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EXPRESSO QUOTIDIEN DU MASTER DE JOURNALISME DE L’ INSTITUT FRANÇAIS DE PRESSE - PROMO 2018

13 01 2017

L’ESSENTIEL FRANCE

P.2

La prescription retourne au Sénat

n Jeudi 12 janvier l’As-

semblée Nationale a rejeté la loi qui prévoyait un allongement des délais de prescription

INTERNATIONAL

P.4

# 08

La Belle Alliance Populaire à l’épreuve de la primaire

Sept visions de l’économie en débat

Bilan diplomatique pour Hollande

n Lors de ses voeux

aux ambassadeurs le président a dressé le bilan des opérations étrangères de la France

ECO/CONSO

La déconnexion forcée à la mode

P.7

n Du café à l’associa-

ton, à chacun sa déconnexion. De nouvelles initiatives naissent pour permettre aux accros de déconnecter de manière plus ou moins brutale

CULTURE

P.8

La Maison Rouge annonce sa fermeture n Le mécène Antoine

SPORT

J.Saget & T.Samson

de Galbert a confirmé publiquement mercredi 11 janvier la fermeture de cet espace dédié à l’art contemporain

P.9

Fan zone cherche supporters de hand

n Mise en place pour le

mondial de handball, la Fan Zone de Bercy village n’a pas séduit les supporters des Experts lors du match d’ouverture

Les candidats ont tenté de séduire lors du premier débat télévisé.

n Arnaud Montebourg, Benoît Ha-

mon, Manuel Valls, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy. Sept candidats, sept conceptions en matière écono-

mique, le thème central du débat. À charge pour eux de défendre leurs divergences tout en rassemblant suffisamment pour être présents au second tour. PAGE 2


FRANCE

POLITIQUE La primaire ravive la rupture entre socialistes sur l’Europe

J. Saget et T. Samson - AFP

L’économie au coeur du débat

L

Les sept candidats à la primaire à gauche s’affrontent jeudi 12 janvier pour leur premier débat télévisé sur TF1. En plus du terrorisme et des sujets sociétaux (laïcité, place de l’islam en France), les questions économiques sont plus que jamais au cœur du débat. Les choix défendus durant le quinquennat ont fait des vagues au sein du Parti socialiste, au point de présenter à la primaire de gauche une majorité clivée sur la question européenne. Manuel Valls et Vincent Peillon assument le quinquennat de François Hollande, mais l’ancien ministre de l’Education nationale reste beaucoup plus nuancé sur son tournant social libéral.

La loi Travail au centre des débats

Contraint de défendre le bilan du gouvernement, le Premier ministre démissionnaire veut maintenir la loi Travail dont il est l’auteur. Mais plus étonnant, il souhaite réinstaurer les heures supplémentaires défiscalisées, une mesure phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy, supprimée par le gouvernement Ayrault. Contrairement à ce qu’il plaidait en 2011, il n’est pour lui plus question de supprimer l’impôt sur la fortune ou encore le temps de travail à 35 heures. Face à lui, Vincent Peillon remet en cause la disposition principale de la loi Travail qui fait primer l’accord d’entreprise sur l’accord de branche. Pour soutenir la production, l’ancien ministre de l’Education prône la réduction des taux

Echaudés, les sondeurs tentent de se rassurer n Les sondeurs ne sont pas

parvenus en 2016 à anticiper les résultats de trois événements politiques majeurs : Brexit, Trump, Fillon. Ceux qui mesurent l’opinion souffrent désormais d’un déficit de crédibilité. Ils seraient presque devenus les astrologues du XXIe siècle. La défiance du public vis-à-vis des chiffres a augmenté d’autant que les sondeurs ne semblent pas prêts de modifier leurs méthodes de calcul. En 2017, faute de changement du côté des devins, c’est au public de comprendre que le résultat d’une élection ne s’anticipe que très difficilement. Pendant longtemps, on pronostiquait de façon certaine un match Sarkozy-Juppé aux élections primaires de la droite et du centre, avec une victoire de Juppé à la clé. Au final, aucun institut n’avait prévu l’ordre d’arrivée des candidats et la « dynamique Fillon » laissait coi les sondeurs pour la troisième fois de l’année. L’erreur de trop pour Le Parisien qui a choisi de laisser pour un temps les sondages de côté pour mesu02 - EXpresso - vendredi 13 janvier

rer l’opinion « sur le terrain ». Pour les instituts de sondage, critiquer leurs mauvais pronostics était mal comprendre leurs intentions. Ils ne prétendent pas anticiper les votes et refusent de s’ériger en madame soleil des élections. Les chiffres sont une « photographie de l’opinion à un instant T » et non une anticipation des votes. Au public donc, de saisir la nuance. Prolifération des sondages

Pourtant, à la veille du scrutin de la Belle alliance populaire qui se déroulera le 22 janvier, les machines à sonder se mettent à nouveau en marche.Un sondage Harris Interactive du 5 janvier plaçait Manuel Valls en tête du premier tour, avec 43 % des intentions de vote. Un second sondage IFOP du 8 janvier le donnait également gagnant du premier tour avec 36 % des votes. Désaccord de taille entre les deux premiers sondages de l’année : au second tour, l’un donne Valls gagnant tandis que l’autre donne Montebourg vainqueur. Encore une occasion de sonder l’insondable. o Tom Umbdenstock

de l’impôt sur les PME et la réorientation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) vers les PME, sous condition d’aides à la formation de la part des entreprises.

Une vision contrastée de l’Europe

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont quant à eux beaucoup plus radicaux. Le chantre du « Made in France » inscrit son projet économique en contradiction totale avec les principes européens. Passant outre le Traité de Maastricht en matière de déficit public, il souhaite relancer la consommation grâce à des mesures dites  « keynésiennes ». Il veut notamment instaurer une progressivité de la CSG pour alléger les bas revenus. Il souhaite aussi un plan d’investissement

colossal de 40 milliards d’euros. Benoît Hamon défend le programme le plus ancré à gauche, avec des mesures choc comme celle d’un revenu universel. Cette garantie de 750 € pour toute personne majeure pourrait coûter jusqu’à 400 milliards d’euros par an. Ces différences s’appuient en fait sur une vision opposée de la politique européenne. Peut-on mener des politiques socialistes tout en restant les mains liées aux obligations du traité budégtaire ? Tandis que Manuel Valls et Vincent Peillon en acceptent la discipline, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon veulent s’en détourner. La querelle n’est pas nouvelle, elle divise les socialistes depuis le Traité de Maastricht en 1992. o Marie Lechapelays

en bref

Anne Hidalgo s’emporte contre le gouvernement

Tempête hivernale sur le nord de la France

n Dans un entretien au Monde, publié jeudi 12 janvier, la maire de la ville de Paris a dénoncé « l’immense gâchis » du quinquennat et accuse François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron de ce résultat. Anne Hidalgo apporte son soutien à l’ex-ministre de l’éducation Vincent Peillon, « le seul représentant de la social démocratie » et qui « peut permettre à la gauche d’être au deuxième tour  », selon elle.

n Météo France a placé 53

Jean-Luc Mélenchon en 3D n Le candidat à la présiden-

tielle du Front de Gauche, qui a affirmé avoir obtenu les 500 parrainages nécessaires pour se présenter, a annoncé le 12 janvier qu’il retransmettrait son discours du 5 février par voie d’hologramme. L’homme politique sera ainsi en chair et en os à Lyon et sous forme digitalisée à Paris. Une première politique mondiale.

départements du nord de la France en alerte orange pour neige, verglas et vents violents alors que la moitié Nord du pays est placé « sous un ciel très nuageux et faiblement pluvieux ». Cette tempête hivernale accompagnée de rafales qui devraient atteindre 120 km/h sur la côte Ouest pourrait causer de nombreux dégâts si l’on en croit l’organisme météorologique.

