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Bulletin de santé mondiale — Global Health Newsletter

S’impliquer

Volume 5 Numéro 2 Mai 2011

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S’impliquer—Participate IFMSA-Québec

Climat = santé « Climate change is the big-

gest global health threat of the 21st century. » The Lancet.

Claudel PétrinDesrosiers Coordonnatrice locale, Comité de Santé mondiale (SCOGH), Université de Montréal

Au début de l’année, lorsque j’ai lu cette phrase pour la première fois, j’étais assez septique. Les changements climatiques, vraiment ? Il faut dire que j’en savais très peu sur le sujet, et encore moins sur ses impacts au niveau de la santé mondiale. Je lisais au début janvier sur Internet que le réchauffement climatique pourrait décimer l’industrie du cacao, estimée à plus de 9 milliards de dollars. Une question m’est venue en tête : comment vais-je survivre l’intensité des fins de session sans mon moka quotidien ? J’appréhende déjà les répercussions négatives sur ma santé mentale… Plus sérieusement, je lisais récemment que plus de 150 vols avaient été annulés à Pékin en raison de la pollution atmosphérique. Si l’air n’est même plus assez sain pour que les avions puissent voler, comment peut-il l’être pour des poumons humains ? On aurait annoncé cette nouvelle il y a quelques années, et peu auraient cru en son réalisme. Aujourd’hui, la réalité aujourd’hui est toute autre : les changements climatiques se sont définitivement installés dans notre quotidien. Les impacts environnementaux, vous les connaissez. Vous en entendez parler depuis votre jeune âge. Recycler, réutiliser, récupérer. Ne pas gaspiller d’eau. Fermer les lumières quand vous sortez d’une pièce. Une petite chanson qui a tellement joué dans nos oreilles qu’on en a oublié sa signification, sa raison d’être et ses implications.

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La situation devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on considère les changements climatiques dans une perspective de santé : votre santé, la santé de votre famille, mais aussi la santé des sept autres milliards d’humains sur cette planète. Le réchauffement climatique modifiera l’évolution et la distribution des maladies, principalement celles qui se transmettent par vecteurs, comme la malaria, la fièvre dengue, l’E. Coli entérohémorragique, la salmonelle et plusieurs autres. Elles vont élargir leur territoire d’attaque, deviendront plus résistantes aux antibiotiques et affecteront encore plus de gens. Le réchauffement provoquera aussi plus de vagues de chaleur, mortelles pour les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques cardio-respiratoires. La qualité de l’air se verra diminuée, engendrant plus d’infections des voies respiratoires inférieures et de maladies pulmonaires obstructives chroniques. Nous pouvons aussi prévoir une hausse considérable d’évènements météorologiques extrêmes, comme les inondations au Pakistan (2010) et en Asie du Sud (2011) ou encore la sécheresse dans la corne de l’Afrique. Conséquences ? Des infrastructures complètement détruites, des conditions de vie précaires, des millions de sans-abris, un accès difficile à l’eau potable, des soins de santé réduits, etc. La baisse de la disponibilité d’eau potable est aussi un facteur à considérer, car elle peut augmenter l’incidence des diarrhées contactées par de l’eau contaminée et diminuer le débit des cours d’eau. Encore plus, le réchauffement climatique s’attaquera à la production alimentaire, en modifiant les conditions optimales sous lesquelles les grains se cultivent. Nous pouvons déjà prévoir plus de mauvaises récoles et plus de sécheresses, conduisant à une malnutrition aigüe et chronique, qui va toucher plus particulièrement les enfants de cinq ans et moins dans les pays à faible et moyen revenu. Et c’est sans parler des millions, voir des milliards de réfugiés climatiques.


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Il va sans dire qu’une très forte corrélation entre les changements climatiques et les déterminants sociaux de la santé existe. De plus en plus de publications considèrent l’environnement comme un de ces déterminants, au même titre que l’éducation ou le revenu familial. Rappelons que les déterminants sociaux de la santé sont définis par l’OMS comme les « circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ». Selon The Lancet, « climate change will have its

greatest effects on those who have the least access to world’s resources and who have contributed the least to its cause ».

Je ne suis peut-être pas ce qu’on appelle une « écolo » typique, mais j’ai pourtant toutes les raisons du monde de me préoccuper des changements climatiques. Nous sommes déjà plus de sept milliards d’humains sur terre, un 5% qui consomme 23% de l’énergie mondiale, un 13% qui n’a pas accès à l’eau potable et un 38% qui n’a pas de services d’assainissement adéquats. Nous sommes sept milliards et nous ne manquons pas d’espace : nous manquons d’équilibre, d’équité et d’égalité. Par ailleurs, le Colloque de Santé mondiale d’IFMSA-Québec, qui s’est tenu les 24 et 25 mars prochains à l’Université de Montréal, a eu pour thème 7 milliards … en santé? C’est un évènement qui fut extrêmement intéressant, enrichissant et pertinent, puisqu’il a considéré la nouvelle vision de la santé que nous devons adopter.

Depuis quelques mois, une campagne internationale intitulée Climat = Santé a été lancée par IFMSA afin de sensibiliser la population sur les enjeux de santé liés à l’environnement et aux changements climatiques. Touchant de plein fouet la santé mondiale, le SCOGH de l’Université de Montréal a repris la campagne en novembre dernier. Divers projets sont en cours de réalisation et le visionnement d’un documentaire sur ce sujet sera organisé au printemps. De plus, plusieurs organisations membres d’Amérique latine se sont dites intéressées par un projet commun sur cette thématique actuelle et c’est pourquoi je travaille présentement avec eux pour voir ce qu’il serait possible d’accomplir. La santé d’individus à travers le monde est en jeu et nous avons encore le pouvoir d’agir et de faire une différence. Tâchons de ne pas perdre cette chance. Je vous laisse sur quelques mots du rapport final de la Commission sur les déterminants sociaux de l’OMS. « Of course climate change has pro-

found implications for the global system – how it affects the way of life and health of individuals and the planet. We need to bring the two agendas of health equity and climate change together. Our core concerns with health equity must be part of the global community balancing the needs of social and economic development of the whole global population, health equity and the urgency of dealing with climate change. »

Dans ce numéro : Climat = santé Claudel Pétrin-Desrosiers

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Les droits humains et la médecine Andrés Felipe Gil

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Un aperçu de la santé maternelle au Pérou Groupe Pérou—Iquitos 2010-2011

