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L'HôpitalRivière-des-Prairies, situédanslenord-estdel'ile deMontréal,estuncentre hospitalierdesoins psychiatriques,d'enseignementetderecherche,affiliéà l'universitédeMontréal. L'Hôpitaloffredesservices spécialisésetsurspécialisésen psychiatrieàuneclientèle d'enfantsetd'adolescents. Iloffreégalementdes servicessurspécialisésàune clientèled'enfants, d'adolescentsetd'adultes présentantdespathologies psychiatriquesoude sévèresproblèmesadaptatifs associésàunedéficience intellectuelle,àuntrouble envahissantdudéveloppementouàunautretrouble neurodéveloppemental complexe. dépôtlégal: bibliothèquenationale duQuébec ISSn:1705-4575

Lesopinionsémises dansl'Inter-Mission n'engagentenrien leconseild'administrationde l'HôpitalRivière-des-Prairies.

l’Inter-Mission estpublié4foisl'anparle Servicedescommunications etdupartenariatde l'HôpitalRivière-des-Prairies 7070,boul.Perras Montréal(Québec) H1E1A4 514323-7260poste2088 www.hrdp.qc.ca RédActRIcEEncHEf JohanneGagnon RédActEuRS Stéphanetrépanier JessicaLambert-fandal

coLLAboRAtIonàLARédActIon Linebellavance Katrinedemers nathalieMaltais

RévISIonLInGuIStIQuE

Sommaire éducateursensantémentale

7 8

Placeauxstages formationoméga

bienvenuecheznous

11 12

fondation

13

unechaireenautisme

francebeaudoin

Signatureduprotocoled’entente

concEPtIonGRAPHIQuE

ducEtEduM

17

JohaneRoy

IMPRESSIon ImprimerieHéon&nadeaultée

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chercherlecheminquinous

18

conduitàeux Mélimélo

22,23et26,27

Quandestimedesoirime avecguérison

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éditorial

johanne.gagnon.hrdp@ssss.gouv.qc.ca

Mes salutations aux lecteurs de l’Inter-mission! Après neuf très belles années à œuvrercommedirecteurgénéral auseind’uneorganisationremarquable, le temps est venu pour moidepasserlerelaiàunnouveau dirigeant. Si un autre très beaudéfiprofessionnelm’attend ailleurs,iln’endemeurepasmoins quejequittel’HôpitalRivière-desPrairies avec un pincement. Je laissederrièremoideséquipesde travailqui,aufildutemps,n’ont jamaiscessédeseconsolideretde s’arrimer au même point d’ancrage : le bienêtre des patients qui,sansl’ombred’undoute,est intimementliéàl’avancementdes connaissances. Jenepouvaispartirsanssaluerles lecteurs du journal l’InterMission;cevéhiculequivousfait découvrir les différentes facettes de l’expertise des gens qui œuvrent à l’Hôpital Rivière-desPrairies. L’Inter-Mission compte prèsde1200lecteurs,voilàquiest rassurant! car plus nous serons nombreux à nous soucier de la santé mentale, plus grande sera

notre compréhension des maux quilamettentenpéril,pluspetit seralenombredetabousquil’entourent! dans ce numéro, l’équipe des communicationsvousinviteàdécouvrirlemondedeséducateurs, cesprofessionnelsduquotidien: description de leurs outils, du contenu des stages offerts à l’HRdPdansledomaineetbilan decarrièred’uneemployéeàlaretraite. une lecture qui aidera à mieux comprendre le rôle de l’éducateur en milieu psychiatriqueetpermettrasansdouteà des jeunes à la recherche d’une orientationdecarrièredesedécouvrirunevocation. àquelquesjoursdemondépart, jesouhaitelonguevieaujournal l’Inter-Mission,j’enremercielesartisans et j’invite les lecteurs à lui demeurerfidèles! bonnelecture!

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L’HôpitalRivière-des-Prairiescompteprèsde200éducateurs. Legroupedeprofessionnelsleplusimposantdel’établissement. Ilsœuvrentsouventdansl’ombredescliniciensafindeconcrétisersur

stéphane trépanier

leplancherdesvacheslesobjectifsd’uneinterventionconcertéequ’ils sontlespremiersàappliquer.Rôledéterminant,maisparsemédece quelequotidienpeutinventerd’embuchesetdeconfrontations lorsquelesintentionscliniquessefrottentàlaréalitéduterrain.dans cecontexte,ilsaccomplissentdesprouesses.PierreHarveyetnathalie Parent,coordonnateursprofessionnelsduregroupementdes éducateursrespectivementauProgrammedepédopsychiatrieetà celuidestroublesneurodéveloppementauxdel’HRdP,nousexposent

Le feu de l’action comme terrain

elle-mêmevaqueàsesoccupations

Enquelquesorte,l’éducateurspécia-

d’intervention

comme si de rien n’était. nous on

liséfaitofficedepontentrelathéorie

c’est principalement en dehors du

s’adressedirectementàlapersonne

etlapratiquedanslescoulissesde

aucœurdesonquotidien.c’estno-

l’actionclinique.unpontparticuliè-

tredomaine.notrerôle,c’estd’être

rement solide. « Les éducateurs

là,àsescôtés,etd’expliqueraupa-

s’adressentd’abordetavanttoutau

tientetauxparents,exemplesprécis

patientdanssaviedetouslesjours.

àl’appui,quetelcomportementn’est

c’estnotrechampdecompétence,

moment même où les symptômes

paslesimplefaitd’unenfanttannant

notre spécificité professionnelle.

s’expriment.àl’instantetlàoùçafait

oufatigué,maisplutôtd’uneproblé-

Enaccordaveclediagnosticémiset

mal!Ilestdoncbienplacépourinter-

matiquesévèredesantémentale.un

cequenousexprimentlesergothé-

venirjudicieusementlorsquelasitua-

trouble anxieux ou un toc par

rapeutes,psychologues,psychiatres

tion le commande, au cœur de

exemple. L’éducateur en pédopsy-

etautresprofessionnels,nousrelions

l’action. Pierre Harvey explique le

chiatrievadoncapprendreaujeune

les objectifs cliniques à la réalité

contextedesontravail:«onnepeut

à gérer concrètement sa maladie.

que nous observons et que nous

prendrelaportionmaladed’unpa-

notretravail,c’estd’équiperlejeune

connaissonsmieuxquequiconque.

tientetlafairesoignerailleursparles

afinqu’ilaitdespistesd’intervention

conscientdelaproblématiquepsy-

experts, pendant que la personne

pourlui,safamille,sonécole».

chiatriqued’unpatient,l’éducateur

bureaudumédecinetdescliniciens quelesmanifestationsd’untrouble psychiatrique surviennent. L’éducateur,deparlaproximitéqu’ilentretientaveclaclientèle,estprésentau

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l’expertisedecesspécialistesduquotidien.


l’accompagneaucœurdesesactivitésde

Les yeux et les oreilles des autres

viequotidiennesets’emploieàleurdon-

professionnels

nerunsens» d’expliquerPierreHarvey. «onvaaussibeaucoupobserverlescom« nous donnons des outils concrets au portementsdujeunepourémettredeshypothèses. Par exemple, à quel moment jeune.cen’estpasparcequ’ilprésenteun va-t-ilsautersacocheetdansquellecirtrouble envahissant du développement constance?cepeutêtresonespacevital que nécessairement il n’est pas équipé quiestheurtéousonbesoind’êtrerassuré pourgérersescrises.biensûr,lorsqu’un quis’exprime.Ilyalapossibilitéd’unecrise jeunearriveàl’HôpitalRivière-des-Prairies, d’adolescencequisoudainementdevient trèsdifficileàvivreavecuntroubleenvailestenrupturedefonctionnement.Ilne hissantdudéveloppement.noussommes fonctionne plus à l’école, à la maison, en quelque sorte le prolongement des danssonréseau.nullepart.Justeprendre yeux des professionnels. c’est nous au unbainpeutêtredevenuunemontagne. quotidienquiallonsobserver,quantifier, notrerôleestdel’accompagnerdansson confronterleshypothèsesélaboréespar les autres professionnels. on utilise des quotidien.onélaboredespistesd’intergrillesdedispersionpourbienmesurerles ventionetonsoutientlafamilleparceque faitsetonvaparfoismêmejusqu’àprovogérerlessimplesgestesd’unejournéeest querdessituationsafindevérifierunehydevenudifficile.notretravail,unefoisla pothèse.noussommesunebanquede situationstabilisée,c’estquelejeunere- donnéespourlesautresintervenantsqui, responsablesdebeaucoupdedossiers,ne parteavecdespistesd’interventionapplipeuventévidemmentêtrequotidiennecables pour son réseau. Pour qu’il y ait mentauprèsdeleurclientèle.onestparcontinuité» d’ajouternathalieParent. ticulièrementaufaitdel’aspectenviron-

nementald’uneinterventionparexemple.Etpourainsidire,noussommesun peuaussileprolongementdel’intervention des cliniciens. nous sommes ceux quivontinfirmerouconfirmerleshypothèsesavancéesparlesautrescliniciens etfournirlesinformationsquipermettent enpartied’étofferleursrapports» précise nathalieParent. Pourlesintervenantsimpliquésaudossier, la complicité avec l’éducateur est précieuse,sinonindispensable.c’estsouventdecettecomplicitéquenaissentla nuanceetlaprécisiond’uneanalysede qualitéréaliséeàpartirdefaitsquiautrementauraientpuêtreignorésousousestimés. Le portrait de la réalité étant tributairedelaqualitéetdelaquantité de ses témoins. L’éducateur est un maillon fort et essentiel dans la chaine des interventions en psychiatrie de deuxièmeetdetroisièmelignes.unpartenaireutilepouruneéquipedeplusen plusinterdisciplinairequisouhaiteprofiter desaconnaissanceintimedelaréalitédu patientpourbrosseruntableaucomplet d’une situation complexe et problématique.Ilestàmêmedefournirdesindicationsessentiellesquiservirontleschoix cliniques.Est-cequ’unjeunepourrabien s’intégrer à un camp de jour compte tenudesonfonctionnementengroupe? L’éducateurconsciencieuxestgénéralementàmêmederépondreàcettequestion à partir d’observations rigoureusement menées pour appuyer ses dires.Etsilecontextenes’yprêtepas,à lademandedecertainsintervenants,il pourramêmeallerplusloinenmettant enscèneuneactivité,enhôpitaldejour parexemple,afindeprovoquerdesréactions à observer dans des conditions construites de toutes pièces. comme

