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Savoir, penser, rêver. Une histoire de l’ICOMTEC

Ouvrage publié sous la direction de

Christian Marcon


Savoir, penser, rêver. Victor Hugo - Océan prose


Avant-propos L

’ICOMTEC fête ses quinze années d’existence. Il est né du grand rêve qui est à l’origine du parc et de la zone d’activités du Futuroscope. Dans ce rêve conçu autour des nouvelles technologies, les aspects scientifiques, culturels et de formation avaient leur place marquée dès le départ et un champ nouveau s’est ainsi offert à l’université pour qu’elle y développe ses missions essentielles d’une façon originale et créative. L’histoire de l’Institut est celle d’une structure résolument tournée vers l’innovation ; elle s’est créé une culture propre fondée à la fois sur les technologies de formation les plus récentes et sur la capacité de ses étudiants à porter des projets professionnels ambitieux. Structure très vivante, très adaptative, elle est parfois allée plus vite que les

structures administratives et les avatars qu’elle a connus de ce point de vue sont une preuve supplémentaire de son dynamisme convaincu ! Tant d’expériences se sont accumulées au cours de ces quinze années que le moment est venu d’un premier bilan. Mais lorsque l’ambition est de former les professionnels de la communication et de l’intelligence économique, de répondre ainsi aux besoins nouveaux du tissu économique, c’est aussi l’âge de tous les projets et de toutes les espérances. Le rayonnement de l’ICOMTEC assure à l’Université de Poitiers une place reconnue dans ce secteur. Tous ceux qui se sont impliqués dans sa création et son développement, qu’il s’agisse des personnels ou des intervenants extérieurs, doivent être fiers de sa réussite. ■

Jean-Pierre Gesson Président de l’Université de Poitiers


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’ICOMTEC a quinze ans. De ces quinze années, seules les quatre dernières se sont déroulées au sein de la Faculté de Sciences économiques. Celle-ci s’est pourtant trouvée associée depuis longtemps à la vie de l’ICOMTEC. Avant même que l’institut ne vît le jour, la Faculté de Sciences économiques avait participé à la mise en place d’une filière de formation pluridisciplinaire sur le site du Futuroscope. Par la suite, deux enseignants chercheurs économistes, Jacques Debord et Guy Massé, jouèrent un rôle essentiel lors de la création de l’ICOMTEC en 1996. Dans les années qui suivirent, la faculté a soutenu l’institut par la mise à disposition d’un poste d’enseignantchercheur. Le rattachement de l’institut à la faculté en 2007, pour répondre à une demande de clarification de l’organisation administrative d’une composante au statut incertain, n’était donc pas sans légitimité et s’il a pu susciter, en son temps, quelques craintes de perte d’identité, la pratique de ces quatre dernières années a su les dissiper. Pour autant, la Faculté de Sciences économiques ne saurait s’attribuer le mérite de la réussite de l’ICOMTEC. Projet original depuis les premiers jours, l’institut doit son succès au

dynamisme des équipes qui l’ont porté et continuent de le faire, à l’engagement de ceux qui, chacun à son poste dans la formation, la recherche ou l’administration, ont toujours eu et continuent d’avoir le souci de promouvoir l’image de la filière à l’extérieur et d’encourager l’esprit d’initiative à l’intérieur. Le développement de relations universitaires et professionnelles, nationales et internationales, d’une part, les premières places remportées par les étudiants face à des équipes de filières concurrentes, d’autre part, sont l’expression de ce dynamisme. La Faculté de Sciences économiques a accompagné le développement récent de l’institut en faisant en sorte que l’intégration ne soit pas uniformisation, en veillant à ce que le cadre administratif ne soit pas un carcan pour les initiatives, en reconnaissant le dynamisme des hommes et en l’encourageant. L’expérience de l’ICOMTEC démontre s’il en était encore besoin, que l’université offre en son sein, pardelà les dispositifs administratifs, un espace de liberté et de diversité pour l’épanouissement des initiatives. C’est dans cet esprit que la faculté entend poursuivre son soutien à l’ICOMTEC en lui souhaitant encore de longues années. ■

Christian Aubin Directeur de l’UFR Sciences économiques


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e Conseil Général de la Vienne ne peut que se féliciter de la participation des étudiants de l’ICOMTEC au concours « Imaginons notre futur ». En effet, depuis sa première édition en 2009, l’école a présenté des équipes -souvent pluridisciplinaires comme le règlement du concours le conseillaitqui ont remporté systématiquement les premières places. En 2009, une équipe mixte ICOMTEC/ Géographie, avec un travail remarquable par sa connaissance des territoires composites formant le département et sa capacité d’imagination, a remporté, avec une bourse à se partager, un beau voyage d’une semaine en Styrie (Autriche). Une autre équipe, exclusivement issue de l’ICOMTEC celle-ci, obligeait le jury a créer un « prix spécial du jury » pour récompenser ses propositions en matière de communication institutionnelle.

En 2010, c’est l’ICOMTEC encore, allié à un Licence de Sciences éco qui remportait haut la main la bourse et un voyage inoubliable de 10 jours en Chine, en récompense d’un travail très fouillé sur l’évolution de nos pratiques individuelles dans le domaine de la formation et, plus largement, de l’acquisition des connaissances. Il se dit dans les couloirs que la Mission Prospective du Conseil Général étudierait en ce moment, pour le premier prix 2011, les offres touristiques pour la planète Mars. Et certainement des étudiants de l’ICOMTEC sont-ils déjà en train de se renseigner sur les modalités d’obtention du visa. Pour ma part, je me réjouis à l’avance de leur participation et envisage peutêtre de me renseigner de mon côté pour avoir le plaisir de les accompagner. Le Conseil Général félicite par ma voix l’ICOMTEC de ces succès bien mérités et lui souhaite « bon vent » pour les prochaines quinze années. ■

Hervé Vallet Vice-Président du Conseil Général de la Vienne


Edito

Si l’avenir de l’ICOMTEC est à construire, et non à prédire, cette histoire nous servira de repère.

Q

u’est-ce qu’une aventure ? Un moment hors du commun, plein de vie, de surprises, d’engagement personnel, de risques aussi. Dans les romans, dans les films, l’aventure est ailleurs dans le temps, dans l’espace. Dans la vie, l’aventure que l’on raconte est aussi loin du quotidien que possible. Pourtant, au regard de ce qui fait l’aventure, n’est-il pas de proches aventures qui, pour être moins exotiques, moins périlleuses, n’en sont pas moins fortes, engageantes, chargées d’émotions ? Je gage que, depuis quinze ans au moins puisque nous fêtons ici cet anniversaire, mais depuis vingt-trois ans si nous remontons aux premiers jours, l’ICOMTEC est une aventure. Aventure car initiée en terrain inconnu, celui du rapprochement de formations dans un lieu nouveau, avec un projet innovant et, plus tard, avec une formation à l’intelligence économique pionnière. Aventure aussi car constamment sur le fil du rasoir

dans sa pérennité. Aventure enfin car si l’institut garde un cap et propose un cadre stable, chaque nouvelle année porte une interrogation : comment seront-ils ? Dynamiques ou passifs ? Investis ou détachés ? Pleins d’humour ou distants ? Ils ? Ce sont les étudiants qui insufflent la vie à l’institut. A tous, étudiants, enseignants-chercheurs, intervenants professionnels, cadres et personnels, il fallait rendre hommage pour ces années de travail intense, de dévouement, d’investissement fort, d’émotions, de déceptions parfois, de joies souvent. Ce livre–mémoire, libre hommage aux hommes et femmes qui ont fait l’ICOMTEC, aux étudiants qui l’ont habité, prend l’occasion d’une date pour naître. Si l’avenir de l’ICOMTEC est à construire, et non à prédire, cette histoire nous servira de repère. ■

Christian Marcon


Ouvrage publiĂŠ sous la direction de Christian Marcon

Avec la collaboration de Renaud Arnaudet Marina Belavoir GaĂŤlle Cojean Jacques Debord

Valentin Guermeur Jacques Lavergne Nicolas Moinet Jacques Pasquier


Sommaire L’ICOMTEC

Le récit des origines

17

La Communication

29

L’Intelligence Économique

39

Le Documentaire de Création

49

La recherche

57

La professionnalisation

65

Nos visages

77

La culture ICOMTEC

83

Informer, Créer, Echanger

Au cœur de l’information stratégique Donner du sens aux images

Et là naissent des idées à l’école du terrain

Galerie de portraits familiers être Icomtécien !


L’ICOMTEC Le récit des origines

Par Jacques Debord, Christian Marcon & Jacques Pasquier


L’histoire commence en 1987...

L

’histoire de l’ICOMTEC commence en 1987 lorsqu’à l’initiative du Président du Conseil Général de la Vienne, René Monory, s’ouvraient le parc et la zone d’activité du Futuroscope. Ceuxci étaient, dès l’origine, dédiés aux nouvelles technologies dans leurs aspects ludiques, culturels, scientifiques et de formation.

Durant une première période (1987-1989), ces filières furent imbriquées dans le Lycée et cogérées par son proviseur et Marc Laville. Puis, en février 1989, la Région affecta les deux derniers étages du LPI à l’Université de Poitiers, ce qui rendait apparemment plus autonome le fonctionnement de ce qui était alors qualifié d’antenne Futuroscope.

Une volonté d’implantation sur le site du Futuroscope

Une première organisation trop complexe

Dans ce cadre fut créé le Lycée Pilote Innovant (LPI) dans lequel le Président Monory, précédemment ministre de l’Education Nationale, avait le projet de faire cohabiter les formations du secondaire et du supérieur orientées vers ce que l’on appelait alors les «nouvelles» technologies. En réponse à cette impulsion, l’Université de Poitiers prit l’initiative d’installer sur le site quatre filières de DEUG inscrites dans trois domaines scientifiques : Sciences et Techniques de la Communication (STC), Lettres et Langues (LIC: Langue, Images et Communication) et Administration-Gestion (GEODE : gestion, économie, organisation et droit de la communication). Le Magistère de Droit de la Communication, déjà existant, alla s’installer aussi en partie au LPI ainsi que des éléments du service commun d’informatique (CICUP)… D’autres installations étaient envisagées.

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Les filières de formation installées relevaient de domaines connexes mais dépendaient toutes institutionnellement de facultés préexistantes : Sciences Fondamentales et Appliquées, Lettres et Langues, Droit. Les premiers responsables de ces trois filières, délégués dans cette tâche par leurs doyens respectifs, furent Michel Leard, Alain Gaubert, Christian Chêne, Henri Jacques Lucas. D’autres suivirent au fil des difficultés rencontrées. Malgré les moyens engagés par le Ministère, le Conseil Général et l’Université, en raison de relations complexes avec le lycée dans la gestion matérielle des locaux et des rares projets communs, mais aussi à cause du manque de coordination des trois filières plus rattachées à leur UFR de tutelle qu’à une perspective commune, ce dispositif initial ne réussit pas à fonctionner de manière satisfaisante. Les moyens ne faisaient pas l’objet


d’un usage aussi clair et fléché que les initiateurs politiques l’auraient souhaité. C’est ainsi que la filière STC fut rapidement rapatriée dans son UFR d’origine… avant de revenir sur le site du Futuroscope quand le grand projet d’installation de la Faculté de Sciences Fondamentales et Appliquées, le SP2MI, vit le jour. A l’évidence, il fallait mieux piloter le dispositif. Pour organiser l’activité des trois filières restantes, trois coordonnateurs de site furent successivement nommés : Jean Pierre Arrignon, Françoise Lambert et enfin Françoise Nicault. Leur tâche s’avéra aussi délicate que peu définie. A cela s’ajoutait le délicat problème des capacités d’accueil, mal adaptées à des promotions de DEUG, habituellement nombreuses. Les filières évoluèrent donc vers le niveau supérieur (Maîtrise, Maîtrise de Sciences et Techniques, Institut Universitaire Professionnalisé, DESS) ce qui contribua grandement à leur lisibilité et à leur succès, mais affaiblit presque complètement le lien académique avec le Lycée. La création d’un véritable Institut Devant les réticences de plus en plus grandes des conseils d’université et des partenaires institutionnels à mettre des moyens dans un système confus, le Président Alain Tranoy décida, en 1996, de clarifier l’organisation. A sa demande, le Conseil d’Administration de l’Université de Poitiers créa une nouvelle «quasi UFR» ayant vocation à regrouper les seconds et troisièmes cycles de l’antenne Futuroscope spécialisés dans la formation aux métiers de l’information et la communication, hors le Magistère de Droit de la Communication qui, ayant gardé son attachement

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Les filières évoluèrent avec un réel succès, devenant, au fil des réformes ministérielles, des Masters précédés d’une troisième année de Licence.

