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Bulletin de Santé Mondiale — Global Health Newsletter

Volume 7 Numéro 1 Novembre 2013

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter

La charte et le réseau de la santé

Antoine Desilets Éditeur en chef Bulletin de santé mondiale bsm@ifmsa.qc.ca

La Charte des valeurs québécoises a fait couler beaucoup d’encre au Québec cet automne. Difficile en effet d’aborder le sujet sans ouvrir un débat des plus polarisés. La clause la plus controversée reste vraisemblablement celle concernant l’interdiction des signes religieux ostentatoires pour les employés de l‘État. Alors que certaines rumeurs s’élevaient quant à l’exclusion du réseau de la santé, le gouvernement a remis les pendules à l’heure en affirmant qu’aucune exemption ne serait accordée à quelque branche de la fonction publique ou parapublique. Au moment où plusieurs organisations résistent en bloc au nouveau projet de loi du Parti Québécois, il convient de dresser un certain compte rendu de la position actuelle de diverses institutions du domaine médical. Il est aussi capital de cerner l’impact éventuel qu’aurait l’implantation d’un tel projet de loi sur la pratique des professionnels de la santé. La première voix à s’élever contre la Charte a été celle de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), qui regroupe l’ensemble des gestionnaires de centres hospitaliers, de CLSC et de CHSLD. Au début du mois d’octobre, la directrice générale de l’Association, Diane Lavallée, a fait part de son inquiétude par rapport aux conséquences d’un tel projet de loi sur l’embauche et la rétention de personnel qualifié. Bien que 48% des établissements de santé abritent des employés portant des signes religieux visibles, Mme Lavallée rapporte que seulement 3% d’entre eux ont déjà reçu des plaintes à cet égard dans le passé. Ainsi, l’Association estime que le projet de loi créerait « un problème là où il n’y en avait pas », et ne ferait qu’aggraver l’actuelle pénurie de main d’œuvre. La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) a été la deuxiè-

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me organisation à se prononcer sur le sujet. Ce syndicat, qui représente plus de 3600 jeunes médecins en formation à travers la province, a établi par l’entremise d’un récent sondage que 15% de ses membres arborait un signe religieux, tels le voile, la kippa, la croix ou le turban. Alors que 20% des médecins touchés consentiraient à retirer ces signes, près de 25% d’entre eux avouent qu’une telle contrainte les forcerait à quitter la province. La Fédération a ainsi sommé le ministre Drainville de soustraire les médecins résidents à cette interdiction afin d’éviter une perte d’effectifs qui pèserait lourd sur le système de santé. Pour sa part, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a partagé ses préoccupations par rapport aux restrictions qu’imposerait le gouvernement, mais estime qu’il est trop tôt pour prendre position. Les membres attendent donc le dépôt du projet de loi avant de se prononcer sur le sujet. Les médecins spécialistes sont eux aussi restés muets, pour des raisons similaires à celles de la FMOQ. Du côté universitaire, on assiste au même phénomène. À la mi-septembre, le Centre universitaire de santé McGill a ajouté sa voix aux détracteurs de la

« Pourquoi penser que la personne qui porte un signe religieux serait moins susceptible de faire preuve d’impartialité, de professionnalisme et de loyauté envers l’institution, que la personne qui n’en porte pas? - Rapport de la Commission Bouchard-Taylor


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Charte en annonçant au sein d’un communiqué que « l’exercice de ce choix (le port de signe religieux) ne gêne en rien la capacité de quiconque à s’acquitter de ses activités professionnelles au sein de nos communautés universitaires et hospitalières ». Même discours au Centre hospitalier de l’Université de Montréal où Guy Brochu, président du syndicat des professionnels en soins de santé, soutient que « c’est pour les compétences qu’on embauche dans les institutions, pas pour la tenue vestimentaire. » On assiste ainsi à un certain consensus au sein du milieu de la santé, où tous s’entendent pour dire que l’implantation de la Charte des valeurs québécoises aurait un impact négatif sur la rétention du personnel impliqué. Certains hôpitaux hors province en profitent même pour recruter des médecins et des infirmiers québécois. Une publicité de l’hôpital ontarien Lakeridge, diffusée en septembre dernier sur différents réseaux sociaux, montre en effet une jeune professionnelle de la santé arborant un hidjab, avec comme message: « We don’t care what’s on your head. We care what’s in it ». Difficile pour les membres de certaines communautés religieuses de ne pas se sentir interpelés par une telle campagne, considérant qu’un emploi dans une autre province canadienne se verrait en prime accompagné d’une meilleure rémunération… Le Ministre de la santé, Réjean Hébert, ne semble pas inquiété par ce possible exode des travailleurs de la santé. Il estime que d’autres mesures gouvernementales ont dans le passé créé les mêmes remous, mais que les menaces de démission ne se sont jamais concrétisées. M. Hébert ne s’est toutefois pas prononcé au sujet des coûts exorbitants qui seraient associés au dépouillement des hôpitaux de tout symbole associé à leur passé religieux. Que faire, par exemple, de l’Hôpital général juif de Montréal, fondé en 1934 par des investisseurs de confession juive, mais dont la mission a toujours été de servir une population de toute langue, origine et religion? Le gouvernement oseraitil retirer aux membres de l’établissement leur droit historique de porter la kippa? La Charte pourrait aussi être difficilement applicable dans d’autres circonstances. On pense par exemple aux nombreuses infirmières employées par des agences privées qui travaillent dans les hôpitaux de la province, mais qui ne sont pas, à proprement parler, au service du gouvernement. Le Parti Québécois se donnera-il aussi le droit d’appliquer ses mesures coercitives aux employés de l’administration et de l’entretien des Centres de santé universitaires, bien que ceux-ci aient été construits en tant que partenariat public-privé? Ne reste plus qu’à attendre le dépôt du projet de loi final qui confirmera les appréhensions des différentes organisations du réseau de la santé.

