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Antoine-Esprit Blanchard (1696-1770) Magnificat à la Chapelle Royale Trois motets à grand chœur Magnificat (1741) | De Profundis (1740) | In exitu Israël (1749) Anne Magouët | dessus François-Nicolas Geslot | haute-contre Bruno Boterf | taille Alain Buet | basse-taille Chœur de chambre les éléments (Direction : Joël Suhubiette)

Les Passions - Orchestre Baroque de Montauban Jean-Marc Andrieu | direction Enregistrement réalisé en public par Radio France à l’occasion du Festival de Radio France et Montpellier Occitanie Pyrénées-Méditerranée le 25 juillet 2016.


Antoine-Esprit Blanchard (1696-1770) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

MAGNIFICAT (1741) Chœur Récit de Basse-Taille Récit en rondeau Récit de Taille Chœur Trio de HC, T et BT Duo de Dessus (*) Récit de Basse-Taille Récit de HC et chœur Récit de BT et chœur

Magnificat anima mea Et exultavit Quia fecit Et misericordia Fecit potentiam Deposuit Esurientes Suscepit Israël Sicut locutus est Gloria

1’26 2’55 2’01 2’18 2’43 1’45 1’33 2’00 2’40 3’16

11 12 13 14 15 16 17

DE PROFUNDIS (1740) Chœur Duo de T et BT Récit de Dessus et chœur Duo de Dessus (*) Récit de HC Chœur Chœur

De profundis Si iniquitates Quia apud te A custodia matutina Quia apud Dominum Et ipse redimet Israël Requiem aeternam

4’21 1’47 4’00 1’51 2’16 1’06 4’01


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IN EXITU ISRAEL (1749) Chœur

In exitu Israël

4’01

Marche des Hébreux Election et sanctification du peuple d’Israël

19

Récit de Basse-Taille

Mare vidit et fugit

2’23

Les eaux de la Mer Rouge se séparent pour faire passage au peuple de Dieu.

20 21 22

Récit de Haute-Contre Montes exultaverunt Récit de Dessus et chœur Quid est tibi mare Chœur A facie Domini

23

Récit de HC et chœur

1’40 2’57 1’24

Tremblement de terre

Qui convertit petram

4’05

Moïse frappe au rocher. Il hésite. Il refrappe. Les eaux coulent en abondance.

24 25 26 27 28 29

Récit de Dessus Chœur Récit de Haute-Contre Récit de Haute-Contre Chœur Dernier chœur

Non nobis Domine 2’12 Non nobis Domine 3’50 Super misericordia tua 1’40 Simulacra gentium 4’04 Non mortui laudabunt te 2’01 Sed nos qui vivimus 3’08

Distribution


Dessus de violon : Olivier Briand, Nirina Betoto, Marie Bouvard, Ariane Dellenbach, Nathalie Fontaine, Myriam Gevers, Liv Heym, Lucien Pagnon Tailles de violon : Marie-Liesse Barau, Myriam Bis-Cambreling Basses de violon : Etienne Mangot, Marjolaine Cambon Contrebasse de violon : Jean-Paul Talvard Orgue : Yasuko Uyama-Bouvard Flûtes : Philippe Allain-Dupré, Fabienne Azéma Hautbois : Xavier Miquel, Philippe Canguilhem Bassons : Marc Duvernois, Mélanie Flahaut Cors : Lionel Renoux, Olivier Brouard Serpent : Volny Hostiou Timbales : Guillaume Blaise

Dessus : Cécile Dibon-Lafarge (solo *), Anne-Marie Jacquin, Cyprile Meier, Eliette Parmentier Hautes-contre : Damien Brun, Marc Pontus, Benjamin Woh Tailles : Marc Manodritta, Michaël Smith, Guillaume Zabé Basses-taille : Antonio Guirao, Jean-Baptiste Henriat, Matthieu Le Levreur Basses : Alexandre Chaffanjon, Didier Chevalier, Xavier Sans

Dessus : Anne Magouët | Haute-contre : François-Nicolas Geslot Taille : Bruno Boterf | Basse-taille : Alain Buet Direction : Jean-Marc Andrieu


Antoine [dit Esprit] Blanchard, maître de musique de la Chapelle Royale

« Il est rare que l’on grave des motets à grand chœur parce que ce genre de composition ne peut être entendu que dans les églises ou

dans les grands concerts... Ces sortes d’ouvrages restent donc en

manuscrits que la négligence, la nouvelle manière de composer et le

laps de temps font entièrement disparaître » écrivait en 1788 Marc-

François Bêche, chantre de la Chapelle royale et ami de Blanchard,

en tête de sa très belle copie des “meilleurs motets” du musicien

défunti. Il ajoutait : « si dans les siècles à venir on peut continuer de faire des nouveaux progrès [en musique] il faut croire qu’on rendra

justice aux ouvrages de Mr Blanchard ».

Poursuivant la redécouverte des œuvres d’Antoine Blanchard commencée il y a une trentaine d’an-

nées, la tâche entreprise avec talent par Jean-Marc Andrieu est une heureuse manière de « rendre

justice » à ses compositions. Les trois motets à grand chœur présentés ici -deux d’entre eux sont

enregistrés pour la première fois- comptent parmi les œuvres religieuses représentatives de la mu-

sique de la Chapelle de Louis XV au cœur du XVIIIe siècle et viennent compléter fort agréablement notre connaissance du musicienii.

Antoine Blanchard est provençal, né dans le Comtat Venaissin le 28 février 1696 à Pernes-les-

i

Recueil de motets choisis de feu E.J.A. Blanchard, par M.F. Bêche, BnF Mus. Vm1 1323

B. Lespinard, La vie et l’œuvre d’Antoine Blanchard. Contribution à l’histoire du grand motet sous le règne de Louis XV. Etude historique, sociale et musicale, Thèse de musicologie, inédite, Univ. ParisSorbonne, 1977 ii


Fontaines, petite ville fière « d’avoir fourni tant de personnes illustres » si l’on en croit Jean-

Julien Giberti, heureux de recenser le musicien parmi ses concitoyens parvenus aux honneurs

dans son Histoire de la ville de Pernes (1748). L’erreur de son premier biographe, M.-F. Bêche

donnant la date de son baptême le 29 février comme jour de sa naissance, a été répétée comme un

titre de légende par des générations de musicographes. Baptisé Antonius (Antoine), le musicien

a signé tous ses manuscrits « A. Blanchard ». Le prénom Esprit (de son parrain Esprit-Joseph

Castan) apparaît sur deux actes notariés, mais sur aucun acte royal ni privé. Qui indiqua ce « sur-

nom » au graveur de son portrait officiel en 1767 ? « Esprit » fut récusé et raturé par ses fils sur

les actes de décès et de succession. Avec le temps, peut-être à cause de sa rareté, il est devenu

emblématique du personnage.

Donnant « dès son enfance des preuves de son génie », Antoine entre à huit ans à la maîtrise de

Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence. Admis au chœur deux ans plus tard, il porte la robe rouge d’enfant de chœur et bénéficie de l’enseignement du célèbre Guillaume Poitevin qui a déjà formé

Gilles et Campra. À la maîtrise, le jeune garçon côtoie une élite instruite, ce qui lui permettra plus

tard d’assumer la charge de Maître de grammaire des Pages de la Chambre. S’étant perfectionné

« dans la Latinité et la Théologie », il reçoit la robe noire en 1714, prend le « petit collet » et de-

vient « l’abbé Blanchard » clerc tonsuré, comme Campra. Cette ouverture à l’état clérical, assortie d’un revenu modeste sur une chapelle, est alors une entrée dans la vie suffisante pour un garçon

de 18 ans sans relations, mais elle est assortie de règles de vie rigoureuses. Les ayant transgressées, il recevra son congé en 1715.

Selon Bêche, il est bientôt nommé maître de musique de la collégiale Saint-Victor de Marseille.

Hélas, « la peste s’étant déclarée [été 1720] pendant un voyage qu’il fit à Toulon, il fut contraint


de s’arrêter dans cette dernière ville où il fut maître de musique de la cathédrale... » Blanchard

reste donc à Toulon pendant toute la durée du fléau, cause de 45 000 morts dans toute la Provence,

jusqu’à ce jour de 1722 où le Parlement de Provence proclame “l’acte de déconsignation” libérant

Marseille de son isolement. Mais le musicien ne revient pas à Marseille où cependant, on ne devait

pas l’oublier. L’Académie de concert, qui en 1760 disposait d’un effectif musical important, comp-

tait encore dans ses programmes des motets de Delalande, de Levens autre méridional, et cinq

motets de Blanchard alors maître de chapelle de la cour.

Des documents attestent sa présence dès 1730 comme maître de musique de l’église métropolitaine

de Besançon d’où il parvient à faire entendre son motet Cantate Domino au Concert Spirituel à

Paris le 25 décembre 1733. Sa réputation a dépassé les limites de sa province ; même si elle a lieu

sur recommandation, l’exécution d’une œuvre au Concert Spirituel est une sorte de consécration.

