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Arts & Culture

LA POLITIQUE ARTISTIQUE

LE MARDI 11 SEPTEMBRE 2012

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Sciences & technologie

PRÉDICTIONS « FOUDROYANTES » 12 Sports

impactcampus.qc.ca

VOLUME 26 | N° 2 |

VOTRE JOURNAL EST RECYCLABLE !

LE CYCLISME ENVAHIT QUÉBEC

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FRAIS DE SCOLARITÉ

Le PQ sous haute surveillance PHOTO  : PASCAL HUOT

La fin des relations diplomatiques p.11


éditorial Directeur général : Marc-Antoine S. Rioux direction@impact.ulaval.ca Rédacteur en chef : Hubert Gaudreau redaction@impact.ulaval.ca Chef de pupitre actualités : David Rémillard actualites@impact.ulaval.ca Chef de pupitre arts : Miléna Babin arts@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sports : Raphaël Bergeron-Gosselin sports@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sciences : Pierre-Louis Curabet sciences@impact.ulaval.ca Directrice de la photographie : Claudy Rivard photos@impact.ulaval.ca Production : Laura Lukyniuk Stéphanie Turgeon-Girard production@impact.ulaval.ca IMPACT CAMPUS 1244, pavillon Maurice-Pollack, Université Laval, Québec, G1K 7P4 Téléphone : ( 418 )  656-5079 Télécopieur : ( 418 ) 656-2398 Publicité : Fabrice Coulombe Téléphone : ( 418 ) 656-3979 publicite@impact.ulaval.ca Journalistes : Mathieu Turgeon, Sébastien Blondeau, Laurence BombardierCauttopé, Martin Mercier, Justine Pomerleau Turcotte, Xuan Hoang, Claudia Lafleur, Anne-Laure Nivet, Marie-Hélène Jacques Correctrice : Marilou Cloutier Photographes : Pascal Huot. Marilou Villeneuve, Josée Normandeau Conseil d’administration : Alexandre Paré, Cyril Schreiber, Benjamin Jébrak, Didier Ouellet, Guillaume Arsenault, Jérémie Lebel,Pier-Luc Gauthiert, Sarah Chahine IMPACT CAMPUS ne se tient pas responsable de la page CADEUL ( 7 ), dont le contenu relève entièrement de la CADEUL La publicité contenue dans impact campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal qui est disponible pour consultation au : http ://www.impactcampus.qc.ca/index. php ?etat=pub.

Impression : Publications Lysar inc. Tirage : 10 000 exemplaires Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale. Impact Campus, le journal des étudiants et étudiantes de l’Université Laval.

Le pays de la honte L

a première fois que je me suis battu ( la seule fois ), je devais avoir dix ans environ. Je suis d’ordinaire quelqu’un de très pacifique, mais cette fois-là, la paix avait cédé sa place à la rage. Je ne me rappelle plus trop pour quelle raison d’ailleurs, probablement une de ces chicanes d’enfant qu’on oublie rapidement. Non seulement je me battais pour la première fois, mais j’allais aussi, pour la première fois, faire face à l’humilitation de la défaite. À dix ans je rencontrais la haine dans sa plus intense forme. Au fil des années, je l’ai revue à maintes reprises s’inscrire dans l’histoire. Jusqu’à mardi dernier, où c’était d’une balle en plein coeur de la démocratie qu’elle sut laisser sa marque. En marge de tout ce qui se déroulait au Métropolis le soir des élections, des commentaires se rédigeaient. Du « Dommage qu’il l’ait ratée! » à « On aura bien une autre chance de lui en tirer une balle dans la tête », plusieurs trouvaient leur façon de faire honte à l’humanité tout entière. Sommes-nous à ce point déconnectés de la réalité pour pouvoir, de notre clavier, lancer ce genre de missive que l’on croit sans répercussion ? Est-ce d’abrutissement dont font preuve tous ces gens ou est-ce plutôt d’ignorance ? Savent-ils seulement que le cyber-espace n’en est pas un très éloigné de la réalité ? Un jour nous comprendrons peut-être que ces tentatives d’anéantissement de l’autre ne sont que des pas de plus vers l’auto-destruction commune. Étrangement, j’écris ces mots à contre-cœur, trop incertain de ce que j’avance et sachant plutôt que le Québec sombrera sûrement, tristement, dans l’humiliation et la défaite morale. À dix ans, je me suis battu pour la première fois et j’ai compris que ça allait être la seule fois ; le Québec lui se battra toujours, sans jamais comprendre. J’ai honte,

Hubert Gaudreau

Assemblée générale d’Impact Campus 18 septembre 11:30 à 14:00 2320 Pavillon Desjardins Un petit gouter sera servi sur place.

Courrier des lecteurs Envoyez-nous vos impressions ( critiques, commentaires, chocolats... ) avant le samedi minuit à l’adresse suivante redaction@impact.ulaval.ca

OPINIONS | IMPACT CAMPUS | MARDI 11 SEPTEMBRE 2012

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L'homme derrière le Kalachnikov

p. 6

Pilule  : Un bon coup qui rapporte

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UNIVERSITÉ LAVAL FRAIS DE SCOLARITÉ

PQ : De la parole aux actes Le conflit étudiant passera de la rue à l’Assemblée nationale cet automne. Le Parti québécois, élu le 4 septembre dernier, a réitéré la semaine dernière son intention d’annuler la hausse des frais de scolarité par décret ministériel et de tenir un sommet sur l’éducation. Chez les opposants à la hausse, on attend de voir si le PQ passera de la parole aux actes, alors que les pro-hausses continuent de dire qu’il s’agit d’une mesure irresponsable.

David Rémillard

T

ous les yeux seront rivés sur le PQ et Pauline Marois cet automne. La nouvelle première ministre a promis durant sa campagne électorale et au printemps dernier d’abolir la hausse des frais de scolarité de 1779  $ sur sept ans annoncée par le gouvernement libéral de Jean Charest. Elle s’est également engagée à annoncer la date de tenue des États généraux de l’éducation postsecondaire au Québec dans les 100 premiers jours d’un mandat péquiste. Des promesses qui n’attendent que d’être honorées, selon les associations étudiantes de l’Université Laval. À l’Université Laval, à l’Association des étudiants et étudiantes inscrits aux études supérieures ( AÉLIÉS ), l’élection du PQ a mis fin à la grève pour ses 11 000 membres. Au lendemain du scrutin, 93  % des étudiants de 2e et 3e cycles présents à l’assemblée générale de grève ont voté pour un retour en classe. Son président, Patrice Vachon, croit même qu’il s’agit d’un scénario « presque rêvé si tout se concrétise  ». «  Ça fait plusieurs années qu’on demande des États généraux  ». L’AÉLIÉS travaillera tout l’automne à élaborer son mémoire en vue du sommet sur l’éducation. Du côté de la Confédération d’associations d’étudiants de l’Université Laval ( CADEUL ), « on est très contents » de la promesse

d’abroger la loi 12 (  anciennement 78 ) et d’annuler la hausse des droits de scolarité. On attend toutefois de voir les projets se concrétiser. « On ne crie pas victoire trop tôt. Avec un gouvernement minoritaire, on ne sait pas ce qui peut arriver », lance prudemment Romain Thibaud, vice-président aux communications. La CADEUL planchera elle aussi sur un mémoire en vue des États généraux devant être annoncés. Le spectre de la gratuité La gratuité scolaire fait toujours partie des demandes de plusieurs étudiants et étudiantes. Bien que l’élection du PQ et la promesse de tenir des États généraux sur l’éducation aient permis un retour en classe pour tous les étudiants, il y a encore du chemin à faire, selon certains partisans. «  Nous on voit ça [ l’élection du PQ ] comme un pas dans la bonne direction », explique Jérémie Tremblay, coordonnateur à l’information à l’Association des étudiants en sciences sociales de l’Université Laval AESS. Mais « ce qu’on a moins aimé, c’est que la gratuité a été totalement écartée des débats ». La Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a tenu un discours similaire au lendemain des élections le 5 septembre dernier. « De notre côté, nous continuerons à marteler que la gratuité

scolaire demeure la seule façon d’atteindre une accessibilité aux études sans discrimination  », lançait Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE.

