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Bulletin d’information no 74 Centre culturel de la BID Banque interaméricaine de développement 1300 New York Avenue, N. W. Washington, D.C. 20577

Vive Haïti ! Art contemporain de la Diaspora haïtienne

Edouard Duval-Carrié (né en Haïti, en 1954) Le Général Toussaint enfumé, 2001 Techniques mixtes sur toile 152,40 x 152,40 cm Avec l’aimable autorisation de la galerie Bernice Steinbaum Photo : Teresa Diehl

Du 24 mai au 6 août 2004


Le Centre culturel de la Banque interaméricaine de développement (BID) annonce l’ouverture de l’exposition

Vive Haïti ! Art contemporain de la Diaspora haïtienne Du 24 mai au 6 août 2004 Par cette exposition de onze éminents artistes haïtiens contemporains, le Centre culturel de la BID manifeste avec la communauté interaméricaine sa solidarité avec le peuple de Haïti, en mettant à l’honneur ce pays, qui est membre de la Banque interaméricaine de développement depuis octobre 1959, à l’occasion de la célébration du bicentenaire de son indépendance. Le Centre culturel a également apporté une contribution à la Fondation IFE en Haïti par un don de 10 000 dollars pour aider les artisans haïtiens à réaliser leurs œuvres, qui seront exposées au Festival de la vie folklorique et du patrimoine culturel du Smithsonian en juin, au National Mall à Washington. Ce festival coparraine avec le Centre culturel de la BID un concert qui sera donné à la salle Andrés Bello à la BID par le compositeur-interprète haïtien Beethova Obas (le 27 mai à 18 h 30). ____________________________________________________________________________________ Washington, 26 avril 2004

Aucun pays dans les Amériques, voire ailleurs, n’est aussi chargé d’histoire et de culture que Haïti. Il y a une théorie qui veut que tout est intimement lié, que le battement d’ailes d’un papillon peut provoquer un cyclone à l’autre bout du monde. En déployant les ailes de la liberté en 1804, Haïti a fait bien davantage : il a bouleversé l’histoire du monde. Au cours des révoltes qui s’enchaînèrent à compter de 1790, les Haïtiens – des esclaves surtout – luttèrent contre leurs maîtres français et parvinrent à écraser les armées de Napoléon, qui souhaitait rétablir dans ses colonies l’esclavage aboli par la Révolution française. Ce faisant, ils infligèrent aussi une défaite à une armée britannique qui cherchait à les intégrer dans 2


l’Empire britannique tout en perpétuant l’esclavage dans les Caraïbes. Il y a deux cents ans, Haïti fut le deuxième pays américain à accéder à l’indépendance et le premier créé par d’anciens esclaves. Le Centre culturel de la Banque interaméricaine de développement rend hommage au peuple haïtien et souligne le bicentenaire de l’indépendance du pays par une exposition intitulée Vive Haïti ! Art contemporain de la Diaspora haïtienne, qui met l’accent sur les œuvres d’artistes qui appartiennent aux nouvelles générations et qui se sont expatriés en raison des bouleversements qui ont marqué l’histoire sociale et économique moderne de Haïti. Le potentiel que recèle l’existence d’une diaspora dynamique et inventive paraît immense à la lumière des derniers développements. L’exposition retrace l’attachement émotionnel et intellectuel de certains artistes – qui pour diverses raisons ont élu domicile hors de Haïti, en France, au Canada et aux États-Unis – à leur histoire et à leur culture dans une démarche qui de manière ou d’autre semble toujours incomplète. Elle explore leur fixation sur certains symboles qui les ancrent dans le passé, comme le général Toussaint Louverture, le libérateur de Haïti, et fait la synthèse des traditions qui ont été léguées, comme le vaudou, alors que le présent est incertain et l’avenir insaisissable. On y trouve des œuvres de quelques artistes qui, bien qu’ils vivent en Haïti, sont tributaires du monde extérieur, notamment de galeries commerciales et de collecteurs qui s’intéressent à l’art haïtien, pour se faire reconnaître et assurer leur subsistance. Mme Mirna Liévano de Marques, conseillère aux relations extérieures de la BID, explique la spécificité de Haïti dans les Amériques en disant qu’après l’indépendance de Haïti, le monde, qui favorisa l’esclavage pendant plusieurs décennies encore, fut en froid avec Haïti et le fardeau de sa dette à l’égard de la France pour indemniser les propriétaires fit de la colonie la plus riche du XVIIIe siècle une économie de subsistance. Voilà qui mit le pays à l’écart du commerce, des capitaux et du progrès technique, tandis que la poussée démographique sollicitait de plus en plus de vivres, de logements et de combustibles. D’où la faiblesse de la société civile et de l’État, pourtant bien dirigé parfois. La liberté, Haïti la paya donc fort cher : la pauvreté s’installa et il y eut une forte émigration, qui créa la Diaspora. Des réalités extraordinaires masquées par des aspects mythiques de la culture haïtienne sont évoquées dans l’exposition des œuvres de onze artistes haïtiens contemporains : Edouard Duval-Carrié et Adler Guerrier à Miami ; Marie-Hélène Cauvin et Marie-Denise Douyon à Montréal ; Barbara Prézeau à Montréal et Port-au-Prince ; Elodie Barthélemy à Saintines (France) ; Maxence Denis à Paris ; et Pierrot Barra (mort en 1999), Mireille Délice, Jeannot JeanPhilippe (mort en 1997) et Yves Telemak à Port-au-Prince. Le conservateur du Centre culturel de la BID, Félix Angel, a choisi les artistes et les œuvres pour cette exposition, et il a invité Mme Francine Farr, ex-directrice du Musée d’art de Haïti à Port-au-Prince, à servir de conservateur adjoint. Dans l’article qu’elle a écrit pour le catalogue, elle affirme que « les artistes haïtiens de la Diaspora éprouvent un amour profond pour Haïti. Cet amour passionné et mystérieux, tendre et critique, a fait naître un art à la fois enraciné dans ses origines culturelles et détaché d’elles ». Elle cite l’artiste Edouard Duval3


