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Franรงois-Ronan Dubois

Introduction aux porn studies

LES I M P R E S S I O N S N O U V E L L E S


Franรงois-Ronan Dubois

introduction aux porn studies

LES IMPRESSIONS NOUVELLES


extrait


Avant-propos : Connaissance et savoir pornographiques

Sommes-nous envahis par les images sexuelles ? La lascivité des publicités pour parfums féminins estelle une forme de pornographie ? Doit-on prendre des mesures drastiques pour interdire la pornographie sur Internet ? La pornographie peut-elle rendre les hommes qui en consomment sexistes ? La pornographie est-elle un instrument du viol ? Y a-t-il une pornographie féministe ? Pornographie, pornographie, pornographie : employé littéralement ou comme une métaphore, le mot « pornographie » peuple les débats contemporains. Mais parler beaucoup d’une chose ne veut pas dire en savoir beaucoup. La pornographie est un exemple typique de ces objets culturels dont le discours public s’empare volontiers sans jamais en produire une connaissance un tant soit peu détaillée. Il en va ici de la pornographie comme du rapport fantasmé entre jeux vidéos et violence, véritable marronnier de l’information médiatique. Il faut dire que la condamnation publique de la pornographie est a priori dans une situation un peu délicate.


Si l’on condamne les représentations sexuelles explicites, c’est en général pour deux raisons principales : le contenu en est immoral et le visionnage, dangereux. Ce que l’on condamne donc dans la pornographie, c’est le fait d’y parler de sexe. Tel est le problème : puisque parler de la pornographie en détail reviendrait à faire exactement ce que la pornographie fait (exposer la sexualité), toute condamnation morale commence par se censurer elle-même. Elle se trouve dans le dilemme typique de toute censure : être à la fois une connaissance et une méconnaissance de ce qu’il faut cacher. Par conséquent, une telle condamnation est incapable de produire un discours sur le discours que l’on tente de maîtriser. Mais si l’État autoritaire peut compenser ce paradoxe par l’exercice d’un pouvoir qui n’a pas à se justifier toujours rationnellement ni publiquement, l’État démocratique affronte, lui, l’exigence de transparence qu’implique nécessairement la constitutionnalité d’une liberté d’expression. Or, si la pornographie constitue un problème, c’est évidemment qu’elle est produite et consommée en assez grande quantité, pour ne pas être perçue comme un épiphénomène culturel. En d’autres termes, pas de discours de condamnation quand personne ne s’intéresse à ce que l’on veut condamner. Mais à toutes les personnes impliquées dans la pornographie, dans sa production, sa distribution et sa consommation, l’État démocratique doit donner des raisons, des raisons objectives et consensuelles (dans le meilleur sens du terme) pour sa censure.


La condamnation de la pornographie cesse donc d’être un problème exclusivement moral mais devient aussi un problème d’organisation politique et de technique juridique. Il s’agit, en théorie du moins, que le législateur détermine la nature des critères qui suffisent à ôter à la pornographie le privilège dont jouit nativement tout objet culturel. L’activité législatrice ne saurait se passer d’une connaissance de la pornographie et d’une connaissance active : un savoir interprétatif, classificateur, quantificateur, analytique, bref, un savoir scientifique ou, tout du moins, académique sur la question. La théorie exige une objectivité parfaite, au moins le temps de mener les études, de tirer les conclusions, d’écrire les recommandations, de formuler le projet de loi, de l’expliquer au public, de le débattre, de le voter puis de l’appliquer. Mais une telle objectivité n’est pas possible en pratique. Non seulement les débats politiques ne peuvent pas être des débats de pure logique, parce que le consensus porte tout autant sur l’existence collective et la morale que sur les faits, mais les scientifiques, lorsqu’ils s’engagent dans une recherche, ne se dépouillent pas tout soudainement de leur humanité. On ne compte pas les articles médicaux espérant établir une causalité directe entre la pratique fellatrice et le cancer de la gorge, et déterminer le degré de conscience d’un fœtus à différents stades de son développement matriciel n’est pas un geste anodin lorsqu’une foi religieuse interdit l’interruption volontaire de grossesse.