Décès de Pierre Arpaillange n L’ancien garde des sceaux de François Mitterrand (198890) est décédé jeudi 12 janvier à l’âge de 92 ans. Résistant dès l’âge de 18 ans, il a également occupé le poste de directeur de la Cour des comptes. Pierre Arpaillange restera célèbre pour un lapsus devant l’Assemblée Nationale. « En 1989, sur cinquante-deux évadés, on en a repris cinquante-trois » avaitil déclaré à la tribune.


FRANCE JUSTICE La proposition de loi retoquée par l’Assemblée nationale

Les délais de prescription devront encore attendre

L

a proposition de loi prévoyant de doubler les délais de prescription pénale pour les crimes et délits n’est pas passée à l’Assemblée nationale en deuxième lecture le jeudi 12 janvier. Ce sont notamment des députés socialistes qui ont été en désaccord sur une proposition introduite par la Chambre haute, à majorité de droite, visant à allonger le délai de prescription des infractions de presse sur Internet de trois mois à un an. Une modification de la loi de 1881 boudée également par les syndicats d’éditeurs de presse qui estime que cette mesure « crée une discrimination injustifiée » entre presse imprimée et numérique. Sur le reste, la proposition a pour objectif de faire évoluer

les règles de la prescription en matière pénale. De ce fait, une réadaptation de ces lois aux attentes de la société et aux besoins des juges s’imposait, d’abord en proposant de porter de dix à vingt ans le délai de prescription de l’action publique en matière criminelle. Ainsi, cela pourra offrir aux parties civiles l’assurance que la recherche du coupable sera poursuivie aussi longtemps que nécessaire. Un allongement motivé par la technologie

De plus, cet allongement prend en compte le progrès scientifique. Les traces ADN que l’on ne pouvaient pas exploiter au moment des faits peuvent le devenir vingt ans après. Le texte prévoit un allongement du délai de droit commun de trois à six

ans concernant les délits. Cosignée par un radical de gauche, Alain Tourret, et un Républicain, Georges Fenech, la proposition avait été adoptée en première lecture par l’Assemblée unanime en mars et au Sénat en octobre. Avec ce dernier blocage, une nouvelle lecture au Sénat est donc nécessaire avant un ultime passage au Palais Bourbon. Un délai important pour les victimes

Cette loi a été déposée en juillet 2015 dans un contexte de scandales qui ont émaillé l’actualité, comme les accusations de pédophiles au sein de l’Eglise catholique, le scandale Jimmy Savile à la BBC ou encore les accusations de Flavie Flament à l’encontre de Davis Hamilton. Ces affaires fournissent des

exemples de victimes qui ont réussi à parler et à dénoncer leurs bourreaux des années après les faits, si bien qu’il est parfois trop tard pour les poursuivre devant les tribunaux. Plusieurs associations et magistrats suggèrent alors l’imprescriptibilité concernant les crimes sexuels. Par ailleurs, si le texte est présenté comme « remarquable » par le Garde des Sceaux JeanJacques Urvoas, il ne fait pas l’unanimité au sein du Syndicat de la magistrature. Ce dernier explique que le texte remet en cause le principe même de prescription. « Absurde évolution dans un contexte où la justice est enjointe de juger sans délai, au besoin par des voies expéditives, la moindre affaire », écrit le syndicat sur son site. o Fiona Garfagnini

Scènes de tragicomédie au Palais de justice n Il y a une part de tragicomédie qui se joue chaque jour derrière les lourdes portes du Palais de justice de Paris. Dans le hall, les robes noires se mêlent aux quidams qu’on croiserait dans le métro ou en faisant ses courses.

La machine à café tourne à plein régime, le carrelage est usé par les milliers de pas des avocats victimes et prévenus. Dans la salle d’audience des XXIIIe et XXIVe chambres correctionnelles, celle des comparutions immédiates, Alex, vingt ans, a une rude partie qui l’attend. Le jeune homme, qui affiche une superbe mèche à la Lucky Luke, doit absolument convaincre les trois juges qui lui font face de lui rendre sa liberté. Il est en détention provisoire depuis le 20 novembre après être entré dans une école par effraction. Le procureur a requis quatre mois ferme. « J’avais passé la nuit dehors dans un froid glacial, avec ces mêmes vêtements que je porte, et ce pantalon troué au genou gauche. Je voulais dormir, et j’ai trouvé les clés, alors j’ai cherché 5 ou 10€ pour manger. » Coutumier du crack et de la rue, il s’exprime parfaitement, connaît sur le bout des doigts toutes les

Au Palais de justice de Paris. - A. Gelebart/20 Minutes

adresses des centres de soins qui le suivent, toutes les dates et étapes d’avancement de ses dossiers sociaux. Il veut devenir « un grand chef cuisinier ». Il se lève et lit un papier chiffonné, une lettre au président lui demandant de le laisser libre, lui assurant de sa détermination et de sa « patience qui vaut plus que de l’or ». Malgré ses capacités oratoires évidentes, le juge l’interrompt : « Vous, je vous ai déjà jugé il y a peu de temps ». Ils en entendent beaucoup, les juges, des histoires de ce genre, donc ils se blindent, appa-

raissent presque blasés. Comme quand ce père de famille polonais pleure toutes les larmes de son corps. Il a volé 66 € dans un restaurant, il a tout rendu, jure dans le micro qu’il est « rempli de regrets ». Mais il est récidiviste. Le parquet a requis trois mois ferme. Tragédies amoureuses

Loin de ce box vitré où les accusés sont cernés de policiers, la salle de la XIIe chambre correctionnelle est la scène de tragédies amoureuses : les violences conjugales. Ici, on n’use

pas de micros, il faut tendre l’oreille pour entendre la juge faire état du dossier ou le prévenu répondre aux questions du tribunal. Les prévenus et victimes viennent à la barre sans poser ni sac ni manteau, à la fois de passage et dans l’attente. L’audience s’étire, un dossier sur les cinq prévus ne pourra pas être examiné. La procureure s’en émeut auprès de ce couple, venu expliquer au tribunal que malgré la jalousie de Madame et les gifles de Monsieur, ils s’aiment et veulent à nouveau vivre ensemble avec leur fils. Madame est revenue sur certaines de ses accusations : « La jalousie m’a fait dire des choses fausses, comme les coups de pieds de mon mari dans ma cicatrice de césarienne ». « Et les menaces de mort à votre encontre et celle de votre fils ? », questionne la procureure. « Non, c’est faux », souffle Madame, berçant son bébé. « La justice a beaucoup de travail, elle n’est pas là pour les affaires de jalousie et des gens qui racontent n’importe quoi », s’emporte la procureure, ajoutant qu’une dénonciation mensongère constitue une infraction pénale. Le couple repart bras dessus bras dessous. o Laura Dulieu

vendredi 13 janvier- EXpresso - 03


International EUROPE Le président de la République s’est adressé au corps diplomatique

