Page 1

. . . x u e ’ u q ait

avec le soutien de la ville d’Athis-Mons

r a p l I

le mag

Petit manuel de lutte contre les préjugés


Contre les préjugés

Il parait qu’eux...

«Il paraît qu’eux» est une série de courts-métrages contre la discrimination, mais surtout une intention forte de lutter contre les préjugés. Paroles de Greg Ruggeri, auteur-réalisateur de la série. Nous avons tous des préjugés, une manière de résumer les gens, en un clin d’œil, à l’image positive ou négative que l’on se fait d’eux. A priori, peu importe que cela soit la vérité, puisqu’il s’agit de mettre les autres dans des petites cases pour se rassurer. Automatiquement, sans s’en apercevoir, d’une seule expérience, on tire parfois une conclusion générale. Si bien qu’on passe vite des suppositions populaires aux certitudes absolues. Nous sommes tous plus ou moins comme ça. Et vous me direz, avoir des préjugés, après tout, n’est pas un crime. C’est vrai. Ce qui est illégal par contre, c’est que ces visions caricaturales que nous avons des autres commencent à influencer nos décisions. Ce qui est illégal, c’est d’écarter systématiquement d’un emploi ou d’un logement, la personne qui est différente de soi ou de son milieu. Ce qui est illégal, c’est quand on discrimine là où on devrait se contenter de poser l’égalité pour tous. Mais comment donner la même chance à chacun ? Voilà l’enjeu dans un pays démocratique et républicain. Déjà en appliquant la loi, puisqu’elle existe. Et puis, en essayant de constamment déconstruire les représentations simplistes qu’on a de ceux qui nous entourent.L’enfer, ce n’est pas toujours les autres, parce que les autres, c’est aussi moi... Greg Ruggeri

Sommaire

La gueule de l’emploi ---------------------------------------------------------------------------------------------- 4 A chacun son toit ---------------------------------------------------------------------------------------------- 10 La guerre des sexes ----------------------------------------------- 14 Le cirque médiatique ----------------------------------------------- 18 Victimes de la mode ---------------------------------------------------------------------------------------------- 24 La loi du silence ---------------------------------------------------------------------------------------------- 26 L’âge ingrat --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 28 Dénoncer en créant ---------------------------------------------------------------------------------------------- 30 Infos pratiques ---------------------------------------------------------------------------------------------- 32 IL PARAIT QU’EUX, c’est quoi ? 15 courts-métrages + un mag pour lutter contre les discriminations. Quand la lutte contre les discriminations et les préjugés fait se rencontrer une ville (Athis Mons), un auteur réalisateur (Greg Ruggeri), une association (Ya Foueï) et des citoyens impliqués, cela donne le projet documentaire « Il paraît qu’Eux… » Un projet original qui, pour dénoncer les discriminations, sait varier les tons et mélanger les genres. Véritable travail de fond dans lequel se sont investis un grand nombre d’Athégiens, de tous âges et de tous horizons, Il paraît qu’eux… est une expérience humaine et un outil pédagogique de débat et d’échange sur les discriminations et les préjugés, quels qu’ils soient.

Il parait qu’eux... Un magazine édité par «Ya Foueï» sur une idée originale de Greg Ruggeri (gregblindtartaruga@hotmail.com) et Gérald Lefèvre (jeunesse.evenements@yahoo.fr) Direction de la rédaction : Greg Ruggeri

Rédaction en chef : Hélène Barbé (lnvideotor@gmail.com) Direction artistique : Voto (voto.leclerc@voila.fr) Photos plateau : Gérald Lefèvre et Djamila Calin Photos studio : Xavier Bellard llustrations : Lazoo et Voto Impression : Ateliers Demaille.

3


La discrimination est le fait de traiter de manière différente des personnes qui se trouvent dans la même situation.

LA GUEULE DE L’EMPLOI Jean-François Amadieu

d’honnête, de malhonnête, d’intelligent ou pas intelligent etc. Ca, c’est le préjugé ou le stéréotype. Ensuite il y a la décision que cette personne va prendre si elle recrute. Est-ce que ce préjugé entraînera de fait une conséquence discriminatoire ? Pas forcément, quelqu’un peut être raciste et ne pas discriminer. La discrimination est un acte.

IPQE : Qu’est-ce qui conduit à la discrimination ? JFA : Ce qui souvent conduit à une discrimination, c’est le fait que les gens s’aiment bien eux-mêmes, ce qu’on appelle l’égotisme, du coup ils vont avoir tendance à aimer ce qui est comme eux. Et automatiquement «Est-ce quand les gens sont différents de soi ou de son miqu’un préjugé lieu on les apprécie moins, entraîne de fait on les aime moins, on a des une conséquence préjugés...

Directeur de l’Observatoire des Discriminations

La phrase qui tue

«C’est bien de former les responsables de ressources humaines aux problématiques de la diversité. Ce serait beaucoup mieux s’ils étaient eux-mêmes issus de la diversité». Pascal Blanchard, historien.

4

IL PARAIT QU’EUX : Qu’est-ce qui différencie un préjugé d’un stéréotype et d’une discrimination ? JFA : Quelqu’un peut très bien avoir un préjugé, à savoir développer des représentations des défauts ou des qualités d’une personne par exemple de telle origine, lui attribuer les qualités

discriminatoire? Pas forcément, quelqu’un peutêtre raciste et ne pas discriminer.»

Il parait qu’eux...

Il parait qu’eux... Tout ce qui est mignon est petit... IL PARAIT QU’EUX … ON VOUS RÉPONDRA...

Un DRH dynamique et créatif explique à un jeune stagiaire les techniques de discrimination qu’il a lui même mis en place dans sa société. «Mais attention, petit, la discrimination, c’est illégal». Avec : Antoine LELANDAIS et BARIS SENTIER, Patricia NKOMBO, Sébastien PLANET, Sébastien CATALANO, MR TALIBY.

Le décodeur de Maître Greg

Dans «Le plafond de verre», documentaire de Yamina Benguigui, un homme raconte avoir envoyé plus de 600 CV sans n’avoir jamais reçu une seule proposition de rendez-vous... C’est d’une violence !

L’info en +

La mention « BBR » (bleu blanc rouge), précisant la volonté des employeurs d’engager uniquement des personnes blanches, est un délit d’offre d’emploi discriminatoire. Plusieurs grosses sociétés ont été condamnées pour délit d’offres d’emplois discriminatoires.

5


La discrimination positive est un ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes appartenant à des catégories dont des membres subiraient ou auraient subi des discriminations systématiques.

La discrimination positive POUR OU ? E R T CON

L’info en +

Les responsables de stages professionnels signalent que beaucoup de patrons refusent les enfants d’origine maghrébine. Des critères sélectifs de «bonne présentation» sont avancés par les employeurs pour justifier le refus d’accueillir ces jeunes.

