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La région dansera, pour une 4e fois, au festival Art’Danse Un nouvel album pour Sébastien Greffard La politique culturelle : une impulsion au développement culturel du Témiscamingue

Prends deux heures pour ton avenir 19/10 : Éducation 16/11 : Création et nouveaux médias 02/11 : Gestion 23/11 : Développement humain et social 09/11 : Génie 30/11 : Santé au campus de Rouyn-Noranda

uqat.ca/4a6


calendrier culturel gracieuseté du Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue

NO VEMBR E 2011

Pour qu’il soit fait mention de votre activité dans ce calendrier, vous devez l’inscrire vous-même, avant le 20 de chaque mois, dans le calendrier qui est accessible sur le site Internet du CCAT, au ccat.qc.ca. L’Indice bohémien n’est pas responsable des erreurs ou des omissions d’inscription. DANSE

............................................................... Le Grand Bal: Soirée d’Halloween Osez danser! Avec Dominique Porte 29 octobre 2011, 20 h Salle Augustin-Chénier (Ville-Marie) ............................................................... Concours Création Danse 5 novembre 2011, 19 h Théâtre Télébec (Val-d’Or) ............................................................... Gala Art’Danse 6 novembre 2011, 19 h Théâtre Télébec (Val-d’Or) ............................................................... 6e Souper Spectacle « Voyage avec les Gitans » Studio NomaDanses Val-d’Or 19 novembre 2011, dès 18 h 30 Salle de l’Âge d’Or de Ste-Lucie (Val-d’Or)

CINÉMA

............................................................... Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue Du 29 octobre au 3 novembre Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) Espace Court Du 28 au 30 octobre 2011, 20 h Cabaret de la dernière chance (Rouyn-Noranda) ............................................................... Pour l’amour de Dieu 30 octobre 2011, 14 h Cinéma du Rift (Ville-Marie) ............................................................... Hasta la vista - Geoffrey Enthoven 6 et 7 novembre 2011, 19 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Gerry - Alain DesRochers Projection et rencontre avec le réalisateur 8 novembre 2011, 19 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Rien à déclarer - Dany Boon 13 et 14 novembre 2011, 19 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Les femmes du 6e étage - Philippe Le Guay 20 et 21 novembre 2011, 19 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Restless - Gus Van Sant 27 et 28 novembre 2011, 19 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

L I T T É R AT U R E

............................................................... Un crapaud sur la tête Stéphanie Déziel Lancement du livre 29 octobre 2011, 10 h 30 Bibliothèque municipale de Val-d’Or ............................................................... Il était une fois une enseignante Marie Migneault-Paquin Lancement du livre 4 novembre 2011, 17 h Bibliothèque municipale de Val-d’Or ............................................................... Ma mère est morte ce jour-là Cathy Pomerleau Lancement du livre 9 novembre 2011, 17 h Bibliothèque municipale de Val-d’Or

E x position

............................................................... Domestiquer la mort - Hugo Gaudet-Dion Du 16 septembre au 20 novembre 2011 Vernissage le 16 septembre à 17 h Salle Augustin-Chénier (Ville-Marie) ............................................................. La Bile Noire de Naïca - Jeffrey Poirier Du 16 septembre au 20 novembre 2011 Vernissage vendredi le 16 septembre à 17 h Salle Augustin-Chénier (Ville-Marie)

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Gratter le vernis humain Véronique Doucet Du 25 septembre au 30 octobre 2011 Vernissage dimanche le 25 septembre 17 h au Cabaret de la dernière chance (Rouyn-Noranda) ............................................................... Télétoxie Remix - Tanya St-Pierre et Philippe-Aubert Gauthier Du 30 septembre au 30 octobre 2011 Mercredi au vendredi de 13 h à 17 h Samedi et dimanche de 11 h à 17 h L’Écart.. . lieu d’art actuel (Rouyn-Noranda) ............................................................... Rencontre atypique Jean-François Saint-Laurent Du 30 septembre au 30 octobre 2011 Mercredi au vendredi de 13 h à 17 h Samedi et dimanche de 11 h à 17 h L’Écart.. . lieu d’art actuel (Rouyn-Noranda) ............................................................... Du visible à l’invisible - Diane Auger Du 13 octobre au 13 novembre 2011 Mardi au vendredi de 13 h à 16 h 30 et de 19 h à 21 h Samedi et dimanche de 13 h à 17 h Centre d’art Rotary (La Sarre) ............................................................... Valse en quatre temps et trois mouvements Anaïs Durand Du 20 octobre au 18 novembre 2011 Lundi au vendredi de 13 h à 16 h 30 Salle du conseil municipal (La Sarre) ............................................................... DOMESTICATIONS - De l’apprivoisement à la mise à mort - Diane Dubeau Du 21 octobre au 27 novembre 2011 Mercredi au vendredi, de 13 h 30 à 17 h et de 19 h à 21 h Samedi et dimanche, de 13 h à 17 h Centre d’exposition d’Amos ............................................................... Zodiak - Caroline Lacoursière Du 23 octobre 2011 au 21 janvier 2012 Mercredi au dimanche de 11 h à 18 h Vieux-Palais (Amos) ............................................................... Naturalité - Louise Magnan Du 23 octobre 2011 au 21 janvier 2012 Mercredi au dimanche de 11 h à 18 h Vieux-Palais (Amos) ............................................................... 33e Salon création Du 24 au 27 novembre 2011 Vernissage 24 novembre de 19 h à 21 h 24 et 25 novembre de 13 h à 17 h - 18 h 30 novembre dès 21 h 26 et 27 novembre de 11 h à 17 h Centre d’art Rotary (La Sarre)

THÉÂTRE

............................................................... Quand on vient d’ailleurs : Le choc des valeurs - La Mosaïque 19 novembre 2011, 20 h Cabaret de la dernière chance (Rouyn-Noranda) 20 novembre 2011, 15 h Atrium du Cégep de Val-d’Or ............................................................... Thérèse et Pierrette à l’École des Saints-Anges Théâtre Denise-Pelletier 23 novembre 2011, 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie) 24 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 25 novembre 2011, 20 h Théâtre Télébec (Val-d’Or)

PAT R I M O I N E E T HISTOIRE

............................................................... Ponts Couverts - Jacques Fournier Du 4 avril 2011 au 1er janvier 2012 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 11 h 45 et de 13 h 15 à 16 h 30 Société d’histoire (La Sarre)

L’INDICE BOHÉMIEN \\ NOVEMBRE 2011

Mariage Du 11 octobre 2011 au 30 mars 2012 Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre (La Sarre)

M usi q ue

............................................................... Dans ma talle - Sébastien Greffard Lancement de l’album 28 octobre 2011 de 16 h à 18 h Spectacle dès 20 h Scène Évolu-son (Rouyn-Noranda) ............................................................... La Tour - Duo Baroque 29 octobre 2011, 20 h Agora des Arts (Rouyn-Noranda) ............................................................... Le monde tourne fort Vincent Vallières 29 octobre 2011, 20 h 30 La Scène Évolu-Son (Rouyn-Noranda) ............................................................... Dylan Perron et Élixir de Gumbo 5 novembre 2011, 8 h 30 Salle communautaire (Saint-Marc-de-Figuery) ............................................................... Désir d’évasion Ensemble vocal de l’amitié Du 5 au 6 novembre 2011 Samedi 20 h et dimanche 14 h Théâtre des Eskers (Amos) ............................................................... Whiplash Love - Steve Hill 10 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 11 novembre 2011, 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie) 12 novembre 2011, 20 h Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) ............................................................... La grande fête - La Compagnie Créole 16 et 17 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Piano, Voix, Images et Confidences Bouchées Sonores 18 novembre 2011, 17 h Agora des Arts (Rouyn-Noranda) ............................................................... Jireh Gospel Choir 18 novembre 2011, 20 h Théâtre Télébec (Val-d’Or) 19 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 20 novembre 2011, 14 h Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) ............................................................... Café music Trio 16 novembre 2011, 19 h Salle de spectacles Desjardins (La Sarre) 17 novembre 2011, 20 h Théâtre des Eskers (Amos) 22 novembre 2011, 19 h 30 Théâtre du cuivre de Rouyn-Noranda ............................................................... Le triangle des Bermudes Patrice Michaud 22 novembre 2011, 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie) 23 novembre 2011, 20 h Théâtre des Eskers (Amos) 24 novembre 2011, 19 h Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) 25 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 26 novembre 2011, 20 h Théâtre de poche (La Sarre) ............................................................... Recommencer tout à zéro William Deslauriers 23 novembre 2011, 19 h Théâtre Télébec (Val-d’Or) 24 novembre 2011, 20 h Salle de spectacles Desjardins (La Sarre) 25 novembre 2011, 20 h Théâtre des Eskers (Amos) 26 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

Variations Fantômes Philippe B 25 novembre 2011, 20 h Agora des Arts (Rouyn-Noranda) ............................................................... Seul Dan Bigras 26 novembre 2011, 20 h 30 La Scène Évolu-Son (Rouyn-Noranda) ............................................................... Les années jeunesse - Joël Denis 30 novembre 2011, 14 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

I M P R O V I S AT I O N

............................................................... Ligue d’improvisation de Val-d’Or (LIV) 3 novembre 2011 dès 19 h 30 17 novembre 2011 dès 19 h 30 UQAT, campus Val-d’Or ............................................................... Soirée de l’improvisation de Rouyn-Noranda (SIR-N) 3 novembre 2011 dès 20 h 10 novembre 2011 dès 20 h Scène Évolu-son (Rouyn-Noranda) ............................................................... Soirées d’improvisation Lalibaba Du 22 octobre 2011 au 5 mai 2012, 20 h Billard l’Ad Hoc (Amos)

AUTRE

............................................................... Cours d’art / Automne 2011 Du 19 septembre au 28 novembre 2011 Salle Augustin-Chénier (Ville-Marie) ............................................................... 15e de GROUPE FINANCIER MASSÉ Diane Tell en toute intimité 4 novembre 2011, 20 h Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) ............................................................... SIEGFRIED (Wagner) 5 novembre 2011, 12 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Bio Dégradable... Les écrits restent 9 novembre 2011, 20 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 10 novembre 2011, 19 h Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) ............................................................... La grande étude Théâtre à Tempo 10 novembre 2011, 19 h Théâtre des Eskers (Amos) 13 novembre 2011, 14 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Bob Walsh 12 novembre 2011, 21 h Bistro La Maîtresse (La Sarre) ............................................................... Bouchées sonores Mozart Piano, voix, images et confidences 13 novembre 2011, 14 h Théâtre du Rift (Ville-Marie) ............................................................... Atelier de dessin d’après modèle vivant Centre d’exposition de Val-d’Or 21 novembre 2011 de 18 h 30 à 21 h Centre d’exposition de Val-d’Or ............................................................... Bouge de là L’atelier 24 novembre 2011, 19 h Théâtre des Eskers (Amos) 26 novembre 2011, 15 h Théâtre du Rift (Ville-Marie) 27 novembre 2011, 15 h Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) ............................................................... Ben et Jarrod 29 novembre 2011, 20 h Théâtre des Eskers (Amos) ............................................................... Galant, tu perds ton temps 30 novembre 2011, 20 h Théâtre du Rift (Ville-Marie)


//en couverture RICHARD DESJARDINS photo : Georges Dutil

Éditorial

//SOMMAIRE Danse Cinéma Métiers d’art Général Arts visuels Littérature Musique

Sur la voie de l’indignation >> Winä Jacob | redaction@indicebohemien.org

L’Indice bohémien est un indice qui permet de mesurer la qualité de vie, la tolérance et la créativité culturelle d’une ville et d’une région. ..................................................................... Journalistes-collaborateurs Émilie B. Coté, Louis-Joseph Beauchamp, Francesca Benedict, Martin Blais, Mélanie Boutin-Chartier, Denis Carrier, Frédérique Cornellier, Stéphanie Déziel, Claudia Fortin, Chantale Girard, Isabelle Gosselin, André Jacob, Winä Jacob, Louise Lambert, Emmanuel Lauzon, Caroline Lefebvre, Émilise Lessard-Therrien, Charlotte Luneau, Catherine Marcil, Paul-Antoine Martel, Mélanie Nadeau, Sophie Ouellet, Evelyne Papillon, Yves Prévost, Sophie Richard-Ferderber, Dominique Roy, Dominic Ruel et Geneviève Tremblay ..................................................................... correcteurs Gabrielle Demers, Lucette Jacob, Gilberte Larose, Isabelle Legault, Paul-Antoine Martel, Micheline Plante, Evelyne Papillon et Yves Prévost ..................................................................... CORRECTRICE D’ÉPREUVE | Karine Murphy ..................................................................... Rédactrice en chef | Winä Jacob redaction@indicebohemien.org ..................................................................... Graphisme | Staifany Gonthier graphisme@indicebohemien.org ..................................................................... Coordination et ventes publicitaires Maurice Duclos coordination@indicebohemien.org publicite@indicebohemien.org ..................................................................... L’Indice bohémien est publié 10 fois l’an et distribué gratui­tement par La Coopérative du journal culturel de l’Abitibi-­Témiscamingue fondée en novembre 2006. ..................................................................... Membres du conseil d’administration Mélissa Drainville, Martin Villemure, Ariane Gélinas, François Lachapelle, Julie Pomerleau, Suzie Ethier et Winä Jacob ..................................................................... L’Indice bohémien 150, avenue du Lac Rouyn-Noranda (Québec) J9X 1C1 Téléphone : 819 763-2677 Télécopieur : 819 764-6375 indicebohemien.org ..................................................................... ISSN 1920-6488 L’Indice bohémien

Des tentes alignées et collées les unes sur les autres, de la musique, des conversations sur fond de changements mondiaux, un esprit d’entraide et de partage et surtout, l’impression profonde de vivre quelque chose de plus grand que soi : on se croirait à Woodstock en 1969. Pourtant, l’esprit n’est pas à la fête. Au contraire, les gens en ont marre, ils sont (nous sommes) 99 % d’indignés qui veulent que les choses changent. Bienvenue à Occupons la planète! Occupy Wall Street a engendré Occupy Melbourne, Los Angeles, Londres, Berlin, Montréal, Québec... Le mouvement est devenu planétaire, se répandant dans plus de 80 pays en moins d’un mois. À la base de cette initiative: le blogue vancouverois du magazine Adbuster qui, à la mi-septembre, lançait un appel à la mobilisation pour contrer les inégalités salariales. N’en pouvant plus de voir le 1 % des plus fortunés vivre à leurs dépends, les 99 % (du moins, certains d’entre eux) ont répondu « Présents! » et le scandent encore aujourd’hui. Ils en ont contre cette inéquité qui fait que les plus riches détiennent plus que leur part au détriment des plus pauvres : au Canada, la dernière fois qu’une telle inégalité économique a sévi, c’était au milieu des années 1920. C’est comme si on vivait un retour aux années folles, l’insouciance en moins.