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Une belle rentrée IFMSAQuébec à Saguenay Emy Martineau-Rheault

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Humanitarian action : Problem 11 -solving without issue creating Francis Rossignol Un aperçu de—A taste of 13 August Meeting 2011 Sabrina Provost Laurence Bernard Anne-Sophie Thommeret-Carrière Khadija Benomar Marc-André Lavallée

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Les droits humains et la médecine Andrés Felipe Gil Coordonnateur local, Comité Droits humains et paix (SCORP) IFMSA-Québec, Université de Montréal— Campus Mauricie

Les droits humains font partie intégrante de la vie d’une personne, de sa naissance jusqu’à sa mort. L’histoire associe plusieurs récits à la protection des individus. Que ce soit les dix commandements de la Bible, le Cylindre de Cyrus ou tout autre document, l’homme a cherché à se protéger et à protéger les autres, depuis bien longtemps, par un code accepté par l’ensemble de la population. La naissance des droits humains, mais surtout leur universalisation, font de nous ce que nous sommes aujourd’hui : des êtres libres. Dans le monde médical, cela fut encore plus important. Si vous pensez au serment d’Hippocrate, vous avez visé juste. Ce traité, soutenant un engagement profond de la part des pratiquants de la profession médicale à démontrer en tout temps compassion et intégrité à l’égard des patients, a apporté une dimension humaine, de respect et de dignité à la médecine actuelle; un terrain propice à la sensibilisation des droits humains aujourd’hui. Imaginez simplement ce que serait la médecine sans la dimension humaine qu’elle possède? Les atteintes aux droits humains sont généralement associées à la torture, aux crimes de guerre, au racisme ou à toute autre forme de discrimination. C’est vrai, mais c’est bien plus que cela. En effet, les articles 3 et 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme établissent le droit à la vie et le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. Deux points de grande importance lorsqu’on pense aux déterminants sociaux de la santé. En somme, si au premier regard, le rôle de la médecine dans la promotion de la paix et des droits humains semble difficile à définir, ceuxci sont en fait beaucoup plus interreliés que ce que l’on peut croire.

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Assez dit, en médecine les droits humains sont d’une importance majeure ! C’est pour ces raisons que j’ai décidé d'introduire le Standing

Committee On human Rights and Peace

(SCORP) d'IFMSA dans le jeune campus satellite de l’Université de Montréal à TroisRivières. Nous avons commencé l’année en grand en posant un premier geste concret, à la façon d’un conquistador proclamant la souveraineté d’un territoire avec un drapeau planté sur ces terres mauriciennes (ou avec une croix comme Jacques Cartier). La semaine consacrée aux populations urbaines négligées visait à sensibiliser les étudiants en médecine à la réalité vécue par certains groupes d’individus qui appartiennent à une strate vulnérable et souvent cachée ou oubliée de notre société. Cette semaine a eu lieu dans tous les campus universitaires de médecine du Québec où le SCORP est actif, entre le 7 et le 11 novembre 2011. À Trois-Rivières plus particulièrement, nous avons réalisé deux activités visant à sensibiliser les étudiants à la réalité des gens de la rue. Premièrement, nous avons invité, pour une conférence, monsieur Jean Beaulieu, un artiste de la région qui s’est donné comme mission la réinsertion sociale des jeunes de la rue par le biais de l’art. Il a partagé avec nous l’historique des ateliers ART-GO, institution dans laquelle des jeunes ayant vécu dans la rue s’investissent dans la conception de vitraux, dont certains ont été exposés lors du 400e anniversaire de la ville de Québec. D’autres vitraux décorent le vieux port de Trois-Rivières ou rendent hommage des personnalités telles que Michel Tremblay. M. Beaulieu nous a parlé de la réalité à laquelle ces personnes doivent faire face à tous les jours. Les difficultés rencontrées sont énormes, encore plus lorsqu’ils sont victimes


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de préjugés. Il a mis l’accent sur l’importance que la confiance en soi a chez ces personnes. Il nous a montré que, qui que nous soyons, nous méritons d’être traités comme l’être humain que nous sommes (i.e. avec respect et humanité). Cette discussion, je l'espère, saura mieux nous guider au moment de prendre soin des patients placés dans cette situation, où la compréhension de la souffrance du patient est un maillon important à l'établissement de la relation médecin-patient. Deuxièmement, nous avons réalisé un Bake-a-thon. Il s’agit d’un marathon de conception de biscuits et muffins santé que nous avons offert en don à l’organisme Point de Rue, situé au centre-ville de Trois-Rivières. Cet organisme nourrit gratuitement les personnes de la rue pendant toute l’année, avec très peu de subventions. La vingtaine d’étudiants ayant participé à l’activité a produit plus de 200 muffins et biscuits. De plus, une personne

de la direction a même décidé de faire des pâtisseries avec sa famille et nous en a fait don pour l’organisme. Lors de la remise du don, nous avons pu constater, par les sourires et la gentillesse des jeunes présents à l’atelier, l’appréciation et la portée du geste. L’initiative a tellement été appréciée, autant par les étudiants que par les responsables de Point de Rue, que nous considérons répéter l’expérience dans un avenir rapproché. Nous ne pouvions demander mieux! Nous avions de grands espoirs pour cette semaine de sensibilisation. En effet, nous voulions montrer aux étudiants de notre campus que la pauvreté est un phénomène n'étant pas exclusif aux pays sousdéveloppés ni aux ghettos des grandes villes, mais qu'ici à TroisRivières cela existe aussi. Aussi, nous voulions montrer que le moindre geste peut avoir des grandes consé-

quences dans notre entourage. Évidemment, nos actions ne se comparent pas aux besoins de la population, mais en étant conscientisés, nous avons fait un pas dans la bonne direction. Un autre but visé par ces activités était de démontrer la variété de projets et comités dont s’occupe IFMSA-Québec, en dehors de Sexperts et des stages internationaux. Nous considérons que nous avons atteint avec succès nos objectifs de participation et nous osons croire que SCORP veut maintenant dire quelque chose auprès des étudiants de notre campus. Outre la 2e édition du Bake-a-thon, plusieurs projets couvrant la santé des autochtones, les réfugiés politiques et les travailleuses du sexe sont en cours de réalisation. Le SCORP Mauricie s’est installé pour de bon dans notre campus et nous espérons que nos actions soient le geste qui fait la différence.

