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VOLUME 27 |

N° 20

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LE MARDI 26 FÉVRIER 2013

VOTRE JOURNAL EST RECYCLABLE !

L ÉCIA P S R : IER U H E I A R C NTÉ NNAT I ’ L À MPIO LIN A H C CU MAS LEYBALL OL DE V IC 2013 S

Critique théâtre : Orange Mécanique | 8 Au Cercle : Pour toute la soirée | 11 Filtres sonores | 12

EXCLUSIF

L’UNESCO débarque à l’UL Irina Bokova, directrice générale de l’organisation, recevra un doctorat honoris causa

PHOTO : COURTOISIE, WIKIMEDIA, PEDRO FRANÇA, CREATIVE COMMONS

Bonne semaine pour les Remparts | 15


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OPINIONS | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

Opinions

L’expression mise à mal

Hubert Gaudreau Rédacteur en chef

C

e qui est bien avec nous, gens du Québec, c’est notre propension à nous investir à fond dans quelque chose. Si la population aime quelqu’un, celui-ci le saura et sera aimé jusqu’à sa mort et bien plus encore. Si vous vous trouvez sur la route de la haine québécoise,

gare à vous par contre, car bien que votre présence sur les plateaux de télévision risque d’être répétée, les commentaires disgracieux, quant à eux, jailliront de partout. Le phénomène est tout aussi observable pour l’actualité, mais d’une façon un peu différente. Si la population est en accord avec un sujet, on le diffuse durant un certain temps, mais cela ne nourrit pas nécessairement l’opinion populaire d’une animosité certaine. On préfère plutôt ce à quoi on s’oppose, et ce, presque autant que la personnalité en Une du 7 jours. On donne à notre opinion une portée quasi divine en croyant qu’elle pourra changer le monde, que notre insurrection verbale fera tomber le gouvernement et que demain sera un jour nouveau, sans impôts, sans gaspillage,

sans manifestations, sans pauvreté, sans gauchistes, sans capitalisme, sans rien quoi. Notre opinion se résume donc à ça, rien du tout, même si on la crie bien plus fort que les autres. Si je fais ce constat, c’est qu’on la donne à outrance, notre opinion. Cela engendre alors une désuétude de ce pouvoir d’expression qui, rappelons-le, ne nous était pas donné il y a de cela quelques années. Aujourd’hui, on publie ce qui nous passe par la tête sur les médias sociaux, on envoie des courriels aux téléjournaux, on appelle à la radio et on s’injurie ouvertement dans les journaux. Et sous quel prétexte déjà ? Ah oui, pour prouver qu’on a raison. Ce si bel outil défenseur de la démo-

Le cinéma québécois est ouvert sur l’ailleurs ! Courrier des lecteurs

L

a cérémonie des Oscars s’est tenue ce dimanche et encore une fois le cinéma québécois a fièrement été représenté. Le film Rebelle du cinéaste Kim Nguyen était en compétition dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Bravo! Un autre film

qui traite d’un autre coin de terre que le nôtre. En 2011, idem pour Incendies de Denis Villeneuve. Si d’entrée de jeu je fais ce constat, c’est que j’ai lu dernièrement un commentaire d’un Québécois qui s’offusquait du fait que de plus en plus de nos cinéastes traitent dans leurs films de l’ailleurs, au lieu de dépeindre le Québec et notre his-

Sudoku

toire. Qui plus est, ce sont ces oeuvres qui attirent l’attention et la faveur des jurys des principaux festivals de cinéma de la planète. Pourquoi, se demandait-il ! Alors, alors ! Ouverture sur le monde ? Fin du nombrilisme du moi québécois ? Mondialisation de notre inspiration créatrice ? Toutes ces réponses seraient-elles valables ? N’oublions pas tout de même qu’en 2012, Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau, a aussi été retenu aux Oscars et que l’action de ce film se passe bel et bien au Québec. [ ... ]

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Yvan Giguère

Solution de la semaine passée

cratie en est aujourd’hui réduit à pourfendre l’idéologie de l’autre, à attirer les foules et à s’élever audessus de celui qui préfère ne pas la donner, son opinion. Résultat, on perd l’essence même de ce pour quoi on la clame si fort: faire valoir notre point de vue pour faire changer les choses. Nos mots se noient dans une mer de pollution idéologique générée par d’opiniâtres individus en quête

d’attention. Et alors, se dissout le peu d’espoir que pouvait contenir l’ensemble des messages. Quand vous vous arrêterez devant un texte comme celui-ci et que vous lirez l’opinion d’un seul homme, dites-vous que, malgré toute la crédibilité qu’il puisse avoir, qu’on l’aime ou non, il sera coulé au fond de cette marée noire de paroles, d’encre et d’idées.


SOMMAIRE | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

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Sommaire PHOTO : COURTOISIE, JEUX DE LA COM.

Actualités

Photo de la semaine

Directeur général: Jean-Philippe Duphily direction@impact.ulaval.ca

Histoire de promouvoir le talent photographique des étudiants lavallois, Impact Campus implante cette nouvelle section qui présentera chaque semaine une nouvelle photographie. Pour avoir la chance de voir votre travail publié, envoyez vos photos à l’adresse courriel suivante : photos@impact.ulaval.ca.

Directrice adjointe: Céline de Laissardière da@impact.ulaval.ca

Il vous suffit d’identifier votre photographie d’un titre et de l’accompagner d’une brève description. Bonne chance !

Compétitions universitaires : Laval brille en Ontario | 6

Escale | Saif Chaabane

Arts et culture

Rédacteur en chef: Hubert Gaudreau redaction@impact.ulaval.ca Chef de pupitre actualités: David Rémillard actualites@impact.ulaval.ca Chef de pupitre arts: Miléna Babin arts@impact.ulaval.ca

PHOTO : COURTOISIE, FREDERICO CIMINARI

Chef de pupitre sports: Raphaël Bergeron-Gosselin sports@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sciences: Valérie Désyroy sciences@impact.ulaval.ca Directrice de la photographie: Claudy Rivard photos@impact.ulaval.ca Production: Stéphanie Turgeon-Girard production@impact.ulaval.ca

Critique théâtre : Écume de guerre | 9

IMPACT CAMPUS 1244, pavillon Maurice-Pollack, Université Laval, Québec, G1V 0A6 Téléphone: (418)  656-5079 Télécopieur: (418) 656-2398

Opinions L’expression mise à mal | 2

Publicité: Fabrice Coulombe Téléphone: (418) 656-3979 publicite@impact.ulaval.ca PHOTO : MARIE-CLAUDE SAVOIE

Ah ! la bouffe

Camp des réfugiés Ras Jedir,Frontière entre la Libye et la Tunisie

Journalistes: Catherine Gilbert, Laurence Cauffope, PierreOlivier Forget, Raphaël Lavoie, Mustapha Bettache, Sébastien Blondeau, Cassie Bérard, MarieÈve Muller, Jessica Pineau, Marie-Claude Savoie, Mathieu Turgeon, Ariane Tapp, Perle Fostokjian, Justine PomerleauTurcotte Correctrices : Christine Hébert Marilou Cloutier

Pizzeria Gemini : Pour l’amour de la pizza | 11

Photographes : Guylaine Jacob, Sylvain Fillos, Sébastien Blondeau

PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN IMPACT CAMPUS

Sciences et techno

Comment perdre une réputation en deux images ? | 13

IMPACT CAMPUS ne se tient pas responsable de la page CADEUL (7), dont le contenu relève entièrement de la CADEUL La publicité contenue dans impact campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal qui est disponible pour consultation au: http://impactcampus.qc.ca/code-dethique-publicitaire

Impression: Publications Lysar inc. Tirage: 10 000 exemplaires PHOTO : CLAUDY RIVARD

Sports

Volleyball : Pas comme prévu | 14

Conseil d’administration transitoire : Cyril Schreiber, Didier Ouellet, Guillaume Arsenault, Jérémie Lebel, François Gagnon, Francis Gagnon, Carol-Anne Gauthier, François Lachance, Romain Thibaud, Camille Zawadzki

Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale Impact Campus, le journal des étudiants et étudiantes de l’Université Laval, qui est en processus de fusion avec Réseau Radio Campus Laval afin de se regrouper sous la Corporation des Médias Étudiants de l’Université Laval.


