eICB_1991-4

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TRADUCTIONS - TRADUCTIONS - TRADUCTIONS - TRADUCTIONS - TRADUCTIONS J le glissando asœndanl du choeur tnller: et~ l'~ptsodc~pourpercussion<;(:ulc .

La drelS coIOf1IIntS cl descripci fs dommc:nl rnpresslon mflodiquc: qUi eSI plutôl dtclam3tOIl'~

U'S

CI limitée ii de",

phnL<;e.Ii

trl·

ou des figures d'OSIifUlIO~. (5)

Pan:eque "Sepl. Ils sont Sept" exige!!11 un IkJmbre d'exécultlnlS non disponible dans la RUUte de 1911/18. l'oeuvre ne fUI donc donnfe qu'en 1924 li Paris wus la direchOn

de la cantate sonl des citallons diTeetes de l'idéo~te -.ovittique commun ISle, de: Man: ~t Engels. Umnc et SUlllnc, Prokofi~v dl:. cllU1l: ~ LénlllC a écru dan .. un langage si chur el convaincant quc j'al voulu allcr dtr«tcmcm Il la !iOUf'CC ct Uliii -cfks paroles du grand guide ".'\IlS meure 'iC!i ldéc.... en vers~ . (9), Les lextes se SUlvenl en o rdre chronologique et formentlcs diX parties de la cantale,

&: KOU:iSCvIl7J;;y. Elle fui blcn accueillie. _An! IC' fait que l'errel drolrTUllque fUI presque prrdu. car Koussc-vllzky Joua

1 Inlroduction orc.he5lrale (l'tpigraphe esl une phrJsc du MMifesle Communlstc' "Un esprit hante l'Europe - il s'appelle COfnmu·

"rincanIDuon- deux fois dans la n~nlC: tGIlde. Olm Downes décru ce concen 3\'CC .. décAl' inhabll ucl dans le New York

nismc~ .

Tnno:

·xpt.

il~ \Onl Sept" auraI! cha.\st une _te;ncc habuuée aux progmmmc<: d'or· chcsln: new yorkais de la salle. CAf cc

Prol.orw:vest un mauvais g.tuton audacieux. On vcm commem sa mU)lQuc ~ra apptin6e dans du: ans. Il ~IIOUlerOI S d ifficile à 111ft comment clic aur.til son~ sous la ii&rttcion d'un cher moinscompalÎssant que sçeYlt:d..y. M:us dans la soirtt e n qutSllon ~I dans les condilions données roeuvre fit une im pression puissante, Elle c:sI ImlTlt.nse ~I plulôt honibleel primilive. ..al~ C'~I hl composition la plus fmppalllc de Pml.olicv que nous ayons entendue:, A Il fm.1i y eut d'énonncs applaud issc~nt~· ,

.6,

Pml.onev ne sc servit plu .. du ge nre ... oeal· t)W'lphonique (celui de presque loutes ses GaI\1't'S ehornlcs) pendant près de 20 ans. Au counl de ces années, il y CUI de nombreux boulcvc~mcnts dans la vic de Prokoliev. dIM 1'l:lal du monde ct sa Russie naulle , ProloflCv avai t quill~ cell~ dernières ~n 1918 en passant les deux décennies sui· 'anIoeS ~n to urnées de concens dans toute fEurope ct l'Amérique, avec ln France ~ point d'allache. Il avait gagné une tmOmmt intcmllilonaic comme compositNfel pianiSle, mais en 1936, il décida de ft'tOWncr en Russie et de de\'entr cito~n ."., .clique. mlllgrt des jXisages annonçanl _ .\enlr sombre, "Tout s lln pic'ment, il avai t envie de ~ntrer _ pays, Pendant tout son séjour à l'Ouest i 1 • .... lllt j:tmais cessé d'être R US!IC avant 10Ut . • .".11 beaucoup d·amis. mais SCli vrJis amtSrtalcnl russes,ella plupan d 'e nt n: eux ~I...-a.ent e n Russte. Leur !iOUtien et leu r œnfldence lui maoqualCnI. et ce qUI lui ..nqu211 le plus. c'~taitle slimulant d'~ lre .-ml des Russes en Russie", (7) Geaed«iSH)n affeC1a profondé.ment sa ... ie a:samusiquc, - Les premiers signes lIvanl· ~rs d'un nouvel ordre ttaicnlapparus oc. 1929 a\'ec la déclaration du Progrmnme IdtofosKJuc de l'Associai ion Russe des leM Proléla ires. Une période d'isoir:aIenl arti!'lique par rappon ilia musique zndcnlale s'ensuivit àpanirdc: 1932. et ln atatOn de l'Union des ComposileU" 50~ues entraîna des dirtttives pour les c.mposlleurs il qui o n conSl:illll de de."linc:r Inr lI'Iusk{ue au peuple. d'écrirr de la mu· "'IR aur.w:tive pour le public en gim!r:a.1. • redécouvrir les traditions du passé ruset cn particulier. ses folklon:s popu. _ - (8)

