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SIGNES et SYMBOLES dans la

religion

catholique

Par Alain BEUCHEE


Que le mystérieux sourire de l’Ange de la cathédrale de Reims vous aide à entrer avec joie dans les symboles de notre religion !

à ceux qui désirent s’instruire ou en instruire d’autres…

Vous êtes baptisés, vous avez été élevés dans la religion catholique ou vous voulez en savoir plus sur votre religion. Vous avez eu probablement l’occasion de voir des objets, des vêtements, des ornements, des décorations qui vous ont semblé drôles ou mystérieux. Certainement, vous vous êtes demandé : « Pourquoi y a-t-il un cercle autour de la tête de cette statue ou de ce personnage peint sur un tableau ?… Pourquoi le prêtre est-il habillé en rouge ?… Pourquoi les églises ont-elles un clocher ? etc…. » C’est pour répondre (en partie) à ces nombreux « Pourquoi ? » que j’ai fait ce dossier qui se veut le plus simple mais aussi le plus complet possible sur les Signes et Symboles dans la Religion Catholique, signes que l’on peut retrouver dans d’autres religions d’ailleurs. Vous verrez que ces signes s’adressent à tout votre corps, car ils permettent d’unir ce qui est humain à ce qui est surnaturel : il y en a pour les yeux (tableaux, sculptures, architecture, etc …), pour les oreilles (chants, musique sacrée,…), le toucher (position du corps, gestes,…), le nez (encens…) et même la langue (vin, pain…). Quand vous entrerez dans une église, vous pourrez mieux comprendre tous les symboles qui s’adressent aux croyants depuis des générations. Je souhaite vous aider dans cette compréhension et, par là même, mieux vivre votre démarche religieuse.

Alain BEUCHEE Ancien professeur des écoles Fait en Août 2003 Revu en mars 2011

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I. LIEUX DE CULTE A. LIEUX DE PRIÈRE POUR TOUS

AB C’est l’église de l’évêque, c’est à dire du chef du diocèse. Dans le chœur, il y a un siège un peu particulier (la cathèdre) : c’est le siège de l’évêque. (Voir P. 4) Dans chaque diocèse, il y a une cathédrale. Certaines vieilles cathédrales n’ont plus d’évêque, mais elles ont gardé le nom de « cathédrale ». C’est le cas, par exemple, de la cathédrale de Dol en Ille et Vilaine. Les cathédrales du Moyen-Age sont très célèbres.

Cathédrale de Rennes

Une cathédrale médiévale (Dol de Bretagne)

Une cathédrale moderne : Evry (dans la Région parisienne)

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Une cathédrale au cœur de la cité Chartres

Une cathèdre, ou siège de l’évêque, d’où le nom : « cathédrale » (Cathèdre de la cathédrale de Chartres)

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C DEAEF B D’origine romaine, la basilique est une grande église construite en l’honneur d’un saint. Beaucoup de basiliques ont été érigées en l’honneur de la Vierge Marie. Exemple : Basilique du Rosaire à Lourdes; mais il y a aussi la basilique du Sacré-Cœur de Jésus à Montmartre à Paris. La plus grande basilique se trouve à Rome : la basilique Saint-Pierre dont la coupole est de Michel-Ange, l’un des grands artistes de la Renaissance. Ce titre de « basilique » est donné par le pape à des églises importantes. Elles sont souvent construites sur un lieu de pèlerinage. On les reconnaît au parasol jaune et rouge souvent situé à l’entrée du chœur.

Basilique de Lisieux

Basilique de Lourdes

Basilique Saint-Pierre à Rome Il existe aussi des « AA E ABD » . Ce sont des églises dont le service est assuré par un « collège », c’est à dire un groupe de prêtres non religieux (souvent des chanoines). 5


AEDB C’est le lieu de rassemblement et de prière des fidèles d’une paroisse. Souvent l’église est ce qu’on aperçoit en premier d’un village. Son clocher peut être repéré de très loin. Il est le symbole de la présence des hommes, d’une communauté.

L’église domine le village Acigné en Ille et Vilaine

« L’église symbolise la rencontre entre le monde divin et celui des hommes. »

Au creux d’un vallon : Orcival en Auvergne

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BAAB C’est un petit édifice construit en l’honneur d’un saint ou tout simplement un lieu de prière d’une communauté, d’un château, d’un hôpital… On trouve de nombreuses chapelles très richement décorées en Bretagne.

Une chapelle toute simple dans le parc d’une communauté à Priziac (Morbihan)

Chapelle N.D. de Rocamadour à Camaret (Finistère)

Chapelle en Fégréac (Loire Atlantique) 7


L’intérieur d’une chapelle peut être richement orné ou très sobre. Voici quelques exemples :

Chapelle Ste Marie Du Menez-Hom (Finistère)

Détail d’un riche retable de la chapelle Ste-Marie du Menez-Hom (Finistère)

Simplicité d’une chapelle : N.D. de Bon Port (Guipry)

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B C’est une chapelle souterraine. Beaucoup d’anciennes églises importantes ou cathédrales ont une crypte, sorte de sous-sol où l’on enterrait les personnages importants ou des saints. On y trouve souvent des reliques de saints. Elles sont généralement basses et obscures.

Crypte de la basilique Saint-Benoît sur Loire Elle abrite les reliques de Saint Benoît

Crypte de la basilique de Lisieux

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E B C’est un lieu de prière, le plus souvent modeste, où se retrouvent les membres d’une communauté. Ce peut être aussi un petit monument érigé en pleine nature en l’honneur d’un saint. (à noter : un oratoire n’a pas d’autel)

Oratoire dans le Sud Finistère

Oratoire Saint-Guirec Côtes d’Armor

La légende conseille aux jeunes filles désirant se marier de piquer une épingle dans le nez de la statue du saint !

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B

E

E B

Les chrétiens peuvent aménager un petit coin où l’on se réunit en famille ou seul pour prier.

Coin où l’on prie seul…

…ou à plusieurs…

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B. LIEUX POUR LES RELIGIEUX

Parallèlement à ces lieux de culte qui servent à tous les fidèles, il existe des lieux plus spécialement réservés à des personnes consacrées, c’est à dire à des religieux ou religieuses qui ont fait des vœux (*) pour consacrer leur vie à la prière et au travail. On les appelle des moines ou des moniales. * (Les vœux sont des promesses solennelles : les trois vœux des religieux sont : pauvreté, chasteté, obéissance)

CC

B

C’est une communauté de religieux (moines ou moniales) dirigée par un abbé ou une abbesse. Au Moyen-Age, l’abbaye de Cluny était très célèbre. Les bâtiments d’une abbaye sont souvent très importants et situés dans un cadre invitant au calme et au recueillement.

L’imposante abbaye bénédictine de Samos (Espagne)

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Deux autres exemples d’abbayes parmi beaucoup d’autres

L’abbaye Ste-Odile dans les Vosges

L’abbaye de Landévennec (Finistère)

Moine lisant et méditant les Ecritures saintes

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Dans l’abbaye deux lieux sont particulièrement importants : l’abbatiale (ou église des moines), et le cloître, sorte de promenade intérieure donnant sur une cour ou un jardin carré Voici une abbatiale célèbre au Moyen-Age : Conques dans l’Aveyron.

Conques : étape importante sur le chemin de Compostelle

Cloître de Moissac (Tarn et Garonne)

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B

D

B

AB

B

AB

EB

Trois mots pour désigner sensiblement la même réalité : communauté religieuse (hommes ou femmes) qui vit dans une propriété fermée. La vie est partagée entre la Prière et le Travail. On dit que ce sont des « contemplatifs » qui y vivent. Le monastère peut se trouver dans des endroits insolites, à la campagne ou en ville.

Un monastère perché sur un piton rocheux en Grèce

Monastère de Bouzy-la-Forêt Loiret

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B DB

C’est pratiquement comme un monastère, mais construit pour des chartreux : moines de l’ordre de Saint Bruno. Ces moines vivent davantage encore dans le silence de leur petite cellule. Ils ne se rencontrent que pour les offices religieux dans la chapelle. Voici la célèbre Grande Chartreuse en France :

Au cœur des Alpes dans le Massif de la Grande Chartreuse

Saint-Bruno (1030-1101) est né à Cologne en Allemagne. Conduit par Saint-Hugues, évêque de Grenoble, il s’établit avec six compagnons dans le massif montagneux de la Chartreuse en 1084. C’est la première fondation de l’ordre des Chartreux.

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B

BA

C’est un couvent où vivent des Carmélites, ordre fondé par Saint Berthold au 12è siècle et réformé au 16ème siècle par Sainte Thérèse d’Avila.

Une carmélite célèbre : Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus Le Carmel de Lisieux

Intérieur de la chapelle du Carmel

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B

E

B

C’est un lieu où vit un ermite, c’est à dire une personne qui a décidé de vivre seule, à l’écart du monde. Le Père Charles de Foucauld était un ermite dans le Sahara. Un ermitage peut être très petit et parfois assez grand comme en témoignent ces deux photos.

Une cabane peut servir d’ermitage dans la forêt comme ici dans les Cévennes

Ermitage des Carceri près d’Assise

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Qu’il soit dans le désert, en montagne ou en forêt, l’ermite se sépare du monde pour prier son Dieu.

Le Père Charles de Foucauld, ermite dans le Sahara

A noter pour clore ce chapitre :

De plus en plus de religieux (ou religieuses) se regroupent dans un appartement ou une maison au cœur des villes ou des campagnes pour vivre en communauté. Ils prient ensemble, puis chacun va à son travail.

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C. CALVAIRES ET CROIX Bien que n’étant pas des lieux de culte à proprement parler, les calvaires et croix sont des signes bien réels de la Foi chrétienne des croyants qui les ont érigés au cours des siècles. On les rencontre au bord des routes, à la croisée des chemins, sur les places près des églises et dans les cimetières. Nous ne pouvons omettre de parler des célèbres calvaires bretons si richement sculptés et qui sont des livres dans la pierre, à la manière des tympans des cathédrales.

Simple croix au bord du chemin… (entrée de l’abbaye de Landévénec, Finistère)

…ou croix plus travaillée Ici à Pléchatel (Ille et Vilaine)

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Un coup d’œil sur les calvaires bretons.

Calvaire de Plougastel-Daoulas (Finistère) Calvaire de Saint Sauveur (Finistère)

Détail d’un calvaire : Lavement des pieds (Guimiliau Finistère)

Enclos paroissial avec son calvaire (Guimiliau Finistère )

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D. LE CIMETIERE Bien que tout homme, croyant ou incroyant, puisse être enterré dans le cimetière, il faut bien reconnaître que la plupart des tombes comportent une croix, symbole de l’appartenance du défunt à la famille des chrétiens. Le cimetière est un lieu de culte des morts. Autrefois, le cimetière se trouvait autour de l’église, dans l’enclos paroissial. Il en reste encore de nos jours; mais la plupart se trouvent en dehors du village ou à la périphérie.

