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MICHÈLE POLAK

ALAIN

DUGRAND

DES LIVRES

À LA DÉCOUVERTE DU MONDE

De Marco Polo à la Croisière jaune


1597

PIGAFFETTA (Filippo) Regnum Congo ; hoc est, Warhaffte und eigentliche Beschreibung dess Königsreichs Congo in Africa. Frankfurt am Mayn, Getruckt durch Johann. Saur in verlegung Hans Dietherich und Hans Israel von Bry, 1597. Filippo Pigaffetta, voyageur et humaniste italien (1533-1604). Ce livre majeur est une extraordinaire synthèse des savoirs relevant de l’Afrique au XVIe siècle et son histoire vaut d’être contée. En avril 1578, le marchand-explorateur portugais Duarte Lopes gagne le Congo à bord du navire St Antonio. Il demeure neuf ans à Luanda. Après ce long séjour, il est nommé ambassadeur du roi du Congo qui lui demande d’aller rendre visite au souverain pontife à Rome et au palais de Philippe II d’Espagne. Il est porteur d’une mission où le roi du Congo prie les souverains latins d’acheminer en son pays, sur le golfe de Guinée, un grand nombre de missionnaires évangélisateurs. Lopes, en outre, devait démontrer aux princes de Méditerranée les infinies ressources minérales du pays d’Afrique et faire miroiter aux Portugais les avantages du commerce avec son royaume. Parvenu à Rome en 1589, Duarte Lopes est accueilli par Mgr Antonio Migliore qui somme alors Filippo Pigaffetta d’entendre les récits que Lopes lui tiendra à propos des pays où il a voyagé et habité, puis de les transcrire sous une forme écrite. Regnum Congo rassemble l’état de toutes les connaissances du temps à propos de l’Afrique, son histoire, sa géographie, sa flore et sa faune, les mœurs et les coutumes des peuples qui l’habitent. L’intérêt de la relation vaut par le fait qu’elle est la plus ancienne que nous possédons à propos du Congo. Dans ces pages, Pigaffetta évoque ainsi le royaume du Prêtre Jean. Selon la légende médiévale, le Prêtre Jean était le souverain d’un royaume chrétien situé près des Indes, en Mongolie, prétendait-on alors, puis d’Éthiopie enfin, où la rumeur assimilait le prêtre au Négus. Sous la dictée de Duarte Lopes, Pigaffetta assure que le Prêtre Jean est le plus puissant, le plus riche des princes de l’Afrique et des sources du Nil. Il affirme que celui-ci ne quitte jamais des montagnes de la Lune, mais que son fief s’étend vers des contrées très éloignées au midi. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le livre de Pigaffetta restera l’une des principales sources d’informations sur l’Afrique centrale. Mais, comme il en va souvent des voyageurs, Duarte Lopes parle beaucoup plus des choses qu’il a entendues que de celles qu’il a vues. Promettant de revenir à Rome aussi rapidement que possible, Duarte Lopes retournera au Congo en 1580, mais on n’entendit jamais plus parler de lui. Regnum Congo traite des terres longeant l’actuel golfe de Guinée, Congo et Angola, au point que l’ouvrage sera abondamment pillé par les voyageurs écrivains des XVIIe et XVIIIe siècles.

Porteurs.

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AFRIQUE

Femmes du Monomatapa.

Costumes fĂŠminins.

Carte du Congo.

