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exemple, Sandwith et al. (2001) identifient six ‘niveaux de coopération’: • Absence de coopération • Communication • Consultation • Collaboration • Coordination de la planification • Coopération totale Plus récemment, les chercheurs étudiant la gestion transfrontalière des ressources en eau ont observé qu’il est possible pour les états de s’engager dans des modes de haut niveau de coopération et de haut niveau de conflit en même temps’ (Mirumachi, 2007, p.4). Cette re-conceptualisation de la relation entre la coopération et le conflit semblerait hautement pertinent pour la GRNT dans le Rift Albertin Central. Si l’on se réfère à l’histoire, l’on pourrait même proposer que à travers le temps, les frontières des parcs telles que celles du massif des Virunga étaient devenues des arènes de sécurisation et même de conflits violents entre les états, et en même temps en devenant des arènes progressivement d’intense collaboration dans la gestion du parc. Ceci n’est pas pour dire qu’il y a une relation positive entre conflit et coopération, mais de dire tout simplement que conflit et coopération ne sont pas mutuellement exclusif et qu’il y a une simplification excessive en les plaçant à deux bouts différents du spectre.

Ci-dessus: Destruction d’un piège pendant le recensement transfrontalier des gorilles de montagne dans le massif des Virunga. Photo fournie par PICG. Ci-dessous: Patrouille coordonnée. Photo par José Kalpers/PICG.

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Lejano (2006) décrit deux modèles de coopération qui peuvent expliquer le comportement des acteurs dans les parcs transfrontaliers. Le premier modèle est décrit comme des “verres théoriques pour jeux” qui revient essentiellement à rationaliser l’intérêt personnel. De cette perspective, les intervenants vont mouvoir vers la coopération parce que les institutions économiques et les autres deviennent structurées de façon à rendre la coopération le meilleur choix d’action pour toutes les parties. Une telle restructuration peut être réalisée, par exemple, grâce aux accords de partage des revenus qui assurent que les deux côtés d’une frontière bénéficieront de la croissance des revenus total du parc – ‘une propriété émergente du système devient un résultat plus – plus réalisé dans le contexte du cadre de partage des revenus’ (Heyns et al., 2008, p.381). Ceci contraste avec une situation où il n y a pas de régime de coopération, où le moyen rationnel de répondre aux autres est à travers le choix indépendant et non coordonné – ou en d’autres mots, la solution de Nash (Dombrosmsky, 2008). Supposons qu’il y ait mille personnes vivant autour d’une forêt et ces personnes ne communiquent pas entre elles et n’ont pas de règles qu’elles appliquent. A partir de leurs perspectives individuelles et isolées, il est dans leur intérêt pour chacun de prendre avantage de la ressource en coupant les arbres – chacun reçoit tous les avantages issus de l’effort de couper un arbre et si il ne le fait pas, les autres le feront sûrement. D’autre part, ça ne veut absolument rien dire pour chacun d’eux de planter les arbres – puisque les avantages issus de ses efforts seront jouis – plus tard dans l’avenirpar les autres 999 individus. Aussi le comportement individuel rationnel est de couper les arbres et de ne pas en replanter. Collectivement, un tel comportement ‘rationnel’ est bien sûr désastreux – c’est une ‘Solution Nash’, mieux connue en conservation comme ‘la tragédie des commons’. Les interventions de la gouvernance, comprenant les règles sur le partage des revenus, peuvent changer les ‘règles du jeu’, en ajustant la structure économique de la situation de façon à favoriser le comportement qui est collectivement rationnel.

20 Ans de PICG: Leçons Apprises dans la Conservation des Gorilles de Montagne  

Le Programme International de Conservation des Gorilles

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