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Volume 35, No. 2 ISSN 0149-4521 www.ifdc.org

IFDC Actualités des travaux et des progrès de l’IFDC

Pleins feux sur le VFRC - sécurité alimentaire mondiale et protection de l’environnement La réunion inaugurale du Conseil consultatif du Centre virtuel de recherches sur les engrais - Virtual Fertilizer Research Center – (VFRC) s’est tenue à la Banque mondiale à Washington D.C. (voir à la page 2 la liste des membres du Conseil consultatif.) Les Conseillers ont résolument approuvé l’initiative du Centre et se sont engagés à contribuer à sa réussite par leurs efforts individuels et collectifs. Le VFRC est une initiative mondiale de recherche organisée par l’IFDC. Sous la direction de son Conseil consultatif, il assurera la coordination et la supervision de la prochaine génération d’engrais et de technologies de production d’engrais. L’appui financier initial pour le VFRC vient de l’agence des Etats-Unis pour le développement international. Des sources additionnelles de financement seront recherchées. Des engrais nouveaux et améliorés sont essentiels dans tout effort visant à assurer la sécurité alimentaire durable à une population mondiale croissante et à protéger l’environnement. En ouvrant la réunion, Dr. Jimmy Cheek, chancelier de l’University de Tennessee (Etats-Unis) et président du Conseil consultatif du VFRC, a déclaré que « La nécessité de recherches nouvelles et innovantes est une question de dimension mondiale qui exige donc une solution mondiale. Le VFRC a la capacité de développer une gamme d’éléments nutritifs qui révolutionneront l’agriculture dans le monde en voie de développement. »

Virtual Fertilizer Research Center

Selon Dr. Amit H. Roy, président - directeur général de l’IFDC, « En 2008, le monde dut faire face à plusieurs crises dont celle des produits alimentaires, celle des engrais et celle de

(suite à la page 7)

Articles spécialisés L’IFDC lance son nouveau site Web

Production énergétique durable par le reboisement et l’agroforesterie dans l’Albertine Rift (SEW)

Le coton renforce la sécurité alimentaire dans les pays du C-4


IFDC IFDC Report est une publication trimestrielle de l’IFDC. Sauf indication

contraire, les articles parus dans IFDC Report tombent dans le domaine public domaine et peuvent être librement reproduits. Il suffit d’indiquer la source et d’envoyer une copie de tout article reproduit. L’abonnement est gratuit. Une version électronique est accessible sur le site www.ifdc.org. Une édition en langue française de IFDC Report est également disponible.

Conseil consultatif du VFRC Jimmy G. Cheek Président du Conseil consultatif du VFRC Chancelier de l’Université de Tennessee Etats-Unis Marco Ferroni Directeur exécutif Fondation Syngenta pour l’agriculture durable Suisse Mark Huisenga Conseiller des Programmes en agriculture Agence des Etats-Unis pour le développement international Etats-Unis

L’IFDC est une organisation internationale publique, régie par un Conseil d’administration international composé de représentants de pays développés et de pays en voie de développement. Le centre à but non lucratif est soutenu par diverses organisations d’aide bilatérale et multilatérale, des fondations privées et des gouvernements nationaux.

Assétou Kanouté Assistante de recherche et d’enseignement Institut polytechnique pour la recherche rurale et appliquée Université du Mali Mali

L’IFDC se concentre sur l’accroissement durable de la sécurité alimentaire et de la productivité agricole dans les pays en voie de développement par le développement et le transfert de technologies de fertilisation des cultures efficaces et respectueuses de l’environnement et l’expertise en commercialisation agricole.

Luc Maene Directeur général Association internationale de l’industrie des engrais France

DIRECTEUR DE LA REDACTION Scott Mall REDACTRICE EN CHEF Lisa Thigpen CONTRIBUANTS Ketline Adodo, Daniya Baisubanova, Clyde Beaver, Francis Dabire, Regine Dupuy, Courtney Greene et Kathryn Robinson PHOTOGRAPHES Daniya Baisubanova, Philip Karuri, mégohm Ross et Tom Thompson CONCEPTION Heather Gasaway COORDINATION DE PRODUCTION Donna Venable DISTRIBUTION Jane Goss

CONSEIL D’ADMINISTRATION DE l’IFDC M. Peter McPherson (Etats-Unis), Président du Conseil Gerard J. Doornbos (Pays Bas), Vice-président Margaret Catley-Carlson (Canada) Soumaïla Cisse (Mali) John B. Hardman (Etats-Unis) Osamu Ito (Japon) Agnès M. Kalibata (Rwanda) Patrick J. Murphy (Etats-Unis) Mortimer Hugh Neufville (Etats-Unis) Rhoda Peace Paix Tumusiime (Ouganda) Vo-Tong Xuan (Vietnam) PRÉSIDENT - DIRECTEUR GENERAL DE l’IFDC Amit H. Roy - membre de plein droit SECCRETAIRE DU CONSEIL / CONSEILLER JURIDIQUE DE L’IFDC Vincent McAlister - membre de plein droit Divisions de l’IFDC : Eurasie (EAD) Afrique de l’Est et Afrique Australe (ESAFD)

M. Peter McPherson Président Association des universités publiques et parapubliques Etats-Unis Ruth Oniang’o Fondatrice et éditrice en chef African Journal of Food, Agriculture, Nutrition and Development Fondatrice et directrice Rural Outreach Programme Kenya Roelof (Rudy) Rabbinge Professeur d’université en développement durable et sécurité alimentaire Université de Wageningen Pays-Bas Renfang Shen Directeur général Principal laboratoire d’Etat des sols et de l’agriculture durable Institut de sciences des sols, Académie des sciences République populaire de Chine A.K. Singh Directeur général adjoint Division de gestion des ressources naturelles Conseil indien de la recherche agricole Inde Ajay Vashee Président Fédération internationale des producteurs agricoles Zambia Juergen Voegele Directeur Agriculture et développement rural Banque Mondiale Allemagne Prem Warrior Chargé de programme principal Agricultural Development Group (Science and Technology Team) Fondation Bill & Melinda Gates Etats-Unis Des informations complémentaires concernant les membres du Conseil consultatif sont disponibles sur le site Web de l’IFDC. Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest (NWAFD)

