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ISSN 2297-0002

WWW.GRANDGENEVEMAGAZINE.CH | N° 8 /2016 - 2017 | CHF 4.90

RENCONTRE

Première rencontre à Genève entre Laurent Wauquiez, président d’Auvergne-Rhône-Alpes et François Longchamp, président du Conseil d’État,

ON SIGNE

Signature du Projet de territoire Grand Genève 2016-2030, pour une Agglomération franco-valdo-genevoise à vivre et à construire

MOBILITÉ

La Mobilité, le grand défi du Genevois français


Bachelors, Masters and DBA programs

Paid Part-Time Jobs and Internships / Career Services

International Finance Marketing / Communication International Affairs & NGOs Business Administration Visit our website for more informations:

www.imsgeneva.ch


Éditorial Hilda Lindenmeyer

Par

Rédactrice en chef

IMPRESSUM

Le Grand Genève existe ! Chères lectrices, chers lecteurs, Ayant organisé la 1ere édition du forum dédié aux entreprises de l’agglomération, permettez-moi, tout d’abord d’adresser mes remerciements à nos sponsors et partenaires, aux intervenants ainsi qu’aux participants qui nous ont fait l’honneur de leur présence.

00 Vous pouvez vous demander pourquoi ce forum ? Il me semble en effet judicieux que la volonté politique s’engage à donner une dimension économique forte à la région francovaldo-genevoise, soit une réelle ambition. Et notre responsabilité en tant que média, j’ai la faiblesse de le croire, est d’informer, d’encourager le dialogue et de participer au débat démocratique de la manière la plus neutre possible. Je suis heureuse que cette idée de rassembler les décideurs politiques et les acteurs économiques de la région ait prospéré pour se concrétiser. Et je me réjouis que nous nous nous soyons retrouvés

à Genève, pour cette 1ere édition du Forum économique du Grand Genève. Car oui, le Grand Genève existe ! De par un marché de près de 1 million de personnes, un vaste réservoir de ressources humaines de grande qualité et de grande volonté, notamment celles des entrepreneurs qui sont des forces vives incontournables. Aucun décideur économique ne devrait ignorer les opportunités qu’offre cette Région  : de nouveaux pôles de croissance, de nouveaux investissements et de nouveaux partenariats, le développement de nouvelles filières, de nouvelles synergies et de nouveaux axes d’innovation. Mais sans plus tarder, je vous invite à découvrir cette 8e édition et vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année. Bonne lecture !

Édité par : Artwear SA C/O Hilda Lindenmeyer 19 rue Neuve-du-Molard CH — 1204 Genève Tél. : 076 374 08 92 hilda@grandgenevemagazine.ch

www.grandgenevemagazine.ch

Directrice de la publication Hilda Lindenmeyer Rédaction Hilda Lindenmeyer, Elodie Olson, Yalda Racordon, Natacha de Santignac, Nadia Ourrad, Patrice Bievre Contributeurs Pierre Maudet, Marc Alpozzo, Marion Majou, Michel Charrat, Marketing Yalda Racordon Publicité Alisson Perrin Maquette/Graphisme Hilda Lindenmeyer Yalda Racordon Correction Pauline Ladsous Raphael Klemm Remerciements Groupement transfrontalier Européen, Département de la sécurité et de l’économie (DSE), Boerding exposition SA


Grand GenèveMaggazine

Sommaire EDITOR’S LETTER

3 Éditorial 6 tribune de Pierre Maudet Économie | Grand Genève 8 Business 10 11 Forum économique politique | Grand Genève 14 16 politique | Grand Genève Point de vue 18 20Mobilité Bilocalisation des entreprises

BUSINESS EDUCATION l GLOBAL PERSPECTIVE

De la collaboration transfrontalière au coworking

BUSINESS

Interreg France-Suisse

SCHOOL

Travailler autrement c’est possible

L’entreprise & développement économique au rythme de l’agglo

Première rencontre entre Wauqiez et Lonchamp

Projet d’agglomération de 3e génération

Non aux fermetures des douanes…

BACHELOR

MASTER / MBA

Formations accréditées

Management Banque & Finance International Business

Français & Anglais ou bilingue

Entreprises Campus rénové au centre-ville visites & network

Communication & Marketing Gestion d’Entreprise familiale Trading de Pétrole & Gaz

Professeurs avec expérience

Approche pratique New MBA en emploi

Services carrière Top recrutement

Admission simplifée 3 entrées / année

La Mobilité, le grand défi du Genevois français

UNIVERSITE IFM - Institut de Finance et Management

Tél : 0223222580 - www.universiteifm.com - Genève

Grand Genève Magazine • N° 8 I 2016

Hommage Ahmed Benani

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Grand Genève Magazine rend hommage au professeur Ahmed Benani, décédé des suites d’un cancer à l’âge de 68 ans, jeudi 20 octobre 2016. Nous nous étions interrogés sur l’Islam, la laïcité et la place du religieux au sein de la société. À la recherche d’explications à contre-courant du discours communautariste, nous sommes allés à la rencontre d’un intellectuel audacieux : Ahmed Benani, professeur d’histoire, chargé d’un cours sur « L’islam dans l’espace européen » à l’Université de Lausanne et de Genève (DESSMAMMC) et de Formation Continue (UNIGE), et

coauteur (avec Mondher Kilani, ouvrage collectif ) d’ «  Islam et changement social 1998 ». Il nous avait accueillis chez lui à Lausanne, avec sincérité, modestie et intelligence, et a tenté de répondre aux questions complexes liées à l’Islam en Europe, en France et en Suisse. Plus qu’une interview, il nous a livré une analyse lucide et sans complaisance, cependant pleine d’espoir. Tous celles et ceux qui ont eu le privilège de l’approcher garderont de lui le souvenir d’un homme d’une vaste culture, mais aussi d’une grande gentillesse et gaîté. Défenseur des droits, ses enseignements ne s’estomperont pas.


ÉVENT : FORUM DÉDIÉ AUX ENTREPRISES ÉDITION 2016 RENSEIGNEMENT SUR DEMANDE POUR L’ÉDITION 2017 FORUM@GRANDGENEVEMAGAZINE.CH

11 22 Portrait 24

34 Carré d’artistes 36

26 Évent 30 chronique littéraire 32

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Interview

chronique littéraire

Thomas Sussli

ISSN 229

Interview de Guillaume Chérel

Céline Corrado, Une jeune directrice d’agence bancaire qui œuvre tous les jours pour la construction du Grand Genève.

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Larissa Rosanoff Dorian Rossel Ensemble Contrechamps Alex Sumi

Reportage

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Entretien avec Dominique Maisons

Couverture Pierre Maudet,Conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie (DSE) Crédit photo : DI MATTEO

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Tribune

Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

De la collaboration transfrontalière au coworking

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our illustrer la coopération Économique transfrontalière, j’aime à rappeler qu’en 1748 déjà, le Français Montesquieu publiait à Genève un célèbre traité de théorie politique intitulé De l’esprit des lois. Cet ouvrage affirmait notamment que «  partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce, et que partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces ». Dès lors que ce traité avait été publié dans une cité qui se trou-

vait alors à la frontière de la Suisse et de la France, respectivement par un Français qui vivait à Genève, cette maxime représente à mes yeux le viatique de la coopération transfrontalière et le secret de sa prospérité. Le site internet du Grand Genève décrit bien cette situation en exposant que le développement économique de la région transcende aujourd’hui largement les frontières, aussi bien cantonales

qu’internationales. Chaque jour, sur le territoire de l’agglomération transfrontalière, les acteurs économiques nouent des liens, montent des projets, se positionnent sur des marchés, concluent des contrats. Signe de cette évolution, la bilocalisation (qui permet à une entreprise d’avoir son siège social en Suisse et une filiale ou une succursale en France, où l’inverse) prend une ampleur chaque année plus importante.


Cette approche s’apparente à une forme de coworking binational, soit un espace de travail partagé entre nos deux pays, mais aussi un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture. Car si l’agglomération se développe avant tout grâce à la collaboration et aux échanges transfrontaliers, elle se construit également à travers de nouvelles formes d’organisation du travail comme les lieux de travail partagés. Avec pour objectif de créer le premier réseau maillé de lieux de travail partagés au monde, notre territoire confirmerait son audace et son sens de l’innovation, s’inscrivant pleinement dans la vision de « smart city » qui est la sienne. De plus, cette vision devrait permettre la mise en commun des ressources tout en diminuant les déplacements entre lieu de travail et lieu de domicile. 38 % des entreprises sont intéressées par les lieux de travail partagés ; ce potentiel est énorme et ne doit pas être ignoré. Enfin, il ne me serait pas possible de parler du développement économique de l’agglomération sans évoquer la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) qui constitue un enjeu économique majeur pour l’attractivité du Grand Genève. Car si Genève réussit cette réforme, c’est l’ensemble de l’agglomération qui en profitera à travers le maintien des nombreuses multinationales qui font la prospérité de notre cité et de notre région. Au final, ce sont même de nouvelles entreprises que nous pourrons attirer ou créer, et dont l’accueil ne pourra qu’être facilité via les nouvelles conditions cadres ainsi offertes.

«

il ne me serait pas possible de parler du développement économique de l’agglomération sans évoquer la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) qui constitue un enjeu économique majeur pour l’attractivité du Grand Genève. Car si Genève réussit cette réforme, c’est l’ensemble de l’agglomération qui en profitera à travers le maintien des nombreuses multinationales qui font la prospérité de notre cité et de notre région.

Pierre Maudet

00 Montesquieu, De l’esprit des lois, livre XX, chapitre 1. 00 http://www.grand-geneve.org/enjeux-strategie/economie 00 http://www.grand-geneve.org/actualites/grand-geneve-vers-le-premier-reseaumondial-de- lieux-de-travail-partages-0

Crédit photo : Cellence

Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

Conseiller d’État en charge du Département de la sécurité et de l’économie (DSE)

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Chronique|littéraire Économie Grand Genève

Natacha de Santignac

Par

Journaliste, reporter indépendante

Interreg France-Suisse

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Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

rès peu connu de nos concitoyens, le programme Interreg France-Suisse, touche pourtant leur vie quotidienne dans de nombreux domaines tels que la mobilité, l’environnement ou encore le tourisme.

