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N2

hors serie 째


Qu’y a-t-il à lire sur notre second hors-série ? La chronique du dernier Lamb of God – Resolution, une interview assez spéciale avec Saïd Adali, bassiste d’Old School, et tout un dossier sur Black Streamline, les casablancais « survivants » du Versus contre Tears Down The Wall (Larache). Tout (ou presque) ce qu’il y a à savoir sur Black Streamline, qui viennent d’ailleurs de sortir leur dernière démo avant l’album. Le bon son et le feeling y sont, l’idée derrière le groupe, leur avancement, quelques infos toujours inconnus aux mortels.. En gros, tout ce dont vous avez besoin pour mieux connaitre, et mieux apprécier le groupe. Du coq à l’âne, le 8ème numéro est toujours en préparations et sera publié d’ici la fin du mois de Mars, une tuerie ! Je vous laisse alors faire connaissance avec Black Streamline, et vous encourage à les (et tout autre groupe à potentiel) supporter autant qu’ils le méritent. Cheers.

Rédacteur en chef : Abdoulah S. (Huntex) Rédacteurs : O.T.Aly, Hamza B., Haytam El., Chady, G.Wail (Psychild) Photographe : Chady Graphic Designer : G.Wail (Psychild)

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Chroniques Lamb of God .................................................. 4

Interview Said Adali ....................................................... 8

Feature Black Streamline........................................... 10

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O.T.Aly

01. 02. 03. 04. 05. 06. 07. 08. 09. 10. 11. 12. 13. 14.

Track-list :

Straight for the Sun Desolation Ghost Walking Guilty The Undertow» The Number Six Barbarosa Invictus Cheated Insurrection Terminally Unique To the End Visitation King Me

Evènement aux US, la sortie d’un album de Lamb of God! Considéré comme l’un des groupes les plus populaires de la scène Metal américaine actuelle avec entre autres Avenged Sevenfold et quelques groupes metalcore surestimés Escape the Fate ou encore Bring me the Horizon par exemple, Lamb of God sortent leur 7ème album en 13 ans d’existence, le groupe qui avait pris le flambeau du style «Pure American Metal» de chez Pantera depuis quelques temps, après s’être démarqué du Metalcore très fréquent et qui fait ravages aux US ces dernières années depuis Sacrament (2006), une confirmation s’imposait en 2009 sur Wrath, les revoici de retour, les 5 cinglés d’Amérique représentant le plus agressif Metal mélangé à la technicité et musicalité sur les instrumentaux, le chant, lui ne manque pas de haine avec ces cris râgeux, soit on aime soit on aime pas. Le septième opus de LoG s’intitule «Resolution», ce que les mayas n’avaient décidément pas prédis contrairement à la fin du monde, pourtant cet album est le parfait clin d’œil d’un tel événement vu l’énorme intersection de tout ce qui est musical à tout ce qui est technique sur cet album.

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Les premières très lourdes notes à nous transporter vers un très old et classique Doom «Straight for the Sun» est surtout là pour que Chris nous montre tout son talent sur ce lien pour ouvrir «Desolation», l’un des meilleurs morceaux sur cet album qui débute à-la-Lamb of God, lead guitare à shréder sur le manche pendant que la section rythmique bouscule le jeu de temps en temps et l’imparable jeu de batterie qui embelli le tout. Lamb of God est un groupe qui ne s’analyse pas morceau par morceau, en fait c’est chaque seconde qui compte, énormément de variations, les musiciens parviennent à tout mettre en place en allant chercher les combinaisons les plus folles qu’ils peuvent jouer ensemble, c’est la parfaite définition d’un groupe agissant comme une seule personne, les 5 membres du groupes sont dépendants les uns les autres puisque toute la beauté de leur musique réside dans la résolution du son, ce n’est en aucun cas un style ou on pourrait jouer que les pistes guitares et se permettre de dire «voici le morceau», ou pourrait-on toujours jouer cette intro sur le single «Ghost Walking», riff core sur l’acoustique avant de présenter les choses sérieuses plus loin dans le morceau, plus loin dans l’album même, puisqu’il ne manque pas de surprises, présence de solos dans pratiquement 75% des morceaux de l’album, ce que Lamb of God jugeait comme facultatif auparavant, des morceaux qui débutent en très speed, toutes les pistes commencent en même temps notamment sur «Guilty» ou sur «Cheated», ce dernier très influencé par le Punk Hardcore. Il faudra aussi parler du grand travail de John Campbell spécialement sur «The Number Six» qui est incontestablement le morceau du bassiste avec cette première apparition en solo sur un premier break ou ça semble se calmer (pour une fois que ça arrive sur cet album!) et une seconde apparition sur le même morceau en questions-réponses avec Willie avant le refrain en deux fois pour clôturer. Si l’on devait se décider sur le héros de cet album sans vouloir s’en prendre aux capacités du reste de la bande, Chris Adler omniprésent avec ces breaks, blast beats et ces coups de double, la grosse caisse raisonne dans votre cœur, et ce sur pratiquement tout l’album, une mention très spéciale sur «The Undertow» ou même sur le solo de guitare, on a du mal à suivre tellement l’ouïe se focalise sur la virtuosité pratiquée (je tiens quand même à rappeler qu’il n’a que deux mains et que deux pieds, on a du mal à accepter ça). «Barbarosa», petite composition avec des arpèges et des solos divins, à la fois pour démontrer cette autre facette de LoG et pour casser le rythme qui, comme vous le savez prend une même forme sur pratiquement chaque morceau : agressivité + vitesse. D’autres grenades pas moins féroces que leurs précédentes