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Un aperçu de la santé maternelle au Pérou Arianne Bédard Antoine Marsan Fannie Ouradou Quinn Thomas Marie-Luce de Varennes Groupe Pérou—Iquitos 2010-2011, Comité Immersions, (SCOI) IFMSA-Québec

Le groupe et le stage Nous sommes un groupe de 5 étudiants en médecine (Arianne Bédard, Antoine Marsan, Fannie Ouradou, Quinn Thomas et Marie-Luce de Varennes) ayant réalisé un stage d’observation médicale lors de l’été 2011 à Iquitos, la plus grande ville de la forêt amazonienne du Pérou. Par l’entremise du Standing Committee On Intenational Initiatives (SCOI), nous avons eu la chance de partager le quotidien de professionnels de la santé de l’hôpital Apoyo d’Iquitos pour une période d’un mois au cours de laquelle nous nous sommes familiarisés avec les divers enjeux du système de santé péruvien et en avons ainsi mieux saisi la dynamique. En regard de cette expérience, la santé maternelle est unanimement le sujet nous ayant le plus touché et c’est pourquoi nous désirons aujourd’hui partager avec vous notre impression sur cette problématique. En effet, lors de notre bref séjour d’une semaine au département de gynécologie-obstétrique nous avons été confrontés à de nouvelles situations telles que l’avortement qui est illégal au Pérou, les pratiques traditionnelles d’accouchement, les inégalités entre les genres et la pauvreté omniprésente qui ont suscité de nombreuses réflexions.

Photo : Le groupe Pérou—Iquitos 2010-2011 du SCOI devant l’hôpital Apoyo d’Iquitos, avec (de gauche à droite) : Arianne Bédard, Marie-Luce de Varennes, Antoine Marsan, Fannie Ouradou et Quinn Thomas

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Portrait global La santé maternelle constitue l’un des enjeux les plus importants du Pérou, puisque le pays compte rehausser la qualité de son système de santé en misant sur la promotion de celleci. De nombreuses études nous montrent des chiffres inquiétants : taux de mortalité maternelle au 2e rang en Amérique du Sud avec une moyenne de 410 décès par 100 000 naissances vivantes (contre 9 dans les pays développés), présence de complications obstétriques sérieuses dans 15% des grossesses, investissement d’aussi peu que 1,4% du PIB dans la santé (taux le plus bas en Amérique du Sud), etc. Ces résultats reflètent d’abord et avant tout une inégalité profonde et généralisée au sein du pays. Économiquement, le Pérou est considéré comme un pays à revenus moyens et se situe au 15e rang dans la liste des pays connaissant la répartition la plus inégale des revenus. Le quart de la population vit dans des conditions qualifiées de pauvreté extrême : 50% en milieu rural contre 10% en milieu urbain. La pauvreté touche surtout les Indigènes qui constituent près de la moitié de la population totale (47%). Une étude sur les césariennes démontre l’inégalité flagrante corrélant entre soins et revenus. On estime normal pour un endroit déterminé un taux de césarienne


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entre 5 et 15%, puisqu’inévitablement 5% des grossesses nécessitent cette chirurgie suite à une complication. À Huancavelica et à Puno, où les taux de pauvreté sont des plus importants au pays, le taux de césarienne était de 3%, ce qui signifie que plusieurs femmes sont décédées faute d’avoir eu droit à l’opération. Au contraire, on estime à 25% le taux de césariennes en 2000 à Lima, ce qui indique une surutilisation pour des motifs autres que ceux de la santé : incitations financières, etc.

sur la contraception, la planification familiale et les soins auxquels les femmes ont droit par la couverture du SIS (Seguro Integral de Salud), assurance donnant une protection aux personnes vivant en situation précaire et n’ayant pas accès à d’autres assurances. 10% des Péruviennes estiment que l’on n’a pas répondu à leur demande de contraception.

Un problème d’accessibilité... La distribution hétérogène des sites de santé fait des Indigènes et des plus pauvres les premières victimes des lacunes du système de santé et du manque de ressources du pays. En effet, les hôpitaux, les sites de soins, de biens et de services, tout comme les sites de soins d’urgence en obstétrique (EmOC), sont concentrés dans les grands centres et délaissent ainsi une proportion importante de la population qui ne peut profiter de ces services pour différentes raisons : éloignement, manque de transport, absence de routes praticables, etc. Bien que le gouvernement ait tenté de remédier au problème en créant plus de maisons d’attente maternelle (chambres culturellement adaptées aux communautés et dont le but est d’accueillir les femmes en voie d’accoucher vivant loin des centres de santé), le manque de transport vers ces endroits demeure un problème de taille, tout comme celui de la pénurie de travailleurs et d’équipement en milieu rural. Ceci a pour effet de nuire au suivi des femmes enceintes, d’empêcher la promotion de la grossesse sécuritaire et saine, tout comme de restreindre l’information

Légende : Naissances assistées par un professionnel de la santé qualifié par quintile de revenus (1)

Les populations indigènes et le système de santé Aux problèmes de ressources et d’accessibilité s’ajoute celui de la divergence entre les valeurs des Indigènes et des intervenants en santé. Le Pérou puise sa richesse culturelle à même 71 groupes ethniques différents, dont 5 millions d’individus parlent le Quecha. Les Indigènes parlent peu ou pas l’espagnol, mis à part les hommes qui voyagent à l’extérieur. Et à l’inverse, les intervenants ne maîtrisent guère les rudiments du Quecha, ce qui nuit au dialogue et à la compréhension mutuelle entre patient et médecin. Ajoutons à cela que les informations de santé sont, la majorité du temps, en espagnol et qu’il n’y a pas suffisamment d’interprètes pour combler les besoins. Les femmes indigènes sont particulièrement touchées par cette réalité, puisqu’elles ont rarement l’occasion de pratiquer la langue espagnole et que leur éducation est souvent négligée. De plus, le manque d’acheminement de l’information empêche l’apprivoisement des techniques médicales modernes, ce qui crée un malaise chez les femmes et ce qui les amène à privilégier un mode d’accouchement traditionnel malgré le risque accru de mortalité. Afin de contrer ce phénomène, les intervenants sont encouragés à pratiquer la méthode d’accouchement à la verticale qui convient mieux aux traditions des Indigènes. Malgré cela, plusieurs femmes hésitent à consulter les professionnels de la santé à cause de mauvaises expériences antérieures où elles ont reçu de mauvais traitements et où elles ont été stigmatisées.

