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de robe de chambre?

bre. Je n’en peux plus. Je monte sur le rebord de la fenêtre. La pluie continue Tu me regardes. Tu connais mon nom. de tomber. Elle tombe. Elle tombe. Je Tu es fâché contre moi. Tu es fâché! Je tombe. *** réalise brusquement ce que j’ai fait. J’ai assassiné. J’ai tué quelqu’un. Pour tes beaux yeux en plus. Je dois partir. Quelle affreuse journée ce fut. La belle Il le faut. Tu ne m’aimeras jamais. Qui Sophie a été assassinée, le beau Ralph pourrait bien m’aimer de toute façon. l’a vengée et le criminel s’est tué. Mes Je recule. J’ouvre ma porte tranquille- pauvres nerfs n’auraient pas pu en supment. Comme si de rien n’était. Tu vas porter davantage. Peu de temps après peut-être m’ignorer toi aussi. Me lais- le suicide de Pierre, l’électricité est ser continuer ma vie médiocre. J’en- réapparue et nous avons pu appeler tre dans mon appartement tranquille- la police. Elle est arrivée presque tout ment. Tu vois ma robe de chambre par de suite. Ralph leur a expliqué la situaterre. J’ai oublié de la ranger. Tu avan- tion. Les policiers ont emmené les deux ces vers moi. Tu veux prendre mon bras, corps. Après leur départ, mon beau mais c’est terminé. Je ne veux plus de Ralph m’a raccompagnée chez moi. toi. Va-t’en te dis-je! Va-t’en! Je m’en- Je lui ai fait du thé, il l’a bien mérité! gouffre dans mon appartement. Tu me Comme à l’accoutumée, il verse une suis. Je me dirige vers ma chambre. Tu larme de crème et de miel dans sa tasse me suis toujours. J’ouvre ma fenêtre. Tu et brasse le tout avec sa petite cuillère trois fois dans le sens des aiguilles d’une t’arrêtes. Je m’arrête. montre et trois fois dans le sens inverse. - Attendez Pierre. Pourquoi l’avez-vous Il boit la mixture en silence. Puis, il retourne dans son appartement sans dire tué? un mot, l’air sombre et l’œil hagard. Le - Parce que je t’aime. pauvre garçon! Il est si seul! - Mais je ne comprends pas. -Je voulais avoir ton attention. Elle commençait aussi à être intéressée par toi. Je ne pouvais pas le supporter. Je voulais avoir ton attention. Ne pouvant plus me contenir, j’éclate en sanglots. Ralph ne bouge plus. J’aperçois les autres locataires qui m’observent par l’entrebâillement de la porte. Leurs têtes se dessinent dans la pénom-

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Récits policiers  

Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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