Evelyne Bouzzine

Directrice du centre des ressources politiques de la ville en Essonne

POUR

Personnellement, je suis pour... un temps, 10 ans, 15 ans... Vous savez, sans la loi sur la parité, il n’y aurait probablement toujours pas de femmes dans les conseils municipaux. Quand je rentre au Conseil général, à l’assemblée délibérative, qu’est-ce que je vois ? Presque uniquement des hommes blancs de plus de 50 ans. Donc triple discrimination : de genre, générationnelle, et puis pas de

Il parait qu’eux... 6

personnes de couleur. Dans une région comme l’Île-de-France, on peut s’interroger sur le pourquoi de cette absence des gens de couleurs. La discrimination positive peut servir à rétablir un différentiel. Bien sûr ce n’est pas un objectif de société mais ponctuellement pour un temps, ça vaudrait la peine d’essayer, d’expérimenter.

qui insiste sur cette notion positive. Le terme de « discrimination positive » est un terme utilisé par les adversaires de ces dispositifs, qui cherchent à faire croire que ceux qui sont favorables à cette «action», sont pour une sorte de discrimination à l’envers. Ce n’est pas du tout le cas. L’action positive contre les discriminations n’est pas un avantage à la couleur de peau ou une discrimination à l’envers. Il ne s’agit pas, par exemple, de discriminer les blancs pour que les noirs puissent occuper des postes qu’ils ne mériteraient pas. L’action positive consiste à faire en sorte que des gens compétents et de valeur ne soient pas systématiquement mis à l’écart parce qu’ils sont noirs, femmes ou handicapés... Ce sont des dispositifs très complexes qu’il ne faut pas caricaturer. Il s’agit de donner des éléments aux juges qui leur permettent d’établir la preuve de discrimination raciste et

« Il est impératif que ce qui a servi à discriminer serve à intégrer.»

sexiste, et pour cela il faut impérativement constituer des groupes de discriminés. Et c’est là qu’en France certains s’offusquent. Pourtant si la couleur sert aux employeurs comme argument

de discrimination, ce critère doit aussi servir à mesurer l’intégration dans les entreprises. Il est impératif que ce qui a servi à discriminer serve à intégrer.

IL PARAIT QU’EUX … LES ASIATIQUES SONT SUPER FORTS EN ARTS MARTIAUX...

Ah ! Ces asiatiques et leur rigueur légendaire au travail… Pour ce poste, Tang est décidément le candidat idéal, mais est-ce simplement pour ses compétences ou parce que son recruteur est un inconditionnel de films de Kung Fu ? Avec : David LECOANET et Eric BERGER

POUR

François Durpaire

Historien et fondateur du mouvement pluricitoyen.

Pour commencer le terme de « discrimination positive » est une mauvaise traduction de l’anglais. Le terme anglo-saxon est « affirmative action » qui signifie littéralement « action positive contre les discriminations » et

«Ce qui m’intéressait dans cet épisode, c’était de mettre en scène un Directeur des ressources humaines pratiquant une discrimination complètement inverse à celle qui peut conduire à un rejet».

Le décodeur de Maître Greg

L’info en +

Les entreprises doivent, tous les ans, déclarer les conditions dans lesquelles elles répondent à l’obligation d’emploi des personnes handicapées.

7


La discrimination positive Jean-François Amadieu

Directeur de l’Observatoire des Discriminations

CONTRE

La discrimination positive consiste à donner un avantage, par exemple dans l’accès aux études supérieures ou dans

8

l’accès à un emploi, à un individu en raison d’une caractéristique qui fait que d’habitude, il est discriminé (en raison de son origine, de son sexe, de son âge, etc). Pour moi, la discrimination n’est pas une bonne solution. Le premier problème qu’on rencontre, c’est de fixer les critères qu’on utilise, sans être injuste, ce qui est compliqué, car on donne un avantage à quelques-uns, mais à qui précisément ? Qui bénéficiera et qui n’aura pas droit à cet avantage ? Déjà, pour arriver à le faire, il faudrait mesurer et classer les gens en terme de types raciaux comme le font les Américains, ce qui n’est pas dans la tradition française. Le second problème de la discrimination positive, c’est que les raisons de discriminer sont nombreuses et donc, si l’on veut être juste, on ne

peut pas travailler sur un seul critère et dire «on va choisir cet élément-là plutôt qu’un autre». La chose qu’on craint aussi avec la discrimination positive, c’est que les communautés, les groupes fassent pression pour faire reconnaître leur spécificité, pour se compter et obtenir un avantage. Grosso modo, c’est une course pour obtenir une reconnaissance et des droits particuliers pour la communauté. Du coup, une compétition s’instaure entre les communautés. On rassemble les gens autour d’une identité qui peut être « une identité noire ou identité religieuse » par exemple. Ce phénomène complique la lutte contre les discriminations pour l’égalité, parce qu’il contribue à renforcer les différences. En fait, pour lutter contre les discriminations, il vaut mieux ne pas discriminer, par exemple, à l’embauche et imposer cette non discrimination. Installer l’égalité dès le début, quand on y arrive, c’est quand même mieux.

«Installer de l’égalité dès le début, si l’on y arrive, c’est quand même mieux que la discrimination positive».

Il parait qu’eux... On ira tous au paradis...

R U O P OU ? E R T N O C


"Aucune personne ne peut se voir refuser la location d'un logement en raison de son origine, (...) son appartenance ou sa non-appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée".

François Durpaire

Historien et fondateur du mouvement pluricitoyen.

IL PARAIT QU’EUX : Le racisme vient-il du colonialisme ? FRANCOIS DURPAIRE : Non, si aujourd’hui des employeurs ou des gens qui louent des logements discriminent, ce n’est pas à cause de la colonisation. Si on avait cette interprétation, cela reviendrait à dire que dans les pays qui n’ont pas connu la colonisation, la discrimination raciste n’existerait pas. En revanche, la colonisation a joué un rôle dans les préjugés que les groupes majoritaires se font des mi-

Il parait qu’eux... On choisit pas sa famille...

Article 1 de la loi 89-462

A CHACUN SON TOIT

, que ce soit en position de louer un appartement ou d’offrir un service, on ne doit pas tenir compte de nos préjugés. S’il s’agit d’un emploi et qu’on doit recruter quelqu’un, il est important de le faire uniquement en fonction de ses compétences. IPQE : Qu’est-ce que la HALDE ? délégué de la Halde JLR : La Haute Autorité de Lutte contre (Haute autorité les Discriminations et pour l’Egalité. Elle reçoit les plaintes pour discrimide lutte contre nation et vérifie qu’elles correspondent les discrimi- aux critères de la HALDE. Une insulte nations et raciste, par exemple, n’est pas de la compétence de la HALDE, car le racispour l’égalité) me est une idéologie et non un acte. IPQE : En cas de procès, quels sont IL PARAIT QU’EUX : La les risques encourus par les discrimination empêdiscriminants ? “Une che-t-elle certains de JLR : L’amende peut trouver un logement ? aller jusqu’à 45 000 discrimination JEAN-LUC RAGEL euros et la peine : Bien sûr. Il s’agit du avérée peut s’élever à 3 ans de même mécanisme que prison. C’est donc un entraîner une celui qui pousse un délit important. employeur à refuser Propos recueillis amende de un poste en fonction par Théo Laoga 45 000 euros de ses préjugés. Certes, nous avons tous et une peine des préjugés, mais de prison quand on est en position de faire des choix

Jean-Luc Rageul

C’est ton droit

18 critères de discriminations sont prohibés par la loi : âge, sexe, origine, situation de famille, orientation sexuelle, moeurs, caractéristiques génétiques, appartenance vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race, apparence physique, handicap, état de santé, état de grossesse, patronyme, opinions politiques, convictions religieuses, activités syndicales.

