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L’architecture de l’événement. Entre monument et anti-monument. Morgan Bregigeon & Idriss Karnachi Klaas de Rycke & Andreas Kofler

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Ce livret retrace notre analyse de façon chronologique à travers les différentes recherches effectuées, et les hypothèses qui ont en découlé à chaque étape depuis Octobre 2017. Après s’être intéresser à l’événement dans toute ses formes à Paris en vue des grands événements que la capitale s’apprête à accueillir, nous avons spécifier nos recherches autour des grands édifices d’événement et leur combat permanent contre l’obsolescence. Des recherches qui ont révélé que celle-ci ont su développer des stratégies efficaces pour constamment justifier leur existence auprès de la ville et de sa mémoire collective, et ce même au delà de l’événement éphémère qui les animent. A l’antipode de ces machines événementielles XXL, il s’est avéré qu’une autre catégorie de grands bâtiments: les machines utilitaires XXL, faisaient aussi face à ce même phénomène d’obsolescence. Mais que contrairement à leurs antagonistes, celles-ci manquaient clairement de ressources pour justifier leur existence au delà du programme souvent mono-fonctionnel qui les animent. Cette découverte nous a pousser à nous concentrer plus en détail sur ces deux typologies de bâtiments XXL entre « dark zone et free zone », à la recherche des paramètres à l’origine de leur inégalité face à l’adversité, révélant des typologies animées par un désir de collectivité pour les unes et par une recherche de rentabilité économique pour les autres. Dans la continuité de cette analyse nous sommes donc aller à la recherche d’une machine XXL utilitaire obsolète dans le but de la réactiver grâce à l’événement. Notre choix s’est porté sur « le mausolée » cet ancien parking/ supermarché abandonné dans le 19ème arrondissement, qui en plus de correspondre parfaitement à nos critères de choix, se trouvait dans un contexte événementiel particulier nous obligeant à requestionner l’édifice événement dans le sens commun du terme. Dans un souci de clarté, notre « storyboard » reprendra la logique du plan en partant de l’architecture XXL comme ce qui suit :

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Rem Koolhaas, «S,M,L,XL», The Monacelli Press, 1995. Voir def.p42.


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mémoire collective édifice événement xxl

identité architecturale utilisation périodique

combat l’obsolescence: la machine le monument le pavillon

hors contexte

A rchitecture XXL

en marge de la ville hermétiques auto-référencés

architecture stérile et hostile édifice utilitaire xxl

obsolescence permanente

monofonctionnalité critique utilisation permanente

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subi l’obsolescence: manque de ressources


désir de collectivité humaine

dark zone vs

.

production le mausolée

vs

free zone

.

consommation

recherche de rentabilité économique

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l’envers du décor


L’événement et la ville. « La ville de Sophronia se compose de deux moitiés de ville. Dans l’une, il y a le grand-huit volant aux bosses brutales, le manège avec ses chaînes en rayons de soleil, la roue avec ses cages mobiles, le puits de la mort avec ses motocyclistes la tête en bas, la coupole du cirque avec la grappe de trapèzes qui pend en son milieu. L’autre moitié de la ville est en pierre, en marbre et en ciment, avec la banque, les usines, les palais, l’abattoir, l’école et tout le reste.

Italo Calvino, Les ville invisibles, « Les villes effilées », 1972.

L’une des moitiés de ville est fixe, l’autre est provisoire, et quand le terme de sa halte est arrivé, ils la déclouent, la démontent et l’emportent pour la replanter sur les terrains vagues d’une autre moitié de ville. Ainsi chaque année survient le jour où les manœuvres enlèvent les frontons de marbre, descendent les murs de pierre, les pylônes de ciment, démontent le ministère, le monument, les docs, la raffinerie de pétrole, l’hôpital, les chargent sur des remorques, pour suivre de place en place l’itinéraire de chaque année. Ce qui demeure ici, c’est la demie-Sophronia de tirs à la cible et de manèges, avec le cri suspendu dans la nacelle du huit volant la tête à l’envers, et elle commence à compter combien de mois, combien de jours elle devra attendre pour que revienne la caravane et qu’une vie complète recommence. » David Fleck, Italo Calvino, illustration de la ville de Sophronia, 2016.

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« L’événement est le lieu à partir duquel il est possible de repenser et reformuler l’architecture pour qu’elle concoure à l’abolition des inégalités sociales contemporaines qu’elle a elle-même jusqu’à présent souvent produites ou renforcées. Par définition, c’est dans l’événement que se confrontent et se transforment les différences ».

Bernard Tschumi, «Architecture Concepts: Red is Not a Color», 2012.

Durant un évènement, la ville est autre, l’habitant lui découvre des qualités qu’il méconnaissait et qu’il va tenter de conserver tous les jours de l’année. L’évènement, qu’il soit festif, sportif ou culturel, dans sa pratique ponctuelle, place l’homme en tête-à-tête avec un monde sans structure et sans code, et constitue un processus analytique faisant remonter les énergies sauvages de notre psyché. Celui-ci ne cesse de produire de «l’histoire et des histoires». Il récapitule le passé et porte en lui du devenir. Les évènements sont ordonnés par un modèle de légalité implicite ; pour cette raison, ils capitalisent, se transforment en mœurs et coutumes, et formatent une société locale.

Hans Magnus Enzensberger, «L’Histoire et les histoires»,, 2013, [en ligne],mis en ligne le 17 septembre 2013. URL : http://cmb.ehess.fr/444.

L’évènement est une des fonctions que doit pouvoir assurer une ville, il est aussi un instrument qui donne du sens à une action, à un projet public, notamment un projet urbain. En effet, «ville et évènement semblent convoler depuis toujours, mais leurs relations s’altèrent, évoluent et proposent du brassage social». L’évènement s’immisce dans l’intervalle, l’interstice de la ville, en interrompant son fonctionnement routinier. Cette notion est à mettre en valeur, car il intervient dans un paysage urbain contemporain hétéroclite, où des milliers d’habitants d’origines et de provenances diverses sont souvent réunis par circonstances plutôt que par désir commun. En effet, la concentration d’activités, de personnes et d’équipements dans les villes produit une très grande quantité d’externalités. Ce potentiel d’interactions de la ville crée également les conditions de la sérendipité, c’est-à-dire de la capacité de trouver ce que l’on ne cherchait pas, d’exploiter et de gérer l’imprévu.

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André Sauvage, « Fête la ville ! » , dans la revue Urbanisme La fête en ville, n°331 Juillet-Août 2003, p 38-49


Pour favoriser cette capacité, la ville doit disposer de lieux qui attirent des gens différents et pour des raisons distinctes. Il n’est pas nécessaire que la mixité fonctionnelle et sociale soit permanente, mais il faut des «attracteurs» multifonctionnels et multisociaux, ce qui suppose dans la plupart des cas des lieux accessibles, ouverts au public et aussi cosmopolites que possible. De plus, il faut aussi une atmosphère urbaine qui facilite les rencontres non programmées, les échanges spontanés, les occasions à saisir. De ce point de vue, potentiel d’action et sérendipité riment avec animation, échanges, événements et civilité. L’événement a des impacts multiples sur le système urbain, les représentations, les espaces, les temps et même la loi. Il transforme la ville et les rues, il enchante le quotidien, transfigure le réel et humanise l’espace public.

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Color Run, Paris, 2017.

Nuit Blanche, forum des Halles de Paris, Henri Garat, 2017.

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Paris ville lumière 2.0

Paris, ville Lumière depuis les grands projets réalisés par Louis XIV au XVIIIème siècle, a tout au long de son histoire rayonné par sa splendeur, sa magnificence et sa festivité. Aussi longtemps que les rois ont festoyé à Versailles, le peuple lui, a festoyé à Paris. Transformant sans scrupule la cour de l’Hôtel de Ville en salle des fêtes, les places publiques en rassemblements populaires et les jardins verdoyants en lieux de pique-niques récréatifs. Les populations se sont au fur et à mesure appropriées l’architecture classique de la ville de Paris pour la transformer momentanément en architecture d’évènement. La ville de Paris a été, à de nombreuses reprises, le cadre parfait où se sont déroulées non seulement les grandes célébrations nationales, telles que la Fête de la Fédération (14 juillet 1790), mais aussi les manifestions locales dans les ruelles des vieux quartiers. La Révolution Française et le passage de la monarchie féodale à l’ordre républicain ont marqué une transition majeure dans l’art de faire évènement. Qu’elles donnent la vie ou la mort, actions et émotions se conjuguent, se commémorent, s’identifient. Que ce soit les victoires du passé ou des ouvertures sur l’avenir, les évènements populaires sont un engagement spontané et donc total qui vont marquer la ville et son architecture de façon pérenne. Ces évènements urbains théâtralisent une vision utopique issue du siècle des Lumières et se proposent de remplacer les anciennes valeurs, de briser les liens traditionnels, de suggérer une conscience civique et d’imposer une morale laïque, voire un culte patriotique. Il serait faux de chercher la nature de l’évènement dans l’extravagance, les caprices ou le hasard. En effet, l’évènement comme instant précieux de sociabilité, peut être qualifié de nécessité pour la ville, dans la mesure où elle stimule l’instinct de réunion sociale et favorise le besoin latent de communication. Enfin, les opéras attirent d’avantage de monde grâce notamment aux spectacles de danse et aux œuvres lyriques. Ils deviennent un lieu social au même titre que le théâtre cependant plus bourgeois. L’évènement se démocratise et marque en profondeur la ville, ses espaces et ses habitants.