Alors qu’il espère être appelé pour suppléer Campra à Versailles, sa jeune notoriété attire Jean-

Jacques Rousseau qui, espérant faire carrière comme chanteur, vient le consulter. Après un séjour

à Paris, Blanchard est engagé en mars 1734 à la cathédrale d’Amiens dont la maîtrise, une des

plus anciennes du Royaume, passe au XVIIIe siècle pour être une des meilleures de France. Il ne reste rien de ce qu’il a pu composer pour la cathédrale d’Amiens, car on ne peut imaginer que le

motet Lauda Jerusalem de 1736 ou le Venite exultemus de février 1737 soient destinés à la maî-

trise, pas plus que les trois immenses motets du printemps de l’année suivante dont l’effectif requis

est celui de la Chapelle royale. Cette soudaine ardeur, les copies soigneusement « mises au net »

et la signature calligraphiée (12 cm !) laissent percer une belle conscience de soi révélatrice d’une arrière-pensée : le maître de chapelle qui a fait ses premiers pas dans le voisinage de la cour après

un passage dans la capitale, se constitue un répertoire en attendant qu’on l’appelle à Versailles. Il


se flatte en effet d’être connu et apprécié de son illustre aîné Campra qui, selon la légende, l’aurait

rencontré lors d’un passage à Aix.

Le but est atteint lorsque le 15 mars 1738, le duc de Luynes, fidèle et sûr échotier de la Cour, note

dans son journal : « L’abbé Blanchard maître de musique d’Amiens a fait exécuter ces jours-ci

plusieurs motets à la messe du Roi et de la Reine, qui ont été trouvés fort beaux, et le Roi en sortant de la messe hier, dit à cet abbé qu’il était très content de sa musique. On croit qu’il sera

reçu maître de chapelle. » Son grand Laudate Dominum quoniam bonus a plu au souverain ; trois mois plus tard, le Secrétariat de la Maison du Roi prendra note d’une « Retenue de maître de cha-

pelle de la Musique du Roy du quartier de juillet pour le Sieur Blanchard » dont le parchemin

original est aujourd’hui entre les mains de ses descendants. Dix ans plus tard, le mémorialiste de

Pernes attribuera au soutien de Campra la nouvelle position de son compatriote. C’est faire grand cas de la “solidarité” entre Provençaux.

La charge de maître de musique de la Chapelle royale étant l’une des plus lourdes du royaume,

elle avait été répartie entre plusieurs musiciens. En 1738, la nomination de Blanchard après celle

de Madin, prêtre, maître de chapelle de la cathédrale de Rouen, restaure l’ordre dessiné cinquante

ans plus tôt par Louis XIV, un sous-maître par quartier (trimestre). À la mort de Campra en 1744,

Blanchard lui succède comme Maître des pages de la Chambre, puis, l’usage étant qu’ils soient

élevés par un clerc, il est nommé Maître des pages de la Chapelle après la mort de Madin en 1748.

Mais il devra abandonner cette charge en 1754, lorsqu’il quittera l’état ecclésiastique pour se ma-

rier. Son épouse Madeleine Jovelet lui donnera trois fils, dont deux futurs officiers du royaume.

Dès 1750, les musiciens défunts n’étant plus remplacés par mesure d’économie, il finit par être


en service six mois par an. Après la réorganisation de la Musique du roi en 1761 dans le but de

réduire les dépenses, Blanchard et Gauzargues restent seuls pour diriger la Chapelle royale.

Ambitieux, travailleur, mais disait-on, « doux et modeste », Blanchard est anobli en 1764 « pour

s’être acquitté de ses fonctions avec autant de zèle que de distinction » ; le roi lui accorde en

outre « le cordon de l’Ordre de Saint-Michel qui vaquait pas le deceds de l’illustre Rameau ».

Cet honneur nous vaut de connaître ses traits ; son portrait dessiné par Charles Nicolas Cochin II

sera gravé par Augustin de Saint-Aubin.

L’année suivante, il cède la survivance de sa charge au premier violon de l’orchestre JulienAmable Mathieu pour lui succéder après sa mort. Blanchard quitte alors la Chapelle, mais se ré-

serve la direction des grandes cérémonies. D’une écriture tremblée de vieillard il compose hâtivement, sans doute en hommage à la reine qui l’avait souvent soutenu, une ultime version plus tragique du verset « Quia apud te » de son De profundis avant de le diriger pour les funérailles de Marie Leszczińska à Saint-Denis en 1768. Ce sera sa dernière prestation officielle. Il s’éteint

à Versailles le 10 avril 1770.

Quelques années après sa mort, il était encore considéré comme « l’un des plus excellents com-

positeurs de musique d’église parmi tous les maîtres qui ont travaillé pour la Chapelle du Roi ».

Louis XIV avait voulu que la Musique de la Chapelle fût la plus belle institution du royaume, lieu de prestige d’une monarchie “de droit divin”. Une nomination à la Chapelle royale était donc

une consécration sociale et musicale, par l’importance des moyens à la disposition des composi-

teurs : un orchestre et des chanteurs d’une qualité remarquable. Placés sous la responsabilité d’un

évêque “maître de Chapelle”, les “sous-maîtres de musique” avaient la charge de composer et de


diriger les motets à grand chœur qui servaient de décor sonore aux nombreux offices quotidiens,

messe du roi, messe de la reine, vêpres, et célébrations touchant la famille royale, naissances et

mariages sous le regard du pays tout entier. Seuls les sacres avaient lieu à Reims, tandis que les

funérailles et les services anniversaires de la mort de Louis XIV étaient célébrés à l’Abbaye royale de Saint-Denis. Par tradition, le Miserere étant chanté le mercredi des Cendres, le De profundis

aux offices funèbres et le jour de la Toussaint, le Te Deum pour les occasions glorieuses, le Magnificat à Vêpres, chaque maître de musique se devait d’apporter sa contribution par des œu-

vres nouvelles, surtout s’il voulait éviter l’humiliation de conduire l’œuvre d’un collègue. Les « musiciens » (instrumentistes) et les chanteurs s’installaient autour de l’orgue, dans la tribune

étonnamment construite au-dessus du maître-autel, face au Roi qui, de la tribune royale, pouvait

embrasser d’un regard l’ensemble du clergé et de la Musique. Grâce à quelques Livres de motets

pour la Chapelle du Roy conservés, nous pouvons connaître les textes de motets exécutés devant

le roi à certaines périodes, et les noms de leurs auteurs.

Le motet à grand chœur et symphonie, écrit sur un texte latin plus ou moins en accord avec la li-

turgie, généralement un psaume ou plus rarement un cantique (Magnificat), s’organise en une suite de « récits » (airs de solistes, duos, trios) et chœurs à cinq voix accompagnés par l’orchestre.

Pour traduire l’éloquence de textes souvent entendus à l’office et soutenir l’intérêt de l’assistance,

tous les moyens musicaux sont mis en œuvre selon le principe des figures de style des grands prédicateurs. Dans le cadre de la tradition, Blanchard modèle la forme musicale sur celle des ver-

sets du psaume, mais abordant les textes sacrés de manière très personnelle, il déploie un registre

d’émotions étendu, miroir de la diversité des expressions, jubilatoire et exubérante lorsque le texte

s’y prête, ailleurs pleine de contrastes et d’effets dramatiques, tandis que la félicité bienheureuse


est chantée sur des « musiques de sommeil » pleines de charme.

Fondés sur le principe esthétique de l’imitation, certains thèmes sont évocateurs. Un flot de croches rapides fait voler « et exultavit spiritus meus » du Magnificat, aussi bien que les montagnes

bondissantes, « montes exultaverunt » dans In exitu Israël. Le public du Concert spirituel de la

Toussaint 1742 ne fut certainement pas insensible au spectaculaire chœur initial du De profundis,

avec sa chute d’intervalle vers les « abîmes » et le cri prolongé « clamavit » dans le ton pathétique

de fa mineur alors peu usité.

Lorsque s’épanouit le plaisir du chant ou une belle combinaison de timbres, il arrive qu’un récit de

soliste retienne l’attention des auditeurs pour le charme d’une voix ou de la virtuosité vocale ; à lui

seul, il peut décider du succès d’un motet tout entier. En 1762, au moment où les pages de la Chapelle

remplaçaient de plus en plus les faussets et les castrats italiens vieillissants, surtout au Concert Spirituel, à partir d’une seule ariette chantée par le jeune page Richer avec un succès considérable

(était-ce « Simulacra gentium » dans In Exitu Israël ?), le critique observa que « le motet entier pro-

duira toujours un effet satisfaisant, et donnera […] une idée avantageuse des talens de son Auteur ».

