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Documentologie par Annabel Rioux classeur, qui, lui, n’est pas fourni1.

Initié en 2012 par le Parc Saint-Léger, le pôle graphisme de Chaumont et trois Ecoles Nationales Supérieures d’Art (Bourges, Dijon et Paris-Cergy), le projet La Grande Ourse vise à renforcer les interactions entre les recherches artistique, graphique et théorique. De janvier à mars 2012, le centre d’art de Pougues-les-Eaux a ainsi accueilli trois artistes, Amélie Deschamps, Camille Le Houezec, Mickaël Valet, deux graphistes, François Havegeer et Sacha Leopold, et un théoricien, Gallien Déjean. Pendant trois mois, les résidents ont collaboré pour produire ensemble un objet éditorial commun mais particulièrement protéiforme, dont ces cinq pages tentent d’explorer quelques unes des multiples facettes.

Classeur L’objet éditorial conçu par les six résidents de la Grande Ourse est un ensemble de feuilles volantes de différents formats, couleurs et textures, allant de la simple photocopie au poster,

en passant par la carte postale ou le livret. Ces documents disparates sont seulement maintenus ensemble par un film plastique, rompu dès la première lecture. Chaque élément est perforé de façon à pouvoir être rangé dans un 12

La retranscription d’un entretien des résidents avec Ramuntcho Matta nous apprend que Brion Gysin, dont Matta fut l’assistant, tenait ses archives dans un classeur limité à 300 feuillets : ainsi, la première page en était éliminée à chaque fois qu’il y ajoutait la 301e. Ce procédé entre en résonance avec le choix des résidents de concevoir leur édition comme une archive libre, perpétuellement reconfigurable : dès l’ouverture du blister le chaos surgit, le lecteur est livré à lui-même pour trouver un sens à tous ces éléments sans ordre apparent, ni sommaire ni pagination, et risquant d’être dispersés, égarés au moindre défaut d’attention. Index A défaut de sommaire, parmi les feuillets se trouve tout de même un semblant d’index : liste de mots-clés révélant de manière rudimentaire les thématiques et références qui traversent l’édition, sans toutefois indiquer les pages auxquelles on pourra les retrouver ; l’établissement de ces liens est laissé à la sagacité du lecteur, qui doit trouver son chemin dans la publication,  Sauf dans la version « de luxe » de l’édition qui inclut un pupitre permettant d’accueillir les feuillets. 1

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La belle revue 2012  

Revue rétrospective d'art contemporain en Centre-France

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