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l’Antithèse 1


Couverture par Valentin Chenaille 2


L’artiste Heurisiticien L’Heuristique signifie « l’art d’inventer, de faire des découvertes ». Mark Lombardi n’etait ni un detective, ni un profesionnel, mais une personne comme vous et moi, pasionné, ayant accumulé plus de 14 500 fiches qu’il savait faire parler en cartographiant ces réseaux. Voici comment Mark Lombardi lui-même expliquait sa méthode :

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l’antithèse

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Contradiction Contra(t)-diction. Contrat et diction. Contrat (-et-) diction.

VLADIMIR : – Est-ce que j’ai dormi pendant que les autres souffraient ? Est-ce que je dors en ce moment? Demain, quand je croirais me réveiller, que dirai-je de cette journée ? Qu’avec Estragon mon ami, à cet endroit, jusqu’à la tombée de la nuit, j’ai attendu Godot ? Que Pozzo est passé et qu’il nous a parlé ? Sans doute. Mais dans tout cela qu’y aura-t-il de vrai ? (Samuel Beckett, En attendant Godot)

Sonnons les cors, pleurez mazette ! La proximité de l’éloignement, l’imbrigation de l’horreur et du plaisir, le trop plein de savoir culturellement vide, érige le monde en un immense champ de nutrition sans saveur. Et c’est le débordement immédiat. De tous côtés. On s ‘étonne ? Et pourtant nous y sommes, au centre de la fracture, entre deux réalités inconsciliables : la vie, la mort. Incompréhensible ? Peut-être. Cherchez l’idée ! De tous petits êtres qui s’engluent sur leurs terres, vénérant l’huile minérale, ignorant l’or bleu. Hydrocarbure et composants organiques et c’est la f(r)acturation hydrolique. Pères à deux et paires unique; balles de feu et pelles magiques : on avance, on aime, on vit, mais recule et perd la vie. Et je sens venir avec davantage de craintes la venue du cyclone; que nous naîtrons bientôt désséchés, les yeux au bout des pieds; que l’intarissable tarira, et autres « advienne que pourra »... Alors, si les nuages font figures de torchons noircis, n’ouliez jamais qu’il est encore temps :

LIVE. THINK. ACT. Par Nina GUIGUI. 5


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DIRECTEUR DE LA PUBLICATION/ REDACTEUR EN CHEF Inane El Cadi, Fabrice Chapuis PHOTOGRAPHES Clémentine Marmonier, Paolo Nardiello COORDINATION SHOOTING Mirthis Pedrini STYLISTE Romain Mayoussier ASSISTANT STYLISTE Clara Martinetti CORRECTRICE Julie Lamidieu CHRONIQUEURS Luca Ecuyer, Clara Martinetti, Francine Paho, Lady Biche, Guillaume Sénéchal, Julie Lamidieu, Mégane Diab, Marine Chérel, Camille Rousset, Julien Buffavand, avec la participation de Adrien Payet MAQUILLAGE / COIFFURE Roxane Céliot, Cécile Bouillet Coralise Flament, Mélissa Faure REMERCIEMENTS Nous remercions toutes les personnes ayant participé à la réalisation de ce numéro 1 de Cerbere Magazine. Un grand merci aux propriétaires du château de Saint Laurent de Chamoussay. Nous voulons également remercier David Obadia pour la rencontre interview. Un merci particulier à toute la Cerbere Team, nos correspondants à Paris, Romain Tardy ainsi qu’Estelle Magnien, notre staff maquillage coiffure ainsi qu’à tous nos collaborateurs qui nous ont fait confiance une nouvelle fois. Merci à tous. Si vous aussi vous voulez rejoindre notre équipe de rédacteurs et participer à notre aventeure collaborative, écrivez nous à contact@cerberemagazine.com


SOMMAIRe/

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La technique, alliée ou aliénation Image d’archive MARK LOMBARDI, L’art de la technique Se battre pour la liberté C’est assez bien d’être fou... Quand CERBERE rencontre Irène Musique, C CHEALL ET BEAL L’antithèse au cinéma Vous aimez les jupes ? INTERVIEW/ David Obadia, Co-fondateur de BWGH Bonjour l’after Chronique d’une étudiante ordinaire La chronique de Biche Springbreak FOLLIES Les Foodtrucks Les recettes de lundi midi

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CULTURES

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La technique, Alliée ou aliénation/

CULTURES

par Julie Lamidieu

Crocogole et les aliénés par Marion Jeudy un être en perpétuel mouvement, traversant les siècles, en les faisant briller tout comme en les saccageant. On peut remonter à l’ère préhistorique où la notion de progrès est palpable et incontestable, traverser l’Egypte et l’exploit des pyramides sous les Pharaons, sans compter les chefs d’œuvres de l’Antiquité grecque, l’astrologie au Moyen-âge, les avancées médicinales au XIXème siècle, les chemins de fer… Et la liste est vraiment loin d’être exhaustive. Il existe un savoir technique remontant à il y a plus de 3500 ans qui nous échappe complètement, tandis qu’aujourd’hui le progrès lié à l’ère numérique et robotique ne cesse de faire la course ! Plutôt lièvre que tortue – mais au fait, pour aller où ? Pour gagner quoi ?

Lors de la création du monde, les dieux de la mythologie grecque ont demandé à Epiméthée et Prométhée de répartir les qualités et les défauts aux différentes créatures de la Terre afin qu’elles soient égales et qu’elles puissent survivre face aux autres. Epiméthée se charge si bien des animaux qu’il délaisse complètement un animal bien singulier : l’homme. Celui-ci se retrouve nu et vulnérable dans une jungle animale dotée de plumes, de griffes, d’ailes, d’écailles et autres merveilles. Prométhée va alors dérober à Héphaïstos et Athéna le savoir technique ainsi que le feu. La plus grande carapace de l’homme sera donc cette capacité de s’inventer sans cesse, à défaut de posséder une caractéristique précise. Les savoirs techniques vont faire de l’homme 14


"Je parle ici et maintenant de « technique » car elle est pour moi un pilier fondateur de l’homme, et elle recèle une antithèse cruciale. Porteuse de bienfaits incontestables, assurant le confort et le bonheur de l’homme elle est aussi paradoxalement ce qui peut causer sa ruine."

labyrinthe dans lequel il avait été piégé avec son fils, constata très rapidement les conséquences désastreuses de ses inventions : son fils Icare, immodéré, vola trop près du soleil, et chuta dans la mer, emportant son dernier souffle de vie. Dédale, architecte, sculpteur, inventeur talentueux, créa même une machine capable de permettre l’union entre Pasiphaé, reine et épouse du roi de Cnossos, Minos, avec un taureau blanc. De leur ébat naquit le Minotaure, mi homme, mi taureau, en somme un monstre qui terrifia l’imaginaire grec. Dédale est à nos généticiens modernes, un précurseur. Il est vieux l’ancêtre, mais il était un symbole incarnant déjà les dangers du savoir technique chez les grecs, et aujourd’hui on ne peut qu’y prêter attention quand on sait que l’homme mélange actuellement depuis trente ans deux espèces pour donner des moutons-chèvres, et encore, ce n’est que la Car ces avancées technologiques c’est peut-être partie visible et anecdotique de l’iceberg. finalement une quête identitaire de l’homme qui ne cesse de chercher qui il est, et qui n’aura jamais Quel est le but d’internet aujourd’hui ? Ce merveilleux outil de la technologie capable de nous fini de chercher le sens de l’existence. connecter tous ensemble au même instant, n’estNous ne sommes pas des êtres de perfection, comme les spots publicitaires nous le font miroiter ce pas une réparation de la technique par l’homme pour l’homme ? On peut rêver à cet idéal du vivre si superficiellement. Au contraire nous sommes ensemble. Mais attention, nous savons les limites l’imperfection originelle, l’être à qui il manque de cette technologie qui nous dépassera sans quelque chose. Nous sommes donc perfectibles : doute si nous n’y mettons pas des barrières hul’excellence est toujours à atteindre. Dépossédé maines. dès l’origine, nous avons toujours à prendre, à apprendre, et c’est au-delà de l’image que nous devons creuser nos racines. Je parle ici et maintenant de « technique » car elle est pour moi un pilier fondateur de l’homme, et elle recèle une antithèse cruciale. Porteuse de bienfaits incontestables, assurant le confort et le bonheur de l’homme elle est aussi paradoxalement ce qui peut causer sa ruine.

"Engageons le mouvement. Acceptons d’être statique, concentrons la force de l’Inertie pour ensuite mieux déverrouiller toutes ces articulations qui composent et notre corps et notre société. Soyons acteurs de la marche que nous voulons suivre et choisissons le labyrinthe dans lequel nous voulons nous perdre, pour mieux retrouver le fil."

Dois-je rappeler Fukushima ? Nous sommes tous au courant, et nous ne pouvons nier que la technique nous rattrape. Le petit Robert nous dit de ce mot « Ensemble des procédés méthodiques fondés sur des connaissances scientifiques employé à la fabrication. » Les camps de concentration excellaient aussi en affaire de technique, tout comme la bombe atomique. C’est dans ces temps historiques que nous atteignons le paroxysme de l’antithèse humaine : donner la vie pour détruire la vie, transformer une valeur identitaire reliant tous les hommes par un savoir commun en machine de guerre exterminatrice.

Les savoirs techniques qui devaient se faire nos alliés – en nous permettant une communication rapide et immédiate – se révèlent être une véritable aliénation.

Ce n’est pas nouveau. Dédale l’astucieux, celui qui réussit à créer des ailes pour s’enfuir de son propre 15


CULTURES

Rien de plus paradoxale qu’un téléphone « mobile » : censé permettre la communication tout en se mouvant, il est devenu aujourd’hui un véritable vecteur de l’immobilité sans compter qu’il annule le contact premier, celui du « face à face ». Imaginez-vous une seule seconde votre vie sans téléphone, sans ordinateur et internet ? Réponse négative : ce sont devenus des codes de la « normalité ». Ils participent tous à créer un nouveau langage et les marginaux sont ceux qui ne le comprennent pas. Les notions de « coupure », de « rupture » s’estompent, terrorisent, pourtant elles sont nécessaires si l’on souhaite prendre un peu de recul sur notre société et ses agissements. Parlons peu parlons bien : il faut savoir se « déconnecter ». Engageons le mouvement. Acceptons d’être statique, concentrons la force de l’Inertie pour ensuite mieux déverrouiller toutes ces articulations qui composent et notre corps et notre société. Soyons acteurs de la marche que nous voulons suivre et choisissons le labyrinthe dans lequel nous voulons nous perdre, pour mieux retrouver le fil.

