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ID9 DOSSIER SPÉCIAL

du neuvième arrondissement Gratuit bimestriel

NUMÉRO 1 NOV./DÉC. 2012

Les secteurs d’avenir qui recrutent : les métiers de demain

Économie verte, ère numérique, recherche et innovation…

© Photo : Thierry Prat

EMPLOI

Le magazine

RUBRIQUES VIVRE ENSEMBLE LE 9e CEUX QUI FONT LE 9e COULISSES ESPACE FAMILLE

VIVRE ENSEMBLE LE 9e PAROLE D’HABITANTS

La tribune libre

Réponse d’élue par Delphine Bürkli


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NUMÉRO 1 NOV./DÉC. 2012

ÉDITO

Par Delphine Bürkli, conseillère de Paris

Niché au cœur du Paris intemporel, le 9e arrondissement est cependant véritablement ancré dans la modernité. Le 9e se renouvelle et se transforme grâce à ses habitants, aux multiples commerçants, entrepreneurs et sociétés qui y sont implantés. Tous les jours se côtoient des aventures humaines qui méritent d’être partagées, valorisées, soutenues. Ces tribulations du quotidien font l’actualité de notre quartier. Prendre le temps de se pencher sur celles-ci, c’est se donner l’occasion de découvrir ce qui nous entoure, c’est faire naître des débats et des engagements, c’est encourager les projets créatifs, c’est donner et prendre la parole sur des sujets qui nous concernent. C’est faire vivre l’histoire du 9e arrondissement et l’inscrire pleinement dans notre monde contemporain. Des idées nouvelles, une participation de tous les acteurs qui font le 9e : c’est le concept d’ID9. Magazine de proximité gratuit, ID9 est un support d’information local moderne, dynamique, ouvert et engagé, privilégiant la découverte et la mise en valeur des acteurs locaux et prenant position sur des problématiques liées au 9e. Inscrit dans une démarche citoyenne, ID9 vous ouvre ses colonnes pour vous exprimer sur un sujet public.

Parce que la proximité est le fil rouge de mon mandat d’élue, je suis heureuse, ainsi que toute mon équipe, de vous présenter ce premier numéro d’ID9. J’espère que celui-ci vous donnera l’occasion et l’envie de comprendre les enjeux locaux, de prendre part au débat public, de découvrir autrement votre arrondissement et ceux qui y vivent. Grâce à ce magazine, je souhaite amplifier cet effort de proximité en établissant un lien avec les habitants du 9e. Parce que les mois qui nous séparent de l’échéance municipale de 2014 doivent être l’occasion d’un vrai débat de fond sur le devenir de notre arrondissement, j’ai l’ambition de préparer avec vous – hors de tout tumulte électoral – un projet novateur qui incarne une alternative crédible à la gauche au pouvoir depuis 11 ans… Ceux qui souhaitent me rencontrer et participer à ce travail de réflexion peuvent m’adresser un mail : delphine.burkli@paris.fr Toute l’équipe d’ID9 vous souhaite à tous une agréable lecture et de très belles fêtes de fin d’année !

Sommaire DOSSIER SPÉCIAL Emploi : secteurs d’avenir, vers une nouvelle croissance ___________ 4

Entretien avec Jean-François Legaret ______ 11

Une économie toujours plus verte, numérique et immatérielle _______________ 5

Pierre Lellouche : une voix forte à l’Assemblée nationale ________________ 11

Quels secteurs recrutent ? _______________ 5

CEUX QUI FONT LE 9e

ID9 : magazine urbain du 9e arrondissement de l’association Neuvième Vague sise au 13, rue de la Tour-d’Auvergne à Paris 9e Directeur de la publication – rédacteur en chef : Delphine Bürkli Rédacteurs : Maxime Briend, Sébastien Dulermo, Cécile Raina, Anthony Métayer, Paul Shteip, A. Houdelette

Une France qui s’enfonce dans la crise : quelles solutions pour en sortir ? __________ 6

VuThéara Kham, quêteur de beauté________ 12

Questions à Cécilia Durieu _______________ 6

Rencontre avec Stéphane Decouard, chef du restaurant Kuki ________________ 15

Vous ne recevez pas le magazine : contactez le 06 58 56 85 07

Salon pour l’emploi ____________________ 7

COULISSES

Vous souhaitez figurer dans la prochaine édition : Cithéa Communication au 01 53 92 09 00 ou contact@citheacommunication.fr

Et à l’étranger ? _______________________ 7

SLC aux Folies Bergère ! _______________ 16

Conception et réalisation graphique : D.R. Delphine Bürkli

Musique : LA playlist exclusive d’ID9 ______ 17

Édition et régie publicitaire : Cithéa Communication

e

L’emploi dans le 9 en chiffres ____________ 7

VIVRE ENSEMBLE LE 9e Paroles d’habitants / Réponse d’élue _______ 9 Repenser nos rues pour créer de meilleurs espaces de vie… ___________ 10 Tribune libre : conseils de quartier, ne passez pas à côté ! _________________ 11

Courriel : contact@id9lemag.fr Twitters : @dburkli, @ID9lemag - Facebook : ID9lemag

Agenda / Sorties _____________________ 17 ESPACE FAMILLE Poids des cartables, mauvaises postures, position assise prolongée : une problématique de santé qui nous concerne tous _________ 18

178, quai Louis-Blériot - 75016 Paris Tél. : 01 53 92 09 00 - contact@citheacommunication.fr Crédits photographiques : Fotolia - T. Prat - Sophie Jera Imprimerie : Groupe des imprimeries Morault Papier à base de fibres recyclées et de fibres en provenance de forêts certifiées PEFC. Dépôt légal 4e trimestre 2012.

ID9 - Le magazine du neuvième arrondissement

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SECTEURS D’AVENIR, VERS UNE NOUVELLE CROISSANCE Comprendre ce que sera l’emploi et à quoi ressemblera notre économie dans 20 ans. Pour cela, nul besoin de consulter une voyante ou d’acheter une boule de cristal. Les tendances majeures se précisent depuis quelques années et plusieurs instituts ont mené récemment des études projectives qui dessinent le paysage de l’emploi d’ici 2030.

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DOSSIER SPÉCIAL

UNE ÉCONOMIE TOUJOURS PLUS VERTE, NUMÉRIQUE ET IMMATÉRIELLE 1/ Dans son édition 2012 du rapport sur l’économie française, l’INSEE estime que l’économie verte représentait en 2009 près de 960 000 emplois en France, soit 4 % des emplois du pays (1). Une tendance qui devrait se poursuivre avec le développement des énergies renouvelables, la pression à la hausse des prix des hydrocarbures et une forte demande des consommateurs de produits responsables et économes. 2/ Depuis les années 90 et la “révolution numérique”, le nombre d’emplois liés à ce secteur n’a cessé d’augmenter. Au cours des 15 dernières années, 700 000 emplois nets ont été créés, c’està-dire environ 25 % de la croissance française. Aujourd’hui, le numérique représente 3,7 % de l’emploi, ce qui correspond à 5,2 % du PIB et devrait créer 450 000 emplois d’ici 2015 (2).

3/ Bien qu’il représente les deux tiers de la valeur financière des entreprises du CAC 40, l’immatériel est insuffisamment valorisé mais acquiert une reconnaissance grandissante. Marques, savoirs, innovations, technologies, brevets, capital humain, clients sont autant d’actifs immatériels qui représenteraient aujourd’hui 48 % des investissements des entreprises (3) et constitueraient un levier fort de croissance.