François Hollande admet l’échec de la France dans le conflit syrien

L

e président François Hollande a adressé jeudi 12 janvier ses derniers vœux au corps diplomatique, s’appuyant sur un bilan contrasté des opérations internationales françaises. Entre regrets, réussites et mises en garde, il a profité de cette ultime déclaration devant les représentants étrangers pour confirmer « l’indépendance et l’autonomie » du pays. Doléances sur la Syrie Au cœur de ses regrets : le conflit syrien, où le président considère que la ligne rouge a été franchie à l’été 2013, avec l’utilisation d’armes chimiques. Il « reste convaincu qu’on aurait pu en finir plus tôt » et admet que «  c’est un échec moral et politique ». François Hollande rappelle que les négociations sur la fin de la guerre doivent « impliquer toutes les parties prenantes » et se dérouler « sous l’égide des Nations Unies ». Cette déclaration sous-entend que le parti Baas de Bachar Al-Assad doit intégrer les pourparlers de paix, mais il n’oublie pas de répéter qu’il ne peut pas « être la solution du problème ». Finalement, le président

Le président est revenu sur la politique française en Syrie (DR). confirme « qu’une transition politique en Syrie était nécessaire et qu’elle impliquait de n’écarter aucun acteur de la région et de parler à tous, y compris le régime ». La mise au point du chef de l’Etat intervient à l’approche du Sommet d’Astana, prévu pour le 23 janvier sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, ayant pour objectif de parvenir à un accord sur le conflit syrien.

EUROPE Conférence internationale à Genève

L’avenir chypriote à l’ONU n Une conférence internationale a débuté, jeudi 12 janvier à Genève, pour évoquer le cas d’un futur Etat fédéral chypriote. Elle fait suite à trois jours de négociations entre les délégations rivales grecque et turque. Cette réunion « historique » est présidée par le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui effectue son premier déplacement depuis qu’il a remplacé Ban Ki-Moon. La Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne qui sont les trois « garants » actuels de l’ordre sur Chypre sont également présents. Ils sont représentés par leurs ministres des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, Mevlut Cavusoglu et Boris Johnson.

Négociations sur les frontières La conférence a pour but de discuter uniquement des garanties 02 - EXpresso - Vendredi 13 janvier

de sécurité du possible Etat. Un premier échange sur des frontières futures a eu lieu entre les deux camps. Une action que Nikos Christodoulides, le porteparole du gouvernement chypriote grec a jugé « positive ». La question des soldats divise La création d’un Etat fédéré n’est pas encore acquise. Nikos Anastasiadis, le président chypriote-grec, réclame le départ des quelque 30 000 soldats stationnés dans la partie nord de l’île. Tandis que les chypriotes turcs, tout comme la Turquie, souhaitent les retenir pour protéger leur communauté. A la fin de la conférence, Antonio Gutteres a déclaré qu’un accord sur le règlement du conflit chypriote est « proche » tout en précisant qu’il ne fallait pas «attendre de miracles ». o Alexandre Guitton

Des mises en garde implicites Sans jamais le citer, François Hollande a prévenu le président américain élu Donald Trump que « la France sera autonome dans ses choix » mais aussi « qu’elle saura prendre des positions qui peuvent être différentes ». Rappelant son amitié pour Barack Obama et les grands projets négociés conjointement tels que l’accord sur le nucléaire iranien ou le traité de

Paris sur le climat, le président de la République n’a pas hésité à affirmer les convictions françaises : « rien ni personne ne pourra remettre en cause cet accord (sur le climat) ». Finalement, sur le cas russe, il a lancé un avertissement aux candidats à l’Elysée, parmi lesquels François Fillon ou Marine Le Pen qui souhaitent se rapprocher de Moscou. « Il ne suffit pas de répéter à l’envie qu’il faut parler à la Russie, puisque nous ne cessons de le faire » a-t-il déclaré, tout en poursuivant que le pays reste « un partenaire pour la France ». François Hollande admet ainsi que le Kremlin est un acteur essentiel dans la résolution du conflit syrien. Il n’oublie pas pour autant de préciser que les sanctions européennes contre la Russie ne pourront être levées tant que les Accords de Minsk, sur le cas ukrainien, ne seront pas appliqués. Le président français conclut cinq ans de crises internationales en réaffirmant l’autonomie diplomatique du pays, en dépit des erreurs, puisque « la France est toujours l’amie du monde ». o Margaux Boddaert

ASIE Il n’est pas bon d’insulter le dictateur

Un crime de lèse Mao

n Deng Xiangchao a fait les frais du culte de Mao. « La seule bonne chose que Mao a faite c’est mourir ». Cette phrase publiée en décembre dernier sur le Twitter chinois Weibo, a valu à ce professeur de l’université Jinan, dans la province de Shandong, d’être renvoyé par son établissement. Les critiques sur le Grand Timonier ne sont pourtant pas rares sur l’internet chinois, mais les pressions des habitants ont eu raison de lui. Début janvier, certains maoïstes ont manifesté contre les propos du professeur devant son université. Les autorités locales l’ont alors démis de son siège de membre du Comité permanent de l’assemblée consultative de la province ainsi que son poste de directeur adjoint à la Faculté des arts. Malgré son statut important dans la province, l’universitaire a égale-

Statue de Mao à Hunan (DR)

ment été sanctionné par le parti communiste qui lui a demandé explicitement de « se mettre à la retraite ». Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, en 2012, le PCC refuse toute remise en question de l’héritage maoïste. o Justine Reix


international USA A l’intérieur et à l’extérieur, la situation se crispe

Donald Trump et le mythe de la frontière

L

a ligne de démarcation américano-mexicaine est devenue le symbole de la crispation croissante entre les deux voisins. Une situation à rebours de l’histoire américaine, qui s’est construite sur l’abolition des frontières, à la fois géographiques, économiques et culturelles. Lors de sa première conférence de presse en tant que Président élu, Donald Trump a réaffirmé vouloir bâtir un mur frontalier antimigrant. Un projet qui semble irréaliste aux yeux de certains observateurs, estimant le coût (25 milliards de dollars) bien trop élevé. « Le Mexique nous remboursera »

Une somme que le futur locataire de la Maison Blanche compte faire payer dans un premier temps par le contribuable américain avant d’exiger un remboursement de la part du Mexique : « D’une manière ou d’une autre, et il y a plusieurs façons, le Mexique nous remboursera  » a t-il déclaré. Une hypothèse qu’a immédiatement exclue, suite à son discours, Enrique Peña Nieto, le président mexicain : « Il est évident que nous avons quelques diver-

Le futur président américain, ne veut surtout pas se dédire. A la veille de son investiture, Donald Trump martèle qu’il appliquera bien ses deux propositions les plus clivantes, l’expulsion des immigrés clandestins et la suppression de l’Obamacare, au risque d’élargir les divisions. L’ « Affordable Care Act » entrée en vigueur en 2013, facilite, pour les Américains, l’accès aux assurances et renforce également le système de santé pour les plus démunis, appelé Medicaid. Ce système qualifié de « complètement pourri » par Donald Trump pourrait très rapidement faire les frais de

La conférence de Paris agace Netanyahu n Le Premier ministre israé-

lien a qualifié, ce jeudi, la conférence internationale pour la paix entre Israéliens et Palestiniens d’ «  imposture ». Organisée le 8 janvier dernier, à Paris, elle réunissait les représentants de dizaines de pays pour envisager un avenir commun pour les frères ennemis. Alors qu’Israël n’a cessé de dénoncer l’initiative depuis que la France l’a lancée en janvier 2016, les Palestiniens l’ont approuvée. Les deux principaux leaders, Netanyahou et Abbas n’ont pas eu de rencontre publique depuis 2010.