"LaCanlale pour le XXe AnnivCfSairrdc la op. 74. (UI un essai «C'OfhJlOSlllon dans le nouvuu style or'*-Il! p3I' l'Etat: p3lriorique CI accessible ... commun dc.~ monels. La canlale étall ~!. grande échelle. ù.sl·à-din:, pour e.rwon5(X)exécutants: 1récilant,2choeurs . . . un profe.ssionnel.el l'autre amaleur). .J. ...me<;lres (orchestre symphonique . 01'ckszre milliaire, orchestre d 'accordéon Cl Mtrc:SIrc de percussions) e l des cffct~ de _ l'bliSles comme des coup" de fUSi l, des demllnlli leueetdes s ll't~.. , Les textes ~utton d'Oclobfe~

Il, Les philosophes (choeur SUf un leXte pm dans les I~S de Marx sur ~uerbach : "Les philosophes onl inlerprél~ le monde de dlrf~rentcs manihe.s: mais Il Impone de le tran!'foml~r", III Inlcrludc: orche.. trlll IV. "Nous mllTChon ~ cn groupes serrts le long d'un scnllerétroll Cl dlmClle" (choeur sur des paroles de UnlllC tuts de -Que faul -II faire'n V. InlerllKk orche... tral VI. Révolullon (c noeur sur des lexIes ti~ d'anicleseldedis('oursdeUnmeenOC100re 1917) VII . Vicloire (orche!>11t: el choeur. !>UTCles le'-tes de Uninc) VI II , La promesscde Staline{cnoeursur un eXlrait du discours de Staline prooooct sur le tombeau de Unll\e ) IX, Symphonie (pou r orchc.strt symphonique: cl on:heslre d'oo:ordton). sujd: 1....3 ConSIruC1ton du socialisme X. Laconslil uliondeSlallne (chocursuru n texledeSlallne lirid'undiscoursdeYlnl le 8eCoogIisEltraordmairedesSoviècs: - Oc chacun selon ses capacités. à chacun selon <;eS bc.soins~.

Dans ~ Révolulioo " . 111 panie la plus longue el III plus Importante. Prokofiev peint un labkau de combat qui s 'intensifie pt'08lt:ssivelllC'nl avec un nombre crOlssanl de chanteurs dont le volu nlC CI la vtokntt rappellent "&pc. ils sonl ~pt! -. Le style vocal de la cantate mélangc le Slyle incantatOIre de . $cpt, ils sont Scptl ~ avec "une ligne plu!> lyri4uc ~I tpique (en par· tic ulier, ~n ce qui ,.'onccmc les voix fémi · nines)qui lrouvera plus tard uneexpresston plus accc: ntute dans Alexandre Nevsky et Guerre: e l P-Jix.- ( 10)

les ami .. el coUèguade ProkorlCv reslèrtnt confus f3C'C à celle oeu .....e , ct la bureaucratie la citsapprouva en d&larunt que la mise cn musl<jucdespamlesdes · ,tandsel brillants guides de la Rl:volulioo- n '~lait pas suffi· samment héro'i4uc, A cause de ces n.'actions. l'oeuvre ne fUI pas chantée en 1937. mais seule mcnt en 1966, -",quand e lle sc révé la comme conlpositio n immensémcnl poi. gna nte e t dramatique. comparable à la mtlilcurr musique du composilcur des annœ30."( II)

En 1938 Prokolicy essaya de nouveau de COfllposer dans le style officiel simple CI palriOlique. en êcrivant la sUite chorale "Chants d'Aujourd'hui", Celle suite pouf orchestœ. choeur mixle. Ct SOlistes, emploie des tutes populaires ct na tionalistes dé· crivant dirréren ts a~pecls de la vie soviélique pllr les poêles M lut:hllk,lcbedcv ·Krumach c l Prichelels . Elle ~ composû d'une. introduclion orchcstr.&1e (UllC marche) el un cycle de huil chansons: "En pa.'iSaI11 sur le pont-; "Salut"; "L'Ukraine ~-: "Frtre pour (liTe- (une des bullades les plus dra· matiques ~t k.s plus réussies); -J~unes filles"; - L'adolbttnl de vingt ans-: - Berceuse"; De pays en pays~. Cedeux;èmeessalen -nouvelle si mpl icitl:fUI donnécn 1938 parlechoc:uretl'orcheslre de la Radio Sovtbiquc, mais ne l'tmpon3 pas de succès. ni aux ye ux des cnuques ni de l'audience. Milis l'dfon ne fut pas vain. comme knl Nesllev: "M:llgn.' l'absence

