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CERBEREMAGAZINE

l’ADN/ #ZERO cerbere/

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live. THINK. ACT.

live. live. THINK. THINK. ACT. ACT. 02

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CARNET DE BORD/ Il y’a quelques mois, nous vous annoncions pour la première fois le projet Cerbere. Il y’a quelques mois, nous avons réunis amis et futurs collaborateurs pour une présentation officielle. Il y’a quelques mois, nous avons crée la page Facebook et publié le premier carnet de bord. Vous vous souvenez ? On vous disait « je ne sais pas comment tout ceci a commencé… » Cerbere c’est une histoire. C’est votre histoire. Vous avez suivi les prémices de ce magazine aux premières loges, vous nous avez aidé, conseillé et encouragé dans les moments les plus difficiles. Le plus gratifiant et le plus rassurant ? Votre confiance de tout instant. En effet, ça prend son sens : Cerbere ce chien que vous avez voulu connaître, vous lui avez ouvert votre porte, vous lui avez préparé une petite place et Cerbere compte bien la prendre ! « L’équipe ». Si il y’a bien un mot à retenir c’est celui-ci. Elle venait de tous les horizons, de tous les parcours avec une envie commune : celle de travailler ensemble sur un projet, d’explorer des passions, de trouver la perle rare... Elle s’est formée, elle a concentré ses efforts pour vous fabriquer ce numéro zéro ; l’ADN même de Cerbere magazine. L’idée ici était de montrer ce qu’on pouvait faire, partager nos rêves, nos questions, nos goûts, nos univers. Cerbere aboie et vous demande de le suivre, de l’aider à grandir. Du haut de ses quelques mois, Il s’impatiente à l’idée de partager tout ce micmac avec vous. Tout est allé vite. Maintenant, c’est parti pour de bon, l’aventure commence ! Nous veillerons à vous tenir au courant de l’actualité de la ville, des découvertes d’ici et d’ailleurs mais aussi des tendances et sujets divers. Nous allons écrire ensemble votre journal idéal. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont participé de près comme de loin, l’ensemble de l’équipe et vous. Merci de votre soutien actuel et à venir. Comme on vous avait dit, si Cerbere vous montre les dents, ne prenez pas peur ! Cette mâchoire de canines enragées n’est que le reflet d’une soif toujours plus grande et osée ! Chers tous, voici le numéro zéro de Cerbere magazine.

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L ' A DN //

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sommaire. 1. Voyage au bout de la nuit

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2. Au mot près,3. Seance photo, 4. Un film le Rouge. American Appa- en Image, rel. (M.F) 2001 : L’Odysée de l’espece. Page 5-6

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/ merci. Annie meunier. Sarah Bouakline. vip models Franck Haaz. Imane kermadi. Estellemagnin. SArah kermadi. Julien Raguin. Nina guigui.lolita vaillant. romain mayoussier, antoine magnien, antonin tricard, mirthis jdidjd, nathan bodunemma robert.EstelleSABAT.remifaillet.Faouzidjidi.Jean Baptiste Druet. megane diab. guillaume senechal. julie lamidieu. biche. charline sasset. l’equipe du college hotel,

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DIRECTEUR DE LA PUBLICATION / RÉDACTEUR EN CHEF Inane El Cadi , Fabrice Chapuis PHOTOGRAPHES Antonin Bvr, Antoine Magnien TEAM CREATIF / GRAPHISME Fabrice Chapuis , Inane El cadi DIRECTEUR SECTION MODE Romain Mayoussier COORDINATION SHOOTING Mirthis Pedrini CHRONIQUEURS Zohra Belkadi, Lady Biche, Mégane Diab, Kathleen Kallot, Justine Lacroix, Maxence Lebreux, Julie Lamidieu, Guillaume Sénéchal, Léa Roussel, Camille Rousset MAQUILLAGE / COIFFURE Melissa Faure, Roxane Géliot

REMERCIEMENTS

Nous remercions toutes les personnes ayant participé à l’élaboration de ce numéro zéro de Cerbere Magazine. Un grand merci à Annie Meunier ainsi que le personnel du Collège Hotel et celui de l’Ermitage Hotel. Nous voulons également remercier JeanPhilippe Lebée pour la rencontre interview. Un remerciement particulier à notre staff maquillage coiffure sous l’oeil bienveillant de Mirthis Pedrini ainsi qu’à VIP MODELS. Merci également à notre styliste Romain Mayoussier et son assistant ainsi qu’aux bureaux de presse qui nous ont fait confiance. Merci à l’ensemble de l’équipe la Cerbere Team, nos correspondants à Paris pour leur investissement. Si vous aussi vous voulez rejoindre notre équipe de rédacteurs, écrivez nous à contact@cerberemagazine.com

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THISISLYON/

LYON/Nouvel ELDORADO DE LA MUSIQUE ELECTRO ? Force est de constater que depuis quelques années, la Presqu’île, conquière peu à peu à la manière de Berlin (iconique source d’inspiration), son statut de capitale de la techno. En effet, Lyon représente cette métropole dynamique, où la vie nocturne est de plus en plus animée, et les couts plus abordables qu’à Paris. En quelques années, Lyon est parvenue à doper le tourisme de la fête. Une mutation amorcée dès 2003, avec la création des Nuits Sonores.

Le festival des Nuits Sonores débutera le mercredi 28 mai au soir, et l’on peut d’ores et déjà reconnaître que la liste des premiers noms de l’édition 2014 qui ont été dévoilés le 29 janvier dernier, nous laisse une année encore bouche bée. Jusqu’au dimanche 1 juin 2014, Lyon sera à coup sûr une fois de plus, noyer dans les rythmes, variations et les beats électro pour notre plus grand plaisir. Pendant quatre jours et quatre nuits et pour la douzième année consécutive, le festival des Nuits Sonores va investir la métropole, et insuffler un esprit d’avantgarde électronique et indépendant dans trois lieux emblématiques de la ville : Sucrière - la Maison de la Confluence - Marché Gare. Il est devenu au fil des années, un festival associant une musique de qualité, scénographie recherchée, et la création visuelle. Ainsi, on peut avec certitude affirmer qu’il s’agit d’un événement qui est depuis douze ans devenu incontournable, pour tout amateur de musique électro qui se respecte. Les Nuits Sonores se sont imposées comme un événement qui compte dans le monde de la musique électronique en France et en Europe. Tout comme Berlin, Lyon est l’une des villes qui attire de plus en plus de jeunes européens, grâce à ce festival qui s’est forgé une réputation mondialement reconnue (plus de 100 000 festivaliers pour l’édition 2013). Un succès qui a inspiré d’autres festivals similaires, que sont l’ ELEKT’RHONE festival et les Reperkusound, créés en 2009 et 2010. À cela s’ajoute, la création de soirées uniques, comme Hypnotik, organisée dans l’imposant complexe d’Eurexpo. Ces différentes manifestions réunissent des milliers de participants chaque année depuis leur création, et s’imposent comme des événements phares de la vie nocturne lyonnaise