Carrié qui exprime ainsi son patriotisme enthousiasmant né de la Diaspora : « Étant une personne déplacée, je ne serai jamais un Haïtien inconscient de sa condition. Haïti me fascine. J’en suis épris et j’essaie de le comprendre. » Le Centre culturel de la BID, qui s’attache à faire connaître les pays membres de la Banque interaméricaine de développement, est fier de servir de trait d’union pour montrer les liens puissants qui unissent Haïti et sa Diaspora. L’art des Haïtiens de la Diaspora est temporel, ouvert aux réalités de ce monde, sur lequel il jette un regard critique et tendre à la fois. Ces qualités ont influencé favorablement les œuvres créées en Haïti, à l’intention des Haïtiens et d’un public international réceptif. Les œuvres des Haïtiens de la Diaspora révèlent, en une variété de styles, une capacité pour le changement et une critique implicite de la culture haïtienne, conçue habituellement comme l’expression éternelle d’un monde mythique, monolithique, ancré dans des stéréotypes. L’art contemporain de la Diaspora haïtienne déconstruit les notions et réalités, nées d’un provincialisme désuet et de traditions bourgeoises romanesques. Ces traditions ont favorisé la commercialisation des œuvres mais limité la valeur intellectuelle des arts visuels, de la critique journalistique et de l’enseignement de l’histoire de l’art haïtien dans les universités. L’exposition apporte la preuve que l’art de la Diaspora a libéré ses artistes et son public de conceptions et de comportements fatalistes, déterministes, ethnocentristes. Cette ouverture au changement de la Diaspora haïtienne a la capacité de servir de catalyste aux cycles sociaux négatifs, enregistrés par l’histoire de l’art haïtien. En même temps, l’ouverture au changement peut favoriser une activité créatrice très féconde, basée sur des recherches rigoureuses et la poursuite soutenue des innovations. Aujourd’hui, les artistes de la Diaspora haïtienne peuvent aisément tirer parti des idées qui s’appliquent à leur art et qui naissent de leurs rapports aisés avec les cultures du monde entier. Ces notions finissent même par influencer les arts visuels en Haïti. La libre circulation des idées, à travers la Diaspora haïtienne, a engendré un art visuel d’un grand intérêt médiatique ; il va au-delà de la peinture et des traditions et donne un sens nouveau à l’identité culturelle haïtienne. Les diverses formes d’expression artistique tendent naturellement vers des innovations surprenantes et kaléidoscopiques, même lorsqu’elles effectuent un retour vers des moyens d’expression aussi consacrés que la peinture et vers des thèmes aussi universels que le cycle de la vie. Ces formes artistiques prédominent sur la scène internationale, multiculturelle et compétitive de l’art contemporain. Vive Haïti ! révèle donc un aspect neuf et prometteur d’Haïti, un nouveau visage, modelé par la diversité, les contacts nombreux et faciles avec d’autres cultures - et un individualisme extrême.