Bagarre entre députés turcs En 2012, le département de la sécurité intérieure avait fait construire des murs et barrières sur plus de 1000 km (Photo ILCP)

gences avec le prochain gouvernement des Etats-Unis, comme au sujet du mur que, bien entendu, le Mexique ne paiera pas ». Bloquage des importations

En revanche, il est plus probable que le pays ait à payer cher l’édification d’un mur invisible, celui des barrières douanières, que M. Trump souhaite ériger en taxant fortement les importations mexicaines. Il s’est déjà réjoui lors de sa conférence de presse que Ford renonce à l’ouverture d’une usine à San Luis Potosi. Un néo-

protectionnisme qui coûte déjà au Mexique, puisque le pesos a atteint son plus bas niveau historique suite au discours de l’ancien magnat de l’immobilier. Face à cette rhétorique offensive, le Mexique a du durcir le ton. M. Nieto a ainsi enjoint son futur homologue de tout faire de son côté pour stopper les flux d’armes et d’argent sale en provenance des États-Unis et en direction des cartels mexicains. Les murs n’ont jamais été si hauts entre les deux pays. o Quentin Bas

A une semaine de l’investiture, la fracture n Alors que Donald Trump ne cesse, à quelques jours de son accession à la Maison Blanche, de tendre les relations avec son voisin mexicain, une fracture se dessine également au sein du pays qu’il compte bientôt gouverner.

en bref

l’intransigeance du président élu. Le Sénat, à majorité républicaine, a adopté jeudi par 51 voix, une mesure budgétaire visant à abroger l’Obamcare. L’objectif est bien de mettre à bas la loi emblématique de la précédente administration dès l’arrivée au pouvoir du futur président. Un risque de sécession Une brutalité législative qui contraste avec les réticences de l’opinion. D’après un sondage, 47 % des Américains ne veulent pas que le Congrès vote le démembrement de la loi. S’agissant des sans papiers, Donald Trump avait réaffirmé dans une émission de télévision au lendemain de son élection, vouloir expulser 3 millions d’individus. Une idée à laquelle se sont rapidement opposées plusieurs municipalités américaines. Le maire de Los Angeles va ainsi allouer un fonds aux sans-pa-

n Jeudi 12 janvier, lors de

l’adoption par le Parlement de trois articles du projet de réforme constitutionnelle, des députés turcs en sont venus aux mains. Des images ont été diffusées montrant les députés des camps opposés se battre et se lancer des chaises au cours d’une session nocturne. Les parlementaires n’en sont pas à leur premier coup d’essai puisqu’une altercation avait déjà éclaté en mai 2016, au moment de voter la loi sur l’immunité.

Le chef du Pentagone étrille la Chine et la Russie n Selon le futur chef du Penta-

gone, James Mattis, la Chine « détruit la confiance » dans ses relations avec les pays frontaliers. L’ancien général des Marines choisi par Donald Trump pour devenir le prochain secrétaire de la Défense a par ailleurs estimé que Vladimir Poutine essayait « de casser » l’Alliance atlantique, ce qui pourrait rassurer les Républicains qui s’inquiétaient de la volonté du nouveau président de ré-envenimer les relations américano-russes.

Nigeria : 16 cadavres de soldats récupérés Le président américain (DR)

piers pour les aider juridiquement. C’est bien en Californie, où l’idée d’une sécession fait son chemin, que l’on attend les plus grandes manifestations anti-Trump le 20 janvier, jour d’une investiture qui n’a jamais autant divisé. o Quentin Bas

n Seize corps ont été re-

trouvés dans le nord-est du Nigeria trois mois après une attaque revendiquée par le groupe islamiste Boko Haram selon l’armée. Le 17 octobre, la filiale du groupe Etat Islamique avait pris d’assaut une position commune des armées du Nigeria et du Niger à Gashagar, dans l’Etat de Borno, tuant 20 personnes.

Vendredi 13 janvier- EXpresso - 03


ECO/CONSO TRAVAIL Le compte personnel d’activité réunit des dispositifs déjà existants

Mise en route du CPA

n Le compte personnel d’activité (CPA) a été lancé hier. Censé s’adapter aux nouvelles carrières, plus fragmentées, des travailleurs du XXIe siècle, il pose les bases d’un socle de droits, mais en en créant peu de nouveaux. Le Compte personnel d’activité reprend en effet largement des dispositifs déjà existants, comme le Compte personnel de formation (CPF) et le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P). Le premier permet de bénéficier de vingt heures de crédit formation par an, et sera étendu à partir de 2018 aux travailleurs indépen-

dants et aux fonctionnaires. Le second recense dix facteurs de pénibilité, comme le port de charges, le bruit ou le travail de nuit, et permet de cumuler des points ouvrant droit notamment à des formations professionnelles et un départ anticipé à la retraite. Le CPA est aussi enrichi par la création du compte d’engagement citoyen (CEC), qui donne davantage d’heures de formation aux personnes consacrant au minimum 200 heures par an à du bénévolat ou des missions de volontaires (service civique, réserve militaire, maîtres d’apprentissage, etc.). Cette mesure

devrait toutefois concerner un nombre limité de travailleurs. Peu de nouveaux droits Si le dispositif consiste surtout en une mutualisation de plusieurs mesures, il fait aussi acquérir quelques nouveaux droits. Par exemple, les personnes peu qualifiées pourront bénéficier d’heures supplémentaires de formation, jusqu’à 48 par an (au lieu de 20 pour les autres). Les travailleurs pourront aussi mobiliser leur compte pour être accompagnés dans la création d’entreprise. Pour bénéficier de ces droits, il devront s’inscrire eux-mêmes sur le

site dédié : moncompteactivite. gouv.fr. Pour la CGT, le CPA est un point de départ amené à évoluer pour devenir « le réceptacle du socle des droits attachés à la personne et garantis collectivement que nous revendiquons ». Les syndicats réclament en effet l’ajout au dispositif du compte épargne-temps et de l’épargne salariale. Les droits à l’indemnisation chômage pourront également y être intégrés à terme. A condition que le CPA ne soit pas totalement détricoté. François Fillon a déjà promis d’abroger le compte pénibilité s’il était élu. o Hélène Assekour