Nouveau modèle révolutionnaire? Chaque génération a sa soif de révolution, son groupe d’idéalistes qui veut changer le monde. Mais ce qui est beau de celle-ci, c’est que ce n’est justement pas la revendication d’une seule génération. Beaucoup de jeunes, certes, ont occupé les villes, mais des gens de tous âges aussi. L’indignation collective semble cette fois ancrée profondément dans les valeurs des gens. Comment se fait-il que la colère n’est pas plus répandue? Plusieurs diront qu’ils n’ont pas le temps de manifester, qu’ils ont une famille, un travail. Tout de même, ceux-là ont fait, parfois, preuve de générosité en offrant des denrées alimentaires, de l’argent ou du matériel en guise de remerciement à ceux qui occupent la ville. Des gestes de solidarité qui donnent espoir. C’est beau, mais pas assez! Ce qui se passe en ce

moment est une véritable conversation publique à laquelle tous devraient participer, puisque personne, ou presque, n’est gagnant dans le gâchis social actuel. On ne parle pas de communisme ici, où tout un chacun est économiquement l’égal de l’autre, mais plutôt d’une répartition plus juste. L’idée n’est pas que tous aient une part égale du gâteau, mais d’empêcher les plus nantis de revenir se servir une deuxième fois dans l’assiette des autres. Nous devons donc accuser réception et répondre à l’appel, ce qui n’est pas encore le cas avec ce mouvement qui est encore marginal, bien que le sentiment de ras-le-bol, lui, ne l’est pas. Comment se fait-il que les rues ne soient pas plus pleines d’indignés réclamant du changement, alors qu’à peu près tout le monde est au courant de ce qui se passe sur la planète? Peut-être est-ce parce que ce système fonctionne trop bien, trop occupés que nous sommes à gagner notre dû, aliénés à en oublier les autres dans cette société où la consommation est un geste du quotidien.

Occupons l’Abitibi-Témiscamingue? Cette détention de la richesse par les plus nantis, c’est aussi celle des industries qui exploitent les ressources sans payer de redevances, qui empochent le gros lot sans même dire merci, comme c’est trop souvent le cas ici en Abitibi-Témiscamingue. Sommesnous tous trop bien pour réagir? L’ordre établi est-il trop confortable? Notre milieu est-il trop tissé serré pour que l’on conteste les privilèges de notre voisin, qui est parfois un parent, une connaissance, un ami? Selon Statistiques Canada, les gens qui gagnent un salaire annuel de plus de 100 000 $ font partie des 5 % les plus nantis au pays. Connaissant les salaires offerts par les industries principales de la région, il y a fort à parier que ce soit plus de 5 % de notre population. Est-ce pour ça que l’Abitibi-Témiscamingue n’a pas encore emboité le pas au mouvement? À moins que ce ne soit parce que ce qui a présidé à la fondation de la région, c’est un fort sentiment de liberté, une soif de recommencement, une atmosphère de début du monde?

Chroniques Humeur Signature d’artiste Vues sur le Nord Sport et plein air Les livres de Charlotte Chronique littéraire Rubrique ludique Ma région, j’en mange Sociétés d’histoire et de patrimoine

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Comme nous sommes peu nombreux, nous avons peut-être l’impression que nous avons un peu de pouvoir sur nos vies, que nous pourrons bien tout chambouler si ça nous chante : en attendant, on améliore collectivement les choses en se parlant et en se concertant. Si c’est le cas, ce serait quand même bien de ne pas nous priver de l’énergie que peut procurer une bonne dose d’indignation. Nous savons à l’occasion crier notre rage – pensons à la magnifique marche verte d’il y a un an, au Témiscamingue –, mais il est plus rare que nous participions à des mouvements mondiaux. Pourtant, le temps de notre relatif isolement est bel et bien terminé : la planète est devenue toute petite; la solidarité doit d’autant croître. \\

Mise au point Dans l’édition du mois dernier, un article portant sur la remise du prix Thérèse-Pagé au sculpteur Jim Couture était affublé d’un titre pouvant porter à confusion. Le but était de faire ressortir le caractère autodidacte de l’artiste, son parcours inusité loin des écoles des beaux-arts, son rapport quasi physique avec la matière. Il semble cependant que le terme « jobbeur » ait également un côté péjoratif qui nous avait malheureusement échappé. Nous offrons donc nos excuses à M. Couture, et lui assurons qu’il n’y a aucune équivoque dans le respect et l’admiration que nous portons à son œuvre. \\

//DATES IMPORTANTES date limite pour réserver votre espace publicitaire pour l’édition DE DÉC./JAN. date limite pour fournir votre montage publicitaire pour l’édition DE DÉC./JAN.

9 NOVEMBRE 2011 11 NOVEMBRE 2011 1 er DÉCEMBRE 2011

date de sortie de l’édition DE DÉC./JAN. date limite pour soumettre vos idées de sujets pour l’édition DE FÉVRIER

6 DÉCEMBRE 2011

L’INDICE BOHÉMIEN \\ NOVEMBRE 2011 |

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Humeur

Signature_d’artiste

Le gras et le muscle

Artiste en résidence : prière de venir m’inspirer!

>> Dominic Ruel S’il est un sujet à la mode ces temps-ci, c’est bien la dette. Grèce, Italie, États-Unis, ici aussi d’ailleurs. Discussion. - On est endettés comme jamais ! Le gouvernement doit couper, pour pas devenir comme la Grèce, dit l’un. - Ah ? Intéressant. Mais couper dans quoi ? répond l’autre. - Dans le gras ! - Aaah...Ouain… dans le gras ? Le gras ? - Ben tsé, couper dans le gras, tsé veut dire ? - Quel gras ? - TOUTE ! - Ouin, mais y a des choses plus importantes que d’autres ? - Ah ! C’est pas pareil ! Faut pas couper dans le muscle non plus... - Quel muscle ? - Les affaires, tsé, là... - Les affaires importantes ? - Ouais ! - Tous les ministères doivent être coupés ? Coupés où ? - Dans le gras, bordel ! - Quel gras, c’est quoi le gras ? - Les bureaucrates, les fonctionnaires, tsé, les ronds-de-cuir, j’appelle ça de même, moi, ceux qui font rien, qui restent assis devant leur ordi., à la journée longue. Pas comme le vrai monde… - Y en a tant que ça ? - Si tu savais, mon vieux ! C’est désolant… Ils l’ont dit à la télé. Et j’ai un chum, là, qui travaillait au gouvernement… À cause des syndicats, qui protègent les paresseux! Pis les gros salaires, les grosses retraites que le vrai monde peuvent pas avoir! - Euh… C’est si simple ? On va sauver des milliards avec ça ? - Non, mais non. Mais y a d’autre gras. En masse ! La culture, tiens, mettons. - La culture… C’est important, aider nos artistes ? - Aider ? Faire vivre, tu veux dire ! Si ce qu’ils font, ça ne pogne pas, on n’a pas à leur donner tant d’argent, tsé… Y vivent comme des stars ! - C’est pas tant que ça non plus et… - C’est déjà trop ! La dette, c’est un gros problème ! - Mais on a aidé GM, il y a trois ans, les banques aussi, on donne des subventions à plein de compagnies… - Ah ! Mais c’est différent, là, tsé. Eux, ils créent des jobs, et des jobs, c’est bon pour l’économie. Faut que le monde travaille, faut pas trop avoir de BS non plus, ça coûte cher ça aussi… Eux autres, on devrait les mettre à l’ouvrage. Le vrai monde se lève le matin ! Sont pris dans le trafic, courent à la garderie, font les devoirs et le souper… Le monde est tanné, je te le dis ! - On pourrait taxer les plus riches, remonter la TPS, ça aiderait, pour le déficit… - ‘tu fou ? On est déjà les plus taxés. Les riches, tsé, faut qu’ils puissent investir, pis ça, ça crée des jobs. Touche pas à la TPS ! Le vrai monde étouffe! Faudrait être taxés comme aux États… - Les États-Unis vont mal aussi, leurs déficits explosent, non ? Deux guerres, en passant, ça coûte un bras. - Le terrorisme ! Fallait frapper. Le vrai monde avait peur de prendre l’avion, le métro. Ils nous haïssent ! - Mais des guerres, des avions, des tanks, des missiles et des soldats, c’est beaucoup de gras ? - Non. C’est du muscle. - Quel muscle ? - Les affaires, là, tsé... - Les affaires importantes ? - Ouais ! Je sais, je sais. On dirait des enfants dans une cour d’école qui parlent n’importe comment... //

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L’INDICE BOHÉMIEN \\ NOVEMBRE 2011

>> Émilie B. Coté Pour une jeune artiste de la relève, rien n’est plus important que d’acquérir de l’expérience par la participation à une multitude d’événements culturels pour s’enrichir, apprendre et se nourrir, que ce soit individuellement ou collectivement.

C’est vivre une autre vie pendant un mois et passer du mode organisationnel au mode créatif.

Apprendre le métier, ça vaut aussi pour les arts visuels, sauf qu’il n’y a pas de guide méthodologique précis. C’est propre à chacun d’aller jusqu’au bout de sa démarche. Et pour approfondir sa démarche, il faut du temps pour peaufiner son propos, trouver son style et en arriver à une maturité artistique, et surtout, l’assumer. Grâce au Fonds dédié aux arts et aux lettres de l’Abitibi-Témiscamingue, L’Écart.. . offre depuis peu un nouveau programme de résidence d’artiste. Ces résidences ont pour but d’assurer une vie culturelle active dans la région et du même coup favoriser la création. Trois artistes par an sont sélectionnés pour créer dans une des trois salles de ce centre d’art et pour être logés dans un appartement au deuxième étage, ce qui représente une occasion en or. Ma plus grande chance aura été d’avoir été choisie pour y faire ce que j’aime le plus pendant un mois complet, c’est-à-dire mettre au monde un nouveau projet visuel qui me ressemble.

Qu’est-ce qu’une résidence? Une résidence d’artiste, c’est habiter dans les lieux d’exposition pour créer directement sur place. C’est un peu comme installer son atelier dans une nouvelle pièce et se concentrer uniquement sur la création, en utilisant les contraintes et caractéristiques d’un contexte inhabituel. Le temps s’arrête, le lieu de diffusion devient le lieu de production, c’est l’événement et le processus qui deviennent objet de curiosité. Un défi créatif jusqu’à l’aboutissement d’un projet unique et nouveau, ou la naissance de nouvelles idées suite à de nombreuses expériences et expérimentations lors du séjour. Après avoir étudié trois ans à Québec en arts visuels et être revenue en région depuis février, je l’ai vécu comme un nouveau point de départ, une vague d’idées en pleine gueule. C’est comme une impression d’être en voyage. L’insécurité de ne pas connaître les lieux et les visages, mais l’adrénaline de faire de belles rencontres ou de vivre un moment d’émerveillement devant une beauté simple. C’est vivre une autre vie pendant un mois et passer du mode organisationnel au mode créatif. Pour une jeune artiste, ça représente beaucoup d’avoir une telle chance. C’est une opportunité de se faire une petite place parmi les acteurs culturels qui mettent leur énergie à maintenir une vie effervescente dans la région. Après un mois à vivre à Rouyn-Noranda, à produire tous les jours du matin du soir, ou plutôt de l’après-midi jusqu’au milieu de la nuit, vient le moment du retour. L’après-résidence est tout aussi délicieuse à vivre, puisque même si l’expérience est terminée, les idées développées lors de la résidence m’amènent à vouloir continuer de créer à ma façon et à en faire mon métier. //


Danse Le festival Art’Danse est de retour, du 3 au 6 novembre

Eh bien… dansez maintenant ! >> Isabelle Gosselin Les écoles de danse de la région regorgent d’élèves et d’enseignants passionnés et talentueux. Il n’en fallait pas plus pour qu’un festival de danse voie le jour en Abitibi-Témiscamingue à l’automne 2007. Ce festival réunit les talents de la région, présente les productions de professionnels de la danse des grands centres et fait sortir la danse des studios. Vous avez chanté tout l’été? Eh bien dansez, maintenant! Du 3 au 6 novembre prochain, Val-d’Or vibrera au rythme de la danse : ateliers, classes de maîtres, concours, spectacles professionnels, démonstrations dans les bars et soirée dansante sont au programme. Selon Marie-Laure Aubin, directrice artistique du festival, « l’objectif de cet événement

est de rendre la danse accessible à tout le monde. Un week-end où on célèbre, on fête, on danse… Faire en sorte que les gens prennent contact avec la flamme de la danse qui est en eux. » C’est le moment pour prendre, reprendre ou garder contact avec la danse. Certes, tout un chacun pratique à sa manière devant la cuisinière ou dans un bar, mais Art’Danse invite le spectateur à sortir de sa tanière et à explorer différents styles avec ses « dégustations de danse ». Ces ateliers, d’une durée de 30 minutes par style, offrent la possibilité de goûter à plusieurs danses : gumboot, danse latine, hip-hop, gigue écossaise, zumba… Le menu est assez garni pour satisfaire tous les goûts. La soirée

d’ouverture présentera Jacynthe Normandeau, contorsionniste de renommée internationale, juste avant la projection du légendaire Dirty dancing au Cinéma Capitol à Val-d’Or.

