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#89 Edition du 13 Juin 2014

Edge Of Tomorrow Les Combattants Le Jour de la bête Le Crime farpait James Bond 007 contre Dr. No 100% Cachemire Lawrence d’Arabie Une soirée à l’opéra Où es-tu, mon amour ? Le Pub Moi, laminaire Tais-toi ou meurs Black Sunday Give ’Em Hell Les Brasiers de la Colère Bad Country Le Loup de Wall Street Mea Culpa


Edition du 13 Juin 2014 Numéro 89 REDAC' CHEF Fabi

REDACTEURS Djee Gothic Guyness IgoR JMV Lazein Le Loup Céleste SnipizZ Takeshi29 Ze Big Nowhere

CONCEPTION ET MISE EN PAGE Laric Fabi

Syntaxeror

SOUTIEN ET PUBLICATION Syntaxeror Pixelounge

CORRECTIONS Fabi Frahlt Edité par l’association HomeCinema FRancophone (HCFR) association loi 1901 (JO 13/04/2002) siège social : 21, rue de Fécamp 75012 PARIS SIREN : 444 601 892 00029

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SOMMAIRE A l’affiche Eloch - Thomas Cailley - Les Combattants

SnipizZ - Doug Liman - Edge Of Tomorrow

Black Coal - Linnea dans le jardin de Monet - Mouton Cuckoo - La Ritournelle - Five Thirteen Cupcakes - Pan pleure pas - The Activist Le Monde nous appartient - Les Voies du destin - La voix de l’ombre Un Amour sans fin - Débutants - Palo Alto

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7ème ART Igor - Álex de la Iglesia - Le Jour de la bête Igor - Álex de la Iglesia - Le Crime farpait

Djee - Terence Young - James Bond 007 contre Dr. No Ze Big Nowhere - Valérie Lemercier - 100% Cachemire Gothic - David Lean - Lawrence d’Arabie

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COURT-METRAGE takeshi29 - Juan Pablo Zaramella - Une soirée à l’opéra takeshi29 - Veljko Popovic - Où es-tu, mon amour ? takeshi29 - Joseph Pierce - Le Pub

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A LIRE Igor - Aimé Césaire - Moi, laminaire Guyness - Mark Oliver Everett - Tais-toi ou meurs

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MUSIQUE Lazein - Cypress Hill - Black Sunday Lazein - Sebastian Bach - Give ’Em Hell

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BLU-RAY Le Loup céleste - Scott Cooper - Les Brasiers de la Colère Le Loup céleste - Chris Brinker - Bad Country Le Loup céleste - Martin Scorsese - Le Loup de Wall Street Le Loup céleste - Fred Cavayé - Mea Culpa

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A l’affiche Eloch

Les Combattants (2014)

Thomas Cailley

E

ntre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille… Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux. Date de sortie : 20 août 2014 (1h38min) Réalisé par : Thomas Cailley Avec : Adèle Haenel, Kevin Azaïs, Antoine Laurent Genre : Comédie , Romance Nationalité : Français

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Trois mondes Quand elle débarque dans la vie d’Arnaud, Madeleine est comme un ouragan, un orage. Lui, il est du premier monde, perdu entre le refus de se projeter, une envie d’envol et le maintien de l’entreprise de son père. Ce monde échoue quand Madeleine débarque, sûre de son avenir, déterminée, belle et forte. Il entre alors dans un autre monde, le second, celui où la survie est le point d’orgue: l’armée. Madeleine s’en fait une image assez radicale et déroutante, elle s’y prépare avec le corps et l’esprit. De la vie, elle a la même conception. Elle tient d’ailleurs sur les choses des discours aussi hilarants que catastrophistes ... Car oui, précisons dès maintenant que ce film est une comédie. Ses dialogues sont fins, ses personnages loin de toute caricature car impliqués par le corps. Mais c’est encore autre chose, une aventure. Dès lors l’armée intervient, sous la forme d’un camp d’entrainement pas assez rustique au goût de Madeleine. Là encore ils sont deux, là encore c’est l’échec. La survie, la vraie, n’intervient pas dans des théories trop floues pour être mises en pratique. L’esprit de Madeleine ne s’y intègre pas. Elle fonce dans tout ce qui bouge ou a une opinion et ne voit de l’avenir qu’une explosion à venir, un néant. Lui, plus naïf ou plus vivant, cherche, tâtonne et suit cette fille impressionnante qui le mène autre part, qui le pousse à se battre. Les deux êtres s’écrivent

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alors à deux, le film bascule dans la rencontre, dans une autre aventure, une autre survie: la nature, ses bienfaits et sa frugalité !

D’amour et d’eau fraîche pourrait-on dire où chaque compétence devient profondément utile. Même celle de «faire passer le temps». Ils vont l’un vers l’autre sans retenue, ils créent leur monde, leur mode d’expression. Le film ira, là encore, là où on ne l’attend pas. Son rythme, son style, ses images, basculent sans cesse. La musique vient elle aussi à contre-courant. Tout est en action, le film ne se repose jamais

sur ses acquis car il éprouve le corps et tend tout entier vers le devenir, même s’il n’est jamais clairement envisagé comme lumineux. Éprouvés, ces deux corps n’abandonnent jamais, ils se donnent jusqu’à la chute. Ce premier film se dévoile sur une corde sensible, à la frontière entre l’alarmisme et l’humour. Et l’alchimie prend car elle se lit jusque dans la mise en scène, brute et alerte à la fois, épousant les corps des protagonistes. La nature est aussi magnifique qu’effrayante, elle brûle, elle est toute prête à n’être plus. Pour ce film sorte de grand élan de fraîcheur, la relève enthousiasmante s’inscrit aussi dans ses acteurs, ils sont en plein bouleversement à chaque plan, toujours complètement là. A cette image, la lumineuse Adèle Haenel se révèle brillante. Elle sait être drôle, imposer sa carrure, se donner à fond, et peut alors oser la sensibilité quand il le faut, sans plomber son jeu. Car, comme elle le dit, quand on lui demande «comment (elle) envisage son corps en tant qu’actrice»: «au cinéma, il n’y a nulle part où se cacher», surtout quand la caméra devient physique et tente avec conviction de donner à voir des chemins qui se croisent et s’inventent pour ne pas subir. Un nouvel hymne pour la jeunesse en résumé !

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A l’affiche SnipizZ

Edge Of Tomorrow Doug Liman

D

ans un futur proche, des hordes d’extratterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n’a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment…

Date de sortie : 4 juin 2014 Réalisé par : Doug Liman (Mr. & Mrs. Smith, Jumper & Fair Game) Avec : Tom Cruise, Emily Blunt, Brendan Gleeson et Noah Taylor Durée : 1h 53min Scénario : Christopher McQuarrie, Jez Butterworth, John-Henry Butterworth d’après l’oeuvre d’Hiroshi Sakurazaka Distributeur : Warner Bros. France Budget : 178 000 000 $

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Tiré d’un roman d’Hiroshi Sakurazaka, ensuite adapté en manga, Edge Of Tomorrow a quelques arguments sympathiques à nous proposer. Doug Liman, le metteur en scène de Mr. & Mrs. Smith, Jumper ou encore Fair Game, s’attaque ici à de la SF avec Tom Cruise et Emily Blunt en tête d’affiche.

