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Les

Chroniques

DE LA FONDATION

N°3 - JUILLET 2010

SOMMAIRE LA FONDATION EN BREF Les actions publiques de la Fondation . 2 ÉCOLE ET LIBERTÉ L’autonomie des écoles, clé de la performance éducative . . . . . 3 Le chèque éducation suédois . . . . . 3 Entretien avec A. Schleicher de l’OCDE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 DOSSIER Non mixité, la fin d’un tabou . . . . 4 Entretien avec Jean-David Ponci . . 4 ACTUALITÉ DES ÉCOLES Le défi de Saint-Joseph . . . . . . . . . 6 FORMATION DES MAÎTRES Vous avez dit « sciences de l’éducation » ? . . . . . . . . . . . . . . . 7 Enseigner : un métier noble qui s’apprend humblement . . . . . . . . . . 7 Une formation fondamentale . . . . . 7 NOS PUBLICATIONS . . . . . . . . . . . . . 8 À VOS AGENDAS . . . . . . . . . . . . . . . 8 IN MEMORIAM . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 PORTRAIT : Lionel Devic . . . . . . . . . 8

Revue d’information trimestrielle de la Fondation pour l’école, fondation reconnue d’utilité publique Siège social : 43, rue du Colisée, 75008 Paris Bureaux et adresse postale : 25, rue Sainte-Isaure, 75018 Paris Tél. : 01 42 62 76 94 Date de parution : juillet 2010 / n°3 Directeur de publication : Anne Coffinier –anne.coffinier@fondationpourlecole.org Éditeur : Fondation pour l’école Imprimeur : SPEI –- BP 21026 Pulnoy –54272 Essey-lès-Nancy Cedex Dépôt légal : à parution ISSN : n°2108-1034 Numéro de CPPAP en cours –- Prix au numéro : 3 € –- Abonnement : 8 € par an Service abonnements : Fondation pour l’école –- 25, rue Sainte-Isaure 75018 Paris –contact@fondationpourlecole.org. Vous trouverez le bulletin d’abonnement en page 2.

Le chèque éducation a de l’avenir ÉDITORIAL

TRIMESTRIEL D’INFORMATION DE LA FONDATION POUR L’ÉCOLE

I

ls étaient déjà nombreux les décideurs du monde politique ou économique à confesser en privé que la seule solution à la crise de l’école était le chèque éducation. Rien d’étonnant à cela : cet outil est démocratique et social puisqu’il permet enfin aux parents de choisir librement l’école de leurs enfants, en s’affranchissant de la contrainte financière. C’est aussi une source importante d’économie budgétaire et d’amélioration de la qualité des écoles puisque ce système concentre les financements publics au profit des écoles choisies -- et donc appréciées par les parents -- et conduit à la fermeture ou à la reprise en main des établissements en perdition. En 2008, un pas supplémentaire a été franchi : Jacques Attali a proposé publiquement au président de la République de mettre en place le chèque éducation dans ses 316 décisions pour libérer la croissance de la France, et, aujourd’hui, cette solution est étudiée activement par le gouvernement britannique, sur la base du modèle suédois. C’est dans ce contexte qu’est sorti, le 2 juin 2010, un sondage IFOP/Fondation pour l’école sur le choix de l’école. Les Français y plébiscitent le chèque éducation : 74 % des personnes interrogées souhaitent que l’État

mette en place un système qui permette à chaque famille de financer la scolarité de ses enfants, quel que soit l’établissement choisi, « ce système pouvant être un bon scolaire, un ticket scolaire, un chèque éducation ou un crédit d’impôt ». Mieux encore : 84 % des ouvriers et 85 % des sympathisants de gauche se déclarent favorables au chèque éducation. Socialement, il est logique que ce soient les milieux qui n’ont pas les moyens de financer par eux-mêmes l’école de leur choix qui soient les plus intéressés par l’outil de justice sociale qu’est le chèque éducation. Politiquement, on comprend que les Français de gauche, davantage exposés au délitement de l’école publique, cherchent aujourd’hui un moyen de s’en échapper. Et, si l’accès au privé est rendu gratuit par le chèque éducation, ce n’en sera que mieux, vu, notamment, leur conception de l’éducation comme service public. Bref, le vieux slogan idéologique longtemps asséné à gauche « argent public, école publique ; argent privé, école privée » a vécu.