Danser toute l’année On les compte sur les doigts d’une seule main, un peu plus peut-être. Elles sont revenues en Abitibi-Témiscamingue par choix, pour la danse ou pour s’en éloigner, et finalement, elles dansent et elles transmettent leur savoir. Maribelle Sigouin est directrice et propriétaire de l’école La Cité de la Danse à Val-d’Or. Après une solide formation en danse, elle ne croyait pas pouvoir vivre de la danse en région. À son retour, alors qu’elle voulait se reposer et se repositionner face à la danse, elle a enseigné durant un an aux côtés de Martine Riopel. C’est à ce moment qu’elle a senti que la danse devait faire partie de

sa vie : « Enseigner la danse m’a permis de confirmer ma passion : j’ai compris que je ne pouvais pas tourner la page. » Danser en région, c’est surtout enseigner cet art physique, mais les possibilités de création sont bien présentes. « Dans les grands centres, les danseurs sont nombreux, les occasions de danser et de créer aussi cependant. C’est plus difficile de produire une création parce que la sélection est plus contraignante. En région, les danseurs professionnels sont moins nombreux; danser lors de la cérémonie d’ouverture de la salle Félix-Leclerc a été du bonbon pour moi », de dire Maribelle Sigouin. Région jadis reconnue pour ses effeuilleuses, l’Abitibi-Témiscamingue peut aujourd’hui être fière des danseuses professionnelles qui transmettent leur passion à une relève bien assurée. \\

> artdanse.ca

A5 E A T

Association des centres d’exposition de l’Abitibi-Témiscamingue

Invitation aux artistes professionnels et de la relève en arts visuels, aux commissaires et institutions qui désirent présenter un projet d'exposition. Un seul dossier est nécessaire alors que l'ACEAT s'assure de faire le suivi auprès de chacun des centres d’exposition d’Amos, La Sarre, Rouyn-Noranda, Val-d’Or et Ville-Marie. Votre dossier doit comprendre les documents suivants sur support numérique (cd ou dvd) : description détaillée du projet d’exposition visuel du projet avec description (entre 10 à 20 images) curriculum vitae démarche artistique dossier de presse numérisé (articles majeurs seulement)

Faire parvenir votre dossier à ACEAT A/S Marianne Trudel, secrétaire re 222, 1 Avenue Est, Amos (Québec) J9T 1H3 Pour info: Téléphone : (819) 732-6070 poste 402 Courriel : exposition@ville.amos.qc.ca Télécharger le formulaire à partir du www.expovd.ca/appel de dossier La date limite: 31 janvier 2012. Aucun dossier accepté par courriel et aucun dossier ne sera retourné.

Depuis 1980, l’ACEAT constitue un réseau de diffusion professionnel qui regroupe cinq Centres d’exposition distincts de l’Abitibi-Témiscamingue reconnus par le MCCCFQ

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Programmation du 30e FCIAT

En première canadienne au FCIAT

Beaucoup de choix… douloureux !

C’est vendeur d’ouvrir avec Le vendeur !

>> Paul-Antoine Martel Difficile de faire des choix parmi l’abondance de découvertes que propose, cette année encore, le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Au-delà des gros canons pour lesquels il sera ardu de dénicher des billets se glissent quelques œuvres invitantes, et c’est sans compter les activités parallèles se tenant en marge des blocs de projection au Théâtre du cuivre. Dimanche, le bloc 3 propose le long métrage Mesnak, de l’artiste multidisciplinaire Yves Sioui-Durand, une œuvre traitant d’un jeune homme qui doit apprivoiser ses racines autochtones dont il ignorait tout. Robert Morin et Louis Hamelin ont contribué au scénario de ce film qui promet. C’est dans ce bloc que sera projeté le très attendu Trou Story, du tandem Desjardins-Monderie. Présenté lundi à 13 h, le bloc 5 offre une belle sélection de courts-métrages, la plupart tournés par des étudiants du Cégep et de l’Université régionaux. Les amateurs des films courts ne voudront d’ailleurs pas manquer le bloc 9, alors que 9 courts-métrages – dont deux produits par 08 Cinéma indépendant dans le cadre du dernier Festival de cinéma des gens d’ici – seront projetés. On retrouve aussi, en vrac : 17 filles, qui relate l’histoire d’autant d’adolescentes françaises ayant décidé de devenir enceintes en même temps (bloc 7); Monsieur Lazhar, de l’ami du Festival Philippe Falardeau, et The Artist, film muet en noir et blanc mettant en vedette Jean Dujardin (bloc 8, mardi soir); et finalement, 30 tableaux, de l’Abitibienne d’origine Paule Baillargeon, résultat de sa résidence de deux ans à l’ONF (bloc 11, jeudi).

Les à-côtés Quant aux activités complémentaires, on y trouve au premier rang l’Espace court dont la programmation éclatée s’étalera du 28 au 30 octobre. Pour ce qui est des Nocturnes, on offre trois spectacles qui devraient exacerber le goût de fêter des festivaliers : Rich Aucoin, Creature et Makusham, un projet de Florent Vollant. Par ailleurs, Bernard Derome, monument de la télévision d’ici, donnera gratuitement, le 29 octobre à 14 h, une conférence sur son parcours à Radio-Canada. \\

> festivalcinema.ca Portraits des fondateurs FCIAT

Un pour tous et tous pour le Festival >> Chantale Girard Le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT) célèbre ses 30 ans cette année. Trente ans de cinéma, de premières mondiales, de rencontres avec des cinéastes et des acteurs de grand talent... mais surtout 30 ans de travail pour trois visionnaires et leur équipe.

1981 Trois gars autour d’une bière. C’est dans ce cliché qu’est né le FCIAT. Beaucoup de choses ont débuté ainsi au Québec : autour d’une bière. Jacques Matte est un autodidacte fou de cinéma qui a des idées, mais qui a besoin d’aide pour les concrétiser. Il n’est pas qu’un doux rêveur : il a contribué, depuis 1977, à quelques Semaines du cinéma régional et à la Semaine du cinéma québécois. Là, il voit plus grand : un grand festival, du cinéma international. Guy Parent, directeur du Théâtre du cuivre, s’occupe déjà de présenter des films dans cette salle municipale. Il a ses entrées à la Ville de Rouyn, fait affaire avec

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>> Louise Lambert La soirée du 29 octobre promet une bonne dose de fébrilité à Sébastien Pilote, qui voit son tout premier long métrage, Le vendeur, ouvrir le 30e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Pour ce jeune cinéaste qui a fait le choix d’exercer son métier dans sa région du Saguenay-Lac St-Jean, on serait tenté de dire marché conclu! Le réalisateur, qui vit à Chicoutimi, reçoit cet honneur avec une grande fierté. « Je suis vraiment honoré de voir mon film ouvrir le festival abitibien. Je suis déjà venu y faire un tour en simple spectateur, il y a une quinzaine d’années. On se préparait dans ma région à mettre en place un festival de cinéma consacré au court-métrage et on voulait voir comment ça se passait à Rouyn. J’étais loin de me douter que j’allais y revenir 15 ans plus tard avec mon premier long-métrage, encore moins pour ouvrir le 30e! » Ce choix est sans doute naturel quand on connaît l’intérêt des organisateurs du festival – et celui du public – pour les premières œuvres et pour le cinéma qui provient des régions. Qui plus est, Le vendeur, avec Gilbert Sicotte dans le rôle-titre, a fait un passage très remarqué au prestigieux Festival de Sundance, en plus de récolter le prix de la Fédération internationale de la presse

cinématographique, à San Francisco, ce qui fait dire à Jacques Matte : « C’est l’un des films les plus attendus et avec raison. C’est une œuvre exceptionnelle, Sébastien Pilote est un réalisateur très prometteur. »

Produit du terroir Tourné à Dolbeau-Mistassini, Le vendeur campe son histoire en hiver, dans une petite ville monoindustrielle aux prises avec des problèmes économiques. Le cinéaste précise : « J’ai voulu faire de ce vendeur un personnage humain et attachant, qui pratique son métier comme on le pratiquait autrefois, alors que les choses étaient moins high tech. C’est une chronique un peu old fashioned, qui traduit un univers très nord-américain, je pense que les gens vont s’y reconnaître. » Pour Sébastien Pilote, faire du cinéma en dehors de Montréal ne relève pas de l’utopie, bien au contraire. « Je considère que c’est une chance de faire ce métier dans ma région, je pourrais même dire qu’il y a des avantages à être un cinéaste éloigné, ça me donne un autre regard, ça me suggère un point de vue différent et ça nourrit mon travail. » Le vendeur sera à l’affiche des salles de cinéma au début de novembre. \\

1977 : Première Semaine du cinéma régional à Rouyn-Noranda, organisée par Communications-Québec; d’autres éditions suivront à Val-d’Or et Amos. 1982 : Premier FCIAT. Première nord-américaine du film Fitzcarraldo, coup de filet qui stupéfait les médias québécois et séduit les journalistes européens.

la plupart des distributeurs québécois, sait administrer. Louis Dallaire, lui, est agent de communication à Communications Québec. Les trois gars aiment le cinéma et se mettent à rêver ensemble.

1985 : Création du Prix du jury, pour les courts et moyens métrages, deux ans après celle du Prix du public.

Tout se met en place rapidement : les distributeurs embarquent illico, la Ville est derrière eux, les journalistes sont séduits par les à-côtés (une visite à la Baie James, par exemple)...

1990 : Le sulfureux Serge Gainsbourg accompagne son film Stan the Flasher; présentation des sections Zoom jeunesse et Zooms thématiques.

2011 Trois gars dans un bureau au Théâtre du cuivre. Les années ont passé : le trio continue à rêver, mais surtout il réalise ses rêves, inlassablement, depuis 30 ans. Ce qui surprend d’abord, c’est la force et la durabilité de leur association. Ils expliquent qu’ils ont chacun leurs forces et qu’ils respectent leurs champs de compétences respectifs. Jacques Matte continue d’avoir des idées, Guy Parent assure toujours la partie administrative et Louis Dallaire s’occupe

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1988 : Visite du réalisateur danois Bille August, qui présente son long métrage Pelle le conquérant.

encore des communications. « Il y a des trucs qui m’ennuient, confie Jacques Matte, alors c’est important qu’un autre s’en occupe. Et c’est sûr que je ne m’en mêlerai pas! » Une chose cependant se fait à trois têtes, impérativement : c’est la direction artistique. Les gars parcourent le monde eux-mêmes pour choisir les films. C’est leurs goûts à eux et la connaissance de ceux de leur public qui président aux choix de programmation. Il est certain que maintenant, ils sont épaulés par une équipe solide, construite au fil des ans (et sur laquelle ils ne tarissent pas d’éloges). Jacques Matte est aujourd’hui directeur du Théâtre du cuivre, alors que

Guy Parent est directeur des services communautaires et services de proximité à la Ville. Louis Dallaire a quitté Communications Québec et dirige le Réseau Biblio. Le Festival est devenu une institution incontournable. Et pour eux, c’est devenu un mode de vie. \\

louis dallaire, jacques matte et guy parent, fondateurs du FCIAT Julie Lacasse, Zone Studio

FILM SÉVILLE

Cinéma


Cinéma

Le duo qui fait trembler l’industrie >> Winä Jacob Au bout du fil, la voix rauque du célèbre chanteur se fait avenante : « Tu le prononces comment ton prénom? » Il est loquace malgré l’océan qui nous sépare – il se trouve en Dordogne. Il est évident que le sujet l’emballe : Richard Desjardins, qui a grandi à Noranda, connait bien les mines et espère que son plus récent film réussira à faire connaitre ce milieu au plus grand nombre. Par contre, pas question de se prêter au jeu des médias et d’y faire la tournée des grands-ducs, heureusement pour nous il parlera de Trou Story en ces pages. Trou Story jette la lumière sur l’histoire des mines, sur la mainmise de cette industrie sur le territoire et sa population, sur leur exploitation de la ressource, des travailleurs et de l’environnement. Un film pamphlétaire réalisé avec son complice Robert Monderie, chargé d’images-chocs, d’archives inédites et d’un ton qui leur est propre, dans la lignée de L’Erreur boréale, sur un thème qui est tout aussi cher – sinon plus – à l’Abitibi-Témiscamingue.