Il se trouve que les trois motets présentés sur ce disque s’ouvrent par un chœur, choix assez rare

dans l’œuvre de Blanchard, mais justifié par les fortes paroles du psalmiste : célébration de la fin

de l’Exode et sortie d’Égypte, imploration du Seigneur dans la détresse, et exultation étonnée de

la Vierge Marie. Que Blanchard écrive un chœur sur un thème de plain-chant ou sur une aimable

ligne de « musique pure », il sait en varier les effets ; constitué d’accords simples, tout le chœur

« Sustinuit » du De Profundis est un dialogue entre le grand chœur à cinq voix et le petit chœur à

trois voix, d’une légèreté un peu froide qui contraste avec la ferveur angoissée du chœur initial.


« In exitu Israël : Mare vidit » (détail du manuscrit)


Le musicien sait choisir l’image forte qui rendra un chœur spectaculaire : dans In exitu Israël, le

chœur chante « mota est terra » en “tremblant” de peur comme les « Trembleurs » tremblaient de

froid dans Isis de Lulli. L’esprit dramatique est créé par des tensions harmoniques quand l’éton-

nante modulation en mineur vient renforcer la « sanctification d’Israël » dans le puissant passage

homophone « Facta est Judea... Israël potestas ejus » à la fin du premier verset d’In exitu Israël.

Blanchard imagine aussi des développements contrapuntiques à cinq voix d’une grande intensité

pour le chœur fugué du Magnificat « Fecit potentiam », interrompus par un rythme de chevauchée

qui s’installe pour traduire « dispersit superbos ».

Dans le travail instrumental, le dessin mélodique des thèmes a souvent un caractère violonistique marqué à l’italienne (« Et exultavit » du Magnificat) ou dans les ritournelles instrumentales des grands

chœurs construits sur le schéma à ritornello des œuvres italiennes appréciées au Concert Spirituel.

Inventifs en matière de coloris instrumental, les motets des années 1750 offrent d’heureuses combi-

naisons, surtout avec la présence du cor, de la clarinette, l’usage du pizzicato, le brillant du basson

dans le couple basse-taille et basson ou l’union de la haute-contre avec deux flûtes sans basse.

Le motet In exitu Israël pour le quartier d’avril 1749 offre une palette d’effets sonores presque

uniques. De ce très long Psaume CXIII, dans lequel le psalmiste prend à témoin le fleuve et la

mer des prodiges accomplis par le Seigneur dans l’histoire de son peuple, Blanchard privilégie

huit versets qui sont autant de « tableaux pathétiques de l’Écriture Sainte ». Les “orages” étant

des phénomènes quotidiens à l’opéra, l’occasion est trop belle pour qu’avec l’évocation du trem-

blement de terre et le passage de la mer Rouge, ils n’entrent pas à la Chapelle. Une virtuose sym-

phonie de tempête fait s’entrecroiser les vagues et les rafales en trémolos des cordes, dans le

mouvement de flux et de reflux des nuances fort et doux. Avec le diminuendo qui suit, encore


rare en 1750, Blanchard se fait même novateur dans le traitement de la dynamique, autant de dé-

tails pittoresques qui valurent au motet d’être encore applaudi au Concert Spirituel en 1763.

Mais l’originalité de Blanchard réside principalement dans la vie des rythmes. Comme les autres mé-

ridionaux, il abandonne parfois la “souplesse” des récits français pour des thèmes au parfum provençal

ou des rythmes de danse. Ainsi, les refrains des chœurs ‟en Rondeau” « Quia fecit mihi magna » et « Sicut locutus est » du Magnificat donnent une vision joyeuse des versets qu’ils illustrent.

Pensée au long des trente ans de sa carrière versaillaise, l’œuvre de Blanchard est un des révélateurs

de l’évolution du style français au XVIIIe siècle. Sous diverses influences, une nouvelle esthétique

s’est fait jour, qui préconise le naturel et la simplicité, traduisant les aspirations et les sentiments

du cœur humain. Particulièrement sensible dans la musique instrumentale et à l’opéra, ce change-

ment est décelable aussi dans la musique d’église qui n’a jamais eu des buts seulement musicaux :

l’émotion spirituelle peut naître du plaisir esthétique. Déjà en 1704, Lecerf de la Viéville, écrivait :

« La Musique attire aux Églises & les fait aimer. Ce serait un mal de n’y aller volontiers que les

jours de Musique extraordinaire, mais ce n’en est point un que d’y aller un peu plus gayement ces

jours-là » ! Les très nombreuses nouvelles versions de récits de solistes et de quelques chœurs

prouvent que, toujours attentif à la signification profonde du texte et à l’expression de l’intention

religieuse, Blanchard a su accorder progressivement son style à la sensibilité de ses auditeurs, en

sachant rester « très sçavant » sans jamais cesser d’être « en accord avec la majesté du sujet ».

Bernadette Lespinard,

docteur en musicologie, professeur honoraire d’analyse au CRR de Grenoble


© Jean-Jacques Ader


Notes sur la restitution et l’interprétation | Jean-Marc Andrieu

Les trois motets à grand chœur figurant dans cet enregistrement illustrent deux périodes de la vie créatrice de Blanchard à Versailles : le De Profundis (1740) et le Magnificat (1741) datent des débuts versaillais du maître nommé en 1738 ; quant au In Exitu Israël (1749), plus tardif, il témoigne d’une évolution remarquable de son langage. En effet, les deux premiers motets s’inscrivent dans l’esthétique classique de Delalande (dont les œuvres religieuses resteront inscrites au répertoire de la Chapelle royale et du Concert Spirituel jusqu’à la fin de l’Ancien Régime) et de Campra, alors que In Exitu illustre la modernisation des moyens musicaux due certainement à l’influence de ses nouveaux collègues au rang desquels on pense inévitablement à Mondonville (qui arrivé à Paris en 1738, sera nommé sous-maître de la chapelle du roi en 1744).

Il est difficile d’évaluer l’influence réciproque des sous-maîtres de la Chapelle mais il est fort probable que l’évolution du goût au milieu du XVIIIe siècle a dû jouer un rôle important dans les rivalités qui ne manquaient pas d’animer leurs relations. Ainsi l’italianisation du style, naturellement facilitée par les maîtres d’origine méridionale, se ressent nettement dans les œuvres dédiées à la Chapelle royale.

La restitution des partitions de Blanchard se base sur deux sources conservées à la Bibliothèque Nationale : les manuscrits autographes classés alphabétiquement et reliés en quatre volumes, et le magnifique recueil de M.F. Bêche, copie de onze motets (dont le De Profundis). Ce recueil date de 1788 et témoigne de l’admiration du copiste pour son maître.

Un choix de variante a concerné le Quia apud te du De Profundis : nous avons bien sûr préféré donner la deuxième version plus tardive de cet air probablement écrit à l’occasion des funérailles de Marie Leszczińska en 1768. D’autre part, une deuxième version du chœur final du In Exitu figure à la fin du motet : confuse et difficilement exploitable, nous ne l’avons pas retenue.

Concernant l’orchestration, il s’agit certainement de l’aspect le plus délicat à traiter dans la mesure où les sources ne précisent que très rarement les instruments utilisés (le plus souvent au début seulement du motet) : on se base alors sur l’usage, la comparaison avec d’autres pièces contemporaines, les tessitures et ambitus des parties, les clés utilisées, les formules idiomatiques propres à


tel ou tel instrument, les très rares parties séparées. La configuration des cordes pose également le problème des parties intermédiaires ne figurant pas toujours dans les manuscrits : il faut certainement les compléter lorsque des portées ont été laissées vides, mais la plupart du temps des options d’orchestration doivent être prises en tenant compte de l’équilibre avec les voix solistes, de l’intensité théâtrale du passage, ou aussi du traitement harmonique ou contrapuntique d’un numéro.

Les vents cités en début de motet (deux hautbois pour le Magnificat, deux flûtes et deux bassons pour le De Profundis, deux hautbois, deux petites flûtes, deux bassons, deux cors et timbales pour In exitu Israël) sont réutilisés dans certains numéros pour renforcer et colorer l’instrumentation. La basse continue, socle harmonique et rythmique, utilise orgue, violoncelle, contrebasse et basson. La présence du serpent suggère que cet instrument, encore en usage à la Chapelle royale au milieu du XVIIIe siècle pour soutenir le plain-chant, pouvait éventuellement participer à l’office quotidien. En tout cas il donne une coloration typiquement française à l’orchestre.

Les effectifs veillent à un équilibre entre orchestre et chœurs dans le souci de respecter l’intelligibilité du texte (prononcé à la française), et de permettre une théâtralité en adéquation avec les mutations du style de l’époque.

Concernant le diapason, les études de P.Y. Asselin citent une fréquence de 409 Hz au milieu du XVIIIe siècle en France à l’Opéra et à la Chapelle Royale (rappelons qu’il était auparavant d’environ 390 Hz). Nous avons donc choisi le diapason à 415 Hz se rapprochant le plus de cette estimation, et autorisant une meilleure et pertinente brillance des voix. Enfin une grande importance est toujours donnée au rythme, lié à la prosodie : ainsi que le souligne Bernadette Lespinard, le rythme est représentatif de l’originalité de Blanchard. Comme pour ses congénères provençaux (Gilles et Campra notamment) la danse nourrit chaque intention musicale de son énergie communicative.

