite, un tel rapport sera déposé tous les 5 ans. À la lumière de ce suivi mis en œuvre depuis plusieurs années, nous sommes maintenant en mesure d’identifier, pour chacun des parcs, les sentiers les plus problématiques. Depuis cette année, la méthodologie de suivi a d’ailleurs été modifiée pour rendre plus « parlantes » les mesures effectuées sur le terrain. En gros, moins de sentiers seront suivis, mais ceux les plus problématiques

le seront avec un nombre de placettes beaucoup plus important. Plutôt que d’avoir, par exemple, deux placettes sur un sentier de 3 km, ce nombre passera à environ dix placettes. Le niveau de précision pour ce sentier sera plus grand et il sera plus facile d’identifier les secteurs prioritaires d’intervention. Bien encadré par le PSIE, l’indicateur sur l’emprise des sentiers est ainsi un outil pertinent pour aider les gestionnaires des parcs nationaux à réaliser leur mandat de conservation et d’accessibilité. Alors, la prochaine fois que vous foulerez un sentier populaire dans un parc national, dites-vous qu’il y a de bien bonnes chances qu’il soit sous haute surveillance !

Patrick Graillon est coordonnateur à la conservation à la Sépaq.

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➤ RÉCIT

Boucle du sentier Les Caps

Parc national du Fjorddu-Saguenay Texte : Nicole Blondeau Photos : LMI – Daniel Pouplot

➤ En mars dernier, nous avons eu la chance de parcourir un nouveau parcours de longue randonnée dans le secteur d’hiver de La Baie-Éternité du parc national du Fjord-du-Saguenay : la Boucle du sentier Les Caps. Bien que ce circuit soit accessible au ski nordique, c’est en raquette que la majorité de notre groupe a choisi de l’explorer. Daniel Groleau, le directeur du parc, nous a accompagnés pendant ces deux belles journées.

I

l était prévu partir du poste d’accueil de Rivière-Éternité, mais étant donné l’heure tardive, nous partons du stationnement situé plus à l’est sur la route 170. Le sentier serpente et ondule dans une belle forêt dominée par les conifères et tachetée de bouleaux blancs. Après avoir croisé un petit étang enneigé, nous longeons le lac Allard sur lequel nous avons de très beaux points de vue. Plus loin, nous franchissons le lac Travers, puis le lac de la Chute. Tout le monde trouve le parcours très joli. Mais le directeur nous annonce qu’à partir de l’an prochain, le tracé sera changé : plutôt que de les traverser, il contournera les lacs, ceux-ci étant trop souvent soumis au dégel. Le nouvel itinéraire permettra de commencer la saison plus tôt et de la terminer plus tard, sans sacrifier la beauté du paysage. Peu avant d’arriver au refuge, nous avons la chance d’assister à un spectacle inusité : au bord d’un ruisseau partiellement gelé, un vison plonge, disparaît sous la glace pendant un long moment, puis réapparaît sur la rive avec une proie. Celle-ci est trop petite pour qu’on puisse l’identifier, mais le petit mustélidé semble se régaler. Le bruit de l’eau qui coule et notre position légèrement en surplomb font que le vison ne s’aperçoit nullement de notre présence. Il répète son manège à quelques reprises et nous restons là, à l’observer, pendant plusieurs minutes.

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Malgré sa rusticité, le refuge du lac de la Chute est confortable et chaleureux. Nos bagages nous sont livrés avec un peu de retard, car le temps anormalement doux a considérablement ramolli la neige, provoquant l’enlisement des motoneiges et des traîneaux alourdis par tout l’équipement. Malgré le retard de livraison, nous nous réjouissons de ne pas avoir eu à porter tout ça. Le lendemain matin, il neige à plein ciel. Nous sommes joyeux comme des écoliers en vacances. Nous suivons un petit vallon aux parois couvertes de glace, puis poursuivons dans une grande coulée. S’amorce alors une belle longue descente vers la baie Éternité. La neige cesse de tomber et, entre les arbres, apparaissent progressivement les hautes parois rocheuses qui bordent le vaste plan d’eau. C’est magnifique! La baie est complètement gelée, ce qui nous permet de la traverser en toute sécurité… Enfin, pas tout à fait… Une profonde et longue fissure rectiligne, large d’une trentaine de centimètres, la traverse de bord en bord. De plus, à cause des marées, des flaques de gadoue et des monceaux de blocs de glace se sont formés. Tout bien considéré, peut-être vaut-il mieux suivre la rive en restant sur la terre ferme. Malgré le ciel demeuré nuageux, le paysage nous émerveille. Tout est si grandiose! Après une pause-lunch au camp rustique Le Méandre, nous revenons au poste d’accueil avec la Navette des neiges. Nous aurions aimé faire le chemin en raquettes, mais le temps nous a manqué.


RÉCIT ➤ 2 jours / 1 nuit Sentier Les Caps

Coucher

Sentiers Les Caps + Blanche-Éternité

Total

12,1 km

Refuge du lac de la Chute

12,5 km

24,6 km

3 jours / 2 nuits Sentier Les Caps

12,1 km

Coucher

Sentier Les Caps

Refuge du lac de la Chute

7 km

Coucher

Sentier de la BlancheÉternité

Total

Camp rustique des Méandres

8,3 km

27,4 km

Renseignements ➤ Ce circuit en boucle, qui emprunte le sentier Les Caps et celui de la BlancheÉternité, peut être parcouru en deux ou trois étapes : ➤ La Boucle du sentier Les Caps est classée « difficile ». ➤ Le refuge peut accueillir jusqu’à huit personnes. Les places sont vendues à l’unité. Il est donc possible d’avoir à partager le refuge avec des inconnus. ➤ Le camp rustique est loué à coût fixe, qu’on soit seul ou en groupe de six personnes. ➤ Le secteur d’hiver de La Baie-Éternité offre aussi un autre parcours de longue randonnée, qui va jusqu’à L’Anse-Saint-Jean, ainsi que des sentiers de courte randonnée. Une carte des sentiers est disponible dans le site Web du parc. Pour connaître la disponibilité des hébergements, les coûts, ou pour tout autre détail : 418 272-1556 – 1 800 665-6527 – www.sepaq.com

Dernière minute Au moment de mettre sous presse, nous avons appris que cet hiver, le parc n’offrira pas de service de transport de bagages, ni de navette.

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➤ RÉCIT

Mésaventure au parc de la Gatineau

Texte : Annie Leblond Photos : Gil Fontenele

➤ L’hiver de l’an dernier a commencé par une tempête qui a fait des ravages dans le parc de la Gatineau, à tel point que certains randonneurs en ont perdu leurs repères… et se sont égarés. Mais s’égarer, ça peut arriver à tout le monde, à n’importe quelle saison. Récit d’un fait vécu RVA : ce sont les trois seules lettres qui occupent mon champ de vision lorsque je décolle mon visage du dos de Richard, auquel je me cramponne comme si ma vie en dépendait. RVA… C’est bien, ça, RVA… Mais je devance mon histoire. Commençons par le début. Samedi 31 mars 2012. Il fait soleil. Direction : lac Philippe, parc de la Gatineau. Préparatifs : bouteille d’eau, ok; cellulaire, j’hésite, bah ! pourquoi pas; collation, ok; lampe frontale, j’hésite, bah ! pas nécessaire, nous serons de retour bien avant que le soleil se couche. Pour faire le tour du lac Philippe, on suit le sentier 73, un sentier aménagé pour la raquette l’hiver. La randonnée se passe bien. On respire de grosses bouffées d’air frais, le soleil est au rendez-vous. On s’essouffle, on jase, on pense au super méga hamburger qu’on va se taper après ces trois heures et demie ou quatre heures de marche. On traverse le camping désert à cette période de l’année et la plage Blanchet. Un panneau annonce le stationnement à 1 km. Il est 18 h 30. Notre randonnée est presque terminée. Sauf que le « 1  km » à franchir n’en finit plus de finir. On continue de marcher, toujours sur le sentier, et là, en bas de la côte : le ruisseau traversé quelques heures avant. Il faut se rendre à l’évidence : nous tournons en rond… Deux choix s’offrent à nous : 1) Refaire le tour du lac (encore 6 ou 7 km) : pas question ! 2) Revenir sur nos pas pour tenter de trouver le chemin jusqu’au stationnement. Nous ne pouvons pas être bien loin, c’est sûr. L’option 2 l’emporte. Nous sommes deux randonneurs pragmatiques… et fatigués. Nous retournons sur nos pas. Rien. Toujours sur le sentier. Rien. Le soleil descend derrière les collines de la vallée de l’Outaouais. C’est beau d’habitude, un coucher de soleil… Pas zen du tout quand on cherche son chemin ! Je nous imagine déjà passer la nuit dans le bois, quitte à trouver notre chemin le lendemain matin. Je me laisse aller à la panique quelques instants, mais je passe vite en mode « solution ». 19 h 15 : on va perdre le soleil. 9-1-1 — Moi : Oui, on est dans le parc de la Gatineau, mais on a perdu notre chemin. 14 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

—H  omme du 9-1-1 : Et il va commencer à faire noir là en plus. Échange de renseignements. Nous n’étions pas perdus au sens « égarés » du terme. Nous savions exactement où nous étions par rapport au lac. Nous avions simplement raté notre sortie pour le stationnement. Et là, on n’y voyait plus rien ! —H  omme 9-1-1 : On essaie de vous repérer avec votre signal de cellulaire. Je vous rappelle. Bougez pas. —M  oi (à moi-même) : Bougez pas ! Où voulez-vous qu’on aille ? ! On va toujours bien marcher un peu, sinon, on va geler. Il fallait nous voir faire la navette entre les deux mêmes balises. On ne voulait surtout pas perdre le sentier. Quinze minutes plus tard : — Homme du 9-1-1 : Votre cellulaire n’a pas de fonction GPS. On ne peut pas vous retracer. Il faut dire que j’avais encore un vieux téléphone cellulaire non intelligent à l’époque. Autre raison d’emboîter le pas à la technologie… Nous donnons un peu plus de détails à l’homme du 9-1-1. 20 h 10 : le cellulaire sonne. — Police : Oui, c’est la police de la MRC des Collines. Vous êtes bien dans le stationnement P19 ? C’est quoi votre voiture ? —M  oi : Corolla. Plaque 949 Z… Identification de la voiture faite. — Moi (dans ma tête) : C’est parce qu’on n’est pas DANS la voiture, monsieur l’agent ! Si on était DANS la voiture, il n’y en aurait pas de problème… J’ai compris par la suite que les services policiers s’assurent que les gens sont bien où ils croient être. Un détail. —P  olice : Les agents de la Commission de la capitale nationale sont en chemin. Ils savent où vous êtes à peu près. Ils vont venir vous chercher en VTT. Bougez pas. Bougez pas. Où voulez-vous qu’on aille ? ! Bougez pas. On va toujours bien marcher un peu, sinon, on va geler. 20 h 20 : le cellulaire sonne.


RÉCIT ➤

— Alain P. : Oui, Madame Leblond, c’est Alain Pronovost, agent de conservation du Parc de la Gatineau. Alleluia ! Parenthèse Alain Pronovost : de tous les gars qui pouvaient nous sortir du bois, je tombe sur un Pronovost… comme dans Ovila Pronovost, illustre gars de bois qui a préféré le bois à son Émilie. Ça inspire confiance, un Pronovost ! Comme les services policiers, qui n’avaient négligé aucun détail, les agents de la CCN nous ont questionnés avec grande attention pour essayer de nous repérer. Le lac était-il à notre droite ou à notre gauche ? Étions-nous sur un sentier étroit ou large ? La pile de notre cellulaire était-elle pleinement chargée ? La réponse qui tue : non… Tout point de repère pouvant aider, j’ai mentionné qu’on venait de passer deux bancs en bois avec un espace pour faire un feu. — Alain P. : Je sais exactement où vous êtes. On arrive. Bougez pas. Bougez pas. Où voulez-vous qu’on aille ? ! Bougez pas. On va toujours bien marcher un peu, sinon, on va geler. Toujours est-il que nous avons été en contact régulièrement avec Alain Pronovost, rallumant le cellulaire à heures précises, histoire de ménager notre pauvre pile. Il a tiré des coups de feu pour nous indiquer où ils étaient, lui et son acolyte. Il nous a envoyé des fusées éclairantes. Nous ne les avons jamais vues, car nous étions dans le fond d’un creux. Il était d’un calme imperturbable, olympien. Très rassurant. Toute une présence dans l’absence. Mine de rien, la lune avait pris sa place dans le ciel. On y voyait clair. Après quelques allers-retours sur le sentier, à hésiter sur la marche à suivre, nous avons marché – toujours sur le sentier – pour rejoindre les deux bancs avec l’espace pour faire un feu. Et nous avons tranquillement commencé à respirer normalement, à rigoler, et à penser à manger… et à boire. Mmm ! La bière allait être bonne après ça ! On les entendait approcher. Puis, plus rien… Puis de la lumière… Deux hommes à pied avec des lampes de poche. Comme quoi le bonheur est dans les petites choses ! J’allume mon cellulaire pour leur donner un signal visuel. Lampe de poche de fortune... — Alain P. : Madame Leblond ? Comme si ça pouvait être quelqu’un d’autre. Alain Pronovost et son acolyte Richard : nos sauveurs ! Deux hommes qui ont vu l’ours, le coyote, la biche et le chevreuil, enfin arrivés à notre rescousse. Il est 22 h 20. Ils nous posent quelques questions d’usage pour vérifier notre état de santé mentale et physique. Quelques explications de notre part sur ce qui est arrivé. Quelques explications de leur part sur la suite des choses.

Nous n’étions pas encore sortis du bois ! Des VTT nous attendaient un peu plus loin sur le sentier. J’ai enfilé des gros gants et un manteau chaud, prêtés par la CCN, je suis montée sur le VTT. Et là, je me suis cramponnée à Richard. Sur son manteau, dans son dos : CONSERVATION. RVA. Je me suis laissé conserver ! Nous avons refait tout le tour du lac. On nous a ramenés au stationnement. Sains et saufs. 23 h 10. Procédures administratives. Il avait besoin de nos coordonnées. Nous ferons partie des statistiques. Mais comment remercier ces deux hommes ? Il nous semblait qu’un simple « merci beaucoup » n’était pas suffisant. Une bonne grosse poignée de main virile ? Ça ne laisse pas transparaître toute la reconnaissance que nous leur portions, tout le soulagement ressenti. Un pourboire (refusé) ? Une petite honte s'installe. Désolés pour le dérangement, messieurs. Ils font leur travail, qu’ils disent. Ils le font merveilleusement bien. —A  lain P. : Bon, on en a deux autres à aller chercher dans le coin du lac Meech à Chelsea. Mais on sait exactement où ils sont, tout est sous contrôle. Ils sont en train de regarder les étoiles. Laissez-moi deviner : Bougez pas, on arrive ?