Anne Coffinier, directeur et cofondatrice de la Fondation pour l’école anne.coffinier@fondationpourlecole.org

Les Chroniques de la Fondation - 1


LA FONDATION EN BREF

Les actions publiques de la Fondation 2009 - 2010 Colloque international au Sénat « École : comment innover ? Autonomie des établissements et performance de l’éducation ». 2 juin 2010. Voir la vidéo sur notre site.

Publications Mise à disposition du public de documents de référence sur l’éducation. Voir le catalogue des publications de la Fondation en page 8.

Appel en faveur du droit à la culture générale Pétition pour remettre au programme les véritables chefs-d’œuvre de notre culture. Octobre 2009.

SOUTENIR les écoles indépendantes

PROMOUVOIR l’égalité d’accès à l’école de son choix

Grand Prix de la Fondation pour l’école Concours national de langue et de culture françaises pour les classes de CM2/7è et 4è, 1500 inscrits, 30 lauréats. Voir en vidéo sur notre site la remise des prix par un jury composé de Mme Peirs et MM. Zemmour, Cessole, Barthelet, Cluzel, Saint Robert… 16 juin 2010.

Pour en savoir plus : www.fondationpourlecole.org

Les Chroniques de la Fondation - 2

FORMER la relève à l’Institut libre de formation des maîtres AGIR pour la qualité de l’enseignement

Séminaire de formation des créateurs d’école Initiation de 150 personnes aux arcanes de la création d’école, par une équipe d’avocats spécialisés. 29 mai 2010.

Sondage IFOP/Fondation pour l’école, sur le choix de l’école 81 % des Français favorables au recrutement des professeurs par les directeurs, 74 % des Français en faveur du chèque éducation. 2 juin 2010.

Pour vous abonner aux Chroniques de la Fondation, merci de remplir le bulletin d’abonnement joint ou d’envoyer un chèque de 8 € (quatre numéros) à l’adresse de la Fondation pour l’école, 25, rue Sainte-Isaure – 75018 Paris, avec vos coordonnées complètes.


ÉCOLE ET LIBERTÉ

L’autonomie des écoles, clé de la performance éducative Un colloque international a été organisé au Sénat le 2 juin, par la Fondation pour l’école, sur le thème « École : comment innover ? ». Nous donnons ici la parole à deux des intervenants, Mats Gerdau, député suédois du parti centriste Modernaterna, et Andreas Schleicher, expert à l’OCDE.

Le chèque éducation suédois

E

n 1992, la Suède décida d’améliorer la qualité de son système éducatif et de diversifier l’offre scolaire : elle instaura un chèque éducation, par lequel les municipalités financent toutes les écoles référencées en fonction du nombre d’enfants, de 3 à 20 ans, que chacune scolarise. Les parents peuvent donc choisir librement et gratuitement l’école de leurs enfants, qu’elle soit publique ou privée. Les établissements scolaires indépendants sont rémunérés par les municipalités à parité avec les établissements publics. Ils doivent respecter les mêmes objectifs généraux et le même cadre juridique que l’enseignement public, mais peuvent présenter des profils divers, qu’ils soient culturels, ethniques, pédagogiques ou religieux.

Les écoles libres se sont considérablement développées depuis 1992 et scolarisent actuellement 11 % des élèves de l’enseignement primaire, contre 1 % seulement en 1991 (ndlr : soit le pourcentage actuel des écoles hors contrat en France en 2010). L’expérience est très concluante : la diversité des écoles et la possibilité d’en choisir une qui convienne réellement à l’enfant se sont considérablement améliorées ; les évaluations montrent que la concurrence entre les écoles a contribué à renforcer la qualité, même dans les écoles publiques, du moins dans les zones où se trouvent des écoles libres. Ce système, introduit par un gouvernement de centre droit, a survécu aux alternances politiques. Le seul débat qui persiste concerne l’impact du chèque éducation sur la ségrégation scolaire : l’a-t-il aggravée, en facilitant la fuite des meilleurs élèves des zones défavorisées vers de meilleures écoles plus éloignées, ou bien est-elle fondamentalement due à des réalités géographiques, à savoir l’existence même de zones défavorisées qui rassemblent des pauvres et des immigrés ? Le libre choix des écoles a en tout cas offert à tous la possibilité de choisir les écoles les plus appréciées, puisqu’elles sont désormais gratuites. D’après Mats Gerdau, député suédois

