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Vidéo-appart Lʼart réalise la notion la plus difficile de socialité, car lʼœuvre dʼart se dirige à tout le monde, mais en parlant chacun à sa manière. Liugi Pareyson La vidéo est un mode dʼexpression émergente et en pleine expansion. A travers elle, les artistes expriment leur vision du monde environnant. Ils peuvent nous mettre ainsi face à nous-même, face à notre image, à notre propre réalité, mais aussi, ils peuvent nous transporter dans un voyage irréel et poétique. Par son approche du temps et de la durée, par le flux des images en mouvement, la vidéo reflète notre époque et notre société. Cependant, par son caractère même : facilité de réalisation, de production et de montage, lʼart de la vidéo nʼest pas encore apprécié à sa juste valeur. La vidéo est dans un corps mutant qui la rend encore inaccessible comme objet dʼart, comme œuvre à part entière. Aussi, pour permettre un autre mode dʼaccès de lʼœuvre vidéographique, cette manifestation est proposée dans un lieu identitaire et intime : lʼappartement privé. En effet, lʼappartement est lʼendroit propice pour que la vidéo puisse être visualisée, installée, projetée comme « chez soi ». Vidéoʼappart est un projet qui mêle œuvres, objets, mobilier et architecture. Il en résulte une expérience de cohabitation, de lʼartiste avec les habitants, des hôtes avec lʼœuvre et des visiteurs avec un espace de vie. Un agencement qui engage le comportement du spectateur, un dispositif dont le visiteur fait lʼexpérience. Une autre manière de penser le rapport que nous entretenons avec les œuvres. Vidéoʼappart est placé sous la souveraineté de lʼéchange et du dialogue. Lʼexposition aura le souci dʼengager une réflexion sur le rapport avec Autrui et sur le mode de représentation de la vidéo notamment dans un espace intime et privé. Ainsi, chaque artiste a été invité à proposer un projet particulier et singulier dans chaque appartement. Pour questionner le rapport de la vidéo avec son lieu de monstration, Vidéoʼappart propose également à lʼespace Immanence une exposition de vidéo sur le thème de lʼautre, le corps et lʼintime. Vidéoʼappart nous invite de la sorte à connaître mieux ce mode dʼexpression qui est la vidéo, ainsi que lʼétendue de ses possibilités par sa thématique comme par son dispositif de présentation.


Vidéoʼappart est organisée en trois circuits. Chaque semaine un nouveau circuit est proposé dans différentes zones de Paris : le sud, le nord et lʼest. Les personnes qui ouvrent leurs appartements pour lʼexposition Vidéoʼappart exercent différents métiers. Il sʼagit dʼindividus qui nʼont pas forcement un lien avec le milieu de lʼart. Il y a ainsi des ingénieurs, des banquiers, des étudiants, des avocats, entres autres. Ils ont tous en commun une grande ouverture dʼesprit, un grand sens de la curiosité et du risque.Les vidéastes proviennent eux aussi dʼunivers très divers : plasticiens, infographistes, vidéastes.... Et proviennent de plusieurs régions de France ou de lʼétranger. En effet, Vidéoʼappart réunit 37 artistes de 12 nationalités différentes. Circuit Est

Circuit Nord

Circuit Sud


Exposition permanente du 23 mars au 9 avril

Immanence

21 av du Maine 75015 Paris Métro: Montparnasse Recoit le soutien de la ville de Paris et de la DRAC Ile de France http://www.art-immanence.org/

Les artistes qui participent à Vidéoʼappart ont été invités à proposer un projet de vidéo dans un espace habité : lʼappartement. Les créateurs avaient, comme seule contrainte le respect des lieux et de ses habitants. Aucune thématique ne leur avait été imposée. Néanmoins, un lien unit lʼensemble de ces travaux : lʼAutre. En effet, tout le dispositif mis en place par Vidéoʼappart a été élaboré pour aller à la rencontre dʼautrui. Lʼexposition a été conçue pour permettre lʼinteraction des participants : le commissaire, les assistants, les artistes, les hôtes et le spectateur. Il mʼa donc semblé important dʼaccentuer la question de lʼAutre par une exposition à lʼespace Immanence. Il sʼagira dʼinterroger le rapport avec autrui à travers le corps, le portrait et le visage. Ils seront ainsi réuni durant trois semaines les œuvres vidéographiques de trois artistes : Manuela Marques, Tatiana Cruz et Philippe Bazin. Afin de mieux saisir le rapport entre lʼœuvre et lʼespace dʼexposition, le spectateur découvrira également ces artistes dans quelques uns des appartements.Cʼest ainsi quʼune partie des vidéos de la série Dufftown de Philippe Bazin sera visible aussi bien à Immanence que dans trois appartements différents des trois parcours de Vidéoʼappart. Manuela Marques proposera quant à elle une série de portraits à Immanence et une vidéo sur un paysage dans un appartement à Châtelet. En étroite collaboration avec Gabriela Albergaria, Tatiana Cruz participera à la réalisation dʼune vidéo présentée au cours du troisième itinéraire. De même et afin dʼintroduire les rapports dʼéchange que lʼon découvrira au cours de la manifestation de Vidéoʼappart, les spectateurs pourront découvrir à lʼespace Immanence des extraits dʼinterviews auxquels se sont livrés les participants quʼils soient artistes ou hôtes des lieux. Enfin, Immanence permettra de faire le lien avec les trois parcours qui seront proposés par Vidéoʼappart. Il restera ouvert pendant les troissemaines dʼexposition.


Sans Titre, le 22 Mars 2006, 1 heure. Dans ma démarche artistique, lʼAutre est au centre de mon questionnement. Celui-ci se manifeste comme une ouverture, un passage vers le monde extérieur. La question de lʼaltérité est pensée donc en fonction du rapport de soi à lʼautre.Pour Vidéoʼappart, jʼai choisi le corps pour exprimer ma relation à lʼAutre. En effet, le corps représente le lien qui nous unit au monde et à son image. Il a pour trait de communiquer quelque chose. Le corps est devenu pour moi langage : espace de dialogue de lʼêtre et manifestation de lʼidentité. Dans une sorte de dualité, le corps peut révéler aussi bien lʼunivers de

Tatiana Cruz

lʼintime - dévoilement de soi – que lʼunivers de lʼextérieur – le corps social. Le triptyque et par la suite le diptyque proposé à Immanence questionne nos limites par rapport à lʼAutre : quelles sont les zones frontalières entre mon intimité et celui de mon prochain ? Jusquʼoù acceptons nous de dévoiler notre être ? Quelle est lʼimage que projettent le corps et son visage ? Quelle lecture fait-on de lʼautre à travers un écran de projection ou de télévision ?