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ACTUALITÉS | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013 Compétitions universitaires : Laval brille | 6

Actualités

Doctorat honoris causa

La directrice générale de l’UNESCO en visite à l’UL

PHOTO : COURTOISIE, PEDRO FRANÇA, WIKIMEDIA COMMONS

Gros coup de filet par l’Université Laval, alors qu’Irina Bokova, directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), sera de passage à Québec le 7 mars prochain pour recevoir un doctorat honoris causa. En plus d’être la première femme dans l’histoire de l’UNESCO à être à la tête de l’organisation, Irina Bokova est une habituée des doctorats honorifiques. Elle cumule déjà près d’une vingtaine de distinctions du genre dans une quinzaine de pays.

David Rémillard Chef de pupitre actualités

L

a diplomate bulgare recevra son honneur des mains du recteur Denis Brière le jeudi 7 mars prochain et prononcera ensuite un discours devant les invités. L’information a été confirmée lundi à Impact Campus par le département des communications au siège social de l’UNESCO, en France. Aucune information n’a cependant filtré à la Direction des communications de l’Université Laval. Selon nos informations cependant, la cérémonie devrait avoir lieu au Théâtre de la Cité universitaire. L’heure n’est pas confirmée. L’administration lavalloise devrait toutefois dévoiler tous les détails à la communauté universitaire sous peu par voie de communiqué.

Ancienne communiste, Mme Bokova est la fille de Gueorgui Bokov, ex-rédacteur en chef du journal du Parti communiste Rabotnitchesko Delo. Elle a fait des études à l’Institut d’État des relations internationales, à Moscou. À la chute du mur de Berlin en 1989, Mme Bokova se lance en politique au sein du Parti socialiste bulgare (ex-Parti communiste). Elle est élue députée en 1990 à 1991, et réélue de 2001 à 2005. Elle s’engage notamment à l’adhésion de la Bulgarie à l’OTAN (en 2004) et à l’Union Européenne (en 2007). Dossiers chauds La visite de Mme Bokova sera sans doute l’occasion pour quelques voix locales de se faire entendre sur des enjeux touchant la capitale. C’est notamment le cas du projet

d’agrandissement de l’Hôtel-Dieu de Québec. Faisant partie du paysage de l’arrondissement historique du Vieux-Québec, classé patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985, le projet d’agrandissement de l’hôpital, d’une valeur de 850 millions $, doit respecter certaines normes.

Qui est Irina Bokova ? Date de naissance 12 juillet 1952 ( 60 ans ) Lieu de naissance Sofia, Bulgarie Entrée en fonction 15 novembre 2009 Prédécesseur Koïchiro Matsuura ( Japon )

Bien que Mme Bokova ne soit pas directement liée aux enjeux, sa présence pourrait raviver les débats. En 2012, Patricia Alberth, responsable de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord, avait fait savoir que l’UNESCO était «au courant» de la situation de l’Hôtel-Dieu de Québec et qu’elle surveillerait avec intérêt les modifications apportées aux bâtiments. Si les changements devaient être majeurs, le dossier se retrouverait devant le Comité du patrimoine mondial, qui se rencontre une fois par an. Plus tôt en janvier de cette année, le CHU de Québec a réitéré sa volonté de respecter l’aspect patrimonial dans lequel le bâtiment se trouve.

L’Hôtel-dieu de québec et ses remparts, dans le vieux-québec. PHOTO : COURTOISIE, ÉRIC FORTIN


ACTUALITÉS | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

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Point de vue

Gratuité, gel, indexation ? Pistes de solution...

La complainte du pare-choc

Mustapha Bettache est professeur à la Faculté des sciences sociales, au département des relations industrielles de l’Université Laval

Raphaël Lavoie

Ê

tes-vous « écoeurés de payer » ? En tout cas, les gens de KYK FM au Saguenay le sont. La station, qui fait partie du réseau Radio X, a lancé la semaine dernière une campagne visant à dénoncer le fardeau fiscal de plus en plus grand de la classe moyenne. Comment s’y sont-ils pris ? En créant le mouvement « Écoeuré de payer », appuyé par de jolis autocollants à apposer sur le pare-choc, de même que par des pages Facebook et Twitter. Des moyens de mobilisation plutôt modernes. Tout est logique. Jusque-là, ça se tient. Mais bon, je présume que vous vous demandez maintenant ce que le groupe réclame exactement. Quelles sont leurs revendications ? Pour quoi se battent-ils au juste ? J’aimerais bien vous le dire, mais je ne le sais pas. Sur la page Facebook, un administrateur écrit que le mouvement « Écoeuré de payer » vise à dénoncer la gestion des finances publiques et stimuler une discussion sur l’avenir économique et social du Québec. Mais entre vous et moi, jusqu’à présent, la vraie discussion, le gros brassage d’idées, je le cherche. Pour le moment, on chiale. Ça fait du bien, chialer. On blâme Pauline, les artistes, les crédits d’impôt, les sociétés d’État. Les carrés rouges, les ingénieurs corrompus, la mafia, la météo. Le Pape, le cholestérol, le Cheez Whiz, la neige en aérosol, les amours décevants. On partage avec admiration des articles de chroniqueurs notoires de droite et on traite de communiste anticapitaliste le premier venu qui ose parler de solidarité sociale.

C’est bien beau vouloir gueuler et se faire entendre de la classe politique, encore faut-il avoir quelque chose à revendiquer. Des idées claires, le groupe n’en a visiblement pas. Je sais par contre très bien que si jamais il me prend d’exprimer une piste de solution qui penche à gauche, on me souhaitera volontiers le voyage en Chine ou en URSS. Et oui, parmi les petites pointes de droite, l’ancienne république soviétique ne se démode pas comme destination. Cela dit, est-ce que je suis contre des mouvements citoyens du genre ? Non, évidemment. Toutefois, je tiens à ce qu’on y débatte d’idées, de solutions ou encore d’alternatives valides à ce système malaimé. C’est bien beau vouloir gueuler et se faire entendre de la classe politique, encore faut-il avoir quelque chose à revendiquer. Certains domaines de l’État sont mal gérés, ce n’est un secret pour personne. Par contre, qu’on cesse de crier au meurtre et qu’on propose des moyens concrets pour changer la donne. On ne développe pas une thèse en apposant un autocollant à l’arrière de sa voiture. En ce sens, il y a des limites à la droite populiste. Parfois, il faut s’arrêter, réfléchir et agir. Nous avons la chance d’avoir un système démocratique, profitons-en. Vous êtes malheureux des politiques du gouvernement ? Écrivez, proposez, impliquez-vous auprès d’un parti. Du moins, informez-vous quant aux alternatives possibles au modèle que vous déplorez tant. Ainsi, vous aurez quelque chose à répondre quand on vous questionnera au sujet de votre autocollant. Et si c’est trop pour vous, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Le slogan de l’Ontario, c’est bien « Yours to Discover » ? Et bien la voilà, la solution à tous vos problèmes.

N

e nous trompons pas, le débat actuel sur les frais de scolarité est de nature politique, puisqu’il concerne un projet de société. Un droit à l’éducation est à opposer à la formule consacrée de l’utilisateur payeur. Il s’agit aujourd’hui, pour une « gouvernance souverainiste », d’un véritable test en lien avec les inégalités sociales. L’éducation gratuite pour le niveau universitaire serait utopique tant elle est décriée, faute de possibilités de financement. Du moins, c’est l’argument sans cesse martelé, légitimé par les tenants de cette approche. Le Québec, nous dit-on, n’est pas la Suède, ni l’Allemagne, ni la France, ni le Danemark ni d’autres pays encore, qui offrent une éducation gratuite, et ce, jusqu’à la fin du doctorat. L’éducation gratuite n’est donc pas une utopie puisque d’autres pays l’ont adoptée. Ces pays sont-ils sur une autre planète ? La mondialisation ( et tout ce qu’elle a apporté de mal ) ne les concerne-t-elle pas ? Le

gouvernement du Parti québécois affirme vouloir privilégier la voie de l’indexation, en raison de l’état actuel des finances du Québec. Cela dit, l’indexation des frais de scolarité peut vraisemblablement être assimilée à une hausse des frais de scolarité, de l’avis même des représentants étudiants. Dans cette optique, les frais de scolarité deviendront un fardeau important pour les étudiants, eu égard à la croissance du coût de la vie, et ce, sans compter que l’éducation serait assimilée à n’importe quel produit. Quant au gel des frais de scolarité, il pourrait représenter une sorte de « statu quo »…vers la gratuité ? Encore là, faudrait-il que le gel puisse s’appliquer aussi aux frais dits « afférents », qui s’avèrent tout aussi importants.

