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sous les différents modes d’utilisation des terres et régimes de gestion foncière. Dans le long terme, cependant, ceci devrait être revu en faveur d’une approche plus purement ‘paysage’. Au niveau le plus basique, il fait très peu de sens de dire qu’un groupe de gorilles qui traverse la frontière de Bwindi et passe en RDCongo est sorti du Paysage. WCS fait face à des problèmes similaires avec les pêcheries sur le Lac Edward où il s’est activé à ramener ensemble les intervenants pour former des comités de résolution de conflits. Ceux-ci sont dits avoir commencé à fonctionner effectivement, cherchant à appliquer des règles et dénonçant ceux qui brisent ces règles. Pendant que le WCS et ses partenaires voudraient étendre le dialogue pour incorporer les acteurs au delà de la frontière, ceci est plus difficile quand ce n’est pas une AP du coté de l’Ouganda. Au delà des Aires Protégées Transfrontalières?

“le siècle du travail à l’intérieur des parcs pour conserver les animaux et les plantes est déjà passé. Les défenseurs ont appris que pour conserver les animaux et les autres éléments de valeur de la biodiversité nous devons travailler à l’extérieur des parcs et réserves dans des zones complexes conçues pour le développement économique” (Wilkie, Adams et Redford, 2008, p.3) Même si ceci n’a pas l’intention de déclarer la mort de la conservation au sein des parcs, les arguments pour travailler au delà des limites des parcs sont bien établis et étaient même visibles avec la montée de la conservation communautaire dans les années 1980. Il existe trois arguments principaux pour penser et opérer au delà des portes d’entrée des parcs et au delà du modèle ‘forteresse’ de la conservation que ces portes représentent. Le premier et le plus familier est que les APs sont trop exigües pour la viabilité à long terme des espèces cibles. Le second est qu’il y a une connectivité inévitable au sein du paysage et que la résilience est la caractéristique des systèmes social-écologiques plutôt que quelque chose qui peut être réalisé pour des composantes isolées du système. Le troisième point est apparenté à cela et est devenu popularisé à travers l’Evaluation Ecosystème Millénaire en 2005 qui mettait l’accent sur la valeur des services de l’écosystème. Ceux ci sont des dynamiques fonctionnelles des écosystèmes qui sont démonstrativement bénéfiques pour les humains (Westman, 1977; Myers, 1997). Nous commençons maintenant à comprendre comment la biodiversité contribue à ces dynamiques fonctionnelles, offrant une compréhension des processus et aussi des échelles auxquelles la conservation de la biodiversité contribue au bien être humain. Figure 4 indique le lien entre les services de l’écosystème et le bien-être humain. Il souligne aussi les facteurs qui dirigent le changement de l’écosystème, aussi bien les facteurs directes que les processus indirectes qui sous-tendent ceux là, qui prennent origine au delà des frontières des parcs. “Si vous focaliser sur le parc, la question est relative à la conservation, si vous étendez la vision, vous ne parlez plus comment vous partagez les quelques petits revenus, mais plutôt l’avenir de la conservation dans le scénario de long terme pour le paysage. Qu’est ce qui gouverne le changement dans le paysage? Ce n’est pas uniquement les parcs et réserves. Quelle est la réponse économique du paysage? Ce ne sera pas juste les parcs et le tourisme”. Giuseppe Daconto, CARE International.

Comme le suggère cette cotation, la perspective du paysage devait réellement être engagé, il demande un changement radical dans la manière dont les défenseurs perçoivent leur rôle dans une image économique pus grande caractérisée par les insécurités des modes de vie qui ne seront pas résolues même par des interventions de conservation les plus orientées vers les communautés. Ces points sont assez profonds et assez difficiles pour que les défenseurs s’y engagent. Quelques uns des principes de base sont loin de toute doute: que la conservation des cibles dépend souvent des paysages entiers, comprenant des zones agricoles autour et entre les APs; et que les menaces sur les parcs sont entrainés quelques fois par des événements et processus distants qui ont un impact sur les choix dont les gens disposent sur la manière d’interagir avec les parcs; et que la conservation elle-même ne va pas donner des solutions économiques pour les paysages. La création du SET offre une opportunité pour un partenariat plus large pour le paysage et une voie pour le PICG de penser et opérer à cette échelle tout en étant concentré sur une seule espèce qui est largement considérée comme une source de sa force. Dans le cas du grand Limpopo, il y a deux géographies d’échelle: la première définit le parc transfrontalier, la seconde, une ‘aire de conservation transfrontalière’ beaucoup plus grande, qui couvre tout le paysage, au delà des limites du parc (Speceley et Schoon, 2007). Cependant, étendre la conservation au delà des limites s’est démontré extrêmement sensible pour ceux qui y vivent (Wolmerm 2003; Hughes, 2003; van Ameron et Buscher, 2005). Ainsi, pendant que les arguments techniques pour résoudre le paysage dans son entièreté sont persuasifs, le consortium des partenaires travaillant pour les SET aurait besoin de prêter une attention particulière à ce processus et la nature d’une telle expansion. Au Limpopo, la perception est celle des agences de conservation qui exténuent leurs propres intérêts et donnant du pouvoir excessif aux autres circonscriptions. Echelle et politique

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