Dans ce numéro La charte et le réseau de la santé Antoine Desilets

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On becoming a doctor: Excellent medical student, terrible clinician Amy Ho

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Centre d’injection supervisee à Montréal: dans un future proche? Laurent Darveau

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What exchanges really mean Nina Nguyen

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Partir avec IFMSA au Chili Camille Pelletier Vernooy

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Is this all we can do? Anya Gopfert

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Contrefaçon de médicaments: État des faits Stéphanie Lanthier-Labonté

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We end pets’ suffering, so why deny relief to dying people? Melanie Bernstein

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La mise en œuvre du droit au logement dans la réserve d’Attawapiskat Céleste Michaud

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Six semaines au Bénin Rose-Marie Joncas

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Quelques images des derniers mois Conseil exécutif 2013-2014

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Messages d’IFMSA-Québec Conseil exécutif 2013-2014

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On Becoming a Doctor: Excellent Medical Student, Terrible Clinician There is a saying that you enter medical school wanting to help people but exit it wanting to help yourself. It may be a cynical view, but a realistic one. The criteria to being a good medical student are far different from being a good doctor. Medical education may be breeding a legion of self-serving, grade-grubbing, SOAP-note spewing machines rather than the “empathetic,” “compassionate” and “caring” physicians of admission essays yore.

Amy Ho

4th year medical student University of Texas Southwestern Medical School amyfaith.ho@gmail.com

I was no different. My first two years of medical school, I was largely a disinterested student; I didn’t care for basic sciences, research or pathology. Like many others, my knowledge waxed and waned with the test schedule, and after Step 1, I entered my clinical years an acceptably successful medical student. Excellent medical student, terrible clinician Third year begins a reign of terror lead by the constant gauntlet of heavilyweighted rotation grades, standardized exams and the looming threat of residency applications and “The Match,” when, after 20 years of schooling, some pie-in-the-sky computer would tell me if I was good enough or not to be a doctor, and subsequently determine my life for the next three to seven years. Grades were a priori to make myself the most competitive residency candidate possible. I studied and worked hard. Each patient became an opportunity for me to impress on notes, rapid-fire oral presentations and predict nuanced “pimp” questions. I learned to charm patients just enough that they’d acknowledge my “care” to the attending during rounds. I interrogated my patients just

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enough to write the excellent notes I knew I’d be evaluated on. I “learned” about my patients by memorizing their daily lab values to proudly recite on rounds. Patients weren’t people with problems but stepping stones to rack up points with the attending. Once rounds were over, patients became time-sucks from Shelf studying time, an exam worth 30% of every rotation grade. Real humans do not follow textbook presentations, but exams do; the warm body in front of me only detracted from my evaluation by cold Scantron. By my attendings’ clinical comments, I was an “excellent medical student,” but I knew I was a terrible clinician, rehearsed only in the games of academia, not medicine. How I learned to stop worrying about “The Match” and love patient care My shift in paradigm came with a shift in career path. My worst fear as a fledgling surgeon was not “matching” for a residency spot. My worst fear as a fledgling emergency physician was killing a patient. Suddenly playing doctor became very real, and in the middle of my OB/ GYN rotation, I started to care not about textbook presentations but real-world ones. I didn’t care for OB/GYN and volunteered to cover the peripartum critical care unit, a similar environment to emergency medicine. My first day on the unit, I saw a patient roll in as I was in the middle of practice questions on the computer. I glanced up but returned to my test preparation, justifying my delay in evaluating the patient because the resident was still in surgery. Half an hour later, the resident came to evaluate the patient and I followed. The


IFMSA-Québec | www.ifmsa.qc.ca patient was obtunded, hypotensive and sitting in a growing pool of her own blood. It would not have taken a MD to realize that this patient required immediate medical attention, and I kicked myself for not evaluating her sooner. I may have been a pretend doctor, but it finally struck me that I was a pretend doctor on very real patients. For the rest of my time in the unit, I made it a point to personally round every hour, on the hour, on every patient. I didn’t always write notes for these hourly rounds; getting credit was no longer important to me, patient care was. While they initially questioned my obsessive rounding, the residents quickly came to trust my dedication and leave me to my own in the unit, knowing I’d alert them if necessary. At my institution, hell hath no fury like an OB/GYN resident unnecessarily interrupted, so I spent my time reading on appropriate treatment courses for the different conditions I saw in the unit. After I rounded, I’d give the resident a list of orders to put in, and the nurses began to treat me as the main provider in the unit. I got to be the first person to make critical medical decisions, responding to truly acute situations and drastically changing the course of a patient’s treatment. I pulled long hours and hardly studied in the traditional sense with prep books and practice questions, but I was constantly reading on my patients. That Shelf exam and clinical evaluations were my best of the year. I had learned to stop worrying about “The Match” and love patient care. Not “just” a student After that revelation, I fought to earn more responsibility and trust on each rotation; I learned more, gained competence and became more satisfied in my chosen career in medicine. During emergency medicine, the specialty that started it all for me, I learned more medicine in one month than I did in my entire third year. It was a pass/fail course with no motivation by grading, but I was terrified I would be the first person to evaluate a patient and not recog-

Behind each question I’d see faces of patients with that exact presentation; behind each answer choice, I’d see the clinical consequence of making the wrong decision. nize a critical condition. That hemorrhaging patient from day one on the peripartum critical care unit still haunted me. People can decompensate quickly and unpredictably. At any moment, you may go from being “just” a student to being the only medical provider in the room. At the end of that rotation, Step 2 breezed by with none of the misery I experienced with Step 1. Behind each question I’d see faces of patients with that exact presentation; behind each answer choice, I’d see the clinical consequence of making the wrong decision. Finally, I understood what it means to be both an excellent medical student, and (at my level of training) an excellent clinician. The academics of medicine often makes us forget the “59 yo AA M with pmh CHF dx 2010 (EF 20% by TTE 8/2013) p/w SOB x 2d” is a real person, with real vulnerabilities and real fears. We are not “just” students, but trainees and members of the medical profession. Grades and exams do not define us, but are simply checks on clinical competence. Trite as it may be, remember what you wrote about in your admissions essay: why you embarked on this journey in the first place. We came to medical school not to become excellent medical students, but to become excellent doctors. Always keep that in mind; all else, the grades, “The Match,” the exams, will fall in place.

