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Ah! La Bouffe

Spécial épiceries fines

le mardi 28 février 2012

impactcampus.qc.ca

volume 26 | n° 23 |

votre journal est recyclable !

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Sciences & Technologie

origami adn

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Arts & Culture

critique comparative : iphigénie en auto

Snowboard Jamboree 2012

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visi tez NOUVEAU not r imp SITE e actc W amp us.q EB c.ca

Compétition enlevante

p.14

photo : josée normandeau

Grève : les camps sont établis p.4


Directeur général: Marc-Antoine S. Rioux direction@impact.ulaval.ca

Chef de pupitre sciences: Alexandra Guellil sciences@impact.ulaval.ca

Rédacteur en chef: Benjamin Jébrak redaction@impact.ulaval.ca

Directrice de la photographie: Claudy Rivard photos@impact.ulaval.ca

Chef de pupitre actualités: David Rémillard actualites@impact.ulaval.ca

Production: Dorothée Cadiot Laura Lukyniuk production@impact.ulaval.ca IMPACT CAMPUS 1244, pavillon Maurice-Pollack, Université Laval, Québec, G1K 7P4 Téléphone: (418)  656-5079 Télécopieur: (418) 656-2398

Chef de pupitre arts: Cyril Schreiber arts@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sports: Raphaël Bergeron-Gosselin sports@impact.ulaval.ca

Publicité: Fabrice Coulombe Téléphone: (418) 656-3979 publicite@impact.ulaval.ca Journalistes: André-Philippe Drapeau-Picard, Hubert Gaudreau, Alexandra Fiset, François Dallaire, Raphaël Létourneau, Ariane Tapp, Mathieu Simoneau, Stéphanie Vincent, Darith Chenn, Hugo Lafleur, Stéphane Bernard, David Bélanger, Mathieu Turgeon, Guillaume Bergeron, Guillaume Piedbœuf

Photographes: Hubert Gaudreau, Pascal Huot, Valère Sabatier, Stéphane Bernard, Arnaud Anciaux, Marilou Villeneuve, Nicolas Lacombe, Josée Normandeau Administrateurs: Paul-Antoine Cardin, président Sarah Chahine, secrétaire Didier Ouellet Mathieu Fillion Alexandre Paré David Galarneau Jérémie Lebel Jean-François Tardif

IMPACT CAMPUS ne se tient pas responsable de la page CADEUL (7), dont le contenu relève entièrement de la CADEUL La publicité contenue dans impact campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal qui est disponible pour consultation au: http://impactcampus.qc.ca/ code-dethique-publicitaire/

Impression: Publications Lysar inc. Tirage: 10 000 exemplaires Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale Impact Campus, le journal des étudiants et étudiantes de l’Université Laval.


éditorial

Nuance des positions A

u moment d’écrire ces lignes, le dernier « débat » concernant la hausse des frais de scolarité, ou plutôt la position à adopter, à l’émission Tout le monde en parle de Radio-Canada déboule sur les réseaux sociaux. Un des grands moments du « débat », après coupures et montage vidéo ? L’exploitation des ressources naturelles au Québec. Inviter deux représentants étudiants à la deuxième émission la plus écoutée de la SRC était une idée louable, mais comment cette histoire-là aurait-elle pu bien finir ? Il n’y aurait malheureusement pas eu d’autre chute à ce « débat » qu’un haussement d’épaules, surtout en fin d’émission. Le cynisme social, dirigé envers le monde politique éclabousse les associations étudiantes et, du même coup, les mobilisations en tout genre. Si le cynisme est une autre manière de « laisser tomber », il est aussi une certaine recherche de nuances dans les propos. Il est symptomatique d’un repositionnement face au schéma idéologique classique québécois. Nous attendons des représentants qui tiennent mordicus à leur discours, sans distinctions pour toutes questions parallèles. Qu’ils se définissent une bonne fois pour toutes d’un côté de la barrière. Qu’ils tiennent le débat à notre place ? Certainement pas. Car c’est aussi ça un des penchants de l’éducation : la faculté de penser par nous même, de tenir un débat intérieur pour connaître notre position. L’arène politique visible, celle diffusée par les médias est sans nuance. Et, contrairement à notre débat imaginaire, il semble que la seule conclusion sera le haussement d’épaules.

Benjamin Jébrak

Écrit sur Let Go de Son Lux

@BenJebrak

À noter Veuillez prendre note qu’en raison de la semaine de lecture d’Université Laval, Impact Campus ne fera pas paraître d’édition pour la semaine du mardi 5 mars 2012. La prochaine parution du journal des étudiant(e)s de l’Université Laval se retrouvera en bacs le mardi 13 mars prochain. Merci de votre compréhension.

La rédaction

Courrier des lecteurs En faveur de la hausse des frais d’accession aux études supérieures

«

 Entre vous et moi, ça ne me tente pas de payer plus cher, mais je sais que si je ne paie pas tout de suite, je vais payer plus tard avec mes impôts, car la dette augmentera toujours. » - Gabrielle Brisebois, du Mouvement des étudiants socialement responsables Belle réflexion ! Et en acceptant de payer maintenant Gabrielle, vous ne faites qu’encourager les gouvernements à augmenter les frais ( de tous les services publics ) perpétuellement, en accord avec leur idéologie néolibérale, afin que le commerce ( appelé trompeusement un système « économique » ) se poursuive sous sa forme actuelle. La dette va toujours augmenter dans un tel système sociétal – c’est mathématique, bien que certains individus ( experts en « relations publiques » ) tentent de manipuler les citoyennes et les citoyens en leur faisant croire le contraire – mais les cartels économiques industriels, avec l’aide des gouvernements, tentent de pallier à ce problème en créant de l’argent ( à l’aide des banques privées ) puis en dépensant davantage pour réduire la proportion de la dette, relativement au produit intérieur. Ils y parviennent d’ailleurs

en encourageant l’endettement individuel… pour réduire la dette commune ! Ce syllogisme expose clairement la contradiction de ce raisonnement. Il ne sera cependant jamais possible d’atteindre un équilibre ainsi; pas dans un système où la surconsommation des ressources est nécessaire à son fonctionnement et doit, ainsi, être hypocritement encouragée. Surtout lorsqu’on considère que la terre a, bien sûr, un nombre limité de ressources – tant humaine que matérielle; sans compter que l’exploitation de certaines d’entre elles n’est pas toujours bénéfique à la santé humaine. Il n’y a d’ailleurs qu’à penser à l’uranium, au charbon, au méthane ( particulièrement celui extrait du schiste ) ou encore à l’amiante pour s’en convaincre. Il est beaucoup plus facile de dominer ou contrôler les ressources d’un peuple sans éducation, puisqu’il est forcément plus naïf, collectivement. D’ailleurs, en faisant le choix personnel d’aller à l’université, il est fort probable que votre salaire sera plus élevé et, donc, que vous contribuerez davantage à bâtir la société en payant plus d’impôts de toute façon – il

s’agit, en fait, d’une des seules mesures équitables de prélèvement du capital monétaire des contribuables. Plus la société vous permet de faire de l’argent, plus votre taux d’imposition sera élevé, vous obligeant en quelque sorte à l’enrichir puisqu’elle vous enrichit; ça vous permettra d’être personnellement plus riche, malgré le fait que vous contribuerez davantage ( en valeur absolue ) à payer pour que la société dans laquelle vous vivez vive plus confortablement. En refusant cette actuelle hausse, vous permettez ainsi à d’autres, à l’avenir, d’avoir la chance que vous avez eue de faire ce choix de fréquenter l’université. Dans le cas contraire, seuls les gens issus de familles de plus en plus nanties et dont les parents ont eux-mêmes fréquenté l’université – les gens les plus éduqués d’une façon pragmatique donc – pourront permettre à leurs enfants d’avoir cette opportunité : c’est ainsi que le capitalisme fonctionne ; contre une des raisons mêmes pour laquelle on dit qu’il a été adopté au départ, c’est-àdire offrir une chance égale à tous. Guillaume Caron

OPINIONS | impact campus | mardi 28 février 2012

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Dans mes lunettes : frais de scolarité, mission accomplie p. 5 Anneau de glace : attirer les athlètes... et les étudiants p. 6

Redécoupage des circonscriptions électorales fédérales du Québec

Raymond Hudon nommé commissaire Raymond Hudon, professeur au département de sciences politiques de l’Université Laval, est l’un des deux commissaires à la délimitation des circonscriptions électorales fédérales au Québec. Sa nomination est annoncée depuis le 23 février dernier.