Le débat actuel sur les frais de scolarité est de nature politique, puisqu’il concerne un projet de société S’agissant des moyens financiers, est-il réaliste d’aller chercher une contribution des étudiants, privant du même coup ces derniers d’un « droit à l’éducation », quand on sait que l’on peut trouver d’autres façons de financer l’enseignement supérieur et en faciliter l’accès ? Une contribution fiscale des entre-

prises prendrait ici tout son sens, d’autant que ces dernières sont bénéficiaires de l’éducation en général. La richesse qu’elles affirment générer n’en résulte-t-elle pas ? Ne doivent-elles pas mettre la main à la pâte, d’autant qu’elles ont, bien plus que les étudiants, les capacités de contribuer au financement des universités ? Dans une étude récente réalisée en 2007 et consacrée à la gratuité scolaire et au réinvestissement post-secondaire, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques ( un institut indépendant ! ) proposait déjà d’augmenter la taxe sur le capital des institutions financières, telles les banques et les compagnies d’assurances, solution qui ne nuirait sans doute pas à la rentabilité de ces institutions financières si l’on se fie à l’évolution de leurs profits. Une bonne gestion des universités, une révision des modes d’allocation de l’aide financière tournée vers l’aide aux plus démuni constituent autant d’autres sources à considérer dans le débat actuel. Nul doute que l’abolition des frais de scolarité tendrait à accroître la fréquentation universitaire et surtout, permettre aux plus démunis l’accès aux études supérieures. N’oublions pas  : l’université est une institution de bien commun et toute solution devra refléter le souci d’une justice sociale, loin des appétits financiers.

Services alimentaires

La CADEUL en mode mobilisation La CADEUL tente de mobiliser les étudiants et de récolter les appuis sur le campus pour reprendre possession des concessions alimentaires détenues par des entreprises externes à l’Université Laval lors du prochain appel d’offre prévu à la fin de l’année 2013.

L

’association étudiante de premier cycle a lancé la page Facebook Cuisine Campus la semaine dernière. Déjà près de 300 étudiants ou membres de la communauté universitaire avaient joint la page au moment d’écrire ces lignes, lundi. Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval a donné le premier appui officiel à la CADEUL, peut-on lire sur la page. Univert Laval et le Bureau d’entraide à la nutrition ont également offert leur appui. Sur sa page, la CADEUL réitère son expertise en restauration, elle qui gère notamment le Pub universitaire.

PHOTO : ARCHIVES IMPACT CAMPUS, CLAUDY RIVARD

Un premier appel d’offres pour le renouvellement des bails des concessions alimentaires aura lieu à la fin 2013, touchant les comptoirs oc-

cupés par Laliberté. Un autre appel d’offres aura lieu l’année suivante.

D.R.


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ACTUALITÉS | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

Compétitions universitaires

Administration et Communication publique brillent La dernière fin de semaine a été faste pour les délégations lavalloises. La faculté des Sciences de l’administration a remporté une prestigieuse simulation boursière à Toronto, alors que les 32 étudiants de communication publique présents aux Jeux franco-canadiens de la communication tenus à Ottawa ont mis la main sur la coupe pour une deuxième année consécutive.

Hubert Gaudreau et David Rémillard

D

es étudiants de la faculté des Sciences de l’administration de l’Université Laval (FSA) ont remporté la dixième édition de la Rotman International Trading competition devant l’Université Chulalongkorn de la Thaïlande ainsi que le Baruch College de New York. La plus importante simulation boursière universitaire ( au monde ! ) avait lieu à l’Université de Toronto du 21 au 23 février dernier. Cette compétition regroupait des étudiants de plusieurs universités d’importance telles que

le Massachusetts Institute of Technology ( MIT ), l’Université de Chicago ainsi que l’Université Duke en Caroline du Nord. La délégation lavalloise était constituée de quatre étudiants à la maîtrise en finance, Jean-François Boilard, Guillaume Sévigny, Dave Doyon et François Bettez, et de deux étudiants au baccalauréat, Pierre-Luc Nadeau et Olivier Tardif-Loiselle. Ils étaient supervisés par Marc-André Picard et Jean Turmel de la FSA. En terminant trois fois deuxième et une fois troisième sur les six

études de cas, l’équipe de l’Université Laval a cumulé assez de points pour remporter les grands honneurs. L’an dernier, l’université avait terminé sixième, seulement 3 points derrière Baruch College, grands gagnants de l’édition 2012. Deux en deux La délégation de l’Université Laval a quant à elle remporté les Jeux franco-canadiens de la communication 2013, disputés du 20 au 24 février à l’Université d’Ottawa. Laval conserve ainsi son titre acquis l’an passé ici-même sur le campus universitaire.

PHOTO : COURTOISIE, JEUX DE LA COMMUNICATION

Les Lavallois ont remporté les épreuves de sport et de radio. Les nombreuses secondes places, soit aux épreuves vitrine culturelle, relations publiques, vidéo et bulletin de nouvelles,

ainsi que la troisième position en écriture journalistique, ont permis à Laval de terminer bonne première devant l’UQAM ( deu xième ) et l’Univer sité Concordia ( troisième ) .


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ARTS ET CULTURE | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

Critique littéraire : Journal d’un écrivain en pyjama | 10 Critique CD : We Are Wolves | 10

Arts et culture

Théâtre sanguinaire PHOTO : SYLVAIN FILLOS

Le 21 février dernier, l’adaptation théâtrale d’Orange Mécanique, ce film culte de Stanley Kubrick, était présentée à l’Impérial de Québec pour le deuxième soir consécutif. Une salle comble devant une mise en scène signée Véronique Marcotte et une direction artistique assurée par Denis Bouchard.

Miléna Babin

Chef de pupitre arts et culture

P

endant que le public s’installe, fébrile, l’auteur-compositeurinterprète Danny Lutz est déjà à l’œuvre derrière sa table de DJ, située dans le coin droit de la scène.

Il y restera d’ailleurs pendant les 70 minutes que dure la représentation. La chanson thème d’Orange Mécanique et Just Like Me nous enivrent, déjà. On s’apprête à assister à une représentation choquante : les plus sensibles d’entre nous (  moi, par exemple ) localisent la sortie, juste au cas. Au milieu de la scène, un divan blanc, moderne. Du balcon, on croit apercevoir un œil géant sur le plancher. La majorité des scènes auront lieu dans ce périmètre. Vous connaissez l’histoire d’Alex ( Maxime Le Flaguais ), Jo ( Danny Gilmore ) et Momo ( Félix-Antoine

Tremblay ), ces trois voyous qui se réunissent chaque soir pour commettre des actes aussi violents que gratuits, jusqu’au jour où la police débarque. Jo et Momo se sauvent, laissant Alex sur les lieux du crime : 14 ans de prison. Après que ce dernier ait passé deux ans derrière les barreaux, la ministre de l’Intérieur ( Geneviève Langlois ) lui propose de se soumettre à une « expérience » pendant deux semaines, en échange de sa libération. Alex sera forcé de regarder des vidéos d’une violence extrême afin que la ministre et son acolyte puissent analyser

son rapport avec les notions de bien et de mal. Cette adaptation théâtrale d’Orange Mécanique vaut tout à fait le déplacement, que ce soit pour la performance de Le Flaguais, hallucinante, la justesse de certaines scènes très difficiles à rendre — notamment un viol collectif de quasi dix minutes —, ou pour la narration ( Roger La Rue ), très efficace malgré un léger accrochage au niveau de l’accent, qui oscillait entre le français de France et le québécois dans les premières répliques, mais qui s’est replacé rapidement. Quelques éléments sonnaient un peu faux : le fait qu’Alex sorte de la coke de n’importe où n’importe quand frôlait le cliché, ou

certains accessoires comme la cravate et la croix en faisceaux lumineux. Autres bémols, être assis au balcon nous empêchait de bien voir certaines scènes et la température de la salle compétitionnait celle du Pôle Nord . Les curieux qui n’ont pas eu l’occasion d’assister aux représentations des dernières semaines pourront se reprendre en mars — n’achetez pas de billets au balcon, de grâce  ! —, puisque deux supplémentaires viennent d’être annoncées. Quoi ? Orange Mécanique Qui ? Texte  : Anthony Burgess, mise en scène : Véronique Marcotte Quand ? En supplémentaire les 15 et 16 mars Où?  Impérial de Québec

La couleur VioleTT Pi La semaine dernière, VioleTT Pi s’est présenté à Impact Campus accoutré de la même manière que dans son vidéoclip Fleur de Londres : pantalon fleuri et huppe littéralement bleue. L’auteur-compositeur-interprète, dont la voix se fait de plus en plus entendre, était de passage pour défendre son premier album, eV, sorti le 5 février dernier.

