Page 1

volume 26 | n° 29 |

Ah! la Bouffe

Spécial terrasses

2

Arts & Culture

Dirty Red shoes fait son chemin Sports

LES SÉRIES TROP VIOLENTEs ?

le mardi 8 mai 2012

impactcampus.qc.ca

votre journal est recyclable !

9 14

Bilan de la grève

Un combat qui perdure

p.5

photo : archives impact campus, claudy rivard

Québec : Une ville futée p.12


qualité générale Faible

budget pas cher

On aime

moyen

bon

sortie du mois

excellent

On aime moins

Spécial terrasses La saison froide ayant pris ses vacances, les restaurateurs de la ville commencent petit à petit à placer ce qui fait partie des plus grandes joies de l’été, les terrasses ! Ne pouvant pas faire fi de ce qui est pratiquement devenu un évènement à Québec, Ah ! la Bouffe à voulu vous faire part de l’ouverture de ses deux terrasses chouchoutes.

Le Cochon Dingue

Le doux réveil Le Cochon Dingue du boulevard René Lévesque offre la terrasse parfaite pour prendre un petit-déjeuner et se réveiller au chant des oiseaux. Avec un soleil en parcimonie et de jolies fleurs, cette petite oasis au cœur de la ville se révèle être un véritable coup de cœur.

Alexandra Fiset

Le café du monde

Tout en beauté

Le restaurant français le Café du monde offre depuis sa terrasse, l’une des plus belles vues sur le fleuve et ses environs. Avec un petit vent du large qui l’entoure, cet endroit à tout ce qu’il faut pour nous faire sentir que l’on profite vraiment de l’été.

Alexandra Fiset

Photo : Alexandra Fiset

N Photo : Alexandra Fiset

S

ituée dans la cour arrière du restaurant, la terrasse est fermée au voisinage et couverte par des toiles, ce qui donne une impression de douillet cocon. Malgré sa grandeur, l’intimité est préservée, car elle est faite de plusieurs paliers de différents niveaux qui forment de petites sections. Au matin, l’ambiance y est très calme. On discute doucement et on profite de notre café longtemps après avoir terminé notre assiette tellement on y est bien. En début de saison, des chauffe-terrasses y sont installés pour prolonger le plaisir et en cas de pluie, encore plus de toiles sont déployées pour permettre à ceux qui aiment manger sous le bruit des gouttes de rester.

2

Le menu déjeuner reste le même l’été, mise à part quelques ajouts de fruits frais, la formule étant déjà gagnante et très appréciée par la clientèle. Vous pourrez retrouver les délicieuses brouillades d’œufs, les crêpes aux fruits, les déjeuners brunchs, toujours accompagnés d’un délicieux beurre de pommes ou de petites patates aux oignons. Les assiettes sont belles, bien équilibrées et en plus, toujours accompagnés de votre boisson chaude favorite, que ce soit le bol de café au lait ou un allongé. Chaque été, un menu de soirée thématique différent est proposé au Cochon. Cette année, il est composé des meilleurs plats des cinq

dernières années. Le retour de ces plats de saison risque d’en faire saliver plus d’un.

Conseil Profitez de l’extérieur, beau temps ou mauvais temps

AH ! LA BOUFFE | impact campus | mardi 8 mai 2012

’étant pas exposée au grand soleil, la partie extérieure du restaurant est idéale pour les journées chaudes. Sa vue panoramique sur le fleuve s’étend jusqu’au Moulin à image, ce qui devient bien intéressant lorsque le soleil se couche. Et si en fin de soirée, le temps se refroidit trop, le restaurant installe ses chauffe-terrasses et prête à ses clients des couvertures pour se réchauffer. Construite en longueur, la petite galerie peut accueillir environ 45 personnes. Dès son ouverture à 11h30, elle se remplit et reste comble jusqu’en fin de soirée. Une véranda où les fenêtres sont ouvertes est également proposée, ce qui peut être un bon compromis pour ne pas attendre trop longtemps ou en journée pluvieuse. Pour profiter de tout cela, on peut y aller pour simplement prendre un apéro en goûtant

aux huîtres du jour ou avec une assiette de fromages. Pour un repas complet, le menu proposé est, pour le moment, celui du printemps, mais vers la fin juin arrivera le menu estival. Quoiqu’en soit le but du repas, la terrasse du Café du monde aura de quoi vous faire apprécier l’été, mais surtout notre belle ville.

Conseil Armez-vous de patience


éditorial Directeur général : Marc-Antoine S. Rioux direction@impact.ulaval.ca Rédacteur en chef : Hubert Gaudreau redaction@impact.ulaval.ca Chef de pupitre actualités : David Rémillard actualites@impact.ulaval.ca Chef de pupitre arts : Miléna Babin arts@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sports : Raphaël Bergeron-Gosselin sports@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sciences : Pierre-Louis Curabet sciences@impact.ulaval.ca Directrice de la photographie : Claudy Rivard photos@impact.ulaval.ca Production : Laura Lukyniuk Stéphanie Turgeon-Girard production@impact.ulaval.ca IMPACT CAMPUS 1244, pavillon Maurice-Pollack, Université Laval, Québec, G1K 7P4 Téléphone : ( 418 )  656-5079 Télécopieur : ( 418 ) 656-2398 Publicité : Fabrice Coulombe Téléphone : ( 418 ) 656-3979 publicite@impact.ulaval.ca Journalistes : Mathieu Turgeon, Alexandre Paré, Sébastien Blondeau, David Bélanger, Louis-Augustin Roy, Émilie Rochette, Cyril Shreiber, Raphaël Létourneau Photographes : Mathias Nicolas Conseil d’administration :

Exutoire raisonnable ? S

ommes-nous près de la ligne d’arrivée ? C’est du moins ce que nous disent les leaders étudiants lorsqu’ils nous parlent du Protocole d’entente résultant de ces longues négociations qui auront duré 22 hre. Bien franchement, les étudiants en grève ont-ils vraiment le choix d’accepter ou non ? On leur propose un plan qui comporte plus de points positifs que de points négatifs : Une suspension de 125$ sur la facture étudiante jusqu’au 31 décembre 2012, la création d’un conseil provisoire des universités, la réduction des frais institutionnels obligatoires ( FIO ) selon les recommandations du conseil provisoire, l’étalement de la hausse sur sept ans, hausse qui passera de 1625 $ à 1778 $. Bref, un terrain d’entente qui peut en décevoir certains, mais qui demeure un exutoire « raisonnable » à ce conflit qui ne fini pas. Je ne me prononcerai pas d’avantage sur cette offre, car ce n’est pas le but de mon intervention et je crois que déjà plusieurs personnes l’on fait avant moi. Je m’interroge plutôt sur ce retour en classe qui semble imminent. Pour certain la grève dure depuis près de 12 semaines ce qui donne aux professeurs une marge de manœuvre bien mince pour rattraper tout ce temps. Sachant que la première période de la session d’été est entamée, plusieurs locaux sont désormais occupés, des professeurs sont indisponibles et ce qui reste de la session d’hiver devrait être condensé en 8 semaines pour ne pas entraver la deuxième période de la session d’été. Que peut faire l’université pour remédier à la situation ? Sommes-nous en voie de vivre une première annulation de session ? Si tel est le cas, certains diront qu’ils l’ont bien cherché, d’autres que c’était un mal nécessaire. Une chose est sûr, c’est qu’il faudra trouver une solution et vite. Le conflit nous aura cependant rappelé que la démocratie est injuste, qu’on le veuille ou non, et que le seul moyen d’entériner son opinion est par la voix/voie électorale.

Courrier des lecteurs Envoyez-nous vos impressions ( critiques, commentaires, chocolats... ) avant le samedi minuit à l’adresse suivante redaction@impact.ulaval.ca

Hubert Gaudreau

Alexandre Paré, David Galarneau, Didier Ouellet, Guillaume Arsenault, Jérémie Lebel,Pier-Luc Gauthier, Sarah Chahine

IMPACT CAMPUS ne se tient pas responsable de la page CADEUL ( 7 ), dont le contenu relève entièrement de la CADEUL La publicité contenue dans impact campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal qui est disponible pour consultation au : http ://www.impactcampus.qc.ca/index. php ?etat=pub.

