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SERGEI RACHMANINOV ELEGIAC PIANO TRIOS 1 & 2

TRIO PORTICI

DAMIEN PARDOEN | STÉPHANE DE MAY | LUC TOOTEN


TRIO PORTICI

www.trioportici.be DAMIEN PARDOEN violon – violin – viool STÉPHANE DE MAY piano LUC TOOTEN violoncelle – cello – violoncello (Cover Epur, Japon, 2012)


SERGEI RACHMANINOV (1873 - 1943) ELEGIAC PIANO TRIOS Trio élégiaque No. 1 (1892) en sol mineur pour piano, violon et violoncelle in G minor for piano, violin and cello 1. Lento lugubre

14‘57

Élégie Op. 3 No. 1 (1892) en mi bémol mineur pour piano solo in E-flat minor for piano solo 2. Moderato

06‘04

Trio élégiaque No. 2, Op. 9 (1893, rév. 1917) en ré mineur pour piano, violon et violoncelle in D minor for piano, violin and cello 3. I. Moderato 4. II. Quasi variazione 5. III. Allegro risoluto

19‘51 20‘07 07‘48


FR ANÇAIS Lorsque le Trio Portici envisagea, après les avoir maintes fois donnés en concert, d’enregistrer les deux trios de Rachmaninov, il chercha un lieu alternatif, silencieux, inspirant, retiré des clameurs de la ville; un heureux concours de circonstances lui permit de disposer de la chapelle du domaine royal de Ciergnon, et c’est dans ce cadre très privé, de nuit, au cœur de la forêt d’Ardenne, que ce disque prit corps en mars dernier. Né en 1873 dans une famille aisée mais désunie, Serge Rachmaninov consacra le plus clair de sa vie à sa carrière de pianiste virtuose, dans la grande tradition romantique directement héritée du XIXe siècle. Formé aux conservatoires de Saint-Pétersbourg et de Moscou, il émigrera aux États-Unis après la révolution d’octobre. Son œuvre se compose essentiellement de pièces écrites pour son usage propre, d’une grande virtuosité pianistique, dans un style post-romantique non dépourvu d’une certaine sentimentalité, dont certaines ont rencontré une popularité énorme, et dont l’inspiration mélodique sombre et angoissée est profondément marquée par son tempérament slave et dépressif. Ses incursions dans d’autres genres furent plus difficiles: sa musique symphonique ne rencontra pas le succès de la critique, et une partie de sa musique de chambre restera totalement inconnue jusqu’à son décès en Californie en 1943. Mais d’autres œuvres furent d’emblée inscrites au répertoire, même si leur notoriété n’atteignit jamais celle des concertos pour piano. Écrit en très peu de temps, du 18 au 21 janvier 1892 à Moscou – le compositeur n’a pas vingt ans – le premier trio élégiaque, pièce relativement brève mais pas sans ambition, fait partie de celles qui n‘ont été éditées qu’après la mort du compositeur. C’est la maison Muzgiz, à Moscou qui s’en chargera en 1947. L’œuvre, assez courte, est composée d’un seul mouvement formé de douze épisodes enchaînés; malgré cette structure inhabituelle, c’est une forme sonate classique. Le trio débute par un lento lugubre qui s’anime au fur et