Hans Jonas, philosophe allemand, élève de Husserl et de Heidegger oriente sa réflexion philosophique sur l’homme en tant qu’être de technique et il en montre les enjeux et conséquences. C’est notamment dans son livre Le Principe de Responsabilité publié en 1979 qu’il interroge les obligations mais aussi l’orientation d’une éthique auxquelles l’homme doit répondre face aux dangers des savoirs techniques : « Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) s’établit la recherche présentée ici. Qu’est ce qui peut servir de boussole ? L’anticipation de la menace elle-même ! C’est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l’aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les principes éthiques, desquels se laissent déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. Cela je l’appelle « heuristique de la peur». Seule la prévision de la déformation de l’homme nous fournit le concept de l’homme qui permet de nous en prémunir. Nous savons que cela est en jeu. Mais comme l’enjeu ne concerne pas seulement le sort de l’homme, mais également l’image de l’homme, non seulement la survie physique, mais aussi l’intégrité de son essence, l’éthique qui doit garder l’un et l’autre doit être non seulement une éthique de la sagacité, mais aussi une éthique du respect. »

Seule la prévision de la déformation de l’homme nous fournit le concept de l’homme qui permet de nous en prémunir. Nous savons que cela est en jeu. Mais comme l’enjeu ne concerne pas seulement le sort de l’homme, mais également l’image de l’homme, non seulement la survie physique, mais aussi l’intégrité de son essence, l’éthique qui doit garder l’un et l’autre doit être non seulement une éthique de la sagacité, mais aussi une éthique du respect. " "

Ces deux éthiques, Hans Jonas les englobe dans un concept plus large, celui de la « responsabilité », thème actuel qui se doit d’être un devoir pour tous. Prométhée créa le premier homme avec un bloc d’argile mêlé d’eau. Il leur donna la vie mais leur sauva aussi la peau, et il fut puni par les dieux. Zeus l’enchaina sur le plus haut sommet du mont Caucase où chaque jour un aigle venait lui ronger le foie, qui renaissait pour mieux être dévoré encore. Pour ce foie maltraité et géniteur, ne perdons pas foi en l’humanité, redonnons lui une belle gueule et un estomac un peu plus costaud ! Soyons prêts à assumer une nouvelle identité de l’homme, celle d’un XXIème siècle qui commence seulement !...

Hans Jonas 16


PAGE à VENDRE 17


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IMAGE D’ARCHIVE Dans les années 50 et 60, l’URSS puis les USA sont partis dans une série d’expériences bizarres pour créer des êtres mi-robots, mi-animaux. Le Dr. Vladimir Demikhov réussit à greffer la tête d’un chien sur un autre et faire vivre la bête obtenue pendant plus d’un mois, faisant fi des atroces souffrances de l’animal.

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MARK LOMBARDI

L’Art de la technique


MARK LOMBARDI L’Art de la technique/

CULTURES

par Inane EL CADI

« De loin on dirait des nuages. De près, les tableaux de Mark Lombardi sont de gigantesques diagrammes retraçant les principaux scandales politico-financiers des dernières années ».

individus, voir meme des artistes, tel que Mark Lombardi, boulimique d’informations ont dédiées leur vie à l’investigation grace à des diagrammes/oeuvres exposant au grand jour le vortex de relations complexes où les forces souterraines des intérêts industriels, financiers et politiques se croisent, au grand dam de la dynastie Bush, dont les amitiés saoudiennes apparaisseat dans leur plus simple appareil.

Avec l’avénement de Wikileaks en 2006, le principe même de l’information à connu un torunant sans précédant, mettant en avant des documents mais également des analyses politiques et sociales pourtant classés secret defense par le gouvernement américain. De cette facon, le site divulgue, de manière anonyme, non identifiable et sécurisée, des documents témoignant d’une réalité sociale et politique, voire militaire, qui nous serait cachée, afin d’assurer une transparence planétaire. Les documents sont ainsi soumis pour analyse, commentaires et enrichissements « à l’examen d’une communauté planétaire d’éditeurs, relecteurs et correcteurs wiki bien informés ».

En effet, L’artiste new-yorkais Mark Lombardi s’est fait connaître grâce à ses sociogrammes, diagrammes en réseau à la fois complexes et étonnamment limpides, détaillant les structures labyrinthiques du pouvoir politico-économique. Flux d’argent, abus de pouvoir, liens troubles entre personnalités américaines (notamment George W. Bush) et réseaux criminels étrangers… : d’inextricables masses d’informations se démêlent sous les yeux du spectateur, construisant une cartographie, pour le moins dérangeante, de la mondialisation. La mort soudaine de Lombardi en 2000 – officiellement par suicide – a éveillé bien des soupçons quant à la fiabilité des enquêtes officielles : indéniablement, cet homme en savait trop.

Pour autant, la recherché de la vérité ne date pas de cette seule époque, puisque d’autres 22


L’artiste Heurisiticien L’Heuristique signifie « l’art d’inventer, de faire des découvertes ». Mark Lombardi n’etait ni un detective, ni un profesionnel, mais une personne comme vous et moi, pasionné, ayant accumulé plus de 14 500 fiches qu’il savait faire parler en cartographiant ces réseaux.Voici comment Mark Lombardi lui-même expliquait sa méthode : «Après avoir passé soigneusement en revue la somme d’informations, je condense alors les points essentiels en un assortiment de notation et brèves remarques ponctuelles d’où commence à émerger une image. Tout au long du processus, mon intention est d’interpréter les faits en juxtaposant et regroupant les notations en ensemble unifié et cohérent. Parfois, j’utilise plusieurs lignes parallèles pour établir une chronologie. Les relations hiérarchiques, les flux monétaires et autres détails-clés sont ensuite indiqués par un systéme de fléchage rayonnant, de lignes brisées, etc. Certains dessins présentent deux niveaux d’informations distincts : l’un rédigé en noir, l’autre en rouge. En noir figurent les principaux éléments de l’histoire, tandis que les procès déterminants, les mises en examen ou autre action légale intentées entre les parties apparaissent en rouge”.

L’art et la technique Réfléchir sur les rapports de l’art et de la technique fait l’objet d’un questionnement principal. En effet, la technique artistique, étant définie comme les moyens mis en œuvre par l’artiste pour atteindre ses fins devient dans le cas présent, la nature même de l’œuvre et ce alors que l’on pourrait penser que l’art libère des règles de créations et de la recherche de l’utile. Cependant, considérant que L’art crée des constructions formelles qui expriment la réalité du monde administré, tout en creusant en lui de quoi remettre en cause et laisser entendre ce qui est opprimé, il est facile d’entrevoir l’art «de Mark LombardI. l s’agit de donner à voir le non-sens d’un monde soumis à la rationalisation scientifique et technique par le biais de la technique elle même. 23


L’Artiste : STACH

L’idée m’est venue après une soirée prohibition à Lyon, où la musique des années 50 se mélangeait aux shows burlesques. L’une des danseuses portait une barbe rose pour seul vêtement. Cela m’a rappelé les femmes à barbe dans les foires, les cirques. Dessinant beaucoup d’hommes et de femmes, j’ai eu l’envie de faire une composition sur cette thématique qui regrouperait les deux. L’Antithèse. 24


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CULTURES

Combattre pour sa liberté Par Guillaume Sénéchal

LUI, assène un violent coup de tibia dans le tien. Il connaît ta faiblesse, sent que tu vacilles. STOP. « Sortez de mes pensées », tu te dis. Il faut rester concentré, et agir vite. Il va falloir bondir. Grognes. C’est le moment de sortir les griffes. Tu n’est pas arrivé jusque là pour te laisser briser. Tu as ton destin, entre les poings. Ta vision est trouble, les secondes s’enchaînent et pourtant ne les sens pas défiler. Tu es hors de l’espace temps. TU vois au ralenti son pied se dresser, sa jambe se tendre. Et tu bondis. Son nez craque, sa pommette rougit. Le sang qui coule le long de ton bras n’est pas le tien.

Un an que tu t’entraînes pour ça. Des heures aussi longues que tes nuits sont courtes. Des sacrifices qui ne prendront de sens que si tu en viens à bout. Un peu comme si tu frôlais la mort, c’est ta vie qui défile devant tes yeux fatigués. Les rues poussiéreuses de Bankok, la fougue du fleuve Chao Praya, le pad thai partagé avec tes frères… Et puis cet homme rencontré, la drogue, ce boulot. Tu as fais tout cela seulement pour protéger ta famille. Pour au bout du compte, t’isoler et t’en éloigner. Tu tiens ta liberté, à portée de gants. Tu ne sens plus ton corps. Dans une sorte de transe, tu restes debout malgré ta cheville qui s’est probablement fracturée. Tu en auras pourtant bien besoin pour la suite du combat. La sueur se déverse avec violence de ton front abimé et va courir le long du lit de ton corps marqué par la dureté de tes dix-neuf années. Un voile opaque devant les yeux, tu fais abstraction de l’agitation autour de la scène. Tu n’as d’yeux que pour ce petit blanc bec en face de toi. Lui n’a rien a perdre, toi tu as tout à gagner. Ton regard se reflète dans le sien. Ton regard noir, barrière obscure face à tes sentiments qui ne doivent en aucun cas altérer ta détermination. Montre les crocs, attaque.

Il est par terre, il mord la poussière. Le voile opaque qui te couvrait la vue se dissipe, les contours flous de l’environnement qui t’entoure se précisent. Le bruit monte, et la chaleur aussi. Tu étouffes, alors tu chancelles. Quelqu’un te retient, te prends le bras – lui ton fidèle serviteur, cauchemar de tes adversaires. On le brandit en l’air. Cette vision trouble fait place à une autre, tropfamilière. Des barreaux devant les yeux. Tu es toujours enfermé. Tu n’est pas encore dehors, mais plus libre que jamais. 26


Ces barreaux sont ceux de la prison de Khlang Phai, au sud de la Thailande. C’est en son sein que sont organisés chaque année des événements un peu spéciaux. Tous les deux mois, s’y tient le Prison Fight, combats de boxe Thaï organisés entre détenus et combattants venus du monde entier. Avec à la clef, la liberté.