NUMERIQUE Des remèdes plus ou moins radicaux à la dépendance digitale

Les oasis de la déconnexion

L

a jeune femme est abasourdie. Elle était venue dans ce café fleuri de la rue de Babylone (Paris VIIe) pour boire un allongé et pianoter sur son clavier. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le serveur est venu la vilipender pour lui demander d’éteindre son écran. Tels sont les usages au Café Coutume, qui a décidé il y a presque un an de bannir tablettes et ordinateurs de ses murs carrelés de blanc. La jeune blonde, a fini par obtempérer avec un regard teinté d’intrigue et de désarroi. Elle a sorti un journal et son carnet de note. Fait incroyable, elle a même demandé un stylo ! Mais elle ne s’attarde pas plus que cela dans cet étrange bistrot. Ici, pâtisseries, grains moulus et fruits frais trônent en vitrine, mais pas l’ombre de la marque à la pomme illuminée. « Nous ne voulions pas de cette ambiance  » affirme le serveur, « Dans les cafés lambdas, 80% des clients sont devant un écran et nuisent à la convivialité générale  » déplore-t-il. Jouant aux pères fouettards entre les tables, le garçon coince ce matin-là trois hyperconnectés, pris au dépourvu par ce lieu qui n’avertit nulle part de son aversion pour les écrans. Un besoin dans l’air du temps

«  Les gens sont froids devant leurs écrans. En leur interdisant l’usage on peut discuter, lire un livre, jouer aux cartes » justifie-t-il. Le personnel défend la réussite de son concept, 06 - EXpresso - VENDREDI 13 janvier

A l’accueil de l’espace Seymour +, les visiteurs déposent leur montre et leur téléphone / SEYMOUR +

mais le doute subsiste. Car si les plus gros appareils nomades ont disparu, une constellation de smartphones (qui eux sont autorisés) continue de plonger la clientèle et les serveurs dans un monde virtuel. En dépit des règles imposées, les gens ne se rencontrent pas davantage. Aujourd’hui, il existe des hôtels de luxe sans Wi-Fi aux vacances sans numérique, en passant par les applications qui bloquent l’usage d’Internet. Une économie se déploie pour placer ceux qui le désirent sous une déconnexion contraignante. Sur le plan législatif, l’article 55 de la loi Travail, inscrivant un « droit à la déconnexion » a fait une entrée timide dans les entreprises depuis le 1er janvier.

Il prévoit l’obligation d’entrer en négociation pour rédiger une charte sur le droit des employés à lâcher leur boîte mail. Pour se déconnecter, l’espace Seymour+ (Paris Xe) offre une expérience plus radicale. Dans ces 250m2 sans téléphone ni horloge, Melissa Unger met les visiteurs au défi de rester plus de trois quarts d’heure. Dans cinq salles épurées, l’espace invite ses hôtes à se balader dans du sable, entre des plantes, et à coucher ses pensées sur du papier. Une contrainte curative

Pour la créatrice de l’association, le digital detox est bien plus que la volonté de mettre fin à une dépendance. « C’est ne plus se

croire sans cesse occupé, pour pouvoir enfin penser à soi même » affirme-t-elle. Interrogée sur la nécessité d’un tel endroit, la franco-américaine explique : « C’est comme le sport, au début il faut y être forcé. Ce n’est que lorsqu’on commence à en voir les bienfaits que cela devient plus facile ». Faudrait-il que chacun se soumette à une cure extrême ? Dans tous les cas, à la fin du parcours, Melissa peut savourer son triomphe. Avec un sourire victorieux, elle nous lance : «  Vous voyez ? Vous pensiez ne pas tenir quarante-cinq minutes… Cela fait deux heures que vous êtes ici. »

o Thibault Lambert


ECO/CONSO ECONOMIE Sous pression, l’île prend la présidence de l’UE

Les Verts accusent Malte d’être un paradis fiscal

L

e luxembourgeois Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, était mercredi en visite à Malte, pour inaugurer symboliquement la présidence de l’Union européenne par l’île. Au même moment, les eurodéputés Verts publiaient un rapport sur la fiscalité maltaise. Ce rapport décrit plusieurs mécanismes d’optimisation fiscale. Le plus important permet aux entreprises commerciales installées à Malte, de bénéficier d’un remboursement de 6/7e des 35 % d’impôts sur les sociétés. Ainsi, la taxe imposée sur les bénéfice s’élève à environ 5 % contre 33, 3 % en France, des sommes que récupèrent ainsi les actionnaires. Quant aux holdings (sociétés détenant des participations dans plusieurs autres entreprises ou filiales, assurant une unité de direction), Malte leur applique un régime d’exemption fiscale sur les dividendes transféré à la holding établie dans l’île. Le rapport des parlementaires Verts dénonce également la faiblesse de la fiscalité des revenus liés aux brevets et droits d’auteurs.

Un manque à gagner colossal

Chaque année le fisc maltais ne perçoit in fine que 200 millions d’euros sur 3,5 à 4 milliards initialement récoltés auprès des entreprises. En 2015, les recettes fiscales maltaises s’élevaient à 247 millions alors que l’administration en avait récolté 4,2 milliards d’euros. Ce qui représente un manque à gagner d’environ 4 milliards pour

La Valette, capitale d’une île pointée du doigt / V.Bareta

Malte. Plus grave, ce régime aurait fait perdre près de 14 milliards d’euros aux autres pays entre 2012 et 2015. Eva Joly, vice présidente des Verts-ALE, estime qu’ « à l’heure où d’importantes réformes sont sur la table en matière de transparence et d’harmonisation fiscales, la situation est pour le moins burlesque ». Malte, désormais «  à la Présidence du Conseil, a toutes les allures des paradis fiscaux » ajoute-t-elle, «  Elle doit aussi et surtout montrer l’exemple en faisant les enquêtes et les réformes fiscales nécessaires dans l’intérêt des citoyens européens et non celui des multinationales ». Une inscription sur liste noire en débat

Alexandre Maitrot de la Motte, professeur de droit fiscal européen à l’université Paris-Est Créteil, tempère «  Malte n’est pas un paradis fiscal pour la France. Au niveau européen,

il n’y a pas de liste commune pour le moment, chaque pays a la sienne. La commission européenne en a établi une qui est une sorte de compilation des listes nationales ». Bruxelles souhaite effectivement établir son propre inventaire des paradis fiscaux avant la fin 2017 et les Verts plaident pour une potentielle inscription de Malte sur celui-ci. Mais, Alexandre Maitrot de la Motte rappelle qu’ «  il y a deux critères pour qualifier un pays de paradis fiscal  : des impôts faibles et une absence de coopération inter-étatique. L’OCDE et la communauté considèrent que les membres de l’Union Europénne (UE) coopèrent entre eux, échangent des informations fiscales et donc ne constituent pas des paradis fiscaux ». Si Malte a des allures de paradis («  fiscal  »), son inscription sur liste noire n’a donc rien d’imminent. o Morgane Bona

ENTREPRISE L’héritier de la marque suspecté de corruption

Samsung dans la tourmente n Le géant de l’électronique est à nouveau dans la tourmente. Lee Jae-Yong, l’héritier de l’empire Samsung, a été entendu jeudi 12 janvier pour sa probable implication dans le vaste scandale de corruption qui a provoqué la destitution de la présidente Park Geun-Haye. Pour couronner le tout, il est également soupçonné de parjure devant la commission d’enquête parlementaire qui s’occupait de l’affaire, le mois dernier. En cause, l’influence dont a bénéficiée Choi Soon-Sil de la

part de la présidente. Elle est jugée pour avoir soutiré, grâce à sa proximité avec Park GeunHaye, d’importantes sommes aux entreprises pour ses fondations privées. Une possible arrestation