Impression : Publications Lysar inc. Tirage : 10 000 exemplaires Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale. Impact Campus, le journal des étudiants et étudiantes de l’Université Laval.

OPINIONS | impact campus | mardi 8 mai 2012

3


Réélection de Denis Brière p.

6

Autopsie d'un conflit p.

8

UNIVERSITÉ LAVAL Entente de principe

Le début d'une longue fin Les pourparlers ayant pris fin samedi dernier à Québec ont permis aux représentants étudiants de sortir avec une « offre » du gouvernement qui devra passer le test des assemblées générales étudiantes cette semaine.

Raphaël Létourneau

Photo : Archives Impact Campus, Mathias Nicolas

C

ette «  entente de principe  » avec le gouvernement contient, entre autres, la mise sur pied d'un Conseil provisoire des universités ( CPU ). Il aura pour mandat de suggérer des économies dans la gestion des universités qui seront « appliquées en réduction des frais institutionnels obligatoires ( FIO ) », aussi appelés «  frais afférents  ». L'entente prévoit également le « paiement d'une somme de 125  $ par étudiant à temps complet » pour le trimestre d'automne 2012 qui «  sera différé jusqu'au

dépôt des recommandations à la ministre  ». À l’Université Laval, les frais afférents ne dépassaient pas 600  $ selon des données colligées par la FEUQ entre 1994 et 2007. La FEUQ a d'ailleurs publié un avis sur l'encadrement des frais institutionnels obligatoires qui stipule qu'« entre 1994 et 2007, alors que le gel des droits de scolarité était effectif, la facture annuelle d’un étudiant universitaire aurait augmenté de près de 450  $ du côté des FIO, selon les données de Statistiques Canada ».

Le CPU serait composée de six recteurs ou leurs représentants, quatre représentants étudiants, quatre des milieux syndicaux, deux du milieu des affaires désignés par la ministre Line Beauchamp, un représentant des cégeps ainsi qu'un représentant du ministère de l'Éducation et un président du CPU, désigné par la ministre. La hausse des droits de scolarité serait donc maintenue au montant de 1778  $ répartis sur sept ans. « [ Il est ] faux de prétendre que l’augmentation des frais de scolarité sera obligatoirement compensée par la baisse des frais [ afférents ] », selon la ministre de l'Éducation Line Beauchamp. Si les économies proposées ne sont pas suffisantes ou approuvées par le CPU, les étudiants devront payer cette facture. Les étudiants prennent position Au moment de mettre sous presse, plusieurs associations

étudiantes universitaires et collégiales avaient déjà rejeté ou accepté l'« offre » du gouvernement lors de leurs assemblées générales. Les associations étudiantes membres de la Table de concertation étudiante du Québec ( TaCEQ ), de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante ( CLASSE ), de la FEUQ et de la Fédération étudiante collégiale du Québec ( FECQ ) ont jusqu'à vendredi se positionner. « Il y avait un espoir de réduire la facture étudiante [ lors des négociations ] », affirme Paul-Émile Auger secrétaire-général de la TaCEQ. « On a signé de soumettre un texte à nos membres, c'est aux étudiants de décider », poursuit-il « c’est très clair que toutes les associations étudiantes veulent contrer la hausse des frais de scolarité, peut-être que les étudiants vont décider que cette offre est suffisante. » « Il va y avoir des élections au Québec d'ici 6, 12 ou maximum 18 mois. Il y a des avancements importants à court terme, mais c'est sur que si l'objectif qu'on se fixe est d'aller chercher un gel des droits de scolarité, même une gratuité, ça va prendre un

changement de gouvernement. Ce n'est pas les libéraux actuels qui le feront », remarque Léo Bureau-Blouin, président de FECQ. « C'est une offre, ce n'est pas la fin de la grève. Ce seront les assemblées générales qui se positionneront sur le contenu de cette offre tout au long de la semaine », a indiqué Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE. Rappelons qu'aucun représentant étudiant n'a recommandé de prise de position à ses membres.

En date du 7 mai 2012 Ont refusé l’offre  - Sociologie (  Université Laval  ) - Littérature (  Université Laval  ) - Collège de Valleyfield, - Cégep de Bois-de-Boulogne - Cégep Marie-Victorin - Étudiants en études québécoises (  Université du Québec à Trois-Rivières  ) Ont accepté l’offre - Cégep de la Gaspésie

Course au rectorat

Ces étudiants qui votent

Sur les 146 membres du collège électoral formé à l’occasion de la course au rectorat 2012 à l’Université Laval, 24 sont des étudiants. Sans avoir une importance capitale dans la balance selon certains d’entre eux, rares sont les universités qui laissent des étudiants se prononcer.

David Rémillard

M

arc-André Pharand et Nathaniel Bérubé-Mimeault ont pas mal de choses en commun. Ils viennent tous deux de graduer au Baccalauréat en affaires publiques et relations internationales et sont membres de la Commission des affaires étudiantes. Ce poste au sein de la commission leur a donné droit de vote lors de la dernière course au rectorat à l’Université Laval, remportée par Denis Brière.

« C’est vraiment une chance qu’on ait ça à l’Université Laval », lance d’entrée de jeu Nathaniel Bérubé-Mimeault. « C’est rare que les étudiants ont droit de vote », ajoute son collègue. Selon eux, dans la plupart des universités dans le monde, ces décisions sont prises derrière les portes closes du Conseil d’administration et les étudiants font avec.

Malgré cette belle ouverture ici à l’Université Laval, la course au rectorat n’en reste pas moins une campagne électorale à portée restreinte. Seuls 146 membres votent celui ou celle qui gouvernera pendant cinq ans, alors que la communauté universitaire représente près de 50 000 individus. Malgré tout, la méthode du collège électoral est possiblement la meilleure, selon les deux étudiants. « Je ne sais pas si

tout le monde aurait le temps de s’impliquer », estime M. Pharand. Selon lui, le travail de recherche et le temps à consacrer pour rencontrer les différents candidats ou lire les plateformes, demandent un effort important et les étudiants à temps plein ne pourraient pas, selon lui, être tous suffisamment informés. M. Pharand ajoute que si toute la communauté universitaire devait se prononcer, les débats relatifs à l’Université Laval pourraient être écartés. Ça aurait pu être le cas cet hiver par la hausse des droits de scolarité, par exemple. Or, une course au rectorat ne s’applique qu’à un établissement universitaire et les enjeux sur lesquels l’administration lavalloise

a un réel contrôle sont précis et spécifiques, d’où l’importance de former un collège électoral issu de tous ces milieux. M. Bérubé-Mimeault croit toutefois que la communauté étudiante gagnerait à être mieux informée de l’existence de cette course. « Ce serait intéressant d’envoyer un courriel en début d’année pour informer les gens », croit-il. Il propose d’élargir les communications sans pour autant modifier la méthode de vote. Certains ont par ailleurs avancé l’idée d’un vote parallèle, lequel n’aurait aucun pouvoir mais permettrait de prendre le pouls du résultat de l’élection et celui des étudiants.

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 8 mai 2012

5


UNIVERSITÉ LAVAL

Réélection de Denis Brière Les 146 membres du collège électoral ont tranché. Denis Brière a obtenu un second mandat comme recteur de l’Université Laval mais non sans peine, le 1er mai dernier.