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Crée en 1990, Interreg est un programme européen ciblant les zones frontalières au sein de l’Union Européenne, mais également celles dont les voisins ne sont pas intégrés à l’Union. C’est à ce titre que depuis 25 ans, les cantons suisses ont pu bénéficier d’un soutien financier de grande envergure promouvant les partenariats transfrontaliers. Depuis sa création, le programme Interreg France-Suisse a soutenu environ deux-cents projets touchant le canton de Genève dont certains ont été reconduits afin d’être développés. Pour cette nouvelle tranche qui se déroule de 2014 à 2020, trente-deux projets ont déjà été acceptés, parmi lesquels seize dans notre région du « Grand Genève » XL. En effet, tous nos territoires des départements de la HauteSavoie et de l’Ain sont inclus dans le programme, ce qui n’est pas le cas dans le cadre du Grand Genève[1]. Enrico Bolzani, Attaché aux questions régionales et transfrontalières du canton de Genève, détaille les enjeux de ce programme pour notre région. « En ces temps de

restrictions budgétaires à l’échelle suisse et européenne, les autorités ont décidé d’allouer plus de moyens au programme Interreg France-Suisse. Le cinquième programme dispose d’un budget de 66 millions d’euros, issus du fonds FEDER et 50 millions de francs suisses, de fonds fédéraux et cantonaux*. Contrairement à ce qui se passe pour le programme européen Horizon 2020, Interreg n’a, heureusement, pas été impactée par le vote du 9 février 2014 [2], car les budgets sont gérés côté français, et ne transitent donc pas par notre pays ». Pléthore de projets se bousculent, touchant aussi bien l’environnement que la mobilité, la recherche fondamentale, l’énergie ou encore la culture. « Le processus d’instruction est sévère. Chaque dossier est analysé pendant une période d’environ quatre mois, tant sous l’angle administratif que financier. Ceci dit, une majorité des projets déposés voit le jour. Naturellement, la valeur ajoutée transfrontalière demeure primordiale, de même que les retombées escomptées pour le territoire. » Sur les trente-deux demandes retenues depuis le lancement du cinquième programme-cadre, seize se situent sur le Grand Genève XL, autant dire que le canton, très investi, bénéficie largement des retombées économiques


Les quatre axes du programme en cours : rapprocher les structures en matière d’innovation et soutenir les projets innovants, protéger et valoriser le patrimoine naturel et culturel, encourager le transport durable, favoriser l’emploi et accompagner la mobilité de la main-d’œuvre s’inscrivent clairement dans ce sens. À titre d’exemple, on peut citer pour le programme 2007/2013 : la création d’un réseau de lieux de travail partagés, le projet CEVA-Tranchée, le développement du covoiturage, la réalisation de corridors biologiques[3], un projet transfrontalier de formations, un projet de recherche ouvrant des pistes pour la médecine régénérative, etc. Effectivement, la palette, riche et variée, touche chacun d’entre nous. À l’heure du désengagement systématique de l’État en Suisse comme en France ou en Europe, cette

initiative est à saluer, car elle démontre que des fonds publics bien utilisés impactent directement et durablement, notre bien-être et nos vies. * Soit plus de 71 millions de francs suisses et 46 millions d’euros. Taux de change du 17 octobre 2016

[1] Le Grand Genève est l’agglomération transfrontalière de Genève. Elle est composée de quatre entités situées en Suisse et en France : le canton de Genève et le district de Nyon pour la partie suisse ; en France, une partie des départements français de l’Ain et de la Haute-Savoie. [2] La votation du 09 février 2014 propose d’ajouter un article 121a à la Constitution fédérale, indiquant que le pays « gère de manière autonome l’immigration des étrangers » en fixant des quotas annuels selon les besoins de l’économie « dans le respect du principe de la préférence nationale » [3] les corridors biologiques sont des passerelles naturelles permettant à la faune de se déplacer en toute sécurité et aux plantes de se disséminer.

Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

d’Interreg. Pour Enrico Bolzani, le secret de ce succès est lié, « d’une part au dynamisme et à la vitalité de la région, mais également au fait que les projets représentent des opportunités de terrain répondant à des problématiques réelles ».

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Business Marion Majou

par

Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

Auteur

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À défaut de sécurité, on cherche à mettre du sens dans son travail, à trouver un rôle plutôt qu’un job. Être travailleur indépendant n’est pas limité à faire la transition entre deux périodes de salariat. Cela peut également être un choix pour mieux équilibrer vie pro et vie perso et avoir un impact positif sur la société. Il y a en France plus de 2,8 millions de slashers (qui cumulent plusieurs activités  ; par exemple  : ingénieur 3 jours par semaine et apiculteur le reste du temps) ou de freelances (qui sont à leur compte). En Suisse, c’est 25 % de la population active qui a un emploi temporaire, complémentaire ou basé sur un projet spécifique. La flexibilité n’est pas l’apanage des travailleurs indépendants. Au-delà du salaire et des avantages, les salariés souhaitent une meilleure prise en compte de leurs besoins personnels (horaires aménagés et articulation famille-travail). Les employeurs qui jouent le jeu en étant à l’écoute réduisent le stress au travail, fidélisent et améliorent la motivation de leurs équipes. Le travail n’est aujourd’hui plus forcément associé à un seul et unique lieu. Pour de nombreuses

Travailler autrement c’est possible Le monde du travail est en train de radicalement changer. Le salariat à vie et une carrière dans une seule entreprise, c’est fini. Pour autant ces changements ne doivent pas être synonymes de précarité, au contraire !

tâches, on peut travailler de n’importe où pourvu qu’on soit équipé d’une bonne connexion internet. Mais le travail à domicile, pratiqué régulièrement par 28 % des Suisses, est souvent décevant, car l’isolement se fait vite sentir. Il existe des « tiers-lieux » intermédiaires entre la maison et le bureau. Un lieu où se sent comme chez soi, mais où on peut être productif et développer son réseau  : espaces de coworking, télécentres et fablabs sont accessibles aux indépendants comme aux salariés mobiles. Les nouveaux modes de travail sont une réponse particulièrement adaptée aux challenges du grand Genève, contribuant notamment à alléger le trafic routier et à revitaliser les territoires. Par exemple, un habitant de Bonneville,

salarié d’une entreprise installée à Genève, télétravaillant 2 jours par semaine, éviterait environ 5 264 km de déplacements correspondant à 105 heures de temps gagné (13 journées de travail) et 1,44 tonnes de CO2. Ce télétravailleur économiserait alors 2 316 € (2 821 CHF). Travailler autrement, c’est donc possible. On s’y met ?

À propos d’auteur Marion Majou est la Fondatrice d’Entrelac, un espace de coworking situé à Annemasse (Haute-Savoie). Etude Deloitte, « L’espace de travail du futur : Comment la technologie numérique et l’économie du partage sont en train de changer la population active suisse » Étude Maison Bleu/Le Figaro (Famille et entreprise 2016) Etude Deloitte, idem http://www.teletravail-geneve.com/


Forum économique

Forum entreprises & développement économique au rythme de l’agglo Focus Innovation & LTP Le 2 novembre 2016, Grand Genève Magazine a organisé la 1ere édition de son Forum dédié aux entreprises de l’agglomération du Grand Genève, au Ramada Encore Genève. Cette première édition a été principalement consacrée aux LTP (les lieux de travail partagés) et à l’Innovation, avec les compagnies Sofies, Ocalia et Entrelac, et en partenariat avec, la Maison de l’Économie Développement et le Groupe Eurex. Monsieur le Conseiller d’État Pierre Maudet a tenu une allocution devant un parterre de

décideurs politiques et d’acteurs économiques de la région. Au sujet de ce forum, Hilda Lindenmeyer, rédactrice en chef de Grand Genève Magazine a expliqué  : «  Il me semble en effet judicieux que la volonté politique s’engage à donner une dimension économique forte à la région franco-valdo-genevoise, soit une réelle ambition. Et notre responsabilité en tant que média, j’ai la faiblesse de le croire, est d’informer, d’encourager le dialogue et de participer au débat démocratique de la manière la plus neutre possible. »

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Il me semble en effet, judicieux que la volonté politique — s’engage à donner une dimension économique forte à la région franco-valdogenevoise — soit une réelle ambition. Et notre responsabilité en tant que média, j’ai la faiblesse de le croire, est d’informer, d’encourager le dialogue et de participer au débat démocratique de la manière la plus neutre possible. »

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La journée a débuté par une intervention thématique de la part de Monsieur Noël Mercier, Directeur Adjoint de la Direction Entreprise et Territoire de la MED (la Maison de l’Économie) sur les opportunités économiques liées à la frontière.

Monsieur David Guffroy du Groupe EUREX a ensuite pris le relais afin de développer le thème de la bi-localisation.

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EUREX est un groupe indépendant d’experts-comptables, de commissaires aux comptes et de conseils en matière comptable, fiscale, sociale, juridique, patrimoniale et stratégique.

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Puis, Monsieur le Conseiller d’État Pierre Maudet a tenu une allocution abordant les thèmes de la collaboration transfrontalière, de l’innovation et du coworking. Il a évoqué sa vision ainsi : « créer le premier réseau maillé de lieux de travail partagés au monde, notre territoire confirmerait son audace et son sens de l’innovation » Il a aussi débattu de la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) qui constitue un enjeu économique majeur pour l’attractivité du Grand Genève.

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Car si Genève réussit cette réforme, c’est l’ensemble de l’agglomération qui en profitera à travers le maintien des nombreuses multinationales qui font la prospérité de notre cité et de notre région. Au final, ce sont même de nouvelles entreprises que nous pourrons attirer ou créer, et dont l’accueil ne pourra qu’être facilité via les nouvelles conditions cadres ainsi offertes. »


La deuxième partie a débuté avec M. Enrico Bolzani, Attaché aux questions régionales et transfrontalières, qui a présenté le programme de coopération territoriale européenne INTERREG France-Suisse ainsi que l’intérêt pour le Grand Genève des lieux de travail partagés en maillages

Enfin, Mme Marion Majou, fondatrice d’Entrelac, nous a exposé un cas concret en illustration.

L’exposition photo d’Olivier Carrard et Natacha de Santignac, ainsi que les créations du jeune horloger genevois David De Oliveira nous ont accompagnés lors du cocktail de clôture.

M. Luc Jaquet de la Sofies, porteur du projet côté suisse et M. Franck Burdeyron d’Ocalia, porteur du projet côté français, nous ont présenté ce projet innovant.

Concours Le tirage au sort a eu lieu et c’est Mme Inès Borel (Habitat Suisse) qui gagne un atelier « Le Bonheur est Dans Ma Boite » pour son équipe.

Sophie Barbulesc et Marion Majou Le Bonheur est dans ma Boîte un projet développé avec bonheur par Interactions et Entrelac France : +33 (0)6 77 39 65 32//+33 (0)6 15 98 06 56 Suisse : +41 (0)78 925 58 58 Email : contact@bonheurdansmaboite.com

www.bonheurdansmaboite.com

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M. Christophe Dunand, cofondateur et membre du comité d’Après Chambre de l’ESS, et Chargé de cours à la Haute École de Gestion. a conclu ce forum en interpellant les invités sur la contribution des entreprises de l’économie sociale et solidaire aux innovations pour la transition vers une économie durable.

Ces ateliers permettent aux équipes de se constituer une boite à outils dans l’objectif de gagner en épanouissement à la maison comme au bureau.

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Politique | Grand Genève

Première rencontre entre Wauqiez et Lonchamp

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’hôtel Métropole à Genève a reçu le 10 novembre dernier Laurent Wauquiez, Président de la Région Auvergne – Rhône-Alpes. Il était accompagné d’Étienne Blanc, Premier Viceprésident délégué aux finances, à l’administration générale, aux économies budgétaires et aux politiques transfrontalières, de Martial Saddier, Vice-président délégué aux entreprises, à l’emploi, à l’économie de proximité, au commerce, à l’artisanat et aux professions libérales, et

de Mme Stéphanie Pernod-Beaudon, Vice-présidente déléguée à la formation professionnelle et à l’apprentissage. Le thème central exposé par Laurent Wauquiez était le travail commun entre les acteurs de la région Auvergne – Rhône-Alpes et de Suisse Romande pour parvenir à développer une puissance d’innovation et de compétitivité reconnue au niveau européen, voire international. L’union des forces en présence est mise en avant

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François Longchamp : « Nous sommes convaincus que l’avenir de l’Europe se construit autour de pôles métropolitains. Dans ce contexte, nous avons un fort potentiel que nous voulons souligner. » Laurent Wauquiez : « Ensemble nous sommes imbattables !».