On ne crie pas victoire trop tôt. Avec un gouvernement minoritaire, on ne sait pas ce qui peut arriver — Romain Thibaud, CADEUL Les recteurs muets Denis Brière, recteur de l’Université Laval, qui est aussi président du conseil d’administration de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec, n’a pas voulu commenter la victoire du PQ. Toutefois, la CRÉPUQ a publié un communiqué la semaine dernière félicitant Mme Marois d’être devenue la première femme à occuper la fonction de première ministre. La CRÉPUQ s’est également engagée à travailler en étroite collaboration avec les nouveaux élus. Rappelons que la CRÉPUQ a soutenu la hausse des frais de scolarité annoncée par le ministre des Finances sortant, Raymond Bachand.

Les scènes de manifestation devraient se faire plus rare cet automne, alors que le débat déménage à l'Assemblée nationale. PHOTO : ARCHIVES IMPACT CAMPUS, MATHIAS NICOLAS

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ACTUALITÉS | IMPACT CAMPUS | MARDI 11 SEPTEMBRE 2012

La défaite des libéraux de Jean Charest signifie pour certains la fin du conflit. PHOTO : PASCAL HUOT

Pro-hausse déçus D

es partisans de la hausse sont toutefois déçus sur le campus de l’Université Laval. C’est le cas de Mathieu Loiselle, vice-président aux Finances de l’Association des étudiants en administration de l’Université Laval, qui estime qu’abolir la hausse en début de mandat « est irresponsable ». Selon lui, il serait plus logique pour Pauline Marois de réaliser des États généraux sur le financement de l’éducation postsecondaire avant de prendre une décision. « C’est un moyen précipité », juge-t-il. Même son de cloche de Justin Lefebvre, vice-président aux Communications à l’Association des étudiants en génie mécanique. « C’est dommage », lance-t-il d’entrée de jeu concernant l’élection du PQ. Selon lui, les universités auraient grandement profité d’une hausse. « Il y aurait plus de budget pour l’enseignement, plus de budget pour les projets », croit-il. « À court terme on va payer moins cher, mais le problème est à long terme ». Il serait toutefois surprenant de voir les étudiants en faveur de la hausse sortir dans les rues pour manifester leur mécontentement, ajoute M. Lefebvre. « Personne ne va sauter dans les murs. Les étudiants en science et génie ne sont pas super engagés. Le monde est un peu neutre ».

David Rémillard


UNIVERSITÉ LAVAL FRAIS DE SCOLARITÉ

Rattrapage : La facture au ministère L’Université Laval demandera au ministère de l’Éducation de rembourser les frais encourus par la grève étudiante. Les facultés et les départements touchés sont actuellement à calculer les coûts supplémentaires engendrés par le conflit étudiant.

David Rémillard

L

’Université Laval, même si moins sévèrement touchée par le conf lit, subit les conséquences des moyens de pression étudiant de l’hiver dernier, assure Bernard Garnier, vice-recteur aux Études de l’Université Laval. Quelques départements de programme, dont philosophie, anthropologie et certains secteurs d’histoire, doivent composer avec des modalités de rattrapage des cours de la session d’hiver 2012, et un début de session d’automne retardé au 1er octobre. Des dispositions qui forcent le vice-rectorat aux Études à donner de nouveaux contrats aux chargés de cours et à payer des heures supplémentaires aux professeurs touchés. La double rentrée scolaire,

soit la rentrée régulière du 5 septembre et celle du 1er octobre, ajoute pour sa part des frais de logistique. Et l’Université Laval a bien l’intention de refiler la facture au ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sports (  MELS  ). «  On a demandé à chaque faculté de nous dire et de documenter les coûts supplémentaires encourus par le rattrapage  », affirme M. Garnier. Le même exercice devrait se faire dans les autres universités du Québec, ajoute-t-il. Une minorité Selon Bernard Garnier, 95  % des cours à la session d’hiver 2012 ont été donnés et se sont terminés dans les délais prévus. Seuls quelques centaines des

44 000 étudiants sur le campus auront à vivre avec des horaires modifiés, poursuit-il. Pourtant, cela n’a pas empêché le conflit étudiant d’accaparer temps et énergie au vice-rectorat aux Études. «On a travaillé presque tout le temps sur la grève depuis le mois de février». Par les profs, pour les profs L’Université Laval a opté pour une approche décentralisée pour établir ses modalités de rattrapage. Les professeurs, chargés d’enseignement et la direction des différents programmes, ont eux-mêmes conçus les horaires et plans de cours spéciaux. Les documents étaient ensuite remis au vice-rectorat, qui un par un, les a approuvés. « Ça part

Bernard Garnier, vice-recteur aux Études. PHOTO  : COURTOISIE, UNIVERSITÉ LAVAL

vraiment du vécu de la base de chaque programme  », explique Bernard Garnier. « Catastrophique » Bernard Garnier juge par ailleurs catastrophique la présence policière sur les campus de certaines universités, comme l’Université du Québec à Montréal ou l’Université de Montréal il y a deux

semaines. «  On ne peut pas donner des cours quand il y a des policiers dans les salles de classe ». Selon lui, «il faut créer les conditions pour que les gens veulent étudier», ajoutant que l’Université Laval a pris les mesures pour respecter les choix des étudiants et ainsi éviter des scènes telles que celles connues lors du conf lit étudiant.

Programme de jumelage des étudiants étrangers Nous recherchons des étudiants disponibles quelques heures par semaine, pendant les premières semaines de la session, pour aider les nouveaux étudiants étrangers à se familiariser avec le campus et la ville, leur nouveau milieu de vie et d'études.

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Inscription et information • En ligne : www.bve.ulaval.ca • En personne : Bureau de la vie étudiante Pavillon Alphonse-Desjardins, local 2344 418 656-2131, poste 16741 Pa courriel : • Par Programmedejumelage@bve.ulaval.ca

Saviez-vous que l'Université Laval accueillera cette année plus de

1200 nouveaux étudiants étrangers?

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UNIVERSITÉ LAVAL

en bref DISCOURS DU RECTEUR LE 25 SEPTEMBRE

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L’homme derrière le Kalachnikov Raphaël Lavoie