Nous espérons que la beauté de ces pièces, dues à un auteur aussi célèbre en son temps que méconnu de nos jours, saura séduire le public. Les quarante-trois motets à grand chœur conservés de Blanchard sont les témoins d’un siècle en grande mutation esthétique ; l’une des grandes réussites de ces œuvres aura été d’avoir su concilier expression moderne et « majesté du sujet ».


© Jean-Jacques Ader


L’intention de la Musique est non seulement de plaire à l’Ouïe, mais d’exprimer les Sentiments, de frapper l’Imagination, d’affecter l’Esprit et de commander les Passions. Geminiani, The Art of Playing on the Violin, 1751

Les Passions – Orchestre Baroque de Montauban (www.les-passions.fr) Créé par le flûtiste à bec Jean-Marc Andrieu à Toulouse en 1986, Les Passions – Orchestre Baroque de Montauban, est en résidence à Montauban. Ensemble à géométrie variable, il est spécialisé dans la pratique des instruments d’époque. Sa démarche artistique concilie deux principes : le respect des techniques de jeu anciennes et l’interprétation dynamique du discours musical.

Répertoire L’offre des Passions est très variée : petites formations instrumentales, grands oratorios, spectacles historiques, musique baroque française italienne, allemande, anglaise ou mêlée à la musique traditionnelle ou contempraine. L’orchestre propose d’originaux spectacles où il se plait à marier la musique avec le cinéma, le théâtre, la littérature, la danse, voire avec les arts de la table !

Collaborations musicales L’orchestre se produit seul ou en compagnie de chanteurs, sous la direction de son directeur artistique ou de chefs de chœur qui l’invitent. Il collabore fréquemment avec le Chœur de chambre Les Eléments (dir. Joël Suhubiette) ou le Chœur du Capitole de Toulouse (dir. Alfonso Caiani).

Une notoriété régionale, nationale et internationale L’orchestre a été invité par l’Ambassade de France à Rome (Palais Farnèse), par le festival Oudemuziek d’Utrecht (Pays-Bas), diverses structures en Espagne dont Música, Historia i Art de Valence, Música Antigua de Saragosse, à Fès, Amsterdam, en Suisse, Hongrie… En 2014 et 2016, invité par les Ambassades de France, les Alliances Françaises et avec l’aide de l’Institut Français, il a effectué deux tournées en Bolivie et au Pérou, puis en Bolivie et au Chili. En France il est reçu par de prestigieuses manifestations : La Chaise-Dieu pour son fameux triptyque consacré à Jean Gilles, Lessay, Sablé, Pontoise, Lanvellec, Sylvanès, Odyssud-Blagnac, Conques, Toulouse-les-Orgues, Sorèze, Strasbourg, Radio-France Montpellier, Avignon…ainsi qu’à l’Ile de La Réunion.


L’Orchestre participe au Festival Passions Baroques à Montauban depuis sa création en 2011. En 2013 et 2014 J-M. Andrieu a dirigé Les Passions et le Chœur du Capitole au Théâtre du Capitole de Toulouse puis au Festival Baroque de Pontoise pour des motets versaillais de Rameau et Mondonville.

Discographie Chaque disque des Passions édité avec le label Ligia est couronné de succès : Con voce festiva (Scarlatti), Vêpres vénitiennes (Porpora/Vivaldi), Noël baroque occitan, Beata est Maria, motets à trois voix d’hommes (M-A. Charpentier). Depuis 2008, J-M. Andrieu s’attache à mettre en lumière les œuvres majeures de Jean Gilles. Elles ont ainsi fait l’objet de trois parutions réunies en un coffret en 2013 : Requiem (2008), Lamentations (2010) et Te Deum, Messe en Ré (2012).

Paru en 2014, FolieS ! est un CD purement instrumental mettant en valeur l’instrument de prédilection du directeur musical des Passions : la flûte à bec.

A la rentrée 2016 sort le livre-disque Magnificat à la Chapelle Royale d’Antoine-Esprit Blanchard, réunissant trois motets à grand chœur dont deux inédits.

Découverte du patrimoine musical régional : Les maîtres du Baroque méridional. Par ses recherches approfondies, tant musicologiques qu’historiques, et son important travail de restitution de partitions oubliées ou perdues, J-M. Andrieu s’impose comme le spécialiste de Jean Gilles. Ses récentes découvertes l’amènent à faire revivre des œuvres inédites du compositeur Antoine-Esprit Blanchard, à la scène comme au disque.

En 2016, pour les 30 ans des Passions, sous la présidence d’honneur de Gilles Cantagrel, plusieurs manifestations sont organisées à Montpellier, Toulouse, Montauban : concerts, colloque universitaire, expositions, conférences…

Résidence et soutiens L’orchestre Les Passions est en résidence à Montauban ; il est subventionné par la Ville de Montauban, la Communauté d’Agglomération du Grand Montauban, le Conseil Départemental de Tarn-et-Garonne et la Ville de Toulouse. L’ensemble est aidé par la Région Occitanie PyrénéesMéditerranée et par le Ministère de la culture et de la communication/Préfet de la Région


Occitanie Pyrénées-Méditerranée, au titre de l’aide aux ensembles conventionnés, ainsi que par la réserve parlementaire de Valérie Rabault, députée. Il reçoit régulièrement le soutien de la Spedidam, de l’Institut Français et de l’Adami pour ses enregistrements. Il est membre du Profedim et de la Fevis. Jean-Marc Andrieu, directeur musical des Passions Jean-Marc Andrieu débute ses études musicales au Conservatoire National de Région de Toulouse où il obtient les premiers prix de flûte à bec, musique de chambre et solfège et y poursuit des études de musicologie. Passionné par la musique ancienne il se perfectionne dans le jeu de la flûte à bec et l’interprétation au Conservatoire Sweelinck d’Amsterdam. Il est titulaire ©Joyce Vanderfeesten des certificats d’aptitude de flûte à bec, de direction de chœur et de directeur de conservatoire. Il est directeur du Conservatoire de Montauban depuis 1991.

En 1986, il crée à Toulouse un ensemble instrumental baroque dont la notoriété ne cessera de grandir, et qui deviendra en 1991 l’Orchestre Baroque de Montauban, puis Les Passions en 2003.

Au-delà des grands ouvrages et d’œuvres connues du répertoire baroque, J-M. Andrieu s’attache à faire revivre des œuvres inédites ou oubliées et montre une âme de découvreur de partitions rares pour lesquelles il réalise un important travail de restitution. Son intégrale, à la scène comme au disque, des œuvres majeures de Jean Gilles est une référence de portée internationale.

En 2016 il met en lumière Antoine-Esprit Blanchard, apportant ainsi une nouvelle pierre à l’édifice des musiques baroques méridionales.

Il poursuit passionnément son travail d’exploration du patrimoine régional (Toulouse, Ducs d’Aiguillon, Montauban, Provence, Languedoc,…).

Sa double compétence de chef d’orchestre et chef de chœur, l’amène à diriger régulièrement des programmes et des enregistrements de musique baroque ou lyrique tant en France qu’à l’étranger. Il est fréquemment sollicité au titre de membre de jury de concours.


Chœur de chambre les éléments (www.les-elements.fr) Depuis sa création par Joël Suhubiette en 1997 à Toulouse, le chœur de chambre les éléments est devenu l’un des acteurs principaux de la vie chorale professionnelle française. Récompensés en 2005 par l’Académie des Beaux Arts avec le prix de la Fondation Liliane Bettencourt pour le chant choral et par une Victoire de la musique classique en 2006, les éléments s’illustrent dans les répertoires de la Renaissance à la création contemporaine et commandent régulièrement des œuvres aux compositeurs d’aujourd’hui.

A cappella, avec ensemble instrumental, en oratorio, l’ensemble se produit à Toulouse, dans sa région, ainsi que sur les plus grandes scènes nationales et internationales.

Le chœur de chambre les éléments est fréquemment invité par des orchestres et chefs de renom tels que Jérémie Rhorer, Emmanuel Krivine, Philippe Herreweghe, Christophe Rousset… il collabore avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, et pour des productions scéniques, avec l’Opéra Comique et le Théâtre des Champs-Élysées.

Les éléments enregistrent sous la direction de Joël Suhubiette pour l’Empreinte digitale, Hortus, Virgin Classics et Naïve.

Le chœur de chambre les éléments est un ensemble conventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication - Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie PyrénéesMéditerranée, par la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée et par la Ville de Toulouse. Il est subventionné par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne.

Mécénat Musical Société Générale est le mécène principal du chœur de chambre les éléments.