Monparnasse

Immanence 21 avenue du Maine 750015 Paris


Rencontres I, Vidéo, 5 x 1ʼ2003 Ce travail vidéo révèle à partir des visages et des corps filmés ce qui est de lʼordre dʼun bouleversement : moment de passage entre la retenu et lʼexpression dʼune émotion. Ainsi dans « Rencontres I », de minuscules fragments de temps sont isolés. Ces fragments font parti dʼune action trés longue, qui demande aux modèles concentration physique et mise en condition mentale expérimentés jusquʼà lʼépuisement. Tous les modèles sont dans une sorte dʼapnée des corps et des émotions, ils sont dans un état paroxystique, état presque douloureux qui précède lʼextériorisation de

Manuela Marques

lʼémotion. Ce que ce travail vidéo a sauvegardé est cet état /expérience du bouleversement.

Monparnasse Monparnasse

Immanence Immanence 21 avenue du Maine 21 avenue du Maine 750015 Paris 750015 Paris


Dufftown, 2002, 60 minutes Huit visages filmés en gros plan sans bouger, et qui vous regardent fixement depuis une télévision silencieuse. Chacun des films dure une heure, sans son ni montage, Une Heure de travail pour chacun des participants. Le temps sʼécoule pour ce quʼon peut dʼabord voir comme une photo dans le poste. Cʼest du temps disponible pour le spectateur : puisque ces visages nʼexpriment rien, celui-ci se sent invité à interpréter, en fait à projeter ses propres affects. Ces gens, on les voudrait apeurés, sereins, agressifs, tendus, innocents, absents. Eux conservent jusquʼau bout leur

Philippe Bazin

énigme, corps à nu, sans bruit, sans le langage, ni même la moindre inflexion de voix. Cʼest une adresse qui nous renvoie, en deçà des mots, à notre irréductible altérité. Et à notre condition dʼhommes face aux machines.»

Monparnasse

Immanence 21 avenue du Maine 750015 Paris


Circuit Sud du 23 au 26 mars

3 2

Chatelet

Morvan Mallegol 3 rue Turbigo 75001 Paris

Saint Michel

Celine Mougenot 21 rue de la Huchette 75005 Paris

Saint Sulpice

John Essoukan 10 rue du Cherche Midi 75006 Paris

5 4 Saint François Xavier François D. 1 avenue Ségur 75007 Paris

Glacière

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Fréderique de Gavelaine 87 rue Pascal 75013 Paris


La Communauté Réchauffée, Performance – Vidéo, 24 mars au 26 mars 2006 Les territoires dʼémergence de lʼart ont gagné les périphéries de la société, pour sʼinscrire directement dans le contexte même des préoccupations contemporaines. Nombre dʼartistes investissent alors hôpitaux, prison, Espace public, centre sociaux pour créer un espace nécessairement de « plain-pied »1, et ainsi mutualiser la créativité artistique.Cʼest dans ce contexte de réflexions que lʼartiste Mélanie Perrier a réactivé sa Zone dʼentente temporaire pour quelques jours au sein dʼun CHRS (Centre dʼhébergement et de réinsertion sociale ) de la banlieue parisienne. À toutes

Mélanie Perrier

celles et tout ceux quʼelle croisait, elle se proposait de leur réchauffer les mains, et ce comme un premier geste dʼentente sorti de toute volonté de dialogue social pour se donner comme le symbole essentiel de notre communauté affranchie des barrières des langues. «Cette communauté réchauffée» tente alors par les images de ces rencontres aveugles et désintéressées de se donner comme autant de récit de ces expériences. Quel sera le statut de ces images alors que lʼexpérience est ailleurs ?

Glacière

Frédérique de Gravelaine 87 rue Pascal 75013 Paris


Disparition(s) III, 7 minutes 50 s., 2006 Mes vidéos se construisent à partir de dispositifs simples, souvent des plans fixes avec un cadrage unique afin que les seuls mouvements visibles soient ceux des formes que je mets en scène. Actions simples ou répétées, mes vidéos questionnent notre présence corporelle au monde, mais aussi la présence du spectateur en tant que regardeur par le jeu dʼun rapport au temps, à la durée dʼapparitions des images et des mouvements sonores. Pour Disparition(s)III la vidéo est un plan moyen montrant le salon de Frédérique De Gravelaine depuis un point fixe. Durant

7min50, petit à petit tous les éléments de la pièce disparaissent jusquʼà ce que le salon soit vide. Ne restent plus visibles alors que les murs, sol et éléments architecturaux nus, ensuite la pièce disparaît complètement. Les spectateurs de la vidéo se trouvent dans le salon, tel quʼil est filmé dans la vidéo, assis sur le canapé à la place de la caméra. La vidéo passe en boucle dans le téléviseur instaurant un dialogue entre lʼimage réelle du salon et sa représentation. http://guillaume.hillairet.free.fr e

Guillaume Hillairet Frossard

Glacière

Frédérique de Gravelaine 87 rue Pascal 75013 Paris


Sans titre, 5 min., 2006 Mon approche de la vidéo est très influencée par ma formation en photographie, art dans lequel sont typiquement utilisés un cadre fixe et un mouvement minimal. Ces caractéristiques précises ont pour but de diriger lʼattention de celui qui regarde la vidéo sur les changements infimes qui sʼy produisent. Pour Vidéoʼappart, jʼai sélectionné certaines peintures sur les murs de différents appartements et je les ai remplacées par des écrans vidéos de mêmes dimensions. Les films vidéos qui défilent en continu ont un lien avec le thème de lʼimage originale, avec cependant dʼémouvantes

Lynn Cazabon

différences contemporaines. Ces oeuvres ont été créées spécialement pour cette exposition et tout a été filmé dans la ville de Baltimore où je vis (États-Unis). Chaque vidéo a été conçue pour prendre la place de sa peinture respective dans lʼappartement, intégrant ainsi naturellement la vidéo dans le décor de lʼappartement.