raphael.lavoie.1@ulaval.ca

A

llez, avouez-le, nous sommes tous un peu voyeurs. Les sous-vêtements qui pendent sur la corde à linge des voisins passent rarement inaperçus, tout comme les nombreux liftings de Steven Tyler ou Johnny Hallyday. C’est dans la nature humaine. On ne peut pas y faire grand-chose et notre époque un peu folle n’aide en rien. Maintenant, dites-moi que vous n’avez rien lu sur Richard Henry Bain, l’homme soupçonné d’avoir perpétré l’attentat de mardi dernier au Métropolis. Dites-moi sérieusement que vous n’étiez pas du tout curieux de connaître l’homme derrière le Kalachnikov. Ses déboires avec les instances municipales, ses 22 armes à feu, sa passion pour le Canada et le plein air, son mince passé judiciaire ( entre autres une amende pour avoir fait crisser ses pneus, attention tout le monde ), tous les détails de sa vie récente ou presque sont passés sous presse. Je n’en avais plus assez de mes dix doigts afin de compter tous les articles d’information périphérique parus sur Richard Henry Bain la semaine passée. C’est tout dire. En voulez-vous du croustillant ? En voilà ! Devant l’incompréhension des Québécois pour cet acte immonde, les médias ont tenté de trouver un sens aux actions de M. Bain. Et il n’y a rien de répréhensible là-dedans. C’est bien le rôle des entreprises de presse après tout. Chercher. Trouver des réponses. Pourtant, je n’ai pu réprimer un certain malaise devant un tel éventail de la vie privée d’un présumé assassin. Je n’ai pu m’empêcher d’y voir une forme plutôt malsaine de voyeurisme. Les médias ne sont pas à blâmer. Sans intérêt du lectorat, ces articles n’existeraient pas. La loi universelle de l’offre et de la demande s’applique partout, même aux entreprises de presse. Il faut davantage se questionner quant à notre volonté collective de tout savoir sur tout, en particulier lorsqu’il est question de suspects criminels. Sommes-nous capables en tant que société de tracer la ligne entre l’information utile et celle que l’on consomme par curiosité gourmande ? Que l’on discute des dernières frasques alcooliques de Charlie Sheen autour de la machine à café, je peux encore comprendre. Que l’on s’échange par courriel un lien menant à une vidéo présentant le démembrement d’un étudiant chinois par un désaxé, là, je n’y vois foutrement pas l’intérêt. Et ça me désole. Le profil de Richard Henry Bain n’est pas du même calibre que celui de Luka Rocco Magnotta. Toutefois, le principe de curiosité morbide reste le même. À trop vouloir en savoir, on finit par encore moins comprendre. Dans ces deux cas, et dans plusieurs autres, il y aura un procès. Et viendront alors les réponses. Plutôt que de fouiller frénétiquement le passé de ces présumés tueurs, pourquoi ne pas attendre ? En tout cas, moi, j’attendrai.

JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS POUR LA SECTION ACTUALITÉS Contactez : actualites@impact.ulaval.ca

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e recteur Denis Brière présentera le premier discours de son second mandat le 25 septembre prochain au Théâtre de la cité universitaire du pavillon Palassis-Prince. Il a été réélu le 1er mai dernier par les 146 membres du collège électoral. Il lui aura fallu quatre tours de scrutin pour devancer ses quatre adversaires. M. Brière a finalement obtenu 80 votes contre 59 pour son principal opposant, François Blais, doyen de la faculté des Sciences sociales, qui a terminé deuxième de la course.

D.R.

PILULE

Un bon coup qui rapporte

Alexandre Clément, créateur du projet Pilule, un site alternatif au module de gestion des études Capsule, a trouvé un emploi dans le domaine du Web en partie grâce à son adaptation du site universitaire. Une deuxième version du site sera d’ailleurs disponible d’ici quelques jours.

David Rémillard

PHOTO : CAPTURE D'ÉCRAN : IMPACT CAMPUS

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l y a un an, devant l’insatisfaction d’un nombre important d’étudiants face à Capsule, site de gestion des études de l’Université Laval implanté en 2009 au coût de plusieurs millions de dollars, l’étudiant en études internationales avait décidé de « rendre service » à la communauté. Son projet, Pilule, reprend les informations de Capsule dans une interface épurée, facilitant la navigation. Un an plus tard, c’est à luimême et à sa jeune carrière de développeur Web qu’Alexandre Clément a rendu service. «  Je peux mettre ça sur mon curriculum vitae, c’est quand même une bonne opportunité », lance-t-il en entrevue à Impact Campus. Il ne cache pas qu’il s’agit du fait saillant de son CV et du projet qui attire le plus l’attention lorsqu’on étudie son portfolio. «  Les gens sont curieux quand ils voient ça. C’est plus facile », admet-il. Et pour cause, après avoir obtenu un premier contrat cet été, Alexandre Clément débutera un nouvel emploi comme

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développeur Web cet automne sans jamais avoir étudié dans le domaine.« C'est devenu mon activité principale ».

Je peux mettre ça sur mon curriculum vitae, c’est quand même une bonne opportunité Nouvelle version Une mouture 2.0 de Pilule devrait apparaître d’ici quelques jours, confirme par ailleurs M. Clément. «  L’interface a été refaite et les horaires spéciaux y sont ajoutés », précise-t-il. Le jeune créateur attend tout simplement d’avoir accès aux serveurs de l’Université Laval, lesquels hébergent désormais le projet. Les codes sources du logiciel seront également disponibles pour les internautes, une sorte de gage de sécurité puisque chaque utilisateur pourra s’assurer du fonctionnement de Pilule.

Mal reçu Quelques semaines après l’arrivée de Pilule en août 2011, la direction de l’Université Laval, via le Bureau de la sécurité des informations ( BSI ), avait contacté Alexandre Clément pour discuter du site. LE BSI s’inquiétait notamment des usurpations d’identité. On craignait alors que Pilule ne pouvait offrir la même sécurité de navigation qu’un site approuvé par l’Université Laval. La situation a rapidement changé. L’UL a finalement approuvé le site et a permis l’hébergement de Pilule sur ses serveurs. En échange, Alexandre Clément a obtenu un contrat pour entretenir le site et effectuer les mises à jour. «  L’Université a d’abord été froide. Maintenant ils sont plus enthousiastes  », note M. Clément. L’UL ne vantera toutefois pas les mérites du jeune étudiant. «En fait, je pense qu’ils approuvent le projet mais n’en font pas la promotion», précise-t-il. «On a compris qu’on était du même côté» et que tout était sécuritaire.


Critique de Quelque part en Amérique

p.9

Critique CD : Manu Militari

p.10

Lancement Dirty Red Shoes

p.10

La politique artistique L’Œil de Poisson accueillera, du 7 septembre au 7 octobre, l’exposition de Maxime Galand, intitulée Politiscothèque.

Miléna Babin

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uatre murs blancs, stériles, forment un rectangle. « The » rectangle. Celui dans lequel Maxime Galand a enfermé des discours politiques qui s’échelonnent sur les 60 dernières années. Au centre de la pièce, un bureau, un isoloir. On s’avance lentement,

exactement comme on l’a fait pour aller voter la semaine dernière. On se retrouve devant 16 touches, pour autant de figures politiques. On choisit un casque d’écoute et on appuie sur une des touches. Cela déclenche automatiquement un discours politique, qu’en plus d’entendre, on visualise sur un des murs. On y prend goût, on appuie sur

Mathieu Galand, quelques heures avant le vernissage PHOTO : CLAUDY RIVARD

un deuxième piton, puis un troisième. C’est alors que les musiques se superposent, que les phrases sont martelées, que le chaos s’installe. «  Les musiques sont souvent simples, accrocheuses, en 4/4. De temps à autre, on sent qu’on tient quelque chose. » Les autres visiteurs vivent exactement la même chose au même moment, puisque chacun peut modifier la trame au gré de ses impulsions. « C’est interactif. Il y a une part de risque dans le fait de laisser une marge de manoeuvre à l’auditeur, le succès dépend un peu de chacun. Le résultat sera peut-être moins bon que si j’avais fait une toune audiovisuelle de quatre minutes. Mais il y a ce plaisir magique que

Premier pas Diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Québec en scénographie (2005), Maude Audet a choisi de se lancer en musique en 2009. Cette jeune maman et auteur-compositeur-interprète a accepté d’accorder une entrevue à Impact Campus. 