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Centre d’injection supervisée à Montréal: Dans un futur proche? Lors de la récente campagne électorale municipale à Montréal, Denis Coderre s’est positionné en faveur des sites d’injections supervisées (SIS). Il s’engageait ainsi à ouvrir deux centres, soit un au centre-ville et un autre dans l’arrondissement du Sud-Ouest. Il affirmait «n’avoir pas le choix de prendre cette décision parce que cela crée des problèmes encore plus grands sur le plan social et sur le plan de la santé». Ces propos vont de pair avec l’opinion du Directeur de Santé de Publique (DSP) de Montréal qui suggérait l’implantation de SIS dans l’étude de faisabilité sur l’implantation d’une offre régionale de services d’injection supervisée à Montréal parue en 2011. Richard Lessard, alors DSP de Montréal à l’époque réitérait avec évidences scientifique à l’appui que la mise en place de SIS à Montréal aurait un impact positif sur les épidémies de VIH et de Hépatite C ainsi que sur les décès par surdose qui menacent les utilisateurs de drogues injectables (UDI). L’implantation de SIS inciterait aussi à une meilleure utilisation des services de traitement et contribuerait à la réduction des nuisances potentielles dans la communauté sans toutefois avoir un effet négatif attendu sur l’ordre public. Les organismes locaux s’adressant aux UDI, Urgence Santé et le Service de Police de la Ville de Montréal secondaient en cœur la proposition du DSP. Pour clore le tout, un jugement de la Cour suprême du Canada rendu le 30 septembre 2011 a finalement confirmé le caractère légal du SIS de l’organisme Insite à Vancouver, alors le seul centre existant au Canada. Suite à cette décision, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec a reconnu que cette décision ouvrait la voie à un service semblable dans la belle province sous certaines conditions.

Considérant ce consensus au travers des différents acteurs, tout porte à croire que Montréal s’inspirera du centre Insite et instaurera dans un futur très proche des centres offrant des services d’aide à l’injection avec divers services médicaux annexés à ceux-ci. En opposition avec le modèle de Vancouver, qui centralise les injections autour d’un seul lieu, le département de Santé publique de Montréal propose une approche multisites qui semble plaire beaucoup plus aux élus et citoyens en évitant la centralisation d’UDI dans un même arrondissement. Pour plus de détails sur le rapport du DSP en 2011, veuillez lire l’étude en suivant ce lien: http://www.dsp.santemontreal.qc.ca/fileadmin/ documents/4_Espace_media/dossiers_de_presse/ sis/rapport_final_1512_sis.pdf

Laurent Darveau Vice-président aux affaires externes

IFMSA-Québec vpe@ifmsa.qc.ca

Photo: Darryl Dick, La Presse Canadienne

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What exchanges really mean After a fulfilling year as a local officer on reproductive health including AIDS (LORA), I became a local exchanges officer (LEO) because I felt that something was missing in my IFMSA experience. Raising awareness on various sexual health issues such as access to HIV/AIDS treatment and gender-related discrimination was beyond interesting but, at the end of the year, I felt like I missed out on what defines IFMSA.

Nina Nguyen Coordonatrice locale des échanges cliniques Université de Sherbrooke usherbrooke.leo@ ifmsa.qc.ca

Promises of international escapades, exotic friendships, and unusual phone area codes were nowhere to be found. It was the hope of broadening IFMSA-Quebec’s outreach that landed me in the Standing Committee on Professional Exchanges (SCOPE) team. Soon, I would learn that the LEO I am will indeed greet incoming international students on my campus, but also that was going to be the closest I would get to what makes the IFMSA an international federation. Little did I know that my deception would make me the first individual member from a non-member school of the Canadian Federation of Medical Students (CFMS). Unlike my colleagues at McGill University, who have somewhat of a dual citizenship by being members of the CFMS and of the FMEQ (Fédération Médicale Étudiante du Québec), Frenchspeaking students are confined between imaginary boundaries set by our language of study. I quickly discovered that the CFMS also has a Global Health Program, and this was enough to spark my interest. Sitting alone on the SkyTrain on its way to downtown Vancouver on a school day first felt like a really bad idea. Not only it was my very first

As a local exchange officer, I was told to act local, but I was not forbidden to think global. time on the West Coast, but it was also my first time attending a CFMS’ general meeting. Walking under the rain on Robson Street, carrying my luggage by myself, I wondered if my Canadian colleagues would ever greet an Asian-looking, but Frenchspeaking girl from Quebec. It was the first but also the last time I feared exclusion during that weekend. By attending plenaries, by participating in small working groups, and by contributing to discussions on global health issues, I got a preview of how collaboration between the isolated province of Quebec and the rest of Canada can grow. Sometimes I would get looks of disapproval, remembering me that I did not truly belong, but the more I was provoked, the more I would tighten bonds with Canadian colleagues. Exchanging with like-minded colleagues on common issues in medical education, in public health and in global health ignited my motivation to commit to the IFMSA. Promises of collaboration between the sister organizations that are the CFMS and the FMEQ are overdue. To truly ensure the continuity of this blooming teamwork, exchanges should not only be done on the executive level, but also on the active membership level. Joining the IFMSA international team, albeit only through a small assistant position in the Publications Support Division, showed me how the hunger for cross-boundaries interactions deepened my understanding of medical education abroad. As a local exchange officer, I was told to act local, but I was not forbidden to think global. Quebec students: because we, too, can break the borders.

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Partir avec IFMSA-Québec au Chili: Petit rêve unique et opportunité précieuse J’ai eu l’opportunité de partir au Chili lors du mois d’août pour participer à l’assemblée générale internationale d’IFMSA-Monde. Ces assemblées ont lieu deux fois par année et rassemblent plus de 700 délégués-étudiants en médecine- de plus d’une centaine de pays. Je suis partie pour représenter IFMSA-Québec et ses 3 700 membres comme coordinatrice nationale du comité Droits humains et paix et comme trésorière. Cette assemblée générale (GA) a été assez particulière. Elle était axée sur la réforme de l’organisation; de nombreuses périodes de réflexion et de mise en commun ont eu lieu. «Think outside de box» nous disait les responsables. Je vous partage ici ma dernière entrée de blogue pour vous présenter un peu l’ambiance d’une rencontre. Écrit le 15 août 2013

Camille Pelletier Vernooy VP FInances et Coordonatrice nationale du comité Droits humains et paix IFMSA-Québec finances@ifmsa.qc.ca