Comment attaquer ?

Pour saisir la Halde : • Par téléphone au 08 1000 5000 du lundi au vendredi de 8h à 20h. • Sur www.halde.fr • Par courrier au 11, Saint Georges 75009 Paris

10

de 3 ans.”

Il parait qu’eux...

norités et en particulier des minorités africaines. IPQE : Un Barack Obama français est-il possible ? FD : Pour le moment, ce n’est pas envisageable, même si beaucoup de diplômés français d’origine maghrébine, caribéenne ou africaine mènent de brillantes carrières à l’étranger. Si la France ne parvient pas à faire émerger ce type d’individu, ce n’est pas parce qu’elle est trop communautariste, c’est peut-être car elle ne l’est pas suffisamment. Aux Etats-Unis, les Afroaméricains comme les Hispaniques ou les Amérindiens se sont justement appuyés sur leurs groupes d’origine pour demander l’égalité des droits avec la majorité blanche. Les Français ne peuvent pas prendre la fin de l’histoire avec Obama président, sans considérer ce qui a permis à cette société américaine d’évoluer à ce point depuis 40 ans. Car la grande victoire des Noirs aux Etats-Unis, ce n’est pas un Noir président, c’est surtout qu’aujourd’hui une grande majorité de Noirs appartient à la classe moyenne. C’est le rêve de Martin Luther King. Propos recueillis par Touhami Oudjial• janvier 2009

IL PARAIT QU’EUX … IL VAUT MIEUX UN PETIT CHEZ SOI...

C’est vrai que tant qu’ils se contentent de chanter ou de danser, après tout, ces « blancs » sont plutôt sympathiques. Mais de là à leur donner des responsabilités ou des appartements de standing, faut peut être pas exagérer … Avec : Tadié TUENE, Prisca MARIE LOUISE, Sébastien, Alix, Maëlle PLANET, Sabine ASSOULINE “Je voulais montrer Le décodeur de un discriminant conscient Maître Greg qui renvoie sans cesse le problème aux autres. Ce n’est pas de sa faute à lui, mais de leur faute à eux. Eux qu’il ne connaît pas. Il est lâche car il refuse d’assumer ses choix et se cache derrière des stéréotypes que, selon lui, tout le monde partage.”

11


Il parait qu’eux... Les filles, ça pleure tout le temps...

12

13


presque toujours masculine. Peu de femmes sont chefs d’entreprise. Il existe ce qu’on appelle le plafond de verre : à un moment de leurs carrières, elles ne peuvent pas monter plus haut dans la hiérarchie et restent cantonnées aux postes les moins payés et aussi les moins reconnus.

LA GUERRE DES SEXES XAVIERE GAUTHIER

Journaliste, éditrice, féministe

L’info en +

Le sexisme est une attitude discriminatoire entre les genres. La critique du sexisme dénonce l’idée selon laquelle les caractéristiques différentes des deux genres masculin et féminin, impliqueraient l’attribution de rôles et droits distincts dans la société.

IL PARAIT QU’EUX : PouvezIPQE : Qu’en est-il de la condition vous nous parler de la féminine en France ? condition de la XG : La condition femme dans le des femmes dans la monde ? société française, a «Les femmes XAVIERE GAUTHIER: beaucoup évolué, Les luttes de femmes ont mais il reste encore doivent rester été nombreuses depuis des progrès à faire. plusieurs décennies. Grâattentives En politique, on a ce à ces implications, les eu quelque députées, pour que choses changent. Malheuplusieurs maires, des reusement, la situation est l’équité ministres mais on est loin d’être parfaite et loin d’avoir obtenu homme-femme dans certains endroits du la parité. Professionmonde, la femme n’est se produise». nellement, le haut toujours pas reconnue de la hiérarchie est

Il parait qu’eux...

14

comme un être humain. On la bat comme si c’était un âne, on l’enferme à la maison comme si c’était de la volaille, on la marie avec un homme qu’elle n’a pas choisi. Le monde serait plus juste si les femmes et les hommes étaient considérés comme des êtres humains… Ca parait tout simple et pourtant, il y a encore trop d’endroits où seuls les hommes décident et dirigent.

« On a tout, on n’a plus besoin «Dans de se battre. » certains pays, Mais j’ai l’impression que les femmes les femmes plus jeunes ont sont enpris conscience fermées à qu’elles doivent être attentives la maison pour que cette comme de IPQE : Arrivera-t-on un jour à équité hommeune égalité parfaite entre les femme puisse la volaille». hommes et les femmes ? se produire. Il XG : Ca devrait pouvoir arrine faut jamais ver. Ca dépend beaucoup des croire que les jeunes générations. Les générations de choses sont gagnées une mon âge se sont énormément battues fois pour toutes. pour cela et ont obtenu des résultats (droit de vote, possibilité de disposer Propos recueillis de son corps, accès à des emplois, jus- par Nouhou Soumaré, que-là réservés aux hommes) et puis Danielle Romeuf, après les générations de femmes qui Terkia Bouchal ont aujourd’hui 30-40 ans se sont dits : • février 2008

IL PARAIT QU’EUX … LES TEMPS CHANGENT... 1965. Dans une émission de télévision, un débat sur la femme et le travail fait rage. Quel drôle de thème : la femme et le travail. «Mais enfin mesdames, soyons sérieux, si les femmes travaillent, qui va garder les enfants ?» Avec : Fanny DEBLOCK, Clément AUBERT, Romain COTTARD, Arnaud PFEIFFER

Le mouvement féministe est un mouvement qui a été beaucoup caricaturé alors qu’il devrait être un mouvement d’inspiration pour tous ceux qui luttent contre les discriminations et la promotion de l’égalité.

Le décodeur de Maître Greg

L’info en +

«N’attends pas le prince charmant, apprends à lire et deviens qui tu es». Slogan féministe.

15


être d’orientation sexuelle, sur des minorités qui peuvent être homosexuelles ou bisexuelles et qu’on rejette parce qu’on ne connaît pas. Parce qu’on ne comprend pas.

Des filles avec un scooter à réparer… Des garçons avec un DVD à regarder… Et si les garçons ne s’intéressaient pas à la mécanique et les filles pas à la mode ? Avec : Mélanie GOMEZ, Rébecca VANDECAPELLE, Céline MARQUES Luc VARELA, Bakary KANTE, Mamadou SOUMARE

ANTONIO UGIDOS

Des chiffres

Il parait qu’eux...

16

Il parait qu’eux... Qui se ressemble s’assemble...

IL PARAIT QU’EUX … LES GARS SONT DES DURS...

