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L’Eau, un bien commun Enjeux Politiques

Enjeux Sociaux Enjeux Environnementaux Enjeux Economiques Enjeux liés à la Santé Forum Alternatif Mondial de l’Eau


L’Eau, un bien commun l Anaïs Carreras

Les réseaux d’eau ont pour la plupart été mis en place par les pouvoirs publics mais on assiste à une importante privatisation de la gestion de ces réseaux. Les compagnies Véolia et Suez proposent alors aux collectivités de prendre en charge la gestion de l’eau en contrepartie du paiement d’importants droits d’exploitation. Seulement, ces multinationales ont tendance à augmenter de manière exponentielle les factures d’eau des contribuables dans le but de générer du profit et de prospérer dans les autres secteurs d’activités où elles sont présentes.

Politique interne → Bolivie, avril 2000 : suite à la privatisation des services d’eau, les habitants de la ville de Cochabamba se sont révoltés contre l’augmentation disproportionnée des tarifs de l’eau et ont obtenu l’expulsion de l’entreprise privée, Aguas del Tunari, en charge des services d’eau.

Les états peuvent aussi choisir de quelle manière distribuer l’eau, favorisant certaines populations ou certains secteurs d’activités au détriment des autres. → En Chine du Nord, en juillet 2000, une révolte a éclaté opposant les paysans aux forces de police parce que le gouvernement a choisi de consacrer certaines réserves d’eau à l’approvisionnement de villes et d’industries plutôt qu’aux zones rurales et à l’agriculture.

Les gouvernements gérant Géopolitique la distribution de l’eau ont aussi un pouvoir en matière Le partage des ressources en de normalisation, notamment eaux a souvent été source de tenconcernant les taux accepta- sions entre les pays, mais malgré les bles de pollution de l’eau. prévisions de nombreux experts, aucune “guerre de l’eau” n’a réelle→ Dès son arrivée au pouvoir, ment eu lieu. le président George W. Bush a L’eau est en revanche utilisée annulé un décret établi par le comme moyen de pression, notamprécédent gouvernement, qui ment dans les bassins versants où baissait la teneur maximale au- les pays situés en amont peuvent torisée en arsenic dans l’eau po- détourner un cours d’eau ou mettre table. Ce décret était coûteux en place un barrage, privant d’eau pour les industriels de certains les populations situées en aval. secteurs (mines, bois, énergie), Les civilisations ayant eu tendles empêchant de rejeter de ance à se créer autour de cours l’arsenic dans les cours d’eau. Ces mêmes industriels avaient d’eau, de nombreux fleuves servent financé la campagne électorale aujourd ’hui de frontières. de Bush...

→ Deux tiers des fleuves sont partagés entre plusieurs pays.

La quantité d’eau disponible sur Terre restant toujours la même, l’explosion démographique que connaît la planète risque d’accroître les tensions liées à l’eau et à sa répartition. Depuis une vingtaine d’années, des rencontres entre états sont organisées afin de définir des stratégies à appliquer en matière de gestion de l’eau.


L’Eau, un bien commun l Agnès Verny

La société ne doit pas accepter que les multinationales contrôlent totalement la gestion de l’eau dans le monde. L’eau est un droit public et humain. En plus d’être une préoccupation écologique, l’eau dans le monde est de plus en plus une préoccupation sociale. L’impact social d’une mauvaise gestion ou distribu¬tion de l’eau est parfois dramatique. Des études américaines ont montré que depuis des décennies, les

problèmes sociaux en Afrique Ori- à l’eau. Dans ces populations, ce entale correspondent à des périodes sont très souvent les femmes qui sont de sécheresse dans beaucoup de cas. chargées de la corvée d’eau. L’eau L’eau est un instrument synonyme de est souvent de mauvaise qualité, et les populations rurales puissance politique ou sola payent plus cher que ciale. « L’eau est un grand 2,5 milliards les habitants du centrerévélateur des enjeux sod’individus ne ville. ciaux, économiques, culbénéficient pas Dans certaines réturels et politiques qui agde structures gions, seule la récupéitent, souvent de manière d’assainissement ration d’eau de pluie latente, les sociétés. » fiables est utilisée comme resLa plupart du temps, source. Cette récupéce sont les populations les ration ne peut se faire plus pauvres et qui vivent dans les régions les plus rurales qui que lors de la saison des pluies, donc sont touchées par les problèmes liés la répartition est inégale dans l’année.