YvesLeroux,PierreHarvey,nathalieParentencompagnied’unjeunepatient

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l’expliquePierreHarvey, «l’activité

prendénormémentenlescôtoyant. montéehorsduquotidienestune Jeposebeaucoupdequestionsau autrefacettedel’éducateurenpé- drMasseparexemple.Quandilindopsychiatrie de deuxième et de troduit une nouvelle molécule, je troisièmelignes.Ilpossèdelesapti- veuxsavoirpourquoi.Jepenseque tudespourplanifieruneactivitéafin lesmédecinssontcontentsd’êtrealidemesureroùestrenduunjeune mentésparnosobservations.Ilssasur un aspect bien précis de son ventsilapersonnefonctionneoune fonctionnepas.Souvent,ilsn’ontpas évolution». beaucoupletempsderencontrerles Le mariage d’une solide patientsenthérapie.c’estnotretraformation et de l’expérience vail alors de leur rapporter qu’un acquise symptômeestapparuàlasuitedela Lareconnaissancedescapacitéset réduction d’un médicament ou dupotentield’unêtrehumainpour qu’uncomportementestplusaccenl’éducateurspécialisédevientpres- tuéàtelmomentdelajournée.à que instinctive avec le temps. à partirdenosobservations,ilpeuty forced’expériences,l’aptitudeàlire avoirunajustementdemédication rapidementcequipassedanslatête quivastabiliserlepatientetlerendre d’un client se développe, affirme plus disponible aux interventions à nathalieParent: «Jeledissanspré- faire,cequiaufondestl’objectifpretention,maisdesfoisonestrendu mierdesonséjourici». tellement sensible qu’on est capable,justeàregarderunjeunepatient,desavoirlesobjectifsqu’ilaura àtravailler.ongardetoutefoisl’humilité d’aller vérifier notre hypothèse. Mais on ne se trompe pas souvent.Parcequelespatientsnous fonténormémentapprendreetque chacun d’eux laisse une trace qui nousserviraéventuellement». carsi la formation offerte au cégep en technique d’éducation spécialisée proposedesolidesoutilsd’interventionetdavantagedecoursliésàla santé mentale qu’à une certaine époque, il demeure que l’habileté del’éducateurs’acquiertaucontact delaclientèle,despairs,desautres professionnelsetdesmédecins.Particulièrementàl’HRdP,affirmenathalieParent, «nosmédecinsnous

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forment dans le quotidien. on ap-

Une occasion pour la profession

consciencieux. nous sommes confiants.Encorefaut-ilymettreles effortspourledémontrer.onamalheureusement les défauts de nos qualités. nous sommes tellement centréssurlequotidien,levécuimmédiatetleréel,qu’onn’estpeutêtrepaslesmeilleursambassadeurs pourdresserlecompterenduthéoriquedenosactions.Làestledéfi. L’HRdP, en planifiant un colloque d’envergurecetautomnesurlerôle del’éducateurenpédopsychiatrieet enrecentrantnostâchesautourde l’interventionclinique,nousinviteà prendrenotreplaceetàlaredéfinir. Iciaussi,onatoutintérêtàs’investir etàembarquerdansletrainpendantqu’ilpasse». Changer le monde en sourdine LeQuébeccompte18000éducateursdontprèsde11000ensanté mentale,selonPierreHarvey.une

danslesillagedesdiscussionsen-

masse critique de spécialistes du

tourantleprojetdeloi21,laprofes-

quotidienqui,jouraprèsjour,don-

sionestsansdouteàuntournantde

nentunsensauxgestesordinaires.

sonhistoire.Ilyauneoccasionàsai-

Ilssculptentlaroutinepourenfaire

sir. Pour autant que l’éducateur

desréussites.unbeaumétierque

veuilleparticiperactivementàladé-

l’on pratique loin des projecteurs.

finition de son rôle professionnel

biensouvent,ilssontlespremiersà

spécifique,laprofessionestvouéeà

déceler,appliquer,comprendre,en-

un bel avenir et à une reconnais-

courager,protéger,consoler,inter-

sanceofficielledansleréseaudela

venir, aider, encadrer. Premiers

santé.c’estdumoinscequ'entre-

répondantslorsquelespetitsetles

voient Pierre Harvey et nathalie grandsdramessurgissentendehors Parentlorsqu’ilsscrutentl’horizon: «Ilyauneportequis’ouvredevant notrecarrièrepourfairereconnaitre notreprofession.L’avenirdenotre statutprofessionnelestdébattuprésentement à Québec. on sait ce qu’onvaut,onfaitdesinterventions qui nous sont propres et nous sommes des professionnels

desbureauxdescliniciens.Etquand lesminutess’égrainentdansuneapparente banalité, aux repas, au lever,devantlatélévision,pendant unemarcheanodine,ilstravaillent discrètement à changer le monde pour le mieux, une minute et un être humain à la fois. Leur mieuxêtretoujoursentête!


hRDP

L'HRdPproposeàsesstagiairesunmilieucliniquestimu-

curitaire», mentionnenathalieParent,coordonnatricede-

lant,débordantdedéfisetoffrantdemultiplesavantages.

puisunanetdemi.Pourcefaire,unéducateurspécialisé

chaqueannée,prèsde300stagiaireschoisissentdevivre

bienétablidanssonmilieuaccompagnelestagiairedurant

uneexpérienceauseindenotreétablissement.Lestage

laduréedesonstage.Encadrésparlescoordonnateurs,

enéducationspécialiséefaitpartiedunombreetpermet

lesstagiairesainsiqueleurssuperviseurssuiventunefor-

àdefuturséducateursdevivreuneexpériencedesplus

mationpourbiencomprendrelesrôlesetlesresponsabili-

enrichissantes.

tésdechacun.

faire un stage en éducation spécialisée à l’HRdP, c’est

durantleurstage,unecertaineautonomieestaccordée

avoirlachancedetravaillerdansuncentresurspécialisé

auxétudiantsenformation.Encouragésàorganiserlapro-

quioffreunegrandevariétédepossibilitésdanslesdo-

grammationetàmettresurpieddesactivitéspourlaclien-

mainesdelapédopsychiatrieetdestroublesneurodéve-

tèle,ilspeuventmettreenpratiquecequ’ilsontapprissur

loppementaux.c’estégalementl’opportunitédetravailler

lesbancsd’école.Lefaitd’êtrejumelésenpermanenceà

auseind’uneéquipemultidisciplinairecomposéedepro-

unéducateurd’expérienceleurpermetd’échangersur

fessionnelspassionnésdelasantémentalequin’hésiteront

leurspratiquesetleursinterventions. pasàmettreàprofitleursconnaissancesetleurexpertise. Un éChange qUi porte frUit Répondant aux demandes des cégeps de la région de Lavariétédesproblématiquesrencontrées,ladiversitédes Montréal,deuxcoordonnateurs,PierreHarveyetnathalie approchescliniques,lecontactaveclesdifférentsprofesParent,sélectionnent,accueillentetencadrentlesfuturs sionnelsdelasantéetl’accèsàlaviescientifiquedel’Hôéducateursenformation,luipourleProgrammedepépital permettent aux étudiants de parfaire leurs dopsychiatrieetellepourleProgrammedestroublesneuconnaissances.Enplusdecesavantages,lesstagiairesde rodéveloppementaux.Lesstagesoffertspermettentàdes l’HôpitalRivière-des-Prairiesontaccèsàlabibliothèque, étudiantsdevivreuneexpérienceuniqueetd’acquérirdes auxordinateursaveclienInternet,auxinstallationssporconnaissancesspécifiques. tivestelslespiscines,leterraindetennis,lasalledecondi«Parcequenousavonsuneclientèlequinécessitedes tionnementphysiqueetlesgymnases,etbienplus.Les

soinsparticuliers,noussélectionnonslesstagiairesetchoi-

sissonsdespersonnesquidémontrentunintérêtmarqué pourlemilieupsychiatriqueetunefacilitéd’adaptation», avance Pierre Harvey.  favorisant les stagiaires de 3e année,iln’estpasrarequel’Hôpitalreçoivedesétudiants depremièreoudedeuxièmeannéepourunstaged’observationoudesensibilisation.Selonlesnormesdechaque établissementscolaire,laduréedesstages,variantde3à 4joursparsemaine,estéchelonnéesuruneoudeuxsessions.

possibilitésd’emploisontégalementgrandesettoutest misenoeuvrepourpermettreauxstagiairesdevivreune expériencehorsducommun.

«Laprésencedestagiairesestuneplus-valuepournotre organisation,puisqu’ellenouspermetderesteràlafine pointedecequisefaitdansledomaine»,avancenathalie Parent.Eneffet,sortantdirectementdel’école,ilsapportentdenouvellestechniquesetdenouveauxoutilsquine fontqu’enrichirlesapprochescliniquesutiliséesparles éducateursdéjàenplace. «Leurbonnehumeuretleur

Le défi de La troisième Ligne

soifd’apprendrenouspoussententantqu’organisationà

Lestageenéducationspécialiséeàl’HRdPapourbutde

êtrecohérentsdansnospratiques»,ajoutePierreHarvey.

faire connaitre aux futurs éducateurs le milieu psychia-

devenir stagiaire en éducation spécialisée à l’Hôpital

triqueetd’expérimenterdenouvellesapprochesauprès

Rivière-des-Prairies,c’estaussiavoirlachancedecontribuer

d’uneclientèleenrupturedefonctionnement.«Parceque

àl’avancementd’uneorganisationuniqueensongenre.

l'HRdPsedistingueparsoncaractèreuniquedetroisième

bref,c’estavoirlachanced’intégrerunmilieudetravail

ligne,nousavonspoursoucid’offrirunmilieudestagesé-

motivantoùlamonotonien’estpasdemise.

dEMAndE,vEuILLEzconSuLtERnotRESItEIntERnEtàL’AdRESSESuIvAntE: www.HRdP.Qc.cA.

Des stages en éDucation spécialisée à

PouRAvoIRPLuSd’InfoRMAtIonSuRLESStAGESàL’HôPItALRIvIèRE-dES-PRAIRIESEtPouRconnAItRELAPRocéduREPouRfAIREunE

Place aux stages

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L’agressivitédespatientsenmilieupsychiatriquealongtempsété Jessica lambert-fandal

unsujettabou.dansuncontextedetroisièmeligneoùdes usagerspeuventdémontrerunpotentieldedangerosité,ils’avère importantdesedoterd’outilsadéquatspourbienintervenir.Pour cefaire,depuisquelquesannéesàl'HRdP,uneformationest transmiseauxintervenantsafindefaciliterlagestiondescriseset leurpermettrededévelopperdeshabiletésetdesmodes d’interventionpourassurerleursécuritéetcelledespatients.