Un cimetière comme on en voit dans toutes les communes : ici celui de Messac (I et V)

Un monument funéraire à Frédéric Chopin (Cimetière du Père Lachaise à Paris)

Un cimetière militaire en Normandie 23


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II. L’ ÉGLISE A Les différentes parties AB C

D EF

Est

Ouest

Le plan cruciforme de l’église est en lui-même tout un symbole. L’église occupe les deux axes de la Création et bien sûr évoque la Croix du Christ, au centre de la Religion. La plupart des églises sont orientées Est-Ouest. Cette orientation n’est pas sans intérêt, elle a en effet une signification symbolique. Le Nord symbolise le Temps avant la venue du Christ et le domaine des ténèbres. Nous y trouverons donc des ornementations (vitraux, statues…) évoquant la Création, la chute, l’histoire de l’Ancien Testament. L’Est est le point où le soleil se lève. C’est le symbole de l’Apparition du Christ, vainqueur des ténèbres, Lumière du monde. Les vitraux… représentent l’annonciation, le naissance du Christ… Le Sud symbolise le Victoire du Christ, la Résurrection : on voit le Christ trônant dans sa Gloire. Enfin l’Ouest marque le soleil à son couchant, c’est à dire la fin de l’existence terrestre de Jésus, mais aussi de tous les hommes. Nous trouvons sur les tympans des cathédrales ou des abbatiales la représentation du Jugement dernier.

A Plan d’une église en forme de croix grecque

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BCDEB


C’est une esplanade, une place devant la cathédrale, la basilique ou l’église. (On dit aussi « placître »)

Une cérémonie sur le parvis d’une basilique

B Pour un chrétien le fait de franchir l’entrée d’une église est un geste symbolique : « C’est la maison de Dieu ». L’entrée peut être un portail, un porche ou une simple porte. Voici quelques exemples d’entrées plus ou moins riches selon l’importance de l’édifice.

Portail de la cathédrale d’Amiens (Somme) dans l’art gothique. (On remarquera sur le tympan le jugement dernier)

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Plus modestement :

Un porche tout simple. Eglise de Landévennec (Finistère)

Une simple porte de chapelle (Chapelle de la Madeleine dans l’Allier)

Cette chapelle a la particularité d’être encastrée dans une falaise

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La façade d’une église et surtout d’une cathédrale mérite une attention particulière, car elle est un livre ouvert qui invite le croyant à réfléchir sur sa vie ou à lire les écritures. C’est à la fois un enseignement et aussi une occasion de montrer le triomphe de la religion. La décoration de la façade d’une cathédrale médiévale mériterait à elle seule un livre entier. D’ailleurs ces livres sont nombreux. Nous jetons un coup d’œil rapide sur différentes façades et je vous laisse en découvrir beaucoup d’autres.

Façade de la cathédrale St-Guy à Prague : véritable dentelle de pierre

Le tympan est le dessus de la porte en forme arrondie (demi cercle ou arc de cercle brisé selon l’époque).

Détail du tympan de l’abbatiale de Conques : Le jugement dernier

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Après avoir franchi le seuil de la porte ou du portail, on se trouve dans le narthex : c’est le vestibule de l’église. (Toutes les églises n’en ont pas)

Narthex de la basilique de Vézelay

Au-dessus du narthex, il y a souvent la tribune qui permet d’agrandir l’église et qui est également l’endroit où l’on a installé l’orgue. Mais ceci n’est pas toujours le cas.

Tribune de l’église N.D. de Toute Grâce (Haute-Savoie) 29


C’est la partie centrale où s’installent les fidèles pour prier et assister aux offices. Nef veut dire « vaisseau » ou « navire ». La nef des cathédrales gothiques ressemble à la coque d’un bateau renversé.

Nef de la cathédrale d’Amiens

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Nef vue d’en bas : elle ressemble à la coque d’un bateau renversé

Nef d’une église moderne. Remarquez la disposition des bancs autour de l’autel pour être plus proche du célébrant, donc mieux voir et mieux participer.

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!"# Ce sont les parties latérales, le plus souvent des deux côtés de la nef (parfois, un seul côté). Les bas-côtés sont moins élevés que la nef centrale.

Les bas-côtés de la basilique de Vézelay : ils permettent de circuler autour de l’église. Remarquez le joli tympan sculpté : il représente l’Adoration des mages, dans la partie supérieure et l’Annonciation et la Visitation dans la partie inférieure

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Très souvent, l’église a la forme d’une croix. Le transept est la partie qui traverse la nef comme les branches de la croix. L’endroit où le transept traverse la nef s’appelle la « croisée du transept ». Elle est le plus souvent carrée et est délimitée par quatre gros piliers qui soutiennent une coupole, une tour ou simplement une croisée d’ogives.

Transept de la cathédrale d’Amiens

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$ Entre la nef, le transept et l’abside il y a, dans quelques églises, un Jubé, c’est une tribune et une clôture. Il tient son nom des premiers mots de la formule latine « jube, domine, benedicere » (« daigne, Seigneur, me bénir ») qu'employait le lecteur avant les leçons de Matines. Il était surmonté d’une galerie d’où on lisait les lectures de la messe. Cette architecture était souvent très richement sculptée.

Jubé de l’église Saint-Etienne du Mont à Paris

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C’est une clôture entre la nef et le chœur. La sainte table est la version basse du chancel Depuis le Concile Vatican II, cette clôture a été enlevée dans beaucoup d’églises. Autrefois, les fidèles venaient s’agenouiller devant cette « Sainte-Table » pour y recevoir la Communion.

Sainte table de l’église de Messac (I.etV.)

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B Sur le plan d’une église, c’est le haut de la croix. Elle comprend le chœur et dans les grandes églises ou cathédrales, des absidioles, sortes d’alvéoles occupées par des chapelles.

" & Le chœur est l’endroit où le prêtre célèbre la messe ou les offices. On l’appelle aussi le sanctuaire (du mot « saint »). C’est la partie principale de l’église.

Chœur de la basilique Sacré-Cœur de Montmartre à Paris

Chœur de la cathédrale St-Corentin à Quimper

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'% Les absidioles ont souvent une forme arrondie. Elles sont occupées par des chapelles en l’honneur d’un saint. On y trouve aussi la chapelle du Saint-Sacrement : c’est là que sont déposées les hosties consacrées. Ces chapelles s’appellent « chapelles rayonnantes » dans les grandes églises car elles entourent le chœur un peu comme des rayons. On voit mieux les alvéoles de l’extérieur, c’est à dire au chevet de l’église

Chevet de l’abbatiale de Conques On aperçoit bien les absidioles

Chevet de la cathédrale de Coutances

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Ce sont de petites chapelles avec un autel. Elles se situent de chaque côté du chœur, ou autour du chœur ou encore sur les côtés d’une église ou d’une cathédrale. Certaines sont très richement décorées. Elles peuvent également abriter le corps d’un personnage important : un saint ou un dignitaire (évêque, prince, etc….)

Une des chapelles de la cathédrale de Burgos (Espagne) dite « chapelle du connétable » Ici sont enterrés Rodrigue et Chimène

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C’est une galerie ou une promenade autour du chœur. Il permet d’accéder aux chapelles de l’abside.

Déambulatoire de la cathédrale de Coutances

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) Autrefois c’était un bassin où l’on baptisait par immersion, c’est à dire que le baptisé était complètement plongé dans l’eau. Dans les anciennes églises, le baptistère se trouve au fond à gauche, c’est à dire au Nord-Ouest, symbole des ténèbres. Le baptisé passe des ténèbres à la Lumière par l’eau du baptême. Actuellement, une simple cuve suffit. On appelle « fonts baptismaux » l’endroit où se trouve cette cuve.

Baptême de Clovis

A noter : dans certains sanctuaires, le baptistère est un bâtiment qui se trouve en dehors de l’église : à Pise par exemple ou à Florence en Italie (photo) Fonts baptismaux dans une église moderne 38


"%'" C’est souvent la partie la plus visible de l’église. Il se voit de loin. Les clochers ont des formes très diverses. Cependant on distingue : • Les clochers avec flèche, le plus souvent pointue. • Les clochers-pignons • Les clochers-bulbes • Les tours • Les dômes ou coupoles Ils peuvent être recouverts d’ardoises, de pierres, de tuiles,… Ils peuvent être fermés ou ajourés. Certains présentent des originalités comme les clochers tors (ou vrillés)… Voici quelques exemples parmi tant d’autres… Clocher-flèche de la basilique St-Sauveur de Redon (I. et V.)

Un clocher plus massif à l’abbaye de Fontevraud (Maine et Loire)

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Un clocher-pignon Les Estrets (Haute Loire)

Un clocher-bulbe à Saint-Senoux en Ille et Vilaine

Un clocher-tour à N.D. de Toute Grâce au Plateau d’Assy (Haute-Savoie)

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A l’intersection de la nef et du transept, (à la croisée) on trouve parfois une coupole ou un dôme, ou encore une tour comme à Redon (Ille et Vilaine).

Tour romane de Redon

Dôme de l’église Saint-Nicolas à Prague

Coupole vue de l’intérieur : cathédrale de Rennes

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Le clocher (ou plutôt la chambre des cloches) renferme des cloches plus ou moins grosses. Ces cloches servent à appeler les fidèles aux différents offices. Elles servent aussi à sonner l’Angélus (matin, midi et soir). (L’Angélus est la prière qui rappelle la salutation de l’ange Gabriel à Marie) Dans des circonstances exceptionnelles, elles servent à alerter (tocsin en cas de malheur, guerre…) ou à fêter un événement. Il y a différents sons de cloches : le carillon (il permet de sonner un air de cantique comme à Lourdes), le glas (pour les enterrements), le tintement, la volée (pour les baptêmes, les mariages…). Les cloches sont baptisées et leur nom est gravé dessus. Elles ont également un parrain et une marraine, comme les baptisés. Elles sont le plus souvent électrifiées, mais dans certaines petites églises ou chapelles, elles sont manœuvrées à la main à l’aide d’une corde. La poutre qui soutient la cloche s’appelle un « mouton ». Il faut savoir aussi qu’au sommet du clocher, outre le coq, animal qui annonce le retour du soleil et dissipe les spectres qui hantent la nuit, il y a un paratonnerre qui éloigne les orages qui étaient sensés abriter la colère et la méchanceté des hommes.

Un clocher grec où l’on voit bien les cloches

Fabrication de cloches à Villedieu-les-Poêles (Manche) 42


" ! ' A l’extérieur des grandes cathédrales gothiques, on peut voir des arcs qui soutiennent les murs pour éviter qu’ils ne s’écartent sous la poussée de la voûte parfois très lourde. Ces arcs sont d’autant plus indispensables que les murs sont parfois réduits à leur plus simple expression du fait de l’ouverture des vitraux et des rosaces. Les petites flèches que l’on aperçoit s’appellent des « pinacles ».

Arcs-boutants de la cathédrale de Coutances (Manche)

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Les gargouilles sont des sculptures d’animaux ou de monstres et même de diables qui servent de gouttières pour évacuer l’eau qui tombe sur le toit le plus loin possible de la base du mur. Les chimères sont des représentations de monstres ou de diables plus ou moins malfaisants.

Gargouille de l’église St-Léonard de Fougères

Diable N.D. de Paris (la stryge)

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" Il reste un lieu à découvrir : la sacristie. C’est le local où l’on range les ornements et les objets de culte. Nous reparlerons de ceux-ci plus loin. C’est là aussi que le ou les célébrants s’habillent pour célébrer. On peut y rencontrer le prêtre, si on le désire, avant ou après les offices. Certaines sacristies renferment de véritables trésors, par exemple à Paimpont en Ille et Vilaine. La sacristie est entretenue, en général, par un ou une sacristain(e). Dans certains endroits on dit aussi « bedeau ».

Sacristie de l’église de Guipry

Nous avons donc découvert les principales parties d’une église. Nous avons essayé d’être le plus complet possible, mais il faut dire que certaines églises ont des particularités qu’il est difficile de recenser. Nous allons maintenant regarder le mobilier et l’ornementation d’une église.