pour se concentrer sur l’évolution du personnage. Du coup, on ressent vraiment que le monteur a découpé à la hache les rushs, pour compresser le tout sur 2h. Très objectivement, il manque une bonne demi-heure pour vraiment entrer dans la psychologie du personnage de Tom Cruise et ses angoisses de revivre chaque jour les mêmes événements. Ça manque clairement Finalement, on pourrait résumer l’intrigue simple- d’émotion. Par contre, le personnage d’Emily Blunt est ment: un pauvre type du département de la communi- bien mieux utilisé et parfaitement interprété. Cette accation de l’armée est enrôlé de force pour participer au trice à une belle carrière devant elle, à coup sûr ! débarquement imminent en France, afin de reprendre l’Europe de l’ouest des mains d’extraterrestres. Ne sa- Du reste, le film est bien fichu, avec des CGI toujours chant pas se battre, il va vite être tué, mais se réveille plus abouties, de l’action bien sympathoche et la un jour avant sa mort et va revivre la même journée, touche d’humour qui va bien. jusqu’à ce qu’il trouve la solution pour arrêter ce cycle et gagner la guerre. Au final, ça se laisse bien regarder mais il manque ce je ne sais quoi qui aurait pu en faire un grand film. AtD’entrée de jeu, le synopsis nous fait penser à Un Jour tendez la fête du cinéma qui se tiendra du 29 juin au 2 sans fin avec Bill Murray, en version SF-action. Sauf juillet. A 3,5€ la place, ça vaudra le coup ;) qu’ici, le protagoniste principal comprend très rapidement ce qu’il lui arrive et on zappe donc le «déjà vu»

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Black Coal Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 46mn ) Réalisé par : Yi’nan Diao Avec : Fan Liao, Lun-mei Gwei, Xue-bing Wang, Jing-chun Wang, Ailei Yu Film : chinois Genre : Policier En 1999, un employé d’une carrière minière est retrouvé assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner l’affaire après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects. Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme.

Linnea dans le jardin de Monet Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (0h 30mn ) Réalisé par : Christina Bjork, Lena Anderson Film : suédois Genre : Animation Linnéa, une fillette curieuse, accompagnée de son voisin M. Blom, se rendent en France pour découvrir l’œuvre de Monet et le jardin de Giverny.

Mouton Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 40mn ) Réalisé par : Gilles Deroo, Marianne Pistonne Avec : David Merabet, Michael Mormentyn, Cindy Dumont, Benjamin Cordier, Emmanuel Legrand (II) Film : français Genre : Drame Il était dit que le jeune Mouton vivrait sa vie simple d’employé au restaurant de la mer pendant trois ans et qu’il serait arraché à cette vie après une nuit tragique au bal Sainte-Anne. Voici l’histoire résiduelle de ses potes restés dans une ville désormais peuplée de chiens et d’espoirs contenus dans de minuscules gestes. 8

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Cuckoo Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (2h 41mn ) Réalisé par : Raju Murugan Avec : Dinesh, Malavika Nair, Raju Murugan, N. Lingusamy Film : indien Genre : Drame Tamil et Liberté sont aveugles. Tamil est vendeur de babioles. Liberté fait des études pour devenir institutrice. Quand Tamil rencontre Liberté, ce n’est pas le coup de foudre mais le coup de baton ! Parfois, l’amour naît dans l’adversité, surtout quand il est aveugle.

La Ritournelle Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 38mn ) Réalisé par : Marc Fitoussi Avec : Isabelle Huppert, Jean-Pierre Darroussin, Michael Nyqvist, Pio Marmai, JeanCharles Clichet Film : français Genre : Comédie Brigitte et Xavier sont éleveurs bovins en Normandie. Elle est rêveuse, la tête dans les étoiles. Lui, les pieds ancrés dans la terre, vit surtout pour son métier. Avec le départ des enfants, la routine de leur couple pèse de plus en plus à Brigitte. Un jour, sur un coup de folie, elle prend la clef des champs. Destination : Paris. Xavier réalise alors qu’il est peut-être en train de la perdre. Parviendront-ils à se retrouver ? Et comment se réinventer, après toutes ces années ? La reconquête emprunte parfois des chemins de traverse...

Five Thirteen Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 50mn ) Réalisé par : Kader Ayd Avec : Malik Barnhardt, Avelawance Phillips, Tom Sizemore, Danny Trejo, Gary Dourdan Film : américain Genre : Drame Tre et Mike, deux frères à la recherche d’une vie meilleure, essaient désespérément de laisser derrière eux l’emprise du passé. Après avoir été libéré de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Mike tente de renouer contact avec sa petite fille, contre l’avis de son ex-femme qui n’est pas disposée à oublier le passé. Mais il va vite se rendre compte que la justice de la rue va bien au-delà que tout ce qu’il a pu vivre en prison. Son frère aîné, Tre, accepte à contrecœur une dernière «livraison», pour essayer de libérer sa petite amie et son frère de l’influence de ce milieu sans avenir. Il en résulte une épopée tragique et sauvage où plusieurs vies se croisent sans le savoir et où les décisions prises les hanteront tous à jamais. Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

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Cupcakes Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 28mn ) Réalisé par : Eytan Fox Avec : Ofer Shechter, Anat Waxman, Dana Ivgy, Yael Bar-Zohar, Efrat Dor Film : israélien Genre : Comédie A Tel-Aviv, une bande d’amis décide de composer une chanson pour l’anniversaire de l’une d’entre eux. Amusé par le résultat, Ofer décide de la soumettre au comité de sélection d’un concours international dont il est fan. Contre toute attente, leur composition est choisie et le groupe est invité à l’interpréter lors de la compétition télévisuelle. Débute alors une aventure décalée et délicieusement colorée ...

Pan pleure pas Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 14mn ) Réalisé par : Gabriel Abrantes Avec : Edith Scob, Laetitia Dosch, Omid Rawendah, Esther Garrel, Breshna Bahar Film : français Genre : Comédie dramatique Trois folles histoires qui jouent avec les tabous contemporains et abordent les thèmes fétiches d’Abrantes : les rapports de force politiques, économiques, culturels, sexuels et sentimentaux entre le Nord et le Sud. Dans «Liberdade», un jeune homme souffrant d’impuissance sexuelle est bien décidé à braquer une pharmacie pour obtenir du Viagra. Dans «Taprobana», au XVIe siècle, le célèbre Camões batifole sous opium dans la jungle indienne en attendant que les autorités portugaises lui mettent la main dessus. Dans Ennui ennui, en Afghanistan, Cléo, représentante de Bibliothèques sans Frontières, est kidnappée par un seigneur de guerre empoté contraint par sa mère à violer une jeune vierge...

The Activist Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 30mn ) Réalisé par : Cyril Morin Avec : Chadwick Brown, Tonantzin Carmelo, Michael Spears, Ron Rogge, Circus Szalewski Film : français Genre : Thriller Fin février 1973, pendant l’insurrection de Wounded Knee, Marvin et Bud, deux activistes indiens, sont mis en détention. Anna, la femme de Marvin, est morte quelques mois plus tôt dans un accident. Marvin est dévasté et Bud soutient son ami dans cette épreuve. Mais en prison, ils doivent faire face à la menace des deux policiers qui les surveillent et collaborer avec la jeune avocate chargée du dossier. Pour quelles raisons reçoivent-ils la visite d’un conseiller de Nixon ? D’un sénateur ? D’une star hollywoodienne ? Quel est le rôle du président dans cette affaire ? Et quel est ce secret que détenait Anna avant de mourir ? En ces années 70, où le monde bouge, la tension monte petit à petit dans ce poste de police éloigné de tout...

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Le Monde nous appartient Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 28mn ) Réalisé par : Stephan Streker Avec : Vincent Rottiers, Ymanol Perset, Olivier Gourmet, Reda Kateb, Dinara Droukarova Film : français Genre : Drame Une nuit sur un pont... Un coup de couteau. Il y a Pouga. Et il y a Julien. Le film montre le destin parallèle de ces deux jeunes hommes qui se ressemblent sans se connaitre. Ils partagent les mêmes valeurs et un même désir d’absolu. Ils pourraient être amis. Et pourtant...