à mesure du développement des tableaux, culminant en un risoluto central. On parcourt ensuite symétriquement le chemin inverse et l’œuvre s’achève par une marche funèbre. Le piano, dont la partie est largement prédominante, y sonne comme un glas et remplit tout l’espace sonore, laissant aux cordes un rôle plus mélodique. Ce trio avait été créé à Moscou quelques jours après sa composition par Rachmaninov lui-même au piano, le violoniste David Kreyn et le violoncelliste Anatole Brandoukov, également dédicataire de la sonate pour piano et violoncelle. C’est en apprenant, en octobre 1893, la mort de Tchaïkovski, que le jeune Rachmaninov entreprit la composition de son deuxième trio élégiaque. Tchaïkovski avait lui-même composé dans des circonstances un peu analogues, son trio opus 50 à la mémoire d’un grand artiste en hommage à son maître Nicolas Rubinstein. Rachmaninov, très désireux de bien faire, semble inspiré mais aussi impressionné par cet illustre modèle et sa composition est l’objet de très nombreuses hésitations, remords et modifications; à diverses reprises, il remet son ouvrage sur le métier. On sait par exemple qu’il avait pensé à un harmonium pour les deux derniers mouvements et qu’il y renonça finalement. En outre, il emprunte au trio de Tchaïkovski la forme du second mouvement, un ample thème avec nombreuses variations. Le trio débute par un lamento; le piano sonne le glas funèbre et les cordes, en un duo solennel, rappellent un peu les musiques religieuses orthodoxes. Diverses reprises, d’intensité croissante, amènent à l’allegro, sorte de déferlement virtuose du piano, laissant au violoncelle une belle partie mélodique. Le mouvement se développe avec une grande richesse harmonique, qui n’est pas sans évoquer les concertos pour piano, et qui comprend une belle cadence concertante pour piano seul. Le second mouvement se présente comme un thème exposé au clavier, suivi de huit variations qui explorent des tempi divers, dont un lento et un allegro vivace pour piano seul, tous deux d’une grande beauté. La prééminence du piano sur les cordes est d’ailleurs une constante présente tout au long de l’œuvre, qui s’explique facilement si on se rappelle que Rachmaninov composait avant tout pour lui-même, qu’il était le premier interprète de ses œuvres et qu’il ne dédaignait pas de mettre en valeur son exceptionnelle virtuosité.


Le final est bref mais d’une grande richesse et d’une belle intensité. De forme concertante, lui aussi, il utilise le matériau thématique du premier mouvement, et même un élément issu du premier trio. La partition fut créée dans sa forme originelle en 1894, par le compositeur, le violoniste Louli Konius et Brandoukov, reprise et modifiée une première fois en 1907, et ne connut sa version définitive qu’en 1917. Toutes ces modifications, dont certaines sont tout à fait substantielles, avaient été suggérées par les interprètes successifs de l’œuvre en vue d’en resserrer le propos et d’en intensifier la ligne mélodique. Il est étonnant de constater l’évolution de l’écriture de Rachmaninov entre ces deux trios, dont les dates de compositions ne sont pourtant distantes que de quelques mois. Dans le deuxième trio, le discours semble s’être considérablement affermi, le style est plus personnel, l’écriture plus audacieuse et plus travaillée, comme si le compositeur s’était entre temps affranchi du regard de ses maîtres, ou comme s’il avait été poussé à se surpasser sous le coup de l’émotion. L’atmosphère générale des deux œuvres, cependant, reste profondément marquée par une sombre nostalgie, confinant parfois au tragique, que seuls éclairent quelques éléments mélodiques d’une grande beauté. Quelques années plus tard, Rachmaninov allait sombrer dans une profonde dépression dont il mettrait longtemps à se remettre. Poursuivant sur le même mode nostalgique, le programme de cet enregistrement se complète de l’élégie pour piano seul, dans la sombre tonalité de mi bémol mineur, premier des cinq Morceaux de Fantaisies qui constituent son opus 3. Composée entre les deux trios, à l’automne 1892, l’élégie fut créée par le compositeur à Kharkov en Ukraine le 28 décembre de la même année. Elle est dédiée à Arensky qui fut son professeur d’écriture. Une mélodie simple à la main droite planant au dessus de profonds arpèges à la main gauche, il y a encore quelque chose de Chopin dans cette pièce éminemment pianistique. Dans une deuxième section, le rapport des mains s’inverse, la mélodie passe à gauche et l’accompagnement à droite, sans qu’on se départisse pour autant d’un certain sentimentalisme teinté de tragique. Introduite par une sorte de récitatif, la troisième section reprend les éléments structurels du début qu’elle entraîne vers une grande coda descendante en guise de conclusion. Claude Jottrand