Rapidement, les enquêteurs remarquent que c’est Samsung qui s’est montré le plus généreux en donnant 25 milliards de wons (17 millions de dollars). Il est également soupçonné d’avoir financé la formation équestre en Allemagne de sa fille. Un coup

dur pour le groupe qui était déjà sous le feu des projecteurs. En septembre dernier, il avait dû rappeler ses smartphones à cause des batteries qui explosaient. Un épisode désastreux pour le géant du téléphone qui pourrait enregistrer une perte d’environ dix-sept milliards. A l’issue de cette audition, un mandat d’arrêt contre l’héritier du groupe pourrait être délivré. Une probabilité « élevée » selon le porte-parole des enquêteurs. o Charline Hurel

en bref Relaxes surprise dans le procès des Wildenstein n Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé jeudi les héritiers Wildenstein, famille de marchands d’art poursuivis pour fraude fiscale. Le président du tribunal a reconnu la « claire intention » de dissimulation, estimée à plusieurs centaines de millions d’euros. Il a justifié sa décision par des lacunes dans l’enquête et des déficiences législatives dans la lutte contre la fraude fiscale. Le Parquet national financier avait notamment requis 4 ans de prison et 250 millions d’euros d’amende contre Guy Wildenstein, le chef de famille. Le redressement fiscal de plus de 500 millions d’euros, adressé par le fisc, sera jugé au civil.

0,2% d’inflation en 2016 n L’Insee a annoncé jeudi que l’inflation s’était élevée à 0,2 % en France en 2016.

Nouveau Dieselgate en perspective aux Etats-Unis n Fiat Chrysler a été accusé

jeudi par l’Agence Américaine de l’Environnement d’avoir truqué 104.000 moteurs diesel pour minimiser le niveau réel des émissions polluantes. Ce stratagème est similaire à celui employé par Volkswagen sur 600.000 véhicules diesel à destination des Etats-Unis. Le constructeur allemand a décidé mercredi de plaider coupable, et payera une amende de près de 22 milliards de dollars.

Première commande de 2017 pour Airbus n La compagnie aérienne saoudienne Flynas a passé commande de 60 Airbus A320 Neo, pour un montant total de 8,6 milliards de dollars. Une option a été posée sur 40 autres appareils. C’est l’actionnaire majoritaire de la première compagnie low-cost opérant en Arabie Saoudite qui a annoncé la signature du contrat.

Amazon va créer 100.000 postes aux Etats-Unis n Le géant du commerce en ligne a annoncé jeudi dans un communiqué qu’il allait créer 100.000 emplois d’ici 18 mois sur le sol américain. Les postes concerneront toutes les activités du groupe. Vendredi 13 janvier- EXpresso - 07


CULTURE CINEMA Edouard Baer signe un road movie parisien et personnel

« Ouvert la nuit », singeries nocturnes

L

uigi n’est pas là. Dans son théâtre parisien, la veille de la première, tout le monde lui court après. Les intermittents veulent lui tomber dessus pour des salaires impayés, le glaçant metteur en scène japonais réclame un singe pour jouer dans sa pièce et Michel Galabru – dans son dernier rôle – menace de tout abandonner. Délogé de son placard par Nawel (Audrey Tautou), femme à tout faire qui corrige chaque bourde de son directeur, l’éternel gamin se met en tête de récupérer une guenon et de dégoter de l’argent pour ses salariés. Il embarque malgré elle dans sa virée urbaine nocturne Faeza (Sabrina Ouazani), stagiaire au théâtre. Un joyeux bordel

Edouard Baer, réalisateur, se taille la part du lion dans ce long-métrage en campant Luigi. Personnage noctambule largement inspiré de lui-même, ce bel animal baratine à tour de bras et sème les chèques en bois partout où il passe. Séduisant au premier abord, l’hirsute saltimbanque révèle peu à peu son cynisme désabusé. Volage en amour, harceleur au travail, tyran irrésistible de désinvolture… ce Luigi-Baer finement portraituré évite au film de ver-

le loup blanc. Que l’hommeorchestre dédicace son film à Jean-François Bizot non plus, car le fondateur d’Actuel lui a mis le pied à l’étrier en l’embauchant à la radio Nova dans les années 90. Il partageait avec lui un certain goût de la bringue parisienne et de l’irrévérence que Baer, du haut de sa cinquantaine, perpétue fièrement en portant à l’écran.

o Bruno Lus

Baer roule sa bosse à Nova Edouard Baer qui apprend la lecture à son nouvel ami (P.Chantier)

ser dans le simple ego trip. Car l’écriture est la grande qualité d’Ouvert la nuit. Alors que la dispersion est le maître mot de ce road movie fantasque, les dialogues restent percutants. L’humour absurde fait mouche tout au long de ce bestiaire animé, galerie de gueules cassées et d’animaux en tout genre. Les personnages, sans être dénués de leur grain de folie, permettent à l’histoire de garder les pieds sur terre sans trop s’égarer dans le sillage d’un Luigi lunaire. La mise en scène, trop classique, n’est malheureusement pas à la hauteur de la fantaisie du récit. La caméra à l’épaule, baladée

du Paris bobo à Montreuil (93), additionnée à la longue focale collée aux basques de Baer, symbolisent grossièrement l’instabilité du personnage. L’abracadabrantesque périple, où chaque digression devient événement, aurait mérité une réalisation plus innovante. Le comédien de formation maîtrise en revanche impeccablement la direction d’acteur, à l’image d’un Grégory Gadebois oscillant habilement entre tendresse et rage. Ce n’est pas un hasard si le premier point de chute de Luigi est la rue Princesse (Paris 6e), où Edouard Baer est connu comme

EXPO L’espace dédié à l’art contemporain fermera fin 2018

EN BREF

Portes closes à la Maison Rouge n Sur le site internet, l’encart

rouge estampillé d’un « derniers jours » sonne comme la dernière démarque d’une boutique où tout aurait vocation à disparaître. A la Maison Rouge, boulevard de la Bastille, rien n’est à vendre mais tout est à prendre tant l’offre artistique de cette ancienne usine reconvertie en musée d’art contemporain brille par sa richesse. Mercredi 11 janvier, le mécène Antoine de Galbert a confirmé que l’édifice fermera ses portes fin 2018. Sa fondation éponyme créée en 2000 se retire pour se consacrer à de nouvelles missions de mécénat. « En créant La Maison rouge, je savais que l’aventure finirait un jour. Il me semble préférable qu’elle finisse alors qu’elle est – je crois qu’on peut le dire, même si c’est manquer de modestie – au plus haut 08- EXPRESSO - VENDREDI 13 JANVIER

de la vague, plutôt que de courir le risque de moins bien finir.  » a conclu celui qu’on définit comme un « collectionneur et exploitant agricole » au journal Le Monde. L’art sous toutes ses formes

Ouvert en 2004, son univers s’étend sur 1300 m2 de diversité culturelle où se côtoient les flâneurs venus déjeuner au Rose Bakery Culture, des artistes en herbe et des collections extérieures sur le patio. Pour compléter la richesse qui s’offre à chaque mètre carré, la Maison Rouge avait acquis en 2006 une pièce ouverte accueillant concerts et lectures. Baptisée «  La Suite », elle faisait présager d’un avenir radieux pour cet espace en constante expansion. Etrange décision donc, que de

Depuis le 10 octobre dernier, Edouard Baer est revenu à la maison mère Nova pour animer la matinale « Plus près de toi ». De 7 à 9 heures, inconnus et vedettes défilent à son micro. 20 ans après l’émission « La grosse boule » qui a fait connaître l’acteur, ce retour aux sources est couronné de succès avec une hausse de 6 000 auditeurs en un mois. Ton décalé, improvisations, happenings ou lives musicaux, Baer insuffle vent de folie et créativité à la radio rachetée en septembre 2016 par le banquier Matthieu Pigasse. L’arrivée de l’animateur phare participe à la refonte nostalgique de la grille des programmes mise en place à la rentrée.