L’exemple de l’Inde Tout comme l’agriculture, l’eau est un élément clef de l’économie Indienne. L’Inde a de plus en plus de mal à subvenir à ses besoins en eau, d’après le rapport de 2030 Water Resources Group. Cela va en s’aggravant avec le développement de la demande agricole, domestique, mais aussi industrielle. En effet, dans certains secteurs de l’industrie, la consommation d’eau est très

forte. Le rapport du 2030 Water ressources Group affirme que les besoins en eau dans les villes et les campagnes indiennes devrait doubler à l’horizon 2030 et l’Inde risque de voir les déficits s’aggraver et les conflits augmenter autour de la ressource de l’eau.


L’Eau, un bien commun l Carine Damey

Enjeux environnementaux « Omniprésente et indispensable au maintien de la vie, l’eau est l’un des éléments les plus essentiels de notre planète » selon le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). En effet, elle compose la Terre à 70% sous différentes formes telles que le gaz, le liquide ou bien le solide. Pourtant, plus de la moitié des grands fleuves et lacs

mondiaux sont pollués notamment à cause des pesticides et nitrates mais aussi à cause de pollutions souvent dites accidentelles liées à l’inattention et à l’ignorance de certaines industries. La moitié des zones humides a disparu, ce qui a fait diminuer la biodiversité de plus de 50% dans les eaux douces majoritairement. La demande augmente mais l’eau est une ressource naturelle limitée et le sera de plus en plus.

Pour améliorer l’accès à l’eau potable, le dessalement semblait être une alternative cependant elle s’avère être impropre puisqu’elle relâche beaucoup de gaz à effet de serre et produit du saumure (solution de chlorure de sodium) qui a un grave impact sur l’environnement. Les solutions les plus envisageables sont alors la réutilisation complète des eaux de pluies et le traitement des eaux usées.

Exemple avec le rapport sur la pollution des eaux chinoises : « Le 13 juillet 2011, Greenpeace Chine, avec le soutien actif de nombreux bureaux à travers le monde, dévoilait la campagne DETOX, basée sur un nouveau rapport, intitulé « Dirty Laundry », détaillant comment certaines grandes marques internationales travaillent avec des fournisseurs chinois qui polluent les rivières en rejetant des produits chimiques toxiques entraînant, entre autres, des prob-

lèmes hormonaux ou des cancers. Après lancement de cette campagne DETOX, les réactions ne se sont pas fait attendre, puisque les marques ont confirmé qu’elles entretenaient bel et bien des liens commerciaux avec les deux usines incriminées. Seul deux marques sportives sont dans le déni et refusent de reconnaître leurs responsabilités».

D’après le site Internet www.oceans.greenpeace.fr


L’Eau, un bien commun l Anne-Flore Grosselin

L’eau douce est une ressource limitée. Notre planète est recouverte aux ¾ d’eau, mais moins de 3% de l‘eau y est douce, principalement c o n centrée dans les glaces p o laires. On peut penser que l’eau est une ressource inépuisable, p u i s q u ’e l l e se renouvelle continuellement,

mais nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre et nous devons nous partager la même quantité d’eau douce qu’auparavant. En 2010, l’ONU reconnait que l’eau est un bien universel qui ne peut être vendu. Dans les pays arides ou envoie de développement, l’eau douce est rare et très souvent à l’origine de tensions voire de conflits (cf. les enjeux politiques). Celui qui possède l’accès à l’eau devient ainsi détenteur d’une forme de pouvoir sur les autres et il arrive que ceux-ci doivent payer pour accéder à cette ressource. L’eau est source de vie mais aussi d’énergie (hydraulique, hydroélectrique, marémotrice etc.). En outre, 70% de l’eau douce est utilisée pour l’agriculture. Elle est donc indispensable également

