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Les

Chroniques

DE LA FONDATION

TRIMESTRIEL D’INFORMATION DE LA FONDATION POUR L’ÉCOLE

SOMMAIRE La Fondation pour l’école en bref . . 2 Les élèves du hors-contrat interdits de concours général . . . . . . . . . . . . 3 Des méthodes originales pour former les adolescents à l’autonomie . . . . . 4 Le Cours Jean-Paul II : . . . . . . . . . . 6 L'école Sainte-Geneviève . . . . . . . . .6 Enseigner, un métier qui fait sens . .7 Témoignage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 Grand Prix de la langue et de la culture françaises . . . . . . . .7 Courrier des lecteurs . . . . . . . . . . . . 8 Agenda . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Revue d’information trimestrielle de la Fondation pour l’école, fondation reconnue d’utilité publique Siège social : 205, rue du FaubourgSaint-Honoré, 75008 Paris Bureaux : 25, rue Sainte-Isaure, 75018 Paris - Tél. : 01 42 62 76 94 Date de parution : février 2010 / n°2 Directeur de publication : Anne Coffinier anne.coffinier@fondationpourlecole.org Editeur : Fondation pour l’école Imprimeur : SPEI - BP 21026 Pulnoy - 54272 - Essay-lès-Nancy Cedex Dépôt légal : à parution - ISSN : en cours Numéro de CPPAP : en cours - Prix au numéro : 3 € - Abonnement : 8 € par an - Service abonnements Fondation pour l’école - 25, rue Sainte-Isaure 75018 Paris - contact@fondationpourlecole.org Vous trouverez les informations pour vous abonner en page 2.

EDITORIAL

N°2 - FÉVRIER 2010

C

hers amis,fff après un objectif de 80 % de bacheliers décrété par J.-P. Chevènement en 1985, nous aurons donc 30 % de boursiers dans les grandes écoles... Impuissant à changer les faits, le gouvernement préfèrerait-il s’en prendre directement aux statistiques ? C’est le système scolaire en amont qu’il nous faut coûte que coûte relever au lieu de masquer les manifestations de sa piètre performance. Nous le savons tous : plus l’école est déficiente, plus le milieu familial fait la différence. Il faudrait plus qu’un miracle pour qu’une école de ZEP pourtant subventionnée de toute part accouche d’un nouveau Camus ! Comment faire pour sauver l’école ? La solution ne pourra pas venir de l’establishment de l’Éducation nationale, tétanisé par les syndicats. Elle viendra du terrain, c’est-à-dire des établissements scolaires – pour peu qu’on les libère. Le gouvernement le sait bien, et Xavier Darcos l’avait reconnu dans un colloque international sur la performance en novembre 2008 : « Je suis convaincu que c’est au niveau local ou “micro-éducatif” que tout se joue. […] Il faut donner aux établissements scolaires les vraies marges d’autonomie dont ils ont besoin. […] Pour accroître les performances des établissements et du système éducatif tout entier, il n’est plus question de continuer à édicter, à chaque niveau hiérarchique, ce que l’on entend par “la bonne méthode”. Il faut bien plutôt définir des objectifs clairs et bâtir un cadre de travail adapté tout en évaluant de façon plus fine les résultats obtenus. » Pour sauver l’école malgré le conservatisme des syndicats, il faudra donc nécessairement accorder aux établissements leur pleine autonomie, que ce soit du point de vue de la gestion des ressources humaines, du budget ou de la pédagogie. Et parce qu’il n’y a pas de liberté sans responsabilité, ce changement devra être accompagné par l'évaluation des résultats des élèves comme

des établissements. C’est déjà ce qui est esquissé pour l’enseignement supérieur en France et qui se fait avec succès depuis les années 1990, pour le primaire et secondaire, dans tous les systèmes éducatifs performants de l’OCDE (cf. l’étude « Eurydice » de la Commission européenne de 2007). Mais le gouvernement aura-t-il le courage de choisir cette voie pour le primaire et le secondaire ? Techniquement, la mise en œuvre d’une telle réforme n’a rien d’impossible. La France peut s’inspirer de ce qu’avait fait très habilement Margaret Thatcher en 1980, qui avait créé des conseils de gestion d’école puis leur avait donné la possibilité légale, sur la base du volontariat, de choisir une gestion autonome tant sur le plan pédagogique que managérial ou budgétaire. Les syndicats n’avaient pu s’opposer à une autonomie laissée au libre choix des établissements. Politiquement, la Fondation pour l’école a un rôle majeur à jouer pour pousser à la prise d’une telle décision. Il nous faut montrer la performance des établissements scolaires autonomes à travers le monde et mettre en valeur les écoles indépendantes qui, en France, illustrent ce modèle. Une performance directement liée à leur liberté, que ce soit dans le choix de leurs professeurs et de leurs méthodes pédagogiques ou dans leur gestion financière. Il est aussi crucial que nous aidions financièrement ces écoles à se développer et à se multiplier, malgré l’absence de financement public, pour atteindre un seuil de visibilité médiatique. Fort de cet exemple français et des comparaisons internationales, le gouvernement sera puissamment incité à libérer les écoles et les professeurs du carcan centralisateur qui les étouffe. C’est tout l’objet de la Fondation pour l’école, et ce n’est qu’avec votre aide fidèle qu’elle pourra réussir.