David Rémillard

photo : Courtoisie,Département de sciences politiques Université Laval

O

utre Raymond Hudon, l’avocat Michel Doyon, membre du Barreau du Québec depuis 1972, a aussi été nommé commissaire pour la province

de Québec par le président de la Chambre des communes, Andrew Shcheer. Honoré de sa nomination, M. Hudon reconnait l’importance du travail qu’il a à accomplir. « C’est fondamentalement important pour la démocratie », a-t-il déclaré à Impact Campus, lundi. Chaque province a sa commission. Au Québec, Raymond Hudon et Michel Doyon devront faire face à un défi de taille. Il était déjà annoncé depuis l’automne dernier que le Québec aura trois circonscriptions fédérales supplémentaires, passant de 75 à 78.

Il leur faudra, en tenant compte d’un certain nombre de critères, conserver l’équilibre entre les circonscriptions du Québec. « Il faut respecter la représentativité des circonscriptions », a rappelé Raymond Hudon. Pour en assurer la représentativité, il faut faire une simple règle de trois. On divise la population par le nombre de circonscriptions, ce qui donne près de 101 000 individus par fief. La marge de manœuvre est plutôt large, à plus ou moins 25 %. Mais ce n’est pas que le poids démographique qui importe.

Techniquement, la commission est régie par deux lois  : la Loi sur le découpage électoral et la Loi sur les langues officielles. Dans le cas des langues officielles, il faut absolument que les circonscriptions tiennent compte des minorités linguistiques, et s’assurer qu’elles aient un poids dans la balance. « Dans le cas de la circonscription de Hudson par exemple [à la frontière du Québec et de l’Ontario], il y a un noyau fort d’anglophones », explique M. Hudon. « On ne pourrait pas la couper en deux et la diluer ». Par ailleurs, l’exercice auquel participe M. Hudon est obligatoire et doit se faire chaque dix ans, selon la Loi du découpage électoral. Montréal pourrait bouger Bien qu’il soit impossible de prédire les changements à

venir, Raymond Hudon soupçonne Montréal de faire l’objet de changements, notamment dans la couronne Nord. « La population de la ville de Montréal est stable, mais sa proportion diminue, par rapport à la couronne Nord ». Des villes comme Blainville et Mirabel, par exemple, ont connus d’importants développements démographiques. « La Ville de Québec a connu un boom important également, mais on ne peut pas prédire pour le moment », juge-t-il. La commission devra préparer un premier rapport. Une fois déposé, des audiences publiques devraient être lancées à l’automne. La population et les élus seront alors consultés. Une fois tout le monde d’accord, le nouveau plan devrait naître en janvier ou février 2013.

Les deux camps sont établis Frais de scolarité : Les grévistes poursuivent leurs démarches, les militants pro-hausses s’organisent Après une manifestation de 15  000 personnes jeudi dernier dans les rues de Montréal, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante ( CLASSE ) organise une nouvelle manifestation le 1er mars à Québec en opposition à la hausse des frais de scolarité.

Raphaël Létourneau

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a manifestation nationale de jeudi dernier a inauguré la grève générale illimitée qui a atteint les 73  000 étudiantes et étudiants ayant un mandat de grève. Parmi les 54 associations étudiantes en grève, 12 proviennent de l'Université Laval où 2300 étudiants sont en grève. Des assemblées générales et des votes de grève dévoileront la position de 80 000 étudiants supplémentaires d'ici le 8 mars au Québec. La CLASSE, qui tiendra des moyens de pression chaque semaine, lance un nouvel appel à la mobilisation pour la manifestation du 1er mars prochain au parc des Braves à Québec. « Il faut garder en tête que ce qui fera plier ce gouvernement, c'est notre mobilisation concrète dans les rues du Québec », explique Gabriel Nadeau-Dubois, porteparole de la CLASSE.

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Un mouvement pour la hausse sur le campus Le Mouvement étudiant socialement responsable du Québec ( MESRQ ) et leurs carrés verts ont pris progressivement leur place dans le débat en appuyant la hausse des frais de scolarité. « Le mouvement a été créé pour faire valoir le point de vue des étudiants pour la hausse qui ne sont pas représentés par les associations étudiantes », affirme Gabrielle Brisebois, porte-parole à l'Université Laval du MESRQ. Des actions concrètes sur le campus ne sont pas écartées par le mouvement. « Rien n'est officiel encore, mais nous voulons inviter des conférenciers et organiser des débats pour discuter du financement de l'éducation », explique-t-il. La controverse a entouré le MESRQ la semaine dernière alors

que l'on apprenait l'implication de trois membres dans le Parti libéral du Québec. « C'est une coïncidence, nous avons des gens de la CAQ et du PQ dans le mouvement et je ne suis pas affilié au PLQ, mais pas du tout », affirme Gabrielle Brisebois. Le président du MESRQ Marc-Antoine Morin et le porte-parole Jean-François Trudelle détiennent leur carte de membre du PLQ et dirigent l'aile montréalaise de la Commission-Jeunesse du PLQ. Arielle Grenier, qui a défendu le MESRQ à Tout le monde en parle dimanche dernier, a aussi été membre du parti jusqu'en septembre 2011. « Oui il a été vu dans un congrès, mais il n'est pas très actif dans les jeunesses libérales », défend Gabrielle Brisebois, au sujet du président Marc-Antoine Morin.

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 28 février 2012

Gabriel Nadeau-Dubois ( Gauche ) et Arielle Grenier ( droite ), se sont affrontés dans un débat à Tout le monde en parle, dimanche dernier. photo : montage impact campus

Bilan Université Laval en date du 27 février En grève – Anthropologie tous les cycles – Philosophie tous les cycles – Sociologie tous les cycles – Service social premier cycle – Études cinématographiques  – Création et études littéraire premier cycle

– Histoire premier cycle – Théâtre  – Sciences historiques et études patrimoniales – Relation industrielles ( cycles supérieurs )

Les programmes suivants tomberont en grève à ces dates : – Physique : 5 mars – Sciences politiques : 26 mars – Archéologie : 19 mars En levée de cours le 1er mars : – Archéologie – Architecture – Communication publique – Linguistique et rédaction – Physique

– Cycles supérieurs – Théologie & Sciences des religions – Sciences politiques ( 1er cycle ) – Médecine – Génie des eaux source : CADEUL


en bref  : La faculté de médecine vote pour des levées de cours L

'Association étudiante de médecine de l'Université Laval a voté pour une levée de cours lors des manifestations du 1er et du 22 mars prochains. Les 305 étudiants présents au vote se sont prononcés à 75 % pour la levée de cours. Le président de l’Association des étudiants en médecine, Samuel Dubé, croit que les futurs médecins sont conscients du rôle qu’ils ont à jouer dans le débat sur la hausse des frais de scolarité. « On a un poids super important. Je ne sais pas à quel point mais j’ai l’impression que les gens voient [ la médecine ] comme le summum des études universitaires. C’est un idéal de société », a-t-il confié quelques heures après le vote. Une assemblée générale de grève est aussi à prévoir chez les étudiants en médecine. Les 1 000 membres seront appelés à débattre sur une possible grève générale illimitée. L’UL rejoindrait ainsi l'Association étudiante de médecine de l'Université de Montréal, qui déclenchera une grève générale illimitée le 20 mars prochain. Les 1 320 étudiants en médecine de l'UdeM apportent un poids considérable au mouvement de grève. « Nous connaissons l'impact symbolique de notre implication et ça a très certainement pesé dans la balance lors du vote », a affirmé Eric Peters, président de la Fédération médicale étudiante du Québec, qui regroupe les quatre associations étudiantes des facultés de médecine du Québec. Les étudiants en médecine à l'Université de Sherbrooke ont voté, eux aussi, lundi soir, pour une levée de cours le mars prochain.