pour les pays dont l’économie public/privé. On remarque que est principalement basée sur dans les communes gérées par le secteur privé, l’eau revient à un l’agriculture. Dans nos pays développés, prix plus cher alors que sa quall’eau potable est accessible à tous. ité n’est pas forcément meilleure Cela ne signifie pourtant pas que dans les communes où l’eau qu’il n’existe pas de problème est gérée par le service public. En France, l’eau est gérée lié à la gestion de à près de 80% par des l’eau. On remarque En France entreprises privées, de plus en plus aussi la gescontre 10% dans d’inquiétude quand tion de l’eau le reste du monde à la main mise des (Etats-Unis inclus entreprises privées est très con!). Par ailleurs, ces de gestion de l’eau troversée et entreprises utilisent sur les réseaux de devient l’objet des méthodes parfois distribution. Car si de plus en plus douteuses pour obtel’eau n’a pas de prix, de questions. nir des bénéfices. Un il faut néanmoins bon documentaire à faut la prélever, la voir pour se faire une traiter, la distribuer, idée sur le sujet : Water Makes la stocker, l’évacuer et l’assainir. En France, l’eau est gérée Money, réalisé en 2010 par Leslie selon deux systèmes : gestion Franke et Herdolor Lorenz. publique de l’eau et partenariats

En moyenne, entre 2010 et 2011, les dépenses en eau d’un Français s’élèvent à : Paris = 350€ TTC/an Brest = 396€ TTC/an

Marseille = 378€ TTC/an Bordeaux = 406€ TTC/an

Grenoble = 261€ TTC/an

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous interroger : si l’eau est un bien commun, pourquoi son prix varie-t-il tellement d’une ville à l’autre ?


L’Eau, un bien commun l Charlène Douchamps

L’eau est un bien indispensable à l’Homme, mais peut aussi être facteur de graves maladies. La qualité des eaux destinées à l’a l i m e nt at i on humaine affecte la santé de plusieurs millions de personnes à travers le monde. L’insalubrité de l’eau, son inaccessibilité ou son indisponibilité en quantité suffisante, le manque de moyens d’assai-nissement et, par conséquences, le manque d’hygiène, mais aussi une mauvaise gestion ou L’accès à l’eau – utilisée à des fins domestiques, pour la boisson, la cuisine et l’hygiène personnelle – signifie que la source est située à moins d’un kilomètre de l’endroit de son utilisation et qu’il est possible d’obtenir régulièrement au moins 20 litres d’eau par habitant et par jour.

implantation des ressources laire entrainant la cécité) - le schistosomiase (maladie en eau, peuvent entrainer des parasitaire mortelle) risques sanitaires et alimen- la malaria (ou paludisme) taires. Les maladies dites hydriques peut être parAméliorer la qualité Plus de 3,5 milticulièrement graves, de l’eau : un inveslions de personnes comme : tissement aux multimeurent chaque - la malnutrition/ ples impacts année de malasous-nutrition (défidies causées par cience d’un ou pluIl y a de nombreux une eau insalubre, un défaut sieurs nutriments, intérêt à investir pour quantité ou qualité d’assainissement améliorer la salubrité ou un manque de nourriture ou de l’eau potable, pour d’hygiène. d’eau insuffisante) permettre un as- des infections sainissement et une intestinales par nématodes hygiène adéquats, et pour gar(parasites vivants dans les in- antir une bonne gestion des restestins, reins et autres organes) sources. - des cas de filariose lymphaEn effet, en plus de la valeur tique (caractérisés par un grave des vies humaines sauvées, les gonflement des jambes handi- bénéfices de cet investissement capant) permettent d’accroitre la pro- le trachome (infection ocu- ductivité et donc l’économie, En France, nous utilisons pour nos toilettes environ 10 litres d’eau potable à chaque fois que l’on tire la chasse… Cela représente une quantité déjà deux fois plus importante que celle disponible pour les personnes vivant dans la plupart des régions rurales subsahariennes.