Laurence Bombardier-Cauffopé

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aude gratte la guitare, compose des chansons et les interprète depuis l’adolescence.  Pourtant, elle ne s'est réellement lancée en musique qu'en 2009. La chanteuse francophone admet accorder beaucoup d'importance aux textes.  « Je tenais absolument à signer mes textes et je n’avais pas encore trouvé mon style d'écriture, jusqu’à tout récemment. » C’est avec l’expérience, et après plusieurs essais et erreurs qu’elle y est enfin parvenue. « Mes chansons se rapprochent du folk alternatif et sont parfois

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teintées de rock ou de grunge. » Cela ne l’empêche pas d’être ouverte à d’autres styles musicaux, surtout lorsque vient le temps de s’échauffer vocalement  : «  Dans ma douche, je répète mes chansons, j’en invente des nouvelles. Je peux aussi très bien me mettre à chanter le «  hit  » de l’heure  », avoue-t-elle. Entre ses allers et venues dans le domaine de la restauration et le temps qu’elle passe en famille, elle continue de caresser le rêve de sortir un album complet. «  Pour l’instant, je souhaite simplement que mon projet évolue bien, lentement mais sûrement.  »

Quoi ? Lancement de son EP Qui ? Maude Quand ? 20 septembre à 18h Où ? Théâtre Petit Champlain

Maude lors de son passage à Autour du micro PHOTO : CLAUDY RIVARD

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je voulais donner à l’auditeur. C’est aussi un parallèle avec la posture de l’électeur, c’est lui le maître de cérémonie. » a confié Galand, quelques heures à peine avant le vernissage de son exposition. Le résultat est surprenant : on réalise que les paroles des poli-

ticiens (  moyennant un léger ajustement pour que les mots arrivent sur les temps ), une fois mariées à la musique, finissent par ressembler à un slam, ou même un rap. On découvre qu’une émotion, parfois même une forme de poésie se cache derrière chaque mot.


Si c’est un rêve, je le saurais

SAUVER la littérature QUELQUE PART EN AMÉRIQUE ALAIN BEAULIEU DRUIDE

C’est par fidélité envers Normand de Bellefeuille qu’Alain Beaulieu publie son nouveau roman dans cette nouvelle maison d’édition qu’est Druide, et ce, dans la collection  Écarts. Quelque part en Amérique, comme son nom l’indique, se situe sur le Nouveau Continent (  petit indice : dans le pays le plus grand  ), et raconte l’histoire de Lonie et de son fils Ludo,

immigrants illégaux qui rêvent d’une vie meilleure sous le drapeau étoilé. Ils échapperont de peu au pire, avant de subir une terrible épreuve qui viendra bouleverser leur vie. Histoire classique du rêve américain lu et vu plus d’une fois, Quelque part en Amérique n’apporte pas de nouvelle pierre à l’édifice, se contentant de décliner sous une

forme accessible et pas trop compliquée les différentes et difficiles étapes de l’étranger voulant s’intégrer à ce grand pays qui prend plus qu’il ne donne. D’ailleurs, à part quelques exceptions ici et là bien vite évacuées par la dictature du récit, Beaulieu n’offre pas véritablement de réflexion sur l’Amérique et préfère se concentrer sur l’histoire à raconter et les personnages à développer. On ne peut que regretter cette grande lacune, qui aurait porté le roman à un niveau supérieur, lui qui ne jouit que d’un classicisme dont on finit par se lasser. Deux éléments sont, entre autres, à la source du pro-

blème  : l’absence de noms propres en ce qui a trait aux villes – ce qui place le récit dans un espace mal défini –, et parfois un soudain élan poétique qui jure avec le reste de la narration, pourtant bien terre-à-terre la majorité du temps. Ce drame humain, au demeurant bien ficelé, satisfera qui voudrait être accompagné de personnages réalistes et bien développés au cours de sa lecture. Dans son mot final retraçant la genèse du roman, Alain Beaulieu explique qu’après l’Amérique centrale du Postier Passila et les ÉtatsUnis de Quelque part en Amérique, il est revenu chez lui et ce qu’il écrit lui confirme que

«  l’égarement devient inquiétant quand il s’installe dans la partie la plus fragile de notre corps  : notre cerveau.  » Égarement signifie-t-il pour  lui « sortir de sa zone de confort » ? Faut-il comprendre que ses prochains romans se dérouleront à nouveau dans la ville de Québec?

Malcolm

Enchaînement d’un quotidien

L

’exposition de graphisme, design et installation par Jean-Christophe Diehl, tenue à la galerie Morgan Bridge, en jette. Et le mot n’est pas vide de sens ; réappropriation d’un quotidien parfois trop banal à nos yeux, l’artiste nous fait revisiter des classiques, mais ici de la vie courante, des objets qui sont bien souvent destinés, après notre utilisation, au dépotoir. Spaghettis, rondelles de bouteilles en plastique et brosses à dents, c’est un véritable remix dont les notes, bien que connues, ont la sincérité de nous surprendre, tant par la forme et l’esthétisme que l’idée qui se cache derrière elles. Coup de coeur personnel de cette récupération, le canard milliardaire de nos folles années de jeunesse devant la télévision ( Picsou, dans La bande à Picsou, celui avec un chapeau et des lunettes ) qui se transforme en un tableau alliant abstraction, perspective et acupuncture. Alors que du côté graphisme de l’exposition on reste un peu sur notre faim, tout juste après s’être mis à table ( on aimerait en voir davantage dans la petite pièce de la galerie ), on peut quand même dire que la magie est au rendez-vous, repoussant la limite entre ce qui semble art et ce qui est banal, entre inertie consommée ou mouvement esthétique, entre cassure et fragilité, bref, la mince différence, et c’est là la réussite de l’artiste, entre ce qui est beau ou bien ce qui est destiné à la poubelle. À voir et découvrir, du 7 au 30 septembre, 367 rue du Pont.

Martin Mercier

ARTS ET CULTURE | IMPACT CAMPUS | MARDI 11 SEPTEMBRE 2012

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DÉMON VERT DANY PLACARD SIMONE RECORDS

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our son quatrième album solo, l’artiste originaire du Saguenay replonge tête première dans les sonorités folk rudes de ses débuts. En quête de renouveau malgré ce retour aux sources sonore, Dany Placard passe de la maison de disques Indica à Simone Records et s’allie à Pierre Girard, qui a également collaboré avec Karkwa pour Le volume du vent. L’auteur-compositeur-interprète nous livre un album touchant et authentique. Chaque mot semble avoir mérité sa place ; l’essentiel y est de toute façon. La déclamation est naturelle, avec l’accent qui vient avec, et on ne voudrait le voir camouflé pour rien au monde. L’artiste aborde des sujets qui l’impliquent directement ; ainsi, il réussit à nous offrir une superbe chanson d’amour à des lieues du kitsch avec Coucher a’c la lune et nous propose un instantané de la vie de musicien en tournée avec Parc’qui m’fallait. C’est un folk cousin du country à l’état brut auquel nous avons droit; néanmoins, les arrangements ne semblent pas avoir été laissés au hasard. Les banjos et les cuivres s’invitent sur plusieurs pièces et ils sont les bienvenus. Les contrastes qui jalonnent l’album nous assurent un relief tout sauf monotone. Dans Sarah, la lourdeur de la grosse caisse nous fait sentir les « vapes » évoquées dans la chanson et l’instrumentation nous permet d’assister à une belle progression du climat musical, calquée sur les paroles. Robin, plus intime, conviendrait tout à fait à une veillée autour d’un feu de camp, avec son harmonica mélancolique, sa guitare discrète et les harmonies vocales simples mais efficaces. D’une piste à l’autre, on sent que le musicien se réinvente, sans toutefois sacrifier l’unité et l’ambiance générale de l’album. 3/5

Un lancement authentique A New Level, premier album studio de Dirty Red Shoes (DRS), est officiellement lancé depuis le 6 septembre dernier. Les rockeurs de Lévis ont livré une performance naturelle, percutante et complice jeudi soir à l’Agitée.

