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REVOLUTION par Imhotep

Gratis pro libertate Editions de la Pyramide, France juin 2011


Petit avertissement : toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé, ne peut évidemment être que fortuite, le hasard a de l’humour. Cette nouvelle est évidemment gratuite comme chacun des opus (non dei) mis en ligne dans la lutte commune que nous sommes un certain nombre à mener pour mettre à bas le pire pouvoir que nous ayons eu depuis des décennies avec à sa tête le pire du pire, le pis du pis. Petit rappel pour vous ces gratuits : La première année de Sarkozy La biographie de Sarkozy apocryphe La Biographie de Lefebvre L’affaire Tapie Les petites affaires de l’Immaculé Eric

Pour ce dernier c’est la 13é version du 29 avril 2011 (régulièrement mise à jour, 180 pages des dizaines de documents et autant de preuves, plus de 40 personnalités liées à Woerth, plus de 130 dates et plus de 160 références)

Sur Agoravox (465 articles au 27 mai 2011) : http://www.agoravox.fr/auteur/imhotep Pour me joindre : imhotep.forumlogos@free.fr Egalement un livre, le premier et unique pour l’instant sur le sujet, chez tous les bon libraires comme à la FNAC : Petite histoire du Mouvement Démocrate et de François Bayrou Le texte a été revu et corrigé gracieusement par Eric MARIOTTE - Contact : emariotte@sfr.fr


I

- Bordel de Dieu ! Ça va saigner sec ! Crois-moi, ça va éclabousser  ! Il va y avoir des tripes sur tous les murs ! Du rouge, j’te dis ! Du sanglant ! De la bidoche tous les centimètres jusqu’au plafond ! Je vais retapisser les murs de la République avec des boyaux éclatés et décoré ceux des banques avec des couilles fripées. - Mais Mimine, qu’est-ce qui t’arrive ? Calme-toi. - Me calmer  ! Mais tu rêves, Pépé  ! J’ai fait un mauvais rêve et quand je fais un mauvais rêve, y faut que ça saigne. J’vois pas d’autre solution. - Mais, ma douce, contre qui en as-tu ? - Tu viens d’où, toi ? De la lune ? De Mars ? Ce qui s’passe ici (et maintenant ah ah), tu trouves pas que ça dégage une putain d’odeur de purin ? Que ça pue la décomposition à plein nez, même les fenêtres fermées ? - Mais Mimine on n’a pas de fenêtres ? - Et alors ? - … - C’est décidé puisque rien ne bouge, je vais faire le ménage, ma grande lessive du printemps à la soude caustique, au fumant, à la nitro ! - Tu veux nettoyer quoi, là sous le pont ? - Hé ! Pierrot de mes deux, t’as rien compris ! - Compris quoi ? - Tu devrais arrêter les purges à l’huile de ricin, ça arrange pas tes rouages. T’as rien vu de ce qui se passe à l’étage ? - A l’étage ?


- Là sur les quais, dans les ministères, à la radio, à la télé, dans les journaux ! - Mais on n’a pas la télé, ni les journaux. Rien ! - Eh ! T’as des esgourdes, non ? T’entends rien non plus ! Tu veux des cotons tiges pour te nettoyer tes portugaises ? Ou un écouvillon ? Peutêtre un tire-bouchon ? Et tes mirettes ? T’en as pas des mirettes ? - Et alors ? - Alors rien ne va plus dans ce foutu pays de merde. C’est un binz que même le diable fuirait. - Tu sais, d’ici, je ne vois pas la différence depuis des années. - Tu veux une claque, demeuré ! - Là, je ne pige plus. C’est la première fois que tu me parles comme ça. Tu serais devenue dyspepsique ? - Voilà que tu joues encore au dico. Tu te fous de ma gueule. Allez cass’toi pauv con ! - Mimine, pas ça ! - Y a plus de Mimime qui tienne ! La République nous appelle ! - Quelle république ? Je ne connais personne qui s’appelle République. Il y a bien une station de métro, mais je ne vois pas le rapport. - Bordel de chiottes  ! Si t’existais pas il faudrait t’inventer, toi ! - … - Bon Dieu de Bon Dieu ! Tu vas pas te mettre à chialer ! T’as pas compris que j’t’en veux pas, que la marmite à fondue est pleine et qu’il y a même des fils qui pendent partout, jusqu’à nous sous le pont. - Ah bon ? - Ah quoi ! - Du calme Mimine, moi je ne t’ai fait aucun mal. Plutôt des bisous, non ?


- Bisous ! Tu me causes d’bisous quand la terre s’effondre, que les volcans sont en éruption, quand un tsunami ravage tout le premier étage, toi tu me causes d’bisous ! J’ai presque envie de te casser la gueule. - Mimine, enfin, sois raisonnable, j’ai arrêté la boxe l’année dernière et je pèse encore pas loin de 115 kilos, et toi tout juste 48. Sois raisonnable ! - Arrgh … - Aïe ! Mais tu m’as frappé ? ! - Ah tiens donc? T’aurais remarqué ? - Qu’est-ce que tu comptes faire à part me donner des coups dans les tibias ? - Dans les roubignoles peut-être ? - Enfin Mimine, si tu fais ça on ne pourra plus faire roudoudou, hein ! - Mais t’es timbré, toi ! J’te dis que Néron a mis le feu à Rome et a violé les Sabines et toi, tu baves comme Siffredi ! - Tout doux Mimine ! J’ai compris que tu étais un tantinet énervée, mais Néron et les Sabines, cela ne va pas ensemble. - Un tant quoi ? - Passons. Alors à part donner des coups de pied dans mes bijoux de famille et dans mes tibias, que comptes-tu faire ? - Je pars en guerre ! - Comme ça, comme une grande, toute seule, avec ta bitte et ton couteau ? - Pardon ? Pardon, pardon ? - Euh  ! Ouuui  ! Pour la bitte, c’est effectivement un peu difficile… - Tiens ! Tu causes pignouf, toi, maintenant ? - Là ce n’est pas pareil. J’ai fait l’armée, moi, mademoiselle, adjudant chef même, et à l’armée, la bitte et le couteau c’est O-BLI-GA-TOI-RE !


- Comme en Suisse quoi ! - En Suisse ? - Laisse tomber. Bon faut que j’y vas - Mon Dieu : que j’y aille ! Que j’y aille ! - Oh toi ! Ne fais pas ton grammairien. Tiens ! - Aïe ! - Et bien voilà, qu’tu causes à ma place. Très bien. Il faut que j’y … - Aïe ! - Bien dit. Tchao, pantin ! - Tu ne vas pas me laisser seul ?! - Tu fais ce que tu veux mais moi, j’y aille. Je pars à l’abordage et ça va fumer ! - Mais il faut un plan, des troupes, des armes pour aller à l’abordage ! - Non deux bras, deux jambes, une tête si possible et une belle paire de couilles ! - Pardon ? - J’me comprends. - Toi ! Toute seule tu vas t’attaquer à la République ? - Tu t’goures, gars ! J’m’attaque pas à la République, j’m’attaque au pouvoir, aux banksters, aux pisse-copies. J’vais leur donner un goût du caniveau tiens à ces kletpocrates ! Crois-moi la ploutocratie va passer un sacré mauvais quart d’heure ! J’irai même jusqu’à une demi heure. J’suis pas une radine ! Eichmann sera un enfant de chœur à côté de moi. Foi de Mimine, la rustine ! Ça va sentir le cochon grillé dans le Neuillois ! Un barbecue d’enfer et de damnation. Une Saint-Jean géante et y en aura qui vont sauter au-dessus du bûcher. Ils vont les ravaler leurs vanités, ces cocos-là ? C’est à l’émeri que je vais leur torcher le cul, moi ! - Et tu crois en l’efficacité de tes grossièretés ?


- Eh, le bisounours de l’orthographe ! Quand on veut faire une interrogative, on fait une inversion, verbe sujet ! Bordel ! - Ce n’est pas toujours vrai. Par exemple… - Stop. Toi tu causes, moi j’agis ! Qu’est ce que tu fous ? Tu viens, ou tu professes ? - Hmm ! - Salut ! On se retrouvera au paradis ou en enfer, mais si j’vais en enfer ce s’ra pas seule, crois moi ! Crénom ! - Mimine … Mimine … C’est ainsi que Mimine la Rustine et Hubert Bâtisseur de la Butte sont partis un matin de janvier, dans la brume et la buée de leurs cris, surtout de ceux de Mimine, à l’assaut de la Lanterne pour y pendre les gouvernants jusqu’au dernier ! La bitte et le couteau de l’un, en bandoulière, et la rage de l’autre, au ventre. Au devant d’eux quelques centaines de députés, quelques milliers de collaborateurs, une dizaine de milliers de traders et autres pompeurs de phynances, une tiers-centaine de ministricules, des gardes du corps, des tireurs d’élite, des Kärcher, du papier journal, des ondes hertziennes, satellitaires et opéro-câblées. Deux contre la multitude. Rien que cela !


II

Pendant ce temps-là - hé oui la littérature aime bien le pendant ce temps-là - lors d’un grand raout dans le V° sous les ors de la république bananière qu’est devenue la France, le beau monde en soie et col cassé se reçoit et se congratule. Le champagne coule à flot comme les dollars chez Folmad du temps de sa splendeur crapuleuse. Comme ils sont riches à crever, ils se bâfrent de petits fours au frais la princesse, pauvre fille qui se fait violer en tournante par le pouvoir sans vergogne, non elle mais lui. Il n’y a pas de petits profits. Ces gens-là sont des messieurs + de Bahlsen, plus pour eux jusqu’à en vomir. L’un d’eux, un petit nerveux qui s’occupe d’énergie, leur disait récemment qu’il ne comprenait pas les cris d’orfraie du bas peuple car avec un million d’euros, on ne pouvait même pas s’acheter un appartement. Et ce genre de discours est revenu aux oreilles de notre héroïne, ce qui les lui a passablement écorchées. Au milieu de grappes de millionnaires et puissants, se promène, comme un poisson dans l’eau, ou un lingot en Suisse, un austère ministricule béat d’être le chambellan de la soirée. Enfin il est là, lui, l‘ex-sans grade, lui qui a su tisser des liens avec tout ce gratin, content de lui ce soir, qui défile en tournoyant. Ils n’entendent rien des bruits de la rue où s’effondrent dans le


froid ces damnés et foutus pauvres, déjections infâmes de la société. Quelques règles bien simples : la trique (ou le Kärcher) pour la basse populace et l’amnistie ou mieux encore des lois protectrices pour le haut des crabes. C’est bien la sagesse populaire qui a parlé du haut du pavé où les petits petons entourés de veau tanné, ne se souillent pas les arpions aux ordures du centre de la ruelle qui n’est qu’un caniveau pour les trimards qui n’ont que ce qu’ils méritent car l’héritage des haut-nés est un combat bien difficile à assumer, il a fallu naître et, ma foi, ce n’est pas une sinécure. Qu’il est difficile d’être né avec une ménagère en or dans la bouche, et tellement plus de faire prospérer une fortune que le mot mérite permet d’accepter sans honte, mot qu’utilisent volontiers ceux qui en sont un tantinet (tiens, tiens) dépourvus. Ensuite il faut savoir où placer ses millions, comment trouver ces niches fiscales qui ne font payer qu’un peu plus de 10 % d’impôts quand on est multimilliardaire et, comme cela ne suffit pas, il faut en plus truander le fisc car cette maladie-là, celle de l’accumulation, celle qui fait que l’on se montre aux toilettes entre hommes afin de savoir celui qui a la plus grosse, n’a strictement aucune limite, c’est-àdire selon Dac que les bornes sont dépassées. Il est vrai que le pouvoir a mis, comme directeur de cabinet, un fraudeur fiscal patenté, tout comme l’on mettrait Mesrine, chef à l’anti-gang. Entre gens de bonnes compagnies (abréviation Cies), on se comprend. Il y aussi l’autre voie pour s’enrichir, celle des collusions et des fraudes, celles des marchands de tableaux, ou des truqueurs de matchs. Il y en a une qui est apparue, mieux que le scandale de Panama ou l’affaire Stavisky, celle qui permet de puiser directement


dans la poche des Français avec l’aide et la complicité active du pouvoir, pour indemniser un escroc par des sommes 40 fois supérieures à ce que trouve indécent une ministre, à propos d’un coach viré de l’équipe de France, mais qui se tait quand il s’agit de son propre gouvernement qui l’offre avec célérité. C’est vrai qu’il faut aussi une bonne dose de mépris tant de la morale, que des lois et que c’est là que réside tout ce mérite, celui d’être imperméable de façon absolue à l’éthique, pour être dans cette élite, celle des petits maquereaux aux grands portefeuilles. C’est un avantage indéniable qui autorise à utiliser sans que jamais le rouge ne monte au front, tous les réseaux permettant de détourner les lois ou d’obtenir de gras avantages. La corruption de l’esprit est une qualité vitale chez ces gens-là. Sluurrp ! La moindre valeur morale entraîne inéluctablement vers les abysses de la pauvreté. Il faut avoir cette force de caractère d’y penser tous les matins en se rasant si l’on veut surnager dans ce panier de crapules de la finance et utiliser les bons engrais pour faire pousser ses pinces de homard, pinces à billets, bien sûr.