Raphaël Létourneau

Frais de scolarité : Mission accomplie David Rémillard @ DavidRemillard sur Twitter

Q

uelque soit le résultat du bras de fer entre les étudiants opposés à la hausse de 1 625 $ des droits de scolarité et le gouvernement de Jean Charest, on peut dire mission accomplie. Pourquoi ? Parce qu’on est en train d’avoir un vrai débat de société. Qu’on soit pour ou contre une grève, force est d’admettre que toute cette pression exercée par les mouvements étudiants a forcé la main des indécis. La fameuse majorité silencieuse qui, en temps normal n’aurait pas à se prononcer sur une telle question, n’a plus le choix et doit prendre position. Les « j’aime pas ça » et « je m’en sacre de la politique » doivent adhérer à une idée et s’investir dans le débat. Et, heureusement, la pression ne vient pas que des grévistes. Par risque de voir leurs cours annulés, et non remboursés, – après trois semaines de circonstances anormales – les étudiants pour la hausse paniquent, et se mettent à se regrouper. Ils exhortent le gouvernement de réagir rapidement. Quel bonheur que de voir autant de personnes sortir la tête du sable et adhérer à l’une ou l’autre des positions. Et mieux encore, on voit que les avis sont partagés. Génial. Arielle Grenier à Tout le monde en parle Je ne comprends pas. Qu’on soit pour ou contre la hausse, on ne peut que donner la victoire à Gabriel Nadeau-Dubois. Meilleur orateur, meilleure confiance, meilleure connaissance de ses dossiers et j’en passe. Comment se fait-il qu’un regroupement de plus de 3 000 étudiants ( Le mouvement des étudiants socialement responsables ) n’ait pas déterminé un porte-parole plus solide ? C’est franchement désolant pour le camp pour la hausse, et une vraie victoire pour le camp contre. Sur une plate-forme aussi importante que Tout le monde en parle, il fallait être convaincant et surtout, préparé. Sur une tribune de plus d’un million de téléspectateurs, on est en droit de s’attendre à un débat équilibré, avec deux réels représentants. Dans l’intérêt du public qui ne demande qu’à se faire une opinion et dans l’intérêt des étudiants pour la hausse, il aurait fallu trouver un meilleur porte-parole, et ce même s’il est affilié au Parti libéral du Québec. Bref, c’était plus qu’un faux pas, la pauvre Arielle s’est carrément virée une cheville. L’intimidation L’intimidation que subit des leaders d’associations étudiantes pour ou contre la grève n’est pas anormale. À chaque mouvement de contestation, c’est le genre d’incident qui se produit. Je ne dis pas que je cautionne ce genre de pratique, mais avant qu’elle ne devienne à la mode dans les médias, l’intimidation faisait déjà partie des pratiques courantes des luttes syndicales et étudiantes. Mais n’allez pas croire que les têtes rouleront réellement et qu’on verra des enlèvements. Comme au hockey Y’a pas que dans le monde du sport qu’une personne peut croire dur comme fer à la victoire. Certains militants, à l’heure où on se parle, dans les deux camps, sont prêts à tout pour arriver à leur fin. Et tous les coups sont permis. Alors ne croyez pas que nous verrons une lutte dans le grand respect. L’éthique va parfois prendre le bord, et c’est encore une fois, je crois, normal dans les circonstances. C’est dommage, je sais, mais c’est comme ça. Attendez-vous donc à voir quelques coups de bâtons derrière les jambes, des six pouces dans les côtes, et les deux camps sortirent leurs goons. Certains passeront peut-être quelques minutes au cachot et les arbitres prendront parfois de mauvaises décisions. Chose certaine, la danse du printemps s’annonce serrée.

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 28 février 2012

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Anneau de glace

DÉBAT : FRAIS DE SCOLARITÉ ATTENTION : Le courrier des lecteurs ouvre la porte à tous ceux qui ont une opinion concernant la hausse des frais de scolarité de 325 $ par année jusqu’à 2017. Nous publierons un texte par semaine au retour de la semaine de relâche. D’autres textes pourraient être publiés dans la version électronique. Nous sélectionnerons les textes selon la rigueur des arguments présentés, la cohérence, et le respect envers tous les acteurs du débat. Évidemment, nous ferons la part des choses et publierons les points de vue de tous les étudiants, quel qu’il soit. Merci de votre participation. Pour envoyer vos textes : redaction@impact.ulaval.ca

La rédaction

Attirer des athlètes… et des étudiants La construction d’un anneau de glace sur le campus de l’Université Laval pourrait attirer d’avantage d’étudiants dans le programme de kinésiologie. Avec une telle infrastructure, l’UL deviendrait une référence dans l’Est du Canada en matière de performance sportive.

David Rémillard

L'anneau de glace de l'Université de Calgary. photo : DrHaggis, Wikimedia Commons

I

l n’y a pas que Régis Labeaume qui croit que l’anneau de glace permettrait à l’Université Laval de devenir le campus le mieux équipé à l’Est du pays. Louis Pérusse, directeur des programmes de 2e et 3e cycle en kinésiologie, croit qu’un anneau de glace olympique attirerait de nouveaux étudiants dans son département. Actuellement, 350 élèves, tous cycles confondus, fréquentent le département de kinésiologie. Sur ces 350, 20 % se spécialiseront en performance sportive. Le reste, pour la majorité, opte pour la branche activité physique et santé. Or, un anneau de glace, en attirant des athlètes de haut niveau, permettrait d’ajouter une dimension importante au volet performance sportive selon M. Pérusse. « C’est certain que ce serait pertinent », lance-t-il, ajoutant que plusieurs étudiants athlètes dans les programmes du Rouge et Or étudient en kinésiologie. Louis Pérusse et ses collègues du département de kinésiologie n’ont toutefois pas été consultés par les autorités universitaires sur le dossier de l’anneau de glace. « Ça aurait peut-être été utile dans le contexte », croit-il.

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ACTUALITÉS | impact campus | mardi 28 février 2012

Le département de kinésiologie, qui n’est plus sous la responsabilité du département de médecine préventive depuis seulement deux semaines, pourrait éventuellement embaucher un professeur spécialisé en performance sportive. « On voudrait recruter un professeur de terrain dans ce domaine-là », précise M. Pérusse. Le PEPS comme terrain de jeu Malgré les rénovations et l’ajout de nouvelles salles de classe au pavillon Alexandre-Vachon, lequel abritait le département de kinésiologie, Louis Pérusse croit que le PEPS est l’endroit logique pour y établir son programme. « C’est plus pratique et plus logique pour nous », explique-t-il. Rappelons que le maire de Québec, Régis Labeaume, a ramené sur la table, lors de l’inauguration du Stade Telus à la mi-janvier, la possibilité de construite un anneau de glace olympique sur le campus universitaire. Le recteur, Denis Brière, s’est fait avare de commentaires depuis. Le maire Labeaume veut s’inspirer du département de kinésiologie de l’Université de Calgary, lequel est imbriqué à l'anneau de glace pour des activités de recherche, notamment.


spécial épiceries fines

Épicerie de la rue Couillard L’Épicerie Européenne Engouffré dans les pavés humides, j’observe les fenêtres teintées sous la puissance des bourrasques. Je sais alors que je suis dans le Quartier Latin où les rues se transforment en ruelles et où les immeubles s’élèvent. Je longe la rue Couillard, j’aperçois enfin le lieu.

Hubert Gaudreau

C

’est à l’image du quartier : petit, étroit. J’entre dans l’épicerie et à ma grande surprise, peu de produits s’offrent à moi. Je fais rapidement le tour de l’endroit pour revenir à l’avant, devant le comptoir à sous-marin. On me suggère d’essayer le grec. Moi qui adore les plats méditerranéens, je n’hésite pas et confirme mon choix. La formule est semblable à ce que peuvent suggérer certains comptoirs de restauration rapide. On garnit à sa façon le sous-marin avec plusieurs condiments. On me propose deux choix de pains, soit blanc ou graines de pavot.

La formule est semblable à ce que peuvent suggérer certains comptoirs de restauration rapide J’opte pour celui aux graines de pavot. Est alors déposée sur mon pain une sauce qui s’apparente au Tatziki. Elle est bonne avec son léger goût d’ail qui se mélange bien avec le bœuf mariné et le fromage Féta. Ne me

reste plus qu’à compléter avec les légumes qui me plaisent le plus. Le choix est assez standard, je pointe les tomates, la laitue, les olives ainsi que les oignons. Je me retourne pour payer à la caisse et je vois qu’ils offrent des bières de microbrasserie québécoises. Sur ce, je sors et observe la côte de la rue Couillard qui me parait immense, mais je me console en pensant à mon sous-marin qui lui l’est tout autant. Où ? 27 rue Couillard, Québec