Recherche et Développement (RDD)

Sigles : DSSAT – Système d’aide à la décision pour le transfert de technologies agricoles UDP – Placement profond de l’urée VFRC – Centre Virtuel de Recherche sur les Engrais

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EAD

Le Chef de mission de l’USAID se réjouit des résultats d’un projet en Kirghizistan du sud Le chef de mission de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), Andrew Sisson, a rencontré récemment des agriculteurs de la municipalité rurale de Markaz, la province de Batken, au sud du Kirghizistan. Ces agriculteurs sont les bénéficiaires directs du projet pilote de l’USAID Markaz Joint AgroInitiative (MJAI) qui vise la réhabilitation des terres abandonnées. Le Projet de développement des entreprises d’intrants agricoles du Kirghizistan - Kyrgyz AgroInput Enterprise Development (KAED) a joué un important rôle dans cette initiative. Le projet a démontré que des rendements élevés d’orge et de luzerne peuvent être obtenus sur une terre pierreuse inutilisée grâce à des techniques avancées, de nouvelles variétés de semences, l’irrigation et l’application des engrais en temps utile. Près de 52 tonnes d’orge et de luzerne ont été récoltées sur cette terre, rapportant plus de $16 000 dollars US en termes de revenu pour les agriculteurs locaux.

(De gauche à droite) Allodin Joldoshev, chef du Département de développement agricole de la zone de Kadamjai ; Aidarali Asamidinov, sous-gouverneur de la province de Batken ; et Andrew Sisson, chef de mission de l’USAID, visitent une parcelle de terrain abandonnée qui sera réhabilitée dans le cadre du projet pilote MJAI.

Sisson s’est montré satisfait des rendements obtenus et s’est intéressé aux projets futurs des agriculteurs, qui veulent cultiver des fruits sur d’autres terres réhabilitées. L’agriculteur Ibragimova Kantaym a remercié l’USAID et les responsables du projet pour leur appui qui a permis de réhabiliter des terres inutilisées depuis les quinze dernières années. « Grâce au projet, nous avons obtenu de hauts rendements pour l’orge et la luzerne et nous continuerons d’avoir des rendements similaires avec des cultures pérennes sur ces terres pendant les cinq à six années à venir, » dit Kantaym. La réussite du projet MJAI de l’USAID sert de modèle à d’autres municipalités rurales et les encourage à adopter les recommandations qui permettront d’augmenter la production agricole et d’offrir d’autres avantages aux agriculteurs.

Le succès du placement profond de l’urée (UDP) continue au Bangladesh

Des agriculteurs désherbent deux parcelles UDP près de Shariatpur, Bangladesh.

Un producteur de briquettes d’urée à Shariatpur avec Dr. Tom Thompson, scientifique principal de l’IFDC – sociologie.

Un agriculteur du Bangladesh utilisant l’UDP et Dr. Tom Thompson dans un champ de démonstration à Madaripur, Bangladesh.

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L’USAID apporte une aide agricole urgente à la République de Kirghizistan Les événements politiques survenus au Kirghizistan cette année pourraient affecter la productivité durant la prochaine campagne agricole. A la demande du Ministère de l’Agriculture kirghize, l’USAID a fourni des semences et des engrais d’une valeur de $150 000 dollars pour couvrir les besoins immédiats des agriculteurs de ce pays. Ce don a été réalisé par le projet de développement des entreprises d’intrants agricoles - Kyrgyz Agro-Input Enterprise Development (KAED II) de l’USAID mis en œuvre par l’IFDC. Cette aide consistait en 100 tonnes de semences élites de blé de printemps, 100 tonnes de semences élites d’orge de printemps, 40 tonnes de semences de maïs et 100 tonnes d’engrais composés. Les semences et les engrais sont livrés et distribués gratuitement dans les zones où les besoins sont les plus pressants.

Kubat Kaseyinov, Ministre de l’Agriculture de la république kirghize reçoit des sacs de semences symboliques de Tatiana C. Gfoeller, Ambassadeur des Etats-Unis en République kirghize.

RDD

Gerrit Hoogenboom, professeur à l’Université de la Georgie conduit un séminaire au siège de l’IFDC Un partenaire de longue date sur de nombreux projets Dr. Gerrit Hoogenboom, du Département de biologie et d’ingénierie agricole de l’Université de la Géorgie, a conduit, le 19 février, au siège de l’IFDC, un séminaire sur le thème : « Le Consortium de climat du Sud-est : aide à la décision agricole dans un climat variable. » Le Consortium comprend l’Université de la Géorgie, l’Université de la Floride, l’Université de Miami, l’Université d’Auburn, l’Université d’Alabama - Huntsville, l’Université de la Caroline du Nord, l’Université de Clemson et l’IFDC. Hoogenboom a une longue histoire de collaboration avec l’IFDC. Il a été partenaire dans le développement continu du système de modélisation: Système d’aide à la décision pour le transfert de technologies agricoles – Decision Support System for Agrotechnology Transfer (DSSAT). Il travaille avec Dr. Upendra Singh, scientifique principal de l’IFDC – sur la modélisation de systèmes (fertilité des sols), pour le riz, l’azote et le phosphore ; Dr. Philip Thornton sur les applications économiques ; Dr. Paul Wilkens, scientifique de l’IFDC - programmeur, sur les applications de systèmes ; et Dr. Walter Bowen sur le carbone organique du sol. En outre, Hoogenboom et l’Université de la Géorgie ont coparrainé de nombreux programmes de formation en modélisation avec l’IFDC dans le monde. Wilkens et Singh collaborent actuellement avec Hoogenboom dans le Consortium de climat du Sud-est – Southeast Climate Consortium (SECC), pour développer un système d’information géographique (GIS) lié au système de modélisation et améliorer les sous modules de phosphore et de potassium du modèle de systèmes de cultures (CSM). « La mission du SECC est d’utiliser les avancées dans le domaine des sciences climatiques, incluant les capacités de prévision des