III

Ailleurs à La Baule, aux frais de la banque, le Bankster en chef a réuni ses plus fiers traders. On se tape sur le ventre, on se congratule, l’œil pourtant inquiet du toxico loin de sa seringue. Sexe, alcool et fric. Tout y est. Ils ne savent pas encore qu’un petit d’entre eux va faire des miracles, des pertes à faire pâlir de jalousie les cyclones du Mississippi. Ils parlent de swaps, de bonds, de subprimes aux rentabilités stratosphériques. Ils parlent de courbes inversées, de trend, de tunnels, de pleins de mots plein la bouche pour masquer la simplicité déroutante qui est qu’il n’y a que trois décisions dans leur vie stérile mais riche de traders à la cravate dénouée et au sourire carnassier (assez romanesque non ?) : acheter, vendre ou attendre (méthode Ogino de la Bourse). L’attente n’étant que l’étape qui lie les deux autres. Il n’y a strictement aucun talent, strictement aucun raisonnement, aucune martingale qui puisse donner raison à un achat ou à une vente. Ce ne sont que les prétextes du loup de la fable de La Fontaine. Il y a à être là au bon moment, et c’est tout. Ou bien tricher. Ou bien faire un délit d’initié. Tous les mathématiciens au service du veau d’or ne sont que des charlatans qui permettent à la bête de s’enrichir en leur offrant une absolution, un paravent de formules pour donner un tant soit peu de rationalité à ces deux simples décisions : acheter


ou vendre. Du reste les ordinateurs s’emballent et agissent selon les seuils sans même la main de l’homme. On gagne à la micro seconde à cause d’un infime écart, mais l’on ne gagne rien à la sueur de son front ni à l’évidente sagacité de l’acteur. Tout est camouflé car si le monde savait qu’à l’indécence des sommes gagnées, y compris si c’était le talent qui en était à l’origine, s’ajoutait l’indécence du hasard ou du mouvement moutonnier de ces Panurge qui se croient libres de leur pensée, la révolution serait sanglante. Mais cela n’est pas tout. Il s’ajoute le fait que ces mouvements proches du perpétuel que rien n’est créé autre que leur enrichissement et que ces circulations d’argent ne font que chauffer la tuyauterie sans alimenter la chaudière de l’économie. Bien que ces ânes bâtés disent que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, ils agissent comme si la vérité originelle était le stricte contraire. Ces soiffards de chiffre cumulatif jouent même contre leur pays, leurs amis, leurs clients quand ils précipitent la baisse au risque de ruiner des centaines de milliers de personnes pour se goinfrer des gains lors des ventes à découvert choisissant d’amplifier les pertes pour ramasser avec une pelle de charbonnier des bénéfices insolents et honteux. Et lorsque le grand trou d’air fut là, ils appelèrent au secours les états pusillanimes qui les renflouèrent sans participer ensuite au festin orgiaque quand les cours ont remonté. Au ressac, cinq d’entre eux ont gagné vingt-cinq milliards de dollars, le PIB du Panama, de quoi sauver de la misère près de 70 millions de personnes pendant un an à raison d’un dollar par jour.


Pour l’instant, ces blanc-becs hypertendus, avec une fausse calculette à la place du cerveau et une pompe à vide à la place du cœur, ne savent pas encore que, par Toutatis, le ciel va leur tomber sur la tête, mais ils sauront se planquer en temps voulu de ce fracas pour faire payer et ruiner les autres et, eux, recommencer à s’engraisser comme des oies pour le foie gras à manger sur le Capitole. La fête bat son plein. Les poules délurées et un peu grises sont là pour le décor et l’éjaculation entre deux portes. Une sorte de rubysation de la société. Le Bankster en chef est très content de lui. Le malin, qu’il se dit parlant de lui à la troisième personne, et s’il pouvait du pluriel. Il a fait racheter par sa banque un petit paquet d’actions juste avant qu’il ne libère ses stocks (oui on parle ainsi, stock option cela ne la fait pas dans ce monde des micro secondes, et ce n’est pas branché). Les cours ont monté, il a sorti sa louche pour ramasser les bénéfices. Dans un pays qui respecte sa justice économique, ce serait la taule avec un pyjama rayé rouge et rouge. Lui, il a eu la légion d’honneur que le pouvoir sème à tout vent comme un distributeur de préservatifs à l’entrée d’une boîte de nuit de Pigalle. Le quartier des banques à Paris est la réplique de Sankt Pauli d’Hambourg. Le Bankster en chef a bien évidemment fait offrir par sa banque le week-end à la Baule. Faut pas déconner non plus. L’argent qu’il vole, ce n’est pas pour le dépenser avec les 40 autres voleurs. Ali Baba est aussi radin que sa conscience est noire. Évidemment, si un caissier est pris à voler 200 euros car il ne peut plus


joindre les deux bouts et parce que sa femme est en phase terminale d’un cancer, il demandera que le glaive de la justice tranche dans le vif ce rameau pourri et écrase la tête tombée à terre. Non mais ! Il faut de l’ordre et que les délits soient sévèrement punis ! Tudieu ! La morale, ça ne se discute pas. Qui vole un œuf vole un bœuf. Mais quand on vole deux mille baleines, on vole quoi d’autre ? Un Air Darkvado One ? Le Bankster en chef ne va pas rester. Ce n’est que le menu fretin ici. Il a autre chose à faire. La Présidence de la République a mis un jet à son service. Il doit passer le reste du week-end sur la côte d’azur. Il ne fait en somme que ce qu’un maire de ce côté-là de la France pour revenir des Amériques juste pour être là à un cocktail a fait à nos frais. Il y aura des diamants, des Rolex, des artistes de la gauche asservie et des riches de la bonne droite bien dure. Et le Président avec tant de cerveaux qui est si brillant, si drôle, si féroce pour ses adversaires est un ami. C’est vrai qu’il travaille moins que lui et a un plus gros navion. Il est toujours en vacances ici à se faire dorer les poignées d’amour ou au Mexique, ou au Maroc quand ses marionnettes gouvernementales vont en Égypte ou en Tunisie aux frais des princesses méditerranéennes, que leur ouailles ont pourtant mises dehors et pensent les faire passer devant un tribunal. Et pourtant, ces hommes de pouvoir qui ont usé et abusé de peuples pauvres, qui utilisent des avions à canon diffuseur de CO2, comme vous vous prenez le métro, sans jamais y voir ni le ridicule ni l’indécence de leurs actes tant ils ont un cerveau qui baigne dans un alcool enivrant de privilèges et entouré de fumées hallucinogènes


qui font mélanger leur importance réelle avec le nombre de gardes du corps qui les accompagnent et l’addition stratosphériques que coûtent leurs déplacements. Ce qu’ignore le Bankster en chef, c’est que le chanoine de Latran le méprise. Ses amis ce sont plutôt les acteurs corses ou les Léon de passage. Eux, ils brillent et font les couvertures des magazines bling bling. Plus la notoriété est superficielle et ne repose que sur l’image oubliant les qualités pourtant parfois réelles, plus le chanoine s’y sent à l’aise et voudrait en être. Le banquier est riche, très riche mais il tressaille imperceptiblement devant un mot grossier malgré un rire qu’il veut flatteur. Ses ongles sont polis et la surface de la table est un peu rugueuse pour lui. Certes il étale lui aussi, comme du sirop d’érable sur un muffin, mais c’est plus discret. Il faut être connaisseur. Il n’a pas un Montblanc, piqué lors d’une réunion internationale, lui, mais un Ferrari da Varese. Sa vaisselle est de famille, du Bruges en l’occurrence. La retenue n’est en rien, pour le locataire du château, une preuve de discrétion et de savoir vivre, ce n’est qu’une preuve de faiblesse. Lui il est tellement au-dessus de tout qu’il peut smsesser devant le Pape ou le roi des Indes. Dieu n’est même pas assis à sa droite, il est à ses pieds en train de mesurer le diamètre de ses chevilles. La puissance du Lanternais se situe dans le volume de sa voix et dans la capacité à écraser les petits. Dans la relativité, outre celle d’Albert, est illusion d’optique ce qui fait croire que rabaisser tout autour de soi pour que ce tout soit en dessous de soi-même serait la même chose que de s’élever pour dépasser les sommets. Dans l’un et l’autre cas,


on est au-dessus au final, mais dans le premier, c’est au fond de la fausse à purin avec de la merde jusqu’au cou et dans le second, le nez à respirer la pureté des cimes environnées d’aigles impériaux. Il ne faut pas croire que la discrétion de l’un soit une circonstance atténuante, ni que la vulgarité de l’autre soit cette qualité de franchise invoquée. Ils sont dans leur catégorie, les chefs incontestés du détestable. Ils sont les étalons et entre eux, ces bornes du plus grand méprisable, passent toutes les catégories des néfastes dont le curseur d’indignité glisse d’un côté ou de l’autre selon que leur arrogance est familiale et ancestrale ou neuve et vulgaire. Il suffira de leur couper la tête soit par la droite, soit par la gauche. C’est tout. On peut essayer aussi par devant ou par derrière comme dans le Kama Sutra.


IV

Revenons un peu à notre horde révolutionnaire composée de deux éléments, un grand mou et une petite surexcitée qui a un millénaire de rage en elle. Depuis le petit matin, celui du laitier de l’enfance de ses grands-parents, ils n’ont cessé de marcher à s’en ampouler les orteils et les talons. Achille y est bien faible. Ils sont partis au repérage de leurs cibles : le château, Maquignon, la Lampe, le palais Four Roses et le Grognard, Jurassik Park, la place Bellevache. Cela suffira pour ce côté-là. Ensuite il a fallu les sièges sociaux des banksters. Et en dernier le Qu’estFou. En dernier car ce sera la première attaque. Elle sera massive et éclair. Elle sera le premier tour de roue de la grande panique. Ils n’ont ni relation, ni argent, ni réseau mais des idées plein la musette et cela va cogner. Pour faire bonne mesure le Cassefer aura sa dose et Minimal peut-être ensuite. Cependant, comme dans une bonne guérilla, il faudra vite changer de cible. Ce ne sont que les amuse-gueules. Ce sera jeudi soir à 21 h 30 et 0 seconde. Il ne reste qu’une journée pour être prêt. Une partie du matériel est sous la main, le reste il faudra se le procurer dans la nuit. Ainsi le jour j, à l’heure h, à la minute m et à la seconde s le commando était à pied d’œuvre. Mimine la Rustine déguisée en soubrette et le


Bâtisseur de la Butte en garde du corps russe. Tout doit être bouclé en moins de trois minutes. A 21 H 54 et 8 secondes le remue ménage commence au Qu’estFou. On entend des cris, des exclamations, un début de panique et beaucoup de colère mêlée à une indignation stratosphérique. C’est l’affolement qui gagne. Le patron est appelé alors qu’il fricotait ailleurs. La réputation est en jeu. Elle va s’effondrer en 24 heures. Deux agents sanitaires se sont présentés. Ils n’ont plus rien à perdre car ils font partie de la charrette de la réduction toupamaresque des fonctionnaires. Comme à l’entrée, on leur demande d’être discrets, ils élèvent la voix. Contrôle des fromages. On trouvera très vite des Listéria. C’est alors que trois personnes se mettent à vomir. Du vomitif mis dans l’eau n’y est pas pour rien. Et, apothéose, une colonie d’une trentaine de rats s’éparpille dans le restaurant. Pour faire bonne mesure deux chats de gouttière répugnants, puants et affamés, leur courent après, sautant sur les tables, grimpant aux rideaux. C’est le début du chaos. Apocalypse Now. On appelle les pompiers, la gendarmerie, la police de proximité, non cellelà n’existe plus, des CRS genre Robocop arrivent toutes sirènes hurlantes. On dirait du Starski et Hutsch, sans Huggy les bons tuyaux, mode 2011. Ou alors la fin de Léon ou le début de Nikita. Les huppés sont affolés, hurlent, trépignent, s’évanouissent. La BBC avertie on ne sait comment est là avec ses caméras, Teleglobo aussi, la RAI Uno, RTL, LCP, Public Sénat, i Télé, BFM. En revanche, TF1 et France Télévision, sauf France 3, n’y ont pas cru. Sauvons les riches est là avec une fanfare. CBS a envoyé un hélicoptère sans autorisation. A 22 heures 26 mn et 17 secondes, une première vidéo d’amateur apparaît sur


Youtube et une autre quatre secondes plus tard sur Daily-motion. Les USA ont encore gagné une manche ! Les deux vidéos ont été filmées à l’intérieur du Qu’estFou au summum du désordre. Au milieu du brouhaha, on entend les cris perçants de femmes qui montent sur des chaises, on voit deux clients vider leurs boyaux sur une danseuse de passage qui reçoit le cadeau en plein visage et dans son décolleté. Elle vomit à son tour sur un cinéaste en vogue auprès du pouvoir, ce pouvoir qui regarde 200 films par an au lieu de faire son job, cinéaste galant qui lui retourne une claque. Si on tend l’oreille on entend une musique de fond avec quelques paroles murmurées qui disent genre : tu es ma came. La porcelaine vole, le cristal s’éclate, les chats zigzaguent poursuivis par des serveurs aux yeux exorbités qui bousculent au passage les clients qui tombent cul par dessus tête sur les brisures des coupes de Champagne. D’autres patinent sur le vomi arrosé de Château Margot et de sorbet à la myrtille. Les CRS sortent leur taser pour s’attaquer aux rats. Un lustre s’effondre. En même temps que la sirène incendie se déclenche, du plafond des jets d’eau refroidissent l’agitation. On croirait les jeux d’eau de Versailles accompagnés d’une musique sérielle lors d’une soirée orgiaque qui aurait mal tourné. En deux heures, les vidéos ont explosé le box office. 250 millions de vues. Mieux que le mariage de Kate et William. Facebook s’empare de l’histoire et sur tweeter #bacile&QuestFou est lancé. On peut lire : Après les ours dans les Pyrénées, les rats chez les riches. Opération ratisation sur les Champs Elysées