David Rémillard

Photo : courtoisie Université Laval

I

l aura fallu quatre tours de scrutin pour que Denis Brière soit finalement réélu, devant l’autre rescapé du quatrième tour, le doyen de la faculté des sciences sociales, François Blais. Denis Brière n’avait pas obtenu la majorité ( 50 %+1 ) au terme du premier tour et avait récolté 62 votes contre 79 pour l’ensemble de ses opposants. Les transferts de vote ont finalement donné raison au recteur sortant, qui a obtenu 80 votes contre 59 pour François Blais. Marie-Hélène Parizeau, professeure en philosophie, a été éliminée au premier tour, Esther Deom, professeure au département de relations industrielles, au deuxième, et le doyen de la faculté des sciences de l’administration, Robert Mantha, au troisième. Des promesses Après sa réélection, Denis Brière a pris des engagements auprès de la communauté universitaire. Au cours de son prochain mandat de cinq ans, M. Brière entend procéder à  l’embauche de professeurs. Dès cette année, il promet 80 nouveaux professeurs sur le campus. Il reprend ainsi la balle au bond envoyée par la plupart de ses adversaires, dont François Blais, pour qui l’amélioration de la qualité de l’enseignement était une priorité. M. Blais déplorait notamment la chute de l’Université Laval dans les classements universitaires internationaux. Par exemple, le 4 septembre 2011, Laval perdait 45 positions, passant de la 271e à la 316 e place du Qs World University Rankings.

6

M. Brière a également fait mention du laissez-passer universel d’autobus ( LPU ). Ce projet, sur lequel la CADEUL planche depuis 2005, faisait partie des promesses électorales du recteur en 2007, lorsqu’il a été élu pour un premier mandat. Au mois d’avril dernier, Impact Campus publiait que la CADEUL songeait à remettre le LPU parmi ses priorités, une fois la grève étudiante terminée. La CADEUL déplorait également cet hiver que le recteur avait fait une promesse purement électoraliste sans honorer son engagement de mettre en place le LPU. Lundi, le président de la CADEUL, Martin Bonneau, a lancé un message clair au recteur. « Cette fois-ci, il va falloir que des projets se concrétisent. »

Cette fois-ci, il va falloir que des projets se concrétisent Le LPU ne sera toutefois pas facile à implanter, si l’on se fit aux indications de François Picard, responsable de l’aménagement du territoire à la Ville de Québec. M. Picard mentionnait au début du mois d’avril que le dossier était clos et qu’il coûtait trop cher dans sa forme actuelle. Changement demandé Malgré sa réélection, Denis Brière devra prendre acte que certains changements s’imposent au sein de la gouvernance. C’est du moins l’avis

de quelques représentants syndicaux et étudiants. Pour Puma Freytag, président du syndicat des chargées et chargés de l’Université Laval, c’est la notion de collégialité qui doit prendre le dessus. Plusieurs opposants au recteur Brière critiquaient sa gestion entrepreneuriale de l’université, au détriment d’une approche à l’écoute de ses membres. Il croit que M. Brière et ses vice-recteurs devront être davantage « sur le terrain ». «  Un vice-recteur qui ne va jamais rencontrer les organisations syndicales, il y a un problème  », a-t-il confié en entrevue. Selon lui, les relations de travail sont actuellement basées sur une relation patrons-employés, ce qui nuit à la productivité et à la bonne gestion des conflits. Il déplore l’appel récurrent à l’arbitrage et aux services d’avocats pour régler les dossiers. « Ça coûte une fortune à l’université et aux syndicats », a-t-il dénoncé. « Quand on voit l’argent qui est mis là-dedans et qu’on demande aux étudiants de payer plus pour leurs frais de scolarité, on est un peu scandalisés ». M. Freytag croit le recteur devra lancer un appel à ses vice-recteurs pour une meilleure communication, et qu’un changement de philosophie dans les relations de travail doit être apportée. Il a vertement critiqué le travail du vice-recteur aux ressources humaines, Michel Beauchamp, lequel est pointé du doigt pour sa mauvaise gestion de l’implantation du logiciel des ressources humaines People Soft. « C’est une vraie catastrophe, a-t-il lancé.  Il nous faut un vrai vice-rectorat aux ressources humaines. » Il croit qu’il y a dans la saga People Soft le signe d’un problème de communication entre l’administration universitaire et les organisations syndicales. Du côté de la CADEUL, « on s'attend à ce que Denis Brière prenne acte de la volonté de changement et des inquiétudes qui ont été soulevées par une bonne partie de la communauté universitaire », a résumé son président Martin Bonneau.

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 8 mai 2012

Patente à gosse 2 David Rémillard

D

écidemment les libéraux sont les champions de la production de patentes à gosse. L’entente de principe convenue avec les quatre associations étudiantes nationales n’augure rien de bon pour qu’une sortie de crise ait lieu à court terme. Après une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, qui après moult critiques est devenue une véritable commission digne de la loi sur les commissions d’enquête, voici maintenant le Conseil provisoire des universités ( CPU ), dont la mission sera d’analyser la gestion des universités pour y trouver des économies. La création de ce conseil fait partie des modalités de l’entente de principe signée entre le gouvernement et les associations nationales étudiantes samedi, après 23h de négociations. L’entente de principe prévoit également une réduction des frais afférents…quand c’est possible. Parce qu’en effet, les étudiants universitaires paient en moyenne 800 $ de ces frais par année. Mais on ne peut pas tout couper et la hausse de 1778 $ sur 7 ans est maintenue. Alors n’allons pas se leurrer, les étudiants perdront au change et verront leur facture augmenter quoiqu’il en soit, le montant potentiel de la réduction étant inférieur à l’effort demandé. Les étudiants demandaient l’annulation complète de la hausse. Ils n’ont rien obtenu en ce sens. Ils sont les grands perdants de cette patente à gosse qui n’est ni un moratoire, ni un gel, mais plutôt un moyen pour les libéraux de gagner du temps et continuer de marquer des points dans l’opinion public. Plusieurs observateurs et chroniqueurs politiques ont déjà vu juste sur les réelles intentions du gouvernement de Jean Charest dans le dossier des frais de scolarité. On s’en sert de levier pour mousser une campagne électorale, question de cacher un bilan moche, sans saveur, parsemé de scandales et d’apparence de conflit d’intérêts. Et ne croyez pas que les élections vont se faire attendre encore longtemps. Il n’y a qu’à analyser les stratégies de communication de tous les partis politiques actuellement et on devine que ça ne saurait tarder. À l’automne au plus tard. Tout comme avec la commission Charbonneau, le CPU est un moyen de pelleter les problèmes en avant pour les libéraux. Leur objectif est de se faire du capital politique et gagner les prochaines élections. Rien de plus. Le gouvernement a une dette envers la population et a simplement opté pour le paiement sur 72 mois. Pas surprenant avec une telle philosophie qu’ils proposent une hausse sur 7 ans au lieu de 5. On dilue le problème, on donne l’impression à tout le monde que les choses avancent, tout ça pour créer son propre agenda. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler de la grande politique. Les commissions et les conseils de toute sortes formés par le gouvernement sont devenus des espaces fourre-tout, des éponges à problème. Mais quand ce l’éponge sera pleine, soyez sûr que le gouvernement sera éclaboussé. Sa stratégie actuelle est bonne, en ce sens qu’elle pourrait lui obtenir un autre mandat. Finalement, quand on regarde la composition du CPU, on peut se questionner sur ce qui se retrouvera dans le rapport. Seuls quatre représentants étudiants seront membres du conseil formé de 18 personnes. Parmi les autres, six seront des membres de la CRÉPUQ, favorable à la hausse des droits de scolarité, deux du milieu des affaires désignés par la ministre, un président désigné par la ministre, un représentant du ministère, un représentant des cégeps. Seuls les quatre membres des centrales syndicales sont susceptibles d’appuyer les étudiants. Mais quoi qu’il en soit, les étudiants seront minoritaires et rien n’indique qu’ils feront des gains avec ce conseil. Cette entente de principe laisse donc tout le monde dans l’incertitude, sauf pour les libéraux, qui ne se sont engagés à rien, à part quelques mesures qui ne répondent en rien aux demandes étudiantes, comme le remboursement proportionnel au revenu. Le conflit étudiant a atteint un point de non retour. Mais d’en prédire l’issue est de plus en plus difficile. Les étudiants et le gouvernement entrent dans une phase très stratégique. Et elle pourrait être longue, très longue, cette partie d’échecs.