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B. LE MOBILIER

Mot qui signifie « élevé ». C’est une sorte de table sur laquelle le prêtre célèbre la messe. Elle renferme des reliques de saint(s). Il est souvent placé sur une estrade pour que les fidèles voient mieux le célébrant. Depuis le concile Vatican II, le prêtre fait face aux fidèles. Dans beaucoup d’églises, on a conservé l’ancien autel où le prêtre officiait le dos tourné. Encastrée dans l’autel, il y a une pierre sur laquelle sont gravées cinq croix symbolisant les cinq plaies du Christ sur la Croix et dans laquelle on a mis des reliques de saints.

Schéma d’une pierre d’autel

Autel de la cathédrale de Chartres

ABC Du grec « ambôn » c’est à dire « bosse » ou « petit sommet », image du Mont Sinaï ou de la colline d’où Jésus enseignait. C’est une sorte de tribune ou estrade aménagée pour lire et proclamer la Parole de Dieu. Il y a souvent un pupitre avec un micro. Il remplace la chaire. C’est de là que le prêtre fait son homélie (ou sermon).

Ambon d’une église d’Espagne (Mijas)

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DE F C’est une petite tribune d’où le prédicateur parle à ses fidèles. Elle se trouve souvent dans la nef, adossée à un pilier. Il existe de très belles chaires en bois ou en pierre sculptées. Elles ne servent pratiquement plus.

Chaire de l’église de Paimpont (Ille et Vilaine)

Chaire de la cathédrale St-Etienne à Vienne (Autriche)

A C D

Sorte de petite maison, ou coffre, qui renferme le Saint-Sacrement (les hosties consacrées). Celui-ci se trouve dans un ciboire (vase sacré voir Page 65) . Quand le SaintSacrement est présent dans le tabernacle une petite lumière rouge est allumée pour signaler aux fidèles la présence de Jésus.

Colombe eucharistique de Goudji (Blois)

Tabernacle moderne (N.D. de Toute Grâce)

N.B. Autrefois, le tabernacle avait la forme d’une colombe. Elle était suspendue en hauteur. On la faisait descendre à l’aide d’une corde. On l’appelait la « colombe eucharistique ». 46


Ce sont des sièges, le plus souvent en bois, qui entourent le chœur (parfois la nef). Elles servent aux prêtres et aux laïcs qui assistent aux offices. Certaines stalles sont très sculptées. Sous le siège, il y a une petite console sculptée qui permet à l’utilisateur de la stalle de s’asseoir s’il le désire alors qu’il devrait être debout, cette console s’appelle « miséricorde ».

Stalles de l’abbatiale de St-Benoît sur Loire (On aperçoit bien les « miséricordes »)

DBC

FBCC

Le confessionnal est un meuble en forme d’isoloir où le prêtre entend la confession des fidèles (Sacrement du pardon ou de la Réconciliation). Il y en a deux ou trois (parfois plus) disséminés dans l’église. Ils servent de moins en moins.

Confessionnal dans l’église St-Aubin du Cormier (I. et V.)

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A CD

DE F

F

F

Ils permettent aux fidèles de s’asseoir ou de se mettre à genoux pendant un office ou une visite à l’église.

Bancs dans la chapelle N.D. de Rocamadour (Camaret)

Chaises dans la nef d’une cathédrale (Rouen)

Une femme est à genoux sur un prie-Dieu

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B

F

D

Instrument de musique sacrée, il est souvent construit dans la tribune et sert à accompagner le chant des fidèles ou à créer une ambiance de fête. On les reconnaît à leurs nombreux tuyaux. Certaines orgues sont de véritables chefs d’œuvre. La partie en bois s’appelle le « buffet ». Pour les musiciens, c’est surtout la musicalité de l’instrument qui est primordiale. Beaucoup d’églises ou cathédrales ont une acoustique remarquable, ce qui permet de bien apprécier la qualité des œuvres musicales. La musique sacrée tient une place très importante dans la liturgie religieuse. Jusqu’au Concile Vatican II, le Grégorien (en latin) était pratiquement la seule musique liturgique, en dehors des grandes œuvres de grands musiciens. Maintenant les chants dans la langue du pays prennent de plus en plus de place. Le Grégorien est surtout chanté dans les monastères et à l’occasion de grands rassemblements, ce qui permet à tous les fidèles des différents pays de chanter dans la même langue. Les grands compositeurs ont écrit des messes, motets, oratorios et autres chants sacrés. Parmi les plus grands, citons : BACH, MOZART, VIVALDI, PALESTRINA, HAENDEL,… Maintenant l’église s’est ouverte aux différentes formes de musique. Aux Etats-Unis, les Gospels sont très utilisés : ce sont des chants religieux de la communauté noire. Les CHŒURS d’adultes et d’enfants participent à la beauté de la liturgie. Si certaines groupes sont célèbres, comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, il faut noter le mérite des petites chorales paroissiales qui œuvrent avec leurs moyens plus modestes pour que les cérémonies soient plus belles et plus vivantes.

Les orgues de l’abbaye de Landévennec sont installées dans le chœur

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Très beau « buffet » d’orgues Eglise St Etienne du Mont à Paris

Chorales dans une église

Une page de grégorien sur parchemin

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C. L’ ORNEMENTATION

Elles tiennent une grande place dans la dévotion des chrétiens. Beaucoup sont des œuvres remarquables. Les cathédrales gothiques ont une statuaire très riche. à l’extérieur…

Les statues des apôtres nous accueillent à l’entrée d’une cathédrale (Chartres)

St Michel pèse les âmes à l’entrée du Paradis Cathédrale St-Trophime à Arles

A l’entrée de l’abbatiale de Moissac : La fuite en Egypte

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… comme à l’intérieur

Mise au tombeau à Moissac

Marie est très présente dans toutes les églises

Statue de Yves Le Pape (sculpteur contemporain)

Marie dans l’abbatiale de Redon 52


A Dans certaines églises, surtout celles construites aux 18è – 19è siècles, il y a un ou des retables (souvent à chaque autel). Le retable est une ornementation verticale qui se trouve derrière l’autel, il est souvent adossé au mur terminal de l’abside. La décoration est très variée. On distingue souvent un tableau central entouré de statues, de têtes d’anges, de colonnes, etc… Les retables de l’époque baroque sont très riches en décoration, surtout en Espagne et dans les pays d’Amérique latine, en Europe centrale également… Il en existe aussi, mais plus rarement, dans des églises modernes.

Retable du Rosaire à Locronan (Finistère)

Retable de l’église de Messac (Ille et Vilaine) 17ème siècle

Retable dans l’église moderne de Nagasaki au Japon

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DE

F

Les chapiteaux se trouvent au sommet des colonnes ou piliers. Ils soutiennent les arcs de la voûte. Certains sont très richement sculptés ou décorés. Symboliquement, ils sont les intermédiaires entre le ciel représenté par la voûte de l’église et la terre représentée par les piliers qui sont comme des arbres plantés solidement dans le sol.

Chapiteaux de Vézelay « Le Moulin mystique » et « la mort du mauvais riche »

Chapiteau du cloître de Moissac

« L’âme tiraillée entre le bien et le mal » St-Benoît sur Loire (Loiret)

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F Ils sont d’une grande importance et d’une très grande variété. Les cathédrales gothiques ont des vitraux gigantesques et d’une grande beauté (Chartres en particulier).Les rosaces occupent une place de choix. Le vitrail n’est pas seulement là pour enseigner les fidèles par ce qu’il représente, il a un rôle de transfiguration de la lumière du jour. Il met dans une ambiance de Lumière Divine. Les vitraux d’artistes modernes sont également très nombreux et d’une très grande valeur artistique. A Rennes, les vitraux de la chapelle de la Maison diocésaine sont une merveille due à l’artiste Max Ingrand.

Les quatre évangélistes de Max Ingrand XXè siècle (Maison diocésaine Rennes)

La rosace Nord de Chartres XIIIè siècle

Vitrail XIXè Chapelle Redon

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Un vitrail de Georges Rouault XXè siècle Eglise N.D. de Toute Grâce (Haute-Savoie)


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FC

D BF

Quatorze tableaux représentant les moments forts de la Passion de Jésus depuis sa condamnation par Ponce Pilate jusqu’à sa mise au tombeau. Ces tableaux se trouvent sur les murs tout autour de l’église. Il existe des chemins de Croix plus importants, édifiés dans la nature, avec des personnages grandeur nature comme à Pontchâteau ou à Lourdes. Voici les 14 stations : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14.

Jésus est condamné à mort Jésus porte sa croix Jésus tombe sous le poids de sa croix Jésus rencontre sa Mère Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix Véronique essuie le visage de Jésus Jésus tombe pour le seconde fois Jésus console les filles d’Israël Jésus tombe pour la troisième fois Jésus est dépouillé de ses vêtements Jésus est cloué à la croix Jésus meurt sur la croix Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère Jésus est mis au tombeau

Une des 14 stations : Véronique essuie le visage de Jésus (chapelle Redon)

A CF F Il y en a un à chaque entrée. Ils contiennent de l’eau bénite. Les fidèles peuvent se mouiller la main (symbole de purification) avant de faire le signe le la croix.

Bénitier à une entrée de l’église de Guipry

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F

F

Ce sont des coffrets plus ou moins sculptés et décorés qui contiennent des reliques de saints (fragments d’os, ou morceaux de vêtements ayant appartenu à un saint). Les plus grands reliquaires peuvent contenir tout le corps du saint (ou la représentation de tout le corps): on l’appelle alors une « châsse ». (Sainte Bernadette à Nevers, le Curé d’Ars, Sainte Thérèse de Lisieux….)

Chef (ou tête) de St-Yves à Tréguier (Côtes d’Armor)

Reliquaire des Rois Mages à Cologne (Allemagne)

Châsse de Sainte Thérèse à Lisieux

-57Reliquaire en forme de bras On voit bien l’os du bras derrière la vitre (Abbaye de Paimpont)

57


A

BA

Dans les églises, il existe une multitude d’autres objets de piété : tableaux de peinture, icônes (surtout dans les églises de rite oriental), tapisseries, mosaïques, fresques, bas-reliefs, images, etc… En voici quelques-uns.

Une fresque est peinte directement sur le mur

Fresque au Mont Ste-Odile (Vosges)

Mosaïque de Fernand Léger à N.D. de Toute Grâce

Tapisserie de Jean Lurçat (Apocalypse) N.D. de Toute Grâce

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FD!C L’icône occupe une place particulière dans la religion chrétienne. Très répandue et objet d’un culte exceptionnel chez les Orthodoxes, elle est arrivée chez les catholiques surtout à la fin du siècle dernier. L’icône est d’abord une « prière », elle est signe du Divin. On ne peut vraiment apprécier l’icône que si on la vit de l’intérieur. Son sens n’est connu que de l’artiste qui la peint.