~raledesuccèsceschanlSont fourni au compositeur l'occasion de s·cnlr.Ûner d:ln ~ l'idiome vocal, Auparavant, Il s'élaH hml\~ exclUSI\emenl au sl)k déclam:lloÎre, el nulle ~. ni dans se opéras ni dans !>eS chanl~ n'avItÎl·il employé une vraI(' mtlodie. En écri vllnt CC:Jimllnb. il aenfinesSll)'~ de mailri.,N ce domltine Ires difficile de III composilion mUSIode, San~ le chnnt de masse.de 1935-37 (op, 66 el 76) Prokoficv n'aurnil guère réussi 11 allelndrt celle pUrtl~ da.\SIque de: la ligne milodiquc: qui s'est rt'v~l« SI c llptlvanle dans les mtlcches choralC!. de ZdravIl<;a (~Chant de J O!e~) el Alexandre Nev.J:y·. ( 12)

Malgré: le muuval\ ItCc ueil donné 3 la -Cuntate pour k XXe AnnivefSaire~ CI aux -ChaniS d'lIujOUrd·hui". ProkorteV sc mil à écrire une de sc:.~ plu!> grande... ocuYrtS pour le film ~ Alexandre Ne",ki-, Le ré:"lis.alcur <le films I~ .. connu EisenslC~," avaIt demandt l ProkorlCv de: travailler !l\'CC lUI pour la ré:ahsatlon du film el avwl promis que la mus.que ne $Cfall pas seulement un accompagne~nt des images de l'IlCI Ion mais fer:a.lt p;.nlC ml~granlC du film , La col lllbonlllOfl c.OIre Eisen ... lein e l ProkoficY fUI fructueuse eten 19381e film fUllenniné. II CUI Mt pn:mi(-re en d&:embre de la même anntt ct fLiU l "!Ullué comme cher d 'oeuvreun juge me ni ft ltéridanschaque pays, dans lequellc film fut montré: (13) R

,

Peu apœ.. cc: sucùs, ProkorlCY commença lalAche de lransfonner lu musIQuc du film en canlal~ • Alexandre Nevskr. op, 78, l..:I Composition de celle can1!1le exigeait de ProkoflCv de chois ir des parttcs de la musique du film ct d'cft reJCler d'aulres. de la réorcbe.'itrer pour salle de concen el d'en faire un morccau blcn équilibré fonnant un ensemble homog~oc: , La canlate ( 14 ) pour mezro-soprano. c hoeur mixte: CI orchestre dure environ 40 minulcs. Ses sep! parties cOfTCSpondent pux grandes lignes de l'hiStoire raconlé par le film: 1. La RusslC. sous le joug mongol. Par une mU!>lque sombrt le: compositeur l:voque le senllmenl de désoblion ptidonllnanl en Russie IIprb l'invaslOlllan are au milieu du Xll icsikle, II. Chunt sur Alexand re Nev:di, Avec des lignes musicales vibrJnles Cl ~ Iancées le choeur é lève sa voix en lo uange du héro Nev...li qUÎ a conlrioo.: à la défaite des S\lI!dois au bord de la Neva, III. Les croisés dans Pskov.l..e.s chevalle" Te\uooiquc:s, dégUisés en croisés. sonl dl: . ~,"IS dans une mu§ique allianl de façon frappanle des cadences Gn.'gorie:nncs (un texle cccl61;asuque en Illlin. arr.&l1gt pour choeur) à des hamlonies el SOnonl~5 bru· laies modernes. IV. Aux amlCS. peuplcs rus.~. Le peuple ru s..~ est llppelé à ~'insurgercontre les en· vahisseurs, e l la musique reflète l'intensité de. cel up~I , V. La balaille sur la glace_ Un IIlbleau honiblerTICnl réahslede la balaiUe sauvage. sur k lac Tehoul.), Vl.lc champ des mons, Lechagrin exprunl: dans une ehanson d'une jeune fi lle russe se tnl!lange avec l'exallatton du patriOlisrTIC. VII : L'enutc d'AICJCandre Ne"skl dans Pskov, Un hymne de triomphe grandiose CSI enlonné parlc c hoeurell'orchesl1e pour célébrer la vicloire de Nevski li son entlie g lorieuse dans la ville de Pskov. ( 15) Celte callIale, exemple unique d'une vaste COffipololllon ba~ entÎl:remcnl sur une musiquc de film. de.v:Ul devellif une des plus grandcsoeu ... rcsde Pml.ofICV. Sa (onne .I!~rale s·app.venlc il celle d'une sonale, l..e.s quatn:: premiers mouvemenl~ repré· senlent l'inlroduclion el l'exposillOO; le c inquièfl1C mouve~n l . dans lequel dej; lhèmes COIltrastUniS s'opposenl CI $Olll l.ft COntr:a.punllvement . repœsente k développement: Icsixiêmc(qui fall usagedusoliste:J fournil une pauscdnunalique, etlcdemier.

