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N째34 Edition du 25 janvier 2013


SOMMAIRE Edition du 25 janvier 2013 A L'AFFICHE

Sorties de la semaine

3-7

REDAC' CHEF Fabi

7ème ART

Cloud Atlas 8-12 Les Grands Classiques: Dr Jekyll and Mister Hide 13-14

Tostaky – Noir désir 15-16 Eddie Cocchran & Gene Tierney 17

Comme un roman – D. Pennac 50 nuances de Grey

Eldudo, Manitao17, Katam Le Loup Céleste

CONCEPTION

MUSIQUE

A LIRE

REDACTEURS

ET MISE EN PAGE Fabi

SOUTIEN ET PUBLICATION 18-21 22-23

Syntaxeror

CORRECTIONS Frahlt

BLU-RAY Age of Heroes - Adrian Vitoria 24-26 L'étrange pouvoir de Norman 3D Sam Fell, Chris Butler 27-29

CONTRIBUTEURS à ce numéro Alex322, Astrorock

La Semaine prochaine

30


A l'affiche

Sorties de la semaine Max Comédie (01h23min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Stéphanie Murrat Avec Joey Starr, Mathilde Seigner Une petite fille fait venir une prostituée chez elle afin qu'elle prenne soin de son père veuf...

Le Dernier rempart Action (01h47min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Kim Jee-woon Avec Arnold Schwarzenegger, Jaimie Alexander Un shérif américain vivant prêt de la frontière mexicaine tente d'arrêter le chef d'un cartel de drogues avant que celui-ci ne s'échappe à Mexico.

Cookie Comédie dramatique - Date de sortie : 23/01/2013 De Léa Fazer Avec Alice Taglioni, Virginie Efira Un jour, la femme de ménage chinoise d'Adeline disparaît précipitamment en lui laissant sur les bras son garçon de six ans. Que va-t-elle faire de cet enfant qui ne parle pas un mot de français et dont elle ne connaît même pas le prénom ?


A l'affiche

Sorties de la semaine Somebody up there likes me Comédie (01h16min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Bob Byington Avec Keith Poulson, Nick Offerman Max ne prend pas une ride. Littéralement. Il glisse avec une égale nonchalance sur les vicissitudes de la vie, mariage, divorce, paternité, succès et banqueroutes. Sous l’œil perplexe de sa seconde femme Lyla il trimballe à travers l’existence son éternelle jeunesse...

Rue Mandar Comédie (01h35min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Idit Cebula Avec Sandrine Kiberlain, Richard Berry À l'occasion de funérailles rocambolesques, Charles, Rosemonde et Emma, frère et sœurs, se retrouvent ! Rencontres électriques pour cette fratrie qui ne sait comment se dire son affection et son amour réciproque.

Zero Dark Thirty Thriller (02h29min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Kathryn Bigelow Avec Jessica Chastain, Jason Clarke Le récit de la traque d'Oussama Ben Laden par une unité des forces spéciales américaines...


A l'affiche

Sorties de la semaine Mariage à Mendoza Comédie dramatique - Date de sortie : 23/01/2013 De Edouard Deluc Avec Nicolas Duvauchelle, Philippe Rebbot Deux frères débarquent en Argentine pour aller célébrer le mariage de leur cousin, à Mendoza, dans l’ouest du pays. La grande aventure, la vraie, voilà longtemps qu’ils en rêvaient… Mais à l’arrivée à Buenos-Aires, Antoine ne va pas bien du tout, comme un type que sa femme vient de plaquer.

Too Much Love Will Kill You Drame (01h47min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Christophe Karabache Avec marina Kitaeva, Christophe Karabache Marina, une jeune femme russe fuit sa vie monotone parisienne et débarque à Beyrouth, ville plongée dans le chaos et la violence, pour travailler comme danseuse dans un cabaret. Elle croise le chemin de plusieurs personnes marginales qui l’entraînent dans une dérive sans fin…

L'Ivresse de l'argent Drame (01h54min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Im Sang-soo Avec Kim Kang-woo, Yun-Shik Baek Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s’occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse.


