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Les

Chroniques

DE LA FONDATION

N°4 - OCTOBRE 2010

SOMMAIRE LA FONDATION EN BREF La démarche « qualité » des écoles indépendantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 ÉCOLE ET LIBERTÉ C’est Clovis qu’on assassine ! Perplexité d’un professeur d’histoire 3 DOSSIER Internat, l’expérience décisive de la communauté . . . . . . . . . . . . . . 4 ACTUALITÉ DES ÉCOLES À la rentreé 2010, 19 écoles indépendantes de plus ! . . . . . . . . . 6 FORMATION DES MAÎTRES Le maître d’école, ce modèle . . . . . 7 Les institutrices de l'ILFM en poste 7 NOS PUBLICATIONS . . . . . . . . . . . . . 8 MISE AU POINT . . . . . . . . . . . . . . . . 8 À VOS AGENDAS . . . . . . . . . . . . . . . 8 Revue d’information trimestrielle de la Fondation pour l’école, fondation reconnue d’utilité publique Siège social : 43, rue du Colisée, 75008 Paris Bureaux et adresse postale : 25, rue Sainte-Isaure, 75018 Paris Tél. : 01 42 62 76 94 Date de parution : octobre 2010 / n°4 Directrice de publication : Anne Coffinier anne.coffinier@fondationpourlecole.org Éditeur : Fondation pour l’école Imprimeur : SPEI –- BP 21026 Pulnoy 54272 Essey-lès-Nancy Cedex Dépôt légal : à parution ISSN : n°2108-1034 Numéro de CPPAP en cours –- Prix au numéro : 3 € Abonnement : 8 € par an Service abonnements : Fondation pour l’école 25, rue Sainte-Isaure 75018 Paris contact@fondationpourlecole.org. Vous trouverez le bulletin d’abonnement en page 2.

Le sous-contrat à la croisée des chemins ÉDITORIAL

© Cours privé François et Jacinthe de Fatima

TRIMESTRIEL D’INFORMATION DE LA FONDATION POUR L’ÉCOLE

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’ É t a t a annoncé qu’il supprimerait 2 500 emplois dans l’enseignement privé sous contrat d’ici à 2013. Comme ces professeurslà sont tous devant les élèves, cela signifie qu’il faudra fermer partout en France des écoles catholiques. Le Secrétaire général l’a dit avec solennité lors de sa conférence de rentrée : il sera contraint de fermer « 1 000 écoles, 100 collèges et 70 lycées, environ, d’ici à 2013 ». « Ce n’est plus le signal d’alarme, mais le tocsin, qu’il sonne aujourd’hui », constate le journal Famille Chrétienne (n° 1709). N’était-ce pas pour bénéficier de la garantie d’un financement pérenne de ses établissements que l’Église de France avait choisi, sur la base de la loi Debré de 1959, de pousser les écoles catholiques à contractualiser avec l’État et donc à perdre, nécessairement, une partie significative de leur précieuse liberté ? La remise en question de l’engagement financier de l’État contraint donc les écoles privées sous contrat1 à mettre au point sans délai une nouvelle stratégie. La Fondation pour l’école est solidaire de toutes ces écoles car elle est convaincue qu’il ne peut y avoir de société réellement libre sans liberté scolaire, de même qu’il ne peut y avoir d’éducation à la liberté sans enseignement libre. La crise actuelle appelle des solutions audacieuses, non un simple replâtrage. Ce serait reculer pour mieux sauter.

Deux pistes nous semblent envisageables immédiatement : ouvrir des classes hors contrat au sein des établissements dits sous contrat pour scolariser tous les enfants qui le demandent, et transformer en établissements hors contrat les établissements menacés de fermeture pour assurer la continuité du service aux familles2. Les équipes éducatives y gagneront au passage la flexibilité qui leur manque tant aujourd’hui. La Fondation pour l’école se met à la disposition des directeurs et professeurs concernés pour les y aider. Au-delà de cette réponse de court terme, nul doute qu’il faille renégocier le cadre contractuel avec l’État en obtenant le chèque éducation, meilleur garant de la liberté de l’éducation, de l’intérêt financier de l’État et de la performance de tous, publics comme privés.