Raphaël Létourneau

Justine Pomerleau Turcotte PHOTO : ARCHIVES IMPACT CAMPUS, CLAUDY RIVARD

« MARÉE HUMAINE MANU MILITARI 7IEME CIEL

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ne musique hip-hop assez traditionnelle – lire clichée – soutient le verbe bien cru de Manu Militari. D'emblée, on y retrouve une percussion lourde, des violons, des back-vocals soul et vides, un piano classique pseudotragique et un effet delay qui termine les couplets ou les chansons. Rien dans la trame ne sort des conventions si ce n'est le titre Roi de la jungle qui emprunte ses tambours et son chœur à la culture africaine ou encore Sultan Hotel, plus modéré dans ses instruments. L'intérêt voué à cet album sera alors justifié par la plume de l'auteur. Non seulement pour sa rime, mais aussi pour ses personnifications vraisemblables et ses histoires d'outre-mer. On connaissait déjà la capacité de Manu Militari à raconter des tranches de vie qui ne lui appartiennent pas et ce, avec plausibilité. Fait inusité, dans Changement de décor, il personnifie un plant de cannabis et, dans Roi de la jungle, il se glisse dans la peau du lion. Mais, comme à son habitude, le rappeur décrit principalement des situations de misère. L'audace de ses idées va de pair avec l'aspect pathétique et fataliste de ses histoires. Son parler tranchant et ses mots bien ficelés complètent cette audace et nous rappellent pourquoi il a remporté le Félix de l'album hip-hop de l'année 2010, avec Crime d'honneur. Par le biais du vidéoclip, L'attente a fait couler beaucoup d'encre. Les médias en ont fait une propagande pro-terrorisme taliban, car l'interprète était clairement campé d'un point de vue afghan pendant la guerre. La chanson ne se trouve plus sur le disque. Dommage. Imaginez le bruit que ça aurait causé, en cette commémoration du 11 septembre! On entend toutefois dans les autres morceaux des références à ce retrait. Certaines tournures dans le vocabulaire de Manu Militari viennent parfois freiner sa poésie. Faire référence à de la « poussière d'étoiles » ou dire que l'on s'est fait « arracher les ailes » relève certainement du cliché, quasi parodique. Ça dérange surtout l'oreille lorsqu'elle s'était habituée à des vers tels que : « Chus un loup, le peuple un troupeau de chèvres; si jamais ça vire mal, la seule issue, je la connais; je garde la dernière balle pour moi, comme un Japonais ». Tout compte fait, Marée humaine est assez partagé entre les influences musicales d'un passé déjà vu et l'évolution personnelle du parolier. Sa facilité à nous faire visiter les cultures d'un monde misérable le place dans une case à part, c'en est flagrant. Pour une troisième fois, Manu Militari se distingue des autres rappeurs, voire de tous les autres artistes québécois. Seulement, il le fait encore de la même façon. 3/5

Sébastien Blondeau

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 Notre matériel est prêt depuis longtemps et on commençait à être impatient que notre musique se retrouve en ligne et en magasin  », a avoué Math Den, chanteur et guitariste de DRS, manifestement enthousiaste quelques minutes avant de monter sur scène. L’influence des artistes grunge des années 90 comme Nirvana, Pearl Jam, Stone Temple Pilot définissent bien la musique de DRS. Mais contrairement aux formations postgrunges actuelles, Nickelback en tête de liste, DRS réussit à marier la charge émotive pleine de rage du grunge avec une habile maîtrise de la mélodie pop. Le résultat est accrocheur dès la première écoute et la musique n’a pas tendance à paraître surchargée ou vidée de son essence. L’aliénation sociale, un thème de prédilection du grunge, transparaît dans leurs textes. « On a voulu dénoncer les grandes stupidités de notre société comme les dérives du capitalisme et du système démocratique. On parle aussi des relations humaines, d’amour et d’amitié. Le titre de l’album A New Level est une référence à notre passion commune pour les jeux vidéo

et notre amour de la musique 8 bits du NES des années 80 », explique Math Den. A New Level a vu le jour après de nombreuses séances d’enregistrement et quelques changements d’orientation. L’enregistrement s’est déroulé au Henry Hirsch Studio de New York, au French Kiss Studio en Ontario et au Radicart Studio de Trois-Rivières en compagnie du producteur Francis Perron. Math Den a d’ailleurs remercié Francis Perron au court de la soirée, soulignant qu’il avait bien compris les ambitions du groupe. Cinq ans après la fondation de DRS, le groupe est apparu très uni et fier du travail accompli. «  Pour avoir été dans plusieurs bands, je dirais que la réussite de DRS est liée à une direction musicale commune, une bonne chimie, des talents complémentaires et l’absence de chicane, même en cohabitation pendant deux ans  », éclaircit le chanteur. Sans révolutionner le genre musical, les gars de DRS savent récupérer les meilleurs éléments du grunge pour en faire une œuvre et une performance scénique cohérentes, ce qui a tendance à échapper à certains de leurs contemporains.


CANADA-IRAN

L’Égypte dans le rouge

Vendredi dernier, le Canada a suspendu toute relation diplomatique avec l’Iran. « Le Canada considère le gouvernement de l’Iran comme la menace la plus importante à la paix et à la sécurité mondiales à l’heure actuelle », a servi comme explication le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird.

Fortement ralentie par la révolution de 2011, l’économie égyptienne n’a jamais véritablement réussi à être relancée.

La fin des relations diplomatiques Pascale-Sophie Lacombe

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’ambassade canadienne en Iran est désormais fermée et les diplomates canadiens sont déjà rentrés au pays. Pour leur part, les diplomates iraniens en poste dans la capitale canadienne ont bénéficié d’un délai de 5 jours pour rentrer à la maison. L’Iran a également été officiellement ajouté à la liste des « États soutenant le terrorisme », conformément à la loi sur la justice pour les victimes d’actes de terrorisme. Un comportement critiquable Le ministre Baird précisa que les raisons menant à cette décision sont multiples. Le régime iranien fournirait une aide militaire de plus en plus considérable au régime Al-Assad syrien, il menacerait régulièrement Israël en colorant ses propos de racisme et il servirait de refuge à des groupes terroristes tout

en leur fournissant une aide matérielle. En plus de faire partie des pires violateurs de droits de la planète, l’Iran aurait de la difficulté à se conformer aux résolutions des Nations Unies. En effet, selon le rapport du 29 août de l’AIEA ( l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique ), Téhéran aurait doublé sa capacité nucléaire en date du 18 août avec quelque 2000 centrifugeuses contre environ 1000 durant le mois de mai. Mark Fitzpatrick, de l’institut international de recherches stratégiques à Londres ( IISS ), avance que la république islamique chercherait ainsi à renforcer sa position au sein des négociations avec les grandes puissances. L’Iran est présentement le sujet de 6 résolutions des Nations Unies, dont 4 comporteraient des sanctions.

Courrier des lecteurs JE ME SOUVIENS DE L’AUTRE 11 SEPTEMBRE

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es jours-ci, on parlera de l’écrasement des tours du WTC à New-York, dont le bilan en pertes humaines s’élève à plus de 3 000 morts. Mais les médias nous rappellerontils le 11 septembre 1973, journée du coup d’État du général Pinochet au Chili, au bilan humain tragique : plus de 3 000 morts, des milliers de personnes disparues, mortes sous la torture, des centaines de milliers d’arrestations, un million d’exilés. La fin d’une expérience de libération économique et politique d’un peuple, la voie pacifique vers le socialisme, sous la présidence du docteur socialiste Salvador Allende. Le premier d’une série de coups d’État orchestrés à Washington par la CIA et ses protégés, les compagnies transnationales, pour mater les peuples d’Amérique latine. Cultivons notre mémoire.