Recommandations de l’agent Pronovost Message d’intérêt public À emporter avec soi en randonnée : - Sac à dos - Sifflet - Lampe de poche - Cellulaire CHARGÉ - Quelques barres granola - De l’eau - Un manteau plus chaud au cas où - Des allumettes Et ne pas emprunter les sentiers de raquette pour la marche. Ce n’est pas aménagé pour ça. Dans les espaces de repos du parc de la Gatineau (bancs en bois avec un espace pour faire un feu), il y a, sous les bâches en plastique : - Du bois sec - Du papier sec - Une hache - Des allumettes et même de l’essence pour partir un feu. Il faut juste fouiller comme il faut pour trouver les allumettes (dans un contenant hermétique), ce que nous n’avons pas fait, ne le sachant pas et parce qu’on n’y voyait rien du tout. Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 15


➤ DÉCOUVERTE

Texte et photos : Claude P. Côté

Central Park

➤ Avant l’arrivée des trappeurs hollandais en 1625, Manhattan était une forêt occupée par les Algonquiens. Aujourd’hui peuplée de gratte-ciels, cette île est synonyme de démesure. Pour la découvrir, chaussez vos espadrilles et marchez! Comme randonnée, permettez-moi de vous proposer un circuit à l’écart de la circulation motorisée dans un Manhattan le plus souvent habillé de verdure. Le High Line Imaginez une vieille voie ferrée surélevée, convertie en parc linéaire aérien : c’est le High Line. Inauguré en 2009, ce parcours est l’un des plus fréquentés des promeneurs new-yorkais. Situé à l’ouest de Manhattan, dans le quartier Chelsea, il s’étend sur 2,3 km, et un prolongement vers le nord est présentement en voie de réalisation. Cabinets d’architectes et designers paysagistes ont joué d’ingéniosité pour intégrer une végétation abondante et diversifiée au paysage urbain. Les plates-bandes de chardons, roseaux, bambou et hautes herbes sauvages s’intègrent à merveille à cet ancien quartier portuaire. Chaises longues et espaces gazonnés sont autant d’invitations à s’y reposer. Le High Line survole le quartier des galeries d’art, le marché Chelsea et, même, transperce certains édifices, au grand étonnement de ses nouveaux visiteurs. Il côtoie des balcons d’appartements et plusieurs vestiges remodelés du passé industriel de la ville. Tantôt, il offre une ouverture sur l’imposante rivière Hudson ou sur un des symboles connus comme l’Empire State Building ou la statue de la Liberté. Tout à coup, le visiteur semble disparaître dans une étroite forêt de haute verdure pour ressurgir, quelques dizaines de mètres plus loin, dans un nouveau paysage urbain. Près de la 17e Rue, un amphithéâtre aménagé devant une ouverture vitrée au-dessus de la 10e Avenue donne l’impression d’assister en direct au spectacle animé de cette artère très achalandée. C’est sous la pression d’un groupe de citoyens du quartier que la Ville de New York a pris la décision de sauver cette structure désaffectée datant des années 1930 et vouée à la démolition. D’Hudson River Park à Battery Park City À l’extrémité sud du High Line, pourquoi ne pas poursuivre dans la même direction en empruntant le parc Hudson River, situé 50 mètres à l’ouest? Ce long parc linéaire qui longe la rivière 16 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Hudson sur plusieurs kilomètres est un lieu d’évasion prisé par les marcheurs new-yorkais. Cette large rivière et les côtes du New Jersey s’offrent constamment en spectacle tout au long du parcours. Au sud du parc, continuez sur l’esplanade qui longe la rivière et qui va rejoindre le Battery Park City, à la pointe de l’île. Cet îlot verdoyant, parsemé de monuments et de très vieux arbres, laisse entrevoir la statue de la Liberté et les horizons infinis de l’océan Atlantique. Ce fut le point d’arrivée de milliers d’immigrants venus peupler les États-Unis au siècle dernier. En poursuivant sur la promenade East River, traversez le South Street Seaport, l’ancien quartier portuaire. Devant vous s’élève le pont de Brooklyn. Préparez-vous à y monter, c’est un endroit tout désigné pour une balade hors de l’ordinaire. Le pont de Brooklyn Achevé en 1883, le pont de Brooklyn fut, à l’époque, le plus grand pont suspendu au monde. Une passerelle surélevée pour piétons, au-dessus de la circulation motorisée, permet aux visiteurs d’admirer la structure imposante de cette construction unique. C’est avant tout un promontoire privilégié pour observer les gratteciels de Manhattan, la cité de Brooklyn et les activités portuaires de la rivière East. Le panorama est particulièrement impressionnant le soir venu, au moment où la ville brille de tous ses feux. Central Park Avec ses 350 hectares verdoyants, Central Park nous plonge dans un monde à l’opposé de la frénésie qui caractérise Manhattan. Ses nombreux lacs, ses ponts antiques, ses arbres centenaires et ses vestiges uniques sont des témoins toujours vivants d’un riche passé. Que l’on traverse Belvedere Castle, The Dairy ou Bethesda Terrace  & Fountain, l’architecture et l’atmosphère des lieux font revivre la vieille Europe. L’élégance et le luxe des vieux immeubles à appartements qui dominent la cime des arbres, à l’ouest du parc, ne manquent pas


Central Park

High Line

de cachet. Ils ont en mémoire de nombreux locataires célèbres dont John Lennon, qui fut assassiné ici devant sa demeure du Dakota Building. En face, une section du parc, nommée Strawberry Field, lui est maintenant dédiée. Devant le monument commémoratif érigé en son honneur, à l’initiative de Yoko Ono, un vieux fan nostalgique rappelle aux badauds quelques faits qui ont marqué la vie de l’artiste. Un jeune musicien, guitare au cou, entonne en boucle de vieux succès que nous a fait connaître cet ex-membre des Beatles.

À l’autre extrémité de Central Park, on assiste à un rassemblement de tam-tams. Des spectateurs de passage, attirés par la fête, improvisent librement des danses sur les rythmes soutenus des percussions. L’activité a rapidement un effet d’entrainement et nous voici partie prenante d’un nouvel attroupement. C’est la magie du lieu qui opère, c’est aussi celle de Manhattan, la Grosse Pomme que l’on ne cesse de redécouvrir là où nous transportent nos petites espadrilles.

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 17


➤ DÉCOUVERTE

Le mont Gosford Enneigé et splendide!

Texte et photos : Claude P. Côté

➤ Connu comme le plus haut sommet du sud du Québec, le mont Gosford s’élève à 1 193 mètres d’altitude, tel un mirador dominant la région. Situé sur une pointe de terre qui s’enfonce vers le sud à la façon d’une incision en territoire américain, ce sommet offre une plateforme privilégiée pour observer les vastes étendues sauvages et montagneuses du Maine et du New Hampshire. Par temps clair, on peut apercevoir plusieurs sommets américains de plus de 1 000 mètres d’altitude, dont l’imposant mont Washington (1 917 m).

18 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014


DÉCOUVERTE ➤

D

e ce côté-ci de la frontière, à l’ouest, ce sont les plus beaux secteurs montagneux des Cantons-de-l’Est qui se présentent à nos yeux avec les biens connus mont Mégantic (1 105 m) et mont Orford (853  m). À l’est, la grande étendue du lac Mégantic se détache nettement du paysage forestier qui domine la région. Le territoire du mont Gosford propose 40 km de sentiers pour la raquette. Son enneigement hors du commun en fait un lieu privilégié pour les activités hivernales. Grâce à ses six refuges, les possibilités sont multiples pour les sorties de courte ou de longue randonnée. De plus, un service de transport de bagages est disponible. Une randonnée dans le secteur du refuge Clearwater, combinée à l’ascension du mont Gosford, constitue la découverte par excellence dans les environs. À elle seule, l’ascension du mont Gosford est une activité des plus particulières. Les feuillus que l’on côtoie au départ font graduellement place à une forêt de conifères à mesure que l’on monte en altitude. À plus de 900  mètres, le groupement forestier est de type boréal et se distingue, entre autres, par la présence de sapinière à oxalide des montagnes. On considère cette forêt comme exceptionnelle, compte tenu de sa rareté, puisqu’on la trouve seulement à des élévations de plus de 950 mètres. C’est une des raisons qui a convaincu le gouvernement du Québec de retenir une partie de la montagne pour y créer une réserve écologique. En 2009, une portion de 76 hectares de cet écosystème forestier exceptionnel a été reconnue sous le nom de Forêt rare du Mont-Gosford et sera conservée intacte pour les générations futures. Cette montagne et ses environs sont aussi l’une des rares aires de nidification du sud du Québec pour le Tétras du Canada, le Bruant fauve, la Paruline rayée et la Grive de Bicknell. Cette dernière est une espèce désignée menacée, mais très fréquente en été sur le territoire du mont Gosford et plus particulièrement dans le secteur de la vallée Clearwater. Vous n’aurez malheureusement pas l’occasion d’entendre son chant

mélodieux en cette période de l’année car cette espèce migre vers le Sud en hiver. Le mont Gosford est un pur plaisir pour l’amateur de raquette; non seulement pour le panorama exceptionnel depuis l’imposante tour juchée à son sommet, mais aussi pour la présence d’une superbe forêt de sapins tissée serrée et chargée de neige, ressemblant à une armée de fantômes géants. La descente du sentier vers la vallée Clearwater s’ouvre comme un mince couloir à travers la dense agglomération de sapins. Deux kilomètres d’une douce descente et nous atteignons le refuge après un dénivelé négatif d’à peine 300 mètres. N’est-ce pas le signe que cette vallée est juchée sur un haut plateau? La neige abondante qui règne au sol, dans ce secteur, ajoute du poids à cet énoncé. Le lendemain, profitant d’un soleil radieux, le groupe entreprend une randonnée en boucle qui conduit dans le secteur de Cap-Frontière. Nous avons la chance de parcourir l’espace dégagé de la frontière canado-américaine sur près de deux kilomètres. Sur la carte du sentier, le message est clair : « En tout temps, il faut demeurer du côté canadien de la ligne frontalière qui se trouve au centre de l’emprise déboisée ». Connaissant la susceptibilité de nos voisins du Sud, nous ne prenons aucun risque. En portant attention au déroulement sinueux de la ligne frontalière, on en vient rapidement à la conclusion que cette section déboisée, qui fait office de frontière, suit religieusement la ligne de partage des eaux. De notre côté, toutes les rivières cheminent vers le fleuve Saint-Laurent. Le secteur du mont Gosford fait aussi partie des Sentiers frontaliers, un réseau de 135 kilomètres de sentiers, dans le sud des Cantons-de-l’Est. Hébergement : 6 refuges et 2 abris trois faces (lean-to) —O  n peut réserver directement sur le site Web de Gestion mont Gosford —S  ervice de transport de bagages disponible pour tous les refuges —C  arte des sentiers en vente à l’accueil Renseignements : 418 544-9004 Gestion mont Gosford : www.montgosford.com Sentiers frontaliers : www.sentiersfrontaliers.qc.ca

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➤ DÉCOUVERTE

Texte : Nicole Blondeau Photos : LMI – Daniel Pouplot ➤ Reconnu comme centre de villégiature haut de gamme, Le Baluchon offre un très vaste choix d’activités et de services. On y vient non seulement pour ses chambres douillettes, sa cuisine raffinée et son spa santé, mais aussi pour le charme de son environnement naturel, dans lequel les activités de plein air tiennent une grande place.

L

e domaine, d’une superficie de 35 km2, présente un relief vallonné, en grande partie recouvert de forêt aux peuplements variés. Il est traversé par la rivière du Loup, toute en méandres et en cascades, ce qui fait que certaines sections gèlent complètement, et d’autres, pas du tout. Dans ce magnifique décor naturel est tracé un réseau de sentiers qui propose différents parcours, dont 23,7 km pour la raquette, et 3,8 km pour la marche hivernale. Il n’est pas obligatoire d’être client de l’auberge pour avoir accès aux sentiers; on peut aussi y venir pour la journée.

Sentier de la Nouvelle-France Tout en serpentant en forêt, ce sentier de raquette, qui forme une boucle de 5 km, longe d’abord la rive sud de la rivière. Cette dernière demeure toujours visible entre les arbres et, par endroits, le sentier surplombe le courant agité. Un belvédère, qu’on appelle ici « préau », donne une très belle vue sur la chute aux Trembles qui se précipite entre les rives glacées, dans un brouillard de gouttelettes d’eau qui s’élèvent très haut dans les airs. Le site se prête très bien à un pique-nique ou une pause-collation… s’il ne fait pas trop froid, naturellement. Puis le sentier longe une partie calme de la rivière, couverte de glace et de neige, et atteint un autre préau offrant un beau point de vue. Plus loin, on atteint un terrain complètement dégagé, au paysage pittoresque : apparaît d’abord la chapelle, toute mignonne sur sa petite butte, puis, plus haut sur une autre butte, le moulin à vent. En 20 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

continuant le long de la rive, le sentier conduit à une scène des plus insolites en hiver : un bateau de pirates échoué. À cet endroit, une jonction offre la possibilité de rentrer par le sentier du Raccourci. En poursuivant sur le sentier de la NouvelleFrance, on s’éloigne de la rive et, un peu plus loin, on rencontre la Table du Roy, une cabane à sucre qui sert aussi de refuge. Le retour au point de départ se fait à travers champs ou, si on préfère, sans raquettes par le sentier de l’Érablière. Sentier du Bas-de-l’Île Ce parcours en boucle de 6 km est probablement le plus populaire du Baluchon car, en plus d’être très agréable, il est admissible au Certificat du randonneur émérite québécois. Il fait le tour de la Grande île, enserrée entre les deux bras de la rivière du Loup. Dès le départ, il présente un paysage tout à fait charmant. Il pénètre en forêt par un trottoir de bois qui longe le courant agité, tout en offrant des points de vue sur la chapelle et le moulin à vent situés de l’autre côté de la rivière, ainsi qu’un belvédère donnant sur la chute aux Trembles qui se dévoile sous un autre angle. Au bout du trottoir, il faut chausser les raquettes pour poursuivre sur le sentier qui continue de longer la rive, parfois de très près. À mi-parcours de la boucle, on rencontre le Camp Laurentien, un très mignon relais chauffé où il fait bon prendre une pause. À partir de là s’amorce le retour en longeant l’autre bras de la rivière du Loup, tellement calme qu’elle gèle complètement.


DÉCOUVERTE ➤ Spa Santé Yoga, réflexologie, massothérapie, soins corporels ou esthétiques, le choix est grand. Les soins peuvent être achetés à la carte ou en forfait, dont l’un est spécialement conçu pour les randonneurs. Et pourquoi ne pas essayer le spa nordique? L’alternance chaudfroid stimule et détend. Après quelques minutes dans le sauna sec, puis une immersion dans le bassin froid à l’extérieur, la stimulation est immédiate. Par la suite, on peut relaxer dans le bassin à remous ou dans un fauteuil près du foyer extérieur, tout en admirant le paysage en bordure de la rivière. Le Baluchon y entretient une patinoire de 2,5 km, laquelle est entièrement éclairée aux fanaux le samedi soir. Le sentier se poursuit parallèlement à la patinoire, ondulant et zigzaguant dans les bois jusqu’au refuge du Moulin. Par la suite, il longe le pied d’un escarpement rocheux décoré de thuyas, puis se termine par une petite « grimpette » en haut de laquelle se trouve la jonction du sentier qui donne accès au pont de la chute à Damphousse. Autres sentiers Du pont de la chute à Damphousse, on jouit d’un beau point de vue sur celle-ci. On peut y observer les différentes couches de glace qui se sont formées au fil des caprices de l’hiver. De l’autre côté du pont, il y a deux options de parcours : ➤ En prenant à droite, le court sentier Chute à Damphousse (700 m) offre d’autres coups d’œil sur la cascade. Au bout du sentier, lorsque les conditions le permettent, on peut traverser à pied la rivière gelée pour rejoindre le refuge du Moulin. ➤ En prenant à gauche, le sentier de l’Archipel (8,5 km) suit les contorsions d’un méandre, entre rivière et forêt. En chemin, on rencontre la jonction du sentier de l’Île-du-Sabot. Une passerelle mène à la petite boucle qui fait le tour de l’île. Le sentier de l’Archipel se termine par une longue section de trottoir de bois sous couvert forestier. Tout près de l’écurie du Roy se trouve le pont principal. À quelques mètres de l’autre côté, on accède au sentier de l’Île-duCuré par une étroite passerelle au-dessus de la rivière gelée. Il forme une petite boucle dans le calme de la forêt. Tout dépendant des conditions de neige, ces sentiers peuvent être parcourus en raquettes ou en bottes munies de crampons. Ils côtoient parfois des sentiers de ski de fond, mais possèdent leur propre aire de circulation. Il y a aussi des chemins déblayés, accessibles à la marche. Au bout du monde C’est le nom de l’éco-café du Baluchon, un lieu parfait pour faire une pause ou clore une journée de plein air. Adjacent à l’accueil, l’éco-café Au bout du monde présente « l’expérience des sens ». Le décor rustique, où sont mis en valeur un foyer et des pièces d’une ancienne scierie, crée une ambiance chaleureuse. On y fait la promotion d’une alimentation de proximité. Les produits du terroir occupent une très grande place au menu : jarret d’agneau, ragout de lapin, hot-chicken lapin-oie, burger bisoncerf-sanglier, sandwichs gourmet, frites maison, soupes-repas, plats végétariens, fromages fins et tentations sucrées, sans oublier les vins, bières, thés et cafés. La liste des 54 fournisseurs et producteurs locaux et régionaux est dressée à la fin du menu. Certains produits sont disponibles à l’épicerie fine de l’éco-café. Cuisine locale et responsable se retrouve également à la salle à manger du Baluchon. Que ce soit pour le souper gastronomique quatre services ou le brunch du dimanche, les produits locaux se mêlent aux techniques culinaires de partout sur la planète, pour le plus grand plaisir des gourmets et des gourmands.