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changements climatiques saisonniers et à long terme pour fournir des informations scientifiquement fondées et des outils d’aide à la décision concernant des écosystèmes agricoles, des forêts et d’autres écosystèmes terrestres et côtiers du Sud-est des Etats-Unis. En tant qu’équipe multidisciplinaire et multi-institutionnelle, le SECC conduit des activités de recherche et de sensibilisation pour une vaste communauté d’utilisateurs potentiels et forme des partenariats avec des organismes d’éducation et de vulgarisation pour s’assurer de la pertinence et de la fiabilité des produits du SECC. » selon le site Web de l’organisation (www. seclimate.org). Hoogenboom indique avoir travaillé avec des anthropologues pour comprendre le mécanisme de prise de décision des agriculteurs. Le but était de concevoir un site Web (www.agroclimate.org) qui permettrait à des agriculteurs d’accéder à l’information météorologique et climatique pour prendre des décisions de gestion concernant le choix de variétés, les dates de semis, l’affectation des terres, la lutte contre les parasites et le type d’assurance récolte. Le site Web aiderait également des agriculteurs à choisir des options de réduction des risques, de simulation des cultures et de prévision des besoins d’approvisionnement en eaux agricoles pour 2011 à 2050. Wilkens s’est joint à Hoogenboom comme encadreur du programme international de formation sur le DSSAT 2010 offert par l’Université de la Géorgie et le Consortium international pour les applications des systèmes agricoles. L’atelier qui s’est tenu en mai 2010 a examiné la version DSSAT 4,5 qui évalue la production agricole, la gestion des éléments nutritifs, les risques climatiques et la durabilité environnementale à l’aide de modèles de simulation.


ESAFD

Production d’énergie durable par le reboisement et l’agroforesterie dans l’Albertine Rift (SEW) Le projet « Production d’énergie durable par le reboisement et l’agroforesterie dans l’Albertine Rift » (SEW), financé par l’Ambassade des Pays-Bas au Rwanda et mis en œuvre par l’IFDC, a été lancé le 16 janvier 2009. Les activités du projet SEW ont été conçues de façon à être intégrées à celles du projet « Catalyser l’intensification agricole pour la stabilité sociale et environnementale (CATALIST) (également financé par l’Ambassade des Pays-Bas). Les deux projets ont le même but : l’intensification agricole par l’amélioration de la gestion de la fertilité des sols, la commercialisation des produits agricoles et la promotion d’une combinaison judicieuse de la production alimentaire avec la production énergétique.

Programme de formation sur la carbonisation, organisé par SEW – au sud du Burundi.

Le projet SEW vient compléter les objectifs de production alimentaire de CATALIST avec deux composants additionnels – le reboisement et l’agroforesterie pour la production énergétique à l’échelle de l’exploitation agricole. La transformation et la commercialisation des produits agricoles et du bois seront gérées dans le cadre de chaînes de valeur plus efficaces impliquant des partenariats multisectoriels et mutuellement avantageux. Le projet prend en compte les questions relatives au genre et à la participation des femmes dans l’identification de solutions efficaces aux problèmes posés.

• Visites des exploitations suivies d’ateliers nationaux et régionaux réunissant les parties prenantes pour expliquer le concept de chaîne de valeur et son application dans l’industrie du charbon et du bois de chauffe et pour aider à identifier les entrepreneurs/partenaires intéressés à participer aux activités des chaînes de valeur dans chaque pays et province.

Le projet SEW est mis en œuvre à proximité des activités de CATALIST au Burundi, dans les provinces du Kivu en République démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda. Ces efforts contribuent à trouver une solution durable au problème de pénurie énergétique qui menace l’existence humaine et la biodiversité dans l’Albertine Rift au coeur de la Région des Grands Lacs de l’Afrique centrale (RGLAC). Ces activités qui favorisent le développement économique seront mises en œuvre dans la zone tampon autour des zones protégées et réduiront de manière significative la pression démographique sur ces zones.

• 15 producteurs de charbon se sont organisés et ont investi un capital de démarrage de 500 dollars US dans leur nouvelle entreprise à la suite d’un atelier sur la carbonisation au Burundi. • L’introduction des fourneaux améliorés entraînera une consommation d’énergie plus efficiente. Le projet a déjà aidé un grand consommateur de charbon de bois à réduire sa consommation mensuelle de 43 pour cent.

Le projet promeut la production énergétique durable par le reboisement et la professionnalisation des secteurs du charbon et du bois de chauffe. Dans la RGLAC, 90 pour cent des ménages et 95 pour cent de la population dépendent du charbon et du bois de chauffe pour l’énergie (par exemple, la cuisson). Ces besoins ont conduit au déboisement extrême de la région.

• Les revenus d’un groupe de propriétaires de forêts au Burundi ont considérablement augmenté de 250 000 FBu (206 dollars US). Approximativement 68 pour cent de la population vivent au- dessous du seuil de pauvreté établi à environ $1,04 par jour (Banque mondiale), et près de 88 pour cent vivent avec moins de $2 par jour. • Un module de formation sur l’amélioration de l’efficience de la production du charbon de bois a été préparé ; et des participants à la « formation de formateurs » ont été identifiés.

L’objectif global du projet SEW est d’améliorer la disponibilité et l’accès à l’énergie durable dans l’Albertine Rift. Le projet a trois objectifs spécifiques: 1. La production accrue de bois de chauffe par des systèmes efficaces de reboisement d’agroforesterie ; 2. De chaînes de valeur améliorées pour le charbon et le bois de chauffe ; 3. Un environnement plus porteur pour le développement du secteur de bois de chauffe. De nombreuses activités ont été réalisées dans la poursuite de chacun de ces objectifs pendant la première année du projet :

• Un plan de communication pour le projet a été adopté, incluant la conception de :

1. Campagnes de sensibilisation pour combattre des idées fausses selon lesquelles la plantation d’arbres servirait uniquement à la protection de l’environnement et que la professionnalisation du secteur du charbon de bois favoriserait le déboisement. 2. Campagnes de promotion pour l’usage des fourneaux améliorés. 3. Un plan de plaidoyer pour soutenir les efforts de CATALIST en vue favoriser l’accès des petits agriculteurs à la terre, en particulier en RDC.