Entretien avec Andreas Schleicher, conseiller spécial du secrétaire général de l’OCDE pour l’éducation

Q

uelle est la performance du système éducatif français et quelles sont les caractéristiques structurelles des meilleurs systèmes éducatifs de l’OCDE ? En matière d’éducation, la performance française avoisine la moyenne des pays développés, mais l’impact des facteurs sociaux sur cette performance tend à y être plus marqué que dans les autres pays de l’OCDE. Les meilleurs systèmes éducatifs présentent des disparités sensibles, mais partagent également des caractéristiques communes importantes. Ils ont cessé de se concentrer sur le contrôle des ressources et des programmes pour privilégier les résultats, et spécifient le niveau que doivent atteindre les élèves plutôt que ce que les écoles et les professeurs doivent enseigner pour en arriver là. Ils accordent également beaucoup d’attention à l’égalité entre les élèves, non pas en termes d’efforts, mais plutôt de résultats, en privilégiant la diversité et la personnalisation de l’enseignement face à son uniformisation. Ils consacrent des moyens suffisants pour attirer les élèves les plus doués vers les classes les plus ambitieuses. En définitive, les bons systèmes éducatifs traitent souvent convenablement les quatre aspects suivants : ils attirent vers l’enseignement les meilleurs diplômés, considérant que la qualité de l’enseignement ne saurait excéder celle des professeurs ; ils forment efficacement ces professeurs à travers, par exemple, le recours au tutorat ou la formation intégrée des maîtres sur leur lieu de travail (y compris sous la direction de directeurs d’école de haut niveau) ; ils mettent en place des systèmes de récompenses et de soutien particularisé pour garantir que chaque élève pourra bénéficier d’un tel enseignement ; enfin, ils construisent des réseaux d’écoles qui stimulent et diffusent l’innovation. Quelles sont les tendances à l’œuvre dans l’OCDE ? Nous observons dans les pays de l’OCDE une tendance de fond à une plus large délégation de responsabilité en direction des écoles. Ce mouvement s’accompagne d’efforts pour mettre en place des systèmes nationaux de normes, de financement et de soutien qui puissent garantir une distribution équitable de l’offre éducative. La plupart des établissements privés sont désormais financés en majorité par l’État, et, maintenant, pour de nombreux pays, le problème n’est plus de savoir combien il faut agréer d’établissements hors contrat, mais de permettre à tous les établissements de bénéficier de la même autonomie que les établissements hors contrat.

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DOSSIER

Non-mixité, la fin d’un tabou La Fondation pour l’école demande aux établissements scolaires qu’elle aide de « justifier d’une véritable réflexion sur la question de la mixité, en privilégiant un enseignement non mixte au niveau du collège » (point 6 de la Charte des écoles de la Fondation). De plus en plus nombreuses sont les études qui montrent que notre exigence est probablement visionnaire, car « l’échec scolaire a aujourd’hui un sexe, c’est le sexe masculin ».

«L

e modèle scolaire actuel est, par ses caractéristiques, plus adapté aux filles. L'école est sans aucun doute un des seuls lieux où le genre masculin est une particularité disqualifiante », écrit Jean-Louis Auduc, dans son livre Sauvons les garçons ! C’est vrai dès l’école primaire, qui valorise les qualités d’ordre, de soin, d’application, de calme, qualités traditionnellement plus féminines que masculines. Résultat ? Les filles lisent plus vite et mieux durant leur scolarité, redoublent beaucoup moins que les garçons, échouent moins dans l’obtention de qualifications, ont plus de mentions à tous les examens et diplômes, du second degré comme du supérieur.