Une philosophie de vie…

Formation Oméga La formation oméga est une dé-

ment d’établissements à vocation

Monique Granger, physiothéra-

marched’interventionassezrécente

psychiatrique:lecHRobert-Giffard,

peutedeformation,estresponsa-

quis’implantedeplusenplusdans

l’Hôpital douglas et le cH de ble depuis 2005 de la formation omégaàl’HRdP.Passionnée,elle charlevoix.

différentsmilieux.Lescentrespsychiatriques,lescentresdeprotection de la jeunesse et les centres hospitaliers suivent ce courant. L’Hôpital Rivière-des-Prairies a été

formationestoffertedepuis1999à tous les employés qui travaillent

passe maintenant 100 % de son temps à l’implantation de la démarche oméga. depuis mars 2009,ellesiègeaucomitéorgani-

conquisparl’approcheomégaqui

aveclespatientsàl’HôpitalRivière-

apourobjectifd’éviterl’escaladeen

des-Prairies.Ainsi,lesinfirmières,les

détectant les signes précurseurs

éducateurs,lespréposésauxbéné-

d’unecrised’agressivitéchezlepa-

ficiairesainsiquelesprofessionnels

tient.

sontappelésàmettreenapplica-

Laconceptiondeceprogrammea

tioncestechniquesd’intervention.

etagitàtitredeconseillèreauprès

Les gestionnaires et autres titres

deceux-ci.Pourelle,laformation

l’Associationparitairepourlasanté

d’emploinetravaillantpasdirecte-

oméga est beaucoup plus qu’un

etlasécuritédutravaildusecteur

mentaveclaclientèleontpourleur

ensembledetechniquesd’interven-

des affaires sociales (ASStSAS) en

part été sensibilisés à cette ap-

tion. «c’estunevéritablephiloso-

collaboration avec un regroupe-

proche.

phiedevie!c’estunemanièrede

débutéen1997etaétéinitiéepar

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théoriqueetpratiqueàlafois,cette

sationnel-voletsécuritéomégaafin d’uniformiserlesoutilsetlesinterventionsauseindesunitésdel’Hôpital. Elle donne également des formationsauxnouveauxemployés


vivreetdepenserquis’appliqueauxdif- psychologiquesetphysiquessontensei- lité,laperted’unemploioulamaladie. gnées.Letravailenéquipelorsdesin- ces stimulus qui peuvent amener férentescirconstancesdelavie.» terventionsensituationdeviolencey quelqu’unàavoirdescomportements Eneffet,cettedémarched’intervention estbeaucoupvalorisé.Lesmesuresuti- agressifs». chezunpatientquinepeut permet à une personne agressive de lisées tiennent compte de l’état phy- s’exprimer,ilpeutaussiarriverqu’une s’exprimeretderéagirsansporteratsiqueetmentaldelapersonneetont douleurphysiqueimportanteouunbeteinteàl’intégritéphysiqueetpsycholopourseulbutdel’empêcherdesebles- soindebasenoncomblé(soif,faim,fagiquedesindividusautourd’elle.Selon seroudeblesserquelqu’und’autre. tigue) amène ce dernier à avoir des cecourant,ilfautéviterlepluspossible comportements agressifs. Il s’avère lescontactsphysiquesavecunindividu qu'est-ce qu’une crise doncimportantpourl’intervenantde agressif. Il faut plutôt amener la per- d’agressivité? bienobserverlepatientetdechercher sonneencriseàcollaborergrâceàune Lorsqu’onpenseaumotagressivité,on avec l’équipe clinique le motif qui se approche de communication respecimaginedespleurs,dubruit,descris, cachederrièrelacrise. tueuse et responsabilisante. Les médes coups. Effectivement, l’agressivité Lesentimentdepeurquel’onpeutresthodes enseignées durant cette peut amener ce genre de comportesentirfaceàunepersonneagressiveest formation donnent aux  intervenants mentslorsqu’elleestmalcanalisée.dès normal et justifiable. La peur suscite desmoyenspourrepérerlessituations notre jeune âge, on apprend à se deuxtypesderéaction:lafuiteoula quiconstituentunrisqueréeletpour contenir,àsemaintenirdansunezone tentative de contrôler la personne. évaluer l’ampleur des risques et des decalmeetderetenue,jusqu’aujour Lorsquel’ontentederéduirelagravité dangers en classifiant les comporteoùunévènementpeutnousamenerà d’unecrised’agressivitésansprendrele mentsetlesniveauxdedangerositédu faireunecrise.cettepulsiondesurvie tempsd’écouterlapersonne,onnefait client.Ainsi,desinterventionsverbales, qu’estl’agressivitéestliéeseloncertains qu’augmentersafrustration.étouffée, àladestruction,selond’autresàl’exlacriseneseraqueretardéeetéclatera pressiond’uneémotion.danslesdeux unpeuplustarddefaçonencoreplus cas,elleestuneréponseàunstimulus importante. La méthode oméga prodérangeant.SelonMoniqueGranger, pose donc d’accompagner l’individu «l’accumulation,lagouttequifaitdédésorganisédanssacriseetdeluiperborderlevase,commeondit,c’estle mettredel’exprimerdefaçonàassurer sentimentdesubirdel’injustice,deresasécuritéetcelledesonentourage. vivreunesituationdifficiledupasséévoLapacificationdecrise,quiestunedes qué, ou bien cela provient d’un interventionsdebaseproposéesparla stresseuraigudelavie,telleslamortaformationoméga,viseàamenerlapersonneencriseàexprimersesémotions. cetteapprochedecommunicationrespectueuse, centrée sur le vécu de la personnepermetdedistinguerrapidementletyped’agressivité.

«Laformationomégaestunevéritablephilosophiedevie. c’estunemanièredevivreetdepenserquis’appliqueaux différentescirconstancesdelavie.»

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unEfoRMAtIonbASéESuRdESvALEuRS Laphilosophieomégareposesurdesprincipesetdesvaleursdebase.Lesinterventionsetlesoutilsproposésdanscetteapproche

PRIncIPESGuIdESdELAfoRMAtIonoMéGA

s’inspirentdesquatrevaleurssuivantes:lerespect,leprofessionnalisme,laresponsabilisationetlasécurité.

SEPRotéGER évALuER PRévoIRL’AIdEnécESSAIRE,LARéSoLutIondEL’IntERvEntIon,Etc. PREndRELEtEMPSnécESSAIRE SEcEntRERSuRLAPERSonnEAvEcEMPAtHIEEtRESPEct, Qu’ELLESoItLEcLIEnt,LEcoéQuIPIERoutoutEAutREPERSonnEIMPLIQuéE différentesméthodesd’interventionetplusieursoutilssontrecommandés.Lagrilledepotentieldedangerositéestuneclassificationenneufniveauxdesréactionsduclient.cetoutildepréventionpersonnalisépermetdedétecterledegréd’alerted’unpatientetdicteletyped’interventionàadopterlorsquecedernier démontredessignesprécurseursd’agressivité.dèsquecessignessontnotables,oninvitel’intervenantà passeràtraverssixniveauxd’interventionavantd’utiliserl’interventionphysique. «cetteapprochepermet

aupersonneldediminuerlesblessuressubiesdurantdestentativesphysiques»,préciseMoniqueGranger. Lestechniquesd’interventionenseignéescontribuentnonseulementàdiminuerlenombred’interventions physiques,maisellespermettentdemieuxcomprendrelesbesoinsdespatients.

PYRAMIdEd’IntERvEntIon Composée des 7 niveaux d’intervention préconisés Accueillant dans son sein une

MoniqueGrangerjouelerôlede

clientèleparticulièredetroisième

conseillère auprès du personnel

ligne, l’HRdP a su, au cours des

quant à l’utilisation de ces diffé-

années,adapterl’approche

rentsoutils.

oméga pour répondre aux besoinsprécisdesaclientèle.Ainsi, l’utilisationdepictogrammesavec despatientsautistesquineparlent paspermetdefaciliterleséchan-

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La formation oméga ne cesse d’évoluer et tous les deux ans, l’ASStSASmetàjourdunouveau contenu pour cette formation. cettemiseàjourestplusquebé-

gesentrecespatientsetlesinter-

néfiqueetc’estpourquoil’HRdP

venants. ces dernières années,

favoriseuneformationderappel

plusieursoutilsontétémissurpied

pourconsoliderlesacquisetac-

afinderépondreauxbesoinsspé-

tualiserlesconnaissancesdeson

cifiquesdelaclientèledel’Hôpital.

personnel.


une Chaire en autisme pour le dR Laurent MOttrOn

AU COEUR DE LA DÉCOUVERTE ET DU SAVOIR uneaidefinancièredetrois-millionsdedollarsaétéobtenuepar

celleducEtEduM.éminentchercheur,lescadresthéoriques

ledrLaurentMottronpourpromouvoirlarechercheetappro-

qu’ilproposepourletraitementdel’informationchezlesper-

fondirlesconnaissancessurl’autisme.«Aucœurdeladécou-

sonnesautistessontparmilesplusutilisésactuellementdansla

verte et du savoir », une nouvelle chaire universitaire de

communautéscientifique.

rechercheestnée.