Au-delà de ces trois tendances, l’avenir du marché de l’emploi dépend aussi d’autres facteurs, notamment la recherche et l’innovation, l’évolution démographique et la relance d’une croissance soutenable. Ce sont donc les politiques menées actuellement qui dessineront le futur visage de l’économie française.

QUELS SECTEURS RECRUTENT ? ▼

▼ INDUSTRIE (4)

Sur les 20 prochaines années, la finance et les assurances, sensibles aux variations de l’activité économique, créeront entre 117 000 et 152 000 emplois.

Selon le Centre d’analyse stratégique , le poids de l’industrie devrait baisser et atteindre les 10 % en 2030 contre 13 % en 2010 (123 000 emplois supprimés). Mais la désindustrialisation se ralentira dans les secteurs qui reposent sur des produits à très forte valeur ajoutée en recherche et développement, en technologie et en produits haut de gamme.

HÔTELLERIE-RESTAURATION Quelles que soient les conditions économiques, l’hôtellerierestauration et la distribution seront fortement créateurs d’emplois, notamment à Paris. Ces secteurs bénéficient d’une tendance favorable à long terme avec la croissance de la demande de loisirs. Par contre, l’essor des services low cost aura un impact sur la nature des emplois créés, de facto moins qualifiés et plus précaires.

SERVICES AUX ENTREPRISES

Les services aux entreprises seront très porteurs en création d’emplois. Les secteurs liés à l’ingénierie, la stratégie et la recherche et développement créeront environ 176 000 emplois d’ici à 2016 et entre 330 000 et 410 000 d’ici 2030.

SERVICES À LA PERSONNE

ACTIVITÉ FINANCIÈRE

CONSTRUCTION ET IMMOBILIER

LOGISTIQUE-TRANSPORT

La construction, la promotion et la gestion immobilières pourraient rebondir à moyen terme à hauteur de 117 000 nouveaux emplois d’ici 2016. Et ce grâce à l’application des nouvelles normes environnementales, au boom des logements adaptés aux personnes âgées, aux besoins en logements étudiants, au nombre de personnes par ménage en baisse et au maintien de la fécondité. Les secteurs liés au bâtiment étant très sensibles aux variations conjoncturelles, les estimations varient entre 187 000 et 322 000 créations d’emplois.

Le secteur logistique et transport aujourd’hui en plein boom devrait continuer sur cette lancée avec la forte demande de mobilité des ménages, la multiplication des transports urbains (bus, trams, vélos, voitures en libre-service, métro…) et la fragmentation de la distribution (commerces de proximité, e-commerce). Entre 120 000 et 182 000 emplois devraient être créés d’ici à 2030.

(1) (2) (3) (4)

L’éducation, la santé, l’action sociale, l’aide à la personne devraient représenter un tiers des emplois créés d’ici à 2030. Seul bémol, en raison des risques pesant sur la politique budgétaire de l’État et ses capacités limitées de financement, l’emploi public sera restreint et le secteur privé devra jouer un rôle plus important. Seront concernés 170 000 emplois d’ici 2016 et jusqu’à 826 000 emplois d’ici 2030.

INSEE - L’économie française, édition 2012 France Numérique 2012 - Bilan et Perspectives - Rapport disponible sur industrie.gouv.fr Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services - www.industrie.gouv.fr Centre d’analyse stratégique - Notes de synthèse, n° 258 et n° 259 - www.strategie.gouv.fr

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DOSSIER SPÉCIAL

UNE FRANCE QUI S’ENFONCE DANS LA CRISE : QUELLES SOLUTIONS POUR EN SORTIR ? La situation économique de la France aujourd’hui, chacun la connaît. Des millions de personnes sont au chômage, et en particulier les jeunes, le pouvoir d’achat est en berne, l’activité et les investissements patinent, les comptes publics sont dans le rouge. Poids supplémentaire, les Français vont devoir supporter une hausse d’impôts à hauteur de 20 milliards d’euros. Deux conditions à retrouver : la compétitivité et des formations de qualité. Le véritable enjeu est de soutenir la compétitivité de la France pour relancer une croissance basée sur l’innovation et la connaissance. Retrouver le chemin de la compétitivité, c’est revenir sur la durée du temps de travail, baisser son coût, désendetter le pays et booster les investissements. Face à nous, les pays émergents investissent massivement en recherche et développement. Alors qu’en 2000, la France se classait au 5e rang mondial, elle a perdu une place en 2009, tandis que l’Inde gagnait trois places et que la Chine passait du 6e au 2e rang (5). Il est donc indispensable de stimuler les investissements en recherche

et développement, d’assurer le développement de l’économie numérique (la France n’occupe que le 20e rang mondial), d’accompagner les entreprises dans la valorisation de leurs actifs immatériels (brevets), d’encourager et de développer la formation continue et de poursuivre les réformes de l’enseignement supérieur. Proposer des formations qualifiantes à nos jeunes et permettre à chacun de se former tout au long de sa vie professionnelle, c’est le choix de société indispensable pour retrouver le chemin de la croissance et des emplois. L’objectif ne doit plus être 80 %

d’une classe d’âge au bac, mais 100 % d’une classe d’âge avec un emploi. Cela suppose de pouvoir sortir du collège unique, qui prive les jeunes de leur liberté de choix, de défendre l’apprentissage à 14 ans, de créer des passerelles entre l’enseignement professionnel et l’enseignement supérieur, de donner une priorité en matière de formation professionnelle à tous les salariés qui ont suivi des filières courtes, de faciliter l’accès aux stages des jeunes en alternance. Face à cette crise économique qui balaie nos anciennes certitudes, il faut définir avant tout nos intérêts stratégiques et les moyens de les défendre. (5) Institut Montaigne - Objectif Croissance, Vademecum 2012-2017

QUESTIONS À…

Cécilia Durieu 26 ans - Cofondatrice de deux entreprises Greenworking : cabinet de conseil spécialisé dans le développement de nouvelles organisations de travail (télétravail, entreprise 2.0). eWorky.com : plateforme en ligne de comparaison et de réservation en temps réel de bureaux et de salles de réunion.

En deux mots, quel est votre parcours ? Après deux ans et demi, salariée dans la finance à Londres puis à Paris, j’ai lancé avec mon associé Olivier une première entreprise, Greenworking. Un an et demi après, nous avons créé eWorky, avec Tahir, notre troisième associé. Quels sont les ressorts de votre croissance ? À l’heure des nouvelles technologies, travailler tous les jours, à la même heure, au même endroit, est devenu une aberration financière et écologique. Nous développons donc de nouveaux modes de travail et de management et facilitons l’utilisation de lieux de travail flexibles. Quelles sont vos perspectives ? Greenworking recherche actuellement un consultant en CDI avec une expérience en conseil et un profil grandes écoles ou docteur

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ID9 - Le magazine de votre arrondissement

en psychologie du travail. Quant à notre start-up eWorky, nous recherchons des fonds pour permettre un développement rapide. Avis aux investisseurs redevables ISF et aux business angels ! Qu’est-ce qui bloque à Paris pour créer une entreprise ? Premier obstacle, l’immobilier de bureaux est très cher à Paris. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé eWorky : trouver des locaux partagés, les différents incubateurs et espaces de coworking parisiens. Quelle serait votre proposition pour améliorer le dispositif en faveur de la création d’entreprises ? Mettre en place à Paris un guichet unique pour répondre aux demandes d’informations sur la création d’entreprises ainsi que les emprunts et aides possibles serait “un grand pas”. Quels conseils pourriez-vous donner à nos lecteurs qui voudraient se lancer dans un projet de création d’entreprise ? Quels écueils à éviter ? Pour réussir, il faut garder en tête ceci : une bonne idée avec une bonne équipe au bon moment. Une bonne idée trop en avance sur le marché peut ne pas fonctionner. Une équipe qui ne parvient pas à s’entendre sur le long terme peut ruiner un projet. Ensuite, il est préférable d’avoir travaillé en tant que salarié(e) avant de monter son entreprise. L’expérience est indispensable pour acquérir et aiguiser son professionnalisme. Le statut de salarié permet aussi d’économiser : il faut savoir que les deux premières années d’entrepreneur sont rarement rémunérées.