Sébastien Blondeau

O

n reconnaît aisément la pochette de l’album. Il s’agit de celle affichant une clown nue, en bas blancs et en piètre état sentimental. On reconnaît tout aussi facilement sa musique spontanée, baroque, éclectique, à l’image de son créateur, quoi ! « À la base, je jouais du grunge et du métal. Après ça, en faisant des rencontres, j’ai découvert l’électronique. Puis aujourd’hui, je mixe le tout et je sais que c’est ça qui me plaît », explique-t-il.

Mais les morceaux de VioleTT Pi ne sont pas empreints que de métal ou d’électro. L’artiste avoue qu’au début, quand il parcourait la province en solo, il faisait de la chanson « Jean Leloup style ». On retrouve cette influence dans un des différents registres vocaux qu’il emploie et peut-être aussi dans sa plume, faisant souvent l’éloge de la femme. Quelques absurdités ou quelques métaphores tirées des bas-fonds de l’inconscient forment ses textes,

chantés avec des voix et des cadences diverses. On peut se demander si ce genre hétéroclite n’offrirait pas trop de liberté à l’artiste et s’il serait dangereux pour lui de s’y perdre. « J’ai une démarche quand même, en arrière de ça. Je fais pas juste garrocher plein d’affaires. Je me fais un canevas pour commencer. Mais c’est vrai que c’est facile de se perdre et parfois, j’avoue que je fais exprès pour le

PHOTO : SÉBASTIEN BLONDEAU

faire. » Il poursuit en confirmant que ce qu’il aime, c’est agencer des éléments qui n’auraient pas dû être agencés en temps normal. Et il dit cela en pointant son accoutrement, le rire dans la voix.

Il est possible d’aller écouter l’opus eV sur violettpi.com et de se perdre sous l’onglet Labyrinthe. Comme quoi VioleTT Pi tente par tous les moyens de nous divertir par l’éparpillement.


ARTS ET CULTURE | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

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Écume de guerre L’encre coule, les affiches s’accumulent, ça sent le pneu brûlé, un peu de café noir pour avaler la mort.

Cassie Bérard

L

es spectateurs se lèvent. Troisième salve d’applaudissements. Neuf comédiens décoiffés, rougis par l’intensité du jeu, nous saluent. Et autour d’eux, un tel désordre, des éclaboussures d’encre, d’eau, de peinture, des fruits mutilés, des pneus entassés, des affiches en amas sur le sol. Ça représente la Palestine, ça représente l’occupation, la peur, la mort, la colère. Toute cette violence mise en sourdine par les échos de nos battements de mains. Et de cœur, oui. De cœur. Philippe Ducros choisit, avec L’Affiche, d’abolir le rideau, « ce qui est amer pousse plus vite que tout… Telle est notre vie, mon fils. Va et ne tarde pas. Et ouvre les rideaux. » Les spectateurs assistent au désespoir d’un théâtre qui se joue : les va-et-vient des comédiens, les changements de costumes, le décor qui bouge, on décide de ne cacher cela qu’à demi, par une obscurité synonyme de poussière, de destruction. « Je ne peux pas faire entrer le soleil, Abou Salem. À moins que tu veuilles que je démolisse la maison de ton voisin. C’est possible, tu sais. Facile, même… » Les oppresseurs, les oppressés, les comédiens nous parlent, là, devant, nous font face. Ils pourraient cracher sur nous, ils pourraient. Et

PHOTO : COURTOISIE, FREDERICO CIMINARI

on reconnaît le lustre des larmes aux coins de leurs yeux. C’est l’histoire des enfants martyrs, dont les visages aboutissent sur des affiches, sur les murs du pays. « Ton frère est mort et toi tu salis nos hommes, tu les dévores. Je vais clouer son affiche sur toi. C’est ça, je vais la clouer. Reste ici. Je vais la clouer sur ta peau de chienne… » Le deuil des parents, la haine qu’ils couvrent, quand il ne reste que le chant des oiseaux dans les cages et la danse pour l’oubli. L’histoire des soldats qui ne comprennent plus pourquoi ils se battent. Dieu qui dicte ses lois, mais quel Dieu? Et le journaliste recueille les témoignages, les désirs de liberté, quand

son rôle s’arrête à faire face à l’anéantissement sans pouvoir y faire front. Mais ce n’est pas une histoire. Ça sent la pastèque quand elle éclate au sol et la musique devient assourdissante. Nous vivons la pièce et c’est ce qui choque : nous sommes le journaliste derrière la caméra, il capte des images, des odeurs. Mais à la fin, il retourne chez lui. Il retourne chez lui, et pourtant, les « guerres ne sont pas terminées. » Quoi ? L’Affiche Qui ? Texte et mise en scène : Philippe Ducros Quand ? Jusqu’au 2 mars 2013 Où?  Au théâtre Périscope

Élisapie et ses garçons Dans la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec, les spectateurs affluent devant la scène sertie de bulbes de lumières orangées. Peu à peu, l’ambiance se feutre et le spectacle commence.

Marie-Ève Muller

R

oyal Woods (  c’est son vrai nom  !  ) ouvre le spectacle, vêtu comme un crooner des années 50 : cheveux bien lichés sur le côté, veste noire par-dessus la chemise et la cravate. Assis au piano à queue, Woods chante avec la voix de Rufus Wainwright, virilité en plus, accompagné seulement d’un guitariste. Woods a su conquérir les spectateurs en un tour de main avec son accent alors qu’il s’essaie en français, ses clins d’œil à la foule et ses histoires sur chacune de ses chansons. Pour les amateurs de pop-folk canadienne, Royal Woods est votre homme ( en nomination aux Juno, en plus ).

PHOTO : GUYLAINE JACOB

Après une pause, Élisapie Isaac entre avec ses quatre hommes

musiciens, prête à nous livrer les pièces de Travelling Love, son nouvel album. Filin d’or au front, talons aiguilles vertigineux, robe crème : Élisapie arbore un look autochtone actualisé. Car son origine hypnotise. Dès qu’elle chante en inuktitut, la foule frémit. Coquine sans être vulgaire, Élisapie a joué de ses charmes pour rallier les spectateurs, avec ses sourires avenants, sa danse sensuelle. On en oublie les fausses notes en début de spectacle. Mention aux musiciens experts, Manuel Gasse ( guitare et piano ), Gabriel Gratton ( batterie et guitare ), Thomas Augustin ( claviers ) et Antoine Tardif (  guitare et

basse ), pratiquement trop bons pour la pop d’Isaac. On sent leur talent extraordinaire et leur présence scénique admirable. Lorsqu’ils ont joué les quatre ensemble au piano, tous collés les uns contre les autres devant leur Élisapie, c’était à craquer. Pouces en l’air aussi pour l’éclairage magnifique, les projections

discrètes qui rappelaient les aurores boréales. Que vous soyez déjà fan d’Élisapie ou non, je vous recommande fortement d’aller la voir dès que possible. Laissez-vous charmer, ce ne sera pas compliqué. Et vous ferez de bien bons rêves ensuite.


