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chez sa voisine. Le mari de Laurette attestait qu’elle était bien avec lui la nuit du vol. Ils étaient les seuls à détenir la combinaison du coffre-fort. Robert et Laurette avaient chacun leur clé de la pharmacie. Caroline n’avait pas de clé, étant une employée récente. Chacun d’entre eux savait que les caméras ne fonctionnaient pas cette semaine. Laurette avait besoin d’argent pour payer une thérapie à son mari. Quant à Caroline, elle aurait pu voler l’argent pour mettre à jour son grand rêve de devenir actrice et quitter le pays. Ne restait plus que Robert. Sa mère l’aurait couvert et il aurait ainsi pu toucher les assurances et s’en sortir un bout de temps. D’un autre côté, j’avais déduit qu’il ne gardait Laurette que pour qu’elle puisse s’en sortir avec son mari en dépression et je ne comprenais pas pourquoi il aurait fait porter les accusations sur mon dos. Tandis que mes pieds foulaient le sol, les rouages de mon cerveau fonctionnaient à plein régime. Parmi mes trois suspects, il n’y en avait aucun qui correspondait vraiment.

autre vol. Non, pas n’importe qui. La personne qui avait commis le vol devait nécessairement avoir, comme je n’avais cessé de me le répéter, une clé, la combinaison, et savoir que les caméras ne tournaient pas. Outre ça, il fallait avoir un mobile et un moment dans la nuit pour commettre le vol. Personne n’avait tout ça. Mais s’il y avait eu deux personnes d’impliquées dans ce vol de cinq mille dollars? Maxime me l’avait fait remarquer, mes clés étaient toujours au même endroit. Cette nuit-là, je m’étais endormie seule. Je revis Maxime entrer dans la pharmacie le jour du crime et parler à Caroline. Puis, Maxime me quittait comme dans une pièce trop répétée. Ce n’était pas encore le temps de retirer mes souliers de course. ***

Je rentrai chez moi. Maxime n’était plus là. Je vis mon sac à main comme à l’habitude sur la table de l’entrée, ouvert à tout vent. Il allait falloir que je retourne déposer ma clé à la pharmacie comme l’avait demandé Robert. N’importe qui aurait pu passer dans mon appartement, la prendre et commettre un

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Récits policiers  

Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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