Page 133

b) Vers l’établissement de la zone tampon autour du PNV au Rwanda? Il existe déjà théoriquement une “zone tampon” autour de quelques parties du PNV consistant en une bande de 6 mètres, principalement d’Eucalyptus et Gréviléas qui ont été plantés juste à côté de la limite. Une telle caractéristique est plus un système de démarcation qu’une zone tampon au sens propre et les communautés semblent toujours confuses quant aux droits d’accession et de récolte du bois. Bien plus, le choix de planter l’Eucalyptus à certains endroits n’est pas probablement la meilleure option, étant donné qu’il a le potentiel d’attirer les gorilles. Depuis quelques années, des discussions préliminaires ont eu lieu au niveau du Gouvernement du Rwanda concernant une possible “extension” du Parc National des Volcans (van Gils et Kayijamahe, 2009). L’extension serait d’à peu près 3.500 hectares et consisterait essentiellement en une bande tout au long de la limite du parc, avec une profondeur qui varie pour avoir moindre impact en termes du nombre de personnes qu’il serait nécessaire de déplacer. L’extension serait laissée pour se régénérer et serait plantée avec des espèces indigènes. Une compagnie privée a été créée (Great Forest Holding) qui serait en charge de cette initiative. Le programme comporte aussi la construction d’un hôtel et d’un lodge de haute gamme, qui devrait être financé avec des fonds provenant de la vente des crédits carbone (Ngoga, com.pers.). Différents organes gouvernementaux sont impliqués dans les discussions, entre autres REMA, National Land Center (NLC), RDB, et l’Unité de commerce de carbone du Ministère de l’Environnement et des Terres. Malgré qu’il y a encore un long chemin avant qu’une décision ne soit encore prise, quelques difficultés ont été déjà soulevées, plus spécialement celle relative aux milliers de personnes qui devraient être déplacées avec des conséquences socio-économiques évidentes. A ce stage ci, il semble que qu’il n’y a pas de considération n’a pas encore été faite quant à l’utilisation de la possible extension du parc comme une zone tampon appropriée, qui fonctionnerait alors comme une barrière progressive entre le parc et les communautés avoisinantes. Il y a certainement une grande opportunité qui ne devrait pas être perdue, et si ce projet continue en avant, toutes les parties concernées devraient regarder cette extension non seulement comme un des moyens d’étendre l’habitat des gorilles, mais aussi et de prime abord comme une solution potentielle au problème toujours récurrent des conflits homme-animaux sauvages. Il y aurait par exemple, un système approprié qui agirait comme une barrière naturelle aux animaux sauvages grâce à une combinaison de plantes non palatales, des buissons épineux ou une autre utilisation adéquate du sol. c)

Loi sur la compensation au Rwanda

La nouvelle loi au Rwanda sur la compensation des dommages causés par les animaux sauvages, qui est encore en préparation est une autre opportunité qui mérite une attention particulière (République du Rwanda, 2009a et 2009b). D’une part, cette loi et les décrets de son application causeront des défis significatifs aux différentes autorités chargées de leur exécution, du moins dans leur étapes initiales, sans oublier de mentionner comment le système au Rwanda pourrait grandement influencer les débats dans les pays limitrophes. D’autre part, ces instruments légaux, qui traitent spécifiquement les problèmes longtemps ignorés des dommages aux humains et leurs propriétés causés par les animaux sauvages, offrent la possibilité d’influencer des aspects tels que le mode d’utilisation des sols autour des parcs, par exemple en liant la compensation des cultures détruites avec des conditions claires comme des types de cultures qui sont éligibles à la compensation, la distance des cultures par rapport à la limite du parc, les mesures prises pour protéger les cultures et dissuader les animaux, etc. Pour un pays ayant de si forts crédits en gouvernance, le Rwanda offre une opportunité réelle pour résoudre les iniquités introduites par le conflit homme-animaux sauvages, cependant ceci nécessitera une

Ci-dessus: La destruction des bananes par les gorilles dans la zone de Nkuringo du Parc National Impénétrable de Bwindi, en Ouganda. Ci-dessous: Le Parc National Impénétrable de Bwindi. Photos par Helga Rainer/PICG.

125

20 Ans de PICG: Leçons Apprises dans la Conservation des Gorilles de Montagne  

Le Programme International de Conservation des Gorilles

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you