Nadia Ourrad

par

Auteur

du fait de ses avantages au plan socio-économique et technologique. Laurent Wauquiez a exprimé sa volonté de mettre une priorité sur les relations franco-suisses. Dans cette perspective, des discussions ont déjà eu lieu avec M. François Longchamp, membre du Conseil d’État à Genève, concernant les projets franco-suisses. L’objectif est d’encourager un territoire géopolitique commun afin d’accéder à des stratégies européennes. Les relations franco-suisses portent actuellement sur la stratégie permettant de renforcer la position de ces deux alliés au plan européen et mondial. Le renforcement de la compétitivité franco-suisse dépend ainsi de la réalisation de projets communs. Laurent Wauquiez insiste ainsi sur les nombreux avantages à unir nos forces et nos compétences. Il met en avant les synergies fortes émanant de la collaboration entre les acteurs francosuisses.

Les projets pour la mobilité étudiante comportent, entre autres, des réflexions sur la création d’un fonds destiné à favoriser la mobilité des étudiants et la création d’une filière spécifique pour les apprentis frontaliers. Ainsi l’un des enjeux majeurs est de réussir à regrouper les forces et compétences de la région Auvergne – RhôneAlpes et de la Suisse Romande pour permettre à la région d’être compétitive au niveau européen et mondial. Cette collaboration permettra notamment d’améliorer la qualité des brevets, de développer les innovations et de promouvoir la formation. La création des fonds Interreg – programme de coopération territoriale européenne – permet d’ores et déjà de favoriser les projets francosuisses et d’augmenter leur visibilité au niveau européen.

Trois domaines — cibles sont mis en avant dans ce projet d’agglomération : la bio-santé et le développement des biotechnologies, l’aéronautique et le numérique. Ces trois axes de réflexion font l’objet de travaux préalables avec la consultation des acteurs locaux. Cette phase d’étude est prévue sur une période de trois mois dès la signature du projet. À l’issue de cette phase de consultation, un projet parmi ces trois axes potentiels sera choisi pour sa mise en œuvre opérationnelle. Le but est de concentrer les efforts communs dans un seul domaine de sorte de maximiser les chances de succès. Un autre sujet abordé par Laurent Wauquiez est celui des formations et de la mobilité des étudiants. Dans le domaine de la santé, une discussion est en cours avec l’Institut de Formation des Soins Infirmiers d’Annemasse, sujet sur lequel il semble y avoir de nombreuses avancées.

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Le projet d’agglomération franco-valdo-genevois devrait être signé le 18 novembre prochain du côté français et le 8 décembre prochain du côté suisse. Ce projet vise à promouvoir l’ensemble des projets transfrontaliers, incluant le transport transfrontalier, l’aménagement des transports publics, ainsi que la mobilité douce. Sont inclus les travaux en cours pour la construction du CEVA, ainsi que le projet de la traversée du lac qui sont des sujets d’actualité prégnants pour la région.

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Politique | Grand Genève

Projet d’agglomération de 3e génération Jeudi 8 décembre 2016, près de 200 personnes étaient réunies pour la signature du Projet de territoire Grand Genève 2016-2030, Projet d’agglomération de 3e génération, au Globe de la science et de l’innovation du CERN, équipement transfrontalier par essence. L’ensemble des partenaires français, genevois et vaudois ont renforcé leur coopération. Dans le prolongement de la Charte de 2012 et des travaux réalisés depuis 10 ans, ils se sont engagés sur les documents qui vont contribuer à dessiner, dans les prochaines années, le visage du bassin de vie transfrontalier. Ils permettront également de proposer à la Confédération suisse, un plan d’investissements en faveur de la mobilité de 623,4 millions CHF pour la période  2019-2022 (tranche A du Projet d’agglomération de 3e génération).

00 Un pas supplémentaire dans la coopération transfrontalière

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près les Projets d’agglomération de 2007 et 2012, les partenaires du Grand Genève ont signé le Projet de territoire Grand Genève 2016 – 2030 qui porte une vision politique et une série de projets pour l’Agglomération franco-valdo-genevoise, notamment dans les domaines aussi essentiels que la mobilité, l’aménagement du territoire et l’environnement. Plusieurs engagements forts ont été pris, inscrits dans la Charte d’engagement, dont les extraits suivants : « Nous voulons passer d’une logique financière à une vision politique commune [...] ce qui se traduit par la construction d’un partenariat politique durable. Nous voulons faire du Grand Genève un projet collectif, partagé, porté par les citoyens et les forces vives du territoire. Nous voulons inscrire le Grand Genève dans une dynamique vertueuse. Nous voulons travailler à la réalisation concrète et effective des projets. Nous voulons préciser et renforcer la gouvernance du Grand Genève ».

00 Un Projet qui a fait l’objet d’une intense concertation Dans le cadre de l’élaboration du Projet de territoire, une large concertation a été menée, s’appuyant sur le schéma de gouvernance du Grand Genève. Elle s’est structurée autour de 3 étapes clé.

1. L’implication de tous les élus du Grand Genève Une large organisation a été mise en place pour solliciter l’avis des élus du territoire, de l’échelle communale jusqu’à l’échelle globale du GLCT Grand Genève. Au sein de l’ARC Syndicat mixte, une Conférence des exécutifs, réunissant des élus de toutes les collectivités membres, a été spécialement créée pour contribuer à l’élaboration du Projet de territoire Grand Genève 20162030. Cette Conférence s’est réunie à 4 reprises au cours de l’année 2016. Des réunions spécifiques ont été organisées au sein de plusieurs intercommunalités membres. Au-delà, les Conseils départementaux de l’Ain et de la Haute-Savoie, ainsi que le Conseil régional AuvergneRhône-Alpes, ont mis en place des groupes de travail politiques dédiés et ont organisé plusieurs séances d’information et de débats au sein de leurs structures respectives. Le Conseil régional du District de Nyon, association de droit public, a été régulièrement consulté sur l’élaboration du Projet de territoire Grand Genève 20162030, en pleine période électorale. Son Président, Monsieur Gérald Cretegny s’est également fortement investi auprès du Forum d’agglomération. Les services techniques du Canton de Vaud, sous la coordination du Service du développement territorial, ont également participé activement à l’élaboration du projet.


3. L’association de la société civile, le Forum d’agglomération organe de concertation Le but du Forum d’agglomération est d’associer plus étroitement la société civile transfrontalière au devenir du territoire. Il est composé de 75 structures francovaldo-genevoises réparties en 3 collèges (Économie ; Social et Culture ; Environnement). Sur saisine du GLCT, le Forum d’agglomération a créé une commission de travail ad hoc sur le projet d’agglomération, active de novembre 2015 à octobre 2016. Cette commission a rendu, le 17 octobre dernier, un rapport comportant 3 volets spécifiques sur la vision d’agglomération, les stratégies sectorielles et les mesures. La commission a réuni 30 membres, représentant 21 structures, dont l’Université de Genève, l’Union des associations patronales genevoises, la FRAPNA, Pro-Vélo, la FMB, le Comité économique et social transfrontalier (CEST), Asters, etc. La Commission s’est réunie 14 fois dans l’année 2016 pour échanger, débattre, consulter et rédiger. Afin de rendre leur avis, ses membres ont eu accès à tous les documents transmis au Bureau du GLCT. L’équipe Grand Genève et le mandataire sont intervenus à plusieurs reprises, afin de répondre aux interrogations ou apporter des compléments. Des représentants du Forum d’agglomération ont participé également aux séances des Comités de pilotage de chaque PACA. Pour répondre à l’objectif d’associer pleinement la société civile transfrontalière à la démarche, afin d’en faire une force de contribution, de proposition et de réorientation, la concertation a été organisée durant la phase d’élaboration du projet et non une fois celuici quasi finalisé. Le Forum d’agglomération du Grand Genève s’est ainsi affirmé comme un acteur clé de la démarche.

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Pour le Canton de Genève, le projet est largement porté par l’administration cantonale à plusieurs niveaux. D’une part, la Délégation du Conseil d’État aux transports et à l’aménagement (DETA) se réunit mensuellement et assure le portage politique du projet et effectue les principaux arbitrages. D’autre part au niveau technique, on trouve un certain nombre de lieux de débat et de construction du projet pour en assurer la transversalité, notamment la Plateforme interdépartementale (PFI), la Plateforme interdépartementale d’aménagement du territoire (PLATE), la commission consultative cantonale pour l’aménagement du territoire (CAT), comprenant des représentants des partis, des communes et de la société civile 2.Les Périmètres d’aménagement coordonné d’agglomération (PACA). Pour l’élaboration du Projet de Territoire Grand Genève 2016-2030, chacun des 7 Copils PACA (comprenant des élus communaux et intercommunaux français et suisses) a été réuni à deux reprises : au mois de janvier 2016 pour débattre de l’état des lieux et de la vision d’ensemble, puis au mois de juin 2016 pour que chacun puisse s’engager dans une mise en œuvre réaliste du projet de territoire, à travers les mesures. Les Périmètres d’aménagement coordonné d’agglomération (PACA) constituent une échelle de mise en œuvre du Projet d’agglomération. Ils assurent l’interface entre l’échelle stratégique du Grand Genève et l’échelle opérationnelle de mise en œuvre des projets d’aménagements, liés à l’urbanisation, la mobilité, l’environnement et les paysages. Ils ont permis la conduite d’études nécessaires pour comprendre les mécanismes territoriaux sur chacun des champs exprimés plus haut, pour définir et mettre en œuvre des projets structurants.

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Point de vue Michel Charrat

par

Président du Groupement transfrontalier européen

Non aux fermetures des douanes… Non aux fermetures des douanes

Le Conseiller d’État, Luc Barthassat envisage toujours de fermer quatre douanes : Soral 2, Sezegnin, Certoux et Chancy, le matin, jusqu’à 8 h 30 au lieu de 6 h, à titre expérimental. Cette décision unilatérale a été prise sur la base d’une pétition de ces communes adressée au Conseil d’État Genevois datant d’octobre…  2004 !

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Ces tests, qui pourraient aussi être étendus sur d’autres postes frontières, obligeront les travailleurs frontaliers à se rabattre vers la douane de Bardonnex. Cette décision entrainera alors une augmentation encore plus importante de la circulation sur un poste douanier déjà saturé par 56’000 véhicules/jour.

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Il s’agit d’une réponse simpliste et caricaturale qui vise à pénaliser, une fois de plus, les transfrontaliers tant Suisses que Français. Après le péage pour entrer dans Genève, le refus des parkings sur France, l’augmentation des tarifs des transports en commun en zone frontalière, trop c’est trop ! Ultime provocation préélectorale dont nous avons désormais coutume ! Mais sans doute une provocation de trop, car les pendulaires n’en peuvent plus. La multiplication des travaux un peu partout, la limitation de l’accès dans certaines douanes... tout cela entraîne des bouchons de plus en plus nombreux qui deviennent insupportables. Une situation particulièrement sensible

en région lémanique, mais que l’on retrouve tout au long de la frontière. La problématique des transports est sans aucun doute le point le plus sensible de notre région transfrontalière. La traiter d’une façon aussi cavalière, c’est faire preuve d’un manque total de respect et d’un mépris pour tous les transfrontaliers, français et suisses qui, chaque jour perdent des heures dans les transports pour que l’économie genevoise continue à prospérer. Bien évidemment, le Groupement, appuyé fortement par tous les élus français, a réagi. Il est intervenu par voie de presse, sur les réseaux sociaux ou lors des réunions sur les transports. Comme à son habitude, ce Conseiller d’État a reculé, mais sans annoncer un abandon de sa proposition. Le Groupement transfrontalier européen a alors lancé


une pétition qui a connu un vif succès. En quelques jours, 7 500 signatures ont été atteintes. 7 500 c’est le nombre minimum de signatures pour pouvoir poser une initiative populaire à Genève ! Tous les spécialistes de droit helvète le diront, cette initiative, venant de l’étranger, n’a aucune chance d’aboutir, Le Groupement transfrontalier européen souhaite surtout marquer les esprits. Le plus surprenant avec cette pétition, ce sont les centaines de commentaires reçus. On constate un ras-le-bol qui n’affecte pas seulement les frontaliers, mais aussi de nombreux Suisses devant cette politique de clivage des populations. Hélas, les médias donnent souvent la parole aux plus réactionnaires sans relayer l’avis de la plus grande masse des citoyens.