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ARTS ET CULTURE | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

SAUVER la littérature JOURNAL D’UN ÉCRIVAIN EN PYJAMA DANY LAFERRIÈRE MÉMOIRE D’ENCRIER

A

près nous avoir livré L’art presque perdu de ne rien faire, voilà que Dany Laferrière nous offre l’unique Journal d’un écrivain en pyjama. Mi-roman, mi-essai, ce livre est le prétexte parfait pour aborder différents sujets reliés à l’univers de l’écriture. Connu et reconnu par l’industrie littéraire québécoise, l’auteur haïtien profite de son expérience pour nous livrer candidement ses plus personnelles réflexions sur l’art d’écrire. Hymne à l’écriture, mais aussi à la lecture et à

la littérature en général, le Journal se veut simple, lucide et drôle. Loin d’être un guide technique, l’ouvrage cherche plutôt à présenter de quoi est fait le quotidien d’un jeune auteur. Qu’il parle de motivation, d’imagination, de personnages, de page blanche, de succès ou d’argent, Laferrière trouve toujours le bon ton. Il nous fait voyager au travers de ses réflexions et, même si parfois on a l’impression qu’il s’égare et s’emporte, il revient bientôt vers nous, essoufflé d’en avoir autant dit, mais content d’avoir quelqu’un pour l’écouter.

N’est pas roman qui veut Accessible, ce roman n’est toutefois pas vraiment pour le grand public. Il est surtout dédié au petit cercle restreint d’écrivains néophytes ou de lecteurs chevronnés qui passent leurs journées à se questionner sur l’univers fictif des livres plutôt que de se consacrer à la réalité. Magnifiquement écrit, il réussit à activer notre imaginaire comme jamais auparavant tout en nous faisant réfléchir sérieusement sur la démarche d’écriture. Truffé de conseils enveloppés dans de douces anecdotes, ce livre est l’occasion de voir l’écriture et la lecture comme des plaisirs que l’on n’a jamais fini de découvrir. Le Journal d’un écrivain en pyjama est un vrai baume sur le cœur des écrivains en mal d’écrire; enfin, quelqu’un écrit noir sur blanc ce que tous croyaient être les seuls à ressentir. De tout le texte, Lafer-

rière ne perd jamais de vue son objectif de guider les auteurs débutants sur le chemin ardu de l’écriture. À chaque fin de chronique, il nous sert de délicieux « biscuits chinois  ». Courtes, efficaces, ces phrases éclairs provoquent instantanément une réaction chez le lecteur. Et alors, lorsqu’on termine notre lecture, on a ce sentiment particulier que le bouquin a fait autant de bien à celui qui l’a écrit qu’à celui qui l’a lu. Car il faut être

honnête, le seul problème avec ce livre-là, c’est qu’il nous donne autant envie de continuer à le lire que de le poser pour aller écrire. La meilleure solution, c’est d’avoir un carnet et un crayon à nos côtés pendant qu’on le dévore, pour être prêt à toutes éventualités, comme celle de trouver, glissée entre deux pages, l’inspiration qu’on attendait.

Jessica Pineau

À lire sur impactcampus.qc.ca Critique du spectacle de Lisa LeBlanc au Théâtre Petit Champlain Critique du film Les manèges humains Critique du spectacle Pho : ton Critique de Université Laval en spectacle

WE ARE WOLVES LA MORT POP CLUB DARE TO CARE RECORDS

P

rès de quatre ans après Invisible Violence, We Are Wolves revient avec La Mort Pop Club, un album plus pop et dépourvu de l’énergie à laquelle on les associait. Si l’album commence avec As The Moon Sets, une pièce très rock et énergique aux guitares pesantes, cette vitalité que l’on associait au groupe s’envole rapidement. D’ailleurs, il faut mettre de côté le son « garage » que l’on retrouvait dans Total Magique ainsi que dans Invisible Violence. Le synthétiseur, omniprésent, aurait pu leur amener une nouvelle vitalité. Toutefois, l’aspect peut-être un peu trop léché n’arrive pas à faire de La Mort Pop Club un album qui nous donne envie de bouger comme le groupe a déjà su le faire. Les chansons Night et Sun en donnent un bon exemple. Quoique bien réalisées, elles n’ont pas de saveur marquante qui nous fait appuyer frénétiquement sur repeat. Loin de là. L’influence des années ’80, trop sentie, y est peut-être aussi pour quelque chose. Le manque d’originalité est frappant, mais surtout décevant. On ressent un certain effort à travers quelques pièces, notamment avec Mirror et la modulation robotique de la voix d’Alexander Otiz qui rapporte une énergie vers la fin de l’album, mais c’est trop peu, trop tard. Il manque globalement un petit quelque chose qui pourrait amener La Mort Pop Club à un autre niveau beaucoup plus accompli. Même si le groupe est connu pour être associé à un rock plus minimaliste qui réussissait à nous transporter dans un univers musical intense, il n’y arrive plus ici. Pourtant, avec une thématique tournant autour de l’ésotérisme, du surnaturel et de la mort, le potentiel était là. Mais, même à travers certains textes, on décroche facilement. C’est le cas de Sudden Little Death qui clôt l’album. Dommage, cette fois We Are Wolves n’a pas réussi à livrer un opus assez fort et constant.

2/5 Marie-Claude Savoie


AH! LA BOUFFE | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

Ah! la bouffe

QUALITÉ GÉNÉRALE

FAIBLE BON EXCELLENT

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BUDGET

PAS CHER MOYEN SORTIE DU MOIS

ON AIME AIME MOINS

Pizzeria Gemini

Pour l’amour de la pizza En décembre dernier, Olivier Ouellet apprend par sa compagnie d’assurance que la hotte de son restaurant de la rue St-Joseph n’est pas assez performante afin d’assurer une sécurité au bâtiment qu’il occupe. Il met la clé dans la porte de ses deux établissements, et trois mois plus tard, des adeptes de ses pizzas lancent un mouvement sur Facebook afin de sauver Gemini.

Marie-Claude Savoie

«

  Je pensais vendre il y a trois semaines  », affirme le jeune propriétaire un peu dépassé par les événements. C’est que, depuis quatre jours, Julie Tremblay-Potvin et ses amis ont lancé une campagne de financement pour sauver leur restaurant préféré et c’est déjà presque 16 000 $ qui ont été amassés. « Elle a créé une page Facebook pour demander aux gens si ça leur tentait d’acheter deux pizzas pour 50 $. La

demande était là », explique Olivier Ouellet. Il raconte qu’après les deux premières minutes du lancement de la campagne vers 8 h le 21 février sur le site indiegogo.com, 1 000 $ étaient déjà recueillis et qu’à 14 h, le compte était à 8 000 $. Mouvement social À peine une semaine après l’ouverture de la page Facebook « Québec aime Pizzeria Gemini », elle regroupe

maintenant 1 113 personnes. « Ce qui me surprend, c’est que ça devienne un mouvement social, que tout le monde embarque et se dit qu’on va la sauver la pizzeria  !  », lance l’entrepreneur. D’ailleurs, un des artistes exposant à l’intérieur du Gemini St-Joseph, NewJoeCool, a décidé de faire sa part en mettant aux enchères quelquesunes de ses œuvres. Cela permit de recueillir 1 200 $.

Questionné sur la motivation des donateurs, Olivier Ouellet pense que cela va au-delà de l’amour qu’ils portent à ses créations culinaires. «  Les gens essaient de le sauver [ Gemini ] pour son âme, sa vibe… Ils ne veulent pas le perdre ! » Après une douzaine d’années en restauration, il n’a jamais vu un tel engouement envers un restaurant. « Des dons, c’est assez inusité pour un restaurant ! » Mais le mouvement « Québec aime Pizzeria Gemini  » ne serait rien sans les réseaux sociaux. « 90 % de ce qu’on fait vient de Facebook. C’est ça qui est trippant. La campagne est partie et après les médias s’en sont intéressés, mais la campagne n’existerait pas si

PHOTO : MARIE-CLAUDE SAVOIE

Facebook n’existait pas », affirme le propriétaire qui décrit la plateforme web comme une forme de publicité facile et gratuite. La « pizz » au bout du tunnel Pour le moment, le cuisinier est persuadé que la campagne de financement sauvera sa jeune entreprise. Il prévoit avoir accumulé assez de dons d’ici deux semaines. Son objectif : 25 000 $. « Le montant de base servirait strictement à faire un dépôt sur une hotte et de m’entendre avec les fournisseurs. C’est beaucoup ce que ça peut engendrer d’être fermé pendant trois mois », soutient Olivier Ouellet, qui offrira les dons en surplus de son relancement d’entreprise à la banque alimentaire de St-Roch.