Glacière

Frédérique de Gravelaine 87 rue Pascal 75013 Paris


Work in progress, 3 à 5 min. par vidéo, 24 au 26 mars 2006. Les voies, les tracés, les cadres, limites où peuvent se produire les fruits des hasards, de rencontres, dʼexpériences, de recherches à travers lʼouverture à une affluence humaine, là se trouvent le creuset, lʼébullition de mon travail. Lors du premier parcours du Vidéoʼappart, la proposition de ce Work in progress, un K vidéo exquis se définit par la suite dʼévènements tel que des rendez-vous au 22 rue ; une collation de regards autour … ; un parcours de rencontres au sein du quartier St Michel.Mon invité choisira ses prises de vues clôturant notre rencontre, il y en aura

5, 5 invités par jour, un par heure. Tous les soirs, je me permettrais de faire cohabiter ce brassage dʼindividus, dʼunivers complexes dans lʼenceinte temporelle, journalière dʼun cadavre exquis en vidéo, un K vidéo exquis, monde existant, le temps dʼun mouvement, dʼun élément moteur, une vidéo.Pour prendre rendez-vous, les 23/24/25 mars de 14 h à 19 h A.Marie Bologna-Jeannou : 06.63.71.49.62 e

Anne-Marie Bologna-Jeannou

Saint-Michel

Céline Mougenot Jérémie Souteray 21 rue de la Huchette 75005 Paris


Equality, 2 minutes, 2004 Sur un lieu touristique on observe sur le même pied dʼégalité, les pieds des différents personnes, dʼorigine très diverses, qui se promènent sur une plage. Ce film révèle lʼégalité des hommes. « lʼeau est un instrument qui relie la nature à lʼhumanité. Lʼeau adoucie lʼhomme et le laisse se reposer. Mais la superficie de lʼeau qui coule, dérange. Lʼhumanité se refroidit dans lʼeau courante sans ambitions et rêves. Des sentiments déterminants se perdent dans cet espace, blanc. Aucun endroit où aller. Le chemin, dans ce monde tournant a lʼenvers, est rythmique, innégale et accidenté. Les pieds sont

Sinasi Guines

nus et les gens se purifient avec leurs guides, le bruit de lʼeau. Les pieds sont tous identiques. Le Réel cʼest toujours lʼécoulement de lʼeau »

Saint-Michel

Céline Mougenot Jérémie Souteray 21 rue de la Huchette 75005 Paris


Sans titre, 7min., 2006 Intrusion de la réalité subjective dans lʼespace de vie, des univers polymorphes à la fois vides et habités de dessins, de photographies, de formes abstraites, de fragments de mondes intérieurs se mêlent à lʼimaginaire du spectateur. Le corps humain est le point de départ dʼun processus de métamorphose, des portraits deviennent des têtes hydrocéphales ou des êtres fantastiques greffés de cornes ou de protubérances.

Guillaume Gouilly

Saint Francois Xavier François D. 1 avenue Ségur 75007 Paris


Coloc 2/3, 2006 Coloc 2/3 est une installation vidéo placée dans la cuisine dʼun appartement partagé par trois colocataires. Sur deux écrans plasma accrochés sur des chaises qui se font face, deux bouches mangent, parlent et se répondent... Deux des trois habitants ont bien voulu se prêter à lʼexpérience du macro-portrait : être filmé par une caméra vidéoflex durant le repas de leur choix, la bouche en très gros plan. SR LABO restitue lʼexpérience enregistrée et réinvente lʼéchange entre les colocataires sous la forme dʼun repas anachronique où lʼoralité est à la fois sensuelle et insensée.

Sr Labo

Chatelet

Morvan Mallegol 3 rue Turbigo 75001 Paris


To go it alone, boucle, 2005 -expiration… les épaules nues, le regard rivé sur lʼobjectif / immobile / une femme aux cheveux courts fume sereinement un cigare… / des volutes de fumée en évolution naissent des apparitions fragiles et travesties / figures dʼun autre temps (…?…) / suite de moments en suspension arrêtée / présence anonyme intangible / Blancheur Sensuelle / illusion scandée, grondementsifflement monocorde / prolongement dʼune attente intarissable / étirement dans le temps ponctué par la répétition dʼun seul geste… provocant, suggestif (?) / Solitaire / espace velouté-bleu / inspiration-expiration… les épaules nues, le regard rivé sur lʼobjectif / immobile / une femme.

Guido Lu

Chatelet

Morvan Mallegol 3 rue Turbigo 75001 Paris


« Film » 2006, 12min (en boucle) Nous ne sommes pas libérés de la mort. Nous ne sommes pas libérés de la mort, mais de son acte unique. Tous les jours, nous mourons volontairement, de plus, nous le désirons ! La mort en série nous réjouit. Une fois « lʼacte accompli », nous sommes de nouveaux prêts à revivre les mêmes « sensations ». La question de lʼimmédiateté de la réincarnation ne se pose plus. Cʼest une évidence dans nos esprits, elle survient chaque fois automatiquement. Plus la mort surgit soudainement, mieux elle remplit son contrat. Nous-mêmes, nous essayons de bien remplir le nôtre : joue de

Przemo Wojciechowski

cache-cache avec notre mémoire, mensonge forcé, (autres) aux choix, si la mémoire résiste : - …Sais-tu comment ça se termine ? - Non ! Les techniques dʼanticipation peu exigeante, en somme. Il nʼy a plus de peur en nous dʼy laisser sa peau, de souffrir. Cette confiance aux automatismes de renaissance nous est inculquée par le système. La première fois, nous avions une appréhension, en vue de la locomotive à vapeur de Luis Lumière, qui a surgi du fond de lʼhorizon, allant droit sur nous pour nous écraser. Nous avions le « bon » réflexe de sauver nos vies, en esquivant la

Chatelet

Morvan Mallegol 3 rue Turbigo 75001 Paris


Situation 4, 120 min., 2003. En contrepoint à lʼidée dʼhorizon illimité, une des images caractéristiques du paysage romantique vu comme une étendue indéfinie, ce travail utilise lʼ « horizon négatif ». Le mouvement/ voyage au dessus de la mer ne conduit nulle part puisque aucun but à atteindre nʼest donné au regard. La masse dʼeau du premier plan semble sombrer verticalement dans un lieu impossible. La mise en boucle de cette séquence accentue cette illusion de déplacement.