Hubert Gaudreau

À lire aussi sur impactcampus.qc.ca : Le Crac : végé-délice, par Alexandra Fiset

L

’Épicerie Européenne de la rue St-Jean offre un voyage gustatif depuis plus de 50 ans. Japon, Maroc, Italie, Thaïlande, France, les arômes de toutes ces destinations s’y mélangent pour le plus grand plaisir des foodies curieux. Les sous-marins Di Émilio de l’épicerie sont préparés sur place à partir des produits que l’on peut se procurer dans leur alléchant comptoir à fromage et à charcuteries. Ils rassemblent bien toute l’Europe que l’on retrouve dans l’épicerie, avec de petits clins d’œil québécois, pour environ 6 $. Sopressata Calabraise, rillettes de Canard, bocconcini, brie Rumeur de Portneuf, olive, aubergine, artichauts marinés ne sont que quelques-uns des ingrédients que l’on peut y retrouver. Mon choix s’est arrêté sur le sous-marin le Caprice ( Speck, fromage de chèvre assaisonné au vinaigre balsamique, tomates séchées et artichaut grillés ). Le pain baguette qui renfermait le tout était très

frais et ne contenait pas trop de mie. Le speck dégageait un fin gout de fumé qui s’alliait bien avec le balsamique du fromage, le point fort du sandwich. Les artichauts ont équilibré le tout qui aurait pu finir par être lourd, mais bien au contraire. Pour accompagner le Di Émilio, l’Épicerie Européenne propose des limonades artisanales, des thés glacés aromatisés du cidre et plusieurs autres boissons fines. À la caisse on prépare également des espressos. Si vous croyez encore avoir faim, vous pouvez ajouter à votre panier des biscottes italiennes, de pailles aux fromages parmesan ou des délicieuses croustilles au gout léger d’huile d’olive. Les sousmarins arrivent sur les tablettes aux alentours de 11 heures et faites vite, car le mot court dans le quartier et ils partent comme de petits pains chauds. Où ? 560, rue St-Jean, Québec

Alexandra Fiset

J.A. Moisan J

e me fraye un chemin à l’intérieur. J’aperçois alors le comptoir de mets préparés que l’on peut déguster sur place pour emporter. J’observe attentivement les différents choix qui s’offrent à moi, mais je préfère aller explorer encore un peu les allées labyrinthiques du petit commerce. Les murs sont pleins de petites trouvailles fantastiques. S’entassent sur une étagère des dizaines de vinaigres balsamiques différents et, un peu plus loin, une section entièrement dédiée aux épices. Cela donne d’ailleurs envie de s’approvisionner. Pour terminer mon périple déambulatoire au cœur d’une des plus vieilles épiceries de la ville, je m’échoue devant l’étalage de thés et tisanes. On croirait qu’un cargo chinois est venu faire sa livraison la veille. Je retourne au comptoir des plats faits sur place. Je pointe la salade d’Antipasto, je demande qu’on me la serve dans un petit contenant de plastique

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AH ! LA BOUFFE | impact campus | mardi 28 février 2012

pour emporter. Je mets aussi la main sur un ciabatta calabrese. Les viandes qui s’y trouvent ( calabrese, salami de Genes et jambon suisse ) forment un mélange salé à point et légèrement fumé. Le pain Ciabata est frais et la moutarde de Dijon vient relever le tout parfaitement. La salade d’Antipasto est tout simplement délicieuse. Les artichauts, les aubergines ainsi qu’une variété intéressante de champignons apportent une certaine douceur. Les piments forts, les cornichons et les olives viennent quant à eux agiter les papilles. Le tout mélangé avec la vinaigrette maison et l’huile d’olive se dévore en un clin d’œil. Je repars et me dis que cette petite épicerie de quartier bien sympathique semble oubliée par le temps, mais que, moi, je ne suis pas prêt d’oublier. Où ? 699, rue St-Jean, Québec

Hubert Gaudreau


JOURNALISTESBÉNÉVOLES RECHERCHÉS pour la section sciences et technologies

Contact : sciences@impact.ulaval.ca

Le mot science de la semaine

Nanotechnologies

Origami ADN

Alors que certains conçoivent des édifices toujours plus grands, d’autres tâchent de réaliser des structures toujours plus petites. Grâce à la nanotechnologie, les molécules peuvent devenir des matériaux de construction. L'origami ADN, une technique prometteuse, se sert de morceaux d’ADN pour créer toutes sortes de formes.

André-Philippe Drapeau Picard

L

’origami ADN est une technique qui consiste à réaliser des formes arbitraires à partir de morceaux d’ADN. Elle a été développée par Paul Rothemund, du California Institute of Technology, et présente de nombreuses applications. Les propriétés chimiques des molécules qui composent l’ADN sont simples et bien connues. L’on sait que telle pièce se lie à telle autre et, partant de ce principe, on peut arriver à modeler des structures bi ou tridimensionnelles. La technique de Rothemund utilise une longue

chaîne d’ADN de virus, facile à se procurer et présentant une structure linéaire et peu complexe, dont on connait exactement la composition. Ensuite, par ordinateur, on localise les endroits précis ou la molécule d’ADN doit être pliée pour arriver à la forme désirée. On synthétise alors de petites pièces qui iront d’elles-mêmes se lier exactement là où on le désire, pour « brocher » le génome viral. C’est de ce pliage que provient le nom original d’origami ADN ( DNA origami ). La première publication de Rothemund sur le

C’est de ce pliage que provient le nom original d’origami ADN ou DNA origami sujet, parue en 2006, présentait des images de constructions aux formes diverses qu’il a réalisées. Parmi les plus originales sont, sans doute, la carte du monde, le flocon de neige

À gauche, l'ADN «tuile» structure composée de quatre jonctions branchées orientées à intervalles de 90 °. Ces tuiles servent de «building block» primaire pour l'ensemble des nanogrids d'ADN présenté dans la photo de droite. Chaque tuile est composée de neuf oligonucléotides d'ADN représentée. photo : Wikimedia, Thomas H. LaBean et Hao Yan, Creative Commons

et le bonhomme sourire. Bien sûr, il n’y a pas que des dessins que l’on peut reproduire avec l’ADN. L’an dernier, par exemple, l’équipe de Hao Yan est arrivé à créer des formes tridimensionnelles fermées. Les applications sont donc multiples, de l’enveloppe dans

laquelle on pourrait mettre un médicament qui serait libéré directement dans les cellules, aux processeurs informatiques minuscules et performants, en passant par une règle à mesurer permettant de calibrer des microscopes très puissants.

Le point sur la recherche Les ARN non-codants et ses surprenantes propriétés L’acide ribonucléique, ou ARN, est une molécule biologique trouvée dans pratiquement tous les organismes vivants, y compris certains virus. Connu depuis longtemps pour être responsable de la synthèse des protéines et du transfert d’informations contenues dans l’ADN, il peut avoir plusieurs fonctions. Impact Campus a rencontré Jonathan Perreault, professeur au Centre IRNS-Institut Armand-Frappier.

de plus en plus important dans la régulation. Ils ont des effets différents, permettent de maintenir le meilleur statut de la cellule et agissent exclusivement comme récepteur. Bien que les ARN non-codants soient retrouvés chez tous les organismes vivants, plusieurs différences existent entre les espèces. 

chercher à analyser notamment l’ARN-Interférence qui agit grâce à la complémentarité que de courts ARN arrivent à établir avec leur cible. De mon côté, je m’intéresse aux bactéries et à l’aspect de régulation intrinsèque des gènes. Les bactéries possèdent des « riboswitch », c’est en partie grâce à cela que les concentrations favorables de métabolites sont maintenues dans les bactéries :  les petits ARN régulent une profusion de gènes. Cette connaissance de la régulation génétique a un grand potentiel, de nombreuses recherches sont d’ailleurs effectuées à ce sujet.

IC : Justement, en quoi sont-ils distincts ? JP : Chez les animaux et les plantes par exemple, on va

IC : Quelles pourraient être les applications concrètes de ces recherches sur les ARN non-codants ?

Alexandra Guellil

photo : courtoisie, jonathan perreault

Impact Campus : Pouvez-vous expliquer la différence entre les ARN et les ARN non-codants particulièrement chez les bactéries ? Jonathan Perreault : L’ARN est reconnu depuis longtemps comme étant un intermédiaire, un messager qui peut transporter une information génétique. Les ARN non-codants, eux, sont des petits ARN qui ne contiennent pas d’information destinée à la synthèse de protéine. On leur découvre un rôle

JP : Les applications potentielles peuvent se retrouver dans certaines caractéristiques d’antibiotiques, l’ARN pouvant en être la cible. Au niveau de l’environnement par exemple et grâce à la biologie synthétique, cette régulation pourrait nous permettre d’améliorer notre compréhension des processus impliqués dans divers dossiers comme la contamination des sols ou la bioremédiation. Pour l’humain, même si ce n’est pas mon domaine de recherche, on sait que les ARNInterférence sont un espoir thérapeutique. Encore faut-il que l’on parvienne à en avoir une approche intéressante ; cela pourra révolutionner la médecine notamment grâce à la connaissance approfondie de certaines maladies.

sciences et technologie | impact campus | mardi 28 février 2012

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Critique littéraire : Au pays natal

p.11

Critique CD : Plants & Animals

p.11

Entrevue avec François Blais

p.12

Iphigénie en auto - Critiques comparatives Un classique revampé

Un drame familial nuancé

La création de Maxime Robin présentée ces jours-ci à Premier Acte ne passe pas inaperçue. En effet, Iphigénie en auto, dont c’était la première mardi dernier, est inspirée de l’Orestie d’Eschyle, et remet sur le tapis une véritable tragédie grecque d’une manière totalement inattendue.