Le Cercle

Pour toute la soirée Quand vient le temps de sortir entre amis, difficile de passer une soirée complète au même endroit si on veut passer un moment diversifié en ambiances et en activités. Entre arts visuels, musique et bonne bouffe, le complexe du Cercle offre tout pour passer une soirée éclatée.

Marie-Claude Savoie

J

e connaissais bien la salle de spectacle du Cercle ainsi que son sous-sol, où nichent différentes expositions. La programmation rejoint tous les goûts, et c’est probablement un des bons endroits à Québec pour découvrir les artistes émergents de la province. Par contre, je ne m’étais jamais arrêtée à son restaurant ! Dès l’arrivée, on ne sent pas très dépaysés. Le restaurant est jumeau à la salle de concert, avec son plafond haut, son écran géant où l’on diffuse des images de la capitale et des paysages d’hiver, ainsi que sa cuisine qui y remplace la scène. Après une attente assez longue, on vient finalement nous accom-

pagner à notre table. Elle est tout juste devant la grande fenêtre en façade, ce qui permet de rester imprégné de l’ambiance du quartier. Ce soir-là, le restaurant est bondé et les tables très rapprochées les unes des autres donnent presque le sentiment de partager son repas avec son voisin. Mais bon, comme pendant un bon spectacle, faut pas avoir peur d’un peu de proximité ! À peine avons-nous pris connaissance du menu que notre serveur vient nous saluer. Il nous offre d’ailleurs « Le Curieux » du menu Mania. Le concept est simple, chaque saison le chef prépare une carte différente offerte sous forme de

dégustation. « Le Curieux » est composé de trois services en plus d’un dessert. Habituellement, comme on nous l’explique, il consiste en une entrée végétarienne, un poisson et une viande. Combinaison intéressante, surtout que chaque assiette nous demeure secrète jusqu’à son arrivée à la table. Pour l’entrée, une salade de courge, style salade de choux, accompagnée de jambon de canard, de verdure et d’une poêlée de champignons et de choux-fleurs. Le tout est très léger et les saveurs s’harmonisent bien. Toutefois, le goût vinaigré très prononcé pourrait déranger ceux qui n’en sont pas très friands !

Au tour du poisson. J’en suis déjà une fan invétérée, or j’étais très heureuse de voir se poser devant moi le petit pavé de truite. Légèrement cuit, il était fondant en bouche. Relevé d’une bonne huile d’olive, de courge, d’une purée de petits pois et d’autres légumes, on continuait dans la légèreté et la fraîcheur. C’est avec le plat de viande que j’ai compris pourquoi. Pour le troisième service, on nous apporte un énorme jarret de porc accompagné de différents légumes. La pièce de viande était bien juteuse et goûteuse. Le maïs en grains, les petits oignons ainsi que les courgettes ( légume phare du moment, on dirait ) avaient un bon goût de fumée et les bâtonnets de purée de pommes de terre frits étaient très onctueux, quoiqu’ils alourdissaient un peu l’assiette. Heureusement, ce dernier plat était à partager ! Avant de quitter Le Cercle, un petit gâteau composé de mousses au cho-

Le concept multidisciplinaire de l’endroit L’attente beaucoup trop longue à l’accueil

Excellent

colat et de cassis nous est présenté. Les saveurs sont délicates et terminent bien le repas. Il est à l’image de l’endroit : jeune et accessible, sans toutefois lésiner sur la qualité.


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SCIENCES ET TECHNO | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

Sciences et techno

Filtres sonores PHOTO : CLAUDY RIVARD

Professeur à la faculté de musique, Aaron Liu-Rosenbaum présente « Filt » ( filtres ) : un projet sonore interactif qui dresse un portrait de la ville de Québec tout en sensibilisant la population sur les pertes auditives. Impact Campus a pu visiter l’installation au pré-vernissage de jeudi.

cher, distordu des sons ) alors que de l’autre côté on perçoit les sons purs. » Les sons ont été modalisés avec un système professionnel de simulation de perte auditive qui s’appelle ÉOS. « Nous avons fait des recherches afin d’associer des échantillons avec des pertes précises. »

qui forment le trajet sonore sont répartis en différentes stations et diffusent des sons purs et des sons altérés qui sont regroupés sous trois catégories. Le professeur a capté des sons qui représentent sa perception de la ville. On y trouve donc des bruits d’eau ( Lac St-Joseph ), de la forêt ( écureuil, loup, oiseaux  ) ainsi que de la ville (concert de Madonna sur les plaines, trafic Charest/ Langelier, différents types de cloches ). « En fait, les églises ont une place prépondérante dans la ville de Québec et la définissent en quelque sorte. »

L’autre objectif du projet est de recréer les différents univers auditifs de la vieille capitale. Ainsi, les 36 enceintes et les 8 capteurs

Aussi, le chercheur et son équipe ont joué avec les capteurs de manière à ce qu’ils déclenchent des sons, mais pas nécessai-

Laurence Bombardier-Cauffopé

E

n collaboration avec le Laboratoire des Nouvelles Technologies de l’Image, du Son et de la Scène ( LANTISS ), le professeur Liu-Rosenbaum transforme le couloir menant aux locaux de recherche en un parcours sonore. Ce chercheur a eu un coup de cœur pour ce lieu isolé, tranquille et peu achalandé. Il a voulu exploiter l’espace, le faire découvrir tout en instruisant les visiteurs sur la perte des

fonctions auditives. D’ailleurs, il a travaillé avec des étudiants afin de conceptualiser l’ensemble du projet et de modéliser les sons en se rapprochant le plus fidèlement possible de la réalité. Au tout début du parcours par exemple, il y a deux enceintes qui font jouer des boucles sonores. « Nous avons modalisé les sons d’un côté ( coupé certaines fréquences, diminué le son pour qu’il soit nécessaire de s’appro-

rement dans l’enceinte située à proximité. On peut de cette façon déclencher un son qui sera diffusé ailleurs. C’est donc une interaction entre le visiteur et l’espace, mais aussi entre les visiteurs eux-mêmes. Le mouvement de chacun va affecter l’expérience de l’autre. Toutefois, le chercheur nous confie que cela demeure un art imprécis et qu’il s’agit de la première phase d’un projet pilote. Quand ? Du 22 février au 8 mars de 10 h à 17 h Où ? Local 3655 du pavillon Louis-Jacques-Casault. Entrée libre. www.lantiss.ulaval.ca

Nouvelle Chaire de recherche

iBiomat : Pour l’innovation en chirurgie

C’est le 13 février que la FSG de l’Université Laval, le CHU de Québec et son centre de recherche ainsi que le département de génie des mines, de la métallurgie et des matériaux ont officiellement lancé une nouvelle Chaire de recherche du Canada Tier I* en biomatériaux et bioingénierie : iBiomat. nouvelle Chaire de recherche. Cette dernière vise à expérimenter et à assurer l’innovation de la recherche sur la réparation, le remplacement et la régénération des tissus humains.

Valérie Désyroy Chef de pupitre sciences

L

es expertises de plusieurs groupes de recherche seront sollicitées dans le cadre de cette

iBiomat, qui sera dirigé par le Professeur Diego Mantovani, pourra compter sur un vaste spectre d’experts dans des domaines aussi variés que les domaines scientifique, clinique, médical, économique et industriel. Le prof. Mantovani a bon espoir que la mise en commun d’autant de compétences visant à

scientifique que la population par le biais de séminaires, de colloques, de conférences et d’ateliers de réflexion et de discussion.

trouver et à adapter des technologies innovantes pourrait avoir un effet majeur sur la santé et le bienêtre des patients. La volonté commune sera d’améliorer tant la qualité et l’espérance de vie de ceux-ci que le raccourcissement des séjours hospitaliers, en contribuant à la sophistication des dispositifs médicaux dans le traitement des maladies récidives. L’objectif stratégique est notamment d’élargir et d’améliorer leur qualité et leur utilisation.