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à son UFR, quitta le LPI pour des locaux propres sur le site du Futuroscope. Sans être une véritable Unité de Formation et de Recherche - administrativement c’était un service commun de l’Université de Poitiers - l’ICOMTEC, Institut de la Communication et des nouvelles technologies, en avait tous les caractères et les pratiques. Le président A. Tranoy confia la gestion de ce nouvel institut au Vice-Président Jacques Debord, chaque filière gardant évidemment un responsable pédagogique et scientifique : JeanPaul Géhin puis Christian Marcon pour la MST puis l’IUP (Institut Universitaire Professionnalisé) Information et Communication d’Entreprise, Jacques Lavergne puis Denis Bourgeois pour le DESS de Réalisation Documentaire, Guy Massé, Pierre Fayard puis Nicolas Moinet pour le DESS Intelligence économique et Développement des Entreprises. En 1998, l’ICOMTEC vit sa dimension formation complétée d’une dimension recherche par l’arrivée d’un laboratoire de recherche dédié à l’étude de la communication scientifique, le LABCIS, dirigé par Pierre Fayard. L’organisation d’un premier colloque scientifique marqua cette arrivée, sur le thème provocateur de « l’impossible formation à la communication ». Durant les années qui suivirent, les filières évoluèrent avec un réel succès, devenant, au fil des réformes ministérielles, des Masters précédés d’une troisième année de Licence. Il se créa ainsi une culture de formation forte au sein de l’institut, culture reposant sur un équilibre réussi entre formations et exigences universitaires d’une part et intégration d’expériences professionnelles dans toutes les formations au moyen d’interventions d’hommes de terrains, de projets professionnels et de stages de longue durée d’autre part. S’appuyant


sur un formateur expérimenté, Eric Baumann, et en cohérence avec sa vocation d’innovation, l’institut se dota en 1999 d’outils numériques de communication (site internet) et en 2002 de formation (extranet). Son dispositif pédagogique s’enrichit encore en 2004 d’une Junior-Entreprise. 2007 : La fin d’une ambigüité juridique et la poursuite d’un projet de formation exigeant La question du statut hybride de l’ICOMTEC fut finalement posée fin 2005 dans un rapport d’audit réalisé par la Chambre Régionale de Comptes. L’institut fonctionnait bien pédagogiquement et administrativement, mais ne respectait pas les formes imposées par la loi de 1984 pour l’existence d’une véritable UFR. L’époque n’étant plus à la création de nouvelles facultés, il devenait inévitable d’intégrer l’ICOMTEC à l’une des UFR de l’Université de Poitiers. L’année 2006, qui fêtait les dix ans de l’ICOMTEC, fut aussi celle de la réflexion quant à son devenir. C’est finalement la faculté de Sciences économiques qui, au 1er janvier 2007, accueillit l’ICOMTEC après que l’originalité et l’autonomie pédagogique de l’ICOMTEC eurent été garantis dans les statuts de la faculté, donnant ainsi à l’équipe de l’institut la possibilité de poursuivre une démarche de formation spécifique articulant

fortement communication et intelligence économique. La filière Documentaire de Création rejoignit alors la faculté de Sciences Humaines et Arts. Quelques mois plus tôt, le Laboratoire de recherche avait intégré le laboratoire du CEREGE de l’IAE de Poitiers en tant qu’équipe intelligence économique et stratégies de communication, dirigée par Nicolas Moinet. Pour achever la mue de l’institut, il restait à trouver une solution au lancinant problème des locaux dont il ne fut jamais facile de trouver une gestion commune simple, université et lycée ayant des rythmes différents, alors que la loi impose qu’un seul responsable soit identifié pour un bâtiment unique. Après bien des hypothèses échafaudées, l’ICOMTEC se vit affecter des locaux construits sur le site du Futuroscope, laissés vacants par le départ des formations du Juripôle vers le centre ville de Poitiers. à la rentrée 2008, l’ICOMTEC, désormais Institut de la Communication et des Technologies Numériques, accueillait 120 étudiants dans des locaux neufs et bien équipés, situés au cœur de la technopole du Futuroscope. Structure originale, très adaptative, l’ICOMTEC poursuit un chemin qui est sans doute l’une des racines de son succès : celui du travail en réseau et de l’intelligence collective. ■

à la rentrée 2008, l’ICOMTEC, accueillait 120 étudiants dans des locaux neufs et bien équipés, situés au cœur de la technopole du Futuroscope.

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Jacques Debord Directeur de l’ICOMTEC de 1996 à 2007

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acques Debord, avant que vous ne preniez la direction de l’ICOMTEC, comment votre carrière universitaire a-t-elle débuté ? Mon parcours a été un peu spécial. Après mon bac à Poitiers qui est ma ville natale, je ne pensais pas entrer à l’université. Je visais plutôt l’école supérieure de commerce. Finalement, j’ai choisi la faculté de Sciences économiques où, après mon doctorat, j’ai été recruté comme maîtreassistant. Je suis passé directement du statut d’étudiant à celui d’enseignant. Ma carrière a été ensuite classique, jusqu’au jour où j’ai été élu doyen de cette faculté. J’avais 40 ans. J’ai effectué deux mandats, mais le second a été écourté parce qu’un nouveau président de l’Université, Alain Tranoy, m’a demandé d’être son vice-président. Au conseil d’administration, j’étais chargé des

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moyens, du budget, du personnel… C’était à la fois passionnant et un peu fatigant. Comment parvient-on à la direction de l’institut, que vous avez assumée durant 13 ans ? Depuis 1987, la zone du Futuroscope se développait sous l’impulsion du président du Conseil Général René Monory. Il avait l’idée originale d’y implanter un lycée à l’anglo-saxonne dans lequel on passerait graduellement du secondaire au supérieur. Dans ce Lycée Pilote Innovant ont donc été regroupées des filières tournant autour de la communication et des nouvelles technologies. L’idée était bonne mais ces formations ont été davantage juxtaposées qu’elles n’ont créé un nouveau domaine de compétences. D’où des tensions et des difficultés, notamment dans les relations


matérielles entre le lycée et l’enseignement supérieur. Malgré tout, ces filières attiraient des étudiants de l’extérieur et constituaient un plus pour l’Université. Des solutions ont été recherchées. Le président Tranoy a proposé de créer une quasi-UFR regroupant ces formations et de mettre un « pacificateur » à la tête. Il s’est tourné vers moi et c’est ainsi que j’ai été promu « spécialiste de la communication ». Comme une espèce de « super administrateur » qui serait en même temps enseignant dans une petite faculté accueillant environ 150 étudiants. Là, pas de longue tradition universitaire, il fallait créer quelque chose. Quels ont été vos objectifs à la tête de l’ICOMTEC ? Mon premier but a été la pacification. Il s’agissait de fédérer des filières qui se trouvaient à des étages différents et ne faisaient que se croiser dans les escaliers. Il fallait créer une unité et maintenir l’attrait de notre formation originale, tout en améliorant les moyens mis à notre disposition, aussi bien en personnels qu’en matériels performants. Et faire comprendre que cela avait un coût. L’objectif était de tailler une place pour l’ICOMTEC à l’intérieur de l’Université. Cela passait par la promotion de nos filières à l’extérieur, en proposant des conférences, en célébrant le 10ème anniversaire de l’institut, en attirant des personnalités reconnues afin d’asseoir sa réputation… Nous avons réussi –en équipe, pas moi tout seul- à créer quelque chose, à montrer que ces filières sont indispensables dans la carte de formation d’une université pluridisciplinaire. La communication

« La communication est une vraie science, et une vraie formation professionnelle. La preuve est qu’il y a une réelle demande de la part des entreprises. » est une vraie science, comme la psychologie, l’économie ou les mathématiques, et une vraie formation professionnelle. La preuve est qu’il y a une réelle demande de la part des entreprises. Vous êtes aujourd’hui retiré. Cela a-t-il été facile pour vous d’arrêter ? J’ai vraiment aimé ce que j’ai fait, même si la pâte était lourde et qu’on m’a parfois tiré dans les pattes. J’ai eu l’impression d’être créatif, de faire avancer certaines choses. Enseigner et administrer, cela m’a plu. J’ai aimé faire cours dans un amphithéâtre de 500 étudiants et en sortir à la fois fatigué et euphorique. Mais il arrive un moment où l’on est las de pousser certaines roues… J’ai pris ma retraite le 11 septembre 2009. J’ai toutefois gardé un petit pied dans l’enseignement. Je continue mes cours pour le Diplôme Universitaire que j’ai créé pour l’accueil des étudiants chinois à l’Université de Poitiers. La Chine est un monde passionnant à découvrir, avec ses caractères, ses défauts et ses qualités. Il est intéressant de se remuer un peu les méninges. La Chine me rajeunit, elle me rafraîchit. ■

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Jean-Paul Géhin Maître de conférences en sociologie

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ean-Paul Géhin, vous avez participé aux débuts des filières universitaires du Futuroscope. Comment cela s’est-il passé ? Je suis arrivé en décembre 1988. Je venais du secteur de la recherche. L’idée, largement soutenue par René Monory, était de créer des filières innovantes de communication sur le site du Futuroscope. Pluridisciplinaires, elles étaient au nombre de trois : LIC (Langue, Images et Communication), Geode (gestion, économie, organisation et droit de la communication) et STC (Sciences et Techniques de la Communication). J’étais principalement impliqué dans LIC. Toutes les trois avaient des DEUG dérogatoires. C’était cela la première racine de l’Université au Futuroscope. LIC était la filière la plus originale, avec une maquette spécifique et un gros recrutement. Chaque année, environ 200 étudiants se présentaient pour 40 places.

STC est repartie vers son UFR d’origine. En 1991 a été créée une MST Information et Communication d’entreprise, que vous avez dirigée. Quel en était l’esprit ? Il s’agissait d’articuler deux filières souvent perçues comme très différentes : l’une de lettres et sciences humaines, et l’autre de gestion et économie. J’étais de ceux qui pensaient que ce n’était pas contradictoire. En fait, les étudiants étaient proches par leur profil et par la finalité de leur formation. Cette articulation a assez bien fonctionné au sein de la MST. Comment les filières ont-elles évolué ? En 1996 s’est constitué l’ICOMTEC. Parallèlement, deux DESS ont été créés : Réalisation Documentaire, à l’initiative de Jacques Lavergne ; et Intelligence Économique, créé et dirigé par Guy Massé. Un autre moment important a été la


transformation de la MST en un IUP Information et Communication d’entreprise, dont j’ai pris la direction. Nous l’avions construit avec Jacques Debord, directeur de l’ICOMTEC, et nous étions allés à Paris « vendre » l’idée. Il s’agissait donc d’une formation à bac+4. L’IUP a très bien fonctionné, jusqu’à sa remise en cause et sa fermeture dans le cadre de la réforme LMD. Cela a été la fin de l’idée qu’on pouvait articuler des filières économie et lettres-sciences humaines. C’était le retour des disciplines. Deux Masters ont été constitués à partir des anciens DESS, et un troisième est apparu : Management de la Communication. De quelle manière votre parcours s’est-il poursuivi ? En 2007, j’ai quitté l’ICOMTEC qui a intégré la faculté de Sciences économiques comme institut chargé des formations à l’information, la communication et l’intelligence économique. Mais je demeure impliqué dans le Master Documentaire de Création, parti vers la faculté de Sciences Humaines et Arts et délocalisé à Angoulême. Je dirige en particulier le Master Réalisation de Documentaire animalier, au sein de l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute dans les Deux-Sèvres.

« Il est très difficile de sortir des sentiers battus. A un moment, les logiques disciplinaires regagnent du terrain ». relativement innovante par rapport à l’université traditionnelle. Elle montre aussi qu’il est très difficile de sortir des sentiers battus, et qu’à un moment, les logiques disciplinaires regagnent, peu ou prou, du terrain. C’est ce qui s’est passé avec la fin de l’IUP, et je le regrette. J’interprète cela comme la victoire des disciplines.

Les filières Documentaires de Création ont rejoint en fait un département de l’UFR Sciences Humaines et Arts, qui s’appelle DOC (documentaires, documentations documents numériques).

La dimension pluridisciplinaire impliquait un espace de rencontres, de débats, quelquefois de conflits. L’innovation conduisait à inventer au jour le jour le contenu, les rapports avec les étudiants et les collègues de disciplines différentes, les relations pédagogiques, l’insertion professionnelle des étudiants. J’ai contribué à cette dimension professionnelle qui était une valeur partagée et un espace de consensus. Elle était l’une des originalités.

Après l’ICOMTEC, vous avez rejoint la Maison des sciences de l’homme et de la société, structure de recherche. Quel regard portez-vous sur l’histoire des « filières du Futuroscope » ? Participer au développement de ces filières universitaires était une aventure intéressante,

Et les Masters actuels de l’ICOMTEC ? Ils sont clairement inscrits dans le champ d’une science en cours de constitution. On constate, depuis déjà quelque temps, l’émergence de nouvelles disciplines : les sciences de l’information et de la communication. ■

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Les professionnels de la COMMUNICATION et de l'INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE de demain.

1er logo de l’institut

1987 1996 2008 28

Adaptation pour les 10ans

Nouvelle version depuis 2009

Ouverture du parc et de la zone d’activité du Futuroscope à l’initiative de René Monory, président du Conseil Général de la Vienne.

Création de l’ICOMTEC installé dans les locaux du Lycée Pilote Innovant.

L’ICOMTEC enménage dans ses locaux au coeur de la technopole du Futuroscope


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La Communication Informer, CrĂŠer, Echanger

Par Christian Marcon & Jacques Pasquier


Pour remplir complètement sa mission universitaire, l’ICOMTEC devait offrir des formations longues.

L

es sciences de l’information et la communication sont devenues une discipline universitaire au début des années soixante-dix. La naissance de la filière communication Plusieurs formations de l’Université de Poitiers l’intégrèrent comme thématique d’enseignement ou point de départ d’enseignement, comme le rappelle le chapitre précédent qui liste les formations qui furent transférées par l’Université de Poitiers à l’antenne Futuroscope, ancêtre de l’ICOMTEC. Cette situation perdure. L’ICOMTEC ne regroupe pas toutes les formations de l’Université de Poitiers dont l’objet central est l’Information-Communication car ce sont, au total, un DUT, une Licence professionnelle, une troisième année de Licence et huit Masters qui sont offerts dans cette discipline à l’IUT d’Angoulême, à la faculté des Sciences Humaines et Arts, la faculté de Lettres et Langues et enfin la faculté de Sciences Economiques, via l’ICOMTEC. Pour remplir complètement sa mission universitaire, l’ICOMTEC devait offrir des formations longues. Dès 1991, soit quatre ans seulement après sa création, à l’instigation de JeanPaul Géhin, maître de conférences en sociologie, fut créée une Maîtrise de Sciences et Techniques « Information et Communication d’Entreprise ».