Suzanne-G. Chartrand Cofondatrice du comité Québec-Chili

Des réactions diversifiées La décision subite du gouvernement Harper a été applaudie en duo par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (  CNRI  ), qui ont qualifié le geste de courageux. En revanche, sur la scène canadienne, le Nouveau Parti Démocratique a critiqué l’annonce de «  décisions précipitées et pas du tout justifiées ». Selon l’agence de presse iranienne Mehr, le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi aurait accusé le Canada d’avoir agi ainsi intentionnellement pour plaire à Israël, tout en ajoutant que la colère du Canada aurait pu être causée par la récente visite à Téhéran du chef de l’ONU, Ban Ki-moon.

Jérémie Lebel

PHOTO : COURTOISIE, ANTICAPITALISTES.NET, JOSEP MARIA ANTENTAS, CREATIVE COMMONS

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e Fonds monétaire international prévoit une croissance économique de 1,5  % en 2012, un taux anémique qui s’explique par le prix élevé du pétrole, l’effondrement du tourisme, l’instabilité sociale et la chute du commerce avec l’Europe. D’année en année, la croissance des prix varie d’environ 10  %. Pour un pays dont le produit intérieur brut est de 6600 $ américains par année ( en 136e position dans le monde ), la pression est forte et la population ressent l’impact de la crise avec acuité. 22% de cette population vit sous le seuil de pauvreté, selon les estimations faites en 2008 par la Banque mondiale, mais ce chiffre cache de fortes disparités régionales, les régions rurales étant nettement plus pauvres que les centres urbains du nord. Les denrées de base sont subventionnées par l’État, ce qui creuse les déficits; l’État craint cependant les troubles sociaux qu’entraînerait une levée de ce régime. Bref, face à une situation intérieure sans espoir et au ralentissement de l’économie internationale, le pays cherche à garder la tête hors de l’eau. Comme premier voyage à l’étranger, le nouveau président, Mohamed Morsi, fit une visite à Pékin, où il ob-

tint un prêt de 200 millions de dollars ainsi qu’une flopée d’accords commerciaux. Fait à noter : la Chine est le pays dont l’Égypte importe le plus de biens, légèrement devant les États-Unis. Sa croissance est également de loin supérieure à celle de l’Europe et des États-Unis, ce qui lui permet d’offrir des opportunités d’affaires qui ailleurs se font rares. Si l’Égypte courtise le géant chinois, elle n’en demeure pas moins dépendante des États-Unis, qui s’apprêtent à effacer 1 milliard de dollars sur une dette totalisant 3,2 milliards. Washington s’implique également dans la négociation d’un prêt de 4,8 milliards de dollars à l’Égypte par le Fonds monétaire international. La forme exacte de l’aide économique reste à déterminer. Elle peut s’incarner, par exemple, par un effacement simple de la dette ou encore par des programmes d’aide au développement de valeur équivalente. L’ensemble des mesures cherche à assurer la stabilité macroéconomique du pays et la croissance des entreprises. Pour les ÉtatsUnis, il est aussi question de maintenir des liens stratégiques profonds avec le pays.

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ATHLÉTISME : TOUJOURS PLUS VITE

Prédictions « foudroyantes » Le jamaïcain Usain Bolt a de nouveau réalisé un triplé historique aux Jeux olympiques de Londres, sans pour autant battre le record sur 100 m. Des chercheurs ont, eux, prédit que l'athlète pourrait courir plus vite, sans effort supplémentaire.

Anne-Laure Nivet

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ette année encore, les Jeux olympiques   ( JO)  se sont achevés avec leurs lots de nouveaux records. Quelles sont les limites physiologiques de l'être humain  ? Le coureur jamaïcain Usain Bolt est l’homme le plus rapide sur 100  m. Son record mondial de 9,58 secondes réalisé en 2009 à Berlin a ainsi surpassé l’estimation du temps empirique minimal établie par l’Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport de Paris en 2008 (9,72 s). Depuis, différentes équipes de chercheurs ont fait d’autres estimations. L’une d’entre elles, celle du Dr John D. Barrow publiée en avril 2012, fait le pari d’une amélioration, sans effort additionnel, de la performance de la «  Foudre  » jamaïcaine ! D'abord, le temps de réaction de l’athlète n’est pas optimal. Il était de 0,146 seconde aux Championnats du monde berlinois lorsque Bolt a battu le record mondial. Le Trinidadien Richard Thompson, cinquième de la finale, était parti 27 millisecondes avant lui ! Ceci s’est vérifié à nouveau cette année à Londres. Le Jamaïcain n'a ainsi obtenu que le 5e temps de réaction des finalistes du 100 m. Usain Bolt avait peut-être encore en tête sa disqualification pour faux départ aux Championnats du monde sud-coréens à Daegu en 2011. En supposant que l’athlète diminue son temps de réaction à 0,12 seconde ou encore mieux à la limite autorisée ( 0,1 s ), son record sur 100  m serait non plus de 9,58, mais de 9,55, voire de 9,53 secondes et ce, sans courir plus vite ! Ensuite, le Dr Barrow souligne l'importance de l’environnement qui supporte le coureur. En effet, un vent favorable est toléré jusqu’à 2 mètres par seconde, ce qui réduit le temps de 0,11 secondes au maximum. Lors de son

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record mondial, le vent poussait Bolt à 0,9 m/s, ce qui n’était donc pas optimal. Il pourrait réduire son temps de 0,06 secondes avec des vents de 2  m/s, portant son temps à 9,5 secondes dans le contexte où le temps de réaction serait optimal. Par ailleurs, la densité de l’air constitue une variable non négligeable. Globalement elle est inversement proportionnelle à l’altitude. Or, moins l’air est

USAIN BOLT Valide

dense, moins il offre de résistance. Aux JO de Mexico en 1968, à l’altitude de 2  240  mètres, la densité de l’air était de 0,98 kg/m3 contre 1,23 kg/m3 au niveau de la mer, ce qui a augmenté de 0,08 % les performances des coureurs. La limite est maintenant fixée à 1 000 mètres. Courir à cette altitude pourrait faire gagner 0,03 seconde à Bolt. Ainsi, en cumulant le temps de réaction optimal, le vent le plus

CATÉGORIE

favorable et l’altitude maximale, le record actuel d’Usain Bolt sur 100 m pourrait passer de 9,58 à 9,45 secondes, et ce sans courir plus vite. Pari tenu… mais théoriquement  ! En effet, cette année le sprinter n’a pas amélioré son record même s'il a gagné la médaille d’or. Son entraineur, Glen Mills, avait pourtant évoqué l’objectif de descendre sous les 9,5 secondes. Récemment, des chercheurs de l’université de Tilburg, aux Pays-Bas, étaient même allés plus loin, en annonçant la possibilité de parcourir 100 m en 9,36 secondes. Qui dit mieux ?

OSCAR PISTORIUS

T43 *

RECORD SUR

9"58 ( 2009  - RM )

100m

10"91 ( 2007 - RM )

19"19 ( 2009  - RM )

200m

21"30 ( 2012 - RM )

45"28 ( 2007 )

400m

45"07 ( 2011 - RM )

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( 100, 200 et 4 x 100 )

Médailles d'or aux Jeux de Londres 2012

RM: RECORD DU MONDE * O. PISTORIUS EST AMPUTÉ TRANSTIBIAL BILATÉRAL ( T43 ), MAIS IL COURT DANS LA CATÉGORIE T44 ( AMPUTÉ TRANSTIBIAL UNILATÉRAL )

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( 400 et 4 x 100 ) Sources : IAAF, Londre 2012

Un handicap bénéfique Les Jeux paralympiques de Londres ont fait salle comble. L'une des vedettes de cette compétition est le Sud-Africain Oscar Pistorius. Amputé bilatéral des membres inférieurs, il incarne l'image du « coureur aux lames » de fibre de carbone.