Lors du lancement, outre M. Mantovani, plusieurs acteurs ont pris la parole afin d’assurer leur fierté et leur implication à rendre ce projet commun florissant  : Mme Gertrude Bourdon ( directrice générale du CHU ), Mme Lucie Germain ( directrice de l’axe en médecine régénératrice du CHU de Québec , M. André Darveau (doyen de la Faculté de sciences et de génie) et Dr Yvan Douville ( directeur du département de chirurgie de la Faculté de médecine ).

En pratique, iBiomat visera à impliquer tant la communauté

Le site Internet de la Chaire iBiomat sera d’ici peu fonctionnel.

En attendant, celui-ci propose de s’inscrire afin de recevoir un avis électronique dès le lancement officiel du site: http://www.ibiomat. ulaval.ca/ * Chaire du fédéral sénior niveau 1 ( versus junior niveau 2 )

PHOTO : COURTOISIE, ULAVAL, DÉPARTEMENT GMN


SCIENCES ET TECHNO | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

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Comment perdre une réputation en deux images ? Maya Saleh, une prolifique chercheuse en infectiologie et immunologie à la faculté de médecine de McGill depuis 2005, fait l’objet d’une enquête approfondie par l’Université McGill à la suite d’allégations de « manquement à l’intégrité en matière de recherche ».

Catherine Gilbert

C

’est sur le blogue Retraction Watch qu’il était possible de lire la semaine passée que Maya Saleh, professeure associée à l’Université McGill, faisait l’objet d’une enquête concernant quatre articles scientifiques dont elle était co-auteure. Elle ferait face à des allégations de « manquement à l’intégrité en matière de recherche ». C’est dans la revue Nature, en 2006, que l’on peut trouver deux figures qui auraient été falsifiées intentionnellement. De plus, une des deux figures en question se retrouverait également dans un second article paru dans Proceedings of the National Academy of Sciences ( PNAS ) en 2008.

Le comité affirme que les retouches apportées à ces figures ne remettent toutefois pas en question les conclusions de l’étude. Néanmoins, il recommande que des corrections soient apportées aux deux articles et en a prévenu les rédacteurs en chef de Nature et de PNAS. Il faut savoir qu’il n’est pas possible d’identifier spécifiquement la personne coupable de cette falsification. Par contre, puisque Maya Saleh figure comme première auteure de l’article dans Nature, elle doit assumer une part des responsabilités puisqu’elle était responsable du contenu.

Un troisième article paru en 2008 dans la revue Cell Host and Microbe contiendrait également des imperfections ayant été retouchées. En sciences et dans bien d’autres domaines, il n’est pas acceptable de procéder à des modifications de ce genre. Ce qui n’aide pas la cause des chercheurs coupables, c’est que les clichés originaux obtenus lors des expérimentations n’ont pas été retrouvés. Selon le comité, les irrégularités relevées dans un quatrième article publié dans Immunity en 2009 sont quant à elles « dues aux artefacts créés lors de la numérisation de l’article pour la publication ».

PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN IMPACT

Photos tirées de la revue Nature. CAMPUS

Il est vrai que parfois un chercheur serait tenté de modifier ces résultats à l’aide d’un logiciel comme Photoshop, mais cette pratique n’est pas acceptable. Le but d’une recherche scientifique reste la découverte d’éléments nouveaux et non de rendre des résultats plus probants. Maintenant, les grandes revues scientifiques se

protègent en ajoutant dans le processus d’évaluation par les pairs une vérification des images afin de s’assurer qu’elles n’ont pas été trafiquées. Dans certaines revues prestigieuses, les pairs évaluateurs sont même invités à reproduire certains des résultats avancés afin de corroborer les conclusions des auteurs.

Projet d’identification biométrique majeur en Inde Morpho, une filiale spécialisée dans la gestion d’identité par solutions électroniques intégrées, participe présentement à mettre sur pied un très vaste système d’identification en Inde. L’objectif du gouvernement indien et de ses partenaires : fournir à tous les Indiens un numéro d’identification unique dont ils pourront se servir dans la vie courante.

Pierre Olivier Forget

P

our ce faire, les résidents indiens devront se soumettre à un test d’identification dit « multibiométrique ». En effet, Morpho, le numéro un dans le domaine des documents biométriques électroniques, fournira un logiciel qui permettra d’identifier un individu à partir de données biométriques telles que ses empreintes digitales, l’iris de son œil et une photographie de son visage. À partir de ces données et des données personnelles qui seront recueillies par l’autorité indienne pour le numéro d’identité unique ( UIDAI ), chaque Indien se verra attribuer un numéro unique à douze chiffres. Projet à forte dimension sociopolitique En Inde, des centaines de millions d’habitants, souvent les plus démunis, sont sans-papiers et n’ont

donc pas d’identité formelle. Soulignons que selon la Banque mondiale, 40 % des Indiens vivraient sous le seuil de la pauvreté. « Seule une minorité n’a aucun problème pour s’identifier », affirme le directeur général de Morpho en Inde, Joachim Murat. Chaque année, le gouvernement indien tente de verser 50 milliards de dollars aux plus défavorisés, mais à cause des failles de sécurité du système, la majeure partie des fonds est souvent détournée. En attribuant un numéro d’identification unique à chaque habitant, les problèmes d’identification qui incombent actuellement à l’Inde seront enrayés. Ce numéro servira notamment aux plus démunis. Comme l’indique le directeur général de Morpho, « avec le numéro d’identité, ils vont pouvoir

recevoir de l’argent sur un compte, avoir plus facilement accès aux soins et à l’éducation pour leurs enfants. Ce projet est un modèle de développement social unique ». De plus, les Indiens qui n’avaient pas d’identité pourront désormais accéder aux prêts bancaires, à la retraite, aux assurances, et pourront enfin s’assurer que l’argent qui leur est destiné se retrouve réellement dans les bonnes mains. Bref, ce programme permettra l’intégration financière d’un plus grand nombre d’Indiens qu’on aurait pu l’imaginer auparavant. Projet d’envergure Évidemment, doter 1.2 milliard d’Indiens d’un numéro d’identification unique ne se fera pas du jour au lendemain. Les coûts de ce projet sont estimés à

PHOTO : COURTOISIE, FLICKR, TWISTITI, CREATIVE COMMONS

trois ou quatre milliards de dollars. 250 agences d’enrôlement recueillent présentement les informations des habitants, et ce, même dans les régions les plus reculées de l’Inde. Depuis le début du projet, quelque 200 millions d’Indiens ont déjà été identifiés. L’objectif du gouvernement et de ses partenaires est d’atteindre le milliard d’ici quatre ans.

Comme pour tout projet impliquant un changement sociopolitique, certains observateurs et critiques demeurent réticents. En Inde, quelques résidents craignent que le gouvernement ne s’empare d’un trop grand nombre d’informations personnelles sur les habitants. Un projet de loi définissant les limites de ce système sera donc prochainement évalué en profondeur au parlement.


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SPORTS | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

Sports

Pas comme prévu PHOTO : ARCHIVES IMPACT CAMPUS, CLAUDY RIVARD

L’équipe masculine de volleyball du Rouge et Or a bien failli se faire surprendre par les Carabins de l’Université de Montréal en finale provinciale. Toutefois, les protégés de Pascal Clément ont su terminer le boulot pour acquérir un 8e titre consécutif. dernière, le Rouge et Or prenait un net avantage sur le titre de champion québécois. Les Carabins n’ont toutefois pas abandonné et ont offert une excellente opposition lors des deux rencontres qui ont suivi.