Les Voies du destin Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 56mn ) Réalisé par : Jonathan Teplitzky Avec : Colin Firth, Nicole Kidman, Jeremy Irvine, Stellan Skarsgård, Hiroyuki Sanada Film : australien Genre : Drame Le lieutenant écossais Eric Lomax, a été fait prisonnier par les Japonais à Singapour durant la Seconde Guerre mondiale et envoyé dans un camp en Thaïlande. Là-bas, il a été forcé de contribuer à la construction du fameux pont sur la rivière Kwaï. Des années plus tard, il souffre toujours d’un stress post-traumatique. Sa deuxième femme, Patricia Wallace, décidée à l’aider à surmonter ses démons, découvre que le jeune officier japonais qui hante sa mémoire est toujours vivant. Doit-elle donner à Eric une chance de se confronter à celui qui l’a torturé ?

La voix de l’ombre Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 23mn ) Réalisé par : Annie Molin Vasseur Avec : France Castel, Isabeau Blanche, Sarah-Ève Grandmaison, Charlotte Giraldeau, Emilie Bierre Film : canadien Genre : Comédie dramatique Marie-Hélène et Thomas sont amants depuis cinq ans. À la suite d’un accident, Thomas est dans le coma. Marie-Hélène lui rend visite chaque jour à l’hôpital et, persuadée qu’il l’entend, elle lui raconte les faits et gestes des gens qu’elle photographie dans la rue. Elle tisse ainsi à l’intérieur de lui le fil conducteur d’une survie qui nous révèlera le lieu de l’imaginaire de Thomas. Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

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Un Amour sans fin Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 44mn ) Réalisé par : Shana Feste Avec : Alex Pettyfer, Gabriella Wilde, Bruce Greenwood, Joely Richardson, Robert Patrick Film : américain Genre : Drame Deux adolescents, David et Jade, s’aiment à la folie mais leurs parents n’adhèrent pas à cet amour. Quand ces derniers essayent de les séparer, David met le feu à leur maison. Il est alors envoyé en maison de correction.

Débutants Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 20mn ) Réalisé par : Juan Pittaluga Avec : Naïs El Fassi, Nicolas Avinée, Jackee Toto, Georges Bécot, Elsa Madeleine Film : français Genre : Drame Naïs, Jean et Jackee ont 20 ans. Dans trois semaines ils auront terminé leur école d’acting. Jean s’apprête à passer un casting important et cherche comment donner un sens à sa vie. Jackee prépare un concours d’entrée pour une école aux Etats-Unis, où il est moins difficile pour un acteur noir de se faire une place. Naïs, incapable de se projeter dans l’avenir, se laisse porter par l’insouciance du présent et brûle la chandelle par les deux bouts. Dans un monde miné par la précarité où rêver est un acte subversif, Naïs, Jean et Jackee devront, chacun à leur manière, faire face à la réalité de leurs désirs.

Palo Alto Date de sortie : Mercredi 11 Juin 2014 (1h 40mn ) Réalisé par : Gia Coppola Avec : James Franco, Emma Roberts, Nat Wolff, Zoe Levin, Jack Kilmer Film : américain Genre : Drame Piégés dans le confort de leur banlieue chic, Teddy, April, Fred et Emily, adolescents livrés à eux-mêmes, cherchent leur place dans le monde. Ils ont soif de sensations fortes et testent leurs limites. L’alcool, les drogues et le sexe trompent leur ennui. Ils errent sans but dans les rues ombragées de Palo Alto incapables de voir clair dans le tourbillon confus de leurs émotions. Sauront-ils éviter les dangers du monde réel ? 12

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7eme Art Igor

Le Jour de la bête Álex de la Iglesia

L

’Espagne est sur le point de fêter Noël. Un prêtre théologien découvre avec effarement que l’Antéchrist verra le jour avant l’aube.

Date de sortie : 23 juillet 1997 (1h43min) Réalisé par : Álex de la Iglesia Avec : Alex Angulo, Armando De Razza, Santiago Segura Genre : Epouvante-horreur , Comédie Nationalité : Espagnol

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La cantata del Diablo Sans tabou et décomplexé, Àlex joue à loisir avec des codes qu’il maîtrise à la perfection. Toi, le vilain grincheux, ça te semble abscons et – prépare toi au divin courroux – prétentieux. Tu grinces des dents. Àlex rit. Et son public avec lui. Et rit de tout. Et avec n’importe qui. La religion catholique et son pen-

Que demander de plus au bon Dieu? Pourquoi pas, soyons fous, quelques Pourquoi pas une réalisation hale- envolées lyriques telles que seul le tante, digne des meilleurs produc- LSD peut offrir à l’esprit humain ? dant diabolique – funestement tions du genre ? inadaptés à la sauvage modernité – sont incarnés par ce fabuleux prêtre échappé d’une comedia italienne et son acolyte, métalleux mal dégrossi au cœur sincère, attachant et touchant. Heureux les simples d’esprit. Mais la croix est imposante et le chemin parsemé d’embûches. Ils ne seront pas trop de trois pour venir à bout d’une hypothétique incarnation satanique et, si leur relation triolique ne débute pas sous les meilleurs auspices, nos deux anti-héros s’adjoindront vite les fidèles services d’un prédicateur télévisuel au rabais, allié aussi précieux qu’inattendu.

Et si, avec déférence, nous prenions du recul, nous nous extrayions de cette chape de violence pour, le temps d’un bref regard, jauger à sa juste valeur l’énorme travail du réalisateur, son acharnement macabre à imposer partout une poésie toute personnelle, brutale et insidieuse mais d’une beauté troublante.

Pourquoi pas un sens de l’humour – noir, gris, jaune, éclatant des multiples couleurs de l’arc-en-ciel – d’une justesse que n’égalent que son courage et son absolu décalage ? Pourquoi pas des acteurs en liberté dans un cadre immense, livrés à eux-mêmes et exultant d’une joie de jouer communicatrice ? Pourquoi pas une symbolique exploitée à merveille ? Pourquoi pas un scénario trompeur de simplicité, finement mené ? Pourquoi pas un road-movie cyclique, course folle hamsterisante, absurde autant que délectable ? Si nous appréciions le regard aimant d’un cinéaste pour le cinéma. Si nous communiions avec lui, le temps d’une sordide mais sublime crémation ou d’une vertigineuse fuite funambulesque. PUISSANT.

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7eme Art Igor

Le Crime farpait (2005)

Álex de la Iglesia

L

e vendeur le plus séduisant d’un grand magasin tue un collègue rival par accident. Une des vendeuses du rayon parfumerie est témoin de la scène et en profite pour lui faire un perfide chantage sexuel.