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Werner Oechslin & Anja Buschow, «Architecture de fête L’architecte metteur en scène », 1995


La tendance pour la ville évènementielle du XXème siècle s’établi concrètement à partir de l’Exposition Universelle de Paris en 1889 et instaure une nouvelle dynamique dans la réflexion et la production de l’évènement en ville. Celui-ci est maintenant pensé comme une machine à questions et donc une machine à innovations autant techniques qu’intellectuelles. L’évènement à Paris dans les années 1920 est partout, tout le temps et représente aux yeux du monde la dynamique contemporaine à la française. L’ouverture du Luna Park à Paris en 1909, les Jeux Olympiques de 1924, les Expositions Universelles de 1900-1925-1937-1947 placent la ville de Paris au rang de capitale mondiale de la liberté, de la création et de l’évènement. La folie des années 1920 se caractérise par de nombreuses nouveautés, à l’image de l’apparition du jazz, de la radio, du cinéma ou de l’électroménager. À Paris, le quartier Montparnasse symbolise ce renouveau, où le plaisir et l’exubérance sont érigés en modes de vie. «Les étrangers affluent, ils ont trouvé leur refuge. Ils viennent d’Espagne, de Pologne, d’Afrique, mais aussi d’Amérique où ils tentent d’éviter la prohibition imposée.» Tous se retrouve dans la ville de Paris, Hemingway, Scott Fitzgerald ou Steinbeck pour prendre part à la folie de ces évènements. Le Paris des années 1920 est une ville polysémique intense, qui va, après le choc pétrolier de 1929 et la Seconde Guerre Mondiale ( 1939-1945 ), connaître une longue période de crise, plongeant l’évènementiel parisien dans une situation complexe. Ce n’est qu’à partir des années 1970-1980 que l’évènement à Paris recommence à marquer la ville de façon profonde, notamment avec l’inauguration du Centre Pompidou en 1977 qui attribue définitivement une place physique à l’évènement parisien. Mais qu’en est-il aujourd’hui? L’évènement occupe-t-il encore, à Paris, une place importante dans le processus de production de la ville? Quelles leçons a-t-on tiré des trois derniers siècles d’évènements qui ont animé Paris? Comment, sachant que Paris organisera les Jeux Olympiques de 2024 et probablement l’Exposition Universelle de 2025, traiter l’évènement comme outil de transformation urbaine de la ville de Paris?

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Nathalie Rheims, « Paris années folles », article pour Le Point publié le 09/12/2013.


Aujourd’hui «il est de plus en plus courant d’observer que la forme ne suit plus la fonction et que la fonction ne suit plus la forme, les gares se transforment en musées, les églises en boîtes de nuit, etc.»

Bernard Tschumi,« Six concepts » In : Architecturally Speaking Practices of Art, Architecture and the Everyday, 2000. p.155-176

L’idée est donc de prendre en compte l’extraordinaire interchangeabilité de la forme et de la fonction régie par cette notion d’événements hétérogènes, ou encore de perpétuelle complexité de la dimension urbaine, pour ensuite l’exploiter positivement en vue d’une régénérescence profonde de la ville et de son architecture. Toute intervention devrait donc être traitée comme une combinaison d’espaces et d’événements mettant alors en scène des éléments hétérogènes, mobiles et peut-être bien incompatibles. «Loin des dogmes radicaux entre forme et fonction qui ne sont finalement qu’un déni de la réalité de la vie urbaine contemporaine dans ses aspects les plus stimulants et les plus troublants, « dresser une barricade (fonction) dans la rue de Paris (forme) est bien différent de flâner (fonction) dans cette meme rue (forme). Danser (fonction) dans une église (forme) est bien différent d’y étudier ou d’y nager. On voit ici comment les relations entre forme et fonction se dissolvent. » C’est ainsi que notre travail de diplôme tend à répondre aux problématiques et enjeux contemporains auxquels la ville de Paris fait face dans son processus de renouvellement urbain.

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Bernard Tschumi, Architecture Concepts: Red is Not a Color, 2012.


C.Monet, Fédération générale des Français, Paris, 1790. Pierre-Antoine Demachy, Bataille de confettis sur les Grands Boulevards, Paris, 1894.

M.S.Reicham, Bataille de confettis sur les Grands Boulevards, Paris, 1894. Bal populaire du 14 juillet 1912, Photo, 6 rue du Renard, 75004, Paris.

L.Baylac, Exposition Universelle, Paris, 1900. Photographe anonyme, Centre Pompidou, Paris, 1977.

R.Kiwerski, Nuit Blanche, Eglise Saint-Sulpice, Paris, 2017 Michelle Yung, Dîner en Blanc, Versailles, 2014.

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L’édifice événement XXL. L’architecture de l’événement de grande ampleur est une «architecture autonome qui provoque des ruptures d’échelle morphologiques et temporelles difficilement conciliables avec le contexte urbain.» Les stades, salles de concert, opéras, théâtres, philharmonies et autres machines de grande taille correspondent à une «conception architecturale généralement axée sur la structure et la forme qui n’entretient aucun rapport avec la ville.»

Ido Avissar, « Les grandes machines sportives de la porosité de certaines limites», Sports, portrait d’une métropole, NP2F, 2014.p203

Ibidem.

Compte tenu de son hystérie événementielle passée et à venir, la ville de Paris s’est vue dotée d’un nombre considérable d’objets en apparence autonomes, parmi lesquels nous pouvons citer : L’Opéra Garnier (1875), le Stade Jean Bouin(1916), Roland Garros(1928), le Palais des sports(1960), le Parc des Princes(1967), La Grande Halle de La Villette(1983), Bercy Arena(1984), le Zenith(1984), l’Opéra Bastille(1989), le Stade de France(1995), La Philharmonie de Paris(2015), U Arena 92(2017)… et tant d’autres. La question de l’imperméabilité de la grande machine événementielle se voit devenir un enjeu essentiel concernant le futur de ces temples de l’événement et leur impact sur les villes qui, comme Paris, connaissent une « surabondance événementielle ».

Marc Augé, « Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité », 1992.

Les spectateurs, et acteurs de l’événement «tournent le dos à la ville». «Que l’événement ait lieu le jour ou le soir, dans un endroit précis dans la ville, son temps et son lieu ne sont propres qu’à l’épisode présent, déconnecté de l’espace-temps de la ville.»

Ido Avissar, « Les grandes machines sportives de la porosité de certaines limites», Sports, portrait d’une métropole, NP2F, 2014.p203

En reprenant la reflexion d’Ido Avissar concernant les grandes machines sportives, et en l’appliquant aux grandes machines événementielles de manière générale, il semblerait que : «La grande boîte se pose bel et bien dans un contexte réel: physique, social, économique et culturel. Elle crée une rupture d’échelle pouvant être perçue et vécue de manières différentes. Ce que l’on nomme souvent l’insertion urbaine d’un équipement événementiel, c’est-à-dire l’atténuation de son impact et de ses externalités négatives par un ensemble d’aménagements, est un élément important, mais ne peut en aucun cas absorber complètement son étrangeté et sa différence. L’édifice-événement semble offrir une perception condensée de la vie métropolitaine dans un espace restreint, et convoque alors une dualité de la machine-événementielle simultanément hors de la ville et ville elle-même.»

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Idem.p204


A Paris les édifices-événements de taille considérable se trouvent souvent à proximité des infrastructures majeures comme le Boulevard Périphérique, les autoroutes et les tunnels, etc. «Cette réunion entre les grandes machines et l’infrastructure résulte de trois principales préoccupations :

Ido Avissar, « Les grandes machines sportives de la porosité de certaines limites», Sports, portrait d’une métropole, NP2F, 2014.p208

-La gestion optimisée. -L’assemblage de deux éléments, dont l’échelle contraignante les empêche de vraiment s’insérer dans le tissu urbain. -La mise en scène de l’objet solitaire et de sa perception cinétique.» En négociant la relation entre l’objet événement XXL et son contexte, on pourrait se demander comment ce dernier peut être inséré avec une attention exemplaire dans un contexte urbain donné. « A l’image de l’éléphant aux pattes fines de Salvador Dali », l’édifice-évenement se glisserait dans le tissu urbain « sans casser de porcelaine ».

Idem.p209

Collage : Un éléphant dans la ville?

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Concentration de "Bigness" parisienne.

Alors que l’insertion urbaine d’un édifice-événement XXL tient de la négociation entre un objet disproportionné et son contexte, l’inscrivant dans une dualité de la machine événementielle simultanément « hors de la ville et ville elle-même », il était intéressant de voir sur quoi pouvait déboucher une concentration d’édifices-événements XXL.