La tenue d’un discours compétent sur la pornographie est donc à la fois une nécessité et, apparemment, une impossibilité. Force est de constater que dans la sphère médiatique la plus large, ce discours est inexistant. On y parle beaucoup de la pornographie comme d’une chose générale, mais on n’y parle guère des documents pornographiques. Les limites de ce qu’est la pornographie, les journaux de grande diffusion et les émissions de grande écoute les ignorent et, évidemment, les laissent ignorer à leurs lecteurs et spectateurs. Ce n’est pas que le monde de la pornographie soit absent de la sphère médiatique large. Au contraire, puisque la censure, en effet, recule, les agents de la pornographie, et particulièrement les acteurs, ont pu accéder à une forme d’existence médiatique publique, comme en témoignent les parcours de stars comme Rocco Siffredi. Mais puisque ces quelques élus sont rares, ils incarnent à eux seuls l’ensemble de la pornographie et, de fait, participent à la reproduction du discours de censure général. Difficile en effet d’imaginer ce que peut être une pornographie intersexuelle où de jolies blondes à fortes poitrines et longs pénis pénètrent de musculeux plombiers passifs à partir du discours platement sexiste et ô combien conventionnel de la pornographie hétérosexuelle de Siffredi. Que le silence ne soit pas total n’entame donc en rien l’efficacité du discours de dénonciation – bien au contraire. Tant qu’une production culturelle reste entièrement illégale, elle peut fonctionner, à la rigueur, loin des exigences de la société – à ses risques et périls, bien entendu. Mais à partir du moment où une


convergence commence à se produire, la production culturelle en question, devenant une part, certes très marginale, de la sphère médiatique commune, est passible des critiques répétées de ceux qui occupent le centre de cette sphère et qui ont le loisir d’y exercer le pouvoir. Il importe donc de distinguer rigoureusement deux choses : d’une part, la connaissance générale que l’on peut avoir de la pornographie et qui n’est, habituellement, que la conscience parcellaire de ce que l’on suppose que la pornographie puisse être, d’autre part un savoir pornographique, qui en comprendrait, ou tout du moins essaierait d’en comprendre, les subtilités et les complexités. Cette connaissance superficielle est particulièrement sensible aux influences morales. Lorsque le politicien français Christian Vanneste a déposé un projet de loi pour la censure de la pornographie sur Internet, il a démontré une connaissance de la pornographie dont le seul élément concret était l’existence de pratiques sadomasochistes. Comme Rocco Siffredi, le SM vient alors incarner toute la pornographie et la connaissance sert une stratégie politicienne reposant sur une répugnance morale. Le danger, c’est évidemment que la connaissance, en apparence plus circonstanciée que la simple pétition de principe, se substitue au savoir et délivre le législateur de son obligation d’efficacité et de transparence. En d’autres termes, une connaissance superficielle masque l’anticonstitutionnalité de la censure dans l’État démocratique. Elle anéantit aussi le débat public, en le supposant déjà résolu. Survit le seul discours sur la pornographie audible par ceux qui occupent les centres


du pouvoir médiatique. Un discours qui accepte par exemple d’inviter Rocco Siffredi ou de parler de sex toys mais qui, en reproduisant la condamnation de principe, ne modifie que marginalement les préjugés hérités des générations précédentes. Un consensus factice est donc créé, c’est-à-dire imposé, reposant non sur un savoir collectivement construit et adéquatement diffusé, mais sur une connaissance partiale. Sans examen fondateur, il devient alors impossible de s’interroger sur la légitimité de la censure et la seule discussion audible concerne les limites de cette censure. La pornographie est de toute évidence un objet indigne et que l’on doit condamner, mais l’on peut, à la rigueur, assouplir les mesures restrictives. L’essentiel du débat relève alors des techniques législatives et juridiques. La présence du citoyen y est superflue. À discours, contre-discours. Il existe bien entendu, en marge du discours commun, une autre conception de la pornographie, conception tout aussi mouvante et imprécise, qui prend le contrepied des condamnations systématiques et peu circonstanciées que je viens d’évoquer. Il serait tout à fait faux cependant de mettre au même niveau la condamnation quasi systématique de la pornographie par le discours médiatique grand public, aux accents de morale ou de préoccupation hygiéniste, et le discours de défense de la pornographie. Le premier occupe les ondes, le second est si marginal qu’à moins de le chercher, et donc, la plupart du temps, d’être déjà un peu convaincu, il est bien difficile de jamais l’entendre.