Iphigénie en auto est l'adaptation contemporaine de la tragédie grecque Orestie d'Eschyle. Un projet ambitieux qui a ses mérites et ses déceptions.

François Dallaire

L

’auteur et metteur en scène reprend donc un classique de la littérature en l’abordant d’une façon assez ludique. On peut dire par contre que le pari est loin d’être gagné… S’il est vrai que la mise en scène s’inscrit dans une lignée très audacieuse, par sa jeunesse et sa transposition dans un relief de nature très « quotidienne », on peut aussi dire que certains passages sont amorphes et traînent le spectateur à travers quelques longueurs. Les longues tirades entre les amants Clytemnestre et Égisthe, entre autres, n’apportent guère de saveur à la représentation. De plus, le spectateur tend quelquefois à décrocher, puisque la tension dramatique est à son comble pendant une bonne heure, ce qui ne laisse pas beaucoup de variations de rythme et d’intensité. Par contre, certaines décisions du metteur en scène viennent rehausser la qualité du spectacle. Le dispositif scénique dans lequel évoluent les protago-

nistes est impressionnant. C’est là toute l’astuce de la mise en scène, qui cherche à impliquer le spectateur dans ce drame mythique. L’espace est restreint et fait en sorte que le public se rapproche de la tragédie qui s’y déroule. Il est celui d’une maison familiale où s’égarent mille et un accessoires, ce qui est très bien rendu par l’éclairage et les objets scéniques. Un coup de chapeau également pour avoir pensé à faire chanter, voire bruiter, l’environnement sonore par les jeunes acteurs qui forment un chœur très « humain ». Ceux-ci offrent d’ailleurs un jeu assez constant et juste, sauf peutêtre quelques essoufflements ici et là. Enfin, la pièce laisse le choix du jugement au public sur ce qu’il perçoit. Celui-ci est amené au cœur d’une histoire lourde, dans un environnement tout à fait possible, et c’est à lui que revient la décision de condamner ou non ce( ux ) qu’il voit.

Raphaël Létourneau

M

Photos : Courtoisie, Gabriel Talbot-Lachance

axime Robin, à qui l’on doit la mise en scène et le texte, s'est inspiré d'un fait divers québécois afin de renouveler cette tragédie grecque. L'intrigue se déroule au sein d'une famille brisée à la suite du décès de la petite Iphigénie, oubliée dans la voiture par son père. Le drame familial éclate alors que la mère d'Iphigénie refuse de faire son deuil et se déconnecte progressivement de la réalité. Le père quittera le foyer, ce qui amène les deux enfants à se réfugier dans leurs histoires pour traverser l'épreuve. Iphigénie en auto est une pièce colorée qui impressionne par plusieurs concepts originaux. La trame sonore interprétée a capella par les acteurs illustre tantôt la pluie, tantôt un jazz de Miles Davis ainsi que d'autres scènes captivantes. Une mention de génie va à la représentation, à petite échelle, du fil de la narration sur un tapis de voiture d’enfant. Malgré ses éléments créatifs, la concision demeure mi-

Iphigénie en auto est une pièce colorée qui impressionne par plusieurs concepts originaux tigée. La ligne est mince pour que le public soit interpellé par la tragédie. De toute évidence, Maxime Robin a tenté d'inclure l'humour, la joie et le plaisir pour créer un équilibre avec le drame central de la pièce. Le jeu des acteurs est exemplaire, mais certaines erreurs et longueurs ont clairement influencé la qualité du rythme. Si Iphigénie en auto n'interpelle pas tous les publics, on ne peut nier sa mise en scène tout à fait rafraîchissante. Quoi ? Iphigénie en auto Qui ? Texte et mise en scène : Maxime Robin Où ? Théâtre Premier Acte Quand ? Jusqu’au 10 mars

Par-delà bien et mal Aucune surprise à ce qu'Une séparation ramène non seulement un Golden Globe, mais aussi un Oscar en Iran. Monsieur Lazhar avait de la sérieuse compétition.

Ariane Tapp

C

omme il fait bon de voir autre chose de l'Iran que ce que nous en renvoie l'Amérique. On laisse les clichés à l'extérieur de la salle de cinéma. Dès les premières images, on plonge dans la situation de ce couple dont la femme, Simin,

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réclame le divorce parce que son mari Nader refuse de quitter le pays avec elle. On s’introduit dans le quotidien de ce même Nader qui tient à s'occuper de son père souffrant d'Alzheimer, mais qui doit travailler et le laisser seul en l'absence de son épouse. On entre dans le conflit qui éclate lorsqu'une femme

chargée de prendre soin du vieil homme fait une fausse couche après que Nader l'ait mise dehors. On se glisse dans la peau de la jeune Termeh, prise entre ses parents et les témoignages de tous au sujet du « meurtre ». Rien n'est facile dans le film d’Asghar Farhadi. Pas de généralisation ou de manichéisme ici.

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 28 fevrier 2012

Les personnages sont complexes mais vrais. Les acteurs qui les incarnent sont si justes qu'on en oublie qu'ils jouent un rôle. Dans ce drame centré sur les relations humaines, pas de temps à perdre avec de la musique extradiégétique étouffante et des effets techniques. En revanche, on remarque la réalisation précise au service du scénario. Ce dernier, finement ficelé, amène le spectateur à se questionner face à ce qu'il a vu, à ce qui a été dit et entendu. Des ellipses passent inaperçues jusqu'à ce qu'on

se rende compte qu'elles étaient essentielles. Les coutumes et croyances sont imbriquées à l'histoire tout naturellement et de façon différente chez chacun des personnages. Au final, Une séparation laisse le spectateur avec des questions existentielles qu'on ne prend plus souvent le temps de se poser. Ne reste qu'à espérer que les Québécois accepteront de passer outre les sous-titres... Quoi ? Une séparation Où ? Cinéma Le Clap


SAUVER la littérature Rodney St-Éloi Récitatif au pays des ombres mÉmoire d'encrier

U

n long poème sur Haïti, terre natale de l'auteur Rodney Saint-Éloi. Difficile de passer à côté de cette dimension du texte. Le style n'est pas non plus sans rappeler la poésie d'Aimé Césaire, car il s’agit là d’une poésie tout à fait sensuelle et engagée. C'est peut-être une certaine nostalgie qu'il faudrait voir dans ce recueil, une nostalgie qui appelle à la vie et à la mémoire. On ne saurait résister à ce flot lyrique d'images, modulées comme un chant, où les répétitions nombreuses

nous emportent comme des vagues, où les vers s'enchaînent, donnant l'impression d'une invocation païenne hors du temps et de l'Histoire. Quelques faiblesses toutefois dans ce recueil, mais de bien belles, en regard de tout ce qui se déploie dans l'œuvre. Vu son immense force lyrique, il peut sembler vain de traiter de certaines réalités quotidiennes et sociopolitiques que, de toute façon, un essai ou un roman pourrait aborder avec plus d'acuité. Il aurait été mieux de main-

Au pays natal tenir le ton tout au long du recueil, sans le ponctuer de certains vers plus prosaïques tels que « tomber: verbe infinitif au présent absolu » ou « l'inventaire des consomptions / rétablit entre deux songes l'histoire ». Cependant, ce ne serait pas faire justice au recueil que de s'en tenir à ces considérations. Récitatif au pays des ombres est une longue prière adressée aux ombres du passé, scandée à la mémoire d'une enfance lointaine vécue à Port-auPrince, une enfance peut-être quelque part enfouie sous les décombres d'un tremblement de l'être à la suite duquel il aura fallu se reconstruire, aidé par les souvenirs et la parole comme dernier appel possible, et par le miracle sacré de la poésie.