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DOSSIER SPÉCIAL

L’EMPLOI DANS LE 9e EN CHIFFRES

SALON POUR L’EMPLOI

60 275, C’EST LE NOMBRE D’HABITANTS QUE COMPTE L’ARRONDISSEMENT (RECENSEMENT 2009). EN 2008, LE 9e ARRONDISSEMENT COMPTE 35 000 ACTIFS, SOIT UN TAUX D’ACTIVITÉ TRÈS ÉLEVÉ (79,8 % CONTRE 76 % À PARIS). 48 % DES ACTIFS AYANT UN EMPLOI TRAVAILLENT DANS LE 9e, 23 % DANS UN AUTRE ARRONDISSEMENT ET 29 % HORS DE PARIS. CHAQUE JOUR, 107 900 PERSONNES VIENNENT TRAVAILLER DANS LE 9e, SOIT 3,07 EMPLOIS PAR ACTIF RÉSIDENT CONTRE 1,46 EMPLOI PAR ACTIF EN MOYENNE À PARIS (CHIFFRES DE 2008).

Du mercredi 6 février au jeudi 7 février 2013 Salon des entrepreneurs Palais des Congrès - Paris 17e Entrée gratuite et pré-inscription sur internet

LES CADRES ET PROFESSIONS INTELLECTUELLES SUPÉRIEURES REPRÉSENTENT 50 % DES ACTIFS DU 9e CONTRE 42,4 % À PARIS.

salondesentrepreneurs.com/paris

LES ENTREPRISES DANS LE 9e (SOURCE : INSEE)

ET À L’ÉTRANGER ?

Nombre d’entreprises par secteur d’activité au 1er janvier 2011

Industrie

922

Construction

931

Commerce, transports, services divers

16 533

Administration publique, enseignement, santé, action sociale

1 312

TOTAL

19 698

Création d’entreprises par secteur d’activité en 2011

Industrie

122

Construction

73

Commerce, transports, services divers

1 774

Administration publique, enseignement, santé, action sociale

151

TOTAL

2 120

Création d’entreprises individuelles par secteur d’activité en 2011 Part en % dans l’ensemble des créations Entreprises individuelles créées

Dont autoentrepreneurs

Des entreprises individuelles

Des autoentrepreneurs

Industrie

31

27

25,4

22,1

Construction

16

14

21,9

19,2

Commerce, transports, services divers

804

602

45,3

33,9

Administration publique, enseignement, santé, action sociale

127

96

84,1

63,6

TOTAL

978

739

46,1

34,9

Dans quelles branches faut-il miser à l’étranger ? Tour d’horizon des secteurs d’avenir. En Allemagne, pour trouver un travail facilement, mieux vaut s’orienter vers la grande consommation, l’ingénierie, l’énergie et l’agroalimentaire. Grâce à la qualité des formations proposées en France, l’Angleterre recrute davantage dans certains secteurs, notamment dans l’hôtellerie, la restauration, l’enseignement, la comptabilité et les recherches scientifiques. Au Canada, le manque de main-d’œuvre qualifiée et spécialisée devrait constituer une aubaine, principalement dans le domaine du bâtiment, de l’informatique et de la mécanique. De leur côté, les États-Unis apprécient la french touch, surtout pour la restauration, la mode, l’industrie du luxe, la communication et enfin le secteur médical (infirmières). Mêmes secteurs pour l’Australie auxquels il faut rajouter les nouvelles technologies, la comptabilité, le management et le tourisme. L’Amérique du Sud, en manque de diplômés de haut niveau, offre de nombreux jobs dans des secteurs variés comme l’énergie, la construction ou l’industrie à de jeunes cadres ingénieurs ou managers européens. Sur le territoire asiatique, le Japon propose régulièrement des postes dans la banque et la gestion de risques (risk management). L’Inde continue d’attirer de nombreux candidats dans la finance, les services et l’industrie. Enfin, en Russie, les principaux secteurs qui recrutent des étrangers sont les services, la production industrielle et la métallurgie. Les employés qualifiés en ressources humaines et en développement d’affaires font aussi partie des plus recherchés.

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VIVRE ENSEMBLE LE 9e

PAROLES D’HABITANTS “

Habitant du quartier Lafayette-Richer depuis deux ans, je réside avec ma fille à proximité du square Montholon. Je trouve que l’entretien du square laisse à désirer : absence de gardiennage, les espaces sont mal délimités et l’état des sanitaires est déplorable. C’est bien dommage pour un lieu fréquenté en majorité par des enfants. J’ai aussi l’habitude de l’emmener dans d’autres squares du 10e arrondissement, autrement plus propres et sécurisés.

Arnaud, 36 ans, architecte, père d’une fille de 6 ans

À qui revient l’entretien des squares parisiens ? Quid d’un gardien à plein temps dans le square Montholon ? Qui en assure la sécurité ? La mairie a-t-elle le budget pour rénover et entretenir ce square ?

RÉPONSE D’ÉLUE DELPHINE BÜRKLI CONSEILLÈRE DE PARIS Avec les squares Adolphe Max, d’Estienne d’Orves, Alex Biscarre et Anvers, Montholon est l’un des rares “poumons verts” de l’arrondissement pour ses 60 000 habitants et les milliers de personnes qui viennent y travailler au quotidien. Pour connaître en particulier ce square depuis mon enfance, c’était, jusqu’à ces dernières années, un lieu de paix et de tranquillité pour les habitants et les enfants. Or, depuis plusieurs mois, j’observe, comme vous, une forte dégradation de cet endroit avec beaucoup d’inquiétude. Comme vous l’avez très justement dénoncé, le square Montholon souffre d’un manque d’entretien et en devient dangereux : jeux dégradés, campements sauvages, détritus divers… Cette situation peut affecter la sécurité des 2 000 enfants qui fréquentent ce square. Et pourtant, pour répondre précisément à vos questions, l’entretien des squares est sous la responsabilité des services de la

mairie d’arrondissement. Celle-ci dispose à la fois de crédits de fonctionnement renouvelés chaque année, qui peuvent être alloués au gardiennage et à l’entretien de chaque square, et de crédits d’investissement pour procéder à des travaux de rénovation. Et elle peut, en outre, déposer à tout moment des projets auprès de la Mairie de Paris qui, si elle accepte le projet, en assumera le coût financier. La mairie d’arrondissement n’est donc pas dépourvue de moyens d’action. D’ailleurs, comme vous l’avez mentionné, nombre de squares parisiens sont très bien entretenus : la tâche ne semble donc pas impossible. Il faut souligner qu’avant 2001, les cinq squares du 9e arrondissement disposaient tous d’un gardien. On peut donc décemment se poser la question de savoir ce que sont devenus les crédits qui étaient auparavant affectés au fonctionnement et à l’entretien des squares. Depuis un an, je me fais le relais au conseil municipal des préoccupations des

Square Montholon

riverains du square Montholon qui, excédés, se sont constitués en collectif et ont lancé une pétition “Sauvons Montholon”. Car il faut, bien évidemment, rétablir le gardiennage, gage de tranquillité et de sécurité pour tous, et rénover les installations du square qui ont souffert depuis plusieurs années d’un manque flagrant d’entretien. C’est à ce titre que j’ai été amenée à porter le dossier devant le Conseil de Paris en juin dernier. La Mairie s’est engagée à mettre en place des mesures concrètes. En tout état de cause, je considère qu’il est hors de question que nous laissions cet endroit devenir une zone de non-droit et je continuerai à intervenir autant que nécessaire.