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Un aperçu de la santé maternelle au Pérou (suite) Les relations femmes

hommes—

L’inégalité dans les rapports hommes-femmes aggrave les différentes problématiques liées à la santé maternelle. La femme indigène ne semble pas posséder le plein droit de rechercher des soins de santé lorsqu’elle le juge nécessaire, puisque l’homme prend lui aussi part au processus décisionnel. Cela est vrai même si la femme risque d’avoir des séquelles permanentes par absence de consultation médicale. La femme manque ainsi d’emprise sur sa vie privée, qu’il s’agisse de l’intégrité de son corps, du choix d’avoir des relations sexuelles ou de celui de l’espacement entre les grossesses.

Légende : Causes de mortalité reliées à la grossesse au Pérou (2007) (2)

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Le gouvernement et la santé L’impact gouvernemental se traduit aussi via une législation restrictive concernant certains aspects de la vie privée de la femme. Pour ce qui est de la loi sur l’avortement thérapeutique à l’article 119 du Code Pénal Péruvien, elle stipule qu’un avortement peut être effectué par un médecin avec le consentement de la femme enceinte ou de son représentant légal si c’est le seul moyen de sauver la vie de la mère ou de prévenir un dommage grave et permanent à la santé de cette dernière. La loi fait exclusion de tout dommage pouvant porter atteinte à la santé de la mère. Or, plusieurs femmes répondant aux critères de la loi sont néanmoins non traitées, comme le témoigne le cas d’une jeune fille qui a donné naissance à un enfant anencéphale. Finalement, celles qui ne répondent pas aux critères choisiront entre garder l’enfant ou recourir à

un avortement clandestin avec les risques qui y sont associés. On constate ainsi qu’une intervention dans la santé maternelle demande une action à plusieurs niveaux visant le redressement de diverses inégalités : les revenus, le genre, la culture, la distribution des sites de santé et la législation, pour ne nommer que ceux abordés dans le présent article. Elle nécessite aussi la résolution de l’accessibilité aux soins d’urgences obstétricales dont l’échec actuel s’explique par les délais pour prendre la décision de rechercher des soins, pour arriver aux soins obstétricaux d’urgence et pour recevoir le traitement approprié.

Réalité sur le terrain Plusieurs cas au département de gynécologie-obstétrique ont été propices à la réflexion. Celui nous ayant le plus marqué est l’histoire d’une jeune patiente de 16 ans, entrée d’urgence au bloc opératoire pour un diagnostic de grossesse ectopique. Son jeune âge est certes l’un des aspects les plus frappants au premier abord, mais nous avons rapidement constaté qu’il est loin d’être rare d’avoir une première grossesse à cet âge dans la province de Loreto, en Amazonie, et qu’avoir déjà plusieurs enfants avant l’âge de 20 ans n’a rien d’exceptionnel. Le deuxième étonnement fut celui de réaliser que la patiente était encore consciente. Mais comme il est ici de norme, pas d’anesthésie générale, seulement une épidurale pour une grande majorité des chirurgies. Il n’empêche que, malgré ces quelques chocs culturels, tout semble bien aller dans la salle d’opération, jusqu’à ce que le gynécologue lance un juron : il ne s’agis-


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sait pas d’une grossesse ectopique, mais bien d’une salpingite! Un aparté s’impose. Dans cette région, une fois une césarienne pratiquée, les autres enfants seront obligatoirement délivrés par cette méthode. De plus, après trois césariennes, il y a ligature automatique des trompes de Fallope, et ce, avec ou sans le consentement de la femme. Les conséquences sont immenses pour cette jeune patiente de 16 ans, qui était dès lors condamnée à n’avoir que deux enfants au maximum pour une chirurgie qui n’était pas nécessaire. Cela peut ne pas sembler dramatique, mais dans cet environnement défavorisé où les familles sont nombreuses, avoir ce genre de limitations peut avoir un grand impact. On pourrait débattre longtemps de la source du problème. Était-ce le mauvais diagnostic fait par les soignants de première ligne qui ont mal interprété cette douleur abdominale avec β-hCG négatif ou était-ce la faute du gynécologue qui n’a pas revu le dossier? Devrait-on plutôt rejeter la responsabilité au système de santé et ses règles strictes, ou encore à cette société qui n’a pas les moyens de faire autrement? Il est extrêmement difficile pour nous de regarder objectivement ce cas sans tomber dans le jugement de valeur et le dénigrement. Cependant, une chose est certaine, les évènements se sont alignés de façon à exposer cette patiente à un traitement inapproprié et ultimement à restreindre son potentiel reproductif.

L’enfant dans tout ça Iquitos n’est pas la ville la plus riche du Pérou. Autrefois reconnue pour ses arbres à caoutchouc, l’économie de cette ville repose maintenant presque juste sur la pêche et la venue de touristes voulant goûter à la beauté de l’Amazonie. Rajoutons que cette ville est relativement iso-

lée puisqu’elle est inaccessible par la route et que ses seules voies d’accès reposent sur l’aviation et la navigation. Les vivres coûtent donc plus cher là-bas qu’ailleurs au pays. Dans ses conditions, il ne faut pas s’étonner qu’une proportion appréciable de la population vive dans une pauvreté extrême et que les enfants en soient les premières victimes. Un cas rencontré dans le département de pédiatrie illustre bien cette dure réalité. Nouvellement admise, une petite fille d’à peine un an est avec sa mère. Le signe de la bannière et l‘abdomen distendu laissent présager un état de malnutrition sévère. Sa mère a 17 ans et son deuxième enfant semble n’être qu’à un ou deux mois de la naissance. Un questionnaire nous apprend qu’elle vit seule et qu’elle est sans emploi.

avons réalisé un court projet en lien avec la santé maternelle. Pendant la 5e et dernière semaine que nous avons passée à Iquitos, nous avons donné des cours de santé sexuelle aux trois dernières années d’une école secondaire du coin en nous basant sur le programme Sexperts. Le contenu de l’activité reposait principalement sur les méthodes de contraception, l’utilisation du condom, les relations sexuelles à risque de grossesse et les mythes ou réalités de la sexualité. Les jeux et l’animation ont généralement été fort appréciés des étudiants et du corps enseignant, puisqu’il y avait peu, sinon aucun, cours d’éducation sexuelle dans les écoles secondaires de la région. L’expérience a été si positive que l’école souhaiterait même répéter l’expérience avec les prochaines cohortes d’étudiants canadiens qui viendraient à Iquitos dans les années subséquentes.