Pierre-Louis Curabet

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uatre août 2012. Premier tour du 400  m en athlétisme. Oscar Pistorius devient le premier sportif handicapé à courir aux côtés de valides lors de Jeux olympiques. Le SudAfricain est amputé transtibial bilatéral ( au niveau du tibia, sous le genou ) depuis qu'il a à peine un an. L'homme de 25 ans, classé

parmi les 100 personnes les plus influentes par le Time Magazine en 2008, utilise des prothèses pour courir, ou plutôt pour « rebondir », selon Laurent Frossard, professeur de biomécanique à l'UQAM. «  Il y a un débat rhétorique sur le terme de “courir”. Si on regarde un sujet sain, la course

ment leurs lames grâce à leur poids, puis leurs prothèses vont restituer cette action en énergie. C'est le même principe que les ressorts. » D'un point de vue anatomique, les amputés des membres inférieurs «  perdent la fonction de leurs chevilles, qui donnent une bonne mobilité entre le corps de l'athlète et son environnement, et des muscles du mollet, qui sont primordiaux pour la course », explique François Prince, professeur de biomécanique à l'Université de Montréal. Alors que le grand public découvre seulement ses lames en fibre de carbone utilisées par les élites paralympiques, leur commercialisation a débuté dans les années 1980. C'est au chercheur américain Van Philipps que l'on doit les premières prothèses de ce type, baptisées Flex-Foot en 1984. Depuis ce temps, deux améliorations principales ont été développées pour accroître les performances des coureurs. «  Les lames sont de plus en plus légères et résistantes, analyse le professeur Frossard. De plus, elles transmettent mieux l'énergie créée par leur déformation. Par ailleurs, il y a des avancements en ce qui concerne l'attachement entre la prothèse et le moignon. Cette interface est essentielle, car il y a beaucoup de frictions à un endroit où la peau est très fine. Avec la transpiration, les variations de température, ou encore les changements de forme du moignon ( gain ou perte de poids ), ces frottements engendrent des blessures cutanées qui peuvent réduire les possibilités d'entraînements des athlètes. » Les évolutions sont telles qu'Oscar Pistorius détiendrait le record du monde du 800 m si l'Association internationale des fédérations d'athlétisme ( IAAF ) l'homologuait. Il avait couru la distance en 1'40''18 au meeting de Pretoria en 2008. L'actuel détenteur officiel de la meilleure marque mondiale est le Kénian David Rudisha en 1'40''91.

correspond à la flexion et à l’extension de chaque genou alternativement. À l'inverse, les amputés des membres inférieurs ne peuvent pas réaliser cette propulsion physique. On parle de “rebondir” dans leur cas, plus particulièrement pour les individus avec une double LIRE LA SUITE SUR : amputation du fémur. Ils défor- IMPACTCAMPUS.QC.CA

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Le Einstein de service Marie-Hélène Jacques, étudiante à la maîtrise en biologie

Question de timing PRINTEMPS

Témoin

Chauffée ÉTÉ

Témoin

PHOTO : MARIE-HÉLÈNE JACQUES

Installer, en pleine forêt, des lampes infrarouges et des câbles chauffants enfouis pour accroître la température de l'air et du sol afin d’imiter le réchauffement de la planète vous semble farfelu ? C’est pourtant sur un tel site, au Minnesota, qu’une étudiante de l’Université Laval tente d’évaluer la réponse des plantes de sous-bois à une hausse de la température.

ont connu un printemps très « payant ». Si c’est le cas pour les deux espèces étudiées, ça ne l'est pas nécessairement pour toutes les plantes de sous-bois.

L

Impact du réchauffement climatique Mais attention ! Dans l’expérience B4WARMED, les arbres matures ne sont pas chauffés, alors que c'est le cas en milieu naturel. Dans un « vrai monde » plus chaud, l’avantage observé dans l’expérience pour les plantes de sous-bois disparaîtraitil ? Pas nécessairement. Les arbres ne répondent pas de la même manière que les plantes de sous-bois à une augmentation de la température. Selon les espèces, ils pourraient tout aussi bien ouvrir leurs bourgeons plus tôt que plus tard encore. Il

’expérience, sous la supervision de Peter Reich de l’Université du Minnesota, se nomme B4WARMED, un acronyme qui signifie Boreal Forest Warming at an Ecotone in Danger. J’ai eu la chance de me greffer à ce projet, qui avait pour objectif principal d’évaluer l’effet du réchauffement climatique sur les jeunes arbres, afin d'étudier deux plantes de sous-bois qui les côtoient, le maïanthème du Canada et l’aster à larges feuilles. Reproduction améliorée Après avoir passé un été à mesurer ces plantes sous

toutes leurs coutures, j’en arrive à deux constats principaux. D’abord, sous l’effet de la chaleur, ces plantes poussent plus tôt au printemps. Ensuite, leur performance au niveau de la reproduction est améliorée. Selon l’espèce, elles produisent de plus gros fruits ou des fleurs plus nombreuses. Et alors ?, me direz-vous. Dans le sous-bois, c’est le manque de lumière qui limite la performance des plantes. C’est encore plus vrai pour les petites plantes, comme celles étudiées, qui vivent au ras du sol dans l’ombre des arbres et des arbustes. Celles-ci ont ce-

pendant développé une stratégie : elles poussent très tôt au printemps, avant qu’il y ait des feuilles dans les arbres, afin de profiter de la lumière au maximum. Dans l’expérience B4WARMED, cette stratégie est donc mise en œuvre prématurément. Par ailleurs, si les plantes étudiées ont pu se reproduire plus efficacement, c’est très probablement parce qu’elles ont pu profiter plus longuement de la lumière printanière. En d’autres mots, pour ces plantes normalement privées de lumière, se reproduire est un luxe qu’elles ont pu se permettre, car elles

Chauffée

faut donc retenir que la stratégie printanière des plantes de sous-bois sera altérée d’une manière ou d’une autre par le réchauffement climatique, avec de probables conséquences sur leur reproduction. Or, la reproduction est un point primordial dans la survie des espèces végétales aux changements climatiques. En effet, les zones climatiques se déplacent sous l’effet de l’augmentation des températures terrestres et les plantes, contrairement aux animaux, n’ont pas de pattes pour suivre ces migrations climatiques. Les plantes de sous-bois dépendent donc entièrement de la quantité, de la qualité et de la capacité à se déplacer des graines qu’elles produisent afin de migrer vers un nouveau milieu qui leur sera favorable.

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GRAND PRIX CYCLISTE DE QUÉBEC

Le cyclisme envahit Québec La troisième édition du Grand Prix cycliste de Québec se tenait vendredi dans les rues de la Vieille Capitale. C’est finalement l’Australien Simon Gerrans qui a remporté les grands honneurs de la course.