Les éléments sont accueillis en résidence depuis 2001 à Odyssud Blagnac et depuis 2006 à l’Abbaye-école de Sorèze.


Anne Magouët Après des études littéraires et musicales complètes en tant qu’altiste, Anne Magouët, débute le chant au Conservatoire National de Région de Nantes où elle obtient des médailles d’or en chant, musique ancienne, art lyrique et un prix de perfectionnement en chant et en art lyrique dans la classe d’Annie Tasset. Elle se perfectionne ensuite avec Alain Buet.

Elle se produit tant en récital qu’en soprano solo, invitée par des ensembles tels Jacques Moderne, Stradivaria, les Sacqueboutiers, Concerto Soave, la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, les Eléments, Pierre Robert, les Folies Françoises, le Poème Harmonique, les Passions, Sit Fast, les Traversées Baroques, le Concert Spirituel et bien d’autres. Parallèlement à son répertoire classique qui s’étend de la Renaissance à la musique contemporaine, elle a participé à divers projets avec des musiciens de jazz, dont David Chevallier (Gesualdo Variations, Double Dowland, Sit Fast & Fear Not, Emotional Landscapes), Alban Darche, Dominique Pifarély, Marc Ducret…

2013 fut un grand cru, son intronisation dans la Confrérie des Chevaliers du Tastevin lors du chapitre de Printemps et de la Musique au Château du Clos de Vougeot. 2014 a vu, entre autres, la création d’Emotional Landscapes - extended play (chansons de Björk sur instruments anciens) et la parution du CD “Dowland - A game of Mirrors”. Au menu de 2015 : la messe en si et la grande messe en ut avec Jean-Claude Malgoire, des concerts à la Folle Journée de Nantes, l’enregistrement d’un disque Madin avec l’ensemble Stradivaria, le Paradis et la Péri de Schumann, et la nouvelle collaboration avec le Concert Etranger...


François-Nicolas Geslot François-Nicolas Geslot étudie le chant auprès d’Arrigo Pola en Italie grâce à une bourse du ministère de la Culture. En 1992, il entre à l’école de l’Opéra de Paris Bastille dans la classe d’Anna-Maria Bondi.

Après ses débuts dans le Chevalier de la Force, Dialogues des Carmélites de Poulenc, au Palais Garnier et un Juif dans Salomé à l’Opéra Bastille, il devient membre de la troupe de l’Opéra Comique de Paris. Il chante ensuite de nombreux opéras en France comme à l’étranger.

François-Nicolas Geslot se produit à l’Opéra Bastille, au Châtelet, au Palais Garnier, à l’Opéra de Hambourg, au Concertgebouw d’Amsterdam, à l’Opéra de Gand et d’Anvers, au Théâtre des Champs Elysées, au Grand Théâtre du Luxembourg, à Radio France, à l’Opéra de Crémona, au Maggio Fiorentino et dans de nombreux festivals.

Sa passion pour la musique baroque le conduit à travailler comme haute-contre avec différents ensembles tels les Arts Florissants de William Christie, Il Seminario Musicale, le Concert Spirituel, Le Poème Harmonique, La Simphonie du Marais, La Fenice, le Parlement de Musique, les Agrements, l’ensemble Elyma de Gabriele Garrido ou encore Les Passions.

Il a participé à de nombreux enregistrements dont, récemment, celui de la Missa Assumpta est de Charpentier sous la direction d’Hervé Niquet chez Glossa.

François-Nicolas Geslot vient de chanter sa première Platée de Rameau avec grand succès, à Bremerhaven en Allemagne. Il participe à nouveau au concert Mondonville avec l’ensemble Orféo dirigé par Françoise Richard, il enregistrera un disque d’airs de cours de Michel Lambert avec l’ensemble Il Festino.


Bruno Boterf Après des études universitaires de musicologie, Bruno Boterf choisit de se consacrer au chant. Il prend rapidement place auprès des meilleurs chefs dans les Cantates et Oratorios de Bach et Haendel, les œuvres sacrées de Monteverdi, Cavalli, Mozart et Rossini.... Dans le même temps il s’initie aux arcanes de la musique médiévale tout en pratiquant la musique contemporaine au sein du Groupe Vocal de France ou avec les ensembles 2E-2M et l’Itinéraire.

Sur scène il s’est produit dans de nombreux opéras sous les directions de Jean-Claude Malgoire, William Christie, Marc Minkowski, Hervé Niquet..., tout en collaborant régulièrement avec Mireille Larroche et la Péniche Opéra.

Passionné par la musique de la Renaissance et du début du Baroque, Bruno Boterf collabore avec les ensembles Akâdemia, Les Passions, William Byrd, Mensa Sonora, Les Witches, Les Sacqueboutiers ou La Fenice... Il voue une prédilection au répertoire français de la fin du XVIe siècle et à la chanson française polyphonique.

Titulaire du Certificat d’Aptitude de Musique Ancienne, Bruno Boterf, a enseigné au CRR de Tours ainsi qu’au Conservatoire Royal de Liège. Il est professeur de chant spécialisé en musique ancienne au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Lyon. Il est l’invité régulier de centres polyphoniques et autres structures pour des cours et master-classes.

Ses expériences polyphoniques et sa participation aux projets de l’Ensemble Clément Janequin pendant plus de 20 ans l’ont conduit à créer son propre ensemble, Ludus Modalis, ensemble vocal et parfois instrumental, dont le répertoire trouve sa source dans la musique vocale de la Renaissance et du début de l’ère Baroque.

Il a participé à de nombreux enregistrements pour les firmes Harmonia-Mundi, Ricercar, Alpha, Erato, CBS, Auvidis, Ramée avec Ludus Modalis et plus récemment Ricercar pour les premiers volets d’un projet Henry Du Mont dont il assure la direction artistique.


Alain Buet Après des études au CNR de Caen et au CNSM de Paris, le travail avec le grand professeur américain Richard Miller va marquer l’engagement d’Alain Buet dans le monde de la musique. Il entame alors une carrière de soliste et de pédagogue.

Une voix claire et chaude, un goût de la découverte le portent à chanter un vaste répertoire du XVIe au XXe siècle profane et religieux. Il est régulièrement invité par les meilleurs festivals internationaux (Beaune, Epau, La Chaise Dieu, Les Promenades Musicales en Pays d’Auge, Les Folles Journées de Nantes, Septembre Musical de l’Orne, Versailles (Chapelle Royale et Opéra), Fez, Innsbruck, Istanbul, Cremone, Parme, Beethoven Fest à Bonn, Leipzig, festival J.S. Bach à Lausanne, Amsterdam (Concertgebauw), …

Grâce à Jean-Claude Malgoire, son expérience de la scène se développe. Il participe également à plusieurs tournées avec Les Arts Florissants sous la direction de William Christie.

Une discographie déjà abondante vient de s’enrichir de plusieurs enregistrements sous la direction de Jean-Claude Malgoire, Olivier Schneebeli, David Stern ou avec l’ensemble l’Arpeggiata, le Parlement de Musique, le Concert Spirituel, les Musiciens de Monsieur Croche, les Folies Françoises, Les Passions…

Alain Buet est fondateur et animateur de l’ensemble Les Musiciens du Paradis. Titulaire du Certificat d’Aptitude, il enseigne le chant depuis 2007 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.


Antoine (known as Esprit) Blanchard, Music Master at the Chapelle Royale

“It is rare for ‘motets à grand chœur’ to be printed because this type of composition can only be heard in churches or at the largest of concerts... Hence, these sorts of works remain as manuscripts which will be entirely swept away by neglect, new styles of composing and the passage of time.” Thus wrote MarcFrançois Bêche, cantor at the Chapelle Royale in 1788, a friend of Blanchard, at the top of his extremely attractive copy of the “best motets” by the late musician.i He added, “If, in centuries to come, we continue to make progress [in music] we must trust that justice will be done to Mr. Blanchard’s works.”

As Jean-Marc Andrieu presses ahead with the rediscovery of Antoine Blanchard’s works which he began thirty years ago, he has ably performed this mission — indeed, it is a joyful way of “doing justice” to his compositions! The three motets à grand chœur showcased herein – two of which have been recorded for the first time – are amongst those religious works representative of the music of Louis XV’s Chapel in the middle of the Eighteenth Century. They make a most pleasant addition to our knowledge about the musician.ii

Antoine Blanchard was Provençal, born in the Comtat Venaissin on the 28th of February, 1696, in Pernes-les-Fontaines. This small town was proud “to have produced so many illustrious individuals,” if one goes by Jean-Julien Giberti. He was glad to list the musician amongst fellow citizens who had been granted honours in his Histoire de la Ville de Pernes (1748). The error made by Blanchard’s first biographer, M-F. Bêche (who gave the 29th of February, the date of his baptism, as the date of his birth), has been reiterated like a legend by generations of musicographers. The musician was baptised Antonius (Antoine) and signed all his manuscripts, “A. Blanchard.” The first name Esprit (after his godfather Esprit-Joseph Castan) appears on two notarial deeds but on no royal or private i

Collection of Selected Motets by the late E.J.A. Blanchard, by M.F. Bêche, BnF Mus. Vm1 1323

B. Lespinard, La Vie et L’Œuvre d’Antoine Blanchard. Contribution à L’histoire du Grand Motet sous le Règne de Louis XV. Etude historique, sociale et musicale. (The Life and Works of Antoine Blanchard. Contribution to the History of the Grand Motet in the Reign of Louis XV. A historical, social and musical study). Musicology thesis, unpublished, Univ. Paris-Sorbonne, 1977. ii


certificates. Who gave this “nickname” to the engraver of his official portrait in 1767? The name “Esprit” was rejected and crossed out by his sons on his death and inheritance certificates. Over time, perhaps because of its rarity, the name has become emblematic of the individual.