Le plan d’action ? Nourrir l’enfant pendant son hospitalisation afin de corriger sa malnutrition, sans plus, puisque pallier aux épisodes sévères ou à leurs rechutes, c’est tout ce que l’hôpital peut faire avec les ressources dont il dispose. Avec le peu de filet social qui existe au Pérou, il y a peu d’espoir que cette jeune famille reçoive un soutien externe lorsque l’enfant sortira. Les médecins nous l’ont tous dit : ce genre de cas revient à l’hôpital tôt ou tard. Et inutile de s’illusionner, le problème ne s’améliorera pas pour cette jeune famille qui aura bientôt une deuxième bouche à nourrir.

Il va sans dire que cet humble succès nous a redonné espoir après avoir vécu plusieurs moments émouvants au cours de notre immersion à l’hôpital. Rajoutons que le Pérou a déjà commencé à prendre en main les rênes de la problématique; les réformes les plus récentes concernant la mortalité maternelle et infantile sont concentrées sur les huit régions les plus démunies : Puno, Cuzco, Apurimac I et II, Ayacucho, Huancavelica, Huanuco et Bagua. Le pays est d’ailleurs soumis à un engagement sur les objectifs du Millénaire, dont le 5e en liste concerne la santé maternelle.

Conclusion

Références

Les deux cas que nous avons décrits sont malheureusement loin d’être isolés et bien que des mesures plus globales doivent être entreprises pour redresser la situation au Pérou, nous avons pris notre courage à deux mains et

1. Deadly Delays, Maternal Mortality in Peru : A Rights-Based Approach to Safe Motherhood (Physicians for Human Rights) 2. Fatal Flaws : Barriers to Maternal Health (Amnesty international)

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Une belle rentrée IFMSA-Québec à Saguenay Emy MartineauRheault Étudiante en médecine, Université de Sherbrooke, campus Saguenay, CREMUSACIDI

CREMUSACIDI : Comité Régional des Étudiant(e)s en Médecine de l’Université de Sherbrooke À Chicoutimi Intéressés aux Dossiers Internationaux. C’est le groupe responsable des activités IFMSA au campus de formation médicale à Saguenay. Malgré qu’il ne soit encore qu’un jeune poupon de 18 mois, nous sommes fiers de vous présenter les accomplissements de notre comité cet automne! Dès la première réunion, un nombre record de 30 participants (sur les quelque 90 étudiants en médecine présents au pavillon) se sont présentés, manifestant un intérêt particulier pour les causes internationales et communautaires. Cela nous a permis de fonder 4 sous-comités, respectivement en charge des projets de conférence, d’OSMOSE, de sensibilisation aux sujets internationaux et des stages en communauté. Premier projet : initier les premières années aux opportunités de stages médicaux à l’étranger. Pour ce faire, une dizaine d’étudiants de deuxième et troisième année ont présenté leur expérience d’été au Bénin (SCOI), au Mexique (SCOPE) et au AugustMeeting d’IFMSA au Danemark. Diaporamas, mets typiques et vêtements du pays, tout était en place pour donner la piqûre du voyage et le goût de l’aventure! Nos conférenciers ont également pris soin d’éclairer les intéressés sur les dates, le financement, la préparation et les autres informations importantes à connaître avant l’inscription. En parallèle, les membres du CREMUSACIDI ont également su recruter 26 étudiants comme nouveaux animateurs OSMOSE. Ces derniers, qui ont suivi une formation complète avec 3 médecins-psychiatres, ont déjà commencé à offrir une dizaine d’ateliers sur la santé mentale dans les écoles secondaires de la région. Animateurs, professeurs et élèves sont d’un avis unanime : l’expérience est fort intéressante et encore

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une vingtaine d’autres présentations sont prévues pour l’hiver. L’expérience Sexperts, quant à elle, continue d’évoluer et gagne de plus en plus d’écoles de la région du Saguenay – LacSaint-Jean. Le comité Sensibilisation a aussi participé aux activités automnales d’IFMSA à Chicoutimi : le 31 octobre, peu de jours après la journée nationale pour le don d’organe, une vingtaine de membres du CREMUSACIDI ont profité de la tradition d’Halloween pour faire du porte-à -porte et distribuer dépliants et autocollants pour le don d’organes. L’événement, pour lequel nous avions également un kiosque au pavillon principal de l’UQAC, fut même couvert par quelques journaux locaux tels que « Le Quotidien ». Enfin, certains membres du CREMUSACIDI se sont penchés sur le projet InCommunity et ont entrepris des démarches pour faire des stages en communauté au Saguenay et évaluer la possibilité d’organiser des stages communautaires pour les étudiants d’autres universités. Bref, ça a bougé au campus Saguenay cet automne, et cela n’est pas près d’être terminé! Au programme pour le reste de 2012 : événements de sensibilisation pour la journée de la femme, conférences sur des problématiques internationales et d’environnement, souperconférence sur la médecine communautaire, ateliers OSMOSE… N’oublions pas de remercier tous nos membres et notre super coordonnatrice locale pour leur grande implication sans laquelle tout cela ne serait pas devenu réalité! Bravo à tous et à toutes!


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Humanitarian action : Problem-solving without issue creating The humanitarian model revolves around two central ideas: saving lives and relieving suffering.1 When a crisis occurs, such actions should be guided by humanity, impartiality, neutrality and independence.2 Many different actors play a role in the humanitarian world (individuals, NGOs, governments, United Nations OCHA). Such goals are surely praiseworthy, but what are ways in which we can attain them? What about the hidden objectives beneath those efforts? In this article, we will take a look on some of the problems present in different humanitarian actions undertaken over the last decades. To attain certain goals, humanitarian actors utilize means which can cause unwanted effects on the existing systems. For example, local economy and delivery of health services can be affected in the long run. Local economies can be impaired by new products imported from foreign countries, especially when they are purchased at a cheaper price than the local production. This may seem a favorable way to relieve the fiscal demands of basic needs such as eating, but it also threatens the livelihood of local producers whom cannot be competitive against automated productions available in most industrialized countries. In the long run, the local production is unable to survive, which increases unemployment, and exacerbates dependence on foreign help, as it is the case for rice provisions in Haiti.3 The delivery of health services can also be greatly altered. Many NGOs operate in different countries without taking into consideration the availability of resources in the aftermath of their departure. The availability of medication in the long run, the possibility to keep the new equipment functional, and the training of local workers to effectively use those resources should be emphasized.3-4 From personal experience in Benin,

a distribution program of free antiretroviral therapy for HIV seropositive persons was limited by the lack of medication for all infected persons. Patients who received medication one month could not be sure they would receive it next month. Moreover, some devices at the hospital had been dysfunctional and physically broken for many months, and nobody could repair the equipment efficiently. This was the same situation for a water pump which had been installed in the village by a well-intentioned team, but was not functioning properly. It seemed that the likelihood of it ever being repaired was low. Those examples illustrate how good-intentioned programs may fail to attain their goal as they lack follow-through and forward planning. Even if a program seems adequate when implanted, it may not last for long and may fail to attain its objectives.