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VIVRE ENSEMBLE LE 9e

REPENSER NOS RUES POUR CRÉER DE MEILLEURS ESPACES DE VIE… Projet d’aménagement de la rue de Clichy (Vue : angle rue de la Trinité et rue de Clichy)

DEUX PROPOSITIONS D’AMÉNAGEMENT : RUE DE CLICHY ET RUE DE BRUXELLES Nos rues sont, certes, des lieux de circulation, mais avant tout des lieux d’habitation et de fréquentation. Elles constituent notre quotidien. L’espace étant limité à Paris, il nous faut rationaliser l’espace commun et améliorer le partage de la voirie entre les différents usagers : piétons, poussettes et fauteuils roulants, cyclistes, automobilistes et bus. C’est cette réflexion qui a amené Delphine Bürkli, en concertation avec les riverains, à élaborer ce projet de réaménagement des rues de Clichy et de Bruxelles. Objectif : développer pour le quartier une politique de voirie plus proche des habitants et de leurs aspirations quotidiennes. Rue de Clichy La rue de Clichy a vocation à devenir à la fois plus sûre, plus agréable et plus accessible. La réduction de la vitesse de circulation ainsi que le réaménagement des passages piétons rendra à nouveau la rue attrayante pour ses habitants. L’élargissement du trottoir sur certains segments,

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notamment devant l’école maternelle, permettra une meilleure circulation des piétons, personnes à mobilité réduite et poussettes, sans pour autant gêner les automobilistes (puisque le trafic y est fluide) et permettra enfin de mettre aux normes les arrêts de bus. Ce projet est naturellement respectueux de son environnement et prévoit, notamment, un enrobé phonique afin d’y réduire les nuisances sonores. Repenser la rue de Clichy pour restituer le quartier à ceux qui y vivent et qui font son dynamisme ! Rue de Bruxelles À l’opposé de la rue de Clichy, la rue de Bruxelles est une petite rue peu fréquentée par les véhicules. Bordée par une école maternelle et des commerces, cette rue doit être repensée pour être une zone de rencontre. Élargir les trottoirs et repositionner en hauteur l’éclairage public permettra de libérer cet espace. Limiter la circulation

à 20 km/h, habiller la chaussée de pavés engazonnés et agrémenter cet espace de plantes en fera un lieu de vie plein de charme pour ses riverains. C’est cette vision de l’avenir de nos quartiers, pensé avec vous et pour vous, que Delphine Bürkli souhaite porter au Conseil de Paris. Elle est à votre disposition pour vous rencontrer et recevoir vos idées, suggestions et remarques. Contact : delphine.burkli@paris.fr

Projet d’aménagement de la rue de Bruxelles (Vue : niveau 32-34, rue de Bruxelles)


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VIVRE ENSEMBLE LE 9e

TRIBUNE LIBRE CONSEILS DE QUARTIER, NE PASSEZ PAS À CÔTÉ ! PAR MYRIAM HALLOUIN CONSEIL DE QUARTIER TRUDAINE-ROCHECHOUART

le trottoir, éradiquer les déjections canines, parler avec ta mamie voisine sur un banc public à la belle saison, voir un arbre de ta fenêtre, procurer une vie décente au SDF qui campe en bas de chez toi, discuter de tout et de rien autour d’un verre ou d’un repas sur une place agréable…

Tu aimes le quartier dans lequel tu vis ou travailles ; tu le rêves comme un village avec ses rues, ses immeubles, ses badauds et ses gens pressés. Ah ! Nostalgie, la ville à la campagne… Et puis, la vie locale, c’est l’affaire de tous ! Alors toi aussi…

Alors, comment résister à ces invites apposées sur les panneaux de la ville, comment ne pas céder à la tentation de s’immiscer dans la chose publique : poser sa candidature aux conseils de quartier, phares de la démocratie locale, être tiré(e) au sort parmi les volontaires, relayer des propositions, les idées d’habitants et usagers pouvant être à l’origine de projets municipaux… Voilà un début de réponse !

Tu aimerais bien garer ton scooter en bas de chez toi, marcher en toute sécurité sur

Dans la vraie vie, les choses sont moins simples : tu n’es pas forcément d’accord

avec les grands projets qui ne sont pas les tiens – ni avec les petits d’ailleurs –, tu te heurtes à l’inertie locale, au foisonnement des textes, au pouvoir non partagé, au manque de moyens… Et puis souviens-toi, tu n’es pas élu(e) ! Alors, renoncer ? Non, car avec de l’énergie, tu peux proposer de faire planter un arbre, poser un banc ou une jardinière, améliorer la propreté d’un square… Tu peux aussi susciter l’envie d’organiser des fêtes, des repas de quartier, des pots, des vide-greniers… Rendre les gens heureux et faire naître de la convivialité ! Oui, ne passe pas à côté, car tout ce qui sera fait dans les conseils de quartier sera toujours mieux que rien. C’est avec beaucoup de “pas grand-chose” qu’on arrive à faire quelque chose !

ENTRETIEN AVEC JEAN-FRANCOIS LEGARET NOUVEAU PRÉSIDENT DU GROUPE UMP AU CONSEIL DE PARIS MAIRE DU 1er ARRONDISSEMENT - CONSEILLER RÉGIONAL Vous venez d’être élu président du groupe d’opposition à la Mairie de Paris. Comment comptez-vous incarner ce rôle ? Comme un animateur, en laissant à chaque élu l’initiative et la liberté d’action. L’objectif est de renforcer le travail collectif et de le faire aboutir sur un programme que nous porterons en commun pour les prochaines élections municipales. Ce travail intense et passionnant doit se faire dans un contexte de partage. Spécialiste reconnu des finances de la Ville, quel jugement portez-vous sur la politique économique et fiscale du maire de Paris ? Globalement, je regrette un véritable gâchis. Le maire de Paris, depuis 2001, a bénéficié de recettes exceptionnelles dues, soit à la conjecture favorable (notamment les droits de mutation alimentés par la spéculation immobilière), soit au matraquage fiscal qu’il a imposé à tous les Parisiens. Avec une telle augmentation des recettes, il était de son devoir de dégager des marges de

manœuvre, de renforcer la part de l’investissement et de désendetter Paris. Il a fait le contraire en laissant les dépenses de fonctionnement et le train de vie de l’Hôtel de Ville déraper et en doublant l’encours de la dette. Quelles sont, selon vous, les priorités pour la Ville ? Les Parisiens manifestent de nouvelles attentes. Ils sont très exigeants sur la proximité des services, le coût de la vie, les déplacements, la propreté, la qualité de vie. Notre mission est d’apporter de bonnes réponses à toutes ces questions. C’est la raison pour laquelle des groupes de travail sont mis en place à mon initiative. Ils permettront de rassembler les élus, des experts et tous les Parisiens qui souhaiteront y contribuer pour réfléchir aux problématiques parisiennes et formuler des propositions. Delphine Bürkli participera au groupe de travail sur le logement et l’habitat à Paris.

