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maison . art de vivre

Le domaine de la décoration, du design et de l’artisanat prend, en Tunisie, une ampleur de plus en plus conséquente ces dernières années. Notre pays a vu se développer les professions liées à ces domaines ceci s’expliquant en partie par l’essor des écoles des

REDACTION Directrice Amel SOUISSI-TALBI

Beaux-Arts mais également par un intérêt renouvelé

Rédactrice en chef Aurélie MACHGHOUL

pour ce qui touche à l’aménagement de nos maisons. D’autre part, notre artisanat et ses savoir-faire

Directrice artistique Ambre COURBOT-LUDWICZAK

qui se révèlent d’une grande richesse et d’une vraie diversité cherchent à se moderniser en innovant.

COLLABORATION Olfa BELHASSINE Alia HAMZA Monia RASSA-FILALI Hamma HANNACHI Mouna BELHAJ

Dans ce contexte, la société ABC qui publie la revue Archibat a depuis longtemps intégré des rubriques Art & Déco dans ses pages. Or, cet espace réservé

PUBLICITÉ Emna BEN ROMDHANE Zouhaira TALBI-REBAI

était devenu trop étroit compte tenu de la richesse de la thématique. L’idée d’y consacrer une revue s’est

SITE INTERNET Isabelle ADHOUM

donc imposée comme une nécessité. PHOTOGRAPHIES Ambre d∂M´ Nebras CHARFI Jacques PÉREZ Nicolas FAUQUÉ Mrad BEN MAHMOUD Fabrice PALACIO Patrick MARGUIER CORRECTION Edith FAVRE-GILLY ORTHOGRAPHIQUE

Edito

Tu n i s i e

déco

C’est le premier numéro de cette nouvelle revue trimestrielle que nous avons la joie d’introduire aujourd’hui. Notre souhait est bien de révéler la richesse de la décoration intérieure mais également de nous interroger et d’accompagner l’émergence d’une nouvelle

CONCEPTION ET Agence MIM REALISATION Tél. : (216) 71 950 344/330 IMPRESSION FINZI USINES GRAPHIQUES

vague d’artisans et de designers tunisiens. Notre ambition se situe aussi dans notre choix d’ouvrir de nouveaux horizons et d’offrir au regard international

Visa n° 2755

la création tunisienne.

Dépôt légal décembre 2008

Reportages de fond, largement illustrés par une iconographie originale et une mise en page exigeante,

Les articles publiés dans cette revue, et les idées qui peuvent s’y exprimer n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction interdits.

vous inviteront à découvrir au fil de ces pages des

ID déco est publié par ABC, Architecture Bâtiment et Communication, SA 19, rue 8300, Imm. Luxor I, br. M/2, Montplaisir 1073 Tunis

personnalité et le travail de nos créateurs et artisans.

Tél. : (+216) 71 844 467 – (+216) 71 842 185 Fax : (+216) 71 847 044

intérieurs traditionnels ou contemporains ainsi que la

Il s’agit d’offrir à un large public le magazine de référence de la maison et de l’art de vivre en Tunisie.

Email : redaction@iddeco.com.tn Site internet en construction : www.iddeco.com.tn Amel Souissi-Talbi

Ondes DOM (La Soukra)

Tu n i s i e

10

1


37

01

mars 2009

(Invitations) ambiance

6

(air du temps) talent

Karim Ben Amor

32

65

Dar fatma, (invitations) insolite 72

8 (air du temps) coups de cœur

Espace Sadika

La maison couleur

et Totem

tango

(émotion) patrimoine 80

10

(air du temps) révelations

12

(air du temps) atelier d’art

Shopping

Nuit des Temps (idées) ID escapade 85

26

Tisser du

rêve

Kairouan,

une tradition culturelle vivante (idées) ID lecture

(air du temps) invitation au Salon

16 Osez

le design

18 Salon

!

du

Meuble de Tunis 22 La Tunisie au Salon

Maison & Objet

(idées) ID verte 98

Quand la fleur se fait bijou… (idées) ID gourmande

100

L’asperge, princesse du printemps

(inspiration)

72 98

26 (Tentations) un détail de taille

La théière, 32 (Tentations) affaires de goûts Composition de tables

37 (art de vivre) sensation

Spas et

Déco by Casabo (inspiration)

107

le tour de la question

Hotte

inspiratrice (bonnes adresses) 110

merveilles

57 (invitations) intérieur

57

Transparences

Tu n i s i e

65

104

la leçon de déco

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Design Karim Ben Amor créer la différence et faire référence Sous des airs décontractés, un brin désinvoltes, Karim Ben Amor révèle un tempérament déterminé et passionné. Ce jeune homme d’une sincère simplicité multiplie ses engagements : designer, entrepreneur, enseignant…

Il vit dans l’effervescence de ses projets et de ses réalisations. Repéré par un agent artistique, il participe à la définition d’une cité design de luxe en Thaïlande où son luminaire "Light by light", éco-design, est promu. Cette prouesse technologique, une fleur de lumière nocturne qui s’épanouit en délivrant l’énergie solaire accumulée le jour, n’avait pas fait l’unanimité à l’époque. Certainement à cause de son avant-gardisme. Actuellement le luminaire solaire semble entrer dans les moeurs au point d’en devenir banal.

A la Biennale Design Saint-Etienne 2002, il intrigue avec son projet d’un espace de travail, "Workstation", bureaux suspendus qu’il expose pour l’occasion. Il est interrogé sur ce projet futuriste. De ces diverses rencontres naîtra une nouvelle collaboration qui conduira Karim à des créations utilisant une technologie de pointe : l’injection de polyuréthane. Ce procédé nécessite l’utilisation de moules dont la réalisation se révèle très coûteuse. C’est en Belgique que sa chaise "Ying&Yang" est réalisée, chaise dont il était possible de voir la déclinaison tunisienne au sein de l’Espace-Design de dardéco®, Salon de l’Ameublement et de la Décoration, du 19 au 28 décembre dernier. Une chance pour le visiteur. La détermination et la ténacité de Karim l’ont poussé à réaliser ce projet en Tunisie malgré l’inexistence actuelle de ce procédé. Une découpe à chaud de blocs mousse recouverts minutieusement restituait le rendu du projet. La volonté de Karim de prouver que son pays a tout à fait les capacités de se réaliser dans l’inventivité et la création est sans appel. Fervent militant du développement de la profession de designer au bénéfice de la préservation de l’identité tunisienne, de l’ouverture et de l’assise de nouveaux marchés, il pourrait se définir selon l’adage suivant, créer la différence et faire référence.

Un talent dans l’air du temps qui sent la tendance et la précède même. Il l’a prouvé avec son projet de fin d’études. Celui-là même qui lui a permis de toucher du doigt le rêve de sa vie :

Ses prouesses, son talent, ses projets, il a donc décidé de les réserver à son pays malgré un avenir prometteur ailleurs où le rôle du designer n’est plus à démontrer.

Tu n i s i e

Un rêve d’enfant le conduit à la fin des années 90 à poursuivre des études alliant art et technologie, esthétique et industrie : le design produit. Major de sa promotion à l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Tunis - ISBAT, il étoffe le champ de ses compétences à travers des expériences multiples. Mais c’est en France que son talent est sollicité. Il participe à la réalisation de luminaires et de tables pour les magasins BHV Paris dans le cadre des rendez-vous mensuels "Bricodesign" où carte blanche est donnée à un designer. La table COCHIN et son porte glaçons intégré appartiennent à cette série.

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dessiner une ligne automobile. Le concept de Car amovible est vite né sur le marché international. Rien d’étonnant si ce n’est que le projet de Karim ne correspondait, au moment de sa présentation devant le jury, qu’à une pure invention de son auteur !

Projet de luminaire « Light by light ».


© Noway

Projet de mobilier en mousse injectée « mouss’up ».

Projet de Concept Car « newstreet » à châssis rétractable.