Date de sortie : 11 mai 2005 (1h44min) Réalisé par : Álex de la Iglesia Avec : Guillermo Toledo, Monica Cervera, Luis Varela Genre : Comédie Nationalité : Français , espagnol , italien

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Frappé Vendeur de cravates, charlatan, Guillermo tu parles trop. Et en voix off. Épuisant. Mais que tu es convaincant, sacripant. Quelle performance d’acteur, quelle audace, quelle fougue. Tu es drôle et inspiré. Tu es fou, tu es grand. Précipitamment, je te fais un chèque en bois, te promets la lune, t’attribue l’intégral mérite de la réussite de l’équipe, divin titan unique porteur d’un film captivant et hilarant. Tu m’as bien eu, bonimenteur. Car tu n’es pas seul, loin s’en faut. Monica, discrète et introvertie Monica, tu attendais ton heure depuis dix ans. Dix ans d’accumulation. C’est long. Dix ans de maturation. Quelle explosion. Folie furieuse ou doucereuse, timide, tremblante, possédée, sauvage, déprimée, libérée, amoureuse. Tu crèves l’écran. Tout vous sépare. La mort vous unira. Cocasse union. Démentiel duo. Vous êtes tous deux prisonniers l’un de l’autre, mortel huis-clos sentimental. Inextricable. Le concept est vicieusement limité, l’ennui est à

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craindre. Mais vous êtes deux génies du mal en devenir, puissamment ridicules mais tellement spontanés. Quel duel, quels échanges, quel final! Un couple solide comme le vôtre méritait une belle immortalisation sur pellicule, peut-être même une demande en mariage télévisuelle. Mais il ne faudra pas engager le premier venu. Il faut une pointure, un battant pour suivre le rythme enlevé de vos folles aventures. Il vous faut un libre filmeur, un peu syphonné lui aussi pour transcrire la folie qui s’empare peu à peu de vos caboches. Vous ne respectez rien ni personne. Égoïstes, vils personnages. Pourtant je m’attache à vous. Je rêve d’une fin heureuse, tire des plans sur la comète et tant pis pour la morale. Mais rien ne laisse présager de l’issue, tout est possible avec De La Iglesia, ce fourbe. Peut-être aurez-vous droit au happy-end, peut-être la morale sera-t-elle sauve, peut-être tout ça à la fois, à l’américaine. Peut-être pas. La roue tourne.

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7eme Art Djee

James Bond 007 contre Dr. No (1963) Terence Young

L

e chef des services secrets de Sa Majesté britannique, «M», envoie en mission à la Jamaïque l’agent spécial 007, James Bond, enquêter sur la disparition d’un de ses collègues. L’espion va affronter la puissance maléfique de Spectre, organisation criminelle qui vise à la domination du monde, personnifiée par le redoutable Dr No. Au gré de ses aventures il rencontrera la sublime Honey, qui surgit de l’eau vêtue d’un bikini blanc. Date de sortie : 27 janvier 1963 (1h51min) Réalisé par : Terence Young Avec : Sean Connery, Ursula Andress, Joseph Wiseman Genre : Policier , Action , Espionnage Nationalité : Britannique

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James n’est pas un jambon James Bond est un homme civilisé, épris de tous les raffinements de l’existence et il sait vivre avec son temps. Il kiffe le luxe, les jolis vêtements, les femmes qui brillent et picoler. Il a du goût et peu importe l’époque, il ne passe jamais pour un con, il sait qu’il vaut mieux manger le caviar à la main qu’à la paille, que le nœud pap’ dès que c’est possible, ça fait archi pas guignol et il sait que les voyages forment la jeunesse et entretiennent la vieillesse. James n’est pas un politicien, ces salamalecs ne l’intéressent pas, il n’en a cure. Il se bat pour la liberté et pour défendre le monde occidental. Ses ennemis ne sont pas personnels, pas de haine, c’est le boulot. Les gens confondent souvent, car James porte parfois le kilt, mais Bond n’est pas musulman, il est écossais et a un caractère de cochon. Il est toujours bien peigné, qu’il soit brun ou blond, et je me suis laissé dire

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qu’il sentait bon. Il ne transpire jamais. James Bond n’est jamais moisi, il faut que ça se sache. Et même quand c’est Roger Moore qui le joue. Il conduit des voitures propres, avec des boutons partout. Il connaît un type qui s’appelle Q. Mais c’est pas pour autant que c’est le genre à jouer avec les berlingots d’un autre. Les ennemis de James Bond se confondent avec ceux de la société capitaliste. Il y a deux axes, les cocos (de type soviétique puis, asiatique) et les génies du mal. James préfère les fingers au chocolat au lait à ceux dorés à l’or fin, il ne tolère les triples mamelons chez personne par contre, rouler des pelles à la future femme de son meilleur pote, pas de souci. Bond aime voir des femmes tourner et virevolter autour de lui. Il aime être le centre du monde Il les traite comme des objets de consommation courante mais pour son usage perso, c’est pas le genre à faire croquer les copains.

Mais on sait tous que c’est sa manière à lui de se faire payer la perte de sa femme, ne jamais s’attacher et, du coup, de ne pas manger des pâtes tous les jours. L’homme est aussi dur avec lui qu’avec les autres. James est Commandeur. Il sait marcher, nager, voler, danser, naviguer, jouer au poker et l’espace ne lui fait pas peur. James n’est pas raciste et on peut même dire qu’il aime tout le monde, qu’il est accueillant, pourvu qu’on soit de muni de roploplos et délesté de roubignoles. Il a le droit de vie et mort, un double zéro précédent, si tu l’as remarqué, son numéro sept. Il en use et en abuse, parce que c’est pas le genre à avoir des trucs et à ne pas les utiliser. C’est un surhomme aux capacités physiques et intellectuelles phénoménales. Pourtant, il est anglais. Et puis, surtout, il a des gadgets

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7eme Art Ze Big Nowhere

100% Cachemire

Valérie Lemercier

A

leksandra et Cyrille forment un couple très chanceux très tendance qui apparemment a tout. Enfin tout, sauf un enfant. Alekseï, petit garçon russe de 7 ans va débarquer dans leur vie...

Date de sortie : 11 décembre 2013 (1h38min) Réalisé par : Valérie Lemercier Avec : Valérie Lemercier, Gilles Lellouche, Marina Foïs Genre : Comédie Nationalité : Français

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100% Cache-misère Serait-ce par pur masochisme cinéphilique ou une quelconque dégénérescence cognitive due à une trop grande consommation de drogues que mon acharnement patriote en matière de cinoche reste en éveil ? Toujours est-il que l’espoir de tomber sur une comédie française populaire et un tant soit peu rigolote ne m’a jamais abandonné. Ce n’est donc pas sans une légère appréhension que je me jetai dans ce «100%Cachemire» avec le secret espoir de passer un bon moment. L’espérance ! Ben tiens !!

C’est hélas ce secret espoir qui m’a poussé à regarder «Eyjafja...machin» avec le triste Dany Boon en duo avec une Valérie Bonneton dont le niveau d’hystérie ferait passer Nadine Morano pour une Carmélite. C’est cet espoir qui m’a fait m’asseoir bière dans une main et testicouilles dans l’autre, devant un Franck Dubosc neurasthénique essayant vainement de dialoguer avec le sosie en carton pâte de Marina Foïs ( A moins que ce ne soit elle ?? Je sais plus.), tentant de me faire croire que l’abominable gamin tête à beignes et le sac à puces mou du cul étaient les héros de mon enfance : Boule et Bill.

flottaient ça et là des morceaux des «Profs» avec un Kèv’ Adams jouant Kèv’ Adams et ne parvenant même pas à être crédible ou un Christian Clavier jouant le sosie obèse de Nicolas Sarkozy. Des bribes de «Pas très normales activités» où un gars qui s’appelle Norman et qui est une star sur «You Tube» délaisse le vedettariat «Youtoubien» pour se vautrer lamentablement sur le film de Barthélémy, laissant ainsi le cinéma aux grandes personnes et retournant «Jump cuter» comme un sagouin sur internet.

J’y ai même croisé le duo infernal de la «Comédie Française» : Berry-Timsit reprenant «L’Emmerdeur» de Véber avec Berry dans le rôle de Ventura (On ne rit pas, au fond !) et Timsit, celui de Brel ( Qu’est ce que j’ai dit ?!?).