Autopsie d’un conflit Photo: Archives Impact Campus, Mathias Nicolas

Treize semaines de grève étudiante, des centaines d’arrestations, des dizaines de blessés et une entente de principe avec le gouvernement qui pourrait bien être refusée par le mouvement étudiant au cours des assemblées générales qui se tiendront cette semaine. Mais le conflit date de bien plus loin et tient sa source en 2007. Chronologie et autopsie d’un conflit historique.

Hubert Gaudreau en collaboration avec David Rémillard

2 0 0 7

31 mars 2011 : Débrayage de 60 000 étudiants pour manifester contre la hausse.

17 mars 2011 : Annonce du ministre Bachand d’une hausse des frais de scolarité de 325$ par année sur 5 ans.

10 novembre 2011: Première grosse manifestation de 30 000 étudiants dans les rues de Montréal.

Août 2011 : Lancement de la campagne contre la hausse des frais de scolarité.

13 février 2012 : Les premières associations étudiantes entrent en grève.

5 avril 2012 : Bonification du programme de prêts et instauration d’un régime de remboursement proportionnel au revenu.

22 avril 2012  : Manifestation du Jour de la Terre, l’enjeu de la hausse des frais de scolarité est aussi à l’honneur. Près de 250 000 personnes récensées, un nouveau record est établi.

27 avril 2012 : Déposition de la proposition du gouvernement d’étaler la hausse sur sept ans. Proposition qui est alors catégoriquement rejetée par les étudiants.

4 mai 2012 : Violente manifestation qui tourne en émeute à Victoriaville, lieu où s’enclenche le conseil général du parti Libéral. / Début d’une rencontre au sommet entre les différentes associations étudiantes, ministres, centrales syndiacales ainsi que la CRÉPUQ.

5 mai 2012 : Le gouvernement soumet une nouvelle proposition aux étudiants qui sera soumise en assemblée générale.

8

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 8 mai 2012

Augmentation des frais de scolarité de 50$ par trimestre, soit 500$ sur 5 ans.

2 0 1 1

2 0 1 2

22 mars 2012 : L’apogée de la grève étudiante (250 000 étudiants en grève), manifestation pacifique historique d’environ 200 000 personnes.

12 avril 2012 : Injonction accordée à Laurent Proulx, le débat sur la judiciarisation du conflit est lancé.

20 avril 2012 : Affrontement entre policiers et manifestants au salon du Plan Nord tenu au palais des congrès à Montréal.

23 avril 2012 : Début des négociations entre le gouvernement et les principales associations étudiantes.

25 avril 2012 : Expulsion de la CLASSE de la table des négociations. La FEUQ et la FECQ décident alors de rompre les négociations. La colère étudiante se fait sentir par une série de manifestations noctures qui s’enclenchent.

1er mai 2012 : La FECQ et la FEUQ présentent leur contre-offre.

3 mai 2012 : La CLASSE présente sa contre-offre.


Critique CD : Tristan Malavoy

p.10

Entrevue avec Amylie

p.11

Critique de L'Odyssée

p.11

Dirty Red Shoes fait son chemin Seulement quatre ans après la création du groupe, les quatre membres de Dirty Red Shoes annoncent la sortie de leur premier album A New Level, qui est prévue le 12 juin sur iTunes. Un cheminement peu commun et de belles rencontres les ont menés jusqu'à cette réalisation.

Sébastien Blondeau

L

'histoire de leur formation s'avère toutefois t rès simple : deux frères, Mathieu ( voix et guitare ) et Pier-Luc Denis ( guitare ) lancent le projet. Ils rencontrent ensuite Jonathan Vachon ( basse ) par hasard dans un bar. Ce dernier accepte de se joindre au projet, puis il leur présente un ami avec qui il avait étudié la musique au Campus NotreDame-de-Foy, Jean Rancourt (  batterie ). Déjà, c'est le coup de foudre. « C'est très important d'avoir une bonne chimie dans le band. C'est comme une famille, c'est comme un couple », confie le chanteur. Lors du tournage du vidéoclip Black Flower, Dirty Red Shoes côtoie une grosse pointure du rock alternatif : Steve Durand. Ce qu'il leur propose semble ir-

réel : passer un mois chez lui, à Hudson, New York, afin d'enregistrer un EP. Tout sourire, les quatre membres du groupe, originaires de Lévis, tentent l'aventure. Pendant trois semaines, Steve Durand provoque quelques rencontres enrichissantes et leur apprend le positivisme, la persévérance et la minutie. Le résultat de l’enregistrement est si satisfaisant qu'on leur demande de revenir enregistrer quatre chansons supplémentaires, ce qui rendra le projet assez imposant pour en faire un album. « On s'est sentis choyés d'aller enregistrer là-bas. C'était vraiment impressionnant », avoue le guitariste et principal compositeur du groupe, Pier-Luc, alors qu'il décrit l'ambiance des lieux où ils ont capté le son de chaque instrument. À la suite de l'enregistrement, de retour au Canada, le groupe

— de nature perfectionniste — enclenche un long processus de peaufinage. « Il fallait prendre le temps de s'asseoir et de définir nos demandes en terme de son. Francis Perron a vraiment pris le temps de s'asseoir avec nous autres et de les écouter, ces demandes-là », ajoute Pier-Luc. Notons que c’est Francis Perron, de RadicArt Studio, qui leur a donné un coup de main pour achever le travail. Après avoir entendu leur histoire, on comprend pourquoi ils se sentent si complices. À leurs débuts, Mathieu, Pier-Luc et Jonathan avaient d’ailleurs loué une maison pour jouer de la musique et tisser des liens. La proposition de Steve Durand leur a permis de poursuivre cette cohabitation aux États-Unis, et de vivre des expériences marquantes et formatrices. Pier-Luc révèle leurs influences grunge,

« On est un peu activistes dans notre façon d’écrire. On suggère aux gens de se lever, de faire ce qu’il faut pour que les choses avancent, pour que le monde change », explique Pier-Luc. Photo : Claudy Rivard

rock, punk et autres : « Étonnamment, on s'inspire beaucoup de la musique de vieux jeux vidéo, des jeux auxquels on jouait, mon frère et moi . » Ont-ils apporté ces jeux à Hudson  ? « Ben oui ! », tous en chœur. Dirty Red Shoes a prévu des spectacles pour remercier leurs

amis, leurs familles et tous les gens qui ont mis la main à la pâte. Quoi ? A New Level Qui ? Dirty Red Shoes Où ? Scanner Quand ? 18 mai, 23 h Combien? 5 $

L’eau et la terre du monde Dans la ville de Marathon, il y avait un théâtre. Wajdi Mouawad y mettait en scène Sophocle.

Louis-Augustin Roy

L

Photo : Courtoisie, Jean-Louis Fernandez

es éléments, comme dans les titres de la tétralogie précédente de Mouawad, importent dans Les Trachiniennes, Antigone et Électre. L’eau et la terre, deux éléments « mères », « matriciels », lient les pièces. Source d’apaisement, entre autres, la pièce Les Trachiniennes laisse pleuvoir sur elle et détrempe la scène, mais ne lave pas la tunique maculée d’Héraclès. De la trilogie déterminée par Mouawad, elle présente les en-

jeux dramatiques les plus simples ( Sophocle l’a écrite bien avant les deux autres ) et une mise en scène sans grande invention, surtout dans les déplacements. Déjà fameux par la polémique, le chœur, par un excellent rock qui rend toute justice à sa fonction, pallie la faible impression laissée par le texte et la mise en scène. Dans Antigone, le choreute est parfois difficilement audible, diminuant d’autant sa portée, peutêtre étouffée sous la terre qui doit souiller et recouvrir un bout de scène et Antigone, plutôt que Polynice, laissé sans sépulture par

décret du roi Créon. Toujours pertinent de nos jours, le caractère politique de ce texte est souligné par un éclairage rouge vif ( devant lequel flotte, coïncidence, la structure d’un grand carré, vu de face… ), alors que la scène baigne normalement dans le bleu et le vert des tragédies. La portion de texte traitant de politique est d'ailleurs fort bien rendue par Patrick Le Mauff jouant Créon, tyran des idées et des gens : « Il faut obéir à celui que la Ville a pris pour maître, dans les choses petites ou grandes, justes ou iniques. » Rencontre finale entre les deux éléments, préfigurée par l’argile sur les mains de Déjanire dans Les Trachiniennes : de l’eau et de la terre, une boue épaisse recouvre le sol dans une mise en

scène enfin digne du meilleur de Mouawad. Le savant délabrement du décor et des costumes trouve sa mesure dans l'infortune tragique de sa protagoniste, Électre, au verbe hachuré, cassé par une folie sur le point d’éclore. Toujours en périphérie du caractère politique, les femmes sont prisonnières de leur condition. Par elles arrive le malheur ou la sagesse — comme par les hommes, au fond… Quoi ? Des femmes ( dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec ) Qui ? Texte : Sophocle, mise en scène : Wajdi Mouawad Où ? Pavillon de la Jeunesse ( ExpoCité) Quand ? 10 juin, 13 h