L’hébergement Pour bien profiter de tout ce qu’offrent les lieux, il faut plus qu’une journée. Un week-end ou des vacances seront donc des plus bénéfiques. Le Baluchon compte 88 chambres, réparties dans quatre auberges, chacune possédant une salle de séjour, un bain tourbillon et un sauna. Pour les familles ou les personnes qui recherchent plus d’intimité, le Chalet de la Rivière, au décor rustique et chaleureux, compte trois chambres et toutes les commodités, comme à la maison. Renseignements ➤ Activités hivernales : raquette, marche hivernale, ski de fond, patinage, glissade, géocaching, équitation, traîneau à chiens, sleigh ride. ➤ Location d’équipement : raquettes, skis de fond, patins. ➤ Frais d’accès aux sentiers : 7,95 $ en semaine; 10,95 $ les fins de semaine et jours fériés. ➤ Frais pour les autres activités : de 7,95 $ à 77,50 $. ➤ Forfaits : très vaste choix, à partir de 135 $ par personne. ➤ Pour s’y rendre : de Louiseville, suivre la route 349 nord sur 26 km. À Saint-Paulin, continuer tout droit jusqu’au chemin des Trembles. Tourner à droite et faire 1 km. 819 268-2555 – 1 800 789-5968 – www.baluchon.com Le Baluchon, une histoire à succès Il y a une trentaine d’années, sept étudiants férus d’aventures initiaient le concept Éco-plein air Le Baluchon. Deux d’entre eux en assurèrent la direction et, très tôt, ils obtinrent les droits de jouissance des terrains de l’ancien moulin Damphousse, puis ceux des chutes à Magnan, de la chute aux Trembles, de la chute Damphousse, de l’archipel du Sabot-de-la Vierge. Les appuis fusèrent de partout et les jeunes entrepreneurs, qui ne manquaient ni d’ambition ni de courage, décidèrent d’établir une station touristique à vocations multiples. En 1990, Le Baluchon ouvrait officiellement ses portes au public avec 12 chambres et 20 employés. Aujourd’hui, Le Baluchon compte une centaine d’employés, une quinzaine de bâtiments, cinq stationnements, une quarantaine de kilomètres de sentiers, et toute une panoplie d’aménagements et de services divers. Il possède également une impressionnante liste de prix et distinctions.

Tirage Dans le cadre du 25e anniversaire de Marche-Randonnée, Le Baluchon offre un séjour pour deux personnes, incluant une nuitée, un petit déjeuner et un souper gastronomique. Le forfait inclut l’accès aux sentiers et certaines activités. Voyez comment participer au tirage à la page 5 du présent numéro. Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 21


➤ DÉCOUVERTE

L’île Verte en saison blanche Texte et photos : Claude P. Côté

➤ Sans jamais y avoir mis les pieds, j’avais maintes fois entendu parler de l’île Verte. J’imaginais une petite île pittoresque que l’on déserte l’hiver faute de services ou de lien hivernal avec la terre ferme. Mais quelle méprise! Ce coin de pays, que l’on nomme aussi Notre-Damedes-Sept-Douleurs, a un cœur qui bat douze mois par année!

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ne trentaine de personnes y résident en permanence. Pendant la saison froide, un pont de glace permet aux insulaires d’être en contact avec le continent, sinon un hélicoptère prend la relève jusqu’à ce que le traversier de l’île reprenne son service au printemps. Tout ça, je l’ai appris en découvrant l’existence d’un événement annuel qui a pour nom « Île Verte sur glace ». Ce dernier est le pendant hivernal du « Sentier de la Bouette », une activité estivale où les participants traversent vers l’île Verte à pied, à marée basse. Avec « Île Verte sur glace », les marcheurs entament le même parcours, mais cette fois en février, en utilisant le pont de glace. La traversée se déroule dans une atmosphère de fête, juste après la tombée du jour. Dès 18 h, du quai de la Rivière-des-Vases sur le continent, une procession se met en branle à la lueur des flambeaux qui balisent le circuit. À mi-parcours, au milieu de la traversée, une halte accueille les marcheurs. Pour se détendre et se réchauffer, les participants ont

droit à un p’tit verre de caribou ou un bon chocolat chaud, autour d’un grand feu de joie érigé sur le Fleuve. Dans le ciel, les feux d’artifice sont au rendez-vous, signe que l’île Verte est en pleine célébration. Arrivé sur la terre ferme, le cortège échoit chez Raymonde et Jacques, dans la salle du café l’Entre-Deux-Marées, qui a ouvert ses portes spécialement pour l’occasion. Après un délicieux petit goûter, on passe au concours de dessert, une activité ouverte à tous, qui permet à l’assistance de savourer des créations originales et de voter pour le dessert le plus succulent. Une île à découvrir à pied ou en raquette En hiver, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs constitue un grand territoire pour la marche. Le chemin de l’Île, l’unique route qui traverse le territoire d’est en ouest, est la voie par excellence pour explorer l’un ou l’autre des secteurs de l’île. Ce chemin de 13 kilomètres a tout le charme et la tranquillité des anciens rangs


DÉCOUVERTE ➤

de campagne avant l’apparition des « chevaux motorisés ». Déambulant vers la pointe est de l’île, on parcourt un paysage rural qui a conservé tout son charme d’antan. En fond de scène, on peut admirer les étendues glacées du chenal Sud et les collines appalachiennes qui ferment l’horizon. À l’extrémité du Bout-d’en-Haut, l’île se termine en pointe, comme une proue de bateau ancré au milieu du Fleuve. À l’extrémité opposée de l’île, une balade jusqu’à la pointe du Bout-d’en-Bas permet au visiteur de contempler l’île aux Pommes, l’île aux Basques et les collines de Trois-Pistoles. La station de phare de l’île Verte est un autre coin qui mérite un détour. Bien que la station soit fermée aux visiteurs en hiver, le panorama qu’on peut admirer depuis cet endroit est époustouflant! Au bout du chemin du Phare, sur une pointe qui s’avance dans le Fleuve, le regard embrasse tout le nord de l’île, la côte de Charlevoix, l’entrée du Fjord, la Côte-Nord et l’immensité de l’estuaire du Saint-Laurent. Cet emplacement était tout désigné pour y ériger le premier phare du Saint-Laurent, en 1809, en raison des hauts-fonds, des remous et des forts courants qui rendaient la navigation de ce secteur extrêmement dangereuse. On aime l’île pour sa quiétude. Mais on peut aussi profiter de sa visite pour expérimenter la pêche à l’éperlan dans le hameau de

petites cabanes blanches qui s’étend sur la glace du chenal Sud. Il me reste un trésor à vous faire découvrir : il y a sur l’île un accueillant petit restaurant de douze places, ouvert toute l’année, du nom de l’Échouerie. C’est exceptionnel, sur une île de cette dimension, de trouver un restaurant gastronomique du genre; surtout pour un repas de cinq services. Il faut réserver et passer sa commande d’avance pour goûter cette expérience culinaire unique, préparée par Michèle Dionne et servie par l’homme aux multiples chapeaux, Michel Cusson, son conjoint. L’île en elle-même est une expérience unique, tout particulièrement en version hivernale. Hébergement et déplacement Quelques gîtes et chalets sont ouverts en hiver. Vos hôtes vous aideront à organiser votre traversée et vos déplacements sur l’île. Consultez le site www.ileverte-tourisme.com Activité « Île Verte sur glace » Les renseignements seront diffusés sur le site touristique de l'Île Verte, sur www.ileverte-tourisme.com/le-blogue et sur la page Facebook Île Verte.

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Saint-Zénon

LA HA UT E-M ATAW I N I E Paradis de la motoneige ou de la raquette ? ➤ Le territoire de la Haute-Matawinie s’étend de la municipalité de Saint-Zénon, au sud, jusqu’à la Texte : Pierre Duff réserve Atikamekw de Manawan, complètement au nord de la région de Lanaudière. Immense territoire Photos : Louise Labrecque sauvage, parsemé de trois villages seulement, la région a été conquise depuis des décennies par les adeptes de motoneige, qui y ont découvert un terrain de jeu à la grandeur de leurs ambitions.

M

ais comme les amants de l’hiver ne « trippent » pas tous « moteurs », les aubergistes et hôteliers de la région ont commencé à diversifier leur offre de service et on retrouve ainsi de plus en plus de lieux où on peut faire de la raquette près des hébergements. Marche-Randonnée a visité pour vous quatre de ces endroits.

Saint-Zénon Notre périple commence à Saint-Zénon, à 30 km au nord de Sainte-Émélie-del’Énergie. Situé à 475 m d’altitude, ce village a la réputation d’être le plus haut du Québec. On y a aménagé un petit centre de raquette et de ski de fond, au cœur même du village. Le départ des sentiers se trouve sur la rue Philippe, à 400 m de la route 131. Il y a un petit stationnement, tout juste après le sentier de motoneige. Le sentier de raquette forme une boucle de quelque 2,2 km, de niveau facile, avec peu de dénivelé. Les premiers mètres sont partagés avec le ski de fond et rapidement ils nous font pénétrer dans une forêt dense de conifères. Le sentier aux attraits variés passe de la forêt dense à d’anciens chemins forestiers, de même que derrière le terrain de balle. Sur ce sentier bien balisé et facile à suivre, on verra tout le long de la randonnée d’innombrables pistes de lièvres, de renards et surtout de chevreuils. C’est un beau petit sentier pour nous mettre en appétit avant de monter plus au nord, vers Saint-Michel-des-Saints. Pourvoirie Kan-à-Mouche Fondée en 1945, la pourvoirie Kan-à-Mouche est la plus vieille pourvoirie de la région. Elle a vu défiler sur le lac Carmel des 24 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

gens très connus dans les années 50. Elle a en effet hébergé des Kennedy, des Duplessis et même Bob Hope et Marilyn Monroe! Le charme d’antan est toujours présent avec l’énorme peau de couguar qui orne la salle à manger et la disponibilité des raquettes en babiche. Et quoi de mieux, pour compléter le tableau, que les trois chevreuils qui traversaient tranquillement le lac à notre arrivée? Les 11 km de sentiers sont tous ouverts pour la raquette en hiver. Pour les plus beaux points de vue, il faut Pourvoirie Kan-à-Mouche parcourir le sentier écologique, qui fait le tour du lac, et allonger le parcours par le sentier Jaune. Le départ se fait au bout du chemin conduisant aux chalets et, même si on n’est pas toujours sur le bord du lac, on voit ce dernier presque tout le temps. Complètement au bout du lac, un petit belvédère offre une belle vue sur celui-ci et sur le camp tout au fond. Vient ensuite une bonne montée où des cordes ont été installées pour ceux qui utilisent des raquettes d’antan, mais avec des raquettes modernes, il n’y a pas de problème. Apparaissent par la suite deux beaux points de vue grâce à des trouées dans la forêt. Si vos jambes tiennent le coup, pourquoi ne pas prendre le sentier Jaune et aller profiter de la superbe vue sur le lac England, de l’autre côté de la montagne? Au retour, quand vous aurez rejoint le sentier écologique, vous traverserez une érablière et sa cabane à sucre. Dommage qu’elle ne soit pas ouverte comme halte. De retour au niveau du lac, vous pourrez aller au pied de la très impressionnante cascade de glace, en face du camp, ou encore admirer cette dernière, assis bien au chaud au bar en sirotant une bonne boisson chaude et en vous reposant après ces 5 km parcourus.


DÉCOUVERTE ➤ boucle. Après avoir visité le site amérindien, prenez L’Accalmie pour revenir à l’auberge et prendre un peu de repos au bistro Le Boréal. Si cette boucle d’environ 6 km ne vous a pas rassasié, reprenez vos raquettes et allez parcourir Le Mistral. Long de 2,5 km, ce sentier facile fait le tour de l’île aux Sables, juste en face de l’auberge. Il vous donnera des points de vue sur différentes portions du lac et sur les domaines de ses riches villégiateurs.

Auberge du Lac Taureau

Pour passer la nuit La pourvoirie Kan-à-Mouche possède huit chalets pouvant accueillir de deux à onze personnes. Certains sont équipés d’une cuisine ou d’un foyer, mais tous ont un réfrigérateur. La literie est incluse et la propreté est impeccable. Si vous voulez un congé de cuisine, la salle à dîner offre d’excellentes tables d’hôte dans un décor enchanteur, sur le bord du lac. Les petits déjeuners de style américain sont aussi délicieux que copieux. En soirée, ne manquez pas la féerie des étoiles ou des aurores boréales. On est loin des lumières de la ville… Auberge du Lac Taureau Déplaçons-nous 15 km plus au nord, sur les rives du majestueux réservoir Taureau, pour découvrir un autre réseau de sentiers de raquette, celui de l’Auberge du Lac Taureau. Les 25 km de sentiers multifonctionnels sont presque tous accessibles à la raquette, mais seulement quelques-uns sont exclusifs à cette pratique. Si ce n'est pas suffisant, vous pouvez faire du hors-piste partout sur le territoire de l’auberge. Parmi les sentiers réservés à la raquette, l’un des plus intéressants est La Dynamique. Long de 1,9 km, il commence tout doucement sur le premier kilomètre, avant de monter graduellement, mais de façon soutenue, jusqu’à un magnifique point de vue sur le lac, 100 m plus haut. Au retour du belvédère, au lieu de revenir sur vos pas, vous pouvez prendre L’Équilibre, puis L’Alizé, qui vous mèneront de nouveau au niveau du lac, mais en faisant une grande

Villégiature Matawinie Notre dernier arrêt est à Villégiature Matawinie, sur les rives du lac à la Truite, toujours à Saint-Michel-des- Saints. Fondé par une congrégation religieuse pour accueillir des groupes de jeunes, le centre a toujours conservé sa vocation familiale. De multiples activités sont offertes, dont la raquette, accompagnées ou non par des animateurs. Le sentier le plus populaire est celui du Porc-Épic. Après les deux ponts qui permettent de contourner le lac, il faut tourner à droite et longer le lac sur une courte distance avant d’entrer en forêt et de monter au belvédère, tout juste après une belle cascade de glace. Ce parcours possède une longueur de 2,5 km; il faut cependant compter une montée de près de 100 m. Un autre sentier intéressant est celui qui fait le tour du lac Sauvage. D’une longueur de 4,2 km et relativement plat, il est partagé avec le ski de fond, ce qui en réduit un peu la largeur. Plusieurs superbes points de vue sur le lac et sur l’île Magique sont disséminés tout au long du parcours. Pour passer la nuit Pour passer une nuit réparatrice, Villégiature Matawinie offre, dans son auberge, des chambres confortables, spacieuses, et sans télé pour la plupart. Cela vous permettra, après le souper, d’aller jouer dehors ou simplement de contempler les étoiles. Des chalets et des dortoirs sont aussi disponibles. Quoi de mieux, avant d’aller souper, que se détendre dans la piscine ou dans l’immense spa. Les repas, servis dans la salle à diner offrant une vue sur le lac et sur les activités extérieures, sont tous de type buffet. Ceux-ci sont aussi complets que délicieux et les jeunes ont droit à leur menu particulier. En conclusion, ne nous faisons pas d’illusions! Ce n’est pas demain que l’on pourra faire de la randonnée en silence dans la région et que notre sport tranquille supplantera la motoneige comme reine de la Haute-Matawinie. Mais en attendant, la région est en train de devenir un endroit de choix pour pratiquer la raquette, autant pour la qualité de ses infrastructures que pour son climat hivernal qui nous rappelle encore nos hivers d’antan, ou presque... Tourisme Haute-Matawinie : 450 833-1334 www.haute-matawinie.com

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➤ prêt-à-partir

LA FORÊT OUAREAU

en 2 jours - 1 nuit ➤ Amateurs de raquette, de grand air et du confort bien mérité d’un refuge, préparez votre sac à dos et partez pour deux jours d’aventure au cœur de la Forêt Ouareau. Le présent guide vous dira comment vous préparer, où vous rendre et quels sentiers emprunter. Suivez le guide! Texte : Olivier Bélanger Photos : SDPRM

ÉTAPE 1 : S’INFORMER SUR LE LIEU

Le Parc régional de la Forêt Ouareau, d’une superficie de 150 km2, se situe dans la municipalité de Notre-Dame-dela-Merci, dans la région de Lanaudière. Le parc est divisé en deux secteurs, dont celui du Massif, où commencera votre aventure. Au cœur d’une forêt mixte, les sentiers vous mèneront sur plusieurs sommets. De nombreux points de vue vous permettront de contempler l’immensité du territoire. Ne vous faites pas d’illusions, ces vues panoramiques se méritent ! Et, donc, quelques bonnes ascensions vous attendront pendant votre séjour. La longue randonnée que nous vous proposons est accessible à tous les amateurs de randonnée en raquette, peu importe leur niveau; même qu’il s’agit de l’endroit parfait pour s’initier à la longue randonnée, en raison des services offerts et de la facilité d’accès. Tout le monde devrait goûter, au moins une fois dans sa vie, au plaisir que procure une nuitée en refuge après une journée en plein air. La chaleur du poêle à bois, l’odeur du repas qui mijote, l’éclairage tamisé, le silence d’une nuit d’hiver...