Antoine gave “evidence of his genius from his childhood,” and at the age of eight was enrolled in the choir school of Saint Sauveur Cathedral in Aix-en-Provence. He entered the choir two years later wearing the red choirboy’s cassock and receiving tuition from the renowned Guillaume Poitevin, who had already trained Gilles and Campra. At the choir school, the young boy mixed with an educated élite. Later on, this made it possible for him to take on the post of Maître de Grammaire (Master of Grammar) des Pages de la Chambre. Having acquired knowledge in “Latinity and Theology,” he received the black robe in 1714, donned the “clerical collar” and became “Abbé Blanchard,” a tonsured cleric like Campra. At the time, this admission to clerical status, accompanied by a modest income from a chapel, was an adequate start to life for an eighteen-year-old boy without connections. However, it came with a rigorous set of lifestyle rules. He was dismissed in 1715 when he transgressed them.

According to Bêche, he was soon after appointed maître de musique at the collegiate church of Saint Victor in Marseilles. Alas, “as the plague was declared [in the summer of 1720] during a journey he made to Toulon, he was obliged to stop over in that town where he was appointed the cathedral’s maître de musique...” Thus, Blanchard remained in Toulon for the entire duration of the plague epidemic which caused the deaths of 45,000 people from all over Provence, until that day in 1722 when the Parliament of Provence proclaimed, “the act of release” which freed Marseilles from its quarantine. However, the musician never did return to Marseilles where he would nonetheless not be forgotten. In 1760, the Académie de Concert had a large musical personnel and still included in its programmes motets by Delalande, Levens (another native of Southern France) and five motets by Blanchard who was, at the time, chapelmaster at the Royal Court.

Documents attest to his presence from 1730 as maître de musique at the Église Métropolitaine in Besançon, a position from which he managed to get his motet Cantate Domino performed at the Concert Spirituel in Paris on the 25th of December, 1733. His reputation had extended beyond his province – even if it took place upon recommendation, the performance of a work at the Concert


Spirituel was a sort of consecration. While he was hoping to be called to stand in for Campra in Versailles, his new fame caught the attention of Jean-Jacques Rousseau who, eager to pursue a singing career, came to consult him. After a stay in Paris, Blanchard was engaged by Amiens Cathedral in March, 1734. Its choir school, which was one of the oldest in the Kingdom, was considered one of the best in Eighteenth Century France. There is no trace of what he might have composed for Amiens Cathedral, because one can scarcely imagine that the motet Lauda Jerusalem from 1736 or the Venite exultemus from February, 1737, could have been intended for the choir school any more than the three immense motets from spring of the following year. In the latter example, the musical personnel required for performance would involve all those at the Royal Chapel. This sudden fervour, together with copies carefully “tidied up,” and the beautiful handwritten signature (measuring 12 cm!) bring to light a well-developed self-awareness most revealing of ulterior motive: the chapelmaster, who had made his first foray into environs of the Royal Court after a brief visit to the capital, was amassing a repertoire awaiting his appointment in Versailles. Indeed, he was proud of being known and appreciated by his illustrious elder Campra, who, according to legend, had met him on a visit to Aix.

This aim was achieved when on the 15th of March, 1738, the faithful and reliable court observer, the Duke of Luynes, noted in his memoirs: “Over the past few days, Abbot Blanchard, maître de musique (music master) at Amiens, has performed several motets at the King and Queen’s mass, which were found to be exceedingly beautiful, and the King, on leaving mass yesterday, said to the abbot that he was very pleased with his music. We think that he will be appointed chapelmaster.” The monarch enjoyed his grand Laudate Dominum quoniam bonus. Three months later, the King’s House Secretariat noted, “Acceptance of Mr. Blanchard in the Office of Chapelmaster of the Musique du Roy for the quarter starting in July.” The original parchment is now owned by his descendants. Ten years later, the chronicler of Pernes attributed his compatriot’s new position to Campra’s support. This makes a strong case for “solidarity” between Provençal natives.

As the position of music master at the Royal Chapel was one of the most onerous in the realm, duties were divided amongst several musicians. In 1738, Blanchard’s appointment, following on from that of Madin, priest and chapelmaster of Rouen Cathedral, restored the order set forth fifty years earlier


by Louis XIV, which was one assistant master per quarter. Upon Campra’s death in 1744, Blanchard succeeded him as Maître des Pages de la Chambre. Then, as it was customary for pages to be raised by a cleric, he was named Maître des Pages de la Chapelle after Madin’s death in 1748. However, he had to withdraw this position in 1754 when he resigned from his ecclesiastical status to get married. His wife, Madeleine Jovelet, bore him three sons, including two future officers of the kingdom.

From 1750, as a cost-saving measure, deceased musicians were no longer replaced and he eventually worked six months per year. Following reorganisation of the Musique du Roi in 1761 as a move to reduce costs, Blanchard and Gauzargues were the only ones left to run the Royal Chapel. Blanchard was ambitious and hard-working but was said to be “gentle and modest.” He was given a title in 1764, “for having performed his duties with such zeal and dignity.” Furthermore, the king awarded him, “the Cordon of the Order of Saint Michael, left vacant following the death of the illustrious Rameau.” As a result of this honour, we know what Blanchard looked like – Augustin de SaintAubin made an engraving of Blanchard’s portrait as drawn by Charles Nicolas Cochin II.

The next year, he transferred the “survivorship” of his position to the orchestra’s first violin, Julien-Amable Mathieu, for him to succeed him upon his death. Blanchard then left the Chapel but reserved the right to conduct large ceremonies. With an old man’s trembling hand, and undoubtedly in tribute to the Queen who had often supported him, he hastily composed one final, more tragic version of the antiphony Quia apud te from his De profundis. This he did before conducting it at Marie Leszczińska’s funeral in Saint Denis in 1768. This was his last official performance. He passed away in Versailles on the 10th of April, 1770. Some years after his death, he was still deemed to be, “one of the most excellent composers of church music amongst all the maîtres who have worked for the King’s Chapel.”

Louis XIV had wanted the Musique de la Chapelle to be the finest institution in the realm; a prestigious showpiece for a monarchy ruling by “divine right.” Being appointed to the Royal Chapel was thus a social and musical consecration due to the significant resources made available to composers. These included an orchestra and singers of outstanding proficiency. Sous-maîtres de musique (assistant music masters) were placed under the responsibility of a bishop maître de Chapelle and were in charge of composing and conducting motets à grand chœur which were


used as a musical backdrop to the numerous daily services, the king’s mass, queen’s mass, vespers, and other celebrations pertaining to the royal family, such as births and weddings which were under the watchful eye of the whole country. Only coronations took place in Rheims, whereas funerals and the anniversary services for the death of Louis XIV were held at the Saint Denis Royal Abbey. Traditionally, with the Miserere sung on Ash Wednesday, the De profundis at funeral services and All Saints’ Day, the Te Deum for glorious occasions, and the Magnificat at Vespers, each maître de musique was duty-bound to make his contribution with new works. This was especially so if he wished to avoid the humiliation of conducting a colleague’s piece! The “musicians” (instrumentalists) and singers took their places around the organ in the gallery which was stunningly built above the high altar, opposite the King, who could observe all the clergy and the Musique (musicians) from the royal gallery. Thanks to several Livres de Motets pour la Chapelle du Roy which were preserved, we can acquaint ourselves with the words of motets performed in front of the King at certain periods, and the names of their composers.

The motet à grand chœur et symphonie, which was set to a Latin text more or less in accord with the liturgy, generally consisting of a psalm or, less frequently, a canticle (Magnificat), is arranged into a suite of “récits” (recitatives) – soloists’ arias, duets, trios – and five-voice choirs accompanied by the orchestra. In order to convey the eloquence of the texts which were often heard at the service, and sustain the audience’s interest, all musical means were implemented in accordance with the concept of figures of speech as used by great preachers. Working within the tradition’s framework, Blanchard modelled the musical form on that of the psalm’s verses, but he approached the sacred texts in a highly individual manner. He made use of a wide array of emotions, mirroring the diversity of expression – jubilatory and vivacious when the text called for it; elsewhere full of contrasts and dramatic effects; whilst blessed felicity was set to song over the most delightful “lullabies.”