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1830

CAILLIÉ (René) Journal d’un voyage à Temboctou et à Jenné, dans l’Afrique centrale, précédé d’observations faites chez les Maures Braknas, les Nalous et d’autres peuples. Paris, Imprimerie royale, 1830. La lecture de Robinson Crusoé ensoleille l’enfance misérable de René Caillié (1799-1838). Ainsi naît sa vocation d’explorateur. Dès l’âge de 16 ans, l’adolescent embarque pour le Sénégal comme domestique d’un officier. Inspiré par la lecture de Léon l’Africain, il rêve depuis belle lurette à la mythique Tombouctou. En 1818-1819, Caillié rejoint l’expédition du major Gray à la recherche de Mungo Park, puis va aux Antilles. Il sera de retour au Sénégal en 1824. René Caillié réalise deux exploits : atteindre Tombouctou et en sortir vivant, puis traverser le Sahara du Niger au Maroc. Costumé en marchand indigène, Caillié se mêle à une caravane en 1827. Il s’efforce de justifier son accent déplorable en disant à qui veut l’entendre que des soldats de Napoléon l’ont enlevé à ses parents en Égypte, puis enmené en France où il a vécu de longues années. La maladie interrompt le voyage, il reprend la route après avoir été soigné par une indigène. Il séjourne deux années chez les Maures Braknas, dont il apprend la langue, les coutumes et le culte. Il quitte le village de Kakondy, sur le rivage du Rio Nunez, le 19 avril 1827. À travers le FoutaDjalon, il atteint le Niger dans la région de Kouroussa. Il parvient à Djenné en mars 1828. Là, il troque son parapluie contre une pirogue et, tout un mois, remonte le cours du Niger en solitaire. Il atteint Kabara, le port de Tombouctou. Il pénètre dans la ville le 20 avril 1828. Caillié perd aussitôt ses illusions… Tombouctou est une triste bourgade de briques séchées, bien moins active que Djenné et de plus pratiquement vassalisée par des Touareg. Le 4 mai suivant, se faisant passer pour un pauvre musulman, il prend un chemin de retour semé d’embûches. Il traverse le Sahara occidental par Arouan, Taoudenni et le Tafilalet. Souffrant de faim et de soif, maltraité par ses compagnons de route, il parvient au Maroc à bout de forces.

René Caillié.

« M. Caillié méditant sur le Coran et prenant ses notes. »

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« Femme de la ville de Tombouctou. »


AFRIQUE

Vue d’une partie de la ville de Tombouctou.

Tous les habitans natifs de Tomboctou sont zélés mahométans. Leur costume est le même que celui des Maures, et ils ont quatre femmes comme les Arabes ; mais ils n’ont pas, comme les Mandingues, la cruauté de les battre ; elles sont cependant chargées de même des soins du ménage. Il est vrai que les habitans de Tomboctou, qui ont continuellement des relations avec les peuples demi-civilisés de la Méditerranée, ont quelques idées de la dignité de l’homme. J’ai toujours vu, dans mes voyages, que c’était chez les peuples les moins civilisés que la femme était le plus asservie. Ainsi, le beau sexe d’Afrique devrait donc faire des vœux pour les progrès de la civilisation. A Tomboctou, les femmes ne sont pas voilées comme dans l’empire de Maroc ; elles sortent quand elles le veulent, et sont libres de voir tout le monde… »

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1524

CORTÉS (Hernán) Praeclara Ferdinandi Cortesii de Nova Maris Oceani Hyspania Narratio Sacratissimo… Nuremberg, Fridericus Peypus, 1524. Hernán Cortés (1485-1547), conquérant du Mexique. Il embarque pour l’Amérique (1504) sous les ordres de Diego Velázquez et participe à la campagne de Cuba. Il doit ensuite rejoindre les côtes du Yucatán, récemment découvertes par Juan de Grijalva, quand Velázquez lui retire le commandement. Il lève alors les voiles clandestinement. Parvenu sur les côtes du Yucatán, près de l’île de Cozumel le 22 avril 1519, il reçoit en signe d’allégeance Malintzin dite la Malinche, prisonnière aztèque des Mayas. Celle-ci lui donnera un fils. Tout au long de sa conquête du Mexique, Hernán Cortés soumet l’Empire aztèque jusqu’à sa capitale, la future ville de Mexico. Il expédiera cinq « cartas de relacion » à son monarque, Charles Quint, afin de revendiquer la légitimité de la conquête. La première lettre, datée vraisemblablement du 10 juillet 1519, s’est égarée, on ne dispose que d’une version en français. La seconde lettre (30 octobre 1520), présentée ici, permet à Cortés de retracer les événements de la Conquista après son retrait vers Veracruz, puis la fondation de cette cité au mois d’avril 1519, sa rencontre avec Moctezuma II, la prise de Tlaxcala, le massacre de Cholula et la description de la capitale aztèque dans son état originel. Le plan de Mexico-Tenochtitlán est conçu d’après un dessin original de Cortés, il illustre la ville aztèque, située alors sur une île du lac Texcoco, une représentation minutieuse des principaux édifices, les indigènes à bord de leurs canoës. Il s’agit là de la plus ancienne représentation d’une cité du Nouveau Monde.

Lettrine coloriée.

Plan de Mexico (détail).

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Plan de Mexico (détail).