Les artistes et leurs œuvres Pierrot Barra (né dans le quartier de Bel Air, à Port-auPrince, 1942 – mort en 1999) Ogou/Sen Jak Majè monté sur un unicorne, 1994

Panneau mojo, tissu appliqué, morceaux de poupée, sequins, 57,15 x 90,17 cm Collection de Bill, Freddi et Gabriela Brubaker

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Govi dédié aux Erzulie et Bossu avec Drapeaux et Bannières, 1997 Pot fermé en terre cuite peint 26,67 x 12,07 cm Collection privée

Trois esprits vaudou, 1994 Panneau mojo, tissu appliqué, têtes de poupées, sequins, 91,44 x 35,56 cm Collection de Bill, Freddi et Gabriela Brubaker Cousin ou Papa Zaka, ou Azaka, 1997 (Kouzen, Papa Zaka, Azaka) Techniques mixtes, 86,36 x 34,29 x 20,32 cm Collection de Beverly et John Fox Sullivan

Govi dédié aux Guédé et Erzulie, 1997 Pot fermé en terre cuite peint 25,40 x 13,02 cm Collection privée

Marie-Hélène Cauvin (née à Port-au-Prince, 1951 -) No Man’s Land, 2002 Huile sur toile, 182,88 x 121,92 cm Collection de l’artiste

Marie-Denise Douyon (née à Port-au-Prince ,1961 - ) Moran (Guerrier Maasai), 2004 Huile et encre sur bois 114,94 x 84,93 cm Collection de l’artiste •

Difficile équilibre, 2001 Huile sur toile, 121,92 x 91,44 cm Collection de l’artiste

Musique de guerre ou de chasse, 2003 Calebasse, métal découpé 57,94 x 34,93 cm Collection de l’artiste

Survivance du passé I, 2000 Gouache, fusain, pastel sur papier 88,90 x 38,10 cm Collection de l’artiste

Conscience de femme, 2003 Calebasse, métal découpé 82,07 x 30 cm Collection de l’artiste

Edouard Duval-Carrié (né en Haïti , 1954 - ) Le Général Toussaint enfumé, 2001 Techniques mixtes sur toile 152,40 x 152,40 cm Avec l’aimable autorisation de la galerie Bernice Steinbaum

• Elodie Barthélemy (née à Bogotá, Colombie, 1965 - ) Petite Annonce / Le Port de Nantes, 1998 Acrylique sur toile 147,96 x 240,98 cm Collection de l’artiste

Jeannot Jean-Philippe (né à Port-au-Prince en 1958, mort en 1997) Ti chèz pay (Petite chaise haïtienne), 1996 Bois et paille peints 60,96 x 42,55 x 38,10 cm Collection privée •

Fécondation en kwi, 1997 Calebasses gravées et peintes 30 x 13,97; 27,94 x 13,02; 24,92 x 12,07; 23,02 x 10,95; 20 x 7,94 cm Collection de l’artiste

Marassa Govi (Pot magique dédié aux jumeaux sacrés), 1997 Pot fermé en terre cuite peint 13,02 x 16,51 cm Collection privée

L’homme qui marche,1992 Tissu appliqué, vêtement 89,06 x 89,06 cm Collection de l’artiste 5


• Barbara Prézeau (née à Port-au-Prince, 1965 -) Erzulie, 2002 Techniques mixtes, pétales de rose artificiels 121,92 x 121,92 cm Collection de l’artiste

Toussaint, 2003 Gravure numérique couleur 65,09 x 40,01 cm Collection de l’artiste Code Noir, 2003 Gravure numérique couleur 65,09 x 40,01 cm Collection de l’artiste

Dakar, 1995-2003 Techniques mixtes sur boîte en fer-blanc Environ 45,72 x 35,56 cm Collection de l’artiste

L’homme bleu, 1999 Gravure numérique couleur 65,09 x 40,01 cm Collection de l’artiste

Yves Telemak (né à Port-au-Prince, dans les années 60 - ) Ceremoni Grand Bois, c. 1996 Sequins, perles sur tissu 78,74 x 78,74 cm Collection de la Banque interaméricaine de développement, Washington

Mireille Délice (née à Port-au-Prince, années 70 - ) Blason d’Erzulie Dantor, 1996 Drapeau (Drapo vèvè) 88,90 x 71,12 cm Collection privée •

La Sirène Diamant, 1999 Sequins appliqués, perles sur tissu 101,60 x 79,38 cm Collection de Bill, Freddi et Gabriela Brubaker