Les contes de notre enfance sur Netflix

priver les parisiens d’un lieu emblématique de l’art contemporain qui a vu ses murs décorés entre autres par les 4 000 œuvres du collectionneur allemand Harald Falckenberg en 2005. Pour sa dernière année, la masure accueillera l’exposition « L’esprit français, contre-cultures 19691989 » à partir du 24 février puis celle consacrée aux créations d’Irène Delprat. Pragmatique, Antoine de Galbert se justifie en invoquant l’argument financier : « Pour pérenniser la fondation au-delà de ma disparition il aurait fallu un capital de 200 millions d’euros. Désolée : je ne les ai pas ». Qu’à cela ne tienne, la Maison Rouge continuera d’enivrer les amateurs d’art contemporain jusqu’en 2018.

o Coline Vazquez

n Les Désastreuses Aventures

des Orphelins Baudelaire débarquent sur Netflix. La série très attendue sera disponible ce soir sur la plateforme de streaming. La série respecte minutieusement la suite romanesque destinée à la jeunesse de Daniel Handler, vendue à plus de 55 millions d’exemplaires à travers le monde.

Des revenants au Palais des congrès n En première mondiale, Da-

lida, Clo-Clo ou encore Mike Brant remontent sur scène, en versions hologrammes pour Hit Parade. Joué dès mercredi soir, le spectacle se poursuit jusqu’au 26 février au Palais des congrès avant d’entamer une tournée en France.


CULTURE/SPORT HANDBALL Immersion dans la fan-zone parisienne lors du match d’ouverture

Bercy Village sans engouement

C

oncert, écran géant, foule et spectacle pyrotechnique. Dans la plus grande fan-zone de France, mercredi 11 janvier, tout était réuni pour célébrer la victoire de l’équipe de France de handball face au Brésil, en ouverture de son mondial. Pas de Tour Eiffel en vue. Nous sommes à Nantes, au Parc des expositions de la Beaujoire, où se jouent 14 matchs de la compétition. Les Nantais vibrent pour le handball. Du moins, des moyens leur sont donnés. Allée clairsemée, terrasses désertées. L’ambiance est tout autre au Bercy Village, lieu dédié à la fête du handball dans le XIIème arrondissement parisien. Lors de son inauguration le 6 janvier, Jean-François Martins, adjoint à la mairie de Paris en charge des sports, se voulait pourtant enthousiaste : « Ce lieu chaleureux et unique, paré aux couleurs de la compétition, symbolisera le caractère exceptionnel de ce bel événement ».

Au stand photo souvenir, Christine, 42 ans, bénévole parmi la trentaine dépêchée par la mairie de Paris, espère créer un «  engouement autour du handball   ». Mais pour y parvenir, «  il faudrait se faire connaître des parisiens » indique-t-elle, désabusée par la faible affluence et l’ennuie que cela provoque. Coincés entre des restaurants et magasins comme IKKS ou la FNAC, les quatre stands d’animation peinent à faire déplacer les fans de sport. Pas de grand écran

La faute au choix de ne pas installer d’écran géant d’après Julien, un bénévole de 21 ans qui n’a personne à qui proposer son animation pour s’entrainer au poste de gardien : « Un grand écran aurait attiré du monde. Je ne comprends pas pourquoi il n’y en a pas ». En plus, la concurrence est rude : ce soir-là, le PSG jouait au Parc des Princes, des films sortaient au cinéma. « Si on ajoute à cela la température extérieure, c’est

Cour Saint-Emillion désertée peu avant France-Brésil (Q.Bas/IFP)

difficile d’être attractif », poursuit-il. Pour espérer voir le match d’ouverture, il faut donc se rendre au « Frog, le pub partenaire ». Mais à l’entrée le serveur indique d’emblée : « Je peux vous mettre sur liste d’attente si vous voulez voir le match assis. » Au sous-sol, un grand écran recouvre le mur, mais, à quinze minutes du coup d’envoi, on est loin de l’effervescence. Stéphane, le responsable du pub explique : « pour l’événement, nous sommes le bar officiel de la Fédération Française de handball. Du coup, les places assises sont vite limitées et ce sont beaucoup de gens de la fédération qui viennent. » Une fan-zone avec un seul bar

VOILE Joyon passe le Cap Horn avec quatre jours d’avance

diffuseur et quatre animations. Certes, le jeu de lumières donne à ce lieu une note chaleureuse. Mais le peu d’engouement qu’il suscite refroidit la ferveur de certains supporters comme Adrien, 28 ans : « c’est triste mais après tout, c’est un espace commerçant plus qu’un lieu dédié au sport. » Alors que les Nantais peuvent participer à la fête du handball dans un espace couvert, équipé et gratuit, les Parisiens doivent se contenter de cette artère commerçante à défaut d’avoir un ticket pour l’Arena. Une situation qui contraste avec les moyens déployés lors de l’Euro cet été. Entre football et handball, c’est deux poids deux mesures.

o Tom Rossi

EN BREF

La Trophée Jules Verne à portée de voile

Le relais féminin deuxième à Ruhpolding

n Le navigateur et son équipage

n Même privées de leur meil-

de cinq hommes sont en bonne voie pour remporter le Trophée Jules Verne et ainsi battre le record du tour du monde à la voile, sans escale et sans assistance. Ils ont franchi le Cap Horn jeudi, au bout de 26 jours, 15 heures et 45 minutes. Soit avec plus de quatre jours d’avance sur le record établi par Loïck Peyron en 2012. Ce n’était pourtant pas gagné : le 29 décembre, Francis Joyon avait passé le cap de Bonne Espérance, au sud de l’Afrique, avec 21 heures de retard. « On n’était même pas sûr de partir », a-t-il rappelé à l’AFP, joint par téléphone juste avant le passage du Cap Horn. « Le vent n’était pas sur la ligne de départ mais un peu au large, on ne savait pas si on arriverait à rejoindre le vent de nord qui permettait de descendre », a-t-il raconté. Depuis, l’équipage fend la mer à la vitesse moyenne de 28,7 nœuds (53km/h) et bat tous les records.

Selfie de Joyon et son équipage au passage du Cap Horn. (F. Joyon)

Cette troisième tentative du navigateur, par ailleurs détenteur du tour du monde à la voile en solitaire en 2008 et premier marin à avoir bouclé un tour du monde sur multicoque sans escale en solitaire, pourrait donc être la bonne. Une course contre la montre

Depuis la création du défi nautique en 1993, des équipages ont tenté leur chance à 27 reprises. Treize seulement ont réussi à finir leur tour du monde, dont huit couronnés du Trophée.