TRIO PORTICI Créé en 2004, le trio Portici tire son nom de l’opéra d’Auber, La Muette de Portici, dont la représentation au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, en 1830, déclencha les émeutes qui menèrent à l’indépendance de la Belgique. Et les trois musiciens de cet ensemble sont bel et bien belges. Stéphane De May est professeur aux Conservatoires de Rotterdam et de Leuven, Damien Pardoen est violoniste à l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg et chargé de cours de violon au Conservatoire Royal de Musique de Liège, Luc Tooten est quant à lui violoncelle solo du Brussels Philharmonic. Tous trois sont titulaires de plusieurs prix internationaux et ont à leur actif de nombreux enregistrements, entre autres sur le label Pavane. Leur premier disque, consacré aux trios opus 1 (n°1 et n°2) de César Franck, réalisé en 2005 dans le cadre des festivités du 175e anniversaire de la Belgique, est dédié au Roi Albert II, leur ouvrant les portes d’un concert télévisé au Palais Royal de Bruxelles en novembre 2006. Cinq autres disques suivront, consacrés à la musique de chambre de Frédéric Chopin, Claude Debussy, Felix Mendelssohn-Bartholdy, Franz Schubert et George Onslow. Le trio Portici se produit régulièrement en Belgique et aux Pays-Bas, mais a également l’occasion de jouer un peu partout en Europe et en Asie. En 2007, l’ensemble est nommé en résidence pour deux ans à la Katholieke Universiteit Leuven. Damien Pardoen joue un violon crémonais réalisé en 1694 par Francesco Ruggieri. L’instrument de Luc Tooten est un Alessandro Gagliano fait à Naples en 1705.


ENGLISH

Sergei Rachmaninov was born in 1873. He is considered as one of the most important pianists of the twentieth century and as a composer he carried on the great nineteenth century Russian romantic school. After the October Revolution in 1917 he emigrated to the United States. His oeuvre, consisting mainly of pieces he composed for himself, requires a high virtuoso skill and is written in a late romantic style. Some of these works were already immensely popular during his lifetime. The often somber and oppressing melodies are typical of his depressive Slavic temperament. He was less successful in the other genres. His symphonic work was less well received and part of his chamber music remained unknown until his death. He died in California in 1943. Rachmaninov was not yet twenty when he composed his first Elegiac trio. He wrote it in Moscow between 18 and 21 January. It is a short but ambitious piece that only came to be published after his death by Muzgiz in Moscow in 1947. This work, one movement with twelve successive episodes, has the structure of a classical sonata, despite its musical form. The trio starts off with a lento lugubrious, which, as the work proceeds, ends in a central resoluto. Then the theme runs into a counter movement to finish off in an elegy march. The piano evokes the death bells and fills the sonoric space while the strings resound melodiously. Only a few days after the composition was finished, the trio was executed in Moscow with Rachmaninov at the piano, with violist David Kreyn and cellist Anatolii Brandoukov, to whom the sonata for piano and cello was dedicated.


When he hears of the death of Peter Tchaikovsky in October 1893, the young Rachmaninov starts composing the second of the Elegiac trio. Tchaikovsky had dedicated his trio opus 50 “in memory of a great artist� to his teacher Nicolas Rubinstein. Rachmaninov was clearly inspired by this illustrious example. Very much concerned about the result, his composition only hesitantly came about and he reworked it several times. Originally, he thought of a harmonium for the last two movements, but in the end he abandoned the idea. He also borrowed from Tchaikovsky’s trio the structure of the second movement, a broad theme with a lot of variations. The trio sets out with a lament. The piano tolls the death bell and the strings call forth remembrances of orthodox sacred chant. With an increasing intensity the different movements lead on to the allegro with a virtuoso passionate piano and a gorgeous melodic part for the cello. The movement develops with a rich harmony, reminding of the piano concertos, and a beautiful concertante cadenza for the piano solo. The theme of the second movement is introduced by the piano, followed by eight variations in different tempi, the lento and allegro vivace only being played by the piano. The upper hand of the piano over the strings is a constant in the whole composition. Ultimately, Rachmaninov mainly composed for himself. He created his work himself and used to show off his fascinating piano virtuosity. The short finale is dominated by an intensive and dramatic piano part. The theme from the first movement is repeated and an element from the first trio crops up again. The work was in its original version first executed in 1894 with the composer at the piano together with violist Louli Konius and cellist Anatoli Brandoukov. In 1907 he reworked the trio but the final version came about in 1917. All these major changes were suggested by consecutive musicians in order to render the composition more vigorous and to reinforce the melodic line.