Ce discours existe néanmoins. Il est le fait des pornographes, bien sûr, réalisateurs, producteurs, acteurs ou diffuseurs, mais également des communautés dont les pratiques sexuelles sont marginales. Pour elles la représentation de ces pratiques est déjà une forme de légitimation. Dans ce contexte, la pornographie devient tout à la fois une pratique sexuelle, une représentation de pratiques sexuelles et une forme de militantisme. L’exemple le plus parfait d’un semblable phénomène est celui de la pornographie lesbienne authentique, c’est-à-dire non pas la pornographie comportant des scènes de lesbianisme destinées à exciter l’imagination d’un homme hétérosexuel, mais la pornographie produite par et pour les lesbiennes, et conçue, entre autres choses, comme une étape importante dans la conquête d’une indépendance sexuelle au regard des normes de la société. Les exemples ne manquent pas. Que l’on songe encore à la pornographie sadomasochiste éducative, où il est possible d’apprendre un ensemble de techniques sexuelles sans danger, aux cours destinés à développer ses aptitudes masturbatoires ou aux vidéos faites pour instruire l’épouse néophyte de la manière de sodomiser son mari avec un gode ceinture. Des performances d’exploration vaginale d’Annie Sprinkle à la pornographie alternative de Queer Porn TV, et loin des tableaux de violence poisseuse et sournoise peints par Christian Vanneste dans un projet de loi, la pornographie peut être produite et diffusée comme un instrument de représentation sociale et de libération sexuelle. Faire, distribuer et consommer de la pornographie devient


alors une entreprise morale et une exigence éthique : il s’agit de contribuer au progrès de la société, de faire reculer les culpabilités héritées mais dépourvues de justification et de participer à l’avènement d’une ère de tolérance. Pour être tout à fait sensés, ces arguments ne sont pas exempts de difficultés. L’exemple de la pornographie lesbienne ne le montre que trop bien. En effet, si une pornographie lesbienne existe, c’est qu’elle se distingue de la pornographie hétérosexuelle à scènes lesbiennes, jugée insatisfaisante. En d’autres termes, l’existence même d’une pornographie alternative, qu’elle soit lesbienne, sadomasochiste, éducative ou tout cela à la fois, prouve qu’il existe une mauvaise pornographie contre laquelle il faut s’ériger. Dès lors, tout discours de défense de la pornographie est condamné à affronter sinon une contradiction, du moins une difficulté de taille : il porte en lui-même la condamnation de ce qu’il défend. Le discours qui défend la pornographie défend une certaine pornographie, mais ceux qui écoutent ce discours risquent fort, eux, d’avoir la conception épidémique de la pornographie que j’ai évoquée plus tôt – et entre les deux, il n’y pas de communication possible. Il faudrait que le discours de défense entre dans les nuances, mais alors il est condamné à perdre sur le terrain de l’efficacité pathétique et immédiate – contraint de passer aux concepts, quand son adversaire joue des émotions. C’est dans ce contexte de polémique sociale, dans un milieu universitaire et culturel où les discours de


défense sont susceptibles de jouer un rôle plus favorable que dans le flot continu des discours médiatiques, que se sont développées, à partir des années 1970 surtout, des études savantes sur la pornographie. Des psychologues, des sociologues, des juristes, des philosophes, des spécialistes de cinéma et de littérature, se sont intéressés à ces représentations de pratiques sexuelles, en ont proposé des histoires, des descriptions, des analyses. Ils ont conçu des expériences, fait des tests, construit des hypothèses, avancé des conclusions. On a trouvé des causes et des conséquences, on a cherché des alternatives et proposé des mesures. Pendant des décennies, les chercheurs se sont intéressés à la pornographie et ils en ont débattu. Cette seconde polémique, agitée dans le monde plus restreint de la recherche universitaire, n’a pas été entièrement étrangère, on le verra, à la première. Les mêmes problèmes et les mêmes suppositions l’ont nourrie au fil des décennies. La même division entre condamnation et défense l’a longtemps travaillée et la travaille aujourd’hui encore. Les études sur la pornographie n’ont rien de la relative quiétude de certains sujets universitaires dépassionnés. Mais la passion, ici, vient moins du caractère peut-être sulfureux de l’objet que des conséquences pratiques, éthiques et morales des analyses. Parler de la pornographie, c’est toujours réfléchir à l’oppression sexuelle et à la censure, au féminisme et à la violence. On trouve parfois, au hasard d’Internet, des étudiants anglo-saxons s’enthousiasmant sur la maquette de leur formation qui propose un cours de porn studies : ils rêvent déjà au travail personnel qu’il