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Ce qui allait devenir un caractère permanent de la pédagogie développée à l’institut prenait corps : la professionnalisation. A la différence des maîtrises universitaires « classiques », la Maîtrise de Sciences et Techniques confiait des cours à des intervenants professionnels, imposait un stage et introduisait un élément devenu central dans le dispositif de formation de l’ICOMTEC : les projets professionnels. Le passage à l’IUP, préfiguration du dispositif actuel Dix ans plus tard, en 2001, Jean-Paul Géhin prit une nouvelle initiative en engageant la Maîtrise de Sciences et Techniques dans une transformation en IUP. Ce dispositif de formation en trois ans s’ouvrait en deuxième année d’université et conduisait les étudiants jusqu’à la Maîtrise, en quatrième année. L’entrée était sélective, ce qui sembla assez rapidement nécessaire. Les formations à la communication devenaient à la mode et l’ICOMTEC n’avait pas les locaux nécessaires pour accueillir de trop nombreuses promotions. Par ailleurs, celles-ci n’auraient pas pu être aussi bien encadrées et, déjà, l’équipe de formation était attentive aux possibilités d’insertion. Le ministère demandait un effectif de cinquante étudiants. Les promotions furent donc augmentées, mais aussi peu que possible…


Le dispositif de l’IUP répondait parfaitement aux aspirations profondes de l’équipe de formation : former de jeunes professionnels.

L’IUP introduisit deux nouveaux éléments dans le fonctionnement de l’institut. Le premier fut la création d’un Conseil de perfectionnement. Celui-ci rassemblait des professionnels qui étaient réunis chaque année pour donner leur avis sur la concordance de la formation avec les évolutions du marché. L’IUP ouvrait également la possibilité de délivrer un titre d’ingénieur-maître. Si chaque étudiant qui avait convenablement réussi ses études parvenait à obtenir son diplôme de Maîtrise d’IUP, seuls quelques uns obtenaient ce titre, au regard de leur excellence dans la maîtrise des savoir-faire et savoir-être. Exercice difficile, demandant un effort supplémentaire, conditionné par une soutenance particulière, le titre d’ingénieur-maître offrait la possibilité de se distinguer et, ce faisant, d’obtenir un atout supplémentaire dans la recherche d’un emploi. Le dispositif de l’IUP répondait parfaitement aux aspirations profondes de l’équipe de formation : former de jeunes professionnels, opérationnels immédiatement grâce aux apports des intervenants de terrain, capables d’évoluer et d’aborder avec une réelle largeur de vue leur métier par l’apport des enseignements universitaires. Quand l’IUP devient un Master La France passa au schéma d’organisation européen des formations en 2004. La question se posait de la transformation de l’IUP. Si celle-ci n’était pas obligatoire à cette échéance (une partie des formations d’IUP cherchaient à obtenir leur maintien au regard de la pertinence professionnelle du dispositif), il sembla à l’ICOMTEC qu’il ne fallait pas rester en arrière des évolutions en cours pour ne pas pénaliser les étudiants. Une ouverture

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en deuxième année, dans un système où le premier cycle dure trois ans et les formations courtes (DUT et BTS) deux ans allait poser problème. Jean-Paul Géhin ayant souhaité consacrer plus de temps à sa recherche, ce fut Christian Marcon, jusque-là adjoint à la pédagogie de l’IUP, qui fut chargé par Jacques Debord, directeur de l’ICOMTEC, de mener à bien ce projet et, d’une manière plus générale, de le coordonner avec la transformation en Masters des deux DESS de l’institut : le DESS Intelligence Economique et Développement des Entreprises et le DESS Réalisation Documentaire. L’ensemble, associé à deux autres Masters de l’Université de Poitiers, se regroupa sous une même mention, afin de « faire masse ». Ainsi naquit le Master Management de la Communication, formant en deux années des chargés de communication pour les entreprises, les collectivités locales, et les grandes structures associatives. Le Master s’articulait fortement, en premiére année, avec celui d’Intelligence économique et Communication Stratégique en première année car l’intelligence économique comporte une dimension communication forte. Les principes de professionnalisation, qui avaient fait leurs preuves, étaient confirmés : projets professionnels, stages longs, interventions d’hommes de métier aux côtés des universitaires, conseil de perfectionnement. Un réseau des anciens était créé dès la rentrée 2004 pour conserver un lien entre les promotions successives. L’ICOMTEC n’avait pas les ressources humaines et financières nécessaires pour créer une Licence en Information et Communication complète en trois années. Néanmoins, une troisième année

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de Licence Information et Communication d’Entreprise fut créée. Elle avait vocation à accueillir des titulaires de DEUG, mais aussi largement de cycles courts en information, communication, action commerciale, publicité, gestion, etc., auxquels une opportunité de rebondir vers un cycle long était offerte. Sous l’impulsion du directeur de la formation, Christian Marcon, les étudiants du Master prirent en charge la communication de l’ICOMTEC de façon plus coordonnée. Les diverses actions mises en œuvre auparavant dans le cadre de projets de plus petite dimension, comme la lettre d’information « Actualités on ICE », furent dès septembre 2005 chapeautées par Guillaume Jenet, premier étudiant « chargé de communication de l’ICOMTEC ». En septembre 2006, un véritable « Service Communication » fut créé. Pauline Frouin en fut la première responsable. Ce service est encore aujourd’hui un projet professionnel central dans un dispositif qui met l’étudiant au cœur de sa formation et de la dynamique de son institut. Un avenir qu’il faut toujours construire En 2007, l’ICOMTEC intégra la faculté de sciences économiques. Cette intégration, réalisée très simplement et en bonne intelligence, posa néanmoins un problème inattendu lors de la

réhabilitation du Master au printemps 2008. Alors que les diplômés s’inséraient bien sur le marché de l’emploi, quoique l’Université de Poitiers trouvât la formation excellente, vu du ministère, une formation à la communication trouvait difficilement sa place dans le domaine de formation Droit Economie Gestion. Il fut créé une mention spécifique « Stratégie de l’information et la Communication » pour les deux Masters. Les programmes donnèrent plus de place à la stratégie (ce qui fut une bonne décision sur le fond) et des engagements, aujourd’hui tenus, furent pris en termes de renforcement de la recherche. L’université appuya le nouveau dispositif et la réhabilitation fut finalement obtenue. L’ICOMTEC en a tiré des leçons pour la prochaine réhabilitation qui sera recherchée dans le cadre d’une mention plus solide, Stratégie et marketing, pilotée par l’IAE de Poitiers. Le Master Stratégie et Management de la Communication est aujourd’hui une formation réputée en Poitou–Charentes et partout où nos diplômés sont embauchés. Un partenariat dynamique durable a été créé avec RéseauCom 86, réseau de responsables de communication. Un projet de co-diplômation avec l’Université canadienne de Moncton est en cours à l’échéance 2012. ■

L’avenir du Master est toujours à construire...

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Isabelle Hare

Responsable de la Licence Information et Communication d’Entreprise

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sabelle Hare, comment êtesvous devenue responsable de la troisième année de Licence Information et Communication d’Entreprise à l’ICOMTEC ? En répondant à une offre d’emploi et en étant recrutée ! C’est ce qui s’est produit pour moi en 2008. Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, docteur en information-communication, je viens de l’Université de Lyon. J’y ai enseigné pendant deux ans en tant que doctorante à Sciences Po. A l’ICOMTEC, en plus de mes cours, je suis responsable de l’organisation de l’année de Licence. Je dois veiller à ce qu’elle se déroule le mieux possible.

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Quel est, selon vous, le principal atout de l’ICOMTEC ? Par rapport à d’autres formations universitaires, la carte maîtresse de l’ICOMTEC est de proposer une formation professionnalisante,

reconnue comme telle. Le contenu de l’enseignement est à la fois universitaire et professionnel. Ce qui donne des compétences assez complètes. La meilleure preuve en est que neuf entreprises sur dix qui accueillent des étudiants en stage se montrent très satisfaites. Y a-t-il une atmosphère particulière à l’ICOMTEC ? Oui, et elle vient de la taille humaine de l’institut qui accueille 120 à 130 étudiants. Les professeurs connaissent plutôt bien leurs élèves. L’ICOMTEC offre un confort de travail qu’on ne trouve pas forcément dans les universités plus grandes. L’ambiance entre les étudiants évolue en fonction des promotions. On constate assez souvent des relations d’opposition entre les filières communication et intelligence économique. L’émulation, c’est bien, mais elle est parfois un peu poussée à l’extrême ! ■


L

’Université de Poitiers a la chance de disposer d’une carte-maîtresse dans son panel éducatif : l’ICOMTEC. L’ICOMTEC, c’est un état d’esprit. Sa vocation professionnelle offre aux étudiants la possibilité d’exprimer leur créativité et leur personnalité, au service de projets et de missions en lien avec leurs débouchés. Intervenir à l’Institut, c’est toujours pour moi un moment de partage d’expérience, de mise en perspective de pratiques professionnelles, dans un échange parfois incisif, toujours instructif. C’est un enrichissement mutuel, qui profite tant aux étudiants qu’à l’intervenant lui-même. L’ICOMTEC, c’est aussi une famille. La qualité des relations humaines tissées tout au long de ces années avec l’équipe enseignante et les anciens

élèves est le noyau d’un réseau professionnel durable. L’ICOMTEC, c’est enfin un agitateur d’idées. Créations d’événements, expositions, débats, l’Institut s’est aujourd’hui imposé comme un acteur incontournable de la vie économique et locale, poumon de réflexion sociétale, animateur de la Technopole du Futuroscope, phare de la communication de demain. Les métiers de la communication évoluent dans un secteur en mouvement perpétuel. C’est la force de l’ICOMTEC de s’adapter, d’innover, d’anticiper et de proposer ainsi à ses étudiants une formation de qualité, ancrée sur l’actualité et la modernité. Soyons tous fiers du travail accompli par Christian Marcon et ses apôtres de la communication. Longue vie à l’ICOMTEC. ■

Jérôme Neveux Responsable Presse & Relations Extérieures du Futuroscope et intervenant

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Alain Salcedo

Directeur des ressources humaines chez AIGLE intervenant depuis 1991

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n 1989, arrivant dans la région poitevine, à ma prise de poste de Directeur des Ressources Humaines chez AIGLE, je prends contact avec l’ANDCP (Association Nationale des Directeurs et Chefs du Personnel, aujourd’hui ANDRH). Son Président me fait alors part de la recherche par l’IAE de Poitiers (Institut d’Administration des Entreprises) d’un intervenant professionnel en GRH, pour leur formation initiale majeure CAAE (Certificat d’Aptitude à l’Administration des Entreprises). Je commence mes premières interventions en 1990. Cette même année, M. Gérard Durand, en charge du suivi et du placement des étudiants ERASMUS pour la faculté de Sciences économiques, me demande si je peux également intervenir à l’Institut de Communication, sur le site du Futuroscope.

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Après une rencontre avec M. JeanPaul Géhin, responsable de cette filière, je démarre mon intervention en 1991. Je poursuis ensuite cette collaboration sous la responsabilité de M. Jacques Debord. Cette année marquera le 20ème anniversaire de mon intervention en GRH à l’ICOMTEC, installé depuis deux ans dans de nouveaux locaux, sous la direction de M. Christian Marcon. Depuis 20 ans, à raison de 30 étudiants en moyenne pas session, j’ai ainsi rencontré 600 personnes, parmi lesquelles quelques unes ont effectué un stage ou même ont travaillé chez AIGLE. Au fil des ans, l’organisation de l’ICOMTEC s’est professionnalisée, les enseignants sont de plus en plus impliqués sur le marché du travail et les étudiants plus assidus et motivés. ■


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L’Intelligence Économique Au cœur de l’information stratégique

Par Nicolas Moinet & Jacques Pasquier


Nous sommes en 1994. L’aventure commence au sein de l’Université de Poitiers. En février 1994 paraît à la Documentation Française un rapport qui, une fois n’est pas coutume, ne sera pas un rapport « de plus » destiné au fameux « classement vertical » (« direction poubelle » pour les non-initiés). Résultat d’une année de travail collectif, il choisit un titre étrange qui ne va pas laisser indifférent : Intelligence Économique et Stratégie des Entreprises. Ce rapport est en effet le fruit d’un groupe de travail réuni autour d’Henri Martre, alors Président de l’Association Française de Normalisation et Président d’Honneur d’Aérospatiale, l’entreprise qui construit l’Airbus. Autour de ce Polytechnicien, grand commis de l’Etat et industriel, se trouvent réunis au sein du Commissariat Général du Plan (le centre d’analyse stratégique du Premier Ministre) les meilleurs experts d’une dynamique naissante soit une cinquantaine de professionnels venant aussi bien du monde de l’entreprise que du conseil, de la fonction publique et bien sûr, de la communauté du renseignement. Sans oublier quelques universitaires précurseurs dont un certain Pierre Fayard, Maître de Conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Poitiers. Aussi peut-on lire dans les préconisations  du rapport Martre : « Des formations spécialisées et diplômantes à l’intelligence économique

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devront être créées en complément des formations conduisant aux fonctions usuelles de l’entreprise (…) le groupe propose dès à présent la création d’un centre de recherche-développement et de formation universitaire en veille stratégique et intelligence économique. » Et de renvoyer à cette note de bas de page qui a ici toute son importance : « L’Université de Poitiers met actuellement en place, avec des partenaires privés et institutionnels, un pôle de recherche-développement et de formation en intelligence économique et stratégique, au niveau universitaire de second et troisième cycles, ainsi qu’à destination des salariés des entreprises et des personnels des institutions publiques. » Nous sommes en 1994. L’aventure commence donc au sein de l’Université de Poitiers grâce à l’impulsion de Pierre Fayard, l’appui de Jacques Debord (VicePrésident de l’université auprès d’Alain Tranoy) et le dynamisme de l’économiste Guy Massé. Pour mener à bien ce projet, les acteurs locaux se sont associés à des pionniers du domaine, l’équipe parisienne d’Intelco : son directeur des opérations Christian Harbulot, conseiller d’Henri Martre pour le rapport, et deux jeunes chargés de mission, Pascal Jacques-Gustave et Nicolas Moinet. De septembre 1994 à mai 1995, ces deux consultantschercheurs (ils ont un pied dans l’université comme


doctorants au sein du LABCIS, le laboratoire en information-communication dirigé par Pierre Fayard) vont sillonner la Vienne et rencontrer près d’une centaine d’acteurs pour produire un nouveau rapport intitulé Intelligence Économique et Stratégie des PME (une étude sur l’arc Poitiers - Futuroscope - Châtellerault). La dynamique s’ancre localement grâce à Guy Massé qui réussit à lancer le premier DESS français sur l’intelligence économique : un OVNI intellectuel que nombre d’experts regardent alors avec étonnement et parfois un peu de dédain... Que de chemin parcouru ! Le Président du Conseil Général, René Monory, créateur du Futuroscope, ancien ministre de l’Economie puis de l’Education Nationale devenu Président du Sénat, appuiera la démarche auprès d’un Ministère qui ne sait pas dans quelle case ranger ce troisième cycle innovant : un peu d’économie, de la gestion, du droit, de la géopolitique et surtout de l’information et de la communication. Finalement, l’équipe picto-parisienne va appliquer ce qu’elle compte enseigner, à savoir les stratégies d’influence et la dimension réseaux : appui de l’inspecteur général de l’Education Nationale Michel Roger, conseiller de René Monory, de Francis Girault, maire de Jaunay-Clan, vice-président du Conseil Général de la Vienne et Directeur de la stratégie du groupe Elf, de Jean-Louis Levet du Commissariat Général du Plan, proche de l’ancien Premier Ministre Edith Cresson, maire de Châtellerault et première politique de premier plan à avoir soutenu la démarche d’intelligence économique ainsi que du Président de la Région Poitou-Charentes, Jean-Pierre Raffarin, celui-là même qui devenu Premier Ministre dix ans plus tard, relancera la

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dynamique en commanditant un nouveau rapport au député Bernard Carayon. Sans oublier deux entreprises qui parrainent le DESS Intelligence Economique et Développement des Entreprises à son lancement, EDF et France Télécom, ainsi qu’une institution locale importante au contact des PME, la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie. Viendront aussi parrainer les premières promotions des personnalités de premier plan comme Joël de Rosnay, Alexandre Adler ou Vincent Bolloré.