IPQE : Quels sont les préjugés liés à l’homosexualité ? AU : Les préjugés sur l’homosexualité sont nombreux et les actes d’homophobie extrêmement violents. Il faut savoir qu’un jeune homosexuel a 7 à 10 fois Directeur plus de risques de suicide qu’un jeune hétérosexuel. Il est donc important du CRIPS de sensibiliser les jeunes ho(Centre régional pour mosexuels sur le fait qu’ils risquent de se retrouver l’information dans ce genre de situations et la prévention et aussi inviter la population du sida) en général à faire attention, car une phrase comme IL PARAIT QU’EUX : Quelles « sale pédé, tantouze », formes la discrimination n’est pas anodine et sur un peut-elle prendre ? «Un jeune jeune qui se cherche et qui ANTONIO UGIDOS : ne connaît pas encore bien La discrimination peut homosexuel son orientation sexuelle, être de tout ordre, elle a 7 à 10 fois les conséquences peuvent peut être raciale (l’autre, le différent, d’une couleur plus de risques être désastreuses. différente). Elle peut être de suicide IPQE : Comment lutter sexuelle (l’autre avec contre la discrimination ? un autre sexe, le rapport qu’un jeune AU : Pas de manichéisme, homme-femme, dominahétérosexuel». il n’y a pas les bons et les tion, volonté de pouvoir, mauvais. Chacun d’entre misogynie...). Elle peut nous, même s’il est discriminé, peut être discriminant, parce qu’on a aussi des représentations des autres. Donc ce n’est pas tout blanc ou tout noir, c’est la possibilité, à chacun d’entre nous de s’interroger sur ce qu’il est lui... De ne L’homosexualité est considérée pas dire « le méchant, c’est l’Autre ». comme un délit passible de la peine de mort dans 11 pays du monde et Propos recueillis par Greg Ruggeri entraînant la prison à vie dans • mars 2008 5 autres pays.

17


«Pour certains journalistes, être envoyés en banlieue, c’est une punition. Ils préfèrent aller au Rwanda. Pour eux, la banlieue, c’est «Terre Inconnue». On ne sait pas ce qu’il y a...» Christophe Nick, journaliste.

LE CIRQUE MÉDIATIQUE ARNAUD N’GATCHA

Journaliste, producteur, membre du Haut Conseil à l’intégration.

L’info en +

Un rapport du CSA a montré que les ouvriers constituaient seulement 2% des personnes présentes à l’écran alors qu’ils représentent 23% de la population.

IL PARAIT QU’EUX : Pensez-vous que la télé représente assez les minorités? ARNAUD N’GATCHA : Pas suffisamment, sans quoi mon rôle ne serait pas nécessaire... Si on prend l’exemple de l’information sur France Télévisions, il n’y a aujourd’hui aucun grand présentateur de journaux qui soit issu de la diversité, aucun grand présentateur d’émissions dites sérieuses. La diversité est un peu cantonnée au divertissement. 60 % des histoires à la télévision traitent de cadres, alors qu’il n’y a pas 60 % de cadres dans la population française. Certaines catégories socioprofession-

Il parait qu’eux... 18

nelles sont sous représentées. Il faut clairement faire un effort pour améliorer cette diversité.En même temps, il y a quand même des choses de faites. Mais ça manque d’action symbolique, et c’est là que TF1 avec Harry Roselmack est apparue comme le leader. Alors que derrière Roselmack, il n’y a pas grand chose...

IPQE : Est-ce une bonne chose d’interdire les statistiques ethniques ? AN : Déjà, ce n’est pas dans la tradition française et ça complique un peu le travail, parce que j’aimerais avoir des chiffres précis pour savoir exactement où le bas blesse. D’un autre côté les statistiques peuvent aussi masquer des réalités concrètes. Par exemple, si demain on compte 10 % de noirs dans la population française et que je compte le nombre de noirs qu’il y a à France Télé ça n’est pas la même chose. Car à France Télé, je vais compter les noirs parmi tout le personnel, de la femme de ménage au directeur et donc je risque aussi de trouver 10%. Mais la plupart seront à des postes peu valorisants et quasi-inexistant de la haute hiérarchie. Le problème des chiffres est là, leur utilisation ...

IPQE : Le but de votre documentaire «Noirs» était d’ouvrir le débat sur la question noire. Qu’en est-il aujourd’hui ? AN : Ce film était le premier sur le sujet en France, et indéniablement, il a ouvert le débat. En France, il n’y a pas une communauté noire, mais des communautés noires. Certains sont issus de l’ancienne histoire coloniale française donc principalement des descendants d’Afrique de l’Ouest, dont je suis issu, puisque mon père est d’origine camerounaise. Les Noirs qui viennent des Antilles, eux, ont une histoire liée à l’esclavage et au commerce triangulaire. Certains Antillais ne peuvent pas comprendre quand on les rejette, puisque parfois ils sont plus français que certains autres «Français de souche». Il ne viendrait à l’idée de personne de

«Harry Roselmack est apparu comme le leader. Alors que derrière Roselmack, il n’y a pas grand chose...».

demander à un Breton s’il est français. Propos recueillis par Henrique Moreira, Yanisse Lalouci, Mouabé Oyandza, Rekia Djami. Paris -Avril 2010

IL PARAIT QU’EUX … LA BANLIEUE C’EST CHAUD... A la rédaction de « Chock », journal à sensation, c’est l’effervescence. Gilles, le rédac chef s’est mis en tête de trouver un article positif sur la banlieue. Pour une fois les idées manquent… Avec : Laurent LEDOYEN, Florian LAROUSSINIE, Romain BERNARD, Sabine ASSOULINE…

L’info en + Le décodeur de Maître Greg

«Je pense que 99% des journalistes sont de bonne foi. Néanmoins, la plupart des moments où l’on entend parler de «banlieue» dans les médias, c’et dans un contexte négatif.»

«La question n’est pas «Pourquoi n’y a-t-il pas beaucoup de Mohamed ou Aïssatou aujourd’hui à l’Assemblée nationale ou sur les écrans pâles de la télévision ?», mais plutôt «Pourquoi y a-t-il trop de Pierre, Paul, Jacques, hommes généralement d’âge mûr dans ces mêmes lieux de pouvoir?». Vincent Geisser, sociologue.

19


IL PARAIT QU’EUX … LES ARABES NE SONT PAS JOUEURS...

Dans un bar, 3 peintres en bâtiment jouent au scrabble. Alors, c’est sûr que le scrabble ça change de la belote. Le problème c’est que les joueurs ne maîtrisent pas tous aussi bien la langue française… Avec : Franck GHILARDI, Jim HOUAOUSSA et Fabrice CORRIERI

IPQE : Quelle réponse donneriez-vous à ceux qui disent que la langue française est morte en banlieue? MR : Qu’en pensant cela, ils se trompent lourdement. Pour moi, il s’agit plutôt d’une évolution de la langue vivante. J’ai la chance

Le décodeur de Maître Greg

«Je voulais mettre en scène un personnage à l’air «gaulois» qui, par souci de bien marquer sa différence avec les autres, sous-entendu les étrangers, décidait d’abandonner ses parties de belote quotidiennes au profit d’un jeu basé sur la langue française».

LE CIRQUE MÉDIATIQUE MABROUCK RACHEDI Ecrivain. Auteur de «Le petit Malik» .

