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Bulletin de santé mondiale — Global Health Newsletter

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Volume 5 Numéro 1 Novembre 2011


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Mot de bienvenue—IFMSA Québec—Welcome

Yassen Tcholakov Président, IFMSAQuébec

Chers collègues,

Dear colleagues,

C’est un plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue en ce début d’année scolaire. Je désire brièvement introduire IFMSA-Québec pour les nouveaux venus et faire un survol rapide des projets que nous réserve cette prochaine année.

It is a pleasure for me to welcome you at the beginning of this school year. I wish to briefly introduce IFMSA-Québec to the newcomers and make a quick overview of the projects for the year to come.

IFMSA-Québec c’est un organisme qui regroupe tous les étudiants de médecine du Québec et qui œuvre pour l’amélioration de la santé ici et ailleurs. C’est une foule de projets locaux ainsi qu’un grand nombre d’échanges internationaux, tous axés sur la mission d’IFMSA-Québec qui est de conscientiser et de mobiliser les étudiants de médecine du Québec autour des enjeux sociaux, culturels et mondiaux de la santé. L’organisation s’efforce d’atteindre ses objectifs par le travail de ses sept comités permanents qui œuvrent dans le domaine de la santé sexuelle, de la santé publique, de la santé mondiale et des droits humains et paix, ainsi que ceux qui organisent les échanges cliniques, les échanges de recherche et les programmes d’initiation à la santé internationale. Pour l’année 2011-2012, IFMSA-Québec a de nombreux projets déjà prévus et en cours de réalisation. Nous avons bien sûr deux congrès annuels, l’un en octobre l’autre en avril, qui sont une chance de rencontrer l’équipe nationale et une des meilleures opportunités de partager ses idées de sorte qu’elles soient réalisées. De plus, nous allons, comme à chaque année, organiser un Colloque de santé mondiale (CSM) au printemps, avis à ceux qui aimeraient participer à cette grande conférence s’étalant sur plus d’un jour organisé par des étudiants, mais réunissant des professionnels d’une vaste gamme de milieux. Je vous conseille ensuite de rester à l’affût pour avoir les dernières nouvelles sur la campagne nationale d’IFMSA-Québec. Pour finir, il importe bien sûr de mentionner que les projets

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IFMSA-Québec is an organization that brings together all medical students in Quebec; it is dedicated to improving health here and elsewhere. It is a bunch of local projects and a large number of international exchanges, all focused on the mission of IFMSA-Québec which is to sensitize and mobilize the medical students of Quebec around social, cultural, and global health issues. The organization seeks to achieve its objectives by the work of the seven standing committees that operate in the fields of sexual health, public health, global health and human rights and peace, as well as those who organize clinical exchanges, research exchanges and introduction programs to international health. For the year 2011-2012, IFMSA-Québec has a number of projects already planned and in progress. Of course we have two annual congresses, one in October, the other in April : they are a chance to meet the national team and one of the best opportunities to share ideas so that they are brought to daylight. In addition, we will, as every year, organize a Global Health Colloquium (GHC) in the spring, notice to those who wish to participate in this major conference spanning more than a day, organized by students, but bringing together professionals from a wide range of backgrounds. Then I advise you to stay on the lookout for the latest news on the national campaign of IFMSA-Québec. Finally, it is important to mention that of course IFMSAQuébec’s projects will be booming in the year to come. Many have recently been endorsed internationally and will have a national project coordinator, a new function created to spread the project throughout the entire prov-


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d’IFMSA-Québec seront en plein essor lors de l’année à venir. Plusieurs ont effectivement été endossés à l’international et auront pour l’année prochaine un coordonnateur national de projet, une fonction nouvelle créée pour faire rayonner le projet à travers le Québec en entier. Parmi les grands projets d’IFMSA-Québec, il ne faut pas oublier de mentionner Sexperts, dédié à l’éducation sexuelle dans les écoles secondaires, OSMOSE, qui se consacre à l’ouverture à la santé mentale dans les écoles secondaires, Fiers et en Forme, dont la mission est promouvoir l’acceptation de son corps et les saines habitudes de vie chez les adolescents, sans oublier finalement, le projet Nutrition, qui promeut les bonnes habitudes alimentaires chez les jeunes élèves du primaire. Pour les nouveaux venus, ne vous inquiétez pas si vous ne connaissez pas tous ces projets et tous ces comités, vous allez en très peu de temps acquérir une vision d’ensemble de ce que fait l’organisme. J’espère que vous allez vous impliquer au sein d’IFMSA-Québec, je peux vous assurer qu’il s’agit d’une opportunité d’apprentissage extraordinaire et il y a des projets pour tous les goûts. En espérant vous rencontrer au cours de la prochaine année. Entre temps, n’hésitez pas à consulter le nouveau site web d’IFMSA-Québec pour plus d’informations.

ince of Quebec. Among the major projects of IFMSA-Québec, there is Sexperts, a project dedicated to sex education in secondary schools, OSMOSE, which works for education on mental health in secondary schools, and Healthy and Proud, whose mission is to promote body acceptance and healthy lifestyles among adolescents, and finally, not to forget the Nutrition Project, which promotes healthy eating among young elementary school students. For newcomers, do not worry if you do not know all these projects and all these committees, you will very soon acquire an overview of what the organization does. I hope you will get involved in IFMSA-Québec, I can assure you that this is a tremendous learning opportunity and there are projects for everyone. I hope to meet you during the next year. In the meantime, please visit the IFMSA-Québec’s new website for more information. www.ifmsa.qc.ca

www.ifmsa.qc.ca Yassen Tcholakov Président, IFMSA-Québec / IFMSA-Québec President

Dans ce numéro : Mot de bienvenue—IFMSAQuébec—Welcome Yassen Tcholakov

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Droits humains, santé et populations vulnérables Camille Laflamme

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Intensité, travail et plaisir : je vous présente le SCORA ! Julie Hébert

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Inégalités en santé : l’importance des déterminants sociaux Claudel Pétrin-Desrosiers

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Estime de soi et image corporelle Sabrina Provost

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The Psychology and Mathematics of Life Saving J. Fredrik Johansson

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Plaidoyer pour une expérience mondiale éthique Étienne Renaud-Roy

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Séjour chez SCORA ! Julie Hébert

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IFMSA-Québec est reconnu par 19 des organisations externes Sabrina Provost, Julie Steele et Yassen Tcholakov

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Droits humains, santé et populations vulnérables De nombreuses études ont été effectuées pour démontrer le lien entre la santé de populations et leur niveau socio-économique, notamment l’étude des déterminants sociaux de la santé de Michael Marmot.1

Camille Laflamme Coordonnatrice nationale, Comité Droits humains et paix (SCORP) IFMSA-Québec