Anne Coffinier, directrice et cofondatrice de la Fondation pour l’école anne.coffinier@fondationpourlecole.org 1. … et les structures qui les conseillent : directions diocésaines de l’Enseignement catholique, Fédération des écoles privées laïques sous contrat, Fonds social juif unifié… 2. Nous rappelons que le contrat se passe avec le directeur de l’établissement, pour une ou plusieurs classes données, et pas nécessairement pour tout l’établissement. Il existe déjà plus d’un établissement dit sous contrat à recourir à cette solution de la création de classes hors contrat pour accueillir les enfants sur liste d’attente malgré le refus de l’État d’ouvrir des classes sous contrat supplémentaires.

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LA FONDATION EN BREF

La démarche « qualité » des écoles indépendantes La Fondation pour l’école a lancé pour les écoles primaires la réalisation d’un référentiel « qualité » que chaque école pourra librement utiliser après l’avoir adapté à ses spécificités. Cet outil est élaboré par un groupe de travail constitué de professeurs, directeurs et parents expérimentés d’écoles indépendantes.

Pourquoi la « qualité » à l’école ?

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our qu’une école puisse dispenser un enseignement de qualité, il faut qu’elle prenne des mesures pour pouvoir se concentrer sur l’essentiel : les enfants. Il y a une méthode pour cela, c’est ce qu’on appelle la démarche « qualité ». C’est un processus rigoureux d’amélioration continue qui a pour objet la satisfaction de tous les partenaires d’une organisation, quelle qu’elle soit.

– même les nouveaux ! – de gagner du temps et de faire bien du premier coup. Donnant une référence stable au travail de l’école, elle permet de présenter à tous la qualité de ce travail et de répondre de façon convaincante aux objections. Enfin, elle prévient largement les risques inhérents à la profession : accident d’un élève, procès…

Mais les directeurs et les enseignants n’ont, pour l’immense majorité d’entre eux, pas connaissance des méthodes dites de la « qualité », qui n’ont pourtant plus à faire leurs preuves ! On sent même chez eux une certaine méfiance. Ne chercheraiton pas à normaliser ce qui relève fondamentalement du vivant, du mouvant, de l’intuitif ? La démarche « qualité » ne seraitelle pas intrinsèquement liberticide et paperassière ? L’application volontaire des méthodes de la « qualité » ne pourra au contraire que libérer les écoles hors contrat de dysfonctionnements chronophages. Elle fera d’elles des pionnières. Car, enfin, de quoi s’agit-il ? Simplement de mettre en place des méthodes permettant de capitaliser son expérience, de ne pas refaire les mêmes erreurs, de prévenir les dysfonctionnements, de rassurer tout le monde en définissant mieux les responsabilités de chacun. L’école doit simplement décrire son mode de fonctionnement et créer une petite équipe chargée de modifier cette description au fur et à mesure que des difficultés sont enregistrées. Prenons l’exemple de la procédure des sorties scolaires : si rien n’est écrit sur la marche à suivre avant et pendant, ce sera l’improvisation chaque année, et la qualité des sorties s’en ressentira. La qualité a donc pour but premier de libérer créativité et efficacité en exonérant les écoles des difficultés journalières mal résolues, souvent répétitives, qui les contrarient. Une fois en place, elle permet à ceux qui l’utilisent

Pour en savoir plus : www.fondationpourlecole.org

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© Fondation pour l’école

Cela donne la possibilité au directeur d’école d’identifier les points forts et faibles de son établissement et de l’adapter en conséquence pour le rendre plus performant.

Les étudiants de l’ILFM ont été formés à la démarche « qualité ».

Agenda de la démarche « qualité » ➨Décembre 2010 : publication expérimentale d’un premier référentiel « qualité » assorti d’un recueil de bonnes pratiques. ➨Deuxième et troisième trimestres 2010/2011 : expérimentation et affinement par des écoles volontaires. ➨Année scolaire 2011-2012 : mise à disposition du référentiel auprès de toutes les écoles souhaitant l’utiliser, totalement ou partiellement. Si vous voulez vous lancer dans la « qualité » et être parmi les premiers à l’utiliser, contactez-nous. Denis Champart, directeur du projet « qualité » denis.champart@fondationpourlecole.org 01 42 62 76 94 (mardi, mercredi, vendredi)

Pour vous abonner aux Chroniques de la Fondation, merci de remplir le bulletin d’abonnement joint ou d’envoyer un chèque de 8 € (quatre numéros) à l’adresse de la Fondation pour l’école, 25, rue Sainte-Isaure – 75018 Paris, avec vos coordonnées complètes.