La tradition date du XVIIIe siècle, à la suite du pillage de l’ancienne capitale Thaï, Ayatthaya, en 1767. Un combattant Thaï, Nai K. se retrouve en prison. Selon la légende, il participe de force à un tournoi organisé par le Roi Hsinbyushin, et affronte neuf de ses meilleurs combattants. Il gagnera, et le roi, impressionné par son courage, le fera libre. Il n’est pas aisé pour toi, d’imaginer un jour voir s’affronter les détenus les plus violents pour leur permettre de se défouler à l’air libre. Le danger qu’ils représentent. C’est aussi la crainte de certains policiers thaïlandais, qui redoutent l’impunité : être bon combattant permettrait d’éviter la prison.

LE PRIX DE LA LIBERTé

Mais dans un système judiciaire qui n’offre aucune alternative à la prison ferme, la comparaison ne fait pas le poids : Lourde est la sentence. Plume est l’espoir. Difficile de ne pas voir toute tentative de changement comme une bénédiction.

Depuis un an, et en collaboration avec le ministère de la Justice de Thaïlande, ou plutôt avec son accord tacite, une association caritative estonienne et thaïlandaise fait des pieds et des mains pour tenter de combattre un système carcéral d’une autre époque. Elle réunit tous les deux mois les meilleurs boxeurs étrangers et prisonniers autour d’un tournoi. Au bout du tunnel, la victoire, la reconnaissance. Mais surtout une remise de peine, voir la libération.

Un rapport rendu en 2011 par la plus vieille ONG de Thaïlande tapait fort sur son système carcéral. Cette année là, la Thaïlande avait un taux d’emprisonnement de 331 pour 100000, soit le deuxième plus fort en Asie. Et des conditions de détention comme une torture en elle-même, avec un taux d’occupation qui défie les lois de l’espace : 230%, soit un mètre carré par prisonnier. En cause ? Les temps d’attente interminables avant les procès, un grand nombre de peines cruelles, sévères ou inutiles. Une infinité de condamnations à mort – 70% des 800 condamnés, toujours selon le rapport, l’ont été pour trafic de drogue, beaucoup d’entre eux simplement pour avoir fait la mule.Mais surtout le manque de solutions alternatives. Là-bas, la réhabilitation n’existe pas. Ou sinon il faut combattre.

Comme l’explique le directeur de la prison, chaque combat gagné dans cette joute aux allures de tournoi clandestin permet aux trafiquants de drogue, à l’assassin ou au violeur de réduire sa peine de 5 jours de prison par mois, soit deux mois par an. Seuls ceux qui ayant déjà fait un tiers de leur peine, et seulement s’il se comportent bien, peuvent espérer s’en sortir. Face à ces prisonniers qui jouent leur vie sur le ring, des boxeurs venus du monde entier pour rejoindre le berceau de leur sport, le temple de la boxe Thaï. Pour la fierté, pour la gloire. Ou simplement pour apprendre, pour voir.

Finalement, force est de constater que cette initiative pourrait être une lueur d’espoir, rouge comme le sang versé le long du chemin versé pour sa liberté. Tâche ardue qu’est d’évacuer nos préjugées pour juger d’une telle initiative quand au jugement les prisonniers eux même y sont étrangers. Certes, un traitement de faveur est fait aux vrais combattants, ceux qui ont de l’expérience, alors que les faibles sont délaissés. Mais aujourd’hui et grâce à leur abnégation, grâce à la force de leur mental et de leur détermination, trois d’entre eux sont sortis libres. Trois d’entre eux pourront revoir leur famille et se reconstruire. Trois d’entre eux, et bientôt peut être plus, se sont sauvés. Sauvés par le gong.

Tu ouvres – difficilement – l’œil qui te reste après ton combat. Combattre le mal par le mal ? Si tu appliques cet adage tous les week-ends en remettant le couvert après une soirée bien arrosée, la force de cette pratique appliquée aux délinquants ou criminels te frappe. Au regard de l’histoire, ce n’est pas si choquant. La loi thaïlandaise accorde en effet l’amnistie pour la réalisation de grands accomplissements sportifs. 27


C’est assez bien d’être fou.../

STREETART

par Camille Rousset familles des martyrs de la révolution tunisienne. « Des figures du présent, des compagnons de lutte », c’est ainsi qu’ils les surnommaient. Généreux d’offrir l’espoir à des gens qui souffrent encore d’injustice, Bilal utilisait son arme, son talent, pour délivrer un second souffle. Un miroir pour le jeune artiste, pour qui l’espoir était moindre dans une époque où tout se brusque et où l’humanité délaisse l’humain. (photo ordinateur) Sensible au contact humain, Zoo Project avait rendu la dignité aux réfugiés du camp « Choucha » en frontière Libyenne. Il dessinait des visages sur des draps blancs pour redonner une identité à des personnes effacées par le conflit, des personnes en quête d’une stabilité. Parquées dans des non-lieux, il offrait un échange et apportait à son niveau une solidarité envers des populations déracinées. A la fois intégré par son contact humain, Zoo Project cherchait à fuir les déboires de notre époque, persuadé de pouvoir conquérir une ère nouvelle. La renaissance après le chaos. Etait-ce un candide en quête d’un destin ou un soldat de l’espoir ? Bardé de courage et de talent, Zoo Project restera dans le cœur du street art et de ses rencontres. Paix à son âme, qui s’en est allée dans les rues débinées de Détroit, quand sur les murs parisiens arborent encore ses peintures hybrides en guise de souvenirs.

… Et les artistes issus de la rue le savent ! L’art urbain expose une volonté d’exprimer librement un point de vue, de déranger par une vérité que l’on nous cache et parfois même d’apporter une reconnaissance à des personnes qui subissent l’instabilité, la tromperie, l’incompréhension, le mépris. C’était le cas de l’artiste franco-tunisien, Bilal Berreni. Vous avez sans doute entendu parler de Zoo Project.

Hommage à Zoo project par Kashink.

Le chevalier sans peur, comme l’avait surnommé son père, dont les œuvres en noir et blanc reflétaient un mal-être et un rejet profond de la société actuelle. La disparition de Bilal Berreni à Détroit a fait couler de l’encre mais aussi de la peinture, avec cet hommage que lui a rendu Kashink dans son quartier d’enfance à Paris. (photos) En créant de multiples silhouettes, dressées dans les rues de Tunis, Zoo Project apportait son soutient aux 28


Hommage à ZOO PROJECT sur les quais de Sâone par Quetzilla 29


quand cerbere rencontre irène

CULTURES

« Irène », un prénom pour trois esprits créatifs. Il s’agit d’abord d’une aventure et d’une naissance Londonienne: une rencontre de trois jeunes femmes françaises (Geneviève Eliard, Esthèle Girardet, Lucie Santamans) au parcours professionnel bien distinct, qui ont décidé d’explorer et de définir avec nouveauté l’univers exaltant de l’érotisme au féminin. Un érotisme sensuel, élégant, poétique, subtil s’affranchissant de toute vulgarité. Cet érotisme là, nous raconte une histoire, qui va aux antipodes des codes d’une société dans laquelle l’érotisme est trop souvent confondu avec la pornographie, et où, l’image caricaturale de la femme est omniprésente. L’exquise histoire que nous raconte Irène est encline à la douceur et au désir. En plus de faire une ode à l’érotisme d’aujourd’hui, ce fanzine contribue à la découverte de talents divers déjà ou peu connus, tels que Lukas Wierzbowski, Mara Zampariolo, Pavel Samokhvalov ou encore Maxime Ballesteros, s’exprimant avec la plus grande liberté. De jolies collaborations qui donnent envie au lecteur de se plonger dans cette nouvelle et «exquise» aventure qu’est le numéro #5. Irène franzine dissèque la notion d’érotisme et insuffle un vent de modernité, rassemblant un lectorat tant féminin que masculin. Pour nous, Geneviève à répondu à quelques questions lors d’une petite expo chez Datta, qui distribuera désormais le magazine. (Datta, 10 Rue du Griffon, 69001 Lyon) Par Francine Paho et Mégane Diab Photographies : Camille Rousset

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CERBERE/ Depuis combien de temps vous-êtes vous lancées dans l’aventure « Irène » ? Geneviève/ Depuis 3 ans déjà, on a tout de suite lancé le support papier à Londres et continué sur la lancée. C/ Tu peux nous décrire un peu le concept d’Irène ? G/est une histoire qui commence à Londres à travers la rencontre de trois personnes: Esthèle, Lucie et moi-même à Londres. Je suis styliste lingerie de formation et je le suis toujours. Ainsi, je côtoie la nudité, les mannequins au quotidien. On a discuté du concept et on a vu un certain parallèle entre le côté parfois “trash” de Londres et la pudeur Parisienne. « Irène » est un peu une fusion des deux où la nudité est mise en valeur sans vulgarité. C/Quelles sont vos envies dans « Irène » ? G/Provoquer en mettant en valeur la nudité, la féminité sans aucune vulgarité. C’est un peu le principe de l’érotisme, pas de vulgaire mais une certaine pudeur aux images de nu de nos photos. C/Il a fallu du temps pour aboutir à un tel résultat ? G/Oui, la conception d’un magazine est longue. Au fur et à mesure les étapes s’enchainaient et l’idée a pris forme. On était un peu un magazine “précurseur” dans ce domaine en raison du concept très original, on n’avait pas vraiment de grosse concurrence directement. C/A terme, vous souhaitez vivre d’ « Irène » ? G/Non, « Irène » c’est un peu notre “bébé”, on garde nos activités professionnelles chacune à côté. Puis c’est un tremplin pour nous, on ne sait pas combien de temps ça durera. En tout cas, Irène nous sert aussi à promouvoir des artistes. Une des collaboratrice, Esthèle, a d’ailleurs lancé sa galerie en ligne: Morethanagallerie. http://www. morethanagallery.com/fr/. 31


MUSIQUE

L’EP, La Beat Tape des Pentes, un hommage aux pentes du premier arrondissement.. La Beat Tape des Pentes est un hommage musical au quartier de ces deux fanatiques du son : le 1er arrondissement de Lyon. Un lieu jeune, vivant, créatif et ouvert, un chez soi accueillant et motivant, un stimulant pour l’inspiration. Chacune des pistes porte le nom d’un lieu de ce quartier dit « des Pentes » : la délicieuse et mignonne petite place Sathonay, ses tons chauds, ses quelques terrasses ombragées et tranquilles, les exhalaisons du printemps, la sève des grands arbres et les crinières de poussière que soulèvent les boules des vieillards, quand le temps est aimable. L’élégante place Bellevue, Lyon à ses pieds, qui supporte les acrobaties des jongleurs. Le village des créateurs farfelus de la rue René Leynaud. Les bouquets de verdure de la place Croix-Paquet, et ses parfums végétales. Cover par KESA, street artist et Hugo Bernatas, video-maker, tous deux du quartier des pentes.