Ido Avissar, « De la porosité de certaines limites », Sports, portrait d’une métropole, NP2F, 2014. p204

On est donc allé à la recherche de ces points de concentrations dans Paris; levant le voile sur un tissu urbain lâche, que l’on peut qualifier de générique dans la mesure où il se produit et se reproduit par lui-même, et ce de façon plus ou moins similaire à différents emplacements en marge de la périphérie parisienne (porte de la Villette, porte de Versailles et porte d’Auteuil). Il en résulte alors une composition sans souci de cohésion urbaine, où se déploient ces grandes machines, cette architecture XXL qui, rien que par sa taille, arrive à réduire la transparence et le lien au territoire, rejoignant alors la théorie de la « Bigness » définit par Rem Koolhaas comme une architecture « incapable d’établir les relations avec la ville classique – au mieux, elle coexiste – mais, par la quantité et la complexité des services qu’elle propose, elle est elle-même urbaine. »

Rem Koolhaas, Junkspace, p41, Payot, Paris, 2011.

Carte : Édifice événement porte de la Villette.

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Carte : Édifice événement porte d’Auteuil.

Carte : Édifice événement porte de Versailles.

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L’édifice-événement en scène.

Au sein du tissu urbain solidaire Parisien, l’architecture de l’événement, représentée entre autres par tout bâtiment édifié afin d’abriter différentes sortes d’événements, semble faire face à une pression permanente, celle de devoir constamment justifier son existence au-delà de l’événement éphémère qui s’y est déroulé. Cette architecture du spectacle (stades, théâtres, music halls, salles de concert et d’exposition…), contrairement au reste du tissu urbain, prend naissance dans la ville par et pour son événement, qui représente un moment, certes éphémère, mais un moment de gloire qui ne tarde pas à poser, une fois terminé, la problématique post événementielle, remettant en question l’utilité même de ce bâtiment au caractère définitif au delà de l’évènement éphémère qui lui donna son premier souffle, voire même toute son essence. Collage : On stage - under pressure.

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L’édifice-événement se manifeste.

En la représentant de manière allégorique, il semblerait que l’architecture de l’évènement se bat pour justifier son existence en tant que telle. Quand elle ne s’impose pas par une extrême efficience la rendant carrément indispensable, celle-ci tente tant bien que mal de développer et faire perdurer son image architecturale au sein de la ville, aussi bien physiquement à travers sa forme et son style, que mentalement en essayant de marquer la mémoire collective. Certaines exceptions architecturales persistent, trouvent une place particulière dans le tissu urbain existant et s’imposent souvent comme des joyaux, héritages et vecteurs d’identité urbaine pour la ville. Fléxibilité spatiale : Le Grand Palais. - 1 - : Le Grand Palais. - 2 - : Volume vide de la nef. - 3 - : Défilé Chanel automne-hiver 2017/2018. - 4 - : Le Grand Palais des Glaces 2016. - 5 - : Monumenta 2011, Anish Kapoor.

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Bijoux dans la ville : Opéra Garnier - 6 - : Opéra Garnier. - 7 - : La grande salle vide. - 8 - : La grande salle pleine. - 9 - : Le grand foyer. - 10 - : Le grand escalier d’apparat. Mémoire collective : Le Parc des Princes

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- 11 - : Le Parc des Princes. - 12 - : Le Stade vide. - 13 - : Le Stade plein. - 14 - : Les supporters parisiens. - 15 - : Présentation de Neymar au psg.


Le combat pour exister.

La question qui structure cette réflexion interroge donc comment, dans un monde où l’on accentue le combat contre «l’architecture inutile», et où l’on tente de prohiber la construction d’architecture déprogrammée, un bâtiment-événement peut-il, sans naviguer dans l’inutile, opérer sans fonction prédéterminée au delà de l’événement éphémère ?

Carole Lévesque, «A propos de l’inutile en architecture», 2011

Comment dans des villes de plus en plus immatérielles et complexes, opposées aux grands gestes de faible impact, prônant une économie de moyens à la rencontre d’un idéal écologique, cette architecture du spectacle se justifie auprès de l’acceptation commune, souvent très exigeante quant aux attentes pérennes de l’architecture. Collage : Le combat pour exister.

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L’édifice-événement et son idéal.

Par comparaison, il semblerait que l’architecture du culte ait su s’imposer à travers les temps et ancrer son image architecturale au sein de cette mémoire collective, lui conférant alors une certaine immunité face aux attentes de l’acceptation commune, auprès de laquelle elle ne semble plus devoir justifier son existence. L’architecture religieuse semble s’implanter naturellement dans le maillage urbain, sans soulever de doutes sur son utilité, sa rentabilité ou son existence au-delà de son utilisation souvent épisodique. Envieuse de ce statut privilégié, l’architecture de l’événement tente d’accéder directement à ce rang d’architecture acquise, en édifiant ses propres « temples » de l’événement, intégrés et acceptés par la ville et sa mémoire collective. Suivant un raisonnement anthropomorphiste, il semblerait que cette problématique liée à l’utilité post-événement de cette architecture du spectacle, se décline principalement en trois cas de figure. Collage : L’édifice événement et son idéal.

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L’édifice-événement immortel.

L’édifice-événement immortel, définit à travers cette architecture qui naît d’un événement ou accueille un événement, occupe sa fonction tout au long de celui-ci, et continue à accueillir des événements en s’imposant comme édifice permanent dans la ville notamment gràce à son interchangeabilité programmatique. Ce cas de figure est représenté par le Grand Palais, le Petit Palais, le Parc des Princes, le Palais de Chaillot, le Palais de Tokyo ou encore le Stade de France qui ont su perpétuer différents événements au fil du temps, tout en gardant une notoriété plus ou moins importante auprès de la ville et de sa mémoire collective.

Maquette : Édifice-événement immortel.

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L’édifice-événement vétéran.

L’édifice-événement vétéran, définit à travers cette architecture qui naît d’un événement ou accueille un événement, occupe sa fonction tout au long de celui-ci et réussi, post-événement, à se faire accepter par la ville comme une évidence. Un ancrage souvent lié à sa signification iconique à l’image d’un marqueur spatio-temporel ancré dans la ville et sa mémoire. Au sein du tissu parisien ce cas de figure serait représenté notamment par l’Arc de Triomphe, l’Obélisque, le château de Versailles qui ont su justifier leur existence en devenant entre autres des objets de contemplation, au-delà de leurs événements respectifs.

Maquette : Édifice-événement vétéran.

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L’édifice-événement kamikaze.

L’édifice-événement kamikaze, définit à travers cette architecture qui naît d’un événement ou accueille un événement, occupe sa fonction tout au long de celui-ci et est démantelé aussitôt que l’événement est terminé. Ce cas de figure représenté par le Palais Omnibus, le pavillon des Temps Nouveaux, le Palais du Champs de Mars ou le Palais du Trocadéro, qui ont agi sur un moment donné de la ville limité dans le temps et dans l’espace urbain avant de disparaître dignement avant même que leur existence ne soit mise à l’épreuve.

Maquette : Édifice-événement kamikaze.

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L’édifice-événement mutilé.

L’édifice-événement mutilé, définit à travers cette architecture qui naît d’un événement ou accueille un événement, occupe sa fonction tout au long de celui-ci mais tombe, post-événement, dans un abandon chronique, entre une attente de re-programmation et le risque d’être complètement démoli, avec l’espoir de devenir, un jour peut-être, patrimoine historique de la ville. Ce cas de figure représenté par le stade olympique d’Athènes, le centre aquatique olympique de Rio ou encore le Loew’s 46th St. Theater à New York, qui sont aujourd’hui inutilisés par la ville et très contestés par l’opinion publique qui y voit une architecture obsolète et contre-productive.

Maquette : Édifice-événement mutilé.

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L’obsolescence permanente. Obsolescence : Fait d’être périmé – dépréciation d’un matériel ou d’un équipement avant son usure matérielle. Ob : « hors de », solere : « avoir coutume », donnant obsolescere : « perdre de sa valeur ». Il s’avère que l’édifice-événement, à l’image d’un instrument uniquement dévoué au service de l’événement qui l’anime, arrive à poser dans un temps court un nombre de problématiques liées à l’obsolescence normalement échelonnées sur un temps beaucoup plus long. Cette temporalité plus rapide l’oblige à s’adapter et lui permet de développer un nombre de stratégies pour faire face à ce fléau inévitable. En effet, l’architecture de l’événement nous montre que pour qu’un bâtiment évite de tomber dans l’obsolescence programmée post-événement, celui-ci déploie souvent trois principales stratégies-typologies : - La Machine : L’édifice fait preuve d’une grande interchangeabilité et flexibilité, le transformant en une vraie machine-événement capable de se réinventer sans cesse pour absorber la sur-programmation à laquelle il doit faire face, le rendant alors indispensable à la ville. - Le Monument : L’édifice fait preuve d’une prouesse architecturale, ou arrive à s’imprégner d’un événement mémorable, le transformant en un monumentévénement vénéré et adoré par la ville, bien ancré dans sa mémoire collective. - Le Pavillon : L’édifice fait preuve d’un dévouement complet à l’événement, contournant les problématiques posées au delà de celui-ci, le transformant alors en un pavillon-événement qui ne prend pas le risque d’être jugé sur son existence en tant que tel. L’histoire de l’architecture-événement nous apprend néanmoins que ces trois catégories peuvent s’entrechoquer et se mélanger. Un édifice-événement destiné à être pavillon peut devenir monument grâce à son caractère machinique comme en témoigne le Grand Palais par exemple. Il s’avère alors être difficile de se projeter quant à l’avenir de ces édifices, dans la mesure où c’est l’événement qui souffle le chaud et le froid. L’architecture et son bâtiment se retrouvent alors tantôt sur-investis, tantôt vidés de sens. Dans cette pensée temporelle que toute architecture peut devenir un jour obsolète, questionnant alors la notion de la permanence architecturale dans un monde en constante transition, il s’avère qu’une autre typologie de bâtiments XXL se situe dans ce même temps court face à l’obsolescence, et dans lequel elle mène le même combat, compte tenu de son dévouement aveugle face à l’unique programme qui lui donne sens.