Dernier snobisme, des rats au souper Qu’estfou, élevage clandestin de rats, C’est la commune au Qu’estfou Rat un jour, rat toujours Versier teste ses médicaments au Qu’estfou De ces derniers rebondissements, le duo d’activistes en ignore tout. Ils ne connaissent rien des arcanes d’Internet, des réseaux sociaux, de tweeter et autres Youtube. Enfin ils savent que cela existe mais n’en maîtrisent rien et ne l’utilisent pas. Ce sont des frustres de sous les ponts, eux. Le lendemain, La Pravda tente de minimiser le scandale qui devient la première d’une série d’affaires d’état qui iront crescendo jusqu’au bouquet final. La peur change de camp ! Ailleurs, c’est à celui qui aura le plus gros titres : Des rats au Qu’estFou Lystéria et Hystérie au Qu’estFou Au Qu’estFou les clients vomissent les uns sur les autres à prix d’or Les conseillers en communication du château sont mis au service des propriétaires du Qu’estfou aux frais des Français, comme d’habitude. On appelle à la rescousse les spin doctors afin de trouver dans l’urgence une story telling qui tienne la route. Mais les dégâts sont déjà considérables. L’hôtel se vide en moins de temps qu’il ne faut pour dire Youpi. Les habitués sont désemparés. Tout à coup, ils sont orphelins. Les pauvres chéris ! Où vont-ils parader maintenant ? Chez Lipp ? À la Coupole ?


Sous la pression il a bien fallu opérer une fermeture administrative du Qu’estFou. Des rats, c’est difficile à laisser passer bien qu’on laisse passer le Torpresse. Le contre feu du ministère de l’intérieur et de la santé fera justement long feu. Le dernier, empêtré dans l’affaire Torpresse, n’a plus aucune crédibilité. Quant au premier, chaque fois qu’il l’ouvre, c’est pour perdre trois points de sondage et entraîner tout ce qui tourne autour de lui dans sa chute. L’idée est de dire que tout cela en même temps, ce n’est pas naturel, que c’est un coup monté. Là-dessus, ReOpen se précipite pour parler de complot. La CIA en veut à la France de ne pas les avoir soutenus pour la guerre en Irak. Une contre-idée est lancée par un groupuscule, idée qui fera florès. Les riches ne sont jamais assez riches, ce sont des radins qui essayent de gagner sur tous les tableaux. Le Qu’estFou a voulu rogner sur la qualité, sur la sécurité alimentaire et voilà le résultat. C’est un tourbillon d’informations contradictoires qui circule. Au château, on en est à se demander s’il ne faudrait pas retirer des troupes d’Afghanistan pour les rapatrier en France et s’occuper de cette histoire. Une partie de l’aviation qui bombarde la Libye est retenue dans ses bases. On ne sait jamais. L’Otan est sollicitée mais on fait comprendre sans grande diplomatie qu’ils s’en tapent le coquillard du Qu’estFou. Le contre espionnage, après s’être occupé du journal La Terre et des histoires de corneculs, est chargée de fouiller jusqu’à Clairefontaine. Les marchands de crocs de boucher se frottent les mains.


Minime avait apporté son Instamatic Kodak première génération afin de se faire des souvenirs. Ils étaient restés planqués jusqu’à deux heures du matin pour suivre de près les événements. De retour sous leur pont, ils ont ri des heures et des heures, et se sont finalement endormis dans les bras l’un de l’autre aux premiers rayons de soleil. Cette expédition leur a donné un courage à soulever les montagnes. Ce fut si réussi qu’ils décidèrent après une longue discussion de laisser le Cassefer en paix. Faire aussi bien aurait été impossible et cela aurait paru louche. Quand on n’a pas de pétrole, il faut avoir des idées et quand on n’est pas un tanker, il faut savoir changer brusquement de direction. L’efficacité est de savoir analyser les résultats de ses actions et de s’adapter aux circonstances. Cela fait des années que tous deux s’adaptent aux dures circonstances de l’extrême pauvreté. Ils ont de l’expérience en réserve. En tout cas, voici une première banderille plantée dans la couenne du veau d’or. L’avantage qu’ils ont c’est qu’aux yeux de leurs ennemis, ils n’existent même pas. Ils sont la lie de la société. Ils sont plus que transparents, plus que des passe-murailles. Ils sont forcément bêtes, sales et méchants, mais surtout quantité négligeable. Il va falloir passer à la phase deux du plan. Enfin, selon toute logique. Le problème, c’est qu’il n’y a jamais eu aucun plan, et donc pas plus de phase deux. Déjà un premier temple a été touché. Jésus sera content d’eux.


Hubert, tout à coup sérieux dit tout haut : - Il nous faudrait une attachée de presse ! - Et pourquoi pas un haut parleur en plein commissariat ! - Ah bon ? - Tu t’moques de moi, là ? - Euh… oui, bien sûr. C’était pour rire. - Tiens, tu me donnes une idée. - Tu vois ! dit-il rosissant d’orgueil mal placé. - Non pas encore. Va falloir que j’m’astique les méninges et que je la voye plus claire, c’t’idée qui me vient.


V

Trois jours plus tard une information fait la une de toute la presse, de toutes les radios, de toutes les télévisions. Internet ne bruisse pas de l’information, mais se déchaîne. La DGSE a pris les choses très au sérieux. Un comité de crise a été réuni dans la plus grande urgence. Le conseil européen a rappelé ses membres. La BCE est en alerte et le FMI se ronge les sangs. L’Association Française des Banques est sur le pied de guerre. Par précaution, la Bourse a fermé sa corbeille. Les experts se perdent en conjectures et se contredisent. Des responsables ont tenté de dire que cela n’était qu’une vaste plaisanterie, ils ont été aussitôt pris en otage par Verte Paix. Des milliers d’écologistes sillonnent la capitale avec des masques et des compteurs Geiger qui se vendent comme des petits pains. Mais Paris est déserté. Les sièges sociaux des multinationales sont vides. Un début de panique gigantesque s’installe. Il a d’abord fallu trouver un lecteur adéquat. C’est une vielle cassette VHS qui est arrivée chez Médiapart qui a tout déclenché. A peine diffusée, la BRB et l’anti-terrorisme ont débarqué, ont parqué les journalistes dans un coin et ont tout fouillé. L’Etat d’urgence a été décrété. Sur la cassette en mauvais état, on voit deux silhouettes, en fait juste deux ombres sur un


mur non identifiable, un peu comme tremblotantes sur la paroi d’une caverne sous la lumière d’un feu vacillant. Le premier plan montre le journal du jour. C’est la Pravda qui glorifie en première page l’action magique du Président de la République. Ensuite on voit un distributeur de billets. Difficile de reconnaître la banque. Les Experts Manhattan ont été dépêchés par Falcon accompagné de F16 et de ravitailleurs en ciel pour tenter de retrouver la banque à partir des images floues. Puis c’est un autre distributeur. On en voit une vingtaine ainsi. La vidéo s’arrête. Deux heures après, c’est Rue89 qui reçoit une autre vidéo. Même VHS SECAM. Toujours aucune empreinte. Les malins portaient des gants. Fournisseur inconnu, marque disparue. On revoit les mêmes distributeurs mais avec un chiffre en incrustation pour chacun d’entre eux. Les experts ont une nouvelle tâche : que sont ces chiffres ? Ce n’était pas la peine de s’inquiéter, enfin façon de parler. Une troisième vidéo publiée par Agoravox quatre heures plus tard, donne la solution. On voit un compteur Geiger auprès de l’un des distributeurs. L’aiguille s’affole, ce compteur est antique mais n’en est pas moins précis. Les mêmes experts sont tous d’accord là-dessus : c’est un vrai. Les Experts Miami sont arrivés en Turbo jet et ont déclaré à peine descendus de l’avion : les chiffres correspondent au taux de radioactivité de chaque DAB. Nous avons comparé le chiffre du premier distributeur avec ce qu’indiquait le compteur, nous sommes sûrs à 97, 253 % que nous avons raison. Il faut se dépêcher la dose est supérieure à celle d’Hiroshima !


Le NCIS est en route, avec DiNozzo tout sourire. Pour Bones, on attendra les premiers cadavres, quant à Numbers, cela dépasse de loin les mathématiques même celles développées par un génie. Aucune formule ne semble pouvoir définir le profil des bandits. Les profilers de la planète entière sont sur le sentier de la guerre. Une armée d’astrologues et de médiums s’est mise en route comme des croisés vers la Jérusalem céleste. Paris est le lieu de leur arche d’alliance. Jason Bourne veut aussi donner un coup de main, mais à qui et pour qui ? On se méfie encore de lui. Grand Pas a disparu. On a aperçu l’œil vitrifié du Gollum qui cherche son précieux, pendant que le Golem errait dans le Louvre. La momie s’est réveillée. Les 4 fantastiques s’interrogent. Batman, Dardeville et Superman font grève. Ils déclarent que c’est mission impossible. Rouletabille mène l’enquête, Maigret est dépassé, l’autre belge, Hercule, fait briller ses cellules grises pendant qu’Herlock Sholmés fume son opium au son du violon, Arsène profite de la situation pour visiter quelques hôtels particuliers dont celui d’un certain Carpetta, rue des saints et du Père, enrichi par trahison d’état, qu’il va piller à la grand’ joie de la justice républicaine. Comme la page est pleine, on s’arrête là. Personne ne comprend vraiment ce que cela signifie, sinon que dans chaque cerveau, le panneau « Danger » clignote avec force. Enfin, quatrième message au Post. Tout s’éclaire, enfin pas tout. Il ne s’agit que d’un simple panneau qui dit ceci :


Nos amis de Mandat Rhum nous ont fourni du Plutonium de Fukushima. Nous avons contaminé 1 247 distributeurs de billets de la région parisienne. Nous ne vous dirons pas lesquels. D’ici une semaine nous allons nous attaquer à Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille. Nous vous ferons part de nos revendications sous peu. Sachez que vos services sont infiltrés et que nous sommes au courant de beaucoup de choses. Par exemple que l’un d’entre vous, très haut placé a pris contact avec l’armée pakistanaise et son service de renseignement pensant que ceci serait une vengeance. Le Lotus Bleu, collection Bretzel Des véhicules du CEA munis de toute une instrumentation sont envoyés toutes affaires cessantes vers les distributeurs. Le préfet de police a dressé un plan de bataille. Mais c’est déjà trop tard. Plus personne ne va chercher de liquide. Les convoyeurs de fonds refusent de réapprovisionner les distributeurs. Ils se mettent en grève confortés par la position de Batman & Cie. Un cordon de militants EVE (& Adam) les protège et les syndicats demandent une audience au Premier Sinistre qui s’est enfuit en Sarthe en avion. Une rumeur court que les billets de 5 et 10 euros ont déjà été contaminés. Alors qu’au début de la crise, tout le monde se précipitait au guichet des banques pour tenter de retirer du liquide, ce qui n’est plus possible, la méfiance a augmenté d’un cran. La Banque de France annonce qu’elle fera comme au Sahel quand on distribue de l’eau en bouteille, elle ira chercher des billets en Allemagne et les distribuera contre des


chèques. Mais les honnêtes gens ont peur, la Banque d’Allemagne n’a pas assez de liquidité et une bande d’escrocs s’organise immédiatement. Avec de faux chèques, ils extorquent déjà dix-huit millions d’euros en 24 heures. Un marché noir de billets non contaminés tente de se mettre en place. Tant bien que mal, du troc s’installe. Le Dauphiné demande son indépendance car sa région n’est pas touchée. La population s’organise en milice et boucle le territoire. Au pouvoir, l’affolement est à son paroxysme. Discrètement, on fait appel à des mercenaires, des ex du KGB sur conseil de Poutine. Ils seront payés en lingot d’or et en Viagra. On annonce par voie de presse qu’une prime d’un demi million d’euros sera offerte à qui permettra de faire capturer ceux qui sont appelés les Lotus bleu. En sous-main, on dit aux mercenaires que ce sera le double si on amène leur tête sur un plateau afin que justice soit faite. Nom de code Salomé. Une exigence cependant : ils devront porter des tee shirts en jersey gris avec en gros caractères l'inscription NYPD. Mimine la Rustine et Hubert Bâtisseur de la Butte sont particulièrement dépassés par les évènements. La réussite dépasse leurs espérances, mais les inquiète. Ils ont beau être dans la frange la plus reculée de la société, là aussi, il y a des indics et, là aussi, il y a des complices de ce pouvoir. Parmi les milliers, les dizaines de milliers d’informations qui remontent aux autorités, il y en aura bien une qui risquera de leur coûter chaud. Ils furent d’abord, bien évidemment, grisés par leur succès. Mais la raison les a bien vite


ramenés sur terre. Tous deux tergiversent car ils ont une troisième phase à mettre en place. Quoiqu’ils se demandent comment le phénomène pourrait s’amplifier encore. Le deuxième pilier du temple vient d’en prendre un coup bien plus violent que le premier. De plus ne seraient-ce pas les petits qui vont trinquer ? Il faut donc d’urgence réorienter le flot vers les gros, les assoiffeurs. Du côté du château, la paranoïa, bien qu’elle fût déjà à des niveaux mégalithiques en temps normal, est devenue solaire. Dans le salon Murat, renommé ovale par Niklos l'Américain, des voix colériques résonnent comme un orage : - Si j’retrouve ceux qui z’ont fait ça, je les pends par les couilles, mais c’est pas avec cette bande de connards qui m’entoure que ça va s’faire vit’fait ! - Et putain de merde d’où qu’elles viennent ces fuites ? C’est pas l’oxydée j’l’ai virée, ni l’Immaculé, y est plus là, ni Brice de Nauvergne, y est à l’Europe ! Qui c’est bordel de Dieu qui fuite ! J’vas lui mettre des Pampers, moi, ça va pas traîner ! Bougez pas j’reviens ! On entend la porte claquer, et dans le couloir une douce voix : tu es ma came … Dans la salle des fêtes, se bâfrant de petits fours, les caciques du PMU (Pour Moi l’Universel), le parti de la majorité, sont venus apporter leur soutien au Prez. Parmi eux, il y a Poqué, leur leader, avocaillon multiposte enrichi. On entend à nouveau la même voix pleine de cris et de hargne : - c’est toi, trou du cul, qu’as fait fuiter !