Le défi est en effet rehaussé à chaque victoire, puisqu’il faut battre le record précédent, à la seule force du vent. A savoir pour Joyon : 45 jours 13 heures 42 min et 53 secondes. A bord de son maxi-trimaran Idec sport, Joyon s’attaque maintenant au dernier quart du parcours : la remontée de l’Atlantique. Désormais, il peut même rêver l’achever en moitié moins de temps que les personnages du tour du monde en quatre-vingt jours.

o Joséphine Kloeckner

leur élément, Marie Dorin-Habert, les relayeuses françaises avaient « le couteau entre les dents » jeudi, à Ruhpolding. Le relais féminin français s’est classé deuxième de la coupe du monde de Biathlon derrière l’Allemagne et devant la Norvège. C’est finalement la Franc-comtoise Anaïs Bescond qui a permis cette victoire avec un sans-faute face aux cibles.

Duel au sommet en Rugby n Montpellier affronte ce soir

en terre britannique Leinster, triple vainqueur de la compétition (2009, 2011 & 2012) pour la cinquième journée des poules de la coupe d’Europe de rugby. En cas de victoire, les Anglais seront qualifiés pour les quarts de finale. Avec deux points de retard sur son adversaire du soir, les troupes de Jake White pourraient prendre la tête.

VENDREDI 13 JANVIER- EXPRESSO - 09


EXPRESSO

13 01 2017

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PORTRAIT Hors Piste, le premier album du groupe sort ce vendredi

Les histoires De La Montagne

P

peu loufoques que De La Montagne a pris l’habitude de chanter. Dans les nouveaux morceaux, ils imaginent celle du dernier ourang-outan toujours en vie sur Terre ou encore la rencontre de deux fans de scooters sur un forum internet. Pour Canadair, le premier single, ils ont choisi de parler de... la région PACA. « On a eu l’idée au moment des régionales et de l’engouement autour de Marion Maréchal-Le Pen là-bas. On joue sur le fait que les Anglais l’appellent la French Riviera, un nom qui sonne classe alors que c’est finalement une région assez bling-bling avec un vote FN important. » Pour trouver toutes ces idées, Camille dit s’inspirer de l’actualité ou de conversations de la vie quotidienne. Samuel Eckert

our parler de leur rencontre, Camille et Alto ont imaginé un récit : celui de «  deux enfants élevés dans une micro société matriarcale dans les Hautes-Alpes. » Peut-être parce que la vérité est moins poétique mais surtout parce que les deux artistes aiment jouer avec leur imagination débordante. Comme la plupart des groupes de leur génération, la blonde au regard malicieux et le grand barbu tatoué se sont rencontrés sur internet, Facebook leur a récemment rappelé que c’était en 2011. Alto à Nevers aimait les sons que Camille postait sur Soundcloud depuis Lyon où elle étudiait aux Beaux-Arts. Ils n’ont même pas eu le temps de se voir une première fois qu’ils avaient déjà sorti leur première chanson et le clip qui l’accompagnait. Le duo se souvient : « L’un envoyait sa partie à l’autre en laissant des blancs pour qu’il puisse intégrer ses passages. » Camille avait déjà choisi son nom de scène De La Montagne  et son acolyte au clavier ne voyait pas d’inconvénients à le garder. « J’aimais l’idée de la particule de noblesse », explique la chanteuse. « Petite, j’étais dans une école privée parisienne où tout le monde en avait une sauf moi. En m’inspirant du nom de ma mère, je me suis créee la mienne. » Lorsqu’on lui demande de définir sa musique, le binôme fu-

Camille Bouvot-Duval et Alto Clark du groupe De La Montagne

sionnel ne prend pas de risques. De la pop « parce que ça parle à tout le monde », de l’électro parce qu’il faut qu’elle soit dansante et surtout de la chanson pour l’importance des textes. Le Paca, le dernier ourang-outan et des fans de scooters

Après deux années ensemble à Bruxelles « pour changer d’air  », ils décident finalement

EXPRESSO INSOLITES

de s’installer à Paris où ils ont composé leur premier album autoproduit  Hors-Piste. Comme si ce retour dans l’hexagone avait été un déclic, la moitié des titres sont pour la première fois en français. « Avant, je soignais mes paroles en anglais mais c’était frustrant que le public ne les comprenne pas. » Il serait en effet dommage de passer à côté des histoires un

Après la cassette, des emojis pour accompagner le disque

Il n’y pas qu’avec ces textes que le groupe cherche à surprendre son public. Déjà, en 2015, leur EP de reprises était disponible uniquement sur cassette audio, Alto reconnaît pourtant ne l’avoir jamais écouté sur ce support. Pour accompagner la sortie de l’album, ils ont créé cette fois-ci une application d’emojis inspirés de leurs paroles. Une idée plus réfléchie qu’il n’y paraît. « On a beaucoup cogité à la manière dont notre public se réappropriera nos chansons.  » Une manière pour De La Montagne d’espérer susciter l’écho. o Valentin Le Roux

Traque de trois chameaux à Toulouse

« Gamin, gamin, y’a Papa sur le paquet de L&H »

Les Golden Showers ont du succès sur Pornhub

n « Évasion de camélidés ». C’est sur

n En juillet dernier, Serge Nizet a eu la

n La révélation par les médias américains

ce motif que les gendarmes du groupement de surveillance et d’intervention de la compagnie du Mirail sont intervenus à Toulouse mardi dernier, à 4 heures 30 du matin. Appartenant à un cirque installé sur la commune de Saint-Lys, trois chameaux se sont enfuis de leur enclos. Le temps que les gendarmes réveillent les propriétaires, les trois animaux étaient déjà sur la route de Toulouse. Après deux heures de course-poursuite, l’un des évadés a été heurté par une camionnette de livraison de journaux et n’a pas survécu, mais les deux chameaux restants ont été rendus sains et saufs aux responsables du cirque.

10 - EXPRESSO - VENDREDI 12 JANVIER

mauvaise surprise de découvrir l’image de son père, décédé depuis six ans, sur un paquet de cigarettes neutre. Sans avoir été averti, son père alité, équipé d’un tube respiratoire figure parmi les photos de sensibilisation aux dangers de la cigarette. Depuis, le belge se bat pour obtenir le retrait de la photo mais ses démarches n’ont pas avancé. Les clichés utilisés sur les paquets neutres sont fournis par la Commission européenne à la Santé . C’est cette dernière qui en détient les droits. Si elle affirme avoir recueilli le consentement écrit des personnes y figurant elle a recensé pas moins de 52 demandes similaires cet été.

d’un supposé scandale sexuel compromettant le futur président des Etats-Unis intrigue les internautes. Selon les rumeurs, Donald Trump aurait demandé à des prostitués de s’uriner dessus dans un hôtel à Moscou. Depuis, le site de vidéos pornographiques Pornhub a recensé sur son moteur de recherche une augmentation considérable de mots clés reliés à l’ondinisme, une attirance sexuelle liée à l’urine. Selon Pornhub, les recherches contenant l’expression «Golden Showers» (douches d’or) ont augmenté de 102 % sur la moyenne quotidienne habituelle. Ces termes sont le plus souvent recherchés par les hommes de plus de 65 ans.


08 EXPRESSO 2017