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Définiton tirée du dictionnaire Larousse: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ obsolescence/55437


Maquette : Édifice anti-obsolète.

Alors qu’on pourrait penser qu’une architecture plus exposée aux ébranlements de l’obsolescence, serait automatiquement plus durable et immunisée face aux changements de la société, lui permettant entre autres de comprendre s’il existe des typologies ou des stratégies spatiales ouvertes au temps, Il s’avère que, contrairement à l’édifice événement XXL, cette temporalité plus rapide n’a pas forcément permi au deuxième protagoniste de développer des stratégies pour combattre son inévitable obsolescence. Les contextes et climats dans lesquels prennent forme ces machines XXL en font littéralement les antipodes des édifices-événements. À l’heure où la modernité et les mutations de plus en plus rapides ont donné lieu à différentes phases d’expérimentation tentant de répondre aux changements de la société, ces antagonistes que l’on peut définir comme les édifices-utilitaires XXL, partagent le même terrain de jeu que les édificesévénement XXL dans lequel ils luttent contre leur désuétude. Ces bâtiments qui ont été édifiés dans des logiques de rentabilité économique, de pure fonctionnalité et de pure pragmatisme en vue d’un programme bien particulier caractérisant le mode de vie d’un moment, se voient vidés de tout sens une fois que ce dernier s’est vaporisé au contact de cette société aux modes de consommation et de production court-termistes, pressés de satisfaire à des plans financiers, la durée d’un cycle donné.

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Nous reviendrons plus en détail sur ces machines usuelles XXL dans la partie suivante. Pour l’instant ce phénomène de l’obsolescence, omniprésent dans notre société, agit aussi bien sur nos modes de vie de manière générale que sur l’architecture qui voit ses bâtiments perdre de leur valeur ou de leur utilité suite à différentes circonstances, que ce soit le contexte urbain en transition et la technologie en constante évolution pour les uns ou encore la mode, vogue passagère pour les autres. Ce paradigme s’avère d’autant plus intéressant à prendre en compte d’un point de vue architectural lorsqu’il arrive à s’installer dans une temporalité rapide, souvent due à un dévouement complet de l’édifice à son événement pour le cas des machines-événementielles XXL, ou à sa mono-programmation usuelle pour le cas des machines-utilitaires XXL. Bien que les deux ne soient pas équitablement armés pour combattre ce phénomène de la désuétude, cela pousse à s’interroger sur l’évolution des bâtiments, la préservation et l’écologie, surtout à cette échelle XXL, où les implications sur le long terme, les enjeux de dévaluation, de gaspillage et de déchets qu’engendre cette façon de concevoir et de penser ne peut plus être ignorée.

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L’édifice utilitaire XXL. Marc Augé, anthropologue français, définit un non-lieu comme l’exact opposé du lieu anthropologique, c’est-à-dire comme un espace ni identitaire, ni relationnel ni historique. Un non-lieu se présente donc comme un endroit que l’on n’habite pas, dans lequel l’individu demeure anonyme et solitaire. «Alors que le lieu offre à chacun un espace qu’il incorpore à son identité, dans lequel il peut rencontrer d’autres personnes avec qui il partage des références sociales, les non-lieux, au contraire, ne sont pas des espaces de rencontre et ne construisent pas des références communes à un groupe.» Cette définition s’applique bien à ces édifices utilitaires XXL, souvent réduits à leur rentabilité économique et à leur mono-fonctionnalité jugée banale bien que indispensable à la ville. L’enjeu, en vue de l’impotence de ces édifices XXL face à l’obsolescence, serait de pouvoir présenter un catalogue d’outils potentiels, de stratégies possibles, pour traiter de l’indifférence, l’échelle, la rentabilité et le pragmatisme de ces machines utilitaires. Mais aussi de les aider à choisir entre : développer une identité architecturale et programmatique assez forte leur permettant d’exister en tant que tel, ou mettre leur puissance au service de la collectivité urbaine et à l’avantage de la ville. Ces machines ne peuvent tout simplement plus être ignorées ou rester en suspens compte tenu de leur échelle qui les rend inévitables.

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Marc Augé, « Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité », 1992.

Ibidem.


L’édifice utilitaire en coulisse.

Les machines utilitaires XXL sont d’intrigantes créatures géantes chargées de paradoxes. Bien que renfermant des éléments vitaux au fonctionnement des villes, elles sont souvent ignorées par ces dernières car jugées banales. Souvent démunies d’identité architecturale, elle peinent à trouver leur place et à s’imposer en tant que tel malgré leur grande échelle rendant leur présence inévitable. Ces bâtiments bénéficient rarement de traitement architectural et ne sont souvent pas plus considérés qu’un emballage pragmatique d’un contenu particulier. Leur utilisation purement fonctionnelle les condamne à une obsolescence inévitable faisant d’eux des bâtiments oubliés aux yeux de l’acceptance commune, manquant de marquer la mémoire collective et ce  avant même de réellement tomber dans l’oubli.

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Collage : L’envers du décor.


L’édifice utilitaire au-delà de l’obsolescence

«Françoise Choay, historienne française, explique que la ville est condamnée à l’anachronisme puisque les bâtiments demeurent, tandis que les codes culturels qui permettraient d’en comprendre les symboles évoluent très vite. Dès lors, n’est-il pas illusoire de chercher à faire une architecture porteuse de signes et de sens ?» Loin donc du débat entre contenu et contenant et de la catégorisation des Venturi pour ces machines utilitaires entre « hangars décorés » et « canards » qui apparaît dépassé aujourd’hui dans notre société « ultra connectée », où le contexte et le lieu sont définis par GPS et en ligne sur internet, on s’intéresse plutôt ici à savoir comment ces machines usuelles font face à leur obsolescence dans un contexte où les modes de production et de consommation semblent évoluer et changer à un rythme effréné.

L.Deguine, A.Lefévère, L.Néron, « Les autres lieux de la ville: Non-lieux de Marc Augé », article publié sur sociarchi.wordpress.com le 6 Janvier 2014.

Robert Venturi, Denise Scott Brown, Steven Izenour, « Learning from Las Vegas », 1972.

Flexibilité spatiale : Les abattoirs de La Villette - 1 - : Les abattoirs de La Villette, 1867. - 2 - : Entrepôt des abattoirs, 1970. - 3 - : La nef par Jean-Pierre Delagarde, 2016. - 4 - : Airbnb Open convention, 2015. - 5 - : Pitchfork Festival, 2017

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Bijoux dans la ville : Grands Moulins de Paris - 6 - : Grands Moulins de Paris, 1920. - 7 - : GMP, photo avant réhabilitation, 1997. - 8 - : GMP, avant réhabilitation, 2003. - 9 - : GMP, pendant réhabilitation, 2005. - 10 - : Grand Moulin réhabilité, 2007. Mémoire collective : Messageries de St-Lazare - 11 - : Les messageries de Saint Lazare,19914. - 12 - : Palais des expositions Citroën, 1931 - 13 - : Salle d’exposition Citroën, 1935. - 14 - : Parking de l’Europe, . - 15 - : État actuel, 2017.


L’édifice utilitaire inévitable dans la "Grande" ville

Les édifices utilitaires XXL sont habituellement implantés en périphérie, considérée comme une zone d’impunité où le bâtiment peut facilement échapper au domaine et contrôle architectural, et ainsi donner naissance à une architecture uniquement régie par une rentabilité économique ou encore un pragmatisme aveugle et purement fonctionnel.

Kersten Geers, Joris Kritis, Jelena Pancevac, Giovanni Piovene, Dries Rodet, Andrea Zanderigo «Architecture Without Content », 2015.

Pourtant ces édifices font intégralement partie de notre monde. On ne peut plus ignorer leur existence, surtout en vue des futurs enjeux urbains. Car si au tournant du dernier siècle, la technologie se définissait comme « grande » et « imposante », avec un impact direct sur la façon dont les bâtiments devaient être organisés, le nano-développement des nouvelles technologies, et les mutations profondes de la société entrainée dans l’ère numérique ont complètement changé la donne en réduisant considérablement, voire même, en effaçant leur empreinte physique et leur influence sur le processus du bâti. On risque alors de se retrouver avec de plus en plus d’édifices utilitaires XXL abandonnés suite à une obsolescence programmatique. Ces édifices ne peuvent donc plus être simplement ignorés ou laissés pour compte en marge de la ville, car il n’y a tout simplement plus de « marge », la dichotomie entre la ville et sa périphérie tend à complètement disparaître comme on peut le voir avec la politique du Grand Paris dans notre cas précis.

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Collage : Paris continue.


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Liste décroissante des surfaces au sol du bâti événement parisien intramuros.