faudra fournir pour avoir une bonne note. Mais les porn studies sont loin d’avoir toutes les séductions qu’on pourrait leur prêter de prime abord. C’est pour faire mieux connaître ces débats et leurs enjeux que j’ai écrit ce petit ouvrage. Quand la pornographie aura cessé d’être un tabou inexplicable et un spectre trop aisément suscité par des conservateurs aux intentions douteuses, cette introduction ne sera plus nécessaire – je le souhaite, mais j’ai du mal à le croire. En attendant, j’espère qu’elle fournira aux lecteurs curieux quelques éléments pour mieux comprendre certains débats académiques et politiques contemporains. Mon ambition n’a ici rien d’universitaire : les étudiants et les chercheurs qui souhaiteraient se spécialiser trouveront dans d’autres volumes, plus développés, une présentation savante de ces questions. Le champ d’études, je l’ai dit, n’est pas nouveau et il existe même en langue française quelques références que les lecteurs, pour ainsi dire professionnels, pourront rassembler et consulter. Mais avant ces travaux patients et méticuleux, cette introduction entend en fournir un premier aperçu.


Chapitre 1.  Les formes de la pornographie

L’une des principales difficultés du débat public autour de la pornographie réside dans l’imprécision et la partialité des discours. En-deçà même de l’évaluation des effets psychologiques et sociaux des documents pornographiques, il existe une ambiguïté fondamentale quant à la nature même de la pornographie. Qu’estce que la pornographie ? Quels sont les critères qui peuvent servir à la reconnaître ? Ces questions, dont les réponses peuvent paraître d’une parfaite évidence, ont été l’objet de bien des discussions et sont, aujourd’hui encore, des plus disputées. Cette difficulté définitoire fut proverbialement illustrée aux États-Unis, en 1964, dans le cas Jacobellis v. Ohio, par le juge Potter Stewart. Après avoir admis son incapacité à édicter des critères stables et reproductibles pour évaluer le caractère pornographique ou non de tel ou tel document, Stewart poursuivit par une formule demeurée célèbre : « Je la reconnais quand j’en vois » (I know it when I see it). Fausse évidence, donc, que celle de la pornographie :


aucun principe n’emporte l’adhésion de l’ensemble des acteurs du débat. Par conséquent, il serait des plus illusoires pour cette introduction de prétendre offrir un panorama clair et dépourvu de biais des documents pornographiques. L’histoire de la pornographie et de ses moyens de diffusion est longue et complexe ; sa situation actuelle, extraordinairement diverse. Comme tous les éléments importants d’une culture, la pornographie, au fil des époques, a épousé tous les thèmes et tous les supports, comme elle a constitué des publics dont la cohérence et l’homogénéité sont bien souvent impossibles à établir. En quelques pages, je n’entends donc présenter ni un système de classement des documents pornographiques, ni une histoire de leur naissance, de leur développement et de leur distribution, mais simplement offrir un aperçu de leur diversité. Cet aperçu est absolument nécessaire pour se rendre compte que chaque orientation, au sein des études pornographiques, procède à une sélection dans cet ensemble foisonnant de documents. En d’autres termes, il faut se prémunir de l’impression que telle ou telle approche serait meilleure parce qu’elle rendrait compte de ce que serait vraiment la pornographie. Pour faire simple, adoptons pour l’heure un classement purement formel : il y a des images fixes, des textes et des vidéos pornographiques et chacun de ces modes de représentation a ses spécificités et son histoire propre. Évidemment, ces catégories peuvent se recouper : il est rare que les images ou même les vidéos soient


libres de tout réseau textuel, tout comme le texte ne peut être que l’illustration d’une image qu’il accompagne.