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arrivent sur le tracklisting avec les mêmes caractéristiques et cet arrangement à clouer le bec, «Invictus», «Insurrection», «Terminally Unique» et «Visitation», toutes des bombes avec chacune quelques surprises qui ajoutent des éléments à la définition de Lamb of God, comme ce chant au caractère sombre et qui tend vers le clean sur le début de «Insurrection» ou encore cette extension du refrain sur «Visitation», les riffs à la guitare sur 1’35 et 3’25 possèdent un énorme feeling; ou pour parler de ce riff d’entrée sur «Terminally Unique» qui se base sur la même structure établie sur «Desolation» en matière de riff d’intro, sinon l’un des deux plus beaux refrains sur cet opus est sûrement celui sur ce morceau, et Randy tient même à dire que «Your life is passing by», en gros, pour que vous ne ratiez pas votre vie, il faudrait écouter Lamb of God. «To the End» nous rappelle le bon vieux Dimebag Darell -RIP- avec ces riffs aux sifflotements, nous ne sommes pas sur notre faim, un album de Lamb of God c’est un album très essentiel quand on se définit «Metalhead», je me serais peutêtre passer de la preuve qui va suivre, mais c’est probablement le morceau qui possède le plus d’émotion, le plus d’attraction spirituelle «King Me», le morceau le plus lent de l’album 6’36 est un mélange de ce qu’est Lamb of God et ce qu’il n’était pas avant ce disque, sur «King Me» il y’a cet air sombre et déprimé, très calme ou Randy se permet de parler pendant que des chœurs féminins derrière donnent cet effet Epique, et ce qui suit nécessite la fermeture des yeux et un casque au volume max. Mais comme j’ai eu à souligner il y’a bien des parties cores, ces dernières ouvrent sur un refrain que l’on n’a pas généralement l’habitude d’écouter dans ce style de musique, j’appellerais tout simplement ce morceau un demi-épique qui amène en avant plan de nouvelles influences au groupe. Quoi qu’il en soit, on aura déjà découvert un album en 2012 qui fera sûrement partie du podium de 2012, rendez-vous à la fin de l’année pour en en parler une nouvelle fois, d’ici là on continuera de dire que Lamb of God mérite toute cette estime et toute cette popularité qu’il possède en Amérique (et comme pour la crise qui touche le reste du monde, Lamb of God continueront eux aussi à avoir un impact sur le monde via cette musique unique).