PIERRE LELLOUCHE : UNE VOIX FORTE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE Avec 53,17 % des suffrages exprimés, Pierre Lellouche a été élu le 18 juin 2012 député de la 1re circonscription législative de Paris, laquelle comprend les 1er, 2e, 8e et 9e arrondissements de la capitale. Fort de son expérience ministérielle, membre de la commission des affaires étrangères, Pierre Lellouche est un des aiguillons de l’opposition au Gouvernement Ayrault. Une opposition constructive chaque fois que possible, mais combative et sans concession chaque fois que nécessaire !

Si vous souhaitez participer : contact@neuviemevague.fr

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Photo © Vuthéara

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CEUX QUI FONT LE 9e

VUTHÉARA KHAM, QUÊTEUR DE BEAUTÉ Les néons des échoppes du boulevard de Clichy s’allument et électrisent les reflets du couchant parisien. Le salmigondis de Pigalle se fait moins dense. Au cœur de ce manège humain sans cesse renouvelé, une agréable distorsion, une suspension dans le temps et dans l’espace, une douce rencontre. La parole s’articule par à-coups et sans fracas, soubresauts de celui que l’on interroge sur son art. Le phrasé de VuThéara Kham ne laisse pas de place à la préméditation. Parsemé de silences, il s’écoule lentement, s’interroge, réfléchit, cherche la simplicité. Le visage est lisse, sans armure, son expressivité est hésitante et douce. Ce natif du Cotentin est modeste et simplement heureux de partager des moments de son histoire.

Bringuebalé par le flot des habitants de sa nouvelle ville, il se laisse envelopper de ses atours. Il découvre Paris et ses multiples beautés. Il s’émerveille de la richesse de situations qu’offre la capitale à ses sens. “Addict à la musique”, VuThéara décide au milieu de l’année 2010 d’acheter un iPhone d’occasion à un ami. Il y voit un moyen d’écouter sa musique partout. N’ayant pas de connexion internet sur son smartphone et n’ayant pas d’appareil photo personnel, il découvre que son nouveau téléphone, en sus d’écouter de la musique et d’appeler, lui permet de prendre de belles photos. Il s’amuse alors à faire des photos de ses sorties, comme tout le monde, puis les partage sur Facebook, comme beaucoup. Les retours sur le premier réseau social

sont nombreux et prometteurs. Ses photos ont quelque chose de plus. Fin 2010, il achète un iPhone 4 et se crée un compte sur Instagram, une application permettant de partager ses photos. La simplicité, la fluidité et les possibilités (géolocalisation, filtres) de cette application attisent sa curiosité. La première photo qu’il partage sur Instagram est prise un soir, au théâtre des Bouffes du Nord. Une passion éclôt. Il prend de plus en plus de photos.

LE MONDE EST EMPLI DE PERSPECTIVES […] ET PARIS RECÈLE DE RICHESSES ARCHITECTURALES Le monde est empli de perspectives (courbes, lignes) et Paris recèle de richesses architecturales. Par un mouvement d’adaptation réciproque, l’homme et son environnement créent des symphonies visuelles éphémères. VuThéara veut s’en faire l’écho. Il travaille à l’époque dans le 1er arrondissement, rue du Louvre. Esprit solitaire, il “shoote” beaucoup et partage deux à trois photos par jour. Sur le réseau Instagram, les premiers retours sont en petit nombre, mais très positifs. Sans prétention, il reçoit ces commentaires comme autant d’encouragements à poursuivre sa nouvelle passion. Celle-ci devient un challenge personnel quotidien. Il baguenaude désormais très tôt le matin, avant le travail,

et le soir. Il s’inflige une discipline horaire naturellement. La curiosité, le plaisir, le fun sont ses moteurs. “City of life et city of love”, Paris occupe une place prépondérante de ses sujets photographiques. Il s’intéresse aux Parisiens dans leur quotidien, prend des risques en photographiant l’intime dans l’espace public. Une moue dans le métro. Un éclat de joie familiale. Ses photos mettent en avant l’étrange présence de l’homme dans un environnement aux formes étonnantes. L’insolite surgit avec grâce. Ses clichés captent des oxymores, dévoilant ainsi de nouvelles réalités poétiques. “Les scènes s’offrent à nous”. Il prend le temps “que tout le monde a”, et chasse le stress qui rend aveugle. Prendre le temps d’observer permet de voir autrement. Les instants magiques sont souvent empreints de naïveté ; l’important est de figer la beauté : “une envolée de pigeons sur la Seine, un vieillard assis seul sur un banc public ou l’ouverture des parapluies au moment où les premières gouttes tombent”. VuThéara travaille sur les formes pour magnifier les scènes qu’il déniche. Il veut surprendre, “que la personne regardant ses photos parisiennes se demande quel est l’endroit photographié”. Généreux, il veut offrir la possibilité d’apprécier l’exceptionnelle beauté qui nous environne. Il varie son travail, s’intéresse à la nature particulière des parcs parisiens. Pendant des mois, il fait tous les jours le même parcours au cœur de Paris.

Photo © Vuthéara

Fils de restaurateurs originaires du Cambodge installés à Cherbourg, VuThéara habite la capitale depuis 5 ans, où il travaille dans le web design. Remarqué à ses débuts pour ses vidéos de skate et le design de ses sites web, il est recruté par une jeune start-up parisienne montante. Web designer les premières années, il devient responsable graphique du design d’interface de la solution open source développée par sa société. Son travail est celui d’un directeur artistique de ce début de siècle. Ses premiers pas à Paris se font à tâtons. Il est souvent perdu. Il appelle ses amis pour être guidé dans les transports en commun. Ses déplacements parisiens sont autant de parcours d’orientation.

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Il prend le temps de se familiariser avec son environnement. “Comme dans The Truman Show, j’étais arrivé à une situation où j’attendais que le jardinier sorte s’occuper de ses plantes, que le clochard se positionne à son endroit stratégique pour mendier”. La vie est un théâtre. Il veut shooter les scènes au bon moment. Son œuvre est un “journal intime retraçant le quotidien de [son] parcours à Paris”. Il scrute les mouvements météorologiques. Un jour, l’esplanade du Trocadéro est enneigée. La fontaine qui trône en son centre est glacée. Il n’y a personne, juste deux enfants s’amusant avec des luges de fortune. VuThéara est là. Le cheminement, la quête fait la photo. Six mois après son inscription sur Instagram, 4 000 abonnés fidèles le suivent. Malgré sa timidité, il décide d’organiser sa première exposition. VuThéara parle avec des images. Cette expo, une des premières dédiée aux photos Instagram en France, se tient un soir dans les locaux d’une start-up web. Format Polaroïd, 80 photos sont mises en vente à 10 euros pièce. L’argent récolté est versé à une association caritative venant en aide aux enfants défavorisés du Cambodge, le pays de ses ancêtres. Un peu plus de 80 personnes viennent à cette exposition. Près de 40 photos sont vendues. L’événement est twitté par des blogueurs présents. VuThéara est bluffé. C’est un succès. Un an plus tard, VuThéara est devenu un des instagramers les plus connus et appréciés au monde. Humble, il reconnaît “l’importance décisive du facteur chance”. N’empêche que sa patte y est pour beaucoup. Il a su imposer son style. Un style qui s’est forgé au fil de ses déambulations parisiennes. L’œil de VuThéara a capté la subtilité de la capitale française, ce qui a grandement contribué à sa notoriété. Aujourd’hui, à l’international, il est perçu comme un ambassadeur de Paris. Lui, le Normand, en est toujours surpris. Et fier.