Pourquoi commencer ce texte par cette affirmation? En effet, pour plusieurs, cette assertion semble tout à fait logique. Ce que certains savent peut-être moins, c’est que le niveau socio-économique est en partie déterminé par le respect de certains droits humains. Et justement, le Comité de droits humains et paix (SCORP) cherche à promouvoir le respect des droits humains, bref l’amélioration de la santé des populations. Les articles 22, 23 et 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme illustrent particulièrement le lien entre les déterminants sociaux de la santé et les droits humains. On y parle notamment de sécurité sociale, de droit au travail, à des soins médicaux, à l’alimentation, au logement et à l’habillement adéquats.2 Le gradient de conditions de santé causées par des facteurs socio-économiques est présent autant dans les pays en voie de développement qu’ici au Québec, à des niveaux différents évidemment. En effet, certaines populations au Québec sont plus vulnérables de souffrir de troubles de santé que d’autres. C’est pour cette raison que le SCORP a décidé de faire une grande campagne de sensibilisation sur ce sujet. Cette année, le comité de droits humains et paix a décidé de se pencher sur les différents déterminants sociaux de la santé qui touchent des populations à risque ici-même. Le SCORP veut, par différents projets et activités, sensibiliser les étudiants en médecine sur l’importance de considérer le milieu socio-économique des individus en rapport avec leur santé.

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Les comités SCORP des campus McGill, Université de Montréal et Trois-Rivières travaillent actuellement à l’élaboration d’une semaine thématique au mois de novembre ayant pour sujet les populations vulnérables. Les comités des différents campus chercheront à informer les étudiants en médecine sur la situation de populations vulnérables en organisant des activités de sensibilisation. Certaines populations autochtones, de nouveaux migrants, des personnes sans domicile fixe ou souffrant de troubles psychiatriques tels les toxicomanes sont des exemples d’individus étant plus à risque d’avoir un état de santé diminué de part des facteurs socioéconomiques et le non-respect de leurs droits. Dans notre future pratique clinique, nous aurons à traiter ces personnes et il est dans notre intérêt et dans le leur d’en apprendre plus sur leurs situations de vie pour mieux comprendre leur état de santé en tenant compte la globalité des facteurs qui l’influencent. Bref, le respect des droits humains est un aspect important à considérer dans l’état de santé de populations et d’individus. Le SCORP vous en fera la preuve tout au long de l’année! Soyez donc à l’affût des activités SCORP cette année! Notes : 1 Marmot, Michael, The Lancet, Volume 337, Issue 8754, 8 June 1991, Pages 1387-1393 2 http://www.un.org/fr/documents/udhr/


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Intensité, travail et plaisir : je vous présente le SCORA ! SCORA est le comité permanent de santé sexuelle de IFMSA-Québec. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la définition de santé sexuelle implique les aspects physiques, mentaux et sociaux en relation avec la sexualité. Cela signifie aussi d’avoir des relations sexuelles saines et la possibilité d’avoir des expériences sexuelles dénuées de pression, de discrimination et de violence. La santé reproductive, quant à elle, implique une vie sexuelle épanouie, mais aussi la liberté de faire ses choix en rapport à la reproduction.

Les activités du SCORA, à l’international de même qu’au niveau national, peuvent se situer à plusieurs niveaux : la prévention des ITSS et du VIH, la lutte contre la discrimination basée sur la séropositivité ou sur la diversité sexuelle, le combat contre la violence domestique, l’information sur les mutilations génitales féminines, la prévention des néoplasmes reproductifs et la santé maternelle. Cette année, le comité SCORA d’IFMSAQuébec va concentrer ses efforts pour trois sujets principaux : le VIH/sida, la santé de la femme et la lutte contre l’homophobie. Chacun de ses sujets a une date reconnue à l’international : 1er décembre, 8 mars et 17 mai.

Julie Hébert Coordonnatrice nationale, Comité Santé sexuelle et SIDA (SCORA) IFMSA-Québec

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Intensité, travail et plaisir : je vous présente le SCORA ! (suite) En tant qu’étudiants en médecine, nous avons la compréhension de différents volets de la santé et nous avons la capacité de contribuer à la prévention pour le mieux de la population générale. Sexperts, le programme d’éducation par les pairs en santé sexuelle, réussit à servir cette mission depuis plusieurs années maintenant, en rejoignant quantité d’élèves grâce aux présentations dans les écoles secondaires. Dans le cas particulier du VIH/sida, nous pouvons aider par la promotion du port du préservatif, par les actions de dépistage, par l’information, par la promotion d’un accès équitable et juste aux soins de santé pour tous. Nous pouvons nous battre afin que la recherche soit faite pour ceux qui en ont vraiment besoin, dans les endroits du monde où ils en ont vraiment besoin. De nombreuses actions peuvent être prises pour suivre le leitmotiv d’ONUSIDA : zéro death-related, zéro nouvelles infections, zéro discrimination.

Le principal, quand de la sensibilisation est faite, est que la personne avec qui vous avez discuté ou que vous avez touchée reparte de cette interaction plus informée et consciente des moyens qu’elle a de se protéger. Vous pouvez agir en créant des kiosques dans vos universités, dans vos villes, dans des commerces locaux ou même dans le métro. Si vous avez quoi que ce soit comme idée, n’hésitez pas à contacter vos coordonnateurs locaux (LORAs), qui seront plus qu’heureux de pouvoir vous aider à débuter de nouveaux projets ! Soyez créatifs ! Un concours photos, un jeu illustrant la rapidité de la transmission du VIH/sida, le port du ruban rouge pour démontrer le soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida, une activité de financement pour la prévention de la transmission mère-enfant, une conférence sur la situation du VIH/sida en Afrique, la campagne « Free Hugs », Candlelight Memorial, etc. Si vous avez du temps et souhaitez vous in-

« Le principal, quand de la sensibilisation est faite, est que la personne avec qui vous avez discuté ou que vous avez touchée reparte de cette interaction plus informée et consciente des moyens qu’elle a de se protéger. »

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vestir dans un tel projet, rejoignez ce qui est déjà planifié pour aider vos LORAs à mettre les activités sur pied ! De nombreuses ressources sont à votre disposition, tels que le site des projets IFMSA-Monde, le SCORA Magazine de même que le site d’ONUSIDA. Il y a aussi déjà plusieurs vidéos de sensibilisation qui existent et qui peuvent être transmis si vous souhaitez débuter une campagne. Au cours de l’année, les priorités du SCORA seront d’établir des projets qui peuvent répétés chaque année sur les différents campus. SCORA est un comité qui relie non seulement tous les campus ayant une faculté de médecine au Québec, il s’agit aussi d’un comité qui existe dans de nombreux pays. Le partage des ressources et des activités est facilité par différents mécanismes. SCORA regroupe nombre d’étudiants motivés et forme une belle famille, alors joignez-vous à nous !