• Appel d’offres pour la plantation d’arbres avec de nombreuses opportunités de travail manuel.

• Reboisement de 347 hectares (ha) dans le Nord Kivu, y compris 159 hectares près du parc national de Virunga.

Pour plus d’informations concernant le projet SEW, veuillez visiter le site Web de l’IFDC, www.ifdc.org/Projects/Current/CATALIST-SEW.

• Identification des producteurs régionaux de semences et acquisition de 1 054 kilogrammes (kg) de semences d’arbres pour planter en 2010 (deuxième année du projet).

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Fait saillant du projet : Extension des réseaux de distributeurs d’intrants agricoles (EADN) Le projet Extension des réseaux de distributeurs d’intrants agricoles – Extending Agro-Input Dealer Network (EADN) améliore l’accès aux technologies modernes de production et aux facteurs d’accroissement des rendements agricoles tels que les engrais, les semences améliorées et les produits phytosanitaires pour les petits agriculteurs au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. L’EADN renforce les capacités et développe les réseaux de distributeurs d’intrants pour mieux servir les agriculteurs ruraux. Ce projet de trois ans est financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA). Les distributeurs d’intrants jouent un rôle essentiel en liant les petits agriculteurs aux marchés d’intrants et de produits agricoles. L’EADN renforce les connaissances des petits distributeurs d’intrants agricoles dans la zone du projet afin qu’ils puissent fournir des meilleurs services conseils aux agriculteurs. Le projet les aide également à concevoir et à mettre en œuvre des campagnes de commercialisation stratégique et à participer à des processus décisionnels efficaces qui entraînent la réduction des coûts de transaction.

Un agriculteur tanzanien inspecte sa plantation de tournesol lors d’une journée agricole.

L’EADN est une initiative axée sur le marché qui met l’accent sur le développement et l’investissement du secteur privé dans tous les segments de la chaîne de valeur des intrants agricoles. L’expansion du nombre des distributeurs d’intrants agricoles et des agriculteurs desservis devrait permettre des réductions de prix sur les grandes quantités. Les prix des intrants agricoles peuvent être réduits par des approvisionnements efficients, de meilleurs choix de produits, la distribution physique en temps utile et des opérations plus efficientes. L’EADN met en oeuvre des programmes de formation ciblés, des démonstrations de produit et le développement et la distribution de dépliants et de posters sur l’utilisation et le maniement sécuritaires des intrants agricoles. Les principaux domaines d’intervention du projet incluent :

• Le monitoring et l’évaluation stratégiques - rapports sur la situation du marché, analyse des opportunités, possibilités de collaboration entre partenaires, cartographie du réseau de distributeurs, et analyse d’impact du projet sur les zones rurales les plus reculées. • Le renforcement des capacités – développement de matériels/ programmes de formation, formation des formateurs et des agents de terrain et les activités de renforcement des organisations. • Le transfert de technologie - utilisation des kits d’essai de sol portatifs et utilisation efficiente des semences, des engrais et des produits phytosanitaires. • La transparence des marchés et le développement des relations d’affaires - programmes régionaux de formation et voyages d’étude et facilitation des relations à différents niveaux de la chaîne de valeur.

L’épargne des agriculteurs et la sécurité alimentaire durable au Mozambique Selon la Banque mondiale, seulement un Africain sur cinq possède un compte bancaire, et ce sont généralement ceux qui résident dans les zones urbaines et ont un meilleur accès aux banques. Ainsi, la majorité de agriculteurs ruraux n’a pas de compte bancaire ni d’épargne pour investir dans les intrants agricoles ou les besoins domestiques. Le projet pilote « Epargne, Subvention et Sécurité alimentaire Durable » examine les effets des incitations sous forme de contrepartie de l’épargne sur la volonté des paysans d’ouvrir et de maintenir un compte d’épargne bancaire. L’objectif est de donner aux agriculteurs les moyens de s’autofinancer en engrais et semences améliorées pour accroître leur production et améliorer leurs conditions de vie. Les principaux critères d’évaluation de l’expérimentation incluent la production agricole, la consommation des ménages et d’autres indicateurs de la vie des ménages à court terme et à long terme. Le projet pilote touche 400 ménages dans les villages de Chua, de Penhalonga et de Chadzuca. Ils ont été choisis en raison de l’irrigation du maïs qui est très répandue ; ce qui a rendu les exploitations moins vulnérables aux récentes sécheresses, et éliminé les anomalies potentielles de données.

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L’accès aux succursales de la Banco Oportunidade de Mocambique était également un critère du choix de ces villages. Deux groupes tests d’agriculteurs sont actuellement suivis. L’un reçoit une contrepartie d’épargne individuelle de 50 pour cent sur la base d’un dépôt minimum. L’autre reçoit une contrepartie d’épargne collective qui combine 25 pour cent de l’épargne individuelle avec 25 pour cent de l’épargne collective. A la suite du projet pilote, l’expérience sera mise en œuvre à grande échelle pour la prochaine campagne. Elle impliquera 2 000 agriculteurs et examinera l’impact des subventions d’engrais, l’interaction entre la subvention et l’épargne et l’impact des facilités et des contreparties d’épargne. Financé par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, le projet pilote mis en œuvre par l’IFDC, de mars à novembre 2010, en collaboration avec le BASIS Assets and Market Access Collaborative Research Support Program (Université du Wisconsin) et l’Université du Michigan.