Mobilité

La Mobilité, le grand défi du Genevois français. Quelles solutions transport sur le Genevois français ? Comment diminuer les bouchons ? Avec plus de 450’000 déplacements hebdomadaires supplémentaires d’ici 2030, sur un total de 1,5 million aujourd’hui, trouver des réponses aux problématiques de transport devient urgent. Mardi 13 décembre, ce sont plus de 120 acteurs de la mobilité du Genevois français, (institutionnels, opérateurs, experts, usagers) qui se sont réunis au Centre de Convention d’Archamps pour les 1res Rencontres de la Mobilité de l’ARC. itué au sein de l’agglomération transfrontalière du Grand Genève d’un million d’habitants, le Genevois français (400 000 habitants) connaît un rythme de croissance démographique parmi les plus dynamiques

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Stéphane VALLI, Vice-président de l’ARC en charge de la mobilité

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Luc BARTHASSAT, Conseiller d’État chargé du département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA)

d’Europe : il accueille plus de 10 000 habitants supplémentaires par an induisant une explosion de la mobilité (+ 15 voitures nouvelles en circulation chaque jour) avec un phénomène de congestion qui s’accentue et qui met sous pression le territoire (difficultés d’accès aux emplois et équipements, contraintes environnementales, fort développement urbain, etc.). Pour répondre aux défis du territoire et offrir une meilleure mobilité dans le Genevois français et dans le Grand Genève, l’ARC Syndicat mixte (futur Pôle métropolitain du Genevois français) se saisit concrètement du sujet : — par le lancement d’un schéma de mobilité orienté vers l’action collective, — par le lancement de solutions innovantes en matière de mobilités, — par la représentation des intérêts de ses membres dans les discussions transfrontalières. L’ARC a choisi d’initier un cycle de rencontres de la Mobilité qui doivent permettre de préparer la profonde évolution des transports sur le territoire à l’horizon 2019 (Léman Express, trams, bus à haut niveau de service [BHNS], etc.), réunissant les acteurs concernés (institutionnels, opérateurs, experts, usagers) autour des enjeux et des solutions transport à développer dès à présent.


Moins d’une semaine après la signature du Projet de Territoire 2016-2030 du Grand Genève qui permet notamment de se porter candidat auprès de la Confédération Suisse sur 14 projets de mobilité situés sur le territoire français au titre du Projet d’agglomération de 3e génération (2019-2022), cette rencontre a permis de mettre en avant des exemples et des actions concrètes (actions mobilités à l’échelle métropolitaine et à l’échelle des membres de l’ARC) mobilisables à court terme. Elle a aussi permis de partager les enjeux et les orientations en matière d’organisation des transports à l’échelle du Genevois français. Cette rencontre s’est déroulée en présence de MM. Jean

NEURY et Stéphane VALLI, Vice-présidents en charge de la mobilité à l’ARC, et de M. Luc BARTHASSAT, Conseiller d’État du canton chargé du Département de l’Environnement, des transports et de l’agriculture. Tous ont souligné l’intérêt de travailler conjointement à l’échelle transfrontalière pour résoudre les problèmes de mobilité et développer des actions concrètes répondant aux besoins des usagers (développement des lignes de bus, voies réservées pour le covoiturage, autopartage, etc.).

La mobilité dans le Genevois français en quelques chiffres En 2016 — Les transports correspondent au 2e budget des ménages (soit 14 %), avant l’alimentation — Des flux domicile-travail équilibrés entre le Genevois français et la Suisse >50% des flux domicilie-travail sont internes au Genevois français >42% des flux se font vers la Suisse >8% vers d’autres territoires (Annecy, Évian, Cluses, etc.) — Toujours plus de voiture >15 nouvelles voitures sont mises en circulation chaque jour dans le Genevois français >1.05 : c’est le taux d’occupation des véhicules sur le Genevois français en domicile-travail >un covoitureur économise en moyenne 2250€/an — Une faible utilisation des transports en commun, mais en augmentation chaque année >Une offre en transport en commun inférieure de 20% par rapport à des territoires comparables >6% de part d’utilisation des transports en commun sur l’ensemble des déplacements >une augmentation de sa fréquentation de 30% ces 5 dernières années — Un potentiel pour la mobilité douce >50% des déplacements quotidiens font moins de 3km. À l’horizon 2020 — +  106 000 déplacements supplémentaires en voiture par jour (soit + 10 % par rapport à 2016), du seul fait du dynamisme démographique du territoire (Annemasse, St Genis, St Julien), deux Bus à Haut Niveau de Service (Chablais et Pays de Gex), 2x2 voies du Chablais, accès facilités aux entrées de ville, voies cyclables, etc. -3 600 places nouvelles en parking relais (soit 25 nouveaux P+R) -8 gares françaises seront à moins de 40 minutes de Genève-Cornavin (contre une seule aujourd’hui : Bellegarde) : Annemasse, Bellegarde, Saint-Julien-en-Genevois, Valleiry, Reignier, La Roche-sur-Foron, Machilly, Bons.

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— Près d’un milliard d’investissements dans les transports : Léman Express, 3 tramways

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Entreprise |Interview Patrice Bievre

Par

Chef de rubrique « Entreprise »

Interview Thomas Sussli

de

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Interview de Thomas Sussli, responsable pédagogique de la filière banque au sein de l’IFAGE une fondation genevoise spécialisée dans la formation des adultes..

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Q Depuis la fin du secret bancaire, on entend fréquemment dire que la banque en Suisse n’est plus un secteur d’avenir. Êtes-vous de cet avis ? R Non, il y a encore un avenir pour la banque en Suisse. C’est vrai certains aspects du secret bancaire n’existent plus, notamment celui vis-à-vis des autorités fiscales étrangères, mais le secret professionnel du banquier est toujours présent ce qui assure la continuité de la confidentialité entre le client et son banquier. Il faut également rappeler que les conditions cadres qui ont fait de la Suisse une place financière forte sont toujours présentes : notre stabilité économique et politique, le multilinguisme et notre savoir-faire en matière de finance. Pour ce dernier point, notre institut veille via la formation des nouvelles générations à la pérennité de cet atout. Malgré la crise et les changements que les banques suisses vivent actuellement, elles ont également créé des nouveaux métiers comme celui de fiscaliste opérationnel. Les changements rapides du contexte international de la finance et les nouvelles possibilités qu’offrent le numérique sont des opportunités d’évolution très fortes pour les métiers de la banque. Cela n’affecte en aucune mesure les besoins de formation continue, bien au contraire

Q Depuis 3 années vous êtes en charge de l’élaboration des formations bancaires au sein de l’IFAGE. Quelles sont les différents types de formations que vous dispensez au sein de ce département ? R La filière banque de l’Ifage dispense principalement deux formations. La première, la formation pour assistants de gestion (diplôme IFAGE), s’adresse à deux types de public. Les collaborateurs bancaires en quête de perfectionnement et les personnes désireuses d’accéder au secteur de la gestion du patrimoine et à d’autres métiers de la banque. La deuxième, la formation pour analyste de crédit (certificat IFAGE) permet à un public issu de la banque ou d’ailleurs d’acquérir toutes les connaissances nécessaires pour devenir Analyste de Crédit Junior. Au terme de cette formation, les étudiants pourront aisément identifier et analyser les différents produits de crédit, et maîtriser les outils de financements du crédit. Certains modules de ces deux formations par exemple le nouveau fonctionnement de la Banque, l’introduction aux marchés et produits financiers ou les crédits hypothécaires, etc. sont également proposés à la carte. Dans ces deux formations, les cours sont animés par des professionnels faisant autorité dans leur domaine. Parmi eux on trouve des responsables de départements


Q Certains salariés désireux d’optimiser leur employabilité ne peuvent le faire par eux-mêmes, faute d’argent et de temps. Pensez-vous que la Suisse devrait adopter un dispositif similaire au congé individuel de formation français ? R Je ne connais pas assez bien le fonctionnement du congé individuel de formation français. On constate parfois des différences entre les salariés en matière d’accès à la formation continue, notamment en fonction de la d’investissement, des gestionnaires de portefeuille, des situation de résidence de la personne. Certains cantons spécialistes de la compliance, un gestionnaire de crédits comme celui de Genève proposent des aides finanet un avocat fiscaliste. cières comme le Chèque annuel de formation (CAF) pour les contribuables résidents, les frontaliers suisses Q La plupart des diplômes délivrés par des officines privées ne sont pas reconnus “..., il y a encore un avenir pour la et étrangers et d’autres non. À cela s’ajoutent les mesures du en Suisse. Qu’en est-il pour banque en Suisse. C’est vrai certains marché du travail qui finanl’IFAGE ? R La renommée de notre insti- aspects du secret bancaire n’existent cent des formations réservées tut qui, je précise est le plus plus, notamment celui vis-à-vis des uniquement aux demandeurs grand institut de la formation autorités fiscales étrangères, mais le d’emploi désireux d’optimiser leur employabilité. La formapour adulte de la région Lésecret professionnel du banquier est tion étant devenue un enjeu manique, fait que la plupart des employeurs de la région toujours présent ce qui assure la conti- de compétitivité économique, nous connaissent et nous nuité de la confidentialité entre le client il est à espérer que des dispositifs comme le chèque annuel font confiance. Je rappelle et son banquier. » de formation ou le temptrainégalement que le contenu du ing soient étendus à l’ensemble diplôme d’assistant de gesdes salariés. Dans un environnement en constante évotion que nous délivrons est validé par Genève Place Filution, les banques ont besoin d’un partenaire comme nancière, l’organe faîtier de la place financière. De plus nous, susceptible de les aider à détecter les talents disdepuis 2012 l’Ifage est certifiée Eduqua pour la qualité ponibles parmi leurs collaborateurs ou sur le marché. Il y de ses prestations. Chaque année notre institut forme va de leur survie. 10 000 étudiants dans le cadre de cours dispensés dans nos locaux, en entreprise ou en e-learning. Nous som-

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mes signataires d’une Convention de prestations avec le Département de l’instruction publique, de Genève qui nous délègue une partie de sa mission d’utilité publique, afin de mettre à la disposition de la population un ensemble de prestations dont la qualité est certifiée conformément aux prescriptions de la Confédération et du Canton en la matière, en assurant la maîtrise des coûts et une utilisation optimale des ressources. Parallèlement à cela nous avons une charte avec l’emploi et des affaires extérieures où nous nous engageons à investir dans la formation des travailleurs, à favoriser l’insertion des demandeurs d’emploi et à utiliser les aides à l’engagement.

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Entreprise |Portrait Patrice Bievre

Par

Chef de rubrique « Entreprise »

Céline Corrado,

Une jeune directrice d’agence bancaire qui œuvre tous les jours pour la construction du Grand Genève.