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Inégalités en santé : l’importance des déterminants sociaux Dans un petit essai de Stéphane Hessel, réchappé des camps de concentration nazis, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) et ambassadeur de France, je lisais récemment que les deux grands nouveaux défis auxquels nous faisons face aujourd’hui étaient « l’immense écart qui existe entre les très pauvres et les très riches et qui ne cesse de s’accroître », ainsi que « les droits de l’homme et l’état de la planète ». Étonnant ? Pas vraiment lorsqu’on connaît la situation des droits humains et des libertés fondamentales dans certains pays. Pas plus lorsqu’on remarque la constante dégradation de l’environnement. Et encore moins lorsqu’on est conscient de l’existence des déterminants sociaux de la santé. Les déterminants sociaux de la santé, ces circonstances dans lesquelles les individus naissent, vivent, travaillent et vieillissent, sont le reflet des choix politiques, de la conjoncture économique, de la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources, du niveau d’éducation de l’individu, de son revenu familial, de l’état de l’environnement dans lequel il vit, etc. Ils sont de plus en plus étudiés, et avec raison, puisqu’ils influencent directement le niveau de santé de l’individu ou d’une population.

Ainsi, ces déterminants sociaux sont les principales causes des inégalités en santé, de ces écarts injustes et importants entre les différents pays, mais aussi au sein d’une même nation. Le constat de Stéphane Hessel touche donc de plein fouet la santé, puisqu’il renferme trois déterminants sociaux majeurs : la pauvreté, l’accès aux droits humains et l’état de la planète. Dans plusieurs pays, les soins de santé ne sont pas accessibles à tous, la qualité des soins prodigués varient énormément, les médicaments ne sont pas disponibles, les campagnes de vaccination manquent. Les conditions de vie des individus jouent également un grand rôle. Dans les pays développés, ce sont les populations les plus défavorisées qui en écopent : l’épidémie mondiale de diabète et d’obésité est un facteur de risque qui touche autant les cancers que les maladies cardiovasculaires, qui, selon l’OMS, représentent respectivement 11 % et 30 % de l’ensemble des causes de décès. Dans les pays moins développés, ce sont des maladies infectieuses, comme la tuberculose, qui ravagent. Pourtant, les luttes contre ces maladies restent sous-financées, et le nombre de décès attribuables à la tuberculose, par exemple, s’élève à plus de 1,4 million à chaque année. De plus, le fossé entre la

Claudel PétrinDesrosiers Coordonnatrice locale, Comité de Santé mondiale (SCOGH), Université de Montréal

« Les déterminants sociaux de la santé, ces circonstances dans lesquelles les individus naissent, vivent, travaillent et vieillissent, sont le reflet des choix politiques, de la conjoncture économique, de la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources, du niveau d’éducation de l’individu, de son revenu familial, de l’état de l’environnement dans lequel il vit, etc. »

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Inégalités en santé : l’importance des déterminants sociaux (suite) santé dans les pays riches et les pays pauvres s’agrandit notamment à cause du sida. Aujourd’hui, encore 9 millions d’individus auraient toujours besoin de médicaments antirétroviraux. Côté environnement, le constat n’est guère mieux. Selon une étude de l’OMS publiée le 26 septembre dernier, plus de deux millions de personnes meurent chaque année dans le monde de maladies causées par la pollution de l’air. Aussi, plus d’un milliard d’êtres humains souffrent actuellement de malnutrition. Quel sera le chiffre en 2050, alors que la population mondiale devrait atteindre neuf milliards ? Déjà que l’agriculture, qui parvient à peine à nourrir tout le monde, pollue énormément, dégrade les sols et les nappes phréatiques, tue la biodiversité et rejette 20% des émissions de gaz à effet de serre mondiales… M. Hessel écrivait aussi dans son essai que « quand quelque chose [nous] indigne, alors on devient militant, fort et engagé ». Pour le comité de santé mondiale (SCOGH), cette indignation est née de ces inégalités en matière de santé mondiale. Avec pour mission de sensibiliser les étudiants en médecine, les futurs professionnels de la santé et la population en général, le SCOGH s’intéresse aux différents aspects et

défis de la santé mondiale. En plus d’encourager l’action autant locale que globale, il tente d’influencer les politiques qui s’y rattachent dans le but ultime de créer un monde plus juste où le droit à la santé serait une réalité pour tous. Cette année, le SCOGH s’intéressera à plusieurs thèmes : déterminants sociaux de la santé, changements climatiques, influence de l’économie sur la santé d’une population, apport des organisations non gouvernementales dans les politiques de santé mondiale, et plus. La première activité de l’année a été lancée le 24 octobre dernier, alors qu’une vingtaine d’étudiant(e)s ont participé au « Game of Life », un atelier d’introduction aux enjeux de la santé mondiale. Ainsi, le SCOGH croit qu’il peut faire une différence dans le domaine de la santé mondiale, même si les enjeux sont énormes, car – et je vais terminer sur ces mots de Stéphane Hessel « il faut espérer, il faut toujours espérer ».

Quelques statistiques… « L’épidémie mondiale de diabète et d’obésité est un facteur de risque qui touche autant les cancers que les maladies cardiovasculaires, qui, selon l’OMS, représentent respectivement 11 % et 30 % de l’ensemble des causes de décès. » « Le nombre de décès attribuables à la tuberculose, par exemple, s’élève à plus de 1,4 million à chaque année. » « Aujourd’hui, encore 9 millions d’individus auraient toujours besoin de médicaments antirétroviraux. » « Plus de deux millions de personnes meurent chaque année dans le monde de maladies causées par la pollution de l’air. » « Plus d’un milliard d’êtres humains souffrent actuellement de malnutrition. »

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Estime de soi et image corporelle J’ai envie de débuter mon article en vous posant cette simple question : si vous aviez à vous noter sur 10, quelle note vous donneriezvous ? Je vous entends déjà : « Mais attends, nous noter sur quoi ? Sur quels paramètres ? » Ce à quoi je réponds, c’est bien simple, comment vous vous trouvez ? Si je renchéris en vous demandant : « Sur quoi vous êtes-vous basés pour répondre ? Qu’est-ce qui fait que l’on se donne 10/10 ou 5/10 ? » Que me répondez-vous ? Tous les aspects de la vie auxquels vous pourriez penser comme réponse font sans doute partie de ce qui forge l’estime de soi chez un individu. Le talent en sports, les résultats scolaires, la personnalité sont de bons exemples. Tous ces facteurs viennent influencer notre opinion de nous-même. Mais j’en oublie un, n’est-ce pas ? Je me doute que chacun de vous a pensé à se noter en fonction de son apparence. Je suis beau, je suis grande, j’ai des yeux bleus, etc. Lorsque l’on parle d’estime de soi, on ne peut ignorer le facteur de l’image corporelle. L’image corporelle est notre perception de notre propre corps. La façon dont on perçoit notre apparence physique, et je pèse mes mots lorsque j’utilise le terme « perçoit », car l’image corporelle est modifiée par toutes sortes d’influences comme l’époque, la culture et bien sûr, les médias. Bref, l’image corporelle fait partie de l’estime de soi, mais n’en constitue pas le seul facteur ! C’est ainsi que débute une présentation Fiers et en forme, et c’est ce dont les présentateurs discutent pendant l’heure qu’ils passent avec leur classe d’ados en pleine crise existentielle !