- demande plutôt à Mérinos, ces centres mous ils n’ont pas de couilles et trahissent plus vite que leur ombre. A moins que ce soit le Domi. - Dis pas des conneries, lui y peut pas il est au procès de la Clairefontaine, et y sait rien de rien ! - Et toi Chassenard toi qui soustrais ton p’tiot de la police t’en es où ? T’es plus efficace pour te tirer que pour me renseigner !


VI

Pendant ce temps-là (bis repetita placent), le bankster en sous-chef, après un instant de déstabilisation, a vu tout l’intérêt qu’il pourrait tirer de la situation. Trafic de monnaie. Il vient d’inventer le change euro contre euro. L’idée est simple. Les billets ont une même face, tous, mais une face différente par pays. Selon un raisonnement simplissime mais faux, ceux avec la face française seraient contaminés et pas les autres. Pour que cela réussisse, il ne faut pas être gourmand. 50 euros en bons billets « étrangers » - pour une fois le Parti National est d’accord, ces étrangers-là on les veut bien - contre 45 euros « français ». Il va se servir de sa banque, de plus, c’est le Prez qui l’a nommé là contre toute déontologie. Sa banque Casse Noisette et son autre réseau People bank est un des plus étendus. Il est très fier de lui. Il va transformer sa petite idée en coup de génie. Il sera le sauveur de la nation, celui qui va huiler les rouages. Il demandera le poste de secrétaire général du FMI et gouverneur de la BCE. Dans l’euphorie, il a déjà commandé deux costumes dans une échoppe de Savile Row. Initiateur de l’idée il va demander 40 % de la marge. Folmad est un enfant de chœur à côté de lui. Il a déjà sévi en conseillant une certaine Nat, quelque chose qui a ruiné les actionnaires et en a déjà été remercié par un petit million d’euros d’honoraires et le


poste de PDG de banque quelques années plus tard. Rien ne lui est refusé. Il est une sorte de condensé de Moi-Même maître du monde et de Barbéré. Ce qu’ignore ce squale, c’est que lorsque l’on dit que les loups ne se mangent pas entre eux, on ne se trompe pas, mais les hommes, eux, sont parfois pires, et il y a parmi eux, un bon nombre d’anthropophages, surtout dans la phynance. Sans qu’il ne le sache, il vient de déclencher une Saint Barthélémy, aller retour, de la bancaille. Et ça va saigner à la grande joie future de Mimine. L’odeur de l’argent attire les chacals. Un million d’euros en lingot, voilà de quoi attiser les convoitises et aiguiser les appétits. Le bassin parisien est envahi de 4 X 4 munis de projecteurs directionnels et de pare-buffle. Quatre hommes dedans, armés jusqu’aux dents, lunettes Rayban miroir sur le nez, Rolex au poignet et kalachnikov en vue. Même dans le 9-3, on se terre. Déjà les bavures commencent entre rivaux. Deux équipes ont eu vent d’une information quasi certaine. Le Lotus Bleu devait se réunir sous peu au pont de l’Alma. Le zouave en était le point de repère. Une équipe arrive toute sirène hurlante par le nord, une autre, tous feux éteints, par le sud. Les deux sont lourdement armées. La tension est à son maximum. Une vitre s’abaisse doucement, le canon d’un fusil à lunette repose sur la vitre fumée qui s’est arrêtée de descendre. Un minuscule point rouge se dessine en haut de la fenêtre du conducteur de l’autre voiture. Juste avant de presser la queue de détente, le 4X4 fait un saut en l’air de 10,825 mètres. Ses occupants n'avaient pas vu que la porte arrière droite de l’autre véhicule s’était ouverte et qu’un


bazooka en était sorti avec son servant qui, couché au sol, avait envoyé son scud dans leur carcasse qui retombe dans un bruit d’enfer sur terre avant d’exploser comme un 14 juillet au profit des dictateurs de la planète invités sur notre sol. Des morceaux de cervelles sont venus décorer la tête du zouave qui ne s’en plaint pas. Une jambe coule à pique dans la Seine. Une fumée épaisse s’élève au-dessus de la ferraille calcinée. On a dit, sans aucune preuve, que les armes utilisées venaient d’un trafic impliquant certaines hautes personnalités politiques françaises. Le financement viendrait d’un reliquat des rétro-pots de vin d’une affaire de sous-marins quaspatanais. Là aussi, ce sont des bruits qui courent. Et ils courent vite. En haut lieu on se dit qu’il faudrait bien éteindre l’incendie tout en se réjouissant que tout ce bruit pourrait détourner l’attention du public. Un flagorneur propose comme idée digne d’un Léonard de Vinci de faire survoler Paris d’hélicoptères sonorisés diffusant 24 H sur 24 « tu es ma came », pensant ne pas avoir trouvé soporifique plus efficace. Cependant un autre conseiller avisé se dit que le mot « came  » pourrait faire sortir de leur trou tous les dealers environnants. Un troisième pense qu’il serait bon d’appeler Tom Croisière et d’aller prier dans une Eglise de la Scientologie. Un débat beuglant de savants Diafoirus s’engage. Nos deux héros inconscients, mais non inconsistants, passent justement sous le pont de l’Alma. Trop pris dans leurs réflexions, ils ignorent tout du drame de guerre urbaine qui se passe au-dessus de leurs têtes. Tout comme ils ignorent


qu’ils ont été doublement démasqués. Le premier à les avoir dénoncés est Dédé la Sardine. C’est lui qui est en fin de compte à l’origine de cette information qui a valu cette petite explication de texte entre mercenaires. Lui, c’est un ancien du pétrole qui a mal tourné … si c'était possible de faire pis. Corruption, trafic d’armes, putains de la république et bien d’autres petites affaires. L’appât du gain n’ayant pas de limite, quelques petits lingots de plus ne sont pas sans faire frémir les cellules sensitives de son odorat, bien que l’odeur de fumier qui l’entoure en permanence en ait pu dérégler le calibrage. Seulement lorsqu’on ouvre la boîte de Pandore, les bêtes affamées qui s’en échappent n’ont aucune règle morale et l’honneur des voyous n’est qu’une légende de romancier et de flics pourris. Comment un voyou peut-il avoir de l’honneur ? Dédé la sardine a donc voulu monnayer les informations qu’il avait reçues de ses informateurs fortement conseillés d'être bénévoles, et à vouloir faire le beau s‘est retrouvé écorché comme Marsyas jusqu’à ce qu’il avoue tout, et le reste, puis saigné comme un porc, pendu par les pieds à un croc de boucher chevalin (ça change). Pour faire bonne mesure, on a ensuite saupoudré sa chair sanguinolente de gros sel de Guérande. Ses hurlements se sont entendus jusqu’à Cabourg. Les deux groupuscules de mercenaires qui se sont entredéchirés ont donc laissé passer bien involontairement Mimine la Rustine et Hubert le Bâtisseur de la Butte. Il est évident que nos deux héros malgré eux n’auront pas autant de chance une prochaine fois, mais ils en sont totalement inconscients, tant ils sont, en fait, candides.


Nous disions donc qu’ils ont été démasqués deux fois et ce nombre va sans aucun doute augmenter, et croyez-moi en progression géométrique. Il serait bon que Dieu se mêlât de la partie qui semble quelque peu déséquilibrée, mais il a autre chose à faire avec son éternité à gérer. Il s’en est occupé une fois et puis il a dit : Après moi, le déluge ! On connaît la suite !


VII

A quelques centaines de mètres l’un de l’autre, le Bankster en chef et le Bankster en sous-chef, Isnottoomuch, qui veut devenir calife à la place du calife, se félicitent de ces éruptions financières car, dans toute tourmente, il y a les rapaces qui s’en sortent avec des couilles en or (eux préférant celles des éléphants à celles de rapaces, de couilles, bien évidemment). Et eux espèrent bien qu’elles seront en diamant brut, genre blood diamonds au son de la chanson Lucy in the Sky with … vous connaissez la suite, et qu’importe que la population en chie pendant 50 ans. S’ils coulaient, leur copain du château les sauverait avec le peu qu’il restera aux Français, et si tout marche comme prévu, quelque banque des Bahamas récupèrera leurs gains macrostronomiques. Le sous-chef a mis en place son réseau de change euro contre euro. Le chef lui spécule à mort contre l’euro et les sociétés du CAC 40. Il vend à tours de bras, précipite la chute de la bourse qui avait, très optimiste, réouvert ses portes. C’est vrai qu’il avait du cash le bougre. Juste avant cette crise, il avait eu la bonne idée en tant que PDG de la banque, de faire racheter à celle-ci ses propres actions au moment où lui vendait ses stocks. Le cours a monté mécaniquement et lui s’est enrichi en toute crapulerie (déjà dit, oui je sais, mais bis repetita placent. Ca aussi ? Ah bon ?).


Ensuite, la spirale de la baisse infernale est en route et lui ouvre ses grandes poches pour récupérer les milliards qui y tombent. Il vend de l’euro et achète de la livre sterling et du dollar. Il joue aussi les métaux et les matières premières. Il passe ses achats par des fiducies dans les îles Caïmans ou des trusts anglo-normands. La société Clairefontaine est sollicitée pour masquer le tout d’un brouillard protecteur. Ce que le Bankster en chef ignore, c’est qu’un groupuscule qui se fait appelé GrisbiFuites est en veille permanente. Il transmet ensuite ses informations à un autre groupe de hackers plus perfectionnés, les Némo. Tous les mouvements financiers du chef sont observés. Observés puis détournés vers une banque libanaise. L’argent est sorti immédiatement et transformé en nourriture et boisson envoyés directos au Burkina Faso. Mais ce n’est pas tout. Ils ont laissé des traces afin de faire croire que c’est le sous-chef Bankster d'une autre banque qui a piraté le chef à partir de son smartphone framboise. La guerre est déclarée. Ce sera OK chorale (car cela va chanter) à donf.


VIII

Jason Bourne avec son 387é passeport est arrivé à Paris, clandestinement. Il a sur lui des dinars marocains, des roubles, des livres syriennes, des vieux deutschmarks qu’il ira changer sous peu à la Deutsche Bank, deux billets de 500 euros et trois carambars pour corrompre les gamins des rues ou les récompenser. Sur lui aussi, il a deux couteaux de marine’s, un Lüger enrayé, un P38, des balles dumdum, un canif Suissinox avec sa croix blanche sur fond rouge (il ne veut pas de contrefaçon), un bandana du Che, un châle en soie indienne. Et pour l’instant, il court. A Langley c'est l'alerte violette. Bourne a dû être retourné, une fois de plus. Les agents de Londres, Bruxelles, Berlin, Barcelone, Pise et Moscou sont en route. Poutine a mis un Tupolev à leur service qui va faire le grand tour. Ils seront parachutés sur l'hippodrome de Compiègne en pleine nuit, attendus par un édile local. Lequel ? C'est secret. Tip Top secret. Sicraite seurvisse. Le point de ralliement suivant est l'arrière salle du Qu'estfou, cependant les renseignements des services de renseignements ne sont pas comme la laitue, ils ne sont pas très frais. L'établissement a été fermé. Ce sera donc dans une suite royale du Cassefer. Suivant les consignes d'une certaine Limace Oudla (que je m'y mette), ils font leur meeting dans la salle de


bain, font couler l'eau de tous les robinets, eau chaude et eau froide - c'est plus prudent - et se parlent par signes. Si une protection vaut mieux que zéro alors deux mieux qu'une ! Mais, damned, ils sont tous d'origines différentes et parlent des langages de signes différents ! Finalement le plus simple est de couper l'eau froide, de laisser la buée s'installer et d'écrire sur le miroir avec son doigt ganté pour éviter de laisser des empreintes. A Langley, on s'énerve un peu. L'erreur de l'homme aux clefs d'or du Cassefer, c'est qu'il a donné la chambre d'une certaine Lisa Salamandre. A peine entrés dans la chambre, leurs mouvements ont déclenché toute une série de caméras, de micros et d'espions électroniques divers et variés. Elle recueille le tout en direct sur son iPhone six qu'elle a piqué dans les laboratoires d'Apple. Les six de la CIA vont être rejoints par un ex de l'ex GRU et un ex de l'ex STASI. Leur spécialité ? Le Kama Sutra de l'assassinat. Ils ont avec eux leur arsenal. Cependant ils sont assez partagés car ils ont eu vent de la prime d'un million d'euros sur laquelle ils n'ont pas envie de cracher. Du reste ils ne crachent jamais, plutôt ils font cracher les dents de leurs victimes. Malins comme des singes d'Indonésie, ils vont faire croire aux six good boys que trouver les Lotus bleu, c'est trouver Jason Bourne « de mes deux » dira l'un avec son rire bien gras. Il en est ainsi que, bien involontairement, la CIA va s'associer, sans le savoir, aux mercenaires pour que les ex ex GRU (qui n'est pas une poule qui vole) et ex ex STASI (qui n'est pas un véhicule puant et très cher de Paris) s'enrichissent d'un petit pactole, comme dirait Midas, en jonc.