Le développement d’une formation qui s’efforce d’innover sans cesse.

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A formation innovante, il fallait une institution innovante : et ce sera l’ICOMTEC dirigé par Jacques Debord. Directeur du DESS de 1997 à 2001, Pierre Fayard, Professeur des universités, développe conjointement la formation et la recherche en intelligence économique. Sans oublier la dimension internationale avec le Brésil et le Japon. En 1999, Nicolas Moinet soutient sa thèse de Doctorat à l’ICOMTEC sur l’intelligence économique et l’innovation. Il quitte alors le monde du conseil pour rejoindre celui de l’Université et prend la direction pédagogique d’un DESS qu’il avait soutenu dès sa création comme intervenant professionnel. Directeur à partir de septembre 2001, il va poursuivre le développement d’une formation qui s’efforce d’innover sans cesse. Parmi les temps forts, citons notamment un exercice commun avec l’école de Guerre économique (EGE) 24 heures durant. La moitié des étudiants de Poitiers part à Paris quand l’autre moitié reste sur la technopole du Futuroscope pour accueillir une équipe de l’EGE. Le sujet : la défense de l’exception culturelle française suite aux propos de Jean-Marie Messier alors PDG de Vivendi Universal. Autre temps


fort : la formation-action de dirigeants de PME à l’intelligence économique sur Internet en partenariat avec le Centre des Jeunes Dirigeants. 2004, année stratégique Reconnu, le DESS IEDE profite du passage au LMD (Licence-Master-Doctorat) pour se transformer en Master Intelligence Economique et Communication Stratégique (IECS). Ce nouveau positionnement vise à offrir une double compétence aux futurs professionnels ainsi formés. Avec le passage en Master, la formation dure désormais deux ans, ce qui facilite le développement des projets professionnels et l’esprit réseau. Au plan national, 2004 est une année stratégique avec la nomination d’Alain Juillet comme Haut Responsable à l’Intelligence Economique auprès du Premier Ministre. Quelques semaines après ses prises de fonction, il vient à l’ICOMTEC avec le Député Bernard Carayon, auteur du rapport éponyme qui relance la politique publique dans ce domaine, Philippe Caduc, Président de l’ADIT (la

société nationale d’intelligence économique) et le préfet Rémy Pautrat. Originale, cette conférence voit les étudiants du Master présenter des cas et faire réagir ces invités de marque. La même année, les étudiants rééditent un exercice commun avec l’école de Guerre économique sur les Jeux Olympiques de 2012. Ils insistent notamment sur les failles de la candidature française en terme d’intelligence économique et sur la force des britanniques. On connaît la suite… Enfin, toujours en 2004, Nicolas Moinet est désigné membre du groupe de travail auprès d’Alain Juillet pour la réalisation du référentiel de formation à l’intelligence économique. En 2005, le Ministère de l’Intérieur lance la politique d’Intelligence Economique Territoriale. La Préfecture de la Région Poitou-Charentes est alors la première à mettre en œuvre le dispositif sous l’impulsion de la Secrétaire Générale à l’Action Régionale, Béatrice Lagarde. Le Master IECS y participe activement et prend en charge la réalisation du portail régional qui sera inauguré

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en grandes pompes en mars 2007 en présence d’Alain Juillet. Chaque année, les étudiants réalisent un évènement d’une journée à la Présidence de l’Université de Poitiers, « Les tiroirs de l’IE », qui dynamise l’action régionale et permet aux acteurs de se retrouver, d’échanger et de produire de la connaissance. Ces conférences peuvent être vues sur la web TV de l’université : UPTV. De même, en publiant Vigie, une lettre d’information de qualité aux allures de magazine, les étudiants du Master IECS contribuent fortement à la notoriété de leur formation. Et il en va de même des multiples projets professionnels, marque de fabrique de l’ICOMTEC… 2007 - 2011 : le temps de la reconnaissance Fort de cette dynamique à la fois locale et nationale, le Master IECS est sélectionné en juin 2007 par Le Nouvel Observateur dans « les Pépites de la Fac ». En 2008, les étudiants du Master décrochent les deux premières places du Concours Général de l’Intelligence Economique (COGENIE). En

2009, ils conservent leur première place et remportent le Trophée Sun Tzu, un concours entre formations sur l’art de contrer une rumeur. En 2010, le Master IECS entre dans le classement SMBG des meilleurs Masters derrière trois grandes écoles et la Sorbonne. Une présence confirmée en 2011… 2012 - … Ne pas baisser la garde et changer pour progresser En intelligence économique, on sait bien que « seuls les paranoïaques survivent » ! Et dans une période de changements profonds dans les universités françaises, rien n’est définitivement acquis. Le lien fort avec la recherche est essentiel pour un Master et, de ce point de vue, l’équipe de recherche en intelligence économique du CEREGE de l’IAE de Poitiers (institution où Nicolas Moinet a été nommé Professeur des universités) est un atout. Du point de vue professionnel, l’apprentissage apparaît être une voie à creuser. Enfin, le développement des relations internationales devient plus que jamais un axe majeur. ■

L’aventure continue. Elle est plus que jamais collective.

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Guy Massé Créateur et ancien responsable du DESS Intelligence Économique et Développement des Entreprises

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uy Massé, quel a été votre parcours à l’ICOMTEC ? Enseignant en économie des nouvelles technologies de l’information et de la communication, j’ai fait partie de la première équipe dès 1988 sur le site du Futuroscope. J’ai un souvenir ému de ces premières années GEODE, avec les collègues Debord, Mignot, Gaubert, Lavergne, Géhin, Fayard…. En 1996, j’ai créé le DESS d’Intelligence économique. C’était le premier diplôme en IE labellisé par l’Université française. J’en ai assumé la direction pendant deux ans. Qu’avez-vous fait ensuite ? Fidèle enseignant au sein des formations ICOMTEC : IE et ICE, jusqu’à la retraite en 2008. Niortais, je me suis parallèlement investi dans la création et le développement de l’IRIAF [Institut des risques industriels, assuranciels et financiers].

Quel souvenir conservez-vous de l’ICOMTEC ? J’en garde un sentiment à la fois de fierté et d’insatisfaction. Fierté d’un défi qui a été relevé. Les étudiants ont une formation qui, dans la majorité des cas, leur procure un emploi. Insatisfaction parce qu’on aurait pu aller plus vite et plus loin, sans certaines inerties personnelles et institutionnelles. Pour l’avenir de l’ICOMTEC, il faudra veiller à sauvegarder la véritable quintessence universitaire de l’enseignement, à savoir l’équilibre entre la dimension courte et la dimension longue, l’expertise et l’expert(e). L’expertise formera des professionnels immédiatement opérationnels pour pénétrer le marché de l’emploi ; l’expert formera les qualités et exigences intellectuelles, qui permettront à nos étudiant(e)s, de perdurer, s’adapter, se développer. ■

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e suis passé par l’ICOMTEC en 1999-2000 (P3). J’enseignais à l’époque l’histoire-géographie mais je souhaitais m’orienter vers un domaine où mon goût pour les nouvelles technologies pourrait s’exprimer. Je suis tombé un peu par hasard sur un article d’une dizaine de lignes évoquant l’intelligence économique et j’ai arrêté l’histoire-géo, mais pas l’enseignement. Dès 2001 en effet, la direction de ce qui était encore le DESS Intelligence Économique et Développement des Entreprises m’a proposé d’assurer un cours sur la recherche d’information et la veille. Cela fait donc 10 ans maintenant que j’enseigne ici et toujours avec le même plaisir. La matière enseignée a toutefois changé puisque j’en suis venu dans mon parcours à m’intéresser aux pratiques de partage et de collaboration, au KM pour être clair. De fait le sujet de mon cours a changé sans changer. En effet, si le KM m’intéresse c’est parce qu’il est au coeur des pratiques de veille

et d’IE. Je continue donc à traiter de recherche d’informations et de veille mais cela passe maintenant par des travaux de groupes où nous mettons en oeuvre de manière concrète les outils et méthodes permettant de faire de la veille un processus qui soit le plus collaboratif possible. Depuis 3 ans des étudiants me demandent d’être leur maître de stage, j’ai dû atteindre un âge raisonnable pour cela ;-) ça me permet de garder des contacts avec la plupart d’entre eux mais aussi avec d’autres dont je reçois les voeux ou ... les questions. Il faut dire que certains projets donnés en cours ont créé des liens, cela a par exemple été le cas pour quelques blogs (dont maintenant un bien plus connu que le mien dont l’auteur se reconnaîtra), ainsi que pour le livre blanc sur les méthodes d’analyse de l’information qui a demandé beaucoup de travail aux étudiants et qui, je l’espère, leur a apporté ainsi qu’à l’ICOMTEC, encore plus de visibilité. ■

Christophe Deschamps Intervenant exterieur depuis 2001

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Le Documentaire de CrĂŠation Donner du sens aux images

Par Jacques Lavergne & Jacques Pasquier


Ce DESS est devenu une des formations de référence du Centre National du Cinéma.

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n 1987, à l’initiative du Président Monory, d’Alain Gaubert et de Jacques Lavergne, se met en place dans les locaux du Lycée Pilote Innovant (sur le site du Futuroscope) un DEUG innovant LIC (Langage, Image Communication). Ce DEUG dérogatoire (entrée sur tests et numerus clausus) ne sera jamais suivi d’une Licence. En 1994, devant l’inquiétude des étudiants désirant poursuivre leur cursus, nous créons un Diplôme d’Université, « Filmer l’entreprise », suivi en 1995 d’un DUES complémentaire, « Filmer le réel », et parallèlement, pour les étudiants plus attirés par la communication, une MST Communication, élaborant un programme pour notre filière LIC et pour GEODE, la filière voisine. En 1996, Jacques Lavergne crée, à la demande et avec l’aide des professionnels du Documentaire, le DESS Réalisation de Documentaire de Création, premier de ce type en France.  C’est en 1996, et sur ces fondations, que naît l’ICOMTEC, regroupant les formations du second cycle du site. Cette fédération, au départ simple

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ligne budgétaire de l’université, a rassemblé des formations diverses, voire divergentes dans leur finalité, mais partageant la même volonté d’innovation dans leurs domaines respectifs. C’est cette alliance paradoxale, apparemment instable et stérilisante, qui, en obligeant chacun à être le meilleur dans sa discipline, a permis le succès de l’ICOMTEC. Cette confrontation, constamment sous le regard de l’autorité administrative et politique, a amené la filière Documentaire à pérenniser et approfondir les pédagogies mises en place dès la création du DEUG LIC. En 2004 la formation Documentaire s’enrichit à la demande de Dominique Brouard d’une formation au cinéma animalier. Le mode de fonctionnement du DESS a été exposé dans la revue « IMAGES Documentaires » n° 4041, 2001, dans un long entretien avec Jean-Louis Comolli. Ses propos rendent compte de ce que fut notre ambition et, disons-le franchement, notre réussite, puisque ce DESS est devenu une des formations de référence du Centre National du Cinéma. ■


Jacques Lavergne Ancien responsable du DESS Documentaire de Création

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acques Lavergne, comment avezvous participé à l’aventure des « filières du Futuroscope » qui ont donné naissance à l’ICOMTEC ? Fonctionnaire Jeunesse et Sports, chargé de cours pour l’Unité de Valeur de cinéma à la Faculté de Lettres, j’ai été sollicité lors de la création de formations innovantes au Futuroscope. Avec Alain Gaubert, nous avons joué le jeu et passé un été à monter un DEUG original « Langage, Image, Communication » (LIC). Dans la pédagogie que nous avons inventée, nous voulions permettre l’éclosion de personnalités. L’enseignement s’appuyait sur la réalisation d’un film de fin d’études. Ce qui amenait les étudiants à travailler 40 heures par semaine. Comme dans la vraie vie. Comment la « Réalisation Documentaire » , ancienne filière de l’ICOMTEC, s’est-elle imposée ? Nous avons mis en place deux

Diplômes Universitaires (DU). En s’appuyant sur une MST, j’ai obtenu la transformation des DU en DESS Réalisation Documentaire, le premier du type en France. Nous avions le soutien des professionnels. Ce DESS, devenu Master, a été délocalisé à Angoulême. Après l’année de transition en Charente, j’ai pris ma retraite en 2007. Quel regard portez-vous sur toute cette période ? C’était un sacré bouillonnement, loin des pratiques traditionnelles. Nous avons beaucoup travaillé et nous avons formé des étudiants heureux. Nous étions le « poil à gratter » de l’ICOMTEC, toujours en conflit avec les autres filières mais à la façon des vieux couples inséparables. Et en sachant que le conflit nous oblige à être un peu plus intelligents à chaque fois. Dans le documentaire, notre pain quotidien, c’est l’humain ! ■