Pourquoi parler d’estime de soi et d’image corporelle ? Vous connaissez la différence entre santé mentale et maladie mentale ? Eh bien non, la santé mentale n’est pas l’absence de maladie mentale. « La santé mentale est la capacité qu’a chacun d’entre nous de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. »1 La santé mentale passe par l’estime de soi, tous les psychologues s’entendront pour vous le dire. Une bonne estime de soi nous permet d’avancer dans la vie, de développer notre plein potentiel de leadership, d’être confiant, de former un réseau social riche et aimant, de vivre dans l’authenticité et de s’affirmer.2 Sans oublier les conséquences de ne pas posséder une bonne estime de soi, c’est-à-dire les troubles alimentaires, les troubles de santé mentale et de maladie mentale et les comportements sexuels à risque.3

Sabrina Provost Coordonnatrice nationale, Comité Santé publique (SCOPH), IFMSA-Québec

Toutefois, selon le Rapport sur la santé publique au Canada, publié chaque année par l’Agence de la Santé Publique du Canada, seulement 24% des jeunes de secondaire 3 et 4 déclarent avoir confiance en eux. Et chez les adolescentes, la proportion est encore moindre. Aussi, 34% des adolescentes et 24% des adolescents de 6e année à secondaire 4 se trouvaient gros. Et il semble que chez les filles, le pourcentage augmente en fonction de l’âge. Pourtant, seulement 15% des filles de secondaire 4 présentent réellement un problème d’embonpoint ou d’obésité.

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Estime de soi et image corporelle (suite) Le projet Fiers et en Forme Y a-t-il une corrélation à faire ? Oui. L’Image corporelle prend une telle place dans l’estime de soi dans notre société que développer une image corporelle négative influence de façon délétère l’estime de soi. C’est pourquoi les membres de l’équipe de Fiers et en Forme se déplacent dans les classes de secondaire 1 à 3 de la région de Montréal pour expliquer aux jeunes la place de l’image corporelle dans l’estime de soi. Les présentations permettent aussi aux ados de comprendre ce qui influence l’image corporelle et quels sont les bons moyens à prendre et ceux à éviter si on souhaite changer son apparence. Les présentateurs font un travail exceptionnel, et bien que le projet soit jeune,

plus de 500 ados ont eu l’occasion d’assister à l’atelier. Cette année a eu lieu la deuxième formation (voir photo), une vingtaine de présentateurs motivés ont été formés pour aller présenter dans les écoles de la région de Montréal. Aussi, le projet est en cours de structuration à l’Université Laval à Québec. Tout cela pour permettre au plus de jeunes possible d’assister à un atelier et d’avoir l’occasion de réfléchir sur leur estime de soi. Il ne manque plus que vous ! Ne ratez pas le bateau Fiers et en Forme quand il passera par chez vous la prochaine fois !

Notes : 1 Rapport sur la santé publique au Canada, édition 2011. http://www.phac-aspc.gc.ca/ cphorsphc-respcacsp/2011/pdf/cpho-resp-2011fra.pdf 2 L’estime de soi, un passeport pour la vie, Germain Duclos, aux éditions de l’Hôpital SteJustine. 3 Comportements à risque et santé, agir en milieu scolaire, Sous la direction de MARTINE BANTUELLE, RENÉ DEMEULEMEESTER, Édition Inpes.

« La santé mentale est la capacité qu’a chacun d’entre nous de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. »1

Photo : L'équipe de Fiers et en Forme accompagnée de Stéphane Paradis, coach en estime personnelle, lors de la formation 2011 à Montréal !

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The Psychology and Mathematics of Life Saving This comment identifies what the author believes to be common psychological fallacies in planning for saving lives and argues for an increased use of sound health economics. Does it matter which lives we save and from what kinds of causes we do so? Most will agree that it does not. Preventing death and improving the quality of health is our first priority. It should not matter who we save or from what. It is the core idea of human equality. However, if this is so, why do we not act accordingly? A simple exercise in observation and mathematics will suggest that we engage in several practices that are not in line with this idea. Still, I am not saying that we consciously choose to deviate from our first principle. Instead, in the following, I am going to argue that we are inherently poor at comprehending second order relations without being asked to think about it, at understanding numbers and at being aware of our intrinsic biasing mechanisms. To begin with, we need to stock our toolbox with some basic concepts from psychology and health economics respectively. Psychological heuristics refers to the strategies that humans use for problem solving. The evolutionary process has resulted in the acquisition of techniques that surfaces as, for example, ‘educated guesses’ or ‘rules of thumb’ without which our lives would be incredibly impractical. There is however an unfortunate spillover effect resulting from the fact that these are machineries that we cannot easily turn on and off when we wish to. They are intrinsic to our nervous systems, to the extent that we use them unconsciously even when we actively intend not to. In the present context I wish to draw your attention to two so-called heuristics in particular. The first one, the representativeness heuristic, favors hypotheses that make good stories. Necessary for practical interaction with the world, this characteristic unfortunately also leads to severe errors in probability estimations. If test subjects are asked to estimate the

probability that Los Angeles will be hit by destructive flood they will give a certain estimate. If they are then asked to estimate what the probability is that there will be an earthquake that causes a flood that destroys Los Angeles they will curiously enough give a higher estimate. The error here is that the probability of a flood (unspecified cause, i.e. could be an earthquake but also any other possible cause) is of course higher than the probability of a flood necessarily caused by an earthquake and nothing else.

J. Fredrik Johansson PhD/MD/MPhil Cands. Lund University Sweden

Similarly, if subjects are given a biography of a female, mid-age, former kindergarten teacher and are asked what the probability is that she is now a banker, they will give a lower estimate than if they are asked to estimate the probability of the conjunction [banker AND feminist]. The latter makes for a better story but because an extra clause is added the probability is necessarily lower, not higher. Thus, the curious effect of the heuristic is that detailed stories with linked, preferably causally, and representative events appear more likely than a subset of those events. Secondly, the availability heuristic ensures that the ease with which we recall something renders an overestimation of likelihood. If something is easy to imagine, probability estimations will be biased upwards. For this reason people consistently overrate the probability of dying from the kinds of causes we get to see on the television news – murder, terrorism, cancer et cetera. These necessarily brief introductions ought suffice for our present purpose and the interested reader is pointed to e.g. Kahneman and Tversky (see notes).