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grâce à la liste prestigieuse des Dj venant d’horizons divers comme Ben Klock, Miss Kittin, Klangkarussell, Carl Cox, Nina Kraviz, Sasha, Marcel Dettmann, Maceo Plex, Paul Kalkbrenner pour ne citer qu’eux. Une liste qui sera semble-t-il amenée à s’agrandir au vu de l’enthousiasme que Lyon suscite chez les artistes venus y jouer. Des lieux emblématiques/ Lorsque l’on fait référence à Berlin en tant que ville incontestée de la musique techno, on se doit de parler des lieux de fête qui jouissent à juste titre d’une renommée mondiale. En effet, beaucoup de ces lieux underground sont entrés dans la légende Berlinoise. Qu’il s’agisse des ambiances industrielles du Ritter Butzker, Kater Holzig (fermé depuis…), des vieux appartements aménagés du Renate, du célèbre plafond lumineux du Watergate ou le mythique Berghain/Panorama Bar temple de la techno aux dimensions colossales, qui fut qualifié comme l’un des meilleurs club du monde il y a quelques années. Lyon n’est pas en reste, puisqu’elle commence à confirmer sa belle réputation, autant par la qualité des artistes affichés, que par ses lieux de fêtes. Celui qui recherche la vie nocturne et la scène branchée, trouvera presque partout son bonheur. On peut compter parmi les lieux qui fédères une partie de la jeunesse Lyonnaise et étrangère, le Sucre installé depuis l’été 2013 au toit de la Sucrière qui est l’un des bâtiments les plus connus de la ville, situer dans le récent quartier de la Confluence et qui a la particularité de disposer d’une incroyable terrasse. Le Transbordeur et ses deux vastes salles de concerts situé à Villeurbanne, à proximité du Parc de la Tête d’Or ou le KAO, salle de concerts et succursale du restaucerbere/

rant le Ninkasi qui se trouve à Gerland près du stade de football de Lyon. Mais aussi, la Plateforme et la Marquise, deux péniches situées au coeur de Lyon, offrant au bord du Rhône un cadre de fête agréable. Le meilleur reste à venir/ Même si le phénomène électro dépasse désormais le cadre des Nuits Sonores, Lyon n’a pas la prétention de vouloir éclipser Berlin qui est une scène internationale sans pareille. Depuis quelques années une poignées d’artistes pointus, attirés par la Presqu’île, sont nombreux à venir jouer et à succomber au charme discret de la ville. Car Lyon est une ville où il fait bon vivre, une ville jeune et cosmopolite ou l’on reste et ressent une bonne énergie. Le chemin parcouru depuis une dizaine d’années est plus que satisfaisant, en partie grâce aux financements publiques ( Ville, Région, DRAC etc…). En effet, la ville de Lyon soutient activement le dynamisme associatif local. Une aide encourageant la création d’associations destinées à la fête que sont notamment : Art Feast, Elektro System, Zuper, Encore, Touche Française, Haste…. Associations, qui pour la plupart sont devenues en quelques temps, des acteurs majeurs de la musique électronique à Lyon. Ces collectifs ont pour objectif de redonner ses lettres de noblesse à cette culture à Lyon. Ils ont été fondés dans le but de promouvoir et diffuser des artistes locaux et nationaux, et mettre en avant la scène locale qui regorge de talents, en proposant au public des programmations basées sur la découverte. Nul doute que pour les irréductibles fêtards adeptes de la vie nocturne lyonnaise, le meilleur reste à venir. Francine Paho.


BERLIN LYON cerbere/

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CU LT U RE /

hommage

kate barry par Megane diab.

“Pourquoi je te vois courir, comme au ralenti, et les rires ont un écho d’une page de l’oubli”. Nul n’aurait pensé en 2007, lorsque Jane Birkin écrivit cette chanson, A la grâce de toi, pour sa fille Kate, que les paroles seraient si pertinentes en ce jour. Kate Barry, ou la fille de l’ombre. Fille du compositeur de musique John Barry et de la fluette Jane Birkin, elle fut élevée par Serge Gainsbourg, rien que ça puis par Jacques Doillon, et jongla entre des rencontres au “sommet” et le quotidien avec ses soeurs Lou et Charlotte. Plus tard, après avoir obtenu son diplome de la célèbre chambre syndicale de la couture, elle choisira pourtant de devenir photographe. “C’est mon arme de défense contre la mélancolie”. Les particularités de ses photos seraient peut être de révéler un vrai visage, une vrai beauté, des femmes sexys, sensuelles et sans artifices. De vraies femmes. Elle dira d’ailleurs un jour etre en perpetuelle recherche de la vérité, d’un relâchement et pas d’un visage figée dans des automatismes. Les contrats avec les maisons de couture affluent alors pour elle. Et même si le statut de “fille de” l’a aidé, nul ne peut ignorer ce talent un peu à part, ce don de saisir un moment d’égarement comme peu de photographes le font, cachés derrière leur Nikon. Diane Kruger, Carla Bruni, Lou Doillon, Charlotte Gainsbourg, Monica Belluci, Benjamin Biolay et tant d’autres passent devant son objectif, dans des décors intimistes, et en noir et blanc pour la plupart. Mais Kate ne se contente pas de portraits de célébrités, et s’intèresse également aux “gueules” du marché de Rungis, ces hommes qui bravent le froid chaque matin, ces travailleurs farouches et loin de la célébrité, un peu comme elle. Une combinaison de facteurs X et Y ont fait de Kate une enfant de la balle, un facteur d’épreuves et de moments