Lisa Salamandre a lancé son logiciel de reconnaissance de stratégie et d'idées. A partir des éléments recueillis tant sur le miroir que par les images de ses caméras et ses autres gadgets qui savent interpréter le langage des corps, elle décrypte les mauvaises intentions des six good boys et des deux ex ex. Comme elle a lu tout Enid Blyton et vu Mémoire dans la peau, elle sait ce qui lui reste à faire. Aller à Genève dans une salle de conférence et attendre que le Jason s'y rende. Et, miracle de la machine à mots, c'est ce qu'il fait !


IX

Si donc en France, le chaos n'est pas à son apogée, il n'est est pas loin, Zénith et nadir confondus. Mimine la Rustine et Hubert Bâtisseur de la Butte veulent ajouter un peu d'entropie à tout ce binz. Ils entrent dans la phase aqueuse de leur plan. Non celle-là a eu lieu au Qu'estfou. Ce sera la phase blabla. Ils vont s'occuper des pisse-copies, ceux qui ont été complices actifs de l'accession de ce pouvoir au pouvoir. Ils envoient un message au préfet à la propaganda, responsable de la télévision d'Etat. Ce message est légèrement radioactif. Un peu d'iode piqué dans un hôpital et le tour est joué. Pour être bien sûr que ce sera détecté, ils ont pris la peine de téléphoner avant à partir d'une cabine à pièces en précisant la couleur du courrier rose fuchsia. L'effet est cataclysmique. Les SAMU de quatre arrondissements ont été contactés simultanément et ce ne sont pas moins de dix-sept équipes qui arrivent en grillant tous les feux rouges rencontrés déclenchant de beaux ballets de collisions et de joyeux concerts de cris et noms d'oiseau. Très exotique et bucolique. La maison de Nation TV a été évacuée. La garde nationale s'est heurtée au GIGN qui a butté sur les médecins du Samu qui ont été bousculés par le personnel terrorisé. La secrétaire qui a touché l'enveloppe est soignée pour évanouissement comateux. Le préfet tremble comme une feuille d'érable au


Canada lors d'un cyclone. Le courrier s'intitule : Vengeance atomique. Voilà de quoi rassurer d'emblée. Il est intimé de réunir tous les journalistes politiques de radio, de télévision, des journaux et hebdomadaires au Zénith précisant : slips et chaussettes uniquement, propres de préférence, pour les hommes et nuisette en coton épais égyptien pour les dames. Pas de dérogation. Une liste est fournie. Toutes les chaînes devront être réquisitionnées à 20 H 30 avec interdiction de diffuser une série américaine. Sinon ? SINON ce sera l'explosion thermo bi turbo nucléaire avec éparpillement dans l'air du virus H1 N1 ! ! ! Bon ce dernier point ne fait pas trop peur mais en revanche le suivant beaucoup plus : un duo Jauni/Yoga pendant quarante-huit heures de suite sans interruption. Les autorités prennent très au sérieux les menaces.


X

A Genève dans un palace nommé La veuve dorée, il y a un congrès des avocats fiscalistes au titre peu évocateur de : Fraudes, évasions et détournements. Sous titre : le savoir faire helvète. Jason Bourne ne sait pas encore pourquoi il est venu à ce congrès. Son instinct sans doute ou alors ce rêve prémonitoire où il recevait une enveloppe kraft d'un grand chambellan et dedans il lisait ce mot sibyllin : L'Immaculé et son épouse vous invitent au grand jet. Un instant, sans qu'il ne sache d'où sa mémoire lui ramenait ces images, il a pensé à un yacht et au Caravage. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme comme l'on dit dans toutes les bonnes cours de récréation dont celle du lycée Henri IV. Peut-être le mot jet lui a fait penser aux îles Borromées et à la fille Picasso ? Dans une chambre de l'hôtel il y a une marquise enguirlandée de bijoux très chics qui se dresse, celle qui s'était servie dans la grande cassette de la nation pour donner à quelque nanard de passage, invitée ici comme grande experte chicaguienne et dit aux deux ex ex qui ont fait une irruption assez brutale dans la pièce : - la garde meurt mais ne se rend pas. L'un des deux ex ex sort son Lüger, y visse un silencieux et pouf, pouf et pouf, comme le petit


cochon pendu au plafond, une dans le buffet, une en plein front et une dans le plafond. Pourquoi dans le plafond ? Parce qu'après le buffet et le front pour arriver à trois poufs l'éminent auteur n'avait plus d'imagination. - ben alors elle meurt. Il dévisse son silencieux et remet son feu encore fumant à sa place dans son holster sous l'aisselle gauche. Ils repartent en courant. La grande salle de conférence bruisse de rires feutrés. Nous sommes entre gens de bonne compagnie (ici au singulier). Tous, avec élégance et discrétion, mettent tout en œuvre pour que les Gargantua (quelle grande gueule tu as selon ce bon vivant de Rabelais) qui n'en ont jamais assez, ne participent jamais à l'effort des nations et fraudent le fisc. Parmi les intervenants il y a une certaine Pise ou Milan, enfin un prénom qui sonne à l'italienne. Chacun a eu droit à son kit de survie : adresse des banques à numéros, trust, paradis fiscaux, extraits divers et variés de guides de l'évasion au doux nom de papillon etc. Lisa Salamandre, déguisée comme une star des années 60, est attentive comme un chat en chasse. Pas un mouvement, mais toute ouïe et tout regard, évidemment sans moustache aux poils vibratiles. Elle repère tout de suite Jason, tellement il est beau qu'il pourrait être mannequin. Mais son œil de lynx, un chat lui aussi mais plus gros et plus féroce, détecte des mouvements bizarres de deux lascars genre passe muraille mais dont l'un des deux fume de dessous son aisselle. Ca, ça ne sent pas bon. Aurait-il oublié son Rexona supersport 168 heures sans une goutte ni une odeur de transpiration ? Elle glisse


le long du mur comme une scolopendre et arrive à leur côté. Elle tend l'oreille et entend répété par deux fois, chuchoté, Alma Mater. Mais Doudou dis donc qu'est-ce que t'as ? Se dit-elle. Alors que l'un des deux ex ex a en ligne de mire Jason, tellement beau etc. elle avance le pied, un petit crocheton ni vu ni connu, double nationalité celui-là, et l'un entraînant l'autre comme Dupont et Dupond, ils s'affalent le nez dans la moquette épaisse comme un mille feuilles de chez Fauché, telle que l'aiment tant les auteurs américains qui aiment le Cabernet, les Mercedes et la moquette épaisse comme la crème de chez le crémier. On entend juste un plop mais la porte tambour vitrée explose, le groom de service pousse un cri de châtré, les fiscalistes sortent une tête curieuse mais lorsque cela commence à canarder, ils se planquent sous les fauteuils. Pise se réfugie dans les toilettes hommes où Rocco Siffredi la voit entrer avec un sourire gourmand, lui qui dit à la confection de son passeport : Sexe ? Très gros ! et ajoute : Et comme un scout : toujours prêt ! Vous voulez voir ? Lisa Salamandre ne sait pas qu'elle vient de se faire manipuler comme jamais il ne lui arrivera de l'être dans sa carrière. Les deux ex ex sont des futés de chez futés. Grâce à leur Rayban miroir deux faces (ce qui pose un problème pour la vue directe et les oblige à les mettre, comme tout beauf qui se respecte, sur la tête pour avancer, mais qui est très efficace pour voir derrière) ils avaient repéré la reptation de Lisa. Le fameux Alma Mater est un piège ! Ah Ah ! Jason a saisi tout de suite le niveau d'alerte de la situation. Déjà les sirènes de la


police helvète se font entendre, enfin plutôt attendre. Il n'y a pas le feu au lac. En revanche, les six good boys sont là, costume noir, cravate noire, chaussures noires, chaussettes noires, chemise blanche, oreillette et holster chargé comme un tank de la Wehrmacht. De leurs regards de faucon, ils balayent le hall d'entrée pendant que leurs flingues crachent comme des tuberculeux en pleine crise. Il y en a deux qui se tirent dessus comme celui qui vise la mouche sur le front de son ami, fier d'avoir eu la mouche avec son feu. Les imbéciles. On dirait qu'ils veulent jouer aux dix petits nègres de la copine Agatha. Mais ils n'étaient que six au départ. Ils ne sont plus que quatre. Les deux ex ex sont fous furieux ! Putain ! Ces Amerloques, y en pas un pour en racheter l'autre ! S'ils se dessoudent à cette vitesse on arrivera jamais jusqu'au Lotus bleu et adieu les pépètes ! On aura de la chance si on franchit la frontière française en entier ! Mais pas de problème Poutine envoie son hélicoptère personnel protégé par une escadrille de 24 Mig chargés de têtes nucléaires.


XI

Au château, le maître de céans suit tout cela avec attention entre une petite lecture des Roujon Macquart et un film de Wim Wenders, une galipette, un voyage éclair à Manteau Blanc pour voir si les égouts sont débouchés, un tour en Airbus autour de la tour Eiffel pour voir s'il vole toujours aussi bien, une réunion avec le parti de la majorité, un dîner avec celui qui à cinquante piges n'a pas raté sa vie, un autre avec Carpetta, un en-cas au Cassefer, un jogging avec 123 gardes du corps, quelques coups de pédales aux côtés de Rivenqueue, une séance d’abdo-fessiers, enfin 85 % de son temps à tout faire, sauf de s'occuper de la France,. Dans les caves avec tous les robinets qui coulent à flots - on ne sait jamais, technique déjà vue - il y a une réunion avec le chief commandment et malgré l'écoulement en cascade, on entend que cela chauffe. - Tu sais à qui qu’tu causes ? - Oui à toi et j’cause avec mes pognes Vlan une beigne - Ça va pas ? - Si très bien et vlan, pour le voyage. Ici, c’est moi qui cause et qui décide, c’est moi qui commande à mes pognes et qui leur dis c’est par là Rome. Vlan… et ici pas de barreau de chaise, plus d’horloge suisse au poignet, plus de crac crac, j’vais lui retirer sa pile au lapin Duracel moi !


- et moi j't merde ! Crapulopathe ! Une porte s'ouvre et une tête passe : - Putain ! C'est toi l'Auvergnat ! Retourne donc à Bruxelles faire rire la commission ! - Tiens t'as le nez rouge qu'est-ce qui t'es arrivé ! - Mais cass'toi, pauv con ! On entend voler un objet, puis un bruit de verre brisé, une porte se refermer violemment. - À nous deux maintenant. Moi, les grands, j'les casse en deux ! Pif paf  comme dirait Gosciny ou Uderzo, on s'y perd. Lequel est cané ? - Tu veux un autre aller-retour dans la trogne ! - Fais gaffe c'est moi qu'je peux appuyer su'le bouton. Tiens regarde connard ! Silence de mort. - Stop ! T'as gagné. J'envoie la Légion. Il suffisait de le demander gentiment. Le soir même, le couvre-feu est décrété et la Légion défile au pas du légionnaire en plein Paris couvert en l'air par des Tournedos Rossini et au sol avec des AMX. Sauldats compte les billets car on lui a commandé 48 avions de chasse qu'il n'arrivait à fourguer nulle part. On dirait bien que la guerre est définitivement déclarée !


