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- Je suis désolé. Il faudrait que tu passes à la pharmacie me remettre ta clé. - Quoi? Enfin, Robert, c’est ridicule! - S’il te plaît, Marie. Il raccrocha et je restai au bout de la ligne, muette de stupeur. J’étais apparemment la suspecte numéro un pour un crime avec lequel je n’avais rien à voir.

me procurait également le sentiment d’être vivante. Je ne courais plus depuis que je travaillais puisque j’étais tout le temps fatiguée. Presque cinq ans sans courir, une éternité. Mon corps n’était plus habitué à un tel entraînement et étrangement, ma tête non plus. J’avais oublié à quel point je réfléchissais mieux quand je courais.

Oui, j’étais soupçonnée. Soyons honMaxime sortit de la chambre à ce mo- nêtes, j’étais apparemment la seule ment, les cheveux en bataille, tout jus- qui soit soupçonnée. Et pourquoi? te réveillé. Parce que j’avais fermé hier et ouvert aujourd’hui la pharmacie. J’avais donc - Est-ce que c’est vraiment nécessaire libre accès au coffre-fort. de crier comme ça? Et puis, tu ne travailles pas ce matin? Cependant, je n’étais pas la seule qui y avait eu accès. Laurette avait éviJe lui résumai brièvement toute l’his- demment la combinaison ainsi que toire. Caroline, qui, même étant nouvelle, devait souvent faire elle-même des - Mais comment on va tout payer dépôts puisque nous étions peu d’emd’abord? ployés. Même Robert aurait pu manigancer un vol comme ça pour toucher Honnêtement, je n’en avais aucune l’assurance et bien entendu, il avait la idée, mais pour le moment, il s’agissait combinaison. En plus, les caméras de du cadet de mes soucis. Il répéta sa surveillance étaient mortes cette sequestion, mais pour toute réponse, je maine. Les seules personnes au coumis mes vieux souliers de course et sor- rant étaient encore une fois, Laurette, tit. Caroline, Robert et moi-même. J’avais toujours aimé courir. Courir me donnait l’impression que j’avais les idées plus claires et plus nettes, hors de ma bulle d’éclairage artificiel de la pharmacie. Courir m’épuisait, mais

En courant, je me retrouvai devant une rue qui me disait quelque chose. Des Peupliers… C’était Caroline qui m’en avait parlé. Elle habitait là, elle m’avait même déjà montré une pho-

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Récits policiers  

Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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Récits policiers écrits dans le cadre du cours de Mythes littéraires Professeure : Brigitte Deslauriers Session : Automne 2009

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