ÉCOLE ET LIBERTÉ

C’est Clovis qu’on assassine ! Perplexité d’un professeur d’histoire Les nouveaux programmes d’histoire du collège entrent en vigueur cette année pour les 5e. D’ici à la rentrée 2012, toutes les classes du collège seront affectées par cette réforme qui confirme la décision de la rue de Grenelle d’en finir avec l’histoire nationale abordée de manière chronologique au profit d’une histoire globale, thématique et transversale souvent instrumentalisée à des fins mémorielles.

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Comment construire une progression cohérente lorsque les programmes publics « de référence » sont si décousus, impressionnistes et toujours en mal d’approches globales, thématiques et transversales ? Ces partis pris, application maladroite de l’École des Annales, fondée par Marc Bloch en 1929, sont totalement inadaptés pour des esprits qui ne sont pas encore structurés ni cultivés. Au diable la chronologie et la construction au fil des siècles de notre beau pays de France ! L’élève, appelé à être citoyen

Pour juger sur pièces • Programmes officiels : www.education.gouv.fr/cid22116/mene0817481a.html

Pour une approche critique

Pour l’histoire : • Pierre Lunel, La Manufacture des ânes. Enseignement de l’histoire : la Bérézina !, L’Archipel, 2010, 160 pages. • François Dosse, Renaissance de l'événement, un défi pour l'historien, Coll. Le noeud gordien, PUF, Paris, 2010, 448 p. • Article de Dimitri Casali, www.lepost.fr/article/2010 /07/17/2155430_napoleon-vire-des-manuels-scolairespar-l-historien-dimitri-casali.html • Un exemple de pétition en ligne : www.mesopinions.com /Louis-XIV--Napoleon-c-est-notre-Histoire--pas-Songhaiou-Monomotapa---petition-petitions-f6709508a6a71ca0a 5d8fe7d0cad6e3b.html Pour la géographie : • Sylvie Brunel, Jean-Robert Pitte, Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, JC Lattès, 2010, 352 pages.

© Tous droits réservés

e code de l’éducation est clair : les directeurs d'écoles privées qui ne sont pas liées à l'État par contrat sont entièrement libres du choix des méthodes, des programmes et des livres. Seule obligation : les enfants doivent maîtriser l'ensemble des exigences du socle commun à l'issue de la période de l'instruction obligatoire (article D 131-12). Cependant, pour des raisons pratiques, les écoles indépendantes sont bien obligées de tenir compte des programmes : les élèves doivent pouvoir passer, si nécessaire, du système hors contrat au système ordinaire et réussir les examens de référence (brevet, baccalauréat).

Le baptême de Clovis.

du monde, est prié de s’intéresser autant à l’empire des Monomotapa qu’à François Ier et Napoléon. Pas de discrimination ! Les élèves de 5e devront ainsi consacrer 20 % de leur temps aux débuts de l’islam et aux empires africains, tandis que les professeurs devront expédier toute l’histoire de France du XIe au XVIIIe (excusez du peu !) dans le temps restant. Conséquence : Clovis, ce père fondateur, est bouté hors des programmes et Louis XIV, placé en fin d’année de 5e, risque de passer à la trappe. La géographie parachèvera le déracinement des enfants appelés à se sentir citoyens du monde avant d’être français : les collégiens de 5e devront consacrer un quart de leur année au « développement durable », dans une présentation assez malthusienne des perspectives de la planète. Quoi d’étonnant puisque le socle commun appelle les collégiens à « être en mesure de comprendre les grands défis de l’humanité, la diversité des cultures et l’universalité des droits de l’homme, la nécessité du développement et les exigences de la protection de la planète » ? Philippe Mansourati, professeur d'histoire à l'ILFM