Anne Coffinier, présidente de la Fondation pour l‘école anne.coffinier@fondationpourlecole.org Les Chroniques de la Fondation - 1


ARRÊT SUR IMAGE

La Fondation pour l’école en bref La Fondation en chiffres pour 2009

Les 28 écoles soutenues par la Fondation en 2009

• 638 000 euros d’aide versés aux écoles indépendantes ; • 28 écoles soutenues (primaires, secondaires et internats) ;

IDF

• 96 élèves instituteurs en formation dans sa faculté : l’Institut Libre de Formation des Maîtres ; • un réseau de 8 juristes et 40 directeurs d’établissements partenaires qui accompagne les créateurs d’écoles.

SOUTENIR les écoles indépendantes

FORMER la relève à l’Institut Libre de Formation des Maîtres

Investir dans l’éducation durable

PROMOUVOIR l’égalité d’accès à l’école de son choix

1 école

Sommes versées 000 000 000 000 000 000 000 0

24 500

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Nombre d’écoles aidées

188 835

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Pour vous abonner aux Chroniques de la Fondation, merci de remplir le bulletin d’abonnement joint ou d’envoyer un chèque de 8 € (quatre numéros) à l’adresse de la Fondation pour l’école, 25, rue Sainte-Isaure – 75018 Paris, avec vos coordonnées complètes.

Les Chroniques de la Fondation - 2

4 écoles

NOMBRE D’ÉCOLES INDÉPENDANTES AIDÉES PAR LA FONDATION

SOUTIEN FINANCIER DE LA FONDATION AUX ÉCOLES INDÉPENDANTES 700 600 500 400 300 200 100

2 écoles

AGIR pour la qualité de l’enseignement

2

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35 30 25 20 15 10 5 0

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DOSSIER

Les élèves du hors-contrat interdits de concours général : L’association Créer son école porte l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme

À

l’initiative de Créer son école* et d’un certain nombre de parents d’élèves et de professeurs, un recours a été déposé contre la France, devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), afin de contester l’exclusion du concours général dont sont victimes les élèves des établissements hors contrat. Ce célèbre concours a été institué en 1744 par l'Université de Paris pour distinguer les meilleurs élèves, à l'initiative de l'abbé Le Gendre, qui avait légué par testament une somme à cette fin. Il sert aujourd’hui à récompenser chaque année les meilleurs élèves des classes de première et de terminale dans le concours général des lycées, et les meilleurs apprentis dans le concours général des métiers. Ce concours prestigieux est réservé, depuis un arrêté de 1986, aux élèves du public et du privé sous contrat, ce qui introduit une discrimination évidente à l’encontre des élèves des écoles hors contrat (sans parler de ceux qui pratiquent l’école à la maison) que les requérants contestent devant la CEDH. Le concours général présente aujourd’hui un attrait d’autant plus évident que, le baccalauréat - fût-il obtenu avec la mention « très bien » - s’étant fortement dévalorisé, de plus en plus de classes préparatoires et de filières professionnelles (IUT, BTS…) sélectionnent désormais leurs élèves en fonction d’un classement au concours général. Le préjudice subi par les élèves issus du hors-contrat est donc bien réel. Le prétexte mis en avant par le Conseil d’État pour justifier cette discrimination est que les enfants scolarisés dans le hors-contrat ne sont pas obligés de suivre un programme identique à celui des autres élèves. Cet argument serait recevable en milieu de parcours académique en raison de la liberté pédagogique dont disposent les écoles indépendantes, mais il est fallacieux en fin de parcours (1re, terminale) puisque la nécessité de passer le baccalauréat oblige ces enfants à acquérir les mêmes connaissances que les autres. Le ministère de l’Éducation nationale partage d’ailleurs sur ce point notre analyse.