L’héritage de L’Erreur boréale L’idée de traiter des mines découle des répercussions de L’Erreur boréale. Des remous sociétaux qu’avaient causé le documentaire portant sur l’industrie forestière naquirent, entre autres, l’Action boréale (ABAT) et la commission Coulombe. « À l’ABAT, on travaillait à l’instauration d’aires protégées et on les voulait près des communautés pour que les gens en profitent. On s’est aperçus que le territoire était claimé par les minières. C’était dur d’y aménager des zones de protection. C’est là qu’on a compris qu’on ne connaissait pas grand chose des mines et de leur histoire. »

COURTOISIE ONF

Trou Story, en première mondiale au FCIAT

Les deux comparses ont sillonné les terres du bouclier canadien, de Sudbury à Val-d’Or, afin d’en apprendre plus sur ce domaine. Le film présente les réalités et les attitudes des gouvernements, des instances publiques et des populations de part et d’autre de la frontière. « En Ontario, ils sont plus critiques que nous : ici on ne peut pas s’imaginer se braquer contre les mines. Y’a tellement de gens qui en vivent, ou dont la business en dépend que leur silence se comprend. On est plus critiques ailleurs au Québec qu’en Abitibi, mais ils commencent à avoir toute une surprise avec ce qui se passe avec le gaz de schiste. Ils sont en train de découvrir c’est quoi l’industrie minière! » Si M. Desjardins rêve de voir l’industrie réformée, il est tout de même réaliste face à la portée de son film et n’envisage pas un aussi grand succès que celui de L’Erreur boréale : « De la forêt, il y en a partout ; les mines sont plus éloignées des villes. » Et ce même si Trou Story arrive au moment où le gouvernement s’apprête à réviser sa loi des mines. « On ne veut pas faire fermer les mines, on veut pouvoir, en tant que peuple, avoir préséance sur elles et sur leurs profits! »

Complicité Richard Desjardins ne tarit pas d’éloges pour Robert Monderie, l’ami avec qui il a réalisé plus d’une demi-douzaine de films. « C’est un vrai plaisir de travailler avec Robert, tellement que des fois je me dis que je fais des films juste pour passer du temps avec lui », ricane le poète. De cette amitié est né Trou Story, qui sera présenté en première mondiale au FCIAT le 30 octobre, puis dans les cinémas québécois dès le 4 novembre.\\

> troustory.onf.ca

1993 : Visite des comédiens français Gérard Darmon et Mathilda May, et de l’acteur Colm Feore (Thirty-two Short Films About Glen Gould). Robert Morin et André Forcier, qui deviendront des habitués du festival, viennent présenter leurs films. Et un débat entre les anciens felquistes Charles Gagnon ainsi que Pierre Vallières se tient en marge de la projection du documentaire La liberté en colère. 1996 : Première mondiale du film Cosmos, qui met en valeur le talent d’une nouvelle vague de réalisateurs (Denis Villeneuve, Manon Briand, André Turpin…); soirée hommage à Gille Carle. 1997 : Premières « Sorties du Festival » dans d’autres villes de la région.

Vivre du cinéma en Abitibi-Témiscamingue >> Mélanie Nadeau Que ce soit avec le département du cinéma du Cégep qui fête ses 35 ans et le 20e du Festival vidéo, ou encore les formations en multimédia dispensées par l’UQAT, plusieurs pourraient être tentés de faire carrière comme cinéastes. Mais est-ce possible de vivre du cinéma en AbitibiTémiscamingue? Rencontre avec 5 créateurs qui font leur marque à leur façon.

Le cinéma comme outil de développement Serge Bordeleau a d’abord étudié en biologie avant de faire le saut dans le monde du cinéma. À la suite de sa formation à l’UQAM, il est revenu en région, a créé la capsule soulignant le 75e anniversaire de Val-d’Or et ensuite, les choses ont déboulé. Il a mis sur pied un organisme qui s’appelle 08-cinéma indépendant, ayant pour mission de supporter les créateurs de la région, sans parler du Festival de cinéma des gens d’ici qu’il a fondé en 2010. En septembre et octobre dernier, il a accompagné, pour une 2e occasion, des groupes avec le Wapikoni Mobile à Kitcisakik. « C’est une expérience géniale car en plus de me permettre de faire ce que j’aime, ça change la vie de certains jeunes. »

Le cinéma qui s’enseigne Martin Guérin enseigne au département de cinéma du Cégep depuis 2000. « C’est un privilège et ça nourrit ma pratique de cinéaste », souligne-t-il. Effectivement, parallèlement à sa carrière d’enseignant, métier qui le passionne, il trace aussi son chemin comme réalisateur. En 2000, il a réalisé son premier documentaire, BRIC-àBRAC. Est venu ensuite Sortir du trou avec Réal V. Benoît et dernièrement, Voir Ali, un documentaire qui, selon les dires du

réalisateur « connaît une vie inespérée pour un documentaire de 50 minutes! »

La business de l’image C’est lors de leur formation en multimédia de l’UQAT que Maude Labrecque-Denis et Jérémie Monderie-Larouche se sont rencontrés et ont eu l’idée de lancer les Productions Balbuzard dont la mission est d’offrir un produit complet et original où la qualité et la créativité sont toujours mises en avantplan. « On n’aurait jamais pu faire ça à Montréal. Ici, il y a un espace de création unique, souligne Mme Labrecque-Denis. De plus, il y a moins de compétition que dans les grands centres et il y a une belle solidarité. Le plus grand défi a été d’apprendre à gérer une business! »

Le cinéma qui touche à tout Dominic Leclerc n’a pas étudié en cinéma. « C’est comme si c’était pas pour moi » souligne-t-il. C’est son passage à Müvmedia en 2006 qui a été déterminant. Il y a d’ailleurs reçu le prix du public. Depuis, il cumule plusieurs contrats, parfois à titre de monteur (Altau Tutti fruti), parfois comme réalisateur (Campus, diffusé au Canal Savoir), ou encore directeur photo (Voir Ali). Au sujet de l’apparition du Web, il indique que « c’est un lieu de diffusion extraordinaire pour un projet comme Le stage de Kassandra, – maintenant sur TOU.TV –. Par contre, pour un long métrage, les salles de cinéma resteront toujours le lieu de diffusion privilégié. » Chacun rêve de réaliser une fiction dans les années à venir, alors souhaitons-leur de nombreux projets... et pourquoi pas de travailler les 5 ensemble? \\

1999 : Visite du réalisateur Jean-Charles Tacchella, du comédien égyptien Mahmoud Hamida, et de Michel Ocelot, réalisateur du film d’animation Kirikou et la sorcière. 2002 : Premier Espace vidéo, qui se tient à la Post-Moderne. 2005 : Début des Nocturnes, spectacles présentés en fin de soirée. 2009 : Première du film La donation, de Bernard Émond, tourné en Abitibi-Ouest; forte présence de la région à l’écran avec la projection des Léo, Roger Pelerin, là où on s’arrête en passant et Le tour des rêves, entre autres,

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Vues_sur_le_nord Le Grand Dérangement des Abitibiens >> Martin Blais Il n’y a pas que l’amour qui déplace des montagnes; il y a aussi l’or. L’idylle entre les investisseurs et la richesse du sous-sol se fait presque centenaire en région et les débats qui l’entourent ne se démodent pas. Au début octobre était présenté au cinéma de l’ONF le documentaire La Règle d’or, premier film de Nicolas Paquet, traitant de Malartic, du trou et des déplacés. J’avais espoir que ce long métrage complète le travail de Simon Plouffe sur le même sujet, L’Or des autres. J’avais également confiance que cette œuvre serve à élaborer le cas de Malartic plus que ne le fera probablement Trou Story, de Richard Desjardins et Robert Monderie, puisqu’on s’attend de ce dernier à un portrait plus global de notre relation avec les mines.

Les maisons mobiles La Règle d’or annonce dès le départ son sujet à l’aide d’une anomalie visuelle ; au petit matin, au travers des toits de maisons, un d’entre eux se déplace, lentement, comme pour ne pas réveiller les autres. Au milieu d’un terrain vaste et gris, sous le bruit des innombrables machines, le personnage hypermédiatisé Ken Massé résume l’état des lieux : « Ya pu rien ! » Le récit est construit d’un enchevêtrement de tableaux présentant chaque fois un personnage anonyme et aux prises avec divers problèmes reliés à ce que l’un appelle le « Grand Dérangement ». Parmi les rencontres les plus marquantes, on retrouve un irréductible vivant au milieu de la dévastation, un paysagiste psychologiquement alourdi par les plaintes des déménagés et un photographe documentant le changement radical de la municipalité qui trouve finalement en Osisko un mécène pour son œuvre. À travers ces récits, il y a l’omniprésence des remorques, des pépines et de la poussière qui, insérées en plan de coupe pendant des entrevues, transmettent l’inconfort de la situation et tracent à gros trait le parti pris du cinéaste.

Un avenir doré Accessoirement, Nicolas Paquet a inclus dans son film les plus fiers ambassadeurs du projet minier : le maire André Vézeau et Hélène Thibault, directrice des communications pour Osisko. Faisant piètre figure, ils y vont de déclarations peu rassurantes quant à l’avenir de la ville. M. Vézeau lance : « Dans dix ans, Malartic sera la petite ville la plus agréable dans laquelle vivre. » Son enthousiasme étonne, puisque la Canadian Malartic ne sera en production que pendant quinze ans, c’est donc promettre un maigre cinq ans de joie de vivre aux Malarticois. Le réalisateur a bien choisi ses intervenants, se classant presque tous dans la catégorie des opposants, ou du moins des inquiets. Cela a comme revers de donner la fausse impression d’un mouvement citoyen dissident et fait oublier la passivité de la majorité, composée de ceux qui croient y trouver leur compte. Cet immobilisme doit pourtant servir à quelque chose : rappeler le chemin à faire pour que tous soient informés de leurs droits et se trouvent en mesure de les revendiquer. \\

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Métiers_d’art Le Salon Création de La Sarre est de retour

Fréquentations au salon! >> Frédérique Cornellier Ce salon unique en région mise sur la diversité des exposants présents en se donnant comme mission de représenter tous les médiums des métiers d’art, comme le mentionne Suzy Tousignant, responsable du projet à la Commission des Loisirs. Ainsi, en plus des nombreuses catégories d’art qu’on retrouve (design, sculpture, joaillerie, …), des produits du terroir sont également disponibles sur place (miel, sirop d’érable, cassis, …).

Art de vivre

La naissance du Salon Création de La Sarre remonte à l’été 1979. À cette époque, une poignée d’artisans et d’artistes des métiers d’art de la région se sont réunis pour mettre leurs forces en commun et mettre sur pied un événement qui leur permettrait de rayonner et de vendre leurs produits. Depuis, le Salon Création a pris de l’expansion et occupe un créneau autrefois délaissé en région. Tous sont conviés à ce Salon des métiers d’art, où l’entrée est gratuite. Même les

écoles de La Sarre y participent. « Nous désirons autant former la clientèle que les artistes et artisans de demain », souligne Mme Tousignant. Pour celle-ci, le Salon Création est une vitrine de belle envergure pour les exposants, qui obtiennent une visibilité complète pendant quatre jours. Certains d’entre eux sont présents au Salon Création depuis plusieurs années; c’est notamment le cas de M. Ghislain Gilbert, doyen de l’édition de cette année, qui expose ses jouets de bois depuis maintenant 25 ans. Comme quoi le Salon est une histoire d’amour réciproque entre le public et les artistes d’ici. \\

TATOUAGE 117

Tattoo pour plaire !

La malice est à la mode!

>> Catherine Marcil

>> Emmanuel Lauzon

Parfois dérangeants, parfois élégants, tantôt à la dernière mode, tantôt défraîchis, ils sont partout : les tatouages. Mais qu’ils soient appréciés ou non, ils ont tous cet aspect: c’est de l’art pur et dur. Et les tatoueurs sont de plus en plus en demande.

Être malicieuse est très tendance depuis quelques années. Mais attention : il n’est pas question d’adopter une attitude mesquine dans ses relations interpersonnelles, mais plutôt de style et de tendances vestimentaires. Pour les passionnées de bijoux et d’artisanat québécois, le mot « malice » est devenu synonyme d’audace et d’originalité.

Il n’existe pas de cours ou d’école de tatoueur. La passion, c’est ce que cela prend. Pour Janine Allée, tatoueuse depuis 2 ans au Tatouage 117 à Rouyn-Noranda, le métier est venu à elle. « J’ai fait un dessin pour un ami pour son tattoo. » Elle a ensuite envoyé son portfolio de dessins pour être engagée où elle travaille maintenant. « Mais on ne commence pas tout de suite sur la peau d’humain, on se pratique sur la peau de cochon avec beaucoup d’alcool à friction. » Non seulement faut-il du talent pour dessiner, mais aussi, selon Janine, cela prend une facilité à comprendre ce que le client veut. Ce n’est évidemment pas comme une coupe de cheveux, où même insatisfait du résultat final, le travail pourra être refait et revu quelques semaines plus tard. Dans le cas d’un tatouage, c’est bien encré dans la peau pour la vie. Néanmoins, il y a toujours l’option d’enlever le tatouage dans une clinique spécialisée, mais les coûts sont exorbitants.

