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fumait papa. – Pense à lui, me dis– je, pour me calmer. *** Arrivé au parc, encore ce vide. J’ai l’impression qu’un froid intersidéral me suit et qu’une chaleur étouffante me précède. Plus je m’approche de la poutre, plus mon cœur bat vite. Oui, une poutre est installée dans le parc, ou plutôt un gros tronc d’arbre à 1.50 m du sol, rond et glissant. Le sang avait mal été nettoyé. On voit encore quelques traces qui laissent deviner la violence du crime. La puissance m’envahit de nouveau. Ce sentiment qui est le plus raffiné, le plus jouissif. Mais le maudit parc est vide. Je ne peux pas consumer ma puissance et ça m’enrage. Tiens, quelqu’un m’observe du coin de l’œil. C’est presque crédible, mais peu subtil. Je vais aller lui casser la gueule, ça va me défouler. Tiens, il porte un imperméable beige et fume la pipe. Il ressemble à la description que m’a faite mon frère du violeur. Sa pipe sent tellement bon qu‘un sourire me monte aux lèvres. Je m’assieds à côté. – C’est une belle nuit n’est-ce pas? lui

dis-je. – En effet, un calme plat, ça fait changement d’hier, dit-il avec une voix douce. – Vous étiez là hier? – Bien sûr, je fais ma promenade tous les soirs. – L’avez-vous vu, ce viol? Je lui demande, un peu inquiet. – Malheureusement non, je suis arrivé 30 secondes trop tard. J’ai vu cette pauvre créature étendue sur le sol et un homme qui courait dans la rue en s’enfuyant. – Pourriez-vous le décrire? – Mais, qui êtes-vous, monsieur? – Pardon, j’ai oublié de me présenter. Je suis journaliste pour la presse et j’enquête de mon bord pour savoir qui a commis ce crime horrible, lui dis-je en lui montrant ma carte. – Je suis désolé, je ne l’ai pas bien vu. La seule chose que je peux vous dire c’est qu’il est relativement grand avec un manteau comme le mien, qu’il avait l’air vieux et qu’un relent d’odeur de pipe flottait encore dans l’air. Le tabac était du Capitaine black jaune. Je ne sais pas si cela vous aide. Cette pauvre fille, elle avait le sang qui lui coulait au visage, elle pleurait à chaudes larmes et le désespoir se lisait sur son visage. De tout son corps, les jambes écartées et nues, le sang coulait. Mais là, ça me dégoûte trop pour vous en dire plus. Je ne crois pas de toute façon que cela vous aide et je ne veux pas que

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Récits policiers  

Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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