Morceaux préférés : - Desolation - Terminally Unique - King Me

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Hamza

LeadHangar Fanzine : Parle moi un peu de ton éducation musicale. Encore enfant, à quel genre de musique étais-tu exposé ? Said Adali : Oum Kalthoum, Farid AlAtrach, Abdelhalim Hafez, Fayrouz, Mohammed Abdelouahab, Naima Samih, Abdelhadi Belkhayat, Abdelouhab Doukkali...C’est les disques que mes parents écoutaient à la maison quand j’étais encore enfant. Je crois que c’est vers le début des années 90 que j’ai commencé à aimer la musique, peu importe le style, si c’était catchy à mon goût, j’étais heureux. Vers 93, je découvre le Hip Hop à la radio, je découvre House of Pain et Public Enemy, puis un jour je tombe sur «Anthrax-Bring the Noise» avec Public Enemy, ensuite 2M a passé le Live at Hammersmith Odeon d’Anthrax, et c’était le coup de foudre avec la violence musicale! LHF : Quelles étaient tes premières influences, et ton premier instrument ? S.A. : J’ai toujours été fasciné par le riff. Mon premier instrument a donc été la guitare électrique et les premiers riffs que j’ai essayé de jouer étaient ceux de «Dead Skin Mask» et «South of Heaven» de Slayer. LHF : Pourquoi avoir choisi la basse ? S.A. : En montant Old School avec Mounir, je comptais faire de la guitare rythmique, nous avons donc commencé à chercher un bassiste, mais en découvrant le grand talent à la guitare de Younes Adraoui (Vicious Vision aujourd’hui), j’ai eu l’idée de réunir Mounir et Younes comme les deux guitaristes d’Old School, et de commencer à jouer de la basse moi-même, et c’est ce qui est arrivé!

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LHF : Quelle a été ta première basse ? S.A. : Vu que je n’avais pas de basse aux débuts de l’aventure d’Old School, Azedine Rifaa (Vicious Vision aujourd’hui) m’avait dépanné avec une très belle basse hybride, je ne sais rien sur son histoire où à qui elle appartenait, mais c’était un corps d’ESP avec un très joli spraypaint, un manche de Fender Jazz Bass, et des Barolini. Je m’y connaissais pas trop en matos à l’époque, je lui donnais pas beaucoup d’importance. J’ai fini par la rendre à Azedine quand j’ai acheté une Yamaha RBX200. LHF : Comment se fait la composition de tes lignes de basse ? S.A. : C’est vraiment intuitif et au feeling, généralement c’est le même riff de guitare, souvent avec l’aide de Hamza à la batterie, surtout pendant les intros ou les transitions entre deux parties différentes du même morceau, nous essayons de marquer la transition par des rythmes imposants et différents de ce que joue le guitariste. Nous avons aussi pas mal de passages «soft» avec des arpèges, j’essaie dans la mesure du possible d’y introduire une petite touche mélodique pour embellir un peu le passage et remplir aussi les vides LHF : Que fais-tu d’autre quand tu n’as pas de basse à moins de 3 mètres de toi ? S.A. : Je vis hahaha Boulot, dodo, repos, musique, internet, PES, sorties... LHF : Que penses-tu pourrait être l’avenir pour toi/ta carrière, que veux tu faire que tu n’as pas encore accompli ? S.A. : Un premier album d’Old School, ensuite un 2ème...sérieusement, c’est ce que je veux pour le groupe pour l’instant. LHF : Que serais-tu si tu n’étais pas bassiste ? S.A. : Guitariste sûrement. LHF : Est-ce que, malgré qu’il ne soit plus sur le territoire national, Mounir restera toujours membre d’Old School ? et est-ce qu’on peut espérer le voir sur scène avec vous un jour? S.A. : Mounir est membre fondateur du groupe, Old School est sa maison. Il n’est pas au Maroc aujourd’hui on n’y peut rien mais il est toujours avec nous, et s’il est là un jour, bien sûr qu’il jouera...si sa visite coïncide avec un concert LHF : Et pour finir, y a t-il un message que tu voudrais passer aux fans d’Old School ? S.A. : Un grand merci pour le soutien inconditionnel pendant toutes ces années \m/

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Huntex

L’idée d’un Black Streamline résidait déjà dans les esprits de Lina et Ruben, mais n’ont, faute de temps, pu la concrétiser qu’en 2010. Octobre 2010 - six jeunes personnes se sont réunies pour monter un groupe -rien de surprenant pour le moment- Lina Benabdesslem et Jimi Crainic au chant, Ruben Elfassy à la lead, Sami Chawki à la rythmique, Moncef Ayazi à la basse, et Zack Tali à la batterie. Leur line-up a changé avec le temps pour enfin se stabiliser à Lina, Ruben, Omar Chraibi à la guitare rythmique, Nordine Araba à la basse et Walid Morsaly à la batterie. Dans le temps, il était question de Hot Streamline, qui, je cite, « paraissait annoncer la couleur quant à l’ambiance qui se dégagerait de nos chansons. », Black Streamline venait juste après pour supprimer toute mal-interprétation du nom (cf. Interview).