La discrimination à l’encontre des enfants du hors-contrat ne nuit pas qu’à ces derniers : en ne les admettant pas à concourir, l’État se prive d’une saine émulation. Il s’interdit aussi de pouvoir repérer par les résultats à ce concours les établissements libres dont la pédagogie innovante serait particulièrement performante et pourrait contribuer utilement à la revivification de l’Éducation nationale. Seule la peur de la supériorité académique des enfants des écoles entièrement libres peut expliquer une décision gouvernementale aussi choquante. L’exclusion depuis cette année des enfants du hors-contrat du concours du Plumier d’or organisé par l’association Défense de la langue française en partenariat avec le ministère de la Marine, semble s’inscrire également dans cette logique. Cette exclusion était intervenue suite à la demande d’établissements sous contrat avec l’État agacés de voir plus de 20 % des lauréats provenir des établissements hors contrat, alors qu’ils représentaient moins de 1 % des enfants scolarisés en France. L’an dernier, la première place est même revenue à une élève de la fameuse institution hors contrat Saint-Pie X de Saint–Cloud, Dauphine Bevillard. C’est à n’en pas douter cette motivation qui a amené le ministère de l’Éducation nationale, dans son mémoire devant le Conseil d’État, à indiquer non sans cynisme que « les élèves des établissements hors contrat sont dans la même situation que les autres au regard de l’objet du concours et que seul l’intérêt général tenant à l’exemplarité du concours justifie que ce dernier ne leur soit pas accessible ». La requête, introduite devant la Cour européenne des droits de l’homme le 24 décembre 2009, ne devrait pas être jugée avant plusieurs mois… Laurent Frölich, avocat. * Créer son école, association loi 1901 à partir de laquelle la Fondation pour l’école est née, assure – en partenariat étroit avec la Fondation – l’accompagnement technique et juridique des créateurs et directeurs d’écoles libres (hors contrat).

Pour consulter le dossier complet de notre action en justice, rendez-vous sur www.fondationpourlecole.org/lutte-contre-les-discriminations.html

Les Chroniques de la Fondation - 3


ACTUALITÉ DES ÉCOLES

Des méthodes originales pour à l’autonomie et aux responsabilités Reportage au Cours lyonnais François et Jacinthe de Fatima

L

e Cours privé François et Jacinthe de Fatima de Lyon a été créé par des parents catholiques en 2003, dans le prolongement de l’école primaire hors contrat Saint-Dominique-Savio, fondée en 1977 (80 élèves). C’est aujourd’hui un établissement non mixte bien inséré dans le paysage scolaire lyonnais et qui scolarise 73 garçons et 58 filles. Sa spécificité pédagogique ? Un enseignement non mixte, à petits effectifs, qui présente deux grandes caractéristiques : une répartition du travail dans la journée qui ne laisse rien au hasard et une préparation méthodique à l’exercice des responsabilités. Une répartition originale du travail dans la journée Au Cours privé François et Jacinthe de Fatima, les adolescents consacrent le matin aux matières cognitives : il s’agit d’un travail intensif et méthodique dans les matières fondamentales à travers une alternance de cours magistraux et d’exercices

d’application. À cela s’ajoutent des heures d’études surveillées pour leur apprendre à travailler efficacement par eux-mêmes. Ils sont poussés à s’organiser, à gérer leur temps, à se concentrer, à se discipliner pour produire un travail de qualité. Il s’agit de « les aider à faire seul » comme dirait Maria Montessori. L’après-midi répond à une logique tout autre : il leur est demandé de mener à bien, en petits groupes multiniveaux, un projet demandant un effort dans la durée, sur un trimestre, voire une année. Prenons l’exemple de l’atelier « chant » : un concert de fin d’année est préparé ; chaque groupe d’adolescents y interprète l’œuvre qu’il a choisie, et qui peut aller du chant polyphonique à la chanson à texte humoristique… Le concert est clôturé par une œuvre chantée par l’ensemble du collège, filles et garçons réunis. Ce sera cette année le Dextera Domini de César Franck.

TÉMOIGNAGE D’UN CAPITAINE

Les Chroniques de la Fondation - 4

Monseigneur Henri Brinca rd, un des capitaines de l’éc ole des Roches.