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Me voilà rentrée au pays, en route vers une nouvelle rencontre d’une autre association étudiante à Guelph, Ontario. Les aventures d’été ont déboulé les unes sur les autres. Je n’ai pas vu le temps passé, encore une fois. Le paysage monotone de la route vers Toronto défile devant moi; bien différent de la splendeur des montagnes chiliennes et des vignobles se projetant devant nous à perte de vue. Les passagers me semblent étrangers; je ne reconnais plus mes amis provenant des quatre coins du globe. Je n’entends plus cet anglais parlé avec des accents tous des plus différents, aussi charmants les uns que les autres. Je ne ressens pas cette fébrilité d’être avec ceux qui; sans partager ni même la langue –parce que le français québécois est bien différent du français tunisien- ni même l’origine, me ressemblent plus que quiconque. Ces étudiants qui étudient la médecine pour les mêmes raisons que moi. Raisons qui bien trop souvent sont incomprises ici

dans ma faculté; raisons difficiles à résumer en quelques lignes sans éviter les clichés…sinon parce qu’on veut remodeler le monde à notre façon, mélangeant la justice sociale et l’équité mondiale. Ils me manquent déjà. Laissez tomber les idées toutes faites! Ce voyage n’a pas été parfait. J’ai découvert une fédération internationale que j’idéalisais peut-être un peu trop. Comme toute organisation, elle a des failles, des pièces de travers et un sérieux mépris devant le changement. IFMSA aurait besoin de nombreux points de suture. Sa structure est lourde, chargée de dizaines de positions avec peu de pertinence selon moi; de l’argent mal investi peut-être. Certaines sessions tournent en rond, le retard des délégués aux réunions est marquant, le manque de communication aussi… Mais en même temps, rappelonsnous, nous ne sommes que des étudiants qui ne maitrisons pas encore la chirurgie. Malgré tout, de véritables miracles se sont déroulés tous les jours dans cette


IFMSA-Québec | www.ifmsa.qc.ca Et mes objectifs dans tout ça, je les ai accomplis. Des projets du Québec tels que le comité de santé mondiale et la campagne de sensibilisation sur les populations vulnérables du comité Droits humains et paix seront sûrement instaurés dans d’autres pays cette année.

social pour les étudiants en échanges et bien plus. J’aiderai le comité du thème du prochain GA, sur l’agenda post-2015. Nous travaillerons ensemble afin d’impliquer le plus grand nombre d’étudiants dans le processus. Je reviens motivée et prête à me mettre à l’ouvrage. Et puis, lorsqu’on se compare, on se rend à l’évidence qu’IFMSA-Québec comme IFMSA international a aussi de nombreuses pentes à gravir. Mais IFMSA-Québec a du vent dans les voiles, car elle possède comme la fédération une ressource des plus précieuses : des étudiants passionnés et prêts à s’engager pour un monde plus juste. On ne peut rien vouloir de plus.

assemblée générale : l’adoption de la mission et vision présentées par Claudel, notre présidente, la délégation chinoise lisant un statut de support à Taiwan pour la prochaine rencontre internationale, des Serbes, Croates et Bosniaques se tenant debout ensemble en signe de solidarité, des projets du Portugal inspirés par ceux du Soudan, des sessions de comité composés d’une vingtaine de personnes de vingt pays différents; tous les continents représentés! Des discussions engagées sur divers sujets, des séances de formation, des débuts de projets concrets, la signature des contrats pour le programme d’échanges tant primé ici au Québec et des conférences inspirantes; tout ceci se passe aussi dans une rencontre internationale. Et mes objectifs dans tout ça, je les ai accomplis. Des projets du Québec tels que le comité de santé mondiale et la campagne de sensibilisation sur les populations vulnérables du comité Droits humains et paix seront sûrement instaurés dans d’autres pays cette année. Je reviens avec une valise remplie d’idées et de collaborations pour les comités du Québec; de nouveaux guides pour les coordonnateurs seront créés-inspirés de ceux des Pays-Bas, un meilleur suivi des délégués inspiré de celui de la Catalogne, une gestion financière plus stable, un programme

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Is this all we can do? No. And I'm going to tell you why.

Anya Gopfert Think Global Co-coordinator IFMSA thinkglobal@ifmsa.org

As a youth delegate attending my first World Health Summit I will be leaving with some feelings of dissatisfaction and frustration which were well summed up by Richard Horton, editor of the Lancet, when he quoted his twelve year old daughter's opinion on the summit, "a lot of talks and not enough action". Yet this is not a problem limited to the WHS and I strongly believe the academic community can do better. The World Health Summit brings together academics and policy makers from all around the world and I am in no doubt that the potential of such a gathering is immense. A limited experience of academic conferences has shown me an odd parody with separation of research and implementation. This is a topic that has been widely discussed here but is also reflected by the layout and setup of the Summit at the same time. Each symposium and workshop brings together experts and leaders in a specific area, each present their ideas or practice and then a fruitful and interesting discussion takes place. Then everyone claps and smiles and feels fulfilled. However I believe these discussions are actually of significant worth in the research world. Should the content not be written up and conclusions reached thereby making the World Health Summit a forum for advancing health research in an efficient and effective way? In order for this to work each symposium and likely the conference overall would require more specific outcome oriented aims. Singapore presented a model from the regional WHS conference utilising the coming together of academics and policy makers to a two-day workshop to create health policy on a particular topic. Can this model be replicated more often? A second point for discussion is the presentation of research in such a setting.

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Academics seem to be removed from reality. They work ridiculously hard to produce evidence-based recommendations and yet the pinnacle of a research project is presentation at a forum like this. This gains the presenter credibility and probably has next to no impact on the health of the world's population. For example, there were sessions at the WHS for New Voices in Global Health. These were placed at lunchtime and as the last session of the conference, emphasising many of the concerns highlighted above and the attitude of academia towards new researchers. The sessions were relatively empty which means that the research outcomes were not reaching the decision makers in their areas. Is this really the future or is it time for a culture shift in academia? Global Health could be the area to demonstrate a new culture where research is presented to those with the power to make a difference and altruism returns as a core characteristic and motivation of research, leaving career advancement for those who truly deserve it. I would like there to be a framework for measuring impact of the WHS over the next year, thereby creating a focussed, purposeful evaluated conference with a vision for the future. Such a framework could be replicated for other global health conferences to ensure outcome orientated purpose driven summits and conferences that are worthwhile for all. In conclusion, academic conferences should have concrete outcomes, with an overall purpose and a follow up impact assessment. The research community needs to focus on the why of their work and to reflect on their motivations for research and dissemination. In this way we could create a positive model for improving global health research meetings.