ÉTAPE 2 : ÉVALUER LA FICHE TECHNIQUE

Longueur totale : 13,4 km Type : boucle Difficulté : débutant / intermédiaire Temps de marche (moyenne par jour) : 3 h 30 Hébergement : refuge Prud'Homme Capacité : 8 personnes Aménagements et services : toilette sèche, poêle à bois, bases de lits en bois, tables et chaises, transport de bagages.

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ÉTAPE 3 : PLANIFIER QUAND

Dès aujourd’hui ! Je sais, il n’y a peut-être pas encore de neige, mais quand on se lance dans une aventure comme celle-ci, il faut planifier à l’avance. Donc, en attendant la neige, vous pouvez déjà choisir une date. Une fin de semaine de deux jours suffit pour cette longue randonnée, de préférence dans les mois de janvier, février ou mars. Vérifiez les disponibilités du refuge et, finalement, réservez ! Les refuges sont très prisés l’hiver, donc, le plus tôt sera le mieux !

ÉTAPE 4 : VÉRIFIER LA LISTE D’ÉQUIPEMENT

Équipement : voyez les listes complètes sur le site de la Fédération québécoise de la marche, www.fqmarche.qc.ca, cliquez sur Boîte à outils, puis sur Conseils pour une randonnée réussie. Repas : 2 diners (jours 1 et 2) – 1 souper (jour 1) – 1 déjeuner (jour 2)

ÉTAPE 5 : SE RENDRE AU DÉPART

De l’autoroute 25 nord, continuez sur la route 125 jusqu’à NotreDame-de-la-Merci. Tournez à droite sur le chemin du CanardBlanc, et encore à droite sur le chemin du Massif. L’accueil se trouve au bout du chemin. — N46.2240,W74.0459


prêt-à-partir ➤

ÉTAPE 6 : SUIVRE L’ITINÉRAIRE Jour 1 – Tracé orange : de l’accueil au refuge Prud’homme

Longueur : 5 km — Dénivelé : 230 m

Du poste d’accueil, prenez la boucle du belvédère de la Croix. Montez jusqu’au belvédère et continuez jusqu’à la jonction du sentier du Massif. Poursuivez sur le sentier du Massif en direction du refuge Prud’homme. Option : une fois au refuge, vous pouvez y déposer votre sac à dos et vous rendre aux lacs à Prud’homme. Suivez la boucle du Mont Prud’homme jusqu’aux lacs et revenez sur vos pas jusqu’au refuge. Allumez le poêle à bois et profitez de la vie.

Jour 2 – Tracé rose : du refuge Prud’homme à l’accueil

Longueur : 8,4 km — Dénivelé : 350 m

Du refuge Prud’homme, prenez le sentier A. Une première bonne montée mène au sommet du massif. À la jonction du sentier du Massif, tournez à gauche et continuez sur le sentier du Massif. Marchez 2,5 km; vous atteignez plusieurs points de vue avant de prendre le sentier B pour descendre. Une fois au refuge Pelletier, reprenez le sentier du Massif en direction de l’accueil du parc.

Important : les sentiers peuvent avoir été ouverts par d’autres randonneurs avant vous. Par contre, envisagez la possibilité que vous devrez ouvrir les sentiers, selon les précipitations des derniers jours et la fréquentation des sentiers. Le temps de marche peut varier grandement selon l’épaisseur de la neige si vous ouvrez le sentier. Réservation des refuges : 450 883-2730 – 1 866 266-2730 Pour plus de détails, la carte topographique ou le document complet « Prêt-à-partir », contactez Olivier Bélanger à la Fédération québécoise de la marche, au : 514 252-3000, poste 3680, ou 1 866 252-2065. Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 27


Le bâton de pèlerin Déjà à un an et demi, notre fils a commencé spontanément à marcher avec un grand bâton trouvé lors d’une promenade dans le sentier Principal, au Parc régional éducatif Bois de Belle-Rivière, à Mirabel dans les Laurentides. C’est un magnifique lieu de marche pour toute la famille, en toute saison.

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PAYSAGE DU QUÉBEC ➤

Concours photo Randonner au Québec 2e prix : Geneviève Carpentier

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➤ HISTOIRE

Texte : Simon Diotte Photos : Faber & Co ➤ À la fin des années 70, c’est l’âge d’or de la raquette traditionnelle au Québec. « C’était complètement fou ! On était des dizaines de fabricants de raquettes dans la région de Québec et on était tous débordés » raconte Guy Faber, président de Raquettes Faber, un manufacturier de Loretteville, arrondissement de la Vieille Capitale.

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ais au début des années 80 surviennent deux années sans neige. Et, comble de malheur, une grosse récession frappe le Québec. Subitement, le marché de la raquette en babiche s’effondre. Plusieurs manufacturiers fusionnent ou ferment leurs portes. Toutefois, Faber résiste à l’hécatombe. Fondée en 1870, cette entreprise familiale, maintenant dirigée par la quatrième génération de la même famille, semble posséder un antidote qui lui permet de survivre à toutes les crises. Aujourd’hui, l’entreprise de 143 ans, dont l’usine occupe le même emplacement qu’à ses débuts et est dirigée par les frères Richard et Guy Faber, continue d’approvisionner le monde en raquettes, tout en employant une trentaine de personnes. Bien que les raquettes high tech aient pris le dessus dans la production, Faber poursuit néanmoins la tradition en fabriquant encore et toujours des raquettes en babiche. « En plus d’être un objet décoratif, la raquette traditionnelle demeure extrêmement performante dans les froids extrêmes, car la babiche et son cadre en bois ne craignent pas les températures glaciales, au contraire de l’aluminium et du plastique. C’est pour ces raisons qu’on en vend encore beaucoup dans le Grand Nord », affirme Guy Faber. Cependant, l’ère de la raquette amérindienne tire peut-être à sa fin. Ce n’est pas une question de marché, la demande est encore là, mais en raison de la difficulté d’approvisionnement en matières premières. « Auparavant, il existait dans la région de Québec des dizaines de tanneries qui pouvaient nous fournir en babiche (cuir de vache). Aujourd’hui, une seule tannerie survit au Canada, mais pour combien de temps ? », explique Guy Faber. Le manufacturier fait également face à un autre problème : les cadres de raquettes sont en frêne. Or, il existe présentement un parasite, l’agrile du frêne, qui tue les arbres de cette essence. Une véritable épidémie ! « On avait l’habitude d’importer notre frêne des États-Unis, mais aujourd’hui, ça devient de plus en plus difficile » dit Guy Faber. Ce qui pourrait clouer le cercueil de la babiche, c’est la disparition du savoir-faire traditionnel du laçage. « Peu de personnes sont intéressées à maîtriser cette technique ancestrale », constate sans surprise M. Faber. La morale de cette histoire, c’est que si vous voulez une belle paire de raquettes en babiche pour décorer le mur de votre chalet, ne tardez pas trop longtemps !

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Guy Faber, président de Faber & Co

Raquettes high tech Toutefois, l’arrêt probable de la production en babiche ne signifie pas la fin de l’entreprise. Après la difficile période du début des années 1980, Faber a commencé à se diversifier avec la fabrication de raquettes hybrides. « Ces raquettes ont l’avantage de combiner les qualités d’un cadre en bois avec celles d’un tamis en copolymère. Contrairement à la babiche, ce matériau n’absorbe pas l’eau, ce qui le rend plus efficace en condition de neige fondante », dit Guy Faber. Dans les années 1990, l’entreprise embarque aussi dans la fabrication de raquettes en aluminium avec fixations. Ce type de raquettes a été inventé dans les années 1970 dans l’État de Washington, aux États-Unis, par la compagnie américaine Sherpas. Leur polyvalence et leur apparence plus contemporaine ont fortement contribué à la renaissance de la raquette au tournant des années 1990. Dans sa métamorphose d’équipement traditionnel en équipement high tech, la raquette a aussi changé de vocation. Plutôt qu’être un outil pour s’aventurer hors piste, pour explorer la nature ou pour parcourir sa ligne de trappe, les raquettes servent désormais à conquérir des montagnes... sur des sentiers balisés et bien souvent damés. « Résultat : les grandes raquettes, assurant une meilleure flottaison sur la neige, sont devenues de moins en moins populaires, les raquetteurs leur préférant des modèles de plus petites dimensions, avec des crampons pour se déplacer sur de la neige croûtée ou glacée », explique Guy Faber. La menace chinoise Bien que le marché de la raquette ait explosé à la fin du dernier millénaire, une nouvelle menace se pointe à l’horizon : les produits chinois envahissent les boutiques de plein air. Pour résister à l’envahisseur, les deux frères Faber, qui refusent de délocaliser leur production vers l’Asie, décident d’investir davantage en innovation. Depuis, la compagnie ne cesse de surprendre avec de nouveaux produits à la fine pointe de la technologie. « Contrairement aux Chinois, qui ne font que de la copie, nous, on teste nos raquettes et on les corrige jusqu’à ce que ça marche parfaitement », explique Richard Faber, directeur de la production. Pour la saison 2013-2014, Faber lancera sa raquette la plus high tech à ce jour : la Sommet, une raquette ultralégère pour la montagne et l’entraînement. Le cadre en « U » de ce modèle


HISTOIRE ➤ permet, aux dires du fabricant, une démarche plus facilitée sur la neige. Le tamis WTD - Wing Traction Decking - en copolymère, traité pour résister à des températures de -40 °C, crée des ailes offrant une traction optimale et des trous pour l’évacuation de la neige. « En nécessitant moins de rivets, cette raquette coûte moins cher à produire. On peut donc l’équiper avec notre meilleur harnais et notre meilleure système de pivot, tout en l’offrant à un prix très compétitif (NDLR : de 215 $ à 230 $) », soutient Richard Faber. Et pour rester concurrentielle, l’entreprise Faber doit constamment suivre les tendances. Depuis quelques années, on assiste à un retour en force d’une discipline très populaire dans la première moitié du XXe siècle : les courses en raquettes. Faber a ainsi créé la raquette Run, qui ne pèse que 975  g (2,15  lbs), pour répondre à ce marché. L’an dernier, le magazine américain « Outside » l’a nommée meilleure raquette pour femmes de 2013. Guy Faber s’attend à des critiques aussi dithyrambiques pour la Sommet. « Backpacker Magazine était emballé par notre produit. J’ai bien hâte de lire leur guide d’achat », dit le dirigeant de l’entreprise. En 143 ans, la compagnie Faber en a vu de toutes les couleurs, mais rien de tel que le défi qu’imposeront les changements climatiques. Comme le rappelle la dure époque du début des années 1980, un ou deux hivers sans neige peuvent causer du tort aux entreprises de plein air. Souhaitons que la neige, malgré les pronostics, ne nous quittera pas de sitôt… pour que la raquette poursuive son irrésistible ascension. Faber & Co Date de fondation : 1870 Président : Guy Faber Nombre d’employés : 30 Production : ± 50 000 raquettes par année

Raquette traditionnelle en babiche

Raquette avec cadre en aluminium

La Sommet, pour la montagne

La Run, pour la course

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 31


Photo : LMI – Daniel Pouplot

Blanche magie en raquette

Par Nicole Blondeau

Sentier pédestre Neil-Tillotson

Situé dans la MRC de Coaticook, ce sentier fait le lien entre East Hereford et SaintHerménégilde en traversant le mont Hereford. Au sommet, qui culmine à 864 m d’altitude, le panorama s’étend sur 360 degrés. On peut distinguer, entre autres, les monts Ham et Mégantic, et même le mont Washington lorsque le temps est très clair. La forêt qui recouvre la partie supérieure de la montagne est composée principalement de sapins baumiers, qui retiennent la neige. Celle-ci, sculptée par le vent, transforme les arbres en créatures fantasmagoriques. Dans la partie inférieure, la forêt est plus variée, favorisant ainsi l’observation de cerfs de Virginie, très nombreux dans la région. À quelques centaines de mètres de l’entrée du sentier, une bifurcation mène à la chute Donat, qui peut geler complètement. ➤ Longueur : 12 km, aller seulement ➤ Accès : de Coaticook, emprunter la route 206 est, tourner à droite sur la rue Desrosiers et faire 30 km environ en direction d’East Hereford. Un stationnement se trouve à droite, juste avant le chemin Lépine. Prendre note qu’il s’agit du seul accès possible en hiver. ➤ Info : 819 844-2463 – 1 866 849-6669 www.municipalite.easthereford.qc.ca

Charlevoix

Mont-du-Lac-des-Cygnes

Pour effectuer cette superbe ascension, il faut être prêt à affronter des conditions climatiques difficiles. La première partie du sentier serpente et grimpe progressivement dans une forêt composée de jeunes feuillus et de quelques bosquets de conifères, tout en offrant constamment des vues magnifiques sur les montagnes environnantes. À 3 km du départ, on trouve des toilettes sèches et, quelques dizaines de mètres plus loin, un abri fermé mais non chauffé en bordure du lac George. Par la suite, la pente s’accentue, la végétation devient de plus en plus basse et clairsemée, et le vent, de plus en plus fort. Au sommet, le panorama de 360 degrés est à couper le souffle ! C’est le moins qu’on puisse dire, surtout que les vents peuvent être très violents. Il faut donc prévoir des vêtements adéquats pour pouvoir admirer sans grelotter le paysage qui s’étire à l’infini. De plus, il est important de bien repérer le chemin du retour, car le vent qui balaie la neige efface toute trace de pas, et les conditions changeantes peuvent rendre la visibilité nulle. ➤ Longueur : 8,6 km, aller-retour ➤ Accès : de la route 138 à Baie-Saint-Paul, suivre la route 381 jusqu’au km 21 où se trouve l’accueil du Mont-du-Lac-des-Cygnes. ➤ Info : 418 439-1277 – 1 800 665-6527 – www.sepaq.com

32 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Cantons-de-l'Est

Photo : Luc Larochelle / Mun. East Hereford

➤ « Mon pays, c’est l’hiver », comme le dit si bien Gilles Vigneault. Quelle chance nous avons de vivre dans un pays de neige ! Du moins, c’est ce qu’on se dit lorsqu’on est adepte de raquette. Plus il y a de neige, plus on est heureux. Les tempêtes nous réjouissent, car elles promettent de belles randonnées dans la poudreuse. Parés de leurs atours hivernaux, les sentiers qui nous sont familiers présentent de nouveaux paysages, sans cesse renouvelés. Éblouissants sous le soleil ou austères sous de lourds nuages, ils sont source de sensations et d’émotions. Cette blanche magie nous procure à la fois énergie et détente. Souhaitons-nous donc un hiver enneigé !


Mont Sainte-Anne et mont Blanc

Gaspésie

Photo : Marie Leblanc

DESTINATIONS ➤

La côte gaspésienne exerce sa magie sur tous ceux qui la visitent. En hiver, elle est particulièrement envoûtante avec ses paysages figés dans le froid et libérés de la foule des touristes. À Percé, les sentiers qui sillonnent le mont Sainte-Anne et le mont Blanc sont tous accessibles à la raquette. Sommets, crevasses, éboulis et autres phénomènes géologiques sont transfigurés par la neige. Que ce soit par le sentier des Pieds croches, la route des Failles ou le chemin du Mont Sainte-Anne, les points de vue sont éblouissants de beauté. La côte, la mer, l’île Bonaventure, le village et le rocher Percé se dévoilent sous un jour que peu de touristes ont vu. Au site de la Grotte, l’eau qui ruisselle sur les parois se transforme en une impressionnante sculpture de glace. La forêt, dominée par les thuyas à sa base et les épinettes plus en altitude, ajoute à la variété des attraits du lieu.