Pour asseoir ce dessein et apporter une réponse globale à ses commanditaires, il crée sa propre agence de global design, Noway, en 2006 regroupant design graphique, design produit et architecture d’intérieur. Chaque corps de métier est indépendant mais une collaboration est souvent nécessaire pour certains projets d’où la présence de quatre permanents. Cet esprit de mutualisation, de synergie, ce concept pertinent ont permis d’intéressantes réalisations : aménagement intérieur du salon de thé MONARC à El Nasser ainsi que celui de la boutique Bë à El Manar 3. Karim constitue un réseau de compétences locales en capacité de réaliser de nouvelles gammes adaptées au contexte tunisien. Avec son collaborateur, Gilles Mach, Karim Ben Amor et l’agence Noway n’ont pas fini de faire parler d’eux. Ambre

Le designer Karim Ben Amor.

(air du temps)

talent


Série limitée ELEMENT(S) (Artiste Rym Karoui) (Galerie marchande, Carrefour) Assiettes décorées - © Nebras Charfi.

Shopping Révélations

Inspiré LOFT (Berges du lac - Tunis) Luminaire.

Décliné DRIBA (La Marsa) Banquette et décorations poissons.

Absolu EL MAKHZEN (Sidi Bou Saïd) Céramique de Zoubeir Sélima.


(air du temps)

révelations

Corolle

Marquise

Sensitives

Biosphèra mini

AMARANTE (Gammarth) Coupe lina martelé au poinçon.

ATTITUDE (Tanit Center) Luminaires.

SOUS L’ESCALIER (La Marsa) Décorations en raku.

ATTITUDE (Tanit Center) Luminaires design Giovanni D’Ambrosio.

Solidaire

Gourmets

TOUCHE FINALE (Menzah 6 - Tunis) Poufs puzzle.

AMARANTE (Gammarth) Couverts et porte couteaux martelés au poinçon.

SADIKA (Raoued) Luminaire en verre et métal.

Tu n i s i e

Oeil nocturne 11


Tisser du rêve

K

orba, petite ville tranquille dont on ne soupçonne pas qu’elle bouillonne d’activité à l’ombre des vergers en fleurs. Et pourtant, sous les orangers, derrière les bigaradiers, à l’orée des figuiers de barbarie, une intense activité industrielle se déploie, réussissant à ne jamais gâcher le paysage champêtre, ni polluer la petite cité balnéaire. Fortement tournée vers l’exportation, l’activité textile de Korba est une preuve éclatante que ce créneau en Tunisie, quand il relève d’un certain niveau, se porte bien.

Emblématique de ce parti pris – et de cette gageure remportée – Leïla Boufaïed a choisi, développé et imposé un atelier de passementerie aujourd’hui réputé dans le monde et qui porte haut et fort les couleurs de notre savoir-faire. C’est dans le Borg de pierres taillées, centré autour d’un jardin secret où les oiseaux viennent tenir compagnie aux artisanes, que se déploient les ateliers. A l’intérieur, des jeunes femmes aux doigts de fée

Tu n i s i e

tressent, nouent, torsadent et coupent des fils de

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soie multicolores. Un peu plus loin, sanglées sur des métiers de bois séculaires – on n’a jamais rien inventé de mieux affirme Leïla Boufaïed – d’autres jeunes artisanes tissent le support qui sera étoffé, garni, enrichi. Cette histoire qui se déroule sous nos yeux, histoire de fils mêlés de rêve qui iront un jour embellir palais et demeures, a débuté très loin de Korba. Leïla Boufaïed alors haut cadre de l’administration tunisienne, rencontrait en Belgique un couple de passementiers soucieux de léguer leur affaire et leur savoir-faire. La discussion s’engagea sur le mode de la conversation pour aboutir à un contrat en bonne et due forme : les Belges s’installaient une année entière en Tunisie pour former une équipe. Une maison de famille se libérant à Korba, on y installa les premiers métiers. Une première collection fut élaborée, présentée dans toutes les foires spécialisées et très vite achetée. Les commandes commencèrent à pleuvoir et l’affaire à grossir. On passe de 25 à 300 ouvrières. Un jour, dans un Salon, Leïla Boufaïed est contactée par la plus importante maison de passementerie européenne, la famille Declercq, passementiers de père en fils, qui fournit le monde entier depuis la fin du XIXe siècle.


© d∂M´

(air du temps)

atelier d’art


Osez le design ! Biennale Internationale Design Saint-Etienne Espace design Salon dardéco Le Kram En novembre dernier, la ville de SaintEtienne fêtait les dix ans de sa Biennale Internationale Design. En parallèle, la Société des Foires internationales de Tunis accueillait, en décembre, la 5ème édition du Salon dardéco® dont la véritable originalité consistait cette année en l’aménagement d’un espace Design. Deux événements abordant le design et soulignant, chacun à sa mesure, à quel point une démarche de ce type représente une humanisation des objets et un stimulateur d’échanges économiques et culturels. Accueillie au cœur de la Cité du design, la 6ème édition de la Biennale stéphanoise s’articulait autour d’une vingtaine d’expositions liées aux trois questions

centrales : Comment le design peut-il contribuer à faire évoluer nos modes de vie ? Comment le design s’associe-t-il à la recherche et à l’innovation ? Comment le design devient-il aujourd’hui un outil de développement économique ? Il était ainsi possible de découvrir les projets et créations de professionnels et d’écoles supérieures d’art issus d’une cinquantaine de pays : objets à âme valorisés par une approche très artistique du produit industriel côtoyaient objets quasi surréalistes révélant davantage un design d’idées ne manquant pas d’humour ou prototypes futuristes créés par des équipes de recherche design préfigurant nos habitations de demain.

Tu n i s i e

Côté tunisien, l’espace design de dardéco® était dédié à la présentation de créations inédites répondant à la tendance, de projets de recherche développés entre étudiants de l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Tunis et entreprises (partenariat Ecole/entreprise – Designer/entreprise), de scènes d’intérieur schématisant l’actualité en matière de décoration et de design. Cet espace visait la promotion de la profession de designer en Tunisie. 16

Guillem Ferram, Fauteuil étendoir - © Guillem Ferram.

Intel Magic Concept Device by Smart Design © Smart Design. Nokia - Téléphone concept Morph, Centre de recherche Nokia en collaboration avec le Centre de nanosciences de l'Université de Cambridge (Royaume-Uni), © droits réservés.


(air du temps)

invitation au Salon

© Designer : Yassine Mahfoud.

© Designer : Yassine Mahfoud.

Deux événements, l’un établi internationalement, l’autre créateur d’une dynamique importante, et un objectif commun : humaniser les objets de notre quotidien en leur donnant une dimension artistique, créer des ponts entre le monde économique et artistique et révéler l’importance stratégique du design et de sa valeur ajoutée pour l’entreprise. Lorsque l’on sait que la Biennale Internationale Design Saint-Etienne a été initiée par l’Ecole des Beaux-Arts de la ville comme l’initiative tunisienne, on se prend à rêver… A. Machghoul

Tu n i s i e

© Designer : Rym Moncer Photographie : Ambre.

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La Tunisie au Salon Maison & Objet Une belle relecture de l’objet artisanal Du 23 au 27 janvier 2009, le Salon Maison & Objet, à Paris, accueillait des milliers de professionnels de la décoration venus du monde entier « humer » les tendances de la mode maison pour les saisons à venir. C’est dans l’immense espace Ethnic, Chic, Mic, que les Tunisiens, designers et artisans, ont exposé leurs produits. Un accueil très favorable leur a été réservé. © Kaouther Maamouri - Photographie : Ambre.