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À tout juste trente ans, cette jeune femme agréable est, depuis un peu plus d’un an et demi, la directrice de l’unique agence de la banque du Léman. Cette institution financière genevoise filiale à 100 % de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, un groupe bancaire français issu du secteur mutualiste.

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éline Corrado a débuté dans le secteur bancaire, il y a plus de neuf ans, après des études de droit à l’université de Genève et une découverte du monde de la gestion des affaires communales. En effet de 2007 à 2011, elle a été conseillère municipale au sein de la municipalité de Chêne-Bourg. Dans le cadre de ses différents mandats électoraux, elle a eu l’occasion de participer à diverses commissions comme celle de la jeunesse et des sports, de la culture, et de la sécuri-

té. En s’intéressant très tôt aux questions relatives à la politique de la ville, elle a acquis une solide expérience en matière de gestion financière et de projets. Autant de compétences qui allaient lui être fort utiles lors de l’apprentissage de son futur métier de conseillère de clientèle privée au sein de la banque UBS. Pendant ces huit années à l’UBS, Céline Corrado a également suivi les cours du Center For Young Professionnals in Banking, ce centre de formation continue dédié aux métiers


département bancassurance de la banque, ils peuvent assurer des valeurs, souscrire une assurance santé ou responsabilité civile. N’oublions pas que la banque du Léman en dépit de ses spécificités se veut avant tout une institution financière suisse. Dans son approche commerciale, elle cible également la clientèle résidente suisse. Les citoyens suisses faisant appel à la banque du Léman se voient proposer une offre de crédits hypothécaires des plus intéressantes. Ils peuvent s’ils le souhaitent faire appel à cette banque aussi bien pour financer leur résidence principale en Suisse, mais aussi leur résidence secondaire en France. À cela s’ajoute la possibilité pour eux de réaliser des investissements locatifs en France voisine. Avec son approche du service client très pragmatique, la banque du Léman connaît un succès incontestable. La preuve en est depuis son ouverture, plus de 4’000 clients lui ont déjà fait confiance. Le succès de son offre de service est tel, que la Banque du Léman, en vue d’offrir à ses clients une gamme de services plus complète, a même créée en 2016 un département entreprise. Bientôt une nouvelle agence ouvrira ses portes à Lausanne.

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de la banque, créé en 2003 par l’association suisse des banquiers. Au cours de son parcours, outre la découverte des produits bancaires de base comme la prévoyance, les placements, les hypothèques et les moyens de paiement, Céline Corrado a pu également développer son savoirfaire en matière de prospection commerciale et de suivi clientèle. Dans le cadre des différentes missions qui lui ont été confiées à l’UBS, elle a eu l’occasion de travailler avec une clientèle peu prisée par les banques suisses à savoir celles des frontaliers. Aujourd’hui Céline Corrado s’est vue confier une nouvelle responsabilité à savoir le management d’une équipe de collaborateurs. En vue d’appréhender sereinement cette nouvelle orientation potentielle de sa carrière, elle avait préparé en parallèle de ses activités professionnelles à la banque UBS, un Bachelor en économie et management à l’université de Genève. C’est ainsi que depuis plus d’un an avec l’aide d’une équipe de collaborateurs elle développe une offre de services spécifiques destinée à rendre plus agréable, le quotidien des frontaliers suisses et français, qui chaque matin quittent la France pour venir travailler à Genève. À la banque du Léman les frontaliers peuvent rapatrier leur salaire vers la France en bénéficiant de taux de change préférentiels garantis sur une année. Ils peuvent désormais financer l’achat d’un logement sur l’ensemble du territoire français. Grâce au

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Entreprise |Reportage Patrice Bievre

Par

Chef de rubrique « Entreprise »

Reportage La Manufacture Roger Dubuis

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’horloger genevois Roger Dubuis a vu le jour il y a 21 ans en 1995, suite à la rencontre entre deux hommes, le maître horloger Roger Dubuis et l’entrepreneur-designer Carlos Dias. Dès le lancement de ses premières collections de garde-temps, Hommage et Sympathie, la maison Roger Dubuis s’est très vite distinguée par sa recherche de l’excellence et son haut niveau d’exigence en matière de qualité. En effet, ses créations se distinguaient par un design audacieux pour l’époque avec des boîtiers légèrement excentriques et un contenu horloger extrêmement puissant, le tout estampillé par le poinçon de Genève. Le poinçon de Genève est une certification créée il y a 125 ans par la profession horlogère genevoise. C’est à la fois une garantie d’origine, puisqu’il n’est accordé qu’aux maisons ayant leur siège social et leur manufacture à Genève, et une garantie d’exclusivité, car sur les 20 millions de garde-temps fabriqués en Suisse chaque année, seuls 24 000 sont estampillés Poinçon de Genève. Cette certification est aussi synonyme de perfection, de performance et de durabilité. Ce poinçon est apposé uniquement sur les montres faisant l’objet d’une

finition manuelle. Chez Roger Dubuis ce dernier critère implique 40 % de temps supplémentaires pour chaque montre. Autre contrainte liée à cette certification, ses membres se doivent de contribuer à la préservation des métiers inhérents au secteur de l’horlogerie. C’est pour mener à bien cette mission que la maison Dubuis participe activement à Meyrin au campus de formation dédié à la haute horlogerie. Dès l’ouverture de la maison Roger Dubuis, ses fondateurs ont décidé de produire eux-mêmes l’ensemble des composants entrant dans la fabrication de leurs garde-temps. Cette politique a nécessité des investissements en hommes et en matériel important. Aujourd’hui, 98 % de ses composants


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sont fabriqués sur des machines réalisées sur mesure pour la maison Roger Dubuis. Pour développer ses pièces horlogères hautement sophistiquées, la société emploie plus de 300 personnes, parmi lesquelles on compte une centaine d’horlogers. Roger Dubuis se veut être une marque de niche et se doit d’attirer subtilement le regard des amateurs éclairés. C’est pour cela qu’Alvaro Maggini le directeur artistique de la marque a créé autour d’elle un univers imaginaire et mystérieux propice au voyage. C’est grâce à cette mise en scène que la marque arrive à communiquer sur sa quête permanente d’innovation en matière d’esthétique et de précision. Preuve indéniable du succès de cette stratégie, au dernier Salon International de la Haute Horlogerie à Genève, le stand de la maison Roger Dubuis a vu son

nombre de visiteurs augmenter. Autre conséquence de cette stratégie originale de communication depuis 2011, malgré sa discrétion, la marque a bénéficié d’une forte couverture médiatique. Aujourd’hui en dehors de Genève, la marque Roger Dubuis est distribuée dans vingt-deux boutiques dans le monde installées pour certaines d’entre elles, en Russie à Hong Kong, à Macao, etc. Ce succès, Jean-Marc Pontroué, son CEO, l’explique par, l’engouement pour le luxe émanant des pays émergents et la capacité de la maison Dubuis à renouveler ses produits et sa communication. Depuis 2016 la maison Roger Dubuis appartient au groupe Richemont, ce qui sans contexte lui ouvrira d’autres horizons.


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Entreprise |Evénment

Anniversaire : La communauté RH se réunit pour le 10e Salon RH à Palexpo

Les 5 et 6 octobre Palexpo ont été une fois de plus placés sous le signe de la gestion des RH : 2’730 visiteurs professionnels se sont rendus à Palexpo, Genève, pour l’anniversaire du salon et se sont informés des différentes solutions RH auprès de plus de 150 exposants présents sur le salon et ont approfondi leurs connaissances grâce aux plus de 130 présentations des forums et des ateliers. n 2007 avait lieu le premier Salon RH à Genève qui est devenu depuis un événement incontournable du secteur dans la région et au-delà. Depuis, cet événement propose chaque année une orientation renouvelée et des idées fraîches aux responsables RH pour le monde du travail d’aujourd’hui et de demain. La 10e édition a de nouveau prouvé que le Salon RH Suisse est le leader des rencontres RH en Romandie et France voisine conclut le chef de projet, Achim Frerker : « les visiteurs professionnels ont été attirés non seulement par le programme riche et varié des conférences, mais aussi par la large gamme des exposants, qui va du conseil des RH et des prestations de service en personnel à des formations & formations continues en passant par des SIRH et du hardware. »

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Les cinq conférences clés font partie des moments forts du programme des conférences. Par exemple celle de Geneviève Morand (Entrepreneure réflexive, fondatrice et présidente de la Fondation Muse) sur le Coworking. Fidèle, elle avait déjà partagé son expertise lors de la première édition du Salon RH. De plus, nous avons étrenné cette année une formule de visite guidée, cette fois pour présenter les prestataires de la gestion de temps et des actions. Ce fut un si grand succès que nous avons prévu de reconduire l’expérience et d’élargir l’offre pour l’édition de 2017. Quatre nouvelles visites guidées seront mises en place et elles traiteront des thèmes suivants : l’enregistrement du temps, la gestion de la santé en entreprise, le conseil et le recrutement. La planification pour 2017 a déjà commencé Les préparatifs de la prochaine édition, les 4 et 5 octobre 2017 à Palexpo, sont en cours : pour 2017, un « Pool de réflexion », une équipe composée de huit acteurs du secteur RH, a été mis sur pied et épaulera l’équipe du Salon par leurs conseils et expertise pour les contenus et le développement futur de l’événement. Il est composé entre autres de Mieke Rapin, Responsable RH, Département fédéral des finances DFF, Centrale de compensation CdC, Claudia Noth, Directrice Ressources Humaines chez LEM, et Frode Hvaring, Head of HR chez EBU-Eurovision. La première rencontre de ce conseil consultatif a déjà eu lieu.

Pour plus d’information, consultez le site internet du Salon www.salon-rh.ch


Chronique Chronique littéraire littéraire Marc Alpozzo

Par

Écrivain et critique

Entretien avec Dominique Maisons Marc Alpozzo : Bonjour Dominique, tu viens de sortir un nouveau roman, c’est un roman policier qui se déroule au 19e siècle, dans l’esprit des feuilletons policiers de l’époque, pourquoi ce choix ? Dominique Maisons : Parce que cette époque était passionnante, bouillonnante et pleine de résonances avec celle que nous vivons. Paris était le centre du monde, une ville frontière où se définissait l’avenir du monde, bien plus intéressante que la ville-musée qu’elle est devenue. Plus brutale, plus indisciplinée, plus libre… Un terrain formidable pour un roman policier.

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M. A. : Comment es-tu arrivé à la littérature policière ?

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D. M. : Par la lecture d’abord, ce qu’on lit conditionne toujours un peu ce qu’on écrit. J’aime les intrigues, les romans populaires (de qualité), et le divertissement. M. A. : Où trouves-tu ton inspiration ? D. M. : Difficile à dire… pour employer une image fraiche et printanière, un auteur est une sorte de grand tube digestif, il avale tout ce qui l’entoure, du quotidien banal à ses lectures les plus étonnantes, puis, il malaxe le tout sans le savoir et une sorte de filtre s’opère, des éléments s’imbriquent les uns dans les autres naturellement autour d’un cadre qu’on a préétabli…


M. A. : Comment vis-tu l’écriture de romans aussi noirs ? D. M. : Assez facilement, c’est un jeu, une construction esthétique et narrative. Tout ceci n’est pas réel, nous sommes des héritiers du Grand-guignol, il faut prendre du recul et savoir en sourire. Ce ne sont pas les scènes les plus violentes qui peuvent être dures à écrire, ce sont souvent les plus intimes, les plus simples, les plus justes qui peuvent émouvoir et laisser des traces. On s’attache à ses personnages par leurs failles, leur humanité, pas par leurs faits d’armes les plus saignants…

M. A. : À partir de quoi construis-tu un livre ? D’une simple idée ? D’un fait divers ? D’une trame établie à l’avance ? D. M. : Tout est planifié, mais comme dans le Jazz, il faut toujours laisser une bonne place à l’impro. Il ne faut pas fermer la porte aux idées qui viennent en cours de route, au contraire, il faut préparer une trame assez souple pour pouvoir être manipulée selon les besoins. M. A. : Pourquoi as-tu choisi d’écrire des romans policiers ? Par goût ? Par obligation ? Une fascination pour les perversions de notre société postmoderne ? D. M. : Par plaisir, tout simplement. C’est le genre qui me donne le plus de plaisir comme lecteur, et comme auteur. Maintenant, je n’exclus pas, un jour, de tenter la blanche. J’en lis aussi beaucoup, aucune raison de me l’interdire… M. A. : As-tu un livre en préparation ? De quoi parlera-t-il celui-là ? AD.M. : J’ai plusieurs pistes, la suite d’« On se souvient du nom des assassins » et deux autres. Je m’y mettrai dans quelques semaines. Pour l’instant, il est encore un peu tôt pour en parler.