Francis Rossignol Head Editor Global Health Newsletter IFMSA-Québec

Some other problems faced by nowadays humanitarian projects are inherent to the humanitarian teams themselves. An interesting article about this is Welling and al.’s Seven Sins of Humanitarian Medicine.4 It describes how certain humanitarian teams do not take care of actions already undertaken by other organizations, how they fail to have a followup plan, to match local needs, to go where they are desired and how their members may choose to do the right thing for not necessarily the right reasons. They report how humanitarian medicine sometimes fails to offer a long-lasting support, by assuring a permanent presence or by training local providers to offer the services; or how politics, “making good pictures”, the thrill for an exotic vacation or the gain of secondary advantages (such as enhancing resumes) can underlie some of the work done overseas. They suggest that teams should take care of what is wanted, needed, and what will keep their intervention lasting. They should also consult other organizations, make a well thought out plan covering forseen issues, and keep an humble attitude.

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S’impliquer—Participate IFMSA-Québec

Humanitarian action : how to solve problems without creating some more (more) Some people volunteer in humanitarian action without being able to take care of themselves or with an underlying condition which precluded their work. They may have no way to assure their water or food supply, have no shelter, and no way to preserve their security. Moreover, if they do not have the physical conditions necessary to sustain their presence, the wellorganized teams have an additional burden to evacuate them, preventing them to effectively help those who need it in a crisis situation. They might have the best intentions, but their unconsidered decisions and lack of preparation may add a stress to an already problematic situation and redirect the help initially meant for a population in need to some kind but impetuous volunteers.3 One of the big problems reported by many authors is the existence of tensions between actors involved in the humanitarian space. It may occur between the different NGOs and help agencies. Many NGOs operating in a same place, for a same cause, also compete for the same funds. The NGOs that will be the most effective, at least on paper or in mass media, will have the most money to pursue its operations.4 This leads some organizations to say that they are the spearhead of operations in a country, and to lead political and mass media interventions. It could be called the “humanitarian aid industry”, and obscures the work of smaller local NGOs, some of which may be more implanted in the country, and splits efforts instead of making the organizations work together toward the same goal.5 Many other actors are implicated in humanitarian spaces, and each of them enters in conflict on at least some points. The humanitarian teams may struggle between delivering help and

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accepting conditions to do so, such as having to treat with local militias which are at the heart of the conflict. Also, they are in tension with military and political actions. Some leaders may be tempted to use humanitarian help as a negotiation tool with the opposed group. They may ask the teams to deliver help only to populations on the presumed “right side” of the conflict, or to act as an instrument to consolidate the transitional government placed by the international community. Moreover, humanitarian groups must deal with the different objectives of their local, national and international partners, whom may want to have more visibility or raise more money. A great example is the Somalian war, where humanitarian teams were in the middle of a conflict between armed militias, stabilization efforts of different countries and armies, and interest of their sponsors.6 Each group was trying to earn support through humanitarian teams, which almost became hostages of the situation. To have access to the population’s needs, they needed to negociate with military and paramilitary organizations. This situation indirectly gave funds to rebellion groups against the transitional government, which helped to maintain the ongoing conflict. Such situations illustrate the opposition between short term objectives (such as delivering food to displaced populations) and long term goals (such as providing an end to a conflict between two groups). These problems do not discredit the importance of humanitarian actions throughout the world. It only brings to light that even with the best intentions, we need to think about how to deal with the problems that may arise and focus on prevention. Some

interesting solutions are already on the table. Ouyang and Gruskin7 present a rights-based approach which could be helpful as much for the immediate relief than years after, focusing on a mul ti - se ctori a l re spon se; non discrimination; participation of the communities and populations; availability, accessibility, acceptability and quality of services; and finally transparency and accountability. Others suggest cooperation between actors, especially between NGOs themselves and the local population; the completion of a follow-up plan; education of local partners; preparation, selection and briefing of volunteer properly; ensuring volunteers’ security and needs before their arrival; and alignment with local governmental and non-governmental goals, especially in public health. Taking those steps and going even further, notably by taking more cost-effective measures, may further reduce mortality and could help to reach the goals of all humanitarian action: save lives and relieve suffering. 1.United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, Policy, http:// www.unocha.org 2.Principles and Good Practice of Humanitarian Donorship, Stockholm, 2003 3.Jobe, K, Disaster relief in post-earthquake

Haiti : Unintended consequences of humanitarian volunteerism, Travel Medicine and Infectious Disease, 2011, volume 9, p. 1-5 4.Welling, DR and al. , Seven Sins of Humanitarian Medicine, World Journal or Surgery, 2010, 34:466-470 5.Growth of aid and the decline of humanitarianism, Editorial in The Lancet, Jan 2010 6.Menkhaus, K., Stabilisation and humanitarian access in a collapsed state : the Somali case, Disasters, 2010, 34(S3):S320-S341 7.Ouyang, H and Gruskin, S, Human rights and

humanitarian assistance: helping health professionals lead the way in Haiti and beyond, Medicine, Conflict and Survival, 26(3), 195198, 2010


Bulletin de santé mondiale—Global Health Newsletter

Un aperçu du—A taste of August Meeting 2011

En préparation pour le prochain August Meeting 2012, le Bulletin de santé mondiale vous propose quelques expériences vécues par des participants de la précédente édition. As the August Meeting 2012 is getting closer every day, the Global Health Newsletter shares with you experiences lived by some of the participants of the last edition.