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 8 mai 2012

9


SAUVER la littérature

Une rengaine on trouve des tentatives stylistiques malheureuses, comme les premiers chapitres qui, versés dans la prose poétique, riment sans harmonie, rendant ce son rêche et malhabile que produit la poésie lorsqu’elle est forcée de comparaître dans un livre où elle n’est pas la bienvenue. Trop de choix, en définitive, n’ont pas été faits dans ce récit : on sent le collage d’anecdotes, le refus de la continuité, la construction en carnet qui finit, à trop se diffracter, par ressembler à un cahier d’écolier. On pense à Annie Ernaux pour la narration si peu narrative; on pense aux essais de Robert Lalonde pour ses réf lexions narrées, mais en plus plat, toujours, en plus fade, en moins construit. Bien sûr, on trouvera dans ces pages une vérité, c’est-àdire une voix vraie qui, sans concession, voue un culte à l’art. L’art, oui, a la part belle

Pierre Raphaël Pelletier Entre l'étreinte de la rue et la fièvre des cafés éditions david

L

e spectacle de l’Ottawa culturel n’est pas sans exotisme dans le récit de Pierre Raphaël Pelletier. Entre l’étreinte de la rue et la fièvre des cafés présente le train-train d’un auteur de carnets qui occupe ses nuits à la peinture et ses jours, dans les cafés, à combattre l’alcoolisme à grandes goulées de boissons chaudes. En s’imaginant les rues proprettes de la capitale canadienne, son ennui proverbial pour nous, Latins du nord, on se trouve dépaysé, en effet, devant le portrait de bohème brossé dans ce récit.

Les galeries, les artistes et les junkies donnent à la ville cette figure rebelle, tapie derrière le parlement. Ce n’est pas sans rébellion que le récit de Pelletier se livre; quelques charges naïves contre des enjeux prémâchés, quelques critiques molles et un peu rêveuses traversent les pages. Le narrateur esthète se montre volontiers grinçant contre la laideur du monde. Il y a aussi quelques actions, des dialogues creux et artificiels échangés entre des personnages diaphanes  ;

dans ce livre, mais la manière dont celui-ci s’articule, la lâcheté de sa structure ne convainc pas un lecteur esthète, qui recherchera plutôt

les doucereux fragments d’un André Major ou les visites des cafés d’André Carpentier.

David Bélanger

Suivez-nous sur impactcampus.qc.ca Restez à l'affût des articles culturels durant la saison estivale !

JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS pour la section arts et culture Contact : arts@impact.ulaval.ca

Tristan Malavoy Les éléments

de la semaine Bear In Heaven

anglo

I Love You, It's Cool

2

AU

Both Lights

3

franco

1

audiogram

1

ED [EP]

2

4

Lotus Plaza Spooky Action At A Distance

5

5 Avec pas d'casque

Patrick Watson

loud électro expé-

rimental

10

Culture Cry Wolf Dia De Los Muertos

Radio Radio Havre de grâce

Astronomie

Adventures In Your Own Backyard

hip hop

Canailles

Manger du bois

Eight and a Half

4

Lisa LeBlanc Lisa LeBlanc

3

Eight and a Half

Les Indiens

Hilltop Hoods Drinking from the Sun

Fraction & Fresh Kils Extra Science

Napalm Death Utilitarian

Sigh In Somniphobia

Hellsaw Trist

Elephant & Castle Transitions

Debukas Pleasure Patterns

White Poppy I Had a Dream

Zammuto Zammuto

Black Dice

Dictaphone Poems From A Rooftop

Mr. Impossible

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 8 mai 2012

Dans son élément T

rop peu de gens savent que Tristan Malavoy, rédacteur en chef et chroniqueur littéraire du Voir Montréal, est auteur-compositeur-interprète. Et pourtant, son premier album Carnets d’apesanteur, paru en 2006, avait su rallier bon nombre de critiques et d’amateurs de prose recherchée. Cette fois-ci, celui qui manie aussi bien l’écriture que l’art oratoire nous revient avec Les éléments, ensemble de douze morceaux aux rythmes tempérés, mais soutenus par des textes puissants. N’écoute pas Malavoy celui qui recherche la performance vocale à tout casser, car c’est avant tout un voyage dans les méandres de la réf lexion et de l’ambiance qui nous est proposé. On y savoure des lignes délicieusement rédigées, d’une richesse qu’il nous est rarement donné d’entendre. Le résultat est éloquent. Si les mots de Trois pas  donnent dans la t r ad it ion nel le no st a lg ie

résultant de la séparation, ceux de Un siècle comme les autres, appellent à une prise de conscience collective de l’état de notre quotidien et des efforts faits pour l’améliorer. On adore la douceur simplement planante de Aéronef et le récit du marchand de journaux au centre de Une vie nouvelle, où les belles images se succèdent. Mention spéciale à  Voyons voir, collage de deux poèmes de feu Roland  Giguère, et à la poésie de la pièce-titre. Musicalement, Les éléments donne principalement dans la pop organique, celle des guitares et des percussions effacées, quoiqu’alimentées ici et là par quelques notes de basse et de piano. La réalisation d’Alexis  Martin et de Jean-François Leclerc est sans faille et la constante présence vocale d’Amylie accompagne parfaitement Tristan  Malavoy, ce fier maître de la plume pour qui la musique, bien plus qu’un simple outil, est avant tout un moyen d’expression.

4/5 Émilie Rochette


Rêver d’ici ( Mal )Heureux et d’ailleurs qui comme Ulysse Depuis la sortie de son premier album en 2009, l’auteure-compositrice-interprète Amylie s’est taillé une place de choix dans le domaine musical. La sortie de son deuxième album, Le Royaume, a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Pour sa dernière pièce de la saison, le Théâtre du Trident fait preuve d’audace avec l’adaptation théâtrale de L’Odyssée d’Homère. Pourtant, le résultat ne convainc pas entièrement.

Miléna Babin

Cyril Schreiber

S

i son père, mélomane, faisait jouer de la musique à tuetête le samedi matin, c’est d’abord le théâtre qui a interpelé la jeune femme. Faute d’avoir trouvé son compte sur les bancs d’école, dès l’âge de 8 ans, Amylie s’investit dans des troupes de théâtre de la ville de Mascouche. « À l’époque, les petits rôles discrets me suffisaient amplement. » Jusqu’au jour où, à sa grande surprise, on lui attribue le rôle principal dans la comédie musicale Grease. « À l’époque, j’avais 16 ans. Avant les auditions, je ne savais même pas que j’avais une voix ! J’ai chanté les yeux fermés. » Impressionnée par le niveau d’adrénaline que lui avait procuré cette expérience, elle envisage pour la première fois de s’initier à un instrument. De façon tout à fait intuitive, elle empoigne sa première guitare : « J’ai mis mes doigts là où ça faisait le moins mal, et puis j’ai joué », lance-t-elle en riant. Comme bon nombre d’artistes, en 2004, elle migre vers Montréal pour se consacrer à la création de son premier démo. Une fois le travail achevé, elle présente son projet à Audiogram : la maison de disque reconnaît aussitôt son talent.