Mexico est ornée d’une quantité infinie de grandes & belles maisons, parce que tous les principaux Seigneurs & Caciques de l’Empire y demeurent une partie de l’année. […] L’eau douce parvient à Mexico par deux tuyaux de deux pieds de circonférence chacun, & qu’ils sont placés le long d’une des chaussées, par lesquelles on aborde en cette ville : cette eau se distribue le long des rues dans différens canots, pour être ensuite vendue au public. Il y a des espèces de barrières à Mexico, où des commis préposés perçoivent des droits sur tout ce qui y entre. On trouve dans les marchés publics des ouvriers de toutes espèces qui y viennent pour s’y louer. Le peuple y est plus élégamment habillé que dans tout le reste de l’Empire, parce que le séjour de Montézuma & des grands seigneurs y a introduit des modes & des usages particuliers & plus recherchés. »

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1713

JOUTEL Journal historique du dernier voyage que feu M. de la Sale fit dans le Golfe de Mexique. Paris, Estienne Robinot, 1713. En 1682, l’explorateur français René Robert Cavelier de La Salle (1643-1687) reconnaît le cours inférieur du Mississippi et il baptise Louisiane une vaste région dont il prend possession au nom de Louis XIV. De retour en France, il réembarque deux années plus tard pour s’en aller fonder une colonie en Louisiane. Hélas, il perd ses marques et aborde beaucoup plus à l’ouest, en baie de Matagorda, sur la côte du Texas. L’expédition a essuyé bien des périls, amplifiés par des rivalités, des disputes. Les tentatives pour identifier l’insaisissable cours du Mississippi se révèlent infructueuses et La Salle est assassiné par les siens le 19 mars 1687. Joutel (1651-1735), son lieutenant, et une poignée des survivants poursuivent alors jusqu’aux Red et Arkansas Rivers. Ils gagnent Fort Saint-Louis sur le Mississippi, puis, par l’Illinois River et les Grands Lacs, la petite troupe atteint Québec. La carte du Journal historique contient les enseignements des deux dernières expéditions de Cavalier de La Salle, elle offre une représentation correcte du cours du Mississippi jusqu’à son embouchure.

Mort de Cavelier de La Salle.

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AMÉRIQUES

Carte dépliante.

Nous avions quantité de tortües, tant de mer, que de terre, dont les œufs nous aidoient à assaisonner nos sauces ; celles de terre sont differentes de celles de la mer, en ce qu’elles sont plus petites, de figure ronde & l’ecaille plus belle ; elles se retirent dans des trous qu’elles trouvent ou sont en terre. Ce fut dans cette chasse de tortües, que l’un de nos Chirurgiens cherchant dans un trou, fut mordu au bras par quelque animal venimeux, que nous crûmes estre une espece de crapau ayant quatre pattes, le dessus du dos en pointe de diamans fort dures, & une petite queüe, soit de cet animal ou d’un serpent, le bras luy devint fort enflé, il en guerit cependant par les remedes qu’on luy fit ; mais il luy en coûta un doigt, qu’il fallut couper. »

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1840-1843

WIED-NEUWIED (Maximilian Alexander Phillippe, prince de) Voyage dans l’intérieur de l’Amérique exécuté pendant les années 1832, 1833 et 1834, par le prince Maximilian de Wied-Neuwied. Ouvrage accompagné d’un atlas de 80 planches dessinées sur les lieux par M. Charles Bodmer. Paris, Arthus Bertrand, 1840-1843, 3 volumes in 8°, atlas de 80 planches. L’expédition du prince Maximilian de Wied-Neuwied (1782-1867) est la première exploration de l’Ouest américain réalisée par un naturaliste et un peintre, Karl Bodmer (1809-1893), en même temps. La valeur historique, scientifique et artistique de l’ouvrage est énorme. Partis le 7 mai 1832, ils arrivent le 4 juillet sur la côte Est et passent l’hiver en Pennsylvanie. Ils commencent leur voyage pendant lequel ils utilisent différents moyens de transport, calèche, bateaux à vapeur, marche à pied, au début de 1833, et arrivent à Saint-Louis en mars. Ils traversent les États-Unis jusqu’au nord-ouest, remontent le cours de l’Ohio et du Missouri, jusqu’au Dakota du Nord et au Montana. Ils explorent ces territoires, s’intéressant à la vie quotidienne des Indiens, décrivant aussi bien leurs costumes, les mœurs, leurs outils, leurs habitats que leurs lieux sacrés… Pendant que Maximilian collecte des spécimens de la flore et de la faune et écrit leur journal de façon très détaillée, Bodmer peint les paysages et les Indiens. Parmi les peuples indiens qu’ils ont rencontrés, nous pouvons noter les Mandans, Puncas, Assiboines, Crows, Pieds-Noirs, Pikani, Cree, Minatarre ou Gros-Ventres, Sioux, Saki, Dakotas…

Rencontre des voyageurs avec des Indiens meunitarri.