histoire d’un domaine de la représentation Toute tentative de proposer une histoire de la pornographie se heurte donc à un problème de définition fondamental. Sans entrer dans le détail des polémiques que nous observerons dans le chapitre suivant, la distinction entre le pornographique et l’érotique est loin d’être évidente et naturelle. Plus simplement même, ces concepts peuvent échouer à rendre compte d’une réalité lointaine dans le temps ou dans l’espace. L’exemple le plus connu en est le nombre considérable, à Pompéi, de maisons closes, à en juger par les critères contemporains de la représentation pornographique. Toutes ces maisons ornées de fresques dépeignant des activités sexuelles pour le moins explicites ne sauraient être, de notre point de vue, que des lieux de débauche. Mais alors, avec son nombre de maisons closes si supérieur à celui de Rome, à la même époque, faut-il faire de Pompéi une capitale du tourisme sexuel antique – hypothèse peu probable – ou, beaucoup plus raisonnablement, supposer que nos critères pour reconnaître la pornographie sont étroitement conditionnés par notre propre ancrage culturel ? En attendant une étude historique de grande ampleur, qui ne saurait être le travail ni d’un seul livre, ni d’un seul chercheur, il est possible cependant d’uti-


liser un principe provisoire, insatisfaisant mais en partie fonctionnel : est pornographique tout document qui représente explicitement au moins un acte sexuel. On voit bien ce que ce critère a d’inadapté : un roman où l’on décrirait dans le détail, pendant deux ou trois pages, une fellation, mais où ne se trouverait, de description explicite, que ces seules lignes, serait-il pour autant un roman pornographique ? Sans doute non. Mais alors, dans le cas contraire, à partir de combien de fellations, rapportées raisonnablement au nombre de pages, le roman devient-il un texte pornographique ? Un document comme Fifty Shades of Grey a soulevé une fois encore de semblables questions. Ou bien est-ce du côté de l’usage que nous devons chercher des réponses ? Pour qu’une représentation soit pornographique, faut-il qu’elle cherche à produire un certain effet, par exemple celui de l’excitation sexuelle ? Ces questions difficiles à résoudre sont d’autant plus problématiques que l’histoire cherche à remonter loin dans le passé. Il est en effet difficile de donner un acte de naissance à la pornographie. Si la définition juridique de la pornographie dont nous sommes familiers date du milieu du XIXe siècle et si la précédente acception du mot, qui fait de la pornographie un « écrit sur les prostituées », peut être renvoyée à l’Antiquité grecque puis aux pratiques de prostitution romaines, les représentations sexuelles paraissent être plus anciennes que cela.


[…]


Table des matières

Avant-propos :  Connaissance et savoir pornographiques7 Chapitre 1. Les formes de la pornographie17

Histoire d’un domaine de la représentation Le texte L’image fixe L’image mouvante La pornographie en réseau

19 27 32 40 47

Chapitre 2. Les études savantes sur la pornographie55

Aperçu d’une polémique La perspective juridique La perspective psychopathologique La perspective cinématographique

57 64 72 78

Chapitre 3. Les conséquences d’un savoir pornographique87

La sexualité historicisée La sexualisation de la société contemporaine La régulation des plaisirs et des désirs

89 95 100

Conclusion107

Index116 Bibliographie indicative 119


Introduction aux porn studies mars 2014

Les études pornographiques ou porn studies se sont imposées depuis quelque dix ans comme une des disciplines les plus novatrices en sciences humaines, d’abord aux Etats-Unis, maintenant aussi en France. L’objectif des porn studies n’est pas seulement d’étudier les représentations sexuelles, dans le texte ou dans l’image, mais aussi et surtout de réfléchir à l’origine de ces représentations et leur impact sur les pratiques. C’est dire que l’horizon des études pornographiques est radicalement politique et profondément éthique : à travers l’étude des discours qui déterminent notre rapport à la sexualité, il s’agit en fin de compte d’inventer de nouvelles formes de connaissance, puis de nouvelles formes de liberté. La présente introduction permettra à tous de découvrir cette discipline qui joue un rôle déjà important dans les débats de société.

François-Ronan Dubois est agrégé de Lettres Modernes et doctorant en littérature française, qu’il enseigne à l’université de Grenoble. Il a publié de nombreux articles et notes de recherche sur l’audiovisuel populaire contemporain, les moyens de son interprétation et les hiérarchies culturelles. Avec les séries télévisées américaines et le cinéma d’animation, il s’est également intéressé à la pornographie et plus particulièrement aux images et vidéos diffusées sur Internet.

Retrouvez-nous sur www.lesimpressionsnouvelles.com Diffusion / Distribution : Harmonia Mundi EAN 9782874492006 ISBN 978-2-87449-200-6 128 pages – 12 €


Extrait de "Introduction aux porn studies"