Il résulte de ce constat un manque de motivation clair, aggravé encore par des facteurs sociologiques. La déstabilisation de la structure familiale traditionnelle constitue un facteur d’explication des difficultés des garçons. Il n’y a pas que la monoparentalité féminine qui peut leur poser problème. Dans les familles décomposées ou recomposées, la femme apparaît le plus souvent comme le seul pivot permanent autour duquel la composition familiale évolue au fil du temps. « Un tel positionnement de la mère en tant que pivot ne peut pas ne pas avoir de conséquences sur l’image que se fait de lui-même le garçon à l’âge de la puberté et des questionnements sur son devenir. ». (Auduc).

Entretien Avec Jean-David Ponci, délégué de l’EASSE (European Association Single Sex Education ) pour les pays francophones et germanophones.

Quelle est la mission de l’EASSE ? L’EASSE est une association basée à Genève et présente dans 18 pays européens. Son but est de promouvoir l’éducation différenciée, c’est-à-dire qui prend en compte les spécificités des filles et des garçons dans l’acte d’enseignement, que ce soit dans des classes mixtes ou non. Les classes non mixtes ne sont-elles pas un reliquat désuet du passé ? Il existe aujourd’hui de nombreux établissements non mixtes dans tous les pays d’Europe, aussi bien dans l’enseignement public que privé. La légitimité juridique de ce mode d’éducation est reconnue par le droit international. Séparer filles et garçons pour les enseigner dans certaines matières ou dans toutes n’a rien de discriminatoire, puisque cela profite aux garçons comme aux filles. Quelle est la situation au Royaume-Uni par exemple ? Le Royaume-Uni compte 1 902 écoles différenciées, dont

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416 state schools et 676 independent schools. Les résultats au diplôme britannique de référence, le General Certificate of Secondary Schools, constituent l’un des arguments en faveur du maintien de cette option éducative, car, sur les 100 meilleures écoles de cette année, 81 sont des écoles différenciées, qu’elles soient étatiques ou indépendantes. C’est principalement pour jeandavid@easse.org réduire les écarts de résultats entre filles et garçons que l’Office for Standards in Education recommande la séparation selon le sexe dans les écoles.


Si la mixité ne va pas de soi d’un point de vue pédagogique, elle n’est pas non plus incontestable d’un point de vue politique. C’est plutôt une décision politique qui s’est imposée sans avoir été véritablement pensée : « Pendant trente ans, on a vécu avec l’idée que la mixité réglait en soi les questions d’égalité. » Dominique Schnapper1 va plus loin : « Ne faisons pas de la mixité un absolu. Historiquement, la cohabitation scolaire des filles et des garçons n'est pas du tout un principe républicain. Le principal argument de ses partisans consiste à dire que l'école doit mélanger filles et garçons, parce que la société elle-même est composée de femmes et d'hommes. Mais, dans la conception de la République, l'espace public ne représente pas la société civile, inégale par essence. Au contraire, il se bâtit en opposition à elle. L'école doit donc être un lieu protégé, et transcender la société par son aspect impersonnel et formel. En cela, la mixité marque donc plutôt un affaiblissement de l'idée républicaine. Dans les années 1960, elle avait pour objectif idéologique de lutter contre les inégalités entre les sexes, tout comme le collège unique, instauré à la même époque, avait pour objectif de lutter contre les inégalités sociales. Aujourd'hui, on se rend compte qu'il ne suffit pas de mélanger garçons et filles pour résoudre les problèmes relationnels entre les deux sexes. » Les établissements mettant en place une pédagogie différenciée selon le sexe pour certains apprentissages font donc un choix qui ne manque pas de rationalité. Pour les sciences de la vie et de la Terre bien sûr, mais aussi, comme le recommande Auduc, pour le français, particulièrement en 4è, lorsque la différence de maturité entre filles et

ançois et Jaci nt : Cours privé Fr

Sur 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme, 100 000 sont des garçons