L’autisme,onlesait,estuntroubleenvahissantdudéveloppe-

Le lancement officiel de la chaire de recherche en neuro-

mentquisecaractériseparunevariationdudéveloppementneu-

sciencescognitivesfondamentalesetappliquéesduspectreautistiquedel’universitédeMontréals'esttenule15mai2009à l’universitédeMontréal.cedondetrois-millionsdedollars,l’une desplusimportantessommesreçuespourcetyped’activité,a étéoctroyéparlafondationprivéeMarceletRolandeGosselin quiapourmissiondepromouvoirlarecherchesurlacardiopathie,lecanceretlesmaladiesinfantiles. composéed’uneéquipemultidisciplinairedescientifiques,cette chairederechercheseramenéeaucentred'excellenceentroublesenvahissantsdudéveloppementdel'universitédeMontréal

rologique modifiant le traitement de l’information que fait la personnedanslessecteursdelacommunicationetdesintérêts delasocialisation.toutensensibilisantlepublicàl’autisme,cette chairecontribueraàaméliorerlasantédesenfantsatteintsde troublesenvahissantsdudéveloppement.Ellepermettraégalementd’amorcerdesétudespilotessurl’interventionprécoce,le soutienàl’éducationetl’accèsàl’emploi.PourLynnGrégoire, directriceadministrativeduProgrammedestroublesneurodéveloppementauxdel’HôpitalRivière-des-Prairiesetresponsablede lacoordinationducEtEduM, «cettechairepermettradeporter

uneattentionparticulièreàunejeunepopulationayantunretard dedéveloppementetpourlaquelleonpourraeffectuerdesregnantsdelafacultédemédecine,ducHuSainte-Justineetde cherchesfondamentalesauniveaudelacognition.Mieuxcoml'HôpitalRivière-des-Prairies. prendrelesaspectsphysiologiquesetneurologiquesdecette Reconnu mondialement pour ses travaux sur l’autisme, le populationpermettradefairedesinterrelationsentrelesdiffédrLaurentMottronestl'undesinstigateursdelacréationduPro- rentessphèresauniveaudulangage,delamotricitéetdel’augramme des troubles neurodéveloppementaux de l'HRdP et dition.» (cEtEduM) qui regroupe les chercheurs, cliniciens et ensei-

11


une chaire en autisme PRoJEtSàvEnIR… Lesenfantsautistesontunefaçond’apprendrequidiffèredes atypiques. En effet, une étude parue en juin dernier dans la revue«HumanbrainMapping»,coécriteparledrMottron,démontre que les personnes autistes résolvent les problèmes jusqu’à40%plusrapidementquelesnon-autistes.Ilfaudraittirer partidescapacitésintellectuellesdesautistesetnepaslesminimiser. «éventuellement,nousaimerionsàtraverslachairedé-

velopper des modèles théoriques et pratiques pour changer l’approchepédagogiqueauprèsdesenfantsautistesetleuroffrir desmodèlessurmesure»,avanceMmeGrégoire.

suite

Parlacréationdecettechaire,l’HRdPsedémarquesurlascène internationaleauniveaudelareconnaissancescientifiqueetau niveaudel’évolutiondelarechercheenautisme.Grâceàlarécurrencedubudget,quipermetd’avoirdeschercheursetdu personnelquitravaillentdefaçonpermanente,unechairede cetteenvergureajouteinévitablementuneplus-valueàl’offrede servicedenotreétablissementdetroisièmeligne.PourM.Paul JutrasdelafondationMarceletRolandeGosselin,cettechaire serale«cœurdeladécouverteetdusavoirconcernantl’autisme»,cequiinciteralesscientifiquesdestroisétablissementsà collaborerdavantageafindejeterunnouveléclairagesurce trouble complexe qui atteint 450 nouveaux enfants chaque année.

Bienvenue chez nous Jeuneetdynamique,francknapoléonvienttoutjustederallierles rangsdel’équipedeladirectiondesservicesadministratifs.Arrivé le6juindernier,iloccupelepostedechefdesecteurauService d’hygiène/salubrité. désirantserapprocherdesonnouveaudomicile,ilnousarrivede l’HôpitalJuifdeMontréal.détenantuneformationauxHEcengestiond’entreprise,ilsupervise,encollaborationaveclechefdeservice,uneéquipecomposéedeplusd’unevingtained’employés.Il apourmandatdeveilleràlapropretéinterneetexternedenotre établissement. des défis renContrés aU qUotidien AuServiced’hygiène/salubrité,chaquejournéeestuniqueetamèneavecellesonlotd’imprévus.Motivéparlesnouveauxdéfis, francknapoléoncollaboreàlagestiondupersonnel,superviseletravaildesemployésets’occupedel’acquisitiondeproduitset dematériel.àlasuiteduviragevertquel’Hôpitalaeffectuédernièrement,ils’assurequelesproduitsachetéspourl’entretienrespectentlesnormesenvironnementales.deplus,avecl’éclosiondelagrippeA(H1n1),ilveilleàcequelesmesuresd’hygièneetles procéduressoientconnuesdetous.àtort,onpourraitcroirequenettoyeroudésinfecterunepièceestfacile.Pourtant,desprocéduresrigoureusesdoiventêtrerespectéesetdesformationsencontinusontdonnéesaupersonnel. Appréciantgrandementl’atmosphèrechaleureuseetleprofessionnalismedesonéquipe,ilrêvedéjàdefairelonguevieauseinde notreétablissement.Méticuleuxetattentifauxbesoinsdesesemployés,sonrôledegestionnairel’amèneàsepromenerrégulièrementdansl’Hôpital.vouslerencontrerezsurement,sicen’estdéjàfait,dansl’undescorridorsdel’HôpitalAvecplaisirnousaccueillonscejeunehommejovialaurireéclatant!

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alain BouCher

SommaiRe

mot du président du C.a. mot de la direCtriCe Générale de la fondation

2

portrait d’une Boursière par Katrine demers

3

présentation du Comité exéCutif

4

Golf, Billet pour le show au monument national, ColleCtion artiCles sColaires, etC.

ce bulletin est conforme aux rectifications orthographiques

Vice-président finances et développement des affaires Alcoa Canada ltée la Fondation les petits trésors occupe une place importante et unique au Québec, puisque sa mission tourne exclusivement autour de la santé mentale des enfants. Cette cause, porteuse d’espoir pour des milliers d’enfants souffrant d’un trouble mental et leur famille, demeure entourée de préjugés et de tabous. lorsqu’on sait qu’un enfant sur six au Québec est atteint et que les problèmes de santé mentale peuvent être traités efficacement, quoi de plus naturel que d’appuyer la Fondation les petits trésors, partenaire philanthropique du seul centre spécialisé en pédopsychiatrie et en troubles neurodéveloppementaux au Québec. soucieuse non seulement du mieux-être « mental » des enfants, la Fondation s’engage dans une optique de développement durable et dorénavant, elle préconise une approche écologique et socialement responsable afin d'offrir à nos petits trésors un monde plus propre et plus équitable. Je suis heureux de participer au développement de la Fondation les petits trésors et je vous invite à suivre cette progression avec ce tout nouveau bulletin, le « petitstresors.ca ».

Bonne lecture!

Chantal Provost

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Je suis heureuse de vous présenter cette toute première édition de votre bulletin d’information, le «petitstresors.ca». Ce nouvel outil de communication se veut le lien privilégié entre la Fondation et vous, partenaires, donateurs et bénévoles, qui contribuez au développement de cette organisation. la Fondation a pris un virage important en 2009 afin de jouer pleinement son rôle, de faire connaitre les petits trésors et de partager l’expertise extrêmement riche et pointue du personnel de l’hôpital rivière-desPrairies. tout cela avec l’objectif ultime de soutenir davantage les enfants et leur famille aux prises avec des problèmes de santé mentale et de faire tomber les préjugés entourant ces problématiques. Je crois fermement que le point de départ pour briser ces tabous est d’en parler, d’informer le public sur les différentes problématiques de santé mentale telles que les troubles envahissants du développement, les troubles anxieux, la dépression, l’autisme, etc., pour en arriver à mieux comprendre la réalité des familles qui ont un enfant avec un problème de santé mentale. si nos efforts permettent d’ouvrir notre regard sur la différence, la compréhension et le dialogue, nous aurons contribué ensemble à ce changement. le «petitstresors.ca» vous propose donc cet ambitieux projet. vous trouverez, au fil des pages, de l’information sur la santé mentale, les personnalités publiques qui s’impliquent pour cette cause, les projets à venir, les réalisations de la Fondation et bien plus encore. Je vous donne rendez-vous quatre fois par année pour en savoir toujours plus sur la Fondation les petits trésors!


2 Portrait d’une boursière la Fondation andré Dédé Fortin, bien connue pour sa mission enracinée dans toutes les actions contribuant à prévenir le suicide au Québec, et la Fondation les petits trésors s’associaient pour remettre une toute première bourse de recherche sur le suicide chez les jeunes de 5 000 $. remise le 8 février 2008 durant le colloque scientifique sur les conduites suicidaires chez les jeunes, organisé par l’hôpital rivière-desPrairies, cette bourse visait à soutenir la recherche sur la santé mentale des jeunes et était octroyée pour soutenir un étudiant de maitrise ou de doctorat désirant poursuivre un projet de recherche en lien avec la problématique du suicide chez les jeunes. J’ai rencontré pour vous mme lyne Desrosiers, récipiendaire de cette première bourse. elle nous entretient de son métier et de ses recherches. K. : En quoi consiste le métier d’ergothérapeute? l. : C’est toujours une question qui nous est posée puisque les gens connaissent peu la profession d’ergothérapeute. on connait davantage le travail de l’ergothérapeute en médecine physique, mais beaucoup moins en psychiatrie. l’expertise de l’ergothérapeute repose sur sa capacité à analyser toutes les activités qu’accomplissent les personnes. l’ergothérapeute est ainsi en mesure de comprendre et de déterminer toutes les fonctions qui sont sollicitées chez la personne qui les pratique tant aux niveaux émotionnel, relationnel, symbolique, sensoriel, que musculaire. l’ergothérapeute aborde l’activité dans sa globalité pour déterminer les dysfonctions d’un individu. son mandat est d’aider les gens à demeurer fonctionnels dans les activités de la vie quotidienne. Ceci peut devenir difficile lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie ou qu’elle présente un handicap. il y a un tas de choses que l’on fait dans la vie : se lever, s’habiller, travailler, sans trop y penser. la poursuite de ces

activités devient extrêmement compliquée et difficile pour une personne qui présente des problèmes de santé mentale notamment. on ne s’en aperçoit pas, mais pratiquer un loisir, aller à l’école ou être en relation avec d’autres personnes sont des activités qui sollicitent beaucoup de fonctions. Chez les jeunes suicidaires par exemple, les capacités de s’engager dans des activités significatives et gratifiantes avec leurs pairs sont particulièrement touchées. K. : Quel est votre parcours professionnel? l. : J’ai fait un baccalauréat en ergothérapie à l’université mcGill, puis j’ai travaillé en psychiatrie adulte à l’hôpital notre-Dame, puis au Chum pendant vingt ans. après quelques années de pratique, j’ai voulu approfondir les bases théoriques de l’utilisation thérapeutique de l’activité en psychiatrie. Peu de théorisations étaient alors disponibles pour comprendre l’impact de l’utilisation d’un médiateur dans le processus thérapeutique. Cette réflexion m’a amenée à compléter une maitrise en sciences biomédicales à l’université de montréal. après ces vingt années de pratique en adulte, j’étais mure pour un changement. J’ai accepté un poste en remplacement à l’hôpital rivièredes-Prairies (hrDP). le docteur Jean-Jacques Breton, pédopsychiatre, responsable de la Clinique des troubles de l’humeur du Programme de pédopsychiatrie de l’hrDP m’a par la suite proposé de me joindre à son équipe. C’est aussi motivée par des questions cliniques que j’ai pris la décision de poursuivre des études de doctorat. Je travaillais déjà auprès d’une clientèle d’adolescents présentant des traits de personnalité limite. avec la collaboration de monique létourneau, psychologue, nous avions développé des services à hrDP pour ces jeunes. J’ai ainsi décidé d’approfondir la problématique de l’abandon du traitement qui est très fréquente chez ces patients. en fait, près de 60% de ces patients quittent le traitement prématurément.