A l'affiche

Sorties de la semaine Malcolm Policier (01h26min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Ashley Cahill Avec Rebecca Dayan, Ashley Cahill Malcolm, jeune intellectuel new-yorkais, défend ses principaux centres d'intérêt : "Le Cinéma, New York... et le crime de masse..."

Le Grand Retournement Comédie dramatique (01h17min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Gérard Mordillat Avec Jacques Weber, François Morel C’est la crise, la bourse dégringole, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l’économie se meurt… Pour sauver leurs mises les banquiers font appel à l’État. L’État haï est soudain le sauveur !

Blancanieves Drame (01h44min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Pablo Berger AvecMaribel Verdù, Angela Molina Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter...


A l'affiche

Sorties de la semaine El Estudiante ou Récit d'une jeunesse révoltée Drame (01h50min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Santiago Mitre Avec Esteban Lamothe, Romina Paula Roque, jeune provincial, commence des études à l’Université de Buenos Aires. Peu motivé, il passe son temps à séduire les filles et errer dans la fac.

Django Western (01h34min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Sergio Corbucci Avec Franco Nero, José Bodalo Un cavalier solitaire s'interpose dans la guerre que se livrent un général américain et un aventurier mexicain.

Au nom du peuple italien Comédie (01h55min) - Date de sortie : 23/01/2013 De Dino Risi Avec Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman Un petit juge en lutte contre l'affairisme tente de compromettre un PDG dans l'affaire du meurtre d'une call-girl.


Musique

La critique de Manitao17

Tostaky Noir Désir

Sous les lumières brillent des êtres de mille feux bâtissant à coups de masses des édifices splendides, historiques, mais cependant perfectibles. La faiblesse, le désarroi, l'inconscience forment alors le compte à rebours des décadences humaines, là où le qualificatif n'est plus assez fort pour maintenir une bâtisse "ad vitam aeternam". "Tostaky", album acéré de nostalgie et de volonté du changement, contient sans doute cette pierre angulaire mais effritée d'un groupe qui marqua pour toujours le rock français. Ses acteurs, B.Cantat, D. Barthe, S. Teyssot-Gay, puis J.P. Roy, auront su consumer la glorieuse incertitude d'une notoriété envahissante, renforcée par un travers éclectique de titres et d'albums dézingués et éprouvants. Celui de 1992 repeint assez bien le rythme des quelques écorchés et adopte le ton coléreux de consciences perdues au-delà des libertés. Vindicatif, absorbant comme dans "Sober song", honorant pour "Marlène", la capacité d'écriture retient l'auditeur dans une distanciation qui n'est pourtant pas le vecteur principal de la composition. Mais incontestablement, les émotions deviennent captivantes et les sensations transcrites facilitent l'emprise corporelle de la musique. Elles jaillissent ainsi, sans prévenir, à coup de butoir sur la grosse caisse comme dans "Johnny Colère" et laissent transparaître les débordements voire les déviances du groupe.


Les riffs soignés et déchirants du guitariste dans "One Trip/One noise" fait balbutier nos tweeters et semblent n'avoir d'équivalence que la souffrance de l'encrier du compositeur toujours dénonciateur comme dans "Here It Comes Slowly", voire partisan pour "Ici Paris". Le sortilège attend alors d'être absorbé, englouti comme pour mieux casser l'écervelé et réveiller le palpitant devenu doseur, donneur et marquer du temps qui nous retient dans "Oublié" ou "7 minutes". Malheureusement la hargne de son arme abandonnera la faiblesse de son âme quelques années plus tard, et le phrasé à la linguistique variée ne sera plus qu'une trace sur un blanc paginé. Le futur se fond alors en image d'un dégradé écarlate et les yeux se ferment comme pour inespérer que l'on ait le temps de découvrir un autre groupe comme Noir Désir dans "Tostaky", mais...tout le monde n'est plus là!