XII

Pendant que les troupes d'élites se dirigent vers Notre Dame et que l'on entend les cloches sonner et que l'on voit une jeune fille avec des créoles aux oreilles danser sur le parvis, au Zénith, l'élite bien pensante des médias est réunie. La petite classe, slip et chaussettes pour les mâles et nuisette en coton pour les femelles, est terrorisée. Ils sont sur la scène, les hommes, côté cour, les femmes, côté jardin. Ils sont bizarrement alignés sur le fond d'une espèce de bassine géante en plastic blanc. Les projecteurs les aveuglent et une caméra retransmet en direct sur toutes les chaînes ce qui se passe. Tout à coup un deus ex machina apparaît dans un brouillard épais et un bruit de tonnerre. Belzébuth est là devant eux, gigantesque, démesuré. Une voix d'outre tombe et méconnaissable résonne de toutes parts. - Gare à vous car j'ai des pouvoirs surnaturels ! À cet instant, un fier-à-bras, un de ceux que l'on entend asséner ses vérités frelatées tous les matins dans une boîte à ondes - toutes ces conneries qui tordent la réalité des faits pour correspondre à la pensée unanime de toute cette bande de demeurés de l'indépendance et de l'honnêteté intellectuelle, de ces consanguins de la politique - veut jouer au matamore, conscient de sa valeur et de sa notoriété.


- Toi, le clown ! Tu ne me fais pas peur, dit-il fièrement le ventre multiplis tremblotant légèrement. La voix gronde et avec une lenteur à glacer un cône Miko : - Petit un, héros de mes deux, tu es bien là comme tous les autres et petit deux …, dans une pirouette d'une élégance d'elfe, Belzébuth s'approche de l'arrogant et clic clac Kodak, deux coups de ciseaux bien placés et le slip tombe à terre. La caméra fixe un instant tout ce qui pendouille avant que l'ex fier ne remonte son slip de deux mains et le tienne fermement. Ce ne fut pas un beau spectacle et nombre de jeunes filles sont allées vomir aux chiottes alors qu'elles étaient devant leurs téléviseurs. - Il y aurait d'autres amateurs ? Le silence est total, hormis une chanson en fond musical : tu es ma came. Et puis un drôle de grésillement. Chacun s'interroge, tous comprennent et deviennent pâles comme la mort. - Voui, voui,  ! C'est bien cela  ! Exact  ! Un petit cadeau de Fukushima. Là où vous, vous êtes hors de portée, un pas à droite, un pas à gauche et c'est la grillade. Comme par miracle devant chaque « convive », apparaît pour les mâles un bol de soupe fumante et pour les femelles un verre givré. La voix résonne à nouveau : - Vous les complices infâmes du chaos qui court en France, vous êtes devant le tribunal de la vérité. Vous les copulateurs entre la politique et l'information, vous êtes devant le tribunal de l'honnêteté. Vous les lâches, vous êtes devant le tribu-


nal du courage. Vous les inventeurs de théories immondes au service de votre idéologie, vous êtes devant le tribunal de la résistance. Vous allez êtres jugés comme vous le méritez. Vous allez être jugés et bien sûr condamnés avec la même célérité, la même froideur que vous avez amené le pays à la ruine économique, la ruine morale, la ruine éthique, la ruine humaine en facilitant, bien qu'informés, l'accession au pouvoir du générateur absolu de la zizanie, de la destruction massive de l'unité du pays, de la croissance fulgurante des inégalités, du développement durable des injustices, et de l'inhumanité dans les propos, les textes et les lois. C'est alors qu'une grande banderole descend du plafond. - Voici votre acte d'accusation. Pour avoir : - Offert à plus que tout autre candidat et tout autre homme ou femme politique, un temps d'antenne démesuré, - Trompé les Français en décrivant un homme compétent quand celui-ci confond sousmarins tactiques nucléaires et sous-marins à propulsion nucléaire, confond ethnie et confession religieuse, confond Chi'ite et Sunnite bien que grand chef du culte et de la sécurité du pays, ignore les fondements d'Al Qaida, - Avoir organisé la confusion volontaire entre brouhahas et idées, - Avoir organisé la confusion entre agitation frénétique et efficacité bien que toutes les données à votre disposition prouvaient un échec absolu de l'action du triste sire, - Avoir organisé la confusion entre déplacements, présences sur les plateaux télé et travail,


- Avoir organisé la confusion entre la transparence et l'arrogance, - Avoir organisé la confusion entre cynisme et franchise, - N'avoir jamais contredit les mensonges honteux et immenses et n'avoir jamais apporté une contradiction juste et justifiée, - Avoir ri des blagues ineptes sur Karachi et ses victimes et des humiliations publiques de vos confrères, - Avoir masqué aux Français tout ce que vous saviez de cet homme qui aurait pu dévoiler sa réelle compétence et sa réelle nature, toutes deux incompatibles avec le bien être, la sérénité, la réussite et la cohésion du pays, - Enfin, accessoirement, pour avoir été les complices d'un autre homme politique, prédateur sexuel, par votre silence. On voit à cet instant, cette image qui résume tout : un troupeau de journalistes dans une charrette tirée par un tracteur quelques mètres derrières un cavalier camarguais. - Cette image résume aux Français ce que vous êtes. Vous avez tout accepté et vous en serez punis. Vous n'avez pas le choix. Vous avez servi la soupe alors vous allez la boire, vous avez arrosé de vos compliments sirupeux cet homme alors vous allez en boire un sirop. Vous n'avez pas le choix car comme vous le voyez, - la terreur s'empare du troupeau - ce qui descend du plafond et se rapproche de vous des quatre côtes est bien ce que vous redoutez. Le seul moyen de l'arrêter est de boire. Si un seul ne boit pas sa soupe, si une seule n'avale pas son verre alors la terrible mécanique continuera son


terrible trajet jusqu'à faire un beau barbecue de notre élite médiatique. Devant chaque téléviseur, la tension est à son comble, mais, secrètement, on a l'impression qu'ici ou là certains aimeraient bien un petit feu de la Saint Jean. Le suspens s'accroît. On voit les regards des uns vers les autres. Les yeux sont des billes de loto affolées qui tournent dans leur orbite comme des toupies Solido. Et, comme une réaction en chaîne pour en éviter une autre beaucoup moins drôle, les bols et les verres se lèvent. Un premier boit, trouve la soupe à son goût et se détend. Il ne tombe pas raide. Et tout s'accélère en moins de 4 secondes 3 dixièmes 2 centièmes et un millième, tout le monde a bu soit sa soupe soit son sirop. Les médiateux commencent à se rassurer. Un sourire apparaît ici, un rire débute puis une première grimace, une seconde. Un puis deux, puis trois se tortillent comme des vers. Et les fontaines de Marli s'ouvrent. Une odeur pestilentielle se répand. C'est tout simple et avec toute l'élégance qui caractérise ce récit, les hommes se chient dessus et les femmes se pissent dessus. Purgatif explosif pour les mâles et diurétique surpuissant pour les femelles. Un lac de merde et de pisse, une sorte de purin, se dilate aux pieds de l'élite. On comprend pourquoi il y avait cette bassine. L'immonde guano, la fange issue des corps de ces traîtres à la vérité, le fumier mêlé de purin, effleure à vagues lentes et puantes leurs chevilles. La voix est devenue lointaine. Pendant que le phénomène très naturel se produisait, Belzébuth disparaissait. - A partir de ce jour, la France vous a vu tels que vous étiez. Plus personne ne pourra plus


jamais faire confiance à qui se chie dessus et à qui se pisse dessus comme il a chié et pissé sur la déontologie, la vérité, le travail, la justice, l'éthique. Vous allez disparaître et l'information sera débarrassée à jamais des rampants et des scolopendres que vous êtes. Vous avez la vie sauve. Adieu ! L'image de télévision reste figée sur ce spectacle incroyable. Et au fur et à mesure que la luminosité baisse monte une chanson : tu es ma came. Puis un panneau apparaît. LE POUVOIR PEUT TREMBLER ET LE PEUPLE COMMENCER A SE REJOUIR. NOTRE MISSION EST BIENTOT FINIE. ACCOMPLIE, NOUS DISPARAITRONS A JAMAIS. LE LOTUS BLEU, EDITION BRETZEL Pour la première fois un petit logo apparaît. Ce détail qui est apparu insignifiant aura des conséquences ultérieures inimaginables.


XIII

On ne sait comment - la flemme de chercher un développement cohérent pour l'auteur sans doute - mais nous retrouvons Lisa Salamandre et Jason Bourne dans une deudeuche toutes voiles dehors, à fond les ballons, rouler à un pénible 90 km par heure en direction d'une capitale du pays des 500 fromages en plein délire. Trois voitures derrière eux En premier, un 4X4 Nissan aux vitres fumées, semble les suivre. A l'intérieur quatre men in black. Ce qui reste encore pour l'instant - des six good boys. Comment ceux-ci ont-ils pu les suivre ? Voir l'explication quelques lignes plus haut. Ensuite un second 4X4 Nissan avec un macaron derrière : mis gracieusement à la disposition des passagers en parfaite contra-diction avec la loi, abus de biens sociaux, mais là il semblerait que ce soit d'étranges passagers. On ne distingue rien du visage car des Rayban miroir cachent les yeux, un cigare fume, une Rolex au poignet. On entend, entre deux paroles d'une chanson qui est : tu es ma came, on entend donc une voix, un murmure et ces quelques mots : mon amoureux, chouchou, mon mari, six cerveaux. Drôle non ? Qui donc cela donc peut-il donc bien donc être ? Ici, à la rédaction nous avons bien une idée, mais le secret des sources et la source des secrets nous interdisent d'en dire plus.


Plus loin, sur une Norton trafiquée à échappement libre, ce qui est peu discret vous l'avouerez, et dans le panier du side-car qui l'accompagne, nous retrouvons nos deux amis ex ex. Ils sont coiffés de deux casques coloniaux un pour chacun bien sûr - made in England et revêtent deux longs manteaux en cuir noir de la Schutzstaffel, insignes en moins, peu pratiques quand on est sur la selle et dans le panier d'un trois roues. Petit détail atmosphérique : il pleut à verse. Bien fait pour eux. Revenons à la voiture de tête. Lisa in petto : il est si beau que l'on dirait un mannequin ! Tout haut : - Jason nous sommes suivis. - Je sais, t'inquiète, je maîtrise. En effet, lecteurs de peu de foi, vous aviez imaginé un instant que Lisa Salamandre s'était fait rouler dans la farine à cause des Rayban miroir double face de l'un des ex ex et que le terme « Alma Mater » était un piège. Vous sousestimiez grandement Lisa. Ces lunettes étaient une arme à double tranchant car qui peut voir peut être vu. Et Lisa avait vu l'œil torve et acéré de l'ex ex et avait compris dans le millième de seconde que dura cet échange qui ne permit pas à l'ex ex de se voir vu - qui a vu verra comme dit la Bible et dans les porcheries industrielles à reproduction forcée - et en avait tout de suite déduit le piège. De fait Lisa et Jason - oui ils sont plus intimes maintenant - ne sont pas suivis mais ils sont un appât volontaire. En fait, Jason se savait suivi mais Lisa ne lui avait pas encore avoué que c'était elle qui avait fait en sorte qu'ils le soient. Elle n'en avait pas eu le temps. Leur


fuite rocambolesque (en l'honneur du héros de Ponson du Terrail) de l'hôtel « La veuve dorée » valait bien un épisode de George Walton Lucas Junior. On a retrouvé sur place quelques cadavres, beaucoup de verre brisé, du mobilier aussi, de la fureur et de la fumée, sur les routes, quelques carasses de véhicules broyées. Comme tout bon scénario qui se respecte, Jason a été blessé et soigné par Lisa qui a stoppé l'hémorragie avec une bretelle de son soutiengorge Wonderbra full effect. Elle aurait utilisé sa petite culotte si elle en portait une (petit et unique passage à la Kenny ou à la Bruce genre les longues jambes fuselée et luisante de sueur de la belle Alexandra s'ouvraient etc.). Lisa et Jason ont pris la bonne décision de régler définitivement le cas des quatre, ex six, good boys et des deux ex ex. Ils ont un plan démoniaque dont vous ne saurez rien afin d'éviter les fuites.