En 2009, son premier album, Jusqu’aux oreilles, récolte une nomination dans la catégorie Révélation de l’année au Gala de L’ADISQ. Une visibilité qui a lancé la machine et qui lui a permis, notamment, d’ouvrir les spectacles d’Ariane  Moffatt et de devenir choriste pour Tristan Malavoy. Au fil de ces aventures, elle s’entoure d’une équipe de rêve dont Daniel  Bélanger, Daniel Boucher, Damien Robitaille et Antoine  Gratton font partie. Encouragée par l’accueil chaleureux que le public lui réserve, Amylie entame le processus d’écriture de son deuxième album. « J’enregistrais tous les instruments avec un logiciel. Je me débrouillais, je jouais de tous les instruments "à peu près" pour donner une idée de la structure que je voulais avoir. Ensuite, j’ai présenté ma maquette à Antoine Gratton. Il est revenu avec une pile d’arrangements grosse comme ça! », s’exclame-t-elle en espaçant son pouce et son index d’environ cinq centimètres. Maintenant que sa musique est enracinée dans notre sol québécois, Amylie compte faire rayonner son royaume à l’étranger. « Ce que j’aimerais, c’est faire des spectacles partout. J’ai envie de faire voyager ma musique. »

Photo : Hubert Gaudreau

Photo : Courtoisie, Vincent Champoux

L

’histoire est connue, elle a même pris la forme d’un symbole mythologique  : Ulysse, roi d’Ithaque, tente de revenir au pays après un exil de 20 ans, pendant que sa femme, Pénélope, tisse pour passer le temps, et que son fils, Télémaque, repousse les conquérants de sa mère.

Il y a bien sûr quelque chose de fascinant dans cet exil, ce voyage qui devient la véritable maison d’Ulysse C’est Dominic Champagne et Alexis  Martin qui se sont chargés d’adapter ce textefleuve de plus de 12 000  vers en une pièce de 2 h 30. Ils se sont concentrés sur l’essentiel : Ulysse se retrouve évidemment au cœur de l’histoire. Malheureusement, un trop grand

écart entre la première et la deuxième partie provoque un déséquilibre. Si, avant l’entracte, Ulysse et ses compagnons rencontrent à la chaîne personnages et divinités à un rythme essoufflant, la seconde portion se focalise sur la reconquête du royaume d’Ithaque par cette figure forte et inspirante. L’ajout d’une narratrice, ici la mère d’Ulysse, a beau servir de lien entre les scènes, il n’apporte qu’un didactisme nécessaire, mais rapidement lassant. Martin Genest, qui signe la mise en scène, s’est notamment inspiré du bédéiste Enki  Bilal pour placer cette histoire dans une dystopie à l’atmosphère guerrière. Il a eu la bonne idée de faire appel à MarieRenée Bourget Harvey, conceptrice du décor, dont le travail tourne autour de deux éléments principaux : un plancher de bois et un filet, ce dernier bien utilisé pour représenter autant une voile de navire que la porte des enfers. Si on a connu Genest plus imaginatif, force est d’admettre que la mission, dans l’ensemble, est réussie, notamment grâce à une solide distribution avec à sa tête un Christian  Michaud convain-

cant dans le rôle d’Ulysse. Il est cependant étrange de voir les mêmes acteurs jouer à la fois ses compagnons de voyage et ses adversaires… La pièce est parsemée de quelques bonnes réflexions, notamment sur la notion de mémoire. Il y a bien sûr quelque chose de fascinant dans cet exil, ce voyage qui devient la véritable maison d’Ulysse. Plusieurs mythes, encore actuels, se retrouvent dans ce texte fondateur, et avec raison. Mais L’Odyssée, à l’épilogue un peu sec, souffre d’une certaine lourdeur dans cette adaptation théâtrale, et certaines scènes, peu subtiles et peut-être mal représentées, risquent de frôler le ridicule aux yeux de certains spectateurs. Ceux-ci devront faire la part des choses, en prendre et en laisser. Quoi ? L’Odyssée Qui ? D’après Homère, adaptation de Dominic Champagne et Alexis  Martin, mise en scène  : Martin Genest Où ? Théâtre du Trident/Salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec Quand ? Jusqu’au 12 mai

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 8 mai 2012

11


L'erreur est humaine p.

13

Musée du futur p.

13

Québec : une ville futée

Québec est cette année l’une des sept villes les plus branchées de la planète. L’Intelligent Community Forum ( ICF ) a décerné ce prix à la capitale nationale pour sa forte « économie à large bande » et ses politiques de données libres.

Alexandre Paré

L

e concept « d’économie à large bande » est proche de la mondialisation. C’est l’aspect technologique de cette dernière, plus précisément l’écosystème de communication entre les entreprises, les consommateurs et les gouvernements. Et ce, en partie avec l’évolution des moyens de communication et la démocratisation des nouvelles technologies depuis les années 1990. Québec, avec ses politiques fiscales pour les entreprises, a su attirer plusieurs gros joueurs de l’industrie des hautes-technologies. Beenox, Ubisoft, CGI et bien d’autres ont élu domicile dans la ville, ouvrant la porte à des partenariats profitables. Forte déjà d’héberger le siège social de onze des plus

grandes compagnies d’assurance de la province et des organismes de recherche et développement de renommé mondiale, l'Intelligent Community Forum ( ICF ) n’a pu que reconnaître les avancées en matière d’innovation de la Capitale-Nationale. Données ouvertes Les données crées par la ville de Québec sont majoritairement financées par les contribuables. C’est en suivant cette logique que plusieurs paliers de gouvernement commencent à rendre disponible en ligne, sous plusieurs formats, les différentes données. La Ville de Québec a donc suivi la tendance en ajoutant à son site plusieurs données relatives à ses

infrastructures. On peut maintenant, en quelques clics, obtenir les horaires des éco-centres, les localisations et la description des panneaux de stationnement, les activités de loisirs financées par la Ville ainsi qu’une douzaine d’autres bases de données.

Québec a su attirer plusieurs gros joueurs de l’industrie des hautestechnologies

Les données ouvertes, créées par la Ville de Québec, sont disponibles sur Internet. Ici sur le portail d'accueil du site de la ville. Photo : Impact Campus

Ces initiatives permettent aux citoyens d’être mieux informés mais surtout ouvrent aussi la porte aux développeurs. Comme les données viennent sous dif-

férents formats, il devient possible pour une personne avec des bases en programmation de créer un programme se servant des informations publiées par la ville. Cela ouvre le marché des applications à une myriade de petits entrepreneurs désireux d’offrir des services à leurs concitoyens.

Au mois de juin, nous saurons qui remportera le prestigieux prix de la communauté la plus intelligente de l’année. Québec rejoindra peut-être Eindhoven ( Pays-Bas, 2011 ), Suwon ( Corée du Sud, 2010 ) et Stockholm ( Suède, 2009 ) dans le panthéon des villes les plus branchées au monde.

Conférence internationale 3D GéoInfo

L’espace sous toutes ses coutures La septième conférence internationale 3D GéoInfo aura lieu, les 16 et 17 mai prochains, au Centre des congrès de Québec. L’occasion de faire le point sur les nouveaux enjeux de l’information géographique en trois dimensions.

Pierre-Louis Curabet

L

’étude de la 3D n’est donc pas nouvelle. « Tout phénomène possède intrinsèquement trois dimensions géométriques pouvant être mesurées et modélisées », explique Jacynthe Pouliot, professeure agrégée au département des sciences géomatiques de l’Université Laval. Selon elle, « plusieurs disciplines exploitent des données géospatiales 3D depuis fort longtemps, que ce soit en arpentage, en génie géomatique, en génie civil, en géologie, en hydrologie ».