mais aussi l’éducation, la santé et le bien-être. Cela permet également de diminuer la pollution environnementale liée à l’eau. Un tel investissement ne peut être mené seulement par les Organisations Non-Gouvernementales mais doit relever d’une volonté politique. L’enjeu sanitaire de l’eau est ainsi dépendant de nombreux mécanismes, et entrainent des impacts multiples, aux niveaux social, politique mais aussi environnemental. La santé de l’homme dépend de l’eau, mais aussi de l’assainissement et de l’hygiène L’exemple d’une action d’assainissement menée à Bande (Niger) en 2011, avec le soutien de l’UNICEF


L’Eau, un bien commun l Solange Kurpiel

FAME : L’eau comme un bien et non un produit L’eau n’est pas une marchandise, l’eau est un bien commun de l’humanité, indispensable à la vie : voici dans les grandes lignes le combat du Forum Alternatif Mondial de l’Eau. L’événement aura lieu à Marseille, du 9 au 18 mars 2012, et mobilisera une armée d’associations et d’organisations engagées à faire parler des questions autour de l’eau et de l’accès à cette ressource. Au total, 17 entités

L’Italie dit « oui » à l’eau publique

Le référendum du 13 juin 2011 est une victoire pour tous ceux qui luttent contre la marchandisation de l’eau. Depuis 2006, différents Comités citoyens travaillaient à rendre possible cette décision. En Italie, la mise en place d’un référendum nécessite 500 000 signatures, le réseau de comités a réussi à en recueillir 1,4 millions. Ensuite, pour la validation du référendum par la consti-

internationales, 22 nationales et 40 locales sont à la tête de l’événement. Pour la quatrième fois ce mouvement altermondialiste fera face au Forum Mondial de l’Eau, organisé par la Banque Mondiale et les sociétés multinationales tournées vers la marchandisation de l’eau. L’objectif est de créer un espace de débat, d’échange d’expériences pour finalement aboutir à des propositions alternatives pour la gestion sociale, écologique et citoyenne des ressources. Ce mouvement multiforme depuis sa naissance, en 2003 à Florence, a gagné beaucoup de force et de légitimité sur la scène mondiale. Les militants de la société civile ont gagné des batailles importantes à dif-

férents niveaux. Ces dernières années, des pays en Afrique, en Amérique Latine et en Europe ont vu le recul de la privatisation de l’eau et le retour de la gestion publique. En juin 2011, 95% des italiens ont dit « oui » à la gestion publique de l’eau. Ce référendum historique est le résultat d’une lutte populaire qui a commencé en 2006. De plus, l’édition du FAME de 2012 se fonde sur une victoire symbolique. En juillet 2010, l’Assemblée générale de l’ONU a déclaré l’eau potable comme un droit humain fondamental. L’objectif était de stimuler les gouvernements et les organisations internationales à faire plus d’efforts pour donner accès à « de l’eau potable, salubre, propre, accessible et abordable

tution italienne, il faut l’approbation de 50% d’électeurs, plus un : lundi à 15h, 57% des italiens étaient déjà passés aux urnes et 95% d’entre eux avait dit « oui » à la gestion publique de l’eau. Découvrez plus en détails cette victoire dans le texte de Raphaël Pepe, appartenant à l’association « Attac Italie » et au «Comité Référendaire pour l’Eau Bien Commun».

et l’assainissement pour tous » (Source : Texte de la résolution). Le défi principal du Forum Alternatif sera donc de proposer des alternatives et des méthodes pratiques pour permettre la mise en œuvre de cette résolution. Pour cela, le FAME prévoit la programmation d’une centaine de conférences avec des chercheurs, des acteurs sociaux et des personnalités impliquées dans cette lutte, avec des expériences intéressantes à partager. En plus du côté « technique », le Forum veut mobiliser et sensibiliser la population à la problématique et aux enjeux de l’eau. La population de Marseille et de la région peut ainsi s’attendre à de nombreuses actions culturelles et artistiques dans toute la ville.


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