En novembre 2011, VuThéara participe à un concours photo organisé à l’occasion de la sortie d’une nouvelle application photo. L’iphoneographie fait des émules, et on recense 10 000 participants au concours. Cent d’entre eux sont retenus pour exposer à la prestigieuse “Soho Gallery for Digital Art” de New-York. VuThéara termine 2e. En février 2012, il est l’invité de la “Social Media Week” et tient un atelier sur l’iphoneographie. À l’issue de cet événement, il expose à la fameuse galerie Daniel Templon, célèbre pour avoir découvert et exposé des artistes comme Andy Warhol ou Jean-Michel Basquiat à leurs débuts. Le buzz monte.

VUTHÉARA DEVIENT UN DES INSTAGRAMERS LES PLUS CONNUS ET APPRÉCIÉS AU MONDE ET, SANS LE VOULOIR, SE RETROUVE PROPULSÉ REPRÉSENTANT DE L’IPHONEOGRAPHIE Sans le vouloir, VuThéara se retrouve propulsé représentant de l’iphoneographie. Les honneurs arrivent, lui qui ne les a jamais cherchés. La société Instagram, basée en Californie, le contacte. Il devient “top instagramer” et voit sa courbe d’abonnés exploser. Aujourd’hui, le compte Instagram de VuThéara est suivi par près de 135 000 followers du monde entier. Les propositions affluent. Une prestigieuse maison d’édition française (La Martinière) lui propose de sortir un livre photo de ses œuvres au printemps prochain. Il devient bêta-testeur (chargé de tester les projets d’applications avant leur diffusion) de nombreuses applications photos. Récemment, il a été invité en Israël pour participer au projet Once in a Lifetime, aux côtés des 10 instagramers les plus influents au monde. Ce séjour s’est

conclu par une rencontre avec le président Shimon Peres. Être considéré par un chef d’État comme un ambassadeur de la France et de sa capitale l’a ému. Cette histoire est celle d’un jeune homme humble et généreux qui connaît un succès inattendu et mérité. Celle d’un jeune Parisien qui a fait de sa photographie un langage à part entière. Celle de quelqu’un qui a découvert sa passion et qui est persuadé que nous avons tous en nous une énergie créatrice. “On a plusieurs facettes”. À tout juste 30 ans, est-ce que la photographie sera son deuxième métier ? “Peut-être ?” On le lui souhaite…

Instagram Instagram est une application, pour iPhone et Android, et un média social de partage de photos, où les utilisateurs peuvent télécharger des photos et leur appliquer des filtres pour améliorer l’image. Cette application permet de partager ses photographies avec son réseau d’amis, de taguer, de géolocaliser et de laisser des commentaires sur les clichés déposés par les autres utilisateurs. Elle a été désignée application de l’année 2011 par Apple. Instagram, qui est détenue depuis quelques mois par Facebook, compte environ 80 millions d’utilisateurs, mais la plupart des photos sont partagées sur Facebook, où elles ont une audience potentielle de près d’un milliard de personnes. Relativement simple (peu de filtres ou d’effets), le fait qu’elle soit gratuite et ultrasociale la rend incontournable.

Iphoneographie Comme son nom l’indique, l’iphoneographie consiste à prendre une photo avec son iPhone et à la retoucher (ou non) directement à partir des applications disponibles pour l’iPhone sans passer par un ordinateur. Les avantages de l’iphoneographie par rapport aux appareils classiques sont nombreux : discrétion, très faible encombrement, fluidité, facilité d’utilisation, rapidité du système.

Retrouvez VuThéara sur : www.pointofvuth.com et sur Instagram : www.statigr.am/user/vutheara Photos © Vuthéara

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Tarte au citron meringue italienne 4 personnes - Préparation : 1 h - Attente : ½ h Le sablé breton (à préparer de préférence la veille) • 1 jaune d’œuf • 40 g de sucre semoule • 50 g de beurre • 1 gousse de vanille • 1 pincée de sel • 5 g de levure chimique Mixez le beurre, la vanille, le sel et la levure chimique. Dans un récipient, battez l’œuf et le sucre. Incorporez au reste et mixez jusqu’à obtention d’une pâte homogène. Roulez la pâte puis réservez au frais pendant 1 heure (en attendant, passez aux étapes suivantes). Sur une plaque, découpez des rectangles de pâte et enfournez 15 minutes à 180 °C jusqu’à coloration du biscuit.

RENCONTRE AVEC STÉPHANE DECOUARD, CHEF DU RESTAURANT KUKI Au 47 de la rue Rodier se trouve le Kuki, restaurant de quartier où la carte évolue tous les deux mois selon l’humeur du chef. Gaspacho andalou à la figue, estofinado aveyronnais, daurade royale à la sauce vierge, quenelles de pintade, tarte aux agrumes meringuée… Un passionné Aujourd’hui Stéphane Decouard aime son métier mais ça n’a pas toujours été le cas… La cuisine, c’est une reconversion, le chef du Kuki était le directeur administratif et financier d’une société agroalimentaire, Tassos. Un jour, il décide de tout plaquer et entame un master en gastronomie française à l’École Ritz Escoffier Paris. Il fait ses premières armes dans les cuisines de L’Espadon, puis décide d’ouvrir son propre restaurant, Kuki, qui signifie cuisinier en marquisien.

Restaurant Kuki 7, rue Rodier - 75009 Paris Tél. : 09 81 26 46 89 - www.kuki.pro Menu entrée - plat - dessert à 26,50 € Ouvert du mardi au samedi soir En formule rapide les midis du mardi au vendredi

La qualité avant tout Ici, tout est frais. D’ailleurs quand il n’y en a plus, il faut revenir ! Stéphane Decouard se sert directement au marché de Rungis et privilégie les fruits et légumes de saison. Il définit sa cuisine comme traditionnelle, mais nous rajouterons inventive et raffinée. C’est d’ailleurs la recette d’une tarte au citron revisitée qu’il nous propose aujourd’hui.

Crème au citron • 100 g de citrons pressés (2-3 citrons selon la taille) • 3 œufs • 3 jaunes d’œufs • 125 g de sucre • 145 g de beurre Dans une casserole à feu moyen, fouettez jusqu’à ébullition tous les ingrédients sauf le beurre. Stoppez la cuisson. Incorporez le beurre et attendez qu’il fonde. Fouettez à nouveau pour rendre la crème plus homogène. Meringue italienne (plus crémeuse) • 3 blancs d’œufs • 180 g de sucre glace Montez les blancs en neige. Incorporez le sucre glace et continuez à battre délicatement jusqu’à ce que le sucre épaississe la meringue (environ 5 minutes). Réalisation 1/ Dans des verrines, étalez dans le fond et sur 7 centimètres la crème au citron. 2/ À l’aide d’une poche à douille, déposez la meringue sur le dessus par petites touches. 3/ Brûlez au chalumeau jusqu’à légère coloration. 4/ Réservez ½ heure au frais. 5/ Disposez le tout dans une assiette avec le sablé breton. Bonne dégustation ! Le vin qui va bien : Stéphane nous conseille un Chinon blanc (cuvée Rochette) qui nous vient tout droit d’Indre-et-Loire. C’est un vin bio moelleux, frais avec une pointe d’acidité minérale que l’on trouve chez un caviste du quartier “Le Vin en Tête”.