12

La 3D à la portée de tous Rien de bien neuf donc. En fait, ce qui est venu bouleverser ce champ d’études est l’avènement du numérique et de nouvelles technologies ces vingt dernières années. La professeure de l’UL donne l’exemple du GPS ( Global Positioning System ) qui aurait favorisé « l’acquisition de données 3D et la production de modèle 3D ». Cette dimension se développe alors au profit, entre autres, de

monsieur et madame tout le monde. Nombre d’entre nous ont déjà surfé sur Google Earth pour voir notre appartement, notre maison ou notre université vus du ciel. « Ces nouvelles données géospatiales 3D ont été les catalyseurs de développements et d’avancées dans les domaines respectivement de la modélisation et de la visualisation 3D », soutient Sylvie Daniel, professeure adjointe en géomatique à l’université.

sciences et technologie | impact campus | mardi 8 mai 2012

La modélisation des données en 3D est importante, car sa maîtrise évite une « perte d’information lors de la production de la représentation spatiale », avance Jacynthe Pouliot. Plus performant, mais aussi plus complexe. Toujours selon Madame Pouliot, les modèles en trois dimensions ne sont pas exempts de contraintes. « Cela incombe un plus grand volume de données, des performances d’ordinateur plus élevées, et cela requiert surtout qu’on pense le territoire en 3D. Il nous reste encore du travail à faire à ce niveau et la formation de spécialistes 3D reste un enjeu important. Il existe actuellement peu de programmes de formation

spécialisés en modélisation de données géospatiales 3D ». Impact sur le quotidien La modélisation 3D fait déjà partie de la vie en société et influence notre quotidien. « Sans la 3D, le travail des spécialistes serait plus complexe, la qualité des ouvrages [ ... ] serait éprouvée, et donc le bienêtre et la protection du public pourraient en être affectés. Le citoyen profite donc grandement, mais indirectement de l’usage de la 3D », conclut Jacynthe Pouliot. Quoi ? Septième conférence internationale 3D GéoInfo Où ? Centre des congrès, Québec Quand ? 16 et 17 mai 2012


L’erreur est humaine Le laboratoire Co-DOT, fondé en 2010, étudie les facteurs qui interviennent lors de la prise de décision de l’homme et les conditions qui favorisent le rendement optimal du travail collectif. Son directeur, Sébastien Tremblay, et son équipe ont mis en évidence plusieurs limites cognitives de l’être humain.

Pierre-Louis Curabet

Tc

Musée du futur

Peintures, sculptures, et autres objets d’art restent parfois incompréhensibles pour les profanes. Philippe Dubé et son équipe du Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture de l’UL travaillent à créer le musée de l’avenir. Intelligent et intelligible.

Pierre-Louis Curabet

N

L'équipe du laboratoire Co-DOT réalise des simulations de gestion de crise et de réponse d'urgence. Photo : Pierre-Louis Curabet

B

enoît Vallières, doctorant en psychologie à l’université, fait partie de l’équipe du laboratoire Co-DOT ( Cognition – Distribution – Organisation – Technologies ). Il travaille sur un modèle qui se base sur la mesure du déplacement de l’œil d’une personne qui doit surveiller attentivement un espace aérien à l’aide d’un écran radar. Alors que cet observateur a reçu une formation qui lui a permis d’intégrer des règles selon lesquelles elle doit agir, Benoît Vallières a noté que dans 13 % des cas où il y a un risque de percussion entre avions la personne regarde, mais ne voit pas le danger. « L’homme apprend des règles, mais il est souvent irrationnel dans ses décisions, constate Sébastien Tremblay. Et cela peu importe l’expérience de l’individu. »

Cécité au changement Pour ce qui est des prises de décisions collectives en situation de stress, l’équipe du laboratoire réalise des simulations de gestion de crise et de réponse d’urgence. Quatre personnes peuvent tenter l’expérience en même temps. Chacun à un rôle et l’équipe a une mission à réussir. Ce quatuor doit alors prendre les meilleures initiatives pour résoudre la situation. Dans cette expérience aussi, les chercheurs de l’université observent des prises de décisions irrationnelles et une difficulté à bien coordonner leurs actions. Il semble que le cerveau a une représentation lacunaire du monde, d’où de possibles erreurs. Daniel Lafond, post-doctorant en psychologie à l’UL, af-

firme que, dans une situation complexe et où les décisions sont prises à long terme, un individu a tendance à se concentrer sur un problème ( concept de « vision tunnel » ) et a dû mal à se projeter pour prendre en compte les effets indirects de ses décisions, qui sont parfois indésirables. « On tend à surestimer notre intelligence, mais l’homme présente de grandes limites dans son jugement », soutient le post-doctorant en psychologie. De son côté, Sébastien Tremblay signale l’existence d’un « mur de complexité ». Le laboratoire Co-DOT tente donc de trouver des solutions à ces prises de décision irrationnelles en s’appuyant sur la technologie. Cependant, concernant cet « espace solution », l’équipe de Sébastien Tremblay n’en est qu’à ses débuts.

ous avons tous été traînés, jeunes ou moins jeunes, par nos parents dans des musées de toutes sortes. Pour ma part, alors que j’étais au lycée ( cégep français ), nous avons visité le site archéologique de Knossos sur l’île grecque de Crète. Le sentiment qu’il m’a laissé. L’ennui. Juste des bouts de briques parsemés. Heureusement, quelques marchands de bonheur étaient là pour rappeler aux visiteurs que, plusieurs siècles auparavant, s’érigeait ici le palais du roi Minos, fils de Zeus. Autant vous dire que la visite de la demeure royale, sous un soleil matraquant, n’a pas suscité chez moi des émois. Conscience du travail à effectuer au niveau de la valorisation de nos patrimoines, l’équipe de Philippe Dudé a entrepris de modéliser entièrement en 3D la Chapelle des Ursulines de Québec. « À partir d’une capture 3D, l’objectif est de créer un lieu d’expérience grâce à un scan intelligent de l’endroit », explique Philippe Dubé, directeur du Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture ( LAMIC ). À cette modélisation, s’ajoutent des plans, des photos, ou encore des témoignages pour rendre

« intelligente et intelligible » la chapelle. « Il faut faire appel à l’intelligence du visiteur. La chapelle est muette, mais une fois numérisée, elle devient parlante. C’est un support d’information ». Les musées du futur, entièrement accessibles par internet, ne seraient alors plus des coquilles silencieuses, trop souvent énigmatiques par manque de connaissance. Cependant, l’équipe de Philippe Dubé est loin d’avoir conclu ce projet qui s’annonce « infini ». Le LAMIC n’a ainsi travaillé à la modélisation 3D de la Chapelle des Ursulines que depuis deux étés. Le laboratoire a maintenant un modèle complet du couvent, mais, selon le directeur, « esthétiquement, il ne [ lui ] rend pas hommage ». Reste aussi à « trouver une manière d’inscrire un parcours pour guider le visiteur » et à établir « plusieurs niveaux de lecture », certains visiteurs voulant pousser l’expérience toujours plus loin. Le roi Minos n’est donc pas près d’accrocher ma curiosité, mais la Chapelle des Ursulines pourra peut-être vous passionner. Pour cela, il suffit de rendre visite à LAMIC cet été pour apercevoir l’avancée de leur projet.

sciences et technologie | impact campus | mardi 8 mai 2012

13


Le déménagement des Coyotes menacé p.15

Des séries trop violentes ? Les séries éliminatoires sont toujours très enlevantes dans la Ligue Nationale de Hockey et cette année ne fait pas exception. Beaucoup de buts sont marqués et de belles pièces de jeu sont effectuées. Ce qui pose problème pour certains, c’est que le nombre de minutes de pénalité et suspensions est en très forte hausse.

Mathieu Turgeon

Q

ue l’on aime les batailles ou non, elles font par ties du sport et ce n’est pas demain qu’elles vont disparaître. En séries éliminatoires, l’intensité monte et les équipes

élèvent leur jeu d’un cran. Depuis le début de la première ronde vers la mi-avril, nous avons eu droit à des épisodes de violence gratuite à répétition. Des batailles et des coups vicieux dont plusieurs à la tête n’ont pas été choses rares.