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AMÉRIQUES

Guerrier dakota.

Indiens assiboines.

Chef mandan.

Indien minatarre ou gros-ventre.

Indienne Serpent. Indienne Cree.

(Les Mandans) Les guerriers particulièrement distingués, quand ils sont dans la plus haute tenue, portent dans leurs cheveux toutes sortes de marques en bois, pour indiquer leurs blessures et leurs exploits. C’est ainsi que Mato-Tope avait attaché en travers, dans sa chevelure, un couteau fait de bois, peint en rouge et long à peu près comme la main ; c’était l’emblème du couteau avec lequel il avait tué un chef cheyenne ; il portait en outre six petites brochettes en bois peintes en rouge, en bleu ou en jaune, et garnies, à l’extrémité supérieure, d’un clou doré, pour indiquer le nombre de coups de feu dont il avait été blessé. »

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1829

POTOCKI (comte Jean) Voyage dans les steppes d’Astrakhan et du Caucase. Paris, Merlin, 1829. L’ouvrage du comte Jean Potocki, archéologue et voyageur polonais (1761-1815), a été publié par le grand orientaliste Jules Klaproth, qui voyagea avec lui en 1805 de Kazan jusqu’à Liakhta sur la frontière chinoise. Passionné dès sa prime jeunesse par les études historiques, dont l’origine des peuples de la famille slave, il étudie aussi les langues étrangères. Devenu sujet russe après le troisième partage de la Pologne, Jean Potocki est mandé par l’impératrice Catherine à Saint-Pétersbourg, mais il refuse le moindre emploi à la Cour pour se dévouer uniquement à ses recherches savantes. En 1797-1798, il va passer onze mois de nomadisme dans les steppes d’Astrakhan et du Caucase. Son ouvrage, qui décrit ce voyage comporte aussi des textes de Klaproth et d’Édouard Taitbout de Marigny sur les Tcherkesses ainsi que son étude sur l’histoire primitive des peuples de la Russie. Il complète ses observations des petits peuples, Kalmouks, Mordouans, Alains, Avars, Ossètes et Tchetchènes… Il dessine et écrit sur les croyances, la généalogie et les mœurs des Caucasiens. Il apprend le koumi, une langue parlée du Terek à Derbent, puis s’intéresse au tât et à la talicha, deux dialectes persans évoqués par Hérodote dont il est féru. Le jeune tsar Alexandre le nomme directeur scientifique d’une expédition vers Pékin. En 1805, Potocki embarque pour la Chine en compagnie de l’ambassadeur Golovkin. Les voyageurs sillonnent l’Asie centrale, pénètrent en Mongolie, mais devant Ourga (ou Houren) les autorités chinoises leur intiment l’ordre de rebrousser chemin. Jean Potocki sera célébré pour son chef-d’œuvre le Manuscrit trouvé à Saragosse, partiellement publié en 1805. Roman fantastique, sans doute l’un des sommets baroques de la littérature européenne. Sous une apparence romantique, les soixante-six journées de la vie du capitaine van Worden dissimulent une apologie radicale de la philosophie des Lumières à laquelle Potocki voue son existence. En 1815, retiré sur ses terres, le « comte Jan » se suicide avec une balle bénie « pour le cas où Dieu existerait »…

« Nogais. »

« Ingouche. Ossète. »

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EUROPE DU NORD

« Portrait d’un chef des Turcomans. »

« Tcherkesses. »

« Turkmens. »

Si un Ingouch perd son fils, un autre qui aura perdu sa fille, vient chez lui et lui dit : « Ton fils peut avoir besoin d’une femme dans l’autre monde ; je lui accorde ma fille, donne moi tant de vaches pour le kalym, et l’on ne refuse jamais. Le kalym est, comme on sait, chez les musulmans la dot que l’époux doit donner à son beau-père. […] Ils [les Ingouch] ont jusqu’à cinq femmes ; après la mort du père, ses fils les épousent toutes, à l’exception de leur mère qu’un autre frère peut épouser. Les Tchetchentses leur reprochent souvent cette coutume infame. Mais les Ingouch répondent : “Mon père a couché avec ma mère, je puis bien coucher avec sa femme.” »

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LEIGH (W.H.)