Manitao17


Musique

AstroRock Vintage

Rock'n'Roll Memories Eddie Cochran et Gene Vincent

1960! Eddie Cochran et Gene Vincent sont en Europe, plus précisement en Angleterre où ils participent aux émissions "Saturday Club" et "Boy Meets Girls". C'est l'objet de ce cd miraculeux qui regroupe toutes les prises, en direct, des émissions avec les dialogues entre les artistes, les animateurs et les auditeurs. Miraculeux car quelques jours plus tard, Cochran mourra dans un accident de voiture où Gene sera blessé. En hommage à Eddie Cochran, il portera toujours un gant de cuir noir à la main gauche. On est frappé par la disponibilité, la gentillesse des artistes à se plier aux demandes de leurs fans, cette simplicité qui fait tant défaut aujourd'hui où la suffisance le dispute à la médiocrité. Car rien de banal dans ces interprétations surgies du passé par deux monstres sacrés de l'histoire du rock au sommet de leurs moyens. Les classiques s'enchainent: un "Say Mama" nerveux, un "Something else" qui racle, un "Be-bop a lula" d'une grande souplesse, un "C'mon everybody" survolte, et le reste a l'avenant. Mais s'il ne fallait qu'une seule raison d'acquérir ce cd, ce serait pour le miraculeux "Summertime" de Gene Vincent, une interprétation d'une profondeur inouie, de ces moments rares au disque ou un interprète va à l'essentiel, vous atteint en plein coeur et touche a l'âme même de la musique. La voix est chaude, souple, intense, juste soutenue par la batterie et quelques riffs de guitare et il me semble que jamais Gene Vincent n'as ete plus près de la perfection que dans ce moment touché par la grâce. Essentiel!

Astrorock Plus de critiques sur le forum "Musique" : c'est ici


7ème Art La critique de Katam

Cloud Atlas Fiche technique Réalisateurs: Tom Tykwer, Andy Wachowski & Lana Wachowski Scénaristes: David Mitchell (Nouvelle), Tom Tykwer, Andy Wachowski & Lana Wachowski Avec: Tom Hanks, Halle Berry & Hugo Weaving Durée: 172 min Genre: Drame, Science-Fiction Budget: 100 000 000$ Année De Production: 2012 Date De Sortie Française: 13/03/2013 Pays: Etats-Unis, Allemagne, Hong Kong, Singapour Note IMDB: 7,9/10 Metascore: 55/100

Synopsis

L'histoire, au travers des âges et des continents, d'hommes et de femmes dont le destin est lié par la causalité.


La critique de Katam Je précise avant tout n'avoir pas lu la nouvelle écrite par David Mitchell qui fait l'objet de cette adaptation, ce n'est donc pas en tant que tel que je pourrais vous parler du scénario. Les Wachowski ont une histoire tumultueuse avec le public et la critique, après un globalement acclamé Matrix, ils ont enchaîné sur des suites qui ont peiné à convaincre puis sur Speed Racer, un film inventif mais qui n'a pas non plus remporté un grand succès. Il s'agit donc ici d'une entreprise risquée pour cette fratrie, d'autant plus que le pitch de base promet une adaptation compliquée. Cloud Atlas nous plonge dans plusieurs époques différentes, du XVème siècle à une date non précisée dans un futur lointain, à la rencontre d'un vaste réseau de personnages. Si au départ on peine à comprendre le lien qui unit ces différentes époques, celui-ci devient peu à peu de plus en plus visible, mais c'est grâce à un récit en particulier que le film prend tout son sens. Ce dernier représente un pivot majeur qui, malheureusement, réduit à l'état de simple illustration la plupart des autres histoires. J'ai lu ça et là que ce passage aurait pû faire l'objet d'un film en lui-même et je serais presque tenté d'être du même avis. Les Wachowski sont décidément plus à l'aise dans les univers futuristes qui leur donnent une plus grand marge de manœuvre créatrice. L'autre souci de Cloud Atlas réside dans l'impossibilité de ressentir la moindre empathie pour la plupart des personnages étant donné le peu de temps que l'on passe avec chacun. Il n'aurait à mon humble avis pas été possible de faire n'anmoins beaucoup mieux qu'ici, mais la question de l'adaptabilité de la nouvelle aurait alors dû s'imposer. Car au fond Cloud Atlas est une histoire d'amour existentielle, où l'amour est justement le grand absent. C'est une grande tristesse de voir une histoire intéressante et plutôt bien menée rester si plate et sans âme.