Crédit photo : Émile Guérin

et l'association Les Amis de

Charlier

« Charlier était un directeur que les jeunes pouvaient admirer. L'admiration fait grandir car elle élève l’âme, développe l'intelligence et donne le désir de servir. Être capitaine, c'était avoir le bonheur de collaborer avec quelqu'un qui prenait la jeunesse au sérieux en lui proposant comme idéal une sainteté qui humanise en divinisant. Homme d'une grande culture, sans préjugés, respectant notre liberté tout en l'éclairant, Charlier nous enthousiasmait. Il nous mettait à l'école du beau, du vrai et du grand. Par son exemple, par des exigences qui rejoignaient ou même réveillaient les aspirations profondes de nos âmes, Charlier nous donnait l'horreur de la médiocrité. Être capitaine nous mettait aussi à l'école de la responsabilité qui fait découvrir la profondeur du cœur humain, la beauté de la foi chrétienne, le mystère de notre liberté, le tragique de nos refus d'aimer in veritate. Charlier nous a aussi aidés à comprendre que la souffrance pouvait devenir une école de vie. En m'appelant à être capitaine, il m'a appris que servir fait grandir en nous l'homme et le chrétien. Charlier fut dans ma jeunesse une magnifique étoile me guidant sur le chemin de la "petite espérance" (Péguy). Nous l'appelions le Patron. Un beau nom s'il est compris dans son sens premier. "Adieu et merci Patron". » Monseigneur Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay


ACTUALITÉ DES ÉCOLES

La Fondation pour l’école publie, en partenariat avec les Éditions TerraMare, une version inédite des Lettres aux Capitaines d’André Charlier. Ci-joint le bulletin de commande de ce livre pour le recevoir en avant-première. Les aînés sont responsabilisés, et les jeunes dynamisés par l’expérience et l’exemple des plus grands. Il leur faut aller jusqu’au bout d’un projet, au-delà des difficultés, tous ensemble, et viser le résultat le plus professionnel possible. Ténacité et suite dans les idées sont ainsi développées. Ce travail collectif où sont repérées et utilisées les compétences et qualités de chacun au mieux de l’intérêt du groupe est à souligner, dans un pays trop souvent critiqué pour l’individualisme de ses cadres. Cet apprentissage du travail en groupe, du leadership, de l’optimisation des ressources pour arriver au meilleur résultat possible se prolonge dans le système des capitaineries. Des capitaines pour apprendre à exercer des responsabilités pour le bien commun Rien à voir avec les capitaineries maritimes ! Il s’agit d’une méthode de responsabilisation des adolescents expérimentée par André Charlier, fameux directeur de l’école des Roches (cf. encadré page 4). À François et Jacinthe de Fatima, tous les collégiens de 3e (filles et garçons) deviennent capitaines à l’issue de trois jours de formation à la fin de la 4e. Ils prennent la tête d’une équipe de 8 collégiens composée de 2 collégiens de chaque niveau pour effectuer des services (service de l’autel, entretien, missions confiées par la direction…). Ils sont associés à la vie du collège et aux décisions importantes, ce qui les amène à réfléchir et à prendre des décisions variées. Avant d’être capitaines, les jeunes s’imaginent souvent que la difficulté sera de

ançois et Jaci nt : Cours privé Fr

votre âge il n’est pas difficile de croire à ce qu’on a de plus beau et de plus pur en soi. Alors, croyez-y de toute votre force. N’essayez pas de donner le change et de faire croire aux autres que vous êtes aussi bêtes et aussi vulgaires que le commun des mortels. Il y a un respect humain qui consiste à se mettre au diapason le plus bas : vous verrez un jour jusqu’où cela peut conduire dans une chambrée de caserne. N’ayez pas cette sorte de pudeur à rebours. Osez faire passer dans vos actes et dans vos paroles le meilleur de vous-mêmes. Simplement, sans forcer, que ce soit aussi naturel que la respiration. Vous verrez comme c’est facile, vous verrez comme c’est simple de ne plus ressembler à tout le monde, car il n’y a qu’à être vraiment soi. Et c’est le seul moyen de donner à tout le monde l’envie de vous ressembler, c’est-à-dire de vivre chacun selon sa vérité authentique et de la traduire dans toute sa manière d’être. Les seules grandes révolutions, celles qui ont eu dans le monde le retentissement le plus large et le plus profond, sont les révolutions intérieures. La vôtre est commencée : ayez le courage de la faire jusqu’au bout. » André Charlier - Lettres aux Capitaines

Crédit photo

À

«

he de Fatima

former les adolescents

Une capitainer

ie de filles

savoir se faire obéir des plus jeunes pour assumer des corvées. Ils découvrent à l’expérience qu’il s’agit pour eux de devenir de véritables éducateurs, à l’instar des professeurs et éducateurs du collège : la capitainerie les initie au monde des adultes car de réelles responsabilités leur sont confiées et il leur faut motiver leur équipe pour les assumer. Ce système fait d’eux de véritables partenaires éducatifs de la direction. Tous les quinze jours, les capitaines déjeunent avec l’encadrement du collège et abordent librement toutes les questions. Cette proximité avec le monde des adultes les fait grandir, mûrir et les met en confiance. Chez les garçons, ce qui est le plus difficile, c’est la formation affective, tandis que les filles ont plus de difficultés avec l’exercice de l’autorité. Pas le temps de « se regarder le nombril » – grande tentation des adolescents ! – quand il y a les plus jeunes à tirer vers le haut. En tant que capitaines, ils prennent l’habitude d’analyser les problèmes et de décider. C’est également un bon antidote à tout comportement moutonnier. Ce système fonde aussi l’unité d’esprit du collège et des amitiés fidèles pour toute la vie. Pour en savoir plus : www.cours-fatima.com