Crédit photo

En dehors de la famille aussi, les élèves évoluent dans un univers dominé par les femmes, constate Auduc : professeurs (80 % de femmes dans le premier degré; 57 % de femmes dans le second degré, BTS et classes prépa inclus), chefs d’établissement, assistantes sociales, infirmières, médecins généralistes, voire juges. C’est encore plus marqué dans les quartiers défavorisés. Comme le dit avec provocation Jean-Marie Petitclerc, prêtre salésien et éducateur de rue : « Pour qu’un garçon de ZEP rencontre enfin un homme, il faut qu’il aille en prison ! » Dans ce contexte, les garçons peinent à trouver, dans l’enceinte scolaire, des modèles masculins auxquels s’identifier.

he de Fatima

DOSSIER

garçons est la plus importante et la crise d’identité masculine est la plus présente. On peut aussi aller au bout de cette logique et séparer les sexes pour les enseigner séparément dans toutes les matières, sur toute la durée du collège. Cette option aide les adolescents à se concentrer sur leurs études. En France, ce sont surtout les collèges libres (hors contrat) qui opèrent ce choix pédagogique, ainsi que quelques établissements sous contrat. Ainsi, le collège Charles Péguy, situé à Paris -11è, n’instruit-il que les filles, alors qu’il est mixte au primaire et au lycée. « Les filles y gagnent en liberté, puisqu’elles n’ont pas à vérifier qu’elles sont acceptées par les garçons. Enfin, je considère qu’on a mieux à faire, entre 11 et 15 ans, que de s’investir dans une vie amoureuse. Au final, le climat est plus serein, plus propice au travail et à l’amitié », explique Dominique Paillard, la directrice de ce centre Madeleine-Daniélou2. Lionel Devic, nouveau président de la Fondation pour l’école 1. Extrait d’un entretien publié le 28/08/2003, dans L'Express ; D. Schnapper est membre du Conseil constitutionnel et directeur de recherche à l'École des hautes études en sciences sociales. 2. Interview -- La Croix -- 27/01/2010.

Pour aller plus loin • Jean-Louis AUDUC, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil : Sauvons les garçons, Descartes & Cie, 2009, 103 pages (voir aussi sur Internet l’entretien qu’il a donné au Café pédagogique, le 15 novembre 2009). • Michel FIZE, sociologue, chercheur au CNRS : Les Pièges de la non-mixité, Presses de la Renaissance, 2003, 274 pages. • Les publications et lettres d’information de l’EASSE : www.easse.org

La Fondation pour l'école ne vit que de dons privés : nous avons besoin de votre engagement à nos côtés pour multiplier les écoles de qualité partout en France. Ci-joint le bulletin de soutien pour nous aider.

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ACTUALITÉ DES ÉCOLES

Le défi de Saint-Joseph : accueillir 20 % d’élèves en plus en septembre ! Extrait du journal de bord des dominicaines de Draguignan Septembre 2008 : Nous apprenons que l'École d'application militaire de Montpellier se repliera sur Draguignan en septembre 2010. Pas moins de 400 nouveaux enfants devront donc être scolarisés dans notre bonne ville. Comment faire pour accueillir les enfants des familles qui le souhaitent alors que notre école est déjà pleine ? Après réflexion et prière… nous décidons d’aller de l’avant : « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, le reste vous sera donné par surcroît », dit Notre-Seigneur. guignan, mai 2010.

École Saint-Joseph de Dra

V

Mars 2009 : Les vieux bâtiments sont arasés et l’on fait les plans de la nouvelle école : six classes élémentaires avec sanitaires, une petite salle des professeurs et un foyer pour tous, entouré de galeries pour abriter les récréations pluvieuses de nos petits. Quelle aventure !