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The Psychology and Mathematics of Life Saving (more) The tool we need from health economics is an understanding of the DALY unit and of interest returns. Disability-Adjusted Life Years (DALYs) measure absence of health by adding an indicator for years of life lost due to a certain condition to an indicator of healthy years of life lost due to disability resulting from the condition. The DALY can then be used for simple cost-benefit analysis, giving us a number of cost effectiveness expressed as the cost of averting a DALY, i.e. of buying away a year of disease or death. A very simple idea for health economics then is that interventions with relatively high prices should always, all else being equal, be used less, whereas one should focus on interventions with lower prices. Careful selection of which interventions to use makes limited funding go further. Moreover, due to the interest phenomenon, even small differences will make significant differences in the long run. Just as 1000 USD is only little more than 900 USD today but significantly more after 100 years in the bank (especially if it is 1000 instead of 900 in millions of bank accounts simultaneously) we can think of there being a similar phenomenon for human capital in the context of DALY aversion. Each healthy human life year contributes to growth, which in turn can contribute to health, constituting a leverage effect. If we then turn to look across the board at all interventions surveyed in the DCP2 (the largest cost effectiveness analysis compiled thus far, see notes), half a dozen interventions stand out as immensely cost effective. Hygiene promotion to prevent diarrheal disease, traditional EPI1 vaccinations against tuberculosis, diphtheriapertussus-tetanus (DPT), polio and

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measles, as well as insecticide-treated bed nets all come in at around or less than 10 USD per DALY averted. These interventions are by no means forgotten or ignored, but it can be argued that they are vastly underfunded if our goal is to make our interventions as effective as possible, i.e. averting as many DALYs as possible with our limited funding. I am not suggesting that no money should be spent on less cost effective interventions as some are surely needed, but mathematics would have it that we ought to keep piling in money on the most cost efficient interventions as long as there are target populations for them. Having identified some of the mathematically best ways to save lives let us look at some of the worst. Most of these, I believe, are the result of subconscious heuristics that give us our well-known biasing “gut feeling”, and for our defined first priority they become immensely ineffective. Dan Gardner, in his book Risk, turned my attention to what is now my favorite example of odd spending to save lives, namely counter-terrorism. The U.S. Department of Homeland Security alone uses 58.3 billion USD yearly and the hidden costs from lost productivity with longer airport screenings and border controls can be estimated to 15 billion USD yearly. Say that these measures save ten attacks equivalent to 9/11 per year (which is presumably an extraordinary high estimate). That is approximately 30,000 lives or, say, 1.2 millions DALYs averted (40 DALYs per victim), at a cost effectiveness ratio of about 61,000 USD per DALY averted. Counter-terrorism is of course important but from the viewpoint of the mathematics of life sav-

ing it is absurd. According to calculations by the Copenhagen Consensus 2004, “only” 27 billion USD (less than half of the above American counter-terrorism budget) could prevent 30 million HIV infections (make sure to count the number of zeros when you now compare 30 million and 30 thousand). I am not suggesting that the U.S. should stop protecting itself altogether and donate the money to African nations struggling with the fight against AIDS; I only wish to illustrate that the order of magnitude for the spending is numerically senseless. If it is Americans they are concerned about, the money would also be sufficient to fund health insurance for all uninsured American citizens (Institute of Medicine, National Academy of Science’s estimate), which would very likely save more than the heftily stipulated 1.2 billions DALYs per year. As far as I understand, C anada’s counter terrorism spending is kept covert but an educated guess is that the business is not underfunded. The same is probably true of many Western countries. Why do we spend so much money on counterterrorism then? We presumably do so because our psychological heuristics guide us to overestimate the risks of terrorism. Terrorists with weapons of mass destructions or in control of airplanes make very good stories and pictures of terrorists are very easy to recall. I could go on enumerating other safety policies besides counter-terrorism that would not be included in a numberbased public policy. If we return to what some other cost effective life saving measures are, some surprising and underfund-


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ed interventions that rank in the around or under 10 USD per DALY averted price class are certain ways of decreasing the number of traffic accidents, training volunteer paramedics, intermittent preventative malaria treatment in pregnancy (if other than sulfadoxine-pyrimethamine) and acute management of myocardial infarction with cheap aspirin and β-blockers. Other cost effective measures (under or slightly above 100 USD per DALY averted) are for example nutritional child survival programs as well as HIV/AIDS peer education programs for high-risk groups and HIV/AIDS voluntary counseling and testing. At the other end of the cost effectiveness range we find hepatitis B vaccination not at 10 but at 10,000 USD per DALY averted and for instance media campaigns to reduce saturated fats, cholera immunisation or polypills against ischaemic and hypertensive disease – all over 1000 USD per DALY averted. This difference, in order of magnitude, is tremendous. Further, because of the miracle of leverage due to interest effects, differences can be thought of as larger than perceived when looking at non-longitudinal tables such as these. As was said earlier, each healthy human life year contributes to economical and societal growth, which in turn can contribute to health, thereby creating a leverage effect. This numerical phenomenon further warrants the detailed study of cost effectiveness for health spending. Cost effectiveness analyses are not novel to the public and global health sectors, so why do we not spend accordingly? My guess is partly because we are inherently poor at understanding numbers, partly because we for some reason do not take advantage of the calculations that exist, and importantly, also because our intrinsic psychological heuristics get in the way.

We do not even think of the speed bump interventions in many cases. My suspicion is that this at least in part has to do with versions of the representativeness heuristic. The imagery of actively injecting hepatitis B vaccine into someone who will go one to live without infection makes for a better story than installing a speed bump. In addition, in the latter case, we do not see whom we save. This is a common line of thought among psychologists when reasoning why we behave as we do in certain situations. The abstractness of a life is very different from a concrete person we can see and touch. To illustrate more cases of dubious spending, the current trend of shifting focus towards the noncommunicable diseases (NCDs) is in my opinion an excellent example of numerical tomfoolery. When papers in prestigious journals as The Lancet state things such as the following, policy makers will follow : “35 million people will die in 2005 from heart disease, stroke, cancer, and other chronic diseases. Only 20% of these deaths will be in high-income countries— while 80% will occur in low-income and middle-income countries. The death rates from these potentially preventable diseases are higher in low-income and middleincome countries than in high-income countries, especially among adults aged 30–69 years. … This goal—to reduce chronic disease death rates by an additional 2% annually—would avert 36 million deaths by 2015. An additional benefit will be a gain of about 500 million years of life over the 10 years from 2006 to 2015. Most of these averted deaths and life-years gained will be in low-income and middle-income countries, and just under half will be in people younger than 70 years.” (Strong et al., 2005)

Surely, this must be something tremendously important we should

spend large amounts of money on right away. Or should we? Let us break this down before we make such a decision. Surely, 35 million people are a lot of people, a figure that sounds frightening, but one should note that, however, when a life is saved is not taken into account here. Pay attention to the fact that not even half are younger than 70 years. The DALY measurement is unfortunately seldom if ever weighted for age. Not only are there more cost effective interventions than the ones concerning NCDs but the patients are presumably younger as well. The important numerical phenomenon here is that of longitudinal leverage, the “younger” an averted DALY is, the more likely it is to generate more revenue (economic growth of the population) that can be used for further DALY aversions. Ten DALYs for a twentyyear old is presumably more likely to generate wealth that in part can be used for health programs than five DALYs for two seventy-five year olds. The alarming report further states that 80% of the NCD deaths will occur in low-income and middle-income countries, but do remember that this is to a large extent simply reflecting where people in general tend to live. The further statement that most of the averted deaths will be in low-income and middle-income countries is portrayed almost as a moral justification (“it is not about saving the ‘wealthy white man’”), but it hides the simple fact that this is again due to the circumstance that proportionally, this is where most of the people live in the world. Now, it is often argued that an increased focus on NCDs should be a supplementation, rather than a competitor, to other interventions. Statements such as these are numerical nonsense. No matter how large a budget