La Fondation pour l'école ne vit que de dons privés : nous avons besoin de votre engagement à nos côtés pour multiplier les écoles de qualité partout en France. Ci-joint le bulletin de soutien pour nous aider.

Les Chroniques de la Fondation - 5


ACTUALITÉ DES ÉCOLES

aul Crédit photo : Cours Jean-P

II

Le Cours Jean-Paul II : une école de l’instruction au pays du Cadre noir

Écoliers du Cours Jean-Paul

II

Pour en savoir plus : Cours Jean-Paul II : www.coursjeanpaul2-saumur.org phiflothery@orange.fr Mme Bouvet, directrice et fondatrice du Cours Sainte-Anne, est aussi formatrice à l’ILFM. www.sainteanne.net - www.ilfm-formation.com

C

ela fait trente ans que l’on sait que la méthode de lecture globale ou à départ global est nuisible à l’enfant. Elle est pourtant toujours massivement utilisée dans les écoles. Faudrait-il s’y résoudre sous prétexte qu’il y a des enfants qui parviennent à lire malgré cette méthode ? Ne doit-on pas toujours rechercher ce qu’il y a de mieux pour nos enfants ? C’est en tout cas ce qu’a pensé une mère de famille de Saumur qui a préféré faire l’école à la maison à son enfant pour le préserver de ces méthodes nocives. Sa dissidence pédagogique a choqué dans un premier temps, mais elle a aussi conduit les familles à se poser des questions et finalement à décider de fonder une nouvelle école autour d’une première maîtresse : le Cours Jean-Paul II de Saumur était né. L’école s’est installée à 10 km de la ville du Cadre noir, dans une ancienne école de village, à laquelle elle redonne vie. Cinquante-cinq enfants y sont scolarisés pour leur plus grand bonheur. Il faut dire que les fondateurs de l’école ont mis toutes les chances de leur côté.

Les Chroniques de la Fondation - 6

Ils se sont appuyés sur un cours par correspondance connu pour son exigence et sa rigueur, le Cours Sainte-Anne. Ils ont ensuite envoyé toutes leurs maîtresses parfaire leur formation à l’Institut Libre de Formation des Maîtres. Être conscient de ce qui ne va pas dans un enseignement ne suffit pas ; encore faut-il savoir que faire à la place. Il est nécessaire d’avoir une formation professionnelle solide auprès de maîtres rompus aux ficelles du métier. Enfin, si le Cours Jean-Paul II se distingue par l’exigence de l’instruction qu’il délivre, il se caractérise aussi par sa préoccupation éducative. Dans une ambiance familiale, l’école cherche à former non seulement l’intellect mais aussi la volonté et le cœur des enfants, sous le patronage spirituel de Jean-Paul II. Résultat : les enfants sont vraiment heureux d’aller à l’école !

L’école Sainte-Geneviève propose une place de choix pour les enfants porteurs de la trisomie 21 L’école indépendante Sainte-Geneviève, située à Port-Marly (78) et réputée pour son haut niveau d'exigence académique, vient d’ouvrir en son sein même une classe consacrée aux enfants porteurs de trisomie 21. Son directeur, le Père Bruno de Blignières, nous en explique la raison : « Notre Seigneur a une prédilection toute particulière envers les “petits“ et plus encore envers les “petits parmi les petits“. La charité nous presse donc de les accueillir afin de donner aux familles une structure chrétienne propre à leur épanouissement spirituel. C’est aussi un témoignage très fort pour les autres enfants de l’école. » La Fondation Lejeune aidera l'école à adapter sa pédagogie ; les effectifs sont limités à 4 ou 5 enfants, âgés de 6 à 10 ans, pour que chacun puisse bénéficier d’une attention particulière. Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Mme de Solages ; tél. : 01 39 16 86 44 ; courriel : pierre@solages.org Si vous voulez en savoir plus sur la scolarisation d'enfants déficients intellectuels en milieu scolaire ordinaire, nous pouvons vous transmettre les actes du colloque organisé en mars 2009 par la Fondation Lejeune et la Fondation pour l'école. N’hésitez pas à le demander à Armelle Giard, à : contact@fondationpourlecole.org