C. chealL & Beal Par Adrien Payet et Fabrice Chapuis

C.cheall et Beal’ sont deux jeunes beatmakers lyonnais. Deux potes, amoureux de la musique. Formés très tôt, violon pour l’un, violoncelle pour l’autre, piano, guitare. Ils franchissent tout naturellement le pas qui mène au beatmaking à la fin du lycée. Aujourd’hui, ils ménagent leurs emplois du temps d’étudiants pour que la musique y tienne la place qu’elle occupe dans leur esprit et dans leur cœur ; une place immense. ils sont les deux invités du magazine pour nous presenter en exclusivité leur dernier EP, mais aussi de leurs influences musicales et sons du moment ! 32

La musique, les artistes... Ils s’intéressent à la musique sous toutes ses formes. En bazar : funk, classique, soul, jazz, ska, gitane, balkane, bossa nova, musique concrète, électroacoustique, électro acousmatique, techno, house, minimale, wonky, hip-hop et abstract hip-hop etc... En bazar aussi (bazar d’envergure !) : Bill Evans, Goran Bregovic, Art Farmer, Pierre Henry, Dibiase, Art Tatum, Kusturica, Flying Lotus, Alton Ellis, Stan Getz, Joao Gilberto, J Dilla, Stanley Cowell, Grover Washington Jr., Philippe Edison, Madlib, Teebs, Minnie Riperton… Il faudrait aussi citer tout un tas d’artistes dont la renommée bien inférieure au talent, mais on noircirait vite le magazine des noms de ces anonymes prodigieux dont le web grouille. Quelques-uns sont présents dans la playlist sur le blog.


Composition et influences ...

l’arracher de son contexte anecdotique et le jeter dans un nouveau décor pour provoquer des coïncidences sonores savoureuses. Le style est hybride, la dominante est souvent hip-hop, une déclinaison du hip-hop : abstract hip-hop, wonky hip-hop. Piupiu.

Les compositions de C.cheall et Beal’ accueillent toutes ces influences, s’en imprègnent, et tâches de les concilier. Tempo hip-hop, rythmes instables, sonorités électroniques cousues sur des samples de funk ou de jazz fragmentés, et ponctués d’humeurs passagères. Une autre source d’inspiration, et peut-être la plus importante : la musique quotidienne. L’atmosphère sonore de la ville, la musique que la pluie improvise, la mélodie qui s’invente quand on fait tomber une pièce de monnaie. La richesse et la profondeur des grésillements, crépitements, clapotements, frottements, glissements, grattements qui meuble le temps du quotidien de l’oreille attentive, qui écoute la vie faire son numéro, jusque dans les moments de silence le plus total, jamais absolu. Lâcher une poignée de billes sur un accord de piano, couler un filet d’eau sur un groove de batterie, gratouiller un bois rugueux sur la respiration pénible d’un cuivre. Bousculer le son,

PIU-PIU, le sobriquet... Ce mignon sobriquet nous vient du Canada, et il est sans doute le plus approprié pour rendre la singularité du genre. Il ne fait pas apparaître le terme hip-hop, ni aucun autre existant. Un mot inédit, sans connotation, pour un genre nouveau. « Piupiu » en référence aux tirs des pistolets de l’officier Spock (Star Trek), et autres armes de l’espace. Une musique qui fait la synthèse culturelle de son temps, et qui fait place large aux références : films, jeux-vidéos et allusions aux évènements de l’époque abondent. Une mine d’or pour les historiens des siècles prochains !

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CINEMA

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MODE

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Castle Youth Par Clémentine Marmonier et Paolo Nardiello Modèles : Sebastien A, RémiF, Fanny@VIP Models Appoline@VIP Models, Isis@VIP Models

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Veste, THE KOOPLES Pantalon, AGNES B.

Veste, THE KOOPLES Robe, 39


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Foulards, PIECE OF CHIC Jupe, COPERNI Chaussures, CONVERSE 41


Top, ANNE FONTAINE Jupe, FAITH CONNEXION 42


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Vesye, DE FURSAC Chemise, DE FURSAC Chaussures, ADIEV 44


Robe, ACNE STUDIOS Chaussures, MICKAEL KORS 45


Sebastien Veste, THe Kooples Pantalon, ELEVEN PARIS Chaussettes, FALKE Chaussures, DR MARTENS APPOLINE Corset, CAROLINE TAKVORIAN MARIEE Pantalon, ALEXANDER WANG 46


ISIS Robe, BORIS FUSCHI REMI Costume, APRIL 77 Chaussures, CONVERSE

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FANNY Foulards, PIECE OF CHIC Jupe , COPERNI Chaussures, CONVERSE


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Veste, DE FURSAC Chemise, ACNE STUDIOS Pantalon, APRIL 77 49


Impérméable, BENS HERMAN Polo, MAISON KITSUNE Jeans, LEVIS Chaussures, MELINDA GLOSS 50


Top, COPERNI Jupe, ANNE FONTAINE 51


Rémi Lunettes, MELINDA GLOSS Chemise, DE FURSAC Veste, DE FURSAC Pantalon, ACNE STUDIOS Chaussures, SURFACE TO AIR ISIS Veste, ACNE STUDIOS Pantalon, ALEXANDER WANG 52


APPOLINE Chemise en soie, ANNE FONTAINE Pantalon, TARA JARMON Collier, COS SEBASTIEN Veste, APRIL 77 Chemise, ASOS Pantalon, Chaussettes, FALKE Chaussures, FANNY Pull, Jupe, CARVEN 53


MODE

Vous aimez les jupes ?/

Par Clara Martinetti

Non je ne m’adresse pas à vous, mesdames, mais à vous, messieurs.Oui vous aimez les jupes, courtes si possible, pour le plaisir des yeux, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas le sujet, je parle de porter une jupe. Alors ça y est, tout de suite vous imaginez une caricature de travesti maquillé et perché sur ses escarpins de 15cm. Non ? Vous n’y avez même pas songé ? Et bien vous êtes bien les seuls mes amis, car malheureusement c’est un cliché qui réside dans la pensée d’une grande majorité de la population, et cet article a pour but de changer ces préjugés que vous avez sur la jupe, en commençant par une série de photos d’hommes en jupe.

Rick Owens (2011)

Yohji Yamamoto (2012)

Dites-moi avec la plus grande sincérité si vous y voyez des hommes efféminés, en tout cas si oui, vous vous trompez. Car la jupe masculine, apporte ce côté viril et charismatique qui rappelle la Grèce Antique et le port de la toge. Oui, si au fil des décennies la jupe a été bannie du vestiaire masculin, je peux vous assurer qu’elle fait petit à petit son retour parmi les hommes. Bien évidemment c’est principalement aux Fashion Week et dans les capitales comme Londres et Paris que l’on peut voir des hommes vêtus d’une jupe. Mais comme à son habitude, la tendance prend place dans les capitales de la mode avant de se populariser et de s’étendre aux provinces et autres pays. Rappelons bien que le port du pantalon pour la femme a dans ses débuts choqué plus d’un, et ce n’est que depuis les années 60 avec l’innovation Saint Laurent que le pantalon pour femme devient chic et portable en toutes circonstances. La jupe ne tarderait pas à conquérir un public aussi large que celui du pantalon… Croyez-moi messieurs, votre résiliation à porter ce vêtement n’est fondé que sur des clichés qui n’ont pas lieu d’être, puisqu’ils sont de vulgaires caricatures qui n’ont rien à voir avec la jupe que l’on voit chez Rick Owens. La jupe pour homme, se retrouve sur une grande partie des podiums de défilés, quelque peu dans les rues parisiennes ou londoniennes, et je peux en témoigner, très rarement dans les rues de Lyon. Cet article avait pour but de vous offrir un nouveau regard sur la jupe, qui est un vêtement unisexe, et se porte aussi bien avec beaucoup de féminité que de virilité. J’espère vous avoir fait changer de regard sur le sujet, et qui sait peut-être, convaincu d’en porter. 54


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INTER VIEW

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DAVID OBADIA CO-fonDATEUR ET DIRECTEUR ARTISTIQUE chez brooklyn we go hard pHOTOGRAPHIE : campagne HERMOSA 2014 par vincent desailly

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INTER VIEW Remarqué pour ses célèbres sweat Brooklyn parle français, la marque Brooklyn We Go Hard ne vous est sûrement pas inconnue! A l’occasion de leur sixième collection Hermosa, nous avons décidé de rencontrer David Obadia, l’un des deux créateurs de BWGH pour en savoir plus sur cette mystérieuse marque Made in France!

CERBERE/ Bonjour David, BWGH est bien plus

CERBERE/ Quel homme de mode es tu et qui est la

qu’une simple marque de vêtements mais un vrai concept multidisciplinaires, pourrais tu nous le présenter ?

personne qui t’a le plus influencé tout au long de ta vie ?

DAVID/ J’ai un rapport sain à la mode : j’observe tout ce qui se fait mais je ne suis pas tout ce qu’on nous impose. J’ai un style que je décris comme sobre et intemporel, et je pense que l’élégance est une notion importante. Je ne peux pas citer une influence en particulier. J’ai grandi dans un milieu proche de l’art contemporain, et j’admire certains créateurs, pas toujours pour l’ensemble de leurs carrières, mais parfois seulement pour une période précise.

DAVID/ A l’origine, BWGH est un collectif de pho-

tographes, de jeunes talents dont nous souhaitions promouvoir le travail. Rapidement, l’idée d’utiliser le vêtement comme un médium pour illustrer ce travail. Nous avons donc imprimé nos oeuvres préférées sur des tee-shirts, et lancer ainsi notre toute première ligne. Le vestiaire complet est venu progressivement, avec de vraies collections allant de l’outerwear aux accessoires. Enfin, nous publions chaque saison un magazine qui raconte nos rencontres et nos inspirations, il est l’esprit de la marque.

CERBERE/ /Plus qu’une sensibilité se limitant au

domaine de la mode on sent une vraie vision artistique chez toi. Est ce que c’est cette vision que vous avez cherché à présenter en lançant votre propre magazine ?

CERBERE/ /Lancée en 2010, BWGH est donc une

marque jeune qui a réussi à trouver son public très rapidement. D’un point de vue d’un jeune entrepreneur dont le projet à réussi à aboutir, quel à été selon toi l’étape la plus difficile à franchir ?