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Au tout début, le groupe passait la majorité de son temps à travailler des covers, histoire de mieux se connaître.. musicalement ! Nous savons tous que l’une des difficultés auxquelles nous devont faire face pendant la création d’un groupe est de se mettre d’accord sur le style à jouer (ch7al men merra w7elna m3a batteur jazz, guitariste technical, oula chanteur power..). Tout ce petit travail pour se définir par tel ou tel style leur a permis de ne pas se définir, paradoxe ? Paradoxalement intéressant, puisque nous retrouvons Black Streamline dans chacun de leurs morceaux, mais y ressentons quand même CETTE petite différence, comme l’a d’ailleurs souligné Lina « Nous voulions un métal oscillant entre le mélodique et le death, mais nous ne voulions pas nous imposer un style et nous enfermer dedans. », réservant ainsi un plus grand espace à l’inspiration, et à l’innovation. La société n’accepte toujours pas le Rock/Metal aussi ouvertement, du changement est à souligner, n’empêche, les choses n’évoluent pas aussi rapidement que nous l’aurions espéré, donc une chose est sûre, ce n’est pas la société qui fera le premier pas (ou peut être devrions nous voter pour Randy Blythe comme ministre de la culture, lui qui vient de lancer sa campagne présidentielle aux USA), c’est bien à nous d’amorcer le changement, de nous imposer là où nous devons être à la base, Black Streamline en sont au courant, et prévoient « de briser les chaînes de la société et aller de l’avant » afin de libérer everyone’s inner beast, oui cette bête qui a ingurgité la plaquette de (somnifères) gratuitement offerte par la société. Aly, notre super-chroniqueur avait écouté et noté trois de leurs demos, Burning in My Tears, Children of Kingdom, et leur dernière sortie avant l’album Unfaithful, et je dois dire, ça va vers l’avant, ça promet, le feeling y est, et c’est un bon point, et c’est leur jeu non étiqueté qui les différencie des autres groupes, une voix féminine à la Nightwish/Epica mais qui ne nous prive pas de ses growls/screams. Ruben avait pensé « qu’une voix féminine serait un atout indéniable pour se démarquer », le jeu instrumental, au fil du temps, n’est pas à plaindre non plus, je ne m’attarderai pas sur ça, vous en saurez plus en lisant les chroniques disponibles dans les pages qui suivent. Leur album, toujours en préparation et sans titre, contiendra cinq morceaux dont Burning in My Tears, Children of Kingdom, et Unfaithful, et prévoit de sonner mélodique entre « heavy et death en passant par le core, avec quelques touches de thrash ». Et quoi de meilleur qu’un premier EP/LP pour définir la vision d’un groupe ? Et ce groupe là tape fort, ses membres comptent toucher « là où il ne faut pas », en deux mots (et pour ne pas vous gâcher le plaisir).. Soyez paradoxal. Un tas d’infos sur le groupe est disponible en annexe, vous voulez en savoir plus, qui ne voudrait pas.. Tournez la page pour lire l’interview intégrale et (re)lire nos chroniques de leurs demos..

Burning in my Tears

O.T.Aly

« Burning in my tears » est la première démo lancée par BLACK STREAMLINE, à première écoute le groupe se dirige vers un « Core Maidenique », vous vous demandez sûrement ou je veux en venir, tout d’abord la référence à Maiden est dûe à cette lenteur et ces percées mélodiques après le refrain, Core c’est surtout par rapport au riff bien dansant qui ouvre le morceau, la lenteur à l’évidence permet la montée sur le refrain de choeurs de manière à donner une ambiance atmosphérique, ils auraient -je trouves- peut être connus plus de succès s’ils avaient été faits au clavier vu le potentiel pas tout a fait en mesure de les chanter, il faut dire que c’est une touche très présente dans le metal symphonique à chanteuse, pour certains ça ferait « Goth » en tout ou pas. Le chant clean est le point le plus positif, superbe voix qui devrait être

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exploitée, en tirer le maximum; à l’écoute de la reprise de « Sweet Child O’mine » des Guns, on remarque ce potentiel , l’enregistrement d’une piste Growl au dessus donne une « Dark vision » sur le morceau étant donné que les Riffs déjà ne sont pas là pour faire « Happy ».. venonsen aux riffs, très Core, il y’a du bon jeu là dedans, avec des mélodies que débutent une seule guitare avant d’être rejoint par la même mélodie en plus aiguë, très classique lors de la composition, cette technique sera encore utilisée à l’introduction du solo, celui-ci est court certes, mais le Wah-Wah fait bien les choses; élément très important aussi, on a l’impression que le morceau – à cause de ses riffs répétitifs – ne mérite pas les 6 minutes, il aurait mieux été en plus courts.. en gros il n’y’a qu’à encourager les jeunes à persévérer afin d’arriver au Metal.. si AC DC ont dit « It’s a long way to the top, if you wanna rock’n’roll » ce n’est pas pour rien