IL PARAIT QU’EUX : Est-ce que le fait de venir de banlieue a été un frein ou un accélérateur dans votre carrière ? MABROUK RACHEDI : Cela n’a pas été un accélérateur, mais le frein principal était que je ne connaissais personne dans le milieu. Il m’est arrivé d’envoyer mon premier roman à des maisons d’édition qui publiaient des manuels de bricolage ! La toile de fond de mon premier roman était une émeute en banlieue... Je l’avais présenté à plusieurs éditeurs sans signer de contrat. Trois semaines avant les émeutes de 2005, un éditeur me dit : «C’est bien, il y a du talent, mais juste un bémol sur

Il parait qu’eux... 20

j’ai pu mesurer nos ressemblances profondes dans la création. Je crois vraiment à une identité internationale.

«La langue française n’est pas morte dans les quartiers populaires. Au contraire, elle se régénère. Les vraies nouveautés viennent des quartiers populaires.»

d’animer des ateliers d’écriture en banlieue avec des jeunes, des moins jeunes, et chaque fois je constate qu’il y a de réels talents... des mots d’esprits extrêmement vifs qui sortent des sentiers battus. Pour moi, qui navigue entre des milieux populaires et des milieux plus huppés, je m’aperçois que les vraies nouveautés viennent des quartiers populaires.

IPQE : A quoi cela tient-il, d’après vous? MR : On a tellement à raconter et on a tellement été privé de notre capacité à nous exprimer, qu’il y a un besoin, une rage et même de l’amour à se raconter. La langue française n’est pas morte dans les quartiers populaires. Au contraire, elle se régénère. Il ne faut rien caricaturer. J’aime le français académique, puisque j’ai été bercé aux mamelles de la littérature française, mais j’aime aussi le rap et c’est la maîtrise des deux qui font la vraie richesse. Propos recueillis par Lindsay Moussounda, Mariem Gharbi, Marina Stern. Avril 2010

IL PARAIT QU’EUX … LE CINÉMA, CA PARLE DE LA VRAIE VIE...

Quand on réalise un épisode de série qui met en scène la banlieue, le plus important, c’est que ça garde ce côté « ghetto », et puis cette authenticité de violence et d’inculture qu’on voit bien dans les autres séries. Sinon, les spectateurs risquent de ne rien comprendre. Faites confiance à un spécialiste… Vrai ou pas, M’sieur Molière ? Avec : Yanisse LALOUCI, Rekia DJAMIL, Greg RUGGERI, Eva POTTIER.

la vraisemblance de l’histoire. Vous savez, Monsieur Rachedi, les émeutes en banlieue, ce n’est pas très crédible en 2000». Trois semaines plus tard, le même éditeur me rappelle. Dans le cadre de mon premier roman, on peut donc parler d’un hasard malheureux... IPQE : L’art est-il un moyen de lutter contre la discrimination? MR : L’art est un moyen à la fois de raconter le réel, mais aussi de le dépasser. L’art est un dépassement de toutes les formes de frontières. A ce propos, dans le cadre d’un échange aux Etats-Unis avec des écrivains du monde entier,

Le décodeur de Maître Greg

«Quand celui qui est censé vous ressembler est toujours cantonné à des rôles ingrats, le manque de représentation positive peut avoir un impact terrible sur un jeune qui se cherche».

L’info en +

«Il est important de voir à la télé des gens qui vous ressemblent, d’y être représenté. Symboliquement, c’est énorme d’être présent sur la photo de famille». Pascal Blanchard, Commission pour la diversité des médias.

21


«La nature crée des différences. La société en fait des inégalités».

LE CIRQUE MÉDIATIQUE Christophe Nick

Auteur, journaliste et producteur.

IL PARAIT QU’EUX : Pourquoi les médias ne s’intéressent-ils à la banlieue que lorsqu’elle brûle ? CHRISTOPHE NICK : Le spectaculaire intéresse les médias, parce que ceux qui regardent les médias aiment le spectacle, c’est notre problème de spectateur aussi. La question est «pourquoi la violence, nous intéresse autant ?». Ca ne date pas des médias. Si vous reprenez l’Iliade et l’Odyssée, par exemple, ce n’est qu’une histoire de violence... Est-ce que la violence n’est pas ce qui permet de mieux observer les dysfonctionnements d’une société ? Seulement, et c’est là qu’on arrive à votre sujet sur les discriminations, il y a des violences qu’on accepte et d’autres qu’on n’accepte pas. On ne tolère pas des voitures qui brûlent ? Et pourtant

22

une femme sur dix est battue en France, et ça, on ne le voit pas souvent à la télé. Le problème du média, c’est qu’il vous donne ce que vous avez envie de voir, parce que pour lui, l’enjeu, c’est d’avoir du monde qui le regarde... Mais ce n’est pas le problème de la violence ou de ce qui brûle, c’est le problème du choix qui est fait.

noir par exemple, mais il y a quelque chose de complètement bloqué en France. Ce n’est pas que le problème du média. Si le média amplifie, le média est aussi le reflet d’une réalité. On est dans un pays qui est complètement bloqué sur ces questions. La représentation médiatique est la même que la représentation politique. Il y a très peu de gens issus de l’immigration dans la politique française, et il faut se battre pour que ça change. Les médias n’évolueront que lorsque le pays évoluera...

«On ne tolère pas des voitures qui brûlent ? Et pourtant une femme sur dix est battue en France. Et ça, on ne le voit pas souvent à la télé.»

IPQE : Pourquoi les minorités sont-elles aussi sous représentées dans les médias ? CN : Les médias sont pris dans des grandes contradictions. On peut prendre tous les présentateurs télé, les filles sont blondes avec les yeux bleus et les garçons un peu bronzés avec les cheveux châtains. Ca, c’est le look pour passer à la télé. C’est pas vraiment la réalité de la France, et ils le savent. De même qu’à l’Assemblée nationale, il n’y a qu’une douzaine de femmes sur 550 députés, alors qu’un électeur sur deux est une femme... Que faire pour que ça change ? Certains essayent d’imposer, de mettre un présentateur

Il parait qu’eux...

IPQE : N’est-ce pas justement pour se donner bonne conscience que certaines minorités apparaissent maintenant à la télévision ? CN : Les minorités à la télé c’est une obligation, ce n’est pas se donner bonne conscience ! Il faut bien commencer par quelque chose et c’est difficile. La preuve, on n’y arrive pas. Il y a une résistance mais il faut se bagarrer, car c’est un combat noble, peut-être symbolique, mais aussi essentiel. Propos recueillis par Rekia Djamil, Lindsay Moussounda, Maximilien Boumaïda • octobre 2008

Il parait qu’eux... Les gays font la mode...

Tahar Ben Jelloun

23


de représentation, on a plutôt régressé depuis 5 ans.

«On dit souvent qu'il faut sauver les apparences. Moi je dis qu'il faut les assassiner, car c'est le seul moyen d'être sauvé.» Frédéric Beigbeder

VICTIMES DE LA MODE Sylvie Benkemoun

Association «Allegro Fortissimo», contre les discriminations dont sont victimes les personnes de forte corpulence.