DAVID/ Oui. Je suis effectivement passionnée par

l’art, depuis toujours. Le magazine est une part essentielle de mon travail, quelque chose dont je suis fier. Je pense que le partage de ces influences et de cette vision artistique est ce qui donne du corps à la marque. Evoquer les personnes et les lieux inspirants est aussi le moyen d’alimenter la communauté créée autour de la marque.

DAVID/ Il est difficile d’être entendu, d’obtenir un minimum de visibilité au départ, surtout quand on est jeune. Il faut savoir prendre des risques, être audacieux et ne pas avoir peur de frapper aux portes. Beaucoup de jeunes marques apparaissent chaque saison, il faut aussi montrer qu’on est là pour durer. 58


CERBERE/ Au final, l’ensemble fonctionne en ré-

sonnance, entre la marque, le magazine et les évènements culturels que vous organisez mais quel aspect te passionne le plus ?

DAVID/ Il est difficile de privilégier l’un aux dé-

pens des autres ... Une chose est sûre, je délègue aujourd’hui au maximum toutes les tâches dont je m’occupais depuis le lancement de la marque pour me consacrer toujours davantage à la création. C’est réellement ce qui me passionne le plus.

CERBERE/ La mode unisexe revient en force, est-

ce que vous jouez sur cette tendance en ne créant exclusivement qu’une collection homme ou est-ce vraiment un choix de votre part de vous centrer sur la mode masculine ? Une collection Femme est-elle envisageable ?

DAVID/ Une collection femme est tout à fait envisa-

geable. Ce n’était pas notre ambition au départ, mais nous nous sommes rendus compte qu’un nombre toujours plus élevé de femmes achetaient nos vêtements. Elles doivent pourtant se limiter des sweats et des teeshirts, ou chemises, car l’ensemble de la collection n’est pas unisexe. Le challenge de créer un vestiaire complet pour femmes m’intéresse.

CERBERE/ Vous vous nourrissez de riches colla-

borations. Comment faites-vous la sélection d’une marque à une autre ? Qu’apprends ton à ses dépends lorsque l’on travaille en collaboration avec un grand groupe comme puma ?

DAVID/ Je vais peut-être vous décevoir, mais je n’ai

pas d’anecdotes difficiles à raconter dans ce travail commun avec Puma ! Au contraire, j’ai été surpris de voir la confiance et la liberté dans la création que la marque m’accordait. Chaque collaboration est le fruit de rencontres. C’est de cette façon que le choix de travailler avec telle ou telle marque se fait. Il est primordial de partager une certaine vision de la mode, et surtout d’avoir une réelle envie de travailler ensemble. 59


JEFF Veste, DE FURSAC Chemise, DE FURSAC Diana Top, April 77 60


«Appartement en vente chez Bumper FRANCE» Photographe : Clémentine Marmonier Modèles : Diana@VIP Models, Jeff@VIP Models

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Robe, ELEVEN PARIS 62


Veste, BEN SHERMAN Short, MAISON KITSUNE Chaussures, Surface to Air 63


Top, COPERNI Pantalon, ACNE STUDIOS Scandales, H&M 64


Polo, Maison KitsunĂŠ Pantalon, ELEVEN Chaussettes, FALKE Chaussures, Dr Martens 65


Robe, TARA JARMON Ceinture en cuir, FAITH CONNEXION 66


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Veste, BEN SHERMAN Chemise, DE FURSAC Short, MAISON KITSUNE Chaussures, Surface to Air 68


Veste, URBAN OUTFITTERD Top, H&M Jupe, The Kooples 69


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Foulard, PIECE OF CHIC Pull, BEN SHERMAN Pantalon, APRIL 77 Chaussures, DR MARTENS

Veste, URBAN OUTFITTERS Jupe, THE KOOPLES 73


Oréo 74


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MODE DE VIE

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MODE DE VIE

Bonjour l’After/

par Francine Paho

« After Hours », deux mots qui renvoient inéluctablement en 1986, date de sortie de cette brillante et sombre comédie loufoque, réalisée par Martin Scorsese. Un Film cauchemar, une documentation frénétique d’une nuit dans la vie ennuyeuse d’un employé de bureau prosaïque Paul Hackett (Griffin Dunne), qui, contre son jugement accepte l’invitation de fin de soirée de Marcy (Rosanna Arquette), qu’il rencontre au hasard à un dîner. Presque trente ans plus tard, exit « Hours », bonjour l’« After ». L’AFTER, cette culture qui s’est en quelque temps, installée durablement chez une poignée de clubbeurs, prolongeant ainsi la nuit de fête jusqu’au petit matin suivant. de danser jusqu’au bout de la nuit ! Surtout si c’est dans des lieux où l’ambiance est conviviales et Berlin (oui encore elle !), est connue pour sa floris- qui réunissent « les vrais » amateurs de techno », sante scène électro devenant en 20 ans, l’épicentre explique ainsi Pauline, 22 ans, étudiante en Master de droit et amatrice de musique électro. Même de l’électro house musique dans le monde. Elle est sans doute l’une des capitales mondiales de la si cette dernière regrette qu’il n’y ait que très peu, voire aucune boîtes destinées aux afters, « à Lyon, musique techno avec autant de clubs qui durant ce ne sont pas des afters, mais des boites qui toute la fin de semaine ne cessent de faire danser pendant des heures les fêtards du monde entier. Il d’une manière générale, ferment leurs portes plus tard que les autres ». Rappelons qu’à la manière semble en effet que la ville entière devienne une grande fête non-stop chaque week-end. Encore peu de Berlin avec le Bar 25 et le Kater Holzig (clubs mythiques en plein air du bord de la Spree) ou dedéveloppé dans l’hexagone, les afters permettent aux plus téméraires, de poursuivre la fête jusqu’au puis un an la péniche de la Concrète à Paris, Lyon s’est essayée il y a quelques années à la culture matin suivant ou plus. Il s’agit en quelque sorte d’une seconde partie de nuit de fête. Pour les afters de l’after, avec la péniche du Pearl installée non organisés en boîte, l’entrée y est normalement gra- loin du centre. Une péniche à l’atmosphère festive tuite, ce qui veut dire que vous pouvez passer d’un et une programmation originale qui était ouverte tous les week-ends dès 5h du matin (fermée depuis club à un autre. Notons que, le cadre est imporpour des raisons de nuisances sonores). Beaucoup tant, car un environnement agréable, confortable, de lyonnais avaient notamment l’habitude d’y dégageant une impression de sérénité et même venir danser depuis un an. Souvent glauque, mal de stabilité est apprécié, en effet cette apparente fréquenté et trop décadent, mais surtout faute de stabilité rassure. parvenir à dénicher un after digne de ce nom, les Lyonnais délaissent les boites au profit d’une ambiance plus familiale dans le cadre moins bruyant et plus cosy d’un appartement. « On découvre alors le lieu d’habitation de nos camarades de soirée, et les décors sont bien différents. On peut parfois se retrouver dans d’immenses appartements sophistiqués, comme dans des petits studios. L’ambiance reste pourtant la même, les personnes « J’ai une préférence pour les afters en boîte, tout ne se tiennent pas plus à carreaux dans un endroit simplement parce qu’ils permettent à ceux qui que dans un autre. », révèle la jeune étudiante. sont encore trop en forme pour aller se coucher,

Jouer les prolongations

« Si certains terminent leur nuit, d’autres ne demandent qu’à la poursuivre »

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MODE DE VIE

Une histoire d’ambiance

assoiffés de soirées « all night long », des prestations allant de la soirée classique à l’« after simple », tout cela moyennant une centaine d’euros.

« Si certains terminent leur nuit, d’autres ne demandent qu’à la poursuivre », les fêtards n’hésitent pas à arpenter quelques kilomètres pour prolonger leurs nuits. Ce phénomène est devenu au fil des ans une véritable culture. À l’inverse des sauteries du weekend qui doivent se préparer quelques jours avant, ici, il n’y a aucune maîtrise, mélange d’amis, groupe d’amis, de connaissances et de rencontre.

D’excessifs excès Qui dit soirée non-stop, dit excès en tout genre. Le fêtard qui au départ va avec l’after, chercher l’état second par la musique, évolue très vite vers la drogue. Et ce, pour prolonger au maximum sa soirée. Ainsi, le cadre doit être adapté à la drogue et non l’inverse, la drogue serait donc centrale. On peut facilement s’apercevoir que lors des soirées en général les clubbeurs peuvent facilement se laisser prendre par ces substances (extasy,cocaïne,héroïne, cannabis...) aux effets multiples. Dès lors, la drogue est perçue comme un moyen et non comme une fin, les rapports entre individus sont parfois décrites comme superficiels et la drogue ou l’alcool sont pour la plupart cités comme contribuant à cette superficialité. Il y là aussi, pour certain, l’envie de vivre les choses beaucoup plus intensément. La drogue provoque clairement un grand décalage entre le réel et la réalité. Pour les personnes pour qui la drogue ou l’alcool sont des éléments centraux de la soirée, le fait de consommer mène à une certaine satisfaction car cela donne l’impression déjà de passer une soirée différente des autres. « Triper », durant plusieurs jours sans dormir conduit à une forme de banalisation des excès. « Je ne comprend pas les raisons qui poussent certaines personnes à faire des afters sur plusieurs jours. Je respecte leur mode de vie - si on peut appeler ça comme cela - mais je ne le conçois pas. Ils donnent l’impression que leur vie est tellement vide de sens que seuls les afters les remplissent. C’est aussi souvent pour cela qu’ils plongent dans la drogue tout en pensant « qu’ils gèrent » », affirme Pauline. En cela, l’excès et l’abus sont les leitmotivs des «adeptes de la défonce», l’after, est alors centré sur la drogue, qui devient centrale au détriment de la fête. Celle-ci semble paradoxalement au regard de certain indissociable d’une bonne soirée nonstop.