Au final il en reste un jeu de domino au travers des âges, illustration transcendante de l'effet papillon qui au fond n'a rien à raconter. On peut néanmoins remarquer quelques petites choses intéressantes comme le fait que chaque acteur représente un pouvoir universel varié (Les personnages de Hugo Weaving par exemple ont tendance à exprimer les volontés fascistes et dictatoriales) et apprécier pleinement la crédibilité historique des différentes époques. Un joli conte bien sage donc, mais agréablement raconté. Le montage est assez intelligent pour varier les plaisirs sans faire perdre pied dans la multitude de rôles même s'il aurait peut-être gagné à justement jouer sur les effets de perte de repères. Une adaptation donc maitrisée à défaut d'être vraiment réussie. Sur le plan visuel le film est de plutôt bonne facture. Les décors sont crédibles ainsi que les costumes. Les effets spéciaux s'en sortent plutôt bien même si un manque de budget se fait ressentir sur certaines scènes, ce n'est de toute manière pas dérangeant, le film ne reposant pas du tout sur ceux-ci. Au niveau des mouvements de caméra et des cadrages, c'est plutôt classique mais tout de même assez efficace. On remarque tout de même que les univers futuristes sont bien plus réussis, dynamiques et vivants que les autres, preuve que les Wachowski sont décidément plus à l'aise dans ce genre de récits.


La musique a été composée par un trio comportant Reinhold Heil, Johnny Klimek et Tom Tykwer. Ces trois-là sont habitués à collaborer ensemble sur des projets de bande originale et ils ont fourni ici un travail assez abouti. Mais encore une fois tout cela reste trop sage et peine à nous emmener, soulignant le manque d'implication émotionnelle du scénario. Leurs compositions nous effleurent simplement en nous laissant froids et sur notre faim. Cloud Atlas bénéficie d'une grand galerie de personnages jouée par une poignée d'acteurs, la plupart connus et reconnus. Comme à leur habitude Tom Hanks et Hugo Weaving fournissent une interprétation impeccable et illuminent la pellicule à chacune de leurs apparitions. James D'Arcy, Halle Berry et Ben Whishaw ne sont pas en reste même s'ils ne possèdent pas la même présence que ces deux-là. Il faut aussi préciser qu'ils n'ont pas à mon avis autant de temps à l'écran qu'eux. Pour moi néanmoins la meilleure actrice de cette fresque est bien Doona Bae dans le rôle de Sonmi. Totalement impeccable elle réussi à être émouvante en ne montrant que très peu d'émotions, une grande réussite.


Cloud Atlas est donc à mon sens un film qui souffre d'un sujet inadaptable malgré un évidente volonté de bien faire. Même si Tykwer et les Wachowski ont abattu beaucoup de travail pour rendre le voyage palpitant, il demeure des défauts que seule une durée supérieure aurait pû résoudre (Mais le film dure déjà presque 3 heures!). Dommage donc car certains segments sont vraiment réussis, dommage également car avec un échec commercial au box office américain les Wachowski risquent d'avoir beaucoup plus de difficultés à réaliser leurs prochain films en paix. 6/10

Katam


7ème Art

Les Grands Classiques ... la critique d'Astrorock

Dr Jekyll et Mr Hyde Rouben Mamoulian (1931)