1839

Reconnoitering Voyages and Travels, with Adventures in the new colonies of South Australia. London, Smith, Elder and Co, 1839. W. H. Leigh, chirurgien de marine itinérant, embarque pour l’Australie en 1836 et dit avoir quitté l’Angleterre sans le moindre préjugé, avec la volonté de donner une narration des faits complète et simple. Après être passé par Tristan da Cunha et le cap de Bonne-Espérance, il aborde à l’île Kangourou en avril 1837, où il vécut cinq mois pénibles, principalement obsédé par la nourriture. Il décrit la nature du sol, la culture du chou, la mauvaise situation de la ville et les productions indigènes. Suivent une description du kangourou et de la chasse qu’on lui fait et la vie des indigènes, dont leur façon de faire du feu. Il s’intéresse aussi aux autres animaux – dont les opossums, les serpents et les insectes – et à la végétation. Il part ensuite pour Adelaïde et Sydney. Il y observe le mode de vie des habitants, le cannibalisme et les pêcheries de baleine. Puis il continue son voyage vers les îles Nicobar et l’Inde en décrivant toujours honnêtement ce qu’il voit. Ce livre offre des descriptions de la ville d’Adélaïde, de Sydney et ses alentours, et surtout de l’île Kangourou, une île du sud de l’Australie Méridionale, la plus vaste après la Tasmanie et l’île Melville. À l’entrée du golfe Saint-Vincent, elle est située à 112 kilomètres au sud-ouest d’Adélaïde, à 13 kilomètres au large du cap Jervis, lui-même point extrême de la péninsule Fleurieu. Son ouvrage est basé sur ce qu’il a vécu. Il l’écrivit pour contrer la propagande et les attentes folles de l’Angleterre sur l’Australie du Sud et donne une description plutôt comique des aborigènes. Il conclut son ouvrage en suggérant au lecteur de profiter de son exemple et de ne jamais quitter son foyer à la recherche d’un bonheur idéal dans une région sauvage. Son livre est toutefois rempli d’observations utiles pour les futurs immigrants.

Guerrier australien.

Indigènes de l’ile Nicobar.

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PACIFIQUE

Indigènes ayant trouvé un kangourou.

Le kangourou se nourrit d’une sorte d’herbe en touffe. Cet animal est timide et, à l’égal des animaux sauvages de la forêt, il détale devant la présence de l’homme. Les jeunes kangourous naissent, expulsés sous la forme d’une masse quasi difforme, la génitrice libère le nouveau-né avec sa propre patte, l’introduit dans sa poche, où il happe la tétine, qui, par la délicatesse des membranes de sa bouche, s’unit à cet organe jusqu’à ce que le jeune soit capable de l’abandonner. »

Scène nocturne dans le bush. Île Kangourou.

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1486

BREYDENBACH (Bernhard von) Peregrinatio in terram sanctam. Mayence, Erhard Reuwich, 1486. Bernhard von Breydenbach (1454-1497), doyen de la cathédrale Saint-Martin de Mayence. Riche chanoine de la cathédrale, Breydenbach s’en va, pèlerin, en Terre sainte (1483-1484), « pour faire pénitence, regrettant une jeunesse passée dans les plaisirs vains ». Il est accompagné d’un artiste d’Utrecht, Erhard Reuwich. Le pèlerinage va le mener à Jérusalem, puis au mont Sinaï, dont il publie la relation en latin en 1486, Peregrinatio in terram sanctam. C’est peut-être le plus important récit de pèlerinage représentant les lieux et les personnages vus pendant le voyage. Il est aussi remarquable par l’excellente qualité de ses illustrations, qui doivent être distinguées des autres bois gravés du XVe siècle par leur air de vérité ainsi que par leur côté vivant : les planches contiennent des groupes de personnages, certains poursuivant leurs activités. C’est aussi le premier ouvrage imprimé contenant les alphabets arménien et arabe. L’unique planche zoologique de l’ouvrage fait voisiner une girafe, une licorne, de même qu’un dromadaire guidé par un homme-singe, alors que la légende précise que ces mammifères sont représentés tels que les voyageurs les ont rencontrés en Terre sainte. Avec nombre d’informations sur les conditions matérielles du pèlerinage, Breydenbach décrit villes, régions et peuples. Les gravures reproduisent des scènes urbaines avec autant de précisions, de techniques que de talent. Remportant un vif succès, le livre est traduit en plusieurs langues. Sa qualité topographique est remarquable d’exactitude, avec une carte de Palestine et quatre grandes vues, dont Jérusalem et Venise. Breydenbach et Reuwich publient le premier ouvrage de voyages avec des planches dépliantes. C’est aussi le premier livre édité du vivant de son auteur.