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DOSSIER

L’internat, expérience décisive de la communauté L’internat est à la mode : il serait l’antidote aux décompositions et démissions de notre société. Malgré son coût élevé (de 3 700 euros à 18 000 euros l’année pour la France), il est de plus en plus recherché par les familles. L’État lui-même vient d’en ouvrir douze, les fameux « internats d’excellence », mais c’est le secteur hors contrat qui compte les modèles d’internat les plus accomplis. Nous avons rencontré les directeurs des internats hors contrat de Courset, Tersac, Châteauroux et Chavagnes-en-Paillers pour tenter de découvrir ce qui fait la force singulière de l’éducation en internat. ’internat est, en première analyse, une solution pragmatique adaptée aux temps de crise. C’est une réponse à la crise de l’enseignement, à la pénurie d’écoles de qualité. Parce qu’il devient très difficile de trouver près de chez soi une école convenable et conforme à ses attentes éducatives, voire spirituelles, de plus en plus de familles sont contraintes d’envoyer leurs enfants en internat. C’est aussi une réponse à la crise actuelle de la famille. Lorsque la famille nucléaire est éprouvée, les parents et, de plus en plus, les adolescents voient dans l’internat une planche de salut. Et quelle famille ne se reconnaîtra pas dans un des cas suivants : parents dévorés par leur vie professionnelle et par conséquent trop absents de leur foyer, familles monoparentales conscientes de ne pouvoir apporter une éducation complète à leurs enfants, jeunes déstabilisés par le divorce de leurs parents, enfants uniques souffrant de la solitude, familles recomposées ayant des difficultés pour gérer la cohabitation des différentes fratries, parents ne parvenant plus à communiquer avec leur adolescent, avec qui ils entretiennent des relations quotidiennes très tendues, jeunes enfermés dans leur monde et indisponibles pour les études en raison de pratiques addictives (TV, ordinateur, jeux, musiques abrutissantes, alcool, drogues, réseaux sociaux virtuels), adolescents ayant de mauvaises fréquentations qui les détournent des études, ou perturbés et accaparés par le désir de plaire et de séduire l’autre sexe, familles nombreuses trop à l’étroit dans les logements de ville…. ? Autant de raisons compréhensibles de choisir l’internat, pour protéger l’enfant de lui-même, de sa famille, qui peut être perçue comme nocive, ou de l’avachissement de la société… Notons cependant que l’internat ne peut pas, en fait, pallier les déficiences des familles, car les responsabilités respectives de l’école et des parents sont de natures distinctes. Au-delà de ces raisons pragmatiques, il y a des raisons positives plus profondes qui plaident en faveur de l’internat. La pension aide l’adolescent à se libérer des addictions qui l’enchaînaient dans la vie normale. ➨ À l’internat, les jeunes sont privés des conforts modernes qui généralement les isolent des autres (réseaux sociaux, mp3, jeux Les Chroniques de la Fondation - 4

vidéo...). Ils deviennent alors disponibles aux autres, que ce soit pour jouer, discuter, ou tout simplement se serrer les coudes pour supporter la rigueur du cadre éducatif. L’internat est ainsi le lieu où naissent de grandes amitiés pour la vie entière. (Châteauroux.) ➨ L’internat délivre aussi de la dictature des apparences (voyoucratie, culte des marques…). Il permet d’être vraiment présent à sa propre vie, là où l’on est. C’est pourquoi la devise de Tersac est « Age quod agis ». (Tersac.)

© École de Tersac

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L’internat aide aussi l’enfant à se structurer grâce à un cadre et un rythme bien rodés. ➨ L’internat est une école de vie : il donne aux pensionnaires une hygiène de vie et des repères grâce à des journées rythmées, bien organisées, qui aident à structurer la personne et à la rendre responsable. (Courset.) ➨ L’internat est structurant pour les adolescents : il est particulièrement bon pour les enfants qui ont besoin d’une autorité masculine plus forte que celle dont ils disposent à la maison. À Tersac, l’encadrement est effectué par des hommes de 45 ans qui allient autorité et écoute des jeunes. « Une main de fer dans un gant de velours ! » (Tersac.) ➨ À l’adolescence, les adolescents, en particulier les garçons, ont besoin de prendre des repères à l’extérieur de la famille. Les garçons cherchent des modèles chez les hommes. C’est si vrai qu’une paroisse sans hommes engendre quasi mécaniquement des hommes incroyants ! (Chavagnes.)