Le budget pharaonique alloué au film a été, de source sûre, détourné par Francis Véber, lui-même, pour ses séances d’UV, tandis qu’une petite partie aurait été employée pour la quatrième liposuccion abdominale C’est toujours cet espoir imbécile qui me de Patrick Timsit. fit appuyer sur le bouton «Play» pour visionner ce scandaleux «Star 80», où Berry Finalement ce sera un gros sabot ***** avec et Timsit rivalisent de nullité, réussissant le inscrit «100% Cachemire» sous la semelle difficile pari d’être plus transparents que «Début de soirée», moins charismatiques qu’Emile de «Gold» et moins bons acteurs que la canne de Patrick «Born to be Alive» Hernandez. C’est encore ce putain d’espoir, cette foi indestructible dans la comédie de mon pays qui jeta mon cerveau blasé dans les limbes cinématographiques «Made in France», où Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

qui finira de piétiner mon joli petit espoir. Tout y est lourd, pataud, comme ce sabot crotté qui écrase tout sur son passage. Lemercier et Lellouche sonnent faux comme un concert de Christophe Maé, Marina Foïs en guest n’apporte rien et prouve qu’après l’outrage fait à «Boule et Bill», il n’est pas si facile de se relever. Les situations frisent le ridicule, le scénar est indigent et les vannes rances ne peuvent sortir que de l’esprit malade de l’auteur des blagues pathétiques de De Caunes au «Grand Journal». Le couple Lemercier/Lellouche est aussi crédible que le mariage de Lorie et Garou et aussi glamour que celui de Palmade et Véronique Sanson. Le thème, si délicat, de l’adoption est traité avec la finesse d’une chanson de Patrick Sébastien et l’intelligence des Nike à crampons de Ribéry. Le traitement du personnage de l’enfant adopté est totalement foiré et frôle le malsain. Les scènes se voulant drôle sont à chialer de honte et les moments d’émotion sont à se pisser dessus.

Lemercier balance quelques millions dans un film bâclé, réalisé avec les pieds (sales, en plus..) et interprété avec l’expérience et la sagesse d’un spectacle de grande section Maternelle. Rien n’est a sauver dans ce naufrage. Lemercier a hélas perdu la recette de la gaudriole. Adieu Lady Palace, adieu la Béatrice des visiteurs, adieu Odeline Fion de «l’école du fan» avec les Nuls. Bonjour «Agathe Cléry», bonjour «Bienvenu à bord», bonjour «100% Cachemire». Nos héros sont décidément très fatigués.

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7eme Art Gothic

Lawrence d’Arabie

David Lean

E

n 1916, le jeune officier britannique T. E. Lawrence est chargé d’enquêter sur les révoltes arabes contre l’occupant turc. Celui qu’on appellera plus tard «Lawrence d’Arabie» se range alors du côté des insurgés et, dans les dunes éternelles du désert, organise une guérilla. Personnage brillant mais controversé, il va mener des batailles aux côtés de ses alliés et changer la face d’un empire. Date de reprise : 24 avril 2013 - Version restaurée Date de sortie : 15 mars 1963 (3h36min) Réalisé par : David Lean Avec : Peter O’Toole, Alec Guinness, Omar Sharif plus Genre : Aventure , Historique , Biopic Nationalité : Britannique , américain

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Grand Theft O’Toole: en cendres et As Ecran noir durant 4 minutes 20: http:// www.youtube.com/watch?v=81sPHqeN7qc

Avant d’être un atout militaire et d’envoyer des turcs au cimet(i)erre, Lawrence est un archéologue très instruit. Biensûr, «Lawrence d’Arabie» propose une vision romancée, nombre de raccourcis historiques (la prise d’Aqaba...), ajouts d’éléments dramatiques divers et modification d’évènements (mort d’un personnage d’une manière différente, à un moment différent par exemple). Divers personnages fictifs sont par ailleurs greffés au récit, tels Dry-

Lawrence d’Arabie. 7 Oscar dont celui du Meilleur Film. David Lean aux commandes après plusieurs tentatives d’adaptation avortées. 13 millions de dollars de budget qui seraient plus proches des 300 millions selon Spielberg (dont c’est le film préféré), s’il devait être tourné de nos jours. Un quasi inconnu volant la vedette à une prestigieuse distribution. Des figurants par milliers, des batailles dantesques dans la fournaise, à feu et à cendres. Poussière et sang. Des lieux par dizaines, du Canal de Suez à Aqaba, du Néfoud au Caire. Khartoum plein ! Un entracte musical de 4 minutes 40 sur fond noir à 2h19 de long métrage. 3h47 de film dans sa dernière den (apportant une dimension politique à restauration. Une oeuvre aux nombreux l’ensemble), le Colonel Brighton, inspiré du Colonel Newcomb, prédécesseur de Lawsuperlatifs donc. rence, ou encore Jackson Bentley, basé sur Lowell Thomas (qui est à l’origine du succès public de Lawrence).

INTENSIVE CAIRE Inspiré du récit autobiographique «Seven Pillars of Wisdom» de Lawrence, ce dernier s’est régulièrement opposé à toute adaptation cinématographique de son oeuvre. Il meurt en 1935 à l’âge de 46 ans des suites d’un accident de moto, son frère Arnold Walter récupère les droits du livre. Ce dernier finira par laisser Sam Spiegel produire le film. Un tournage très éprouvant débute alors, en Jordanie, au Maroc, et en Espagne. Les conditions difficiles, les maladies, l’entente entre les acteurs et Lean (le cast était mécontent lors du tournage car Lean était froid et ne félicitait jamais personne, à tel point que Peter O’Toole a envisagé de quitter le projet, ayant l’impression de ne pas être assez bon dans son rôle !). La reproduction du contexte géopolitique de Première Guerre Mondiale, crédible grâce aux costumes, aux décors, et appuyée par moult détails comme l’évocation de la Convention de Genève ou du traité de Sykes-Picot, tient du miracle.

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moi peur ! Quant à Anthony Quinn, Alec Guinness, Jack Hawkins, José Ferrer, Anthony Quayle et les autres, tous contribuent à nous immerger un peu plus encore dans cette oeuvre dont il est difficile de se détacher, véritable sable mouvant cinématographique.

CRUCHE HOUR Cerise sur le gâteau, Maurice Jarre arrive en ampho…renfort pour s’occuper de la musique. S’il n’est pas le premier choix de Lean (Malcolm Arnold qui s’est chargé du «Pont de la Rivière Kwai» fut d’abord envisagé), le réalisateur fut convaincu en entendant les premières notes de ce qu’allait être le thème principal. Une fois choisi, le compositeur français eut 6 semaines pour créer l’intégralité de la bande originale. Expérience éprouvante physiquement de l’aveu du principal intéressé, le papa de Jean-MiSLAVE TO THE WEJH chel ne dormant que 2 à 3 heures par nuit Mais le chef d’oeuvre de David Lean est durant cette période. Un sacrifice qui paieaussi et surtout une épopée flamboyante, ra, tant la partie sonore s’avère épique et superbement mise en images et admi- grandiose. rablement interprétée. Par O’Toole tout d’abord, repéré par Katharine Hepburn dans la pièce «The Long and The Short and the Tall» dans laquelle l’acteur remplaçait Albert Finney - qui aurait pu incarner Lawrence, mais finit par renoncer - pour cause d’appendicite. L’actrice a lourdement insisté auprès du producteur pour qu’O’Toole soit retenu dans le rôle principal. Et quand on voit le résultat, on ne peut que la remercier, Brando lui-même (un temps pressenti lui aussi avant de refuser de «passer deux ans sur un chameau») n’aurait sans doute David Lean tournera la majorité des scènes pu faire aussi bien. Peter, l’As des as. de mouvement de gauche à droite afin de donner l’impression d’un long périple. De «Lawrence d’Arabie», l’on retient un nombre considérable de séquences, toutes plus belles les unes que les autres. L’écho de «The man who broke the bank at Monte Carlo», une vieille chanson britannique chantée par le héros. Les batailles et autres attaques de trains. Les magnifiques et longs plans dans le désert. A ce titre, la restauration 4K fait des miracles. Je pensais revoir ce film, entrevu il y a si Comment ne pas évoquer la magnifique longtemps avec mes yeux d’enfant. Finalescène du mirage ? Longue, proposant une ment c’est plutôt une découverte pure et superbe photographie (comme tout le simple d’une oeuvre hors norme, intemporeste du film, il va sans dire), un effet obte- relle, splendide. Qu’on se le tienne pour dit, nu avec un matériel Panavision spécifique «Lawrence d’Arabie» est un film qui a fait et jamais réutilisé depuis et baptisé «David qui décidément, fera date. Lean lens». Cette séquence introduit de manière brillante Sherif Ali, charismatique et impitoyable en apparence. Sharif, fais-

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Une soirée à l’opéra (2010)

Juan Pablo Zaramella

Date de sortie : inconnue (1 min) Réalisé par : Juan Pablo Zaramella Genre : Animation Nationalité : Argentin Un court aux petits oignons Vous avez bien une minute ? Allez soyez fous et réservez 59 secondes pour partager l’émotion de ces spectateurs... L’opéra peut être bouleversant et ce court d’animation argentin en est une preuve éclatante. A moins que la cause des larmes nourries de ces spectateurs ne soit ailleurs ? A vous de résoudre cette partie de Cluedo...