Mathieu Simoneau

À lire sur impactcampus.qc.ca Critique Le trou ( les treize ) par Stéphanie Vincent Critique du spectacle de catherine major Par Cyril Schreiber Critique du premier one-man show d'alexandre barrette Par Darith Chhem « [ ... ] Alexandre Barrette avait de bonnes raisons d’être sur l’adrénaline : premier one-man show en carrière et premier spectacle d’envergure dans sa ville d’origine, à la réputée salle Albert-Rousseau. Un peu moqueur, un brin irrévérencieux et toujours sur la limite de l’hyperactivité, Barrette possède son style bien à lui. Il sait tourner en dérision les situations de la vie courante comme personne d’autre, jouant sur les mots et démontant par exemple l’expression « why not coconut » ou le jeu « roche, papier, ciseau » avec grand humour. Alexandre Barrette a découvert sa vocation pour le métier d'humoriste après avoir assisté au one-man show de Patrick Huard. Étudiant alors à l'Université Laval en administration, il décide, peu après ce spectacle, de passer les auditions à l'École nationale de l'humour, les réussit et gradue en 2002. [ ... ] »

Plants & Animals

1

Chairlift

anglo

Something

2

Sharon Van Etten Tramp

3

franco

1

2

4

Cloud Nothings

loud électro expé-

rimental

Julien Sagot Piano Mal

5

Vulgar, You

Jambe

Pareil pas pareil [EP]

Fais-moi Cuire Fais-moi Jouir

hip hop

PONCTUATION Lèche-vitrine

Attack On Memory

5

David Giguère Hisser Haut

Strange Weekend

4

Secret City Records

Aux Alentours

3

Porcelain Raft

The end of that

Marie-Pierre Arthur

Madlib Medicine Show No. 12

Moka Only and Chief Crickets

Maxime Robin DIY Swag

Abigail Williams Becoming

Dunderbeist Dunderbeist

Neige & Noirceur Hymnes de la Montagne Noire

John Talabot Fin

Emika Emika

Blondes Blondes

Portico Quartet Portico Quartet

Alog Unemployed

The Caretaker Patience (After Sebald)

D

ans la scène effervescente et riche des groupes de rock indépendants montréalais, Plants & Animals réussit le défi proposer une vision artistique assez intègre, tout en réussissant un relatif succès populaire. Après deux EP, leur premier album, intitulé Parc Avenue, est venu montrer toute la fraîcheur et la créativité du groupe. Le deuxième album, La La Land, bien qu'agréable, était une déception par son côté plus linéaire et souffrait de surproduction. Il arrive parfois, dans la vie, que des éléments favorables se réunissent, laissant présager un résultat intéressant. Lors d'un voyage en France, les membres ont décidé de prendre du temps ensemble pour composer du nouveau répertoire, avant d'entrer en studio. Ils ont aussi pu jouir de l'espace sonore d'un manoir, qui peut s'entendre dans quelques morceaux. Le groupe a aussi profité de l'occasion pour revenir à un son plus organique, en se rapprochant de l'esprit de leurs débuts.

C'est alors qu’arrive un gigantesque « mais », obligé par le goût fade qui reste en bouche. Pour un ensemble de raisons, l'album se révèle une nouvelle déception. Leur effort de composition, loin d'enrichir les pièces, vient plutôt créer des pièces centrées sur la répétition de riffs qui n'aboutissent jamais vraiment. Quelques pièces plus acoustiques mettent de l'avant un style vocal rappelant Bob Dylan, mais manquent l'intensité et l'émotion nécessaire pour justifier un tel manque de justesse. Des pièces comme Crisis ! et Runaways viennent donner un peu plus de matière à apprécier mais ne sont pas suffisantes pour sauver un album tiède. N'allez pas comprendre que The end of that est mauvais et ne vaut pas une écoute. Ce dernier album n'est cependant pas représentatif des possibilités de cette jeune formation.

2.5/5

Hugo Lafleur

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 28 février 2012

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Sous l’influence des trois Grâces La Galerie Michel Guimont, rue Saint-Paul, nous a tout récemment révélé l’exposition Trois, qui met en vedette l’allégresse de Diane Landry, l’abondance de Josée Landry Sirois et la splendeur de Paryse Martin; toutes anciennes étudiantes à l’Université Laval. Aujourd’hui, elles constituent un tour de force en art actuel québécois.

Stéphane Bernard

L

e travail de Diane Landry est bien connu ici et ailleurs depuis un bon moment. En 2008, elle a passé six mois à New York au Studio du Conseil des arts et lettres du Québec tandis qu’elle participait la même année au monumental C’est arrivé près de chez vous  : L’art actuel à Québec au MNBAQ. Ses œuvres installatives fonctionnent en dialogue avec sa démarche en animationperformance-vidéo et c’est alors que cette dernière engendre les œuvres inédites ici présentées :

photographies tirées d’œuvres antécédentes. Les séries venant de Jongler ( 2009 ), Un silence radio ( 2008 ) et Le bouclier perdu ( 2005 ) positionnent le spectateur au seuil de l’intime et de l’étranger. Un apéritif fringant pour ce qu’elle présentera en mai lors de la Manif d’art 6. Pour sa part, Josée Landry Sirois a remporté le grand prix du Concours d’œuvres d’art de la ville de Québec en 2009 et elle a participé au 26e symposium d’art contemporain de Baie-St-Paul en 2008. Depuis ce temps, son travail a vu une certaine évolution vers l’intégration de diverses

techniques à son dessin instinctif tel le papier plissé, l’origami et le bas-relief. Les œuvres qui se trouvent en galerie ont donc une nouvelle considération pour les formes classiques sans abandonner les accumulations sentimentales maintenant caractéristiques à son travail. Pour conclure, une nouvelle production issue de Paryse Martin, doctorante de l’UQAM et chargée d’enseignement à l’École des arts visuels de Laval. Les pièces présentées, neuf dessins à techniques mixtes et trois bronzes, chacune aussi attachante que

Un bestiaire domestique surréaliste signée Paryse Martin. Photo : Stéphane Bernard

l’autre, propose un instant loufoque en croisant natures mortes à une figuration domestique baroque. En fait, les bronzes étaient vendus avant même le montage terminé ! Un retour en galerie longuement attendu pour celle qui sait nous

transporter sans mésaventures de l’autre côté du miroir. Quoi ? Trois Qui ? Diane Landry, Josée Landry et Paryse Martin Où ? Galerie Michel Guimont Quand ? Jusqu’au 26 mars

L’œuvre modeste de François Blais Le dernier roman de François Blais, Document 1, vient de paraître chez L’instant même. Les habitués de cette écriture construite d’ironie, de quolibets et de remarques assassines voudront savoir ce qu’il en retourne. Sont-ce encore des personnages pétris d’autodérision dont il est question ? Va-t-on encore assister à la non-quête pathétique d’épaves sociales en puissance ? Oui, évidemment.

David Bélanger

À

raison d’un livre par année depuis six ans, la métamorphose de l’écriture de François Blais aurait eu quelque chose d’étonnant. Impact campus a rencontré l’auteur, pour un panorama d’un début de carrière discret mais prolifique. La manière de l’écrivain est toute en modestie. Chacune de nos questions trouve pour réponse, d’abord, un haussement d’épaule amusé. Interrogé sur son étonnant rythme de publication, il s’excuse presque : « C’est long avant de publier. T’as le temps d’accumuler du texte. Et puis, quand t’écris régulièrement comme moi, ça s’accumule de plus en plus. Zola, il a quand même

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écrit ses Rougon-Macquart sur vingt ans. Chaque matin, il écrivait mille mots. Moi, je ne suis pas si pire, chaque matin, j’en écris juste 500. » Ainsi, la méthode de François Blais a plus à voir avec la comptabilité que l’écoute attentive de la muse ou l’attente béate de l’inspiration : « J’écris par quotas. Je fonctionne comme ça. Je regarde toujours mes statistiques. Ça m’encourage ». Sur tout le vitriol contre la société, le monde littéraire, la poésie contemporaine qu’on décèle dans ses romans, l’auteur reste encore prosaïque : « La poésie contemporaine, c’est pas ma tasse de thé. Mes personnages le font sentir. Mais je ne pars pas en croisade. »

Idem pour ces romanciers trentenaires qui écrivent sur leurs peines d’amour ou le système des bourses en arts tourné en ridicule dans Document 1 : « Non, les bourses c’est génial ! lance-t-il. La seule chose que je dénoncerais c’est la complaisance de la critique dans le milieu littéraire québécois. Je ne sais pas si c’est normal que Vie d’Anne-Sophie Bonenfant ait été à une étoile de la note parfaite. À une étoile de Madame Bovary. C’est bizarre.  » Et dans le même souffle, au sujet de ses influences il répond, on ne peut plus modeste : « Je lis Proust, j’adore ses digressions. Mais je ne dirais pas que c’est mon influence. En fait, je n’oserais même pas être dans la même phrase que lui. »

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 28 fevrier 2012

La manière de l’écrivain est toute en modestie. Chacune de nos questions trouve pour réponse, d’abord, un haussement d’épaule amusé

Ainsi va l’écriture de François Blais. Ses romans tentent de raconter « même s’il ne se passe rien », il essaie de garder le fil mais toujours il bifurque dans la digression « parce que c’est comme ça que ça sort ». Et un dernier haussement d’épaules. La rencontre prend fin et ne nous reste qu’une seule impression, celle d’un écrivain qui érige une œuvre sans se poser de question, et qu’il serait bien inutile d’agacer avec nos curiosités littéraires.