"Dès lors, la drogue est perçue comme un moyen et non comme une fin" Dans un after le rapport entre les personnes est très amical, voire même souvent plus. L’ambiance est toujours sympa, «tout le monde sourit et discute». Il est vrai que les gens cherche beaucoup le contact et viennent spontanément discuter, créer du lien, ce qui n’est pas forcément le cas dans la vie quotidienne où les rapports sont construits de manière différente. Pour Pauline, « ces afters-là permettent de mieux connaitre les personnes avec lesquelles on festoie ! Puisque ce n’est pas lorsqu’on est «dans le son» en boîte, que l’on va demander aux personnes qui nous entourent qu’est-ce qu’elles font dans la vie, qu’elles sont leurs passions, ou encore leur opinion sur tel sujet ». De plus, « On élargit son champ social, et c’est, comme dans la vie quotidienne, parfois très bénéfique. Là où l’approche peut être plus bestiale en club, les afters en appartement, offrent une approche de séduction plus douce, celle de la discussion, celle de la découverte intellectuelle de l’autre, et non plus simplement physique », ajout-elle. En d’autres termes, s’il y a une bonne ambiance la soirée sera réussie, cette ambiance résulte de la qualité des personnes présentes. En outre, ce phénomène connait un tel engouement, que depuis plusieurs années des entreprises ce sont mises à surfer sur ce créneau en proposant des livraisons de soft, spiritueux et d’apéritifs jusqu’à 5h du matin (heure réglementaire de fermeture des boîtes de nuit), comme c’est le cas pour Speed Apéro. D’autres vont encore plus loin, en élaborant des afters sur-mesure. C’est le pari qu’a ainsi pris la jeune entreprise lyonnaise Speed After, en proposant aux irréductibles noctambules

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Chronique d’une Etudiante Ordinaire/

MODE DE VIE

Par Megane Diab

Antithèse. Thème de notre numéro 1. Que vais je choisir, de quoi vais-je parler ? Tout est plus ou moins une antithèse dans notre société actuelle. A bien y réfléchir, l’antithèse est partout. Notre génération vit dans un paradoxe constant entre choix de vie imposés, buts tout tracés et chemins pourtant sinueux à traverser pour atteindre tout cela. En tant qu’étudiante, il me parait important de décrire le quotidien, les tracas et la certaine dureté du système scolaire supérieure aujourd’hui. L’antithèse entre la phrase entendue si souvent “tu dois faire des études pour réussir” et la véracité des choses est conséquente. La FAC, tout du moins la mienne de ce que je puisse en dire, ce n’est pas le rêve que l’on vous vend le mois d’aout précédent la rentrée en première année. Et si, comme moi, vous avez choisi de faire du droit, la réalité est encore plus loin que ce que l’on s’imaginait. Certes, le travail est important. Il n’est pas dit qu’il faille se laisser aller, et ne saurait pas normal de s’installer les pieds sous la table en l’attente de valider notre année par facilités. Non, je ne suis pas d’accord. Ayant longtemps sous estimé le travail à fournir, j’en ai parfois payé le prix et je me suis mise à réellement travailler pour réussir. Cependant, le problème n’est pas issu du fait de travailler ou non. Le problème du système de l’université est beaucoup plus profond que cela. Doit-on considérer comme normal ce qu’il se passe ici ? Nous terminons les partiels après un mois et demi d’un travail plus ardu que jamais à assimiler 100 pages de cours multiplié par 9 matières. On ne rappellera pas que d’autres fac, beaucoup plus onéreuses, n’impose que 6 matières à valider en 3ème année de Licence, ou peut être qu’on le rappellera en fait. 9 ou 6 matières. Qui en fait trop, qui n’en fait pas assez ? L’égalité est où ? qui a raison ? On ne daignera pas nous donner les réponses. Ainsi, les partiels se terminent, 4 jours de maudites “vacances” plus tard, les cours reprennent. Enfin, ils reprennent pour 2 jours et c’est parti, l’enchainement des profs absents qui nous feront rattraper les cours manquant plus tard, une semaine avant les partiels où l’on est sensé réviser, l’enchainement des TD à faire sans

même avoir parfois eut le cours correspondant. Alors oui, les grincheux et amoureux transis de la faculté nous dirons d’ouvrir un livre. Je suis bien d’accord, mais je ne suis pas d’accord avec le manque de repos qui nous est accordé et la reprise qui s’annonce rapidement très difficile au semestre suivant sans même pouvoir compter sur l’assiduité de nos propres professeurs. Oui messieurs et mesdames, vous avez beaucoup de travail à côté, mais pourquoi alors être professeur ? Notre politique de l’excellence est LA règle numéro 1, or on ne peut compter ni sur les profs, du moins sur très peu, ni sur l’administration. 84


Tiens l’administration, si on en parlait ? Devoir se rendre dans l’administration d’une fac c’est un peu le chemin de croix. Pas le temps, pas de réponse, fermé, en pause, c’est quoi la prochaine excuse ? En attendant, le salaire tombe à la fin du mois et quand est il de nous ? Rien. Les réponses ont ne les a pas, on perds du temps à les avoir, et quand on les a, attention, elles changeront probablement d’ici une semaine ou deux, et seront inscrites dans le plus petit coin du tableau d’affichage en police 10.

cordé aux étudiants et du manque de soutient leur étant apporté. L’antithèse est tout de même forte, faites de belles études mais soyez vraiment des machines de guerres surdouées pour réussir. Et même si vous réussissez ce ne sera probablement pas toujours assez. On ne se sent pas toujours bien à la fac et elle ne répond pas toujours, voir peu, à nos attentes. Comme je l’ai dit, je parle pour la mienne mais je ne pense pas que ce cas ne se retrouve pas ailleurs. Une réforme de l’université serait la bienvenue, une prise en compte des étudiants aussi. On pourrait dire que l’on fait parti des chanceux qui peuvent étudier, certes et je ne cracherai jamais sur cela. Or, on ne fait certainement pas tous partis des chanceux qui réussissent haut la main ou encore moins de ceux qui peuvent payer 5 années d’études très onéreuses. La faculté reste publique, le prix n’est que peu conséquent et la dureté de l’année est impressionnante. A quel prix ? Je ne sais pas encore mais je l’espère au prix d’une sécurité financière un jour.

Des TD qui se terminent le 10 avril et des partiels qui commencent le 16. Des TD qui requièrent un travail si important chaque semaine que réviser pour les autres matières est un luxe que peu de personnes ne peut s’offrir. Sérieusement, je ne les crois pas ceux qui peuvent s’avancer au point de se dire “très en avance” quant à l’avancée du travail. Je ne me qualifie pas comme faisant partie des “rageurs”, vous savez ceux qui râlent à propos de tout et de n’importe quoi, à qui rien ne convient, non. Je me qualifie plutôt comme une personne intelligente, qui n’a malheureusement pas eu les moyens financiers pour entrer dans une école privée onéreuse où l’encadrement des élèves est certain. D’un autre côté, je sais m’encadrer seule, là n’est pas le problème mais en choisissant la faculté, je savais que ce serait difficile.

"On nous disait de bien travailler, pour avoir un bon travail et une belle vie. Or, on ne nous disait pas à quel point travailler, même dur, est insuffisant face à la montée en puissance d’une volonté d’excellence de plus en plus accrue."

Ce que je ne savais pas, c’était que rien ne serait mis en oeuvre pour aider les étudiants. Les élections et les associations c’est joli, seulement je n’ai pas de conviction pour une faculté qui ne changera rien ou que peu de choses. On ne prévient pas de l’absence des professeurs de TD, on affiche l’emploi du temps semaine par semaine tellement cela change souvent. Mieux encore, on affiche les résultats d’admission du semestre à la fac un vendredi des vacances où personne ne se trouve à la fac voire même à Lyon, sans prévenir sur internet et en se contentant d’afficher le nom des admis. Et les non admis alors ? Et bien rien, ils attendront trois jours la divulgation des résultats pour savoir ce qu’il en est. Sans bien sur revenir sur le fait qu’il nous faut attendre trois mois pour obtenir nos résultats.

La tentation est grande de fuir la vie bien rangée qui s’imposera à nous après les études, elle l’est bien plus encore de fuir la difficulté qui s’impose aux jeunes diplômés qui sortent de 5 années d’études, voire plus et qui se retrouvent face à des perspectives d’emplois compliquées. Elle est un peu ici aussi l’antithèse et j’espère que chaque étudiant prendra conscience que le problème ne vient pas de nous mais de l’établissement où nous sommes et du système qui nous entoure. Malgré cela, je ne suis pas pessimiste non plus, je sais que cela paiera probablement un jour et fera une différence face à d’autres diplômes, cependant il faut tenir le coup jusqu’au bout car au fond, ça doit en valoir le coup.

Alors non je ne suis pas une râleuse, ni même une rageuse. Je ne prends pas pour acquis ce que l’on m’offre, je travaille pour les cours, je travaille à côté des cours pour financer mon quotidien. Je suis juste un peu déçue du manque d’intérêt ac85


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Ce dialogue, bref mais très signifiant, je l’ai eu avec beaucoup trop de gens. Des gens qui comme moi sortent et profitent d’être à Lyon, ville qui, la nuit, dans des endroits comme Le Terminal, Transbordeur, Le Sucre, DV1, est connue pour ses soirées électro. De la house, à la techno en passant par la deep, les touristes d’un soir comme les lyonnais, ont un choix large et souvent de qualité. Pourtant, cela ne semble pas suffire. Profiter de la musique, danser, boire, passer du temps avec des amis, ça n’est pas comparable, si l’on ajoute à cela un petit cachet du nom de MDMA. « Tu ressens la musique différemment ! – Si je n’en prends pas je m’endors. – Le son n’est pas ouf alors ça passera mieux avec. - C’est mieux qu’être bourré. – Ca m’donne envie de danser. »Ces petites phrases ont me les a dites parfois sans même que je demande : « Pourquoi tu prends cette merde ? » Non non, parfois c’est eux qui lancent le sujet, pour se justifier, ou pour te démontrer que tu rates un truc de fou…Je n’ai jamais pris de MD, ni de coke, et encore, je ne cite que ces deux-là car elles sont les plus fréquentes dans ces soirées, et pourtant je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a proposé d’y toucher. J’adore la musique, et c’est pourquoi j’aime ces soirées électro, j’adore danser en baskets jusqu’au bout de la nuit, jusqu’à la fermeture des clubs, et si j’en trouve l’opportunité en after jusqu’au levé du soleil. C’est pour cela que des phrases comme « Je serai trop fatigué si je n’en prends pas » ou « Ça me donne envie de danser », me paraissent irrationnelles, et elles ne justifient pas la prise de drogues dures au risque d’en payer les frais au sens propre comme au sens figuré. Alors les perchés, amateurs de sensations de plus en plus fortes ?suiveurs de mode ?victimes d’un phénomène de société ?ou simples jeunes malheureux voulant se couper du monde quelques instants qu’ils ne trouvent pas assez bien pour eux… Dans tous les cas, je trouve triste de voir des gens banaliser complètement la prise de ces merdes, et se sentir fier d’être accro à une petite poudre blanche destructrice mentalement, moralement, et physiquement. Le plus fou, c’est qu’en me voyant danser, et aimer la musique, beaucoup furent surpris de m’entendre dire que je ne touchais pas à ces trucs, et immédiatement justifier la prise de drogue par un « occasionnellement, uniquement pour les grosse soirées, j’en prends plus trop en ce moment. » La fierté se transforme donc en honte quand la personne est confrontée à quelqu’un qui ne perche pas et qui reste pour autant jusqu’à la fin, et fini en after. Je pense qu’ils se mentent à eux même quand ils prétendent que l’on ressent la musique différemment, c’est faux, puisque n’importe quelle musique qu’ils détesteraient le plus passeraient pendant leur montée, ils seraient les plus heureux du monde. La md comme la coke rend heureux pendant un court instant, si heureux qu’on croirait être amoureux, ce qui peut d’ailleurs dérivé (particulièrement pour la md) sur du désir pour n’importe qui, ce qui en soit, est complètement ridicule… La prise de ces cachetons ou poudres justifient un mal être de l’individu, puisqu’il cherche à être plus heureux que ce qu’il n’est, ce qui signifie que même dans un environnement choisit par la personne, en compagnie de ses amis, où la musique lui est plaisante, il n’est pas heureux. Et il ne faut pas oublier, que la drogue, ce n’est pas qu’un court instant d’euphorie, c’est surtout une redescente, face à laquelle nous sommes tous très différents, et si certains perchés prétendent ne pas ressentir cette redescente, beaucoup mentent, ou ne s’en rendent pas compte, puisque lorsque le moral descend au plus bas les jours suivant, le lien avec les substances absorbées hier ne se fait pas dans la tête de certains. Tout est banalisé, on ne vient pas écouter de la musique, on vient se défoncer la tête, y a plus de sens à rien. « Kiffer sa soirée » sans drogues, c’est devenu impossible pour certains. Alors, réveillez-vous putain, si vous aimiez vraiment l’électro, vous n’auriez pas besoin de ça. 87