Although there are only a few months between the composition of the two trios, it in nonetheless astounding how Rachmaninov’s style of composition has evolved. In the second trio, there is a more fascinating playing together, the style is more personal, the writing is more daring and more elaborated as if the composer felt the look of his illustrious predecessor and wanted to submit an explanation before him. The somber nostalgic atmosphere, leaning towards the tragic and, even now and then brightened up by a magic melody, is the same in both works. A few years later, Rachmaninov sinks away in a deep depression which he will only surmount with great difficulty. In the same nostalgic atmosphere, this recording is completed with an elegy for piano solo in the somber tonality of E flat, the first of five fantasy pieces which make up the opus 3. This elegy which was written by the composer in 1892, in between the two trios, was played by him on 28 December of the same year in Kharkov, Ukraine. He dedicated the work to his teacher Anton Arensky. The right hand plays a simple melody over and above the left hand’s deep arpeggios. Chopin is not far afield. In a second part the relation is reversed. The melody is taken up by the left hand and the right hand accompanies, but the tragic tone remains. Starting off with a kind of recitative, the third part takes back the structural elements from the beginning and carries them towards a big descending coda which closes off the work. Claude Jottrand Paul De Troyer translation


TRIO PORTICI The Trio Portici was set up to commemorate Belgium’s 175th year of independence and takes its name from Daniel Esprit Auber’s The Mute Girl of Portici. During a performance of this opera at the Théâtre de la Monnaie, Brussels, in August 1830, a riot broke out that became the signal for the revolution that led to Belgian independence. The members of the trio are Stéphane De May, teacher at the Conservatory of Rotterdam and Leuven, Damien Pardoen, violinist in the Luxemburg Philharmonic Orchestra and teacher at the Royal Conservatory of Liège and Luc Tooten, first solo cellist of the Brussels Philharmonic. Their first CD in 2005 was César Frank’s piano trio’s Opus 1, (numbers 1 and 2). Following a positive reaction from the international press, the trio reached an agreement with the Pavane label. Since then five more CDs have been produced, with chamber music from Frédéric Chopin, Claude Debussy, Felix Mendelssohn-Bartholdy, Franz Schubert and George Onslow. The Trio Portici have performed for the Flemish Festival, the Walloon Festival and during important cultural celebrations in the Netherlands, France, Germany, Switzerland, Italy, Spain, Lithuania and China. These concerts were praised by critics for their musicality, technical perfection, creative inspiration and instrumental control. Since the beginning of the 2007-2008 academic year, the Trio Portici have been Musicians in Residence at the Catholic University in Leuven; this grants them the honor of performing for all the university’s cultural, educational and ceremonial events. Damien Pardoen plays a violin built in Cremona in 1694 by Francesco Ruggieri and Luc Tooten a cello made in Naples in 1705 by Alessandro Gagliano.


NE D E R L A ND S

Sergueï Rachmaninov werd in 1873 geboren. Hij geldt als één van de belangrijkste pianisten van de 20e eeuw en was als componist voortzetter van de grote 19e-eeuwse Russische. Na de oktoberrevolutie in 1917 emigreerde hij naar de Verenigde Staten. Zijn œuvre, dat vooral bestaat uit stukken die hij voor zichzelf componeerde, vereisen een grote virtuositeit en zijn geschreven in een laatromantische stijl. Sommige van deze werken waren reeds in zijn tijd razend populair. De vaak sombere en beklemmende melodieën zijn typisch voor zijn depressief Slavisch temperament. In de andere genres was hij minder succesvol. Zijn symfonisch werk werd minder goed onthaald en een deel van zijn kamermuziek bleef ongekend tot aan zijn dood. Hij overleed in 1943 in Californië. Rachmaninov was nog geen twintig toen hij het eerste trio élégiaque componeerde. Hij schreef het van 18 tot 21 januari 1892 in Moskou. Het is een kort maar ambitieus stuk dat pas na zijn dood werd gepubliceerd door het huis Muzgiz in Moskou in 1947. Het werk, één beweging waarin twaalf episodes elkaar opvolgen, heeft ondanks de ongewone vorm toch de structuur van een klassieke sonate. Het trio begint met een lento lugubre dat, naarmate het werk zich ontplooit uitmondt in een centraal risoluto. Dan komt het thema in tegenbeweging en eindigt met een treurmars. De piano evoceert de doodsklokken en vult de sonore ruimte, terwijl de strijkers melodisch klinken. Slechts enkele dagen nadat de compositie klaar was, werd het trio uitgevoerd in Moskou met Rachmaninov aan de piano, violist David Kreyn en cellist Anatoli Brandoukov, aan wie de sonate voor piano en cello is opgedragen.