De session en session, le Salon Maison & Objet qui tient chaque année deux éditions, une en automne et l’autre en hiver, s’affirme comme le rendez-vous incontournable où s’expriment librement les habitudes contemporaines, les évolutions esthétiques, stylistiques et technologiques qui accompagnent la production des objets du quotidien. Pour cela, Maison & Objet a développé plusieurs espaces dont, Ethnic, Chic, Mic. On y voit des objets de décoration inspirés de tous les ailleurs, de l’univers urbain et industrialisé aux plus lointaines terres du monde. Sont exposées ici et là des pièces surprenantes de mobilier et de l’art de vivre venues d’Inde, de Chine, du Japon, de Turquie, d’Egypte ou du Sénégal. Mais aussi de… Tunisie. En fait, depuis l’année dernière, la présence tunisienne sur le Salon se fait remarquer par la finesse et l’intelligence de l’offre ainsi que par la pureté et la noblesse des matériaux utilisés : le cuivre, le verre, l’argile, le bois d’olivier et de palmier, les fibres végétales… Et si l’image d’un produit tunisien de qualité émerge enfin, c’est probablement grâce aux fructueuses collaborations entre, d’un côté, des designers maîtrisant les attentes du marché et l’évolution de la mode et, de l’autre, les artisans détenteurs de techniques et de savoir-faire ancestraux. Ainsi le groupe des six artisans soutenus par le Famex - Fonds d’Accès aux Marchés d’Exportation - et réunis autour Photo ambiance : Le Salon Maison&Objet Porte de Versailles à Paris - © A.Narodetzky.


(air du temps)

Plus loin, on retrouve sur le stand de l’Office national de l’artisanat Sadika et Héla Chadi. Les deux créatrices s’expriment chacune à travers son matériau de prédilection : le verre soufflé pour la première et le malti (toile de Malte) pour la seconde. Toutefois, les deux ne cessent d’expérimenter de nouvelles pistes esthétiques. Sadika exposait de superbes luminaires en forme de siniya (plateau) incrustés de boules en verre de couleur rouge, des coupes aux pieds métalliques et de grands vases où verre et cuivre sablé se marient. Ses diverses pièces pour art de la table sont devenues de vrais classiques ici. Héla Chadi, elle, s’est inspirée pour la broderie de sa dernière collection de nappes, chemins, sets de tables et coussins des arabesques du fer forgé des ferronniers tunisiens. Amoureuse des détails, tels les petits pompons rouges qu’elle coud à la lisière de ses articles, Héla Chadi redonne noblesse à un tissu brut, invisible, avec lequel les housses de carcasses de divans sont confectionnées. A quelques mètres de là, le même souci du détail se retrouve chez Fuchi-ka. Une marque derrière laquelle se cache un couple connu au départ à travers le prêt-à-por-

ter féminin haut de gamme, Zeineb et Salah Sfar, et montée avec la complicité de Philippe Xerri. Du décor de leur stand se dégage une ambiance rétro, de déjà vécu - eux qui aiment tellement évoquer les époques berbères, andalouses et beylicales - dominée par les couleurs ocre, blanc cassé, brun. C’est à partir d’une ancienne photo de la zaouïa de Sidi Brahim Riahi, dans la médina de Tunis, qu’ils ont choisi le thème de leur espace. Ils se mettent alors à traiter tous les bois tunisiens qu’ils utilisent, l’olivier dans toutes ses variétés, le palmier et le frêne, à travers la technique du sablage. Cette dernière fait ressortir toutes les veinules de la matière et imprègne aux objets la marque du temps. Citons parmi les pièces les plus belles et les plus étonnantes parce que les plus décalées, un lit de repos dont les pieds sont en branches d’olivier. Ainsi, Salah et Zeineb Sfar

© Salah et Zeineb Sfar.

réinterprètent à leur manière, selon leur histoire et leur culture, le courant fantastique, voire surréaliste, apparu au Salon depuis la saison dernière. Ce qui fait de ce couple, tellement rigoureux dans ses recherches et inspiré dans ses intuitions, un duo de designers définitivement dans l’air du temps.

Olfa Belhassine

© Kaouther Maamouri - Photographie : Ambre.

© Salah et Zeineb Sfar.

Tu n i s i e

d’un projet baptisé « Carthage » a profité des conseils avisés d’Yves Marbrier, directeur artistique de Maison & Objet, et d’Ibtissem Kammoun, conseillère en exportation et coordinatrice du groupe. Avec un coloriage original, des rayures aux tons pastel, la dernière collection de fouta de Mina a séduit plus d’un notamment par sa fraîcheur. Surprenants, sont ses margoum brodés au lurex. Sa voisine, Kaouther Maamouri (El hanout) continue à travailler sur les mille et une variations du thème du couffin et sa nouvelle ligne en cuir métallisé, tressé au fil d’or et d’argent et en poils de chèvre, intéresse beaucoup de magasins en France. Meriem Besbes explore depuis quelques années avec beaucoup de bonheur le haik, une laine fluide et lourde qu’elle aime teindre aux mélanges de plantes locales, essentiellement du henné et de la garance. Ses châles et tissus d’ameublement sont imprégnés de douces harmonies de couleurs naturelles : dégradés de beige, marron et vert bouteille.

invitation au Salon

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Concepteur : Tarek Kamoun


© d∂M´

(Tentations)

un détail de taille

La

théi re, tunisienne ?

Belles rondeurs aux éclats d’ocres naturels ou finement rehaussées d’émaux de Nabeul, tailles élancées, galbes sobres, finement ciselées par d’habiles orfèvres ou tout simplement fonctionnelles, humbles dans leur quotidienneté ou décoratives à souhait, la variété est de mise au pays de la théière « tunisienne ». Terre, inox, cuivre, argent, recouverte ou non d’étain, de nickel, d’émaux, de laque de Chine ou ornée de nacres, la diversité des matières semble également la symboliser, à tel point que l’on se demande bien ce qui la caractérise. Elle existe sur le net, se propose sur e-bay mais qu’en est-il ? La théière tunisienne a-t-elle ses spécificités ?

« Un bien d’humble personne » Moncef Ghachem

Le célèbre thé du Café des Nattes est concocté au cœur d’une théière proche de la bouilloire, d’une touchante simplicité. Ce modèle se retrouve d’ailleurs au Café Sidi Chabaane de Tunis ou dans les mains du vendeur de thé ambulant de la médina.


Composition de tables

Tu n i s i e

la nature s’invite


© d∂M´

(Tentations)

affaires de goûts

Passé l’hiver, la nature s’éveille comme nos envies d’ouvrir largement nos maisons pour recevoir. Fleurie dans des tonalités écrues et ocre pour des repas familiaux, parée d’or et d’ivoire ou agrémentée de surprenantes compositions de légumes pour des déjeuners entre amis, rehaussée d’argent et de roses anciennes pour des dîners romantiques, ce printemps, la nature s’invite à nos tables.

Zina,

Fraîcheur et ethno design Table : nappe, assiettes,bougeoirs, lanterne, service à thé, divers éléments en céramique : Zina boutique / Vase multisoliflor : Tsé Tsé associés / Lampe Gucci Prestige - Vitra / Chaise Starck, Loft / Gâteaux “mlabess” : Patisserie Masmoudi / Tableau : Emmanuelle Blanc-Temimi.

Artyshow,

Zen attitude

Tu n i s i e

Table : assiettes-gobelets-carafe : Atelier ABC Bel’Art - Tajine et coffret : Lézard Rouge pour Artyshow Couverts : Elément(s) / En deuxième plan, sur le coffre blanc : vase déco terre cuite : Slim Gharbi - vase émail craquelé : Sémia Achour / Table et armoires : François et Lilia BERNARD, Alpha Métal Design / Composition Florale : Côté Parc / Tableau : estampes de Hedi Gooba.

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Cynthia,

Plaisir d’accueillir Table : fleurs : Casabo / couverts : Promodar / assiettes blanches et porte-bougies : Art & Décoration / sous plats, verres, grand vase en verre soufflé : Sadika / Objets en os, assiettes à pain, sel et poivre, verres en os, bouteilles, saladiers, panier : Fuchi-ka / Tableau : Rym Karoui.

Mises en scène,

Originalité et chaleur

Tu n i s i e

Table : Mises en scène / Service de table et couverts : Elément(s) / Décoration florale (centre de table et ronds de serviette) : Khima Concept - Décoration : Saloua Belkhodja.