Founded on the aesthetic concept of imitation, some themes are evocative. A quick stream of quavers elevates the Magnificat’s “et exultavit spiritus meus,” and the skipping mountains “montes exultaverunt” in In exitu Israël. The audience at the Concert Spirituel on All Saints’ Day in 1742 would certainly not have been unmoved by the spectacular chorus which opened the De profundis


with its interval drop down into the “depths” and the extended cry “clamavi” in the poignant key of F minor, little used at the time.

When a fine singing performance or a pleasing combination of sounds is achieved, it is not unheard of for a soloist’s recitative to hold the attention of listeners simply due to a voice’s beauty or vocal virtuosity. It alone may determine the success of an entire motet. In 1762, the Chapel’s pages were increasingly replacing the ageing Italian falsettos and castratos, especially at the Concert Spirituel. At that time, as a result of a single arietta sung by the young page, Richer, which met with considerable success (was it “Simulacra gentium” in In Exitu Israël?), the critic observed that, “the entire motet will always produce a satisfying effect and will give... a favourable idea about its author’s talent.”

It happens that the three motets showcased on this CD open with a chorus which is a fairly infrequent occurrence in Blanchard’s works, but it is justified by the powerful words of the psalmist: celebration of the end of the Exodus and the coming forth from Egypt; supplication of the Lord in their distress; and amazed exultation of the Virgin Mary. Whether Blanchard was writing a chorus set to a plainsong theme or a pleasant line of “pure music,” he knew how to vary effects. Comprised of simple chords, the whole “Sustinuit” chorus from the De Profundis is a dialogue between the large five-voice choir and the small three-voice choir, conveying a somewhat dispassionate levity which contrasts with the anguished fervour of the opening chorus. The musician knew which compelling image to choose to make a chorus spectacular: in In exitu Israël, the choir sings “mota est terra,” ‘trembling’ with fear in the same way as the “Trembleurs” stuttered with cold in Isis by Lulli. The dramatic mood is created by the harmonic tension when the surprising modulation into a minor key reinforces the “sanctification of Israel” in the formidable homophonic passage, “Facta est Judea... Israël potestas ejus” at the end of the first verse of In exitu Israël. Blanchard also thought up highly intense five-voice contrapuntal developments for the fuguestyle chorus, “Fecit potentiam” from the Magnificat, broken up by a galloping rhythm which takes hold to convey “dispersit superbos.” In the instrumental work, the melodic texture of the themes often has a violinistic nature with Italian-style traits (in “Et exultavit” from the Magnificat) or in the instrumental ritornellos of the


grand choruses built on the ritornello pattern of Italian works which were held in high regard at the Concert Spirituel. The motets of the 1750s are inventive when it comes to instrumental colours and provide delightful combinations, especially with the use of horn, clarinet, pizzicato, the brilliance of the bassoon in the basse-taille (baritone) and bassoon pairing or the blend of the countertenor with two flutes without bass.

The motet In exitu Israël for the quarter starting in April, 1749, provided an almost unique palette of sound effects.

In this extremely long Psalm 113, the psalmist calls on the river and sea as witnesses of the miracles accomplished by the Lord in the history of his people. Blanchard places emphasis on eight verses which are all, “poignant pictures in the Holy Scriptures.” In view of the fact that “storms” are daily phenomena at the opera, it seemed that the mention of an earthquake and the crossing of the Red Sea made for a superb opportunity to include these events at the Chapel. A stormy, virtuosic symphony interwove waves and gusts of wind played on string tremolo in the moving ebb and flow of soft and loud nuances. In the ensuing diminuendo, which was not yet used widely in 1750, Blanchard showed himself to be an innovator in the treatment of dynamics. All these colourful details contributed to the motet still earning acclaim at the Concert Spirituel in 1763.

However, Blanchard’s originality resided in the liveliness of his rhythms. As with other natives from the South of France, he sometimes dropped the “fluidity” of French recitatives in favour of Provençal-tinged themes or dance rhythms. Accordingly, the refrains on the “Rondeau-form” choruses, the “Quia fecit mihi magna” and “Sicut locutus est” from the Magnificat, bestow a joyful vision upon the verses they illustrate.

Blanchard’s works were composed over the thirty years of his Versailles career. They indicate how French style evolved in the Eighteenth Century. Under various influences, a new aesthetic came about which advocated naturalness and simplicity, conveying the aspirations and feelings of the human heart. This change was especially noticeable in instrumental music and opera but can also be detected in church music which never had solely musical objectives – spiritual emotion can be born of aesthetic enjoyment. Lecerf de la Viéville wrote as early as 1704, “Music attracts people to churches and makes them popular. It would be wrong only to attend willingly on days when


there is outstanding music, but it is not a bad thing to attend with a bit more joyfulness on those days!” With Blanchard’s constant concern for the text’s profound meaning and the expression of the religious intention, the countless new versions of soloists’ recitatives and choruses prove that he was able gradually to match his style with his listeners’ sensibility. This he did whilst remaining “very scholarly” without ever ceasing to be “in keeping with the grandeur of the subject.”

Bernadette Lespinard, Doctor of Musicology,

Honorary Professor of Analysis at the CRR in Grenoble.

Notes on Re-creation and Performance - Jean-Marc Andrieu.

The three motets à grand chœur which feature on this recording illustrate two periods in Blanchard’s creative life at Versailles. The De Profundis (1740) and Magnificat (1741) date from the maestro’s early time at Versailles (he was appointed in 1738). As for the later In Exitu Israël (1749), it attests to a remarkable development in his musical language. Indeed, the first two motets fit into the classical aesthetic of Campra and Delalande (whose religious works would remain in the repertoire of the Royal Chapel and Concert Spirituel until the end of the Ancien Régime). By comparison, In Exitu shows a modernisation of musical approaches certainly due to the influence of his new colleagues, amongst whom Mondonville comes inevitably to mind. (He arrived in Paris in 1738 and was appointed assistant to the King’s Chapelmaster in 1744.) Although it is hard to assess the reciprocal influence assistant Chapelmasters had on one another, it is highly likely that the change in tastes in the middle of the Eighteenth Century played a prominent role in the rivalry which inexorably percolated into their relationships. Accordingly, the Italianisation trend, which was naturally facilitated by masters of Southern French origin, can plainly be felt in works intended for the Royal Chapel.

Re-creation of Blanchard’s scores is based on two sources preserved at the Bibliothèque Nationale: autograph manuscripts alphabetically listed and bound in four volumes; and the magnificent collection by M.F. Bêche; a copy of eleven motets (including the De Profundis). This collection dates from 1788 and demonstrates the admiration which the transcriber had for his master.


There was a choice of variants for the Quia apud te from the De Profundis. We evidently favoured performing the second (later) version of this aria which was probably written for Marie Leszczińska’s funeral in 1768. Moreover, a second version of the final chorus from the In Exitu can be found at the end of the motet. It is muddled, hard to use and so we chose not to use it.

Orchestration is undoubtedly the most tricky aspect to deal with insofar as sources only very rarely specify which instruments to use (most frequently only indicated at the beginning of the motet). Hence, we have relied on common practice, comparison with other contemporary pieces, the tessitura and ambitus of parts, the keys used, the idiomatic formulæ specific to each instrument, and the extremely rare separate parts. How to configure the strings is also a problem because the intermediate parts are not always shown in the manuscripts. We certainly have to add these when staves have been left empty but orchestration options usually have to be decided upon bearing in mind the balance with solo voices, the passage’s theatrical intensity, or equally, the harmonic or contrapuntal treatment of a piece.

The woodwind mentioned at the beginning of the motet is used in certain pieces to reinforce and colour the instrumentation (two oboes for the Magnificat; two flutes and two bassoons for the De Profundis; two oboes, two piccolos, two bassoons, two horns and kettledrums for In Exitu Israël). The basso continuo, serving as a harmonic and rhythmic underpinning, employs organ, cello, double bass and bassoon. Presence of the serpent would suggest that this instrument, which was still utilised at the Royal Chapel in the middle of the Eighteenth Century to fortify plainsong, might possibly have been a part of the daily service. In any case, it lends a characteristically French colouration to the orchestra.

The musicians ensure a balance between the orchestra and choirs for the sake of respecting the text’s intelligibility (pronounced in the French way) and make possible a dramatic quality in accord with the era’s stylistic changes.

Regarding concert pitch, P.Y. Asselin’s studies mention a frequency of 409 Hz in the middle of the Eighteenth Century at the Opéra and the Royal Chapel in France (remembering that it previously stood at around 390 Hz). So, we have chosen a concert pitch of 415 Hz, which is closest to this estimate and allows for improved and proper vibrancy of the voices.