Par : Katrine Demers K. : Vous avez reçu une bourse de recherche en 2008 de la Fondation les petits trésors et de la Fondation André Dédé Fortin. Quel est l’objet de votre recherche et où en êtes-vous dans vos travaux? l. : Je souhaite approfondir la compréhension du phénomène de l’abandon du traitement : qu’est-ce qui amène un adolescent qui désirait un traitement à vouloir éventuellement quitter la thérapie? Plusieurs études se sont penchées sur les dimensions objectives qui pouvaient être associées à l’abandon du traitement (comme l’âge, le sexe, la psychopathologie) sans obtenir de conclusions fermes. il m’apparait que la décision de cesser son traitement est éminemment subjective; j’ai donc voulu explorer cette problématique sous cet angle. avec la bourse de recherche, j’ai décidé d’explorer la boite noire… J’utilise une approche qualitative. les sujets qui participent à mon étude sont de jeunes suicidaires qui présentent des traits de personnalité limite, qui ont abandonné leur traitement ou qui envisagent de le faire. J’aborde le problème à partir de trois niveaux d’analyse : l’adolescent, le parent et le dispositif de soins. Pour chaque cas intégré dans l’étude, une entrevue est réalisée avec l’adolescent, un de ses parents et son thérapeute. Chacune des personnes rencontrées constitue un informateur pour les trois niveaux d’analyse. les entrevues sont en cours et les résultats de cette recherche, je l’espère, nous permettront de mieux outiller les intervenants pour qu’ils puissent identifier les signes précurseurs de l’abandon de traitement, intervenir pour favoriser la poursuite et l’achèvement du traitement et ainsi prévenir la récidive suicidaire.


3 le petitstresors.ca vous présente son comité exécutif, des membres qui font partie du conseil d’administration de la Fondation, mais aussi des gens dévoués et engagés pour la cause des petits trésors. alaiN BoucHer Président

Diplômé de l'université du Québec à trois-rivières en administration des affaires et spécialisé en sciences comptables et de la finance, m. Boucher a commencé sa carrière à Beloit Canada ltd. en passant par armstrong World industries Canada ltd et rolls-royce Canada ltd, alain Boucher s'est joint à alcoa Canada Première fusion en 2003. «La santé mentale des enfants et des adolescents constitue une de mes préoccupations. Nous avons le devoir de les aider, de soutenir leur famille et de tout mettre en œuvre pour leur assurer un avenir épanoui. »

isaBelle HudoN Présidente sortante

reconnue sur la scène québécoise, cette femme d’affaires possède un leadership exceptionnel qui profitera dorénavant à marketel et à ses clients. De 2004 à 2008, elle a été présidente et chef de la direction de la Chambre de Commerce du montréal métropolitain. elle a également occupé des postes en communication chez Bell solutions globales, à l’agence spatiale canadienne et à BCe média et pour différents cabinets et ministères fédéraux. « Quand on sait que la maladie mentale touche un enfant sur six au Québec et qu’elle est de plus en plus diagnostiquée chez les jeunes, on ne peut se permettre d’ignorer ou de négliger cette souffrance » Marie GréGoire Vice-présidente spécialiste des relations publiques et de la politique québécoise, marie Grégoire est membre de l’action démocratique depuis 1994. vice-

présidente du markéting chez Zoom média de mai 2003 à 2005, elle a par la suite occupé le poste de directrice principale des communications de Desjardins sécurité financière de 2005 à 2007. Collaboratrice à l’émission « Le club des ex » au réseau de l’information et chroniqueuse au quotidien métro, marie Grégoire est présentement vice-présidente communications et markéting au cabinet hKDP - Communications et affaires publiques. « La sensibilisation, la recherche et le soutien aux parents permettent à des enfants qui vivent la différence de faire un pas de plus vers l’autonomie. C’est surement ce qui motive le plus mon engagement auprès de la Fondation » deNis Malo Secrétaire

avec plus de 24 ans d'expérience en gestion, en relations publiques et à différents postes d’exécutif aux ventes pour des entreprises internationales, Denis malo a démontré, avec une grande habileté, ses compétences dans des initiatives de redressement, de mise en œuvre de stratégies d’accroissement de marché et d’efficacité du personnel, en plus de développer des alliances stratégiques pour accroitre les bénéfices. m. malo est présentement premier vice-président et associé chez the mchugh Group. « À mes yeux, il n’y a rien de plus précieux dans la vie que les enfants et la santé. Comme adulte, je considère que c’est ma responsabilité de faire tout ce que je peux pour aider les enfants qui n’ont pas eu la chance d’avoir une santé parfaite. » Nick colasurdo Trésorier

Grand trésorier de la Fondation avec une solide expertise financière, nick Colasurdo est conseiller en placement à la Financière Banque nationale depuis plus de 15 ans. son implication sociale est aussi très importante au sein de la communauté. en plus d’être membre du C.a. de la Fondation, m. Colasurdo siège également sur celui de l’hrDP. « Moi-même père de famille, j’ai été touché par le risque qu’un jour un de mes enfants puisse être atteint d’une maladie mentale. Je suis fier et heureux de soutenir la cause des petits trésors et surtout, de collaborer à la réalisation d’une mission unique en son genre. »


4 GoLF

PaS De caSSe-tête PoUR La RentRée!

le 22e tournoi de golf de la Fondation a permis de récolter 20 000 $ de plus que son édition précédente soit un montant total de 220 000 $ net. un succès inespéré en regard de la situation économique actuelle.

la Fondation lance sa première collection exclusive d’articles scolaires « les petits trésors ». Dessinée au Québec par les Diffusions Joanel, cette collection comprend un sac de sport, un coffre à crayon, une boite à lunch et un sac à dos en version fille et garçon. De quoi distinguer nos petits trésors! Procurez-vous la collection et contribuez à la mission de la Fondation les petits trésors tout en équipant les enfants pour la rentrée! vous pouvez déjà commander votre collection ou vos articles sur note site internet : www.petitstresors.ca en téléchargeant le bon de commande et en le retournant par télécopieur à la Fondation.

aussi, grâce à thèm Concept, la Fondation adoptait une approche écologique et socialement responsable afin de participer non seulement au mieux-être « mental » de nos petits trésors, mais aussi à leur offrir un monde plus propre et plus équitable. le secret de ce succès? notre formidable équipe de bénévoles, des gens généreux et dévoués, que nous remercions sincèrement. co-présideNts du coMité Denis malo, McHugh Group, alain Gauthier, Centre Bell MeMBres du coMité alain Boucher, Alcoa, nick Colasurdo, Financière Banque Nationale, Daniel Cyr, Deloitte & Touche, Pierre rocray, STM, François touchette, BMO, Yves salvail, Aéroports de Montréal, line Guillemette, Fondation les petits trésors

L’ÉQUIPE DES BÉNÉVOLES

ranGée Du Bas, de gauche à droite : Cassandra Dakkak, sébastien Paquin, Geneviève malbeuf, Danièle Porret, line Guillemette (Fondation) et line Bellavance (Fondation). 2e ranGée de gauche à droite : annie Parent, Johanne Fondrouge, Guillaume Fournier, sébastien trottier, suzanne Coutu, Claudyne roger, michel théroux, Daniel Cyr et Yves salvail. 3e ranGée de gauche à droite : Pierre lefebvre, marie Grégoire, Katrine Demers (Fondation), marcella Divalero, Diane Desjardins, marysol Beauséjour et Jacques Caron. Dernière ranGée de gauche à droite : Daniel lafantaisie, michael Dobie, Donald venne, Geneviève racicot et Caroline Bethiaume. aBsent de la photo : éric montigny un merci spécial au photographe de journée : Denis Brodeur Junior

vite s e t Fai st une c ’ e i m i té e ! on l é d i ti

du nouveau dans la communauté! Première d’une série de cinq, la communauté les petits trésors présentera pour la rentrée une conférence sur son site Web portant sur l’anxiété. Ces conférences seront animées par sylvie lauzon, marraine de la Fondation, et plusieurs experts dans le domaine de la santé mentale. ensemble, ils échangeront sur le thème choisi. visitez notre site internet pour connaitre la date de la première conférence et n’hésitez pas à y participer.

n’oUBLieZ PaS!