34


Tu n i s i e


m


© d∂M´

(art de vivre)

sensation

Spas et

erveilles

Alors que le spa est devenu tendance et que le moindre hôtel s’enorgueillit de proposer du spa à tout va, il nous paraissait important de faire le tour de la

qu’est-ce qu’un spa ? Qu’y fait-on ? Quelles sont ses caractéristiques ? Ces habitudes nouvelles s’ancrent-elles dans nos traditions ? Il nous sem-

question :

blait également intéressant de nous questionner sur ce que l'architecture et le design peuvent apporter à ces espaces bien-être. Et parce que notre revue est là pour vous faire rêver nous vous proposons de voyager à travers la découverte de cinq spas tunisiens.

A y réfléchir, depuis l’Antiquité, les eaux ont toujours été connues et célébrés pour leurs vertus hygiénistes et thérapeutiques. Les Grecs leurs prêtaient des pouvoirs magiques et installaient lieux de culte et de traitements près des sources. Les Romains y font ériger des thermes. A Carthage, ceux d'Antonin situés sur plus de quatre hectares constituent le plus vaste ensemble thermal construit sur le sol africain. Et ce n’était pas le seul établissement de ce type dans la cité puisqu’une dizaine d’édifices a été dénombrée. De même, Zaghouan est fréquentée depuis l’époque romaine pour les vertus thérapeutiques de ses eaux. L’empereur Adrien y faisait ériger un Temple des Eaux au IIème siècle après J.-C. L’eau possède également une forte symbolique dans les grandes religions. Dans notre culture arabo-musulmane, elle occupe une place prépondérante de par sa valeur intrinsèque pour une civilisation qui s’est surtout développée dans des pays désertiques mais aussi par la symbolique très précise qu’elle véhicule.

Traditionnellement, le lieu de l’eau et de la détente par excellence est le hammam. Il constitue un lieu de purification et de recentrage sur soi important. Proche d’un lieu de vie communautaire, il reste encore aujourd’hui un lieu privilégié de détente et de confidences. Les Ottomans développèrent le hammam à travers le bain turc que les Orientalistes au XIXème siècle ne cessèrent de célébrer à travers leurs œuvres. En Europe, passée l’époque romaine qui a vu fleurir les grands établissements thermaux tels ceux de Caracalla à Rome, c’est le XVIIème siècle qui voit l’essor du thermalisme tel qu’on le connaît actuellement et c’est vraiment au XIXème siècle que les villes d’eau s’épanouissent. Dans ce contexte, la ville de Spa en Belgique connaît une telle renommée que son nom se transforme en nom commun : spa en anglais signifie en effet « station thermale ». C’est cette appellation qui a été reprise internationalement pour définir l’enceinte de la détente et du bien-être tant à la mode de nos jours : le spa. Une autre explication consiste à associer le terme spa à la contraction latine de « sana per aquam ».


Actuellement, un spa définit à la fois les centres de remise en forme où il est associé au bien-être et à la beauté et les bains à remous, plus connus sous le nom de jacuzzi, du nom de leur inventeur. Dans les deux cas, l’eau et ses bienfaits constituent le dénominateur commun. Dans le cadre de notre dossier, nous nous attacherons à traiter plus particulièrement des spas en tant que centres de bien-être et non du spa individuel.

Le spa est la version moderne anglo-saxonne du centre de balnéothérapie. On peut dire qu’il s’agit d’un concept voisin du centre de thalassothérapie haut de gamme, la partie paramédicale et les vertus de l’eau de mer en moins. Cependant, ce nouveau concept n’a pas encore trouvé sa définition officielle et la profession n’est pas encore structurée. Par conséquent, il n’y a pas de critères de qualité précis pour définir un spa.

Le spa est un endroit destiné à la détente et au repos mais aussi à la méditation. Il est caractérisé par une démarche qui envisage l’être humain dans sa globalité.

Certains initiés au spa parlent de ces établissements non pas en tant que lieux mais en tant qu’expérience quasi ritualisée. Cette dernière commence donc dès l’entrée dans l’établissement grâce à l’atmosphère qui doit permettre de réveiller tous les sens : essences naturelles diffusées, lumières tamisées, matières, couleurs et matériaux apaisants ou vivifiants, musique zen. Une fois installé, huiles, crèmes onctueuses, galets chauds, etc. poursuivent cet effet multi sensoriel.

Le concept est fondé sur l’idée que

santé et bien-être passent exclusivement par l’harmonie du corps et de l’esprit.

Tu n i s i e

Il existe un certain nombre de composantes du concept spa. L’eau est au cœur des soins et traitements auxquels s’ajoutent les massages, la nourriture, l’exercice physique, le travail de méditation pour réconcilier le corps et l’esprit, l’esthétique, l’environnement ou l’éducation à une hygiène de vie.

Amarante

Les soins s’ordonnent en protocoles précis, chaque geste en amenant un autre, avec une fluide régularité. Etape par étape, l’esprit et le corps apprennent ainsi à se régler sur un rythme différent du monde extérieur. Pendant une, deux ou trois heures, le client d’un spa ne se consacrera exclusivement qu’à son bien-être. L’enchaînement des soins et des gestes le préparant à "lâcher prise". Il s’agit au cours d’une séance spa d’évacuer les tensions accumulées, non seulement sur le plan physique, mais aussi au niveau émotionnel.

Zina


En ce sens, le rituel permet une régularité et un apaisement progressifs à travers une série d’étapes que l’on peut détailler ainsi : l’accueil, le bain de vapeur, le gommage, les applications, le massage, le bain et le repos. A chacune de ces étapes est associée une fonction - se mettre en état de, éliminer les toxines, exfolier la peau de ses cellules mortes, se soigner, se débarrasser des tensions nerveuses, se détendre, se reposer - et met en scène différents accessoires et produits de soins. Chaque client d’un spa se voit remettre à l’accueil fouta de hammam, paréo, peignoir, gant de gommage, skippers, sandalettes ou crocs. En fonction des établissements, ces accessoires se déclinent à l’envi et sont même l’objet de création mode. Les substances utilisées pour exfolier la peau lors du gommage et des applications donnent lieu à toutes les expérimentations, des plus traditionnelles aux plus exotiques : sels marins, noyaux d’abricot, céréales, cassonade des vignes, graines de pavot, algues, miel, cannelle, épices, boues, tfal, ghassoul mais aussi noix de coco, poudre de chocolat, pâtes aux herbes et gingembre ou crèmes au poivre et piment rouge! De la même manière, le recensement des massages au cours desquels s’établit un véritable échange d’énergies entre masseur et massé est toute aussi impressionnant. Le choix d’une technique de massage n’est donc pas anodin et la terminologie est en elle-même un voyage autour du monde : massage californien, massage

ayurvédique, massage aux pierres chaudes, massage aux pochons d’herbes, massage sous perles d’eau, shiatsu, massage à quatre mains, massage tonifiant, massage relaxant, réflexologie plantaire… Huiles parfumées, huiles essentielles ou tout simplement huile pure d’abricot, d’argan ou d’olives apportent à ces séances leur délicat parfum et leur vertu thérapeutique. Dans cette surenchère terminologique, on finit par se noyer… Et ces lieux que l’on associe, a priori, au luxe se transforment parfois malheureusement en supermarchés du bien-être où tous les abus sont permis tant au niveau du personnel que des produits contenant « paraben », colorants et conservateurs en tous genres. Heureusement certaines gammes comme certains spas savent se distinguer en proposant des produits naturels de qualité respectueux de notre santé et de l’environnement. Une réflexion concertée sur la manne que représente le tourisme du bien-être s’avère nécessaire. Côté décoration, architectes et décorateurs conçoivent et décorent ces antres du bien-être de manière à créer des espaces aux ambiances feutrées, d'inspiration naturelle, ultra-design ou orientale. Ils se font alors fort d'atteindre l'équilibre parfait entre soins et décor et l'attention portée à l'architecture montre à quel point notre environnement importe à notre confort. C’est dans cette optique que nous vous proposons de découvrir cinq spas tunisiens en espérant qu’ils vous invitent à la rêverie et constituent un moyen de détente à part entière.