Le Vin en Tête - Cave Saint-Georges 48, rue Notre-Dame-de-Lorette - 75009 Paris Tél. : 01 53 21 90 17 Ouvert du mardi au dimanche

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COULISSES

SLC AUX FOLIES BERGÈRE !

Si ces trois lettres ne vous disent rien, c’est que vous êtes nés après les années 80. Pour les autres, c’est d’abord le titre d’une émission de radio lancée en 1959, puis un magazine centré sur la musique pop. 50 ans après, Salut Les Copains revient sur le devant de la scène pour un spectacle inédit. Une troupe de comédiens, des chanteurs et danseurs, mais surtout une histoire… En s’attaquant au phénomène SLC, l’équipe artistique joue gros. Le spectacle doit être à la hauteur de cette décennie culte, l’une des plus excitantes du siècle dernier où les stars étaient encore accessibles. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce show le spectacle de la rentrée : cheveux longs, twist, blousons noirs et scopitones. Sur scène, on retrouve les plus grands tubes de cette période orchestrés par le talentueux Stéphane Jarny, metteur en scène et chorégraphe.

Rien ne prédestinait Flo Malley à faire carrière dans la musique. Et encore moins à camper un premier rôle dans une comédie musicale. Pourtant à 24 ans, après avoir obtenu son master de ressources humaines, il change de voie en tentant le casting de The Voice. Sa voix rauque lors de son audition à l’aveugle surprend tout le monde et enchante les jurés. Éliminé le 14 avril dernier du programme, son talent n’est pas passé inaperçu. Il est sollicité pour la comédie musicale des sixties, Salut Les Copains (SLC), jouée aux Folies Bergère. Depuis le 18 octobre, il y incarne Michel, l’un des personnages phares du spectacle.

Lorsque vous avez entendu parler du projet de comédie musicale, quelle est la première chose qui vous est venue à l’esprit ?

français : Retiens la nuit. Satisfaction est celle qui me procure le plus de plaisir lorsque je chante, comme lorsque j’étais petit…

Le magazine m’est spontanément venu en tête ; et puis le jeune Johnny des sixties. J’avais entendu des bribes de ses morceaux de l’époque qui me plaisaient. Les musiciens de cette époque qui m’ont le plus marqué sont les Stones, les Beatles ou encore Dutronc et Gainsbourg. Ces artistes ont bercé mon enfance. À 5 ans, je chantais déjà Satisfaction dans ma poussette !

Flo Malley, c’est votre nom dans la vie ?

Qu’est-ce qu’incarnent pour vous des lieux mythiques comme les Folies Bergère, où vous vous produisez actuellement ? La première fois que je suis venu ici, aux Folies Bergère, c’était comme un conte de fées : toutes ces lumières, la grande scène, le décor… Je n’avais jamais vécu ça avant. Aujourd’hui, j’ai encore les yeux qui pétillent en entrant dans ce lieu. Quelles chansons interprétez-vous durant le spectacle ? J’interprète deux chansons en anglais : Satisfaction et What I Say. Ainsi qu’une en

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C’est mon nom d’artiste et un clin d’œil au chat des Aristochats, Thomas O’Malley. Quels sont vos goûts musicaux ? J’ai une affection particulière pour la black music : reggae, soul et hip-hop. J’adore le rock aussi, que je découvre au quotidien. Mes goûts évoluent au fil de mes découvertes. Ces influences multiples, on les retrouve dans la musique que j’écris et que je compose. Avez-vous un album en préparation ? Je travaille sur quelques titres. C’est un peu prématuré pour vous dire quand sortira mon premier disque. Ce qui est certain, c’est que mes chansons seront en français et se situeront au carrefour de la pop, du reggae et de la soul.


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COULISSES

MUSIQUE : LA PLAYLIST EXCLUSIVE D’ID9

On aime Emeli Sandé pour son titre Next to Me

© DR

Si vous vous demandez quel est le “son” du moment, ne cherchez plus, c’est Emeli Sandé. Reflétant les peurs, les pensées et les espoirs de cette jeune femme, son album Our Version of Events touche chacun d’entre nous : il y a des chansons à chanter sous la douche, des titres pour tomber amoureux, des compositions pour nous accompagner lorsqu’on a le cœur brisé. Cet album typiquement britannique mais ouvert sur le monde est entièrement écrit par Emeli, l’une des jeunes artistes les plus passionnantes entendues cette année. Souvenez-vous, Emeli Sandé a chanté durant les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques de Londres 2012. Au Casino de Paris le 4 mars 2013, venez la découvrir ! www.emelisande.com

On espère qu’il passera bientôt dans le 9e : Killtronik et le titre Paris la nuit

© Thomas Lavelle

Vingt-deux ans et déjà une vie dans la musique : Kévin Blanc apprend le piano à 8 ans, la batterie à 10, la guitare à 12 et se lance dans l’écriture à 17, stimulé par la découverte de la composition sur ordinateur. Seul aux commandes de Killtronik, il livre des chansons romantiques et énergiques. Paris la nuit, le premier EP de Killtronik, est un coup d’essai magistral aux allures de révélation pop. Une voix inimitable et un vrai talent font de Killtronik un artiste à découvrir absolument ! www.killtronik.com

Thomas Dutronc s’est remis à l’écriture de chansons après avoir vendu plus de 600 000 exemplaires de son album Comme un manouche sans guitare et donné plus de 600 concerts. À la première écoute de son nouvel album il se produit une chose rare, les chansons de Silence on tourne, on tourne en rond restent en tête. Du titre d’ouverture Turlututu au single Demain, difficile de s’en défaire : sans clinquant ni effet tape-à-l’œil, ces mélodies nous reviennent insidieusement au détour d’une balade. Thomas Dutronc a composé un florilège de titres qui s’attachent à ce que la chanson peut donner de meilleur : éclairer sur un état du monde sans avoir l’air d’y toucher, en dire toutes les vibrations au détour d’une phrase légère comme un rire enfui. Cet album, aux accents rock, accueille également des bossas et des swings irrévocables. Il sera en concert du 16 au 18 janvier 2013 à l’Olympia. www.thomasdutronc.fr

On sélectionne Olivia Ruiz avec le titre My Lomo & Me (Je photographie des gens heureux) Olivia Ruiz est de retour avec un nouvel album Le calme et la tempête. Olivia signe elle-même textes et compositions, et co-réalise ce disque avec et chez Tony Berg (ex A&R Geffen Records) à Los Angeles. Un son nouveau naît de cette rencontre entre deux continents, deux générations, deux cultures. Un nouvel album à découvrir sur scène dès janvier 2013 et à l’Olympia de Paris le 18 février 2013. Prenez vos places sans attendre ! www.olivia-ruiz.com © Jean-Baptiste Mondino

© 座ann_orhan

On écoute Thomas Dutronc et son titre Demain

Et aussi, dans les salles de concert du 9e arrondissement : GAROU Le mercredi 30 janvier 2013 à l’Olympia