Dans les cinq premiers jours des séries, 11 inconduites de partie ont été décernées, ce qui double le grand total de toutes les éliminatoires de l’an passé. Toujours dans le doublé, le préfet Brandan Shanahan a donné huit suspensions en première ronde

en opposition au grand total de quatre en 2011. Ces coups ont fait plusieurs victimes comme Marian Hossa qui n’est pas revenu par le suite, Daniel Alfredsson et même le gardien de but des Coyotes de Phœnix Mike Smith. Le portier n’a manqué qu’une pratique, mais a tout de même été durement atteint à la tête alors qu’il jouait le rondelle derrière son filet. En plus des coups salauds, d’innombrables batailles ont eu lieu, surtout dans la série qui a opposé Pittsburgh aux Flyers de Philadelphie. Dans une seule rencontre, les deux équipes de la Pennsylvanie ont récolté 158 minutes de pénalité dans un festival de coups de poings dans lequel se sont retrouvés des vedettes qui ne sont pas réputés pour leur talent de bagarreur

comme Sidney Crosby, Claude Giroux et Kristopher Letang. De l’intérieur, ça ne semble pas être un véritable problème. « C’était super ! Les meilleurs joueurs au monde qui jettent les gants, c’est ça le hockey des séries. » a déclaré l’entraineur des Flyers Peter Laviollette. Interrogé sur le niveau d’intensité et de violence depuis le début de la danse du printemps, l’entraîneur des Red Wings de Detroit Mike Babcock a dit que c’est un groupe de gars qui passent du bon temps et qu’il aime regarder le produit que ça donne. Les joueurs semblent s’être calmés, depuis le début de la deuxième ronde il y a un peu plus d’une semaine et nous avons droit à du jeu propre où le talent peut s’exprimer. Le reste des séries devrait être très enlevant.

Photo : Courtoisie, Flickr, NVJ, Creative Commons

14

sports | impact campus | mardi 8 mai 2012


Le déménagement des Coyotes menacé Depuis plusieurs années, la ville de Québec fait campagne pour retrouver ses Nordiques. Le maire de la ville, Régis Labaume, fut élu en promettant le retour des Nordiques et a même déclaré que le rêve allait se réaliser lors de la signature plutôt ce printemps.

Phœnix en 1996. Donc, même si une entente gardant les Coyotes en Arizona est signée, le rêve des Nordiques

vit toujours et plusieurs équipes demeurent financièrement déficientes, ce qui rend possible leur déménagement.

Mathieu Turgeon

M

algré les efforts du maire, du groupe J’ai ma place et de la Nordique Nation, le rêve est maintenant menacé. Les récents succès des Coyotes semblent créer un engouement chez les habitants de la région de Glendale, eux pour qui cette équipe n’était qu’une dépense inutile il y a quelques semaines à peine. Est-ce que les récentes performances de l’équipe vont aider la ville à garder son équipe ? Rien n’est certain. « Je ne suis pas sûr que cela puisse aider le processus de vente. Mais cela ne peut cer-

tainement pas nuire » a déclaré le commissaire adjoint de la LNH Bill Daly. Il y a environ deux semaines, tout le monde était certain à 100 % que les Coyotes allaient déménager, mais suite à leur victoire en première ronde contre les Blackhawks de Chicago, il y a un certain vent d’optimisme en Arizona. « Les choses avancent rapidement et je ne serais pas surpris s’il y avait des développements la semaine prochaine a dit le president des Coyotes Mike Nealy, en faisant référence au conseil de la ville de Glendale qui se tiendra le 8 mai et qui sera décisive à savoir la ville injectera 17 millions au

groupe de Greg Jamison pour s’assurer que le club ne déménage pas. Plusieurs sont inquiets des performances des Coyotes et craignent que le déménagement vers Québec soit menacé. « Le fait que les Coyotes continuent de gagner n’est pas une bonne nouvelle pour Québec. C’est un bien mauvais moment» a déclaré l’ancien entraîneur des Nordiques Michel Bergeron. Mais tout n’est pas perdu, car à cette même période l’an passé et à la surprise générale, les Thrashers d’Atlanta étaient vendus à un groupe de Winnipeg qui venait ainsi de regagner les Jets qu’ils avaient perdus en faveur de

Nominations pour les trophées de la saison 2011-2012 dans la LNH Voici les nominations pour les différents trophées remis chaque année dans la Ligue Nationale de Hockey.

Trophée Calder : Recrue de l’année Lady Byng : Joueur le plus gentilhomme Selke : Meilleur attaquant défensif Directeur Général de l’année Masterton :Persévérance et dédicacion envers son sport Vézina : Meilleur gardien de but Norris : Meilleur défenseur Hart : Joueur le plus utile à son équipe Jack Adams : Entraîneur de l’année Foundation Award : Implication dans la communauté Ted Lindsay : Joueur par excellence selon ses pairs

en bref :

Nominés

Adam Henrique ( New Jersey ) Gabriel Landeskog ( Colorado ) Ryan Nugent-Hopkins ( Edmonton ) Brian Campbell ( Floride ) Jordan Eberle ( Edmonton ) Matt Moulson ( New York Islanders ) David Backes ( St-Louis ) Patrice Bergeron ( Boston ) Pavel Datsyuk ( Detroit ) Doug Armstrong ( St-Louis ) David Poile ( Nashville ) Dale Tallon ( Floride ) Daniel Alfredsson ( Ottawa ) Joffrey Lupul ( Toronto ) Max Pacioretty ( Montréal ) Henrik Lundqvist ( New York Rangers ) Pekka Rinne ( Nashville ) Jonathan Quick ( Los Angeles ) Zdeno Chara ( Boston ) Erik Karlsson ( Ottawa ) Shea Weber ( Nashville ) Henrik Lundqvist ( New York Rangers ) Evgeni Malkin ( Pittsburgh ) Steven Stamkos ( Tampa Bay ) Ken Hitchcock ( St-Louis ) Paul MacLean ( Ottawa ) John Tortorella ( New York Rangers ) Mike Fisher ( Nashville ) John-Michael Liles ( Toronto ) Matt Moulson ( New York Islanders ) Henrik Lundqvist ( New York Rangers ) Evgeni Malkin ( Pittsburgh ) Steven Stamkos ( Tampa Bay )

La cérémonie de remise des prix aura lieu à Las Vegas le 20 juin prochain.

PHOTO : Courtoisie, Flickr, NVJ, Creative Commons

Plesius en essai dans la NFL

D

éçu d’avoir été repêché au 10 e rang lors de la séance de repêchage de la Ligue canadienne de football la semaine dernière, Frédéric Plesius a maintenant de quoi se réjouir. Il est invité à un camp d’évaluation des recrues avec les Eagles de Philadelphie, dans la Ligue nationale de football ( NFL ). Plesius était classé troisième meilleur espoir par la centrale de recrutement de la LCF. Le secondeur du Rouge et Or de l’Université Laval aura l’occasion dès cette fin de semaine de montrer ce dont il est capable aux côtés des meilleurs espoirs de la formation de la Pennsylvanie. Plesius, à 6 pieds 1 pouce et 240 livres, entend mettre de la pression sur les recrues des Eagles en situation de un contre un. Troisième pour les retours d’interception en 2011, Plesius est un marchand de vitesse malgré sa grande taille et déborde de confiance. Il doit se rapporter aux Eagles vendredi.

David Rémillard

Suivez-nous sur impactcampus.qc.ca Restez informé sur l’actualité sportive de vos Rouge et or Merci de suivre!

sports | impact campus | mardi 8 mai 2012

15


S’est refait une beautÊ aux Halles Ste-Foy! 20 stylistes-coiffeurs Avec ou Sans rendez-vous

Impact Campus 8 mai 2012  

La dernière parution avant l'été. Parution du 8 mai.

Advertisement