(art de vivre)

sensation

Les Bains

Berbères Ta m e r z a P a l a c e © Nicolas Fauqué

Tu n i s i e

Ouvrant ses portes tout récemment, à la fin de l’année 2008, le spa du Tamerza Palace revendique une identité forte ancrée dans le cadre d’exception qui l’accueille, l’oasis de montagne de Tamerza. Les Bains Berbères dédiés au bien-être et à la détente se répartissent autour du hammam central en quatre grands espaces. L'équipe d'architecture et de décoration (Fouad Elleuch, Hervé Pouzet des Isles et Fouad Gati) s’est fait fort d'atteindre l'équilibre parfait entre soins et décor en s’inspirant de la tradition berbère et des matériaux locaux (kedhel, bois de palmier…). L’architecture largement tournée vers la nature austère qui l’accueille s’en fait l’écho. Piscine à débordements surplombant l’oasis et son village berbère abandonné, salles de massage avec vue, travail coloré de la lumière, notes olfactives aux senteurs de Tunisie (menthe fraîche, néroli…), ambiance musicale inspirée du répertoire local…. Ce spa veut se démarquer. Les soins proposés (rituel du désert, pureté berbère, les pétales de la

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rose des sables…), inspirés de traditions ancestrales, sont autant d’invitations au rêve. Revêtu de son peignoir ou de sa fouta de hammam créés spécialement par le styliste Slim Achour et dont les couleurs ne sont pas sans évoquer les chaudes tonalités du tadelakt des murs, le visiteur accède au hammam, gommage, enveloppement, douche du désert, bain, massage, repos…

Tout est mis en œuvre pour que ce dernier

vive un vrai rituel spa et

qu’il ressorte le sentiment d’avoir vécu une expérience unique.

Tu n i s i e

L’architecture et les matériaux locaux ont inspiré l’agencement et la décoration des Bains Berbères.


The Garden

Spa

Sheraton Tunis Hotel and Towers Ce spa urbain constitue un véritable espace de détente au cœur de l’agitation tunisoise. L’esprit et le corps y apprennent ainsi à se régler sur un rythme différent du monde extérieur. Clientèle d’affaire de l’hôtel et abonnés se croisent dans des espaces multiples aux volumes spacieux et oublient pour quelques heures les pressions de la vie quotidienne.

Pochons d’herbes aromatiques pour massage relaxant.

Depuis 2003, date de son ouverture, The Garden Spa propose sur deux niveaux articulés autour d’une rotonde centrale : un espace forme comprenant une vaste salle de sport bien équipée, une piscine couverte avec stations et une piscine extérieure ; un espace esthétique et un espace balnéothérapie. Hammam, sauna, douches à affusion ou à jet, soins amincissants et une large gamme de massages, tout est mis en œuvre pour apporter le maximum de détente.


La spécificité du massage aux pierres chaudes est d’utiliser des galets chauffés puis appliqués sur les points énergétiques.

Fraîcheur des coloris pour ce spa de ville où la nature s’invite.

Le Sheraton Tunis Hotel and Towers a confié récemment à Samia Mestiri-Douik, coach en décoration et gérante de la société Trendart, une mission de décoration et réaménagement de l’espace. L’intérieur aux tonalités vert anis, turquoise et marron ainsi que l’utilisation de matériaux naturels (galets, coquillages, bambous, feuilles de palmier…) confèrent à l’ensemble sérénité et harmonie. Certains objets ont été intelligemment customisés pour donner naissance à de nouveaux éléments décoratifs. Les espaces détente aménagés autour de tables rondes au tressage de rotin ainsi que les cabines de massage aux murs desquels éclosent les fleurs séchées sont de véritables invitations décoratives à la détente.

Tu n i s i e

Ambiance feutrée pour cette cabine de massage habillée de safran et d’orangé.

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© d∂M´

(invitations)

intérieur

Transparences Epure des lignes et

fluidité

des espaces pour

cette maison de ville.

De la rue où elle interpelle le passant, cette maison bâtie dans les années 80 et complètement ré agencée récemment par le cabinet d’architecture d’intérieur de Mohamed Bousslema, s’affirme définitivement contemporaine. La simplicité de ses structures et de ses volumes anguleux blancs est soulignée par le portail d’entrée minimaliste strié d’horizontales chocolat que rehausse le grès au sol décliné dans la même tonalité. L’ambiance est donnée : géométrie des volumes, ligne épurée, transparence du verre, jeux de lumière. Le pavement de grès Porcelanosa® style plancher se poursuit jusqu’à la porte d’entrée et guide le visiteur jusqu’à elle en l’initiant subtilement à la déclinaison chromatique intérieure. Passée la porte, le jeu des formes cubiques se décline à présent en pistache et chocolat. Le salon, salle à manger ainsi que le petit bar, espaces largement ouverts, accueillent un ensemble de meubles Roche-Bobois choisis avec passion par les propriétaires raffinés. L’anecdote est que ces meubles n’ayant pas été choisis pour être destinés à cet espace, ce dernier a été repensé en fonction d’eux. Le résultat est surprenant, le dialogue parfait.

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Le rouge d’un tapis de sol végétal ou de l’étoffe habillant l’assise des tabourets de bar rehausse les tonalités wenge du canapé en cuir, de la table basse yin-yang ou du bar "virgule" laqué noir. Le coin salle à manger est habilement séparé du salon et de l’entrée par une maçonnerie géométrique habillée de bois ou d’un revêtement fibre d’intissé couleur crème.

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L’ambiance est donnée :

géométrie des volumes, ligne épurée, transparence du verre, jeux de lumière.

Composition florale : Stefan de Floralies.


Tu n i s i e


il me fallait

retrouver

mon passĂŠ!


Invitations (Invitations) ambiance © d∂M´

Dar

fatma, une maison d’hôte contemporaine au riche passé historique La nouvelle maison d’hôte, Dar Fatma, est perchée sur les hauteurs du village, loin des rues bondées de touristes dans une des plus belles ruelles de Sidi Bou Saïd, à proximité du phare du village. Le concept choisi allie sobriété, confort et authenticité. « Dar Fatma vous accueillera et vous fera goûter à la quiétude et à l'art de vivre tunisiens. » Dans les chambres où le blanc domine, la magie d'une maison arabe s’allie harmonieusement à l'authenticité d'une demeure ancienne et aux exigences du confort contemporain. Le choix des matériaux et des couleurs s’est porté sur des éléments sobres issus du patrimoine tunisien. Ainsi le carrelage de Thala côtoie les céramiques anciennes qui pavaient la maison d’origine.

Tu n i s i e

Chaque demeure a son histoire et il paraissait important aux propriétaires des lieux de préserver au mieux ce passé.

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Pour Amel, propriétaire des lieux et tunisienne de naissance, un « retour aux sources » à un moment de sa vie devait faire partie de son parcours. « Il me fallait retrouver mon passé ! ». Aidée de son mari architecte d’intérieur, Patrick Marguier, la mise en œuvre de ce projet est la concrétisation d’un rêve.

Le choix de Sidi Bou Saïd, un des Une certitude car

plus beaux villages de Tunisie ?

terre de lumière, d'Art et de Culture. « Ici, le temps n'a plus cours… le futur peut côtoyer le passé dans une parfaite alchimie, pour savourer le moment présent de cette escale de charme, de culture et d'histoire. De la musique à la peinture, les artistes trouvent l’écho que nous avons également trouvé dans ces maisons dispersées au hasard de ruelles tortueuses et qui combinent l'architecture arabo-andalouse à la blancheur éclatante », nous révèle Amel. Pour les besoins techniques liés au passage des canalisations, le carrelage de toute la maison a été récupéré et constitue à présent le revêtement des communs. Il s’agit de ne pas rompre symboliquement avec le passé car acquérir cette vieille demeure c’était poursuivre l’histoire dans le respect de l’architecture.

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Chaque chambre invite à la rêverie d’antan tout en offrant un confort très actuel. « Mouna », « Sara », « Léa »,

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Tu n i s i e


La maison

couleur tango


Š Nicolas FauquÊ

(invitations)

insolite


Les maisons que l’on où

a aimées,

l’on a été aimé dégagent

une étrange alchimie : celle des maisons

heureuses mais aussi

celle des demeures que l’on ne peut pas quitter impunément.