Londres. Le docteur Henry Jekyll, jeune et brillant médecin, est fiancé à la jolie Beatrix Emery. Ses recherches sur la dualité du Bien et du Mal chez l’homme et son désir de dissocier ces tendances l’accaparent complètement. Ses théories ne font pas l’unanimité auprès de ses confrères plus conservateurs. Le père de Beatrix, Sir Charles Emery, mécontent du non-conformisme de Jekyll et de son impatience à épouser sa fille décide d’éloigner celle-ci pendant un temps, afin d’éprouver leur attachement. Un soir, Jekyll accompagné de son ami, le docteur John Lanyon, sauve d’une agression la belle Ivy Peterson, une serveuse de bar, et la raccompagne chez elle. Reconnaissante, elle fait des avances à un Jekyll profondément troublé. Après de longues recherches, cloîtré dans son laboratoire, Jekyll se décide à expérimenter sur lui-même un breuvage qu’il a mis au point. Il sombre alors dans un état semi-conscient peuplé de visions fantasmagoriques et se transforme en une créature maléfique qu’il baptisera Mister Hyde. Ce pendant négatif de la personnalité de Jekyll, d’une sauvagerie incontrôlable, va désormais arpenter tous les soirs les ruelles mal famées de Londres, heureux de satisfaire ses instincts violents. Il retrouve Ivy et en fait une maîtresse soumise qu'il terrorise jusqu'au moment où Ivy décide d’aller voir le docteur Jekyll pour se confier sur les tortures physiques et morales qu’elle subit et solliciter son aide . Lui ayant promis que Hyde ne la tourmentera jamais plus, Jekill décide de mettre fin à ses expériences. Le retour de Beatrix va l’aider à se sortir de ses obsessions, Sir Charles Emery acceptant enfin leur mariage.


Mais un soir, Jekyll se métamorphose malgré lui, le processus s’étant inversé. Il se rend aussitôt chez Ivy, qui se rend compte que Jekyll et Hyde ne font qu’un, et finit par l’étrangler. Il s’enfuit et après avoir retrouvé son apparence ordinaire grâce à ses potions, décide d’annoncer à Beatrix qu’il n’est plus question de l’épouser. Mais ses métamorphoses ne cessent pas. Redevenu Hyde, il agresse Beatrix qui est sauvée in extremis par son père et ses domestiques. Poursuivi par la police, il se réfugie dans son laboratoire. Après avoir avoué et démontré son secret à Lanyon, il est abattu par la police sous les traits de Hyde et retrouve à sa mort son vrai visage. Il y a eu 4 versions muettes dont la dernière a marqué les esprits par la grâce de l'interprétation de John Barrymore. C'est donc la première version du cinéma parlant qui est naissant et d'emblée Mamoulian signe un chef d'oeuvre intemporel. La mise en scene est encore marquée par le muet et ça surjoue un peu mais c'est a peine perceptible. De nombreuses innovations dont la caméra subjective et j'avoue que j'avais oublié que le procédé avait été utilisé si tôt. Il y a une forte connotation sexuelle et c'est surprenant de revoir le film en pensant à sa date de sortie. Au niveau des acteurs, Fredric March, qui a réussi le passage du muet au parlant, chose relativement rare, fixe le personnage de Hyde pour l'éternite avec une interprétation intense, ambigue, physique, d'une insondable noirceur et éclipse le reste du casting, bien fade par comparaison. Un immense film désenchanté, tragique et au final d'un romantisme cosmique.

Astrocrock


A lire

La critique d'Eldudo

Comme un roman Daniel Pennac

"Dès que se pose la question du temps de lire, c'est que l'envie n'y est pas. La question n'est pas de savoir si j'ai le temps de lire ou pas, (temps que personne, d'ailleurs, ne me donnera) mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur." (Daniel J’aime Daniel Pennac, j’aime l’homme, l’écrivain et ce qu’il a écrit. Je suis un inconditionnel de sa série des Malaussène et j’enrage qu’il ait laissé tomber ses héros Bellevillois mais surtout je pense que son essai “Comme un roman” devrait être déclaré d’utilité publique.