Le Conseil consultatif du VFRC se focalise sur le futur (suite de la page 1) l’énergie, qui ont entraîné de fortes oscillations des prix et des pénuries. Les effets de ces crises ont été temporairement atténués - en grande partie du fait de la récession mondiale. Cependant, puisque les causes sous-jacentes demeurent, il est probable que ces problèmes resurgissent avec la reprise économique. « L’IFDC a créé le VFRC comme le moyen le plus rapide et le plus économique d’exploiter les capacités intellectuelles à l’échelle mondiale en vue de générer cette recherche sur les engrais qui est si nécessaire. Roy a ajouté que « Le centre travaillera en partenariat avec des universités, des laboratoires de recherche publics et privés et les industries d’engrais et d’agrobusiness dans le monde pour rassembler les esprits les plus brillants dans le domaine des sciences, des affaires et de la gouvernance pour créer un système de recherche capable de produire plus d’aliments avec moins de gaspillage de ressources et d’effets nocifs sur l’environnement. » Avec les graves problèmes démographiques, économiques et environnementaux, le monde ne peut plus se permettre de maintenir le niveau actuel d’inefficience dans la production et l’utilisation des engrais. On estime que 40 à 50 pour cent des aliments consommés dans le monde provient directement de l’utilisation (ou des avantages) des engrais. L’azote est l’un de trois principaux éléments nutritifs qui se trouve dans les engrais avec le phosphore et le potassium. Cependant, seulement environ un tiers de l’engrais azoté appliqué dans les pays en voie de développement est utilisé par les cultures du fait de l’inefficience des méthodes d’épandage et des propriétés inhérentes des produits azotés courants. Ainsi, les agriculteurs paient trois fois plus d’éléments nutritifs que leurs cultures n’absorbent. Et cela ne fait pas le total des coûts associés. L’engrais inutilisé ne disparaît pas mais devient souvent un polluant environnemental, sous forme de gaz à effet de serre ou de ruissellement qui engorge les cours d’eau et les lacs. La production d’une tonne d’urée, le produit prédominant dans l’engrais azoté, exige de l’énergie équivalente à quatre barils de pétrole. En même temps, du fait de l’inefficience de la production et de l’utilisation, moins de 30 pour cent du phosphate extrait pour produire les engrais phosphatés entrera dans la chaîne alimentaire. Pourtant, au cours des 25 dernières années, aucun « nouveau » produit fertilisant n’a été mis au point - en particulier aucun produit qui puisse être appliqué sur les cultures vivrières à un coût raisonnable dans les pays moins développés.

la faible expansion des terres cultivées. Cependant, de nouveaux défis sont posés avec les réserves en ressources naturelles non renouvelables (telles que les phosphates et la potasse), le coût croissant de l’énergie et le coût environnemental de la mise en culture de plus de terre et les risques de pollution. La recherche et le développement des engrais peuvent apporter une contribution importante en permettant de relever les défis auxquels sont confrontés les pays industrialisés et les pays en voie de développement. Désormais, la sécurité alimentaire mondiale dépendra d’un effort centré sur l’amélioration de la fertilité des sols et l’augmentation de la productivité des cultures vivrières, et les engrais y jouent un rôle déterminant. La production et l’utilisation des engrais courants doivent être améliorées. Les récentes avancées en nanotechnologie et en biotechnologie ouvrent de nouvelles opportunités de collaboration pour la recherche entre le secteur public et le secteur privé. Le Conseil consultatif a exhorté le VFRC a se focaliser sur les objectifs suivants : • Améliorer l’efficience tout au long de la chaîne de valeur agricole, et de façon à réduire les coûts pour les petits agriculteurs. • S’assurer que les nouveaux produits et méthodes sont adoptés aussi rapidement que possible. • Examiner la proposition de valeur pour les nouveaux produits afin de démontrer le retour sur investissement pour chaque segment de la chaîne de valeur. • Rechercher les compensations potentielles découlant des produits nouveaux plus efficients (par exemple, une réduction en nitrates dans les eaux souterraines peut abaisser le coût du traitement de l’eau pour la consommation humaine). • Se concentrer sur les technologies qui font une utilisation plus efficiente de l’eau et sont meilleures pour l’environnement. • Considérer des alliances avec des industries en amont et en aval de l’agriculture. La prochaine réunion du Conseil consultatif du VFRC est prévue pour septembre 2010.

L’offre alimentaire mondiale a pu se maintenir au-dessus de la demande croissante de la population grâce à l’accroissement de la productivité et

Dr. Amit Roy, conférencier invité à Alabama A&M Le président-directeur général de l’IFDC, Dr. Amit Roy, a été le conférencier invité de Morrison, Thomas et Hobson à l’Université A&M de l’Alabama à Huntsville, Alabama, le 27 avril. La conférence est l’événement inaugural de la semaine annuelle de l’Ecole des sciences agricoles et environnementales. La conférence honore trois personnalités dont le leadership a eu un impact significatif sur A&M - Dr. Richard

correction

Morrison, Dr. Winfred Thomas et Dr. Abigaïl Hobson. La communication de Dr. Roy était centrée sur le thème « Une nouvelle génération d’engrais pour nourrir le monde. » Sa communication a porté sur l’histoire du développement des engrais, la production alimentaire mondiale et le Centre virtuel de recherche sur les engrais. Un appel à l’action a été lancé pour que chacun prenne la responsabilité d’aider à trouver des solutions à la crise alimentaire mondiale actuelle.

Dans le dernier numéro de IFDC Report, l’article concernant le projet Agriculture productive au Tadjikistan mentionnait la durée du projet de novembre 2009 à octobre 2010. La date de fin du projet est octobre 2014.

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NWAFD

Le Programme de coupons d’engrais du Nigeria s’étend à quatre Etats

Les programmes de coupons aident ces derniers à accéder aux intrants de production tout en créant des opportunités commerciales pour les distributeurs d’intrants agricoles ruraux et des canaux de distribution pour de plus grands fournisseurs d’intrants. Au travers de programmes antérieurs et actuels, l’IFDC a aidé plus de 1,2 million d’agriculteurs et près de 1 500 distributeurs à accéder aux intrants agricoles tels que les engrais et les semences améliorées. Le gouvernement fédéral du Nigeria introduisit une subvention des engrais de 25 pour cent en 1999 ; plusieurs Etats y ont ajouté leurs propres subventions. Un si haut niveau de subvention et le fait que la distribution soit assurée par des organes étatiques n’encouragent pas le secteur privé à établir un système de distribution d’engrais. Cependant, à cause de problèmes généralisés de transparence et de responsabilité, les engrais subventionnés ne parviennent souvent pas à ceux qui en ont le plus besoin - les petits agriculteurs du Nigeria. Le gouvernement fédéral a annoncé son intention de se retirer de l’acquisition des engrais en 2010. Pour faciliter une transition douce et s’assurer que les engrais parviennent réellement aux bénéficiaires ciblés, les gouvernements des Etats et le gouvernement fédéral du Nigeria ont demandé l’appui de l’IFDC pour la mise en œuvre d’un programme de coupons d’engrais à grande échelle dans les Etats de Kano et de Taraba en 2009.