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e suis arrivé au DESS « Réalisation de films Documentaires de Création » en 2002, après des études d’histoire et de cinéma à la Sorbonne. Après quelques stages dans le milieu du documentaire, je cherchais une formation qui offre une approche pratique. L’année était rythmée par l’intervention de professionnels qui venaient passer quelques jours avec nous. Cette année-là, les réalisateurs René Vautier, Boris Lheman et Bénédicte Liénard nous ont présenté leurs films et leurs méthodes de travail. D’autres professionnels intervenaient : producteurs, monteurs et ingénieurs du son. Nous avions aussi un apprentissage technique qui passait par la réalisation de courtsmétrages. Tous les étudiants devaient maîtriser suffisamment les outils pour travailler sur des films à l’image, au son et au montage. Enfin, un temps important de l’année était consacré à

Raphaël Pillosio étudiant en DESS Documentaire de Création en 2002

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regarder des films et réfléchir à leur mise en scène. Cette organisation atypique, quasiment anti-scolaire (les notes n’avaient guère d’importance) nous responsabilisait. Nous profitions d’une grande liberté. Avec le recul je pense que cette formation s’apparentait beaucoup à une « résidence d’artistes », avec des outils, des interlocuteurs pour vous donner des conseils, et d’autres étudiants avec lesquels vous travailliez. Comme film de fin d’année, j’ai réalisé Route de Limoges, un documentaire sur le camp de Poitiers qui interna des Juifs et des Tsiganes durant la Seconde Guerre Mondiale, film qui a été projeté dans de nombreux festivals. Aujourd’hui, parallèlement à mon activité de réalisateur, je travaille en tant que producteur, chaque activité enrichissant l’autre. ■


Marie Daniel étudiante en Diplôme Universitaire en Cinéma Animalier de 2004 à 2006

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ntre 2004 et 2006, j’ai intégré une filière inédite tant pour l’institut que pour l’université française : une formation au cinéma animalier. Pour constituer ce nouveau diplôme, l’ICOMTEC s’était associé à un festival de documentaire animalier tenu chaque année dans le canton de Ménigoute. Ensemble, ils relevaient un défi ambitieux : créer des ponts entre le documentaire de création et le documentaire animalier. Tout était à inventer, tant pour les encadrants que pour les étudiants. Les cours se répartissaient entre des journées en plein air, où l’on apprenait le cadrage, la prise de son avec des professionnels du métier, et des cours à l’ICOMTEC avec des séances de projections de films, d’ateliers d’écriture ou d’échanges avec des réalisateurs. Ces allers-retours entre le terrain et l’université nous enchantaient,

bien sûr, de même que les relations avec l’équipe enseignante, différant grandement d’un enseignement typiquement universitaire. La richesse de cet institut tenait aussi aux échanges que nous avions avec les autres étudiants, particulièrement avec les Masters de Documentaire de Création. Des cours en commun et quelques semaines de pratique sur le terrain nous ont rapprochés. J’imagine leur étonnement face à notre passion pour le monde naturel et les êtres vivants qui le peuplent. Ils s’intéressaient aux humains, à des questions de société tandis que nous étions aux prises avec un monde sans parole, bien loin du nôtre... et pourtant, nous avions tous en commun la volonté de fabriquer un film d’étude, premier geste d’un futur « métier » mais avant tout d’un regard sur le monde. ■

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n intérêt manifeste du public pour les films documentaires animaliers, des échanges réguliers avec les professionnels, l’intérêt des partenaires potentiels : autant de raisons qui m’ont encouragé à mener ce projet consistant à concilier le respect de la nature, de la faune, les références scientifiques, la qualité du récit et la créativité des auteurs au cœur d’une formation. Je me suis tourné vers l’ICOMTEC suite à une recommandation du Conseil Régional. L’équipe de l’institut s’est d’emblée montrée attentive. Jacques Debord m’a invité à rencontrer Jacques Lavergne qui m’a alors expliqué comment il avait pu construire une formation universitaire originale fondée sur une pédagogie de projet. Nous avons immédiatement compris qu’une coopération était possible. En mars 2003, avec Denis Bourgeois nous avons soutenu ce projet devant les élus des Deux-Sèvres, sur le site qui

abrite aujourd’hui l’IFFCAM. Puis ce fut au tour de Jean-Paul Géhin de s’investir dans cette aventure. Après avoir rassemblé des contributions de cinéastes comme Allain Bougrain Dubourg, Philippe Garguil, Laurent Charbonnier ou encore Jacques Perrin, nous avons réuni une équipe de professionnels avec laquelle nous avons construit le premier Diplôme Universitaire « méthodes et techniques de réalisation du film documentaire animalier ». En septembre 2004, la première promotion était accueillie. Après deux années d’expérimentation le Conseil Général des Deux-Sèvres a accepté de porter l’IFFCAM, désormais régie du département. Depuis septembre 2006, il dispose d’un site adapté à ses besoins et d’une offre en formation issue d’une coopération originale entre les professionnels, l’Université de Poitiers et le Département des Deux-Sèvres. La conduite de ce projet n’aurait pu s’articuler de la sorte sans la spontanéité des acteurs rencontrés.  ■

Dominique Brouard Fondateur du Festival du Film Animalier de Ménigoute.

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La Recherche Et lĂ naissent des idĂŠes

Par Christian Marcon, Nicolas Moinet & Jacques Pasquier


Un support nécessaire de la professionnalisation

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ne composante universitaire n’est pas complète sans sa dimension « recherche ». En 1998, le Professeur Pierre Fayard prit la direction du DESS Intelligence Économique et Développement des Entreprises. Il dirigeait alors le LABCIS (LABoratoire de la Communication et de l’Information Scientifique), équipe d’accueil doctoral qui vint s’installer à l’ICOMTEC. Cela donna le coup d’envoi d’une démarche de recherche propre, en appui aux formations. Jusqu’alors, chaque enseignant-chercheur était rattaché à son propre laboratoire, ce qui ne créait pas une dynamique propre à l’institut.

depuis 1975 en France pour la 71ème section. Les premières formations de niveau bac+4 étaient très récentes. Le colloque marqua les esprits.

L’année 1999 fut marquée par l’organisation d’un premier colloque au thème provocateur : « L’impossible formation à la communication ? ». Le point d’interrogation est ici déterminant, significatif des questionnements d’une équipe de formateurs capable d’avoir une réflexion sur sa pratique et le sens même de son métier : « sait-on, doit-on, peut-on enseigner la communication ? ». Les sciences de l’information et la communication étaient encore toutes jeunes. Les SIC existent

Plus globalement, avec Pierre Fayard, bientôt rejoint par Nicolas Moinet et Christian Marcon (auteur de la première thèse en économie sur l’intelligence économique), c’est une dynamique de recherche fondamentale et appliquée en intelligence économique et stratégies de communication qui s’est créée. L’ICOMTEC a ainsi accompagné la naissance de la Revue d’Intelligence Economique dont les fondateurs étaient intervenants dans le DESS. Nicolas Moinet et Christian Marcon

Du LABCIS à l’équipe « Intelligence Economique et Communication Stratégique » L’arrivée du LABCIS s’est accompagnée de celles de doctorants, notamment de doctorants brésiliens et colombiens, prélude à des échanges en termes de recherche et de formation, dont la création d’une formation sœur à l’intelligence économique dans l’état brésilien du Rio Grande do Sul.


ont engagé une collaboration étroite avec la revue Veille Magazine, produisant à eux deux une centaine d’articles, de comptes-rendus de colloques, d’interviews, de dossiers. Pierre Fayard a créé une collection d’ouvrages de stratégie aux éditions ZéroHeure… Quelle qu’ait été la qualité des travaux produits, le LABCIS s’est finalement révélé être un laboratoire de trop petite taille eu égard aux critères français qui n’envisagent plus que de grosses structures, supposées plus productives ou compétitives, sans prendre en considération l’éventuelle pertinence d’équipes resserrées et cohérentes sur des thématiques pointues. D’autant que son directeur choisit de poursuivre sa carrière au Ministère des Affaires Etrangères. En 2006, sans changer d’orientation, les chercheurs ont donc constitué une équipe « Intelligence Economique et Stratégies de Communication », intégrée au sein du CEREGE (Centre de Recherche en Gestion), laboratoire en sciences de gestion de l’IAE de Poitiers. Articulant des travaux qui viennent en support des deux Masters de l’institut, cette équipe conduite par Nicolas Moinet a intégré des chercheurs non poitevins, désireux de rejoindre un groupe de recherche accueillant. Parmi eux, citons notamment Ludovic François, Professeur affilié à HEC, François Bernard Huyghe ou Damien Bruté de Rémur. Une équipe transdisciplinaire qui peut dès lors faire soutenir des thèses aussi bien en sciences de l’information et de la communication qu’en sciences de gestion. ■

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Un rayonnement reconnu Au fil des années, une production d’ouvrages vivace s’est développée autour du noyau constitué par les trois chercheurs permanents. Pierre Fayard a creusé le sillon de la culture de la stratégie : La maîtrise de l’interaction, Comprendre et appliquer Sun Tzu (un best seller), Le réveil du Samouraï, Sun Tsu. Stratégie et séduction… Christian Marcon et Nicolas Moinet ont ouvert en tandem une voie de recherche nouvelle en matière de stratégie-réseau dans La stratégie-réseau, puis Développez et activez vos réseaux. Nicolas Moinet seul (Les batailles secrètes de la science et de la technologie, Petite histoire de l’intelligence économique) ou avec Christian Marcon (L’intelligence économique) a particulièrement exploré la question de l’intelligence économique. D’autres collaborations à ouvrages ont renforcé cette démarche de publication volontiers portée vers la diffusion des recherches menées. Multipliant les communications dans les principaux colloques en intelligence

économique, les parutions dans les revues scientifiques (Marketing et Communication, Revue Internationale d’Intelligence Economique, Géoéconomie, Communication & Organisation, Hermès, Les Cahiers du numériques, Humanisme et entreprise, Entreprendre et diriger…), les encadrements de doctorants, l’équipe de recherche en intelligence économique de Poitiers, rassemblée aujourd’hui autour de Nicolas Moinet et de Christian Marcon, tous deux habilités à diriger des recherches en sciences de l’information et la communication, s’est installée comme l’une des trois équipes reconnues en France sur sa thématique, avec une approche stratégique, ouverte aux questions de communication qui sont peu abordées en général en intelligence économique. Une reconnaissance importante : la signature d’une convention avec l’Institut de la Communication du CNRS (ISCC), présidé par Edgard Morin et dirigé par Dominique Wolton. A venir en 2011 et 2012 : de nouveaux ouvrages professionnels et académiques, une alliance qui fait depuis ses fondations la force de l’ICOMTEC. ■

Christian Marcon et Nicolas Moinet ont ouvert en tandem une voie de recherche nouvelle en matière de stratégie-réseau.

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Pierre Fayard

Ancien responsable du DESS Intelligence Économique et développement des Entreprises

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ierre Fayard, quel a été votre parcours au sein de l’ICOMTEC ? Comment votre carrière s’est-elle poursuivie ? J’ai commencé par y enseigner des techniques de communication, pour terminer par l’intelligence stratégique et la gestion du savoir, plus particulièrement « l’approche comparée des cultures de la stratégie ». L’ICOMTEC fut le creuset de ce cours assez unique en France. Bien qu’à l’origine de l’idée de création du DESS IEDE que mon collègue Guy Massé a monté de main de maître, je n’étais pas en faveur du qualificatif « économique » qui me paraissait trop conjoncturel et trop restreint. J’aurais préféré «  Intelligence stratégique », plus clair et plus englobant en même temps.

Après un détour par le CNED entre 1996 et 1998, j’ai pris la direction du DESS IEDE à la demande de Jacques Debord, désireux que soit rattachée l’équipe de recherche doctorale (LABCIS) en sciences de l’information et de la communication que je dirigeais depuis 1993. J’ai accepté sous réserve de la création d’un poste de maître de conférences dans la même discipline, ce qui fut fait pour renforcer le LABCIS. Toute ma recherche sur la culture stratégique chinoise et la voie japonaise de la gestion du savoir a été conduite à l’ICOMTEC. Entre 2004 et 2008, j’ai étè détaché au ministère des Affaires étrangères et européennes comme directeur du Centre franco-brésilien de

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documentation scientifique et technique à Sao Paulo, et depuis la rentrée 2008, je suis conseiller de coopération et d’action cu turelle à l’Ambassade de France au Pérou. Retour en 2012… Quelle est la place de la recherche à l’ICOMTEC ? Du fait de la diversité disciplinaire des enseignants et d’un cursus initial (GEODE) de premier cycle, la recherche n’y a jamais été une priorité. Plus que jamais aujourd’hui, il est vital d’atteindre une masse critique permettant la soutenance de plusieurs thèses doctorales par an, ce qui suppose une équipe de près d’une dizaine de chercheurs habilités à diriger ces recherches. Viennent simultanément les questions des axes de travail et du rattachement disciplinaire. Or la plupart des collègues intervenants à l’ICOMTEC participent presque tous à d’autres facultés et instances qui les évaluent et qui ne sont pas celles des sciences de l’information et de la communication. Le système universitaire français aime les gros bataillons et il est totalement illusoire de penser que l’IE ou le KM puisse constituer un jour une discipline à part entière. Comment voyez-vous l’avenir de cet institut ? Quels sont ses atouts ? Depuis Lima au Pérou et après un passage de quatre années au Brésil, ma vision de l’ICOMTEC s’est un peu éloignée même si je maintiens d’excellents contacts avec mes ex-collègues du LABCIS. Ce qui fit la raison d’être de GEODE, puis de l’ICOMTEC, était un esprit d’innovation, une capacité à réaliser quelque chose que l’on ne pouvait pas faire, ou difficilement, ailleurs. Faute de cela, et de l’intérêt pour l’Université de Poitiers de maintenir cette présence sur le Futuroscope en bénéficiant de son image, on peut s’interroger sur le pourquoi de cette localisation.