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insolites ont fait d’elle une femme comme nous, une femme de l’ombre peut être, qui saisit les bribes d’une vie. Une vie de travailleurs, de célébrité, une vie de famille aussi. Kate retranscrira cette amour maternelle, ainsi que l’amour portée à ses soeurs dans une série de portraits sobres et réalistes mettant en scène Lou, Charlotte et Jane.Elle saisira aussi de merveilleux paysages et rassemblera un grand nombre de ses travaux personnels, outre les portraits d’artistes, dans sa dernière exposition dans le Marais: Point of View. Ces paysages, qu’on pourrait qualifier d’innovant pour celle qui ne photographiait que des personnages, elle les avait exposés en 2012 à Dinard, dans une exposition qu’elle réalisa en commun avec Jean Rolin, l’écrivain, dont elle très proche. “Je voulais faire de la photo pour ne pas être vue”, disait-elle. Peut être certaines personnes sont elles prédestinées à avoir un destin tragique avant l’heure. Kate était une grande artiste de notre époque. La photographie est l’une des formes d’art les plus touchantes, les plus poignantes qu’il puissent exister. Une peinture l’est très certainement, mais rien ne peut remplacer un vrai regard photographié brillamment. Il serait égoïste de regretter son art plutôt que la personne qu’elle fut, mais une artiste s’est éteinte, et nul ne peut prétendre lui rendre hommage mieux que ceux qui la connaissent, cependant, une petite rétrospective courte et simple de ses travaux et de sa personnalité, troublée et émotive, c’est le petit hommage que je lui rend. Soyez curieux, tapez Kate Barry sur vos moteurs de recherche et découvrez ses portraits, ses photos, et peut être un peu de sa vie.

Des complétements d’article à découvrir chaque semaine sur notre blog.

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AR T /

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par Justine LACROIX. cerbere/

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les matieres/

Mo de /

Depuis la fin du 19ème siècle, et l’arrivée des fibres synthétiques, l’industrie textile à grandement évoluée et l’utilisation des fibres naturelles à substantiellement été abandonnée au profit de ces nouvelles matières plus résistantes mais aussi beaucoup moins coûteuse à produire et plus simple à entretenir mais provenant pour la plupart du pétrole. Cependant, les fibres naturelles tel que la laine, la soie ou encore le cotton restent toujours considerées comme des fibres plus écologiques car recyclabes mais aussi plus nobles. Mais le 20ème siécle, marqué par l’avénemment de nouvelles technologies et de l’industrie, a été également marqués par l’arrivée de matières dites artificielles, relevant de procédés chimiques mais provenant pour la plupart de la cellulose issues des végétaux. Mais alors que l’industrie du pret à porter semble àvoir privilégier les matières moins coutueuses et donc moins qualitative , qu’en est il réellement et que devons nous privilégier en tant que consomatteur ?

1/Le Cotton

3/La Soie.

4/Le Cachemire.

Issue de la toison du mouton

Provient de la Chenille

Issue de la Chèvre Cachemire

/ Très bien supporter au contact de la peau / Peu Isolant / Se lave très bien même à forte température / Temps de séchage important

/ Très isolant contre le froid mais aussi contre la chaleur / Matière délicate à laver à froid et sans essorage / Temps de séchage important

/ La plus fine des fibres Naturelles /Matière très délicate /Sensible aux agressions chimiques (lessives,transpiration, déodorant) / Supporte très mal le

/ Fibre rare et luxueuse / Très isolant contre le froid et la chaleur / Matière délicate à laver à froid et sans essorage /Temps de séchage important

5/La Viscose.

Issue de la cellulose naturelle / Peu Isolant / Se froisse vite / Très simple à entretenir (cycle court, supportant les fortes températures)

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2/La laine.

Duvet qui entoure la graine du cotonnier

1/Le Polyester

1/L’Acrylique.

matière dérivée du pétrole / Elle représente environ 70 % des fibres synthétiques utilisées dans le vêtement / Très simple à entretenir mais se dégradant facilement / Séchage rapide

Matière dérivée du pétrole / / / / /

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Ne se froisse pas Bon isolant thérmique Très simple à entretenir Inflammable Se dégrade facilement


affiche soirĂŠe

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MO DE /

AMERICAN APPAREL. Photos : Antoine Magnien / Maquillage : Roxanne Géliot/Mirthis Pedrini

Mannequins : Emma Chrétien /Estelle Sabat de VIP MODELS /Rebecca Kilanowski de VIP MODELS

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LA MATIERE/

par léa roussel

Jour 1/ Quand j’ai vu ma pote lever un sourcil et me dire « euh pourquoi ? » j’me suis dit qu’il fallait que je vous explique.. Tout a commencé quand j’avais 10 ans quand nos parents nous ont lâchées au Centre Pompidou pour une exposition d’Yves Klein et de Rauschenberg. Sur les affiches j’avais compris que l’un avait la folie du bleu et que l’autre mettait des chèvres dans des pneus. Le choix était vite vu, je n’attendais que la chèvre et je savais que j’allais devoir trépigner pendant tous ces « trucs » bleus. Et pourtant je suis restée en admiration devant ses monochromes bleus IKB. Ce n’étaient pas de simples carrés bleus, il y avait du volume, la peinture devenait presque une sculpture et la couleur était si intense, j’étais absorbée par cette matière. J’ai eu cette envie, celle qui depuis le plus jeune âge nous poursuit toute notre vie : l’envie de toucher, d’effleurer ce relief. Une telle sensation est indélébile. Et je me suis alors demandé : mais comment il fait ?

Jour 2/ Echec. Je n’ai pas réussi à percer le secret des textures des monochromes puisque l’attention se porte surtout sur cette couleur IKB et sur l’anthropométrie (des femmes enduites de ce bleu devenaient des pinceaux humains). Je continue mes recherches du côté des maîtres de l’abstraction

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Georges Mathieu y va à coup de tubes/ Pierre Soulages et ses sillons/

Ce dandy un peu fou affirmait qu’il était à l’origine du dripping de Pollock. Il fait sortir l’acrylique à même le tube sur ses toiles et l’étale avec ses doigts.

Pierre Soulages utilise de gros pinceaux de peintre en bâtiments et des spatules. Pendant sa période Outre-noir il vient créer de la lumière grâce au relief en creusant dans la matière.

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CINEMA/

De Stanley Kubrick / 1968 Couleur / 139 Minutes / Distribué par MGM

2001 : L’odyssEe de l’espace 22

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L’AUBE DE L’HUMANITE Le Monolithe/

Après une nuit inquiétante, les singes découvrent un énorme monolithe noir au milieu de leur grotte. Mais plus que l’aspect purement visuel de cette scène, rappellant les origines du monde, ce bloc représente avant tout la source de connaissance et d’intelligence infinie de notre humanité. De part sa forme, représentant la perfection mais aussi de sa couleur, rappellant tantôt la mort mais aussi l’incompréhension, elle n’est cependant pas percue comme une

forme agressive, les singes semblant dans l’attente de quelque chose. Ainsi, le singe semble faire fi de son état de nature et devenir homme lorsque ce bloc représentant «L’inspiration» leur est donnée par une force supérieure. Cependant, et alors même que ce don semble avoir pour but de permettre à l’homme de créer des forces vitales, il n’en ai rien dans ce cycle puisqu’il ne réussit alors qu’a créer la mort représenter par les os. Il est par la suite, repris à l’homme par la force donatrice pour le punir d’avoir mal utilisé la connaissance mais aussi pour l’empêcher d’atteindre la connaissance suprême du tout. cerbere/

L’animalité et l’échec de l’homme/ L’homme tout au long du film est montré de facon degradée, mangeant de façon répugnante, la nature animale et la vanité animale restant inchangées dans leur démonstration tout au long du film. Le progès sera il réellement à la portée de notre monde ? L’homme parviendra-il à se hisser au dessus de son animalité aou n’arrivera-t-il jamais à atteindre cette connaissance parfaite qu’il ne peut comprendre ? De toute évidence, il existe un équilibre délicat entre l’animal et le divin.