LeS cooRDonnéeS De La FonDation

réserVeZ dÈs

pour communiquer avec nous et en savoir plus sur les façons d’appuyer la santé mentale des enfants :

MaiNteNaNt Votre Billet pour le sHoW les petits trésors le 5 Mai 2010 au MoNuMeNt-NatioNal! 514 323-7234 option 2

fondation les petits trésors 7070, boulevard perras montréal (Québec) h1e 1a4

téléphone : 514 323-7234 sans frais : 1 877 323-7234 télécopieur : 514 328-3517 Courriel : fondation@petitstresors.ca www.petitstresors.ca


Le7juilletdernier,aucHuSainte-Justine,notredirec-

Ladirectiondel’Hôpitaltientàsoulignerpubliquement

teurgénéral,monsieurMichelLapointe,ledirecteurgé-

et de façon toute particulière l’immense travail de

néralducHuSainte-Justine,ledocteurfabricebrunet,

madameLynnGrégoiredanscedossier.nereculant

ledoyendelafacultédemédecinedel’universitéde

devantaucunobstacle,investissanttempseténergie

Montréal,ledocteurJean-LucienRouleau,etleprési-

sansdécompte,madameGrégoireestsanscontreditla

dent-directeurgénéraldel’AgencedeMontréal,mon-

pierreangulairedecetteréussite.Ladirectiontientéga-

sieur david Levine, procédaient à la signature du

lementàremerciertrèssincèrementunautreacteur

protocoled’ententeofficialisantlepartenariatentreles

majeurdecettecréation,ledocteurLaurentMottron,

centreshospitaliersSainte-JustineetRivière-des-Prairies.

qui,parsapassiondechercheuretsonrespectdela

Maintenantlancépubliquement,lecEtEduMseradé-

populationautiste,s’estinvestisansmesuredanslaréa-

sormaislelieuderéférenceauQuébecpourl’évalua-

lisationducEtEduM.

tion,letraitement,l’enseignementetlarecherchesur

L’Hôpitaln’enestpasàsonpremierprotocoled’entente

les troubles envahissants du développement (tEd). Sousl’égideduRuISdel’universitédeMontréal,lacréationducEtEduMrelèvedelavolontéd’offriràlapopulation tEd l’accès à des soins et des services standardisésdehautniveau.notrecentrehospitaliera non seulement contribué à la création de ce centre d’excellence,maisilenainitiélamiseenoeuvre.

de partenariat, mais celui-ci marquera sans conteste l’histoiredelapsychiatrieauQuébec! SuRLAPHoto,dEGAucHEàdRoItE : MonsieurdavidLevine,président-directeurgénéraldel’Agencede Montréal,drfabricebrunet,directeurgénéralducHuSainte-Justine, MonsieurMichelLapointe,directeurgénéraldel’HôpitalRivière-desPrairies,etledrJean-LucienRouleau,doyendelafacultédemédecinedel’universitédeMontréal.

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fraicheretraitéedel’HôpitalRivière-des-Prairies,l’éducatrice spécialiséedanièleLerouxaaccompagnédesgénérationsde Stéphane trépanier

jeunespatientsdurantsacarrièrede35ans.Elleyarencontré desclientslourdementhypothéquésauxcomportements singuliers,principalementauxprisesavecdestroubles envahissantsdudéveloppement.Maiselleasurtoutaidédes humainspourlesquelselleatoujourseuleplusgrandrespect, malgrélasévéritédeleurssymptômesetleursréactions imprévisibles.uneprofession,pourrions-nousdire,defoi,quilui aprocurédesmomentsdegrâcedanssarecherchedespetites etgrandesvictoirestricotéesauquotidien.

Chercher le chemin qui nous conduit à eux l ’ héritage d ’ une éducatrice spécialisée

téMOIgnage dans sa carrière, danièle Lerouxaeuungrandcoup defoudre.Maisl’élun’avaitrienduprince charmant. Le jeune homme en question s’automutilait et était couvert de plaies vives.Ilcriaitcommeunesirènepresque continuellement et repoussait agressivementceuxquivoulaients’enapprocher. unevéritablepetitebêtesauvageetmeurtrie.Pourtant,cettebouledesouffrance,effrayante à bien des égards, a immédiatementséduitdanièleLeroux:«Lapre-

mièrefoisquejel’aivu,ç’aétéunerévélation. Et ç’a été réciproque, je crois. Je

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voulais travailler avec lui. Il s’assoyait par terreetmarchaitunpeucommeuncrabe. Personnen’arrivaitàlelever.Ilhurlait,couraitpartout,nevoulaitriensavoirdesintervenantsengénéral.Maisquandjepassais danssonunité,ilmesuivait.unpeuplus tard,ungroupespécialisés’estorganiséet onm’aproposéd’ytravailler.J’aidemandé quels étaient les patients qui s’y trouveraient.Quandj’aisuqu’éricyétait,j’aidit ouiimmédiatement.Etj’yaitravaillépendantplusde15ans.cegroupe-là,ç’aété l’histoire d’amour de ma vie professionnelle…etmonplusgrosdéfiaussi».


Croire en eux,

spécialisé,pourvuqu’ill’utilise

passionnément

àbonescientetdanslabonne séquence.carpouréviterles

luilaisserlaplace.c’estdevenu monpostulatdebase.» cette façon de faire lui aura

danièle a principalement tra-

erreurs et les jugements pré-

vaillépourlaclientèleduPro-

somptueux,ilestdemised’ou-

gramme des troubles neuro-

vrirtoutessesantennesavant

développementaux.uneclien-

de prendre fermement posi-

buteràeuxàrépétition. «Ily

travaillais à l’envers. J’appliquaislesplansdesoinsàlalettre.Maisçanemarchaitpas.Je devenaisenragéeenverslepatientetmoi-même.onsefixait debienbeauxobjectifsenpartantdenotrepropreréalitéet on s’imaginait que c’était ce quelepatientvoulaitouavait besoin.J’arrivaisauxréunions encolère.Jemedisaisqueles patients avaient la tête dure. Aveclesannées,j’airéaliséqu’il fallaitquej’adopteleurpoint devueàeux.Jemesuismise àlesobserverattentivementet à ramener systématiquement en équipe mes informations. J’aicommencéàpersonnaliser mes plans de soins. J’avais encore des objectifs souvent irréalistes,maisj’essayaisd’emprunter des chemins qui étaientplusrespectueuxdece que les patients étaient. d’abord,connaitresesfaçons defaire,debouger,deréagir, avec ses handicaps et ses forces, et ensuite seulement bâtirunplanàpartirdemes constats.Ilfautm’oublierpour

Ilétaittrèshandicapé.J’aiobservé sa façon de bouger et son comportement. d’après moi,ilavaitlacapacitédes’habiller seul, mais autrement. toutefois, croyant bien faire, les gens insistaient pour qu’il soitassissurunechaisepour s’habilleralorsquecettepositionneluiconvenaitpas.J’ai commencé par le laisser s’assoir par terre. Ensuite, j’ai remarqué qu’il attendait passivement quand on se plaçait devantluipourl’aider.Jeme suis donc mise derrière lui et j’aifaitlefantômeendirigeant ses mouvements. dès qu’il commençait à faire un geste seul,j’enlevaismesmainspour lelaissercontinuer.Aprèsdeux semaines, il s’habillait seul. Il suffisait de changer un peu notreapproche.»

tèle rébarbative mais attachante qui dispose d’un potentield’apprentissagesousestimé.àpartirdumomentoù onluireconnaitdescapacités, biendesprogrèspeuventdésormaiss’opérer,selonl’expériencedeMmeLeroux: «Les

clientèlesdifficilesnem’ontjamaisfaitpeur.Jemedisquece sontdesêtrespourlesquelson n’a simplement pas encore trouvélemoyenpourlesapprocher.Sijenecroispasen monjeune,jen’arriveraiàrien. Maissij’ycrois,ilvaprogresser. c’estmontravaild’éducatrice spécialisée de trouver les bonnesfaçonsdelemotiver, dem’intéressersuffisammentà lui pour découvrir la bonne manièredelerejoindre.Ilfaut simplementymettreletemps etessayer.touslesjeunespatientsméritentça».unephilosophie qui l’a bien servie duranttoutescesannées. Le patient d’abord, l’intervention ensuite La proximité avec la clientèle constitueunindéniableavantagecliniquepourl’éducateur

souventpermisdecontourner lesobstaclesplutôtquedese

tion, selon danièle Leroux. avaitunjeunegarçonqueper«Audébutdemacarrière,je sonnen’arrivaitàfairehabiller.

réserver des zones autonomes Lerespectestàlabasedulien entreunintervenantetunpatient.cetterèglenes’applique pasmoinsquandils’agitd’un

«En écoutant unbesoin, ona régléun problème.»

19


et il doit toujours avoir pré-

tèresetdemecentrersurle patient,saréalitépropreetsur les apprentissages qui lui serontlesplusutiles». d’après MmeLeroux,larecetteafait sespreuves.

séancesurelledanslafaçon

L’autiste artiste

jeunesévèrementatteintpar untroubleenvahissantdudéveloppementavecdegraves troubles associés. L’humain n’estjamaisloindesamaladie

desecomporterenversunpatient.Respectersadignité,son rythme,sapersonnalitéetlui laisserfairedeschoixdansla mesuredesescapacitéssont des principes qui ont continuellement

guidé

Mme

Leroux : « Quand j’interagis

avecunpatient,jeneledirige pas.Jel’accompagneetjelui suggèredesfaçonsdefaire.Si çanefonctionnepas,c’està moidetrouverunautrechemin.Leplusbeaucadeauque l’on peut faire à un patient,

«Ilsm’ont obligée àtravailler sur moi-même. Grâceàeux, j’aiappris àêtre patienteet conciliante. unbeau cadeau.»

20

c’estdeluilaissersonautonomie,aussilimitéesoit-elle.Ila ledroitdes’habillerdansl’ordrequ’ilveutparexemple.Si çaluiprend15minutespour sevêtirouquesonchandail est à l’envers, ce n’est pas grave.Çapeutêtreaussisimplequedechoisirsescéréales. onn’apasàlecontrôlertout letemps.Leur«anormalité» devient

notre

normalité

lorsqu’on travaille ici. c’est pour eux que je suis ici, pas pour moi. Il est donc nécessaired’oubliermesproprescri-