Vivre un AM - Sabrina Provost Une expérience fantastique, à la fois enrichissante et stimulante : vivre une assemblée générale d’IFMSA. Quand on « débute » dans IFMSA-Québec, on est d’abord charmé par l’étendue des sujets abordés par l’organisme. On est aussi attiré par l’entrain et la motivation de ses membres. On peut parfois être attiré par plus d’un comité, on sent qu’on doit faire un choix, on donne notre 100%, on veut changer le monde ! Participer à l’assemblée générale, c’est tout ça... fois mille ! C’est être entouré des étudiants en médecine les plus passionnés, et ce sans arrêt pendant une semaine ! De quoi revenir au Québec la tête remplie d’idées et de nouveaux projets à partager ! Une assemblée générale, c’est aussi : 

Assister à des sessions de comité. Ça veut dire rencontrer des gens de partout dans le monde, qui ont les mêmes intérêts que toi, mais aussi qui vivent un quotidien parfois complètement différent dans leur pays. C’est quelque chose qui m’a beaucoup touché que d’entendre les témoignages d’autres étudiants sur des problématiques quasiinexistantes au Québec.

Participer à la « foire aux projets », une occasion rêvée de constater tout le fourmillement de chaque pays, de voir ce que font concrètement les étudiants, et surtout, de s’inspirer de leurs projets et d’en faire les nôtres au Québec !

L’occasion de faire partie d’un petit groupe de travail sur une problématique bien précise. C’est un travail d’équipe duquel découle une résolution, et des moyens tangibles pour la réaliser. C’est la contribution de chacun pour améliorer les choses, petit à petit !

Un programme social des plus déchaînés, où tout l’effort de la journée est grandement récompensé.

Alors on se dit à la prochaine assemblée !

Sharing experiences—Laurence Bernard A National Assembly is always a great opportunity to meet fantastic people with brilliant ideas and who share similar passions. After talking for three days about unsafe abortion and maternal health during the pre-General Assembly workshop organized by the reproductive health committee in partnership with Ipas, I was ready to take action. Ipas is a non-governmental organization that advocates for women’s reproductive rights across the globe. Many other medical students, notably from England, the Netherlands, Nigeria, Sudan and the other provinces of Canada got together and created a small working group to brainstorm on the issue. How could we, as medical students, improve the reproductive and sexual health of women in very different societies? Can we advocate for fair reproductive laws? How can the more experienced student associations help the newest ones? During this working group, a new partnership was proposed, where every country could tailor their specific abilities to participate within the project. Some students in Nigeria feel that their classmates do not understand the extent and consequences of the practice of unsafe abortions in their country. It is now the second leading cause of maternal health burden in many African regions, and can be attributed to the illegal status of the practice, inaccessibility of health care and the cultural and religious values attached to it. These students would like to raise awareness within their university and their community and eventually be able to establish partnership with local organizations working on the same topic. To do so, some Canadian and European students have volunteered to help write grant proposals to UNESCO in order to provide funding for the local initiatives of their Nigerian colleagues. This is a concrete example of transcultural collaboration that could eventually help many women. This is what IFMSA General Assemblies are for: establishing new partnerships with medical students from everywhere, because we are all fighting to reach the same goals : health and equity for everyone, everywhere.

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S’impliquer—Participate IFMSA-Québec

Un aperçu de l’AM 2011—A taste of AM 2011 (suite) Un monde à portée de main—Anne-Sophie Thommeret-Carrière Dans le cadre de la 60e assemblée générale d’IFMSA, j’ai eu la chance de m’envoler, en compagnie de la délégation d’IFMSA-Québec, vers le Danemark. La première assemblée générale d’IFMSA ayant eu lieu 60 ans plus tôt au Danemark, l’événement était empli d’une grande signification. Il y a 60 ans, pas plus d’une vingtaine d’étudiants s’étaient réunis dans le but de discuter d’enjeux de la santé. Cet été, nous étions presque 1000 étudiants en médecine de partout dans le monde à s’être rassemblés pour vivre une expérience incroyable pendant une semaine. Durant la cérémonie d’ouverture, alors que tout le monde était dans la salle de plénière, il suffisait de lever la tête et de regarder autour de soi pour être parcouru d’un frisson. Nous avions le monde entier à nos côtés. Nous avions des versions de nous de partout dans le monde. Nous, nous en temps qu’étudiants en médecine du Pérou, de la Suède, de Taiwan, de la Nouvelle-Zélande. Au-delà des personnes inspirantes que j’ai rencontré làbas, j’ai surtout rencontré et été confrontée à de nouveaux projets et idées. Pouvez-vous un seul instant vous imaginer une foire aux projets avec 86 kiosques dans la même pièce? Poussez la réflexion et imaginez-vous présenter votre projet lors de cette immense foire aux projets. Imaginez-vous faire partie de cette vague électrisante d’échange d’idées brillantes pour répondre à des enjeux de santé mondiale. C’est ce que j’ai vécu là-bas en présentant avec mon collègue Marc-André Lavallée notre projet INcommunity, un projet de stage en populations négligées pour les étudiants en médecine. Nous avons donc partagé avec le monde entier notre projet, nos valeurs, les causes qui nous tiennent à cœur, mais surtout, les actions que nous avons prises localement pour remédier au manque d’accès aux soins auquel font face les populations négligées de Montréal. Mais que sont les retombées de tout cela me direz-vous? Premièrement, c’est souvent en discutant de son projet avec d’autres coordinateurs de projets qu’on développe de nouvelles idées, ou encore que nous sommes confrontés aux faiblesses de notre propre projet et alors motivé à travailler encore plus fort pour l’améliorer. Deuxièmement, c’est en présentant son projet dans des événements internationaux comme celui-ci qu’il devient

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Contract Fair—Khadija Benomar Un des moments qui s’est déroulé particulièrement rapidement et qui m’a demandé énormément d’énergie est le Contract Fair. Il s’agit d’une période de deux heures durant laquelle les officiers nationaux des échanges cliniques et de recherche de plus de 90 pays différents se réunissent dans une salle afin de signer les contrats de la prochaine année. Afin de mieux comprendre l’envergure de cet événement, il faut savoir qu’IFMSA organise plus de 11000 échanges par an. Il est donc facile de s’imaginer le chaos qui peut régner dans cette pauvre salle entre midi et 14h le jour J. Mais c’est justement cette ambiance unique qui m’a charmé. Chaque pays à son petit kiosque qu’il décore avec des couleurs et des objets typiques. Des petits souvenirs sont offerts à presque chaque personne qui passe à leur stand. Les coordinateurs de chaque pays tentent de vendre les avantages de leur programme d’échange afin de signer un peu plus de contrats que l’année précédente. Cela donne lieu à des négociations hautes en couleurs. Il est souvent bien difficile de refuser de signer un contrat avec un pays du aux nombres de places limités. Il faut savoir le faire avec délicatesse afin de conserver de bonnes relations avec chacun. Bref, ce fut un deux heures où nous avons travaillé dur pour offrir le plus de choix possible à nos étudiants québécois pour leur stage l’an prochain, mais aussi un deux heures qui m’a permis de m’imbiber un peu de la culture de chaque pays représenté.