Lanaudière

Sentier des Contreforts

Malgré sa longueur, ce tronçon du Sentier national est très apprécié pour la variété des paysages qu’on y trouve. Tout en serpentant et en ondulant à travers divers peuplements forestiers, il offre de nombreux attraits. Depuis son extrémité ouest, il longe d’abord le Premier lac du Castor, puis grimpe un peu. Un sentier secondaire conduit en haut d’une falaise procurant un beau panorama sur le lac Blanc bordé de chalets. Plus loin sur le sentier principal, d’autres points de vue en hauteur offrent différents coups d’œil sur les trois lacs des Castors. En poursuivant vers l’est, on rencontre deux abris à trois faces (lean-to) distants l’un de l’autre d’un peu plus de 9 km, ainsi que de nombreux points de vue dans différentes directions. À son extrémité est, le sentier se connecte au sentier de la Rivière Swaggin, un autre tronçon du Sentier national.

L’Expédition, Cap 360 et Mont-Gorille

Laurentides

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Longueur  : traversée de 27,3 km ➤ Accès  : Ouest : de Notre-Dame-de-la-Merci, prendre la route 347 nord et faire 7 km environ. Après avoir traversé la rivière Ouareau, tourner à droite sur le chemin Saint-Côme et faire 1,5 km – Est : dans le village de Saint-Côme, prendre le rang Versailles sur 5 km environ, puis la route du Lac-Clair sur 2 km environ. ➤ Info  : 450 834-5441 – 1 800 264-5441 – www.matawinie.org

Ces trois sentiers bout à bout font le lien entre le village de Labelle et le Camp Quatre Saisons, et constituent un autre tronçon du Sentier national. À peine parti de la gare de Labelle, le sentier grimpe la montagne du Dépôt, qui fournit un beau point de vue sur le village et la rivière Rouge. Plus loin, il passe entre le Petit lac Caribou et le lac Joly, puis gravit la montagne du Caribou. C’est en haut que se trouve le Cap 360. Celui-ci porte bien son nom, car il offre des vues dans toutes les directions. De plus, chose inusitée, on trouve sur ce sommet de gros blocs erratiques, déposés là par un glacier il y a plus de 80 000 ans. Le sentier descend ensuite vers le lac Nantel, puis remonte et suit la crête du mont Gorille (545 m), où les points de vue se succèdent. On peut admirer, entre autres, le massif du mont Tremblant. Le sentier aboutit à la route menant à l’accueil La Cachée du parc national du Mont-Tremblant. ➤ Longueur  : traversée de 18 km ➤ Accès : Ouest : de la route 117 à Labelle, suivre la rue du Pont et stationner à la gare. L’entrée du sentier est à 250 m vers le nord-est. – Est : de Labelle, suivre les indications pour le parc national du Mont-Tremblant jusqu’au Camp Quatre Saison. L’entrée du sentier se situe à 800 m avant l’accueil de La Cachée. ➤ Info : Labelle : 819 686-2606 – 819 425-6289 – www.municipalite.labelle.qc.ca Camp Quatre Saisons : 450 435-5341 – 819 686-2123 – www.campqc.org

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 33

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Longueur : réseau de 12,9 km ➤ Accès : l’un des accès se trouve derrière l’église Saint-Michel, à Percé. Il y a un autre accès en face de l’hôtel du Pic de l’Aurore, sur la route 132. ➤ Info : 418 782-5448 – 1 855 782-5448 – www.perce.info


Boisé de la Pointe-Saint-Gilles

Situé à Baie-Comeau, cet îlot de nature en pleine ville est tout simplement surprenant! Dans un territoire d’un kilomètre carré seulement, on trouve un impressionnant réseau de sentiers qui parcourent quatre écosystèmes : urbain, forestier, marin et lacustre. Un peu partout, on rencontre abris, belvédères, bancs, mangeoires et nichoirs d’oiseaux, ainsi que panneaux de signalisation et d’interprétation joliment sculptés. La forêt, parfois dense, parfois clairsemée, est composée de peuplements variés, ce qui fait que la randonnée n’est jamais monotone. La faune, très présente, est peu farouche : écureuils et oiseaux se laissent facilement approcher. Un belvédère situé en bordure du Saint-Laurent offre un spectacle insolite : à marée montante, les glaces flottantes donnent l’impression que le Fleuve coule à rebours. On peut également y observer le Garrot d’Islande, un canard qui passe tout l’hiver ici, sur la Côte-Nord. ➤ Longueur : réseau de 12,1 km ➤ Accès : à Baie-Comeau, suivre le boulevard LaSalle vers l’est, puis tourner à droite sur l’avenue Laval. D’autres accès existent. ➤ Info : 418 589-9229, poste 2756 – www.boisestgilles.ca

Mauricie

Parc des Chutes de Sainte-Ursule

La rivière Maskinongé ne gèle jamais complètement, présentant un spectacle sans cesse renouvelé. Elle dévale de 70 m en sept sauts : quatre dans son lit principal et, en période de crue, trois dans son ancien lit. Après une petite chute d’un peu plus de 6 m, la rivière se précipite d’une douzaine de mètres entre les parois d’une étroite gorge. Elle plonge ensuite de plus de 30 m, formant la plus grande chute du lieu, fait un saut en forme d’auge et continue sa course en petites cascades. Tout au long de ce parcours, elle soulève une vapeur d’eau qui givre les rives et forme des sculptures extraordinaires. Parfois, il se forme une arche de glace sous laquelle le torrent se précipite. Les sentiers sont aménagés de part et d’autre de la rivière, offrant différents points de vue, tous plus magiques les uns que les autres. Panneaux d’interprétation, bancs, belvédères, passerelles et pont suspendu agrémentent le parcours. On trouve également des ruines d’une pulperie et d’un moulin à scie. Au pavillon d’accueil, il y a une intéressante maquette des lieux.

CERTIFIÉ

2013

Montérégie

Photo : CIME Haut-Richelieu

➤ Longueur  : réseau hivernal de 2,3 km ➤ Accès  : de la route 138 à Louiseville, suivre la route 348 ouest sur 10 km environ. ➤ Info  : 819 228-3555 – 1 855 665-3555 – www.chutes-ste-ursule.com

Mont Saint-Grégoire

Elle semble toute menue dans la grande plaine, mais il ne faut pas se fier aux apparences. Avec ses 251 m, cette colline n’est pas la plus petite des Montérégiennes et recèle de nombreux trésors. On peut atteindre son sommet par les sentiers aménagés par CIME Haut-Richelieu. Le pied de la montagne est recouvert d’une forêt de feuillus dont l’absence de feuillage en hiver permet d’apercevoir le paysage environnant dès le début de l’ascension. En chemin, on rencontre de gros blocs de rochers, des parois et des grottes. En peu de temps, on atteint un large panorama sur le village de Mont-Saint-Grégoire et la campagne environnante avec, à l’horizon, les silhouettes de Montréal et du mont Saint-Bruno. Au sommet, la vue s’étend de tous côtés. On distingue, entre autres, les monts Brome, Rougemont et Yamaska, le massif de Sutton, le mont Mansfield au Vermont, et parfois même le mont Whiteface dans l’État de New York. On peut voir aussi des vestiges d’anciennes carrières de granit. ➤ Longueur  : réseau de 3,3 km ➤ Accès  : de l’autoroute 10, prendre la sortie 37, puis la route 227 sud. Tourner à droite sur le rang de la Montagne, faire 4 km, puis tourner à droite sur le chemin du Sous-Bois. CIME se trouve au no 16. ➤ Info  : 450 346-0406 – www.cimehautrichelieu.qc.ca

34 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Manicouagan – Côte-Nord

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Destinations


Photo : Cédric Barrat

DESTINATIONS ➤

Outaouais

Parc régional du Mont Morissette

Le relief ondulé des collines de la Haute-Gatineau permet de belles randonnées en raquette tout en ne demandant qu’un effort modéré. Les sentiers nos 1 et 2, qui mesurent respectivement 1,2 km et 4,6 km, grimpent tous deux le mont Morissette en serpentant à travers la forêt. En arrivant au sommet, qui s’élève à 395 m, on découvre une tour à feu, une des dernières encore debout au Québec. Bien qu’on ne puisse y monter, elle demeure encore solide sur son socle. À quelques pas de là, un beau grand belvédère avec table à pique-nique offre une vue saisissante sur le lac Blue Sea parsemé d’îles. Juste à côté, on trouve un refuge équipé d’un poêle à bois. Inaugurée le 5 octobre dernier, une nouvelle construction s’est ajoutée au sommet : une tour d’observation de 18 m de hauteur. En haut, le panorama s’étale sur des kilomètres à la ronde. C’est tout simplement splendide !

Québec

Sentier de la Montagne à Deux Têtes

Ce sentier, identifié en bleu sur la carte affichée au point de départ, monte graduellement en serpentant dans la forêt. Celle-ci est plutôt variée, dominée parfois par des conifères, parfois par de jeunes feuillus. Comme le sentier passe sur des terrains privés, il est important de bien suivre les balises. La boucle se fait aussi bien dans un sens que dans l’autre. En la prenant par la gauche, on atteint d’abord le belvédère nommé « Le deltaplane », un ancien point de départ pour ce type de planeurs ultralégers. On y a une belle vue sur la vallée Labranche. En poursuivant sur le sentier, on rencontre deux autres points de vue, presque côte à côte : « De la vallée 1 » et « De la vallée 2 ». Tous deux permettent d’admirer les montagnes arrondies de la vallée de la Montmorency et le village de Sainte-Brigitte-de-Laval. Par temps clair, on peut apercevoir la ville de Québec et le Fleuve.

Saguenay-Lac-Saint-Jean

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Longueur : 9 km, aller-retour ➤ Accès  : de l’autoroute 40, prendre la sortie 321 et suivre le boulevard Armand-Paris jusqu’au bout. Tourner à gauche sur le boulevard Raymond qui, plus loin, change de nom pour avenue Sainte-Brigitte. Tourner à gauche sur la rue Auclair, et encore à gauche sur la rue des Roches. ➤ Info  : 418 907-8279 – www.sentierscapitale.com

Club de ski de fond d’Alma

Ici, raquetteurs et skieurs de fond ont chacun leurs sentiers. Il n’y a donc aucun conflit d’usage. Pour la raquette, les sentiers sont divisés en trois secteurs : Saguenay, Basse-Montagneuse et La Montagne. Ce dernier présente un relief vallonné avec quelques pentes raides. Tout en sillonnant la forêt, on peut voir de petites parois rocheuses décorées de gros glaçons qui brillent au soleil. Un sentier abrupt mais court conduit au sommet d’une colline où est installé un belvédère couvert et équipé d’une table à pique-nique. On y jouit d’une large vue qui s’étend loin à l’horizon, jusqu’au lac Saint-Jean. La Saguenay, une boucle totalisant 9,1 km, conduit jusqu’en bordure de la rivière. Un abri chauffé se trouve à peu près à mi-parcours. Le secteur Basse-Montagneuse, composé de courts parcours faciles, est idéal pour emmener des tout-petits. On trouve, dissimulés en quelques endroits dans la forêt, de gros animaux en bois. ➤ Longueur  : réseau de 18,9 km ➤ Accès  : de la route 169 à Alma, prendre la route du Lac Est jusqu’au no 3795. ➤ Info  : 418 662-5835 – www.clubdorval.com

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 35

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Longueur : réseau de 13 km ➤ Accès  : de la route 105 à Gracefield, prendre le chemin de Blue Sea. Au bout, tourner à gauche sur la rue du Pont, dépasser le village de Blue Sea, et continuer sur le chemin du Lac-Long jusqu’au chemin de la Tour. ➤ Info  : 819 463-2261 – www.bluesea.ca


➤ ÉQUIPEMENT

➤ Dans les bois ou en plein centre-ville, les crampons d’appoint comptent parmi les accessoires essentiels pour jouer dehors. Dans les sentiers trop fréquentés pour la raquette ou les rues gelées, ils s’avèrent de précieux alliés, pour la sécurité, mais aussi pour le plaisir de marcher d’un pas assuré, peu importe les conditions.

STABILicers Lite XT de Icers

Yaktrax pro

épisodes de verglas semblent se multiplier, et les gens veulent quand même demeurer actifs, sortir dehors faire du sport sans risquer de se casser la figure. Et la population vieillit aussi, ce qui explique la popularité grandissante de ce type de produit chez tous ceux qui ressentent le besoin de "sécuriser la marche". »

S

cénario vécu cent fois : vous arrivez à l’entrée d’un sentier consacré à la raquette, vous enfilez vos grands pieds de plastique ou d’aluminium, partez et, au bout de quelques mètres, vous vous demandez ce que vous faites à marcher sur un parcours dur, parce que foulé par une cohorte de vos semblables avant vous. Alors vous hésitez. Devriez-vous enlever vos raquettes et marcher chaussé de vos bottes seulement? C’est souvent ce qui se produit, mais il manque alors l’adhérence aux sols glissants dans les descentes, et la capacité de traction dans les montées dures ou carrément glacées. C’est là que vous auriez besoin de crampons. Aisément enfilés, peu onéreux pour la plupart, ils se fixent aux bottes souples, parfois aussi à des espadrilles, et permettent de marcher, voire de courir sur la neige et la glace. Ils s’avèrent aussi très utiles en ville quand les trottoirs et les rues se prennent pour des patinoires. « Il y a un réel engouement pour cet accessoire, pour les deux utilisations », constate Marc-André Proulx, de chez Mountain Equipment Co-op à Longueuil. « En ce qui concerne la ville, les 36 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Distinctions et fonctions « Il existe plusieurs sortes de crampons, et la plupart sont très spécialisés », explique le conseiller. Il y a les crampons techniques, pour l’ascension verticale. Ceux-ci se fixent à des bottes de montagne; comme pour l’escalade de glace, par exemple. Suivent les crampons de montagne, voués à la randonnée en haute altitude, dans des conditions difficiles. Quant aux crampons de marche, ils s’adaptent à des bottes souples, mais leurs pointes sont très longues : « Impossible de marcher avec ceux-là sur des surfaces très dures, explique M. Proulx. Et même si on parle de crampons de marche, il faut préciser que c’est encore assez spécialisé. C’est parfait pour ceux qui vont au mont Washington, par exemple : un terrain avec de l’ascension, qui dépasse la limite des arbres, pas nécessairement neigeux, mais glacé. » Pour les autres randonneurs, les crampons d’appoint devraient suffire. « Il y en a deux types ici, poursuit notre guide. Les premiers ont plus de mordant. Assez performants sur un terrain montagneux, ils n’ont cependant pas de pointes à l’avant. » Impossible, donc, d’enfoncer le bout du pied dans la glace pour se hisser sur une paroi gelée. Il n’est pas non plus recommandé de les utiliser sur l’asphalte et le ciment : « les pointes sont longues, on peut se mettre à glisser », car elles ne mordent pas dans ces matériaux. Enfin, les crampons plus adaptables, qui conviennent pour la ville comme pour les sentiers, sont aussi très nombreux. Mais là encore, le marché recèle une myriade de possibilités. La plupart des modèles de ce type ont cependant en commun qu’ils s’enfilent aisément sur la botte ou l’espadrille. Un peu comme de bonnes vieilles « clacs ». Des exemples Les plus efficaces du lot que propose notre conseiller sont les Microspikes de Kahtoola – 60 $. Ils s’enfilent facilement et sont


ÉQUIPEMENT ➤

Par David Desjardins

Icetrekkers Diamond Grip de Kako

dotés de pointes très dures, en acier inoxydable (toujours préférable à l’aluminium qui s'use plus rapidement). La chaîne, qui ressemble à celle qu’on utiliserait pour dépêtrer sa voiture dans la neige, est retenue par un harnais de caoutchouc très résistant. Par ailleurs, les pointes sont trop longues pour l’utilisation urbaine. Un peu moins intimidants, les Icetrekkers Diamond Grip de Kako – 43 $ – sont conçus sur le même principe, dans la mesure où la partie de métal est retenue par un harnais de caoutchouc. Mais au lieu de chaînes ou de pointes, ce sont des billes en acier trempé à surfaces multiples et retenues ensemble par un câble d’aéronef qui permettent de garder les pieds sur terre, et non en l’air. Ils se fixent aussi bien sur des chaussures que des bottes, et s’utilisent aussi en ville. Mieux adaptés aux surfaces glacées qu’à des sentiers de raquette où la neige a été tapée, les STABILicers Lite – 21 $ – sont ceux qui ressemblent le plus à des couvre-chaussures. Ils comportent six rangées de crampons, réparties sur trois plaques (deux à l’avant du pied, une au talon), qui offrent une meilleure stabilité et une excellente traction, vu la disposition des pointes de métal, positionnées selon différents angles. Légers, ingénieux, parfaits pour les sentiers enneigés et les sorties en ville lorsque les rues sont glacées, les Yaktrax pro – 30 $ – sont simplement faits de lanières de caoutchouc sur lequel

Microspikes de Kahtoola s’enroule un fil de métal. Ils peuvent se ranger dans une poche, comportent des sangles « haute performance » qu’on peut retirer, mais qui sont utiles si on les utilise pour courir. Toutefois, dans les sentiers techniques, ils pourraient manquer de personnalité. Icers vante son modèle XT – 42 $ – en disant que la compagnie met à profit de nombreuses années d’expertise au service des facteurs et d’une pléiade de travailleurs nordiques pour offrir la plus efficace des solutions antidérapantes. Sa semelle Vibram, ses nombreux crampons et l’expertise dont dispose le fabricant sont effectivement convaincants. On est moins sûrs des attaches de velcro, moins conviviales. Il n’y a plus de raison de bouder son plaisir et de « snober » les pistes de raquette, même achalandées. Emportez vos bottes ou vos chaussures chez les détaillants, demandez à essayer les crampons pour vérifier que vous parvenez à les enfiler facilement et que la sensation vous convient. Une paire de crampons se range facilement au fond du sac à dos, voire dans un compartiment de l’auto, et promet un autre genre d’expérience sur la neige. Ils rendent possible un pas plus souple et rapide qu’avec la raquette. Quant à leur utilisation urbaine, ils peuvent prévenir les blessures et permettent de profiter de l’hiver, même quand ce dernier hésite à s’affirmer et à clairement pointer sous zéro.