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www.climateandhealthalliance.org

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Contrefaçon de médicaments: État des faits Une pilule, c’est un globe-trotter : quelques pays pour produire les matières premières, un pays pour la fabrication, un autre pour l’emballage, un pour l’entreposage, un pour la vente. Sur son chemin, le risque de fraude est présent. En effet, la contrefaçon se fait selon diverses stratégies : remplacer un vrai produit qui doit se rendre à un vendeur par un médicament contrefait, diluer un médicament, réutiliser des emballages jetés dans une poubelle d’hôtel… UN TRAIN POUR L’EUROPE

AMÉRIQUE DU NORD Canada, 2009, plus de 15 000 faux comprimés contre la dysfonction érectile saisis par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) États-Unis, 2007, dizaines de morts, anticoagulant (héparine) fait avec du sang de cochon chinois contaminé États-Unis, 2012, 19 cabinets médicaux concernés par un traitement du cancer (Avastin) inactif (OMS, 2012)

GLOBE-TROTTER PARCOURT L’AMÉRIQUE LATINE Argentine, chaque année, 22 000 Argentins décédés, médicaments contrefaits Argentine, 2010, des politiciens et leaders syndicaux du milieu de la santé impliqués dans le marché noir des médicaments Panama, 2007, 115 morts et 174 malades, sirops contrefaits

Europe, 2009, 34 millions de comprimés contrefaits saisis en deux mois par les douaniers Royaume-Uni, 2011, 2 millions de doses contrefaites pour le traitement du cancer de la prostate, de la schizophrénie et des problèmes cardiaques Hollande, sur 370 échantillons de Viagra saisis, seulement 10 vrais comprimés Belgique, 2008, 2 millions de cachets de médicaments contrefaits saisis aux Douanes en provenance d’Inde et à destination de l’Afrique EN ROUTE VERS L’ASIE Chine, chaque année, entre 200 000 et 300 000 morts dues à l’usage de faux médicaments (rapport de l'International Policy Network) Chine, 2012, 2000 arrestations lors d’une opération, valeur des saisis : 186 millions de dollars canadiens Chine 2007, 200 paralysés, médicament contaminé contre la Leucémie Inde, 40% des médicaments des hôpitaux gouvernementaux sont contrefaits (Association des chambres de commerce indiennes) Sibérie, 3000 fausses doses administrées à des cardiaques, par le médecin en chef d’un grand hôpital Philippines, 2012, saisie de 130 000 capsules de Tuseran Forte contrefaites originaires de Chine via Hong Kong GLOBE-TROTTER EN AFRIQUE Afrique, chaque année, 200 000 à 700 000 morts, faux médicament pour la malaria Afrique, 30 % et 70 %, taux de médicaments falsifiés (OMS) Kenya, 2011, 3000 Kényans reçoivent un faux antirétroviral (Zidolam-N) distribué par Médecins sans frontières Nigeria, 2008, 84 bébés décédés, sirop de paracétamol

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Nul n’est à l’abri. La contrefaçon de médicaments rapporte plus de 200 000 $ pour 1000$ investis, ce qui est 10 fois plus que le trafic de drogues (Bernard Leroy, directeur de l'Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM)). En 2010, 75 milliards de médicaments contrefaits vendus dans le monde. (OMS) En effet, la contrefaçon occupe 6 à 15% du marché mondial pharmaceutique. (IRACM)

Le marché (IRACM, 2012) Antibiotiques (28%) Hormones ou stéroïdes (18%) Antiallergiques (8%) Antipaludéens (7%) Amaigrissants Troubles de l’érection

Des milliers de citoyens de 140 pays sont victimes chaque année des faux médicaments. « Le marché des médicaments est mondial, alors le problème est mondial et il faut le régler à l’échelle de la planète. Mais il n’y a pas de collaboration authentique » (professeure Jillian Kohler, Faculté de pharmacie de l’Université de Toronto). Les réseaux du marché noir sont bien structurés, et parfois, des professionnels de la santé sont complices. Globe-trotter sous surveillance L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnait que la contrefaçon de médicaments est un problème actuel, et un problème sous puni. En effet, seulement 30% des pays possèdent une règlementation. Or, l’inaccessibilité aux produits pharmaceutiques pour plusieurs pays contribue au succès du marché noir: les pays veulent protéger leurs multinationales et empêcher la production de génériques.

Stéphanie Lanthier-Labonté Coordonnatrice de campus Université Sherbrooke

usherbrooke@ ifmsa.qc.ca

Actuellement, l’OMS offre une aide directe pour renforcer la règlementation pharmaceutique, et a mis sur pied en 2010 un groupe de travail sur le sujet. En 2013, un rapport du G8 pour renforcer l’action face aux médicaments contrefaits a été publié (IRACM).

La situation au Canada Le Canada doit rehausser sa lutte contre les médicaments contrefaits. En effet, le Canada sert de couverture à ce réseau : près de 11 000 pharmacies sur le web se disent canadiennes. Aussi, certaines pharmacies virtuelles sont réellement canadiennes, et leur approvisionnement est criminel. Celles-ci distribuent entre autres des médicaments contrefaits aux Américains (Food and Drug Administration américaine (FDA)). « Le Canada a la pire feuille de route des pays développés lorsqu’il s’agit de lutter contre le trafic de médicaments. Nous abritons des criminels et nous ne voulons pas aider les États-Unis à les arrêter » (Pr. Amir Attaran, Université d’Ottawa). Le Canada avait refusé de collaborer au mandat d’arrestation américain contre Andrew Stempler, un Manitobain exportant des médicaments contrefaits aux États-Unis (Winnipeg Free Press, mars 2013). Actuellement, la FDA enquête sur Kris Thorkelson, propriétaire de Canada Drugs: 3700 adresses de pharmacies virtuelles illégales lui appartiendraient.

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We end pets’ suffering, so why deny relief to dying people? Like many others, I have vivid childhood memories of my beloved pets being put down due to illness or old age. Being an animal lover, the word ‘euthanasia’ always had a negative connotation in my mind, probably due to the fact that I associated the word with losing a beloved furry friend. Never did it cross my mind that euthanasia could have positive aspects; after all, how could death ever be something ‘good’?