Quelques mots sur la saga Malaussène... Benjamin Malaussène attire les catastrophes et pratique le métier de bouc émissaire. Dans “Au bonheur des ogres”, il tient ce rôle au service des réclamations d'un grand magasin. Le dit grand magasin subissant une série d’attentats à la bombe, devinez qui est le suspect idéal ? Dans “La fée Carabine” Belleville devient un élément de l’intrigue. Un Belleville se transformant en un quartier bobo, menacé par les promoteurs et parcouru par des petites vieilles armées de P38 - bien sur glissés dans leur cabas. Malaussène (re)devient bouc émissaire dans “La petite marchande de prose”, il souffre pour le compte des éditions du Talion et passe la majorité du roman dans un lit. A sa décharge il est plongé dans un coma consécutif à une balle dans la tête. Enfin “Monsieur Malaussène” dernier roman de la saga le voit impliqué dans deux histoires criminelles sordides et très évangéliques.


M

ais revenons à “Comme un roman”. “Comme un roman” n’est pas un roman, et je ne fais ni mon George Perec ni mon René Magritte en disant cela, nom d’une pipe! Donc, disais-je avant de m’interrompre moi-même, “Comme un roman” n’est pas un roman mais plutôt un essai sur la lecture, une ode à la lecture et surtout une désacralisation de la dite lecture. Pourquoi gamin on aime tant qu’on nous lise des histoires et pourquoi quelques années plus tard lire est un sacerdoce. Sans parler de l’âge adulte où le seul “livre” est le programme-télé... Daniel Pennac, ancien prof de français quand même, explique comment donner ou redonner goût à la lecture. Éviter les phrases type “si tu ne lis pas ton chapitre (*) tu seras puni de jeux vidéos ” ou “Moi à ton age j’avais déjà relu (**) Proust”, phrases effectivement très motivantes. Personnellement, je pense que J.K. Rowling avec “Harry potter” a fait plus pour la lecture que toutes les réformes scolaires depuis Jules Ferry ou que toutes punitions données par les parents. Grand lecteur, je suis venu aux livres parce que mes parents m’ont foutu la paix sur mes lectures. BD, SF de gare du Fleuve Noir puis romans plus intelligents.... s’ils m’avaient forcé à lire Hugo ou (horreur ultime) Balzac il est sûr que je connaitrais actuellement les programmes de TF1 plus que le catalogue de chez Paquier. Pennac explique comment guider sans forcer, aider, motiver, pour que l’on prenne goût à la lecture. C’est en ce sens que je pense que “Comme un roman” est à lire. Non pas pour faire de nos enfants des lecteurs à tout prix. Non, juste pour leur donner la chance de découvrir un monde qui peut se révéler passionnant si on y prend goût. (*) Chapitre issu d’un livre à lire scolaire si intéressant pour un ado, tel Phèdre, Madame Bovary ou L’avare. Jalousie, ennui latent et humour de Molière sont des choses qui ravissent les ado tout le monde le sait. (**) Avez-vous remarqué que les gens “re”lisent souvent Proust. Par contre, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui le lisait. Lire Proust, j’ai essayé et j’ai appliqué la règle 3.


Les droits du lecteur La quatrième de couverture présente les droits imprescriptibles du lecteur : 1. Le droit de ne pas lire. 2. Le droit de sauter des pages. 3. Le droit de ne pas finir un livre. 4. Le droit de relire. 5. Le droit de lire n'importe quoi. 6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible). 7. Le droit de lire n'importe où. 8. Le droit de grapiller. 9. Le droit de lire à haute voix. 10. Le droit de nous taire.