Children of Kingdom C’est désormais officiel, Black Streamline aiment les longues compositions, nous avions eu l’occasion de le souligner lors de la première composition du groupe « Burning in my Tears« , booster un morceau ne le mènera forcément pas au succès, il est clair que le groupe a beaucoup d’idées mais il s’efforce à tout mettre sur un morceau et l’auditeur a ensuite du mal a suivre le courant. Toutefois, quand il est question de mélodies, l’inspiration est là, le morceau débutes déjà en solis celtiques, en plus rapide auraient peut être éveiller l’intérêt de tous ces fanatiques de la technique-avant-tout, des syncops simples ensuite sont au rendez-vous, la procédure est répété une fois avant d’aller trouver une belle mélodie introductive au riff composé d’arpèges et montée en distorsion dans un premier lieu puis d’un riff qui laisse le chant passer en avant plan, un autre riff comme lien au refrain, ça commence déjà à faire un surnombre de riffs, le jeu est totalement focalisé sur les pistes de guitares et la batterie très basique qui toutefois selon le groupe connaîtra des modifications à l’occasion d’un enregistrement plus professionnel. Au refrain, on a l’occasion de juger le chant; tout d’abord, il faudrait mettre au clair que le talent sur le plan du chant au Maroc fait énormément défaut aux groupes locaux, la chanteuse ici a des qualités mais qu’il faudrait retravailler, « même-ci on te félicite au Maroc, on ne se base que sur le plan national », si l’on venait à parler de la perfection d‘Amy Lee ou de Simone d’Epica ou encore de Tarja l’ex-Nightwish; le jugement porterait sur d’autres critères et risque de flirter avec le dessous de la moyenne, tout ça pour dire que le chant sur l’ensemble est passable à l’image de la dernière note sur le refrain « Show who we aaa..re« , très difficile d’accéder à la note, il faut l’avouer mais dans le style adopté par Black Streamline, il est impératif d’avoir une clôture carrément chorale, c’est à dire une note qui passe par ces tendances graves et aigus ; un passage qui aurait fait toute la beauté d’un tel refrain, vers la cinquième minute du morceau, la chanteuse essaye ça et c’est mieux, l’audace porte ces fruits des fois. En gros l’objectif devrait être : Faire passer toute l’émotionJuste après le refrain, on a droit à un très bon riff avec de découvrir que le second couplet est différent du premier et que la synchronisation commence à faire défaut, instrumentale ensuite, retour aux sources, des galops du style d‘Iron Maiden à la rythmique (basse et guitare), et des notes par ci par là, joli mais aurait a mon avis pu faire un tout autre morceau concis et bref malgré cette mélodie qui suit (je l’ai dis, que c’était un point fort) puis place au solo technique (des sweeps sans énorme vélocité tout de même), quelques cafouillages là dessus mais c’est très normal : Nous n’avons pas le professionnel aussi facilement. Le groupe ensuite s’enfonce en plus « Dark » avec des growls et un breakdown assez remarquable. Ce qui est sûr, c’est qu’il y’a de la qualité chez ces musiciens, mais qu’il faudrait aller tout doucement, personnellement j’aurais mieux vu ce morceau être découpé en trois morceau à la structure basique : Intro-CoupletRefrain-Couplet-Refrain-Break-Solo-Refrain-Outro; ça donnera au morceau le don de coller aux oreilles des auditeurs, l’exemple a suivre est celui de plein de groupes en progression, sur l’album on trouve 80% des morceaux à la structure basique, à moins de s’aventurer dans un progressif ultra technique et dont les temps ne sont pas des 4/4. Il y’a en tout cas de l’espoir dans cette musique, oser composer avec le taux de critique élevé dont dispose le pays, c’est déjà du courage.

