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DOSSIER RD CONGO W I V I N E M U M BA M AT I PA Directeur général de l’ANAPI

La RDC est engagée dans un vaste programme de réformes multisectorielles Nommée en 2015 à la tête de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), Wivine Mumba Matipa a décidé de tout mettre en œuvre pour améliorer l’image de la RDC et attirer les investisseurs. Propos recueillis par Christine Holzbauer

Quelles sont les attributions de l’ANAPI ?

L’ANAPI est un Établissement public, à caractère technique, doté de la personnalité juridique et d’une autonomie de gestion. Il a été créé en 2002 dans un contexte de guerre où la RDC n’était pas jugée de façon objective. Sa première mission a été de promouvoir une image plus positive du pays. La RDC a la réputation d’être un « scandale géologique », mais peu de personnes sont en mesure d’appréhender le potentiel réel de ce pays qui a la taille d’un sous-continent. Il était donc crucial qu’une des missions de l’Agence soit de promouvoir les opportunités d’investissement dont regorge ce pays tant dans le secteur privé que public. L’ANAPI a un rôle important de plaidoyer dans le cadre de l’amélioration de l’environnement des affaires pour le rendre plus propice aux investissements ; et d’autre part, vis-à-vis des investisseurs, un rôle d’accompagnement, de facilitation et de suivi. Ces attributions supposent-elles d’accompagner les investisseurs sur le terrain dans le cadre des réformes juridiques décidées, et comment ?

Oui, l’accompagnement des investisseurs sur le terrain est l’une des tâches accomplies au quotidien par l’ANAPI. Cet accompagnement se manifeste au point de vue administratif par l’intervention directe de l’Agence auprès des autres structures publiques, notamment, si les investisseurs sont confrontés à des délais 60

inhabituels dans l’obtention des licences ou autres documents. En outre, depuis le début de cette année, l’ANAPI a engagé des campagnes de sensibilisation des investisseurs dans les provinces, et les missions de vulgarisation des réformes, et ce, entre autres dans le but de répondre à la préoccupation que vous venez de soulever. L’ANAPI a couvert rien que pour l’exercice 2016, presque toutes les anciennes provinces du pays, qui jadis étaient 11 et sont maintenant 26, dans ces missions d’accompagnement. Enfin, l’Agence met en œuvre les incitations du Code des investissements dont le rôle essentiel est l’atténuation des coûts et des risques de premier établissement des investisseurs en RDC et l’encouragement de projets créateurs de richesse, en octroyant des exemptions fiscales et douanières. Vous insistez beaucoup depuis votre prise de fonction sur la nécessité de changer l’image de la RDC à l’étranger. Comment y parvenir ?

L’image d’un pays est un facteur déterminant dans la décision d’investissement. De 2001 à ce jour, la RDC s’est engagée dans un vaste programme de réformes multisectorielles sous l’impulsion du Président de la République. Pour améliorer l’attractivité du pays, les principales mesures initiées peuvent être circonscrites autour des réformes du cadre juridique dont l’adhésion à l’OHADA a constitué l’une des réformes principales pour la sécurisation juridique et judiciaire

du monde des affaires. La modernisation du cadre institutionnel, où l’ANAPI joue un rôle prépondérant en matière de communication et de sensibilisation et vulgarisation de toutes les réformes à travers divers canaux de communication (outils promotionnels, site web…), participation à de grands forums internationaux et organisation de forums. Cependant, dans un contexte international extrêmement concurrentiel en ce qui concerne les investissements directs privés (IDE), l’ANAPI a choisi une approche promotionnelle basée sur un ciblage à la fois des secteurs, des régions et des investisseurs. L’objectif à court terme est de consolider et fidéliser l’existant, et à moyen terme d’opérer une diversification vers les secteurs de grande valeur ajoutée. Dans un pays comme le nôtre, la croissance est tirée par les industries extractives, où la détermination des prix des ressources naturelles échappe aux pays producteurs. Enfin, nous tirons avantage de l’amélioration du cadre macroéconomique qui a été une des grandes préoccupations du gouvernement sous la houlette d’Augustin Matata Ponyo, Premier ministre. Des facteurs macroéconomiques favorables sont essentiels pour améliorer la compétitivité non seulement de notre pays mais également de nos entreprises ; un taux d’inflation de 0,8 % et une croissance du PIB de 7,7 % en 2015 y contribuent L’ANAPI est encouragée par l’intérêt croissant sur les potentiels de la RDC. African Business | Août - Septembre 2016

African Business French, Issue 45  
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