Manuela Marques

Chatelet

Morvan Mallegol 3 rue Turbigo 75001 Paris


Dufftown, 2002, 60 minutes Huit visages filmés en gros plan sans bouger, et qui vous regardent fixement depuis une télévision silencieuse. Chacun des films dure une heure, sans son ni montage, Une Heure de travail pour chacun des participants. Le temps sʼécoule pour ce quʼon peut dʼabord voir comme une photo dans le poste. Cʼest du temps disponible pour le spectateur : puisque ces visages nʼexpriment rien, celui-ci se sent invité à interpréter, en fait à projeter ses propres affects. Ces gens, on les voudrait apeurés, sereins, agressifs, tendus, innocents, absents. Eux conservent jusquʼau bout leur

Philippe Bazin

énigme, corps à nu, sans bruit, sans le langage, ni même la moindre inflexion de voix. Cʼest une adresse qui nous renvoie, en deçà des mots, à notre irréductible altérité. Et à notre condition dʼhommes face aux machines.»

Chatelet

Morvan Mallegol 3 rue Turbigo 75001 Paris


Baby powder, 3 min. 39s., 2005 Ce projet se développe autour du film « baby powder » extrait de la série « Le corps en morceaux ». Femme enceinte et talc, matière qui fut choisie pour sa propriété à épouser les mouvements du corps, sa douceur, sa plasticité. Lʼidée de cette installation repose sur le désir de faire partager aux participants un instant très calme, sensuel et paisible –une suspension du temps- qui leurs permettent de se repencher un moment à travers cette expérience tactile (contact avec la matière) sur ces questions à la fois si profondes et si banales : Quʼest-ce que créer un autre , La femme, Le

Frédérique Chauveaux

temps ? Talc, poudre si fine quʼelle se dépose sʼinsinue se soulève au moindre souffle. Baby powder comme le dit joliment lʼanglais, poudre de bébé qui est à la fois poussière...”et tu redeviendras poussière” Encore une fois le talc joue ici de toutes ces significations : de poussière qui recouvre les choses et le monde, de renvoi immédiat à lʼenfance -la nôtre et celle de «lʼautre » à venir.

Saint Sulpice

John Essoukan 10 rue du Cherche Midi 75006 Paris


Circuit Nord du 30 mars au 2 avril 1 Place Clichy

Charles Delavenne Automne Wallaert 25 rue Biot 75017 Paris

2 Pigalle

Philippe Vandevoonde 40 rue des Martyrs 75018 Paris

Strasbourg Saint Denis Martine Boulard 27 rue Bouchardon 75010 Paris

RĂŠpublique

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Aldona Klemas 32 rue Meslay 75003 Paris


Collection, 1h., 2006 “Collection” utilise certains des processus de lʼart du portrait dans un contexte contemporain. Plaçant le modèle dans son environnement, établissant un espace temps défini (la durée de la pose) pour lʼartiste et ses modèles pendant le travail, en utilisant les techniques actuelles. Ce projet questionne lʼoeuvre dʼart contemporaine, sa place dans un environnement familier, ainsi que les liens quʼelle entretient avec lʼhistoire de lʼart et ses métamorphoses. Les modèles sont mis en contexte dans leurs propres appartements, une fois la vidéo finalisée elle est diffusée sur un écran plat

Anita Lech Bedez

accroché au mur (dans le même appartement) à lʼemplacement habituel des tableaux, le cadre des écrans faisant office de cadres de tableaux. “Collection” sʼinscrit dans mes projets vidéos où environnement et public constituent la partie intégrante du projet, les œuvres sélectionnées pour “Vidéoʼappart” font partie dʼun projet plus vaste qui se compose dʼun nombre plus grand et toujours variable de vidéo-portraits, toujours adapté aux possibilités et aux exigences des expositions.

Place Clichy Place Clichy

Charles Delavenne Charles Delavenne Automne Wallaert Automne Wallaert 25 rue BiotBiot 25 rue 75017 Paris 75017 Paris


2 players, Jeu/Vidéo interactive, 3 minutes, 2006 « 2 players » met en scène un « combat amoureux », tournant en dérision les relations de force entre 2 individus (hommefemme). Cette ironie est accentuée par le fait même que « 2 players » sʼinspire des jeux vidéo de combat. Cette mise en scène est poussée à lʼextrême afin de montrer lʼaberration des prises de pouvoirs (au sein dʼun couple). La vidéo représente une chorégraphie méngère de combat reprenant les codes de la lutte. Elle est placée dans un contexte quotidien; le tapis de sol est remplacé par une table de cuisine, les marques au sol définissent le territoire.

Karine Marenne

« 2 players » a été réalisé avec lʼaide Elise Legros et Ali Thabet Ben Lotfi, danseurs professionnels, Serge Hofmanpour la programmation et Dj Lo-bat pour le son. Avec le soutien de la Communauté Française et le «Centre Wallonie/ Bruxelles» de Paris (CGRI).

Place Clichy

Charles Delavenne Automne Wallaert 25 rue Biot 75017 Paris


Repas vidéographique, le temps dʼun repas, 2006 La table est dressée dans lʼappartement où je suis invité à exposer. Les habitants se mettent à table pour manger. Une caméra est fixée verticalement au-dessus de la table et je filme un plan séquence qui ne prendra fin que lorsque les « mangeurs » auront terminés leurs repas. Le cadrage correspond à la table seulement.La table devient pendant lʼexposition lʼécran de projection. Elle est dressée avec les mêmes éléments assiettes, verres, couverts, carafe, cendrier, etc… et est ainsi prête à recevoir la vidéo. Le film est projeté verticalement vers la table écran, en boucle. Les visiteurs nʼont plus quʼà sʼasseoir à table pour « manger » le film. Bon appétit.

Daniel Lê

Place Clichy Place Clichy

Charles Delavenne Charles Delavenne Automne Wallaert Automne Wallaert 25 rue BiotBiot 25 rue 75017 Paris 75017 Paris


Dramatic Opening, 6 min. 20s, 2005 Jʼaime un homme. Cet amour me rend énormément confuse et me fait peur. Lʼamour, personne ne mʼa jamais dit ce que cʼest¹. Je voudrais donc y comprendre quelque chose. Cʼest pourquoi mon travail est une recherche sur la relation amoureuse et les souffrances qui en découlent. Dramatic Opening est composé de trois chapitres: un couple avec ses frustrations sexuelles; un homme qui aime deux femmes et pour finir un scientifique qui présente les raisons qui nous portent à être sexuellement infidèles avec notre partenaire. ¹ Scènes de la vie conjugale, Ingmar Bergman. Editions Gallimard, Collection Folio, 1975.