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M. A. : Ton deuxième opus se déroule dans les milieux libertins et SM, et met en scène un mystérieux Judex qui veut nettoyer les milieux huppés des hautes sphères sociales. Est-ce que tu crois qu’on peut dire que tes livres sont justement une critique sociale de notre époque ? D. M. : Oui et non. Ce sont avant tout des romans de divertissement. Si je m’amuse à y glisser des messages, c’est parce que ces messages s’intègrent bien à mon intrigue et non pas le contraire. La nuance est de taille, je pense que je pourrais passer des messages contraires à ce que je pense (dans certaines limites tout de même), si je trouve que ça aide mon projet qui est et restera un projet ludique.

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Chronique littéraire Marc Alpozzo

Par

Écrivain et critique

Interview

de

Guillaume Chérel

Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

M.A. : Votre dernier roman est un pastiche de la littérature policière, avec en toile de fond, le livre d’Agathie Christie Les dix petits nègres. Pourquoi ce choix ? G.C. : L’idée m’est venue alors que j’étais en résidence d’écrivain au Monastère de Saorge (Alpes-Maritimes), en plaisantant avec le guide italien Francesco, que j’ai intégré comme personnage : je me suis dit que le décor était parfait pour un roman « policé » à énigme. Puis en écrivant, j’ai bifurqué vers le pastiche…

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M.A. : Disons-le, votre roman est un prétexte à dénoncer, ou vous moquez gentiment, des milieux littéraires, et des stars de l’édition d’aujourd’hui. Vous ne semblez pas chercher à régler des comptes, mais à remettre les pendules à l’heure, n’est-ce pas ? G.C. : Exactement, j’ai voulu en rire avant tout, mais en exprimant ce que beaucoup pensent tout bas, notamment les libraires qui font un bon accueil à ce livre, en général, et qui ont assez d’être obligé de placer des daubes dans leurs rayons, au détriment d’auteurs plus confidentiels, mais plus exigeants ou moins « putes télévisuelles », on va dire élégamment… Je ne suis pas aigri ni jaloux, je me suis défoulé en m’amusant, car je connais bien ce milieu puisque j’ai longtemps été journaliste critique littéraire. C’est ce que j’ai voulu écrire avec ce livre... sous ses dehors légers, mais l’époque n’est pas à la subtilité. M.A. : Donc, cette idée vous est venue à Saorge, pouvez-vous nous préciser le contexte ? G.C. : Le cadre s’y prêtait, comme le décor du village de Saorge. J’ai côtoyé des écrivains en résidence et je connais les stars de l’édition française : j’ai donc eu l’idée d’écrire un « pamphliche », comme dit un ami, mélange de pamphlet et de pastiche.

M.A. : Qu’est-ce qui vous a amené à cette résidence d’écrivains à Saorge ? G.C. : L’argent !!! J’ai décroché une bourse (de 5000 euros) pour trois mois de résidence au monastère de Saorge… Je cherchais le calme et la concentration aussi, plus que l’inspiration, comme tout le monde semble le croire. M.A. : Comment écrivez-vous ? Avez-vous des manies d’écriture ? Est-ce que vous précédez vos séances d’écriture de rituels ? Où écrivez-vous généralement ? G.C. : J’écris assis sur mon c… tôt le matin et il faut que mon lit soit fait, le bureau rangé, ma gym faite, le petit déjeuner ingurgité, la douche prise et les factures payées… J’écris chez moi habituellement dans ma chambre-bureau ou à la campagne si je peux, pour me concentrer. Le plus difficile pour un écrivain est de rester concentré sur une longue durée : il faut au minimum un an pour écrire un roman digne de ce nom… À propos, pour la première fois de ma vie d’auteur, j’ai mis moins de trois mois à écrire celui-ci, mais intensivement, de 7 h à 18 h le soir, parfois. J’étais habité par le sujet et je riais tout seul en l’écrivant ; ce qui est très rare. M.A. : Quels conseils donneriez-vous à un jeune écrivain qui souhaite débuter dans l’édition ? G.C. : D’écrire, encore écrire, il n’y a pas de secret, il faut s’asseoir sur son c… et écrire. À moins de pouvoir écrire debout comme Hemingway et Hugo parait-il, tous les écrivains, du plus modeste au plus grand écrit… assis : il travaille quoi. La plupart des gens qui disent qu’ils voudraient écrire, en fait aimeraient « avoir écrit ». Pas écrire… sinon ils écriraient. Écrire c’est une passion, un besoin vital, mais ça finit toujours par être du travail. Il faut être persévérant et ne pas avoir peur des échecs, donc de recommencer, d’insister. Et surtout, il faut lire beaucoup et vivre encore plus.


L

es entreprises et organisations sont confrontées au foisonnement croissant de normes contradictoires qu’elles doivent intégrer dans leur stratégie. Corrélativement, ces divergences normatives péjorent la performance globale de ces mêmes entreprises et organisations en raison des coûts cachés qu’elles génèrent. En prenant appui sur le Grand Genève, caractérisé par la superposition de systèmes normatifs divergents en vertu du caractère par essence transfrontalier de l’organisation, l’auteur analyse dix cas qu’il traite selon l’approche socio-économique et propose une méthode permettant de recycler les coûts cachés en performance supérieure. La thèse ainsi soutenue offre de nouvelles perspectives pionnières par l’observant du Grand Genève sous l’angle du management et non de l’aménagement. Préface de Monsieur François Longchamp, Président du Conseil d’État de la République et canton de Genève et Président du Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT) franco-valdo-genevoise. Construire une agglomération transfrontalière — Méthode pour surmonter les contradictions normatives, Editions EMS Management & Société, Business Science Institute (coll.), 2016, 144 pages

Natacha de Santignac

Photographe, vidéaste naturaliste, Olivier Carrard capte son sujet dans son biotope, dans son habitat, dans sa zone de confort. Avec douceur et tendresse, il prend le temps de l’apprivoiser dans sa singularité. Son travail consiste à mettre en lumière, à mettre en image une histoire de vie, une expérience, des moments partagés. Son objectif : rendre lisible et visible. Pour Olivier, la photographie demeure, avant tout, une rencontre, un partage. De par son histoire de vie et son caractère, il aime laisser du temps au temps pour trouver l’approche la plus juste, ainsi que l’angle approprié pour raconter une histoire, tout en la valorisant. www.ohongsoak.net

Journaliste et photographe, Natacha collabore régulièrement publications de Grand Genève Magazine.

aux

Ses photographies représentent des «  instantanés du monde  » que ses yeux capturent. Des détails de la vie quotidienne qui souvent nous échappent, alors qu’ils donnent à celle-ci une grande beauté, une grande poésie. Natacha affectionne particulièrement les contrates de matières, le choc des couleurs ou encore les variations de formes. Sujet récurrent de ses œuvres, les lignes et les chaises, que vous trouverez déclinées de nombreuses manières dans son travail. Fondamentalement, tout l’étonne ! www.kaleidoscopes.ch

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Olivier Carrard

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Élodie Olson-Coons

Par

Carré d’artistes

Responsable de rubrique « Carré d’artistes »

Larissa Rosanoff La soprano lyrique, star de la Bohème, se dévoile :

Larissa Rosanoff est surchargée. « J’ai la tête qui explose ! » dit-elle gaiment. La semaine suivante, elle doit chanter La Bohème en Italie. Elle répète aussi pour un nouveau spectacle d’après Don Juan à Genève en décembre, et pour Transibirskaia en octobre et novembre. Artiste trilingue, ses racines sont russes, mais Genève c’est son chez-soi. « Je me sens vraiment une artiste genevoise. » Un père physicien au CERN, les études supérieures à l’UNIGE et à la HEM, une carrière fermement posée sur les planches des scènes européennes et celles du grand Genève : le Bâtiment des Forces Motrices, le Victoria Hall, la Grande Salle du conservatoire, le théâtre de la Madeleine, le théâtre de la Cité Bleue, l’Esplanade de Divonne les Bains, l’Arande et bientôt le théâtre des Amis : Larissa Rosanoff se définit fièrement comme un pur produit du Grand Genève. De ses sept ans passés à Moscou à étudier le piano dans la prestigieuse école de musique Prokofiev et à fréquenter l’institut Gnessine, Larissa a gardé avant tout un grand amour pour la musique classique, les bases nécessaires à la poursuite d’études professionnelles en Suisse et les souvenirs d’avoir côtoyé déjà enfant des scènes aussi prestigieuses que le Tchaïkovski Hall ou la Grande Salle du Conservatoire de Moscou. « L’enseignement que j’ai reçu à Moscou entre l’âge de 5 et 12 ans est solidement ancré dans mes veines. C’est cependant la Suisse Romande qui a fait de moi la musicienne professionnelle d’aujourd’hui. Le Conservatoire de Lausanne en parallèle avec mes études à l’Université, puis ma très chère Haute École de Musique de Genève ! » Une double scolarité suisso-russe (entre le Collège Voltaire et l’ONU),

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lui a permis de garder de l’aisance dans la langue de Pouchkine et, entre autres, son rôle dans Transibirskaia. Création commandée par le Cercle Richard Wagner en 2014, le spectacle est l’œuvre d’un baryton, un comédien, une pianiste – et, vous l’avez deviné, une soprano lyrique. Sur scène, Ludmilla Gautheron, Sacha Michon, Vincent Aubert et Larissa Rosanoff célèbrent la culture, la littérature, le tempérament russes : en mettant en valeur un répertoire méconnu, rarement joué dans la région, l’équipe vise à faire découvrir ou redécouvrir toute la beauté de Borodin, Glinka, Moussorgski, Rimsky-Korsakov. Tout en voyageant à travers l’histoire, avec humour et affection. Transibirskaia tourne depuis bientôt deux ans, en parallèle aux engagements dans les différentes maisons d’opéra européennes de Sacha et Larissa et des théâtres pour Vincent. « Ce spectacle a demandé beaucoup de travail  », mais permet aux artistes une liberté exceptionnelle. Larissa Rosanoff me confie trouver « très beau d’être au service de soi-même : ce spectacle est un véritable ballon d’oxygène, 75 minutes de liberté absolue et la joie de se retrouver comme à la maison tous les quatre sur scène, entre nos engagements respectifs à l’opéra ou au théâtre ». « À l’opéra, nous devons nous exprimer dans le cadre posé par la production. Nous sommes en quelque sorte des outils au service du metteur en scène et du chef d’orchestre ; notre marge de liberté est limitée, tout est très structuré et quelque part c’est facile de se laisser conduire par les autres. » Transibirskaia, c’est la liberté limitée seulement par le temps qu’ils ont à lui consacrer. « Le travail de recherche,