LA CHRONIQUE DE BCHE

Comment le monde du travail m’a fait rentrer dans le moule Par Lady Biche

Pour certains, le tatouage et les piercings apparents sont un choix de vie, pour d’autre un suicide sociale. C’est prendre le risque de voir ses compétences relayées au second plan : l’apparence primant sur tout le reste.

auprès des collègues ou des clients et au final, c’est menacer son avenir professionnel. On ne peut pas dire que ce soit forcément les employeurs qui posent leurs conditions, mais bien les codes de notre société. Même si un chef d’entreprise n’est pas contre l’idée d’embaucher une personne « hors norme », il peut craindre de ne pas renvoyer l’image de l’entreprise souhaitée lorsque cette personne sera en contact avec les clients. Au début j’ai lutté. Mes cheveux à moitié rasés, mes colorations couleurs pastelles, mes tatouages de plus en plus nombreux… Voici presque deux ans que je suis ici et je me demande si c’est la maturité ou les codes qui m’ont fait acheter ces jupes crayons et ces petits chemisiers… Je n’ai jamais eu de remarques désobligeantes sur ma manière de me présenter au travail, mais à un moment il a bien fallu que je fasse un effort pour être prise au sérieux. Petites chaussures, cheveux bruns et pantalon à pince, on se souvient maintenant de mon ancien style avec le sourire aux lèvres.

Au niveau du style, je me suis toujours dit qu’il faut respecter ses envies et savoir se faire accepter comme nous sommes. Cheveux orange, violets ou bleus, piercings et tatouages en tout genre : je ne me suis jamais mise de limite quant à ce que je voulais faire de mon corps. Parce qu’au final, notre corps nous appartient et nous avons le droit d’en faire ce que nous voulons, non ? Mais cette affirmation qui parait d’une banalité confondante n’est en fait que mensonge lorsque nous la transposons dans notre société actuelle.

Pour mettre toutes les chances de son côté et pour réussir dans sa vie professionnelle, mieux vaut ne pas trop sortir du moule (à moins évidement d’avoir un métier qui s’y prête). Qu’il soit question d’évolution professionnelle, de confiance accordée et de responsabilité donnée, c’est autant de choses à côté desquelles on peut passer, en raison d’une société qui n’est pas prête à accepter la différence. Mais c’est un choix de vie à faire et au vue de la démocratisation du tatouage que l’on voit de plus en plus à la télévision, dans des publicités ou tout simplement dans la rue, j’aime imaginer que l’image péjorative des modifications corporelles s’estompera avec le temps et que nous pourrons faire ce qu’il nous plait. On est en mai après tout, non ?

Cela fait maintenant près de deux ans que je suis rentrée dans le monde du travail. Je suis comptable au service international d’un cabinet lyonnais et je vous avoue que je suis fière d’être à ce poste tout en étant tatouée et percée. Allier modifications corporelles et métier du tertiaire est en effet considéré comme compliqué et pourtant j’y parviens de manière stable. Mes supérieurs n’ont rien à redire du travail que je fournis même si certains m’ont confié que je ne ressemblais pas au profil type de la comptable. A un moment donné, on ne peut faire autrement que de se soumettre à cette loi de normalisation que le monde du travail à mis en place. Ne pas s’y soumettre, c’est risquer de perdre de la crédibilité 88


Retrouvez d’autres péripeties, histoires, anecdotes mais également des tutoriels et des recettes sur www.ladybiche.fr Photographie : Lucie Rimey-Meille

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MODE DE VIE

Spring Break Follies/

Par Julien Buffavand

Durant le courant du mois de Mars les plages de Floride se métamorphosent en théâtre de la débauche, brisant au passage tous les codes de l’american traditional lifestyle devenu old school. Rares sont ceux qui échappent aux règles du Spring break. Chaque année et par tradition, de nombreuses universités américaines, pour ne pas dire toutes, invitent leurs étudiants à partir en Californie, en Floride et désormais au Mexique. Ces quelques semaines de trêve pré-examens font l’objet d’un engouement important, démultiplié entre autres par MTV et le dernier film d’Harmony Korine, Springbreakers. Pourtant le long-métrage n’illustre pas un phénomène nouveau. La manifestation étudiante est apparue dès 1958 à Fort Lauderdale, avant d’être popularisée par la comédie initiatique d’Henry Levin, Where The Boys Are (Ces folles de filles d’Ève, 1960). Si participer au Springbreak relevait autrefois de l’exclusivité, l’évidence tient aujourd’hui du fait que sa pratique s’est largement démocratisée. Le basculement du Springbreak dans la culture populaire américaine s’observe dans la métamorphose de son esprit, de ses codes.

par les étudiants, met à disposition des hôtels et appartements d’exception à des prix défiant toute concurrence. Un atout intéressant qui permettra, cette année encore, à des dizaines de milliers de springbreakers de supplanter leur triste routine et d’accéder, le temps d’une semaine, à leurs désirs les plus fous. Cette occasion rêvée de lâcher prise donne lieu à des scènes parfois trash, consacrant le no limit en devise de tout springbreaker qui se respecte (ou pas). Nous sommes allés à la rencontre de certains d’entre eux. Brandon Walling, étudiant en communication à la Michigan State University, tient à nuancer les excès que véhiculent nos médias : « L’année dernière, plusieurs complexes hôteliers mexicains se sont plaints de groupes devenus hors de contrôle, mais la plupart d’entre nous se comporte de façon responsable. Autrement dit, sans débordements à la sauce Projet X». Néanmoins assez pour que «les locaux quittent la ville». Conscience est sauve, autorités et universités ferment les yeux.

Un air de transgression

L’usage de ce break a évolué vers d’autres formes, notamment après 1986 lorsque MTV suivit l’évènement pour la première fois en direct. Il n’en fallait pas plus pour que ce Spring Break Special of Daytona Beach mette le feu aux poudres. Rapidement, les trêves très studieuses et rangées de la jeunesse dorée américaine mutent en un gigantesque spectacle d’ivresse, de défonce et de sexe à profusion. Viols, overdoses et parfois même kidnappings rythment malheureusement ces nuits de la démesure. Encore imprégnée des valeurs conservatrices et suspendue au devoir de réussir socialement et professionnellement, une partie de la jeunesse américaine voit dans le Springbreak un exutoire idéal contre cette pression. L’évènement, fort d’un caractère unique en son genre, constitue une porte éphémère vers la concrétion de tous les fantasmes possibles. Las Vegas, de nouveau reconnue comme The City of Every Sin et qui caracole en tête des destinations choisies

Un évènement qui peine à faire des émules

On observe que le phénomène Springbreak s’exporte doucement outre-atlantique avec l’émergence récente de nouvelles scènes où votre résistance aux vices sera durement mise à l’épreuve: Croatie et Espagne se sont ainsi imposées en destination phares pour les amateurs en l’espace de quelques années. Callela, Salou, rassemblent à elles seules quelques milliers d’étudiants chaque année, bien peu encore comparé aux springbreakers nord-américains, cent fois plus nombreux à fouler les plages de Miami, Cancùn et Panama City. Du côté du programme musical, les offres sont assez variées entre électronique, drum’n’bass, alternatif et rap US. Quant aux têtes d’affiche, elles balancent entre Trentemøller, Gesaffelstein, Subfocus et .. David Guetta. 90


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LES FOOD TRUCKS, LA TENDANCE, L’AMERICAN TOUCH, ET LE BON /

MODE DE VIE

Par Fabrice Chapuis

Il y’a quelques années le premier Food truck naissait à Paris “ le camion qui fume” Aujourd’hui c’est devenu la grosse tendance. La restauration ambulante refait surface. Bien que connu pour ravir les pressés et les couches tard, le Food truck se réinvente et modernise à l’américaine la cuisine de rue. Communément appelé Food truck ils arpentent de plus en plus les rues en revisitant la restauration rapide, la “ Street Food ”. L’image de la baraque à frites bien trop ringarde laisse la place à une envie d’évasion plus tôt Newyorkaise avec le célèbre camion damier noir et blanc de hot-dog, ou encore le tacos made in mexico by Juan sur Venice Beach . Réel moment d’évasion rapide et à petits prix

bonne dizaine placés à des endroits stratégiques ( sorties de clubs ou grandes places...). De quoi faire pâlir les restaurants avoisinants qui y voient une concurrence directe et ils ont raison! En effet le street food bouleverse les codes et revisitent l’esthétisme avec des camions à la pointe du design, mais aussi en proposant des produits frais parfois bio histoire de satisfaire à la fois les amateurs de restaurations rapides mais aussi les palets fins

American Touch

«faire la queue pour un Burger ? Pourquoi pas. Encore faut il qu’il soit bon !»