Archangel (L’archange), 1996 Drapeau (Drapo vèvè) 64,77 x 91,44 cm Sequins, perles sur tissu Collection de la Banque interaméricaine de développement, Washington

Tête Sans Corps, 1995 Sequins, perles, appliqués sur tissu 96,52 x 81,28 cm Collection de Nancy Forrest

La Reine brisée, 1996 Drapeau (Drapo vèvè), 69,85 x 73,66 cm Sequins, perles sur tissu Collection de la Banque interaméricaine de développement, Washington

Dambala Wouedo (Danbala Wèdo), 1997 Sequins, perles, appliqués sur tissu 101,60 x 83,82 cm Collection de la Banque interaméricaine de développement, Washington

Adler Guerrier (né à Port-au-Prince, 1975 -) After/for/with(Mingus) or Haitian Fighting Song, 2001-2004 (Après/pour/avec [Mingus] ou La chanson haïtienne à lutter) installation murale de douze gravures couleurs de 25,40 x 38,10 cm fixées sur Sentra Collection de l’artiste •

Maxence Denis (né à Port-au-Prince, 1968 - ) Je ne veux plus aller à l’école, 2001 Vidéo, durée 22 minutes Collection de l’artiste

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Quelques œuvres de l’exposition

Pierrot Barra

Marie-Hélène Cauvin

(né dans le quartier de Bel Air, Port-au-Prince, 1942-1999) Cousin ou Papa Zaka, ou Azaka, 1997 (Kouzen, Papa Zaka, Azaka) Techniques mixtes, 86,36 x 34,29 x 20,32 cm Collection de Beverly et John Fox Sullivan

(née à Port-au-Prince, 1951 -) No Man’s Land, 2002 Huile sur toile, 182,88 x 121,92 cm Collection de l’artiste Photo : Paul Litherland

Photo : Service photographique de la BID

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Maxence Denis

Yves Telemak

(né à Port-au-Prince, 1968 - ) Toussaint, 2003 Gravure couleur numérique, 65,09 x 40,01 cm Collection de l’artiste

(né à Port-au-Prince, dans les années 60 - ) Dambala Wouedo (Danbala Wèdo), 1997 Sequins, perles, appliqués sur tissu, 101,60 x 83,82 cm Collection de la Banque interaméricaine de développement, Washington

Photo : Maxence Denis

Photo : Gregory R. Staley

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Concert Le compositeur-interprète haïtien Beethova Obas, qui chante ses propres chansons en créole et en français en conjuguant rythmes haïtiens et tempos et harmonies jazziques, sera accompagné de cinq jazzmen caribéens. Présenté en collaboration avec le festival Folklife 2004 du Smithsonian. Jeudi 27 mai, à 18 h 30 , à la salle Andrés Bello, 9e étage. Renseignements : (202) 623-3558

_________________________________________________________________________ Exposition L’exposition se tiendra du 24 mai au 6 août 2004. Une plaquette gratuite tout en couleurs, en anglais et en français, sera distribuée au public. Les photographies des œuvres exposées peuvent être obtenues sur demande. Pour les photographies, prière d’appeler le (202) 623-1213. La Galerie d’art est ouverte cinq jours par semaine, du lundi au vendredi, de 11 h à 18 h. L’entrée est libre. Pour les visites guidées de dix personnes ou plus (en anglais et en espagnol) et pour tout complément d’information sur le Centre culturel de la BID et ses programmes, prière d’appeler le (202) 623-3774.

Concert Le concert aura lieu à la salle Andrés Bello, dans le bâtiment principal de la BID, au 9e étage. L’entrée est libre. Les places assises sont limitées. Renseignements : (202) 623-3558.

Le Centre culturel de la BID est situé au 1300 New York Avenue, N.W., Washington. La station de métro la plus proche est Metro Center (sortie 13th Street ). L’entrée est libre pour toutes les manifestations. La page d’accueil du Centre culturel de la BID est : www.iadb.org/cultural/ Mél. : IDBCC@iadb.org


Personnes à contacter au Centre culturel de la BID : ● Félix Angel, coordonnateur général et conservateur ● Soledad Guerra, coordonnatrice générale adjointe ● Anne Vena, coordonnatrice pour les concerts et conférences ● Elba Agusti, Programme de développement culturel sur le terrain et adjointe administrative ● Susannah Rodee, assistante à la gestion et à la conservation de la Collection d’art de la BID

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(202) 623-3325 (202) 623-1213 (202) 623-3558 202) 623-3774 (202) 623-3278


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