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Unfaithful Là voici, la troisième demo de Black Streamline, le groupe nous propose cette fois un morceau introduit par des effets de guitar « horse » que l’on retrouve plus souvent dans le thrash à la Sepultura ou le mélodeath à la Arch Enemy, une double grosse caisse anime bien les choses dans ce début de morceau, cette introduction ne dépasse pas les 10 secondes, pas obligé d’attendre longtemps ce riff imparable à la guitare, remarquez les instruments qui s’arrêtent pour justement le faire valloir, montée progressive de la batterie qui s’alligne à la vitesse, un arrangement à applaudir. Rappelons-le, Black Streamline est un groupe à chanteuse à-la-Nightwish, Epica ou Evanescence : une sorte de goth avec des parties growl, bien qu’elles soient très rares (notamment sur la fin des couplets et sur des passages ou comme un dialogue est crée). Mention à la qualité d’enregistrement qui depasse largement celle des précédentes démos, il est à souligner quand même qu’il faudrait un effort considérable pour déchiffrer la basse, mais on sait tous que le metal en général demande une écoute très concentrée. Autre chose, il s’agit des back-vocs et les choeurs très présents dans ce style de chant et même bien exploités par le groupe. Une remarque aussi pour ce qui est structure, un bon morceau de 5 minutes avec l’essentiel des riffs c’est la meilleure chose qu’ont eu à faire Black Streamline étant donné que l’auditeur marocain n’a vraiment pas envie de se perdre dans de longs morceaux, encore faut-il éspérer que l’auditeur marocain se révéille et donne de l’intérêt à la musique de son pays et ce malgré les contraintes de qualité sonore et de niveau underground qu’il s’agisse de scènes pour le metal ou tout simplement de maisons de disques prêtes à produire ces jeunes talents du Maroc. En conclusion, ce fut très rapide avec un solo concis, un refrain très mélodique, avec cette percée du lead-guitariste qui donne un air épique, quelques complications dans l’aprèsdeuxième-refrain, qui, personnellement ne m’ont pas trop atteint musicalement hormis la très belle voix à la fin qui dirige directement vers le solo qui a ason actif de belles phrases et qui ne se focalise pas sur la technique en premier lieu, c’est bien qu’un groupe s’intérésse à la musique plus qu’à la technique. Pour tout dire c’est déjà un très bon pas en avant que réalise le groupe en attendant la suite…

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Huntex

LeadHangar Fanzine : Black Streamline, c’est qui ? Black Streamline : Black Streamline, c’est la volonté d’accomplir ce qu’aujourd’hui de plus en plus de groupes entreprennent d’accomplir, à savoir de briser les chaînes de la société et aller de l’avant, oser montrer qu’on est là et que de l’énergie gronde au sein de chacun d’entre nous. Voilà pour le petit côté philosophique mais pas moins véridique. Nous n’avons pas la prétention de représenter un état d’esprit, nous essayons seulement d’utiliser le magnifique moyen de communication universel qu’est la musique pour faire ressortir la beauté du Maroc. Mais ça nous n’y arriverons pas tout seuls. En somme, Black Streamline, c’est des jeunes désarmés qui essayent de sortir de l’acquis de la société et des normes traditionnelles pour hurler leur présence malgré les (nombreux) obstacles.

Lina

LHF : Depuis quand êtes-vous actifs ? B.S. : Ça fait un peu plus d’un an, on a commencé à se réunir officiellement en tant que «groupe» en octobre 2010. C’est là qu’on a commencé à répéter sérieusement dans l’optique de constituer un répertoire musical, mais on n’a publié nos premières reprises qu’en été de la même année, par manque de temps.

LHF : Quel est votre actuel line-up, et y a t il eu des changements ? B.S. : Actuellement, les membres sont Lina Benabdesslem au chant, Ruben Elfassy à la guitare soliste, Omar Chraibi (fraîchement recruté) à la guitare rythmique, Nordine Araba à la basse et Walid Morsaly à la batterie. Le groupe était à la base composé de deux chanteurs (dont Lina et Jimi Crainic), avec toujours Ruben à la guitare soliste, mais avec Sami Chawki à la guitare rythmique, Moncef Ayazi à la basse, et Zack Tali à la batterie. Ça n’est que quelques mois après, lors de la séparation du groupe pour ce qu’on n’était pas tous d’accord sur le genre à adopter, que Ruben a fait appel au bassiste de son ancien groupe, Commun Core. Nordine a donc accepté et s’est rapidement adapté au style du groupe en apportant une bonne inspiration dans le domaine. Walid a également rejoint le groupe en même temps que Nordine, et ça n’est que très récemment que Omar a également commencé à jouer avec nous.