Des agriculteurs nigérians montrent leurs cartes d’identification pour recevoir des coupons.

L’IFDC fournit des coupons d’engrais à plus de 350 000 petits agriculteurs dans quatre Etats du Nigeria grâce à l’extension du Programme de coupons d’engrais 2010. C’est le résultat du succès du programme 2009, au cours duquel presque 200 000 agriculteurs dans deux Etats ont pu accéder aux engrais subventionnés. L’IFDC met en œuvre ce programme en collaboration avec les gouvernements des Etats concernés et le gouvernement fédéral, des organes publics de vulgarisation, la Nigerian National Food Reserve Agency, le Bureau nigérian des statistiques, des compagnies d’engrais, l’agence des Etats-Unis pour le développement international et des petits agriculteurs.

L’IFDC étend le programme à quatre Etats - Bauchi, Kano, Kwara et Taraba. Un cinquième (Kaduna) pourrait s’ajouter en 2011. À Kaduna, l‘IFDC s’occupe d’identifier et de cibler 100 000 agriculteurs additionnels qui recevront les engrais à des prix subventionnés par l’intermédiaire du système traditionnel de dépôt d’Etat. Les cultures ciblées dans les quatre Etats participant au programme de coupons 2010 sont le maïs, le mil, le riz, le sorgho et le soja. Dans l’ensemble, le programme de coupons d’engrais 2010 continue d’introduire un système plus économique et plus efficace permettant aux gouvernements des Etats de distribuer les intrants subventionnés aux agriculteurs ciblés tout en renforçant la capacité des parties prenantes de mettre en œuvre un programme semblable et durable à l’avenir. L’état de Kano est un bon exemple parce qu’il s’est servi des données fournies par le programme 2009 de l’IFDC pour distribuer des semences et des produits phytosanitaires aux agriculteurs ciblés. L’adoption du programme par les différents Etats est un élément clé de la durabilité du programme.

L’IFDC lance son nouveau site Web Le nouveau site Web de l’IFDC (www.ifdc.org) a été dévoilé le 14 juin. Ce site Web a été restructuré par l’Unité Information et Communication de l’IFDC. Heather Gasaway est le webmestre de l’IFDC. L’entreprise Keystone Business Solutions à Hendersonville, Tennessee, est chargée de l’administration du site. L’IFDC gère le contenu du site Web ; tous les produits existants ont été remaniés et de nouveaux ajoutés. Le site interactif présente un calendrier

des événements, les nouvelles récentes et celles mises à jour, les galeries de photos, les exemples de succès, les vidéos des membres du personnel et des bénéficiaires du projet, et des liens avec Twitter et Facebook et RSS feeds. Chaque Division et chaque projet de l’IFDC a sa propre page Web et des mises à jour sont faites de façon régulière. Des dossiers de presse et d’autres informations destinées aux medias sont également disponibles.

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Le coton renforce la sécurité alimentaire dans les pays du C-4 Le coton est au coeur du développement agricole et rural au Bénin, au Burkina Faso, au Tchad et au Mali, connus sous le nom de pays du Coton-4 (C-4). Des millions de petits agriculteurs des pays du C-4 dépendent du coton comme principale source d’emploi et de revenu. La production cotonnière non seulement soutient l’accroissement des revenus individuels mais aussi renforce la sécurité alimentaire dans ces pays. Le Programme d’amélioration du coton de l’Afrique de l’Ouest (WACIP) est un projet pluriannuel financé par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et mis en œuvre par l’IFDC. Le projet WACIP a stimulé la productivité et la rentabilité du secteur cotonnier dans les pays C-4. Le projet travaille avec des agriculteurs, des chercheurs, des distributeurs d’intrants agricoles, des sociétés cotonnières, des associations interprofessionnelles et des artisans du textile. L’accent est mis sur la promotion des meilleures pratiques d’amélioration des rendements, le renforcement des capacités de recherche, l’appui au secteur d’égrenage et la formation des artisans pour qu’ils puissent accéder aux marchés régionaux et internationaux. Pauline Simmons, la coordonnatrice régionale pour l’Afrique du Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis (USDA), a récemment visité un des 42 champs de démonstration du WACIP dans la région de Sikasso au Mali. « Après ma visite aux agriculteurs maliens, je comprends l’importance et les défis du secteur cotonnier et sa contribution à la sécurité alimentaire, d’autant plus que des cultures alimentaires de base comme le maïs et le sorgho, s’appuient sur le coton pour accéder aux intrants et aux services de production, » a déclaré Simmons. « C’est pourquoi le gouvernement des Etats-Unis travaille avec les pays du C-4 à tous les niveaux pour répondre à leurs préoccupations. Sur le terrain, j’ai vu des agriculteurs motivés par le

désir du changement et j’ai été impressionnée par les résultats des activités qu’appuie le projet WACIP. » Selon Zagaye Sissoko, le chef de la Division de production de la Compagnie Malienne des Textiles (CMDT) à Sikasso, les champs de démonstration appuyés par le WACIP sont les principaux instruments du changement dans les zones cotonnières. « La CMDT favorise la diversification des cultures pour la sécurité alimentaire, et cela fait partie de sa stratégie de développement intégré du coton, » dit Sissoko. « Le partenariat avec le projet WACIP fait une grande différence sur le terrain. L’effet d’entraînement des champs de démonstration appuyé par le projet est déjà bien visible. Les agriculteurs adoptent de plus en plus les paquets WACIP. » Le composant renforcement des capacités du WACIP a permis à la CMDT de former des centaines d’agents de vulgarisation et de fournir une formation pratique à des milliers d’agriculteurs. Amadou Ouadidjé, coordonnateur de pays adjoint du WACIP au Mali, a expliqué que les sociétés cotonnières fournissent les intrants, la technologie, l’infrastructure et les services dont les agriculteurs ont besoin pour intensifier leur production céréalière sur leurs autres champs. « Toute évaluation des retours sur investissement du coton doit également prendre en compte les céréales. » Le projet WACIP a aussi aidé l’Association des producteurs de coton du Mali à former plus de 5 600 chefs de coopérative pour qu’ils puissent mieux calculer leurs besoins en intrants et gérer les crédits pour les cultures tant cotonnières que vivrières. Selon Blaise Fadoegnon, le coordonnateur de pays du WACIP au Mali, « le producteur de coton peut soit commander les intrants appropriées de la