Le père Luc Devoisin-Lagarde (prêtre orthodoxe)

peint une icône

Icône de la Vierge Marie

L’une des icônes les plus célèbres : La Sainte-Trinité de Roublev

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BB Les ex-voto ont tenu une place importante dans la pratique religieuse populaire. Le plus souvent, ce sont de petites plaques de marbre qui sont placées sur les murs ou les piliers de l’église en remerciement d’une grâce ou d’une guérison obtenue par l’intermédiaire d’un saint. Les murs de la basilique du Rosaire à Lourdes en sont complètement recouverts. Il existe d’autres ex-voto : on peut voir par exemple, dans une chapelle ou une église au bord de la mer, la maquette d’un bateau, pour remercier la Vierge d’avoir préservé le bateau d’un naufrage… A Rocamadour, on voit les chaînes et fers de prisonniers libérés. A Lourdes, ce sont des béquilles d’anciens malades…Dans d’autres églises, ce sont des tableaux…

Plaque commémorative La maquette d’un bateau dans une chapelle au bord de la mer (Camaret Finistère)

Tableaux servant d’ex-voto à Notre Dame de la Garde à Marseille

Ex-voto : petites plaques de marbre Eglise de Guipry

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B A

BCC

F

B

C

Autrefois, on enterrait les morts dans l’église. Ensuite, autour de l’église. On trouve encore de nombreux cimetières autour de l’église du village. Les personnages importants d’une communauté se faisaient enterrer dans la crypte de l’église, sous les dalles de l’église et parfois même dans l’épaisseur du mur. On élevait alors un monument à sa mémoire. Ces monuments sont encore visibles. Il y a plusieurs sortes de monuments : les « enfeu » (du mot enfouir), ce sont de cavités dans le mur d’une église, les gisants qui représentent les défunts allongés, les « orants » (ou « priants »), le défunt est présenté à genoux (orant veut dire « priant ») . Les rois de France étaient enterrés à Saint-Denis où nous voyons de véritables monuments à l’intérieur de la cathédrale. Un cénotaphe est un monument qui ne contient pas le corps du défunt.

Gisants d’Aliénor d’Aquitaine et de Henri II dans l’abbatiale de Fontevraud (Maine et Loire)

Orant d’un Roi de France à St-Denis

Enfeu dans l’abbatiale St-Sauveur de Redon (I. et V.)

N.B. Il existe aussi le « Transi ». C’est la statue, sur un tombeau, représentant le cadavre décomposé ou le squelette du défunt

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62


III. Au service du culte A.

LES OBJETS DE CULTE

La Croix est le premier symbole de la religion chrétienne, c’est pourquoi le crucifix tient une place d’honneur dans l’église. « C’est par la Croix que Jésus est venu nous sauver ». Toujours sur ou au dessus de l’autel, mais aussi face à la chaire, dans le chœur, etc…Les artistes de tous les temps ont rivalisé d’imagination et de sens artistique pour représenter Jésus en croix. N.B. L’inscription « I.N.R.I. » au dessus de la tête du Christ sont les quatre premières lettres de : « Jésus de Nazareth Roi des Juifs » Christ de l’église de SaintSavin (Hautes-Pyrénées) XIIè siècle

Christ de Germaine Richier Artiste contemporaine N.D. de Toute Grâce (Haute-Savoie)

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A

B CD E F

E

F

La plus répandue

Croix latine

Croix grecque

Croix de Malte

Croix de Saint-André

Croix de Saint-François d’Assise

Croix M.E.J.

Il en existe d’autres : croix scoute, croix de Lorraine, croix gammée (de triste mémoire), etc…

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C’est un vase qui sert à recevoir le vin qui sera consacré et deviendra le sang de JésusChrist. Il sert essentiellement pendant la messe.

D C Petit plat rond qui reçoit la grande hostie consacrée pendant la messe

Calice et patène appartenant au Père Trémoureux de Guipry

F Vase sacré également, avec un couvercle. Il contient les hosties consacrées. Il est dans le tabernacle et sert au moment où l’on distribue la communion.

Un ciboire particulièrement ouvragé

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FED CEF Objet de culte en forme de soleil servant à montrer l’hostie lors de manifestations importantes comme la procession de la Fête-Dieu, ou la procession du SaintSacrement à Lourdes. La petite boîte ronde en verre qui contient l’hostie s’appelle «lunule » . (Le petit coffret qui sert à porter la communion aux malades s’appelle « custode »)

Ostensoir de la paroisse de Guipry

E

DD E

Ce sont de petits vases qui servent à mettre l’eau et le vin de messe.

Burettes et leur plateau

F

F

Petit linge blanc que le prêtre étend sur l’autel pour y déposer l’hostie et le calice. C’est un peu comme un set de table. Corporal déplié 66


C D C’est un petit linge dont se sert le prêtre pour s’essuyer les doigts au moment du « lavabo » après l’offertoire pendant la messe. Il sert aussi à essuyer le calice à la fin de la messe. (à noter qu’il y a aussi la « pâle », sorte de carton carré recouvert d’un tissu blanc qui sert à recouvrir le calice)

Le manuterge est le linge qui recouvre la patène et le calice

C

CEF

Récipient tenu par des chaînettes. Il sert à mettre le charbon ardent qui servira à brûler les grains d’encens. Il est utilisé lors des enterrements pour encenser le corps du défunt. Lors des grandes cérémonies (messes solennelles, saluts au Saint-Sacrement…) on l’utilise pour encenser le prêtre, les fidèles, le Saint-Sacrement. La fumée est symbole de la prière qui monte vers Dieu. Autrefois on réservait l’encens au culte des dieux (chez les Romains par exemple). Les Rois Mages ont offert de l’encens à Jésus nouveau-né pour signifier qu’il était Dieu. (Le petit récipient à droite de l’encensoir s’appelle une navette : il contient les grains d’encens)

BC D

D

F

FC

Le bénitier (portable) est un récipient qui contient l’eau bénite. Le goupillon est un petit objet composé d’une boule percée et d’un petit manche. Il sert à asperger les fidèles avec de l’eau bénite. On s’en sert aussi aux enterrements pour bénir le corps du défunt.

Bénitier portable et son goupillon

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C Il vaudrait mieux dire les chandeliers car il peut y en avoir beaucoup dans une église. Il sert à soutenir le ou les cierges Il peut être simple ou à plusieurs branches. On dit alors « candélabre ».

Deux chandeliers simples sans les cierges Un candélabre à deux branches

C L’autel qui sert à célébrer la messe est comme la table d’un repas. On le recouvre donc d’une nappe blanche ou d’une couleur liturgique, en signe de fête.

EE

C’est le livre de prières dont se servent le prêtre et les fidèles pendant les offices.

Très beau Missel ou lectionnaire* de l’artiste en orfèvrerie Goudji (Chartres) *On dit aussi « évangéliaire »

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D FCC C’est un livre contenant les lectures de la Bible lues surtout pendant la messe. Il est souvent assez volumineux et bien mis en valeur sur un lutrin.

Un lutrin en forme d’aigle de Goudgi (Chartres)

D

D

FE

Dizainier

Vient du mot « chapeau » (couronne). Il ressemble à un collier de perles en bois ou en verre. Il comprend cinq dizaines de grains séparées par un grain espacé. Il y a, hors collier, trois grains avec une croix. Cet objet sert à réciter des « Ave Maria » ou « Je vous salue Marie », prière à la Vierge Marie. On en voit beaucoup à Lourdes. Un Rosaire comprend trois chapelets (150 Ave), pendant lesquels on médite les Mystères de la vie du Christ. (Mystères Joyeux, Mystères douloureux et Mystères glorieux). Le pape Jean-Paul II a ajouté les mystères Lumineux. Le dizainier (ou dizenier) est une sorte de bague qui est utilisée pour réciter une dizaine de chapelet. A noter que la Vierge de Lourdes avait un chapelet pendu à son bras droit lors de ses apparitions à Bernadette.

On égraine son chapelet

Chapelet N.D. de Lourdes

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B De tous temps, les hommes ont voulu se mettre sous la protection des « Forces surnaturelles », des « dieux », des « héros »… Les primitifs portaient des « amulettes » autour du cou, des pieds ou des bras. De nos jours, les hommes portent des bijoux. Les chrétiens portent des chaînes avec croix et médailles. Ils veulent ainsi se mettre sous la protection d’un saint qu’ils aiment particulièrement. On offre souvent une médaille de la Vierge au bébé baptisé. Dans les lieux de pèlerinage, on ne compte plus les magasins qui vendent des médailles, parfois de grande valeur.

La « Médaille miraculeuse » Rue du Bac à Paris

F

DD

A certains moments de la messe, en particulier à l’élévation, l’enfant de chœur agite une clochette pour attirer l’attention des fidèles. Une clochette d’enfant de chœur

CC Sorte de drapeau ou d’étendard, c’est une pièce d’étoffe attachée à une hampe (manche en bois). Elle représente un saint, souvent de la paroisse, et est portée en procession lors d’une fête.

Bannière de St André (Roc St-André- Morbihan)

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B.

LES PRODUITS NATURELS SERVANT AU CULTE

Symbole très fort dans la religion : l’eau qui purifie (aspersion) ; l’eau qui donne la Vie. On trouve l’eau surtout dans le sacrement du Baptême. Mais dans la Bible, on trouve aussi l’eau, symbole de mort. (le déluge). A la messe, l’eau se mêle au vin.

Le prêtre verse de l’eau sur la tête du baptisé

La cire sert à fabriquer les cierges qui donnent la Lumière. C’est l’un des grands symboles de la religion. Jésus n’a-t-il pas dit qu’il était la Lumière du monde ? Le cierge pascal est à la place d’honneur dans le chœur de l’église. Il représente le Christ ressuscité. La flamme du cierge que l’on offre à la Vierge ou à un saint symbolise la prière qui se continue et qui monte vers Dieu. Dans certains lieux de pèlerinage, à Lourdes par exemple, on fait une grande consommation de cierges. A la veillée pascale, bénédiction du feu et du cierge pascal. A noter : on a gravé sur le cierge pascal une croix avec les chiffres de l’année et en haut et en bas de la croix l’Alpha et l’Oméga

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C Il est surtout utilisé à la messe. Après la consécration, il deviendra le sang du Christ. Il est aussi symbole de fête. La grappe de raisin, qui donnera le vin, est très représentée dans les églises. Jésus a souvent parlé de vigne, de vignerons (lire les paraboles).

Grappes de raisin

C Lui aussi sert surtout à la messe (sous forme d’hosties). Il sera transformé au Corps du Christ. Nous le mangeons à la communion. Dans l’évangile, il est aussi question de pain : multiplication des pains, à la cène Jésus prend du pain, les disciples d’Emmaüs le reconnurent à la fraction du pain….

Pain naturel ou hostie, c’est le même pain, mais l’hostie est faite sans levain.

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Fabriquée avec des aromates spéciaux, cette huile sert pour les onctions (baptême, confirmation, sacrement de l’Ordre, sacrement des malades.) Autrefois on versait de l’huile sur la tête du futur « roi ». Huile, symbole de souplesse et de force. Le prophète Samuel consacre le roi David en lui versant de l’huile sur la tête

C Symbole de notre destinée mortelle (nous sommes tous appelés à mourir), les cendres sont imposées aux fidèles le mercredi des cendres, au début du Carême. Les fidèles sont invités à se convertir et à faire pénitence pour demander pardon. Les cendres sont obtenues en brûlant les rameaux de l’année précédente.

Grains d’encens

C

CE Ce sont de grains d’une résine aromatique tirée d’une plante qui vit principalement en Arabie. La combustion de cette résine dégage une fumée à l’odeur agréable et forte. Cette fumée symbolise la prière qui monte vers Dieu. L’encens est contenu dans une « navette », sorte de boîtier à couvercle. (voir également page 67) Navette contenant de l’encens

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Le jour des Rameaux on célèbre l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Ce jour-là, les fidèles apportent une branche de laurier ou de palme et entrent en procession dans l’église. La coutume veut que l’on mette une petite branche de laurier sur le crucifix à la maison.

Branches de laurier

E

E

On les utilise lors des cérémonies festives. Elles servent à décorer l’église. Elles sont symboles de vie et de fête.

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IV. LES SIGNES DISTINCTIFS A. LES VÊTEMENTS

C’est une grande robe blanche que le prêtre revêt pendant les offices. Les enfants de chœur sont de plus en plus habillés en aube. A noter que les communiants portent souvent une aube le jour de leur profession de Foi.