Ruben 14


Omar

LHF : Comment vous est venue l’idée de monter Black Streamline ? B.S. : L’idée de la création d’un groupe avait germé depuis longtemps déjà dans notre esprit à moi et Ruben, mais sans projet de concrétisation, par manque de temps. On a toujours été inspirés et motivés par nos groupes préférés, et on voulait faire quelque chose de vraiment spécial, qui puisse se démarquer, puisqu’on voyait bien que la scène musicale marocaine souffre énormément du dédain de la société, quand ça n’est pas de l’oriental. Puis Ruben a commencé à jouer de temps en temps avec Moncef, et m’a demandé si je voulais les rejoindre, ainsi que les autres membres, puisqu’on avait l’habitude de faire des reprises acoustiques et que c’était l’occasion de passer à l’étape supérieure. C’est là qu’on s’est dits qu’on devrait se rassembler plus souvent et officiellement sous le nom d’un groupe, qu’on a finalement choisi comme étant Black Streamline.

LHF : Quelle est l’histoire derrière le nom du groupe ? B.S. : Quand on a commencé à réfléchir au nom, on voulait quelque chose qui sonne bien d’abord, puis qui ne soit pas trop difficile à prononcer, pour privilégier l’internationalisation. On est tombés d’accord sur le fait qu’on voulait un nom composé, et on a fait des propositions. On est d’abord tombés d’accord sur Hot Streamline, qui paraissait annoncer la couleur quant à l’ambiance qui se dégagerait de nos chansons. Streamline est ici à prendre au sens de propagation ultra rapide, sans frontières, insaisissable. On était contents et pensions avoir trouvé un bon nom avec une bonne pêche, et c’est là qu’un petit problème vraiment pas prévu nous est tombé dessus. Une question retombait systématiquement à l’écoute du nom du groupe : «C’est un porno ?». Il a donc rapidement fallu trouver un nom qui ne susciterait pas de remarques perverses et ne soulèverait aucune pensée mal placée dans l’esprit des gens. On s’est finalement décidés pour Black Streamline, qui était proche du nom d’origine. On a choisi Black Streamline à cause de la multiplicité de sens que ce nom nous offre : au Maroc, le métal, notre genre de musique, est perçu comme une catégorie sombre et nous place tout de suite dans le collimateur social. A black streamline, on voit un peu ça comme «un réseau sombre». C’est malheureusement l’image qu’a la musique rock en général ici. Ce nom nous donnait donc l’occasion de nous placer plus directement dans la société marocaine et insister ironiquement sur le côté mal perçu de nos activités. Un réseau noir, peut être, mais impalpable et rapide, fluide, comme la musique.

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Nordine


LHF : Pourquoi avoir choisi une voix féminine pour le chant ? Ruben : A la base, l’idée était de miser sur l’originalité et allier deux voix, une féminine et une masculine. Mais ça s’est avéré très dur, étant donné la différence de style de Lina et Jimi. En somme, le gros problème du groupe a été le genre à adopter. C’est d’ailleurs le problème le plus commun rencontré par les groupes à leur création. Lina : Nous voulions un métal oscillant entre le mélodique et le death, mais nous ne voulions pas nous imposer un style et nous enfermer dedans. Au contraire, le fait de ne pas se prononcer clairement sur notre style de musique nous offre plus de liberté et donc plus d’inspiration.

Walid

Ruben : Lors de la séparation du groupe, j’ai pensé qu’une voix féminine serait un atout indéniable pour se démarquer ici (la plupart des chanteurs des groupes marocains sont des hommes, excepté certains groupes comme Analgesia, qu’on ne présente plus), et de toute façon le style que nous voulions jouer s’y prêtait bien. Mais l’idée du «mélange» originel n’est pas morte avec le départ de Jimi, puisque je compte chanter quelques petits passages dans certaines chansons, et faire quelques deuxièmes voix, et Lina s’occupe du scream et du growl (même si ça n’est peut être que temporaire).