II

Enseigner, un métier qui fait sens N

ombreux sont les jeunes diplômés qui s’engagent dans le volontariat international ou dans les ONG, en Afrique, au loin… Ils donnent de leur temps, de leur personne. Quelle merveilleuse générosité de la jeunesse ! Elle a raison, cette jeunesse, de s’arracher aux séductions du matérialisme et de l’utilitarisme pour prendre le temps du don, de la gratuité. Elle a raison, cette jeunesse, d’être en quête de sens ! Mais elle n’a pas nécessairement besoin d’aller à l’autre bout du monde pour combler ces aspirations légitimes : il est un métier qui est comme une vocation, un métier qui fait sens puisqu’il s’agit de transmettre les clés du sens aux jeunes générations, un métier d’avenir puisqu’ « il n’est de richesses que d’hommes ». C’est l’enseignement. On enseigne comme on est, avec le meilleur de soi-même. On ne peut donc apprendre aux enfants des choses que l’on ne maîtrise pas, pas plus qu’on ne peut leur inculquer des principes éducatifs selon lesquels on ne vit pas soi-même. Bref, l’enseignement n’est pas un métier de mercenaire. Il faut être enraciné, il faut croire profondément à la pertinence de

ses actes pour s’épanouir dans ce métier et y exceller. C’est une profession exigeante mais ô combien passionnante ! Dans le contexte d’« urgence éducative » qui caractérise notre époque, les enfants de notre pays ont besoin que des jeunes compétents, solides et généreux s’engagent dans l’enseignement. Il leur faudra relever un défi décisif : celui de réussir à transmettre notre langue, notre culture, et l’amour de l’un et de l’autre. Il leur faudra faire preuve d’inventivité pour donner aux enfants d’aujourd’hui le goût de l’étude, de l’effort, de la lecture, de l’analyse. Les enfants d’aujourd’hui ont besoin que l’on s’engage pour eux. Et rien n’est plus décisif pour l’avenir de notre civilisation, rien n’est plus exaltant.

L’ILFM – une formation complète au métier d’instituteur

L’Institut Libre de Formation des Maîtres, institut de formation initiale par alternance en 2 ans et organisme agréé de formation continue, propose une formation moderne et rigoureuse au métier d’instituteur dans les écoles libres. Pour tout renseignement ou inscription, contactez Florence Le Roux, la directrice des études, au 01 42 62 76 94, à ilfm@fondationpourlecole.org ou consultez le site www.ilfm-formation.com

Philippe Rosier, président de Rhodia Energy Services

C

ertains enfants se sentent parfaitement à l’aise dans l’anonymat d’un gros établissement. D’autres, au contraire, se sentent noyés dans la masse. Ce constat, Philippe Rosier l’a fait il y a dix ans en observant le bonheur inégal de ses enfants aux Chartreux, institution scolaire lyonnaise bien connue. Le problème est qu’il n’y avait pas véritablement d’alternative correspondant à ses attentes, à savoir un collège à taille humaine, avec des classes à petits effectifs, non mixtes, permettant de suivre les enfants de près, et animé d’un esprit chrétien. Que faire ? Est-ce parce que son métier l’a accoutumé à l’anticipation et à la prise de risque (il est en effet président d’un groupe qui gère 1 milliard d’euros d'achat d'énergies dans le monde et qui a puissamment innové en matière de gestion des émissions de gaz à effet de serre) ? Toujours est-il qu’il décide, avec d’autres parents motivés, de fonder un nouveau collège à Lyon : ce sera le Cours François et Jacinthe de Fatima (voir p.4 et 5). « Nous étions très satisfaits des Chartreux pour certains de nos enfants. Pour une de nos filles, le collège ne lui convenait visiblement pas. Je ne pouvais accepter de critiquer sans rien faire. Ma femme et moi avons préféré assumer nos responsabilités de parents en prenant à bras-le-corps le problème que posait à l’époque l’instruction de cette enfant, quand bien même cela allait nous conduire à créer un établissement de toutes pièces ! » Dix ans après cette première fondation, ils ne regrettent rien ! « Ce fut une aventure humaine extraordinaire pour toute la famille ! » Convaincu que les écoles indépendantes offrent un cadre éducatif sans pareil pour les enfants aujourd’hui, il s’est même engagé dans la fondation d’un nouveau collège, l’Institution Saint-Louis, qui vient d’ouvrir en septembre dernier au Barroux (84).