Hélé Ben Ammar Béji, écrivaine, était née dans cette demeure de la Médina qu’elle a si joliment décrite dans son premier livre, L’œil du jour : une maison de famille où les murs racontaient les histoires du temps passé où le quotidien relevait davantage du spectacle que du domestique et où la mise en scène des jours et des nuits constituait à elle seule un théâtre imaginaire qui subjuguait la petite-fille. Cachée dans l’ombre d’un sedda à l’abri d’une grand-mère tutélaire, elle regardait se jouer le théâtre des jours, celui où tous les imbroglios étaient possibles et où les habitants du quartier jouaient tous leur rôle. Et puis un jour, l’enfant de la maison partit pour d’autres horizons, d’autres maisons, d’autres théâtres. Un métier qu’elle aimait, une famille heureuse, une vie sociale riche et enrichissante, Hélé Béji se croyait exorcisée, loin de la maison première, celle dont, mais elle ne le savait pas encore, on ne peut se déprendre. Car on ne sait pas de quoi sont capables de telles maisons, qui, plus qu’une demeure, sont en fait un univers mental, un environnement sentimental, un ancrage, un terreau.


Un mal être inexpliqué, une insatisfaction injustifiée, et puis, comme une évidence : il fallait rentrer à la maison. Le retour se fit dans la discrétion et la précipitation. Sans en parler à personne, de peur de voir sa famille crier au fou, à l’inconsciente, Hélé Béji campe dans la demeure abandonnée et convoque son voisin architecte qui avait grandi, lui aussi, sur la petite place. Et partageait donc son amour irraisonné et irraisonnable des lieux. Une fois qu’elle eut cassé les cloisons, percé les plafonds et que ce fut irréversible, elle informa la famille au grand complet de sa décision : remettre la maison en état et y vivre. Bien, on cria au fou, à l’inconsciente. Elle, bien au contraire, était tout à fait consciente de la gageure et se prépara… pour quatre années de poussières et de migraines.

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Elle ne touche pas au patio, si rare dans la médina, où, dans un échevellement de verdure, «se penchaient un bananier, un mandarinier, un ciel».

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Kairo

Tu n i s i e

culturelle


© d∂M´

(idées)

ID escapade

La construction des bassins de récolte et de stockage de l’eau révèle l’avancée des connaissances scientifiques des arabes du IXe siècle.

ouan, une tradition

vivante

C’est au petit matin quand la douce lumière caresse la cité aghlabide qu’il est bon de découvrir ou redécouvrir Kairouan. En arrivant du sud, la route rougit l’été des guirlandes de piments mis à sécher au soleil ardent. Par le nord, la rectiligne route découpe la plaine semi-aride striée en hiver comme au printemps par quelques oueds sablonneux. Au loin, les reliefs montagneux du Djebel Oueslat abritent jalousement en leur sein un des plus beaux sites rupestres préhistoriques de Tunisie. Emprunter ces routes c’est être plongé dans une rêverie d’un temps autre, entrer en procession pour accéder à la spirituelle cité proclamée, cette année, capitale culturelle islamique. Kairouan, dont le rayonnement scientifique, culturel et religieux fut international du IXe au XIe siècle avant d’être rasée par les envahisseurs hilaliens, n’a pas perdu de sa superbe dans l’imaginaire collectif. C’est en découvrant le terre- plein, depuis peu clos, des bassins aghlabides construits au IXe siècle pour récolter, décanter et stocker l’eau de pluie afin d’approvisionner cette ville majeure du Moyen-âge que l’on se sait arrivé à destination. Ces titanesques fousquiya, constituent le plus grand ouvrage hydraulique du monde par la prouesse technique majeure qu’ils constituent et témoignent de l’avancement des recherches scientifiques des arabes de l’époque.

La Grande mosquée fondée au VIIe siècle par Okba Ibn Nafaâ élève la ville au rang de 4ème ville sainte.

Durant son âge d’or, la capitale aghlabide a vu naître et accueilli les plus grands scientifiques et théologiens tunisiens et cette effervescence intellectuelle a créé un climat propice notamment aux expérimentations architecturales et décoratives. Actuellement, un monument placé devant le mausolée de Sidi Sahab, compagnon du Prophète, et représentant un astrolabe pris dans un treillage de rinceaux et entrelacs métalliques rend hommage à ces hommes qui ont définitivement participé au rayonnement de la cité.


Kairouan, phare éternel de l’Islam Texte : Mohamed Kerrou Photographie : Mohamed Sakli Edition : Apollonia Lieu et année : Tunis, 2009 Nombre de pages : 160 Prix : 70 dt

Les Bijoux de Tunisie Texte : Samira Gargouri-Sethom Conception et photographie : Jacques Pérez Edition : Dunes Editions, collection Regard Lieu et année : Tunis, 2005 Nombre de pages : 174 Prix : 45 dt

Tu n i s i e

Pour ces objets chargés d’histoire et de passion que sont les bijoux, nous avons voulu éviter les vignettes froides et savantes des catalogues sur papier glacé, qui satisfont tant les "spécialistes". Ici, c’est l’œil vagabond de "l’amateur" qui l’emporte ; l’œil qui survole l’ensemble, qui peut aller plus loin, fouiller, s’arrêter sur un détail. Du bijou le plus somptueux à la plus modeste des pendeloques, sans aucune hiérarchie, c’est le regard qui a été privilégié. Il en est tout autrement des textes, dus à la plume érudite et experte de l’ethnologue, qui a parcouru le pays pendant de longues années, en quête d’informations captées à la source, dans la mémoire vive de la tradition et de la culture. Un savant travail de documentation et d’identification a nourri la conception de ce livre. Enfin, la rigueur de la mise en page – ne devrait-on pas dire de la mise en scène ? - donne à l’ensemble une progression visuelle à laquelle nous espérons que le lecteur ne sera pas insensible.

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C’est à une visite guidée dans l’espace de la médina de Kairouan que nous convie ce superbe livre d’art publié tout récemment par les Editions Apollonia. Le texte a été écrit par le sociologue Mohamed Kerrou et les photographies réalisées avec talent par Mohamed Sakli. Le liminaire trace en quelques pages un tableau synthétique de l’histoire séculaire de Kairouan, l’ancienne capitale aghlabide. Le texte qui suit, intitulé « Le génie des lieux », nous fait découvrir les coins et recoins de la médina de Kairouan, en les situant dans l’espace et dans le temps. Le lecteur se transforme en voyageur et déambule dans les souks couverts et ouverts, se rend au « Rbâ » où se vendent les tapis (« alloucha », « mergoum », « klim »), visite le célèbre puits sacré dit « Barrouta » où un chameau actionne une noria offrant aux pèlerins de l’eau bénie, goûte au pain et au « makroudh » et part à la découverte des maisons et des monuments qui se distinguent par un style particulier d’architecture et d’urbanisme musulmans. Tout y est décrit : la monumentalité de la Grande mosquée en relation avec les mythes de fondation de la ville, les portes et les remparts qui se sont déplacés à travers l’histoire mouvementée de ce camp-garnison (« qayrawân » en persan), les quartiers et les faubourgs, les bédouins Zlass qui sont des acteurs sociaux intégrés dans le tissu urbain, l’art moderne inventé par Sidi Amor Abada, la zaouïa-mosquée du saint-patron de la ville qu’est Sidi Sahbi, le compagnon du Prophète. Enfin, la présence des femmes y est évoquée, non sans poésie, par les images et par le texte, dans la passé et dans le présent. En somme, Kairouan, phare éternel de l’islam est à la fois un « beau livre » et un guide éclairé de la ville sainte de l’islam maghrébin.