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The Psychology and Mathematics of Life Saving (more) we have, the resources will always be fixed at a given amount to be distributed. All interventions are by logical necessity competitors. We have to make the difficult choice of distribution. We may have other reasons for allocating resources to NCD or other high cost/low cost efficiency interventions, but if we truly want to avert as many DALYs as possible, mathematics suggest that the current trend of a focus shift towards NCDs is dangerous, at least in the numbers world. Of course the psychological heuristics come into play here as well. The NCDs are the kinds of tragedies that strike our relatives and that we see in the media everyday. The ease of recall heuristic takes center stage and we gladly donate large amounts to for instance breast cancer research. Guess at which end of the cost efficiency range for DALY aversion that places itself. I am of course not saying that we should not fund breast cancer research and put all our money to build speed bumps in sub-Saharan Africa. I am merely attempting to provoke a second round of dialogue in the reader. So, it seems reasonable that we need to listen to numbers more than the kind of gut feeling that psychological heuristics gives us. It is however not enough to merely select appropriate categories for interventions. Numbers show huge intra-category variations, which suggests why policy makers should be encouraged to do more of careful mathematical planning. How important detailed study of figures can be is clearly shown in the case of decreasing the number of traffic accidents, for which there are many things one can do. It is very easy to simply identify an area to fund, i.e. traffic accidents, and then use the ‘egg strate-

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gy’ – lay lots of eggs and hope for the best, meaning that funding is spread a little bit on everything. When it comes to traffic accidents this is however a deeply inefficient use of available funds as there are enormous differences in cost efficiency. Some interventions such as placing speed bumps at the most dangerous intersections, increasing speeding penalties and safe driving media campaigns can cost less than 10 USD per DALY averted. Interventions that may appear rather similar – enforcement of seatbelt laws, driver breath testing, and promotion of child restraints – can cost up to 1000 USD per DALY averted. Your experience may differ from mine but seatbelt interventions and breath testing tends to be in the media, laying a perfect foundation for the ease of recall, or availability, heuristic. Strictly speaking, the heuristic concerns probability estimations when prompted for it, but when we dwell on where to spend intervention funding, reason dictates that we make implicit probability estimations. For example, in the combat against tobacco use and addiction, nicotine replacement therapy, advertising bans, smoking restrictions, supply reduction and information dissemination all cost hundreds of USD per DALY averted. Taxation causing a 33% increase is in contrast only 20 USD per DALY averted (albeit this measure has other political implications). Additionnally, for diarrheal disease, basic hygiene promotion comes in at 10 USD per DALY averted as mentioned earlier. Construction and water sector regulation where facilities and clean water supply is limited also

come in under or around 100 USD per DALY averted, which is still very good. Cholera immunization, rotavirus immunization, improving water and sanitation in locations where some basic level already exists are all ten times more cost inefficient. It is not new that the most basic interventions are very useful; but that they are this superior when it comes to cost efficiency is not well established. This suggests that it is better, with fixed resources, to put some interventions in place everywhere before going forward with more advanced interventions. Not only do we get more immediate DALY aversion per dollar, but through the magic of interest we should be able to leverage the total effect on the population. None of the above is to be taken as an attempt to convince the reader to act exactly as is implicitly “recommended”. To some extent this comment is but a provocative caricature. My sole intent herein has been to briefly inform on what kind of biasing mechanisms of thought are important to be aware of for anyone involved in health policy making and to encourage, to a greater extent, the proper use of mathematics contra gut feeling. Note from Editor : 1 Expanded Program on Immunization Notes from Author : All DALY aversion cost estimates are as stated in the DCP2 (Disease Control Priorities in Developing Countries) Strong et al. Preventing chronic diseases: how many lives can we save? Lancet 2005; 366: 1578-82 Introduction to psychological heuristics, e.g. Tversky & Kahneman, Judgment under Uncertainty: Heuristics and Biases Science 1974:185:1124-1131. Dan Gardner – Risk (ISBN: 9780753515532) Copenhagen Consensus 2004, www.copenhagenconsensus.com


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Plaidoyer pour une expérience mondiale éthique Il y a un an de cela, le SCOI publiait dans le Pouls un article présentant un changement important de paradigme que j’avais pu vivre lors de mon séjour au Burkina Faso. Pour vous mettre en contexte, j’expliquais en quoi notre vision du développement humain était biaisée par notre propre perception du bonheur, la meilleure approximation universelle que nous avons du développement humain. C’est ce biais qui nous amenait à imposer nos valeurs culturelles à des sociétés qui ne les partageaient pas a priori. Cette fois-ci, cet article cherche plutôt du côté des solutions alternatives – le thème de cette édition étant l’alternative – à cette image erronée que nous avons des « pays pauvres ».

Développer son empathie en vivant la vie de ces communautés La première étape de cette solution est bien simple et je crois que la plupart des étudiants y excellent : partir vivre dans des communautés à l’étranger. Que ce soit dans le cadre d’un simple voyage touristique, d’un stage d’immersion ou d’une mission dite « humanitaire », nous sommes tous curieux de découvrir l’inusité de cadres culturellement et économiquement très différent des nôtres. Cependant, même si le moyen est louable, plusieurs expériences1.2 ont démontré que le résultat n’était souvent pas atteint autant du côté de l’étranger que de la communauté d’accueil : les préjugés sont renforcés, la compréhension est distordue, l’impact souhaité est mitigé, voire négatif. Alors comment bien le faire? Comment vous assurer que ce que vous aurez vécu et appris de votre voyage/stage/mission soit le reflet des réalités de la communauté? Alors que plusieurs d’entre nous sont en réflexion en ce moment pour savoir ce qu’ils feront de leur prochain été, voici 3 grandes recommandations3 qui font consensus pour le moment face à

l’éthique de telles expériences.

Changez vos attentes Premièrement, il est important de se fixer des attentes face à de telles expériences en terme d’apprentissage et non d’impact. On nous sature de toutes parts d’une vision erronée des populations défavorisées du Sud. Et cette vision a un effet notoire sur ce qui est jugé pertinent de faire. Ces « communautés pauvres » sont dépeintes comme étant sans éducation, sans moyens, sans avenir. Notre culture judéo-chrétienne de messianisme et un passé colonial associée à la désinformation de certaines ONG nous fait croire que c’est à l’occidental – l’homme développé – de se rendre dans ces communautés recluses pour les sauver de leur fatalité.