La clientèle change, les tatouages aussi Constat majeur : les hommes ne sont plus la clientèle-type des salons de tatouage, comme il y a plusieurs années. « Les filles sont beaucoup plus tough que les gars », estime Christian Dion de chez Cabal Tattoo à Rouyn-Noranda. « Les filles sont game, pas mal plus qu’avant. Elles veulent des gros tattoos. » Même constat pour Janine Allée : « Les filles sont nombreuses à venir et elles osent. » D’ailleurs, au moment où elle parle de ce constat, une cliente confirme ses propos. La jeune femme porte un magnifique et immense tatouage sur le bras. Des fleurs, surtout, avec beaucoup de couleurs, mais inscrites avec finesse. La cliente était d’ailleurs là pour apporter des ajouts. Avec 17 ans de métier, Bill Pretto, propriétaire de Tatou DeBill, constate aussi une augmentation du nombre de filles pour des plus gros tatouages. « Avant, c’était des p’tits Tweety ou des petites fleurs, mais aujourd’hui, les filles veulent des tatouages qui couvrent le dos, le bras ou les côtés. » De plus, ce n’est pas essentiellement la jeunesse qui tient à inscrire à jamais un dessin ou un mot sur leur corps. Bill Pretto affirme avoir tatoué des octogénaires. Un tatouage est un message significatif, encré dans la peau et dans les mœurs de notre société. \\

Meggy Rivard, designer originaire de La Sarre, a commencé à confectionner des bijoux pour elle-même. Amoureuse de la mode, elle a multiplié ses créations afin de les agencer à sa garde-robe. C’est à force de se faire demander où elle avait acheté ses boucles d’oreilles et ses colliers qu’elle a fini par prendre quelques commandes. À la base, l’idée était de créer des pièces uniques pour ses amies et ses proches, mais à leur tour, elles se sont rapidement fait interroger sur la provenance de leurs bijoux. Si bien que Mme Rivard a dû créer une page Facebook pour répondre à la demande sans cesse croissante. C’est sous le nom de Meg Bijoux que les affaires ont commencé à rouler. Grâce aux réseaux sociaux, le mot s’est vite passé en Abitibi, à Montréal, puis finalement un peu partout à travers le Québec, sans oublier quelques clientes en Alberta et en Ontario. Sa ligne directrice pour créer : « faire ressortir l’éclat distinctif des femmes en privilégiant le mélange des matières, des textures, des formes et des couleurs diverses afin d’obtenir des créations surprenantes et audacieuses ». De fils en billes, le groupe a atteint plus de 1 500 membres, et ce, en à peine un an.

Meg la malicieuse Constatant qu’en plus d’avoir du plaisir à créer, elle pouvait également en tirer un revenu d’appoint intéressant, Mme Rivard a voulu mettre davantage d’énergie dans son projet. Mais avant tout, un petit changement s’imposait : « J’ai donné le nom Meg Bijoux à mon groupe sans trop me casser la tête, confie-t-elle. Jamais je n’aurais pensé que ça prendrait cette ampleur. Il fallait maintenant que je trouve un nom qui fasse plus professionnel. Je me suis réveillée une nuit avec le mot malice en tête. C’était simple, efficace et ça me représentait. Je l’ai gardé! ». Des boutiques de mode telles que Kolchic (Québec), Myco Anna (Montréal) et Chapeau melon bottes de cuir (Montréal) se sont ensuite intéressées aux créations de la designer abitibienne, et tiennent aujourd’hui plusieurs de ses créations en magasin.

STÉPHANIE GRAVEL

Du 24 au 27 novembre 2011, La Sarre vibrera pour une 33e année au rythme du Salon Création, lieu effervescent où se côtoient artistes, artisans et public. Ce salon des métiers d’art abitibien offre une vitrine à plus d’une trentaine d’artistes et d’artisans de la région et de l’extérieur afin d’exposer leurs œuvres et de montrer leurs talents. L’événement se tient à la Maison de la culture, qui se transforme pour accueillir les exposants et les nombreux curieux qui se déplacent en grand nombre.

Une véritable tradition

Être malicieuse n’aura jamais été aussi tendance… \\

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Le Petit Théâtre du Vieux Noranda célèbre 10 années de diffusion culturelle >> Yves Prévost Il y a une décennie, la troupe de théâtre les Zybrides prenait possession des bureaux de ce qui était alors le Canadian Corps. À une époque où on ne parlait pas encore de quartier des spectacles, avant l’Espace Noranda et l’Agora des Arts, le pari était lancé de faire vivre un lieu de diffusion dans l’ancien centre-ville de Noranda. Les 10 ans du Petit Théâtre du Vieux Noranda prouvent que le défi a été relevé - et de belle façon. Cette salle a permis à divers groupes artistiques de se trouver un lieu d’expression et de s’y développer. Cet incubateur culturel a ainsi vu grandir, entre autres, la Soirée de l’impro (SDI, ancêtre de la SIR-N) et la troupe de théâtre Brin d’folie (2002), le Festival de musique émergente (2003), le Festival du DocuMenteur (2004), de même que le Festival des Guitares du Monde (2005). Reconnu dans tout le Canada comme une des scènes les plus importantes pour la musique émergente, on y joue aussi bien du heavy metal (63 spectacles en 10 ans) que du hip-hop. « Le Petit Théâtre est un endroit qui permet la collaboration et la synergie entre les différents organismes, explique la directrice générale, Rosalie Chartier-Lacombe. Les groupes qui s’y produisent ont un public très ciblé. Ils s’y retrouvent en complémentarité plutôt que d’être en compétition. Chacun y profite de l’expérience des autres. » « Nous sommes très proches de la jeunesse, continue madame Chartier. Nous désirons participer à la formation de la prochaine génération de créateurs. Le Petit Théâtre leur fournit un lieu convivial où ils peuvent se sentir bien, à l’intérieur d’une institution solidement reconnue dans la communauté. »

LUNDI 19 h 30

TOUT LE MONDE DEHORS AVEC ISABELLE JUNEAU

UNE VIRÉE SPORTIVE AUX QUATRE COINS DU QUÉBEC Avec la participation du réalisateur André Cullen telequebec.tv

L’ A U T R E

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T É L É

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Des festivités spectaculaires ! Pour son dixième anniversaire, le Petit Théâtre du Vieux Noranda a décidé de faire les choses en grand. Le lancement des activités aura lieu à l’Abstracto, le 10 novembre, suivi d’un spectacle Métal le 11 novembre et d’un banquet anniversaire le 12, sous forme de repas gastronomique cinq services accompagné d’un spectacle et d’une soirée dansante. Une soirée d’improvisation avec les meilleurs joueurs des 10 dernières années suivra le 17 novembre. Le Show du dixième, le 18, sera l’occasion de revivre 10 ans de spectacles du Petit Théâtre. Le public est finalement invité à ne pas manquer la soirée hip-hop du 19 novembre, où seront réunis sur une même scène Samian, Anodajay, Koriass et Dramatik, tous de l’écurie 7ième Ciel Records. Le Petit Théâtre du Vieux Noranda promet ainsi de faire revivre, en 10 jours, un concentré de la variété et de la passion auxquelles son public s’est habitué depuis 10 ans. \\

> petittheatre.org

COURTOISIE PTVN

10 jours de fête pour 10 ans de culture


CYCLOPES

Mouvance (fragment), technique mixte 2010

Arts_visuels En exposition à L’Écart

Valéry Hamelin : émotion, dimension et intuition >> Evelyne Papillon

L’exposition Enchantements, illusions, tourments et espoir, dont le vernissage aura lieu le 11 novembre prochain à l’Écart, a pour thème la frontière entre le plaisir et la douleur. Deux thèmes souvent perçus comme étant contrastant pour plusieurs, mais qui ont inspiré la peintre et scénographe Valéry Hamelin. Dans un même tableau, Valéry Hamelin crée plusieurs dimensions, se plaît à « matérialiser les émotions » et veut traiter, pas seulement de souffrance, mais aussi d’espoir, pour « trouver un espace entre les deux », dit-elle. Elle aime fouiller dans les couches de l’humain, y trouver les traces laissées par les rencontres et les épreuves. « L’humain devient comme une boîte qu’on ouvre dans laquelle on peut trouver des choses », explique-t-elle. Pour cette exposition, elle s’est servie de croquis érotiques de l’artiste Gustave Klimt qu’elle déconstruit afin de révéler la profondeur et les émotions des personnages, par l’ajout de matières et couleurs. Cela donnera l’impression au spectateur de rentrer dans l’intimité du personnage, d’en découvrir le monde intérieur. Alors qu’elle parlait davantage des individus avant, l’artiste croit que la relation homme-femme sera mise de l’avant cette fois dans sa production.

La salle Augustin-Chénier offre au public des formations en création

Passer de spectateurs à créateurs >> Dominique Roy Devant le succès des cours d’art offerts cet été, la Salle Augustin-Chénier a décidé de réitérer l’expérience cet automne. Ainsi, trois artistes établies partageront leur trucs, leur savoir et leur passion avec des apprentis de tous âges, dans un échange qui risque de leur apporter beaucoup, à elle aussi…

Guidée par la matière

Carol Kruger : Initiation à la sculpture d’argile

Valéry Hamelin utilise des techniques mixtes. Elle se sert actuellement d’acrylique, de pastel à l’huile, de cire d’abeille et de papier goudron. Elle travaille aussi avec du carton, qu’elle peut perforer, et avec des couches de papiers sur lesquelles elle découvre des mots qui deviennent liés à son tableau. Le fil conducteur se retrouve aussi dans ses créations, il peut représenter une émotion ou un lien entre différents éléments. Elle dit avoir commencé à explorer les possibilités du tissu, qui sera peut-être présent dans ses futures œuvres.

Détentrice d’un certificat en arts plastiques, artiste reconnue pour ses nombreux projets, prix gagnés et multiples expositions, Carol Kruger a toute l’expérience nécessaire pour donner un atelier de ce genre. Dans ce cours d’une dizaine d’heures, les participants pourront créer un personnage imaginaire à l’aide des trucs et des techniques que Mme Kruger utilise elle-même et qui sont nécessaires pour réussir la sculpture avec l’argile. « Le but est qu’à la fin de cette pratique, les participants puissent réussir des œuvres en argile à la maison », spécifie l’experte dans le domaine. Les cours, « amusants, mais assez intenses », comme les qualifie Carol Kruger, devraient donc débuter sous peu.

Sa méthode consiste entre autres à jouer sur la sensibilité du trait. Elle peut choisir de faire des gestes brusques ou de trembler et en découvre à mesure l’effet produit. « Je me laisse porter par la matière, l’objet trouvé. J’ai une démarche exploratoire, intuitive. » Valéry Hamelin est d’abord scénographe, c’est-à-dire créatrice de costumes et de décors, et croit que cela complète son travail de peintre. L’un comme l’autre demande des recherches et l’appropriation d’un univers. Elle vise dans les deux cas la création d’espaces significatifs. Son travail de scénographie pourra être vu, en novembre, lors du 30e Festival international de cinéma et lors du 10e anniversaire du Petit Théâtre. \\

Bernard Béland expose à Amos

Amy Lachapelle : Création littéraire Forte d’un DEC en arts et lettres et d’un baccalauréat en communication, et riche de son expérience de directrice adjointe au journal Le Reflet, de directrice littéraire aux Éditions Z’Ailées et d’auteure jeunesse, Amy Lachapelle ajoute une nouvelle corde à son arc. Bien qu’elle ait déjà donné plusieurs conférences et ateliers dans les écoles, un cours de ce genre est tout nouveau pour elle. Une quinzaine d’heures seront donc consacrées à l’initiation au processus de création littéraire et d’écriture. « Le but, raconte Mme Lachapelle, c’est de jouer avec les mots, de “partir la machine à idées” pour arriver à écrire une histoire complète. » À la fin de cette aventure, les participants repartiront avec un recueil de leurs récits en souvenir.

Francine Marcotte : Création de marionnettes et présence sur scène Francine Marcotte, qui possède un DEC et un baccalauréat en arts plastiques et qui a étudié la scénographie, est une habituée des ateliers donnés à la SAC. Par le passé, on a pu la voir animer en dessin, peinture, sculpture. Cette fois, elle revient en force avec de la nouveauté : des cours de création de marionnettes pour les 6 à 12 ans ainsi que des ateliers, pour enfants et adolescents, permettant d’améliorer la présence sur scène. Mme Marcotte parle de sa motivation avec enthousiasme. « J’aime explorer, relever des défis et ça fait longtemps que je rêve de donner ces ateliers. Je crois aux jeunes, j’aime leur énergie et je veux leur donner des outils. » \\

COURTOISIE DE L’ARTISTE

Le temps qui passe >> Winä Jacob Dès la fin novembre et jusqu’en février, le Vieux-Palais (anciennement le Palais des arts Harricana) présente les œuvres de l’artiste Bernard Béland. Les dessins au plomb du Bellecombien proposent une réflexion sur le temps qui passe.

des lignes crée la forme, le volume, l’intensité et les tons plus clairs qui sortent d’une masse foncée créent la lumière et provoquent parfois aussi l’éloignement. Je m’amuse donc à reproduire ce qui est au loin autant ce qui se cache dans l’ombre. »

Bernard Béland a réalisé une soixantaine d’œuvres – dont plusieurs seront de l’exposition – sur les thématiques Temps passé et Passage du temps. « Parfois, ce sont des objets, comme des maisons ou des machines agricoles sur lesquelles on voit les marques du temps, d’autres fois c’est le temps qu’il fait d’une saison à l’autre », explique celui qui s’est concentré sur ces marques temporelles. Passant du gris le plus clair au noir le plus foncé, les dessins de M. Béland sont empreints, tout comme ses peintures, de lignes et de coups de crayon qui profèrent un réalisme certain à ses œuvres. « J’aime que le mouvement paraisse; la direction

Bien connu du milieu pour plus d’un quart de siècle d’expositions et de participations à des symposiums de peinture ici et partout dans le monde, Bernard Béland a ressenti, l’an dernier, le désir de passer à autre chose. « J’ai eu un down de la couleur et au lieu de laisser tout tomber, j’ai décidé d’améliorer mes techniques de dessin », confie l’artiste. \\

> palaisdesartsharricana.com

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Sport_et_plein_air Le bâton de marche >> André Jacob L’automne est déjà avancé, les vélos sont probablement déjà rangés, les raquettes se rapprochent sûrement de la porte du hangar. La randonnée à pied est tout à fait de mise en attendant les sorties de ski ou de patin. Novembre offre encore de jolies périodes d’ensoleillement et quiconque est le moindrement à l’affût saura en profiter. J’ai eu la chance de m’initier au trekking lors d’un récent voyage et j’ai découvert l’utilité d’une pièce d’équipement que je réservais pour la raquette : le bâton de marche. Qu’il soit en aluminium ou que vous l’ayez fabriqué vous-même, le bâton de marche permet un meilleur équilibre en descente et un appui supplémentaire en montée. Il peut être utilisé en simple comme en double, pour un prix au détail variant de 16 à 50 $ (unité ou paire). Pour les plus créatifs, la fabrication d’un bâton de marche représente une excellente activité à réaliser avec les enfants, qui pourront les décorer selon une thématique, en prévision d’une sortie ultérieure. Quelques conseils de fabrication : le bâton doit avoir une hauteur d’au plus 5 centimètres au-dessus de la main lorsqu’empoigné et il doit offrir une bonne prise. À titre indicatif, le coude doit être dans un angle variant de 70 à 100 degrés, selon le confort de chacun. Les bâtons de marche peuvent également servir de mâts pour s’abriter sous une bâche (que vous pouvez laisser dans votre sac à dos ou votre véhicule), en cas de mauvais temps imprévu… Évidemment ne partez pas sans les essentiels : allumettes ou briquet, lampe de poche, canif et corde. Eh oui : la corde est tout aussi importante en cas de pépin. Profitez des belles journées ensoleillées restantes en sentier, que ce soit seul, entre amis, en couple ou en famille. \\

Suivez cette série d’articles au cours des prochaines parutions. Vous y découvrirez des endroits à visiter, des tests d’équipements de plein air, des trucs pour faciliter vos séjours au grand air, etc. Entre-temps, vous êtes invités à consulter le site

tourisme-abitibi-temiscamingue.org

pour une information complète sur le plein air en région. Parce que la culture passe par l’occupation du territoire. Parce que nous avons une formidable richesse à notre portée.