LHF : Avez-vous déjà joué en live, si oui, combien jusqu’à l’instant ? Lina : Walid a déjà fait le boulevard, mais en tant que Black Streamline, nous sommes patients et préférons attendre d’avoir un répertoire de chansons variées avant d’entrer sur scène pour de bon. Les concerts sont l’expression en live de toutes les émotions que contient une chanson et l’énergie d’un groupe, ça nécessite donc beaucoup de travail et de temps. De plus, malheureusement par manque de temps à cause de mes études, je dois souvent faire des concessions : gérer les répètes supplémentaires qui seraient engendrées par des concerts serai problématique. Nous nous consacrons pour l’instant pleinement à la composition, avec bien sûr dans l’optique de les jouer sur scène prochainement. Cela n’empêche que lorsque l’occasion se présente et qu’on est disponibles, on n’hésite pas à monter sur des petites scènes, notamment au Local où on a fait un bref passage en fin février, puis à l’événement organisé par Skulls of Sahara au C.O.C. le 17 Mars. LHF : Parlez-nous de votre album en préparation, un titre ? B.S. : Pas de titre fixé pour l’instant, mais nous ne travaillons pour l’instant que dans cette optique. Cet album marquera en quelque sorte la présence concrète de Black Streamline dans le milieu. LHF : Combien de morceaux contiendra-t-il ? B.S. : Ça sera un album court de 5 chansons, dont Burning In My Tears, Children of Kingdom, et Unfaithful, notre dernier morceau en ligne. Les deux derniers morceaux de l’album, quand à eux, ne seront pas diffusés en ligne avant la date de sortie de l’album.

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LHF : Quelles sont vos influences en relation à l’album ? B.S. : On n’aime pas vraiment catégoriser notre musique mais on se situe entre le heavy et le death en passant par le core, avec quelques touches de thrash. Et le prochain album sera exactement dans ces tons. Le tout sera évidemment mélodique, comme les premières chansons peuvent en attester. LHF : Quel est son but/message ? B.S. : Le but de cet album sera évidement de bien définir l’état d’esprit de Black Streamline, ses convictions et ses idéaux. Les chansons seront rarement sentimentales, mais plus philosophiques ou des diatribes fustigeant certains faits de société ou certaines mentalités. Le message de l’album sera plutôt une exhortation à se «bouger le cul», à sortir de sa torpeur pour faire bouger les choses, oser aller contre la doxa (l’idée commune). «Soyez paradoxal» pourrait résumer l’idée de cet album. Para et Doxa, ou étymologiquement «contre l’idée commune», ou le fait de remettre en question les idées reçues et toutes les choses qui n’admettent plus de remise en question pour les analyser. Sortir des conventions vides de sens instaurées, pour oser se faire sa propre idée sur les choses et ne pas les prendre comme on les présente. C’est ce message que le prochain album veut faire passer, sans être révolutionnaire évidemment. C’est une invitation à la réflexion et à l’acte conséquent, non à la rébellion. LHF : Pour quand est-il prévu ? B.S. : Normalement début de l’été, si tout se passe bien avec notre emploi du temps chargé. LHF : Comment comptez-vous travailler sur l’album ? Des studios pro en tête ? B.S. : L’enregistrement sera self-made, pour une première production. Nous ne sommes pas sûrs qu’il sera édité sur support CD et nous ne comptons pas le vendre. Le but n’est pas ici de se faire de l’argent mais de faire passer un message et de pouvoir faire découvrir ce qu’on aime. LHF : Prévoyez-vous de chanter en Arabe ? B.S. : Au risque d’en décevoir certains, non. Certains voient le fait de refuser de chanter en arabe comme une façon de renier son origine marocaine, mais on peut préserver son identité tout en chantant dans une autre langue. Les groupes de Finlande comme Nightwish ou Children of Bodom ne passent pas leur temps à mettre du folklore finlandais dans toutes leurs chansons, et on se souvient quand même de leur nationalité. Lorsque la fierté d’appartenir à une nation, ça se sent tout de suite sans qu’il y ait besoin de le rappeler à travers la langue. LHF : Que faites-vous en dehors de votre musique (études, travail, sport, etc.) ? B.S. : Walid fait des études de commerce à HEM et beaucoup de surf, Nordine est également très bon en guitare et batterie, Ruben passe son bac et dessine beaucoup, et Lina est en prépa HEC, fait du volley et du dessin aussi. LHF : Comptez-vous envoyer votre candidature au Tremplin/Mawazine ? B.S. : Peut être... LHF : Un dernier mot pour nos lecteurs ? B.S. : On espère pouvoir rendre le Maroc fier, on ne joue pas seulement pour nous, mais aussi pour tous ceux qu’on représente à notre échelle. Nous ne sommes encore qu’un petit groupe, mais nous avons de grandes ambitions que nous sommes prêts à tout faire pour réaliser. Il est important que le Maroc change la vision qu’il a du métal, et ça ne passe pas seulement par Black Streamline mais par tous les groupes et les fans de métal d’ici. Le talent est présent, il lui faut juste de l’aide et moins d’oppression pour sortir. C’est des gens comme l’équipe de Lead Hangar qui peuvent justement aider à l’expansion de la musique rock au Maroc et à la rehausse de son image.

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