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- 1 - : 53 641 m2 : Pavillon 1, Paris Expo. - 2 - : 50 085 m2 : Musée du Louvre. - 3 - : 40 304 m2 : AccorHotels Arena. - 4 - : 36 221 m2 : Grand Palais. - 5 - : 35 781 m2 : Le Parc des Princes. - 6 - : 35 141 m2 : Stade Charlety. - 7 - : 30 270 m2 : Cité des Sciences. - 8 - : 27 921 m2 : Stade Jean Bouin. - 9 - : 24 727 m2 : Palais des Congrès. - 10 - : 22 639 m2 : Palais Royal. - 11 - : 22 447 m2 : La Grande Halle. - 12 - : 22 000 m2 : Pavillon 4, Paris Expo. - 13 - : 17 608 m2 : Philharmonie de Paris. - 14 - : 15 935 m2 : Palais de Chaillot. - 15 - : 14 761 m2 : Pavillon 5, Paris Expo. - 16 - : 14 481 m2 : Musée d’Orsay. - 17 - : 14 434 m2 : Pavillon 6, Paris Expo. - 18 - : 12 837 m2 : Stade Pierre Coubertin. - 19 - : 12 137 m2 : Complexe omnisports. - 20 - : 11 925 m2 : Le Centre Pompidou. - 21 - : 10 845 m2 : Palais Garnier. - 22 - : 10 816 m2 : Cité de la musique. - 23 - : 8 313 m2 : Cité des sciences annexe. - 24 - : 7 262 m2 : Court Philippe Chatrier. - 25 - : 7953 m2 : Ecole du Cirque. - 26 - : 5 636 m2 : Le Zénith de Paris. - 27 - : 5 266 m2 : Stade de Roland Garros. - 28 - : 4 719 m2 : Centre sportif Jules. - 29 - : 4 511 m2 : Moulin Rouge. - 30 - : 4 434 m2 : Cabaret Sauvage. - 31 - : 2 419 m2 : Court n°1. - 32 - : 2 360 m2 : Théâtre de Montmartre.


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Liste décroissante des surfaces au sol du bâti usuel parisien intramuros.

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- 1 - : 41 931 m2 : Entrepôt Macdonald’s. - 2 - : 41 060 m2 : Plateforme du Bâtiment. - 3 - : 23 262 m2 : Halle Freyssinet. - 4 - : 22 595 m2 : Entrepôt SNCF. - 5 - : 21 937 m2 : Entrepôt SNCF. - 6 - : 21 904 m2 : Entrepôt SNCF. - 7 - : 20 055 m2 : France Express. - 8 - : 18 492 m2 : Entrepôt SNCF. - 9 - : 18 057 m2 : Entrepôt Police nationale. - 10 - : 17 233m2 : Syctom. - 11 - : 16 193 m2 : Go Sport. - 12 - : 15 909 m2 : Entrepôt SNCF. - 13 - : 15 777 m2 : Loxam Rental. - 14 - : 15 772 m2 : Centre Bus. - 15 - : 14 807 m2 : Logis Transport. - 16 - : 14 177 m2 : Entrepôt SNCF. - 17 - : 13 331 m2 : Entrepôt SNCF. - 18 - : 13 081 m2 : Le Five. - 19 - : 12 311 m2 : Entrepôt SNCF. - 20 - : 12 176 m2 : Entrepôt SNCF. - 21 - : 12 021 m2 :Entrepôt SNCF. - 22 - : 11 138 m2 : Carrefour Paris Auteuil. - 23 - : 11 027 m2 : Entrepôt SNCF. - 24 - : 11 015 m2 : Messageries 8e. - 25 - : 10 775 m2 : Entrepôt SNCF. - 26 - : 10 000 m2 : Supermarché Casino. - 27 - : 8 591 m2 : Renault Paris. - 28 - : 8 541 m2 : Paris Event Center. - 29 - : 8 263 m2 : Entrepôt SNCF. - 30 - : 8 098 m2 : Le Five. - 31 - : 7 978 m2 : Entrepôt SNCF. - 32 - : 7 630 m2 : Zone Industrielle Cap 18.


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Liste décroissante des surfaces au sol du bâti usuel parisien intramuros.

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- 33 - : 7 380 m2 : Logis Transport. - 34 - : 6 709 m2 : Logis Transport. - 35 - : 6 700 m2 : Centre bus Lebrun - 36 - : 6 543 m2 : Entrepôt SNCF. - 37 - : 5 174 m2 : Zone Industrielle Cap 18. - 38 - : 5 231 m2 : Logis Transport. - 39 - : 4 688 m2 : Paris Event Center. - 40 - : 4 554 m2 : Entrepôt SNCF. - 41 - : 4 420 m2 : Zone Industrielle Cap 18. - 42 - : 4 412 m2 : Zone Industrielle Cap 18. - 43 - : 4 110 m2 : Logis Transport. - 44 - : 3 943 m2 : Zone Industrielle Cap 18. - 45 - : 3 653 m2 : Entrepôt SNCF. - 46 - : 3 526 m2 : Zone Industrielle Cap 18. - 47 - : 3 255 m2 : Entrepôt SNCF. - 48 - : 2 964 m2 : Entrepôt SNCF. - 49 - : 2 909 m2 : Entrepôt SNCF. - 50 - : 2 676 m2 : Logis Transport. - 51 - : 1 701 m2 : Entrepôt SNCF. - 52 - : 1 661 m2 : Zone Industrielle Cap 18.

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Liste décroissante des surfaces au sol du bâti XXL parisien intramuros. - 1 - : 50 679 m2 : Paris Gare de Lyon. - 2 - : 50 200 m2 : Université Pierre, Marie Curie. - 3 - : 42 909 m2 : Gare Saint-Lazare. - 4 - : 39 673 m2 : Ministère des Armées. - 5 - : 37 577 m2 : Centre sportif Ladoumègue. - 6 - : 36 514 m2 : Gare du Nord. - 7 - : 34 501 m2 : Gare Montparnasse. - 8 - : 27 111 m2 : PH Immobilier Paris 13. - 9 - : 26 693 m2 : Les Invalides. - 10 - : 26 543m2 : Aquaboulevard de Paris. - 11 - : 24 445 m2 : Hôpital Georges-Pompidou. - 12 - : 24 376 m2 : Icade. - 13 - : 20 901 m2 : Gare d’Austerlitz. - 14 - : 19 732 m2 : Gare de l’Est. - 15 - : 17 688 m2 : Paris expo. - 16 - : 16 783 m2 : ING Wholesale Banking. - 17 - : 15 662 m2 : Hôpital Lariboisière. - 18 - : 14 941 m2 : Le Five. - 19 - : 14 937 m2 : Ministère des Solidarités. - 20 - : 14 212 m2 : École Militaire. - 21 - : 12 445 m2 : Les frères-Voisin. - 22 - : 11 553 m2 : Hôpital Claude Bernard. - 23 - : 11 546 m2 : Palais du Luxembourg. - 24 - : 11 227 m2 : France Television. - 25 - : 9 355 m2 : Université Paris-Dauphine. - 26 - : 8 577 m2 : Musée de minéralogie. - 27 - : 7 771 m2 : La Poste, 17e. - 28 - : 7 015 m2 : Crous de Paris. - 29 - : 6 405 m2 : Dalle Beaugrenelle. - 30 - : 6 459 m2 : Église Saint-Sulpice. - 31 - : 6 495 m2 : Sacré Coeur Appartement. - 32 - : 6 847 m2 : Film Factory - Post Production.


"Dark zone" vs. "Free zone". L’analyse typologique des édifices événementiels et utilitaires XXL a révélé que ces bâtiments différaient dans l’agencement et la hiérarchie de leurs contenus entre espaces de vie et espaces fonctionnels. Une dichotomie que Rem Koolhaas reprend dans un rapport entre « dark zone » et « free zone ».

Rem Koolhaas, «S,M,L,XL», The Monacelli Press, 1995.

La « dark zone » étant la partie technique du bâtiment où l’on retrouve les circulations, la structure, les conduits, les gaines, etc. La « free zone » étant la partie occupée par l’Homme, et l’espace qu’il pratique pour assouvir son destin persistant de collectivité. Idéalement, ces grandes machines possèdent mutuellement des «  dark zones  » et «  free zones  » dans des proportions relatives à leurs différents programmes. Mais il s’avère qu’il existe des machines événements qui ne sont que « free zone » et que l’on va devoir se munir de toute la « dark zone » le temps d’un événement, et des machines utilitaires qui ne sont que « dark zone », que l’on va souvent évider à la recherche de « free zone » au moment de leur réhabilitation.

Schéma fonctionnel d’un Concert Hall, tiré du «Neufert, Architect’s Data, 4th Edition»

Rem Koolhaas, «S,M,L,XL», The Monacelli Press, 1995. » « In the conventional solution – combining the claims of structure and services – the ducts that carry air to and from the center are hung from the floor, then hidden behind a false ceiling. This zone of darkness is further stuffed with equipment for lighting, electricity, smoke detectors, sprinklers, computers, and other building “controls.” The section is no longer simply divided by the discrete demarcations of individual floors: it has become a sandwich, a kind of conceptual zebra: free zones for human occupancy alternate with inaccessible bands of concrete, wiring and ducts ... Idealism vs. philistinism: the section becomes battlefield; white and black compete for outright domination. The dark zone is not only strictly “useless” for the future inhabitants of the building; it also become conceptually inaccessible to the architect, who has become an intruder in his own project, boxed in, his domain a mere residue of the others’ demands.»