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« L’avenir de l’ICOMTEC est dans l’internationalisation. Nous mourrons en France de l’esprit de chapelle ».

Lorsqu’il fut question de rattacher l’ICOMTEC à la faculté des Sciences éco, ou bien à l’IAE, j’étais délibérément en faveur de la seconde option, mais sans être là. La recherche sur les réseaux, l’intelligence économique, les stratégies de la gestion du savoir… trouvent des synergies plus spontanées à l’IAE, et je ne peux que recommander à mes collègues qui font partie de son équipe de recherche de mettre en œuvre une adaptation du trentième stratagème chinois ! Enfin, je pense que l’avenir de l’ICOMTEC est dans l’internationalisation. Nous mourrons en France de l’esprit de chapelle alors que le monde est si vaste. Nous avons des choses à dire et à apprendre des autres, et notre image est bonne d’autant que l’on sait se faire humble. A l’international, les marges de manœuvre sont considérables et l’effet levier très conséquent. Quelques anciens de l’ICOMTEC, notamment des docteurs, en poste à l’étranger, ne demandent pas mieux qu’à nouer des dynamiques constructives ! C’est une question de choix. ■


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La professionnalisation à l’école du terrain

Par Gaëlle Cojean, Christian Marcon & Jacques Pasquier


La professionnalisation est le principe cardinal des formations de l’ICOMTEC

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a professionnalisation est le principe cardinal des formations de l’ICOMTEC. Toutes celles qui se sont succédées depuis la Maîtrise de Sciences et Techniques en 1991 ont inscrit ce principe dans leur démarche. Sa mise en œuvre prend plusieurs formes, somme toute classiques telles que les stages longs, les projets professionnels, les interventions d’hommes de terrain dans les cours. C’est l’articulation du tout et l’esprit dans lequel elle s’opère qui donnent à la pédagogie de l’institut sa spécificité. Les projets professionnels au cœur A l’ICOMTEC, les projets professionnels sont au centre de la professionnalisation. D’ailleurs, les diplômés les placent au premier rang de ce qui a contribué à leur formation, sans souci du chagrin qu’ils causent à chaque enseignant persuadé que son cours est essentiel... Si les stages les impliquent individuellement dans des structures, les projets leur apprennent à travailler en groupes pour de vrais commanditaires. Au fil des années, plus d’une centaine de commanditaires ont fait appel aux étudiants de l’ICOMTEC : associations n’ayant pas de moyens de communication propres, entreprises souvent naissantes, communes, organisations professionnelles… Les citer serait excessivement long. Parce que les étudiants de Licence et du Master

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Stratégie et Management de la Communication sont, pour reprendre une expression que la presse locale avait saisie au vol, des « couteaux suisses de la communication », toutes sortes de projets leur ont été confiés : montage d’événement ; audit d’un dispositif de communication, préconisation d’une politique de communication et mise en œuvre des premiers éléments ; création de documents ; création de site web… A côté de ces projets externes, une large part des activités proposées est constituée de projets impulsés par l’ICOMTEC lui-même. Dans la filière Intelligence Économique, presque tous les projets sont nés d’initiatives internes, souvent prises par Nicolas Moinet, directeur du Master : annuaire et réseau des anciens, site d’intelligence économique du Poitou-Charentes, web newsletter Vigie, site propre au Master. Dans la filière Communication, un projet a pris progressivement une place centrale : le Service Communication. Plus d’une vingtaine d’étudiants prennent en charge les différents aspects de la communication de l’institut. Un autre projet doit d’être cité, car il intègre désormais des étudiants des deux filières : ICOMTEC Consultants, Junior-Entreprise née en 2004 à l’initiative d’un petit groupe d’étudiants en communication très motivés emmenés par Brice Laguérodie, son premier président. Ces projets font l’objet de présentations spécifiques.


La force des projets La force des projets professionnels internes réside dans l’investissement des étudiants et leur sentiment d’appartenance à un institut dont ils sont, à leur manière, autant acteurs de la réputation et du devenir que l’équipe enseignante. Cet appel à l’intelligence collective, conviction partagée par les trois directeurs de formations, est véritablement au cœur de la culture de l’institut. Les étudiants ne savent pas tout et n’ont pas à prendre la place de leurs professeurs : ils sont là pour apprendre. Mais leurs propres expériences, leurs compétences, leurs savoirs dans certains domaines font que ces derniers sont non seulement à leur écoute mais davantage encore dans l’attente de leurs propositions, de leurs idées. Les projets sont un lieu privilégié pour cela. Des intervenants professionnels investis Au fil du temps, de nombreux intervenants professionnels sont venus apporter leur expérience aux étudiants de l’ICOMTEC. Certains sont fidèles depuis de longues années, tels Alain Salcedo, directeur des ressources humaines chez Aigle, Pascal Duforestel, créateur de l’agence événementielle Le Loup Blanc, Jacques Pasquier, qui fut rédacteur en chef adjoint du quotidien Centre Presse, Jérôme Neveux, responsable des relations presse du parc du Futuroscope. D’autres sont des diplômés de l’institut, venus contribuer à leur tour à la dynamique de formation, comme Christophe Deschamps, Marc Maronne, Guilhem Armanet, Stéphanie Schoonjans ou, tout récemment, Camille Alloing. Tous, partenaires au long cours ou de passage, sont considérés au même titre que les enseignants universitaires. ■

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’une des originalités de l’ICOMTEC est d’avoir associé, dès sa création, la « com » avec le « tec » des technologiques numériques qui regroupaient à la fois les outils audiovisuels et ceux du web naissant. Dès 1999, l’institut disposait de son propre site web grâce aux efforts d’un petit groupe d’étudiants et d’enseignants passionnés. A l’aube du « web 2.0. », ces premiers travaux paraissent dater de la préhistoire. Mais, à l’époque, ils jouaient au sein de l’Université de Poitiers un rôle précurseur. L’ICOMTEC n’a eu de cesse alors d’être à la pointe des usages en matière de technologies numériques. Dès 2002, l’exploitation d’un extranet de formation était monnaie courante. Ressources pédagogiques en ligne, emplois du temps numérisés, espaces de stockage pour les étudiants devenaient des pratiques banales. Cette communauté virtuelle d’apprentissage devint très vite l’une des plus importantes de l’université en drainant à elle seule plus du quart des

Eric Baumann Professeur depuis 2001

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échanges pédagogiques numériques. Dans le même temps, l’infrastructure informatique se densifiait, jusqu’à atteindre, en 2006, un total de 8 serveurs et 100 PC pour une communauté de 150 étudiants. Les enseignements technologiques évoluaient également tout en conservant un caractère d’initiation ou de sensibilisation. L’objectif principal restait toujours le même. Il s’agissait de former des communicants généralistes capables de comprendre les tenants et aboutissants des TIC. En 2007, le déménagement de l’ICOMTEC dans de nouveaux locaux nécessita des ajustements dans l’infrastructure informatique. Mais, dans le même temps, l’ICOMTEC devenait l’un des sites pilotes pour la mise en place de nouveaux outils : dossier administratif numérique, bureau virtuel, plate-forme de formation. Cette politique s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui avec des investissements récents dans l’audiovisuel haute définition et les CMS de dernière génération. ■


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Marc Maronne Formateur-Conseil en communication interne depuis 2007

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’ai étudié à l’ICOMTEC en formation continue entre 2004 et 2005 après diverses expériences en journalisme. L’envie de passer à autre chose et diverses opportunités m’ont poussé à m’inscrire. J’y ai connu une année mémorable, riche d’échanges avec les étudiants et le corps professoral. Ce fut une expérience humaine très forte. Se replonger dans des notions théoriques est parfois déstabilisant sur le plan intellectuel mais captivant. J’ai également pu partager mes propres expériences, avec une certaine prise de recul. Aujourd’hui, c’est en tant qu’intervenant professionnel que je reviens chaque année à l’ICOMTEC, où je prends plaisir à faire participer les étudiants sur un cas concret de communication interne. J’y retrouve une cohésion forte, des étudiants investis et responsables qui multiplient les prises d’initiative. ■

ue retenir de mes (déjà) 10 années de collaboration avec l’ICOMTEC ? Le souvenir de tous ces visages d’étudiants, et de nos échanges lors d’un cours ou à l’occasion d’un mémoire de stage. C’est une chance que d’expliquer son métier à des jeunes, et de leur transmettre son expérience professionnelle. L’exercice est exigeant. Il oblige à une recherche, à une réflexion sur sa propre pratique, à un retour sur soi. Sans fuir les remises en cause. Comment être clair, juste, bien compris ? La formation est un artisanat sans cesse tendu vers l’idéal. « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. » Dans un cadre quasi familial, l’ICOMTEC est bien ce lieu unique et chaleureux d’échanges entre les générations. Et parfois, on ne sait plus qui est le professeur de l’autre… ■

Jacques Pasquier Intervenant professionnel en écriture journalistique depuis 1999

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Elisabeth Delannoy Présidente de France ADOT 86

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lisabeth Delannoy, comment l’association France ADOT 86 pour le don d’organes que vous présidez a-t-elle fait appel à l’ICOMTEC ? En 2006, nous avions été invités par l’ICOMTEC à une conférence du directeur de la communication de la Croix Rouge. Cela nous a incités à revoir notre propre communication. J’ai proposé un projet professionnel à l’ICOMTEC. La première année a été consacrée à un audit réalisé par les stagiaires. Cela a été pour nous un véritable tsunami ! Nous avons vu nos forces et nos faiblesses. Les entretiens menés par les étudiants ont montré que nous devions nous tourner vers un public jeune.

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La collaboration s’est-elle poursuivie l’année suivante ? Oui, une équipe d’étudiants a ensuite travaillé sur les outils de communication que nous devions

mettre en place : refaire nos stands, nos dépliants, trouver des titres accrocheurs, des couleurs adaptées… Nous avons collaboré, c’était très enrichissant. Même s’ils se sont heurtés à des difficultés, les stagiaires ont été passionnés. Leur travail a été remarquable. Il a été montré à la fédération et à d’autres associations de France ADOT. Pour la troisième année de collaboration, un nouveau projet, évènementiel, a permis d’organiser la Semaine de la bioéthique. Quel a été l’impact sur votre association et ses membres ? Le travail effectué par les étudiants en communication de l’ICOMTEC nous a donné une autre image. Il a parallèlement remotivé les bénévoles de l’association. Nous avons trouvé un autre souffle. Nous mettons d’ailleurs toujours en pratique les recommandations faites : par exemple, faire un bilan à la fin d’une manifestation. ■


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out a commencé dans un restaurant poitevin, lors d’une discussion avec Christian Marcon, directeur de l’ICOMTEC, sur le serpent de mer de RéseauCom 86 : l’événement de com régional. Comment faire ? Avec autant de questions sur les potentiels, réalisations, professionnalisme et professionnalisation, ressources, viabilité, bref, sur un partenariat. Les Trophées Com des Pro étaient nés. Depuis trois ans, le partenariat RéseauCom’ 86-ICOMTEC évolue. A l’image des Trophées devenus, pour la troisième édition, les Rencontres de la Com : étudiants et pro coconstruisent le projet avec passion et savoir-faire ; chacun expose, défend ses propositions ; tous apprennent et évoluent au fur et à mesure de l’avancée du dossier. De même pour les logos, cartes de vœux et autres supports du Réseau réalisés par des futurs pro.

RéseauCom 86 fait participer les étudiants à ses activités : les professionnels partagent vision et avenir du métier, état des connaissances et des besoins dans les techniques. Avec les Cafés-CV, jeunes et anciens s’éclairent mutuellement sur les enjeux du marché de l’emploi en communication selon leur angle de vue... être un responsable communication, c’est acquérir la maîtrise de techniques, d’un savoir-faire (faire et faire-faire). C’est aussi un savoirêtre basé sur l’écoute, l’ouverture et la créativité. Ce sont enfin des valeurs comme le respect, l’engagement et la reconnaissance. Le métier de responsable com est donc un tout issu d’une formation qui s’affirme, se développe et se renforce avec le temps... et les échanges entre pairs et commanditaires. L’essence de ce partenariat ■

Marc Saint-Faust Président de RéseauCom 86

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C

’était au départ une idée comme une autre. Une proposition de projet parmi toutes celles qui se concrétisent chaque année. Un concept à intégrer à l’ICOMTEC pour permettre une professionnalisation toujours plus forte dans le cursus des étudiants. « Pourquoi pas ! » a-t-on répondu aux initiateurs de ce défi après mûres réflexions… Une liberté de projet et d’initiative accordée aux étudiants qui a permis à ICOMTEC Consultants d’acquérir une réelle légitimité. Et cela en quelques années seulement… ICOMTEC Consultants ce sont d’abord des équipes. A chaque rentrée, le même rituel : 10 à 15 étudiants débutent leur expérience de juniorentrepreneurs et s’engagent à piloter des projets, à faire vivre l’entité parallèlement à leurs cours : participer au développement commercial en allant à la rencontre de prospects, établir la stratégie de communication et la mettre en place, veiller à la qualité des processus engagés, activer les réseaux, assurer le suivi des étudiants volontaires pour mener à bien les études… autant de missions diversifiées prises en charge par des étudiants motivés, professionnels de demain. « être juniorentrepreneur c’est acquérir une expérience au cœur d’une entité dont on est partie-prenante, c’est

prendre conscience des responsabilités que l’on a dans la sphère professionnelle avant même d’être sur le marché du travail » confie Clément Morin, président d’ICOMTEC Consultants entre 2009 et 2010. Une implication concrète, et un sérieux dont les étudiants doivent faire preuve lors de leurs rencontres avec les professionnels à qui ils proposent des missions en communication et en intelligence économique. Depuis sa création, une centaine d’études ont été confiées à ICOMTEC Consultants. Preuves de la confiance accordée aux étudiants de l’ICOMTEC, elles sont proposées par des collectivités, associations, PME ou grandes entreprises. Cela représente de réelles opportunités pour les étudiants « chargés d’études » qui gagnent en expérience le temps de mener à bien leur mission, tout en étant rémunérés. La professionnalisation permise par ICOMTEC Consultants sort ainsi des murs du bureau qui lui est réservé : elle permet à tout Icomtécien de toucher du doigt le monde professionnel en plus des stages et projets professionnels. Mais ICOMTEC Consultants, outre la rigueur et les enjeux bien réels, c’est aussi la convivialité, grâce à un sentiment d’appartenance fort. Le travail en équipe et les événements rythmant la vie de toute Junior-Entreprise participent à favoriser les échanges dans une ambiance dont chaque junior-entrepreneur gardera le souvenir suite à des congrès régionaux ou autres rencontres avec d’autres Junior-Entreprises. ■

ICOMTEC Consultants 74

Depuis 2004, des équipes de junior-entrepreneurs se succèdent, au service de « leur JE ».