DOSSIER

➨ La vie d’internat est constamment collective. Cette contrainte est hautement éducative : les autres vous apprennent qui vous êtes et vous forcent à l’humilité et au réalisme. (Châteauroux.) ➨ À notre époque, l’internat permet souvent aux enfants de développer une relation plus intime et plus profonde avec leurs proches que quand ils vivaient sous le même toit. Notamment à travers l’obligation faite aux enfants comme aux parents d’écrire au moins une fois par semaine. Sont ainsi traités des sujets qu’ils n’auraient pas nécessairement abordés de vive voix. L’écriture pousse à réfléchir sur sa vie. (Courset et Châteauroux.) L’internat répond aussi à des besoins propres à l’adolescence : besoin de dépenser son énergie, besoin de changement, besoin de trouver du répondant… ➨ L’internat permet d’éviter l’ennui en variant les rythmes et les postures d’apprentissage, en passant du face à face pédagogique à l’étude et aux jeux. C’est important, car les garçons, qui ont souvent beaucoup d’énergie à l’adolescence, ne supportent guère de rester derrière un bureau toute la journée. (Tersac.) ➨ L’internat est un lieu où « l’on trouve quelqu’un à qui parler ». Dans les externats de l’Éducation nationale, les professeurs délivrent leurs cours et s’en vont, souvent plus préoccupés de leur situation professionnelle que du développement des enfants. Les jeunes demeurent seuls, sans interlocuteur adulte en face d’eux, sans personne pour répondre à leurs questions, voire à leurs provocations, sans personne qui s’engage. En internat, il y a un personnel d’encadrement, une direction et des professeurs qui répondent présents. (Tersac.) De même, au niveau spirituel, pour les établissements religieux, l’internat offre la possibilité pratique de faire l’expérience de Dieu. ➨ L’internat est une maison dont le cœur est la chapelle. À SaintMichel, les enfants peuvent faire l’expérience de Dieu, à travers la proximité permanente du Saint-Sacrement, la forte beauté de la liturgie. S’ils découvrent cette possibilité, c’est une illumination, ils deviennent véritablement chrétiens. (Châteauroux.) Mais ce qui est le plus caractéristique de l’internat, c’est qu’il est un lieu de vie communautaire. ➨ L’internat est voué à être bien plus qu’un lieu performant de formation académique. L’internat est un lieu communautaire, où l’on contracte le goût de la communauté. Le cadre souvent rigoureux, les travaux collectifs, la pratique renforcée du sport… sont autant d’éléments qui permettent de vivre pleinement dans le groupe et de l’apprécier. Il est d’ailleurs frappant de voir l’attachement des anciens à leur école. Le directeur actuel de Tersac est ainsi un ancien de cette école. (Tersac.) ➨ Lieu de vie intellectuelle, culturelle, spirituelle, l’internat est une communauté vivante autour d’une communauté de maîtres qui recherchent la vérité, étudient et mangent ensemble. Les enfants sont associés à cette convivialité. Un peu comme les « Nations », ces communautés réunissant professeurs et élèves du temps de la Sorbonne médiévale. C’est cette dimension communautaire qui

© Foyer de Charité de Courset

De plus, l’expérience collective de l’internat permet paradoxalement au jeune d’apprendre à se connaître dans sa singularité, à développer son intériorité.

permet à l’internat de nourrir la personne dans toutes ses dimensions. On cherchera avant tout à ce que le jeune interne aime ses maîtres, son école, bref, soit heureux et épanoui. Cela passe notamment par le sport quotidien, mais aussi par le chant quotidien et les rituels propres à l’école. Si un tel état d’esprit est créé, le jeune sera réceptif aux études. « L’atmosphère que l’on peut créer dans un lieu est plus importante que l’enseignement et le contenu », enseigne le cardinal Newman. Une telle école pourra donner naissance à des esprits forts, précisément parce qu’elle est portée par des hommes complets qui engagent leur personne dans l’acte éducatif. La grande référence demeure à cet égard Thomas Arnold, directeur de Rugbyschool dans les années 18301840 et modèle pour des générations de collèges britanniques. On lui doit la formation de nombre d’esprits forts qui construisirent l’Empire britannique. (Chavagnes.) En fait, en étant un lieu culturel très prégnant, l’internat correspond aux aspirations profondes de la jeunesse. ➨ Le jeune aspire à une expérience forte. L’externat n’est pas assez prenant. L’esprit de l’adolescent n’est « pas meublé » et la vraie vie pour lui commence souvent après l’école. L’internat est tout le contraire : c’est un lieu dense culturellement, un lieu nourrissant, un lieu qui vous habite. ➨ Il faut créer une culture forte. Maîtres et élèves sont portés par l’ethos, le génie du lieu (genius loci) : l’internat est un espace sacré hors du monde, un monde à part. (Chavagnes.) Anne Coffinier École de Tersac : www.tersac.com Foyer de Charité de Courset : www.foyer-courset.fr Chavagnes International College : www.chavagnes.org École Saint-Michel, Châteauroux

La Fondation pour l'école ne vit que de dons privés : nous avons besoin de votre engagement à nos côtés pour multiplier les écoles de qualité partout en France. Ci-joint le bulletin de soutien pour nous aider.