Étienne Renaud-Roy Coordonnateur, Comité Immersions, (SCOI) IFMSA-Québec

Étant donné qu’on nous présente cette expérience à l’étranger comme l’action qui mènera à solutionner leurs problèmes, il arrive que l’on parte avec l’attente irréaliste d’arriver avec nos connaissances, de les appliquer sur les communautés et d’améliorer leur vie. Car bien-sûr nos solutions sont les meilleures. Nous sommes les « développés ». Cependant cette façon de faire nous ferme à une compréhension pointue de la situation sur place. Nous jugeons et évaluons les situations relativement à notre propre connaissance, ce qui nous empêche souvent de comprendre plus en profondeur les déterminants des comportements ou pratiques dont nous sommes témoins là-bas. La solution est donc encore une fois si simple qu’on passe trop souvent à côté. Au lieu de voir la communauté comme étant dépourvue, il est important de la concevoir comme détentrice d’un savoir qui, même s’il est sûrement imparfait, lui a permis de vivre et de s’épanouir jusqu’au jour où nous y mettons les pieds. Et sans relativiser à notre culture, le fait d’être dans un esprit d’apprentissage de

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Plaidoyer pour une expérience mondiale éthique (suite) ce mode de vie nous permet de mieux comprendre ce qui se déroule devant nos yeux.

Préparez-vous Plus que de s’équiper d’un Lonely Planet, la préparation d’une telle expérience passe par une éducation préalable en terme de compréhension culturelle sur les enjeux que nous confronterons là-bas. Et même si nous nous considérons bien intelligents en tant qu’étudiants en médecine, cette intelligence n’est pas universelle : l’intelligence culturelle s’acquiert elle aussi avec l’expérience. Ainsi en lisant ou en participant à des ateliers et des cours traitant des sujets culturels, socioéconomiques et de santé à l’échelle mondiale, il est possible d’obtenir des cadres de référence et des informations qui nous donneront une longueur d’avance une fois sur place. Souvent, il est difficile d’interpréter ou d’assimiler correctement l’avalanche d’informations visuelles, auditives, sensitives et expérientielles.4 Bien préparé, ces informations trouveront leur sens beaucoup plus rapidement, ce qui n’évitera peut-être pas le choc culturel mais qui évitera une indigestion face à la différence qui nous sature l’esprit dans de telles expériences.

Immergez-vous éthiquement Une fois à l’étranger, il se peut que malgré votre bonne préparation l’organisation qui vous accueille soit responsable de vous maintenir dans ce paradigme. Comment est-ce possible? C’est encore le fruit de cette dynamique d’aide que nous avons créé.

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Pour certaines ONG qui vivent, parfois grassement, de l’aide au développement, il est important pour eux d’entretenir, inconsciemment parfois, ce sentiment de besoin qui est à la source de leur existence. De plus, certaines de ces ONG ont peu ou pas d’éthique étant donné la faible règlementation qui existe dans leur pays.5 Cependant certaines organisations font mieux que d’autres à ce chapitre et il est donc possible, si vous vous informez bien, de trouver une organisation locale qui vous permettra de vivre une expérience éthique et fidèle aux réalités du milieu.

Notes :

Before you pay to volunteer abroad, think of the harm you might do. Ian Birrel. The Observ1

er. Édition du 14 novembre 2010 2

Volunteer holidays 'do more harm than good'.

The Telegraph. Édition du 3 novembre 2010

Preparing Medical Students for Electives in Low-Resources Settings: A Template for National Guidelines for Pre-Departure Training. AFMC 3

Global Health Resource Group and CFMS Global Health Program, May 2008. 4 Shah, S. and Wu, T. “The medical student global health experience: professionalism and ethical implications.” Journal of Medical Ethics. 34 (2008): 375-378. 5

Do NGO self-regulation mechanisms work?

Rapport d’activités. Assemblée CIVICUS 2011. 6 Déclaration de conflit d’intérêt : Étienne Renaud-Roy est le coordonnateur de ce comité auquel il croit beaucoup mais demeure sincèrement impressionné par la maturation des participants tout au long du programme.

Et avec ces conseils, est-ce que ça fonctionne? Un exemple de bonnes pratiques en ce sens : le SCOI d’IFMSA-Québec.6 L’an dernier, le comité s’engageait dans une refonte en profondeur du programme pour le rendre plus éthique et pertinent pour l’immersion en santé mondiale. Après une année de cheminement comprenant 30 heures de formation et de 4 à 6 semaines d’immersion, le résultat fut une mutation très importante dans la réflexion et l’introspection des étudiants qui ont accepté de s’investir dans l’aventure. L’idée ici n’est pas de faire l’apologie du SCOI, le comité ayant encore énormément de travail à faire afin d’assurer un programme aux standards éthiques irréprochables. L’idée est plutôt de démontrer la valeur de mettre en pratique ces recommandations car elles permettent réellement de vivre une expérience enrichissante, respectueuse et fidèle à la réalité.

En résumé… 1.

Développer son empathie en vivant la vie de ces communautés

2.

Changez vos attentes

3.

Préparez-vous

4.

Immergez-vous éthiquement


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Séjour chez SCORA ! Il y a un an, lors de l’assemblée générale 2010 à Montréal, j’ai vu l’annonce de ce qui promettait être une assemblée d’août 2011 incroyable à Copenhague. J’ai rêvé de cette rencontre de centaines d’étudiants en médecine passionnés par la santé mondiale et à l’arrivée des délégués, tout le monde était bouillant de commencer, les idées se bousculaient, les conversations s’enchaînaient. Retrouver des amis à de grandes distances, se raconter des souvenirs, sentir l’énergie de dizaines d’étudiants ayant les mêmes passions que vous, voilà en quoi a consisté le début du « August Meeting ». Les réunions SCORA ont été pour moi la meilleure partie de mon expérience de l’assemblée générale d’IFMSA. Elles étaient évidemment la principale raison de ma présence à cette assemblée. Les sujets présentés et discutés au cours des différentes sessions m’ont ouvert les yeux sur des perspectives et des réalités que je n’avais jusque-là que très peu explorées. Je pense entre autres à l’atelier sur le trafic humain. La présentation d’un étudiant grec, Dimitris, a été faite avec les membres du SCORP comme session conjointe. Suite à l’introduction sur le thème, des scénarios variés ont été discutés en petits groupes et des pistes de solutions qui peuvent être empruntées par les futurs médecins ont été évoquées. Les histoires, inspirées de faits vécus étaient désolantes lorsqu’on pense à la situation de certaines de ces personnes qui sont déportées, spécialement les femmes qui sont volées à leur vie pour le trafic sexuel. L’une des séances qui m’a aussi particulièrement bouleversée a été la présentation par des déléguées norvégiennes d’un film nommé Gender matters. La vidéo sur le thème était incroyablement touchante, et est disponible pour les étudiants de IFMSA-Québec qui aimeraient la regarder. Elle soulignait les inégalités flagrantes telles que le fait que les femmes font 2/3 du travail mondial, mais ne reçoivent pourtant que 10% des revenus et ne possèdent