MARC LAVOINE Du mardi 19 février au dimanche 24 février 2013 à l’Olympia

CINÉMA Populaire avec Romain Duris et Déborah François Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Comédie - Sortie le 28 novembre Le Hobbit : un voyage inattendu avec Martin Freeman, Richard Armitage, Ian McKellen Les aventures de Bilbon Sacquet, entraîné dans une quête héroïque pour reprendre le Royaume perdu des nains d’Erebor, conquis longtemps auparavant par le dragon Smaug. Abordé à l’improviste par le magicien Gandalf le Gris, Bilbon se retrouve à intégrer une compagnie de 13 nains menée par Thorin Écu-de-Chêne, guerrier légendaire. Ce voyage les emmènera au Pays sauvage, à travers des territoires dangereux grouillant de gobelins et d’orques, de wargs assassins et d’énormes araignées, de changeurs de peau et de sorciers. Fantastique - Sortie le 12 décembre Main dans la main avec Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm, Béatrice de Staël Quand Hélène Marchal et Joachim Fox se rencontrent, ils ont chacun des vies bien différentes. Hélène dirige la prestigieuse école de danse de l’Opéra Garnier, Joachim, lui, est l’employé d’un miroitier de province. Mais une force étrange les unit. Au point que, sans qu’ils puissent comprendre ni comment ni pourquoi, ils ne peuvent plus se séparer. C’est physiquement impossible. Comme si dès l’instant de leur rencontre Hélène et Joachim se mettaient malgré eux à valser dans un infernal duo. Comédie dramatique - Sortie le 19 décembre La Stratégie de la poussette avec Raphaël Personnaz, Charlotte Le Bon, Jérôme Commandeur Thomas a laissé partir Marie, à force de ne pas s’engager. Un an plus tard, toujours inconsolable, il se retrouve avec un bébé sur les bras. Il va se servir de cet enfant pour reconquérir la femme de sa vie… Comédie - Sortie le 2 janvier prochain

Du côté du libraire La librairie Saint-Paul Siloë vous invite le mardi 15 janvier 2013 à 19h00 à une conférence sur le thème : “Quel avenir pour le Liban, terre de rencontre des cultures et des religions ?” Librairie Saint-Paul Siloë : 28, rue de Châteaudun - 75009 Paris Tél. : 01 45 48 33 00 Contact : direction.saintpaul@orange.fr Métro : Notre-Dame-de-Lorette (ligne 12) Bus : 26, 32, 43, 67, 74

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ESPACE FAMILLE

POIDS DES CARTABLES, MAUVAISES POSTURES, POSITION ASSISE PROLONGÉE : UNE PROBLÉMATIQUE DE SANTÉ QUI NOUS CONCERNE TOUS M’Ton Dos : prévenir le mal de dos des enfants et des adolescents PAR FRÉDÉRIC SROUR

DES CHIFFRES ÉLOQUENTS

Habitant du 9e arrondissement depuis 2002 Kinésithérapeute libéral-Ergonome Enseignant et formateur Président du SNMKR 75 (Syndicat national des masseurskinésithérapeutes rééducateurs section Paris) Rapporteur de la campagne M’Ton Dos

De nombreuses démarches ont été menées auprès des institutions, de l’assurance maladie, des responsables politiques de la santé, de la jeunesse et des sports, du développement numérique… avec le souci de favoriser un rapprochement interdisciplinaire autour de la place de l’enfant dans la prévention et de son encadrement éducatif.

À l’initiative du Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes, M’Ton Dos mobilise ses forces pour prévenir le mal de dos des jeunes enfants et des adolescents. En luttant contre les cartables trop lourds, les mauvaises postures, les positions avachies (à l’école comme à la maison), en éduquant les enfants aux environnements numériques et en faisant la promotion de l’exercice physique, M’Ton Dos est aujourd’hui un acteur majeur dans cette problématique de santé qui nous concerne tous.

Appeler tous les intervenants de la vie scolaire à s’engager Les représentants des parents d’élèves, les instituteurs et les chefs d’établissement sont sollicités pour mettre à l’ordre du jour des conseils d’école et conseils d’administration des collèges cette question importante de la prévention du mal de dos. Grâce à l’action de M’Ton Dos, la circulaire ministérielle de janvier 2008, intitulée “Poids des cartables”, demande à tous les chefs d’établissement de prendre les mesures locales les mieux adaptées : • prévoir un doublement des manuels scolaires afin qu’un jeu de livres puisse rester à la maison et le second à l’école ; • mettre en place des formations à l’école à destination des enfants, mais aussi des enseignants et des parents, afin d’apprendre l’éducation vertébrale ; • réduire les fournitures : mutualiser les cahiers et abolir le superflu ; • favoriser la vidéoprojection en classe ;

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• renouveler un mobilier scolaire standard mal adapté et peu ergonomique ; • développer des aires de jeux dans les cours de récréation. Des actions probantes En 2009, M’Ton Dos réalise une première campagne des bilans gratuits auprès des élèves de 6e et de 5e : 78 % se plaignent de maux de dos. En 2012, M’Ton Dos renouvelle une campagne, cette fois sur des enfants de CM1, CM2 et 6e, afin de savoir si le mal de dos s’observe dès l’école primaire. Les médias s’emparent massivement de ces éléments qui deviennent un vrai sujet de société. 250 kinésithérapeutes se mobilisent sur le territoire national. Résultats à la fin de l’année… Pour 2013, M’Ton Dos est d’ores et déjà inscrit au programme de formations proposées en milieu scolaire. À quand les enfants sans cartable ? Pour en savoir plus : www.mtondos.biz

2007 À l’initiative du Syndicat national des masseurskinésithérapeutes (SNMKR), de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et de l’association Grandir en France, la campagne M’Ton Dos était créée. 1996 et 2007 Pesées nationales des cartables à l’initiative de la FCPE qui montre que 85 % des élèves ont un cartable trop lourd. Le poids moyen du cartable relevé lors de la pesée de 2007 (CM1, CM2, 6e) est de 7,56 kg ! 2008 Grâce aux actions de M’Ton Dos, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale recommande que le poids du cartable des enfants ne dépasse pas 10 % du poids du corps des enfants. 2008 Création du site internet M’Ton Dos (www.mtondos.biz) et du “serious game” à télécharger. Ce logiciel e-Mage Mtondos Enfant a pour objectif de rappeler régulièrement aux enfants et aux adultes la bonne position face à l’ordinateur de façon ludique et pédagogique. 2009 Première campagne des bilans gratuits auprès des élèves de 6e et de 5e. Près de 200 kinésithérapeutes se mobilisent et réalisent plus de 1 000 bilans. Les résultats sont éloquents : • 78 % des enfants se sont plaints à un moment de l’année de douleurs de dos ; • 75 % des enfants qui se plaignaient de maux de dos identifiaient l’origine de ces douleurs comme provenant du poids de leur cartable et de la position assise prolongée. 2012 Deuxième campagne des bilans gratuits. 250 kinésithérapeutes se mobilisent sur le territoire national. Cette fois, les bilans sont réalisés sur des enfants de CM1, CM2 et 6e afin de savoir si le mal de dos s’observe dès l’école primaire. Résultats à la fin de l’année… 2013 Inscription du programme de formations M’Ton Dos en milieu scolaire, à l’initiative des kinésithérapeutes, au schéma régional de la prévention par l’agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale.


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