L’appel de l’économe

Octobre 2009 : Le permis de construire arrive. Nous lançons des quêtes et activités de tous ordres pour financer les travaux. Quêtes à nos parents d'élèves, nos amis proches ou lointains, les familles des Sœurs, paella au profit de la construction, vente de Noël, récitals de la chorale, représentation de Cyrano de Bergerac par les élèves de première… Chacun et chacune fait ce qu'il peut pour apporter sa pierre, sans compter les nombreuses prières et neuvaines à saint Joseph, le grand et bienveillant économe de la Sainte Famille.

oilà vingt-cinq ans que les dominicaines du Saint-Esprit travaillent et prient sans relâche pour les enfants, dans leur école Saint-Joseph, située en terre de Provence, dans cette ancienne Maison des petites sœurs des pauvres laborieusement et lentement aménagée au fil des années. Le temps semble venu de souffler un peu puisque l’école tourne bien, avec 258 élèves de la maternelle à la terminale, dont 90 internes. Mais la Providence en a décidé autrement…

Chers amis de la Fondation pour l’école, Pour faire simple : 1 m2 de construction - tout compris, des fondations à la couverture en tuiles, en incluant les revêtements intérieurs, l'électricité et le chauffage - nous revient à 2 000 euros environ (grâce aux remises importantes concédées par les entreprises elles-mêmes). Nous avons besoin de votre aide pour pouvoir instruire tous ces petits à la rentrée. Toute aide, même minime, nous vient du Ciel, nous le pensons avec grande reconnaissance, et « l'obole de la veuve » attire celle de l'entrepreneur ou du propriétaire plus aisé… Ainsi va l'Évangile depuis deux mille ans… Merci de tout cœur pour tout, et croyez à notre prière fidèle à saint Joseph, pour tous et pour chacun. Mère Marie-Imelda, O. P.

http://www.dominicaines-du-saint esprit.fr/institutions.php?page=st_joseph Les Chroniques de la Fondation - 6

Mars-avril 2009 : Nous voici en plein cœur de la construction… Le chantier a démarré dans les temps et il se poursuit paisiblement malgré les intempéries de l'hiver et de ce printemps qui tarde à venir. Mais il faut encore quêter pour tâcher d'avancer le plus loin possible dans le projet. 15 juin 2010 : Terribles intempéries à Draguignan causant de terribles pertes en personnes et en biens… Le chantier a été providentiellement épargné mais les matériaux manquent et les entreprises sont accaparées ailleurs par des travaux à faire en urgence. Septembre 2010 : Notre objectif pour cette rentrée doit voir le gros œuvre de l'ensemble achevé et l'ouverture effective de trois classes nouvelles au moins. L’été sera actif.


FORMATION DES MAITRES

Vous avez dit « sciences de l’éducation » ? E

nseigner un enfant est un art(isanat), non une science. Cet énoncé constitue à lui seul une ligne de fracture entre l’Institut libre de formation des maîtres (créé en 2007 par la Fondation pour l’école pour former les maîtres de l’enseignement libre) et les IUFM, CFP et départements universitaires de sciences de l’éducation. Ces derniers, soucieux d’acquérir le prestige que notre époque réserve aux scientifiques (praticiens des sciences galiléennes de la nature), affirment enseigner à leurs étudiants les « sciences de l’éducation ». Nous estimons, pour notre part, que ces pédagogues se parent des plumes du paon et que cette prétention à la scientificité est l’une des causes de la dénaturation actuelle de l’école 1. Au regard des critères de scientificité de Karl Popper, « enseigner l’enseignement » n’est en effet pas une science, puisque toute vraie science nécessite des énoncés généraux, réfutables, et par conséquent

un certain type de test permettant de corroborer ou réfuter les théories. Il est clair que les prétendues « sciences humaines » résistent mal aux critères de Popper, car « l'expérimentation contrôlée y est la plupart du temps impossible, la comparaison de situations observées n'est pas probante, car il est impossible d’être sûr que toutes les conditions sont les mêmes, et impossible de séparer les effets des différentes causes qui interviennent dans les situations observées » 2. Qualifier l’art d’enseigner de « science » est alors source de confusions, puisqu’on est prié de comprendre le terme de sciences autrement que pour les « sciences dures », sans savoir bien comment, puisque notre représentation de la scientificité se fonde nolens, volens sur ces dernières.