(suite à la page 10)

La coordinatrice régionale pour l’Afrique de l’USDA Pauline Simmons (deuxième à partir de la droite, au premier rang) visite un des 42 champs de démonstration du WACIP dans la région de Sikasso au Mali, accompagnée par (deuxième rang de gauche à droite) : Sarah Gavian, Adama Koumaré, Amadou Ouadidjé, Abdrahamane Koné et Blaise Fadoegnon. Premier rang (à partir de la gauche) Baou Diané, Sekou Keita, Simmons et Manoela Borges.

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Cotton Boosts Food Security (suite de la page 9) société cotonnière pour ses champs de coton et de céréals, soit essayer de minimiser les coûts en ne déclarant officiellement que sa surface cotonnière et en détournant alors une partie des intrants coton pour ses cultures céréalières. » Le projet WACIP cherche à dissuader les agriculteurs de choisir cette dernière option qui entraîne de bas rendements tant pour le coton que pour les cultures vivrières. Selon Hamidou Diarra, premier secrétaire de la Coopérative des producteurs de coton de Siani, un village dans la région de Sikasso, les effets de cette formation sont évidents, « Avant, nous travaillions pour presque rien - aucun bénéfice, seulement des dettes ! Mais après la dernière campagne, chacun a pu rembourser ses prêts et il restait même de l’argent. Il y avait 42 agriculteurs dans notre coopérative. A la vue de notre grande réussite, 20 autres agriculteurs nous ont rejoint récemment. »

Dr. Sarah Gavian, chef de partie du WACIP, a souligné que les cotonculteurs devraient avoir plus de choix. « Ils ne devraient pas avoir à cultiver le coton juste pour obtenir les intrants et bénéficier des services de vulgarisation dont ils ont besoin pour leurs cultures vivrières. Ce qu’il faut plutôt aux agriculteurs maliens c’est un meilleur accès au crédit agricole et à de robustes systèmes de commercialisation des intrants et des produits vivriers. Cet effort peut amener les agriculteurs à réduire la surface cultivée en coton, mais avec de meilleurs rendements sur moins de terre et les bénéfices associés, les agriculteurs peuvent employer la superficie restante pour des cultures vivrières. »

IFDC facilite un atelier sur les recommandations d’engrais en Afrique de l’Ouest Les 6 et 7 avril 2010, le projet MIR Plus de l’IFDC et le Programme de gestion des ressources naturelles (PGRN) ont facilité un atelier d’orientation et de planification pour mettre à jour les recommandations d’engrais en Afrique de l’ouest. Le Conseil Ouest et Centre Africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF/WECARD) a collaboré avec l’IFDC à l’organisation de cet atelier à Ouagadougou au Burkina Faso. Ce fut un événement régional conjoint de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Le but de l’atelier était de développer et mobiliser les capacités scientifiques régionales en vue d’appuyer la mise à jour des recommandations concernant les principales cultures dans la région. L’atelier a réuni environ 60 participants des Etats membres de la CEDEAO représentant les systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA), des organismes régionaux et sous-régionaux et des agriculteurs d’Afrique de l’Ouest.

attendus et les prix relatifs. Cette initiative conjointe ECOWAS/UEMOA est basée sur l’observation que les recommandations d’engrais doivent être mises à jour et adaptées à chaque type de sol et de culture.

Dr. François Lompo, directeur général adjoint de l’Institut National pour l’Environnement et la Recherche Agronomique (INERA), a présidé la cérémonie d’ouverture de l’atelier. Il a déclaré que « Pour faciliter l’adoption des engrais par les petits agriculteurs, l’efficacité agronomique doit être augmentée. Ceci exige des apports d’engrais plus adaptés en temps opportun et des pratiques agricoles plus efficientes pour améliorer la teneur en matière organique des sols. Les recommandations d’engrais doivent également prendre en considération des pratiques agricoles et proposer les doses optimales basées sur les prix des engrais et les spéculations visées. »

En particulier, les participants ont convenu d’utiliser la modélisation en se servant de divers outils complémentaires (GIS, DSSAT, QUEFTS, etc.). En outre, ils ont recommandé de créer un comité technique avec le mandat de proposer un plan d’action régional pour mettre à jour les recommandations d’engrais dans les mois à venir. Ces recommandations seraient validées à un autre atelier régional ECOWAS/UEMOA avec l’appui des partenaires techniques vers la fin de 2010.

Pendant des décennies, les recommandations pour l’usage des engrais dans toute l’Afrique de l’Ouest ont été uniformes dans chaque pays pour chaque culture. Par conséquent, les doses recommandées ne sont pas adaptées aux conditions biophysiques et socio-économiques locales de production agricole et ne sont souvent pas rentables. Peu d’agriculteurs ont adopté réellement ces recommandations périmées. Après plus de trois décennies de culture, la quantité d’éléments nutritifs des sols a changé ainsi que les variétés cultivées, les rendements

GCARD 10

Cet atelier régional a permis à l’ECOWAS et à l’UEMOA de : (1) faire un inventaire des initiatives passées ou actuelles sur cette question dans les Etats membres ; (2) partager les expériences, en particulier celles de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) relatives à son programme de santé des sols et les approches de modélisation du programme de Gestion des ressources naturelles de l’IFDC et leurs applications dans plusieurs pays et pour quelques importantes cultures; (3) faciliter un large débat sur les recommandations courantes d’engrais dans les diverses zones agro-écologiques d’Afrique de l’Ouest (zone sahélienne, zones côtières et zone irriguée) ; et (4) identifier les éléments de base pour un futur plan d’action régional pour mettre à jour les recommandations d’engrais.