Melanie Bernstein 2nd year medical student McGill University

When I was 19, I got a job helping out a local veterinary clinic, and later on I pursued two years of veterinary school. Euthanasia is a regular part of the veterinary world, and I was exposed to it starting from the very first day. While at first I had a difficult time understanding why a family would decide to euthanize their pet, rather than letting it live out its natural life, I quickly started to see the benefits in making the hard decision to turn to medically assisted death. When I looked at the animals for which euthanasia was being considered, instead of just seeing a cute dog or cat, I began to see illness and age – most of these animals were in severe pain, many were incontinent and/or immobile, and they were all suffering from untreatable diseases or old age. While they were once able to run and jump and play, these animals were relegated to spending the rest of their days indoors, mostly unable to move, their days filled with pain so severe that some were unaware of what was going on around them. Their quality of life was gone – and the happiness had left their eyes, leaving only suffering in its wake. Whereas I once associated death with being something that is always bad, for these animals I now saw how euthanasia could truly be a blessing, as it would bring their never-ending pain and suffering to a quick and dignified conclusion. Now, as a 25 year old medical student, I wonder why my fellow human be-

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However, under the right conditions and after following specific to-bedetermined procedures, I see no reason why we should deny a person who is suffering with no hope of improvement the right to finally find relief in death. ings don’t deserve the same compassion that is extended to our animal companions. When an individual is in such constant pain that they can no longer walk, talk, or even breathe on their own, why should we deny them the right to die with dignity? Unlike animals, in which the veterinarian must use his or her professional experience to gauge when the suffering has become too much, humans can actually communicate their anguish and their desire to put an end to it. Am I suggesting that doctors should euthanize every patient that wants to die? Absolutely not. However, under the right conditions and after following specific tobe-determined procedures, I see no reason why we should deny a person who is suffering with no hope of improvement the right to finally find relief in death. Most of you wouldn’t let a beloved pet suffer more than necessary, so why would you want that for yourself or for a family member? If you wouldn’t do it a dog, then you shouldn’t be doing it to a human.


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La mise en œuvre du droit au logement dans la réserve d’Attawapiskat Dans les années 70 et 80, le gouvernement a fait construire des maisons dans la réserve d’Attawapiskat. Cependant, les fonds étaient insuffisants pour respecter les codes et standards provinciaux de construction. Les maisons étaient de pauvre qualité et inappropriées au climat extrême. Maintenant, la plupart d’entre elles sont inutilisables. En décembre 2011, 346 personnes des 1,929 vivant dans la réserve n’avaient pas de logement suffisant. Certains vivent même dans des tentes et des cabanes. Les maisons sont surpeuplées, dangereuses, infestées de moisissures, non isolées, et ne sont pas raccordées aux services d’eau potable, d’évacuation des eaux usées ou d’électricité. L’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 11.1 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels énoncent que les États partis, tel le Canada, « reconnaissent le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisant, ainsi qu’à une amélioration constante de ses conditions d’existence ». Selon le Comité des DESC, il ne suffit pas d’avoir un logement, il doit permettre à toute personne de vivre dans la sécurité, la paix et la dignité. Il y a différents facteurs – sociaux, économiques, culturels, climatiques, écologiques, etc. – à considérer afin de respecter le droit au logement. Notamment, le Comité des DESC a déterminé des aspects indissociables au droit, soit: la sécurité légale

Ce manque de coordination fait en sorte que le droit au logement suffisant pour 346 autochtones n’est toujours pas pleinement exercé.

de l’occupation; l’existence de services, matériaux, équipements et infrastructures; la capacité de paiement; l’habitabilité; la facilité d’accès; l’emplacement et le respect du milieu culturel. En effet, dans la réserve d’Attawapiskat, plusieurs logements ne sont pas «suffisants» et ne permettent pas un niveau de vie suffisant, ce qui a créé des tensions entre le gouvernement et la première nation. L’origine du conflit vient du fait que les démarches pour améliorer la situation du logement dans la réserve ne sont pas bien coordonnées. D’un côté, la première nation fait ses propres démarches pour régler la situation qui devient toujours de plus en plus urgente. D’un autre côté, le gouvernement entreprend des démarches grandement insuffisantes, mal gérées et qui vont même ralentir les démarches de la première nation. Le gouvernement a imposé une tierce personne pour gérer le financement de logements dans la première nation, ce qui ralentit et limite encore les efforts de développement de celle-ci. Ce manque de coordination fait en sorte que le droit au logement suffisant pour 346 autochtones n’est toujours pas pleinement exercé.

Céleste Michaud Étudiante de 4ième année

Université d’Ottawa

L’imposition de la tierce personne ne respectait pas les critères du «Comprehensive Funding Agreement», l’Acte des Indiens et les propres politiques du ministère par rapport à la tierce personne. Il y avait aussi peu de preuves comme quoi le ministère était vraiment engagé dans la résolution de la crise du logement, sa mission fondamentale n’étant même pas respectée. De plus, il n’a proposé aucune alternative à l’imposition de la tierce personne. Ceci nous mène à questionner non seulement l’intégrité de la Couronne et ses

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter devoirs financiers envers la première nation, mais aussi son respect de divers traités entre les premières nations et la Couronne. En parallèle, si l'on se fie aux critères indissociables au droit à un logement suffisant, on peut constater que plusieurs d’entre eux ne sont pas respectés dans la réserve d’Attawapiskat. Selon l’Observation générale 4, les critères dont l’existence de services, matériaux, équipements et infrastructures, la capacité de paiement, l’habitabilité et la facilité d’accès, ne sont clairement pas respectés, ce qui détermine les logements comme étant insuffisants. Puis, dans le cas de la crise du logement, certaines démarches du gouvernement vont à l’encontre de droits humains. Par exemple, l’imposition de la tierce personne a grandement violé le droit d’autodétermination de la première nation et ne semble aucunement avoir aidé à remédier à la crise. Puis, la discrimination structurelle que fait le gouvernement viole le droit à la non-discrimination; il devrait prendre en charge la crise, peu importe la situation. Au contraire, il s’en occupe à peine et limite ainsi le droit à un logement suffisant. Enfin, l’Observation générale 4 énumère des démarches à entreprendre lorsque la population n’a pas accès à un logement suffisant, mais le gouvernement n’entreprend pas ces démarches et, dans cette mesure, viole le droit au logement suffisant.