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ACTUALITÉ DES ÉCOLES

À la rentrée 2010, 19 écoles indépendantes de plus ! LUXEMBOURG :

Wasquehal (59)

À l'étranger, en liaison avec la Fondation : École Charlemagne, catholique

Cours Candelier Classe de transition primaire - secondaire, laïque

Chatou (78)

Association d'éducation "École du possible", Pédagogie individualisée

Lorient (56)

École maternelle Steiner

Wolfskirchen (67)

Chartres (28)

Siloe, association d'éducation parentale et chrétienne

Collège Saint-Ambroise, catholique

Paray-le-Monial (71)

Le Mans (72)

École Lubienska, Montessori, catholique

École Aide-moi à grandir, Montessori

Presly (18)

Annecy-le-Vieux (74)

École Sainte-Philomène, catholique

Clermont-Ferrand ( 63)

École Les Petits Dom’, Montessori

École de Haute-Savoie, bilingue

Albigny–sur-Saône (69) École Mont et souris du Mont-d’Or, Montessori

Chambéry (73)

École Le Semeur, catholique

Valence (26)

Cannet-des-Maures (06)

Association d'éducation Montessori

Saint-Hippolyte-du-Fort (30)

Lycée Scholae - Internat

Carcassonne (11)

École Marcel-Callo, catholique

Beaumont-de-Pertuis (84)

Collège Recrées Pédagogies Montessori et Freinet

©

Cours privé Jacin

the et François de

Fatima

École des sarments, catholique

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Saint-Maximin (83)

École EIP Galilée, pédagodie individualisée

Aidons-les à construire leur avenir !


FORMATION DES MAITRES

Le maître d’école, ce modèle L

e maître évolue sous les yeux de ses élèves tel un acteur sur la scène. Qu’il le veuille ou non, il représente le modèle, une référence quasi sacrée pour eux. Les parents en font parfois la douloureuse expérience lorsqu’ils prétendent obtenir de leur enfant quelque chose qui ne correspond pas aux exigences habituelles de la maîtresse. L’instituteur doit donc être irréprochable dans ce qu’il donne à voir et à entendre, précisément parce que

ses élèves sont encore à un âge mimétique (ou précritique). Il est la référence et doit s’en montrer digne. Ses explications seront donc claires, ses paroles choisies et ses attitudes physiques et morales exemplaires. Le maître développera en lui-même, grâce à une discipline personnelle, les vertus qu’il veut voir croître chez ses « disciples » : rigueur, soin, élégance, langage soutenu, égalité d’humeur, droiture, humour,

© Fondation pour l’école

L’ILFM vient de faire sa 4e rentrée ; tous les anciens élèves de la promotion 2008-2010 ont trouvé un poste d’instituteur en France ou à l’étranger, et la remise des diplômes a été un grand moment de joie partagée ! Remise des diplômes par le président de la Fondation et la directrice des études.

générosité, attitude positive en général. À aucun moment il n’oubliera l’obligation d’exemplarité qui pèse sur ses épaules : il ne pourra jamais qu’instruire en éduquant. F. Barrage, directrice adjointe de l'ILFM, institutrice durant vingt-huit ans ilfm@fondationpourlecole.org

Les institutrices de l'ILFM en poste Centre / Ouest

Nord / Île-de-France

Marie Verny École Louis et Zelie Martin, CM1-CM2, Angers (49)

Agathe Letellier École Sainte-Geneviève (sous contrat), CM2, Paris-5e

Justine Baeyens Cours Saint-Benoît, CE-CM1CM2, Fontenay-Mauvoisin (78)

Anne d’Argoeuves École La Chouette, CE1-CE2, Orléans (45)

Mathilde de la Charie École Saint-Joseph de Parchamps, CM2, Boulogne (92)

Priscille Debay École des 4, CM1-CM2, Coignières (78)

Ombeline de Salles de Hys École Sainte-Philomène, GS-MS, Montgermont (35)

Laëtitia de Saizieu Institution Saint-Pie-X, CM2, Saint-Cloud (92)

Blanche Pivert École Saint-Bernard, CM1-CM2, Courbevoie (92)

Constance Renard Cours Sainte-Catherinede-Sienne, CM2, Nantes (44)

Emmanuelle Servin École Saint-Dominique, GS, Le Pecq (78)

Estelle de Massia École L’Espérance, CM1-CM2, Lamorlaye (60)

Mathilde Boullault Cours Sainte-Catherinede-Sienne, MS-GS, Nantes (44)

Aurélie de Bentzmann École Pascal, PS-MS, Paris-16e

Aude Soleil École L’Espérance, GS-CP, Lamorlaye (60)