Als hij in oktober 1893 het overlijden van Peter Tsjaikovski verneemt, begint de jonge Rachmaninov onmiddellijk met de compositie van zijn tweede trio élégiaque. Tsjaikovski had zijn trio opus 50 “à la mémoire d’un grand artiste“ opgedragen aan zijn leraar Nicolas Rubinstein.Rachmaninov liet zich hier duidelijk inspireren door dit illustere voorbeeld. Erg bekommerd om het resultaat kwam zijn compositie haperend tot stand en hij herwerkte ze dan ook herhaaldelijk. Oorspronkelijk dacht hij aan een harmonium voor de laatste twee bewegingen, maar daar zag hij uiteindelijk van af. Hij ontleende aan het trio van Tjaikovski ook de structuur van de tweede beweging, een breed thema met veel variaties. Het trio begint met een lamento. De piano luidt de doodsklok en de strijkers roepen herinneringen op aan religieuze orthodoxe gezangen. Met een stijgende intensiteit voeren de verschillende bewegingen naar het allegro met een virtuoos onstuimige piano en een prachtige melodische partij voor de cello. De beweging ontwikkelt zich met een rijke harmonie die doet denken aan de pianoconcerto’s, en een mooie concertante cadens voor piano solo. Het thema van de tweede beweging wordt door de piano ingezet gevolgd door acht variaties in verschillende tempi, waarbij het lento en het allegro vivace enkel door de piano gespeeld worden. De overhand van de piano op de strijkers is trouwens een constante in de ganse compositie. Rachmaninov componeerde uiteindelijk vooral voor zichzelf. Hij was het die zijn werk creëerde en hij toonde graag zijn fascinerende pianovirtuositeit. De korte finale wordt gedomineerd door een intensieve en dramatische pianopartij. Het thema uit de eerste beweging wordt herhaald en een element uit het eerste trio duikt weer op. Het werk werd in zijn originele versie voor het eerst uitgevoerd in 1894 met de componist aan de piano samen met violist Louli Konius en cellist Anatoli Brandoukov. In 1907 herwerkte hij het trio maar de definitieve versie kwam eerst tot stand in 1917. Al deze vaak grondige wijzigingen werden gesuggereerd door opeenvolgende uitvoerders om de compositie krachtiger te maken en de melodische lijn ervan te versterken.


Hoewel tussen het componeren van de beide trio’s slechts enkele maanden verschil is, is het toch verbazend hoe Rachmaninov ‘s componeerstijl geëvolueerd is. In het tweede trio is er een boeiender samenspel, de stijl is persoonlijker, de schriftuur gedurfder en meer uitgewerkt alsof de componist de blik van zijn illustere voorganger op zich voelde rusten en rekenschap wilde afleggen tegenover hem. De sombere nostalgische atmosfeer die naar het tragische neigt en af en toe wordt verhelderd door een magische melodie is in beide werken echter dezelfde. Enkele jaren later verzinkt Rachmaninov in een diepe depressie die hij slechts met veel moeite te boven zal komen. In diezelfde nostalgische sfeer wordt deze opname vervolledigd met de elegie voor piano solo in de sombere tonaliteit van es, het eerste van de vijf morceaux de fantaisie die het opus 3 vormen. Deze elegie die door de componist werd geschreven in 1892, tussen de twee trio’s in, werd door hem uitgevoerd op 28 december van datzelfde jaar in Kharkov, Oekraïne. Hij droeg het werk op aan zijn leraar Anton Arensky. De rechterhand laat een eenvoudige melodie klinken over diepe arpeggio’s van de linkerhand. Chopin is niet ver weg. In een tweede deel slaat die verhouding om. De melodie wordt door de linkerhand overgenomen, en de rechterhand begeleidt, maar de tragische toon blijft. Beginnend met een soort recitatief herneemt het derde deel de structurele elementen van het begin en voert ze naar een grote dalende coda die het werk besluit. Claude Jottrand Anne van Herreweghen Vertaling