Un monde à portée de main (suite) alors possible de l’exporter dans d’autre pays ayant la même problématique que nous. Peut-être que d’ici un an ou deux, il sera possible de faire des stages INcommunity en Nouvelle-Zélande pour mieux exposer la réalité des populations négligées d’Auckland, par exemple, au étudiants de là-bas. Et suite à ces immersions, ces futurs médecins seront d’avantage en mesure de prodiguer des soins adéquats à ces mêmes populations ayant des problématiques spécifiques de santé. Les étudiants en médecine seront également plus en mesure de comprendre ce qui rend difficile l’accès aux soins pour ces gens et seront en mesure de travailler pour améliorer cette situation. Tout cela sera peut-être possible un jour parce que le temps d’un été, nous avons eu le monde à portée de main.


Bulletin de santé mondiale—Global Health Newsletter

Pourquoi une assemblée générale? - MarcAndré Lavallée C’est la question que je me pose chaque fois que j’applique pour participer à une assemblée générale d’IFMSA. Honnêtement, c’est plus qu’un simple voyage, il y a aussi des frais, c’est engageant, même épuisant... j’imagine que pour avoir vécu l’expérience trois fois, c’est que ça devait valoir la peine! Ce qu’on voit de l’extérieur, ce sont les partys. Les photos Facebook, les histoires drôles, on dirait que tout nous ramène aux partys, et un GA fini par ressembler à une grosse débauche internationale. Mais si c’était vraiment ça, je n’aurais pas appliqué pour y aller une troisième fois. Évidemment, que ce qui alimente le plus les potins et les histoires drôles, ce sont les partys. Mais à ne parler que de ça, on oublie que malgré la veillée bien arrosée, on se lève quand même à 7h30 pour commencer la journée le lendemain. Chaque fois que je participe à un GA, c’est que j’ai quelque chose à y apporter, et que j’ai quelque chose à y apprendre. Copenhague a été une mine d’or. Les ateliers auxquels j’ai participé pendant les journées pré-GA nous ont permis de développer nos connaissances en droits humains et notre leadership pour les promouvoir autour de nous grâce à des expertes de l’ International Federation

of Health and Human Rights Organization (IFHHRO).

Mais en plus des formations reçues, j’ai dû pousser mes capacités et mes connaissances encore plus loin pour moimême être capable de donner des parties de formation, notamment sur la problématique de l’immigration et des réfugiés. Et c’est probablement ce qui a fait la particularité de cette assemblée pour moi. Pour la première fois, je pouvais prendre un rôle totalement actif et participer au mouvement. Je connaissais déjà bien la structure et l’organisation, et je pouvais me concentrer à faire avancer mes projets et mes idées. Notamment, grâce à INcommunity, nous avons pu convaincre plusieurs de l’importance de s’impliquer à mieux comprendre les communautés locales négligées. Et nous avons poussé l’idée jusqu’au bout. Kiosque, présentation en comités, présentation en plénières. L’idée fait son chemin et nous sommes prêts à travailler avec d’autres pays pour les aider à développer le projet. Et c’est aussi vrai pour tous les projets fabuleux et innovateurs d’IFMSA-Québec, que ce soit Osmose, Sexperts, Illuminaids, le Souper-Causerie, Fiers et en Forme, etc.

Je ne croyais pas parler de ma candidature comme directeur du SCORP, mais j’ai l’impression que cet article resterait superficiel si je ne l’abordais pas. Ma candidature m’a pris beaucoup de mon temps pendant l’assemblée. Beaucoup de temps à me présenter, à construire mes idées, à me préparer, à essayer de partager ma vision. Malheureusement, je n’ai pas été élu, et pendant le dernier mois, je l’ai beaucoup considéré comme une défaite personnelle, et j’avais de la difficulté à comprendre où j’avais échoué. On ne le saura peut-être jamais. Après tout, ça reste un jeu politique, et je n’ai peut-être pas assez joué le jeu. Je n’étais pas en Indonésie en mars, et je n’étais qu’à moitié disponible à Montréal en 2010. Peut-être que je n’ai simplement pas distribué assez de poignées de mains... Mais ce que je sais, après un mois, c’est que c’était tout sauf une défaite. Je me suis présenté et j’ai fait valoir mes idées, et plusieurs personnes partageaient ses idées. Je crois que cette course, en quelque sorte, aura aussi été un événement motivant pour beaucoup de gens. Car nous n’avons pas été adversaires. Nous espérions tous les deux, moi et l'autre candidat, développer un meilleur SCORP et je crois que ça a pu être inspirant pour les membres. Et par-dessus tout, tout ce processus a été extrêmement formateur pour moimême et je dois capitaliser sur mes acquis. Ça ne devra jamais être vu comme une défaite. IFMSAQuébec avait des candidats incroyables à présenter à l’international, qu’ils aient remporté leur élection ou non. On a sincèrement de quoi être fiers de ceux que nous sommes capables de former. Des candidats intègres, compétents, motivés. Et il ne faudra jamais avoir peur d'aller jusqu'au bout de nous-mêmes. C’était donc ma dernière assemblée générale d’IFMSA. Et très certainement la plus importante pour moi, celle où j’ai appris le plus, et celle où j’ai également pu donner le plus.

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Équipe éditoriale / Editorial Team Éditeur en chef / Head Editor : Francis Rossignol Éditeurs-adjoints / Assistant Editors : McGill University : Kenjey Chan McGill University : Mathura Thevarajah

Auteurs / Authors Laurence Bernard Khadija Benomar Andrés Felipe Gil Groupe Pérou –Iquitos 2011 (Arianne Bédard, Antoine Marsan, Fannie Ouradou. Quinn Thomas, Marie-Luce de Varennes) Marc-André Lavallée Emy Martineau-Rheault Claudel Pétrin-Desrosiers Sabrina Provost Francis Rossignol Anne-Sophie Thommeret-Carrière

Photo de couverture / Frontpage picture : Colloque de santé mondiale 2012 : 7 milliards … en santé?

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