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de tout mon corps. – Tu m’as tué. – Tu ne vas pas mourir, sale violeur, c’est pire que ça. Tu vas souffrir toute ta vie et tu en auras tellement honte que jamais tu en parleras. Sale journaliste de merde, je te l’ai déjà dit, tes articles sont de la vraie merde en papier! À partir d’aujourd’hui, je ne veux plus jamais te revoir, je te renie de la famille, tu n’es plus mon jumeau, plus mon frère, tu n’es plus rien pour moi, sale criminel, et tu dois payer. Malgré l’impossibilité de bouger la moindre parcelle de mon corps, je suis tout de même conscient de tout ce qui se passe autour de moi. Ces dernières paroles m’ont profondément abattu, mais je suis terrorisé à l’idée de ce que mon jumeau va faire de moi. *** On entre dans mon appartement, moi en sac de patates sur son épaule. Arrivé dans mon salon, il allume un feu dans la cheminée et y installe un fer. On reste là pendant une demi-heure à regarder le feu rougir le fer. Quand le fer devient rouge, Antoine disparaît, mais selon les pas et le bruit de couteaux qui s’entrechoquent, il doit être dans la cuisine à chercher, je ne sais quoi ni pourquoi. Il revient dans le salon muni de plusieurs serviettes et de mes

deux couteaux les plus tranchants. Que va-t-il me faire? Quelle souffrance! De la peur à l’état pur. La noirceur perle ses yeux d’un noir si opaque que rien ne peut pénétrer. Il m’assoit d’abord sur les serviettes, puis me déshabille. D’un coup violent, il me tranche le pénis. Le sang se met à gicler. Il prend un petit bout de bois, l’insère dans mon urètre avec le fer rouge qui brûle ma chair aux alentours pour la cicatriser. Pour ne pas que je me vide de mon sang. L’odeur de chairs brûlées me donne la nausée et je grogne en tentant de me débattre. Rien à faire : tous mes muscles m’ont abandonné. Il prend entre ses mains mes couilles, y fait une fente dans la peau et en sort les testicules qu’il se met à tirer. Je les vois en dehors de moi et, finalement, d’un grand coup, ils les arrachent et les jettent au feu. Ces dernières paroles résonnent toujours dans ma tête – Comme ça, tu ne violeras plus jamais!

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Profile for Suzanne Roy

Récits policiers  

Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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