TRIO PORTICI Het Trio Portici werd opgericht naar aanleiding van de 175ste verjaardag van België, en ontleent dan ook zijn naam aan Aubers De Stomme van Portici, de opera die de Belgische Opstand inluidde. Het trio bestaat uit Stéphane De May, leraar aan de Conservatoria van Rotterdam en Leuven, Damien Pardoen, violist van het Filharmonisch Orkest van Luxemburg en leraar aan het Koninklijk Conservatorium van Luik, en Luc Tooten, eerste cello solo van het Brussels Philharmonic. Hun eerste CD, met pianotrio’s opus 1 (nr.1 en nr.2) van César Franck, werd uitgebracht in 2005. Mede door de goede ontvangst in de internationale pers kwam een vaste medewerking met het label Pavane tot stand. Inmiddels kwamen vijf andere cd’s op de markt, met kamermuziek van Frédéric Chopin, Claude Debussy, Félix Mendelssohn-Bartholdy, Franz Schubert en George Onslow. Het Trio Portici treedt op voor het Festival van Vlaanderen, het Festival de Wallonie en op belangrijke culturele manifestaties in Nederland, Frankrijk, Duitsland, Zwitserland, Italië, Spanje, Litouwen en China. Deze concerten worden door de vakpers geprezen voor hun muzikaliteit, hun technische perfectie, hun zin voor inventiviteit en hun instrumentale beheersing. Sinds begin van de academiejaar 2007-2008 zijn de leden van het Trio Portici binnen de Katholieke Universiteit Leuven Musicians in Residence, wat betekent dat ze de volgende jaren culturele, protocollaire en pedagogische activiteiten van de universiteit zullen opluisteren. Damien Pardoen bespeelt een uitzonderlijke viool, gebouwd in Cremona in 1694 door Francesco Ruggieri en Luc Tooten een prachtige cello vervaardigd te Napels in 1705 door Alessandro Gagliano.


César Franck: Trios op.1

Frédéric Chopin: Chamber Music

Claude Debussy: Chamber Music

ADW 7500

ADW 7512

ADW 7520

Felix Mendelssohn-Bartholdy: Franz Schubert: Chamber Music Chamber Music

George Onslow: Chamber Music

ADW 7525

ADW 7545

ADW 7530

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Het Trio Portici, KU Leuvens eerste Musicians in Residence, draagt als culturele ambassadeur van de universiteit, deze opname met veel genoegen op aan rector Mark Waer en vicerector Filip Abraham. Zij maakten in 2008 met de beleidsploeg dit initiatief mogelijk, als een statement voor de academische betrokkenheid in het culturele en artistieke veld.


ADW 7561

SERGEI RACHMANINOV 1873 – 1943 TRIO PORTICI Damien Pardoen violin Stéphane de May piano Luc Tooten cello

Trio élégiaque No. 1 (1892) in G minor for piano, violin and cello 1. Lento lugubre Élégie Op. 3 No. 1 (1892) in E-flat minor for piano solo 2. Moderato Trio élégiaque No. 2, Op. 9 (1893, rév. 1917) in D minor for piano, violin and cello 3. I. Moderato 4. II. Quasi variazione 5. III. Allegro risoluto

Enregistré en la Chapelle du Château Royal de Ciergnon en mars 2013 Enregistrement, montage et mastering Yannick Willox www.acousticrecordingservice.be Piano et accord Pianos Sibret Photos Sébastien Grébille – Design HDMH www.hdmh.eu Executive producer Bertrand de Wouters d’Oplinter 2013, Pavane Records

www.pavane.com


Trio Portici - Rachmaninov: Elegiac Piano Trios 1 & 2_Booklet