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Diagram : Dualité "free zone"/"dark zone".

Diagram : Édifices 100% "free zone"/ 100% "dark zone".

100% "dark zone"

Pourcentage "free zone"/"dark zone" d’édifices XXL.

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- 1 - : 41 060 m2 : Plateforme du Bâtiment. - 2 - : 15 772 m2 : Centre Bus. - 3 - : 6 700 m2 : Supermarché Casino. - 4 - : 35 781 m2 : Le Parc des Princes. - 5 - : 11 015 m2 : Messageries 8e. - 6 - : 17 608 m2 : Philharmonie de Paris. - 7 - : 30 270 m2 : Cité des Sciences. - 8 - : 11 925 m2 : Le Centre Pompidou. - 9 - : 10 845 m2 : Palais Garnier. - 10 - : 40 304 m2 : AccorHotels Arena. - 11 - : 5 636 m2 : Le Zénith de Paris. - 12 - : 3 854 m2 : Le Dôme de Paris. - 13 - : 36 221 m2 : Grand Palais. - 14 - : 22 000 m2 : Pavillon 4, Paris Expo. - 15 - : 22 447 m2 : La Grande Halle.


"Le Mausolée". Situé au 19 boulevard de la Commanderie, à l’extrême nord du XIXe arrondissement, se trouve un supermarché désaffecté, implanté au-dessous d’un parking de deux étages, également abandonné (surface totale 40 000m2). «De 1992 à 1994, un magasin Rallye y occupe les lieux, puis, de 1994 à 2008, un supermarché Casino. Aujourd’hui les accès sont murés et le site est promis, si l’on en croit les avis placardés sur les murs, à une démolition imminente. Mais l’autorisation municipale date de 2008 et le bâtiment est toujours en place.»

Philippe Vasset, «La conjuration», Fayard, 2013.

Sous le périphérique, entre la porte de la Villette et celle de Pantin, la construction est régulièrement secouée par le passage des trains de marchandises et n’a, à priori, rien de remarquable. Bâti sur des principes structurels simples, solides, réguliers et répétitifs, le bâtiment souffre d’une obsolescence programmatique qui le conduit vers une destruction imminente.

Vue satellite : Le Mausolée dans le contexte urbain.

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Cependant, le bâtiment cache l’un des plus beaux temples sauvages de Paris.

Philippe Vasset, «La conjuration», Fayard, 2013.

« Tout l’intérieur, aires de stationnement incluses, a en effet été intégralement recouvert, entre septembre 2010 et avril 2011, de fresques abstraites par deux graveurs parisiens, Lek et Sowat. Sur des milliers de mètres carrés, ce ne sont plus que des tableaux votifs, calligraphies illisibles et enchevêtrements hypnotiques de lignes multicolores. Peintes sur des murs le plus souvent noirs de crasse et de suie, ces compositions immenses, parfois impossible à embrasser d’un seul coup d’oeil tant elles prolifèrent, suscitent chez le visiteur un puissant sentiment de sacralité.» A l’intérieur, c’est comme si l’on participait à une cérémonie urbaine et secrète, comme si ces frises parvenaient à littéralement manifester des forces inconnues, des formules que notre présence rendrait soudain opérantes et qui, à peine lues, auraient le pouvoir de susciter d’inexplicables phénomènes. Surnommé le Mausolée, cette construction apparaît comme un « contre musée  », une hétérotopie spatiale détachée de tous les codes formels qui régissent l’espace officiel.

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Vue satellite : Le Mausolée, son histroire.


Photos personnelles : L’extérieur du Mausolée.

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Photos tirées du livre «mausolée, résidence artististique» par Lek & Sowat : L’intérieur du Mausolée.

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Plans existants du MausolĂŠe.

Plan Sous-Sol, 1/1000.

Plan RDC, 1/1000.

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Plan R+1, 1/1000.

Plan R+2, 1/1000.

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Plan Toiture, 1/1000.

Coupe Sud Nord, 1/1000.

Coupe perspective Nord Sud, 1/1000.

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Axonométrie éclatée, sans échelle.

Maquette du Mausolée en l’état, 1/200.

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Perception de l’échelle XXL.

Comparatifs d’échelles par rapport à la surface au sol du Mausolée . - 1 - : 20 000 personnes par étage. - 2 - : 10 000 meubles de bureau par étage. - 3 - : 3 Boeings 747 par étage. - 4 - : 8 piscines olympiques par étage. - 5 - : 15 courts de tennis par étage. - 6 - : 1 terrain de football par étage. -1-

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Édifices XXL, entre accumulation et grande dimension. - 1 - : Bâtiment de transport. - 2 - : Bâtiment culturel. - 3 - : Bâtiment de production. - 4 - : Bâtiment tertiaire. - 5 - : Bâtiment commercial. - 6 - : Bâtiment événement. - 7 - : Bâtiment sportif.

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Le Mausolée entre Monument, Machine et Pavillon.

Maquettes, Applications littérales des stratégies appliquées normalement à l’architecture de l’événement pour combattre l’obsolescence, 1/1000.

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Outils et stratégies pour affranchir le Mausolée de son obsolescence.

Hypothèse 1 : Le « déjà-là » XXL, que faire d’un grand bâtiment abandonné ? Les comparatifs d’échelle et l’étude des différents programmes XXL ont révélé qu’un grand bâtiment peut être approché par une accumulation d’entités, ou alors par une entité de grande dimension. Il s’avère que pour l’une ou l’autre de ces deux approches, le facteur XXL, qu’il soit accumulation ou grande dimension, cherche avant tout le grand volume vide dans lequel il peut s’accommoder plus facilement et plus librement. Ce vide XXL devient alors un facteur de flexibilité indispensable à la durabilité d’un édifice de cette échelle-là, notamment face à l’obsolescence. Ceci explique pourquoi pendant les processus de réhabilitation, la plupart des grandes machines usuelles sont évidées avant d’accueillir un nouveau programme. Cette stratégie est possible grâce à un périmètre de structure autoportante. Conscients que notre bâtiment ne rentre pas dans cette dernière catégorie, notamment à cause de la densité structurelle de son système poteauxpoutres et de ses façades non-porteuses, nous sommes tout de même allés à la recherche de ce vide XXL dans ce contexte bien particulier nécessitant le développement de nouvelles stratégies. Diagramme d’une surface XXL vide entre accumulation et grande dimension.

Diagramme d’une surface XXL à la structure dense entre accumulation et grande dimension. Axonométrie décomposant les éléments architectoniques du Mausolée (1.intact, 2. sans façade, 3. uniquement la structure, 4.uniquement l’enveloppe).

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Diagrammes de stratégies d’implantations. - 1 - : Phagocytage. - 2 - : Injection. - 3 - : Forage. - 4 - : Emballage.

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Coupe longitudinale du Mausolée, 1/1000.

Coupe longitudinale avec translation des étages, 1/1000.

Coupe longitudinale où les étages existants deviennent des dalles habitées, 1/1000.

Coupe longitudinale montrant la relation entre les dalles habitées et les plateaux libres, 1/1000.

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Outils et stratégies pour affranchir le Mausolée de son obsolescence.

Hypothèse 2 : Qu’est-ce qui rend le vide possible ? Est-il possible de libérer le bâtiment de sa pure mono-fonctionnalité en créant une symbolique d’espace répondant au désir persistant de collectivité à travers l’événement ? Le bâtiment existant est réfléchi comme un bloc solide de technique, purement fonctionnel. Un assemblage de toute l’instrumentation et l’outillage qui peuvent être nécessaires pour un grand édifice-événement. Les nouveaux espaces-événement ajoutés (concert hall, salle de théâtre, arène sportive, espaces d’exposition…) seront définis par une absence de plein, à l’image de vides taillés dans ce monolithe fonctionnel contenant, entre autres, la structure, la circulation, les parkings, les espaces de stockage, et l’ensemble des équipements électriques, mécaniques et climatiques. Ces vides emballés ne sont alors rendus possibles que grâce à cette masse fonctionnelle dans laquelle ils flottent, à l’image de multiples embryons dépendant de leur placenta pour l’apport en eau, nutriments et dioxygène d’une part, et pour l’évacuation du dioxyde de carbone et des déchets métaboliques de l’autre. En partant du principe que tous les espaces fonctionnels seront assemblés dans le socle colossal de 40 000m2 déjà existant, il ne restera plus qu’à insérer les espaces de vie dans un rapport équitable entre « dark zone » et « free zone ».

Diagramme, poches de «vide-événement» taillées dans le monolithe fonctionnel existant.