qui reprend les thbnes du deuxième et du quatrième mouvement. !>Cn de: ~)'flthbc. ( 16) Celle cantale nous donne un exemple clair de la malllèœdans laquelle Prokofiev cmplole III musique populaire el htutgl4uc comme modèle en - .. :n:composanl · rythmiquement c t hannonieUliCntcnt Ie.~ th~mesorigîmt ux en ulil lsanlles possibilités IIIstrunlCnlales du XXe Siècle. Célait. c n erre!. son principe dlrect~ur dlll1~ l'ullllsa· lion de la musique foillorique Cl d 'BUIres re$!(.IJUT(:CS musicales ~élrang~re5 - pour loutes ses compositions. Un 00 nlCllkurs exemples dans v!>ki cslle chanllilurglque en latm (peregrinus expeclavi 1 pedcs meos in cymball S) des c hevaliers TeulollIques calholiques. Cc chant re.~te clairent!:nt 'calhol ique' dans ses i nle ..... alles. sa monotonie el son rythme. mais cej; tmits SOIll cxagén!!s de f~n grotesque alin de marquer une situlIlion dramatique ct de: peindre une imllge négauve des envahis· !>Curs.

De même. les chants des habitants de ovgorod (Aux armes. peuple russe. CI Le champ des mans) emplOie des phrases et des rylhmes usuels dans la mUSl<jue popu. hure russe. mais, comme dans ChanIS d'Aujourd'hui. ceux-ci sonl réfructés à travers le style moderne propre 11 Prololiev. Une ligne fluide e l tpiquemcnlleglltodans la musique re lalive à Nevski ct les Rl&Se5 ~d'une grandc imponancc.cequi coo~re un air de nobililé sereine Cl de puissance lyrique à leur earaclmsahon-. (17)

La première ~ricainc radiophonique d ' Alexandre Nevski fUI dirig~e par Stokowski en 1943, CI la Jnmière repœsenlation en concen eut heu en 1945 avec l'orchestre de Philadelphie sous hl diTeet ion d'Onnandy, Après leconeert, O lin Downes écrivil: ~ La musique CS! conslruite sur des grandes 'Ignes avec des effetsde masse magnifiques ". L'oeuvre. possède UfIC .!lImpllCl l~ magislrale, la musique orchcslrale e'il d'une puissance ex trnordinaire. el l'écnlure chorak- pone les IIC("C nlS de la race du peuple russe et du compositeur qui se révè~ Ici comme vt ritable descendant de Moussorgski ".La colonll ion orchestrale CSI très rema~uablc. de mlmc l'écrilure superbe pour les voix-. (18)

Celte cantate est dfecllverTICnl une 00 pl us grandesocuvreschor.lks de Prokor ct elle ml:ri te d 'êlre ctWlIte, pantculièn:. ment pour le centenaire de sa naissance:, II s'agi l de la seule grande ocuyre chorale de Prokofiev imprimée cn 3ngl:lls dans sa 100alilé. La réduclion pour piano eSI dis· poniblechez. Kalmus M usic(K (6380), Un enregistre ment s ur disque compacl (conlenant ~galement Sep!. Ils sont Sept! et Zdravitsa) Cx.iSle aVe(; le c hoeur el l'Of· ehcst.resynlphoniquede laRadiodcl'URSS (SDRM 278389).

le".

En 1939 Prokofiev ~ UI de. la Radio So-vKti4 uc la commande d 'écrire Utile pièce pour ChoeUf CI orchestre avec le tilre "Zdrav ltsa~ (Chant de jOie), op. 85. Etant donné que la canta te étail destméc Il être chanlée pour le 60e an Olversai re: de Staline. letilreanglais "HaÎl loSlalin (ViveSlah ne) y • parfois l:tl: ajoulé, Les sept chan'SOfls populaires de celte canUlle furenl choiSies par ProkorlCv panl1i les dirr~renlS groupes nalionaux 11 IÎnlérieur de l'URSS. mait chaque chanson est emprelnlc du slyle unique propre à Prolofiev. Bien que 7..dravitsa fut 6 .. ril pour grand orchcslre . ProLofiev ùfforça d'inttgrer les éll:ments du e hanl choral TUS.'iC dans cc cycle choral qUI dure plis de 14 minules, Son un d'~critu re chor.lk se révèle dans la vari~ l é des couleurs c horales e t l'allemance de différenles sectio ns e lllmbru du médium. La forme rondo du cyc.1e eSI caroc t~risée H