Jusqu’au 27 novembre 2011

Jusqu’au 8 janvier 2012

Du 1er au 4 décembre 2011

Domestications - De l’apprivoisement à la mise à mort

Histoire de la mode et du costume au fil des siècles

Salon du Cadeau de la Société des arts Harricana

Installation - peinture de Diane Dubeau

Des espaces poétiquement engagés qui s’animent d’une multiplicité de sens!

Collection textile d’Eddyenne Rodrigue

Plus d’une centaine de costumes miniatures et tout autant de petits mannequins réalisés par une artisane chevronnée de notre région. Du pur enchantement pour petits et grands!

ainsi que durant les périodes de montage entre deux expositions.

ADMISSION dès maintenant 12 |

L’INDICE BOHÉMIEN \\ NOVEMBRE 2011

SESSION HIVER 2012 Temps partiel et temps complet

De plus, en tout temps, La Boutique du Centre d’exposition d’Amos vous offre un large éventail d’œuvres et de produits métiers d’art réalisés par des créateurs d’ici. À l’approche des fêtes, pensez à La Boutique!

PLUS DE 50 PROGRAMMES

Tous les détails sur uqat.ca


Chronique_littéraire Quand la mère se meurt >> Francesca Benedict Originaire de Val-d’Or, l’auteure Nathalie Babin-Gagnon, a signé deux pièces jouées à la radio de Radio-Canada dans le cadre de l’émission Alexis Martin présente... ainsi que des textes qu’elle a lus dans le cadre de l’émission Fragments. Elle travaille à la salle des nouvelles de la radio de Radio-Canada depuis 14 ans et vous pouvez l’entendre à l’émission Classe économique de la même station. Elle est mère de trois enfants. Ce dernier détail est particulièrement significatif. L’auteure raconte, dans J’étais si bien, les derniers mois d’une « jeune » femme qui n’a pas atteint la quarantaine, photographe de profession, mère de famille, qui doit composer avec l’échéance de sa vie. Pour confronter la mort, elle va lui opposer les échéances de ses projets, de ses engagements et la réalité de ses trois enfants en bas âge; ceux-ci devront apprendre à comprendre ce que cela veut dire d’avoir un parent malade puis, éventuellement, un seul parent. Cette situation provoque des montagnes russes émotives pour tous les membres de la famille. Chacun s’accroche à la vie à sa façon et de son mieux. Après le décès de sa femme, le mari prend le relais comme dans la vraie vie de couple et il raconte les étapes qu’il traverse durant l’année qui suit.

L’importance de vivre La vie domine avec force ce roman, plus exactement l’importance de vivre, de profiter de la joie et de l’amour de nos proches. Face à la pitié ou la compassion gratuite des autres, de ceux en santé, par exemple une voisine fatigante, le personnage réagit parce que cela la ramène à un espace unidimensionnel auquel elle refuse d’être confinée. L’auteure soulève un certain nombre de points délicats dans la société actuelle, dont celui du rôle des femmes : au meilleur de leur capacité intellectuelle, les femmes doivent prendre la distance nécessaire pour la maternité, pour aller au parc avec les enfants. Et la maternité infuse tout le texte. L’auteure sait nous faire ressentir avec doigté cette inquiétude qui jaillit au creux du ventre au moment de devenir parent. Mme Babin-Gagnon aborde avec finesse la « honte » que ressent cette femme, amante et mère de famille, de faire cela aux siens, de se sentir fatiguée, d’être malade. Dans les deux moitiés du roman, le passage du temps est marqué par les saisons, par les fêtes du calendrier que la majorité d’entre nous voit passer dans une tourmente d’obligations et de soupirs. De plus, l’auteure refuse de nommer les adultes, ce qui permet à tout un chacun de s’identifier aux personnages. En même temps, l’utilisation d’expressions rattachées à la relation laisse entendre qu’ils ont besoin de protéger une certaine intimité qui ne peut que rester entre eux. Nathalie Babin-Gagnon. J’étais si bien, Montréal : Sémaphore, 2011, 175 p.

Les_livres_de_Charlotte Horrible Henri

Être méchant peut aussi être rigolo >> Charlotte Luneau, 10 ans Ce mois-ci, je vous propose une série de livres qui plaira davantage aux plus jeunes, c’est-à-dire les sept à neuf ans. Écrit par Francesca Simon et paru en français en mars 2011, la série Horrible Henri saura vous divertir! Le personnage principal est Henri, un petit garçon turbulent, très attachant et il m’a grandement plu. J’ai lu pour vous les trois premiers tomes de cette série qui ont été traduits. Les livres contiennent chacun quatre histoires courtes. Les illustrations de Tony Ross apportent un côté humoristique au texte qui est déjà rempli de surprises et de découvertes! Henri passe sont temps à jouer aux pirates, faire des potions, inventer des histoires mais surtout semer la pagaille! Je me demande où il prend tous ses mauvais coups ! Henri se demande à quoi ressemblerait la vie s’il devenait sage comme sont frère Paul Parfait. Réussira-t-il à convaincre ses parents que le karaté est mieux que la danse? Sa voisine osera-t-elle goûter au glop d’Henri, un mélange de carotte, d’épinard, de farine, de café et plein d’autres ingrédients que l’on ne penserait pas à mélanger? Son expérience de camping se déroulera-t-elle comme il l’avait prévue ? Aura-t-il le courage d’un super héros pour affronter Mme Kipik et son arme secrète ? Ses parents tiendront ils leur promesse de ne plus jamais fêter son anniversaire ? Qu’arrivera-t-il si on le prive de son dessert préféré ? Aura-t-il assez d’imagination pour inventer un monstre terrifiant pour avoir le jouet de ses rêves ? Si vous voulez avoir réponse à toutes ces questions et découvrir Henri et sa famille, Horrible Henri est pour vous ! J’ai aimé ces courtes histoires remplies d’imprévus et un tantinet méchantes, comme, trouver une solution pour se débarrasser de ses poux en les donnant aux autres ! La série Horrible Henri est une lecture divertissante et les gros caractères rendent la lecture assez facile. \\ Auteure : Francesca Simon Illustrateur : Tony Ross Gallimard Jeunesse Folio Cadet Mars 2011.

Le vocabulaire et le style simple permettent une proximité avec les personnages et les thèmes sont abordés de manière directe. Ce livre porte à réfléchir sur ce que l’on fait de sa vie. Selon une entrevue donnée dans un média national, Nathalie Babin-Gagnon travaille déjà sur un prochain roman. D’ici là, celui-ci est à lire! \\

« J’avais une vie parfaite. Et un train m’a frappée brutalement alors que je n’étais même pas sur la voie ferrée. » (p. 88)

Desjardins, fier partenaire du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, vous invite tout spécialement le 31 octobre au Lundi Desjardins.

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COURTOISIE CÉGEP A-T

Sept braves de la région participent au jury du Prix Goncourt des lycéens

Lecture extrême

Littérature Les Éditions du Quartz font paraître un premier ouvrage

Nos saisons… dans nos mots

>> Evelyne Papillon

Ils doivent lire 15 romans, en faire la critique, choisir leurs trois préférés et se préparer à en débattre en France… et ils n’ont que sept semaines pour réaliser ce défi! Mais qui sont donc les participants du Prix Goncourt des lycéens? Sept élèves du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, pour la plupart étudiants en Arts et lettres, se sont lancés dans le Prix Goncourt des lycéens accompagnés par Marie José Denis, enseignante en littérature. Cent pages par jour sont lues en moyenne, soit deux à trois romans de la liste de l’Académie Goncourt par semaine. Les élèves se réunissent pour en discuter le jeudi, tiennent un journal de bord et notent chaque roman. De plus, ils se font chroniqueurs littéraires à la radio de Radio-Canada les lundis matins. Enfin, quatre élèves feront valoir leur tiercé favori en France avec les participants de Londres, de Belgique et de France.

Vous avez dit compétences? Mis à part l’alléchante possibilité d’aller en France, il est vite apparu d’autres bienfaits à cette lecture extrême. Shany Descôteaux évoque la gestion du temps qu’elle a développée. Andrea Valera affirme pour sa

part avoir découvert de nouveaux auteurs. « C’est imposé, mais c’est du plaisir! » Elle a aussi fait une incursion dans le monde de la radio, s’initiant ainsi à un métier auquel elle n’aurait pas songé. De son côté, Axel Lévesque Fortier dit développer ses goûts personnels tout en échangeant avec les autres. Bien que 14 livres viennent de France et un seul d’Haïti, les styles employés sont très variés. Il ajoute : « C’est intéressant de découvrir les valeurs des autres participants de la francophonie en lisant leur critique sur le site. » Quant à Mariebelle Leclerc-Hallé, elle apprécie que « les gens lisent les mêmes livres en même temps, ce qui est rare dans la vie. On peut donc en parler et enrichir notre propre vision ». Sa technique consiste à lire d’abord sans se demander si elle aime et à mener des recherches pour bien comprendre le contexte historique et culturel, afin de porter un regard plus juste sur l’œuvre. La sélection leur tient à cœur, car elle changera la vie du lauréat, dont le livre se vendra alors à 125 000 copies. Les élèves développent donc leur jugement critique, leur culture générale, leur ouverture sur le monde et leur communication. « C’est un exploit, ce qu’on accomplit, mais on est bien soutenus. Des gens nous encouragent, on a une couverture médiatique, ça nous incite à ne pas lâcher », résume Andrea. \\

>> Caroline Lefebvre Après avoir envoyé son texte à plus de quinze maisons d’édition, l’auteure valdorienne Stéphanie Déziel voit l’éditeur Bayard Canada publier son premier livre pour enfants, Un crapaud sur la tête.

GENEVIÈVE DESPRÈS

Stéphanie Déziel anime les histoires qu’elle a dans le cœur

Maman de deux petites filles, Flore et Rosée, Stéphanie a comme passion les enfants et le refuge imaginaire du monde qu’elle leur invente. Originaire de la ville de Québec, l’auteure de 36 ans détient un bac en philosophie de l’Université Laval, durant l’obtention duquel elle travaille dans une librairie débordant de livres réservés aux tout-petits. Stéphanie devient ensuite monitrice en enseignement du français à Terre-Neuve et côtoie des enfants de la maternelle à la sixième année. Avec eux, elle met entre autres sur pied des pièces de théâtre comme La Chasse-galerie, parle des contes québécois et s’expose à la radio culturelle. De page en page, de livre en ouvrage, Stéphanie découvre que le style d’écriture en boucle, celui des situations qui se répètent, est la formule qui amuse le plus les enfants. Le style humoristique est, selon son petit auditoire, le plus convoité.

>> Paul-Antoine Martel Déjà bien vivantes et animées par un bouillonnement de projets, les Éditions du Quartz vivront une seconde naissance avec la publication, à la fin de novembre, de leur tout premier ouvrage, un recueil de quatre textes d’autant d’auteurs ayant marqué la littérature d’ici rassemblés sous le titre Nos saisons. « Nous souhaitions marquer au plan littéraire notre enracinement dans la région », explique le président des Éditions du Quartz, Denis Cloutier, au sujet du choix de Nos saisons comme publication inaugurale, tirée à 500 exemplaires. On y retrouve des textes commandés vers 2007 à quatre écrivains liés à la littérature régionale, écrits qui furent intégrés à un spectacle de l’Ensemble Piazzol mis en scène par Solène Bernier. Et ces auteurs ne sont décidément pas les moindres : Jeanne-Mance Delisle propose Figures d’hiver, Margot Lemire signe Le printemps hâtif, Louise Desjardins propose un Tango estival et l’exRouynorandien Louis Hamelin nous offre J’étais l’automne.