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STYLEDEVIE/

Biche ! e m â r B Après m’être consacré à mon blog, c’est maintenant aussi avec Cerbère que je partage mes idées, mes recettes, idée mode, adresse lyonnaise, ... C’est à chaque fois autour d’une thématique différente que je vous propose donc de nous retrouver ! De jolies tasses, des sachets de thé réalisés avec amour et des petites gourmandises : quoi de plus conviviale que de se retrouver à l’heure du thé ? On aurait presque envie de prendre un accent anglais et de lever le petit doigt pour déguster cette boisson chaude qui est , après l’eau, la boisson la plus consommé dans le monde. Reconnue pour sa capacité à lutter contre le stress et faciliter la digestion, on peut en trouver pour tous les gouts, dans des magasins spécialisés ou en grande surface, en sachet, en vrac et même soluble… C’est donc à l’heure du thé que je vous propose de nous retrouver pour cette première chronique ! 24

On a parfois une petite faim, une envie de se préparer un petit gâteau, mais l’envie de faire la vaisselle l’accompagne rarement ! Il faudrait une recette facile, rapide et qui se prépare sans salir toute la cuisine ? Le « mug cake » est la solution ! Voici donc comment préparer un gâteau au chocolat fondant en moins de 10 minutes…

Un Petit Creux

Faire fondre au micro-onde 50g de chocolat noir et 35g de beurre dans une tasse. Ajouter 2 cuillères à café de sucre. Bien mélanger, Ajouter un œuf, 20ml de lait et 2 cuillères à café de farine. Mélanger afin d’obtenir une pâte lisse. Faire cuire 1m40 au micro-onde (à 800Watts) Et voilà, c’est près ! Il y a plus cas le combler, ce petit creux… cerbere/


Découpez tout d’abord deux rectangle d’environ 5cm sur 7cm. Cousez ensuite les deux côtés et le fond afin de laisser une ouverture sur ce qui va être le haut du sachet. Ne couper pas le fils, il servira a terminer la couture. Déposer une cuillère à café de thé dans le fond du sachet puis le fermer. Coupez un nouveau fil, d’une dizaine de centimètre puis cousez le haut du sachet. Faites un nœud et laissez pendre le surplus. C’est le moment de faire parler votre créativité et créer l’étiquette que vous viendrez attacher au bout du fil que vous avez laissé pendre. Pour vous, pour un joli petit déjeuner au lit ou pour offrir, vous pouvez même

D.I.Y Parce que l’on ne trouve pas toujours tout les thé en sachets ou qu’on préfère les jolies boites de thé ou encore juste parce qu’on aime faire les choses soi-même, voici comment fabriquer ses propres sachets de thé… Il vous faudra un filtre à café, des ciseaux, du fils, une aiguille, du thé en vrac ! cerbere/

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def i n i r/

Par Emilie Parot.

J’gratte des petits carrés de feuilles A4 quand le temps est mou depuis l’enfance. J’ai un air un peu clébard, les yeux décapsulés sur les objets qui m’entourent, pas obtuse et sans tatouage. Mais s’il fallait écrire un mot sur moi j’aimerais que ce soit « graphite » : de la poudre noire sur les manches, sous les ongles, sur la paume de ma main de gauchère et même la tempe. Sur les bancs de la fac qui m’ont transbordé de l’économie à la culture, moi je dessinais.J’ai les cheveux bruns et les yeux marron si vous voulez tout savoir. J’aurai pas dû vous gâcher le suspens dès le deuxième paragraphe je m’en veux déjà beaucoup trop de ne pas avoir pu vous permettre de fantasmer tout ça. Mais je l’ai fait parce qu’au fond c’est un peu ça la vie, un mélange entre rêve et

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réalité, ce qu’on imagine et ce qui est – ça m’étonnerait que ce ne soit que l’un ou l’autre, pas vous ? – Maintenant qu’on est d’accord sur la forme, on va colorier.Un papier, un bic et toi. La seule cage qui nous opprime c’est la cage thoracique et comme le monstre imagination nous libère avec ses mains brutales, je propose une odyssée dans la tête de ceux qui la traduisent sur des carnets, amateurs ou professionnels. On parlera avec eux, on découvrira simplement leurs cosmos, à en tâcher nos slips, comme un cri sensuel, plastique, baroque, fantaisiste. On a un train à prendre, une rencontre fortuite sur le quai, j’ai quatre valises, alors cinq questions et plus qu’une minute pour la correspondance, allez on bloque et go.

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VIRGILE. BOURBON. Etudiant à l’Ecole des Beaux-Arts | ANGERS

Cerbere. : Quelle est la chose que tu es seul(e) à voir dans ce dessin ? Virgile Bourbon. : C’est un dessin qui commence à dater mais j’aime me dire que tout comme la photographie qui fige un élément naturel d’une fraction de seconde, le dessiner est une entreprise encore plus ridicule et vaine, donc forcément passionnante. C. : Si on caractérisait ton style ? Virgile Bourbon : Je dirais hétérogène, enfin j’espère ! J’essaie de ne justement pas me fixer à un style, mais plutôt de dessiner en fonction de ce que je souhaite représenter. C’est plus stimulant. C. : Qu’est ce qui rapporte réalité avec imaginaire dans tes dessins ? V.B. : Il y a le projet de dessiner et il y a présenter des dessins. L’air de rien, la différence est monumentale. En fait ça se situe là exactement. J’aime bien me dire que les gens regardent un dessin pour ce qu’il est. Il suffit pourtant de mettre en scène, de mettre en situation ses dessins pour aller au-delà de la simple présentation d’idées. Un peu comme du théâtre. Et qu’est-ce que le théâtre si ce n’est le travail de l’imaginaire. C. : Pourquoi tu crayonnes ? V.B. : Pour me défouler. C. : Quelle est la technique que tu utilises le plus et pourquoi ? V.B. : Le crayon de papier, mais majoritairement la graphite. Une vraie découverte. Le bâton de graphite en lui-même est un objet très intéressant. Je ne sais jamais à quoi ressemblera mon dessin : sur un monochrome, certaines surfaces sont plus nerveuses, d’autres plus nuancées. C’est un outil qui permet vraiment de faire des variations sur une même zone, comme une cartographie de mon humeur.