Après notamment Vie d'Anne-Sophie Bonenfant et Iphigénie en haute-ville, Document 1 est le cinquième roman de François Blais chez L'instant même. Photos : Valère Sabatier


Photoreportage : LG-Snowboard Jamboree pp. 14-15

De nouveaux champions À l’occasion du championnat canadien de natation disputé dans la piscine des Carabins de Montréal, les nageurs de l’Université de Colombie-Britannique en sont sortis grands gagnants. Les Lavallois ont de leur côté raté le podium de peu avec une quatrième position chez les femmes et une cinquième chez les hommes.

Raphaël Bergeron-Gosselin

L

Photo : Courtoisie, James Hajjar, www.jhphotosportive.com

es Dinos de Calgary se présentaient dans le but de remporter la bannière de champions pour une troisième année consécutive. Les Thunderbirds de la Colombie-Britannique ont toutefois démontré que ce titre leur revenait cette année. Les hommes ont toutefois eu très chaud. Les nageurs de l’Université de Toronto les ont talonnés tout au long de la compétition. Suite à la victoire de Matthew Myers de Toronto au 200m, ils avaient même réussi

300e victoire pour Roy La semaine dernière, les Remparts accueillaient Gatineau et Victoriaville au Colisée Pepsi et l’ont emporté lors des deux occasions. La victoire contre Gatineau avait une saveur historique puisqu’il s’agissait d’une 300e pour Patrick Roy, en seulement 467 rencontres.

Mathieu Turgeon

V

endredi le 24 février, les Olympiques de Gatineau étaient en ville, mais sont repartis bredouilles en s’inclinant 5 à 3. Les tenants du quatorzième rang ont presque surpris les Remparts en retraitant au vestiaire avec une avance d’un but après le premier vingt. Après avoir vu Mikhaïl Grigorenko marquer, les visiteurs ont répliqué avec les deux buts rapides de Garrett Clarke et de Jacob Conrad. En deuxième période, Québec a repris le contrôle de la partie en inscrivant quatre buts en sept minutes. Jérémie Maloin a parti le bal que Grigorenko a complété de deux buts pour son tour du chapeau. Entre les deux buts du russe, Yousseff Kabbaj a réussi à déjouer

François Brassard. En troisième, Frédérick Roy est venu assurer la 300 e victoire de son père. Le défi était beaucoup plus de taille deux jours plus tard, alors que c’était au tour des Tigres de Victoriaville de se présenter au Colisée. Avant la rencontre, les Remparts n’avaient que trois points d’avance sur les Tigres au classement général. Étant bien conscient de la situation, les joueurs de Québec l’ont emporté 6 à 3. Ils ont d’ailleurs rapidement pris l’avance par deux buts en première période, mais cette avance s’est réduite lorsque Philippe Halley a déjoué François Brassard avec une seconde au cadran. En deuxième, les deux équipes se sont échangées chacun un but. Grigorenko pour les Remparts

et le meilleur pointeur du circuit Yannick Gourde pour Victoriaville ont fait allumer la lumière rouge. C’était à ce moment 3-2 en faveur des locaux. Philippe Maillet est venu créer l’égalité au début du troisième vingt avant de voir Québec y aller d’une poussée de trois filets sans interruption pour se sauver avec la victoire. Les trois buts appartiennent à Jérémie Malouin, Alexandre Comptois avec son 2e du match ainsi qu’à Mikhaïl Grigorenko avec également son deuxième du match. Frédérick Roy termine la rencontre avec trois mentions d’assistance. Les Remparts seront à BaieComeau mercredi le 29, recevront par la suite Moncton deux jours plus tard et les Screaming Eagles du Cape Breton dimanche le 4 mars.

à devancer UBC pour un court moment. C’est lors de la toute dernière course de la compétition que les Thunderbirds ont confirmé leur titre à seulement onze points au-dessus des torontois. Plusieurs honneurs individuels Après les trois journées de compétition, les hommes et les femmes ont reçu la majorité des honneurs individuels en plus des honneurs d’équipe. Les titres de nageur et nageuse de l’année ont été décernés à Tommy Gossland et Savannah King, tous deux des Thunderbirds. King a réussi à établir deux nouveaux records du SIC, au 400m et au 800m libre. De son côté, Gossland a également remporté la Coupe du Sprinter remis à un nageur qui remporte le 50m et le 100m style libre. En tout, six des neuf hon-

neurs individuels ont été remis à des athlètes ou entraineurs de UBC. Chez le Rouge et Or Fidèle à ses habitudes, la nageuse Geneviève Cantin a terminé troisième au 50m dos, deuxième au 100m dos et a remporté le 200m dos en plus d’établir un nouveau record sur cette distance. Six médailles ont été remportées par les nageurs du Rouge et Or. Le nageur et étudiant en médecine Simon Couillard-Castonguay avait remporté le titre leadership et engagement social à l’échelle provincial, il y a quelques semaines. Cette fois-ci, il a mis la main sur le prix de l’étudiant athlète et service communautaire. Une belle marque de reconnaissance pour un athlète extrêmement impliqué dans la société.

en bref : Les hommes champions

C

’est à Sherbrooke qu’avait lieu le championnat d’athlétisme du Réseau du sport étudiant du Québec cette fin de semaine. Les hommes ont, pour la seconde année consécutive mis la main sur le titre de champion provincial. L’étudiant en administration des affaires, Charles Philibert-Thiboutot a fortement contribué avec une récolte de cinq médailles, dont trois d’or. Le titre d’athlète de l’année lui a également été décerné. Les plus proches adversaires du Rouge et Or ont été le Vert et Or de Sherbrooke. Ces rivaux n’ont toutefois jamais été très menaçants terminant à 60 points derrière les Lavallois. Les femmes ont éprouvé un peu plus de difficulté et ont dû se contenter du troisième rang. Laurence Côté, qui en était à sa deuxième année avec le Rouge et Or a très bien fait avec quatre podiums. La prochaine et dernière étape pour les athlètes est le Championnat du SIC qui sera disputé du 8 au 10 mars prochain au Manitoba. L’Université Laval enverra 14 représentants pour défendre leur couleur.

R.B.G.

JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS Pour la section Sports Contactez : sports@impact.ulaval.ca

sports | impact campus | mardi 28 février 2012

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Québec s’envoie en l’air Le LG-Snowboard Jamboree était de retour à Québec et Stoneham du 20 au 26 février dernier. L’édition 2012 revêtait une importance particulière puisqu’elle servait de prélude aux Mondiaux de surf des neiges de janvier 2013 présentés au même endroit.

Guillaume Piedbœuf

H

Photo : Josée Normandeau

abitués aux grands honneurs, Jasey-Jay Anderson et Dominique Maltais sont sortis bredouilles de leurs épreuves respectives, le slalom géant en parallèle et le boardercross. Revenu à la compétition d’abord et avant tout pour le développement de ses propres planches à neige, Anderson ne s’en faisait pas outre mesure avec sa 24 e place. Maltais, par contre, semblait déçu d’avoir encore une fois échappé la chance de s’imposer devant les siens. Une chute en demi-finale l’a condamné au 7e rang. Ques-

tionné sur sa maîtrise du stress qui pourrait être responsable de ses insuccès, celle qui avait également déçu aux olympiques de 2010, a souligné qu’elle avait déjà offert de bonnes performances sous la pression. « Je peux vous dire que le stress pour les X Games était encore plus grand qu’ici », soulignait-elle, faisant référence à sa victoire lors de cette prestigieuse compétition. Confinée au rôle de spectatrice pour la finale, elle a vu sa compatriote Maelle Ricker, médaillée d’or à Vancouver, enlever les grands honneurs.