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Un logement insuffisant affecte ainsi directement plusieurs autres droits. L’imposition de la partie tierce à la première nation pour la gestion de fonds a violé le droit du peuple à disposer de lui-même (PIEDSC art.1, PIDCP art.1). Ceci a eu une répercussion négative directe sur le droit au niveau de vie suffisant, plus précisément le logement, pour assurer la santé ainsi que le bien-être d’une personne et de sa famille. Puis, les conditions de logement sont un déterminant du droit à la santé (PIDESC art.12) qui, dans le cas d’Attawapiskat, n’est pas respecté. Il faut noter que plusieurs personnes dans la réserve souffrent de problèmes de santé, surtout physique, causée par l’environnement malsain des logements. Enfin, le droit à la protection et l’assistance aux familles et aux enfants (DUDH art. 16.3, PIDESC art. 10, PIDCP art. 23, 24) est aussi touché. Le manque de logements convenables dans la réserve affecte le bienêtre des personnes touchées, considérant le taux de violence et d’insécurité grandissant dans les maisons surpeuplées et non sécuritaires. En conclusion, il est certain qu’il y a d’importants obstacles à vaincre afin d’atteindre le droit à un logement suffisant pour tous. Ce n’est pas en se condamnant les uns les autres que la crise sera réglée. Une meilleure coopération devrait être engagée afin de développer des plans de développement réalistes, favorables et durables, afin d’atteindre un niveau de vie suffisant pour que tous aient accès à un logement suffisant.


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Six semaines au Bénin

(Article initialement publié dans la revue Première ligne)

Rose-Marie Joncas Étudiante de 2ième année Université de Montréal

Le 19 juin dernier, lorsque j'ai mis les pieds au Bénin pour la première fois et que j'ai constaté l'état des faits, je me suis dit que les 6 prochaines semaines allaient être longues. J'avais pourtant suivi 24 heures de formation pré-départ pour participer à ce stage d'observation en milieu médical, où on nous avait préparés à la réalité culturelle différente, aux enjeux de santé mondiale, à la nécessité de reconnaître ses limites au niveau médical, etc. J'étais supposément préparée à entreprendre le périple. Mais rien ne nous prépare à une telle ambiance, à un tel mouvement incessant, à une dynamique comme celle que j'ai constatée à Cotonou, la capitale économique du pays, ce jour-là. Ceux qui auront mis les pieds en Afrique une fois dans leur vie pourront confirmer le caractère indescriptible du tout. J'anticipais instinctivement un inconfort, dans ce pays de terre rouge et de soleil. Je craignais secrètement pour mon niveau de bien-être, à voir toutes ces vendeuses sur le bord de la route, assises derrière leurs oranges, leurs poissons ou leurs torches, embrouillées

par le nuage de poussière et de fumée qui les entourait. J'avais peur, je dois l'avouer. Les 6 semaines qui ont suivi m'ont pourtant prouvé que, non seulement mon niveau de confort n'a pas été affecté dans ce pays du lavage à la main, de la cuisson au charbon à ciel ouvert et de l'eau de puits, mais que mon niveau de bonheur s'est vu fortement augmenté à force de côtoyer ces gens chaleureux, généreux et disponibles que sont les Béninois. D'emblée, je désire mettre les choses à clair. Le stage d'observation médicale que j'ai fait au Bénin dans le cadre du programme SCOI d'IFMSA Québec en était bien un d'observation. Il ne s'agit pas d'aide humanitaire, de voyage communautaire ou de stage pratique. Je suis une étudiante en médecine de deuxième année. Je n'ai pas encore de compétences particulières dans le domaine et les médecins et internes pratiquant dans l'hôpital où j'ai fait mon stage détenaient une quantité de savoir à faire pleurer mes quelques heures d'expérience clinique. Je n'aurais pu être d'aucune utilité, pas plus que je ne l'aurais été dans un hôpital québécois dans les mêmes circonstances. Mon stage de 6 semaines a donc été réparti en périodes de 2 semaines chacune: en médecine interne, en pédiatrie et en maternité. Je n'ai pas l'intention ici de rapporter les cas les plus extravagants qu'il m'a été donné de rencontrer durant mon séjour, ni de faire une liste exhaustive de ce que j'ai pu voir. Je ne crois pas que quelques lignes de description à peine réussiraient à donner une image réaliste des conditions de santé au Bénin. Je peux par contre affirmer que les conditions hospitalières ne sont nettement pas aussi terribles que ce qu'on a parfois tendance à imaginer. Les médecins sont compétents, les aides-soignants

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter [...] j'ai constaté que le système privé de santé crée un délai de traitement qui reste probablement un des plus grands obstacles à la bonne santé d'une population et qui n'est pas particulier au Bénin ou à l'Afrique. sont bien formés et présents. Il est vrai qu'il manque souvent de ressources matérielles ou qu'elles sont plutôt instables, mais le fait le plus marquant qui caractérise le système de santé, selon moi, est son caractère privé, où chaque malade paie les frais de consultation, d'hospitalisation, d'examens, de médicaments, etc. Ce qui affecte le plus la santé des malades, c'est leur incapacité à prendre en charge leur maladie tôt, «puisqu'on va attendre un peu plus pour voir si c'est vraiment grave avant de se rendre à l'hôpital»; ou on traite par soi-même, avec des médicaments traditionnels ou de la médecine «underground» et le succès relatif qu'on leur connait. La caractéristique commune que je me permets donc de rapporter de mon passage dans le milieu hospitalier est le niveau de gravité de la maladie et la présence de complications lorsque les patients se présentent à l'urgence. Que ce soit des adultes diabétiques, hypertendus ou dyslipidémiques; des enfants atteints de malaria; des femmes enceintes qui consultent pour la première fois à 6 mois de grossesse, etc., j'ai constaté que le système privé de santé crée un délai de traitement qui reste probablement un des plus grands obstacles à la bonne santé d'une population et qui n'est pas particulier au Bénin ou à l'Afrique. En ce qui concerne la vie au Bénin, je me dois de souligner que mon expérience est toute relative à l'unicité de ma personne et à la courte durée de mon passage. Par contre, de ce que j'ai eu la chance de goûter comme expérience, la culture béninoise, ancrée dans le collectivisme, la religion et la foi, le respect de l'autorité et des racines, la famille et la générosité, a été une des plus grande source de joie et de sérénité que j'ai eu la chance de vivre. Il ne faudrait pas croire que les biens matériels sont quasi inexistants, comme les médias occidentaux le laissent trop souvent penser. Les téléphones portables sont universels, les téléviseurs sont très présents. Le luxe et l'excès ne sont certes pas monnaie aussi courante que ce qu'on peut constater au Québec, mais les besoins de base y sont en général bien remplis, tou-