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R AV//

VIRGILE. BOURBON. Etudiant à l’Ecole des Beaux-Arts | ANGERS

Cerbere. : Quelle est la chose que tu es seul(e) à voir dans ce dessin ? Virgile Bourbon. : C’est un dessin qui commence à dater mais j’aime me dire que tout comme la photographie qui fige un élément naturel d’une fraction de seconde, le dessiner est une entreprise encore plus ridicule et vaine, donc forcément passionnante. C. : Si on caractérisait ton style ? Virgile Bourbon : Je dirais hétérogène, enfin j’espère ! J’essaie de ne justement pas me fixer à un style, mais plutôt de dessiner en fonction de ce que je souhaite représenter. C’est plus stimulant. C. : Qu’est ce qui rapporte réalité avec imaginaire dans tes dessins ? V.B. : Il y a le projet de dessiner et il y a présenter des dessins. L’air de rien, la différence est monumentale. En fait ça se situe là exactement. J’aime bien me dire que les gens regardent un dessin pour ce qu’il est. Il suffit pourtant de mettre en scène, de mettre en situation ses dessins pour aller au-delà de la simple présentation d’idées. Un peu comme du théâtre. Et qu’est-ce que le théâtre si ce n’est le travail de l’imaginaire. C. : Pourquoi tu crayonnes ? V.B. : Pour me défouler. C. : Quelle est la technique que tu utilises le plus et pourquoi ? V.B. : Le crayon de papier, mais majoritairement la graphite. Une vraie découverte. Le bâton de graphite en lui-même est un objet très intéressant. Je ne sais jamais à quoi ressemblera mon dessin : sur un monochrome, certaines surfaces sont plus nerveuses, d’autres plus nuancées. C’est un outil qui permet vraiment de faire des variations sur une même zone, comme une cartographie de mon humeur.

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MUSIQUE/

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L’industrie musicale est définitivement un marché hautement compétitif au US. Tous les jours des artistes naissent et des tendances aussi. Il y’a encore 2 ans je n’aurais pas pu imaginer que j’aurais un faible pour cette nouvelle génération de rappeurs. Succession de découvertes, La blogosphère et autres mixtapes nous fait découvrir ces nouveaux génies du hip hop dans cet océan musicale. Internet et autres labels indépendants font que le talent n’est qu’à un clic. Youtube et autres les blogs sont les nouvelles manières de consommer la musique qui laissent donc un vaste champ des possibilités à cette nouvelle génération d’auteurs, compositeurs, interprètes pour bâtir leurs carrières du début à la fin. 2013 les a fait connaître et je pense que 2014 sera l’année de la consécration pour quelques uns.

tout comme les révélations. De kendrick Lamar à Asap rocky en passant par Big Sean voici un débrief sur ces nouveaux rappeurs adulés dans le monde du Hip Hop qui ont troqués leurs pantalons trop grands contre jupes et autres Bling-Bling

TALENT VS EGO TRIP Certains parleront d’un effet de mode nous on parle du talent 2.0. Qui a dit que le rap servait uniquement à montrer la misère des quartiers chauds aux US? Pourquoi ne peuvent t-il pas montrer d’autres facettes du ghetto ? Ces jeunes supers stars (et oui jeunes) On chacun fabriqués leurs recettes pour sortir de la misère, des armes de la drogue ( enfin pas trop). Tout es bon pour réussir ici : clips bizarres, croyances occultes, beats endiablés, cultes à la mother pussy et autres délires sont de rigueur. ls sont jeunes, talentueux,véri“Mary Jane in the building, Metable guérriers de la stratégie mory fadin’ fadin” marketing ou anti-startégie, ils Avant tout, ils abordent des parlent haute-couture en affithèmes déjà connus du rap tel chant une attitude désinvolte : que le racisme auquel s’ajoute BAD. l’accoutumance et le jeux des Quand je dis BAD, je ne parle limites. Désinvolte et libre, pas de l’album de Micheal Jack- ces poètes de rue inspirent et son : Drogue, sexe, argent et mettent en lumière une générapouvoir sont souvent les thèmes tion qui veut rêver qui parle de qui inspirent cette new wave qui ses problèmes et affrontent ses parle en millions de vues sur peurs et la fatalité. Started from Youtube en ce qui concerne leurs the bottom devient donc non derniers clips. Il ne s’agit plus de pas seulement l’hymne d’une pleurer sur les malheurs de sa génération insomniaque et stone cité mais de dénoncer d’autres mais le refrain d’une génération fléaux, d’autres mots de la socié- talentueuse qui compare réusté : On fume pour oublier et on site avec millions de dollars en délire pour s’amuser. banque. Pour revenir à la musique, les beats sont plus endiablés voire LOVE/MONEY/PARTY délirants, les textes sont perOn fini par croire qu’ils sont tous tinents et les mélodies parfois fous mais non. Quoique trop de futuristes, tout cela dans des talent peut rendre fou mais là contextes très fantastiques. La n’est pas la question. Le trash recette parfaite me direz vous, et autres gros mots dans les pour des tubes qui s’enchaînent paroles sont seulement le reflet cerbere/

d’une génération qui veut faire sa vie. Tout ce qu’on retient c’est que le rock à toujours rapé et le rap a toujours rocké. Comme le rock, le rap à ses légendes et la génération 2.0 à comme des envies de Fresh off the vibe, se faire quelques billets et marquer l’histoire de la musique urbainne. Chose faite ! LE STYLE Véritable icônes couture, ces new kidz ne se contentent plus de vieux baggys et tee shirt blanc triple XL : De JPG à Chanel, ils sont les nouveaux ambassadeurs de ces marques prestigieuses pourtant très élitiste. Ils sont de toutes les modes et de tous les défilés sans pour autant perdre leurs virilité (enfin crédibilité ?). On parle ici d’une réelle histoire d’amour entre les rappeurs et les maisons coutures. A défaut de s’y essayer, ( Kanye west couture) ils leurs rendent hommage dans leurs clips ou avec des morceaux dédiés. Si on prend Fashion Killa le dernier hit d’asap Rocky c’est un hymne de toutes les marques avec lesquelles il est en partenariat. les rappeurs 2.0 vivent haute couture pour le plaisir des designers qui les sollicitent. Il s’agit de ramener la rue sur les catwalks, de porter le rap au delà des frontières qu’il s’ait luimême construite. Je ne sais pas pour vous, mais nous on est fans. Oui 2pac est mort et la relève est là ,prête à tous les excès pour s’assurer une place au soleil. Histoire de jouer les gangsters et surtout d’illustrer tout ça, rendez vous sur le blog pour un top 10 de nos coup de coeur Hip-Hop du

moment. Peace.