XIV

Retrouvons nous immédiatement sur les lieux de cette bataille finale, car il est parfaitement inintéressant de suivre trois véhicules se suivant sur l'autoroute. Nous sommes dans le quartier latin que connaît parfaitement Lisa pour en avoir rêvé tant de fois. Jason, lui, y est comme un poisson dans l'eau. L'avantage de la deudeuche, c'est qu'elle peut grimper sur les trottoirs et en descendre sans danger si ce n'est un petit roulis d'un canot à moteur en pleine mer avec des vagues de trois mètres de haut. Les trois véhicules, se suivant comme une caravane de bédouins dans le désert, sont entrés dans le quartier par la rue Saint Jacques venant de la rue de la cité. Tout à coup sans mettre son clignotant - quelle ruse ! - Jason tourne à droite dans la rue Cujas, mais les men in black et la Norton ne lâchent pas si facilement prise. Sur les chapeaux de roue, ils réussissent à prendre cet angle droit. Deux cents mètres plus loin, nouveau virage, à droite, Boulevard Saint Germain. La caravane ne se désunit pas. Clignotant à droite, déportement à droite mais avec cette capacité légendaire de la deudeuche Jason tourne à gauche, la voiture faisant un angle de 63 ° 45 sans pour autant verser. Belle ruse. Mais ce n'est pas tout, double ruse, au lieu de se diriger dans la rue de l'Ecole de Médecine, un


second coup de volant encore plus serré propulse la voiture avec grands crissements de pneus dans la rue Racine. Ô rage ô désespoir ! (euh mon pote, ça c'est Corneille  !) auraient pu dire les quatre, ex six, good boys, mais ce fut plutôt Fuck ! Ils ne réussirent pas à prendre l'angle et durent se farcir la rue de l'école de médecine. La Norton grâce à un balancé très habile de l'ex ex du panier, en revanche a réussi à prendre le virage y laissant au passage un casque colonial et un pan du manteau en cuir noir. A 180 miles à l'heure, (bon c'est exagéré je sais, là je fais du Besson) les men in black tournent rue Dupuyten, arrachant au passage un panneau de signalisation, puis sortent comme des malades dans la rue Monseigneur Le Prince. Ils ont dans leur ligne de mire la Norton et juste devant la deudeuche. Risquant le tout pour le tout, Jason prend à droite le Boul’Mich’ en sens interdit, tourne ensuite à droite sur la place, fait un signe de la main au Rostand où il a eu un temps ses habitudes et fait un tour complet de la place passant devant la majestueuse grille du jardin du Luxembourg. La damnée Norton les a suivi, mais les quatre, ex six, good boys ont bien pris aussi le Boul’Mich’ en sens interdit mais également le bout de place. Alors que Jason fait mine de prendre à nouveau le Boulevard Saint Michel dans le bon sens, il tourne au dernier moment rue Soufflot. La Norton penchée à mort, comme disait l'autre, avec l'ex ex du panier aussi en position maximale pour faciliter le virage, ne peut absolument pas se redresser et se trouve nez à nez avec les agents de la CIA. Le choc frontal est, comment dire, assez violent. Le passager fait une magnifique cabriole qui défie les lois de la physique et se retrouve empalé sur


les grilles du jardin du Luxembourg - à ce jour l'UFO International Company, avec comme expert Uri Geller, étudie le cas - tandis que le pilote s'est encastré dans le pare-brise et d'un coup de boule magique (selon la théorie de la balle) vient percuter le conducteur et son passager qui est à la place du mort, justifiant par là le bien fondé de l'expression, chacun en pleine face faisant moins que le tailleur qui en avait tué sept d'un coup, se contenant de trois, les deux des ex-six good boys et lui-même. Un peu sonnés, les deux derniers rescapés sortent et avant toute chose canardent à tout va. Jason et Lisa avaient eu le temps dans une volute digne du Bernin, de faire un demi tour d'anthologie rue Soufflot sous les sifflets admiratifs des étudiants de la Sorbonne Nouvelle Paris III et sous l'œil lointain et bienveillant du Panthéon pour se garer sans être vus derrière le 4X4. Avec un bel ensemble de complices de longue date qui se comprennent sans se parler, bien que leur relation fut récente, Lisa et Jason se retrouvent chacun derrière les deux derniers compagnons de la belle et fière équipe commanditée par la CIA. Amateurs éclairés de musique de chambre, en bons musiciens, ils exécutent le premier mouvement de la jeune fille et la mort et crac, non crac crac, crac, deux cous simultanément se brisent et à la place de deux bodybuldés en parfaite santé, non mentale, mais physique, se transforment en pantins de chiffon. Le mot de la fin, pas de la toute fin, c'est pour plus tard, mais de la fin de cet épisode glorieux pour Lisa et Jason, bien moins pour les maintenant zéro, ex six, good boy(s) et les deux ex ex qui sont devenus les ex ex ex. est pour Jason : - si on allait se jeter un godet ?


XV

Lisa, qui n'a pas perdu le nord, a fouillé le side-car et en a ressorti un carnet de moleskine en tenue de camouflage empli de signes qui pour tout un chacun seraient indéchiffrables. Elle se logue à Internet avec son iPhone version 6 et après avoir photographié les pages, les envoie au travers du réseau des réseaux vers ses amis hackers. En attendant, elle tente de résoudre l'énigme des deux mots « Alma Mater  ». Elle y sent une ruse de bas niveau, mais se méfie de l'esprit retors des ex ex. Pressée parce que la fin du livre approche - on ne va pas en faire des tonnes non plus, c'est gratuit je vous le rappelle - elle va au plus simple. A Paris, la mère nourricière ne peut être que la Seine. Ils iront donc au pont de l'Alma. Alors qu'il pleuvait à verse sur l'autoroute, si vous vous souvenez, un temps de printemps avec petits oiseaux qui chantent (tu es ma came) et jupes courtes survole Paris (non les jupes sauf pour Alain Souchon, mais le temps. De toutes façons, le verbe est au singulier, il ne peut y avoir de confusion). Lisa a pris la main de Jason - qui est tellement beau qu'il pourrait être mannequin - et rêve comme une midinette. Mais tous deux ne sont pas là pour la bagatelle. Ils ont une mission. Une petite vibration de l'iPhone six de Lisa l'avertit que l'énigme est résolue. Enfer et damnation … et face de rat, il faut faire vite. Les deux ex ex


ex jouaient à la chasse au trésor : le Lotus bleu. Il y aurait 18 équipes de mercenaires à leurs trousses. Lisa, tout à son rêve jasonique, n'y va que parce que Jason (et les Internautes) y va. Arrivés au pont de l'Alma, ils aperçoivent les restes des deux équipes, la seconde ayant subi entre temps une attaque au mortier. Lisa note avec soin dans son carnet électronique le décompte. Restent 16 équipes. De son côté Jason avait récupéré un téléphone satellitaire codé et sécurisé de la CIA. Pour gagner du temps, il avait envoyer le code « succès total ». Outre Atlantique, on sabre le champagne. Malin comme un panda chinois (expression inusitée mais efficace) il se sert d'un canal qu'il sait être piraté par les mercenaires pour en éliminer quelques uns. Son message ne laisse aucun doute. Les lascars du Lotus bleu sont entre les mains de la Légion pour les protéger et surtout se faire une cagnotte afin de s'offrir un grand barbecue sur l'esplanade de Jérusalem toutes confessions réunies, dont ils rêvent depuis deux ans, en les livrant aux autorités. Cette information, comme l'on s'y attend ne plaît pas du tout aux mercenaires. On voit converger vers la place de l'Etoile où sont stationnés les AMX de la Légion, 15 véhicules faisant ronfler leur moteur. Il semblerait qu'il y ait une espèce d'alliance de malfrats pour récupérer ce qu'ils estiment leur bien. Dans les chars, on joue au 421, attendant les contrordres aux ordres récents comme tout bon militaire qui se respecte. Comme la température montait un peu trop dans la tourelle, le servant se lève et entend siffler une première balle. C'est le début d'un nouveau chaos. Sans réfléchir une seconde, il envoie un obus de 35 à charge creuse qui pulvérise deux


4X4 en enfilade. La riposte est terrible. Deux bazookas sortent par les toits ouvrants de deux autres véhicules, un milan d'un troisième pendant qu'un fou furieux sort en courant et arrose de sa kalachnikov les blindés en hurlant des obscénités. Il n'aura pas l'occasion de manger de dessert ce soir, sa tête explose comme un melon sous l'effet d'une batte de baseball. Les parachutistes qui attendaient, depuis Kolwezi, d'agir, sont lâchés derrière les lignes arrières et prennent de revers les mercenaires. Mission prioritaire, les deux bazookas et le milan. Les mercenaires ont raté leur première cible, en revanche, n'ont pas raté l'Arc de triomphe qui triomphe moins. Les trois paras dédiés à cette mission ont proprement égorgé leurs adversaires et essuyé leurs couteaux sur le tissu des sièges. Passons quelques détails croustillants. Les Champs Elysées sont devenus un terrain d'opération militaire où les trous permettront de planter des baobabs pour la prochaine édition de la campagne en ville. Le Mac Do est en flamme et le Qu'estfou a reçu trois charges creuses après que deux équipes de mercenaires se sont réfugiés à l'intérieur après avoir défoncé la façade à coup de pare buffle. Au château, le courage étant une qualité cardinale, on a rameuté la moitié de toutes les garnisons disponibles en France, installé des rampes de missile sol air, quatre DCA, une noria d'hélicoptères tournent en permanence de façon si proches que deux se rentrent dedans. Un premier cercle contient deux milles hommes armées jusqu'aux dents. On a fait remonter la Seine à deux sous-marins tactiques et tenté de faire venir un porte avion qui est resté bloqué au Havre. Zut, le tirant d'eau ne le permettait pas. Mince


alors. Pas de bol. Pour se rasséréner, les soldats se chantent une comptine : tu es ma came. L'armée, ayant une puissance de feu quelque dix mille fois supérieure à celle des mercenaires, a mis fin à la discussion et fête cette Franciae dulcis pax en dansant la carmagnole. Cependant, tout le monde aura remarqué qu'il a manqué à la festia une équipe. C'est celle du Pervers de Grozny. Lui n'est pas né de la dernière pluie. Il a tout de suite flairé le piège de Jason. C'est un malin, lui. Au lieu de suivre le message, il a suivi le signal du téléphone et en ce moment, avec trois truands de bonne facture, il observe de loin Lisa et Jason qui, sans le savoir, sont en train d'attirer vers Mimine la Rustine et Hubert le Bâtisseur de la Butte, des ennemis mortels assoiffés de jonc. Pendant toute cette escapade mouvementée, Jason a perdu beaucoup de sang malgré le garrot Wonderbra. C'est le léger évanouissement qui le sauvera d'une mort certaine alors que le Pervers de Grozny l'avait dans son viseur et avait appuyé, comme l'indiquait le manuel, sur la queue de détente de son fusil à lunette de haute précision d'optique suisse. Le petit plouf à peine perceptible a éveillé les sens endormis de Lisa. L'air de rien, elle repère à cause de son reflet multicolore la lunette de leur agresseur. Elle aussi, n'étant pas née de la dernière pluie, fait le pari que le tireur va confondre l'évanouissement avec la mort de la cible. Le sang de sa blessure sera utile. Comédienne consommée, elle se relève les mains dégoulinantes de sang poussant un haut cri désespéré qui conforte le Pervers dans son orgueil de ne jamais rater son


coup dès la première balle. Il faut cependant qu'elle ne se serve pas du corps comme d’une protection ni ne se fasse flinguer au prochain envoi. Grâce aux bons soins de la RATP, un bus va passer devant eux. Habituée aux situations extrêmes et aux décisions dans le centième de seconde et parfois le millième quand elle est en forme, elle crève un pneu avant qui fait s'arrêter le bus juste devant eux. Le temps de planquer Jason, elle a contourné le bus et se trouve derrière les assaillants. Ayant une bonne culture gréco-latine, elle va jouer aux Horaces contre les Curiaces (toujours pas Racine) mais à sa sauce. Cela n'ayant aucun intérêt de développer comment elle s'est débarrassée des trois lourdauds au front bas qui accompagnaient le pervers, nous nous contenterons de l'ultime bagarre. Nous voilà en pleine scène pathétique à la tension insoutenable. Le pervers déclare : - Viens donc ici ma poulette ! J'ai appris qu'ici en France c'est grande qualité que d'aimer les femmes. Je vais te montrer comment je les aime moi. Je fais te faire un petit plaisir consenti. Lisa, qui ne connaît pas particulièrement le gars, réfléchit à la vitesse de l'éclair à savoir comment vaincre un singe en rut qui pèse quasi trois fois son poids. Une idée lui vient à l'esprit vu qu'elle n'a plus son Wonderbra. - Maman, qui était une sage femme, selon Socrate, m'a toujours dit que lorsque tu ne peux faire autrement alors profites-en ! Le singe en rut ne sait pas si c'est du lard et (oui et et non ou) du cochon, mais cette idée raisonne dans son esprit reptilien comme une


vérité d'évangile. Pour appuyer ses dires, Lisa ouvre son bustier et laisse apparaître un peu de peau blanche. L'autre, qui court-circuite dès qu'il voit un bout de téton quand par ailleurs il a un discours fascinant, croit que l'affaire sera plus vite dans le sac que prévu, se disant qu'elles sont toutes pareilles soit des putes, soit que son pouvoir ou son charme est tel qu'elles ne lui refusent jamais rien et que ce n'est pas les quelques dizaines de petites fois où il les a forcées qui comptent, soit qu'elles feraient n'importent quoi pour avoir la vie sauve, ce que de toutes façons il n'autorisera pas. Lisa s'approche lui caresse l'entrejambe. Il n'en croit pas ses yeux. Il pose alors son fusil d'assaut contre le mur de l'immeuble et dégrafe avec frénésie et avidité son pantalon puis baisse son froc, ce qui lui sera fatal. Lisa prolonge le mouvement du Pervers, entrave ses jambes, le fait basculer à l'arrière. Il bat l'air des bras, se cogne la tête. Elle sort son couteau de chasse de son fourreau et, d'un coup sec, lui coupe ses outils qu'elle lui fourre dans la gueule quand il l'a ouverte d'étonnement et de douleur. Lisa s'en retourne calmement vers Jason quand dans une marre de sang, se meurt le Pervers dans l'incompréhension la plus totale : tout le monde, qui jusque là l'entourait, le félicitait de sa vitalité. Lisa et Jason qui ont, pensent-ils, assez fait pour ce récit, décident de partir entre amoureux et amoureuse à Capri, car c'est fini, ici. Pour eux.