Sarrasins.

Planche à la licorne.

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MOYEN-ORIENT

Jérusalem.

Au XX iour au point du iour sur les montaignes avoit des arbres petis tres bien fleuris et rendans bon odeur cela bien cõfortoit le cœur. Tresespineux est ce boys et dit on que la couroñe a nostre seigneur en fut faicte. On en apporte avec soy. Les mons dune partie et dautre sont merveilleux rouges noirs & petreur reluysans au soleil comme sil y eust de lhuille espars. La sont des bestes plus grandes que chameaux & disoit le Calme ou le trucheman q cestoit une licorne. »

Rhodes.

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Trebizonde.

Mykonos.

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MOYEN-ORIENT

Loup Cervier.

Chèvre d’Angora.

205


ÉlÊphants du rajah de Travancor.

Procession religieuse.

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ASIE

Offrande d’un chef kandien à un temple de Bouddha.

Ballet dramatique.

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1933

HAARDT (Georges-Marie) AUDOUIN-DUBREUIL (Louis) LE FÈVRE (Georges) La Croisière jaune. Troisième Mission. Paris, Librairie Plon, 1933.

IACOVLEFF (Alexandre) Dessins et peintures d’Asie. Exécutés au cours de l’expédition Citroën Centre-Asie. Troisième mission de G.-M. Haardt et L. Audouin-Dubreuil. Édité sous la direction de Lucien Vogel. Paris, chez Jules Meynial, 1934. La Croisière jaune relate une expédition motorisée initiée par André Citroën (1931-1932). C’est là l’équipée la plus ambitieuse et la plus médiatisée des trois expéditions continentales de l’entredeux-guerres. Après la traversée du Sahara (1923) et le périple de la Croisière noire en Afrique (1924-1925), cette troisième expédition, baptisée Croisière jaune, a pour ambition de faire traverser l’Asie à plusieurs autochenilles le long de la mythique Route de la soie. Début avril 1931, une équipe part de Beyrouth, l’autre de Tianjin en Chine : elles doivent faire jonction en ayant prouvé au monde les qualités techniques des véhicules du constructeur français, mais aussi en ayant récolté le plus de données scientifiques possible. Les pilotes sillonnent l’Europe, la Haute Asie jusqu’à Pékin afin de démontrer que l’automobiliste et sa machine se jouent des frontières géographiques comme politiques. Véritable exploit, les aventuriers, pour franchir les cols d’altitude, sont contraints de démonter les véhicules pièce par pièce, avant de les reconstituer à l’inverse afin de poursuivre la progression du parcours. La traversée de l’Asie en une année au lieu des six mois prévus, un défi, va rencontrer maints écueils. Les pilotes traversent la Perse, ils franchissent les passes montagneuses de l’Afghanistan, ils empruntent l’ancienne route caravanière de la soie, ils entreprennent une ascension de l’Himalaya, et ils sillonnent les déserts de Gobi et de Mongolie. L’expédition s’achève à Pékin en 1933. Pendant le périple, Alexandre Iacovleff (1887-1938) réalise de nombreux croquis. Ses notes vont lui permettre d’exécuter un remarquable travail ethnographique et documentaire « La formation acquise par Iacovleff lors de ses voyages de jeunesse en Extrême-Orient éclaire la maturité picturale des œuvres de la Croisière jaune », écrit l’éditeur Lucien Vogel en 1934.

La passe de Toksoun.

Entrée dans Pékin.

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Premier pont.

Ă€ l'assaut de l'Himalaya.

Les premières dunes.

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Des Livres à la découverte du monde  

Après le Trésor des livres de mer paru l’an passé, la libraire et le romancier sont partis à la découverte du monde terrestre et se sont éga...

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