Le prêtre est revêtu d’une aube avec son étole verte par dessus

AB Longue bande de tissu de la couleur liturgique (voir pages 83 et 84) que le prêtre porte autour du cou et qui redescend de chaque côté. Le diacre utilise l’étole par dessus une seule épaule (en diagonale).

Le prêtre pose son étole sur une pénitente (Sacrement du pardon)

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CD E

B

C’est un vêtement liturgique de la forme d’un manteau sans manches (un peu comme un poncho) que le prêtre met pour célébrer la messe. Sa couleur tient compte aussi de la liturgie.

Le prêtre porte une chasuble blanche

Autrefois le prêtre célébrait la messe le dos tourné aux fidèles. Il porte une chasuble.

Le prêtre porte la chape dorée

CD F C’est un grand manteau qui descend jusqu’aux pieds. La chape est de moins en moins utilisée. Elle sert surtout lors des processions au Saint-Sacrement (Fête-Dieu), aux vêpres et à quelques cérémonies particulières. Comme la chasuble, sa couleur dépend de la liturgie.

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E

FB E

B

ACD

Sorte de chemise blanche à manches amples (pour le surplis) ou à manches resserrées (pour le rochet) que le prêtre ou les enfants de chœur mettent par-dessus la soutane pendant les offices.

Les enfants de chœur portent une soutane rouge et un surplis blanc

Petit chapeau carré des ecclésiastiques. Elle n’est guère utilisée que pour la remise de la barrette aux cardinaux.

C

B

B

A

C’est une sorte de châle de couleur (ou petite cape) que certains prêtres mettent par-dessus le surplis. Les chanoines (prêtres ayant une distinction honorifique) utilisent le camail. Il faut dire que ce vêtement est de moins en moins porté.

Ces cardinaux portent la mozette rouge par-dessus le rochet

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EA Robe longue qui distingue le clergé ou les religieux des laïcs. Elle est noire pour les prêtres et certains religieux, violette pour les évêques, rouge pour les cardinaux et blanche pour le pape. Chez les moines et moniales, la forme et la couleur des soutanes varient d’une congrégation à l’autre : blanche chez les dominicains, brune chez les franciscains, grise chez les clarisses, noire chez les bénédictins, etc….On appelle aussi cette soutane une coule ou un froc. Les enfants de chœur ont parfois une soutane rouge. (Elle est de plus en plus remplacée par l’aube blanche)

Ce moine bénédictin porte une soutane noire

N.B. La soutane est de moins en moins portée en dehors des offices religieux. Les prêtres et même les évêques portent des vêtements comme tout le monde. Une croix plus ou moins discrète les distingue des laïcs.

Le pape porte une soutane blanche Une petite croix au revers de la veste permet d’identifier ce prêtre

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B

EC F B

La bure est une soutane d’étoffe grossière que portent certains moines ou ermites. Certains religieux portent sur leur soutane une longue bande de tissu appelée scapulaire. Ce vêtement monastique est composé d’une capuche et d’une bande de tissu rectangulaire qui passe sur les épaules. On voit très bien sur cette photo le scapulaire noir du moine

AB

A CA

E

B

E E

Cette religieuse porte encore la « cornette »

Bien qu’étant de moins en moins utilisé, le voile des religieuses existe toujours. C’est leur signe distinctif.

Mère Teresa portait le voile et ses compagnes le portent encore

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B. LES ACCESSOIRES B C’est une sorte de chapeau à deux pointes que l’évêque porte lors des cérémonies qu’il préside. La tiare, coiffure distinctive du pape, n’est plus utilisée. C’était un chapeau à trois couronnes. Des artistes ont représenté Dieu le Père avec une tiare sur la tête, symbole de la Royauté suprême.

Le pape porte la mitre

Le pape porte la mitre

Sur ce tableau de la Trinité, le Père porte la tiare

C AEE C’est un bâton qui rappelle le bâton du berger qui conduit ses brebis. Le haut est souvent recourbé.

L’évêque tient sa crosse à la main Mgr Pierre D’Ornellas Archevêque de Rennes

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C A

F CA B

L’évêque porte sur sa poitrine une croix. Mgr Billé porte la croix pectorale

C’est le signe de l’alliance de l’évêque avec son diocèse.

L’évêque porte l’anneau à la main droite

F BB C’est une bande d’étoffe de laine blanche avec des croix noires. Il est remis par le pape aux archevêques. (Un archevêque est un évêque qui a la responsabilité de plusieurs diocèses) Le pallium est porté lors des grandes cérémonies par-dessus la chasuble.

Le pape remet le pallium à un archevêque

81


C BA C’est une petite coiffure ronde (demi-sphérique), violette pour les évêques, rouge pour les cardinaux et blanche pour le pape.

Ces deux cardinaux portent une calotte rouge.

Le pape porte la calotte blanche A noter, au lieu d’avoir une crosse, le pape tient une croix

Le pape porte la calotte blanche

E

A

E

B

E

Comme les seigneurs autrefois, les évêques ont des armoiries que l’on trouve au-dessus de la cathèdre(siège de l’évêque dans la cathédrale). Souvent les armoiries sont accompagnées d’une devise, c’est à dire une petite phrase que l’évêque a choisie pour dire quelle est sa priorité dans son travail et son cheminement vers Dieu.

82


Nous venons de voir les vêtements liturgiques et tu as pu constater que leur couleur varie. Nous allons donc finir ce chapitre par les couleurs qui sont autant de symboles.

C. LES COULEURS LITURGIQUES B

C

C’est la couleur de la Joie, de la Pureté. Le blanc est la couleur des jours de Fête : Pâques, Noël, …

A L’or peut remplacer le blanc, le rouge et le vert, mais il est surtout employé dans les grandes fêtes comme le blanc.

Le vert est symbole d’espérance, d’attente. Il est utilisé les dimanches ordinaires. Les chrétiens sont dans l’attente du retour du Christ.

AB

Utilisé pendant le Carême et l’Avent, il est symbole de Pénitence. On l’emploie aussi pour les enterrements où il a remplacé le noir. A noter : Le troisième dimanche de l’Avent et le quatrième dimanche de Carême, on utilisait le rose, plus gai que le violet. C’étaient des jours où l’on se permettait d’être plus réjoui au milieu de ces deux périodes austères. Les textes d’ailleurs invitaient à la joie. Il n’est plus utilisé, très peu d’églises ont des vêtements liturgiques roses.

83


A Symbole de l’Amour, il est employé pour la Pentecôte, fête de l’Esprit-Saint. Quand on célèbre un martyr, un saint qui est mort pour sa Foi, le prêtre s’habille également de rouge. Le rouge est également symbole de Puissance. Les empereurs romains s’habillaient en rouge. Le Pape a une cape rouge, les cardinaux sont également habillés de rouge lors des cérémonies.

Les évêques ont revêtu la chasuble rouge lors d’une ordination

A Le noir, symbole de deuil, de mort, n’est pratiquement plus utilisé. Il est remplacé par le violet. Les chrétiens savent qu’après la mort tout n’est pas fini. Ils ont l’Espérance de vivre après la mort comme Jésus le leur a promis.

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Voici quelques chasubles aux différentes couleurs liturgiques :

Très belle chasuble couleur « or » avec beaucoup de symboles religieux 85


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V. LES GESTES AB C Premier geste du chrétien qui rappelle à la fois le Mystère de la Trinité (Il y a trois personnes en un seul Dieu) et le Mystère de la Rédemption. (Jésus est mort pour nous sauver) « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Avant la lecture de l’évangile à la messe, les chrétiens font trois signes de croix : l’un sur le front (pour demander la compréhension de ce texte), un autre sur la bouche (pour bien proclamer cet évangile) et le dernier sur le cœur (pour dire que c’est par l’amour que l’évangile peut changer notre vie).

Une maman apprend à sa petite fille à faire le signe de la croix

DE

F

C’est un signe d’imploration, de prière. A la messe, on récite le Notre Père, les mains levées. Le prêtre chante ou lit la préface, les bras levés. Les mains levées peuvent aussi signifier la joie, l’allégresse. (Quand un joueur marque un but dans un match, les spectateurs lèvent les mains pour exprimer leur joie.)

Le prêtre lève les bras vers le ciel

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DE

B

A

F

DE

B

La position des mains peut varier pendant la prière : vers le sol, près du corps, mains jointes, etc… chacun prie avec son corps, de la manière qui lui semble la plus appropriée. Cette femme prie les mains ouvertes en signe d’offrande

Mains jointes

E

F CB

On plie le genou jusqu’à terre en signe de respect et d’humilité. On est petit devant Dieu.

F E B C’est un peu comme la génuflexion. On s’incline devant quelqu’un que l’on reconnaît plus grand que soi. On s’incline au moment de l’élévation après que le prêtre ait montré l’hostie et le calice aux fidèles.

AE

A FE B A

Au début de la messe on demande pardon pour ses péchés. On se reconnaît pécheur devant Dieu et devant ses frères.

EC Très symbolique, il montre que l’on veut faire la paix avec les autres, et c’est aussi l’occasion de montrer que l’on s’aime bien entre chrétiens. On se donne l’accolade ou on se serre la main.

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E B

B

BA

! L’ homme debout: dignité et grandeur de l’Homme créé à l’image de Dieu.

-"

B C

Comme la génuflexion, la position à genoux est signe d’humilité et en même temps de recueillement.

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Position d’attente, de réception : on est prêt pour accueillir la Parole de Dieu. Position également de détente pour plus d’intériorité, de méditation.

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#FE AB AE B $

Assez rarement utilisée, cette position ressemble un peu à la position à genoux. L’homme est petit devant son Dieu, c’est en même temps un signe de don total. Avant d’être consacré, le futur prêtre s’allonge pendant la litanie des Saints. (Cérémonie de l’Ordination)

D B

B

DE

Au cours d’une cérémonie, le prêtre ou l’évêque impose parfois les mains sur la tête du futur prêtre (ou du confirmant). Il demande à l’Esprit-Saint de le soutenir dans sa vie de prêtre ou de confirmé. Au baptême également, le prêtre impose les mains sur le futur baptisé. (voir également P. 84)

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L’homme est en marche sur cette Terre. Il est un pèlerin en route pour l’au-delà… Les marches, processions et pèlerinages sont des signes importants dans l’Eglise. Au Moyen-Age, les Pèlerinages à Jérusalem, à Saint-Jacques de Compostelle, à Rome étaient très fréquents. Les gens y allaient pour demander le pardon de leurs péchés. On va aussi en pèlerinage pour demander une grâce ou pour dire merci. Lourdes, en France, est le principal lieu de pèlerinage, il est spécialement consacré à la Vierge Marie. Il en existe beaucoup d’autres : Lisieux (Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus), Paray le Monial, Mont Saint-Michel, La Salette, Montmartre, Rue du Bac à Paris, Pontmain, etc… Il faut noter le renouveau pour la marche. Le Chemin de Saint-Jacques vers Compostelle est de plus en plus fréquenté. En Bretagne, il y a le Tro Breiz, marche qui relie les 7 saints fondateurs de la Bretagne catholique : St Brieuc, St Malo, St Samson (Dol), St Patern (Vannes), St Corentin (Quimper), St Pol Aurélien (St Pol de Léon) et St Tugdual (Tréguier).

Etudiants en marche vers Chartres 91


Voici quelques lieux de pèlerinage :

Rome

Jérusalem

Lourdes

Fatima

Saint-Jacques de Compostelle

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EA B En Bretagne, le pèlerinage a pour nom « le Pardon ». Le pardon breton est à mi-chemin entre la fête profane et la fête religieuse. Quelques-uns sont très célèbres : Sainte-Anne d’Auray, Tréguier pour Saint-Yves, Sainte-Anne la Palud, les Troménies de Locronan, etc….