Lastly, great importance is always given to rhythm linked with prosody. As Bernadette Lespinard stressed, rhythm is emblematic of Blanchard’s originality. As with his Provençal contemporaries (Gilles and Campra in particular) dance is the driving force behind every musical intention of his communicative energy.

We hope that the beauty of these pieces written by a composer who was as famous in his time as he is unknown to us today, will win over audiences. Blanchard’s forty-three preserved motets à grand chœur bear witness to a century experiencing significant aesthetic change. One of the great successes of these works will have been the reconciliation of modern expression with the “grandeur of the subject.” Les Passions – Orchestre Baroque de Montauban (Montauban Baroque Orchestra) “The intention of music is not only to please the ear, but to express sentiments, stir the imagination, affect the mind, and command the passions.” Geminiani, The Art of Playing on the Violin, 1751.

Les Passions – The Montauban Baroque Orchestra was formed by recorder player Jean-Marc Andrieu in Toulouse in 1986 and has a residency in Montauban. The ensemble is flexibly-sized and specialises in playing period instruments. Its artistic approach reconciles two principles: respect for early playing techniques; and dynamic performance of the musical discourse. Repertoire Les Passions plays a broad range of music. There are small instrumental groups, grand oratorios, historical shows, French, Italian, German and English Baroque music, and blends of traditional and oriental music.

The orchestra provides innovative shows wherein it delights in combining music with film, theatre, literature, dance, and even culinary arts! Musical Collaborations The orchestra performs by itself or it accompanies singers under the baton of its artistic director or the choirmasters who invite it. It frequently collaborates with Le Chœur de Chambre Les


Éléments (conducted by Joël Suhubiette) and Chœur du Capitole from Toulouse (conducted by Alfonso Caiani).

Regional, National and International Renown Les Passions was invited by the French Embassy in Rome (Palazzo Farnese), by the festival Oudemuziek Utrecht (Netherlands), various organisations in Spain, including Música, Historia i Art in Valencia, Música Antigua in Saragossa, Fes, Amsterdam, as well as Switzerland, Hungary, and so on. In 2014 and 2016, the orchestra was invited by the French Embassies and Alliances Françaises, and, assisted by the French Institute, they went on two tours of Bolivia and Peru, followed by Bolivia and Chile.

In France, the orchestra has been invited by such prestigious events as the Chaise-Dieu Festival to perform its famous triptych dedicated to Jean Gilles; and other events in Lessay, Sablé-surSarthe, Pontoise, Lanvellec, Sylvanès, Odyssud-Blagnac, Conques, Toulouse-les-Orgues, Sorèze, Strasbourg, Radio France Montpellier, Avignon, etc., and on the Island of Reunion.

In 2011, 2013 and 2015, the orchestra took part in the Passions Baroques à Montauban. In 2013 and 2014, Jean-Marc Andrieu conducted Les Passions and the Chœur du Capitole at the Théâtre du Capitole in Toulouse, and then at the Pontoise Baroque Festival performing Motets Versaillais by Rameau and Mondonville.

Discography Every CD by Les Passions released by the Ligia label has met with huge success: Con Voce Festiva (Scarlatti), Venitian Vespers (Porpora/Vivaldi), Noël Baroque Occitan, and Beata est Maria, a collection of motets for three male voices by Marc-Antoine Charpentier. Since 2008, Jean-Marc Andrieu has endeavoured to showcase the major works of Jean Gilles. Accordingly, there have been three releases which were brought together in a box set in 2013: Requiem (2008), Lamentations (2010) and Te Deum, Messe en Ré (2012).

Released in 2014, FolieS! is a purely instrumental CD featuring the favourite instrument of Les Passions’s musical director – the recorder.

For the 2016 autumn season, the book and CD set, Magnificat à la Chapelle Royale de Louis XV


(Magnificat at Louis XV’s Royal Chapel), by Antoine-Esprit Blanchard, will bring together three “motets à grand chœur,” two of which have never been released.

Discovering Regional Musical Heritage: The Masters of Southern French Baroque. By virtue of his in-depth musicological and historical research, and considerable re-creation studies into forgotten or lost scores, Jean-Marc Andrieu has established himself as being the Jean Gilles specialist. His recent discoveries have led him to revive unpublished works by the composer Antoine-Esprit Blanchard, on stage as on CD.

In 2016, to celebrate the thirtieth anniversary of Les Passions, under the honorary chairmanship of Gilles Cantagrel, several events will be organised in Montpellier, Toulouse and Montauban, including concerts, academic conferences, exhibitions, lectures and so on.

Residency and Backing The Les Passions Orchestra has a residency in Montauban. It is subsidised by the City of Montauban, the Urban Community of Grand Montauban, The General Council of Tarn-et-Garonne and the City of Toulouse. The ensemble receives grants which are available to approved ensembles from the Occitanie Pyrénées-Méditerranée Region and the Ministry of Culture and Communication/Prefect of the Occitanie Pyrénées-Méditerranée Region, as well as from MP Valérie Rabault’s special parliamentary subsidy fund. It regularly receives support for its recordings from SPEDIDAM, the French Institute and ADAMI. It is a member of the PROFEDIM and FEVIS.

Jean-Marc Andrieu, Musical Director of Les Passions Jean-Marc Andrieu began his musical studies at the Toulouse National Regional Conservatoire, where he obtained first prizes in recorder, chamber music and musical theory. He continued his musicological studies at the same establishment. He developed a passion for early music and honed his recorder playing and performance skills at the Sweelinck Academy in Amsterdam. He holds Certificates of Aptitude in recorder playing, choral conducting and academy direction. JeanMarc Andrieu has been Director of Montauban Conservatoire since 1991.

In 1986 in Toulouse, he formed a Baroque instrumental ensemble which has enjoyed growing renown. It became known as the Orchestre Baroque de Montauban in 1991, and then Les Passions in 2003.


In addition to great works and known pieces from the Baroque repertoire, Jean-Marc Andrieu endeavours to revive works which have never been released before or have been forgotten. He shows the explorer’s spirit, unearthing rare scores for which he carries out extremely important re-creation research. His onstage and recorded version of the complete works of Jean Gilles is an international benchmark.

In 2016, he is showcasing Antoine-Esprit Blanchard, adding a further stone to the edifice of Southern French Baroque music.

Jean-Marc Andrieu enthusiastically continues his research into discovering regional heritage (Toulouse, Dukes of Aiguillon, Montauban, Provence, Languedoc, and so on).

His dual skills as conductor and choirmaster lead him to take part on a regular basis in programmes and recordings of Baroque and opera music both in France and abroad. He is frequently invited to be a member on competition panels.

Chœur de chambre les éléments (Les Éléments Chamber Choir – www.les-elements.fr) Since Les Éléments Chamber Choir was formed by Joël Suhubiette in Toulouse in 1997, it has gone on to become one of the leading ensembles on the French professional choral scene. In 2005, Les Éléments was awarded the Liliane Bettencourt Foundation Prize for choral singing by the Académie des Beaux Arts (Fine Arts Academy), and won an award at the Victoires de la Musique Classique in 2006. The ensemble distinguishes itself in the performance of repertoires ranging from the Renaissance to contemporary creations, and regularly commissions works from today’s composers. Les Éléments performs a cappella, with an instrumental ensemble, or in oratorios in Toulouse, in its local region, as well as at the most prestigious national and international venues.

Les Éléments Chamber Choir is frequently invited by renowned orchestras and conductors, such as Jérémie Rhorer, Emmanuel Krivine, Philippe Herreweghe, Christophe Rousset, et al. It works with the Orchestre National du Capitole de Toulouse, and performs for stage productions at the Opéra Comique and the Théâtre des Champs Élysées.

Les Éléments record under the baton of Joël Suhubiette for various labels, including l’Empreinte Digitale, Hortus, Virgin Classics and Naïve.


Les Éléments Chamber Choir is an ensemble approved by the Ministry of Culture and Communication –Regional Direction of Cultural Affairs of Occitanie Pyrénées-Méditerranée, by the Occitanie Pyrénées-Méditerranée Regional Council and the City of Toulouse. It is subsidised by the General Council of the Haute-Garonne Department. Mécénat Musical Société Générale is the main sponsor of the Les Éléments Chamber Choir. Les Éléments have had a residency at Odyssud Blagnac since 2001, and at l’Abbaye-École de Sorèze since 2006.

Anne Magouët Following comprehensive literary and musical studies as a viola player, Anne Magouët started singing at the Nantes Regional National Conservatoire where she obtained gold medals in singing, early music and opera, as well as an advanced studies award in singing and opera in Annie Tasset’s class. She went on to perfect her skills with Alain Buet. She performs in recitals as a solo soprano and is invited by such ensembles as, Jacques Moderne, Stradivaria, Les Sacqueboutiers de Toulouse, Concerto Soave, La Grande Ecurie et La Chambre du Roy, Les Éléments, Pierre Robert, Les Folies Françoises, