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L

a section de Tremblay-en-France du Parti socialiste a diffusé le week-end dernier un tract dans lequel elle m’accuse d’avoir voté avec l’UDI et l’UMP pour rejeter le budget départemental.

Personne ne sera dupe de la manipulation, tant les valeurs et politiques de la droite sont aux antipodes de celles que porte haut le Front de Gauche, auquel j’appartiens et dont je préside le groupe au Conseil général. L’accusation ne masque pas le vide du propos et le tract des socialistes de Tremblay est singulièrement avare d’informations précises et concrètes sur les « avancées » qu’aurait obtenu le Conseil général. Il n’est pas plus explicite sur d’éventuelles propositions qui permettraient au département de sortir de la crise qu’il traverse. À l’inverse et dans un souci permanent de construction d’une alternative, vous trouverez au verso ce qu’ont publié les 8 élus du groupe Front de Gauche qui ont voté contre ce budget. Notre texte, sans polémique inutile, éclaire sur les enjeux du budget départemental et alimente le débat d’éléments précis. L’actualité nationale récente rappelle également à tous qu’il y a urgence à construire une VIème République et à sortir du carcan de l’austérité, plutôt qu’à alimenter les jeux politiciens.

Pierre Laporte

Conseiller général de la Seine-Saint-Denis


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Déclaration de  : Bally Bagayoko, Pascal Beaudet, Florence Haye, Jean-Jacques Karman, Pierre Laporte, Jacqueline Rouillon, Abdel-Madjid Sadi, Azzedine Taïbi, élu-e-s du groupe «  communiste, citoyen, Front de Gauche pour une transformation  sociale et écologique » au Conseil général de la Seine-Saint-Denis.

Depuis 10 ans, la droite n’a cessé d’emprisonner les collectivités dans un étau financier et elle est clairement responsable de leur situation catastrophique actuelle. Mais le budget présenté par le PS aujourd’hui est un budget d’austérité : 35 millions de coupes dans différents secteurs et une augmentation des impôts locaux de 5,9%. Il aurait pu en être autrement si le gouvernement avait répondu réellement aux besoins financiers du Conseil Général. Il aurait pu également en être autrement si le groupe socialiste avait suivi nos propositions qui consistaient à utiliser les 40 millions d’Euros promis par l’Etat et inscrits grâce à nous dans les recettes pour ne pas augmenter l’impôt et pour réduire davantage les coupes. Des dépenses utiles en matière de transport ou de collèges sont bien portées dans ce budget mais à quel prix ? Au prix d’un endettement trop important et d’une contribution de plus en plus lourde pour la population. Que devient la solidarité nationale en faveur du département le plus jeune de la France Métropolitaine ?

Comment allons-nous construire un budget en 2014 ? Où est le changement ? Qu’est donc devenu le « refus de la fatalité du libéralisme » et le « refus de prélever un euro supplémentaire sur les ménages de Seine-Saint-Denis » ? En lieu et place, on nous parle d’un budget « raisonnable » et on demande un effort supplémentaire aux habitants et aux services pour contribuer à la « nécessaire rigueur »… Nous avons entendu l’appel des associations et les revendications des syndicats. Nous avons entendu les citoyens. Convaincus que des alternatives sont possibles, que l’austérité est un poison pour les peuples et que l’humain doit toujours être notre priorité, nous avons dit NON à ce budget départemental. Un Non qui ne peut évidemment pas s’assimiler à celui de la droite départementale qui elle, se trouve dans un jeu politicien très éloigné de l’intérêt de la population. N’oublions pas qu’elle est responsable de cette situation avec la « décentralisation Raffarin » et la politique destructrice de Nicolas Sarkozy.

Certes, notre bataille tout au long de ces dernières semaines a permis de limiter la casse. A force d’insistance, nous avons donc obtenu que soient inscrits dans les recettes les 40 millions d’euros promis par l’Etat, que la carte Améthyste ne soit pas augmentée une fois de plus, que certaines nouvelles coupes envisagées dans le domaine de la culture, du sport ou du secteur social soient finalement atténuées ou annulées. Nous reconnaissons ces avancées mais nous les jugeons en-deçà des ambitions qui devraient être celles d’une véritable politique de gauche. Et c’est pourquoi nous ne pouvions approuver un tel budget. Après les grandes déclarations de Claude Bartolone depuis 2008 contre le désengagement de l’Etat et les méfaits du libéralisme, Stéphane Troussel lui a succédé dans un contexte tout différent : La droite n’est plus au pouvoir et nous étions donc en droit d’espérer un véritable changement.

Nous ferons de nouvelles propositions à nos partenaires socialistes et écologistes en matière d’utilisation des fonds FSL et de l’insertion des allocataires du RSA puisque le président du Conseil Général a accepté de retravailler ces dossiers. Nous ferons des propositions concernant le financement des dépenses sociales et nous tenterons de rassembler la majorité à partir de ces propositions. Nous continuerons de réclamer le paiement par l’Etat de sa dette (1,6 milliard), la prise en charge des dépenses sociales par la solidarité nationale et une véritable réforme fiscale permettant enfin une réelle répartition des richesses.

Or, quel constat faisons-nous ? Le gouvernement ne parle plus de rembourser ce qu’il doit à la Seine-Saint-Denis. Pire encore, il compte tailler gravement dans la dotation globale de fonctionnement dédiée aux collectivités et économiser 10 milliards d’euros par la « modernisation de l’action publique » considérée comme la RGPP version PS lancée en décembre dernier. Or, nous savons que les conditions de travail des agents du Conseil général sont de plus en plus difficiles, que les services sociaux notamment croulent sous la charge d’activité sans que des moyens supplémentaires leur soient accordés.

L’austérité imposée par le gouvernement Sarkozy/Fillon a fait des dégâts considérables, il est urgent d’engager le tournant nécessaire. Nous savons que pour certaines réformes il faut du temps (même si les décisions en faveur des entreprises ont été prises très rapidement !) mais des mesures d’urgence sont possibles maintenant, telle que par exemple la suppression du ticket modérateur qui coûte injustement près de 40 millions d’Euros au Département. Nous continuerons de combattre l’austérité dans le budget départemental comme nous le combattons au niveau national et nous appelons toutes celles et ceux (citoyen-ne-s, associations, élu-e-s…) qui la refuse et réclament une alternative à se mobiliser avec nous.


Tract PL