Alek O

Place Clichy

Charles Delavenne Automne Wallaert 25 rue Biot 75017 Paris


Background to a seduction, 19 minutes, 2004 Background to a seduction est un film construit à partir de séquences de performances réalisées en extérieur et en studio. Dans le film, la caméra passe des réalités quotidiennes des appartements du quartier à la scène quʼon aperçoit des fenêtres. Sur cette scène, un homme et une femme parlent doucement autour dʼun verre de vin. Peut-être le mot de séduction du titre nʼest pas le bon : la pièce ne montre pas vraiment dʼacte calculé de séduction de la part de lʼun ou de lʼautre des protagonistes. Dans le script dʼorigine, cʼest ce qui devait se passer, mais les choses ont

Gregg Smith

évoluées différemment. Il sʼagit plutôt de deux personnes séduites passivement dans leur présent – par la réalité commune de leur entourage, par un petit courrant électrique dans lʼair, par lʼun et par lʼautre, peut-être aussi. Mais rien nʼest certain. De temps en temps, les fleurs du papier peint semblent même bouger. Sʼil y a une séduction active, elle est jouée pour le spectateur. La scène de séduction est à concevoir comme le murmure dʼune âme séparée de son corps physique, mais qui continue néanmoins à essayer vaillamment de se faire entendre.

Place Clichy Place Clichy

Charles Delavenne Charles Delavenne Automne Wallaert Automne Wallaert 25 rue BiotBiot 25 rue 75017 Paris 75017 Paris


Death.200AD, Vidéo en boucle, Son: Hildur Gudnadottir Cette vidéo propose une exploration sur la construction du temps. En utilisant lʼhypnose et la transe, Death 200 AD fait partie dʼune série de vidéos basée sur les sessions de régressions sur la vie antérieur. Que révèlent ces ré-expériences vécus par le corps? Quelque chose dʼaussi simple comme : « je suis sûr que je meurs plusieurs fois». Quʼest-ce que tu vois ou quʼest que tu penses? Quelque chose avec une inondation Quelque chose avec une inondation Beaucoup dʼeau Et que se passe-t-il quand lʼeau arrive?

Rebecca Moran

Je ne sais pas, il y a des cris, la panique générale Que se passe-t-il après les cris et la panique générale? Que se passe-t-il après? Je suis juste là, debout. Et quel est ton sentiment? Cʼest quelque chose de calme Où est tout le monde? Ils courent autour As-tu déjà essayé de communiquer avec eux? Non Pourquoi? Je regarde une vague.

Pigalle

Philippe Vandevoonde 40 rue des Martyrs 75009 Paris


Jardinage, 4 minutes, 2006 Des racines qui poussent à chaque pas pendant mon voyage, de racines qui disparaissent si jʼessaie de les re garder. Mʼasseoir et voir passer, pousser, grandir, mourir. La rue en face de moi, derrière la vitre, et moi jʼattends les racines. Cette vidéo est un collage dʼimages des actions dans la rue à travers la nature que jʼessaie de contrôler...

Adriana Garcia Galan

Pigalle

Philippe Vandevoonde 40 rue des Martyrs 75009 Paris


Dufftown, 2002, 60 minutes Huit visages filmés en gros plan sans bouger, et qui vous regardent fixement depuis une télévision silencieuse. Chacun des films dure une heure, sans son ni montage, Une Heure de travail pour chacun des participants. Le temps sʼécoule pour ce quʼon peut dʼabord voir comme une photo dans le poste. Cʼest du temps disponible pour le spectateur : puisque ces visages nʼexpriment rien, celui-ci se sent invité à interpréter, en fait à projeter ses propres affects. Ces gens, on les voudrait apeurés, sereins, agressifs, tendus, innocents, absents. Eux conservent jusquʼau bout leur

Philippe Bazin

énigme, corps à nu, sans bruit, sans le langage, ni même la moindre inflexion de voix. Cʼest une adresse qui nous renvoie, en deçà des mots, à notre irréductible altérité. Et à notre condition dʼhommes face aux machines.»

Pigalle

Philippe Vandevoonde 40 rue des Martyrs 75009 Paris


Tête à tête, deux vidéos en boucle en projection simultanée, 2006 Si la porte-fenêtre constitue une ouverture, un seuil pour lʼaccès immédiat et indifférencié des personnes, des objets, de la lumière et de la vision directe, la fenêtre spécialisée est plus sélective. Elle interdit le passage des corps; cʼest un percement, une ouverture médiate pour lʼéclairage solaire et la vue rapprochée.Lʼécran de télévision, contrairement à cette dernière, est fenêtre amovible et portable sur un “faux jour”, celui de la vitesse de lʼémission lumineuse, ouverture introvertie qui ne donne plus sur lʼespace avoisinant, mais au-delà de lʼhorizon perceptif; cʼest un sélecteur dʼimages électroniques, un

Ingrid Ar

média audiovisuel pour un éclairage indirect, celui du tube cathodique. Phénomène de substitution accélérée, lʼhabitation devient le carrefour des médias. Lʼévolution de la construction de lʼhabitat va vers un protectionnisme toujours plus accru et ce paradoxalement en ouvrant de plus en plus de fenêtres de communication. Lʼéclairage sur le monde extérieur est toujours plus sélectionné et lʼéclairage direct - lʼéclairage solaire - considéré comme secondaire. Dans un tel habitat, quel sera lʼespace réservé au “recevoir” en communication directe et charnelle - en présence du corps ?

Strasbourg Saint Denis Strabourg St-Denis Martine Boulard Martine Boulard 27Bouchardon rue Bouchardon 27 rue 75010 75010 Paris Paris


( 13 Novembre 199625 Juillet 2005), 300 minutes, 1996 -2005 Le 13 Novembre 1996, jʼai acheté une caméra vidéo. Depuis, tous les jours, pendant cinq secondes, je me filme, de face, cadrée au visage, la date quotidienne inscrite sur lʼimage vidéo. Un fond neutre. Jʼavais décidé de me filmer pendant dix ans. À la naissance de mon deuxième enfant, jʼai oublié de continuer. Tout sʼest arrêté, par hasard, comme jʼai commencé.

