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sociaux et ceux relatifs au mode d’utilisation des terres. Cette section donne un bref aperçu des spécificités de chaque parc, ainsi que des tendances générales observées au cours du passé récent. Le Parc National des Volcans (PNV), Rwanda

Les animaux à problèmes ainsi que la destruction des cultures ont caractérisé la situation au PNV depuis bien longtemps. Historiquement, les baffles, potamochères, les céphalophes ont été les plus réguliers des animaux à problèmes, avec des éléphants qui causaient des dégâts occasionnels (Plumtre et al., 2004). Les gorilles n’avaient presque jamais été reconnus comme causant des dommages significatifs, à l’exception tout de même de quelques groupes habitués (Sabyinyo et 13) qui ont sporadiquement visité la bordure du parc et écorché quelques arbres d’eucalyptus.

Au cours des quelques dernières années, la situation a quelque peu changé, avec une augmentation du nombre d’incidents impliquant des gorilles qui écorchent les arbres d’eucalyptus et même allant plus loin à l’extérieur du parc, ainsi qu’une augmentation notable des éléphants sortant des limites du parc, tandis que les buffles sont toujours la cause première de la destruction des cultures (Ngaboyamahina, 2004; Ndimukaga, 2006; Ndagijimana, 2009). Cette augmentation des incidents de destruction des cultures par les animaux sauvages est en quelque sorte en contradiction avec les résultats d’un recensement récemment conduit et qui montre une diminution générale du nombre des effectifs des populations de grands mammifères, du moins au niveau local dans la zone de Karisoke (Arakwiye, 2010). Dans une enquête récente, Kwizera et Ndayisaba (2009) ont indentifié des zones critiques où les animaux sauvages causent plus de problèmes dans les quatre secteurs de Gahunga, Nyange, Kinigi et Shingiro. Le Parc National de Virunga (PNVi), RDCongo

La tendance observée dans le secteur Mikeno du Parc National de Virunga est aussi une augmentation des incidents de conflits homme-animaux sauvages au cours des dernières années. La faible densité de la population et de fréquentes épisodes d’insécurité ont conduit à la faible occupation des sols en dehors du parc, mais aussi aux changements et des dérangements dans les populations des animaux à l’intérieur de la forêt, ce qui explique pourquoi les animaux à problème tendent à sortir en grand nombre et traversent de longues distances. En conséquence, les animaux tels que les buffles et les éléphants, mais aussi les gorilles peuvent potentiellement causer des impacts aux communautés jusqu’à quelques kilomètres des limites du parc. Les buffles et les éléphants sortent du parc partout le long de la frontière du secteur Mikeno, cependant les buffles sont plus souvent signalés dans les régions de Jomba et Bukima, tandis que les éléphants sont plus actifs à Jomba, Bukima et Bikenge (Bichamakara, com. pers.). Au cours des six premiers mois de l’année 2010 seulement, plus de 15 buffles ont été tués étant à l’extérieur du parc (Mburanumwe, com.pers.). Des gens sont régulièrement blessés par les buffles ou les éléphants et des accidents fatals ont également été signalés.

Figure 1.Cas observés de la présence des gorilles en dehors des frontières du secteur Mikeno (Janvier 2009 jusqu’à Juillet 2010) (Source: données RBM) 114

20 Ans de PICG: Leçons Apprises dans la Conservation des Gorilles de Montagne  

Le Programme International de Conservation des Gorilles

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