Les décideurs et les agriculteurs attendent beaucoup de ce plan. Les représentants de l’ECOWAS et de l’UEMOA à l’atelier ont redit l’engagement de leur commission respective à fournir l’appui nécessaire à cet effort.

L’IFDC a pris une part active à la première Conférence mondiale sur la recherche agricole pour le développement (GCARD 2010) à Montpellier, France. Les membres du personnel de l’IFDC, Abdoulaye Mando et Scott Mall ont participé à cette Conférence. Margaret Catley-Carlson, membre du Conseil d’administration de l’IFDC a été modérateur d’un important panel de discussion.


Programme de formation sur les outils d’aide à la décision tenu au Kenya Nairobi, Kenya, a abrité le premier programme de formation international de l’IFDC 2010. Ce programme sur le thème « Outils d’aide à la décision pour la production agricole, recommandations d’engrais et variabilité climatique » s’est tenu du 8 au19 mars sous la direction de Dr. Upendra Singh, scientifique principal – modélisateur de systèmes (fertilité des sols) et Dr. Paul Wilkens, scientifique - programmeur, les deux relevant de la Division recherche et développement de l’IFDC. L’Institut de biologie et de fertilité des sols tropicaux (TSBF) du Centre International pour l’Agriculture Tropicale (CIAT) a coparrainé le programme qui s’est déroulé sur le campus du Centre international de l’écologie et de la physiologie des insectes (icipe). J.J. Robert Groot, directeur de la Division de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique Australe de l’IFDC, a ouvert le programme en présentant le rôle de l’IFDC dans la promotion du développement agricole en Afrique subsaharienne par la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS), le développement du marché des intrants et des produits et les réformes de politique. Parmi les encadreurs du programme figuraient : Dr. Bernard Vanleuwe de TSBF ; Dr. Peter Okoth, projet de cartographie des sols africains, le service d’information sur les sols d’Afrique (AfSIS) de TSBF ; et Erick Kibet Towett, AfSIS, Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF). Ce programme de onze jours a mis l’accent sur les applications des systèmes d’aide à la décision (DSS) traitant de l’analyse des écarts de rendement, la GIFS, les recommandations d’engrais, la variabilité climatique, l’analyse de risque et la conservation environnementale. Les participants, représentant 11 pays, ont été introduits à divers outils dont : un système simple de recommandations de chaux, le système d’aide à la décision pour les phosphates naturels (PRDSS), le système d’aide à la décision pour le transfert des technologies agricoles (DSSAT) et le système de support géographique pour le transfert des technologies agricoles (GSSAT), qui lie des modèles dynamiques de

TRAINING

culture à des systèmes d’information géographique (GIS). Ce dernier outil a été mis au point à l’IFDC. Livingstone Chibole de TSBF a coordonné une visite de terrain à Embu le 13 mars. Les participants ont consacré de longues heures à la conduite d’expériences de modélisation et l’élaboration de recommandations basées sur les sols, les cultures, le climat et la gestion des intrants. La visite de quelques champs a complété le programme de formation mettant en exergue : (1) l’intégration de cultures de rente pluriannuelles telles que le thé, le café et la banane dans les système d’exploitation agricole comme moyen de diversification d’entreprise ; et (2) l’acquisition de riches connaissances auprès des agriculteurs visités sur le plan de la gestion de leurs exploitations et de l’établissement de critères d’évaluation des technologies nouvellement introduites. Compte tenu de l’intérêt exprimé par les participants, le programme de formation pourrait ouvrir d’autres possibilités de collaboration dans la région. Les participants ont souligné la nécessité d’un projet de collaboration avec l’IFDC sur le DSS pour faciliter/améliorer l’intensification agricole et le transfert de technologies agricoles. Ils ont également convenu de la nécessité d’un réseau d’utilisateurs pour aider à promouvoir le DSS en Afrique subsaharienne. Des efforts seront faits pour lier ce groupe avec les participants de programmes antérieurs conduits sur le DSS au Ghana et au Burkina Faso. Le programme de formation a été officiellement clôturé par le professeur Ruth K. Oniang’o, ancien membre du Conseil d’administration de l’IFDC (actuellement membre du Conseil consultatif du VFRC) et rédacteur en chef de l’African Journal of Food, Agriculture, Nutrition and Development (AJFAND). Elle a exhorté les participants à profiter pleinement de cette formation en appliquant les connaissances acquises à leurs travaux actuels et futurs.

Photo de groupe - Outils d’aide à la décision pour la production agricole, les recommandations d’engrais et la variabilité climatique.

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P.O. Box 2040 Muscle Shoals, AL 35662 USA

Phone: +1(256) 381-6600 Fax: +1(256) 381-7408 Website: www.ifdc.org E-mail: general@ifdc.org

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Calendrier International de formation 2010 Programme de formation

Dates

Lieu

Coût du programme (USD)

23 – 27 août

Pretoria, Afrique du Sud

$1 500

2. Conception et mise en œuvre de stratégies de commercialisation des intrants agricoles (formation et voyage d’étude)

4 – 15 octobre

Etats-Unis (Muscle Shoals, Alabama ; Washington, D.C. et St. Louis, Missouri)

$1 800

3. Développement de marchés d’intrants agricoles par le secteur privé - Conception et Mise en œuvre de programmes de subvention ciblée

25 – 29 octobre

Yankari National Park, Nigeria

$1 200

4. Granulation d’engrais et options de production d’engrais NPK

1 – 5 novembre

Bangkok, Thaïlande

$1 500

5. Chaîne de valeur des engrais – gestion du système d’approvisionnement et couverture des besoins des agriculteurs

8 – 12 novembre

Bangkok, Thaïlande

$1 500

6. Amélioration de la productivité agricole et des bénéfices nets pour les petits agriculteurs par une utilisation efficiente de l’eau et des éléments nutritifs

6 – 10 décembre

Can Tho City, Vietnam

$1 500

1. Elaboration de stratégies d’approvisionnement et de commercialisation pour l’avenir

IFDC Report Volume 35, No 2 (French)  

IFDC Report Volume 35, No 2 (French)

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