Pardon de SainteAnne La Palud La statue de Ste-Anne est portée en procession

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Le moment fort du Pardon ou du Pèlerinage est la procession. On défile en chantant des cantiques et l’on sort pour la circonstance la statue du saint ou de la sainte, on défile derrière les bannières et la croix de procession est toujours en tête.

Les croix de procession et les bannières sont de sortie

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Il existe encore plusieurs autres gestes dont on a déjà parlé. Rappelons pour mémoire : l’encensement, l’aspersion avec l’eau bénite.

B

F

Le souffle dont on n’a pas parlé est très peu utilisé. (le prêtre souffle sur l’eau qu’il bénit) Autrefois, il soufflait sur le baptisé. Le souffle est le symbole de la présence de Dieu, il rappelle le vent de la Pentecôte quand les Apôtres ont reçu le Saint-Esprit. Dans la Bible, il est question du « souffle de Dieu » dans la Genèse : « Dieu souffla sur les eaux et les sépara de la terre ferme… » … « Dieu modela l’homme avec de la poussière et insuffla dans ses narines l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant. »… Dieu se manifeste à Elie dans la brise légère, ….

Vitrail de l’artiste peintre Christian CHIBOUT (Eglise St Hilaire d’Halluin près de Lille)

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VI. LES CYCLES LITURGIQUES Depuis le calendrier grégorien, (les anciens avaient une autre conception que la nôtre des mouvements des astres), on peut dire que la liturgie chrétienne s’appuie sur trois cycles. Le mot « cycles » donne l’idée de tourner en rond; en réalité, il vaudrait mieux dire « spirale liturgique » qui a un sens plus dynamique. Une spirale donne cette idée d’élan vers le haut ou vers le bas. Le chrétien est appelé à creuser sa Foi, à l’approfondir chaque jour, chaque semaine et chaque année, mais il est aussi invité à monter vers son Dieu.

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Tout au long de la journée, il y a la liturgie des « Heures » qui se compose de prières, de psaumes ou de lectures. Les moines ont sept offices durant une journée : Les Matines (dans la nuit vers 4 à 5 heures), les Laudes (au lever du jour), les Tierces (vers 10 heures) suivies de la Messe, Sextes et Nones (vers 12 – 13 heures) Les Vêpres en fin d’après-midi Les Complies le soir Moines de Landévennec pendant un office

Trois fois dans la journée, on peut réciter l’Angélus qui rappelle la Salutation de l’Ange Gabriel à Marie. Les cloches de nos églises le rappellent le matin à 7 heures, le midi et le soir à 19 heures.

L’Angélus de Millet

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Le rythme de la semaine date des Egyptiens et a été repris par les Romains. Ceux-ci donnèrent le nom de leurs dieux aux jours de la semaine. C’est ainsi que le « Luna Die » (jour de la lune) devint le lundi, le mardi le jour de Mars, le mercredi le jour de Mercure, le jeudi le jour de Junon, le vendredi le jour de Vénus, le samedi le jour de Saturne. Les chrétiens ont fait commencé la semaine le dimanche le « jour du Seigneur » en l’honneur de sa Résurrection. Le cycle hebdomadaire commence donc le dimanche, premier jour de la semaine.

Calendrier romain

*

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Le cycle annuel est plus complexe. Il faut distinguer le « cycle temporal » et le « cycle sanctoral ». Le cycle temporal célèbre les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption : c’est donc le plus important. Le cycle sanctoral célèbre les saints.

Représentation schématique du cycle annuel

Cycle temporal Voici dans l’ordre les temps et les principales fêtes de l’année liturgique : L’AVENT (du latin « adventus = avènement ) L’année liturgique commence par ce temps de préparation à Noël. Il y a quatre dimanches de l’Avent. Jean-Baptiste a préparé la venue du Messie (Icône grecque)

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NOËL (du latin natalis dies = jour de naissance) le 25 décembre soit 9 mois après l’Annonciation célébrée le 25 mars. Noël a christianisé la fête païenne du solstice d’hiver. (A remarquer qu’au solstice d’été, le 24 juin, on célèbre Jean-Baptiste le précurseur de Jésus)

Tableau de la Nativité

L’EPIPHANIE (du grec epiphaïno= faire apparaître) C’est la fête de la « manifestation » du Messie qui est venu sauver l’humanité toute entière. Fixée au 6 janvier, elle est à la fois fête de la Lumière symbolisée par l’étoile, fête des Rois Mages que l’on met dans la crèche , fête de la galette qui symbolise le Pain de Vie (l’Eucharistie). On a coutume de représenter les trois rois par trois hommes de couleurs différentes : un blanc, un jaune et un noir. : symbole de toute l’humanité. Ils offrent des présents : de l’or symbole de la royauté du Christ, de l’encens, symbole de sa divinité, et de la myrrhe, symbole de son humanité. (Pour l’anecdote voici le nom des rois mages : Melchior, Balthazar et Gaspar) Crèche mexicaine avec les rois mages

LA CHANDELEUR 40 jours après la naissance de Jésus, le 2 février, on célèbre sa Présentation au temple de Jérusalem. C’est encore la fête de la Lumière. Le vieillard Siméon a dit de l’enfant « Lumière qui éclaire les nations… » Avant la messe, on bénit des cierges que les gens emmènent chez eux. LE CARÊME (du latin quadragesima = 40ème jour avant Pâques) C’est un temps de préparation pénitentielle à la fête de Pâques. Les quarante jours rappellent les 40 ans des Hébreux au désert, les 40 jours de Jésus au désert.

97


Le Carême commence le mercredi des cendres. Le prêtre fait un signe de croix sur le front des fidèles avec de la cendre (reste de la combustion des rameaux de l’année précédente) qui symbolise notre précarité sur cette Terre. « Tu es poussière et tu retourneras en poussière » (Genèse 3,19)

Imposition des cendres

La pratique du jeûne a évolué au cours des siècles. Actuellement il est demandé de jeûner les jours du mercredi des cendres et du vendredi saint. Les vendredis de carême, il est demandé de faire abstinence, c’est à dire de ne pas manger de viande. Le sixième dimanche de Carême est le dimanche des Rameaux qui commence la semaine sainte. Il commémore l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il y a bénédiction et procession des rameaux que les fidèles rapportent à la maison.

PÂQUES (de l’hébreux päsah = épargner) C’est la plus importante fête liturgique de l’année. Tout le cycle de l’année liturgique dépend de la fête de Pâques qui se célèbre le dimanche qui suit le 14è jour de la lunaison de mars soit au plus tôt le 22 mars, et au plus tard le 25 avril. Pâques rappelle la sortie d’Egypte des Hébreux sous les ordres de Moïse, mais surtout pour un chrétien la Résurrection de Jésus

Icône grecque de la Résurrection

L’ASCENSION Quarante jours après Pâques, les chrétiens célèbrent le retour définitif de Jésus vers son Père.

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LA PENTECÔTE (du grec pentêkonta = cinquante) Cette fête rappelle la descente de l’Esprit Saint sur le Apôtres réunis au cénacle autour de Marie. Le vent et les langues de feu sont les symboles de l’Amour qui se répand à travers le monde. C’est la fête de la naissance de l’Eglise.

La Pentecôte (enluminure)

LA TRINITE Le dimanche qui suit la Pentecôte, on fête le Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

LA FÊTE-DIEU Autrefois, fête populaire marquée par la procession du Saint Sacrement de reposoirs en reposoirs et par l’adoration du Saint-Sacrement. Si celle-ci est encore à l’honneur, les processions disparaissent de plus en plus.

Le prêtre porte l’hostie dans un ostensoir

99


LE SACRE-CŒUR Cette fête est célébrée le vendredi après la Trinité et centrée sur le symbole de l’Amour de Jésus. Elle se fonde sur l’épisode de son cœur transpercé par un soldat romain, après sa mort sur la croix.

Image pieuse du XIXè siècle

L’ASSOMPTION (du latin assumere = emporter, soulever) Le 15 août, l’Assomption célèbre la montée au ciel de Marie qui a rejoint son Fils.

L’Assomption par Nicolas Poussin

LA TOUSSAINT (de l’ancien français Toz Sainz = tous les saints) Cette fête date du XIè siècle. Le premier novembre, on fête tous les saints, qu’ils soient au calendrier ou non. Le lendemain 2 novembre c’est la commémoration de tous les défunts. LE CHRIST-ROI Le dernier dimanche du temps ordinaire, on célèbre depuis 1925 la fête du Christ-Roi.

100


Cycle sanctoral Tout au long de l’année, nous fêtons quelques grands saints. En voici quelques-uns pour mémoire. 22 janvier : Saint-Vicent de Paul 18 février : Sainte-Bernadette 19 mars : Saint-Joseph 25 avril : Saint-Marc 27 mai : Saint-Augustin

St Vincent de Paul

Ste Bernadette

29 juin : Saint-Pierre et Saint-Paul 26 juillet : Sainte-Anne 11 août : Sainte-Claire 29 septembre : Saint-Michel 1er octobre : Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus 22 novembre : Sainte-Cécile Ste Anne

27 décembre : Saint-Jean l’Apôtre

St Jean

…et aussi St François, Ste Madeleine, St Bruno, Ste Jeanne de Chantal…. etc… et n’oublions pas toutes les fêtes de la Vierge-Marie qui s’échelonnent tout au long de l’année : L’Annonciation (25 mars) – L’Assomption (15 août) – Présentation de Marie au temple (21 novembre) - L’Immaculée Conception (8 décembre) ….

Tous les saints autour de l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck (Cathédrale de Gand)

101


102


VII. LES IMAGES SYMBOLIQUES La bible est pleine d’images prises dans la vie des gens de l’époque et du pays. En voici quelques unes qui sont souvent présentes dans les églises, que ce soit en images, tableaux, fresques, vitraux, tapisseries, sculptures, etc…

L’agneau est l’une des images fortes de l’Evangile. A la messe nous disons « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » . Jésus est l’Agneau Pascal, l’agneau immolé. On trouve également l’Agneau dans l’Apocalypse de Saint-Jean. (voir tableau p. 101)

Clef de voûte représentant l’Agneau de Dieu

A

A

« Je suis le bon berger » dit Jésus. Il donne sa vie pour ses brebis.

L’imagerie populaire représente souvent Jésus en « Bon Berger »

103


B C

AD E

A F

E

On se rappelle la parabole du semeur, avec le bon grain et l’ivraie.

Semeur de Van Gogh

A C

EF F A

Symbole de paix, de réconciliation. Voir le déluge. La colombe ramène un rameau d’olivier.

Un olivier

E C L’Esprit-Saint est très souvent représenté sous forme d’une colombe. Symbole de pureté, de douceur et de candeur, la colombe est aussi le symbole de la Paix. Vitrail de Max Ingrand

104


Dessin d’enfant Image pieuse Baptême de Jésus

Les langues de feu à la Pentecôte. Le feu de la « Géhenne » est très souvent représenté sur le tympan des cathédrales dans le tableau du jugement dernier. Il symbolise à la fois l’Amour et son contraire. Le feu purifie.

Image pieuse actuelle

FBB C’était le signe de reconnaissance des premiers chrétiens. Il symbolise l’Eucharistie avec le pain. (Multiplication des pains et des poissons). C’est l’un des signes les plus représentés. Mosaïque en Israël 105


A

E

C’est un cercle, généralement doré, qui entoure la tête des saints sur les images. Il symbolise l’appartenance à Dieu. L’auréole est comme un soleil, une lumière. Le saint est dans la lumière de Dieu. A noter que Jésus a une auréole croisée, c’est à dire qu’il y a une croix dans le cercle lumineux.