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En poussant plus loin cette idée selon laquelle on viendrait intégrer des volumes vides renfermant un événement particulier dans le monolithe structurel existant, il devenait indispensable de déterminer des règles et des stratégies en conséquence. On a alors commencé, de manière presque spontanée, par se poser les trois questions suivantes : -Qu’est-ce qui permet l’utilisation d’un « vide-événement » possible ? -Qu’est-ce qui permet la vivabilité d’un « vide-événement » ? -Qu’est-ce qui permet la spatialité d’un « vide-événement » ? On s’est par la suite attardé sur la façon dont pouvait se matérialiser ces trois questions dans notre contexte particulier, pour réaliser que : - La question de l’utilisation du « vide-événement » se pose dans le rapport physique au socle qui possède toute la technique nécessaire au bon fonctionnement de l’espace événementiel (circulations, parkings, stockage…) comme on a pu le voir précédemment dans le rapport entre « dark zone » et « free zone »,

- La question de la vivabilité du « vide-événement » se pose dans l’orientation hors-socle de celui-ci, c’est-à-dire dans la façon dont il va réussir à s’émanciper de la ventilation et de l’éclairage artificiel du socle technique, à la recherche des spécificités météorologiques et climatiques indispensables à la présence de l’Homme dans ces espaces et à la manière dont il les utilise,

- Enfin la question de la réalisation spatiale de ce « vide-événement » se pose dans le caractère autoportant de la structure de celui-ci (charpentes, voûtes, coques, portiques…), permettant alors l’existence d’un vrai volume vide ininterrompu.

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Une fois ces trois approches mises en place dans le contexte existant, à savoir le rapport au socle, l’orientation hors-socle et la faisabilité du volume autoportant, on se retrouve très vite à devoir affronter la multitude de combinaisons possibles pour chacune d’elle. Devant cette infinité de variations, il semblait alors indispensable de spécifier la nature de ces « vides-événement ». Pour ce faire, nous les avons classés suivant trois grandes catégories que l’on souhaitait avoir dans notre nouvel édifice événement : -La typologie Théâtre, qui expérimente de façon générale cette architecture du spectacle entre audience et scène dans tous ses aspects, -La typologie Arène sportive, qui s’attaque à l’architecture du phénomène sportif entre discipline physique et événement populaire et social, -La typologie Galerie et Musée, qui va à la conquête de cette architecture d’exposition, de collection et conservation et tous les événements qui en découlent. Une fois tout l’outillage nécessaire en main, nous avons commencé à tester différents assemblages, aussi bien typologiques que morphologiques, tout en essayant de rester le plus fidèle aux différentes règles définies en amont.

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Diagramme, rapport au socle et orientation hors-socle pour la typologie Théâtre.

Diagramme, rapport au socle et orientation hors-socle pour la typologie Arène sportive.

Diagramme, rapport au socle et orientation hors-socle pour la typologie Galerie et Musée.

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L’envers du décor.

Entre production et consommation de l’événement. Interroger l’obsolescence de ce bâtiment dans ce contexte bien particulier amène à questionner nos choix de société et plus précisément celui de la logique du produire pour consommer. C’est pourtant bien la logique de produire plus pour consommer plus qui a permis la croissance exponentielle connue par nos sociétés dites modernes jusque-là. Reste que la multiplication des limites environnementales, sociales et même économiques de ce modèle révèle chaque jour un peu plus son obsolescence face aux défis climatiques et démographiques qui sont aujourd’hui posés collectivement à l’humanité. Parmi les pistes envisagées, il apparaît urgent de prendre la mesure de la raréfaction des ressources disponibles sur Terre. Ce questionnement invite à préserver les ressources brutes encore disponibles et donc à favoriser autant que possible le réemploi, autrement dit à valoriser ce qui pour beaucoup s’apparente aux déchets. Il est essentiel de souligner qu’en sacrifiant le consommer plus, on adhère à l’idée d’un consommer mieux (et non d’un simple consommer moins). Puisque la transition ne peut se limiter à l’alimentaire, ce projet souhaite appliquer ce changement de paradigme à un autre secteur emblématique de l’identité parisienne : l’événement. S’il est aujourd’hui aisé de consommer l’événement à Paris, les possibilités de production et de création de celui-ci sont restreintes et c’est souvent en première couronne que les espaces de production ont trouvé un second souffle (des ateliers d’artiste et/ou de production aux lieux de répétition). L’enjeu de cette réflexion est donc de suggérer qu’en alliant production et consommation au sein d’un lieu situé dans Paris intra-muros, il est possible de faire évoluer le rapport à l’événement. Le citadin ne serait plus seulement consommateur passif de l’événement, mais pourrait devenir « consommacteur ». L’événement apparaît d’autant plus intéressant à traiter qu’il inclut une production et une consommation qui peuvent être autant matérielles qu’immatérielles. On réactive notre bâtiment utilitaire obsolète grâce à l’événement que l’on voit comme un catalyseur d’activités sociales, pouvant rendre un bâtiment attractif et intensif, mais ça n’en fait pas forcément un bâtiment événement dans le sens commun du terme. Notre bâtiment se présente comme une machine XXL hybride qui donne accès à l’envers du décor de l’événement en général, dans une société où on est de plus en plus partisan du prêt à consommer, à porter, à visionner, tout de suite, partout et sans effort. C’est donc un bâtiment principalement axé sur la production de l’événement, mais qui prône le rapprochement des différences en intégrant aussi une

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accumulation d’espaces de représentation et d’événement de petite échelle (petits théâtres, petits music halls, petites galleries, salles de projections…), et qui interagi avec son contexte avant d’essayer de s’émanciper de celui-ci comme le ferait un bâtiment XXL. Le projet devient donc une accumulation de ces ateliers de métiers liés à l’événement, qui vont aussi bien produire des décors, costumes, luminaires, instruments et chorégraphies destinés à être exportés aux machines événementielles avoisinantes, qu’à être utilisés et exposés sur place dans les espaces d’exposition et d’événement mis à disposition. Ces derniers pourront être ouverts au public, tout en étant hyper-contextualisés en visant une catégorie d’événements souvent oubliée par les grandes machines de l’événement et leur frénésie programmatique à vide de rentabilité. Après une analyse du site (programmes avoisinants, évaluations de la fréquentation du quartier le jour et le soir), on s’est rendu compte que les machines événements présentes sont victimes d’une « hystérie de programmation », que l’on retrouve aussi un peu partout à Paris, faisant d’elles uniquement des machines de consommation d’événement engagées dans un engrenage effréné, les obligeant à sous-traiter toute la partie production, en dehors de Paris (montage, fabrication de décors, costumes, facture instrumentale...etc). Ce processus néglige totalement le contexte social et physique proche, notamment les petits artistes et tout les métiers de l’artisanat liés à la production de l’événement, que l’on retrouve éparpillés un peu partout dans le quartier, principalement à Aubervilliers et Pantin. Cette artisanat est en permanante recherche d’espaces de production pour répondre aussi à cette frénésie d’événements.

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La machine hyper-contextualisĂŠe.

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Liste des différents bâtiments de consommation d’événement présents sur le site.

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- 1 - : Argonaute, musée, 135m2 - 2 - : Cabaret sauvage, salle de concert, 600 places, 1200m2 - 3 - : Cité de la musique, musée, 10816m2 - 4 - : Cité des sciences, musée, 30 270 m2 - 6 - : Espace périphérique, arts du cirque, 635m2 - 7 - : La Géode, cinéma, 400 places, 310m2 - 8 - : Grande halle, centre d’exposition, 22 447 m2 - 9 - : Hall de la chanson, théâtre, 140 places, 282m2 - 10 - : Halle aux cuirs, accueil de compagnies de danse, 3000m2 - 11 - : Little Villette, centre d’exposition, 1000m2 - 12 - : Péniche Cinéma, cinéma en accès libre, places 250m2 - 13 - : Philharmonie de Paris, formations symphoniques, 17 608 m2 - 14 - : Théâtre Paris Villette, théâtre, 2 salles de 70 à 200 places, 1100m2 - 15 - : Trabendo (Folie R7), salle de concert, 700 places debout, 135m2 - 16 - : WIP Villette, résidences d’artistes et expositions, 500m2 - 17 - : Zénith, salle de concerts, 6290 places, 5 636 m2 - 18 - : Petite Folie (P5), ateliers ouverts au public, 180m2 - 19 - : Folie kiosque (L4), concerts en plein air l’été 150m2 - 20 - : Le nez rouge, bateau théâtre, places, 200m2 - 21 - :ABC théâtre, music hall, 50 places, 150m2 - 22 - : Les larrons, théâtre, 30 places - 23 - : Glazart, salle de concert underground 1500 personnes - 24 - : Paris event center, espace evenementiel, 41000m2 - 25 - : Banlieue bleue, salle de concerts, - 26 - : Salle Jacques Brel, salle de concert - 27 - : Studio bleu, salle de danse et de concerts, 2500m2 - 28 - : Les Goulus, compagnie de théâtre et spectacles, 1200m2 - 29 - : W Galerie, petite galerie d’art, 125m2


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Liste des différents pôles de production d’évenement.