Catherine Helmer

République Aldona Klemas 32 rue Meslay 75003 Paris


Belleville

1

C茅lia Bonnin 25 rue de Transvaal 75018 Paris

2

Belleville

Sarah Roshem 17 rue Lesage 75020 Paris

Circuit Est du 6 au 9 avril

Philippe Auguste

3

Michel Castaignet Christian Vosges 8 rue du Repos 75020 Paris

Nation

5 6 Reuilly Diderot

Christiane Blanc 37 bis rue de Montreuil 75012 Paris

4

Pierre Hornus Mathieu Godart 15 rue du F. d始Eglantine 75012 Paris

Nation

Marie Geneste 15 rue du Fabre d始Eglantine 75012 Paris


R/J from S, installation vidéo, 2006 R/J from S est une installation vidéo qui se fonde sur des mises en relation et des espacements. Autrement dit, cʼest une histoire dʼamour. Le dispositif repose sur la confrontation de deux boucles vidéo qui sont projetées en vis-à-vis sur du mobilier installé dans lʼespace réel. Lʼimage grandeur nature dʼun jeune homme assis est projetée sur un fauteuil blanc. En face de lui, celle dʼune jeune femme est projetée sur un autre siège. Une relation fragile sʼétablie entre les deux personnages et lʼespace habitée par ces projections vidéo.

Florent Trochel

Belleville

Sarah Roshem 17 rue Lesage 75020 Paris


Lepaysagedʼàcôté , 2006 “...Je poserai ma caméra vidéo sur lʼappui de cette fenêtre fictive et je filmerai la pièce dʼà côté comme jʼaurai pu filmer un paysage à travers la fenêtre dʼune chambre dʼhôtel. Sur la vidéo, tour à tour, je fixerai les images de cette exploration : un détail, une séquence courte, une photo, un son, des voix, un ensemble, tout et presque rien...” .

Hernani Cor

Belleville

Sarah Roshem 17 rue Lesage 75020 Paris


Sans titre, 5 min., 2006 Mon approche de la vidéo est très influencée par ma formation en photographie, art dans lequel sont typiquement utilisés un cadre fixe et un mouvement minimal. Ces caractéristiques précises ont pour but de diriger lʼattention de celui qui regarde la vidéo sur les changements infimes qui sʼy produisent. Pour Vidéoʼappart, jʼai sélectionné certaines peintures sur les murs de différents appartements et je les ai remplacées par des écrans vidéos de mêmes dimensions. Les films vidéos qui défilent en continu ont un lien avec le thème de lʼimage originale, avec cependant dʼémouvantes

Lynn Cazabon

différences contemporaines. Ces oeuvres ont été créées spécialement pour cette exposition et tout a été filmé dans la ville de Baltimore où je vis (États-Unis). Chaque vidéo a été conçue pour prendre la place de sa peinture respective dans lʼappartement, intégrant ainsi naturellement la vidéo dans le décor de lʼappartement.

Belleville

Sarah Roshem 17 rue Lesage 75020 Paris


Collection, 1h., 2006 “Collection” utilise certains des processus de lʼart du portrait dans un contexte contemporain. Plaçant le modèle dans son environnement, établissant un espace temps défini (la durée de la pose) pour lʼartiste et ses modèles pendant le travail, en utilisant les techniques actuelles. Ce projet questionne lʼoeuvre dʼart contemporaine, sa place dans un environnement familier, ainsi que les liens quʼelle entretient avec lʼhistoire de lʼart et ses métamorphoses. Les modèles sont mis en contexte dans leurs propres appartements, une fois la vidéo finalisée elle est diffusée sur un écran plat

Anita Lech Bedez

accroché au mur (dans le même appartement) à lʼemplacement habituel des tableaux, le cadre des écrans faisant office de cadres de tableaux. “Collection” sʼinscrit dans mes projets vidéos où environnement et public constituent la partie intégrante du projet, les œuvres sélectionnées pour “Vidéoʼappart” font partie dʼun projet plus vaste qui se compose dʼun nombre plus grand et toujours variable de vidéo-portraits, toujours adapté aux possibilités et aux exigences des expositions.

Belleville

Sarah Roshem 17 rue Lesage 75020 Paris


Ma vie est formidable, 1999 Cette installation vidéo est constituée de photographies en diaporama. Prises une par une, ces photographies nʼont aucun intérêt, sauf pour moi. Et encore... Je photographie tout depuis début 1999, date de lʼacquisition de mon premier appareil photo numérique. Je stocke, je nʼefface rien. Je garde des images qui sont le produit final dʼun travail artistique. Je garde le making of de mon travail artistique (et de celui de mes amis). Et je garde aussi toutes les autres images de ma vie. Je vous les diffuse au fond dʼun four, pour éviter de leur donner une consistance (pas de support

Alain K

visible) et aussi parce quʼun four, cela se trouve dans la vie, pas dans les galeries.Les images ne sont projetées que 0,4 secondes, ce qui vous empêche dʼen retenir une en particulier, et de façon aléatoire afin de ne pas interférer entre vous et ma vie.

Belleville

Célia Bonin 25 rue de Transvaal 75018 Paris


Lʼoeil de Moscou

Un film graphique entièrement en images en synthèse, basé sur la transparence, sur fond gris uni... Forme, mouvement, transparence : une dynamique étrange et organisée se met en place où les bouteilles ne deviennent quʼun prétexte optique, un motif cinétique envoûtant Un film video. Une jeune fille se retrouve peu à peu transportée, au fil des effets de lʼalcool, dʼhallucination en hallucination, dans un autre monde. Certains objets du film se retrouveront dans lʼappartement. Infiltration de la fiction dans la réalité. Le spectateur devient acteur.