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enfermes dehors/ Par Guillaume Sénéchal Photos : /

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Si on sortait de nos cages ? Allez viens on part. On s’arrache. Tous les deux mois, lecteur, prends tes vieilles godasses, ton pantalon dégeulasse et laisse un peu tomber tout ce que tu connais. Si tu viens avec moi, je promets de t’emmener loin, et de me laisser emmener. Ensemble, on va sortir la tête de l’eau. On va briser nos barreaux. On va casser les careaux. Pour s’échapper. Parce que j’ai cru trop vite, qu’il n’existait qu’une seule façon de faire, qu’une seule façon de penser. Alors stop. Il est temps d’voyager. Parce qu’il existe là-bas d’autres forme de sociétés, d’autres manières de s’organiser. Et si peut-être ils avaient tout compris ? Tous les deux mois sur papier, et en continu sur le web, je vais sans prétention te faire partager ce que j’ai appris et j’apprends, sur ce qui ce fait ailleurs. Qu’importe le style, le ton, la forme, je vais librement te présenter ce que j’ai vu, entendu, lu. Je ne cherche pas à faire du neuf, à faire de l’exclusif. Juste à décrire. Simplement à écrire. Dave Barry, prix Pulitzer en 1988, parlait déjà de Cerbère : « Les chiens ont des maîtres, les chats des serviteurs ». Tout au long de l’aventure, qui je l’espère sera longue, tu seras donc mon maître. C’est toi qui me guideras, toi qui me conseilleras. Parce que j’en sais peut-être plus, ça se trouve autant, surement beaucoup moins. Tout ça on s’en fou. Ensemble, on va sortir de nos cages. Allez viens, on s’arrache.

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Amérique du Sud/BOLIVIE Tu vas finir par ne plus me croire. Je te promets la liberté et je te l’enlève aussitôt. Je te traîne pendants quinze lignes prosaïquement poétiques en t’assurant que tu pourras t’évader, péter les barreaux qui nous retiennent, pour finalement retourner derrière. Ouais. Tout ce manifeste du voyage pour rien, tu me diras. Pourtant on part quand même, on s’arrache, comme je t’ai dis. On trace la route – on nage – par delà l’Atlantique pour atterrir tant bien que mal en Bolivie, au cœur de l’impressionnante fourmilière de la Paz (plus d’un million d’habitants à 3600m d’altitude !). Pour retourner derrière des barreaux. Et se retrouver, libres à l’intérieur, plutôt qu’enfermés dehors.

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I MAG I N E Tu te lèves le matin, ouvre péniblement tes yeux collés par la soirée alcoolisée de la veille. On se le promet, on rentrera plutôt du bar la fois prochaine. Surtout en semaine. Tu avales rapidement un morceau de pain – tu sais très bien que pour toi ce n’est pas du vrai pain, mais bon, tu vas pas faire ton petit français précieux, hein. Surtout pas ici. Après avoir enfilé ton fut trop grand et troué, tu sors de ton trou à rats et files au boulot. Tu manques de t’étaler de tout ton long en glissant sur un ballon qui traîne – plus exactement tu viens de couper par le terrain de foot où joue une flopée de gamins. « El Franchute !», tu entends. Ce sera le plus aimable des surnoms qu’on te donnera. Tu arrives forcément en retard. T’es maçon, vigile, cuistot, prothésiste dentaire. T’es petit ou t’es grand. T’es libre ou tu ne l’est pas. Tu prends ta pause à midi et tu en profites pour aller faire deux trois courses, histoire d’acheter deux trois légumes car tu surveilles ta santé – ou ta bonne conscience. Tu termines ta journée par un café noir et fumant, posé avec les copains à la terrasse du café du coin. Tu te dis que ce soir, pour sûr, tu ouvres un bouquin ou tu te mates le dernier DVD que t’as acheté, un film que tu veux absolument voir. En fumant un gros joint 100% local. Mais là, comme d’habitude, tu traînes un peu au bar, tu entames une partie de billard, tu bois un verre de trop. Ta femme- si tu en as une – te gueule dessus quand tu rentres. Et toi, tu penses seulement à tes yeux qui seront collés demain. Et peut-être aussi aux quinze kilos de cocaïne qu’on a retrouvé dans ta valise, sur le chemin du retour après ces vacances de malade. Ou à cet homme que tu as agressé l’année dernière. Au fait que tu ne portes pas de chaînes. Mais que pourtant tu sois prisonnier. Tous ces prisonniers à la fois.

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r éal i s e Car tu n’es pas en liberté, mais tu vis dans la prison de San Pedro, à la Paz .

des prisons qui fonctionnent de cette manière, dans l’établissement San Pedro, ce n’est pas la violence interne qui Cela peut paraître fou, en particulier a poussé les agents de l’Etat à rester pour nous Occidentaux, habitués à un en dehors de ce microcosme. Petit à fonctionnement carcéral tourné vers petit, une société s’est formée dans l’isolation. Ici, la vie ressemble comme la prison, sans aucune intervention deux gouttes d’eau à celle que nous extérieure. Avec la dernière évolution vivons en dehors. Comme c’est le cas en date : la possibilité de vivre avec dans plusieurs pays d’Amérique du sa famille.Et c’est la que tu écarquille sud, l’intérieur des murs hauts de dix les yeux – c’est là qu’en tout cas, moi, mètres n’est pas une forêt de bareaux. je les ai grand ouverts. Bon, déjà, tu Les geôliers ont comme toi tabassé trouves cela assez incroyable d’aller jusqu’à la mort un passant après au travail, de manger au restau’ et de une soirée trop arrosée. Ou commis te mettre minable avec les copains du un quelconque délit. Et pourtant ils bar, alors que tu viens d’essayer de font régner l’ordre et tu te dois de les passer plus que ton poids en drogue de écouter. Les représentants étatiques l’autre côté de l’océan. Mais en plus, se remarquent par leur absence; si tu le souhaites, ta famille peut vivre pour y rentrer, il faut avoir commis un à tes côtés. Tes gamins vont à l’école délit, un crime. Ouvert aux touristes à le matin, jouent au foot avec leurs l’origine – juteux business à l’époque- camarades pendant la récré. Ta femme l’établissement a depuis peu fermé adorée tient le petit restaurant pendant ses portes au public. Aujourd’hui, si tu que tu fais de la menuiserie. n’est pas condamné – ou en attente de ton jugement- il te faut une carte de Ce qu’il faire pour intégrer cette sociépresse et une bonne étoile, ou sinon té, c’est payer une taxe d’entrée à des avoir un proche à l’intérieur. représentants que d’autres prisonniers auront élus parmi les leurs. Cet argent C’est souvent pour des raiisons servira, selon les dires de ceux-ci évidentes de sécurité que certaines – car même au sein de la prison la prisons sur le continent se sont réor- corruption existe – à la communauté. ganisées en une sorte de mini-société, Car puisqu’il est question de société, autogestionnaire. Avec ses commerces, il est (malheureusement) question ses constructions, ses représentants de capitalisme. Avec sa structure en élus. Mais à la différence de la majorité strate. Si tu as la chance de devenir cerbere/