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Présents sur le site :

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- 30 - : Urban Deco Concept, décoration, 90m2, 1008km - 31 - : Jean-Luc François, styliste, 22m2, 1007m - 32 - : Aroulraz Moïse, métalurgie, 12m2, 974m - 33 - : Atelier Ryokan, céramiste, 103m2, 955m - 34 - : Jean-Jacques Ruddy, métalurgie, 56m2, 949m - 35 - : Julia Chausson, décoration, 36m2, 923m - 36 - : Fanny Perret, décoration, 87m2, 874m - 37 - : Vanessa Mitrani, décoration, 49m2, 822m - 38 - : Anne C. Wirth, styliste, 16m2, 822m - 39 - : Mussa Balde, métalurgie, 23m2, 786m - 40 - : Mu-Emilie Griere, luminaires, 49m2, 811m - 41 - : Renaud Thiry, scenographie, 24m2, 805m - 42 - : Au tour des formes, céramistes, 33m2, 777m - 43 - : Julie Bergeron, céramiste, 35m2, 747m - 44 - : Atelier 3 les lissiers, décorations, 26m2, 704m - 45 - : Perron & Frères, designers, 57m2, 743m - 46 - : Atelier sauvage, ébenistes, 149m2, 828m - 47 - : Studio LWA, design graphique, 35m2, 1019m - 48 - : Alm Deco Mireille Herbst, décorations, 65m2, 1015m - 49 - : Atelier Bruce Cecere, métalurgie, 39m2, 1017m - 50 - : Gilles Thomé, facturation musicale, 148m2, 960m - 51 - : VLD Bettini et fils, métalurgie, 148m2, 768m - 52 - : Massoudy Hassan, décoration, 108m2,1017m - 53 - : Dimitri Xenakis, décoration, 1280m2, 1004m

Délocalisés de Paris : -1-: Fx Déco, objet factice, luminaire, maquillage, mobilier, décor, costume, 2300 m2, 14km -2-: Expérience production, scène, tribune, lumière, plateau TV, décor... 2100 m2, 13,5km -3-: Général décors, menuiserie, peinture, décor, 9000m2, 11km -4-: Förma, décor, sculpture, maquette, objet spectaculaire, 2300m2, 9,95km -5-: PSR/ Décors et structures, menuiserie, peinture, éclairage, couture, 8200m2, 6,22km -6-: Zig Zag Productions, sculpture, mécanique, évenementiel, animatronique, décor, 19000m2, 9,13km -7-: Scènes et décor, mobilier, fabrication sur mesure, concept, 4500m2, 3,41km

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Le bâtiment étant constitué de 3 différentes logiques structurelles, possédant plus ou moins de grands espaces, nous avons reparti le programme en veillant à avoir un minimum d’impact sur la structure existante: -Structure Portique: Uniquement quelques dalles et poutres seront retirées -Structure Périphérique: Les Poutres et planchers rattachés aux piliers sont retirés afin d’avoir une grande hauteur et uniquement les piliers du périphérique que l’on pourra « architecturer » par la suite. -Structure Poteaux/Poutres: Les dalles sont partiellement retirées. Etant donné que le bâtiment est destiné à la production, il était indispensable de réfléchir à la mobilité interne pour tout ce qui est flux humains et flux de matériaux. Pour ce faire, nous avons utilisé la circulation existante de l’ancien parking, initialement pensée de façon optimale. Cette circulation a permis de dessiner différents « îlots » sur le plan. Avec les îlots en périphérie du bâtiment qui s’émancipent partiellement de la façade à la recherche de leur contexte. Les différents îlots obtenus, en plus d’être associés à un programme principal en fonction de leur superficie au sol, se voient attribuer un noyau technique (contenant un bloc hygiène, un local technique…etc) et un ou plusieurs vides sous forme de perforations dans la dalle si besoin. En effectuant une analyse sur les coordonnées angulaires du soleil et sa pénétration à travers la façade, il s’est avéré que la lumière n’est pas diffusée à plus de 6m de la façade. Il était donc nécessaire de ponctuer la totalité des dalles du bâtiments de perforations. Ces vides que l’on vient creuser se présentent sous deux différentes catégories: -Les vides programmés, souvent liés aux espaces de consommation événement, sont de véritables poches d’espace disponible. -Les  vides non programmés, souvent utilisés pour viabiliser les espaces de travail, sont de véritables dispositifs climatiques indispensables au retour d’une présence humaine dans ces espaces d’un côté. Les premiers se présentent comme les futurs emplacements de nouveaux programmes d’événement, et les deuxièmes comme des conditions qui permettent au zones autour d’être programmées en restant fidèles à une certaine qualité spatiale. C’est donc autour de ces espaces que nos programmes entre production et consommation vont se déployer, avec un rez-de-chaussée principalement réhabilité en petits espaces expérimentaux  d’événements et les étages audessus principalement ateliers de production. Cette disposition ne cantonne en rien ces deux programmes à une ségrégation radicale de ces derniers, au contraire, les programmes entre production et consommation s’entremêlent, et sont disposés de manière à coexister en suivant leur nécessité en acoustique, lumière, et circulation.

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2

Outils d’analyse et diagrammes d’intention.

Analyse angulaire du soleil et sa pénétration à travers la façade. - 1 - : Azimut du soleil au soltice d’été. - 2 - : Azimut du soleil entre les équinoxes. - 3 - : Azimut du soleil au soltice d’hiver. - 4 - : Course du soleil et ombre propre du bâtiment. -1-

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-4Parvis

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6,5m6,5m6,56,5 m6,5 m m 6,5m

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- 1 - : Trois systèmes structurels

6,5m6,5m6,56,5 m6,5 m m 6,5m

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Répartir le programme suivant les différentes échelles, en veillant à avoir un minimum d’impact sur la structure existante. espace disponible

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2 Parvis

- 2 - : Circulation optimisée Parc

Notre bâtiment étant principalement destiné à la production, il était indispensable de réfléchir les flux internes pour la logistique matérielle. Nous avons donc principalement réutilisé les ciruculations verticale et horizontale de l’ancien parking qui étaient rentabilisées au maximum. Parc

espace disponible

1

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-2-

3

- 3 - : Création de différents îlots

Parvis

Cette circulation a permis de dessiner différents « îlots » sur le plan. Avec les îlots en périphérie du bâtiment qui s’émancipent partiellement de la façade à la recherche de leur contexte.

Parc

Parc

espace disponible

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2

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Parvis

- 4 - : Vides productifs.

Parc

Parc

Les différents îlots obtenus, en plus d’être associés à un programme principal en fonction de leur superficie au sol, se voient attribuer un noyau technique et un ou plusieurs vides sous forme de perforations dans la dalle si besoin comme ce qui suit: -Les vides programmés comme poches d’espace disponible. 4-Les  vides non programmés, comme dispositifs climatiques.

Parc

Parc

espace disponible

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4

3

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Plan Sous-sol.

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Plan RDC

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Plan R+1.

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Plan R+2

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Plan Toiture.

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Coupe perspective transversale.

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Axonométrie éclatée.

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L’Atelier métal.

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L’Atelier textile.

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L’Atelier Céramique.

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Vue Extérieure du bâtiment réhabilité.

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Lisses métalliques thermolaquées en tube 100 x 100 mm Bardage translucide en polycarbonate isolant double peau ép 74 mm

10

10

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Poteaux métallique thermolaqué en tube 250 x 100 mm

Mur existant en maçonnerie ép 300 mm Isolation extérieure ép 160 mm

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16

30 50

Pare Pluie Liteaux sapin traité ép 27 mm Bardage en plaques de bois-ciment ép 12 mm

Détail 1 Coupe Horizontale Raccordement Murs extérieurs existants et Bardage translucide polycarbonate - éch : 1/20° Détail Raccordement Mur Extérieurs Existants et Bardage Translucide Polycarbonate

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Détail 2 Coupe Horizontale sur Bardage translucide polycarbonate - éch : 1/20°

Détail Bardage Translucide Polycarbonate

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Vue Intérieure d’un espace d’expérimentation événementiel

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Vue Intérieure d’un espace d’expérimentation événementiel

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Relevé d'étanchéité ht 0,15 Isoaltion thermique des relevés ép 0,10 Relevé béton armé ép 0,15 Dalle béton armé ép 0,20 Poteau métallique section 0,30 x 0,15

Lisse métallique section 0,10 x 0,10 Bardage de façade translucide en polycarbonate Relevé d'étanchéité hauteur 0,15 Protection d'étanchéité en béton pour terrasse circulable Étanchéité bitumineuse Isolation Polyuréthane haute densité ép 0,24

Éclairage naturel du double volume Brise soleil amovibles en fonction de l'orientation

Lisse métallique section 0,10 x 0,10 Bardage de façade translucide en polycarbonate

Coupe sur jonction

Bâtiment existant et Détail Jonction Bâtiment Existant Extensions en Polcarbonate Extensions en polycarbonate

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140

Pilier béton armé soutenant le périphérique Section 1,00 x 1,80 ml Parois des voutes en staff (Plâtre à mouler armé de fibres végétales)

220

Supports de staff en "araignées" de fil de fer et plâtre

Détail 4 Coupe Horizontale Détail Piliers Béton avec Habillage Staff en Voûtes sur Piliers béton avec habillages staff en voutes - éch : 1/20°

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Vue Intérieure des dessous du périphérique

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Bavette Aluminium laqué ép 15/10° Mur existant en maçonnerie ép 300 mm Isolation extérieure ép 160 mm Pare Pluie Liteaux sapin traité ép 27 mm Bardage en plaques de bois-ciment ép 12 mm

Détail Menuiseries Extérieures

Détail 3 Coupe Verticale sur Menuiseries Extérieures éch : 1/20°

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Vue Intérieure d’un espace d’expérimentation événementiel

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Vue intérieure de l’atelier textile

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Maquette-coupe du bâtiment réhabilité

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Architecture de l'événement- Final major project  

After investigating the cultural events phenomenon in Paris, besides the large buildings the city equipped itself with over the last 100 yea...

Architecture de l'événement- Final major project  

After investigating the cultural events phenomenon in Paris, besides the large buildings the city equipped itself with over the last 100 yea...

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