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 37


➤ ÉQUIPEMENT

Empêcher l’eau de geler

Par Cécile Gladel

Est-ce possible?

38 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

La bouteille isolée En hiver, outre le thermos, on peut choisir une bouteille isolée. « On prend les deux, ça dépend de la température et de la durée de la randonnée », souligne Mathieu Barré. Les bouteilles isolées repoussent le moment du gel. Elles sont à mi-chemin entre le thermos et la bouteille traditionnelle. L’avantage est qu’on peut les utiliser en hiver comme en été. Elles sont plus polyvalentes. Il existe deux types de goulot : avec capuchon régulier ou avec tétine. L’hiver, il est préférable de choisir un goulot assez large pour pouvoir le déglacer si nécessaire. La tétine va geler plus rapidement et il sera impossible de la dégeler. Les isolants Plusieurs compagnies fabriquent des isolants ou des caoutchoucs pour mettre les bouteilles à l’abri du gel. « Ça aide. Mais ça gèle encore », admet Mathieu Barré. Une autre randonneuse, Camille Lavoie, utilise un étui isolant de marque Sherpa pour sa bouteille, en hiver comme en été, et elle en est pleinement satisfaite. Elle y place sa bouteille, referme l’étui grâce à une fermeture éclair, et le porte sur son sac à dos. « Ça fonctionne impeccablement. Je l’utilise depuis des années avec ma bouteille Nalgene. Il va m’accompagner dans les Chics-Chocs en janvier. C’est un ami. » Et pour les bouteilles de

Photo : Le Yeti

GSI 1 litre – Photo : Le Yeti

Thermos – Photo : MEC

Le contenant qui tient au chaud Le thermos est le meilleur choix pour l’hiver, même s’il est plus lourd qu’une bouteille de type Nalgene ou qu’un sac d’hydratation. Il en existe différents formats et versions. Mathieu Barré, gérant et acheteur du magasin Le Yéti, conseille de choisir un thermos de petite capacité, par exemple 500 ml, pour compenser le poids plus élevé du contenant par rapport à une bouteille. « On a moins de litres, mais on va le remplir d’eau en chemin en ajoutant de la neige. On part avec de l’eau chaude, puis on y ajoute de la neige qui va la refroidir. Le risque de gel est presque inexistant », explique-t-il. C’est la solution du randonneur d’expérience Alexis Laliberté qui utilise un thermos en hiver, la meilleure méthode qu’il a trouvée pour ralentir le gel de l’eau. « Toutes les bouteilles d’eau vont éventuellement geler. Même un thermos ne dépassera pas 48 heures à une température de -10 °C. L’idée est de ralentir ce processus afin d’avoir de l’eau à sa disposition le plus longtemps possible », conseille-t-il. Alexis Laliberté a trouvé « son » thermos et n’en changerait plus. Il suggère de bien magasiner, car la qualité diffère d’un thermos à l’autre. « La ligne Element 5 de Thermos est fabriquée pour le plein air. Elle est solide, bien isolée, et le mécanisme du bouchon est très bien conçu. Je l’utilise même en automne ».

Le désavantage est que le thermos ne servira pas nécessairement en été, sauf pour les boissons chaudes, ou encore pour les parents qui veulent transporter du lait pour les enfants. Suggestions de thermos de Mathieu Barré : les marques GSI, Primus (qui est spécialisé en thermos) et Innate.

Bouteilles isolées Camelbak Eddy

P

lusieurs bouteilles et isolants existent pour garder l’eau au-dessus du point de congélation, mais aucune n’est miraculeuse et n’évite le gel. Ces contenants, conçus à l’extérieur du Québec, ne répondent pas aux exigences de nos températures. À partir de -5 °C, on commence à avoir des problèmes de givre.

GSI ½ litre – Photo : Le Yeti

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ En randonnée, hiver comme été, il faut emporter de l'eau. Mais dès que la température descend sous le point de congélation, le défi est d’éviter qu’elle ne se transforme en glace. Les popsicles ne sont agréables à déguster que l’été, pas par -20 °C ! Pour rester bien hydratés en hiver, voici des solutions pour éviter le gel de votre eau.


ÉQUIPEMENT ➤ rechange qu’elle emporte dans son sac, chacune est mise dans un bas de laine en attendant d’être transférée dans l’étui isolant à l’extérieur du sac. Cependant, les étuis isolants ne fonctionnent pas toujours. « Ils se sont avérés complètement inefficaces en haute altitude, à -15 °C. L'eau a gelé en deux heures à peine », a constaté le randonneur d’expérience Alexis Laliberté. Il existe plusieurs formats d’étuis isolants, 1 litre et 500 ml pour les bouteilles Nalgene, GSI et Camelbak. « Il se fait aussi des isolants pour la tétine de certaines bouteilles et la paille des sacs d’hydratation. Ça aide, mais ça ne retarde pas vraiment le gel. Personne n’a encore trouvé la recette miracle », avoue Mathieu Barré.

Des trucs pratiques Plusieurs personnes suggèrent d’ajouter du citron à l’eau pour retarder le gel. Mathieu Barré souligne que ça peut fonctionner et que le goût est agréable. La nutritionniste Stéphanie Côté n’y voit pas d’avantage, à part pour le goût. « Le jus de citron a un point de congélation similaire à l’eau », soutient-elle. Mathieu Barré conclut en soulignant que la solution miracle n’existe pas et que c’est naturel pour l’eau de geler. « On ne mettra pas de l’antigel dans l’eau, alors les autres solutions le retardent, c’est tout ».

Les bouteilles traditionnelles Une autre solution pour éviter le gel est de se procurer un contenant souple et pliable pour l’eau. On le garde à l’intérieur du manteau, ce qui évite le gel. Une fois que le contenant est vide, il se plie et prend très peu de place. La compagnie Platypus fabrique ce type de bouteille pliable. Le hic est que cette manière de fonctionner est moins pratique. Il est parfois difficile de tout sortir pour boire. On doit aussi s’arrêter, ouvrir son manteau, ce qui n’est pas toujours évident. Une bouteille ronde de type Nalgene sera moins confortable en hiver, en plus de geler si elle n’est pas protégée. Il est rare que la bouteille se casse, sauf si on la remplit à pleine capacité et que l’eau gèle. « Les bouteilles Nalgene sont très solides, elles cassent rarement au premier gel, mais ça les fragilise. En plus, même si on les remplit d’eau chaude au départ, ça ne durera pas. Une heure ou deux plus tard, l’eau sera froide et commencera à geler », explique Mathieu Barré.

L’importance de s’hydrater en hiver Il n’est pas toujours évident de se rappeler de boire quand il fait froid; surtout quand on transpire moins qu’en pleine canicule. Pourtant, la nutritionniste Stéphanie Côté prévient que le froid a un effet déshydratant. Elle explique que les muscles fabriquent de la chaleur dès qu’ils se contractent, qu’il fasse froid ou non. « La transpiration permet d’éviter que le corps ne surchauffe. L’eau ainsi évacuée doit être remplacée. Pour garder un peu de chaleur, les vaisseaux sanguins en périphérie se contractent davantage. Cela se traduit par une augmentation du débit sanguin dans d’autres organes, dont les reins, et influence ainsi la production d’urine. Le froid a un effet déshydratant ». En hiver, encore plus qu’en été, il faut donc se forcer pour boire lors d’une activité physique. « On planifie une routine d’hydratation et on la respecte. Il ne faut pas attendre d’avoir soif, car c’est le signe d’un début de déshydratation. On commence à boire dès le début de son activité physique en petites quantités, deux ou trois gorgées à intervalles réguliers » conseille Stéphanie Côté.

Photo : Le Yeti

Bouteille Nalgene à gros goulot

Photo : Le Yeti

Que boire en hiver? On peut privilégier une boisson chaude dans le thermos, comme par exemple du thé, de la tisane, de l’eau chaude avec du gingembre, du bouillon de poulet, du chocolat chaud… Stéphanie Côté conseille aussi le jus dilué avec la même quantité d’eau et une pincée de sel. « Une boisson peu sucrée est plus vite absorbée et hydrate donc mieux qu’une boisson très sucrée » rappelle-t-elle.

Bouteille pliable Platypus

Étui isolant pour paille Osprey – Photo : Le Yeti

Étui isolant pour paille Camelbak – Photo : Le Yeti

Étui isolant pour bouteille Outdoor Research – Photo : MEC

Les sacs d’hydratation Les sacs d’hydratation, utilisés en été, ne font pas l’unanimité, surtout à cause de la paille qui gèle. Même les isolants qu’on peut y ajouter ne semblent pas faire l’affaire. « Je n’ai eu aucun succès avec une poche Camelbak. Il se forme toujours de la glace, et ce, même avec les accessoires appropriés et les trucs tels que souffler dans la paille. Enfin, une bonne façon de constater l'efficacité de ces différentes méthodes consiste à les tester soi-même en les mettant dans le congélateur », conseille Alexis Laliberté. L’un des trucs pour éviter le gel de la paille est de souffler dedans après l’utilisation pour la vider de l’eau. « Si j'utilise mon Camelbak, je m'assure de toujours expulser le liquide du tuyau en expirant très fort. Il existe aussi des gaines pour mettre pardessus les tuyaux, mais ce n'est pas toujours efficace », souligne la randonneuse Nathalie Rivard.

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 39


Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ SANTÉ

Prévenir et traiter l’embonpoint… ➤ Bientôt, la nouvelle année ramènera son lot de bonnes résolutions. Si vous avez la ferme intention de perdre du poids, vous pourriez être motivé par un programme de marche, qui vous aidera à brûler des calories lentement, mais sûrement.

…en marchant

L

e temps des fêtes aura peut-être raison de votre volonté. Vous aurez bien mangé et bien bu, certes, mais vous n’aurez pas fait beaucoup d’exercice. C’est avec ce sentiment de culpabilité que bon nombre d’entre nous commencerons l’année en se disant que la résolution numéro un sera de se (re)mettre en forme. Peu importe les modes et les courants de pensée, on revient toujours à l’équation suivante : si on mange plus que ce que l’on brûle, on prend du poids. Concrètement, comment mesure-t-on ces deux variables de l’équation ? Il faut d’abord définir ce qu’est une calorie, puis établir quel est notre métabolisme de base. Ensuite, nous verrons à équilibrer ou à créer un déficit entre les deux. La chaleur des calories On s’en doutait, le mot calorie vient du latin, calor, qui signifie « chaleur ». Le premier à avoir utilisé le terme « calorie » est le physicien et chimiste Nicolas Clément durant ses travaux vers 1812-1819. Il avait établi cette unité de mesure de la chaleur pour calculer l’énergie dégagée mécaniquement par la machine à vapeur : la calorie représentait la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température de 1 kg d’eau de 0 à 1 °C. Aux États-Unis, W.O. Atwater rédigea un article en 1887 sur la nutrition, et il reprit le mot « calorie » pour l’utiliser comme unité de mesure de la valeur des aliments. Cette définition a toujours cours, 40 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Par Anne Marie Parent

mais il y a une confusion entre la Calorie avec une majuscule, ou kilocalorie (kcal), et la calorie (avec une minuscule), abrégée en cal. Pour mieux nous embrouiller, deux autres unités, le joule et le kilojoule, ont remplacé la calorie et la kilocalorie (1 kcal = 4,1855 kJ). On trouve parfois une des deux ou les deux unités de mesure sur les étiquettes. Mais on utilise encore le terme calorie (en synonyme à kilocalorie), passé dans l’usage… par erreur. En résumé, les calories, « c’est l’énergie contenue dans une portion de l’aliment. Les calories proviennent exclusivement des lipides, des protéines et des glucides, puisque les vitamines et les minéraux n’en fournissent pas », énonce le livre Nutrition, sport et performance (par Marielle Ledoux, Natalie Lacombe et Geneviève Martin, Éditions Géo Plein Air, 2006). Métabolisme de base ou de repos Avant d’établir combien de calories par jour on doit ingérer en surveillant notre alimentation et combien en brûler en faisant de l’exercice, il faut déterminer quel est notre métabolisme de base ou de repos (MB), soit la dépense d’énergie minimum quotidienne nécessaire à notre survie (pour maintenir nos fonctions vitales : respiration, activité cérébrale, battements de cœur, digestion, etc.). Ce calcul se fait de plusieurs façons, notamment en tenant compte du sexe, du poids, de l’âge et de la taille de la personne.


SANTÉ ➤ Ludovic Godefroy, de l’entreprise Accrosanté, est kinésiologue certifié par la Fédération des kinésiologues du Québec, et massokinésithérapeute accrédité par la Fédération québécoise des massothérapeutes. Il préconise l’utilisation simplifiée de la formule de l’Organisation mondiale de la Santé donnant un résultat en kilocalories par jour. Par exemple : ➤ Pour les femmes âgées de 30 à 60 ans, on multiplie 8,7 par le poids en kg (ex. 60 kg) + 829 = 1 351 kcal. ➤ Pour les hommes âgés de 30 à Le kinésiologue Ludovic 60 ans, on multiplie 11,6 par le Godefroy – Accrosanté poids en kg (ex. 80 kg) + 879 = 1 807 kcal. Cela signifie qu’une femme de 60 kg et un homme de 80 kg brûlent respectivement 1 351 kcal et 1 807 kcal, juste par leurs fonctions vitales du corps. Il faut ensuite additionner les kilocalories associées aux activités de la vie quotidienne, comme se rendre au travail, faire du ménage, se préparer à manger…, ainsi que celles dépensées en faisant du sport. On parle parfois du métabolisme de base (MB) avec facteur d'activité (MBFA), ou de besoins caloriques (métabolisme de base + dépenses caloriques d'activité). Au MB, on additionne environ 600 kilocalories pour les activités de la vie quotidienne, et de 300 à 1 400 kilocalories pour les activités physiques ou sportives, selon le degré d’intensité. Par exemple, faire de la marche avec un sac à dos pesant 5 kg fait perdre près de 300 kilocalories en une heure. La marche rapide (rythme militaire) brûle de 300 à 600 kilocalories. ➤ Notre femme de 60 kg aura donc un MBFA de 1351 kcal + 600 + 300 (si elle est peu active) = 2 251 kcal. ➤ Notre homme de 80 kg aura, quant à lui, un MBFA de 1807 kcal + 600 + 300 (s’il est peu actif) = 2701 kcal. M. Godefroy conseille aux gens qui veulent maigrir de consulter un nutritionniste ET un kinésiologue, ou un entraîneur, pour élaborer un programme visant le déficit de 500 kcal par jour. La marche à la rescousse ! Il n’est pas nécessaire d’aller s’entraîner dans un centre sportif pour brûler des calories. Le plus grand gymnase, c’est l’extérieur ! Ouvrez la porte, mettez de bons souliers et partez marcher ! La randonnée pédestre ou en raquette, selon le niveau d’intensité, permet de garder la forme et même de perdre du poids, sans trop d’efforts. Pour ce qui est de la marche, on considère qu’une personne est active si elle fait 10 000 pas par jour, et sédentaire si elle ne fait que 5 000 pas. Si les gens veulent maintenir leur poids, ils n’ont qu’à consommer des aliments dont la valeur nutritionnelle en calories équivaut à leur métabolisme de base, tout en maintenant telles quelles leurs activités physiques. « Selon les

SEMAINE 1

LUNDI

MARDI

MERCREDI

recommandations de Santé Canada, affirme Ludovic Godefroy, il s’agit de bouger une demi-heure par jour. S’ils veulent perdre du poids, continue-t-il, ils doivent générer un déficit de 500 kilocalories par jour, afin de brûler 3 500 kilocalories en sept jours, soit ½ kg (1 lb) par semaine. Il faut donc trouver un juste équilibre entre manger moins ou mieux, et bouger plus! » Ludovic Godefroy propose un programme de marche graduel pour atteindre, à la fin des troisième et quatrième semaines, les 3 500 kcal (en moyenne 500 kcal x 7 jours), qui feront perdre du poids d’environ ½ kg (1 lb). L’été, remplacez la raquette par de la marche rapide ou nordique.