Grand Prix de la langue et de la culture françaises

L

a maîtrise de la langue française est la condition sine qua non de toute excellence, de toute fécondité et – dans la situation historique qui est la nôtre – de toute renaissance culturelle. C’est même le cas en mathématiques, comme l’affirme avec force Laurent Lafforgue*, mathématicien de renommée internationale et lauréat de la médaille Fields. La créativité de l’école française de mathématiques venait de la formation humaniste et littéraire dispensée traditionnellement dans les écoles, collèges et lycées français. Aujourd’hui encore, les grands mathématiciens viennent tous de pays ou de milieux marqués par la passion de la littérature ou de l’exégèse... Il nous faut donc coûte que coûte remettre la langue française à l’honneur, rendre aux Français le goût de leur propre langue, l’intimité émerveillée avec ce trésor aujourd’hui délaissé. Nul doute qu’aucun renouveau de l’école n’est possible sans retour en grâce de la langue, de la littérature et, plus généralement, des humanités à l’école ! Voilà pourquoi la Fondation pour l’école a souhaité lancer un Grand Prix de la langue et de la culture françaises. Il en existe d’autres, mais ces concours sont spécialisés par leur sujet ou par leur public. Le concours de la Fondation pour l’école est résolument ouvert à tous, pour que les enfants les plus amoureux de la langue et de la culture françaises puissent y donner leur pleine mesure, qu’ils étudient dans une école

Crédit photo : cours Jean-P aul

NOUVEAU PROJET

publique, privée sous contrat, libre, ou encore à la maison (avec ou sans cours par correspondance). Il est organisé en partenariat avec Canal Académie, la radio des Académies de l’Institut de France. Modalités pratiques : ce Grand Prix comporte deux sections, une pour les enfants de CM2 et une pour ceux de 4e. Il est gratuit. Ce sont les professeurs qui inscrivent leur classe ; pour les enfants scolarisés à domicile ou par correspondance, un professeur doit être choisi par la famille pour faire passer les épreuves, les corriger et s’en porter garant. Les épreuves seront organisées ad libitum la dernière semaine de mars et envoyées par la poste au plus tard le 5 avril (le cachet de la poste faisant foi). Les 20 premiers lauréats seront reçus à Paris et se verront remettre des prix financés par les mécènes de ce concours. Le premier prix sera cette année un voyage culturel avec une soirée à l’Opéra dans une des grandes capitales européennes. Pour tout renseignement : www.fondationpourlecole.org / grandprix@fondationpourlecole.org « La langue est le premier des arts, celui de bien dire, de bien écrire, de bien formuler ce qu’on pense. Aussi la langue est-elle toujours le symbole d’une culture : elle en indique le niveau. » (P. 40, in L’Amour des lettres et le désir de Dieu, Dom Jean Leclercq, Cerf, 1956). *www.ihes.fr/~lafforgue/education.html Les Chroniques de la Fondation - 7