criminel en étant riche, tu vivras dans une luxueuse geôle qui ressemblera plus à une suite d’un hôtel cinq étoiles. Un peu comme Barbacocha, un détenu célèbre arrêté avec 4 tonnes de cocaïne dans son avion personnel, qui avait lui même construit avec ses propres deniers.Le loyer dont il faut s’acquitter pour pouvoir avoir son chez-soi, vont de quelques bolivianos (10 bolivianos = 1 euro) à plusieurs centaines d’euro, dépassant parfois le millier.Si tu n’es pas un baron de la drogue ou un riche fonctionnaire, tu vivras sûrement entassé dans un dortoir avec une cinquantaine de codétenu pas toujours sympa avec les étrangers dans ton espèce. Pire, si tu arrives sans le sou, tu seras de corvée de ménage pendant six mois, gratuitement, pour vivre dignement dans un placard sous l’escalier. Mais oublie ta baguette magique, elle ne te sera d’aucune utilité.Puis tu pourras enfin travailler et peut-être évoluer. Parce qu’ici, il faut forcément travailler, pour espérer gagner de l’argent. Selon tes talents tu seras charpentier ou simple messager, au plus bas de l’échelle. Et comme dans n’importe quelle société, si tu n’as rien, tu feras la manche. Tu me diras, mendiant ici ou là bas, quelle différence, tu me diras. .

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Et maglré tout cette question qui surgit. Forcément. Cette question qui trotte dans nos têtes comme un Llama galopant sur les plaines de l’Altiplano (comme un cheval sur les plages Camargue, pour la traduction française). Et si peut-être ils avaient tout compris ? On ne peut que s’intéresser à cette manière de gérer les détenus, à la pertinence d’une telle organisation. La comparaison avec nos prisons survient d’elle même. Et si elle ne survient pas, il faut clairement la faire. Certes, les vices de cette société autogérée n’ont rien d’étrangers à ceux que nous connaissons hors des murs. Aussi, 80% des – habitants – prisonniers ici, son en attente de leur jugement. La lenteur de la justice, l’un des problèmes majeurs sur le continent, ne leur donne pas bon espoir. Mais dans chaque événement, dans chaque information, dans chaque découverte comme dans chacun d’entre nous, il faut toujours garder le meilleur. Pour avancer, il faut gommer les imperfections et surligner le bon. Loin de moi l’idée de te donner lecteur, une opinion. Simplement prends du temps pour te demander comme je l’ai déjà fait, si sur cette manière de fonctionner, nous ne devrions pas méditer. Parce que s’ils sont derrière les barreaux, nous sommes nous, enfermés dehors.

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ENTREVUE

ENTREVUE/ Il y’a quelques semaines, nous avons rencontré Jean-Philippe Lebee dans un café à Paris. Entre un café et un temps maussade, nous sommes revennus ensemble sur ses débuts, ses choix artistiques et ses projets imminents. Nous avons aussi pu parler des nouveaux photographes, Instagram et compagnie.Encore étudiant, li est prêt à s’attaquer à la photosphère et y imposer sa ‘’pseudo signature” comme il l’appelle dans une humilité qu’on retrouve dans son univers : Un monde finalement ou le photographe est absent et le modèle fait ce qu’il veut.Aucune exagérations, fioritures : De la lumière et du talent.A l’heure ou l’on peut tout sublimer, de son portable ou de son reflex, sans filtre voici notre rencontre coup de coeur. Si vous ne le connaissiez pas encore, c’est chose faite. Pour découvrir l’ensemble de ses clichés, c’est par ici http://jeanphilippelebee.com Réalisé par Maxcence Lebreux.

JEAN-philippe lebée/PHOTOGRAPHE L’ENTREVUE 46

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Alors peux tu nous présenter ton parcours dans la photo ? Mon parcours à commencé il y’a 5 ans déjà. J’ai commencé par l’audiovisuel par des films, de la production. Au fur et à mesure, je me suis découvert un passion pour l’image et la photo. J’ai donc commencé à en faire jusqu’aujourd’hui. Actuellement je suis en dernière année d’études j’essaye donc de m’y concentrer pour les quatres mois à venir.