SEMAINE

MARCHE LUNDI À VENDREDI

RAQUETTE SAMEDI ET DIMANCHE

TOTAL DE CALORIES BRÛLÉES

1RE

30 minutes

60 minutes

2 295 kcal

2

40 minutes

60 minutes

2 580 kcal

60 minutes

75 minutes

3 510 kcal (assez pour perdre ½ kg)

60 minutes

90 minutes

3 870 kcal (plus de ½ kg perdu)

E

3E

4E

Les semaines suivantes, maintenez cette cadence si vous voulez continuer à perdre un demi-kilo par semaine. « Toutefois, au bout de huit séances, le corps atteint un plateau (pas de progression ni de perte de poids), explique Ludovic Godefroy. Il faut alors augmenter la cadence, la fréquence cardiaque, la distance du trajet, la durée de l’exercice, ou encore changer ses habitudes de vie (activités occupationnelles) au besoin, pour brûler plus de calories. » N’oubliez pas qu’on peut aussi dépenser 250 kcal en ajoutant un exercice à notre quotidien et couper sur la nourriture pour en retrancher 250 kcal non essentielles. Ludovic Godefroy suggère d’acheter un podomètre pour faire le suivi des calories dépensées, dans la vie de tous les jours et durant les randonnées. « C’est un outil de base et facile d’utilisation », dit-il. Il existe des montres que l’on peut programmer en entrant plusieurs données : âge, sexe, poids, taille, fréquence cardiaque… pour ensuite voir apparaître les calories brûlées selon les caractéristiques de la personne. Il est préférable d’augmenter le nombre de pas que d’allonger la foulée. Attention ! Il faut reprogrammer la montre si des données changent; par exemple, si on a maigri, on voudra modifier le poids. « Une option plus simple que le calcul des calories est de comptabiliser le nombre de pas par jour et d’augmenter graduellement ce nombre jusqu’à l’atteinte de 10 000 pas (soit environ 500 kcal, si on estime qu’on brûle 1 kcal par 20 pas de marche, en moyenne) », dit Ludovic Godefroy, en fournissant un tableau sur le nombre de pas au quotidien.

Remerciements à Ludovic Godefroy, kinésiologue certifié et massokinésithérapeute.

JEUDI

VENDREDI

SAMEDI

DIMANCHE

5 000 pas

5 200 pas

5 500 pas

5 700 pas

6 000 pas

7 000 pas

7 000 pas

2E

6 200 pas

6 500 pas

6 700 pas

7 000 pas

7 200 pas

8 000 pas

8 000 pas

3E

7 500 pas

7 700 pas

8 000 pas

8 200 pas

8 500 pas

9 500 pas

9 500 pas

4

8 700 pas

9 000 pas

9 200 pas

9 500 pas

9 700 pas

10 000 pas

10 000 pas

RE

E

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 41


➤ SANTÉ

Contrôler son poids sans souffrir de faim ➤ Il y a moyen de surveiller son poids de façon judicieuse en conservant le plaisir de bien manger ainsi qu’en maintenant un bon niveau d’énergie pour toutes nos activités et randonnées. Cet article vise à partager informations et conseils pour maintenir ou atteindre un poids sain sans souffrir de la faim et tout en savourant ses repas avec plaisir.

Texte : Julie Aubé, Dt. P. Nutritionniste Photo : LMI – Daniel Pouplot

V

ous avez vu une publicité promettant une perte de nombreux kilos en un temps record? Un nouveau régime assure une fonte des graisses sans effort ? Il importe d’être vigilant : pour qu’une perte de poids soit saine et durable, pas de miracle : il faut y mettre de la volonté. Or, il est plus facile d’adopter et maintenir de bonnes habitudes à long terme quand on ne néglige pas le plaisir de manger. Régimes trop restrictifs = difficiles à suivre à plus long terme. Une majorité de personnes qui suivent un régime amaigrissant auront repris le poids perdu (ou plus) au bout de cinq ans. Certes, lors d’une restriction alimentaire, on consomme moins de calories et on perd du poids. Mais est-il réaliste de maintenir ces restrictions, bien souvent sévères, à long terme ? Des restrictions sévères peuvent rimer avec alimentation moins variée et équilibrée, avec faim et baisses d’énergie, ou encore avec moins de plaisir à manger. C’est également plus difficile d’y adhérer dans diverses situations telles que la préparation d’un repas différent du reste de la famille, les repas chez des amis ou au restaurant, etc. Bref, il est rare que des restrictions sévères soient maintenues à long terme. Et quand on revient à ses anciennes habitudes après une période de restriction calorique, on risque de reprendre également le poids perdu. Gare à l’effet yoyo. Enchaîner les diètes les unes après les autres n’est pas souhaitable : quand on impose à son corps une succession de restrictions caloriques, à chaque retour à la normale, le corps « se souvient » qu’il a été privé et il aura tendance à emmagasiner davantage d’énergie. La solution : lentement mais sûrement. Quand on parle de perte de poids saine, il est question d’au plus ½ à 1 kilo (1 à 2 lb) par semaine. Pour ce faire, on ne coupe aucun groupe alimentaire et on n’élimine aucune catégorie d’aliments. On mise sur un équilibre global de l’alimentation et sur des portions moins généreuses (possiblement mieux adaptées à nos besoins réels) quitte à se resservir si on a encore faim. Et surtout, on fait le plein d’idées-recettes et d’inspiration pour s’assurer que manger sainement soit savoureux, de façon à ce que les bonnes habitudes soient agréables à adopter à long terme. Bien décoder les signaux corporels Notre corps nous parle. Il nous envoie des signes lorsqu’on a faim : creux dans le ventre, gargouillis, manque de concentration ou d’énergie, voire mal de tête ou irritabilité. Notre corps nous

42 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

envoie aussi des signes lorsqu’on a comblé notre faim, qu’on est rassasié. En effet, au fur et à mesure que l’on mange, le cerveau reçoit de l’information sur l’espace occupé par les aliments dans l’estomac, et y répond en envoyant des signaux de satiété. La sensation de creux au ventre disparaît et on se sent satisfait : on a atteint la satiété. Or, on mange souvent au-delà de la satiété; on mange jusqu’à se sentir plein, très plein, et même trop plein. Chaque fois qu’on mange au-delà de la satiété, on ingère des calories dont le corps n’a pas réellement besoin. Il en résulte un surplus énergétique qui, à la longue, favorise la prise de poids. Apprendre ou réapprendre à décoder ses signaux de satiété est à la base d’une bonne gestion du poids, car ces signaux sont le reflet des besoins réels du corps, lesquels peuvent varier selon notre état et nos activités. En étant à l’écoute des signaux de satiété et en les respectant, on fournit au corps l'énergie dont il a besoin pour fonctionner, sans souffrir de la faim, mais sans le surplus qui risque de s'accumuler. Trucs pour être mieux à l’écoute des signaux corporels L’écoute des signaux de satiété n’est pas toujours facile, surtout si on ne s’est pas habitué à y être attentif. Très souvent, différents facteurs viennent brouiller le signal, par exemple la publicité alimentaire pouvant être alléchante, ou l’omniprésence de la nourriture accessible facilement pratiquement en tout temps. Face à l’abondance de nourriture dans notre environnement et aux nombreuses influences et tentations, il existe plusieurs trucs pouvant aider à être mieux à l’écoute des signaux de satiété : ➤ Se servir de plus petites portions. Cela encourage, une fois la portion terminée, à se concentrer sur ses signaux par le questionnement, à savoir si on a encore faim pour manger davantage. ➤ Utiliser de la vaisselle de taille normale. Saviez-vous qu’on a tendance à se servir de plus grandes portions quand on utilise de la grande vaisselle ? Utiliser de la vaisselle de taille normale s’avère un truc simple pour aider à se servir de plus petites portions, il est toujours possible de se resservir si on a encore faim. ➤ Emporter les surplus. Au restaurant, les portions sont souvent très généreuses. Il importe de demeurer à l’écoute des signaux de satiété, quitte à ne pas terminer son assiette. Le surplus, on l’emporte en doggy bag et on gagne un lunch tout prêt pour le lendemain. ➤ Éviter de manger par automatisme. Il est difficile de porter attention aux signaux corporels lorsque la concentration est


SANTÉ ➤ ailleurs (sur la route, la télévision, un jeu vidéo, des devoirs, etc.). Quand on éteint la télévision pour manger ou qu’on arrête la voiture le temps de casser la croûte, non seulement on est plus attentif aux signaux corporels, mais on est aussi plus disposé à savourer les aliments et à les apprécier. On mange à sa faim tout en profitant mieux des saveurs ➤ Manger lentement. Manger lentement rime avec meilleure mastication, meilleure digestion et meilleure écoute des signaux de satiété, puisqu’on leur laisse alors le temps de se manifester. Vous avez tendance à manger vite ? Pour ralentir la cadence, essayez de déposer votre fourchette entre les bouchées, de boire une gorgée d’eau, ou tout simplement de prendre le temps de savourer chaque bouchée. ➤ Prévoir des collations. Qu’on soit en randonnée ou au travail, il est judicieux de prévoir chaque jour des collations nutritives alliant une source de glucides (énergie plus rapide) et une source de protéines (pour soutenir plus longtemps) afin d’avoir quelque chose de sain à grignoter quand on ressent la faim. Cela peut éviter de craquer pour une collation moins nutritive et plus calorique au dépanneur ou au restaurant. ➤ Miser sur les protéines et les fibres. En misant sur des aliments nutritifs et rassasiants, il y a des chances qu’on ressente les signaux de satiété plus rapidement (et donc qu’on mange moins). Certains nutriments sont plus rassasiants que d’autres. C’est le cas des protéines (viandes, volailles, poissons, légumineuses, œufs, noix, etc.) qui ont la capacité de soutenir à plus long terme. On s’assure que chaque repas en contient une source. Les aliments riches en fibres ont aussi un effet rassasiant, entre autres, grâce aux fibres solubles (légumineuses, avoine, pommes, poires, etc.) qui, telle une éponge, se gonflent et occupent un plus grand volume dans l’estomac. Évidemment, tous ces conseils ne font qu'une partie du travail quand il est question de saine gestion du poids, l'autre partie étant le mode de vie actif. Randonneurs, continuez d'être actifs !

Capsules santé Par Julie Aubé, Dt.P. Nutritionniste www.julieaube.com/blogue

Inspiration « clémentines » Faciles à transporter, rafraîchissantes et savoureuses dans leur forme la plus simple, les clémentines sont aussi délicieuses dans différentes préparations. Voici des suggestions : ➤ Dans les salades de fruits, mais aussi dans les salades vertes, les salades de poulet ou de crevettes, les salades de couscous, de quinoa ou de légumineuses... ➤ En garniture sur des crêpes ou directement ajoutées en petits morceaux à la détrempe avant la cuisson. ➤ Pressées pour le jus d’agrumes matinal. ➤ Zestées pour aromatiser thés et autres recettes (ex. : poulet, saumon, desserts, etc.). ➤ Déposées sur les plateaux de fromages. ➤ Trempées dans le chocolat lors des soirées de fondue. Mythe ou réalité : Manger avant de se coucher fait engraisser ? C’est un mythe ! En réalité, on prend du poids lorsqu’on consomme plus de calories par rapport à ses besoins énergétiques de façon générale, le moment de la journée importe peu. Si, par exemple, on sort marcher après le souper, il est probable que l’on ressente la faim plus tard en soirée. Dans ce cas, il est important d’écouter son corps et de prendre une collation. À l’inverse, si on passe la soirée devant la télévision à grignoter par gourmandise davantage que par faim, il se peut alors qu’avec le temps, un surplus de calories par rapport aux besoins se transforme en prise de poids.

Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 43


Environnement ➤

Carcaj’oÙ ? ➤ Non, non ! Ne vous plaignez pas auprès de la rédaction : le titre de l’article n’est pas fautif! Carcaj’où? est l’intitulé d’un projet de Nature Québec qui s’intéresse à un animal mythique, le carcajou (sans faute ici). Par Mylène Bergeron

© istockphoto, photos_martYmage

A

utrefois présent dans la plupart des provinces canadiennes, le carcajou (Gulo gulo) a connu une diminution considérable de sa population au cours du dernier siècle. En effet, depuis le début du XXe siècle, le piégeage, la chasse et les activités de contrôle des prédateurs, ainsi que la raréfaction du caribou (source de carcasses), ont contribué au déclin de l’espèce. L’empiétement sur son habitat, attribuable au développement des infrastructures humaines et à l’exploitation des ressources naturelles, l’a accentué. Le carcajou (population de l’Est) a donc été désigné « en voie de disparition » selon la Loi sur les espèces en péril du Canada dès 1989, et « menacé » selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec en 2000. La désignation de l’espèce comme étant « en voie de disparition » a conduit le gouvernement fédéral à mettre en place une équipe de rétablissement. Un premier plan de rétablissement a été publié en 2004 et la publication d’un second plan est attendue. Le carcajou, mythique et mal-aimé Le carcajou est le plus grand représentant terrestre de la famille des mustélidés (martre, vison, moufette, loutre, etc.) en Amérique du Nord. Habitant principalement les grands espaces nordiques de la forêt boréale et de la toundra, il est réputé pour son grand domaine vital, généralement situé loin des activités humaines. De nature discrète, ce carnivore, principalement charognard, demeure un animal mystérieux et très peu étudié. Au Canada, la majorité des études réalisées portent sur les régions montagneuses de l’Ouest, lesquelles semblent constituer les milieux les plus productifs pour cette espèce. Au Québec, toutefois, son écologie n’est pas étudiée et sa situation est très mal connue. Ainsi, clarifier la situation du carcajou au Québec demeure un enjeu de taille. En effet, la dernière présence confirmée de

l’espèce remontant à 1978, dans le secteur de Schefferville, un doute subsiste quant à la présence d’une population de carcajous sur le territoire québécois. Toutefois, des dizaines de mentions d’observations ont été rapportées au gouvernement au cours des dix dernières années et des inventaires aériens réalisés en 2006 dans les basses-terres de l’Abitibi et de la Baie-James ont révélé la présence de deux réseaux de pistes de carcajou. Il est donc difficile de savoir si une population de très faible densité est actuellement établie au Québec ou s’il s’agit de quelques individus de passage. Cette incertitude constitue un premier frein à la mise en place de mesures de rétablissement appropriées. La relation des populations autochtones avec le carcajou est ambivalente. Très présent dans les légendes, cet animal est considéré à la fois comme une espèce très respectée à cause de sa force et de son intelligence, mais aussi comme un ennemi redoutable en raison de son caractère vicieux et destructeur. Généralement, les Innus, les Naskapis et les Cris ne le considèrent pas comme bienvenu sur leur territoire, car même si son comportement s’apparente à celui des autres mustélidés, le carcajou a la réputation d’être un animal féroce et agressif. Cette mauvaise réputation est due à sa curiosité, et au fait qu’il peut piller des caches et des pièges, saccager des cabanes et marquer de musc et d’urine ses trouvailles, les rendant inutilisables pour les humains. Même si le carcajou ne menace pas l’humain et qu’aucune attaque n’a jamais été rapportée à ce jour, cette perception est encore bien présente aujourd’hui et constitue un second frein à la mise en place de mesures de rétablissement appropriées. Mais où est-iL ? Le projet Carcaj’o Ù? Nature Québec a développé le projet Carcaj’où ? dans le but d’éclaircir la situation de cet animal au Québec (identifier son habitat potentiel) et afin de sensibiliser le public et les Hiver2014 – MARCHE RANDONNÉE – 45


Bien entendu, cette identification n’est qu’une étape préliminaire permettant de cibler les efforts de recherche dans ces régions, recherche qui pourrait se faire par des inventaires, mais aussi en échangeant et en communiquant plus étroitement avec les communautés nordiques concernées. En ce sens, il importe de rappeler l’importance de rapporter les observations de carcajou au ministère des Ressources naturelles qui, depuis plusieurs décennies, les recueille et les analyse. Les déclarations d’observations faites par les utilisateurs du territoire (communautés autochtones, pilotes, compagnies forestières et minières, pourvoiries, camps forestiers, etc.) sont des renseignements très précieux qui aident à définir l’habitat du carcajou et à le conserver.