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jours selon mes observations. J'ai rencontré un peuple heureux, fier et plus généreux que ce que je connais dans mon propre pays. L'image que je garde du Béninois est celui de quelqu'un qu'il fait bon de côtoyer, pour qui il n'existe ni stress lié à l'horaire, ni obstacle pour aider son prochain: pour qui le réflexe premier face à un accroc de la vie quotidienne est de répondre «ce n'est pas un problème. On va gérer.» En définitive, ma réaction première de croire qu'une diminution des ressources matérielles allait être synonyme de diminution de mon niveau de confort se sera révélée erronée. J'ai appris beaucoup sur la médecine lors de ce stage, sur le fonctionnement du système de santé comme sur la médecine clinique et individuelle, mais j'ai surtout appris sur l'importance des relations humaines, de l'honnêteté et de l'engagement dans un milieu pour le bonheur d'un individu. J'allais en Afrique pour apprendre de par la différence, remettre en cause ma façon de vivre, me lancer dans l'inconnu. J'en reviens le cœur rêveur, heureuse d'avoir réalisé que mon bien-être ne dépend pas des mes possessions, mais des mes relations. Je sais dorénavant davantage vers où orienter mes efforts et énergies. **Si vous êtes intéressés par un tel type de stage, vous pouvez visiter le site Internet suivant: http://ifmsa.qc.ca/comites/scoi Sentez-vous aussi à l’aise de m’écrire à l’adresse suivante: rose-marie62@hotmail.com.


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Quelques images des derniers mois IFMSA à l’Union fait la force (7 novembre 2013)

De gauche à droite: Camille Marcoux, Claudel P-Desrosiers, Luc Guérin et Laurent Darveau

L’émission sera diffusée le 27 janvier 2014 sur les ondes de Radio-Canada.

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter Halloween et sensibilisation au don d’organe

Équipe de l’Université de Sherbrooke

Équipe de l’Université de Montréal

Assemblée général d’août 2013 (Santiago, Chili)

Délégation d'IFMSA-Québec lors du gala d'ouverture de la 62e assemblée générale d'août d'IFMSA

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Seconde plénière de l’assemblée


IFMSA-Québec | www.ifmsa.qc.ca Congrès d’automne (Université Laval, 5-6 octobre 2013)

Notre confériencière principale, Dre Dominique Deschênes, présidente du Collège québécois des médecins de famille (CQMF).

Atelier de formation sur l'éthique des stages à l'étranger, par Olivier Gagné

Séance ordinaire d'assemblée générale

Formation des coordonnateurs locaux du comité de santé mondiale

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter

Messages d’IFMSA-Québec

(Lire le Newsletter de Novembre pour plus d’information)

Appel de candidatures: Délégation au March Meeting - Tunisie 2014 IFMSA-Québec vous invite à faire partie de notre délégation au March Meeting 2014 (MM2014) d'IFMSA. La 63ème Assemblée Générale de la Fédération aura lieu à Hammamet, Tunisie du 3 au 9 mars 2014, avec une préassemblée du 28 février au 3 mars. Le MM2014 est une rencontre d’IFMSA où les membres des divers pays représentés par l’organisation se rencontrent pour discuter de leurs projets, pour créer des partenariats et pour faire avancer l’implication des étudiants en médecine dans le domaine de la santé mondiale. Ceci est une réunion de travail qui implique de nombreuses heures de travail pendant la journée (souvent plus de 12 heures de travail par jour).

Formation Training New Trainers (TNT): À Trois-Rivières! Il nous fait très plaisir de vous présenter l'activité Training New Trainers (TNT) d'IFMSA-Québec, une fin de semaine de formation de haute qualité par et pour les étudiants en médecine. Fiers du succès de l'année dernière à Saguenay, nous récidivons cette année à Trois-Rivières du 7 au 9 février 2014! Ces ateliers sont animés par des étudiants expérimentés avec la participation d'un expert international, et vous aurez la chance cette année de choisir entre deux volets en parallèle, "Leadership" et "Advocacy in global health". Plus de détails seront à venir, mais vous pouvez déjà réserver la fin de semaine du 7 février 2014. Au plaisir de vous voir à Trois-Rivières!

Colloque de bioéthique - Université de Montréal Le prochain colloque de bioéthique de l'Université de Montréal qui abordera les enjeux éthiques liés à la limite des ressources et à ses impacts sur le système de santé, aura lieu les 14 et 15 novembre prochain. Dr Alain Vadeboncoeur, président de MQRP fera partie de 16 conférenciers qui débattront des enjeux en cause et Réjean Hébert, ministre de la santé et des services sociaux du Québec, prendra la parole dans deux séances plénières. Pour plus d’informations: http://www.bioethique.umontreal.ca/colloque/colloque-annuel-2013-presentation/

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IFMSA-Québec | www.ifmsa.qc.ca IFMSA Permanent Small Working Group on Disaster Risk Management Through the IFMSA we as medical students fulfill our duty and our responsibility to be active in this field. This Permament Small Working Group (PSWG) was created at the last August Meeting 2013, even though our involvement in this field reach to the history of our federation. In this second phase, we'll continue our work in various fields; advocacy, information and education internally and externally as well as assistance of maintaining health in region of disaster by prevention as well as direct help. Apply to join our work by sending a short motivation letter (max 1 page) and your CV to ifmsa.drm@gmail.com. Refer to the Newsletter for more information. Deadline for application: November 8th 23.59 CET

Calendrier de l'Année - Rencontre régionale d'IFMSA: 3 au 11 janvier (Panama) - Party de Noel: 18 janvier 2013 (Montréal) - Formation "Training New Trainers": 7-8-9 Février (Trois-Rivières) - Assemblée générale de mars d'IFMSA: 28 février au 9 mars (Tunisie)

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- MonWHO: 29-30 mars (Montréal) - Colloque de Santé Mondiale: 5-6 avril (Montréal) - Congrès de printemps: 10-11 mai (Montréal)

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Suivez la délégation du Québec!

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter

Équipe éditoriale / Editorial Team Antoine Desilets Claudel P-Desrosiers

Nos partenaires / Our partners

Auteurs / Authors Melanie Bernstein Antoine Desilets Laurent Darveau Anya Gopfert Amy Ho Rose-Marie Joncas Stéphanie Lanthier Labonté Céleste Michaud Nina Nguyen Camille Pelletier Vernooy

Photo de couverture / Frontpage picture: Congrès d’automne 2013 6 octobre 2013, Université Laval, Ville de Québec

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Bulletin de Santé Mondiale - Global Health Newsletter | Nov. 2013  

Éditeur en chef: Antoine Désilets. Merci à tous les auteur(e)s!

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