Ségolène de Bazin Cours Charlier, CM1, Nantes (44)

Sud-Ouest Marina Dubreuil École Saint-Martin, PS-MS-GS, Niort (79) Adeline Bertrand Collège Sainte-Thérèse, Saverdun (09)

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Valérie Gatin École Charles-de-Foucauld, CM1, Saint-Maur-des-Fossés (94)

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Sud-Est Cécile de Roquemaurel École Sainte-Jeanne-d’Arc, GS, Francheville (69)

Pauline Rideau École Saint-Joseph, CE1-CE2, Gex (01)

Guénaëlle Fournier École Saint-Joseph, CM1, Draguignan (83)

À l’étranger Raphaëlle de Reboul École des Frères de Saint-Jean, CE1, Conakry, GUINÉE Cyrielle Thomas École Charlemagne, CP-CE1-CE2, LUXEMBOURG

• •

••

Priscilla de Torcy École Marcel-Callo, CP, Cannet-des-Maures (06)

Les institutrices de la promotion 2008-2010 Les élèves institutrices de la promotion 2009-2011

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NOS PUBLICATIONS Vade-mecum de l’inspection tranquille Guide juridique à l’usage des écoles hors contrat. Coédition Fondation pour l’école/Créer son école, 90 pages, 12 €.

À VOS AGENDAS

« Ce qui cloche dans la modernité. Pourquoi les Antimodernes ? » Une conférence de Vincent Aubin, (normalien, philosophe), 2010, DVD, 90 minutes, 9 €.

AUTRES LIVRES Lettres aux capitaines (version inédite) Un grand classique : André Charlier, directeur de l’École des Roches, écrit à ses grands élèves pour les inciter à « répondre toujours à l’appel du plus haut ». Préface de Mgr Brincard, évêque du Puy-en-Velay et ancien capitaine, avec des lettres inédites d’élèves. Coédition TerraMare/Fondation pour l’école, 2010, format poche, 255 pages, 15 €. Les Écoles indépendantes : une solution d’avenir Brochure réalisée par Créer son école, 2006, 31 pages, 3,50 €. Cahier des clauses techniques particulières pour l’aménagement d’un établissement scolaire dans une structure modulaire Brochure sous format électronique (PDF) livrable par courriel. Coédition Créer son école/Fondation pour l’école, 2010, 33 pages, 12 €.

Une bibliothèque idéale Sélection des 500 meilleurs livres à offrir aux enfants de 5 à 11 ans. NOUVEAU Coédition TerraMare/Fondation pour l’école, 2010, format poche, 272 pages, 12 €.

AUTRES DVD Collection des conférences culturelles Parce qu’il n’est pas possible d’enseigner sans réfléchir aux finalités et aux conditions de possibilité de l’enseignement, la Fondation pour l’école et l’Institut libre de formation des maîtres vous proposent leurs conférences de 2009 et 2010 en DVD (90 minutes, 9 € le DVD). « À quoi bon la culture ? », Fabrice Hadjadj. « La culture supporte-t-elle l’idée de vérité ? », Rémi Brague. « Transmettre en démocratie », Olivier Rey. L’école du Blanc-Mesnil (Nord) Histoire de l’école libre du Blanc-Mesnil, fondée 2009 par Françoise Candelier, ancienne institutrice de l’Éducation nationale, parce que, pour elle, « tous les enfants peuvent réussir à faire de bonnes études à condition d’être dans une école dont le but principal est d’instruire les enfants ». DVD, 7 minutes, 4 €.

FRAIS DE PORT De 1 à 4 articles (DVD, livres ou brochures) : 5 € de frais de port. De 5 à 10 articles : 8 € de frais de port. Pour plus de 10 articles, renseignements à contact@fondationpourlecole.org