Parle nous de ton appareil photo. on dégage trois styles … J’utilise un moyen format numé- Oui je fais beaucoup de portraits, rique PENTAX 641 D ! de paysages et du docu reportages. Je suis plus à l’aise dans Quelle importance accordes tu au le portrait en extérieur. C’est là matériel ? ou j’exprime toute mon imaginaLe matériel est très important. tion. Cependant avec l’évolution de la technologie, les appareils de Comment tu procèdes quand tu qualités deviennent abordables.T shoot ? u en trouve à tous les prix. 9a fait Je ne contrôle rien. Je laisse le que le travail même du photomodèle vivre. Je leurs dit souvent graphe tant à ne plus être valori- que je ne suis pas là et à partir ser. de là ils font ce qu’ils veulent … Un bon appareil fait-il de tous le Peux tu revenir sur tes débuts monsieur tous le monde un bon Que penses tu de l’invasion de la dans la photo ? photographe ? photo ces dernières années dans Tout ceci part d’une frustration : Malheureusement oui tu peux notre génération ? Mon père avait un appareil pho- avoir un bon appareil et faire Je pense qu’il faut vivre avec le to qu’il refusait de me prêter . de superbes photos sans pour temps. Je ne suis pas anti-insDu coup j’ai commencé à le lui autant être photographe. Autagram. Le fait que tous le monde prendre en cachette ensuite j’ai jourd’hui on t’achète un bon puisse prendre de belles photos finis par acheter le mien. Étant de appareil à Noël ou à ton anniver- multiplie la naissance de phola nouvelle génération j’ai décou- saire. Avec des potes en soirées tographes. En tant que photovert le numérique en premier et plus du bon matériel tu peux faire graphe j’essaye de suivre les par la suite l’argentique. de belles photos et penseêtrere influences et parfois suivre la Dans les grandes étapes qui ont photographe. vague. déterminées ta jeune carrière entre la frustration de départ et le Que penses tu de ce phénomène Tes projets ? film, y’a t-il eu d’autres moments de “nouveaux photographes” ? Je viens de finir une campagne qui t’on influencés ton travail Ce n’est peut être pas plus mal internationale pour une marque actuel ? que tous le monde puisse faire de Whisky. A 21 ans c’est une exQuand je travaillais dans des de la photo du moment qu’il à périence extrêmement gratifiante films, je faisais de l’étalonnage et un appareil de bonne qualité, ça quand on a 21 ans. J’ai la chance j’ai eu une passion pour les cou- met tous le monde sur le même de faire de l’image qui me plaît leurs. Ça se retrouve dans ce que piédestal. J’ai toujours penser et avoir une démarche artistique je fais dans la photo. J’essayes que c’est la créativité et le talent vient de moi. de me différencier à travers mon étaient innés et qu’ils primaient , cadrage et les couleurs, donner sur le tout. La technique venait comme une signature à mes après. Elle s’apprend. photos Sur ton site internet ( lien du site) cerbere/

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lyon/streetart

THISISLYON/

par camille rousset.

Que ce soit Toulouse-Lautrec, Chéret ou encore Mucha, tous ont fait de l’affichage, plus qu’un moyen de communication, mais un art à part entière depuis le XIXè. Dans les années 80, l’affiche comme le sticker commencent à envahir les rues avec des messages tel que « I was here » de l’Atlas. A Lyon, le quartier de la Croix Rousse et ses pentes sont devenus le spot incontournable de la culture urbaine. Les têtes en l’air sont les premiers à capter les collages qui arpentent nos rues. Plaire, faire réfléchir, choquer, changer un regard ou affecter une émotion, la voix du street art lyonnais rencontre Cerbère pour en savoir davantage sur cet art éphémère. Aujourd’hui, Don Mateo, Cap Phi et Agrume animent la scène « street » lyonnaise avec un mélange d’univers entre imaginaire, poésie, fiction et réalité.

WHO’S THAT/ CAP PHI. « Cap Phi, à l’origine je suis infographiste, ça c’est mon gagne pain. Je travail principalement avec une bécane toute la journée et au bout d’un moment j’en ai eu marre de la bécane et le soir quand je rentre j’arrête l’ordinateur volontairement et je prend mes vraies couleurs, les pinceaux plein les mains et je dessine. DON MATEO. « Don Mateo, artiste lyonnais qui créé pas mal dans le milieu urbain...je fais des personnages...principalement des personnages. » AGRUME. « Misanthrope raté. »

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La découverte du streetart/ CAP PHI. « Comme je t’le dis, avec les ballades urbaines sur la croix rousse. J’ai longtemps habité sur les pentes. En bas des pentes de la croix rousse, rue des capucins, dans les années 2000, il y avait un magasin de Art Toys, il y avait cette environnement urbain avec les Wilson Cy, les Monsta... et à côté t’avais Manau qui tenait ce magasin de Art Toys, c’est le pendant du graphisme à la rue. J’aime bien tous ces petits sujets en plastique à customizer.. j’en ai customizé deux ou trois. Le travail

en 2D c’est bien mais travailler sur un support 3D c’est intéressant. Quand tu commence à t’y intéresser, t’ as plein d’artistes, grapheurs qui sont passés par le art toy...quand tu regarde Mist et ses goldorus...woow...je rêve d’avoir un grand goldorus chez moi mais bon j’ai la chance d’en avoir eu un ptit. Mais voilà t’as plein d’artistes qui sont passés par le toy, ca reste un support qui est ludique et qui est bien. A une époque, j’allais régulièrement à Montpelier, c’est la bas que j’ai découvert Koralie & Supakitch...à travers ce qui

faisaient ..les Geisha de Koralie et les Nounours de Supakitch... ils faisaient aussi des petits art toys... Voilà c’est tout un univers qui fait qu’on est tous mêlés. » DON MATEO. «Le street art je l’ai découvert dans la rue…» AGRUME. « En arrivant sur Lyon, l’année dernière. D’où je viens Malheureusement les rues sont totalement vierges. »

qu’il soit mort mais je l’ai ressortie pour son décès. C’était plus un clin d’oeil qu’un hom« Le plaisir, tout simplement donner à minima mage...voilà c’est comme ça que je vais choidu plaisir à ceux qui peuvent voir mes petits sir mes personnages, parfois ça va être pour monstres. C’est pour ça qu’ils sont souvent jouer avec l’architecture...en fonction du lieu... très colorés, très contrastés...c’est un petit clin parfois pour raconter une histoire mais prind’oeil à la vie, des émotions. » cipalement ce qui m’inspire le plus, ça va être plus la beauté d’un regard...des problématiques classiques de l’art en faite...Le regard, DON MATEO. l’intensité... Ce qui guide mon travail c’est de « Je travail principalement donné une âme à ce que je vais poser dans la rue. On évolue dans un monde assez froid, le personnage, souvent des anonymes que donc un peu d’humanité ça fait pas de mal» je vais choisir par l’émotion qu’il vont dégager...je vais m’attacher à un regard, une force AGRUME. d’attitude..ce genre de chose, pour essayer de « Ma démarche s’articule à travers plusieurs créer une émotion. Parfois ça va être des per- moyens d’expression, L’illustration, le colsonnages publics pour ce qu’il représente, le lage, et de temps à autre le graffiti . j’essaye dernier ça a été Mandela parce que l’actualité juste de m’évader, peut être fuir la réalité des faisait que...le dessin je l’avais fait bien avant choses pour m’en inventer une autre et qui CAP PHI.

Leurs démarches artistiques/ cerbere/

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. r i n fi e d Photos : Antonin Tricard / Stylisme : Romain Mayoussier / Maquillage : Mélissa Faure / Mirthis Pedrini Crédits : VIP MODELS / Ermittage Hotêl

Mannequins : Rémi Faillet / Jean-Baptiste Drouet / Amaury Dumontet De VIP MODELS / Faouzi Fanzi DE VIP MODELS / Quentin André

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www.cerberemagazine.com

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Préadn  
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