© istockphoto, Don Kurto

communautés nordiques autochtones et non autochtones à la précarité de l’espèce en démystifiant son comportement. Ces actions et la stratégie de communication qui les soutient devraient permettre de favoriser la mise en place de mesures de protection des habitats. Le projet contribue donc concrètement au travail de l’équipe de rétablissement. En s’appuyant sur une revue de littérature qui a fait ressortir les faits saillants de son écologie et des rapports d’observation crédibles, Nature Québec a réalisé une analyse géomatique qui identifie, à l’échelle du Québec, les territoires présentant le plus fort intérêt pour l’espèce. Ces territoires comportent, entre autres, les monts Groulx, Otish et Torngat, ainsi qu’une grande partie de la région de la Côte-Nord, le sud-est de la région Norddu-Québec et le secteur de Charlevoix. Il ne faut pas non plus oublier l’ouest du Québec, plus particulièrement le secteur de la Baie-James, où la possibilité de migration d’individus en provenance de l’Ontario pourrait jouer un rôle crucial dans le rétablissement de l’espèce au Québec. En effet, des observations de carcajous dans la région de Chapleau en Ontario ont été rapportées en 2006. Plus récemment, un carcajou a été accidentellement capturé dans la région de Hearst, à quelques centaines de kilomètres à l’ouest de la frontière québécoise. Un carcajou a aussi été happé par un train au sud de Moosonee, petite localité située à environ 100 kilomètres à l’ouest du Québec. La protection de cette zone limitrophe est considérée comme essentielle afin de maintenir un lien entre les populations de carcajous de l’Ontario et du Québec.

46 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

Les aires protégées et le carcajou Les aires protégées pourraient jouer un rôle important pour le rétablissement du carcajou. Selon certains experts du carcajou, la clé pour le maintien des populations est la mise en place de grandes aires protégées représentatives des écorégions que le carcajou occupe, et qui soient connectées les unes aux autres par des corridors de déplacement. Au Canada, quelques grands territoires protégés abritent avec succès des carcajous : parcs nationaux de Jasper, Banff, Kootenay, Yoho. Il pourrait en être de même au Québec. La connectivité entre les populations de carcajou est essentielle. Si une population de carcajou s’avérait présente au Québec, elle serait de petite taille. Il faudrait donc s’assurer de l’apport de nouveaux individus, provenant d’autres régions, afin d’éviter à long terme la consanguinité et la dérive génétique. En ce sens, la viabilité de la population potentielle de carcajou au Québec est certainement conditionnelle au maintien de la connectivité avec l’Ontario, où une population est établie. Vers une cohabitation harmonieuse Malgré la mauvaise réputation du carcajou, une cohabitation harmonieuse sera nécessaire afin de protéger cette espèce en voie de disparition au Québec. En effet, le retour probable du carcajou pourrait réanimer un sentiment de peur et engendrer un abattage opportuniste. Il convient donc de prévenir cette situation et de mettre en place des mesures favorisant une éventuelle cohabitation du carcajou et des populations nordiques puisque, tant que leur perception de l’espèce n’aura pas évolué, ces communautés ne collaboreront pas pleinement à son rétablissement. Le projet Carcaj’où ? espère contribuer à ce rétablissement en démystifiant le carcajou, à le « dé-démonisant ».

Mylène Bergeron est coordonnatrice aux communications à Nature Québec. www.naturequebec.org


➤ FAUNE

Le Cerf de Virginie Une élégance qui ne laisse pas indifférent !

Texte : Gabriel Lépine Photos : Dominic Gendron

➤ Odocoileus virginianus : son nom commun – chevreuil – nous vient de nos racines françaises. En effet, lorsqu’ils sont arrivés sur le nouveau continent, les premiers colons l’ont confondu avec le Capreolus capreolus, son homonyme européen, et son nom commun a perduré dans notre vocabulaire. Il s’agit cependant de deux espèces distinctes et il est plus approprié de l’appeler Cerf de Virginie.

A

ujourd’hui, on peut retrouver cette espèce presque partout en Amérique du Nord, du Mexique jusqu’à la forêt boréale au nord, et de la Nouvelle-Écosse jusqu’au sud de la ColombieBritannique. Cela n’a pas toujours été le cas. Lorsque les premiers Européens sont venus s’établir en Nouvelle-France, on ne rencontrait le Cerf de Virginie que dans l’extrême sud du Canada actuel. L’activité humaine, la diminution du nombre de ses compétiteurs comme le Cerf mulet, le Wapiti et l’Orignal, ainsi que le réchauffement climatique ont contribué à son expansion vers le nord-ouest. De plus, une règlementation limitant sa chasse et la disparition de ses prédateurs naturels comme le Loup gris et le Cougar de l’Est, ont permis à sa population de connaître une constante expansion. Le Cerf de Virginie a très peu de prédateurs. Il peut arriver occasionnellement que des coyotes, ou même des chiens errants, se mettent en bande pour attraper quelques individus vieux, malades ou déjà affaiblis par l’hiver. Par contre, en été, ils n’ont aucune chance de le rattraper. Ce magnifique cervidé incarne la beauté et allie avec grâce la force et la douceur. On peut l’observer se déplacer silencieusement dans les taillis les plus épais. Ne vous y trompez pas, s’il est surpris ou se sent menacé, vous ne tarderez pas à voir sa queue se dresser en signal pour alerter ses congénères. Vous découvrirez toute la puissance et l’agilité de ses pattes, qui peuvent le propulser avec des bonds pouvant atteindre trois mètres de haut et sept mètres de long. Ses pattes font sa fierté en été, mais constituent sa plus grande faiblesse en hiver. En effet, celles-ci s'enfoncent dans 48 – MARCHE RANDONNÉE – Hiver2014

la neige, ce qui exige beaucoup d'énergie. C’est pourquoi les Cerfs de Virginie, qui sont normalement solitaires, changent de territoire et se rassemblent en groupes durant l’hiver. On appelle « ravages » ces lieux où prennent place ces rassemblements et où la neige battue facilite leurs déplacements. En été, l’île Saint-Bernard, située à Châteauguay, compte une population moyenne d’une quarantaine de Cerfs de Virginie. Ceux-ci attendent généralement la fin de l’automne pour quitter le refuge faunique Marguerite-D’Youville. Ils traversent la rivière Châteauguay sur la glace et se rendent dans les


FAUNE ➤ regroupements de conifères des territoires adjacents de Léry et de Kahnawake. À ces endroits, les cerfs sont mieux protégés contre le vent et la nourriture est plus abondante. L’hiver est une période très difficile pour le Cerf de Virginie, ce qui donne lieu à toute une panoplie de comportements et stratégies de survie. Durant les mois précédant la saison hivernale, il prépare progressivement son métabolisme à ce temps de disette. Il s’agit pour lui de conserver au maximum son énergie et de puiser dans ses réserves de graisse. L’été, il consomme environ cinq kilos de végétaux divers par jour alors qu’en hiver, il devra se contenter d’environ trois kilos de maigres bourgeons, rameaux et sapinages… Son système digestif subit d’ailleurs une transformation qui le rend plus apte à la digestion des fibres ligneuses. C’est pourquoi il est très néfaste de nourrir les cerfs durant l’hiver. D’abord, les carottes, les choux et les pommes ne font pas partie de leur alimentation et on risque de rendre les cerfs malades, et même de les affaiblir. En effet, la digestion de ces aliments exige plus d’énergie que ce que ces aliments procurent. Cependant, il peut arriver qu’il soit nécessaire de leur offrir une alimentation d’urgence. Lorsqu’il y a trop de neige, que les cerfs ont de la difficulté à atteindre leur nourriture et que leur survie est menacée, on peut distribuer une moulée spécialement conçue pour s’intégrer à leur alimentation d’hiver. Au Québec, c’est le cas seulement en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent. Vous n’avez donc pas à vous en faire pour vos cervidés favoris. La chute des bois est aussi une stratégie de survie à l’hiver. Ce n’est pas un geste que le cerf pose volontairement. Néanmoins, les bois sont très lourds et encombrants, et il devient donc plus facile pour le cerf de survivre à l’hiver sans eux. Chaque calorie compte quand on est confronté au froid. Les bois sont, en fait, des organes osseux qui poussent chaque année. Leur croissance débute au mois d’avril et se termine vers la fin de l’été. À ce stade, ils sont recouverts de velours et on les appelle « andouillers ». Au mois de septembre, les bois se dessèchent et le velours tombe. Les mâles vont accélérer ce processus en frottant leur panache sur de petits arbres ou dans les branchages, ce qui leur donnera une allure polie et aiguisée. En plus, ce comportement permet aux mâles de signaler leur présence et de marquer leur territoire juste à temps pour le rut. Les bois servent uniquement

à cette période de l’année, durant laquelle les mâles s’affrontent dans des combats qui servent à marquer leur dominance et se pavanent pour séduire les femelles. L’accouplement a lieu lors des trois dernières semaines de novembre, après quoi le panache devient complètement inutile et tombe aux alentours de janvier. Seuls les mâles portent des bois, mais il peut arriver dans des cas rares (1 sur 1 000) qu’une femelle ait de petits bois courts. La gestation a lieu durant les mois d’hiver et il est d’autant plus important pour la femelle de conserver son énergie si elle veut donner naissance à des rejetons qui seront assez forts pour survivre. La mise bas a lieu dès le mois de mai, mais certaines femelles qui ont été fécondées plus tardivement peuvent mettre bas jusqu’à la mi-juin. Les cerfs donnent naissance à un ou deux petits par année, et plus rarement trois. Trouver de la nourriture au printemps est très important pour les femelles, car leur capacité à allaiter les petits en dépend. Si le printemps arrive tardivement, elles ne pourront s’alimenter suffisamment, et la vie des petits sera alors menacée. Heureusement, la nature fait bien les choses et, pour faciliter la vie de la femelle, les petits naissent avec un bon camouflage. De plus, ils dégagent très peu d’odeur, ce qui permet à la femelle, entre deux allaitements, de laisser le petit caché sans trop d’inquiétude pendant qu’elle va se nourrir et régénérer ses forces. De plus, l’instinct dicte aux petits de rester immobiles s’ils se sentent menacés. Il n’est donc pas rare que des randonneurs découvrent un faon qu’ils croient abandonné. Il ne faut pas le toucher, car l’odeur des humains pourrait alerter la mère et, dans ce cas, il est possible qu’elle délaisse son petit définitivement. Pour l’amant de la nature, il y aura toujours quelque chose de magique dans cet instant où l’on réussit à surprendre cet animal. Bien qu’il soit de plus en plus commun, son élégance ne peut nous laisser indifférent et sa fragilité nous rappelle à quel point la nature dépend d’un équilibre subtil. Si vous souhaitez observer des cerfs, vous pouvez visiter des sites comme le refuge faunique Marguerite-D’Youville ou le parc national des Îles-de-Boucherville. Les cerfs y sont très abondants et peu farouches.

Gabriel Lépine est éducateur à l’environnement chez Héritage Saint-Bernard.

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LÈCHE-VITRINES ➤ LÈCHE-VITRINEs

Trouvailles et nouveautés Par Claudine Hébert

Des lentilles cornéennes humides, humides, humides…

Fig, des vêtements féminins 100 % québécois

Vos lentilles cornéennes assèchent vos yeux ? Pourquoi ne pas essayer les lentilles Acuvue ? En plus de bloquer 99 % des rayons UVB et plus de 90 % des rayons UVA, les modèles de lentilles Oasys Hydraclear Plus d’Acuvue combattent la sécheresse. Ultralisses et ultra-mouillables, ces lentilles ont la particularité de fournir davantage d’oxygène aux yeux que les marques concurrentes. En fait, elles ont été conçues pour reproduire le même effet fluide que les larmes recouvrant les yeux. Bref, c’est comme si vous ne portiez pas de lentilles du tout. Et, bonne nouvelle, myopes, hypermétropes, presbytes et astigmates y trouveront aussi leur compte. Approuvées pour le port nocturne et le port prolongé jusqu’à six jours consécutifs, ces lentilles sont idéales pour les longues heures de randonnée, de conduite automobile, de travail prolongé à l’ordinateur et les voyages en avion. Le prix des lentilles, vendues en boîte de 6 ou 24, varie selon l’opticien consulté. Prévoyez au moins 200 $ par année. www.acuvue.ca

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Juste au cas… On n’est jamais trop prudent lorsqu’on s’aventure dans les bois l’hiver; même en sentier balisé. D’où l’idée d’une entreprise de l’Indiana, Keep Warm LLC, de confectionner une veste de chaleur en cas d’ennui. La Ready-Heat Warming Vest a pour propriété de procurer à la personne qui la porte, une température de 37,8 °C en moins de dix minutes, et ce, pour huit heures d’affilée. Pour assurer une meilleure protection contre le froid, cette veste de secours peut même s’enfiler sous le manteau. Ce produit, qui ne s’utilise qu’une seule fois, n’est pas encore vendu dans les boutiques du Québec, ni d’ailleurs dans les boutiques canadiennes ou américaines. Mais on peut le commander sans problème auprès du manufacturier américain. Prévoyez 12,95 $ US pour la veste, plus les frais de livraison et de douane. Le manufacturier produit également des couvertures de chaleur vendues 17,95 $ US keepwarm.us


LECTURES ➤

En collaboration avec

Par Alexandra Mignault, RuedesLibraires.com

LA MARCHE QUI SOIGNE Jacques-Alain Lachant – Payot – 35 $ « Pour certains, la marche est une passion, pour d’autres, un calvaire. » Marcher peut parfois être synonyme de douleurs et de problèmes musculaires parce que « ce n’est pas parce qu’on marche qu’on se porte bien ». L’ostéopathe Jacques-Alain Lachant expose dans cet ouvrage, en s’appuyant sur des exemples et des témoignages éclairants, une approche différente, celle de la « marche portante », pour éviter les douleurs, pour arriver à sentir son corps, à avoir du tonus, de la légèreté, de bonnes postures et ainsi retrouver le plaisir de la marche, un équilibre essentiel et inhérent à la vie quotidienne. Même si nous avons souvent l’impression qu’il s’agit d’un réflexe acquis, « la marche, ça s’apprend ».

BEN ENTREPREND UNE RANDONNÉE EN MONTAGNE Julia Gagnon (textes) et Danielle Tremblay (illustrations) – Sam – 8 $  « Ben entreprend » est une collection éducative qui vise à développer les valeurs entrepreneuriales (créativité, autonomie, sens des responsabilités, leadership et solidarité) chez les enfants de 6 à 8 ans. Dans Ben entreprend une randonnée en montagne, Ben s’initie à l’entraide puisqu’il devra aider son ami Théo à atteindre le sommet de la montagne. L’identification des sons complexes et des lettres muettes, la définition de certains mots, le vocabulaire simple, les phrases courtes, les illustrations vivantes et explicites, les questions accompagnant l’histoire : voilà ce qui est mis en œuvre pour faciliter la lecture et permettre aux jeunes lecteurs d’apprendre tout en s’amusant.

GUIDE TOTAL CAMPING ET PLEIN AIR Gil GilPatrick – Modus Vivendi – 35 $ Le plein air, le camping, l’excursion en canot, la randonnée pédestre, l’expédition en motoneige, la chasse et la pêche vous interpellent ? Il vous faut ce guide ! Vous pourrez ainsi planifier ces activités en toute saison et partir à l’aventure l’esprit tranquille, prêt à toutes les éventualités grâce aux conseils pratiques et avisés de spécialistes. Vous saurez tout en ce qui concerne, par exemple, l’eau, la nourriture, l’orientation, la variation des températures, l’équipement et les vêtements adéquats, les soins médicaux et la recherche d’une personne perdue. À l’aide de listes de vérification, d’anecdotes, d’exemples concrets, votre séjour sera planifié, sécuritaire et surtout, agréable et profitable.

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