MISE AU POINT

Le gouvernement réaffirme avec force l’utilité publique de la Fondation pour l’école La Fondation pour l’école a fait l’objet de violentes attaques, ces derniers mois, de la part des ennemis traditionnels de la liberté d’enseignement, soucieux d’endiguer la multiplication des écoles indépendantes que permet le soutien de la Fondation pour l’école. Une députée socialiste est allée jusqu’à demander au gouvernement de nous retirer notre « reconnaissance d’utilité publique ». Ces attaques, parfaitement infondées, ont eu en tout cas le mérite de permettre au gouvernement de mettre les points sur les i, et de confirmer on ne peut plus clairement notre statut légal et fiscal. Jugez-en par vous-même. Texte intégral de la réponse du gouvernement à la question parlementaire n° 80767 : « La Fondation pour l'école a pour objet de “susciter un renouveau éducatif en France en concourant à la création d'établissements scolaires libres non lucratifs ne bénéficiant pas du soutien financier direct de l'État et respectant la charte de la Fondation”. Cette charte a été analysée par le ministre de l'Éducation nationale, préalablement à son avis favorable à la reconnaissance d'utilité publique, comme propre à garantir le respect des articles D. 131-11 (qui renvoient à la définition du contenu des connaissances requis des enfants scolarisés, y compris dans les établissements d'enseignement privé hors contrat) et suivants du code de l'éducation, et à assurer le respect du droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L.131-1-1 du même code. Créé par des personnes privées, exerçant une activité d'intérêt général à but non lucratif, indépendant de ses fondateurs et de la puissance publique et accomplissant la mission qu'il s'assigne avec des fonds d'origine exclusivement privée, cet établissement - qui n'a, au demeurant, aucun caractère cultuel - réunit tous les critères exigés pour la reconnaissance d'utilité publique, qui a pu lui être accordée par le décret du 18 mars 2008, après avis favorable du Conseil d'État. Depuis lors, la Fondation mène ses activités dans le respect de l'objectif qu'elle s'est assigné et conformément aux statuts qui la régissent. En effet, la Fondation agit de façon transparente et respecte l'obligation de transmettre au ministre de l'Intérieur son rapport annuel et ses documents comptables. De même remet-elle les comptes rendus des délibérations de son conseil d'administration, au sein duquel l'État est représenté par un commissaire du Gouvernement. » Les Chroniques de la Fondation - 8

FORMATION DES CRÉATEURS ET DIRECTEURS D’ÉCOLES LIBRES

Décembre 2010

Formation intensive réservée aux directeurs d’école en activité, en deux fois un jour et demi. Informations et inscription à contact@fondationpourlecole.org

Mars-avril 2011

Formation intensive destinée aux porteurs de projet de création d’école, en deux fois un jour et demi. Informations et inscription à contact@fondationpourlecole.org

GRAND PRIX DE LA FONDATION POUR L’ÉCOLE

Jeudi 10 février 2011

Clôture des inscriptions de la deuxième édition du Grand Prix de la Fondation pour l’école – concours de langue et de culture françaises à destination des classes de CM2 et 4e des écoles publiques et privées. Inscription gratuite de votre classe sur le site www.fondationpourlecole.org.

Mardi 22 mars 2011

Passage des épreuves du concours de langue et de culture françaises dans les écoles et collèges participants.

Mercredi 15 juin 2011

Cérémonie de remise des prix du concours de langue et de culture françaises, à Paris.

CONFÉRENCES ET COURS PUBLICS

Cycle « Les Antimodernes ». Après la conférence introductive de Vincent Aubin (professeur agrégé de philosophie), le samedi 16 octobre 2010, sur « Ce qui cloche dans la modernité ; pourquoi les Antimodernes ? ». Les prochaines conférences de ce cycle auront lieu le samedi 4 décembre 2010 et le samedi 12 mars 2011. Ces conférences font partie du cycle culturel organisé par la Fondation pour l’école et l’ILFM. Elles ont lieu au 115, rue NotreDame-des-Champs – Paris-6e, de 18 heures à 19 h 30. Inscription préalable nécessaire à contact@fondationpourlecole.org. Les conférences sont ensuite disponibles en DVD (9 euros).

PROCHAINES SESSIONS INTENSIVES DES MAÎTRES D’ÉCOLE À L’ILFM

Samedis et dimanches 4 - 5 décembre 2010 22 - 23 janvier 2011 12 - 13 mars 2011 21 - 22 mai 2011

Inscription à une ou plusieurs de ces sessions à fondation@fondationpourlecole.org

4 et 5 juillet 2011

Passage des épreuves du diplôme privé de maître d’école pour la promotion 2009-2011

Vendredi 17 juin 2011

Concours d’entrée pour les personnes titulaires d’une licence désireuses de se former au métier de maître d’école en 2011-2013 à l’Institut libre de formation des maîtres.

TRANSPARENCE FINANCIÉRE

20 janvier 2011

Publication au Journal Officiel et sur le site de la Fondation des comptes du dernier exercice comptable de la Fondation (1er septembre 2009 - 31 août 2010), après certification par le commissaire aux comptes.

Chronique de la Fondation pour l'Ecole n°4  

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