Raphaël Bergeron-Gosselin

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’est vers 11h, sur Grande Allée, que les coureurs entamaient les 206 kilomètres qui les séparaient de l’arrivée. Tout au long de la course, l’Australien s’est tenu assez tranquille, stratégie qui lui aura permis de conserver des forces pour la toute dernière ascension de la côte de la montagne. Le gagnant se disait bien heureux de sa performance, mais également content du choix de sa stratégie. Les Canadiens présents à l’épreuve ont en majorité offert d’excellentes performances. Le

meilleur d’entre eux a été François Parisien, avec une excellente 10e position. Malgré une chute au tout premier tour, le Montréalais s’est relevé et a su se rattraper. Cette persévérance est tout à l’image de la saison du cycliste, qui a connu des difficultés en début d’année, mais qui a su se concentrer et connaître les meilleurs moments de sa carrière à Québec. Pour ce qui est d’un des Canadiens le plus populaires, Ryder Hesjedal, il a été contraint à l’abandon, à 6 kilomètres de l’arrivée. Étonnamment, sa condition physique n’était pas à point et les nombreuses mon-

tées sont venues à bout de ses forces. Le bonheur de tous? La majorité des commentaires suite à l’épreuve étaient positifs, toutefois les perturbations du réseau routier en ont dérangé plus d’un. De multiples rues ont dû être fermées en raison du circuit que les cyclistes devaient effectuer à 16 reprises. Aucun service de transport en commun n’était disponible et l’horaire du service de traversier entre Québec et Lévis a été modifié. Les commerçants étaient assez satisfaits du nombre de

En tout, 173 cyclistes ont pris part au Grand Prix cycliste de Québec PHOTO : JOSÉ NORMANDEAU

touristes que l’événement a apporté, mais d’autres se sont

plaints de la difficulté d’accès au centre-ville.

Victoire à l’arrachée En visite au Coulter Field samedi après-midi, le Rouge et Or de l’Université Laval l’a emporté, non sans difficulté, par la marque de 28-22 face aux Gaiters de Bishop’s.

Mathieu Turgeon

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a défensive de Laval s’est imposée en début de rencontre, forçant le botteur des locaux à accorder 3 touchés de sûreté pour donner une avance de 6-0 aux visiteurs. Avance que Mathieu Masseau a doublé avec une interception retournée jusque dans la zone de buts adverse.

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L’équipe locale s’est finalement inscrite au pointage avec un placement de Mathieu Paquette. L’attaque de Bishop’s s’est par la suite mise en marche sur un troisième essai et les buts alors que Jordan Heather a rejoint Alexander Fox pour réduire l’écart à cinq points. La lancée s’est poursuivie quand Laval a dû accorder deux points aux Gaiters et quand Heather a re-

joint le demi défensif utilisé en attaque Steven Adu sur 52 verges pour prendre les devants ( 19-15 ) pour la première fois du match. « C’est important de marquer au début du 3e quart pour mettre de la pression sur Laval qui n’est pas habitué de tirer de l’arrière », a alors dit le quart des Gaiters. Après avoir accordé un autre touché de sûreté ainsi qu’un simple, les troupiers de Glen

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Constantin se sont remis dans le match en créant l’égalité sur un majeur au sol de Pascal Lochard, qui tente de devenir le porteur numéro un du Rouge et Or. La deuxième victoire de la saison en autant de matchs est venue de la jambe de Boris Bédé sur un placement et un simple pour Laval. Quand le vent s’en mêle Durant toute la partie, les deux équipes ont dû composer avec un vent très fort et des rafales qui avaient une énorme influence sur le ballon. Les deux équipes ont même tenté d’utiliser des botteurs différents selon les scénarios. « On essaye de faire des

changements parce que Boris (  Bédé  ) connaît un début de saison difficile », a déclaré Glen Constantin lorsque interrogé sur l’utilisation de l’autre botteur de l’équipe Félix Faubert-Luissier. L’entraîneur de Bishop’s Kevin Mackey a aussi utilisé un autre botteur, en l’occurrence le receveur étoile David Haddrall. Le Rouge et Or recevra les Axmen d’Acadia au Stade Télus de l’Université Laval samedi à 19h, tandis que les Gaiters visiteront les Carabins à Montréal. Il s’agira du tout premier affrontement en soirée de l’histoire du club de football Rouge et Or.


Début en dents de scie Les formations de soccer masculines et féminines entamaient leur saison régulière cette fin de semaine. Les femmes ont dû s’avouer vaincues à deux reprises, tandis que les hommes ont conservé une fiche d’une victoire et une défaite.

Raphaël Bergeron-Gosselin

L

a troupe de l’entraîneur Samir Ghrib espérait débuter sa saison du bon pied, après les incidents de l’automne dernier qui avaient exclu les Lavallois d’une place en série éliminatoire. Le Rouge et Or avait été pénalisé de sept points au classement pour avoir aligné un joueur inadmissible. Le premier affrontement était donc primordial pour l’entraîneur. Selon lui, les douze rencontres de saison régulière et les deux de série sont une préparation pour les quarts de

finale du championnat canadien. Le Vert et Or de Sherbrooke a toutefois ramené le Rouge et Or sur terre assez rapidement. La défaite de 5 à 2 vendredi soir dernier démontre le travail qui reste à faire chez les Lavallois. L’ouverture locale avait lieu dimanche après-midi, au stade Telus. Malgré une rencontre serrée jusqu’à la fin, les locaux ont réussi à arracher les trois points à McGill. «Je suis content de la façon dont les gars ont réagi, surtout après la difficile défaite de vendredi», a déclaré l’entraîneur.

L’unique but a été inscrit à la 90e minute par l’attaquant Lawrence Hone-Blanchet, suite à un centre du vétéran Julien Priol. Mauvais départ des femmes Les femmes ont connu plus de difficultés avec deux défaites en autant de sorties cette fin de semaine. Vendredi, la visite à Sherbrooke s’est soldée avec un revers de 2 à 1, tandis qu’à domicile, l’équipe a échappé la victoire au compte de 3 à 1. Le Rouge et Or a eu quelques chances, mais les deux échappées accordées aux visiteuses étaient de trop. «Les erreurs

Julien Priol déjoue un adversaire pour effectuer l’une de ses nombreuses poussées offensives PHOTO : MARILOU VILLENEUVE

défensives nous ont coûté le match, c’est quand même décevant», a expliqué l’entraîneur Helder Duarte. Le blanchissage a été évité, lorsqu’à la 78e minute, MonaLee Pinkos a été fauchée dans la zone de réparation. Mélissande Guy a réussi à déjouer la gardienne adverse.

Les deux formations lavalloises seront à nouveau en action vendredi soir, alors qu’ils se rendront à Trois-Rivières pour y affronter les Patriotes.

Est-ce la dernière chance ? Raphaël Bergeron-Gosselin Après avoir vaincu les champions en titre de la Coupe Vanier, nous voyons déjà tous nos favoris lever la Coupe en Novembre prochain. Toutefois, depuis le début de la saison régulière, l’offensive lavalloise, malgré deux victoires, tarde à se mettre en marche. Le dernier match contre les Gaiters a donné des sueurs froides aux partisans. Sans mettre la faute sur le nouveau quart arrière Tristan Grenon, il faut avouer que ses performances ne sont pas à la hauteur des attentes. Cette saison, Grenon a complété 32 de ses 54 passes pour un total de 294 verges. Le quart arrière des Carabins, Alexandre Nadeau-Piuze a quant à lui complété 40 de ses 56 passes pour des gains de 596 verges. Est-ce que la pression est trop grande pour le pilote de l’offensive ou seulement une période d’adaptation? Rappelons nous en 2005 lorsqu’un certain Benoit Groulx avait ravi le poste de quart arrière partant dès son année recrue. Sur le banc lavallois, on retrouve un certain Antoine Leduc qui a très bien fait lors de l’affrontement contre McMaster en complétant 5 de ses 6 passes. Advenant une mauvaise performance de Grenon lors du premier affrontement de soir de l’histoire, serait-il possible que Leduc ou un autre quart arrière voit davantage d’action face à McGill une semaine plus tard? Peut-être bien.

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