MmeLerouxaconnuunautistetrèsanxieuxquiavaitl’habituded’amasserquantitéde papierspourbricoler.depeur denepaslesrécupérer,ilne voulaitpass’enséparer,avec lesinconvénientsquel’ondevine. Mme Leroux a décelé qu’au-delàdesondiagnostic, ilétaitavanttoutunartiste.Il

avaitaccèsàdespériodesde bricolagedurantlasemaine. Çalerassurait.àlafindel’activité,iléchangeaitsonpanier contreunrenforcementpositif, une petite gâterie qu’il choisissait au départ. La méthodeafonctionnéextraordinairement. Il allait à l’école sansrechigner.onaexporté laformulechezluienoffrant du soutien aux parents, et tout naturellement, il est devenu beaucoup plus calme. bref, en écoutant un besoin onarégléunproblème». Le culte de l’instant présent

avait besoin de créer. c’était

nul patient ne vit dans son

importantpourlui,maisilfal-

dossier. Il mange, dort, se

laitl’encadrer.Elles’estdonc

lave, marche, joue et rêve

inspiréed’uneméthodeutili-

dansunenvironnementbien

séeparuncollègue,françois

réel aux côtés d’humains de

côté,etl’aadaptéeàlaréalité

chairetd’osquiinteragissent

dujeunepatientpourrépon-

aveclui.c’estdececontexte

dreàlafoisàsesélanscréatifs

que l’éducateur se nourrit

et pour s’assurer qu’il fonc-

pouramenerunjeuneunpeu

tionnebiendanslequotidien:

plusloin.Sondéfi:harnacher

«Ilprenaittroisouquatrebabiolesetilenfaisaitquelque chosedetrèsbeau.c’étaitimpressionnant.Ilfallaitdonclui donnerdutempsdebricolage toutenl’aidantàgérersesactivités,carsinonilauraitfaitça toute la journée. Il avait son panieravecsonmatérield’artiste.onluiamisunhoraire avecuncadran.Ilsavaitqu’il

lesheuresquipassentpouren fairedesoccasionsd’apprentissage. « L’éducateur est le

spécialistedelavieauquotidien. cela signifie que l’on peututiliserchaquemoment. Autant les moments de vie quotidienne, les moments libresqueceuxconsacrésaux activitésdirigées.Ilfautprofiter dechacund’euxengardant


toujoursàl’espritqu’onestlàpour apprendre au patient à mieux communiquer,àaccepterlesfrustrations,àseresponsabiliseretà faire des apprentissages particuliers. J’ai toujours fixé des buts pour mes jeunes. dans mes actions,jenefaisaisriendegratuit. Il y a avait toujours un objectif éducatifoulavolontédedévelopperdesliensderrièremesagissements.desliensquel’onconstruit envivantensemble,enriant,en

qui apporte à qui? c’estuncliché,maisquandilest justeetauthentique,nousaurions tort de nous en priver. danièle Lerouxemporteavecelledanssa retraitelesouvenirdemémorables rencontresquil’ontmarquéeàjamais.desêtresaudestiningratlui ontlégué,probablementsansle savoir, un héritage constitué de momentsmagiquesetdeleçons devie.Sortederetourd’ascenseur

sefâchant.Parcequepourmoi, cesontdespersonnesàpartentière qui méritent ma considéra-

« Le plus beau cadeau

tion. Elles ne me sont pas

que l’on peut faire à un

inférieures.J’essayaisparexemple

patient, c’est de lui

denepassimplementdirenonet d’interdireuncomportement.Je

laisser son autonomie,

prenaisletempsd’expliquerl’acte

aussi limitée soit-elle. »

attendu et de donner des consignesclairesetpositivesaux

diante,j’aieuàdonnerunbainà une petite patiente maigre commeunchicot,physiquement très limitée, qui était probablement déficiente intellectuelle et quineparlaitpas.Jenesavaispas parquelboutlaprendre.Jemedisais que j’allais la casser. Mais croyez-leounon,c’estellequim’a montré comment faire. ce petit êtrerachitiquem’aidaitvraiment. Ellevoyaitbienquej’étaismalà l’aiseetelleessayaitdesesoulever pourmefaciliterlatâche.Jenel’ai vuqu’unefoisdansmavie.Jene me souviens même plus de son nom. Mais elle m’a donné une leçonincroyable.Jenel’aijamais oubliée.Elleamontréunegénérosité et un courage prodigieux malgréunhandicapépouvantable.Etellen’étaitmêmepasobligéedelefaire.J’enaipleuré».

patients.Quandj’avaisétéimpa-

àl’éducateur. «Ilsm’ontapporté

tiente,jen’hésitaispasnonplusà

sans qu’ils se désorganisent, de

autant sinon plus que je leur ai donné. comme j’apprends très vite,jenesuispaslapluspatiente desfemmes.J’aideladifficultéà nepasréagiraucontactdegens pluslentsquemoi.Ilsm’ontobligée à travailler sur moi-même. Grâceàeux,j’aiapprisàêtrepatienteetconciliante.unbeaucadeau!»

faire des sorties sans fugue, de

Ilyaaussilecouragequiinspire.

derrièreleparcoursdecesinnom-

fairecesserdescomportementsin-

celuiquel’oncroiseetdontonse

brablespatientsqu’elleaprofon-

désirables.» Laconfiancecomme

souvient,même35ansplustard:

démentaimés,nousnedoutons

levierdechangement.

«àmestoutdébuts,encoreétu-

pasqu’ellel’aitfait.

allerm’excuserauprèsd’eux.une façond’appliqueretdetransmettre le principe de congruence si important en intervention. c’est uneattitudequiouvredesportes etquiconsolidelesliens.Après,ils ontconfianceentoi.Çam’apermisdelesamenerchezledentiste

nousavonsrencontréuneMme Lerouxenpleinepossessiondesa profession, malgré le fait qu’elle venait d’accrocher ses patins d’éducatricespécialiséeaprèsplus detroisdécenniesdeloyauxservices. Le feu dans les yeux et la passion intacte, nous avons eu l’impression d’être en présence d’uneprofessionnelled’élitecapabledesouleverlesmontagnes.Et

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Mélimélo nAtHALIEMALtAIS,conSEILLèREcLInIcIEnnESPécIALISéEàLAdIREctIondESSoInSInfIRMIERSdEL’HRdP

Résumédelaconférence«Lerôledel’infirmièreclinicienneauguichetuniquedepédopsychiatrie

(GuP)etaumoduled’évaluationetdeliaison(MEL)ainsiqu’àlacliniquedestroublesdel’humeur (ctH)del’HôpitalRivière-des-Prairies» présentéeparlesinfirmièresnathalieMaltais,Linebrissetteet SylvieRaymondau26e colloquedel’Associationquébécoisedesinfirmièresetinfirmiersensantémentaleles28et29mai2009. GuIcHEtunIQuEEnPédoPSYcHIAtRIE(GuP)EtModuLEd’évALuAtIonEtdELIAISon(MEL) c’estencontinuitéaveclepland’actionensantémentale2005-2010etlamiseenplaceduréseauintégré de services de pédopsychiatrie de l’est de Montréal, offert par les hôpitaux Rivière-des-Prairies et Maisonneuve-Rosemont,queleguichetuniqueenpédopsychiatrieestnéenjanvier2006.LeGuPestun serviced’accueiltéléphoniquecentralisé.Ilreçoit,trieetorientelesdemandesd’évaluationpédopsychiatrique pourlesjeunesde0à17ansdel’estdel’IledeMontréaletd’ailleursauQuébecafind’assurerunemeilleure accessibilitéauxservices. Lemoduled’évaluationetdeliaisons’estajoutéparlasuiteafind’établiruncontinuumdansl’offredesoins etdeservices.LeMELprocèdeàlapréévaluationtéléphoniquedelaconditionphysiqueetmentaledes jeunesavecleparent,l’adolescentdeplusde14ansainsiqu’aveclespartenairesimpliqués.Ilorienteauxcliniquessurspécialiséesselonlasymptomatologie.Ildéterminelesprioritésdesdossiersdelalisted’attenteet offredusoutienauxfamillesetauxpartenaires. LERôLEdEL’InfIRMIèREcLInIcIEnnEAuGuP/MEL L’infirmièrepossèdeunebonneconnaissancedupland’actionensantémentaleetdeshabiletésdecommunication,d’empathieetdegestiondustress.Elleesthabileàtransmettresesconnaissancesenpsychopathologieauxintervenantsdepremièreligneetàévaluerlaconditionphysiqueetmentaledesjeunes. Elleanalyselesdonnéesrecueilliesetémetdeshypothèsesdiagnostiques.finalement,elleorientelejeune verslacliniqueappropriée. LAcLInIQuEdEStRoubLESdEL’HuMEuR(ctH) LactHaétéfondéeenaout2005.Elleaccueilledesjeunesde6à17ansavecuntroubledépressifmajeur, un trouble dysthymique, des idées suicidaires actives dont l’intensité requiert une évaluation pédopsychiatriqueet/ouunetentativedesuiciderécenteetletroublebipolaireIetII.

22


LERôLEdEL’InfIRMIèREcLInIcIEnnEàLActH Aumomentdelapréévaluation,l’infirmièreclinicienneàlactH… détermineleniveaud’urgenceetconfirmelescritèresd’admissibilité. Analyselaproblématiqueactuelle,leschangementsobservésetévaluelesidéessuicidairesà l’aideducoQ(comment,où,quand). Metenplaceunfiletdesécuritéetorienteàl’urgenceaubesoin. vérifielesfacteursderisqueetdeprotectionafind’effectuerlagestiondesdemandesenattente. Informelepsychiatreafindedéterminerlacomplexitéetl’urgencedescas. Planifie,deconcertaveclepsychiatre,lemodèled’évaluationchoisipourchaqueclient:multidisciplinaireoumédico-nursing. Reçoitetcolligelesdonnéesdedeuxquestionnairespréalablesàl’évaluation. Planifieetcoordonneledéroulementdelajournéed’évaluation. Aumomentdel’évaluationmultidisciplinaire,l’infirmièrecliniciennedelactH… Présenteledossieràl’équipe. Assureunsoutienauxparents.Ellefaitunretoursurlequestionnairesoumisàlafamillesurl’histoire développementaledujeune.Elleprésentedesconstatsetformuledesrecommandationsfavorisant lemieux-êtredujeuneetdesafamilleenprésencedesdiversintervenantsdel’équipeinterdisciplinaire. fait des interventions brèves (plan de sécurité pour crise suicidaire, suivi pharmacologique, enseignementenlienaveclestroublesbipolairesetleshabitudesdevie). Assurelaliaisonentrelesdiversservices:hospitalisation,hôpitaldejour,autrescliniquesexternes etdiverspartenaires. Anime,encollaborationaveclatravailleusesociale,desrencontresindividuellessurdifférents thèmesenlienaveclamaladie. Enrésumé,l’infirmièreassumeunrôlepivotcrucial,del’accueild’unedemandejusqu’àsapriseen charge,garantissantainsiauprocessusunerigoureusecontinuité.

23


L’adolescenceestunepériodetransitoirecrucialedu développementdel’enfant.Pendantcettepériodeoùl’identité estenconstanteconstruction,êtreatteintd’untroublemental Jessica lambert-fandal

peuts’avérerdifficilepourlejeuneetpoursonentourage. àl’HôpitalRivière-des-Prairies,l’éducateurspécialiséestappeléà êtreunaccompagnateurpouraiderlejeunedansson quotidien.unapportsouventessentiel,quipermetdepréserver etderestaurerl’autonomiedesjeunespatientsquidoivent composeravecleurmaladieetuneestimedesoiparfoisaffaiblie.