Ed


A lire

La critique de Fabi

« 50 nuances de Grey » E.L. James

T

axé de "mommy porn" aux States, "50 nuances de Grey" fait le buzz. Roman d'abord auto-édité sur Internet avant d'être publié, il connaît un immense succès de vente : 40 millions d'exemplaires vendus en 18 mois. Face à un tel succès et malgré l'accueil mitigé des critiques pro, attirée par la promesse d'une fabuleuse romance érotico-émoustillante et d'une "histoire d'amour comme vous n'en avez jamais vu", j'ai décidé de me jeter à corps perdu dans la sulfureuse lecture de ce bouquin scandaleux. Scandaleux? Nous n'avons visiblement pas la même définition du terme, Miss James et moi. L'auteur nous sert un érotisme insipide (émotion : zéro!), répétitif (toutes les deux pages, l'héroïne se mordille les lèvres, ce qui a le don d'exciter le héros qui lui demande de cesser sous peine de passer un quart d'heure très très chaud), qui frise parfois le ridicule ("Mon cœur menace de m’étouffer parce qu’il est dans ma gorge en train d’essayer de sortir par ma bouche." )


L

a trame narrative et les codes d'écriture semblent largement empruntés à un roman type Harlequin : une jeune héroïne vierge et neuneu, un séduisant, ténébreux et riche surhomme (expert en vin, musique, pianiste, pilote d'hélicopter, homme d'affaires et j'en passe). Et beaucoup beaucoup de scènes "je te suis tu me fuis, je te fuis tu me suis". Pourquoi? Elle cherche l'amour, et lui le sexe et la domination (on devine bien entendu que le pauvre garçon est incapable d'aimer suite à un traumatisme de l'enfance) La grande intrigue de l'oeuvre repose donc sur cette question existentielle : l'amour d'Anastasia pourra-t-il sauver le beau Christian Grey? Nous devrions mettre 3 tomes à le découvrir puisque le tome 2 est en librairie : "50 nuances plus sombres" qui sera suivi de l'original "50 nuances plus claires". Point d'érotisme poétique donc, point d'attrait littéraire, point d'ébranlement de la libido. Mais au moins 50 nuances de mièvrerie. Beaucoup de pub pour rien...

Fabi


Blu-ray 2D

Le test du Loup Céleste

Age of Heroes Adrian Vitoria

Le synopsis Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la véritable histoire de l'unité de Ian Fleming, commando précurseur des troupes d'élites britanniques, source d'inspiration du Special Air Service (SAS). Ce récit retrace les combats de ces héros, des plages de Dunkerque aux montagnes de Norvège dans une mission périlleuse en territoire ennemi dont le dénouement changera le cours de la guerre...


Le film Ce film de guerre biographique britannico-norvégien est un DTV au budget restreint qui souffre d'un scénario bâclé comportant des ellipses dérangeantes, mais aussi d'une réalisation trop plan plan et de scènes d'action sans intensité. Néanmoins et même si le film est loin d'être une réussite, le fait qu'il s'inspire d'une histoire vraie, le jeu correct des acteurs (Sean Bean, Danny Dyer et Izabella Miko) et la beauté des paysages norvégiens font passer un petit moment pas forcément désagréable.


Le Blu-ray • Image Un master qui souffle le chaud et le froid. De jour, nous avons une image lumineuse à la définition pointue, à la profondeur de champ appréciable et à la palette colorimétrique correctement restituée. Mais de nuit, nous avons une image terriblement fade et bruitée aux contrastes faibles et aux noirs sans aucune profondeur. Heureusement pour nous, les scènes bien éclairées sont plus présentes que les scènes sombres.

Fiche technique - Format vidéo : 1080i AVC [2.35]. - Pistes sonores : Anglais et Français (VFF) DTS-HD Master Audio 5.1. - Sous-titres : Français imposés sur la VO. Blu-ray Disc Région B Français. Éditeur : SND - Groupe M6. Date de sortie : 17 juillet 2012. Le film

♥♥♥♥♥ Le Blu-ray Disc

• Audio Des pistes sonores assez peu démonstratives dont la dynamique en retrait et la proéminence de la scène avant (en dehors des scènes de fusillade où la scène arrière se réveille) trahissent un mixage à faible budget.