« Alors qu’au début de mes

études je rêvais de jouer les méchantes sorcières et les grandes tragédiennes ! Bon, Lady Macbeth et Carmen, ce sera dans une autre vie… «


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de préparation et de répétition de Transsibirskaia a été très long. Mais aujourd’hui c’est un spectacle fini, qui vit sa propre vie, aucun soir n’est pareil à un autre, on s’amuse, on improvise – surtout Vincent (rire). » « Dans une production à l’opéra nous répétons en général un spectacle pendant six semaines, puis on le joue quelques semaines, pendant tout ce temps on vit avec son personnage, il fait partie de nous. Pour être crédible, il faut aimer son personnage, le défendre sur scène, avec ses défauts et ses qualités. » Larissa Rosanoff cherche toujours l’approche personnelle, évite les vidéos YouTube et les enregistrements. « Je regarde toujours mes partitions, je les lis comme un livre pour m’imprégner du texte et de la musique. Je tire mon inspiration de l’art en général : la peinture, le ballet, la sculpture, le cinéma, la littérature, l’histoire et même les dessins animés ! » Elle ne veut copier les autres ni sur le plan musical ni dans son interprétation scénique des personnages. Une approche rare, elle le sait. Avec son physique de jeune fille, elle se retrouve souvent à jouer les princesses… « Alors qu’au début de mes études je rêvais de jouer les méchantes sorcières et les grandes tragédiennes ! Bon, Lady Macbeth et Carmen, ce

sera dans une autre vie… J’ai néanmoins eu l’occasion d’interpréter dans la Cenerentola de Rossini la vilaine belle-sœur. Un rôle de composition fantastique ! » Un rire délicat, gamin lui échappe. « C’était une expérience extraordinaire ! Dans des moments comme ça, c’est évidemment plus difficile de trouver un accès, de comprendre un personnage, mais en travaillant avec le metteur en scène et soi-même on trouve toujours l’approche juste. On prend le temps, on peaufine le personnage au fil des répétitions » Le temps d’une carrière : après des études de chant au conservatoire de Lausanne, puis un Master auprès de la HEM à Genève, elle est maintenant professionnelle à plein temps depuis 2014. Et passionnée. « Tous mes personnages, je les fais entièrement miens. Ma Clorinda ne va pas ressembler à ma Musetta qui va être différente de ma Pamina… Mon rôle préféré, c’est celui que j’interprète en ce moment, celui que je vis sur scène aujourd’hui. Demain, ce sera autre chose. » Le Festin de saint-pierre, du 29 novembre au 30 janvier 2016 Théâtre des Amis, Carouge


NOVEMBRE DÉCEMBRE 2016

ARTWORK BY FRESH-DESIGN.NET

PROGRAMME SUR ALHAMBRA-GENEVE.CH

10 RUE DE LA RÔTISSERIE 1204 GENÈVE


A

À son gré : Portrait de Dorian Rossel Dorian Rossel parle avec beaucoup de passion de ses projets, ses engagements, et sa vision ouverte, interactive et fondamentalement accessible du théâtre.

Super Trop Top est une petite compagnie avec de grosses ambitions, attirée par la scénographie imposante, par l’improvisation et la collaboration, par l’intertextualité et la texture. À géométrie variable selon les projets, elle est composée d’un noyau de base d’une dizaine de personnes qui suivent principalement les activités de la compagnie.

« C’est du

@Stéphanie Argerich

Créateur, metteur en scène, auteur dramatique, écrivain tout court – comment Dorian Rossel se définit-il ? « Il y a un côté chef d’orchestre : on essaie d’insuffler la créativité à tous » – avant tout, dans ses projets, il cherche non des exécuteurs de sa vision, mais des personnes qui réfléchissent avec lui.

vivant, l’art scénique. Du vivant qui se nourrit ailleurs. «


Dans leurs engagements artistiques, sous la direction de M. Rossel, « chacun est responsable de quelque chose – de la lumière, de la musique, du jeu d’un personnage –, mais en même temps tout le monde regarde le travail des autres. Nous sommes les premiers spectateurs les uns des autres : c’est une expérience extrêmement empirique. Ce qu’il aimerait, c’est que chaque artiste sur un projet soit poussé plus loin dans sa créativité, et non pas dans l’étalage de son savoir-faire. Tout ce monde ne participe pas à tous les spectacles : “C’est aussi important d’aller se nourrir ailleurs” – de faire des pauses, de respirer. “C’est bénéfique pour tout le monde.” Cette année, Super Trop Top a engagé 65 personnes, pour encourager la rencontre de différents arts – danseurs, musiciens, vidéastes, plasticiens… Le plus possible en live, évidemment. orian Rossel aime le direct, l’interactif. “C’est du vivant, l’art scénique. Du vivant qui se nourrit ailleurs.” Être artiste, ce n’est donc pas seulement produire de l’art : c’est en consommer. On travaille avec de l’impalpable : il faut continuer à se cultiver, continuer à aller voir des spectacles, si l’on veut continuer à amener quelque chose de manière invisible dans la société… Imaginez un monde sans poésie, sans musique ! Qu’est-ce qui reste de toute civilisation ? Qui c’est qui disait – on ne se souviendra pas de Condoleeza Rice, on se souviendra de Mozart ? » Il désespère de la culture américanisée du blockbuster à répétition, dépourvue d’imagination. « Mieux vaut voir moins, mais en faisant plus d’attention ! » Ce dont Dorian Rossel rêve avant tout, c’est d’ouvrir le théâtre à un nouveau public – curieux, ni informé ni forcément cultivé. « On ne peut pas suspecter à l’avance ce que l’art peut nous apporter : il faut s’y confronter, en faire l’expérience. » Il se lamente de l’ubiquité de la consommation passive d’art, en mode popcorn. « J’aimerais que se développe l’instinct d’aller à l’encontre de cette chose qui n’a nul pareil au monde – ou alors dans le coup de foudre amoureux. Parce que les vrais chocs artistiques sont de cet ordre là. Oui, j’aimerais que les gens aillent à l’aventure. » Le théâtre, c’est un voyage, c’est « partager quelque chose ensemble, en direct, sans publicité, dans un temps et un espace communs. » « C’est la grande différence avec le virtuel, comme dans les amours à distance. » Évidemment, admet-il, il y a Skype, Youtube, Netflix. « Mais ce n’est pas pareil. Le théâtre, c’est la différence entre imaginer une fille, la voir sur un écran, et la véritable expérience d’une rencontre amoureuse. »

« Par exemple, j’adore le cinéma, mais que l’on soit là ou pas, le film ne change pas. » Il admet que l’effet que le film a sur nous dépend de notre qualité d’attention, mais parle d’une réelle qualité transformatrice de la présence d’un public au théâtre. « Ça change tout ! Quand il y a eu une journée caniculaire, l’atmosphère n’est pas la même, la densité de l’air n’est pas la même. » Le public a une personnalité variable, et cela a une influence sur la représentation. « Les deux choses se modifient. » Il donne pour exemple une soirée à Paris, une semaine après les attentats : « chaque phrase avait une résonance autre, parce qu’on l’écoutait ensemble, à travers ce traumatisme commun. » Du coup, il refuse la capture d’images, limite les enregistrements de ses spectacles : « Ce que je recherche ne passe pas par la télé. On peut enregistrer la forme, mais on n’arrive pas à capter la vibration intérieure. Moi j’essaie de créer une mer, et la télé ne capte que l’écume des vagues. C’est déjà quelque chose. Mais la puissance de la mer, l’expérience de ce qui est dans la mer, c’est autre chose que d’en voir l’écume. » Bien sûr, la vie qui vise ce rêve n’est pas rose tous les jours – elle demande beaucoup d’énergie, beaucoup d’investissement personnel de la part de toute la compagnie. « C’est la grande difficulté de ce métier, de l’intermittence, même si ce terme n’existe pas en Suisse – on est chômeurs même si on travaille à 200 %. » Dix mois de travail intense, deux mois avant le prochain contrat, et pendant ce temps les factures continuent à tomber… « Être acteur, en général, ce n’est pas un statut privilégié » – c’est même extrêmement difficile d’alterner entre ces pics d’activité et ces creux, de dépendre des gens, de regarder en avant vers un futur incertain. « Pourtant les industries culturelles ramènent énormément d’argent à une société, plus que l’économie du luxe et de l’automobile en France ! En plus, ça c’est que ce qui est comptable : tout ce qui est invisible, c’est très difficile à démontrer, à chiffrer. » « Les gens ne mesurent pas à quel point c’est difficile de faire qu’émerge la poésie, de donner du bonheur aux gens. C’est souvent immatériel : on essaie de transporter les spectateurs au cœur de leur sensibilité, de les relier à eux-mêmes. » Il n’est pas juste question de fasciner un public par le spectacle de ce qu’ils n’arrivent pas à accomplir eux-mêmes : « un triple salto arrière, c’est une émotion de courte durée… » Dorian Rossel aimerait faire germer des graines d’inspiration qui durent des années – pourquoi pas toute une vie.

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A

En Diagonale :

© Alain Kissling

l’Ensemble Contrechamps.

Il semblerait que les frontières vous intéressent. Pensez-vous que votre idée de frontière est très différente de celle qu’avait votre père ?

hors du commun : une vingtaine de musiciens, d’âges, d’origines et inspirations divers. Ensemble, ils forment l’ensemble de musique contemporaine le plus célèbre de Suisse.

Autour de cette notion de frontière et ce qu’elle représente actuellement pour moi, ma réponse est claire et à la fois nuancée. Elle n’est finalement pas très différente de celle qu’aurait eue mon père autrefois. Il la considérait surtout et d’abord comme un véritable instrument et lieu de travail… avant toute considération politique ou nationale. Sans frontières en effet, plus besoin de gardes ! C’était une profession de « fonctionnaire » très recherchée durant la crise économique des années 1930.

Que cherchent-ils ?

Or, comme pour la police ou la gendarmerie d’un État (mis à part la notion de « frontière naturelle », par exemple entre la France et l’Espagne), le respect de la propriété territoriale et ses lois spécifiques, dans le cadre des échanges

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À mettre en lumière le répertoire des XXe et XXIe siècles et à encourager la création actuelle, visant les passionnés comme les néophytes. Sous la direction de qui ? Direction artistique : depuis 2013, le compositeur et professeur de composition Brice Pauset. Direction musicale : depuis 2011, le pianiste et chef d’orchestre Michael Wendeberg. Par quels moyens ? Une vingtaine de concerts par an, une vingtaine de disques enregistrés…

Contrechamps, qui sont-ils ?