Le Service Communication La communication de l’ICOMTEC, par ses propres étudiants.

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uel meilleur apprentissage de son futur métier que la mise en pratique pendant sa formation ? Quelle meilleure possibilité de valoriser son CV que la promotion de son institut ? Voici deux questions qui ont trouvé pour réponse la création du Service Communication de l’ICOMTEC, exclusivement composé d’étudiants. En 2007 cette nouvelle entité a vu le jour afin d’assurer la communication de l’ICOMTEC en interne comme à l’externe. Des étudiants s’activent pour mener à bien des missions diversifiées visant à valoriser leur institut au quotidien. Répartis en pôles de compétences, une vingtaine d’étudiants de Communication et d’Intelligence économique, de la Licence au Master 2 fusionnent leurs idées, leurs connaissances et leur créativité pour atteindre deux objectifs : favoriser l’image de l’ICOMTEC auprès de ses publics extérieurs et optimiser la cohésion interne grâce notamment à une bonne circulation de l’information. Véritable opportunité professionnelle pour les étudiants, le Service Communication de l’ICOMTEC (le plus grand de Poitou-Charentes aurait-on dit…) fonctionne comme une entité à part entière, intégrée à l’organisation générale de l’institut. Sous la houlette de deux chargés de communication nommés chaque année, des étudiants s’affairent à alimenter les différents supports d’information en actualités variées et stratégiques : le site web, la lettre Interactions, les réseaux sociaux, les supports de communication

internes… autant de missions pour lesquelles les plus belles plumes sont sorties. Parallèlement, des attachés de presse relaient ces informations toujours plus fraiches aux médias permettant ainsi à l’ICOMTEC d’être présent dans la presse tout au long de l’année. Une couverture médiatique permise notamment grâce à leurs pairs en charge de l’organisation d’événements majeurs pour l’institut : les journées portes ouvertes, la présence sur les salons ou encore le gala annuel, temps fort de l’année pour la communauté ICOMTEC. D’autres étudiants apportent des compétences techniques et leurs regards créatifs en élaborant des supports toujours plus originaux les uns que les autres : vidéos, photographies, infographies… L’ensemble permet de répondre aux besoins évalués suite à un travail de veille minutieux réalisé par d’autres chargés de missions. Au fil des semaines et des actualités rythmant la vie de l’institut, ces étudiants se sentent investis par leurs responsabilités bien réelles, qu’ils prennent à cœur. C’est pour eux une expérience professionnelle avant l’heure, enrichie par des échanges nombreux pour en apprendre toujours plus sur ce qui les attend demain. ■

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Daniel Biron, Journaliste au Courrier Français - Formation Continue (2003-2004)

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« En tant qu’étudiant en formation continue, je me suis préparé à côtoyer au quotidien les autres étudiants, de l’âge de mes enfants. On s’y prépare, mais finalement ça se fait assez naturellement. Les projets professionnels et les nombreux travaux de groupe aident mais cela se fait aussi grâce aux moments partagés lors des pauses cafés ou des déjeuners, et à l’ouverture des étudiants. On devient vite un étudiant comme un autre. En plus des connaissances et compétences acquises, c’était une expérience humaine forte. »

« Les cours de radio : une chance de profiter des moyens de la radio associative du lycée pilote : Delta FM ! on y a passé des heures, dans le cadre de cours, pour animer bénévolement des émissions le soir ou à la pause déjeuner, dans le cadre des projets professionnels… On a également organisé des nuits en direct non-stop : de vrais marathons dans une atmosphère sympa »

« Les intervenants professionnels nous font prendre conscience des rush auxquels on doit faire face dans la réalité professionnelle : un cas distribué le matin, une équipe qui se constitue autour de la problématique : «vous avez jusqu’à 16h ! ». Résultat : De petits coups de pression, des sandwichs ou pizzas mangés à la va-vite à côté des fiches et des cerveaux en ébullition. Ces missions en temps réel apportent beaucoup ! »

« Les promos se divisent souvent en groupes de types «agences» ou «cabinets de consulting». Là, le secret est de rigueur, comme si on était réellement en concurrence. A chacun de trouver les meilleures idées pour convaincre l’intervenant, devenu commanditaire le temps d’un exercice. »

« Les projets pros, internes ou externes laissent de bons souvenirs et sont remarqués sur les CV à la sortie de l’ICOMTEC. On est considérés comme des pros par des pros. »

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Nos visages Galerie de portraits familiers

Par Christian Marcon & Jacques Pasquier


Laissons la place aux portraits et aux souvenirs.

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otre institut existe pour ses étudiants, par ses enseignants et, ce n’est pas convention ou flatterie de l’écrire, grâce à ses personnels administratifs et techniques. Souvent discrets, ceux-ci n’en sont pas moins indispensables à la vie de l’ensemble. Ils remplissent des missions d’administration, de scolarité, d’accueil, d’entretien du matériel et des locaux, de nettoyage sans lesquels l’ICOMTEC ne pourrait tout simplement pas remplir sa mission de formation. De manière remarquable, les personnels administratifs et techniques de l’ICOMTEC ont peu changé en quinze ans. Ils en sont devenus des visages familiers, rassurants, de véritables figures de la « maison ». Des générations d’étudiants se souviennent donc, le plus souvent avec tendresse et reconnaissance, de Marie-Hélène Brossard, responsable administrative méticuleuse à l’humour fin, de Patricia Mousserion, souriante et accueillante secrétaire à la scolarité, de René Michard, expert en bricolages et dépannages, de Jean-Paul Perraudeau, de bon conseil en documentation et, pour les plus anciens, de André Demay, discret homme d’entretien qui précéda René Michard. D’autres personnels ont fait des passages plus courts : Nathalie Mergault, Gwenaëlle Giroir, Brigitte Laroche. Chacun a trouvé sa place ; tous ont été appréciés des étudiants, ce qui n’est pas un mince compliment à leur faire. Laissons la place aux portraits et aux souvenirs.

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« Nous avons toujours un peu cocooné nos étudiants. » Aussi souriante qu’attentive, Patricia Mousserion règne avec efficacité sur « la scolarité » au secrétariat de l’ICOMTEC. « Je m’occupe des inscriptions, des emplois du temps, de l’organisation des examens, des stages… », énumère-t-elle. A l’écoute des « petits problèmes quotidiens » et des « questions ponctuelles des étudiants », elle sait y apporter des réponses rapides. Comme une grande sœur rassurante dont on apprécie la vivacité autant que le bon sens. Adjoint d’administration, Patricia est de l’aventure depuis les origines de la filière. «  J’ai commencé fin 1992. Nous étions hébergés au Lycée Pilote Innovant. C’était au bout du monde… », se souvient-elle avec humour. « Ici, dans nos nouveaux locaux, c’est plus lumineux. On se

sent chez nous. Et entre la vue sur le lac et la vue sur la cour intérieure du lycée, le choix est vite fait ! » Elle a connu toutes les évolutions et travaillé avec les directeurs successifs de l’ICOMTEC. « J’ai toujours eu de très bons contacts avec eux. Ils étaient très humains. » Qu’on ne compte pas sur elle pour se départir de sa modestie ou pour livrer quelque anecdote indiscrète. Il faut dire que Patricia a « toujours aimé » ce qu’elle faisait. Appréciant une « liberté qu’(elle) ne retrouverait pas ailleurs » et un « travail très diversifié  »  : «  Je ne fais pas toute l’année la même chose. » Cette maman de deux filles se sent à l’aise dans les relations avec les étudiants. « Si je devais partir, ils me manqueraient… » Et eux se sentiraient sans doute bien orphelins. ■

Patricia Mousserion Responsable de la scolarité à l’ICOMTEC

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Marie-Hélène Brossard Responsable administrative et financière (1989-2008) « C’est un bon souvenir. Celui d’un travail en équipe. » Marie-Hélène Brossard a vécu toute l’aventure des filières de la communication sur le site du Futuroscope. De février 1989 (alors qu’elle venait de quitter une entreprise privée) jusqu’au déménagement dans les nouveaux locaux en 2008, elle en a été l’une des chevilles ouvrières. Responsable administrative et financière, elle a œuvré, avec compétence et tact, à la construction progressive de l’ICOMTEC, aux côtés des directeurs successifs. Si elle travaille aujourd’hui à la présidence de l’Université de Poitiers, Marie-Hélène n’oublie pas les quelque vingt années passées au Lycée Pilote Innovant… ni « l’ambiance pesante » des premiers temps. « Au tout début, nous n’étions pas très équipés. Nous nous arrangions avec le lycée pour les

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salles, le matériel, le self… Il y avait toujours quelques tensions, j’étais là pour faire le tampon. Quant aux filières, elles étaient assez cloisonnées au début. » Quoi de mieux, dans ces moments-là, que l’autorité naturelle et paisible de Marie-Hélène ? Reste pour elle le sentiment d’avoir pris part à une création exaltante : «On montait quelque chose ! ». Elle conserve aussi à l’esprit toute une collection d’images agréables. Celles qui illustrent ses bons contacts avec toute l’équipe et avec les étudiants, les tâches diverses qu’on lui a confiées, le travail collectif tendu vers la réussite, et « l’esprit de famille de cette petite structure ». Pas de doute, dans la galerie d’honneur de l’ICOMTEC, Marie-Hélène Brossard mérite bien de figurer en bonne place. ■


Merci également à eux Nathalie Branger André Demay Gwenaëlle Giroir Sébastien Kerbrat Brigitte Laroche

Nathalie Mergault René Michard Jean-Paul Perraudeau Line Royer Yves-Marie Siroit

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Culture ICOMTEC être Icomtécien !

Par Gaëlle Cojean


La culture ICOMTEC... Un véritable moteur de la vie quotidienne de l’institut, immuable du Lycée Pilote au Téléport 2

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es promotions d’étudiants se succèdent, les formations évoluent au gré des tendances, des innovations, des besoins des missions. Tous n’ont pas connu le quotidien du Lycée Pilote. Beaucoup auront été diplômés avant de connaître les locaux dans le Téléport 2. Et pourtant, même lorsque des années les séparent, quelque chose rassemble les Icomtéciens, passés, présents, et à venir : un ressenti particulier, un sentiment d’appartenance, une cohésion certaine. Difficile d’y mettre des mots, mais la « culture ICOMTEC » existe bel et bien et se perçoit au fil des années.

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portes sont ouvertes, chacun y met du sien et c’est tout un lot de projets qui se concrétisent.

La culture ICOMTEC fait vivre l’institut. Elle existe grâce à ses étudiants. Devrait-on parler de famille ? Une entité à taille humaine, avec quelques promotions ne dépassant jamais les 130 étudiants par année universitaire. Une entité où chacun se connaît. Une entité où l’on se côtoie au quotidien, on l’on monte des projets ensemble.

Et cela, dès les premiers jours de l’année et le passage incontournable de l’intégration. Sans tomber dans le bizutage, les “anciens” font les présentations avec les “petits nouveaux” dans des accoutrements souvent inédits. Déguisés en superhéros, Schtroumpfs ou Dalton, nombreux sont les étudiants de l’ICOMTEC à avoir défilé dans les rues de Poitiers. Au cours de ces journées rythmées par des activités faisant appel à leur créativité ou à leur culture générale, ils se sont familiarisés rapidement avec les expressions de la Culture ICOMTEC, avec ces collègues de promotion, voire même avec ces lieux qu’ils sont amenés à fréquenter dans les semaines qui suivent... Bonne humeur, dérision et imagination auront ainsi ponctué à chaque rentrée une journée de septembre pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants.

Ces travaux, aussi divers soient-ils, se bâtissent grâce aux étudiants, à l’équipe enseignante et au personnel. Chacun met la main à la pâte. Lors de son passage à l’ICOMTEC tout le monde se rappellera des requêtes variées émises auprès de René pour tel ou tel besoin technique, ou encore auprès de Patricia, Marie-Hélène, ou Brigitte pour une réponse à une question administrative. Les

Cette intégration devenue coutume a même pris de l’ampleur avec l’âge. Exit la journée à Poitiers ! L’intégration se fait dorénavant pendant un weekend entier, sur une île quasi-déserte délaissée par les touristes à l’arrivée de l’automne. Dans la peau des aventuriers de Koh-Lantec ou des gladiateurs d’ICOMTECUM, les Icomtéciens de la fin des années 2000 ont ainsi commencé leurs années dans


un cadre idyllique. Une belle occasion de mettre à l’épreuve leur esprit d’équipe indispensable pour la suite de leurs aventures, sur la technopole cette fois ! Ces hostilités lancées, la culture ICOMTEC s’exprime au cours de nombreux rendez-vous. Des petits-déjeuners et goûters réguliers, la traditionnelle galette des rois du Bidupe pour souhaiter la bonne année... Autant d’occasions de monter des caisses de provisions jusqu’aux 3ème ou 4ème étage du LPI. Après l’effort, le réconfort dit-on dans de telles circonstances... Mais rien de tel pour repartir de plus belle et retrouver sa concentration au beau milieu d’une journée de travail ! Bref... la culture ICOMTEC ferait donc prendre des kilos ? Pas pour tout le monde. C’est peutêtre cela qui a donné l’idée à des étudiants de se retrouver pour taquiner le ballon lors de matchs improvisés après les journées de cours : sur le terrain de l’autre côté de la route à l’époque du Lycée Pilote, ou un peu plus loin que le lac à l’ère du Téléport 2. Sans oublier ces moments de détente en “off” : les soirées à la salle du Camping de Jaunay-Clan ou au Centre de Vie des Etudiants, qui resteront dans les mémoires de plus d’un Icomtécien ! Autre événement phare de la culture ICOMTEC s’il en est : son gala ! Chaque année c’est le moment de se mettre sur son 31, de se retrouver pour fêter la fin d’année et célébrer cette ambiance si particulière. Organisé par le Bidupe pendant plusieurs années, il a permis à de nombreux étudiants de révéler leurs talents d’acteurs,

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d’imitateurs (dont certains enseignants auront fait les frais… avec le sourire !). Chaque promotion a mobilisé ses idées et un peu de son temps pour préparer son animation, sketch ou autre spectacle afin de se révéler sous un autre jour. Au fil des années et des thématiques le caractérisant à chaque nouvelle édition, il s’est peu à peu institutionnalisé. Aujourd’hui organisé par les étudiants du Service Communication, il garde cette dimension conviviale permettant aux étudiants actuels et anciens, au personnel, aux enseignants de se retrouver dans un autre contexte avant que chacun ne parte sur son propre chemin à la fin de chaque année. Avant que chacun ne quitte la technopole pour retrouver sa région d’origine.