Le phénomène nous vient des Etats -Unis. Il séduit des centaines d’américains pressés depuis toujours. En France le phénomène s’installe et s’impose depuis peu à Paris. A Lyon, on en compte une

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On peut manger sainement pour pas trop cher. Chaque restaurateur ambulant y va de sa touche personnelle. De l’apéritif, au mini café à emporter offert, tout est bon pour séduire et surtout fidéliser. On peut par exemple manger debout devant un film projeté tous les soirs par certains food truck à l’américaine, tout cela pour le même prix.

Le principe est simple : ce n’est pas un restaurant car il y’a ni tables ni chaises pour s’asseoir. La carte n’est pas exhaustive. Généralement on y vend des salades et autres burgers et frites maison pour une moyenne de 10 euros. Réels camions connectés, on peut savoir à l’avance l’itinéraire de celui-ci en les suivant sur leurs comptes Facebook ou Twitter pour la plus part. Le Food truck a longtemps été critiqué (difficile d’imaginer du bon sorti d’un camion) en plus d’être assimilé à un repère de restauration pour les petits budgets.

Il n’est donc pas question d’alimenter la critique ou de mettre en lumière la concurrence féroce qui existe entre les restaurants traditionnels et les food trucks. On espère juste que la tendance va perdurer quand les beaux jours seront derrière nous et que la neige sera de retour…

Aujourd’hui des chefs étoilés se prennent aux jeux et soutiennent cette nouvelle façon de bien manger partout. Sushis, salade ou des plats plus raffinés, on peut on manger des plats de qualité sans être dans un restaurant ou un fast food traditionnel. Ce n’est donc pas étonnant de voir grandir les files d’attente devant ces nouveaux restaurants.

Le petit plus Pour les amateurs de food trucks, Nous vous donnons rendez-vous sur le blog pour nos 5 adresses parisiennes et lyonnaises. Test assuré !

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LES RECETTES DE LUNDI MIDI

LE VEGGIE BURGER Chroniques culinairement engagées, Albert Camus derrière les fourneaux en tablier rose, sous les pavés la branche de céleri.Cuisine saine, ludique et créative, parce qu’on peut être étudiant donc débordé, hyperstressé, saturé de relations sociales et de contacts Snapchat et avoir le temps de se préparér un formidable brunch maison. Dîtes adieu aux kebabs qui filent des intox et voyez la vie côté pizza polenta, garantie sans gluten en plus ! Avec les chroniques culinaires Lundi Midi c’est votre estomac, votre maillot de bain, votre conscience écolo qui vont être contents ! Pas de panique, les recettes sont garanties à vie.#josébové #yummy #tropswag (www.lundi-midi.com, www.lundi-midi.over-blog.com) croque monsieur Herta tout juste cuit pour ton plan pourri spécial Saint Valentin, mais un burger pro graines germées, steak de soja et houmous frais. Si toi aussi tu veux pouvoir montrer tes gambettes sans complexes à l’approche du printemps (oui, on sait, on a vu le temps, on y est pas encore, mais l’important c’est d’AN-TI-CI-PER) et que tes séances de yoga bihebdomadaires ne t’aident pas à garder calme et karma face à ces bouées qui se sont formées par ci par là suite à un abus de hamburgés gourmets justement débordant de fromage à raclette et mayonnaise « maison »; et que ces mêmes bouées ne parviennent même plus à te sauver du fluide de liquide lacrymales qui t’assaillent à la simple pensée de ton petits corps chétif qui se tortille sans résultat pour rentrer dans cette superbe robe fluide qui crie allègrement l’arrivée des beaux jours. Si toi aussi tu veux nourrir ton corps tout en nourrissant ton esprit (c’est fou le nombre de trucs qu’on apprend en dialogant joyeusement avec la bonne femme moustachue qui tient le magasin bio du bout de la rue) encore mieux qu’en mangeant des chips devant le Grand Journal, la dimension culturelo-gustative en plus, les graisses hydrogénées en moins, N’HESITE PLUS.

Ô Toi jeune lyonnais hipster et foodista en mal de hype culinaire, lis attentivement. Toi qui parcours allègrement la presqu’île en quête désespérée de hamburger gourmet, ou ne devrais-je pas dire de hamburgé, s’il vous plaît, pour rassasier ton appétit de fast good et de junk food culinairement acceptable. Et bien, sache que la tendance du burger qui sort du boucher le plus couru des Halles de ce bon vieux Boccuse ou celui agrémenté de l’escalope la plus bichonnée de toute la ville, celle faite ex-clu-si-ve-ment de poulet élevé en plein air, et nourri au grain biologique (rien que ça…), peut-être même fini aux prot’, et bien cela est dépassé. Le bobo à moustache qui sort de la Croix Rousse et suit avidement toutes les nouveautés food qui proviennent en direct de Paname sait que la tendance burger est au steak de shitaké, au boycottage des OGM, l’arrêt de la souffrance animale (berk t’as vu comme ils font les nuggets chez mcdo…?) et même au militantisme pro SPA dans l’assiette (mange un sandwich, sauve un chat), au… VEGGIE BURGER. Alors si toi aussi tu veux impressionner les petites étudiantes Erasmus que tu essayes de choper en leur montrant que le lyonnais, encore plus que le parisien, est au top de la hype et te sort pas un 94


Presque aussi rapide qu’une virée au macdo, ABSOLUMENT plus rapide que le livreur de « on ne citera pas le nom du restau » & sons, bien meilleur pour tes petites papilles en quête incessante de plaisir et nouveauté, voici LE VEGGIE BURGER DEL SOL : Il apportera soleil et bonne humeur à ta journée encore plus qu’un kit de faritas old el paso, et pour cela il te faut : • Des petits pains à burger (si t’es sympa, invite tes potes, d’humeur love, sors le veggie pour la valentines’ day, si t’es un morfale mange les tous, et si t’es rat il te reste l’option simple et sûre du congelo) • Du guacamole maison (1 avocat écrasé + le jus d’un citron, de la coriandre, du paprika, du sel et du poivre) OU un truc tout prêt tout moche en boîte là mais on s’éloigne un peu de la déontologie culinaire de notre cher et tendre veggie burger… • 1 poivron rouge, coupé en morceaux et revenu à la poêle • De la roquette • 1 oignon rouge coupé en fines lamelles • 1 petit piment si t’es aventureux • Le fromage de ton choix (le chef cuisto de Lundi Midi te conseille amicalement une tomme de brebis corse, pas super mexicain mais trop suave) Et surtout, puisque c’est un burger végétarien, notre fameux steak veggie ! • Et là deux options : soit tu cours aveuglément au rayon bio du petit monop’ en bas de chez toi et tu prends un truc sous-vide, un peu étrange, un peu secos, dont t’es pas trop sûr de comment ça a été procréé, SOIT tu réalises très facilement le fabuleux BEANSTEAK à la mexicaine :

Tu préchauffes ton four à 180°C, pendant que le four chauffe gentiment, tu mixes la moitié des haricots rouges avec tous les ingrédients jusqu’à obtenir une purée épaisse, tu écrases grossièrement l’autre moitié des haricots pour qu’il reste des morceaux à l’intérieur, puis tu rassembles les deux mélanges en deux boules de tailles égales. Tu les déposes ensuite sur une plaque de papier sulfurisé, et tu les écrases un peu de façon à façonner des steaks hachés. Tu peux les saupoudrer un peu d’herbes fraiches, et hop 30 minutes ! Pendant ce temps, tu peux commencer à façonner ton burger, à faire toaster tes petits pains dodus, à méditer sur les bénéfices d’une vie sans viande, au sourire ému du boeuf languissant que tu viens de sauver… ou au prochain steak haché de 300 grammes que tu vas t’enfiler au diner pour contrebalancer. Et maintenant que les Beansteak sont prêts, ils ne te restent plus qu’à les déposer tendrement sur leur lit de guacamole et de poivrons grillés, d’arroser le tout de quelques gouttes de tabasco et de citron et de mordre dedans à pleine dents sans autre formalité.

Pour 2 steaks bien dodus seront nécessaires • 100 gr d’haricots rouges en boîte, • 1 petit oignon, • 25gr de tomates pelées, • 50gr de concentré de tomates, • 5 grammes de moutarde, • 2,5 cl de vinaigre de cidre, • 1 cc piment doux, • de paprika • de cumin • du poivre

Et pas de culpabilité, les veggie burgers sont aussi écologiques et sexy que ton t-shirt Lundi midi… mais contrairement à lui ils ne sont pas GARANTIE A VIE (même si eux ils se marient bien avec des nachos, du cheddar fondu et une Corona) et que tu ne peux pas te la raconter dans les rues de la capitale avec un veggie burger sur le dos (quoi que…).

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carnet d’adresses/

ACNE STUDIOS

FALKE

AGNÈS B

H&M

Alain Figaret

Surface To Air

Converse

94 Rue du Faubourg Saint Antoine 75002 Paris

MICHEAL KORS 279, Rue Saint Honoré 75008 Paris

Etam Lingerie

Melinda Gloss

75 Rue de Rennes 75006 Paris

OBCM 38 Rue Charlot 75003 Paris

K. Jaques

BEN SHERMAN DR MARTENS

39 Rue Sainte Croix de la Bretonnerie 75004 Paris

39 Rue Etienne Marcel 75001 Paris

14 Rue Notre dame des Victoires 75002 Paris

15 Rue Bachaumont 75002 Paris

21 Rue de La Paix 75002 Paris

129, Rue de Turenne 75003 Paris

16 Rue Pavée 75004 Paris

64 rue Jean Jacques Rousseau 75001 Paris

Levi’s Levi’s Vintage

MAISON KITSUNE ADIEV

29 Boulevard Poissonnière 75001Paris

6 Rue de Braque 75003 Paris

Le coq sportif

1 Rue Montmartre 75001 Paris

A PIECE OF CHIC

Pop Up Deus Ex Machina 48 rue mercière 69002 Lyon

Lolita Lempicka Tara Jarmon Urban Outfitters

POP & ROY by Roy 54, rue Etienne Marcel 75002 Paris

Alexander Wang Carven Maison Kitsune

COLETTE 213 Rue Saint-Honoré 75001 Paris

De Fursac

112 rue de Richelieu 75002 Paris

Eleven Paris

50 rue Etienne Marcel 75001 Paris

FAITH CONNEXION

7 Rue Tronchet 75008 Paris 96


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L'antithèse  
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