Mais encore :

Des innovateurs, des intellectuels, des musiciens

… de nombreuses conférences (exploration de


couleurs ou de sons, regards croisés avec le cinéma ou la littérature, les couleurs, les films, les cuivres…) et des publications variées (d’Adorno et Berio à Webern et Zimmermann), des collaborations avec les écoles primaires et les musées, et puis les concerts, les concerts, encore les concerts. (Ce novembre, le concert Breaking News #1 sera inspiré par l’actualité des jours précédant le concert. Ça, c’est du contemporain !) Ils aiment : Le beau, l’intellectuel, le complexe, l’irrégulier, la réflexion, le « à l’envers », la transformation. Ils donnent voix aux partitions de : George Benjamin, Pierre Boulez, Unsuk Chin, Hugues Dufourt, Brian Ferneyhough, Stefano Gervasoni, Klaus Huber, Michael Jarrell, György Kurtág, Helmut Lachenmann, Tristan Murail, Brice Pauset, Matthias Pintscher, Rebecca Saunders. Et encore : Liza Lim, Hilda Paredes, Clemens Gadenstätter et Marta Gentilucci. Les grands, les petits, les modernes et les encore plus modernes. Sous la baguette de : Stefan Asbury, Jean Deroyer, Jurjen Hempel, Peter Hirsch, Clement Power, Pascal Rophé,

François-Xavier Roth, Peter Rundel. (Et les femmes, c’est pour 2018 ?) Avec les illustres, les talentueux : Pierre-Laurent Aimard, Teodoro Anzellotti, Luisa Castellani, Hedwig Fassbender, Isabelle Faust, Rosemary Hardy, Nicolas Hodges, Salome Kammer, Robert Koller, Donatienne Michel-Dansac, Christoph Prégardien, Yeree Suh, Kai Wessel. Où ça ? Musica à Strasbourg, Festival d’Automne à Paris, Voix nouvelles à Royaumont, Ars Musica de Bruxelles, les festivals de Witten et Salzbourg, la Biennale de Venise, le Wien-Modern Festival, le DeSingel à Anvers, le MaerzMusik Berlin, les Tage für Neue Musik (Zurich) ou le Lucerne Festival. L’Europe est à eux. Tout comme Genève, en collaboration avec : le Centre d’informatique musicale et d’électroacoustique de la Haute école de musique de Genève, Eklekto, le Musée d’art et d’histoire de Genève, le Musée d’histoire des sciences, le Mamco, le Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre, le Théâtre du Galpon et le Théâtre Am Stram Gram. Un bel enracinement genevois !

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A

Interview :

Alex Sumi Groove, voyages et culture alternative : le chanteur, guitariste, DJ et père de famille nous raconte son groupe SUMO.

SUMO, c’est avant tout une histoire de famille. Vos inspirations sont très diverses : funk, jazz, Comment avez-vous commencé à faire de la reggae, techno, hip-hop, dubstep, soul… musique ensemble ? Le groupe existe depuis 16 ans. Avec mon frère Fred, on a toujours été assez fusion-nels : même avant de faire de la musique, on a fait du BMX à un assez haut niveau. On a toujours fait un peu les mêmes choses en parallèle, on était très soudés. Quand on a décidé de faire de la musique, il a choisi la basse, moi la guitare, puis on a tout de suite commencé un projet de groupe : à l’époque ça s’appelait Swiss Cheese Con-nection, on jouait du funkfusion, et puis de fil en aiguille on a lancé SUMO. On a toujours collaboré, fonctionné comme ça, en binôme. C’est un peu une histoire fra-ternelle ; ça se passe naturellement. Et on continue comme ça.

On a toujours été très ouverts au niveau des influences. S’il faut y donner une étiquette, on aime avant tout les musiques afro-américaines, allant du blues et du jazz jusqu’à la house et la techno – il y a un feeling très black dans cette musique, ce rythme africain qui est venu en Amérique, qui s’est mélange, métissé – on adore ça. Mon frère, lui, a plus le nez dans un monde latin, cubain – il est allé à Cuba il y a 20 ans, ça l’a énormément marqué musicalement, et il a amené ça par petites touches assez subtiles dans notre musique. De mon côté, en tant que DJ, je mixe beaucoup de funk, soul, hip-hop, house… Il y aura toujours un style électronique dans notre pro-duction, mais on n’hésite pas à aller dans plein de directions. À force de tout partager, d’apprendre ensemble, on est vraiment sur la même longueur d’onde. Vous aimez faire danser les gens ? Chez nous, c’est la notion du groove qui prime. Il faut qu’il y ait un rythme qui en-traîne : c’est le fil conducteur de notre musique.

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Vous suivez les modes ou vous restez dans votre propre trip ?

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Quand on est DJ, on suit toujours un peu les nouveautés. Se tenir au courant de l’évolution de la musique, c’est un travail : il s’agit toujours de suivre le mouvement. Il ne faut pas rester crochés sur des styles musicaux d’il y a 20 ans – même si j’écoute beaucoup de vieille musique ! Le problème n’est pas que ce soit démodé ; c’est une question d’être en phase avec son temps. Mon frère et moi, nous avons toujours été un peu hybrides : on prend des vieux élé-ments qu’on mixe avec des nouveaux, sans se dire non plus qu’il faut


absolument être actuels. On est vraiment libres de tout : c’est l’avantage d’avoir notre propre label. On n’a pas de mot d’ordre : on ne se pose aucune limite.

On est nés ici, on a fait toute notre scolarité et notre formation musicale ici, à travers des cours au conservatoire et à l’AMR – car on est bien musiciens avant d’être pro-ducteurs. J’ai tout appris ici, mis à part une année sabbatique à New York, une ville qui m’a influencé à tous les niveaux, par son énergie musicale, par son rythme… Mais maintenant, je suis papa d’une petite fille de trois ans et demi, ça donne un peu envie de s’installer au calme, de quitter le milieu urbain – Genève c’est notre vie, notre ville, mais là on aurait un peu envie d’aller voir ailleurs. En termes de culture, aussi, j’ai connu le Genève des années » 80 — » 90 – la grande pé-riode des squats, l’âge d’or de Genève. À cette époque, il y avait un grand choix d’endroits où on pouvait sortir, dans tous les styles – les scènes électro et hip-hop qui explosaient, et le rock en parallèle. Les prix n’étaient pas excessifs, c’était tout le temps ouvert… Maintenant, on est tous un peu blasés. Le problème de la scène cultu-relle ici, c’est

qu’elle est très polarisée : d’un côté, c’est une scène un peu guindée, où il faut de l’argent, certaines tenues vestimentaires pour rentrer dans les clubs ; de l’autre côté c’est l’Usine… Il n’y a pas de juste milieu. Cela dit, il y a quand même quelques endroits intéressants qui ont émergé dans ce milieu alternatif, je pense à la Gravière, ou au Motel Campo… Bien sûr, l’évolution est naturelle, je ne tiens pas à vivre dans la nostalgie – à nous de faire bouger les choses ! 17 décembre 2016 : Concert vernissage « Galactika Revisited » : Zoé Bar, rue Fer-dinand Hodler 23A. Sumo live feat. Wayne Paul + Dj’s set Luluxpo, Dj Spika, 22 h.

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Vos racines sont encore à Genève ?

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© swiss-image.ch/Christof Sonderegger

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St. Moritz Top of the world


© swiss-image.ch/ Max Weiss

Évasion

En Haute-Engadine, à 1856 m d’altitude, St-Moritz bénéficie d’un nombre d’heures d’ensoleillement supérieur à la moyenne. Ce soleil, qui est le symbole de la station, est une marque protégée depuis 1930. St-Moritz a souvent joué un rôle de pionnière, par exemple en installant les premiers éclairages électriques à Noël de l’année 1878. En 1889, on y a organisé le premier tournoi de golf dans les Alpes, puis un des premiers téléskis de Suisse y a été inauguré en 1935. Des hôtes du monde entier viennent apprécier l’art de vivre alpin moderne et sa gastronomie de pointe qui attire les gourmets dans les restaurants situés même au bord des pistes, sans oublier ses établissements hôteliers servant de référence dans toutes les catégories ainsi que ses événements réputés dans le monde entier. Une foule de magasins concentrés dans un petit espace : voilà la Via Serlas. Au coin de la rue, vous êtes certains de trouver

des spécialités locales comme la célèbre tourte aux noix engadinoise. Des curiosités comme la tour penchée, un vestige de l’église St-Mauritius datant de 1500, ou le Musée Segantini, offrent une alternative au luxe et à la jet set. Il y a 150 ans, l’hôtelier Johannes Badrutt fit un pari osé avec ses hôtes anglais venus pour l’été, leur promettant un doux soleil engadinois au cœur de l’hiver. Badrutt gagna son pari et St-Moritz devint l’une des stations de sport d’hiver les plus attractives du monde. Une infrastructure moderne et 350 km de pistes sont à la disposition des sportifs dans les environs. À Corviglia, la montagne chère à St Moritz, vous trouverez le départ d’une piste de descente le plus abrupt de Suisse, pente vertigineuse de 100 pour cent sur l’à-pic du Piz Nair. Au Cresta Run, les pilotes dévalent la piste de bob à plat ventre sur leur luge Skeleton ; le Bob Run est l’une des plus anciennes pistes naturelles de bob du monde. Les amateurs ont à leur disposition 150 km de chemins de randonnée d’hiver alors que les fondeurs trouveront en Engadine un réseau de 200 km de pistes. Funpark destiné aux snowboarders, curling et entraînement intensif ne sont que quelques-uns des sports d’hiver proposés.

Grand Genève Magazine • N° 8 / 2016

St-Moritz est bien plus qu’un simple lieu de villégiature. St-Moritz est le lieu de naissance des vacances d’hiver (1864) et fut le théâtre de deux éditions des Jeux olympiques d’hiver. Et pourtant, à l’origine, St-Moritz doit son importance à ses sources curatives célèbres depuis 3000 ans, qui en ont fait très tôt un lieu de cure d’été réputé.

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White Turf St. Moritz

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Snow Polo World Cup St. Moritz


ÉVÉNEMENTS HIVER 2017 27-29 janvier 2017 33e Snow Polo World Cup St. Moritz – le prestigieux tournoi hivernal de polo sur neige attire chaque année près de 15 000 spectateurs au lac de St-Moritz. 6-19 février 2017 AUDI FIS Alpine World Ski Championships 2017 — Saint-Moritz accueillera pour la 5e fois les championnats du monde de ski alpin, après ceux de 1934, 1948, 1974 et 2003. Ces mondiaux de ski sont une grande rencontre festive entre les amateurs de sport d’hiver du monde entier : outre des performances sportives de haut niveau, le programme propose des temps forts culturels. 23-25 février 2017 Cricket on Ice — Depuis 1988, St. Moritz a accueilli ce qui est sans doute le jeu le plus inhabituel de cricket dans le monde. 24 février 2017 3 rd Night Turf St. Moritz — White Turf St. Moritz „International Horse Races since 1907« – les courses de chevaux

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Cricket on Ice

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inédites sur le lac gelé de St-Moritz sont le rendez-vous incontournable de la saison.


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Brasserie Da Matteo

Idéalement situé au centre-ville de Genève dans le quartier des affaires. “Da Matteo” est une brasserie italienne unique avec des plats 100 % maison, gourmand et authentique. La plupart des produits proviennent directement des différentes régions d’Italie. Côté architecture, la brasserie est un lieu atypique, sa structure grandiose et moderne est principalement constituée de verre et d’acier.

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La Brasserie dispose également d’un espace “Piano Bar” idéal

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pour l’organisation de cocktails et apéritifs en musique. Les propriétaires, la famille Frutiger bénéficie d’une expérience confirmée dans le domaine de la restauration. Notamment avec les établissements suivants  : L’Escapade, Le Sesflo, Le Nonna Gina et prochainement L’Olivier de Provence à Carouge.

Brasserie Da Matteo, 50 rue du Stand 1204 Genève Personne de contact : Maura Iezzone Tél. : 022 312 15 05 info@brasseriedamatteo.com


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Grand Genève Magazine N°8  

Grand Genève Magazine est un nouveau trimestriel consacré à l’agglomération franco-valdo-genevoise. Il a pour vocation d’aborder les thèmes...

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