« Un ressenti particulier, un sentiment d’appartenance, une cohésion certaine. Difficile d’y mettre des mots. C’est la culture ICOMTEC ! »

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Car les Icomtéciens viennent de toutes les régions de France. Certains viennent même du bout du monde. Tous se retrouvent et apprennent très vite à se connaître, grâce à ces échanges qui rythment les semaines. La distance qui les séparait laisse rapidement place à une proximité certaine. Mais les origines de chacun ne sont pas laissées de côté. Elles nourrissent les projets, font jaillir les idées, alimentent les concepts d’animations. Outre les échanges parfois cocasses et inopinés entre un parisien, un breton, un chinois et un auvergnat au détour d’un couloir, cela peut également conduire à de petits rituels. Combien de temps passé dans le bureau du Bidupe au LPI à partager les produits régionaux rapportés d’ici ou d’ailleurs après les vacances à l’occasion d’un “apéro des régions” ? Ces échanges gastronomiques se sont même transformés en “repas des régions” et ont régalé les icomtéciens du Téléport 2, une fois installés dans les nouveaux locaux.


Ce fameux bureau du Bidupe restera ancré dans les mémoires des étudiants du LPI, tout comme ces litres de café qui y ont coulé pour tenir éveillés des Icomtéciens assoiffés de travail. Ce point de ralliement est vite devenu une habitude hautement stratégique pour tous : tout d’abord le meilleur endroit pour prendre la température d’une atmosphère pour tout communicant qui se respecte, comme aime à le rappeler M.Marcon à chaque rentrée. Mais il ne faut pas oublier la véritable manne financière que cela représente pour l’association qui, au fil des centimes engrangés dans son escarcelle grâce à cette distribution, a pu financer de nombreuses animations. Et cela, grâce à la bonne volonté de membres actifs venus assurer une permanence à chaque pause. Depuis 2008, la pause-café c’est au 1er étage ! Lieu de tous les passages et de toutes les rencontres, c’est l’endroit incontournable dans une journée à l’ICOMTEC ! Destination du défilé quotidien de paniers-repas à la pause-déjeuner, il se transforme en lieu de détente pour quelques minutes, voire même en espace de travail digne d’un open-space. Et là, on n’est plus L3, M1, M2 ou encore “IE” ou “com” : au coin-café on est avant tout Icomtécien ! La culture ICOMTEC, c’est donc ce brassage

d’étudiants. Il permet de faire avancer les projets et de compléter les formations de chacun. Ainsi, on apprend des autres grâce aux compétences acquises lors d’expériences ou de formations antérieures et retransmises au fil des travaux de groupe. En retour on apporte ses propres connaissances. Et finalement, c’est un éventail de profils qui s’active pour mener à bien des missions, grâce à l’autonomie, aux responsabilités données aux étudiants. Si cette culture ICOMTEC est si présente et perdure c’est aussi grâce à ces prises d’initiatives et à la confiance accordée aux étudiants qui s’approprient l’institut. L’ICOMTEC devient parfois une seconde maison au vu du temps passé par chacun dans les locaux. Et lorsque la nuit tombe, chaque soir, en attendant que les étudiants nommés “moniteurs informatiques” tournent les clés dans la serrure à 20h, des étudiants continuent de faire jaillir leurs idées pour mettre au point le prochain évènement qu’ils ont imaginé, un groupe de travail peaufine son dernier dossier à rendre, d’autres divaguent sur internet dans la salle informatique, ou discutent dans une ambiance posée… toujours autour de cette machine à café ! Demain sera un autre jour, et bien d’autres attendent les Icomtéciens dans une atmosphère toujours plus conviviale et familiale. ■

« Si cette culture ICOMTEC est si présente c’est grâce à ces prises d’initiatives et à la confiance accordée aux étudiants qui s’approprient l’institut ».

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et maintenant N

ous voici au terme du voyage que propose cet ouvrage. Une histoire, incomplète, imparfaite, mais sincère des faits saillants de nos mémoires, à nous, acteurs de l’ICOMTEC d’hier et d’aujourd’hui. Nous, enseignants-chercheurs, personnels, intervenants, diplômés ayant écrit et témoigné par quelques mots ou des images, étudiants ayant tenu la plume, recherché des photographies, façonné ce beau livre. Une fois encore, un exercice d’intelligence collective, à l’image de ce que nous sommes profondément. L’avenir de l’ICOMTEC est entre nos mains. Nous avons des projets de recherche, de développement de nouvelles formations avec une dimension internationale, d’évolution des formations actuelles vers davantage de personnalisation des parcours pour permettre à chacun de devenir le professionnel de l’intelligence économique ou de la communication qu’il souhaite.

Les métiers auxquels nous formons évoluent. Le chargé de communication de demain n’exercera pas tout à fait le même métier que celui auquel nous formions à la naissance de l’ICOMTEC. Le web est passé par là. Si l’ambition est la même et la philosophie d’ensemble proche, les outils changent et les dynamiques se transforment à mesure que les salariés s’approprient une logique d’interaction. De même, le chargé d’intelligence économique de demain n’est plus celui auquel formait le DESS initial. Les technologies ont fait évoluer la recherche et le traitement de l’information. Le web 2.0 a introduit de nouveaux espaces d’affrontement concurrentiel. La dimension communicationnelle de l’intelligence économique commence à émerger. Ce sont autant de défis que nous entreprendrons de relever en gardant en mémoire ces mots de Victor Hugo : « Savoir, penser, rêver. Tout est là. » ■

Christian Marcon


L’ICOMTEC c’est aussi Laurent Abril Camille Alloing Etienne Armand Amato Jean-Claude André Viviane Aquili Olivier Arifon Guilhem Armanet Patrick Barberis Christophe Bareille Jérôme Baron Eric Baumann Céline Belveaux Denis Benoit Jean-Pierre Bernat Bernard Besson Charlotte Boigeol Olivier Bouba-Olga Arnaud Bour Denis Bourgeois Philippe Bregeon Pierre Breese Patrice De La Broise Dominique Brouard Jemma Buck Yves Buntzly Pierre Carle Jean-Michel Carré Gaëlle Chabasse Jean-Nöel Chaigne Stéphane Chapaucou Pascal Chauchefoin Claude Chevalier Michel Clamen Bruno Clément Pierre Clément Olivier Colin Gabriel Colletis Olivier Coussi

Philippe Darantière Jacques Debord Jean-François Degremont Matthieu Delaborde André Delaforge Christophe Deschamps Zunilda Deslandes Gilles Dinnematin Nathalie Dioudonnat Pascal Duforestel Michel Dufourt Laurence Durrenmatt Isabelle Dumez–Ferroc Gérard Durand Jean-Marie Epaillard Pierre Fayard Alain Ferrand Mickael Ferrec Marie Ferru Patrick Faugouin Pascal Frion Bertrand Geay Alain Gaubert Jean-Paul Géhin Michelle Guérineau Jean-Luc Hannequin Christian Harbulot Isabelle Hare François-Bernard Huyghe Pascal Jacques-Gustave Aref Jdey Yves Jeanneau Noëlle Jérome Pascal Junghans Matthieu Lafaurie Marie-Béatrice Lahorgue Julie Lambeye Marie-Eugénie Laporte-Legeais


Carine Lassarade Jacques Lavergne Jean-François Lecomte Thierry Lefebure Jean-Louis Levet Thierry Libaert Olga Lodombe Jean-François Macaire Monica Macedo Céline Magnant Monica Mallowan Christian Marcon Marc Maronne Stéphane Martin Marie-Amélie Martinie Guy Massé Martine Merlet Céline Michaud Nicolas Michinov Xavier Migeot Alain Mignot Françoise Minot Nicolas Moinet Bruno Muel Jérôme Neveux Dominique Noble Françoise Normand Noreen O’shea Sylvain Olivier

Thomas Ollivier Francis Papazian Jacques Pasquier Loïc Rainouard Denis Raison Frédéric Rideau Hélène Rouquier Thierry Roy Mercedes Saddier Chetochine Marc Saint-Faust Alain Salcedo Bernard Sasia Stéphanie Schoonjans François Serre Erwan Seznec Catherine Simon Philippe Souhiard Peter Stockinger Françoise Thibault Marie-Pierre Thomas Thierry Thomas Jean-Pierre Tisseur Yves Trousselle Simon Thurston Shabnam Vaezi René Vauthier Gérard Weidenfeld Jean-Baptiste Williatte ...

Que ceux dont le nom aurait été accidentellement oublié pardonnent à notre mémoire défaillante.


Merci à C

et ouvrage n’aurait pu voir le jour sans l’équipe qui a consacré son savoir-faire, son temps, son attention à sa réussite. Si l’impulsion initiale fut mienne, ce n’est que grâce à eux que le projet a pu être mené à bien. Que soient remerciés ici sincèrement… Jacques Pasquier, journaliste chevronné, intervenant fidèle, qui m’a fait l’amitié d’accompagner ce projet depuis le début, nous a conseillé et a réalisé les interviews de cet ouvrage. Gaëlle Cojean et Renaud Arnaudet, qui ont étè les chevilles ouvrières de ce travail au sein du Service Communication. Gaëlle, pour ses écrits, ses recherches, son suivi méticuleux, son approche intelligente et son investissement sans faille. Renaud, qui à imaginé la belle esthétique de cet ouvrage, en a assuré avec maestria la réalisation technique et a su gérer nos dead-lines. Ce qui n’était pas le plus simple... Valentin Guermeur a travaillé efficacement auprès des imprimeurs

afin que le projet se concrétise dans les meilleures conditions financières et de qualité. Nicolas Moinet a écrit les pages consacrées à la filière intelligence économique qu’il dirige et à la recherche, en tant que responsable de l’équipe au sein du CEREGE. Jacques Lavergne a bien voulu co-écrire et coordonner les pages consacrées à la filière Documentaire qu’il avait portée sur les fonts baptismaux. Merci de cette amitié. Merci à Alain Tranoy, président de l’Université de Poitiers sous le mandat de qui j’ai eu l’honneur de servir en tant que Chargé de mission Communication, qui a voulu la naissance d’un véritable institut en lieu et place de l’Antenne Futuroscope. Merci, enfin, à Jacques Debord, directeur « historique » de l’ICOMTEC, de lui avoir donné corps et de l’avoir piloté avec intelligence et bienveillance pendant de longues années. ■

Christian Marcon


Merci aux anciens Icomtéciens ayant accepté de partager leurs souvenirs Matthieu Beimert Daniel Biron Anne Brodu Valérie Callier Alexandre Carre François Chollet Stéphanie Delobal-Sauvage Valentine Drouet Maggy Dubet Céline Gady Jody Herrero Beconnier Samuel Jannequin

Guillaume Jenet Amélie Laurent David Milbeo Clément Morin Charlène Pompidou Vincent Pose Muriel Poupard Thomas Pruvost Nicolas Ragot Christopher Renvoise Cécile Sabatier Christophe Salpatrier


C

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férée Attraction pré des visiteurs

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l’entrée dès 17h

CMJ

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Attractions + Spectacle Nocturne

*Prix du billet Soirée Adulte (17 ans et +) permettant l’accès au Parc et à plusieurs attractions dès 17h jusqu’à la fermeture après le Spectacle Nocturne (consultez le calendrier d'ouverture du parc et les horaires sur futuroscope.com). Tarifs TTC 2011.


Les professionnels de la COMMUNICATION et de l'INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE de demain.

Crédits Rédaction : Gaëlle Cojean, Jacques Debord, Jacques Lavergne, Christian Marcon, Nicolas Moinet, Jacques Pasquier. Réalisation graphique/maquettage : Renaud Arnaudet. Crédits photographiques : Renaud Arnaudet, Laura Fontanié, Valentin Guermeur, Jacques Pasquier et autres contributeurs.

Imprimé par : Imprimerie Bedi Sipap ZI République I 2 rue des transporteurs BP1077 86061 Poitiers cedex 9

Edité par : ICOMTEC Université de Poitiers 2 rue René Cassin BP 60164 86 962 Futuroscope Cedex Dépot légal : 04022011 Achevé d’imprimé en Mars 2011


Des visages, des formations, des échanges, des projets, une atmosphère si particulière… Autant d’éléments qui caractérisent l’ICOMTEC. Son histoire s’est construite au cœur de la technopole du Futuroscope, autour de formations à la Communication, au Documentaire et à l’Intelligence économique. Cette ouvrage s’efforce de raconter quinze années intenses afin que la mémoire de ces acteurs ne se perde pas et qu’un hommage leur soit rendu. « Savoir, Penser, Rêver. Tout est là » écrivait Victor Hugo. Tout serait beaucoup dire. Ce livre est un récit d’une histoire qui continue de s’inventer. Celle de l’ICOMTEC.

Savoir, penser, rêver. ICOMTEC

Profile for ICOMTEC Futuroscope

Savoir, penser, rever. Une histoire de l’ICOMTEC  

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