Ste Claire et St François

Icône du Christ

C

AE

La mandorle est une ornementation en forme d’amande qui symbolise le ciel. On représente souvent le Christ en gloire à l’intérieur d’une mandorle. Parfois même dans une double mandorle comme sur la fresque de droite.

Montoire s/ Loir (Loir et Cher)

106


B

B

Ce sont les messagers de Dieu. Quand Dieu veut parler aux hommes, il envoie un ange faire la commission. L’Ange Gabriel annonce à Marie qu’elle sera la Mère de son Fils. Les plus connus sont St-Michel, St-Gabriel et St-Raphaël. Dans la hiérarchie angélique citons : les Principautés, les Séraphins, les Chérubins, les Archanges, les Dominations, etc… On les représente le plus souvent avec des ailes. Il y a aussi l’ange gardien de chacun. Les anges déchus s’appellent les démons dont le principal est Satan (ou Lucifer). Ils sont très présents dans l’imagerie populaire. Ils représentent le Mal. L’Annonciation de Fra Angelico

A

Symbole de l’Amour. Le Sacré-Cœur est très vénéré. On représente aussi le cœur de Marie. « Un glaive de douleur te transpercera le cœur… »

Une vieille image en tissu du Cœur de Jésus (XIXè siècle)

Image pieuse du siècle dernier

107


Deux lettres grecques très utilisées pour représenter le Christ. On trouve ces lettres (monogramme du Christ) depuis les premiers siècles un peu partout…sur le cierge pascal, sur les chasubles, parfois sur la cuve des fonts baptismaux…

Bas relief sur un sarcophage romain

E

E C

Encore deux lettres grecques, la première et la dernière de l’alphabet pour signifier que Dieu est le Commencement et la Fin de toute chose.

FEE

F

Image de la Trinité avec au centre l’alpha et l’oméga

Symboles des pèlerins en marche vers /ou de retour de Compostelle. On reconnaît les statues de St-Jacques à cette coquille qui est représentée une ou plusieurs fois sur son manteau ou sur son chapeau. Statue de Saint-Jacques (XVIIè) Le Croisic (Loire Atlantique)

108

B


FE Très présente dans l’imagerie populaire, surtout au moment de Noël. Les rois mages voient une étoile miraculeuse qui les conduit à Bethléem. Elle est, bien sûr, symbole de lumière.

Image pieuse de Noël

Adoration des mages par Mantegna (XVè siècle)

Les alliances que les deux époux se donnent le jour de leur mariage est symbole de leur amour et de leur fidélité l’un à l’autre.

109


B

E B

C’est surtout Saint-Pierre qui est représenté avec des clés, allusion à la parole de Jésus : « Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux… »

Statue de Saint-Pierre (cathédrale de Lisieux)

Très visible sur le haut du clocher, il sert de girouette ! C’est aussi l’animal symbole qui annonce le lever du soleil. Mais c’est peut-être aussi une allusion à la vie de St-Pierre. « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois… » lui avait dit Jésus avant sa Passion. Ce coq qui veille sur nous mérite bien un petit poème.

AB C DEA F E F E B E F AE F B A F B E F D FB A E DEA A A FB A ! BB " A F ! FB A AB# $ E E ! AB % E B & EAB FB A ! F # FA B A E D F A E F ' E A E E ' FB AE B B D () FB AE *

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110


A Présent dans l’Apocalypse, il est le symbole du mal. Saint-Michel tuant le serpent ou le dragon

St Armel soumet le dragon (grâce à son étole !)

Chapelle de Fégréac (Loire-Atlantique)

B A Il est là dès la Genèse, dans le Paradis perdu, il représente le mal, la tentation. Voir aussi le Serpent d’airain au désert (Exode) Pendu à la Croix, il guérit ceux qui le regardent, on en a vu la prophétie relative à la Croix de Jésus.

Adam et Eve et le serpent Tympan de l’église de Saint-Félix XIè siècle 111


B

EFB B

Nous finirons cette revue des images par les évangélistes. On appelle aussi l’ensemble des quatre évangélistes le tétramorphe. Son origine remonte au prophète Ezéchiel. Saint-Matthieu est représenté par un homme ailé Saint-Marc par un lion Saint-Luc par un taureau Saint-Jean par un aigle Explication selon Saint-Jérôme: St-Matthieu commence son Evangile par la généalogie de Jésus, signifiant par là que le Messie est descendant des hommes et donc bien un homme. St-Marc commence son Evangile par : « Une voix crie dans le désert… » et cette voix ne peut être que rugissement du lion ( ?). St-Luc raconte au début de son Evangile le sacrifice offert par Zacharie au temple de Jérusalem, là où l’on offrait des bêtes en sacrifice et en particulier des taureaux. St-Jean a atteint des sommets de la doctrine, c’est à dire qu’il a une vision très aiguë du Christ Messie, comme la vision de l’aigle qui atteint des sommets dans la montagne.

Matthieu

Marc

Luc

Jean

Ces quatre symboles ailés sont très souvent représentés à côté du Christ 112


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A B FC

B

A

"

Il y a bien d’autres images que nous ne pouvons pas toutes citer : le pélican qui se donne en nourriture, le squelette, symbole de mort, l’ancre marine symbole de l’Espérance, le vase symbole de la Foi, le triangle équilatéral pour représenter la Trinité, le labyrinthe très chargé symboliquement et en particulier symbole de notre itinéraire vers le Ciel (au centre), etc… A toi d’en découvrir d’autres au cours de tes visites ou recherches…(Tu peux compléter les cases vides)

Le pélican brodé sur une chasuble

L’ancre (L’Espérance)

Le labyrinthe (Amiens) Médaille de la Trinité

113


VIII. LA SYMBOLIQUE DES NOMBRES La science sacrée des nombres est l’un des éléments essentiels dans la réalisation des monuments religieux. Les nombres sont porteurs d’une symbolique qui leur donne presque un pouvoir magique. Ils sont partout présents dans la Bible, il n’y a donc rien de surprenant qu’ils soient présents dans les églises et les cathédrales. Voici les premiers : Le chiffre UN représente Dieu dans sa plénitude éternelle. Le chiffre TROIS est associé à la Trinité (Père, Fils et Esprit) . On peut voir sur les façades de certaines églises ou sur des retables le triangle trinitaire. Le chiffre QUATRE symbolise le monde de la création organisé dans un équilibre parfait. Il ordonne les quatre saisons, les quatre points cardinaux, les quatre évangélistes… Le CINQ est formé du chiffre de la création augmenté de l’unité divine. C’est le nombre emblématique de l’homme, achèvement de la création. On pense aussi aux cinq sens, aux cinq plaies de Jésus symboliquement gravées sur la pierre d’autel. Le SEPT additionne le TROIS divin et le QUATRE de la création. Il représente l’univers empli de la perfection divine. Il traduit l’achèvement de la création : « en sept jours » dit la Genèse. Le chiffre HUIT signifie la mise en route d’un nouveau cycle et est donc symbole de renaissance et de résurrection. Les baptistères et les cuves baptismales ont généralement huit côtés. NEUF, carré de trois offre une forme concrète du divin. Un carré divisé en neuf cases génère le plan de la Jérusalem céleste de l’Apocalypse dont chacune des quatre murailles est percée de trois portes. Le DIX marque la perfection. Le DOUZE enfin résulte comme le sept de la combinaison du TROIS et du QUATRE et témoigne ainsi de l’harmonie du plan divin. Il détermine la succession des mois et des signes du Zodiaque. Il représente aussi la totalité de la société humaine : des douze tribus d’Israël aux douze Apôtres, il est devenu l’emblème de l’Eglise universelle. Tous ces nombres sont présents dans l’architecture chrétienne et définissent les séquences de travées ou de colonnes, les groupements d’ouvertures, mais également les mesures qui dessinent les plans et les élévations. Et l’on pourrait continuer avec 40, 50…

*Cette page est inspirée de l’ouvrage de Marc Déceneux « Eglises et cathédrales toutes les clés » (Editions Ouest-France)

114


ANNEXE :

STYLES D’ ÉGLISES

Quand tu entres dans une église (ou une cathédrale), il est bon que tu saches dans quel style elle a été construite, ce qui te donnera des points de repaire quant à sa date de construction. Voici pour t’aider les différents styles qui sont apparus au cours des siècles . Pour faire simple, disons qu’il y a cinq styles que tu dois être capable de reconnaître : 1er : Le style roman 2ème : Le style gothique 3ème : Le style renaissance 4ème : Le style baroque 5ème : Le style moderne

11è – 12è siècles 13è – 14è siècles 15è – 16è siècles 17è – 18è siècles 20è siècle

Tu as remarqué que le 19è siècle n’est pas cité. C’est une époque où l’on s’est contenté de reproduire, c’est à dire de copier le style roman et surtout gothique : on appelle alors ces styles : le néo-roman et le néo-gothique. Beaucoup d’églises de la région sont dans ces styles. Certaines églises ont plusieurs styles car elles ont été restaurées à différents époques. Comment les reconnaître ? Voici quelques caractéristiques : (Nous regarderons d’abord l’extérieur, puis nous verrons quelques détails intérieurs)

Le Style Roman

Arcs en demi-cercle

Murs massifs avec de petits vitraux

Contre-forts massifs contre les murs Peu de décorations mais un magnifique tympan

Un des chefs d’œuvre de l’art roman en France : Conques (Aveyron) 115


Le Style Gothique Façade

Fenêtres, portails en arcs brisés

Beaucoup de statues

Tympans très décorés Rosace

Une merveille de l’art gothique : Notre-Dame de Paris

Beaucoup de vitraux

Arcs-boutants pour soutenir les murs

Pinacles

116


Le Style Renaissance

Colonnes rappelant les temples grecs et romains

Façade avec un linteau orné de statues

Les fenêtres ou vitraux n’apparaissent pas en façade

Basilique Saint-Jean Latran à Rome

117

On ne voit pas le toit


Le Style Baroque

Beaucoup de clochers avec lanterneaux

Beaucoup de décorations

Beaucoup de statues

Fenêtres de différentes formes

Eglise Saint-Nicolas à Prague

118


Eglise Saint Paul Ă Rennes

Le Style Moderne

Clocher

Eglise de Royan

Murs arrondis en briques et bĂŠton Autres exemples

N.D de Ronchamp 119


Intérieur d’églises romanes

Chœur de l’église de Germigny-des-Prés (Loiret)

Mur et voûte de l’église de Portomarin (Espagne)

Chapiteau Eglise de Fromista (Espagne)

120


Intérieur d’églises gothiques

Nef de la cathédrale de Tréguier (Côtes d’Armor)

Vitrail de la chapelle de la maison diocésaine à Rennes (Chapelle néo-gothique)

Enfeu gothique dans la chapelle de Caubin près d’ Arthez-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques)

121


Intérieur d’églises « Renaissance »

Intérieur de St-Jean Latran à Rome

Intérieur de la basilique St-Pierre

Coupole de la Basilique St-Pierre

122


Intérieur d’églises baroques

Eglise de Birnau au bord du lac de Constance

Plafond d’une église baroque « Le triomphe de St Ignace » Eglise St Ignace à Rome (17ème siècle)

Retable baroque de l’église N.D. des Anges à Collioure (Pyrénées Orientales)

123


Intérieur d’églises modernes

Chœur de la cathédrale d’Evry

Intérieur de l’église de Royan

Chapelle de Vence par Matisse

N.D. de Toute Grâce au Plateau d’Assy (Haute-Savoie)