La victoire de l’Autrichien Andreas Prommegger et de la Russe Ekaterina Tudegesheva leur a permis de prendre la tête du classement général de la Coupe du monde. photo : Claudy Rivard

Johnstone s’impose facilement Seule l’épreuve de demi-lune était au programme jeudi, à Stoneham. Devant une foule décevante pour le haut niveau de compétition présenté, l’Ontarien Brad Martin et la BritannoColombienne Mercedes Nicoll se sont cependant assurés de transporter l’effervescence canadienne en finale. Victime d’une chute à chacune de ses deux descentes, Martin n’a cependant pas su s’imposer dans une finale survolée par l’Australien Nathan Johnstone. « Je visais un podium ici, la victoire c’est encore mieux », confiait celui qui aura

sûrement de grandes attentes aux mondiaux de 2013. Ils seront eux aussi présentés sur la demilune de Stoneham. Le jeune prodige japonais Taku Hiraoka et le Finlandais Janne Korpi, désormais assuré du globe de cristal de la discipline, ont complété le podium. Membre du circuit mondial depuis 1999, la doyenne Nicoll a pour sa part pris le 4e rang, aux pieds d’un podium complètement asiatique. Pour une 3e année consécutive, la Chinoise Xuetong Cai trônait la plus haute marche, confirmant son statut de grande dame de la demi-lune de Stoneham.

Les organisateurs du Snowboard Jamboree ont fait savoir que la demie-lune allait être allongée en vue des mondiaux de 2013. Photo : Nicolas Lacombe

Maître chez lui Au grand plaisir des amateurs de la Vieille Capitale qui s’étaient massés dans le parc de l’Îlot Fleuri, le jeune Antoine Truchon, originaire des Laurentides, est monté sur la première marche du podium de l’épreuve reine du snowboard jamboree, le Big Air. Truchon, une recrue sur le circuit de la coupe du monde, a connu une après-midi et une soirée de rêve en s’imposant en qualification avant de signer sa première victoire en carrière. Des résultats surprenants pour celui qui pointait avant l’épreuve au 35e échelon du classement mondial de la discipline. La journée avait pourtant mal commencé pour le jeune planchiste, éliminé en qualification du slopestyle en matinée. « Je ne voulais pas finir sur une mauvaise note », a-t-il lancé après sa victoire, un triomphe au goût de champagne selon le principal inté-

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ressé après la traditionnelle douche de champagne sur le podium. Celui dont c’était une première expérience sur le Big Air de Québec était heureux de sa victoire devant une foule « encourageante et stimulante », mais il semblait moins surpris par sa victoire que les journalistes qui l’entouraient. « C’était un objectif de saison », a-t-il affirmé avant de reconnaître qu’il ne pouvait demander mieux. Questionné à savoir ce que ça faisait de succéder à Sébastien Toutant, un autre Québécois, comme champion en titre de la compétition, Truchon à répondu d’un sourire espiègle : « je l’aurais battu ». Difficile de contredire celui qui a réussi coup sur coup un « front side double cork 1080 » et un « switch back side double cork 1080 » pour s’assurer de la victoire. Un autre Québécois originaire des Laurentides, Matts Kulisek, a quant à lui pris la

3 e marche du podium. Après avoir réalisé le meilleur résultat de la soirée à son premier saut, qu’il était « surpris de réussir », Kulisek y a ensuite été d’un saut simple à son 2e essai, pour finalement chuter lors de sa 3 e et dernière descente. Rien pour atténuer la joie du planchiste de 26 ans, deuxième l’an dernier, qui soulignait le « très fort calibre » du circuit et la difficulté d’atteindre la ronde finale. Dans ce contexte, il se disait « vraiment content » de monter sur le podium. Par ailleurs, Kulisek se réjouissait aussi pour Truchon, lui qui l’a vu skier dès son jeune âge à Saint-Sauveur. Finalement, on ne peut passer sous le silence la victoire au classement général de la discipline de Janne Kerpi, qui, sans être fumant, en a fait suffisamment pour mettre la main sur un second globe de cristal en trois jours après celui en demi-lune.

sports | impact campus | mardi 28 février 2012

Dimi de Jong s’est qualifié pour les finales de trois épreuves différentes. Photo : Arnaud Anciaux


Un Stairsmasters à revoir En marge du Big Air se tenait le Stairsmasters samedi soir. L’évènement qui ne faisait pas partie de la coupe du monde, opposait 25 planchistes canadiens, principalement des Québécois, qui tentaient de réaliser la meilleure figure sur un escalier accolé à un mur pour l’occasion dans le parc de l’Îlot Fleuri. Tous les planchistes effectuaient plusieurs descentes ayant essentiellement le choix entre tenter une « slide » sur la rampe d’escalier ou encore de tenter de glisser sur le mur, provoquant au passage une pluie d’étincelles. Si l’évènement était présenté devant une foule appréciable, le spectacle n’était pas nécessairement au rendez-vous. La qualification était longue et la différence technique entre les différentes figures était peu évidente aux yeux d’un néophyte de la planche à neige. Le président de Gestev, Patrick Drouin, a d’ailleurs reconnu que des modifications devraient être apportées à l’épreuve en vue des mondiaux de 2013 « afin d’en faire quelque chose qui pourrait se rapprocher davantage du slopestyle ». Le slopestyle pour dessert Le Snowboard Jamboree édition 2012 prenait fin dimanche avec la finale du slopestyle, une nouveauté au Jamboree cette année. Les Canadiens ont poursuivi sur la lancée de la veille entamée par Truchon et Kulisek au Big Air monopolisant 4 des 6 places disponibles sur le po-

dium de la discipline qui fera son entrée aux Olympiques de 2014 à Sochi. Les Néerlandais Dimi De Jung et Charlotte Van Gils se sont cependant assurés qu’aucun Canadien ne ravisse la plus haute marche du podium. De Jong s’est dit « très heureux » de sa semaine en général, lui qui a participé à la finale du slopestyle, de la demi-lune et du big air. Il a devancé Jonathan Versteeg, de Whistler, et le Québécois Maxence Parrot. Une place sur le podium que ce dernier a qualifié d’inespérée.  « J’aurais été heureux de juste faire la finale », a-t-il avoué humblement. Du côté féminin, ce sont les Canadiennes Brooke Voigt et Breanna Stangeland qui ont pris place aux côtés de Van Gils sur le podium. Si Voigt semblait anticiper un tel résultat, Stangeland était fort heureuse de son top 3, un « premier en Coupe du monde après des quatrièmes places, deux ans de suite ». Mission accomplie sur toute la ligne  La station touristique de Stoneham étant hôte des championnats mondiaux de snowboard en janvier prochain, Gestev, responsable de l’organisation, se réjouissait du succès de l’édition 2012 du Snowboard Jamboree. Même son de cloche du côté de la Fédération internationale de ski, Uwe Beir. « Nous n’avons aucun doute », a-t-il affirmé, « Stoneham sera prête à accueillir les Championnats du monde de janvier prochain. Quelques éléments techniques dans certains parcours seront à peaufiner, mais l’événement sera exceptionnel. Patrick Drouin, président de Gestev, croit que le défi en 2013 résidera dans l’enneigement des pistes. D’ici là, il sera intéres-

Le vainqueur du Stairmasters s’est vu remettre une bourse de 10 000$. Ce montant est plus élevé que ce que les athlètes qui performent en Coupe du monde reçoivent. Photo : Arnaud Anciaux

Le Slopestyle s’est avéré être l’une des épreuves la plus appréciée par les amateurs de planche à neige. Le niveau de compétition élevé et la belle température ont aidé à clôturer le Snowboard Jamboree en beauté. Photo :Josée Normandeau

sant de suivre le dénouement dans son projet de rampe permanente entre la haute-ville et la basse-ville. Gestev a dévoilé

en début de semaine son projet de faire une « œuvre d’art » avec la rampe qui, bien qu’elle nécessiterait un gros investis-

sement, sauverait à Gestev les 350 000 $ qu’elle met chaque année pour reconstruire la structure.

Épreuves

Descriptions

Slopestyle Big Air

Cette épreuve combine sauts et obstacles sur un parcours composé de modules ressemblant à ceux que l’on peut retrouver dans les parcs. Les concurrents s’élancent individuellement d’un tremplin d’une hauteur de 40 mètres et long de 110 mètres.

Snowboardcross

Les concurrents dévalent un parcours au terrain changeant comportant des virages inclinés serrés et des sauts.

Slalom Géant Parallèle Seize concurrents s’affrontent sur deux parcours parallèles.

Photo : Marilou Villeneuve

Stairmasters

Cet événement transforme des endroits urbains naturels en milieux de compétitions dynamiques.

Half Pipe

Les descentes sont évaluées selon plusieurs critères et l’usage que fait le planchiste de la demi-lune.

sports | impact campus | mardi 28 février 2012

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Impact 28 février 2012