La phrase qui tue L’homme est le seul animal que la prise de poids inquiète.», Philippe Meyer, écrivain

24

IPQE : Pensez-vous que les « gros » IL PARAIT QU’EUX : Quelles sont les font peur ? difficultés des « gros » au quotidien SB : Certainement et de plusieurs et de quelle manière subissent-ils la manières. Au niveau inconscient, le discrimination? SYLVIE BENKEMOUN : Au niveau «gros», c’est un peu l’ogre de l’ensocial, c’est difficile, car la société n’est fance, celui qui va dévorer les petits pas faite pour les gens gros. La société enfants... Au niveau conscient, le « n’aime pas les gros, auxquels on colle gros » fait peur parce qu’on ne veut l’image de personnes qui se laisseraient pas lui ressembler. Et puis, le gros n’est aller, qui ne domineraient pas leur vie, pas quelqu’un de diaphane sur papier glacé. Il souffle quand il leurs pulsions, leurs fait un effort, il transpire envies. De ce point quand il fait chaud… Et ça de vue, la personne «La personne déclenche des peurs dont grosse va à l’encontre grosse va les gens n’ont souvent pas de l’image qu’on se fait conscience : vivre, vieillir de la réussite dans notre à l’encontre et mourir. société. Même pour des de l’image Propos recueillis emplois cachés, les perpar Mamadou Soumaré, sonnes grosses n’obqu’on se fait Mme Danielle Romeuf tiennent pas d’entretien d’embauche. de la réussite». • février 2008

Il parait qu’eux...

IPQE : Pensez-vous que ce soit lié à un désintérêt du public? RS : Je ne pense pas. Dès que les gens entendent parler de l’équipe de France, Handisportif ils sont friands de connaître nos résultats, parce qu’ils sont attachés aux valeurs que représente le sport. D’autant IL PARAIT plus quand il s’agit des jeux paralymQU’EUX : piques. Et puis on le voit bien dans les Pourquoi les pays étrangers. Le sport handicapé à la handicapés télévision, c’est possible. Je suis plus sont-ils toujours connu au Japon, aux Etats-Unis qu’en absents dans les France, parce que dans ces pays, le médias? handicap ne pose pas RYADH SALde problème. C’est «Le sport LEM : Pour les médias, une question d’ouverhandicap rime avec handicapé ture d’esprit de la part douleur. De fait, ils ne des diffuseurs. Mais à la télévision, présentent les choses je suis sûr que ça va qu’à travers un aspect c’est possible, évoluer. Les médias médical ou social. L’asvont s’apercevoir que pect culturel ou sportif on le voit bien le sport handicapé pasest difficile à défendre à l’étranger. sionne beaucoup de médiatiquement... Pour monde. ce qui concerne le sport Je suis plus connu Propos recueillis par pour handicapés à la aux Etats-Unis Ramlata Hamadi • télévision par exemple, janvier 2009 c’est clair qu’en terme qu’en France!»

Ryadh Sallem

IL PARAIT QU’EUX … RIEN NE SERT DE COURIR... Il y a toujours plus grave que d’être convoqué chez le proviseur. Surtout quand la fille qui vous fait rêver est enfin célibataire… Avec : Lindsay MOUSOUNDA, Touhami OUDJIAL, Safi AZZABOU, Stéphane BAPTISTA, Gladys HOGUEL

«Vous voulez devenir chef d’entreprise, maçon, docteur? Vous n’y arriverez peut-être pas, mais essayez quand même avec force. En essayant, vous arriverez peut-être ailleurs».

Le décodeur de Maître Greg

IL PARAIT QU’EUX … L’HABIT FAIT LE MOINE... Dans le rap, il y a deux écoles : celle qui a des choses à dire et celle qui a des vêtements à la mode… De toutes les façons, quand on a une garde-robe qui « déchire » , on n’a pas vraiment besoin d’avoir un cerveau, hein ? Avec : Jonathan JOLY, Bodo GUINDO, Jonathan THOMAS et Corentin DELAPLACE

«L’une des questions posées par ce courtmétrage est : «Est-ce que notre apparence est plus importante que le travail proposé ? Est-ce que James Brown chanterait moins bien en short ?».

Le décodeur de Maître Greg

25


Au moins 6% des effectifs des entreprises de 20 salariés ou plus, doit être constitué de travailleurs handicapés.

LA LOI DU DU SILENCE Marianne Bleitrach,

Avocate au barreau de Béthune, spécialisée dans les affaires de discriminations

L’info en +

Si l’entreprise ne peut pas embaucher de personne handicapée, elle doit verser une contribution financière à l’AGEFIPH (ou bien au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique) pour chaque personne handicapée qui aurait dû être employée.

26

IL PARAIT QU’EUX : De quelle manière les handicapés subissent-ils la discrimination ? MARIANNE BLEITRACH : Avec les mêmes diplômes, les mêmes capacités intellectuelles, on embauchera une personne valide, plutôt qu’une personne handicapée, parce que l’on juge qu’une personne handicapée, “ça ne fait pas bien dans le paysage”. Très peu de personnes handicapées travaillent... Un autre aspect de la discrimination est que les personnes handicapées ne peuvent pas se déplacer comme elles le veulent.

Il parait qu’eux...

La plupart des villes, des magasins ne leur sont pas accessibles. Pour les handicapés moteurs ou même pour les nonvoyants, aller au théâtre ou au cinéma, c’est vraiment la galère !

IPQE : Quelles seraient les solutions ? MB : Tout ça est lourd à supporter et à vivre au quotidien. Moi je peux ! Même si je suis handicapée, je fais partie des personnes qui arrivent à vivre plutôt «normalement» , parce que j’ai la possibilité de me faire aider. Quelqu’un vivant au 7e étage d’un immeuble sans ascenseur, sans personne pour l’aider à monter ou à descendre, risque fort de rester enfermé dans son appartement pendant toute sa vie. Il faudrait une politique de la ville pour l’intégration réelle des personnes handicapées, que tout soit accessible. Il faut que la personne handicapée puisse aller partout. IPQE : Comment ne pas perdre espoir ? MB : La discrimination, c’est quelque chose qu’on ne doit pas accepter, car que tu sois blanche, que tu sois noir(e), que tu sois une femme, que tu sois handicapé(e), que tu sois homosexuel(le)... Nous sommes tous égaux et chacun vaut autant que l’autre.

Il faut se battre. Avoir de l’entêtement, se dire qu’on va y arriver, et on y arrive... De toute façon on n’a pas le choix. Moi je ne laisse rien passer, je me dis que la discrimination ne doit pas passer et qu’elle ne passera pas. Il y a des lois et même si c’est difficile parce que quand on est insulté, il n’y a pas toujours de témoin, il faut sortir de l’isolement quand on est discriminé, ne pas avoir peur de le dire, de déposer plainte. Trop de gens se taisent et vivent ça en eux-mêmes. C’est dommage, car si on avait plus de procès pour discrimination, ça ferait beaucoup avancer les choses.

“Pour les handicapés, aller au cinéma, c’est vraiment la galère !”

Propos recueillis par Tracy Nkombo et Ramlata Hamadi novembre 2008

IL PARAIT QU’EUX … LE SILENCE EST D’OR...