Hugo Arcier Serguei Tarassov

Belleville

Célia Bonin 25 rue de Transvaal 75018 Paris


Dufftown, 2002, 60 minutes Huit visages filmés en gros plan sans bouger, et qui vous regardent fixement depuis une télévision silencieuse. Chacun des films dure une heure, sans son ni montage, Une Heure de travail pour chacun des participants. Le temps sʼécoule pour ce quʼon peut dʼabord voir comme une photo dans le poste. Cʼest du temps disponible pour le spectateur : puisque ces visages nʼexpriment rien, celui-ci se sent invité à interpréter, en fait à projeter ses propres affects. Ces gens, on les voudrait apeurés, sereins, agressifs, tendus, innocents, absents. Eux conservent jusquʼau bout leur

Philippe Bazin

énigme, corps à nu, sans bruit, sans le langage, ni même la moindre inflexion de voix. Cʼest une adresse qui nous renvoie, en deçà des mots, à notre irréductible altérité. Et à notre condition dʼhommes face aux machines.»

Belleville

Célia Bonin 25 rue de Transvaal 75018 Paris


Vidéo in situ, 2006 “Présenter brièvement ma pratique plastique et ma recherche implique nécessairement la notion de contexte. En effet, je préconise lʼutilisation des contextes comme ingrédient sémique décisif. Le contexte est une notionmultiple de telle sorte quʼil semble plus approprié de parler de trais contextuels ou de registres contextuels. Je dénombre trois grandes catégories de ces registres relatifs aux phases de création, dʼexposition et de réception. Chaque trais contextuel intervient consciemment dans lʼactivité instauratrice de lʼœuvre et sʼapprécie comme un constituant

John Cornu

plastique potentiel. Il sʼagit dʼactiver une lecture des environnements aussi bien sociaux, politiques, économiques, architecturaux mais pourquoi pas géographiques, thermiques ou colorimétriques. Lʼenjeu est de déterminer, dans chaque situation, les registres contextuels les plus féconds et dʼen déduire des relations poétiques dʼenvergure. Sculpter ces relations signifie, le plus souvent, sʼémanciper réellement de lʼobjet mais aussi dʼélargir la notion dʼin situ. Lʼartiste devient chasseur des situations dans lesquelles il sʼimmerge pour faire œuvre.”

Phillip August

Christian Castaignet Michel Vosges 8 rue du Repos 75020 Paris


Rue du repos, 2006 Réalisation sous la collaboration de Gabriela Albergaria et Indira Tatiana Cruz. Ce projet a été réalisé à partir de la correspondance entre Gabriela Albergaria de Berlin, chargée du concept de la vidéo et de Indira Tatiana Cruz de Paris, chargée de la réalisation. Rue du repos est une vidéo sur un parcours, celui qui mène de lʼappartement rue du Repos situé au 4 étage, au jardin. Deux espaces de vie et un trajet que le spectateur est invité à découvrir.

Gabriela Albergaria

Phillip August

Christian Castaignet Michel Vosges 8 rue du Repos 75020 Paris


Habitables, 60 min., On march 2006 Y LIVER and Frédéric Xavier Liver were leaving Place du Maroc. N°2, and they were hardly in search of an appartement in Paris. on September 16, 2005, some african families were expulsed from rue du Maroc. On November 9, 1989, masses of East Germans crossed the wall; on the same year Nanni Moretti said: “ Ecco cosa sono, sono un comunista” !

Y liver

Phillip August

Christian Castaignet Michel Vosges 8 rue du Repos 75020 Paris


Same Old Tune, 1 min. 48s., 2005 Un homme marche en rond comme métaphore de la relation entre les gens. Sans début ni fin, lʼhomme ne sʼarrête pas. Comme un vieux disque rayé, la bande son est toujours la même. Lʼair joué est de Marlène Dietrich, elle chante le désenchantement de lʼamour -… un autre printemps, un autre amour … et pourtant cʼest toujours pareil. » A la toute fin le vertige qui naît des cercles sur la plate-forme de bois devient optimiste en se dirigeant vers le ciel comme un hommage romantique.

Rui Calcada Bastos

Nation

Pierre Hornus Mathieu Godart 15 rue du Fabre dʼEglantine 75002 Paris


Portrait dʼun paysage, 12 min. 13s., 2003 Les discours suscités par le paysage cherchent souvent à retenir le temps, un temps révolu mais rassurant. Le dit “ beau paysage “ du sens commun, qualifié de pittoresque, nostalgique ou authentique en exclut souvent tout autre forme.Les pylônes électriques, au même titre que les autoroutes, sont souvent considérés comme des stigmates du paysage. Or, ils incarnent seulement des signes annonçant que nos villes changent de formes et nos pratiques de modes. Cʼest à ce titre quʼils appartiennent pleinement à nos paysages contemporains : « Le paysage naît de lʼhistoire dʼune société

Hughes Rochettes Nathalie Brevet

qui la modifie à son tour. Le paysage est une empreinte, mais cʼest aussi un matrice ». Augustin Berque, Cinq propositions pour une théorie du paysage, 1994 http://www.nathaliehughes.com/

Nation

Pierre Hornus Mathieu Godart 15 rue du Fabre dʼEglantine 75002 Paris


“Je suis là en business”, 4 parties, 7 min 30s, chacune, 2004 Pour chaque conversation dʼaffaire, les parties essayent de soutirer le plus dʼinformation possible les uns des autres tout en contrôlant leurs propres opinions. Certains font des formations spéciales pour apprendre les tactiques. Les protagonistes du film sont entravés avec une corde et ne peuvent pas contrôler le mouvement de leur corps ou de leur visage autant quʼils le voudraient. Ils échouent à cacher leurs émotions et ne peuvent pas se présenter sous leur meilleur jour. Ils se concentrent pour vaincre la douleur. La corde qui les entrave symbolise les « mauvais » pas dans la

Agnieszka Kalinowska

conversation. Plus ils sont tendus et plus la corde se resserre. Certaines des conversations enregistrées sont des sujets de tous les jours. Je pense que chaque négociation est une forme de négociation, un contrat dʼaffaire. Je nʼai pas écrit les dialogues des participants. Les couples se connaissent ou auraient pu se connaître par leurs activités ou leurs intérêts. Un des films présente la discussion entre un artiste et un curateur. Je suis lʼartiste. Jʼexplique entre autre lʼidée du projet. Nous touchons ainsi à une sorte de tautologie.

Nation

Pierre Hornus Mathieu Godart 15 rue du Fabre dʼEglantine 75002 Paris


Mojo, installation vidéo, 2006 Dans lʼinstallation «Mojo» on voit 3 parties dʼimages de figures humaines tournantes et sʼarrêtant de manière quasi simultanée. En suivant le programme automatique, le jeu automatique défie le contrôle. Quand la roue virtuelle stoppe, les gens commencent à bouger en suggérant ce que serait un moment de chance. Emprisonnés dans une petite boucle, les protagonistes communiquent entre eux jusquʼà ce quʼun nouveau jeu commence.