que 1% de la propriété privée. C’est toutefois la partie sur les inégalités flagrantes vis-à-vis les personnes LGBTQI (Lesbiennes-GaisBisexuels-Transexuels-Queer-Intersex) qui m’a le plus marquée. Elle donnait l’exemple d’une jeune fille qui avait quitté son mari et s’était fait battre presqu’à mort en raison de son homosexualité affichée. Ou encore, le cas des deux adolescents homosexuels qui ont été exécutés en Iran en 2005 à l’âge de 18 ans. Le film soulevait de grandes passions et il était difficile de ne pas baisser les bras pour une seconde, devant l’immensité de la lutte que nous avons à continuer. Je crois qu’il faut une certaine humilité pour travailler au sein d’IFMSA, car la tâche est immense, les inégalités à combattre, si nombreuses. Pendant l’après-midi des présentations de projets, IlluminAIDS et Sexperience ont pu aller chercher des intéressés dans des comités SCORA d’autres pays, mais aussi d’autres comités, tel que celui de SCORP ou de SCOME. Notre emplacement était à côté du kiosque du « Women’s day » du LeiMSIC (Liban), qui a, je crois, énormément à apporter aux autres NMOs en termes d’activités et de projets SCORA. J’espère sincèrement que les projets de lutte contre la discrimination des personnes vivant avec le VIH/SIDA trouveront leur place dans d’autres pays et qu’on parviendra à des résultats concrets au cours de la prochaine année de même qu’à davantage de partenariats avec d’autres projets tels que le Red Party fait en Australie!

Julie Hébert Coordonnatrice nationale, Comité Santé sexuelle et SIDA (SCORA) IFMSA-Québec

Plus tard durant l’assemblée, le comité SCORA a organisé la projection du film Orgasm.Inc. Il s’est révélé comme un documentaire pertinent, favorisant la réflexion sur la situation actuelle des pharmaceutiques qui tente de « créer des maladies », prenant l’exemple de la dysfonction sexuelle des femmes. De manière générale, les sessions SCORA étaient animées par des activités énergisantes

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Séjour chez SCORA ! (suite) comme des danses récurrentes sur Vamos a la playa. S'impliquer au niveau local et national m'a permis de comprendre davantage les rouages de la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine (IFMSA), mais les assemblées générales sont très enrichissantes du point de vue des comités de projets. Cela me rappelle pourquoi je suis en médecine et que dans le monde, il y a partout des étudiants qui veulent faire leur part pour voir avancer les choses. Les objectifs ont été atteints: l’Assemblée générale 2011 a été une source de motivation, de rencontres et d’énergie pour l’année à venir. « Be the change you want to see in the world » a dit Gandhi. Lors de son discours, le tout premier président d’IFMSA fut, quant à lui, touchant de par son émotion de voir les résultats de ce qu’il a créé, il y a maintenant 60 ans. Je ne doute pas qu’un tel anniversaire doit être touchant pour l’un des créateurs étant donné le nombre élevé de pays et d’étudiants maintenant impliqués dans l’organisation. Espérons que ce nombre reste croissant et que nous pourrons fêter les 100 ans de la Fédération regroupant encore davantage d’étudiants en médecine! Photo :

Haut : Délégation à l’August Meeting 2011, Copenhague, Danemark Photo :

Bas : L’équipe de Fiers et en forme est lauréate à Forces AVENIR. De gauche à droite : Rania GosselinPapadopoulos, Sabrina Provost et Sarah Brabant.

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IFMSA-Québec est reconnu par des organisations externes Au cours de l’année 2010-2011, IFMSA-Québec a grandi énormément. Les projets de l’organisme sont maintenant d’envergure et cela fait qu’ils ne sont plus seulement connus par ceux qui y participent, mais ils sont maintenant en train de gagner de plus en plus de reconnaissance externe. Voici une brève présentation des mentions et des prix obtenus par l’organisme pour ses projets et son implication au sein de la communauté.

IFMSA-Québec à l’Université de Montréal : Prix engagement social de l’Université de Montréal – catégorie étudiants Ce prix reconnaissant l’implication bénévole et l’engagement dans des causes sociales liées à l’amélioration de la santé a été remis à IFMSAQuébec pour ses 4 grands projets de sensibilisation des jeunes, soit Nutrition, OSMOSE, Fiers et en Forme, et Sexperts.

Fiers et en Forme : lauréat au gala Forces AVENIR—catégorie projet santé

C’est mercredi le 26 octobre, lors du gala Forces AVENIR, que les membres de Fiers et en Forme, un projet sur l’estime de soi et l’image corporelle chez les adolescents, sont devenus les lauréats dans la catégorie projetsanté du concours Forces AVENIR. Ce prix vise à reconnaître les modèles d’engagement pour la jeunesse québécoise tout en soulignant le travail rigoureux des étudiants universitaires membres du projet.

Sexperts : finaliste au gala Forces AVENIR - catégorie projet santé

C’est avec joie que le comité Sexperts de l’Université Laval a appris en juin dernier qu’il est finaliste pour le concours Forces AVENIR. C’est un immense honneur d’être nommé finaliste, car le concours Forces AVENIR, qui récompense l’implication étudiante, est reconnu pour la qualité de ses participants. Cela ne fait que confirmer que les membres de Sexperts accomplissent année après année un travail fantastique et immense. Tant au niveau des élèves du secondaire que des étudiants de l’université, le comité sensibilise la population à propos de sujets tels que les ITSS et le VIH/sida par le biais de diverses activités interactives. Nous espérons que l’année 2011-2012 sera tout aussi fructueuse; le comité exécutif d’IFMSA-Québec a en effet décidé d’accorder de l’énergie à l’exploration de tels prix et reconnaissances qui, en plus de souvent contribuer au financement des projets de l’organisme, permettent aussi d’acquérir une bonne réputation face à nos partenaires. Si vous pensez qu’IFMSA-Québec ou bien l’un de ses projets devrait appliquer pour obtenir une certaine reconnaissance, n’hésitez pas à communiquer l’information à Yassen Tcholakov (president@ifmsa.qc.ca). Au plaisir de vous voir contribuer aux succès de l’année avenir.

Sabrina Provost Coordonnatrice nationale, Comité Santé publique (SCOPH), IFMSA-Québec

Julie Steele Coordonnatrice locale 2010-2011, Comité Santé sexuelle et SIDA (SCORA), Université Laval

Yassen Tcholakov Président, IFMSAQuébec

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Équipe éditoriale / Editorial Team Éditeur en chef / Head Editor : Francis Rossignol Éditeurs-adjoints / Assistant Editors : McGill University : Kenjey Chan McGill University : Mathura Thevarajah

Auteurs / Authors Julie Hébert Camille Laflamme Claudel Pétrin-Desrosiers Sabrina Provost Étienne Renaud-Roy Julie Steele Yassen Tcholakov

Remerciements spéciaux à / Special thanks to : J. Fredrik Johansson, IFMSA-Sweden

Photo de couverture / Frontpage picture : Équipe / Team IFMSA-Québec 2011-2012 Congrès d’automne / Autumn Congress

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