Quand le monde entier est sourd à quoi sert d’avoir l’usage de la parole ? Je vous le demande ! Il serait temps que les entendants fassent un effort pour apprendre à signer. Ca prouverait qu’ils acceptent de s’intégrer, ce qui est la moindre des choses…Silence, on parle… Avec : Jean Pierre LAZZERINI, Isabelle FLORIDO, Bachir SAIFI…

L’info en + Le décodeur de Maître Greg

“Un architecte dont l’enfant est handicapé ne concevrait pas une ville peu praticable en fauteuil roulant. Je suis las de voir que tant que les choses ne nous touchent pas directement, on les néglige”.

“Au lycée, c’est comme si on me disait “Il faut que tu entendes avec ton appareil, il faut que tu parles comme une entendante. La langue des signes ce n’est pas beau, c’est une langue inférieure”. La surdité est le seul handicap qui ne se voit pas”. Emmanuelle Laborit extrait de “Le cri de la Mouette”.

27


IL PARAIT QU’EUX … C’EST DANS LES VIEUX POTS...

L’âgisme est pour l’âge ce que le sexisme est au sexe et ce que le racisme est aux races.

L’ÂGE INGRAT L’info en +

«Les jeunes sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais la jeunesse d’autrefois. Ceux d’aujourd’hui ne seront pas capables de maintenir notre culture». Hésiode, 720 av J.C.

JEROME PELLISSIER

Observatoire de l’âgisme

IL PARAIT QU’EUX : Qu’est-ce que l’âgisme ? JEROME PELLISSIER : Le mot âgisme fait partie de la même famille de mots que racisme ou sexisme, par exemple. Il désigne toutes les formes de différences de traitement faites et fondées sur l’âge. Et pas uniquement de la vieillesse. «Tous les jeunes sont ceci ou cela» est un cliché âgiste...

IL PARAIT QU’EUX … LA VÉRITÉ SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS...

Dans la pub, il faut être dans le coup. Et être dans le coup, ne nous voilons pas la face, cela veut dire être jeune. Voire très jeune… Bien sûr, les vieux ont de l’expérience, mais ils risquent fort de se fatiguer avant les autres… Mais à propos, dans ces domaines de pointe, c’est à quel âge qu’on est vieux ? Avec : Sam LOGEZ, Naomie BATINA, Laura LE HENAFF, Elian VILLAIN, Adam HAMICHE. «Ce qui m’intéressait dans cet épisode, c’était de montrer que toute situation où une partie entière de la population est mise à l’écart en raison d’une différence entraîne forcément une société totalitaire.»

Le décodeur de Maître Greg

Il parait qu’eux... 28

Lorsque Sissi, Mourad, Yannis et Kévin jouent au foot en bas de chez eux, il y a toujours cette vieille dame inquiétante qui les espionne depuis sa fenêtre… Mais au fait, ça existe les « serial killeuses » ? Ou c’est juste un truc de gars, les meurtres en séries ? Avec : Christiane SAAD, Nouhou SOUMARE, Nathan MORLENDE, Nicolas DAVANNE, Stéphanie BOURJAC.

«On a voulu rappeler que les choses ne sont pas toujours telles qu’elles semblent être. Aller plus loin que le simple «Je ne crois que ce que je vois» en soulignant que parfois, ce qu’on voit n’est pas la réalité exacte.»

Le décodeur de Maître Greg

L’âgisme comprend à la fois les clichés, les stéréotypes et ce qui relève des discriminations, à savoir ceux qui, en raison de leur âge, sont privés de l’accès à certaines choses ou peinent à y accéder (soins, éducation, etc).

«A chaque crise importante, les principales victimes sont les moins de 30 ans et les plus de 60 ans».

IPQE : N’est-ce pas naturel d’avoir des préjugés liés à l’âge ? JP : Ce qui semble naturel, c’est que l’ignorance favorise les clichés et les stéréotypes. Dans un village, un quartier où les jeunes et les plus âgés se fréquentent, les clichés âgistes sont rares parce qu’ils se connaissent et voient bien que les gens ne correspondent pas aux caricatures. En revanche, dès que les populations vivent séparées, on tombe plus facilement dans la caricature. IPQE : L’âgisme est-il plus marqué chez les jeunes ou les vieilles personnes? JP : D’un point de vue culturel, on

pourrait penser que cela touche plus facilement les vieilles personnes, puisque nous vivons dans une société où les valeurs associées à la jeunesse (rapidité, performance...) sont plutôt les valeurs dominantes. La publicité reflète bien ce phénomène. Même dans un magazine dit «senior», les mannequins sur la couverture ont 30 ans... L’image de la jeunesse est très valorisée. Et pourtant, dans les faits, d’un point de vue économique ou par rapport à l’emploi, je ne suis pas sûr qu’il fasse meilleur être jeune que vieux. La certitude est qu’à chaque crise importante, les principales victimes sont les moins de 30 ans et les plus de 60 ans.

L’info en +

L’âgisme, comme le sexisme, est à la portée de tous, mais pour discriminer, il faut détenir un pouvoir, aussi limité soit-il, et l’exercer en outrepassant les prérogatives attachées à ce pouvoir.

Aujourd’hui, les gens qui ont passé 50 ans sont déjà considérés comme trop vieux et les moins de 30 ans comme trop jeunes et manquant d’expérience... IPQE : Pourquoi la vieillesse fait-elle peur? JP : De manière simpliste, la vieillesse est associée à la maladie et à la mort. Mais un élément essentiel différencie l’âgisme des autres formes de discriminations. Un raciste qui n’aime pas les noirs a peu de chances de devenir noir, alors que nous avons tous de fortes chances de vieillir... Propos recueillis par Mouabé Oyandza, Henrique Moreira. Paris - Avril 2010

29


IPQE : Comment votre livre a-t-il été accueilli par les maisons d’édition ? R : Au départ, on a cru que je n’en étais pas l’auteur. J’étais maçon, boxeur, issu de banlieue. Pour eux, c’était impossible que par le voyage que je proposais au lecteur, je puisse avoir écrit ce livre. Mais en dehors de cette maladresse, ça s’est plutôt bien passé. IPQE : Et en ce qui concerne la pièce ? H : Ca a été un peu difficile de toucher notre public. Pendant un mois, le théâtre était plein... mais pas avec le public qui vient voir nos créations d’habitude. Ils ont peur. Du coup, on a découvert un autre public qui était touché. La vraie

Il parait qu’eux... Le handicap, ça fait peur...

DÉNONCER EN CREANT RACHID ET HABIB Rachid Djaïdani, écrivain. Auteur du livre Boumkoeur

La phrase qui tue

«L’avantage d’être intelligent, c’est qu’on peut toujours faire l’imbécile, alors que le contraire est pratiquement impossible». Woody Allen

Habib Naghmouchin, metteur en scène de la pièce Boumkoeur.

Il parait qu’eux... 30

IL PARAIT QU’EUX : Qu’est-ce qui vous a poussés à écrire Boumkoeur, puis à en faire une pièce de théâtre ? RACHID DJAIDAN: Je voulais d’abord intéresser le lecteur à travers les préjugés que l’on peut associer à la banlieue, pour ensuite, en isolant mes personnages, amener le lecteur à être touché par la relation de deux humains. Je les ai donc piégés : «Ferrés puis harponnés !» (rire). La banlieue, je m’en fous, de la même manière qu’on se fiche de savoir qu’Hamlet se passe dans un château au Danemark. L’important, c’est de se reconnaître dans les personnages. Notre combat est de montrer qu’il s’agit d’une pièce avec un auteur, un metteur en scène, des comédiens, une réflexion. Si, en sortant, le spectateur se dit qu’il a vu une pièce sur la banlieue, quelque part, c’est qu’on n’a pas bien fait notre travail...