Le Loup Céleste

Vers le forum Blu-ray : ici


Blu-ray 3D

Le test technique d'Alex322

L'étrange pouvoir de Norman 3D Sam Fell, Chris Butler

Introduction Une petite ville de Nouvelle-Angleterre du nom de Blithe Hollow est prise d'assaut par une armée de zombies. Qui peut sauver la ville? Un petit garçon du coin capable de parler avec les morts : Norman Babcock. Pour sauver les habitants d'une ancienne malédiction, Norman va devoir affronter zombies, fantômes, sorcières, mais aussi une tribu d'adultes demeurés. L'Etrange pouvoir de Norman 3D n'est que le deuxième long-métrage sorti du studio Laika. Mais c'est la confirmation du talent des bricoleurs basés à Portland dans le domaine de l'animation. En ce qui concerne le rendu 3D de cette nouvelle production des auteurs de Coraline 3D, l'impatience est légitime car le précédent rejeton obtenait une note finale 3D très satisfaisante à l'époque sur la profondeur 3D.


Bilan 3D L’étrange pouvoir de Norman 3D, alias ParaNorman 3D pour sa version américaine, nous livre une histoire irrésistible mâtinée en permanence d'humour et d'horreur. Le film se positionne d'emblée dans l'hommage et la parodie du genre et des codes des films de zombies. Les métaphores et clichés sont nombreux et ne manqueront pas de ravir les fans de films d'horreur et Teen horror movie. On appréciera aussi la composition sonore efficace qui renforce parfaitement l'ambiance du film. En ce qui concerne l'exploitation de la 3D dans le film, c'est dans la moyenne basse du rendu des dernières productions 'dessins-animés' des derniers mois. Paradoxalement on sent que le film est capable d'afficher une très bonne profondeur dans les environnements intérieurs lumineux à l'instar de son prédécesseur Coraline 3D mais il flanche généralement lorsqu'il s'agit de traduire cette profondeur 3D dans les environnements extérieurs de nuits, ou en intérieur dans l'obscurité : cela célèbre une fois de plus l'exceptionnelle performance du dernier prodige 3D Frankenweenie 3D, et du récent Rebelle 3D dans l'expression d'une belle profondeur et d'un superbe détachement 3D dans des environnements obscurs contraignants ! Ainsi, capable pourtant par moment de donner toute la mesure de ses possibilités dans l'affichage de plans lointains, de plans de hauteur extrêmement convaincants et très réussis, L’étrange pouvoir de Norman 3D parviendra très souvent à vous faire partiellement oublier la nature tridimensionnelle de ses scènes. Le film montre en revanche une belle maitrise du détachement 3D sur une majorité de plans.


L

a vraie déception concerne l'utilisation ultra occasionnelle des effets de débordements et jaillissements : quel dommage car au vu de la nature parodique du film, et du genre zombie ciblé, il y avait matière à en faire un film attractif et démonstratif en 3D. A croire qu'en 2012 une malédiction pèse sur les films en Stop Motion 3D, car il rejoint d'autres films du même genre à la réalisation 3D satisfaisante mais sans réelle ambition comme Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout 3D. Pour conclure on ajoutera que le film compense le manque d'effets 3D extrêmes et démonstratifs par une ambiance fortement jouissive issue de sa narration, de ses clichés omniprésents et de ses rebondissements. Dans la catégorie des films d'animations 3D en Stop-motion très réussis on se tournera en revanche vers l'excellent Frankenweenie sorti en Blu-ray 3D !

Alex322

Fiche technique Date de sortie : US – 27/11/2012 France : 22/01/2013 Type de 3D :

3D native

Format : Version testée :

Américaine

Région : Audio : anglais : Audio : français : Appréciation globale 3D

Image et Profondeur

Jaillissements

Vers le forum Blu-ray : ici


La semaine prochaine

L'actualité des sorties cinéma ...

De nouvelles critiques musicales et littéraires ...

Mais aussi des surprises, des coups de coeur et encore plus de tests Blu-ray (2D et 3D).

Rendez-vous le vendredi 1er février 2013 pour

L'HEBDO n°35


HCFR l'Hebdo N°34  

Cinema, Music, Art

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