(idées)

ID lecture

Le Musée des arts islamiques de Raqqada (Kairouan) Texte : Mourad Rammah Photographie : Abderrazak Khéchine et Abdellaziz Frikha Edition : l’Agence de mise en valeur du Patrimoine et de Promotion culturelle (APPC) Lieu et année : Tunis, février 2008 Nombre de pages : 24 Edifié à 10 km au sud-ouest de Kairouan et à proximité du site archéologique de Raqqada, la seconde capitale aghlabide, cet ancien palais présidentiel abrite actuellement le plus grand musée des arts islamiques en Tunisie.

Spas de rêve

Tu n i s i e

Edition : éditions Place des Victoires, coll. Archi Design Déco Lieu et année : Paris, septembre 2008 Nombre de pages : 300 Prix : 15 dt Se déconnecter du quotidien, se ressourcer :tout le monde en ressent le besoin, de temps à autre. Synonymes de luxe, de calme et de volupté, les spas permettent de s’accorder un temps pour soi. Si certains des espaces présentés dans ces pages sont des lieux ultraluxueux, beaucoup sont néanmoins abordables. Que ce soit dans une grande métropole ou dans un lieu paradisiaque, aucun ne conçoit la détente sans la beauté. Trouver l’équilibre parfais entre soins et décor, voilà donc le défi que ces architectes et designers se sont fixé. D’inspiration naturelle, ultra-design ou orientale, la quarantaine de spas européens présentés dans ces pages nous invite dans l’anti-chambre du lâcher prise.

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La fleur, cet être vivant qui

© Fabrice Palacio

vibre,

respire, s'épanouit, suscite,

paradoxalement, un regain d'intérêt dans notre pays depuis l'importation de sa déclinaison artificielle et végétalisée. Décorateurs, fleuristes, etc. chacun s'adonne à sa manière

à l'agencement de

sa délicatesse.

Stefan, jeune artiste en art floral, émerveille par l’originalité de son savoir-faire. Au cœur de la boutique Floralies à la Soukra, il propose des compositions à travers lesquelles chacun rencontre sa part de rêve. Il aime faire les choses telles qu'il les ressent et ce parti pris lui réussit. A travers les fleurs, c'est le partage qu'il espère et ses créations en sont le vecteur car elles font, dit-il poétiquement, un bout de chemin à sa place. La boutique est spécialisée dans la fleur artificielle au rendu si naturel. Questionné, le fleuriste de formation motive sa démarche élégamment : " la fleur artificielle, grâce à l'art floral, tu lui offres une vie éternelle ". En artiste accompli, sa démarche ne s'arrête pas aux portes de l'atelier show-room. Outre les intérieurs qu'il habille, auxquels il donne une seconde vie, il revisite le classique bouquet de mariée en le métamorphosant en bijou. La robe cherche à révéler le tempérament de la future mariée. Stefan cherche l'osmose pour parfaire sa grâce. En association avec le jeune styliste, Hafedh Barchouchi, il nous dévoilera bientôt ces surprenants bouquets. Jeudi 19 mars à 19h30, les Muses, du nom de la marque de vêtements de Hafedh, inspireront certainement la plupart d'entre nous, au cœur de la médina de Tunis. C’est Dar El Béhi qui ouvrira ses portes à l'occasion de ce défilé. Une belle occasion pour venir découvrir le travail issu de la rencontre de ces deux passionnés. A l'instar des robes de Hafedh, l'orchidée, fleur rare élancée aux corolles épanouies, est un écrin révélateur de charme. Léger et mobile, orné de la fleur rare, l'orchidée blanche phaleonopsis, la fleur de prédilection de Stéfan, le "bouquet-bijou" fait corps avec la femme fleur. Les créations de Stefan sont une ode à la nature, celles de Hafedh révèlent la femme.

Tu n i s i e

Ambre

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(idées)

ID verte

Tu n i s i e

© Ambre

© Fabrice Palacio

Quand la fleur devient bijou…


Service fourni par Tunisie Porcelaine

L’asperge, princesse du printemps Ce n’est pas seulement ID Déco qui voit le jour, le printemps renaît également apportant une kyrielle de produits de la terre et de la mer. En mars, en même temps que nous, l’asperge pointe le bout de son nez. Goûteuse, sous exploitée dans notre cuisine, nous l’honorons dans ce premier numéro. Autour de l’asperge

Suivez le guide

Peu connue, l’asperge est un produit qui n’est pas encore assez exploité en Tunisie, c’est un légume de première fraîcheur, il fait partie de la famille des liliacées et porte le nom latin Asparagus Officinalis. Connu des Pharaons, il fut domestiqué par les Romains deux siècles après Jésus-Christ. Comme d’autres légumes, il est introduit en France au XIVème siècle par Catherine de Médicis ; plus tard, sur ordre de Louis XIV, ses jardiniers mettent au point la technique pour obtenir l’asperge de couleur blanche. La renommée de l’asperge a atteint notre pays où elle est cultivée depuis une dizaine d’années dans la région de Bou Argoub, à Borj El Amri et à Sidi Bouzid.

Sadok Chaouch porte de l’amour à ce qu’il fait. Après sa retraite en France, il s’installe à Bou Argoub où il berce son vignoble et bichonne depuis huit ans son champ d’asperges de 7 hectares. « Il nous reste encore trois ou quatre ans d’exploitation, l’asperge est grande dévoreuse de terre, la durée de vie du sol sablonneux où elle pousse est de 11 à 12 ans », nous apprend-il. Comment se présente le marché des asperges en Tunisie ? « Elles sont précoces en Tunisie, aussi la production est au départ destinée à l’exportation principalement pour la France (70 % à l’export) et le reste dans les supermarchés et les restaurants intéressés.

La grande partie de la production est exportée, l’asperge est en vente de mars à juin en grandes surfaces et au marché central de Tunis. Son prix est d’à peu près 3.5 dt la botte d’une livre. A l’achat, préférez les vertes, elles sont plus goûteuses, les pointes devront être fermées et compactes et ne vous fiez pas aux apparences, sveltes, elles sont moins tendres que les grosses.

Le terrain d’asperges exige beaucoup de soin et un arrosage continu au goutte à goutte (près de 14m3/ha). Evidemment le calibrage entre en compte mais à notre sens, les prix restent abordables. C’est un légume relativement cher parce qu’il n’existe pas de méthode autre que l’arrachage à la main, qui dure deux mois. On butte (couvrir de terre) les asperges pour avoir les blanches.

L’asperge est l’alliée idéale des régimes de printemps avec 25kcal/100g, ses fibres et ses propriétés diurétiques sont conseillées pour l’amélioration du transit intestinal et l’élimination. Elle est riche en substances minérales et regorge d’oligo-éléments (potassium, magnésium, fer, etc.).

La plante pousse très vite, on l’arrache lorsqu’elle atteint 15 à 20 cm ». Et il nous fait visiter sa centrale entièrement mécanisée en nous apprenant au passage la teneur en eau du légume, les étapes de production, etc. Belle leçon. Il ne nous reste qu’à déguster.

Tu n i s i e

Hamma Hannachi

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(idées)

ID gourmande

Paroles de chef

Sauté de légumes de printemps

Elle fait un mariage réussi avec la fève verte, un légume phare de la saison qui pousse en même temps qu’elle. L’asperge plaît à tout le monde ou presque et se déguste principalement en entrée.

Pour 4 personnes Préparation : 30 min Cuisson : 30 min

Elle se décline également en plat principal. Rafic Tlatli, chef de cuisine et animateur connu d’une rubrique gastronomique à la télévision, organise chaque année en mars, dans son restaurant Le Slovénia à Nabeul le mois des asperges. Il nous donne des conseils de préparation et nous propose une entrée et deux plats.

Ingrédients :      

Préparation des asperges : Plonger les bottes d’asperges dans de l’eau bouillante salée (10g de sel par litre d’eau) selon leur grosseur.

  

24 pointes d’asperges vertes 500 g de fèves 4 petites courgettes 4 jeunes carottes 6 oignons nouveaux 250 g de petits pois 1 cuillère à soupe d’huile d’arachide 30 g de beurre sel et poivre

Le temps de cuisson varie entre 20 et 30 minutes en bonne ébullition.