XVI

Pendant que le chaos dans Paris s’étouffait lentement, que des fumées noires emplissaient le ciel, une autre tragédie antique à la mode ketchup se déroulait dans les locaux du souschef Bankster. Le chef qui avait cru s’emplir les poches grâce à la fructification honteuse de la plus value de ses stocks après manipulation des cours de sa banque en misant à la baisse en bourse, a découvert ahuri, puis furieux, qu’un gus lui aurait piqué ses picailllons en piratant les ordinateurs de ses services de compensation. Après avoir lancé les limiers informatiques il aurait appris qui en était le responsable. Alors que le sous-chef, dépité et fort marri que sa combine euro contre euro soit un échec retentissant, soignait son malheur à coup de Manhattan bien tassés, il vit arriver celui qu’il détestait presque le plus au monde après Mickey, fou furieux, les cheveux en bataille (enfin selon la conception qu’avait ce dernier de cheveux en bataille, c’est-à-dire la raie un peu décalée) et la bouche tordue par une haine au moins aussi efficace que la sienne. Avant même d’entrée dans le vif du sujet, il lui est rentré dans la tronche avec un coup de boule qui ferait pâlir Zidane. - Et le demeuré, tu m’as frappé ? Dit alors dans une juste remarque le sous-chef Bankster - Putain de ta race tu m’a piqué mon flouze !


- De quoi que tu cause, enfoiré de raclure de chiottes ? Comme vous le voyiez clairement on n’en était plus à : après vous ma chère. Mais je n’en ferais rien. Vous reprendrez bien une petite coupe, les bulles ça n’a jamais fait de mal à personne… - Nom de Dieu ! Je vais te réduire en bouillie. Ta mère ne te reconnaîtra plus ! - Toi la tienne c’est à la naissance qu’elle n’aurait pas dû te reconnaître. Tu t’es vu ! - La ferme, banquier ! Oh l’insulte  ! Là ce n’est pas gentil. Du reste, il n’a pas apprécié et lui en a retourné une à décoller les oreilles de Dumbo. Les gladiateurs ont décidé de passer à la vitesse supérieure et c’est le carnage. La discussion, quelque peu animée, se transporte dans la salle des marchés. Le chef arrache ordinateurs et écrans et les lance comme une semeuse de Larousse, à tous vent. Ce qui donne aux traders médusés, un feu d’artifice gratuit comme l’on en voit avec force étincelles dans les blockbusters américains. Le sous-chef arrache d’un cou de dent une partie du nez du Chef qui lui donne un coup de genou là où ça fait mal et ça fait mal. Il va lui être dorénavant difficile de jouer avec les bourses. Bien fait ! L’un a pris le visage du fantôme de l’opéra, l’autre, la voix de l’héroïne et pourra chanter Butterfly dans le rôle féminin. Ce ne sont plus que cris, morsures, griffures, giclures de sang, coups de coude et de poing, claques retentissantes, cheveux arrachés, fourchettes dans les yeux.


La vue du sang excite les traders qui ne peuvent plus travailler et toutes les rancœurs entre eux, les jalousies recuites ressortent encore plus vite que Lucky Luke ne tire plus vite que son ombre. L’empoignade est générale. Tout ce qui peut servir d’arme est utilisé. La moquette est arrachée, les chaises volent, les tables les suivent. De petits malins utilisent les cafetières pour faire du café brûlant et très sucré dont ils arrosent abondamment leurs adversaires qui poussent des cris inhumains, non à cause de la douleur mais de leur nature profonde. Peut-on être trader et humain ? La réponse est non. Le bruit de cette révolution atteint le niveau des guichetiers qui, se sentant libérés, décident, en chantant joyeusement tu es ma came, de vider tous les comptes des traders et des patrons de la banque sur les comptes d’une dizaine d’ONG choisies à la courte paille. Un incendie se déclare dans la salle des traders. La porte est bloquée, les sprinklers ne se déclenchent pas et les pompiers ne sont avertis que bien tardivement. L’auteur ne prend aucune responsabilité de la suite des événements et, par souci biblique, arrête son chapitre ici et maintenant..


XVII

C'est le lendemain qu'une étrange épidémie s'est répandue plus vite que les morpions sur le pubis d'un curé de campagne défroqué qui, ayant sacrifié avec douleur ses vœux pour la bonne cause, réconforte très chaleureusement ses anciennes ouailles pécheresses en disant de façon purement blasphématoire mais assez drôle : « le corps du christ », « amène ! » lui répondant alors et de façon assez impérative, les ex ouailles en extase, car il est plutôt doué, poursuivant par : « et vite ». Le lendemain donc, dans une première crèche de Paris, une petite fille de quatre ans à peine s'est essayée à un dessin qui ressemble étrangement au logo du Lotus bleu. A peine l'information sue, une tribu d'élite de la BRB a envahi la crèche, terrorisé les enfants et emmené sous haute protection la petite fille tétanisée et en pleurs. On sait qu'à partir de trois ans, les enfants sont programmés à tuer. N'est-ce pas ? Comme par magie, dans d'autres crèches, sans aucun contact les unes avec les autres, les mêmes dessins ont été réalisés. L'étrangeté fut que ce ne furent que des enfants n'ayant jamais plus de sept ans, l'âge de raison. De façon irrésistible, tous les enfants de sept ans au plus de toutes les crèches se mirent à dessiner ce


Lotus bleu, puis à le découper et l'accrocher au devant de leur vêtement. Sans aucune concertation, ils se dirigèrent tous en silence, traînant avec eux leur doudou jusque là où la première petite fille était retenue au secret. Il y a quelques dix milles enfants, en silence devant les locaux de la BRB. Ils ont alors commencé à gravir les marches, beaucoup fatigués, mais aucun cri, aucun pleur. Juste un silence étourdissant. Ressortant avec leur héroïne éblouie d'un sourire magique, ces bambins, dans un silence séraphique, ont commencé un étrange balai. Ainsi en a-t-il été que, pendant sept jours et sept nuits, de toute la France et de Navarre, une nuée d'enfants au regard doux et sage a convergé vers la capitale. Dans le même temps, commençant par la Tunisie suivie par l'Egypte, la Libye, la Syrie, le Maroc, … des messages simples et émouvants d'enfants tous âgés aussi d'au plus sept ans, par téléphone, radio, télévision, panneaux lumineux, Internet, leur furent envoyés. Ce n'était en fait que des dessins du Lotus bleu et des cœurs de toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs. La vague immense et enfantine déferla sur Paris. Le silence épais qui avait couvert le début de cette étonnante aventure enfantine s'était allégé sans perdre en dignité. Un matin, tôt, la France entière, interrogative, découvrit une vue du ciel de la capitale où se dessinait grâce aux teeshirts de deux seules couleurs, bleu et blanc, un immense dessin du Lotus bleu. On remarqua aussi que, peu à peu, des chaînes se constituaient avec alternativement une petite fille


et un petit garçon se tenant par la main. Ces chaînes peu à peu prirent un sens fort. Tous les bâtiments officiels où se trouvaient des députés aux sénateurs, des ministres au Prez, les sociétés financières et les banques, les télévisions et les radios, les grands journaux furent alors encerclés de plusieurs rang d'enfants liés entre eux par les mains. Les Parisiens sortirent sans bruit assister à cette révolution. On a aperçu alors, parmi la foule fascinée, les larmes aux yeux, Mimine et Hubert se serrant l'un l'autre de peur de fondre dans l'émotion intense qui les bouleversait. Il restait nombre d'enfants hors des chaînes. D'un même mouvement, au même instant, ceux-ci passèrent sous les mains qui se levèrent pour leur permettre d'avancer et se positionnèrent en ligne sur plusieurs rangs perpendiculairement aux entrées des bâtiments et, dans le même silence solennel, avec le bras tendu et l'index pointé vers l'extérieur du bâtiment, indiquèrent la sortie. On apprit la démission en cascade de tous les sénateurs, députés, ministres et secrétaires d'état, des traders, des directeurs de banques. Le bruit courut qu'une nouvelle constitution allait être élaboré et que le Prez avait fui, aperçu avec une femme au ventre proéminent et une guitare en bandoulière, quittant le château et vu ensuite à vélo tirant une carriole avec toujours femme et guitare et enfin on ne put dire que seul un son étouffé sortait de derrière les haut murs de Manteau Blanc et c'était : tu es ma came.

La petite fille a un joli prénom : Victoire.


Bonus

N’oublions jamais : • • • • • • • • • • • • •

l’affaire Karachi l’affaire GDF l’affaire Tapie l’affaire Clearstream l’affaire Bettencourt les affaires Wildenstein l'affaire César l'affaire Pleyel l’affaire de Compiègne l’affaire Peugeot les micros partis de Copé, Wauquiez, Woerth, Sarkozy etc. l'affaire du Fetia Api les discours de Dakar, Riyad, Latran et du Puy en Velay, la lettre de Guy Môquet, le parraina-ge d'un enfant de la Shoa, sur la mort de Ben Laden l'invitation des dictateurs pour le 14 juillet, celle de Kadhafi avec les ors, le tapis rouge, les petits plats dans les grands, le copinage avec Santos, les silences sur le Tibet, le Darfour, le prix Nobel de la paix, la présence l'ouverture des JO de Pékin et le fils Louis dans les bras de Poutine


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les fils Pierre et Jean invités dans les voyages officiels à l'étranger (Mexique, Maroc) alors qu'ils ne représentent aucun intérêt pour le bien de la nation. la gestion catastrophique de la crise Géorgienne (le Russes y sont encore et ont implanté des bases de missiles), celle de la crise financière, celle de l'Europe, celle des révolutions tunisienne et égyptienne, le fiasco libyen l’affaire de la Jatte, du Fouquet's payé par Desmarais, du Paloma payé par Bolloré, de la villa mexicaine, de Wolfeboro payé par les dirigeants de Prada et Tiffany, des repas au Bristol 2 fois par semaine, du voyage en Egypte … l’affaire Pérol l’affaire de l’Epad (et du scooter) Gandrange les vaccins du virus H1N1 les accords entre l'UMP et le Parti Communiste Chinois les affaires Yade, Boutin, Joyandet, Blanc, Estrosi, Lefebvre, Santini, Proglio, Amara, Laporte, Péchenard, Ouart, Solly, Soubie, Richard, Fillon, Marleix, Charron, Longuet, Bachelot, Mignon, Giacometti, Besson, Courroye, Lagarde, MAM, Ollier, Boillon, Laroque (Baroin) … l'utilisation du contre-espionnage pour des affaires privées l'utilisation de l'Elysée pour recevoir les caciques de l'UMP et les satellites jusqu'à plusieurs fois par semaine, l'utilisation des


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moyens de l'Etat pour la propagande et pour préparer et faire la campagne du candidat Sarkozy les légions d'honneur (Servier, Widenstein, Desmarais, Frère, Maistre, Peugeot etc.) l'Air Sarko one (180 millions d'euros), le cocktail de New York à 400 000 euros, le dîner pour l'UPM à 1 million d'euros la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension, et le débat sur la nationalité, Wauquiez et son cancer de la société, le RSA l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007 (rémunéra-tion comme ministre de l'intérieur alors que Nicolas Sarkozy est président), l'augmentation stratosphérique, le divorce, le mariage, l'inscription hors délai sur les listes électorales, la déclaration des impôts en retard, le tout illégal ou non pénalisé la circulaire Hortefeux, son retour à l’Assemblée européenne illégale, ses déclara-tions d'Auvergnat, celles de Guéant, l'autre récidiviste, celles de Guaino (béatification, prison, etc.) la nomination à la têtes des chaînes audio et vidéo publiques par le pouvoir la réforme constitutionnelle les ministres aussi maires ou élus, le mélange des genres, la non séparation de l'exécutif et du législatif avec le retour sans élection des députés virés du pouvoir 


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l'irresponsabilité pénale du Président de la république la position d'Hortefeux dans la condamnation des 7 policiers, et ses deux condamnations à lui l’affaire des sondages les classements du parquet les évictions des préfets pour crimes de lèse-pelouse ou de sifflets la paralysie des villes et les moyens de quasi guerre (2 000 CRS pour 600 habitants par exemple) au coût pharaonique pour les déplacements du président l ’ a f f a i r e d e l ’ e s p i o n n a g e d e s journalistes par le contrespionnage l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac la scientologie l'affaire Servier dont Nicolas Sarkozy a été l'avocat. Coût 1,2 milliards à la Sécurité Sociale en plus des morts. l'affaire Bongo la proposition de MAM d'aide à Ben Ali et son pouvoir pendant la révolte tunisienne, les lacrymos et son voyage entre Noël et le jour de l'an et ses quatre mensonges fondamen-taux, les petites affaires des parents, et Ollier (ses amitiés libyennes en plus), l'utilisation de la Libye et du Japon par Nicolas Sarkozy pour raison électorale les vacances de Fillon payées par Moubarak dont la clique a détourné plus de 45 milliards de $ et dont 3 ministres


ont été arrêtés pour corruption et détournement de fonds publics, et sa justification, celles Sarkozy au Maroc. Et la Ferrari prêtée en 2009 en pleine crise à Fillon, ses voyages à 27 000 € pour retourner en Sarthe alors que le train met 1h20

Révolution  

Satire politique qui raconte une révolution qui met à bas le régime de Nicolas Sarkozy dans un langage des plus fleuris

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