Andreas Sachsenmaier

Nation

Marie Geneste 15 rue du Fabre dʼEglantine 75002 Paris


Dans le labyrinthe, 2 min 17s, 2003 Dans le labyrinthe est lʼerrance spatiale et temporelle dʼun individu aux prises avec lui-même oscillant entre air et eau, dans un univers « réversible » à la fois organique et glacial. Cʼest la quête « Icarienne » dʼune silhouette fantomatique archétypale, qui tel un insecte irrésistiblement attiré par la lumière, cherche (?) le sacrifice suprême vers « la flamme des flamme » et vient in fine se heurter à une paroi invisible pour disparaître dans un bris de verre.

Florence Babin

Nation

Marie Geneste 15 rue du Fabre dʼEglantine 75002 Paris


Train-train (Love Train 5), 2006 Un train électrique (jouet Lego) surmonté dʼune caméra, a voyagé dans chacun des appartements participant à lʼexposition Vidéoʼappart. Le paysage de ce voyage est parsemé dʼobjets trouvés sur place et choisis avec mes hôtes. Le résultat est une succession de travelling avant ralentis, où des objets divers sʼécartent devant le train, libérant le chemin. Chaque séquence se termine sur la percussion dʼun objet et sʼenchaîne immédiatement par la séquence suivante. Un petit «trucage» simpliste mais efficace anime le mouvement régulier du train dʼune chorégraphie dʼobjets

Eric Valette

surprenante et singulière. Le parcours sans fin du petit train évoque le cinéma dans un road-movie, mêlant à la fois la monotonie du mouvement et lʼimprévisible du paysage. Derrière cette succession low-tech de paysages intérieurs peuplés dʼobjets divers, se dessine un portrait relativement réaliste dʼun milieu, dʼune époque et de moeurs.

Reuilly Diderot

Christiane Blanc 37 bis rue de Montreuil 75012 Paris


Suggestion de présentation, installation vidéo, 5 minutes, 2006 Un paquet de lait est posé dans la cuisine. Le paysage est calme et net, les vaches ruminent. Il semble que rien ne pourra jamais déranger ce paradis terrestre. Mon travail se situe autour de la question de ce quʼil reste à faire aujourdʼhui, en tant quʼartiste, pour répondre à un monde qui est saturé dʼimages et qui est devenu image lui-même. Au lieu de rajouter de nouvelles images, jʼutilise les images qui existent déjà, celles qui nous entourent, qui font partie du quotidien. Chaque cuisine possède sa propre collection dʼimages particulières: des paysages... sur

Verena Schaukal

les paquets des aliments. Parmi ces paysages on trouve rarement des photos mais plutôt des images peintes ; peintes à la main ou générées par ordinateur, cʼest-à-dire que ce

ne sont pas les représentations dʼune réalité existante mais les constructions dʼune réalité fictive. En prenant ces images au sérieux, je les appréhende comme plan de construction ou maquette que je réalise en les animant afin de leur donner vie. Mais la réalité à laquelle lʼimage se réfère, fait irruption dans sa propre image.

Reuilly Diderot

Christiane Blanc 37 bis rue de Montreuil 75012 Paris


LʼAssociation Plastica remercie les artistes sans qui cette manifestation nʼaurait pas lieu : Karine Marennes, Daniel Le, Anita Lech-Bedez, Gregg Smith, Agnieszka Kalinowska, Przemo Wojciechowski, Ingrid Ar, Hernani Cor, Sarah Roshem, Anne-Marie Bologna-Jeannou, Tatiana Cruz, Hugo Arcier, Serguei Tarassov, Guillaume Gouilly-Frossard, Andreas Sachsenmaier, Eric Valette, Florence Babin, Guido Lu, Florent

Trochel, Alain K, Mélanie Perrier, Y. Liver, Alek O., Lynn Cazabon, Guillaume Hillairet, Frédérique Chauveaux, Rui Calcada Bastos, Rebecca Moran, Sinasi Gunes, Catherine Helmer Verena Schaukal, John Cornu, Nathalie Brevet, Hugues Rochette, Manuela Marques, Adriana Garcia Galan, Gabriela Albergaria, Philippe Bazin.

Ainsi que toutes les personnes qui dʼune manière très généreuse ont Remerciements acceptées dʼouvrir leurs appartements : Frédérique de Gavelaine, Celine Mougenot, Jérémie Souteyrat, François D., Morvan Mallegol, Manu, Thomas, John Essoukan, Charles Delavenne, Automne Wallaert, Philippe Vandevoonde, Martine Boulard, Aldona Klemas, Sarah

Roshem et sa belle famille, Célia Bonnin, Samia, Thomas, Stéphane, Michel Castaignet, Christian Vosges, Pierre Hornus, Mathieu Godart, Marie Geneste, Alix Bessonnet, Christiane Blanc.

LʼAssociation Plastica r cie les artistes sans qui manifestation nʼaurait pas lieu : LʼAssociation Plastica remercie également la collaboration de toutes les médiatrices qui ont soutenu dʼune manière si passionnée cet événement Karine Regina Gomez, Alexandra Chopin, Laura Grewling, Constance Villandre, Sarah Fossat, Juliana

Marennes, Dani Anita Lech-Bedez, Gre Smith, Agnieszka

Coelho Gontijo, Laurie-Anne Ivol, Marta Lavagnoli, Sophie Collombat

Un remerciement aussi à Immanence pour leur soutien et accueil Cannelle Tanc, Frédéric Vincent Je remercie tout particulièrement

Julie Brilland, Johan Desportes, Philippe Vandevoonde pour leur savoir faire. Alain K, Odile Baudel, Mehdi Ben Cheikh, Philippe BazinSylvain, Yannick, Cyril, Adrien, Alexandra

Remerciments

Et toutes les personnes qui ont su me faire confiance et mʼont donné la force de mener à bien ce projet. Indira Tatiana Cruz Luangvannasy


remercette

iel Le, egg


Avec le soutient de :

RĂŠalisation : jbrilland@yahoo.fr

www.video-appart.com

Catalogue de l'exposition Video'appart 2006  

Catalogue de l'exposition Video'appart 2006

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