Préparation

Retirer les asperges de l’eau dès qu’elles sont cuites et les mettre à égoutter sur un plat.

Peler les carottes, laver les et couper les en morceaux d’1/2 cm environ. Ecosser les petits pois. Eplucher les oignons et couper les en deux. Oter les deux extrémités des courgettes et couper-les en rondelles obliques d’1/2 cm.

Poser les asperges sur une planche pour ne pas les casser, les couper toutes à la même longueur, les peler avec un couteau économe de la pointe vers le pied. Nettoyer éventuellement les pointes avec un couteau pointu, lavez les asperges à grande eau sans les laisser tremper, les égoutter et les lier en bottes.

Ecosser les fèves, ébouillanter-les pour pouvoir retirer leur fine peau verte. Mettre l’huile et le beurre dans une sauteuse et porter à feu doux. Ajouter les carottes découpées et les oignons, mélanger et laisser cuire 10 minutes environ en remuant de temps en temps. Ajouter les petits pois, mélanger, ajoutez 2 cuillères à soupe d’eau, couvrir et laisser cuire à l’étouffée 5 minutes. Ajouter les courgettes, les pointes d’asperges et les fèves. Saler, poivrer, et laisser cuire 15 minutes toujours à feu doux et à couvert.

Cuire les asperges, préparer une sauce composée de jaune d’œufs durs haché, de persil ou de fines herbes puis arroser de chapelure que l’on fait revenir dans du beurre.

Cette recette exige de travailler uniquement avec des pointes d’asperges : réserver le reste pour des potages, des flans ou des omelettes. Ce sauté de légumes accompagne parfaitement tous les plats de viandes blanches ou d’agneau. Tu n i s i e

Asperges à la polonaise :


(inspiration)

la leçon de déco

Déco by Casabo Rapide, pratique, facile Illuminez votre intérieur, en un clin d'œil … Quelques trous au cutter dans un abat-jour à recycler. Espacez les encoches en divisant la circonférence en autant de couverts à positionner.



Quelques couverts percés (ou à faire percer chez un artisan) fixés à l’aide de trombones ouverts pour l'occasion.



Et le tour est joué ! de vos mains,

un luminaire

pour la maison

!

Tu n i s i e

N’hésitez pas à nous envoyer les photos de vos réalisations à : redaction@iddeco.com.tn

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(bonnes adresses)

(Edito) : DOM : Soukra Center 156, avenue le l’UMA 2073 La Soukra tél. : 24 615 102 (Air du temps) Talent : Agence Noway/Karim Ben Amor : La Soukra e-mail: nowaystudio@gmail.com (Air du temps) Coups de cœur : Totem® : Marsa Plage - tél.: 98 36 58 68 / 20 52 36 08 Show-room Sadika® : Zone franche Aéroport international Tunis-Carthage tél. : 71 913 107/71 913 011 / site : www.sadika.com Révélations SHOPPING : Zina : La Marsa - tél. : 22 251 701/22 647 134 e-mail : zinatunisie@yahoo.fr Elément(s) : Centre commercial Carrefour tél. : 71 778 928 / éléments.com.tn LOFT : Les Berges du Lac - tél. : 71 862 251/261 e-mail: lac@loft.com.tn DRIBA : Marsa Plage - tél. : 71-745-646 e-mail : atelierdriba.ad93@gnet.tn Amarante : Gammarth Hôtel The Residence Tunis tél. : 71 778 147 / e-mail : amarante.parfums@planet.tn Attitude : Tanit center – tél. : 70 939 558 e-mail : attitude@hexabyte.tn Sous l'escalier : La Marsa - tél. : 24 770 402 Touche finale : El Menzah 6 Tunis - tél./Fax : 71 754 545 e-mail : touche.finale@yahoo.fr Sadika : La Marsa Erriadh - tél. : 71 913 011/71 913 025 e-mail : sadika.rma@planet.tn

Loft : Les Berges du Lac tél.: 71 862 251/261 - e-mail: lac@loft.com.tn Pâtisserie Masmoudi : La Marsa tél. : 74 400 753 / 74 400 748 - site : www.masmoudi.com Atelier ABC Bel'Art : Grombalia - tél. : 72 203 525 site : www.atelierbelartcreation.com Alpha Métal Design : Ariana - tél. : 71 863 944 Côté Parc : El menzah 5 / 20 200 482 e-mail : ahlem_bha@hotmail.com Casabo : Ain Zaghouan - tél. : 20 325 045 / site : www.casabo@planet.tn Promodar : Ain Zaghouan GP9 - tél. : 70 727 787 Art&Décoration : 22 270 165 Fuchi-Ka : La Soukra - tél. : 71 864 400 site : www.fuchika.com Mises en scène : La Soukra - tél. : 70 947 422 / e-mail : misesenscene@planet.tn Khima concept : La Marsa - tél. : 71724822 e-mail : info @ khimaconcept.com site : www.khimaconcept.com (art de vivre) sensation : Les Bains Berbères Hôtel Tamerza Palace : Tamerza tél. : 76 485 344/76 485 345 - site : www.tamerza-palace.com The Garden Spa Sheraton Tunis Hotel and Towers : Tunis Carthage - tél. : 71 782 100 / site : www.sheraton.com/tunis Biya Wellness&Beauty The Sindbad Hotel : Hammammet tél.: 72 280 122 / site: www.sindbadhotel.com Hasdrubal Prestige Thalassa&Spa : Djerba tél. : 75 759 259 / site : www.hasdrubal-thalassa.com Villa Didon : Carthage Byrsa tél. : 71 733 433 / site : www.villadidon.com Les Thermes de Carthage The Residence : La Marsa tél. : 71 910 101 / site : www.theresidence.com

(Air du temps) Atelier d'art : Bachmara : Usine Korba - tél. : 72 234 244 Show-room Mutuelle Ville tél. : 71 786 938 e-mail : bachmara@planet.tn

Tu n i s i e

Rochebobois : La Soukra tél. : 70 948 420 / site: www.roche-bobois.com

(Air du temps) Invitations au Salon :

Porcelanosa : Les berges du Lac tél. : 71 861 551 / site : www.porcelanosagrupo.com

Biennale Internationale Design Saint-Etienne : http:/biennalesaint-etienne.citedudesign.com

Georges Karam / Franck Müller : Aïn Zaghouan tél. 70 94 68 22 / site : www.franck-muller.com

Salon de l’ameublement et de la décoration dardéco, le Kram : www.fkram.com.tn

Delta Cuisine : Charguia I tél. : 71 205 389 / site : www.deltacuisine.com

Salon Maison&Objet, Paris : www.maison-objet.com Salon du meuble, le Kram : www.fkram.com.tn

Floralies : La Soukra tél. : 70 949 190 / e-mail : floralies@gnet.tn

Valentino Mobili : La Soukra - Tunis tél. : 70 948 816 – site : www.valentinomobili.com.tn

(invitations) ambiance :

Eddiar : La Marsa - Tunis tél. : 71 373 765 - site : www.eddiar.com

Dar Fatma : Sidi Bou Saïd tél. : 71 822 005 / site : www.darfatma.com

(Tentations) Un détail de taille :

(idées) idée gourmande :

Artyshow : Marsa Plage tél.: 20 122 792 e-mail : artyshow@yahoo.fr

Restaurant Slovénia : Nabeul tél. : 72 285 343 / email : hotel.jasmins@gnet.tn

Kahenart : Sidi Bou Said tél. : 71 740 559 e-mail : kahenart@topnet.tn

Tunisie Porcelaine : Naâssen tél. : 71 398 073 / site : www.tunisie-porcelaine.com

(Tentations) Affaires de goûts :

(inspiration) la leçon de déco :

Zina Boutique : La Marsa tél. : 22 251 701/22 647 134 - e-mail : zinatunisie@yahoo.fr

Casabo : Ain Zaghouan tél. : 20 325 045 / site : www.casabo@planet.tn

Tsé&Tsé Associés : www.tse-tse.com

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(invitations) intérieur :

IDdeco n°01  

Quelques pages de notre numéro 01...