Des nouvelles de Jeanne-Mance Delisle Cette première publication est l’occasion de renouer avec la plume d’une grande dame

de la littérature : Jeanne-Mance Delisle. Elle se dit fière de contribuer à cette première publication. « Je suis enchantée que cette maison d’édition soit une coopérative, confie-t-elle. Pour survivre, nos grands-parents ont dû s’entraider et les Éditions du Quartz renouvellent cette tradition. Je me réjouis d’en faire partie. » Dans Nos saisons, c’est elle qui a mis en mots la saison froide : « C’est la fable du loup piégé dans un puits en pleine tempête de neige. Figures d’hiver c’est le monde des apparences, la valse des mirages », explique l’auteure. Romancière, nouvelliste, poète et dramaturge ayant marqué la littérature régionale, elle s’est mérité, en 1987, le prix littéraire du Gouverneur général pour sa pièce Un oiseau vivant dans la gueule (devant Michel Tremblay et Marie Laberge), et ses pièces ont été jouées au Québec, au Canada et en Écosse, notamment. Mais depuis la parution du recueil de nouvelles Et l’or surgit du quartz du Nord, en 2002, elle s’est fait plutôt discrète. « J’ai toujours eu un rythme lent, ça ne s’arrange pas avec le temps ! explique-t-elle. Je poursuis l’écriture d’un roman que je laisse somnoler, trop souvent. Mais je suis continuellement dans l’écriture, éparpillée trop souvent mais toujours là. » \\

> editionsduquartz.com

Les détours de la vie Un crapaud sur la tête relate l’aventure de Georges le crapaud se promenant de chez Clémentine au boulanger, de caboche en perruque, en pleine nature jusqu’en Russie, pour ensuite retrouver la place qui lui revient vraiment : l’étang. La maison d’édition classe ce livre facile à lire; l’écriture est grosse et on sent une belle cadence dans l’histoire. La vitalité des personnages est palpable, et on transporte les situations vers différents états d’âme. Après avoir été travaillé pendant presque deux ans avec la maison d’édition, c’est un petit livre de poche aux images farfelues et vertes qui se trouve maintenant sur les tablettes des meilleurs libraires. Rêvant d’un gros livre aux hautes illustrations, Stéphanie est toutefois vraiment fière de présenter un exemplaire de son ouvrage rédigé durant presque 10 ans, à travers la réalisation de sa famille. Stéphanie souhaite perpétuer la culture de la lecture et de l’animation dans les écoles, devant les petits de la maternelle ou du primaire. Elle travaille à la confection de son déguisement et de la marionnette Georges la grenouille, qui se perchera sur la tête des enfants lors des changes. Des ateliers d’écriture créative reliés à son livre sont également dans les projets de l’auteure. Petite, Stéphanie racontait de vive voix des histoires inventées à sa sœur Marie-Hélène, à qui elle a dédié son livre. « Quand j’étais petite, ma maman m’a souvent dit : “Un jour Stéphanie, tu écriras un livre.” » Un passage prédestiné pour l’écrivaine qui la mènera peut-être un jour vers un autre style d’écriture, un autre public. \\

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Honneurs pour deux femmes de lettres d’ici >> Winä Jacob Les auteures Jocelyne Saucier et Jeanne-Mance Delisle ont prouvé qu’il est possible de mener une carrière d’écrivaine significative tout en habitant en Abitibi-Témiscamingue : la première s’est mérité le Prix des cinq continents de la Francophonie, alors que la seconde a été nommée membre honorifique du Centre des auteurs dramatiques (CEAD). C’est le 30 septembre qu’on apprenait que Jocelyne Saucier remportait le Prix des cinq continents, remis par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à l’auteur d’un texte de fiction écrit en français. Doté d’une bourse de 10 000 euros, ce prix vise à « mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française », peut-on lire sur le site Web de l’OIF. Jocelyne Saucier s’est démarquée face à des auteurs tels que l’Haïtien Marvin Victor, le Sénégalais Fatou Diome et l’Afghan Atiq Rahimi, lauréat du prix Goncourt en 2008. C’est la première fois que cette distinction est accordée à un auteur canadien, bien qu’une mention du jury – prérogative dont il se prévaut rarement – ait été accordée en 2007 à l’écrivain Pierre Yergeau… originaire de Val-d’Or. Notons qu’on retrouvait au sein du jury une Rouynorandienne d’origine, la romancière, essayiste et ancienne directrice de la Grande bibliothèque, Lise Bissonnette. Quant à Jeanne-Mance Delisle, c’est en avril dernier que les auteurs du CEAD l’ont nommée, en compagnie de Michel Garneau, membre honorifique. Ils rejoignent ainsi Michel Tremblay, Marcel Dubé, Réjean Ducharme et Jovette Marchessault. « Je suis touchée de cette décision, confie l’auteure installée à Rouyn-Noranda. Je reçois de l’information sur tout ce qui se passe dans la culture du théâtre, c’est très important surtout lorsqu’on n’a pas la possibilité de tout voir. Et je n’ai plus à payer de cotisation ! » L’Indice bohémien joint sa voix à celles des nombreux intervenants du milieu culturel se réjouissant de ces reconnaissances méritées et inspirantes. \\

Musique L’artiste de Rapide-Danseur lance Dans ma talle

Les fruits du travail de Sébastien Greffard >> Sophie Ouellet

À la fin octobre, l’auteur-compositeur-interprète Sébastien Greffard lancera son premier album, sept ans après avoir fait paraître un démo de six pièces. Dans ma talle, c’est le disque d’un gars de gang, d’un gars d’Abitibi-Ouest. Pour cet album, Sébastien Greffard a travaillé avec plusieurs artisans, musiciens et artistes de la région : Yannick St-Amand à la prise de son, Éric Blanchard à la réalisation, Sydney Boutin à la basse, Alexandre Boissé à la batterie, Francis Greffard comme choriste et graphiste de la pochette ainsi que Jean Caron au clavier et graphiste du site web. D’autres amis se sont joints à l’équipe pour quelques pièces, dont Guy Darby, guitariste et idole de jeunesse de Sébastien.

CRÉATIONS DOUBLE-CLIC INC.

Littérature

Lorsqu’on demande à Sébastien quel est le style de l’album, il répond : « J’aime mieux laisser les autres décider. » Pour lui, il s’agit d’un ramassis de nombreuses années à écouter et jouer de la musique de toute sorte. Certains qualifient son style de folk-rock. Il utilise des instruments réels, sans aucun son électronique, pour donner une touche plus naturelle à sa musique. « Il faut que ma chanson soit bonne sur le bord d’un feu! » image celui qui tient aussi à garder son accent québécois dans ses chansons car, selon lui, il s’agit de la meilleure façon de transmettre son message.

Sur la route du rock Le musicien roule sa bosse depuis quelques années. En 2005, il a participé à l’émission Belle et bum et, en 2006, il a fait la première partie de Gregory Charles à Osisko en lumière. Depuis de nombreuses années, il parcourt le Québec pour donner des spectacles dans les bars avec un groupe. Toutefois, il s’agit surtout de chansons reprises. Son prochain défi sera donc de faire sa promotion seul avec du matériel original. Sa pièce P’tit cœur grand joue d’ailleurs sur plusieurs stations à travers la province et il commence déjà à recevoir des félicitations de l’extérieur de la région. L’album Dans ma talle sera lancé le 27 octobre à La Maîtresse de La Sarre, suivi d’un spectacle « full band », ainsi que le 28 octobre à la Scène Évolu-Son de Rouyn-Noranda où sera aussi lancé son premier vidéoclip à l’occasion du Festival international de cinéma. Mettant en images la chanson P’tit cœur grand, ce clip est une réalisation des Productions Balbuzard. Une tournée régionale suivra le lancement. En plus de sa carrière solo, le musicien de Rapide-Danseur continuera à travailler sur plusieurs autres projets dont Iron Madmen, groupe hommage à Iron Maiden, son groupe Kuz et des spectacles en duo avec son frère Francis. Décidément, il y a beaucoup de fruits dans la talle de Sébastien Greffard. \\

> sebastiengreffard.com 16 |

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Musique Jouer d’un instrument rare, le pari de Louise Morin

Le rappeur algonquin organise un spectacle bénéfice pour le Wapikoni mobile

Ajouter une corde à son harpe

Samian redonne de ce qu’il a reçu

>> Sophie Richard-Ferderber

>> Stéphanie Déziel Le rappeur Samian a été outré d’apprendre que le Wapikoni mobile devait cette année réduire ses activités parce que le gouvernement fédéral lui retire une subvention annuelle de 500 000$. L’artiste originaire de Pikogan a donc décidé de se relever les manches et d’organiser avec quelques amis artistes un spectacle bénéfice qui aura lieu au Club Soda, à Montréal, le 29 novembre prochain. Samian se dit extrêmement redevable face au Wapikoni mobile, ce studio ambulant qui depuis 7 ans permet aux membres des communautés autochtones du Québec de s’exprimer au moyen de réalisations vidéo ou musicales. Le Wapikoni a été pour lui l’étincelle qui lui a donné le goût de faire de la musique. « Ma carrière a réellement commencé là », explique-t-il. C’est avec la « roulotte », comme il l’appelle affectueusement, qu’il a réalisé son premier vidéoclip. C’était en 2004 et depuis ce temps, il a produit deux albums hip-hop et se retrouve cette année en nomination au gala de l’ADISQ dans deux catégories.

COURTOISIE DE L’ARTISTE

Une raison de s’accrocher

S’il reconnaît que le studio ambulant fut déterminant pour sa carrière, Samian considère qu’il s’agit avant tout d’un projet d’une importance capitale pour les communautés autochtones : « Le Wapikoni mobile sauve réellement des vies. Il permet aux jeunes d’avoir des projets auxquels ils peuvent se raccrocher et leur donne une raison de vivre. Quand j’ai commencé à travailler avec la roulotte, j’étais mal parti dans la vie. Je me suis vraiment accroché au projet du Wapikoni mobile. J’ai découvert alors que je pouvais m’évader à travers l’art. » Plusieurs autochtones ont pu voyager pour présenter les films qu’ils ont produits dans ce contexte, certains ont gagné des prix tandis que d’autres ont eu le goût de retourner à l’école. Selon Samian, il est aberrant que la moitié des escales habituelles soient annulées cette année par manque de financement. C’est pourquoi il a décidé d’inviter quelques amis, tels Loco Locass, Anodajay, Florent Vollant et Élisapie Isaac, à donner un spectacle dans l’espoir d’amasser suffisamment de fonds pour allonger le voyage de la roulotte. Une façon pour lui de redonner un peu de ce qu’il a reçu. \\

> samian.ca

Les choses rares exercent souvent un attrait plus grand que celles plus communes. Pour Louise Morin, citoyenne de Villemontel, c’est un instrument de musique qui a eu cet effet. Forte de sa formation en piano, Mme Morin espérait un jour que son doigté se transpose à la harpe. Depuis 4 ans, son rêve est devenu réalité. « C’est ma grand-mère, pianiste, qui m’a transmis le goût de la musique. Même si j’ai débuté en piano, la harpe m’a toujours fascinée » explique la musicienne. Le bel instrument à cordes pincées qu’elle convoitait demeurait quasi inaccessible en région. Elle a donc dû faire appel à une expertise extérieure. Ses recherches l’ont menée à Véronique Couturier, harpiste professionnelle de la région de Montréal. Quatre ou cinq fois par année, Mme Morin se rend dans la métropole rencontrer son enseignante et perfectionner son art. Maintenant elle-même propriétaire de harpes, elle peut pratiquer chez elle tout en important des connaissances d’un peu partout ailleurs. Sa détermination porte ses fruits puisque Mme Morin fait désormais partie de l’Orchestre symphonique régional Abitibi-Témiscamingue (OSR). En mars et en avril prochains, elle partagera la scène avec Alain Lefèvre, pianiste et compositeur émérite ainsi qu’animateur sur Espace musique, lors de concerts spéciaux marquant le 25e anniversaire de l’OSR. Ceux-ci se tiendront dans les principales salles de spectacle de la région. Mme Morin a aussi l’occasion de jouer dans différents événements régionaux. Le son de sa harpe a accompagné l’émouvant moment d’allumer les lampions lors du Relais pour la vie d’Amos et même l’heureuse union d’un couple lors d’une cérémonie de mariage à Malartic.

Partager sa passion Mme Morin semble pourtant trouver son plus grand plaisir dans l’enseignement. Elle initie les petits de certains jardins d’enfants aux bonheurs de la musique grâce à son instrument fétiche. Elle offre également des cours au Centre d’études musicales d’Amos. Ses élèves ont la possibilité de pratiquer à la maison : « Une harpe peut valoir le prix d’une voiture, mais je me suis procuré des modèles qui valent le prix d’une guitare. Nous les louons pour que l’instrument devienne accessible à tous ». À ce jour, Mme Morin demeure la seule enseignante de harpe en région. Tel qu’elle le souhaitait, Louise Morin est devenue harpiste et partage généreusement sa passion avec la région. Elle peut se réjouir que l’instrument de ses rêves, tant magnifique qu’imposant, occupe désormais une grande place dans sa vie, mais aussi dans son salon ! \\

La série Bouchées sonores met Mozart au menu à l’Agora des Arts

Amuse-oreilles >> Claudia Fortin Si l’appétit de la musique s’apparente à celui de la panse et qu’il vient en mangeant, les curieux et les mélomanes qui assisteront aux Bouchées sonores pourraient bien développer une faim qui ne trouvera satisfaction que dans l’affinement de l’oreille et la fréquentation des nombreux concerts classiques offerts en région. Cette année encore, après s’être précédemment dégourdi papilles et pavillons au son de Chopin, Beethoven et Schubert, madame Claire Phillion-Murphy nous présente le fruit de ses recherches

COURTOISIE

musicales sur la vie de Mozart, le tout, bien sûr, en bouchées sonores. Cet événement sera présenté à l’Agora des arts de Rouyn-Noranda, le 18 novembre prochain à 17 h. L’idée est à la fois très simple et brillante : présenter l’œuvre, la vie d’un grand de la musique classique, en s’assurant d’inclure une touche d’originalité. Le petit concertconférence se déroule en chant et en images, sur un ton très dynamique et humoristique. Que les sceptiques se détrompent : cette

aventure sonore est à la fois extraordinaire, amusante et empreinte de notes éducatives. Appuyée par différents supports visuels et entrecoupée de pièces musicales interprétées par les artistes présents, cette soirée saura plaire à tous les curieux et amoureux de la musique. Madame Murphy sera accompagnée des sopranos Claire Boudreau et Hélène Morasse, du baryton Louis-Antoine Laroche et du bassiste Jean-Luc Cormier, qui interpréteront tout au long de la soirée des pièces tirées

de l’imposant répertoire Amadeus Mozart.

de

Wolfgang

Il est à noter que les spectateurs pourront sagement patienter jusqu’à l’heure du souper, puisque de petites bouchées viendront flatter le palais de ceux qui le désirent, le tout agrémenté d’une bonne coupe de vin. Comme quoi il n’y a pas que chez l’oto-rhino-laryngologiste que les oreilles et la bouche se rejoignent. \\

> agoradesarts.com

Desjardins, fier partenaire du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, vous invite tout spécialement le 31 octobre au Lundi Desjardins.