«Trouve-moi un metteur en scène de théâtre de scène nationale qui soit arabe ou noir !». ségrégation, c’est quand un programmateur de banlieue vient voir la pièce et me dit : «Oui, c’est bien, mais pour mon public, le sujet est un peu délicat». En disant ça, il se met entre nous et le

public. Mais tu n’as pas à décider pour le public ! IPQE : Cette forme de ségrégation est-elle la pire ? H : La pire des ségrégations serait de se dire soi-même qu’on n’est pas capables d’avancer. Parmi les metteurs en scène de théâtre de scènes nationales, trouve-moi un seul nom arabe ou noir... Alors moi, j’y vais, je n’ai plus envie d’attendre, comme Rachid quand il arrache l’écriture. Nous, on est cette génération qui est pressée. Au final, la seule chose, c’est de faire, de batailler pour faire, sans compromis. Je refuse de rentrer dans le moule. Propos recueillis par Lindsay Moussounda, Marina Stern, Mariem Gharbi, Yanisse Lalouci, Mouabé Oyandza. Paris -Avril 2010

IL PARAIT QU’EUX … LE BLANC C’EST LE MEILLEUR...

Quand on est un zombie habitué à manger des hommes d’affaires sur des terrains de golf de prestige et qu’on n’a jamais vu d’homme noir, on hésite un peu avant de dévorer le promeneur égaré à la peau trop foncée… Mais la cuisine c’est aussi un lieu de découverte et de créativité… Alors, sortons des sentiers battus et à table ! Avec : Marc ANDREONI, Antoine LELANDAIS, Terry NIMAJIMBE, Steve TRAN , Marie FACUNDO

L’info en +

Le décodeur de Maître Greg

“En bon fan de l’humour anglais et notamment des “Monthy Pithons”, j’aime les situations absurdes et décalées poussées à l’extrême. Mettre en scène un zombie tellement pétri de préjugés qu’il refuse de manger un Homme Noir, je crois que cela se passe de commentaires!”

Le racisme est une idéologie, qui affirme la supériorité d’un groupe sur les autres groupes. En Occident, au XIX ème Siècle, le racisme s’est principalement développé à partir d’une hiérarchisation des sociétés humaines en fonction de leur évolution technologique et de la couleur de peau de leurs membres. La science actuelle a montré que dans tous les systèmes génétiques humains, les répertoires de gênes sont les mêmes, mais inégalement repartis. Tous les Hommes descendent des mêmes ancêtres lointains et le mot « race » utilisé pour distinguer les groupes humains est scientifiquement une erreur. L’humanité est formée d’une seule et même espèce.

31


Il parait qu’eux... Il faut de tout pour faire un monde...

32

33


L’association YA FOUEI et Le projet « IL PARAIT QU’EUX… » présentent :

Il parait qu’eux... La femme est l’avenir de l’homme...

Une association de personnes investies

Impliqués depuis plusieurs années dans différents champs d’interventions de l’éducation populaire et dans la vie sociale des quartiers, les membres de l’association YA FOUEÏ ont à cœur de favoriser, développer et promouvoir par le biais d’actions artistiques et culturelles des initiatives formatrices et socialisantes.

Une volonté citoyenne

C’est dans le souci de remettre la citoyenneté au centre du débat que le projet « IL PARAIT QU’EUX » est né. Au-delà de l’aspect fictionnel, « Il Paraît qu’Eux » est surtout une expérience humaine qui, en mélangeant des citoyens de tous horizons, a su devenir un outil pédagogique de débat et d’échange sur les discriminations et les préjugés, quels qu’ils soient.

Un film

«Il paraît qu’eux...» est d’abord une série de 15 courts-métrages humoristiques. Entièrement sous-titrés pour être accessibles à tous. Ces films qui dénoncent les discriminations savent varier les tons et mélanger les genres. Abordant tour à tour la discrimination à l’embauche ou au logement, le handicap, le sexisme, l’âgisme, le rôle des médias dans la vision de la banlieue, ces courts-métrages mobilisent, interpellent sans dramatiser.

Ouvrons le débat !

Ce documentaire peut être mis à disposition d’associations et d’institutions accueillant du public afin de stimuler rencontres et échanges. Si vous souhaitez organiser des projections de la série de courts métrages «  Il paraît qu’eux…  » dans votre

établissement scolaire, structure, entreprise ou association, l’équipe de Ya Foueï propose des interventions adaptées à votre public et aux thématiques choisies (projections partielles, expositions, débats, fiches pédagogiques…)

Des outils pédagogiques accessibles à tous

Cette réflexion sur la discrimination présentée sous forme d’une série de courts-métrages, d’un magazine et d’une série d’expositions permet non seulement aux acteurs du projet de modifier les perceptions individuelles que chacun d’entre nous se fait de l’autre, mais aussi sert d’outil pédagogique permettant de faire évoluer les comportements et les mentalités de tous. Les films et le magazine sont visibles et téléchargeables sur le site : ilparaitqueux.edoo. fr. Il est également possible de les commander par mail.

Nous contacter

Association Ya Foueï Actions artistiques et culturelles BP 70042 91261 Juvisy-Sur-Orge cedex Port: 06 22 89 06 47 ya.fouei@gmail.com Site: ilparaitqueux.edoo.fr

Il parait qu’eux...

ILS FONT PARTIE DE... Un chaleureux remerciement à nos partenaires sans qui rien de tout cela n’aurait été possible : La Ville d’Athis-Mons (91) www.mairie-athis-mons.fr Le Conseil Général de L’Essonne www.essonne.fr

Coordonnées des organismes référents La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) : 08 1000 5000 / www.halde.fr Allegro Fortissimo lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes de forte corpulence dans la société (problèmes d’accès à l’emploi, au crédit, aux transports, aux soins...). www.allegrofortissimo.com

L’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances www.lacse.fr www.lacse.fr

L’Observatoire des discriminations a pour objectif de mener des études et recherches concernant toutes les formes de discriminations. www.observatoiredesdiscriminations.fr Centres régionaux d’information et de prévention du sida. www.lecrips.net

La Fondation RATP www.fondation-ratp.fr

Pluricitoyen journal de la citoyenneté plurielle : www.pluricitoyen.com 787, 08


. . . x u e ’ u q t i a Il par

C’est aussi...

•Une série

de 15 courts métrages.

•Des projections. •Des débats

pour la promotion de l’égalité.

•Un magazine.

•Une exposition photo. •Un site Internet. 36

Magazine "il Paraît Qu'eux..."  
Magazine "il Paraît Qu'eux..."  

Quand la lutte contre les discriminations et les préjugés fait se rencontrer une ville (Athis-Mons), un auteur réalisateur (Greg Ruggeri), u...

Advertisement