Raphaël Bergeron-Gosselin Chef de pupitre sports

E

n remportant le premier match de la série la semaine

Vendredi soir, les Montréalais accueillaient les favoris au CEPSUM. Ce que personne ne croyait possible s’est produit, les Carabins ont vaincu le Rouge et Or en 3 manches. La série de victoires du Rouge et Or dans le cir-

cuit du RSEQ s’est donc arrêtée à 100. Il s’agissait de la première fois depuis 2006 que le Rouge et Or devait disputer un match ultime en finale provinciale. La tension se faisait sentir, malgré que les deux équipes étaient assurées de pouvoir se présenter au championnat canadien. La rencontre a bien mal débuté pour les locaux qui ont échappé la première manche 25-17, mais ils

Nouvelles en brèves Raphaël Bergeron-Gosselin

Cheerleading

Soccer

La formation de cheerleading du Rouge et Or en était à sa deuxième compétition cette saison. Suite à leurs deux performances, les athlètes lavallois se sont classés au 3e rang derrière l’Université de Montréal et l’UQAM. La première représentation ne s’est pas très bien déroulée, mais les Lavallois ont su se reprendre avec brio pour terminer en force.

La formation masculine de soccer avait besoin d’une partie nulle ou d’une victoire pour s’assurer du premier au classement général. Grâce à leur victoire de 4 à 1 sur les Stingers de Concordia, la troupe de Samir Ghrib s’est fait décerner un laissez-passer direct en demifinale provinciale. Il s’agit du 4e titre de champion de la saison consécutif pour les Lavallois.

Basketball Les deux équipes de basketball terminaient leur saison cette fin de semaine et c’est avec deux victoires que cela s’est produit. Les femmes ont eu le meilleur sur les Stingers de Concordia en prolongation au compte de 67-62, et les hommes ont dominé les Stingers en l’emportant 84-62. Malheureusement, les hommes n’ont pas été en mesure de se qualifier pour les séries, une première en 13 ans.

ont su se rattraper en remportant la seconde par le même pointage. Après avoir remporté la 3e manche en se donnant ainsi une option sur la partie, les Bleus sont revenus de l’arrière pour créer l’égalité et forcer la présentation d’une manche ultime. Les partisans présents ont eu droit à tout un spectacle alors que les deux équipes s’échangeaient les devants. Ce sont finalement les locaux qui l’ont emporté au compte de 15-13. Visiblement étonné, l’entraîneurchef du Rouge et Or, Pascal Clément, ne camouflait pas la difficulté éprouvée par ses joueurs à gérer la situation. « On s’est laissé surprendre. Ça a changé notre état d’esprit en l’espace d’un clin

d’œil, comme lors d’un accident d’automobile. Les joueurs ont eu besoin d’aller puiser dans leurs ressources pour contrôler l’agressivité et la frustration tout en gardant le focus sur la tâche à accomplir », a-t-il expliqué. Cette intense finale aura toutefois été positive pour son équipe selon Clément. « On a souvent pointé du doigt, au cours des 10 dernières années, le manque d’intensité avant le championnat canadien, pour mieux nous mettre dans le bain. Cette fois-ci, ça n’a pas été le cas. Il faut maintenant se libérer de tout ça, car c’est derrière nous. Il faut profiter des sept prochains jours », a avoué l’entraîneur.

Athlétisme Natation Cette fin de semaine, les formations de natation du Rouge et Or étaient à Calgary pour se disputer les championnats nationaux. Les hommes ont pris le 5e rang, tandis que les femmes ont dû se contenter de la 7e place. Le nageur Dominique Massie-Martel a été le seul athlète lavallois à remporter une course, en mettant la main sur le titre de champion du 100m style libre. Massie-Martel s’est vu attribuer une place sur l’équipe d’étoiles du circuit universitaire canadien.

Le championnat provincial d’athlétisme avait lieu cette fin de semaine et la formation masculine n’a pas été en mesure de repartir avec la bannière de champion pour une troisième année consécutive. L’équipe s’est classée 2e derrière le Vert et Or de Sherbrooke. De leur côté, les femmes ont terminé au 3e rang. Sans récolter de bannière de champion, plusieurs athlètes ont excellé sur le plan individuel. Laurence Côté a récolté 3 médailles d’or et une de bronze, et chez les hommes, Alexandro Allison Abaunza a mis la main sur 4 médailles.


SPORTS | IMPACTCAMPUS.QC.CA | MARDI 26 FÉVRIER 2013

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Bonne semaine pour les Remparts Québec avait trois rencontres à l’horaire cette semaine, dont un voyage de deux matchs en Abitibi. L’équipe a récolté quatre points sur une possibilité de six, ce qui ne l’a pas empêchée de glisser d’un rang au classement général.

Mathieu Turgeon

M

ardi, l’Armada de BlainvilleBoisbriand était en ville. Les troupiers de Patrick Roy se sont rapidement imposés, marquant les trois premiers buts de la rencontre. Les deux premiers sont venus de l’attaquant Anthony Duclair avec ses 17e et 18e de la saison. En début de deuxième, Kurt Etchegary a profité d’un avantage numérique pour accentuer l’avance des siens. L’Armada a ensuite tenté une remontée quand Yasin Cisse et Samuel Carrier ont ramené le pointage à 3-2. Frédéric Bergeron a toutefois freiné leurs élans en inscrivant son neuvième de la saison dans un filet désert. Pour le reste de la semaine, Québec se déplaçait en Abitibi en commençant avec un arrêt à

Rouyn-Noranda vendredi. Les Remparts ont bien commencé la rencontre en marquant deux fois en première période avec des buts de Jason Houde et d’Anthony Duclair, qui donnaient l’avance à l’équipe de la Vieille Capitale 2-0. Au hockey, les entraîneurs parlent toujours de l’importance de jouer les soixante minutes, ce que les Remparts n’ont pas fait. Les Huskies en ont profité en inscrivant trois buts en un peu plus de trois minutes au milieu du deuxième vingt, chassant par le fait même Zachary Fortin de la rencontre. Rouyn-Noranda menait alors 3-2. Steven Mercier a ajouté un but dans un filet désert pour confirmer la victoire des Huskies et mettre fin à la séquence de six victoires de suite des Remparts.

Samedi, Québec terminait sa semaine à Val-d’Or pour y affronter les Foreurs. Brent Turnbull a ouvert la marque pour les Remparts après seulement deux minutes et demie. La réplique des locaux est survenue en avantage numérique avec le 26e de la saison de leur capitaine Cédrick Henley. En deuxième période, les deux équipes se sont échangées un but et l’égalité tenait toujours après quarante minutes de jeu. Québec a explosé au troisième vingt avec quatre buts. Adam Erne a inscrit son 24e de la présente campagne profitant d’un avantage numérique. Deux minutes plus tard, Nick Sorensen a déjoué Philippe Trudeau pour accentuer l’avance des Remparts à 4-2. Peu après, les Foreurs ont eu un regain de vie quand Brandon

Hynes a marqué son deuxième but du match, réduisant l’avance des Diables rouges à un but. Pour la deuxième fois cette semaine, Frédéric Bergeron est venu redonner le momentum à son équipe avec un cinquième but pour Québec. Nick Sorensen a marqué le filet d’assurance dans une cage déserte. Les deux gardiens ont été très solides dans la rencontre. Trudeau a bloqué 35 des 40 tirs auxquels il a fait face tandis que François Brassard n’a cédé que trois fois sur cinquante lancers. Avec la bonne saison qu’ils connaissent, les Remparts sont maintenant assurés d’une participation aux séries éliminatoires. Cette semaine, Québec recevra respectivement au Colisée les Saguenéens de Chicoutimi mardi, les Voltigeurs de Drummondville vendredi et les Wildcats de Moncton samedi. Moncton a actuellement seulement un point d’avance sur les Remparts.

LIGUE DE HOCKEY JUNIOR MAJEUR DU QUÉBEC

2012-2013 SAISON RÉGULIÈRE CLASSEMENT GÉNÉRAL

1. Halifax, Mooseheads 2. Rimouski, Océanic 3. Blainville-Boisbriand, Armada 4. Baie-Comeau, Drakkar 5. Moncton, Wildcats 6. Québec, Remparts 7. Rouyn-Noranda, Huskies 8. P.E.I., Rocket 9. Val-d’Or, Foreurs 10. Drummondville, Voltigeurs 11. Victoriaville, Tigres 12. Chicoutimi, Saguenéens 13. Gatineau, Olympiques 14. Acadie-Bathurst, Titan 15. Saint John, Sea Dogs 16. Sherbrooke, Phoenix 17. Shawinigan, Cataractes 18. Cape Breton, Screaming Eagles


Impact Campus 26 février 2013  

Journal des étudiants de l'université laval

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