124


Index des mots utilisés Abbatiale P. 15 Abbaye P. 13 - 14 Abside P. 35 Absidiole P. 36 Agneau P. 101 - 103 Alpha P. 108 Ambon P. 45 Ange P. 107 Angélus P. 95 Anneau P. 81 - 109 Arc-boutant P. 43 Armoiries P. 82 Ascension P. 99 Aube P. 75 Auréole P. 106 Autel P. 45 Avent P. 96 Baptistère P. 38 Baroque P. 115 – 118- 123 Barrette P. 77 Basilique P. 5 Bénitier P. 56 - 67 Berger P. 103 Bure P. 79 Burette P. 66 Calice P. 65 Calotte P. 82 Calvaire P. 21 – 22 Camail P. 77 Candélabre P. 68 Carême P. 98 Carmel P. 18 Cathédrale P. 3 Cendre P. 73 Chaire P. 46 Chancel P. 34 Chandelier P. 68 Chape P. 76 Chapelet P. 69 Chapelle P. 7 - 37 Chapiteau P. 54 Chartreuse P. 17 Châsse P. 57 Chasuble P. 76 - 85 Chemin de croix P. 56 Chevet P. 36 Chimère P. 43 Chœur P. 35 Chorale P. 50 Ciboire P. 65 Cierge P. 71 Cimetière P. 23 Cire P. 71 Clé P. 110 Cloche P. 42

Clochette P. 70 Clocher P. 39 - 40 Cloître P. 15 Cœur P. 107 Colombe P. 104 - 105 Cornette P. 79 Confessionnal P. 47 Coq P. 110 Coquille St Jacques P. 108 Corporal P. 66 Coupole P. 41 Croix P. 21 – 63 - 64 – 81 – 87 Crosse P. 80 Crucifix P. 63 Crypte P. 9 Custode P. 66 Déambulatoire P. 37 Devise P. 82 Dôme P. 41 Dragon P. 111 Eau P. 71 Eglise P. 6 – 25 Encens P. 73 Encensoir P. 67 Enfeu P. 61 - 121 Epiphanie P. 97 Ermitage P. 19 Etoile P. 100 Etole P. 75 Evangéliste P. 112 Ex-voto P. 60 Fête Dieu P. 99 Feu P. 97 Fleur P. 74 Gargouille P. 43 Génuflexion P. 88 Gisant P. 61 Gothique P. 115 – 116 - 121 Goupillon P. 67 Hostie P. 72 Huile P. 73 Icône P. 59 Image P. 99 Imposition des mains P. 90 Inclination P. 88 Jubé P. 34 Laurier P. 74 Lectionnaire P. 68 Lunule P. 66 Lutrin P. 69 Mandorle P.106 Manuterge P. 67 Médaille P. 70 Missel P. 68 Mitre P. 80

125

Moderne P. 115 – 119 124 Monastère P. 16 Mozette P. 77 Musique sacrée P. 49 Narthex P. 29 Navette P. 67 - 73 Nef P. 30 – 31 Noël P. 97 Nombre P. 114 Olivier P. 104 Oméga P. 108 Orant P. 61 Oratoire P. 10 Orgues P. 49 - 50 Ostensoir P. 66 Pain P. 72 Pallium P. 81 Pâques P. 98 Pardon P. 93 Parvis P. 2 Patène P. 65 Pèlerinage P. 91 – 92 Pentecôte P. 99 Poisson P. 105 Prie-Dieu P. 48 Procession P. 91 – 93 Prostration P. 90 Reliquaire P. 57 Renaissance P. 115 – 117 - 122 Retable P. 53 Rochet P. 77 Roman P. 115 - 120 Rosaire P. 69 Sacré Cœur P. 100 - 107 Sacristie P. 44 Scapulaire P. 79 Semeur P. 96 Serpent P. 111 Signe de croix P. 87 Souffle P. 94 Soutane P. 78 Stalle P. 47 Statue P. 51 Surplis P. 77 Tabernacle P. 46 Tiare P. 80 Transept P. 33 Transi P. 61 Tribune P. 29 Trinité P. 99 Tympan P. 28 Vin P. 72 Vitrail P. 55 Voile P. 79


Principaux lieux des monuments cités :

Acigné P. 6 Amiens P. 26 – 30 – 31 - 33 - 113 Arles P. 51 Arthez-de-Béarn P. 121 Assise P. 19 Birnau P. 123 Blois P. 46 Bouzy-la-Forêt P. 16 Burgos (Espagne) P. 37 Camaret P. 7 – 48 - 60 Chartres P. 4 – 45 – 51 - 55 – 68 – 69 Collioure P. 123 Cologne (Allemagne) P. 57 Conques P. 15 – 28 - 36 - 115 Coutances P. 36 - 37 - 43 Dol de Bretagne P. 3 Les Estrets P. 40 Evry P. 3 - 124 Fatima (Portugal) P. 92 Fégréac P. 7 – 111 Florence (Italie) P. 38 Fontevrault P. 39 – 61 Fougères P. 43 Fromista (Espagne) P. 120 Gand (Belgique) P. 101 Germigny-les-Prés P. 120 Grande-Chartreuse P. 17 Guimiliau P. 22 Guipry P. 8 - 44 – 56 – 60 – 65 – 66 Jérusalem (Israël) P. 92 Landévennec P. 14 – 21 - 27 - 49 95 Lannion P. 8 Lisieux P. 5 - 9 –18 – 57 – 110 Locronan P. 53 Lourdes P. 5 - 92 Messac P. 23 – 34 - 53 Mijas (Espagne) P. 45 Moissac P. 15 – 51 – 52 - 54 Nagasaki (Japon) P. 53 N.D. de Ronchamp P. 119 N.D. de Toute Grâce P. 29 – 40 – 46 - 55 – 58 – 63 - 124

Orcival P. 6 Paimpont P. 46 - 57 Paris : - Cimetière Père Lachaise P. 23 - Montmartre P. 35 - Notre-Dame P. 43 - 116 - Rue du Bac P. 70 - St-Etienne du Mont P. 34 - 50 Pléchatel P. 21 Plougastel – Daoulas P. 22 Portomarin (Espagne) P. 120 Prague (République Tchèque) P. 28 - – 41 – 118 Priziac P. 7 Quimper P. 35 Redon P. 39 – 41 – 52 – 55 – 56 -61 Reims P. 1 Rennes P. 3 - 41 - 55 – 119 – 121 Roc Saint-André (Morbihan) P. 70 Rome P. 5 – 92 – 117 – 122- 123 Rouen P. 48 Royan P. 119 - 124 Samos (Espagne) P. 13 St-Aubin du Cormier P. 47 St-Benoît sur Loire P. 9 – 47 – 54 St-Denis P. 61 St-Félix P. 111 St-Hilaire d’Halluin P. 94 St-Jacques de Compostelle (Espagne) P. 92 St-Savin P. 63 St Senoux P. 40 St Sauveur (Finistère) P. 22 Ste-Anne d’Auray P. 5 Ste-Anne la Palud P. 93 Ste Marie du Ménez-Hom P. 8 - 93 Ste-Odile P. 14 - 58 Tréguier P. 57 – 121 Vence P. 124 Vézelay P. 29 – 32 - 54 Vienne (Autriche) P. 46 Villedieu-les-Poêles P. 42

126


TABLE DES MATIÈRES

I.

Lieux de culte Page

A. Lieux de prière pour tous • • • • • • •

3 5 6 7 9 10 11

La cathédrale La basilique L’église La chapelle La crypte L’oratoire Le coin prière

B. Lieux pour les religieux • • • • •

L’abbaye Le monastère, le couvent, le prieuré La chartreuse Le carmel L’ermitage

13 16 17 18 19

C. Calvaires et croix

21

D. Cimetière

23

II.

L’église

A. Les différentes parties • • • • • • • • • • •

25 26 26 28 29 29 30 32 33 34 34

Plan d’une église Le parvis L’entrée La façade Le narthex La tribune La nef Les bas côtés Le transept Le jubé Le chancel et Sainte-Table

127


• • • • • • • • • •

35 35 36 37 37 38 39 43 43 44

L’abside Le chœur Les absidioles Les chapelles latérales Le déambulatoire Le baptistère Le clocher Les arcs-boutants Les gargouilles et chimères La sacristie

B. Le mobilier • • • • • • • •

45 45 46 46 47 47 48 49

L’autel L’ambon La chaire Le tabernacle Les stalles Les confessionnaux Les bancs, chaises et prie-Dieu Les orgues et la musique sacrée

C. L’ornementation • • • • • • • • • • •

III.

Les statues Le retable Les chapiteaux Les vitraux Le chemin de croix Les bénitiers Les reliquaires Les tableaux et autres objets d’art Les icônes Les ex-voto Les tombeaux de personnages importants

51 53 54 55 56 56 57 58 59 60 61

Au service du culte

A. Objets de culte • • •

63 64 65

Le crucifix Les différentes formes de croix Le calice 128


• • • • • • • • • • • • • • • •

65 65 66 66 66 67 67 67 68 68 68 69 69 70 70 70

La patène Le ciboire L’ostensoir Les burettes ou aiguières Le corporal Le manuterge L’encensoir Le bénitier et goupillon Le chandelier La nappe Le missel Le lectionnaire Le chapelet et le rosaire La médaille La clochette La bannière

B. Produits servant au culte • • • • • • • • •

IV.

71 71 72 72 73 73 73 74 74

L’eau La cire Le vin Le pain L’huile La cendre L’encens Le laurier Les fleurs

Les signes distinctifs

A. Vêtements • • • • • • • • • •

75 75 76 76 77 77 77 78 79 79

L’aube L’étole La chasuble La chape Le surplis et le rochet La barrette Le camail et la mozette La soutane La bure et le scapulaire Le voile

129


B. Accessoires • • • • • • •

80 80 81 81 81 82 82

La mitre (et la tiare) La crosse La croix pectorale L’anneau Le pallium La calotte Les armoiries et la devise

C. les couleurs liturgiques • • • • • •

V.

83 83 83 84 84 84

Le blanc L’or Le vert Le violet Le rouge Le noir

Les gestes • • • • • • • •

• • • • • •

Le signe de la croix Les mains levées Le mains ouvertes et les mains jointes La génuflexion L’inclination Se frapper la poitrine Le geste de paix La position du corps debout à genoux assis allongé L’imposition des mains La marche Le pèlerinage Le pardon La procession Le souffle

130

87 87 88 88 88 88 88 89

90 91 92 93 93 94


VI.

Les cycles liturgiques

Cycle quotidien Cycle hebdomadaire Cycle annuel Cycle temporal Cycle sanctoral

95 96 96 96 101

VII. Les images symboliques • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

103 103 104 104 104 105 105 106 106 107 107 108 108 108 109 109 110 110 111 111 112 113

L’agneau Le berger Le semeur et le grain de blé Le rameau d’olivier La colombe Le feu Le poisson L’auréole La mandorle Les anges Le cœur Le XP L’alpha et l’oméga La coquille St-Jacques L’étoile L’anneau ou l’alliance Les clés Le coq Le dragon Le serpent Les quatre évangélistes Autres images en vrac…

VIII. La symbolique des nombres

114

Annexe Les styles d’églises • • • •

115 116 117 118

L’art roman L’art gothique L’art Renaissance L’art baroque

131


• • • • • •

L’art moderne Intérieur des églises romanes Intérieur des églises gothiques Intérieur des églises « Renaissance » Intérieur des églises baroques Intérieur des églises modernes

Index des mots utilisés Principaux lieux des monuments cités

119 120 121 122 123 124

125 126

132

Signes et symboles dans la religion catholique  

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