Une formation fondamentale

O

utre sa formation complète réservée aux étudiants titulaires d’un diplôme bac + 3, l’ILFM propose une formation théorique destinée à ceux qui ont moins de temps, qui sont enseignants, qui désirent l’être, ou qui pratiquent l’école à la maison. Cette formation consiste en 6 week-ends de formation, un programme de révision dans chacune des matières fondamentales, des contrôles réguliers, et la préparation du diplôme théorique de maître d’école. Pour s’inscrire, contactez Florence Le Roux.

1. Cf. l’article de L. Lafforgue sur http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/ MathematiquesPersonneHumaine.pdf 2. Cf. les articles de Wikipédia sur Karl Popper et l’école de Vienne

Enseigner : un métier noble qui s’apprend humblement ’Institut libre de formation des maîtres (ILFM) prépare ses Ls’efforçant étudiants à leurs futures responsabilités d’instituteurs en simplement de leur donner -- à travers cours,

lectures et stages en école -- les connaissances et l’état d’esprit indispensables pour : • « transmettre aux élèves les savoirs et connaissances nécessaires à l’exercice de leurs libertés et de leurs responsabilités futures, dans un souci de rigueur et de cohérence, en recourant à des méthodes d’apprentissage directes et progressives, partant du simple pour aller vers le complexe, et en vérifiant l’assimilation des savoirs par les élèves ; • former l’intelligence, la volonté et la sensibilité de l’enfant en lui transmettant le sens du vrai, du bien et du beau (en développant chez lui son sens critique, sa connaissance de

lui-même et sa confiance en lui, le respect des autres, le sens de l’effort, la capacité et le goût d’assumer des responsabilités). » (Extrait de la charte de la Fondation.) Il revient ensuite à chaque étudiant devenu instituteur de forger patiemment sa propre pédagogie, ses propres méthodes et sa propre progression, au contact des enfants. Cette grande liberté fait tout le prix du métier de maître d’école. Mais quel défi ! Florence Le Roux, directrice des études de l’ILFM florence.leroux@fondationpourlecole.org ILFM -- 25, rue Sainte-Isaure -- 75018 Paris Tél. : 01 42 62 76 94 -- www.ilfm-formation.com Les Chroniques de la Fondation - 7


À VOS AGENDAS

PORTRAIT

Lionel Devic, artisan passionné des créations d’écoles

A

vocat spécialisé dans le droit des associations, fondations et fonds de dotation, ce père de famille nombreuse a conseillé de multiples écoles libres. Il s’est lui-même impliqué directement dans la création et le développement de deux établissements indépendants : le collège François et Jacinthe de Fatima à Lyon et, plus récemment, l’école primaire de la Providence à Villars-les-Dombes. Cofondateur de la Fondation pour l’école, en laquelle il voit « un formidable outil de libération et de responsabilisation des éducateurs », il est l’un des juristes les plus actifs du réseau « Créer son école », que la Fondation anime pour accompagner et former les porteurs de projet d’école libre. Lionel Devic est le nouveau président de la Fondation pour l’école. lionel.devic@fondationpourlecole.org

Formation réservée aux directeurs d’école en activité, en deux fois un jour et demi. Informations et inscriptions à : contact@fondationpourlecole.org

Mars-avril 2011

Formation dédiée aux créateurs d’école, en deux fois un jour et demi. Informations et inscriptions à contact@fondationpourlecole.org

10 février 2011

Lettres aux capitaines André Charlier, directeur de l’École des Roches, écrit à ses grands élèves (appelés les capitaines) pour les inciter à « répondre toujours à l’appel le plus haut ». À recommander à tous les éducateurs et les étudiants. Contient des documents inédits : lettres d’élèves, photos et préface de Mgr Brincard, ancien capitaine. Coédition Terra mare / Fondation pour l’école, 2010, 255 pages, format poche, 20 € port compris. Vade-mecum de l’inspection tranquille Guide juridique coédité par l’association Créer son école NOUVEAU et la Fondation pour l’école à l’usage des écoles hors contrat. Coédition Fondation pour l’école / Créer son école, 90 pages, 14 € port compris. Une bibliothèque idéale -- Que lire de 5 à 11 ans ? Guide à l’usage des familles, des écoles et des bibliothèques NOUVEAU Coédition Terra Mare / Fondation pour l’école, sortie à la rentrée 2010, format poche, 272 pages, 10 € port compris. Collection des conférences culturelles Parce qu’il n’est pas possible d’enseigner sans réfléchir aux finalités et aux conditions de possibilité de l’enseignement, la Fondation pour l’école et l’ILFM vous proposent trois grandes conférences en DVD (90 min, 9 € le DVD, port compris). L’école du Blanc-Mesnil (Nord) Découvrez l’histoire de l’école libre du Blanc-Mesnil, fondée en septembre 2009 par Françoise Candelier, ancienne institutrice de l’Éducation nationale, parce que, pour elle, « tous les enfants peuvent réussir à faire de bonnes études à condition d’être dans une école dont le but principal est d’instruire les enfants. ». DVD, 7 min, 7 € port compris.