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Des applications mobiles pour les événements d’ici >> Mélanie Boutin Chartier

Les applications mobiles deviennent des outils pratiques pour promouvoir des évènements. Plus qu’un simple fascicule, certaines permettent de créer sa programmation personnalisée. C’est ce qu’offre celles du FCIAT, du FME et aussi du Réseau BIBLIO.

Au centre de l’action!

Le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue possède maintenant son application mobile. Disponible depuis la mi-octobre, c’est non seulement les utilisateurs iOS (appareils mobiles d’Apple) qui pourront planifier leurs journées cinéma, mais également les propriétaires d’autres types d’appareils intelligents dont ceux sur plateforme Androïd, selon Suzie Éthier, chargée de la promotion du festival. Elle permet de consulter la programmation complète et détaillée du festival. L’outil le plus pratique, selon moi, est de pouvoir sélectionner chaque film que l’on veut voir en appuyant sur l’étoile à côté de chacun pour les noter comme favoris. Ensuite, l’onglet « Favoris » nous montre seulement ceux qu’on a annotés. C’est donc très facile de créer sa programmation personnalisée et de voir clairement sur une seule page les films qui nous intéressent. L’avantage de l’application du FCIAT est l’horaire détaillé par bloc et par endroit, car le festival a une présence aux quatre coins de la région. Avec tous les renseignements utiles et détaillés sur les œuvres présentées, l’application du FCIAT pourra aisément se substituer à la programmation papier.

> itunes.apple.com/ca/app/fciat/id467369547?mt=8 Du cinéma à la musique L’application du Festival de musique émergente brille par sa simplicité. Tout comme pour celle du FCIAT, la création d’un horaire personnalisé par le biais des favoris est présente et suite au téléchargement de l’application, ces données seront disponibles sans avoir recours à un signal internet. Si on le souhaite, une touche « Panier » renvoie à la billetterie du festival pour acheter ses billets en ligne. Un lien vers les sites officiels des artistes présents au festival sont également inclus dans l’application. C’est donc un outil très complet qu’a proposé le Festival de musique émergente cet été. Ça peut se résumer à une version mobile du site internet officiel, une programmation pour emporter.

La Biblio en réseau Le Réseau BIBLIO est inclus dans l’application mobile BookMyne, qui consiste à répertorier les livres disponibles dans les bibliothèques inscrites. Celles de la région en font partie, mais l’application est en anglais. Les suggestions par listes proposent donc des livres de langue anglaise. À moins d’exception, il est assez rare d’avoir les versions anglophones des lauréats du Booker Prize dans les bibliothèques abitibiennes. Dans cette dernière catégorie, Life of Pi de Yann Martel est présent… en anglais! Mais pas disponible ici, évidemment. Pour trouver un livre en français, il faut y aller d’une recherche par auteur ou par titre. Devant nécessairement savoir ce que l’on cherche, adieu les suggestions proposées par l’application. Souhaitons vivement une mise à jour. \\

> crsbpat.qc.ca

En fournissant un appui technologique et financier à la 30e édition du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, Télébec se positionne une fois de plus au centre de l’action. Chef de file dans le domaine des télécommunications dans la région, nous sommes très fiers de notre implication dans le développement économique et la vie culturelle de notre milieu. Félicitations au lauréat du Prix Télébec, qui récompense le meilleur réalisateur de court ou moyen métrage avec une bourse de 1000 $ !

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Ma_région_j’en_mange Recette sans gluten

Falafels au quinoa, farine de pois chiche et carottes ValJack >> Louis-Joseph Beauchamp

Falafels 2 tasses 1 tasse 1 à 2 gousses ¼ tasse ¼ tasse 1 cuillère à thé 2 cuillères à thé 1½ c. à thé ¼ tasse 1½ à 2 tasses

Quinoa cuit, froid ou tiède (environ 1 tasse avant cuisson) Carottes râpées, Ferme ValJack Ail haché, Champ d’Elfes Persil frais haché Coriandre fraîche hachée Cumin fraîchement moulu Graines de coriandre fraîchement moulu Poudre à pâte Farine de tapioca, Cuisine Soleil Farine de pois chiche, Cuisine Soleil Sel et poivre du moulin au goût

Préparation Mélanger tous les ingrédients sauf la farine de pois chiche. Ajouter 1½ tasse de farine de pois chiche, bien mélanger et laisser reposer 10 minutes. Le mélange doit être assez ferme et pas trop collant. Si le mélange est trop collant, ajouter le reste de la farine de pois chiche. Façonner des boulettes rondes de 3½ à 4 cm de diamètre pour des sandwichs repas ou des petites boulettes de 2 cm de diamètre pour des petites bouchées cocktail (tel qu’illustré). Donne environ 30 grandes boulettes ou 75 petites. Cuire en grande friture dans une huile bien chaude. Pour une cuisson plus santé, aplatir les boulettes et cuire dans une poêle antiadhésive légèrement huilée, à feu moyen fort. Réserver vos boulettes au chaud et monter des sandwichs avec les ingrédients suivants : pain pita (régulier ou petit selon votre préférence), laitue, tomates, navets marinés, cornichons et sauce yogourt, érable et pois chiche. Pour ma recette de navets marinés, visitez la page Facebook de La Joyeuse Bouffe.

LOUIS-JOSEPH BEAUCHAMP

Sauce yogourt, érable et pois chiche 1 tasse Yogourt nature, style grec sans gras ½ tasse Tahini (beurre de sésame) ¼ tasse Huile d’olive ¼ tasse Sirop d’érable, Érablière Yan Gaudet 2 c. à soupe Farine de pois chiche, Cuisine Soleil 2-3 gousses Ail pressé Le jus de 3 citrons Mélanger tous les ingrédients et réserver au réfrigérateur. \\

Cette chronique est rendue possible avec l’aimable participation de : Louis-Joseph Beauchamp // LA JOYEUSE BOUFFE lajoyeusebouffe@hotmail.com // 819 723-2408 poste 119

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Chronique_des_sociétés_d’histoire Les neuf vies de la première mine de la région

Au terme de près de deux ans de travaux

Une nouvelle politique pour le Témiscamingue

L’histoire de la mine Wright couvre plus de 260 ans >> Denis Carrier Société du patrimoine du canton de Nédelec

>> Émilise Lessard-Therrien Quinze ans après l’adoption de sa dernière politique culturelle, la MRC de Témiscamingue a entrepris un vaste chantier de réflexion sur l’état et le développement de son milieu artistique et culturel. Ces travaux touchent à leur fin, ce qui devrait donner une nouvelle impulsion au développement culturel de ce territoire marqué par une inspirante vitalité depuis quelques années.

« Un projet qui naît du milieu a beaucoup plus de chances de survivre que si c’est nous qui cherchons des gens pour les chapeauter » – Véronic Beaulé.

Il faut remonter à 1686 et à l’expédition d’Iberville pour retrouver l’origine de la vieille mine de Guigues. Lorsque l’expédition du Chevalier de Troyes et d’Iberville quitte Montréal en traîneaux tôt au printemps de 1686, quelques membres savent déjà qu’ils ne se rendront qu’au lac Témiscamingue. Le 24 mai, l’Amérindien Coignac les amène sur le site de la mine où Chevalier de Troyes prélève quelques échantillons qui seront acheminés à Montréal.

Une politique culturelle sert à dresser un bilan du territoire culturel, formuler des axes d’interventions et des objectifs pour enfin aboutir à un plan d’action. Renouveler la politique culturelle était un des mandats de l’agente de développement culturel à la création, en 2009, de ce poste qu’occupe aujourd’hui Véronic Beaulé à la MRC. « Nous avons consulté les municipalités, les organismes et les artistes, et une consultation publique a eu lieu en novembre 2010. Ça nous a permis de nous recadrer et de nourrir la réflexion pour orienter la nouvelle politique. » Les secteurs d’activités culturelles couverts par la politique vont des arts de la scène à la communication, en passant par les arts visuels et médiatiques, les lettres, la diffusion, le patrimoine et l’histoire et même la culture en milieu scolaire. Déjà, quelques axes d’intervention sont sur papier, notamment mettre en valeur l’art, la culture et le patrimoine témiscamien; rendre accessibles tous les secteurs culturels à toutes les générations dans l’ensemble du territoire; valoriser la participation au sein du milieu culturel, etc.

Pas de politique, pas de subvention! Une telle politique est particulièrement bénéfique dans les régions éloignées comme ici. Elle permet d’aller chercher l’argent nécessaire à l’innovation, l’entretien et le développement de projets culturels, notamment par le biais d’ententes avec le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Parmi les projets soutenus - et la liste est longue -, on retrouve la pièce Les Fantômes du cimetière, le film Le Pont du Nord-Est de Sylvain Marcotte, la murale de Francine Marcotte et Carole Kruger, sur le barrage à Laniel le projet Trappe, etc. Ce sont les organismes qui soumettent les projets en vue de recevoir l’aide nécessaire pour les développer. L’école d’art d’été de la Salle Augustin-Chénier en est un bon exemple. « Un projet qui naît du milieu a beaucoup plus de chances de survivre que si c’est nous qui cherchons des gens pour les chapeauter », explique Véronic Beaulé. Le lancement de la nouvelle politique ainsi qu’une journée de consultation auront lieu le samedi 26 novembre prochain. Toute la population est chaudement invitée à venir y assister. Le lieu et l’heure restent à confirmer. \\

> mrctemiscamingue.qc.ca

Dès juillet de la même année, Denonville envoie le Chevalier de Tonty explorer la mine. Dans son rapport, de Tonty dit : « Cette mine est à 130 lieues de Montréal (...) Ce métal est d’un beau jaune et très dur, et l’on ne doute pas que cette mine soit considérable. » Les échantillons ramenés de Guigues sont alors expédiés au roi de France. Cette découverte ne rencontre cependant que peu d’intérêt. Elle tombe alors dans l’oubli général pour presque deux siècles.

Bonne mine, bad mine En 1850, un certain E. V. Wright reçoit une concession forestière au Témiscamingue et c’est fortuitement qu’il redécouvre la mine de Guigues, qui portera d’ailleurs son nom. Il ignore qu’il s’agit du site d’une ancienne mine. Les échantillons qu’il rapporte dormiront pendant plus de 20 ans sur son bureau, puis en 1870 il décide enfin de les faire analyser. Les résultats démontrent leur fort potentiel minier en argent et en plomb. En 1877, Wright acquiert le site. On en extrait dix tonnes de minerai que l’on charge sur un énorme radeau. Parvenu aux rapides de Deux-Rivières, le radeau coule, emportant avec lui sa précieuse cargaison. Les travaux vont quand même se poursuivre et un puits de 65 pieds de profondeur est creusé dans le roc précambrien. En décembre 1889, on voit arriver W. R. Chapin, de New York, qui se porte acquéreur de la mine. Il s’y enfoncera plus profondément que tous ses prédécesseurs, aux sens physique et financier du terme. En 1891, ses déboires à la Bourse l’obligent à revendre à Wright. En 1902, on compte une centaine d’employés à la mine, le plus grand nombre de toute son histoire. Elle passe alors aux mains de la British American Lead Co. qui la ferme l’année suivante. En 1927, Noé Timmins, qui donnera son nom à la ville de Timmins, essaie de colmater les galeries, sans succès. Finalement, en 1935, la mine est vendue pour recouvrement de taxes à Donat Goulet, avocat à Ville-Marie. Dans l’effervescence de l’après-guerre, la compagnie Cobalt-Badger Silver Mines tente de la réactiver. L’assèchement est une lente et coûteuse opération. En 1952, le prix de l’argent s’effondre, ce qui oblige la Cobalt-Badger à mettre fin à ses activités. Il reste peu de vestiges de la mine de Guigues, mais pour rappeler son existence aux générations futures, le Comité d’embellissement de Guigues a pris l’initiative de faire ériger un cadran solaire à sa mémoire. \\

Les Jeunesses musicales Canada, section Rouyn-Noranda, présentent

Café Music Trio Violon, violoncelle et piano

Une soirée aux sonorités latines de tango, jazz et ragtime Mardi 22 novembre 2011 Théâtre du cuivre de Rouyn-Noranda 19 h 30 Billets en vente au Théâtre du cuivre et sur le réseau Ticketaccess

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NOVEMBRE 2011 // L'INDICE BOHÉMIEN // VOL. 03 - NO. 003  

Journal culturel de l'Abitibi-Témiscamingue

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