Quand estime de soi rime avec

guerison

Sylviebourdonestéducatricespé-

avoir une opinion favorable de

troubledel’alimentation,d’anxiété

cialiséeetœuvredepuisprèsde18

soi malgré la maladie

oudedépression,certainspatients

Parmaladiementale,ondésigne

qu’ellerencontresesententexclus

ansàl’HôpitalRivière-des-Prairies. ElletravailleauProgrammedepédopsychiatriequioffredesservices

deleurmilieu,deleurfamilleoude

l'esprit.Enfait,selonlafondation

leurréseausocialettendentàs’iso-

desmaladiesmentales,«ils'agitde

ler.L'estimedesoi,quiestuneat-

manifestationsd'undysfonctionne-

titude intérieure consistant à se

ment psychologique et souvent

direqu’onadelavaleur,qu'onest

biologique.cesperturbationspro-

unique et important, en prend

voquentdifférentessensationsde

souventuncoup.L’éducateurspé-

malaises, des bouleversements

cialisé,parlajustessedesonap-

émotifs et/ou intellectuels, de

proche et de ses interventions,

mêmequedesdifficultésdecom-

peutapporteruneaideconsidéra-

cettefemmeaucœurtendretente

portement».

bleàceteffet.Ilapourfonction

par tous les moyens d’aider les

oeuvrant auprès des patients de

d’aiderlapersonneendifficultéà

jeunesqu’ellerencontreàdévelop-

l’unitéd’admissionetdel’hôpital

développer des aptitudes et des

per leur autonomie et leur plein

dejour,Sylviebourdonrencontre

outilsquil’aiderontàfairefaceaux

potentiel,malgréleurmaladie!

plusieurscascliniques.Atteintsde

nombreuxdéfisduquotidien.

spécialisésetsurspécialisésenpsychiatrieàuneclientèled'enfantset d'adolescentsprésentantdestroublesmentauxtransitoiresoupersistants. Passionnée de son travail, ellecroitensonrôled’éducatrice etausoutienqu’ellepeutapporter aux jeunes patients ayant une imaged’euxtropsouventaltérée.

24

l'ensembledesproblèmesaffectant


àl’hôpitaldejour,chaquepatient

Sylviebourdonacréé,encollabora-

empathique sont des aptitudes essen-

possède ses propres objectifs à at-

tionavecdespatientsdel’hôpitalde

tiellesdansnotretravail» avance-t-elle.

teindre.Quecesoitderetournerà

jour,unjeudesociétéportantsurla

L’éducateurnepeutentretenird’idées

lamaison,deréintégrersonmilieu

résolution de problèmes, qui sera

préconçuesàl’égarddespatients.ou-

scolaire, d’adopter une bonne hy-

éditéprochainement.

vert au changement, il doit constam-

giènedevieoudesuivreunhoraire

croyantfermementenl’importance

mentresteràl’écoutedesjeunesetde

bienprécis,l’atteintedecesobjectifs

de la valorisation, elle ne manque

leursbesoinsafindelesaideràréinté-

nécessite des efforts soutenus. pas une occasion d’encourager et «L’éducateurestlàpouraider,ac- deféliciterunpatientpoursesréus-

grerleurmilieudevie.

compagner et observer le jeune

sites,aussipetitesqu’ellespuissent

danslaréalisationdesesobjectifs»,

être.Respecterlepatientenmisant

d’interventionévoluentetparcequela

préciseMmebourdon.

sursesforces,enluipermettantde

Aucoursdesesannéesdeservice,

vivre des expériences positives durantsonséjourfavoriselaconstruc-

elle s’est donnée comme mandat

tion positive de l’identité. Ainsi, ce

d’aiderlesjeunespatientsdansleur

n’estpastantlanaturedesactivités

démarcheetamissurpieddesacti-

quiimporte,maisbienlesapprentis-

vitésquifavorisentl’évolutionposi-

sagespersonnelsqu’ellesuscitechez

tive de l’image de soi. Remplie

lepatient.

d’initiative,ellecréedesatelierssur lagestiondustress,l’acceptationde

Les défis du quotidien

lamaladie,lagestionduquotidien

« Puisque certains jeunes nous confientleurpeineetleursfrustrations, la relation d’aide et l’écoute

et la socialisation. utilisant le jeu pourfairepassercertainesnotions,

Parcequelescourantsetlestechniques complexitédescascliniquesaugmente, l’éducateurspécialisédoitêtreàl’affut desnouvellesformations.Sylviebourdon affirmequ’aucoursdesannées,l’HRdP acontribuéàsonperfectionnementprofessionnel. travaillantenéquipeaveclesinfirmières, lespréposésauxbénéficiaires,lesprofessionnelsainsiquelesmédecins,l’éducateurspécialiséaunrôleimportantquine peut être minimisé. Accompagnant le patientdanssesactivitésjournalières,il estsouventtémoindesprogrèsetdes difficultésdecedernierdanssonquotidien.Ilpeutensuiterapportersesobservations en les partageant en réunion d’équipe.Letravaild’équipeprenddonc toutsonsenspourl’éducateurspécialisé. Malgrélefaitquelaprofessionnesoit pas régie par un ordre professionnel, Sylviebourdontrouvestimulantdevoir

r at

lv Sy

ie

ur bo

d

c du , é on

e isé l a i éc sp  i ce

commentlemétierd’éducateurtendà évoluer.Selonelle,l’éducateurspécialisé doit d’abord valoriser ses fonctions et faireconnaitrel’importancedesonrôle auseindesonéquipe.cettefemmedéterminée,quiessaiedetransmettresa passiondelavieauxjeunes,necraint paspourl’avenirdelaprofessiond’éducateuràl’HRdPqui,selonelle,joueun rôlefondamentaldansleprocessusde guérisondujeunepatient.

25


Mélimélo

relais scientifique du er 1 juillet 2009

26

c’estdansunstyledécontractéetrigoureux,empreint

tive,stimuleraitlafonctionimmunitaire,auraitdesproprié-

d’humour,maisfoisonnantdedonnéesprobantes,que

tésantioxydantes,oncostatiques,vasoconstrictives,anti-

ledrAndréMasse,directeurcliniqueduProgrammedes

diurétiques,seraitadministréeàlasuited’untraumatisme

troubles neurodéveloppmentaux, a présenté dans le

crânien,réduiraitladouleurdefibromyalgie,protègerait

cadredesRelaisscientifiquesla«personnalitépharmaco-

descicatricesrénaleslorsdepyélonéphritesetfavoriserait

logique»delamélatonine.unemoléculesisimpleque

l’apprentissage,etc.Elleauraitaussidescapacitésdejou-

lepremierétudiantenchimievenuestàmêmedelasyn-

venceenprolongeantlaviedesmusaraignes.àsavoirsi

thétiser,maisôcombienprometteuse!Piluledusommeil

l’humain bénéficiera du même avantage, cela reste à

auxnombreusesvertus,lamélatonineestsécrétéenatu-

prouver.Lestroublesdecomportementseraientmoindres

rellementparlaglandepinéaleenconjonctionavecles

ensaprésence.Maisdanscecas,peut-êtreexplique-t-on

cycles circadiens. un peu comme les vampires, elle

leprogrèsparlasimpleaméliorationdelaqualitédusom-

s’éveilleàlatombéedelanuitetdisparaitdel’organisme

meil.Etsicen’étaitpasassez,lamélatoninesetarguerait

auleverdujourlorsquelalumièresepointe.Siellen’est

dejouerdanslesplatebandesdesantidépresseurs,avec

passédativeàproprementparler,elleprépareàlanoc-

desversionsdisponiblesenfrancequiamélioreraientl’hu-

turnefuiteenprédisposantlecorpsàl’endormissement.

meur.Est-ceàdirequenoussommesenprésenced’une

Saprincipaleapplicationsetrouvedoncdansletraitement

panacée?Sansdoutepas.Maissiellen’offrepasdega-

destroublesdusommeil.Etavecdesrésultatsplusqu’in-

rantieirréfutabledesanté,elleprésenteàtouslemoins

téressants,toutescatégoriesd’âgeconfondues,particu-

l’avantage d’être inoffensive dans le pire des cas. Et si

lièrementauprèsdesautistesetdesjeunesprésentantdes

d’embléeilvousprenaitl’enviedelachercherdansla

troublesdudéveloppement.onlaretrouveenventelibre

nature,sachezqu’onretrouvecettemoléculedansles

depuis2003.Seseffetssecondairessontanodins(unpeu

noix,lemaïs,lestomatesetlespommesdeterre.Laconfé-

d’hypersomnolencelematindansderarescas)etsesau-

rencedudrMasseaétésuivieparprèsde100personnes

tresqualitéssontdignesd’intérêt.Elleseraitcycloprotec-

éveilléesetattentives.


Calendrier des évènements à venir à HrDP

iques if t n ie c s is a l e r 12 h 30 à 14 h

LEEn bIEntôtdISPonIb éREncE ModEvISIoconf

L’éduccoLLoQ un pro ateur en uE: fessio psych nnel d iatrie, u quot idien 21 o Cto bre con 200 sulte 9 z pou

not resi rplu teIn sd’i tern nfor et PLAc m ation ES L IM It éES

9 14 oCtobre 200

nosticd’autisme «L’annoncedudiag e: etsapriseencharg

uébec» trelafranceetleQ en n iso ra pa m co e un E PRéSEntéPARMM

bRIGIttEcHAMAK.

coL Lo Q uES Eté cIEn vèn EME t nto IfIQuE PAR LAf RG A nISé o n LES d S A PEtI tIon tSt RéSo 5 et RS

6m

ESItEIntERnEt conSuLtEznotR RMAtIon PouRPLuSd’Info dAtEdES EtPouRAvoIRLA IEntIfIQuES. c S IS LA RE S In A H c PRo

ai 2 P Lu S  dE 010 dét LEP AILS Roc à v EnIR HAIn  dA nu L’In nS Mé R t ERo MISS dE Ion .


Le 21

octobre 2009 à l’Hôpital Rivière-des-Prairies

Une invitation UniqUe en son genre… pour faire le point sur la place qu’occupe l’éducateur en 2009 dans les soins psychiatriques de pointe et sur l’évolution attendue de sa profession.

Inscription avant le 13 octobre 2009 Cout d’inscription :

régulier 60 $ Étudiant 10 $

www.hrdp.qc.ca

Information : Téléphone : 514 323-7260 poste 2088

L'inter-mission vol 8no3: «L'éducateur, un professionnel du quotidien»  

Le journal I'Inter-mission de l'Hôpital Rivière-des-Prairies est publié 4 fois l'an. Situé dans le nord-est de l'ile de Montréal, l'Hôpital...

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