IN MEMORIAM Nous tenons à rendre hommage au docteur Ghislaine Wettstein-Badour, qui a quitté ce monde le 31 mars 2010 après s’être battue courageusement toute sa vie pour l’utilisation de méthodes d’apprentissage de la lecture et de l’écriture conformes au fonctionnement du cerveau. Voir http://cerveau-et-lecture.blogspot.com (recherche appliquée) et http://fransya.blogspot.com (ouvrages pédagogiques). Le pédagogue Antoine de La Garanderie est retourné au Père le 27 juin dernier : auteur de la théorie pédagogique de la « gestion mentale », il a cherché à mettre en évidence les différents « gestes mentaux » intervenant dans la réflexion et l'apprentissage afin d’aider les étudiants à comprendre les motifs de leurs réussites et de leurs échecs en ce domaine. Voir www.iigm.org Les Chroniques de la Fondation - 8

Novembre-décembre 2010

GRAND PRIX DES ÉCOLES

NOS PUBLICATIONS

A quoi bon la culture ? Fabrice Hadjadj, philosophe et dramaturge. La culture supporte-t-elle l’idée de vérité ? Rémi Brague, philosophe, universitaire spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive. Transmettre en démocratie Olivier Rey, philosophe, mathématicien, chercheur au CNRS et à l’École polytechnique, écrivain.

FORMATION DES CRÉATEURS ET DIRECTEURS D’ÉCOLES LIBRES

Clôture des inscriptions de la deuxième édition du Grand Prix de la Fondation pour l'école (prix de langue et de culture françaises à destination des classes de CM2 et 4è des écoles publiques et privées). Inscription gratuite de votre classe sur le site : www.fondationpourlecole.org Renseignements : grandprix@fondationpourlecole.org

22 mars 2011

Passage des épreuves de langue et de culture françaises.

15 juin 2011

Cérémonie de remise du Grand Prix de la Fondation pour l'école.

CONFÉRENCES ET COURS PUBLICS DE LA FONDATION Cycle « Les antimodernes »

Samedi 16 octobre 2010 Samedi 4 décembre 2010 Samedi 12 mars 2011

Ces conférences ont lieu à Paris de 18 heures à 19 h 30. Accès gratuit sur inscription préalable à : fondation@fondationpourlecole.org Cours publics

Dimanche 19 septembre 2010

de 15 h 30 à 17 heures par Philippe Némo, écrivain et philosophe : « En quoi consiste la crise de l’école ? »

FORMATION DES MAÎTRES D’ÉCOLE À L’ILFM

Samedi 18 septembre 2010

Rentrée des étudiants et remise des diplômes de la promotion 2008-2010.

Les sessions intensives de formation auront lieu en amphithéâtre, à Paris, les :

Samedis et dimanches 18 -19 septembre 2010 16 - 17 octobre 2010 4 - 5 décembre 2010 22 - 23 janvier 2011 12 - 13 mars 2011 21 - 22 mai 2011

Inscriptions possibles en auditeur libre ou en formation théorique : ilfm@fondationpourlecole.org

4 et 5 juillet 2011

Passage des épreuves du diplôme privé de maître d’école.

Vendredi 17 juin 2011

Concours d’entrée pour les élèves en formation complète de la promotion 2011-2013.


Chroniques de la Fondation, n°3