COURRIER DES LECTEURS

« Les écoles indépendantes ne risquent-elles pas d’alimenter un communautarisme qui pourrait nuire à l’unité Bertrand G. (95) et à la concorde nationales ? » Qu'appelle-t-on communautarisme ? Ce mot ne sert guère que de repoussoir en France, alors que sur le continent nord-américain des penseurs dits « communautariens » comme Mac Intyre ou Charles Taylor apportent une contribution neuve et intéressante au débat politique*. Rappelons que l'on distingue classiquement la société, qui repose sur la loi et un fondement contractuel, et la communauté, qui repose sur la coutume et un fondement « sacré » ou, au moins, antérieur aux volontés particulières. Ainsi l'État a-t-il les caractères d'une société, la nation ceux d'une communauté. Les écoles indépendantes reposent sur l’idée qu'on ne peut éduquer que dans une communauté, c'est-à-dire dans la transmission cohérente de valeurs, dans une identité symbolique forte. On sait assez que des consignes contradictoires, que la mésentente des adultes, contribuent à la détresse des enfants. À l'idée de communauté, on oppose celle de république. « L'école républicaine » est censée être le creuset qui permet l'identité nationale. Or il faut remarquer qu'à ses grandes heures, que l'on ne cesse de rappeler avec nostalgie, l'école que l'on dit républicaine s'appuyait sur un sentiment national fort, autrement dit des valeurs cohérentes et des appartenances symboliques fortes. Péguy évoque en une page fameuse les « hussards noirs de la République » qu'étaient ses instituteurs. Or, précise-t-il, ces instituteurs qui bouffaient du curé lui donnaient pourtant l'impression de dire la même chose que les curés. Même si les discours différaient, une seule voix se faisait entendre dans une seule langue. Cette école était nationale, et même nationaliste, plus que républicaine. Qu'en est-il à présent ? L'école républicaine semble bien impuissante à être un creuset. Loin d'offrir une vision du monde cohérente, elle est le miroir des doutes et des désaccords. Comment éduquer dans un tel brouhaha ? Les communautés éducatives constituées par les écoles indépendantes feraient-elles alors de mauvais citoyens ? On peut au contraire penser que c'est à travers une communauté que se forge un sens du bien commun. N'est-ce pas déjà le cas dans les familles ? Il est vrai que certains régimes ont vu dans les familles des communautés dangereusement indépendantes qu'il fallait dissoudre pour une plus grande unité de l'État... Un enfant qui apprend au sein d'une communauté le sens du service, de la responsabilité et du partage, peut bien hausser ces dispositions vers la cité (cf. notre dossier sur la capitainerie en page 4). Ainsi la communauté est-elle le chemin de l'intégration, car fera-t-on une société avec des individus sans appartenances ? La famille et l'école ne peuvent remplir leur mission que si elles sont paisiblement des communautés. Cette mission est bien celle d'y apprendre la participation au bien commun. Au lieu de dénoncer les communautés et de les enfermer dans la désapprobation, un État avisé fait mieux en reconnaissant leurs services, ce qui, en retour, leur permet de ne pas se vivre comme fermées sur elles-mêmes. Car il est clair que les communautés éducatives ne doivent pas se penser comme un refuge identitaire. Elles ont pour mission de conduire les enfants hors de la communauté vers la société, ce qui permettra aussi à cette société de ne pas être une société anonyme. Jean-Noël Dumont, professeur de philosophie, directeur du Collège Supérieur de Lyon, administrateur de la Fondation pour l’école. * Cf. le récent livre de François Huguenin ; Résister au libéralisme : les penseurs de la communauté, CNRS Éditions, 2009.

LES GRANDS RENDEZ-VOUS DE L’ANNÉE

Février

Lancement du groupe de travail chargé de la création du référentiel qualité destiné aux écoles.

Du mardi 16 au mardi 23 mars

Épreuves du Grand Prix de la langue et de la culture françaises. Informations et inscriptions à : grandprix@fondationpourlecole.org (Les prix seront remis en juin à Paris).

Vendredi 19 mars à 19 heures

Messe et rencontre annuelles de la Fondation pour l'école : église Saint-Pierre de Montmartre - 2, rue du Mont-Cenis Paris XVIIIe. Merci de bien vouloir nous informer de votre venue avant lundi 1er mars.

Samedi 29 mai

Journée de formation à la création d’école, Paris VIe. Informations et inscriptions à : ilfm@fondationpourlecole.org

Mardi 2 juin

Colloque international au Sénat : « École : comment innover ? ». De 15 heures à 20 heures. Informations et inscriptions à : contact@fondationpourlecole.org

CYCLE CULTUREL

Samedi 13 mars à 18 heures

Conférence de Rémi Brague (philosophe, universitaire à Paris I, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, écrivain) sur « La culture supporte-t-elle l'idée de vérité ? ».

Samedi 29 mai à 18 heures

Conférence d’Olivier Rey (philosophe, mathématicien, chercheur au CNRS et à l’École polytechnique, écrivain) sur « Transmettre en démocratie ». Ces conférences font partie du cycle culturel organisé par la Fondation et l’ILFM au 115, rue Notre-Dame-des-Champs Paris VIe, de 18 heures à 20 heures. Nécessité de s’inscrire avant à : fondation@fondationpourlecole.org La conférence « À quoi bon la culture ? » de Fabrice Hadjadj est disponible en vidéo (9 euros).

FORMATION DES MAÎTRES D’ÉCOLE À L’ILFM

Lundi 1er mars

Ouverture des inscriptions (dossier d’inscription sur www.ilfm-formation.com). 20 places en formation complète et 100 places en formation théorique (pour les professeurs d’école déjà en activité).

Du vendredi 12 au dimanche 14 mars et du vendredi 28 au dimanche 30 mai

5e et 6e sessions intensives de formation des étudiants. Le programme est disponible sur www.ilfm-formation.com. Pour y assister en auditeur libre, merci de nous contacter.

Vendredi 18 juin

Concours de recrutement de la nouvelle promotion de l’Institut Libre de Formation des Maîtres.

30 juin et 1er juillet

Les Chroniques de la Fondation - 8

Examen de fin de 1re et 2e année de l’Institut Libre de Formation des Maîtres.

Fondation pour l'Ecole, NL n°2  

Newsletter n° 2 de la Fondation pour l'Ecole

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