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Où es-tu, mon amour ? (2011)

Veljko Popovic

A avoir trop versé de larmes (de sang)... La Croatie, au même titre que toutes les autres entités de l’ex-bloc yougoslave, est un pays riche, complexe, mais surtout un pays qui a souffert et qui ne se remettra jamais des meurtrissures des guerres successives. En quelque sorte un pays en éternel état de veille, de peur. Et ce court d’animation est à l’image du pays de son réalisateur, beau, à la fois empli de tendresse et d’une grande violence, nostalgique, en colère. Cette vieille femme est, même si cela n’est jamais explicité dans le film, la Croatie, incapable de soigner ses plaies, de faire son deuil, et ne pouvant vivre sans en permanence se retourner vers le passé.

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COURT-METRAGE takeshi29

Le Pub (2012)

Joseph Pierce

Une journée dans le sillage glauque d’un pub du nord de Londres. Date de sortie : 2012 (7 min) Réalisé par : Joseph Pierce Genre : Animation Nationalité : Britannique Joseph Pierce, le Bourdieu du crayon Trop souvent dans le monde de l’animation, la forme, si elle est singulière, étouffe le fond, les créateurs étant tellement fiers de leurs prouesses technologiques qu’ils en oublient de nous raconter quelque chose. Ici, au contraire, Joseph Pierce se repose sur sa maitrise technique impressionnante de la rotoscopie pour illustrer son propos. Ces 8 minutes dans la vie d’un pub londonien lui suffisent pour accoucher d’une thèse sociétale et anthropologique foisonnante. Son trait puissant fait finalement de lui un ethnologue pertinent, et le film d’animation se transforme peu à peu en documentaire sous acide.

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A LIRE Igor

Moi, laminaire (1982) Aimé Césaire

Adios roi Entends-tu le chant des îles Chante danse -------------Cri du cœur du temps de l’ère La Parole émeut les mœurs Vieux briscard jamais fatigué, fougueux élans de vice gaieté Chant du cygne à la postérité Ton verbe est libre tel jamais Amour des peuples, histoire du Peuple Volcan(s) gronde rugit EXPLOSE Entends-tu le tic-tac lancinant du temps Art de Vivre différent Île éternelle mangrove moiteur -----------------------------------poisseur -------------------------------------------rêveur Vois l’appel des voyageurs Pense mieux sois autre Reviens-y blasphématoire non-lieu inconditionnel Lyrisme nouveau, verve sans présent ---------------------------------------------------------------------Tu étais grand ---------------------------------------------------------------------Tu seras grand Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

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A LIRE Guyness

Tais-toi ou meurs (2008)

Mark Oliver Everett

Merveilleux monstre «Tais-toi ou meurs», hurle le père de Mark à l’adresse du chat, sortant exceptionnellement de sa léthargie habituelle. On est, vous en conviendrez, assez loin du titre original: «Les choses que les petits-enfants devraient savoir». Mark Oliver Everett, chanteur compositeur de Eels depuis un peu plus de 15 ans, apparait à beaucoup comme un mec difficile dans le business de la musique, un excentrique, un gars un (gros) poil barré. Un artiste, quoi. 28

En fait, Mark Oliver Everett n’est pas plus différent que certains d’entre nous, dans ce rapport que nous entretenons à la «vraie» vie: une distance perpétuelle, un recul permanent, une incompréhension profonde de ce qui nous entoure assez régulière. Toutefois, chez chacun de ceux qu’il frappe, cet écart à la norme est plus ou moins profond, et peut revêtir différentes formes (agressive, provocatrice, ironique...). Chez «E», l’expression de ce décalage prend la forme de superbes chansons douces-amères la plupart du temps, et exceptionnellement, d’un livre simple et pudique comme c’est le cas ici. www.homecinema-fr.com - Juin 2014


En faisant de la psychologie de comptoir, on pourrait expliquer la distance qu’entretient Mark Oliver et ce qui l’entoure par un environnement et un évènement. L’environnement, c’est cette enfance qu’il partage avec une soeur qu’il aimera d’autant plus qu’elle n’aura pas eu, au final, la chance de s’en sortir comme lui. Entre un père extra-terrestre et mutique (un scientifique ayant travaillé toute sa vie sur les univers parallèles infinis, ouf !) avec qui il n’échangera guère plus de dix

simple mais les réflexions amusantes, édifiantes, passionnantes. A l’image du bonhomme et de sa musique. Un souvenir enfant: «je me revois, debout dans la salle de bain, au bord des larmes, ma mère essayant de me faire comprendre que le placard n’aurait pas mal si je le fermais trop fort. Je le voyais comme un de mes nombreux amis. Ma perplexité était peut-être liée au fait que je voyais mon père comme un meuble». (p34) Un souvenir post-ado: «J’ai trouvé un boulot d’assistant du prof de musique dans un lycée de campagne pour enfants dérangés. J’aimais beaucoup ce job. J’étais bon et c’était valorisant. J’avais un groupe d’ados mentalement instable par cours (une bonne mise en train pour me préparer aux musiciens mentalement instables que j’allais devoir gérer plus tard dans mes groupes).» (p75) Enfin, une réflexion de l’auteur au terme de son livre (le tome 1?): «Je ne suis sans doute pas le mec le plus équilibré du monde, pourtant si l’on prend tout en compte... j’ai survécu. Et ce, simplement en étant moimême. C’est plutôt génial et miraculeux, non ?»

phrases et une mère frappadingue, qui n’ont en commun qu’une seule chose: une vision de l’éducation Grâce à ce livre, nous apprenons la définition par l’inconsistant à laisser totalement libre leurs enfants et les dustrie d’une artiste «difficile»: quelqu’un de simple laisser expérimenter tout par eux-même, son enfance est... pour le moins chaotique et solitaire. L’évènement sera la mort de tous ceux qui l’entourent (son père, sa sœur la semaine de la sortie de son premier disque à succès, une amie, et bientôt sa mère) au démarrage de sa carrière. De quoi vous faire voir la vie sous un autre angle. Le livre emprunte la forme des chansons de Eels, telles qu’elles existent aujourd’hui. Connu en 1996 avec un album qui semblait terriblement dans l’air du temps par une énorme production omniprésente (alors que tout avait été fait au fond de sa cave et est sorti sur CD tel quel), les albums du groupe tendent au fil des années vers un dépouillement de plus en plus total, et une forme d’expression de plus en plus intime. A l’image des extraits suivants, la langue (entendez par là: la traduction) est Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

qui se respecte en toute circonstance sans accepter de concession. Ah mais ça, m...., on le savait déjà. Un nouvel exemple, alors. Un exemple brillant. En provenance d’un merveilleux monstre. PS: Bon, puis ça, j’adore: «Les gamins ont une vraie compréhension des choses. Ils sont toujours réceptifs aux Beatles, par exemple. Peu importe leur année de naissance, ça marche à tous les coups. Trouvez-moi un gosse qui n’aime pas les Beatles, vous aurez que c’est de la mauvaise graine» (p169)

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MUSIQUE Lazein

Black Sunday (1993) Cypress Hill Apérispliff Pardonnez ma relative incompétence en la matière, de piétiner sans Stan Smith ces plates-bandes hors de mon territoire. Ma culture Hip-Hop se limitent aux Beastie Boys, House Of Pain, Eminem, Run DMC et NTM (et encore, uniquement en live tant leurs prestations scéniques aussi survoltées que dans le Rock ou le Metal ont étouffé toute tentative de concurrence hexagonale). Alors permettez-moi de m’accorder ici une modeste place pour causer de Cypress Hill. J’ai découvert Cypress il y a deux décennies et quelques miettes de cela grâce, en partie, à la propagande récurrente de RATM envers le gang de LA. mais surtout par hasard, grâce à un ami qui m’a trainé un soir dans la piaule de son pote basketteur. Un double-mètre passionné dans le reconditionnement artisanal de cigarettes que ne produit pas la SEITA. Durant cette activité manuelle, ce géant slave accompagnait son labeur au son des chicanos. Une claque instantanée... https://w w w.youtube.com/ watch?v=F7lj4LknWO8 «Black Sunday» (1993) fait tourner un parfum de dilettante, une mélancolie,

un flow lascif et incisif clamé par une voix de canard et celle d’un mec à la limite de s’étouffer avec une latte de son spliff (B-Real & Sen Dog). Chaque titre est doté d’un refrain imparable, de samples Soul aux authentiques craquements de vinyle (le génial DJ Muggs), une contrebasse puissante, des gimmicks entêtants... Le son de Cypress Hill est analogique, organique, encore épargné par Protool et autres arnaques numériques défigurant l’essence originelle du Hip-Hop. Conjugué à la caresse du végétal illégal, «Black Sunday» magnifie ses effets et envoûte l’esprit...

https://w w w.youtube.com/ watch?v=y0srjcKC4eY J’ai consommé du Cypress Hill jusqu’à «Skull & Bones» (2000) leur 5ème album où j’ai décroché dès lors qu’ils se mirent à couper leur matos avec du Metal. Un comble pour un hardos mais la saveur s’était évaporée tandis que d’autres artisans apprivoisaient plus efficacement cet alliage (Body Count, RATM, Urban Dance Squad, Senser, Limp Bizkit...)

Un trip...

Pour l’anecdote et mon plus grand bonheur, en 2010, Slash s’est allié à Cypress Hill sur un gang-bang musical de «Paradise City» avec Fergie: https://w w w.youtube.com/ watch?v=reWKX3FJZUk

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MUSIQUE Lazein

Give ’Em Hell (2014) Sebastian Bach «Bach in black» Unique survivant du crash Skid Row survenu au milieu des 90’s, Sebastian Bach continue à prêcher sa foi inaltérable envers le Metal. Bien que ses quatre compagnons de vol soient portés disparus, de rares illuminés persistent à déclarer qu’ils les ont vus planer, toutes lumières éteintes, sous les radars, loin du mur du son. Cette tragédie à laissé sur le tarmac des millions de leurs fidèles voyageurs passionnés par leurs explorations entre le Glam et le Metal qui firent d’eux le trait d’union entre Guns n’ Roses et Pantera.

Dès lors, Bach, androgyne canadien de deux mètres, parcourt les vastes contrées du Metal en solitaire. Au gré du vent, il pose souvent son baluchon contre une maigre pitance et de l’eau de feu (quitte à ravager sa gueule d’ange à chaque lampée) pour un feature gravé sur un quelconque tribute album.

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En 2007 avec «Angel Down», il décide enfin de voler de ses propres ailes (épaulé sur 3 titres par son mentor et pilote kamikaze : Axl Rose). En 2011, il prolonge son envol avec «Kicking & Screaming», atterrissant encore un plus loin au cœur des terres brûlantes du Metal. Avril 2014, une annonce retentit : -»Mesdames, Messieurs, soyez les bienvenus à bord de notre vol «Give ‘em Hell» pour une durée de 49 mn. Durant ce voyage aucun rafraîchissement ne vous sera servi mais vous serez libres de fumer

ce que bon vous semble. N’attachez pas votre ceinture, veuillez couper votre climatiseur et monter le volume sonore de vos écouteurs. Votre commandant de bord, Sebastian Bach et son équipage, vous souhaitent un voyage turbulent. PNC à vos portes : 1-2...1-2-3-4 !!!» Décollage, les moteurs se mettent en branle. Devin Bronson crache un riff composé à la machette. Le jeu épileptique de Bobby Jarzombek aux fûts est épaulé tout le long du trip par le vétéran Duff McKagan, actuellement en CDD au sein de la compagnie Axl Rose pour un long standby à Las Vegas. La carlingue est boostée par le kérosène déversé par Baz. Ce carburant vocal unique toujours aussi admirablement modulable qui alimentait Skid Row, alternant plongées en torche vers des graves ténébreux pour remonter en loopings supersoniques vers des altitudes aïgues des plus teigneuses.

Tout le long, Baz se bat pour s’imposer au milieu d’une prod’ lourde privilégiant des guitares puissantes comme des réacteurs. Chaque titre est propulsé par un riff ravageur, une section rythmique groovy et enragée, des fractures de rythme étourdissantes et astucieuses, des mélodies des plus hargneuses aux plus délicates. Immanquablement, les spectres de ses idoles, Judas Priest et Ozzy Osbourne flottent de temps à autre dans le ciel de cet Enfer. Quelques-uns des meilleurs stewards de l’aérocknautique ont pris place dans cette aventure dont : John 5, shredder-killer à la solde de Rob Zombie qui honore «Temptation» de sa maestria et surtout Steve Stevens : la guitare à tube de Billy Idol, du trop éphémère groupe Jérusalem Slim, artisan génial du «Dirty Diana» du p’tit gris, architecte du meilleur album solo de Vince Neil («Exposed»), virtuose es-flamenrock ou rock prog... Ce p’tit bonhomme au physique ingrat et à la touffe improbable a des mains touchées par la grâce ! Jamais vaine, chacune de ses notes tutoie le génial et enlace le sublime. SS intervient sur 3 pistes mais sa démonstration la plus jouissive asperge la power-ballad «Had Enough» où son solo telle une fontaine de notes, n’épargne ni frissons ni admiration. Malgré le passager clandestin acoustico-redneck «Rock n’ Roll Is A Vicious Game» qui scinde l’album en deux, captain Bach et son crew maintiennent un cap fulgurant et étourdissant pour le plus grand confort acoustique de ses passagers.

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Blu-ray

Le Loup Celeste

Les Brasiers de la Colère

(Out of the Furnace)

Scott Cooper

À

Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée. Après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Pour tenter de survivre, il se vend dans des combats de boxe et se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux... Année : 2013 Durée : 116 min Réalisateur : Scott Cooper Acteurs : Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck, Forest Whitaker, Willem Dafoe, Zoe Saldana, Sam Shepard 32

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Ce drame humain réaliste campé par un casting exceptionnel (monstrueux Woody Harrelson et poignant Christian Bale) et hanté par l’ombre de “Voyage au bout de l’enfer”, est un portrait peu flatteur d’une Amérique (profonde) en crise à la mise en scène sobre, au récit de vengeance d’une noirceur implacable, à l’atmosphère âpre, et aux personnages (issus de la classe ouvrière) usés par la vie et la violence. Particulièrement intense, “Les Brasiers de la Colère” est un thriller social noir et tourmenté que je recommande fortement.

Le Blu-ray Image

Tourné en argentique avec des caméras Panavision Panaflex Millennium XL2 couplées à des objectifs anamorphiques dont les caractéristiques sont bien visibles à l’écran (noirs fragiles et effets de lens flare), ce transfert HD à la compression parfaite parvient à retranscrire l’authenticité des images recherchée par le réalisateur et le chef opérateur sans aucune fausse note. Le piqué est d’une très grande précision (les gros plans), les détails sont expressifs (s’en est même épatant sur les arrières plans), les couleurs brutes sont naturelles, les contrastes tiennent bien la route et le léger grain cinéma charpente le tout.

Audio

Des pistes sonores d’une belle justesse qui parviennent à retranscrire un mixage sobre et équilibré aux ambiances soignées. Les dialogues sont limpides, la spatialisation est enveloppante, la diffusion des effets est précise et les enceintes arrières relayent minutieusement la jolie musique comme les ambiances. Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

Fiche technique Le film : Blu-ray : Format vidéo 1080p24 (AVC) / [2.40] Pistes sonores Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 Français (VFF) DTS-HD Master Audio 5.1. Français (Audio Description) Dolby Digital2.0

Sous-titres

Français Français pour malentendants Région : B (France) Éditeur : Metropolitan Vidéo Date de sortie : 15 mai 2014

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Blu-ray

Le Loup Celeste

Bad Country Chris Brinker

L

orsque le détective de Baton Rouge, Bud Carter, appréhende le tueur à gages Jesse Weiland, il le convainc de devenir informateur et d’exterminer le plus influent réseau de criminels du Sud...

Année : 2014 Durée : 104 min Réalisateur : Chris Brinker Acteurs : Matt Dillon, Willem Dafoe, Tom Berenger, Amy Smart, Neal McDonough

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Inspiré de faits réels, ce petit drame criminel porté par des interprètes qui ont vraiment la gueule (ou les moustaches) de l’emploi, par un scénario bien ficelé et par l’ambiance lourde de la Louisiane, trébuche quelque peu à cause d’une réalisation trop DTVesque et d’un montage assez chaotique. “Bad Country” se laisse néanmoins voir sans problème.

Le Blu-ray Image Malgré un peu de bruit dans les arrière-plans lors des scènes les plus sombres, ce transfert HD de toute beauté au rendu numérique certain délivre une définition aiguisée, un piqué de folie (les pores de la peau et la pilosité faciale des acteurs), des textures exigeantes (les vêtements), une palette colorimétrique détaillée aux teintes légèrement chaudes, des contrastes dynamiques et des noirs très profonds. Audio Des pistes sonores un peu classiques mais néanmoins efficaces dont la précision générale est très satisfaisante. Les voix sont d’une grande clarté, les coups de feu ont du punch (sauf lors de la première fusillade), les ambiances de la Louisiane (les insectes) sont bien retranscrites sur toutes les enceintes, l’activité de la scène arrière est soutenue et la musique bénéficie d’une belle présence. Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

Fiche technique Le film : Blu-ray : Format vidéo 1080p24 (AVC) / [1.78] Pistes sonores Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 Français (VFF) Dolby Digital 5.1

Sous-titres

Anglais et Français Anglais pour malentendants Région : A (Canada) Éditeur :Sony Pictures Home Entertainment Date de sortie : 29 avril 2014

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Blu-ray

Le Loup Celeste

Le Loup de Wall Street Martin Scorsese

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u rêve américain à l’avidité sans scrupule du monde des affaires, Jordan Belfort, courtier en Bourse à New York à la fin des années 80, va passer des portefeuilles d’actions modestes et de la droiture morale aux spectaculaires introductions en Bourse et à une vie de corruption et d’excès... Année : 2013 Durée : 179 min Réalisateur : Martin Scorsese Acteurs : Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie, Kyle Chandler, Matthew McConaughey, Jean Dujardin

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Tirée des mémoires de Jordan Belfort, courtier en Bourse à New York à la fin des années 80, cette peinture étourdissante des abus dont certains acteurs de la finance ce sont livrés est un thriller financier à la fois hilarant, absurde et dramatique dopé par la mise en scène d’un Martin Scorsese au sommet de son art et par l’interprétation d’un Leonardo DiCaprio juste extraordinaire. Une véritable fresque jouissivement démesurée !

Le Blu-ray Image Un transfert HD particulièrement racé à la texture argentique magnifique, à la netteté irréprochable, aux détails proprement époustouflants, aux couleurs chaudes et aux contrastes bien marqués. C’est sublime !

Audio Des pistes sonores immersives qui jonglent sans embûche du calme des scènes intimistes à l’intensité des fiestas et autres discours de motivation. Les voix sont bien placées, l’ouverture frontale est particulièrement large, la spatialisation est précise, la scène arrière est riche en effets, la diffusion de la musique d’Howard Shore est nerveuse et les basses sont percutantes. C’est foudroyant ! Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

Fiche technique Le film : Blu-ray : Format vidéo 1080p24 (AVC) / [2.40] Pistes sonores Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 Français (VFF) DTS-HD Master Audio 5.1. Français (Audio Description) Dolby Digital 2.0

Sous-titres

Français Français pour malentendants Région : B (France) Éditeur : Metropolitan Vidéo Date de sortie : 15 mai 2014

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Blu-ray

Le Loup Celeste

Mea Culpa Fred Cavayé

S

imon et Franck, flics sur Toulon, percutent une voiture et tuent les trois occupants en rentrant de mission. Franck est indemne mais Simon, qui était au volant et alcoolisé, va perdre sa vie de famille et son job. Il va pourtant voir son passé le rattraper lorsque son fils Théo, témoin d’un règlement de compte, se retrouve menacé de mort... Année : 2014 Durée : 90 min Réalisateur : Fred Cavayé Acteurs : Vincent Lindon, Gilles Lellouche, Nadine Labaki, Gilles Cohen, Max Baissette de Malglaive

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Ce polar d’action boosté à l’adrénaline est irrigué par un récit (simple mais sans temps mort) traversé de courses-poursuites toutes plus spectaculaires les unes que les autres (celle du TGV est mémorable), interprété par un duo d’acteurs très viril et mené tambour battant par un Fred Cavayé qui s’impose définitivement comme le spécialiste du genre en France. Une grosse claque âpre et violente !

Le Blu-ray Image Définition poussée, piqué fantastique, détails foisonnants, couleurs brillantes, contrastes dynamiques et noirs profonds. Tout bonnement prodigieuse !

Audio Une fois le volume bien augmentée (un encodage un peu bas), la piste sonore 5.1 fait des étincelles. Le mixage est clairement multidirectionnelle, la dynamique a beaucoup d’impact, les ambiances sont détaillées, les effets violents (détonations, explosions) sont vigoureux, les surrounds sont pleinement utilisées et la musique a une belle présence.

Numèro 89 - HCFR l’Hebdo

Fiche technique Le film : Blu-ray : Format vidéo 1080p24 (AVC) / [2.40] Pistes sonores Français DTS-HD Master Audio 5.1. Français DTS-HD Master Audio 2.0 Français (Audio Description) DTS-HD MA 2.0

Sous-titres

Anglais Français pour malentendants Région : B (France) Éditeur : Gaumont Date de sortie : 05 juin 2014

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La Semaine Prochaine

L’actualité des sorties cinéma ...

De nouvelles critiques musicales, littéraires ou 7ème Art... Mais aussi des surprises, des coups de coeur et encore plus de tests Blu-ray (2D et 3D). Rendez-vous le vendredi 30 juin 2014 pour

L’HEBDO n°90

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HCFR l'Hebdo N°89  

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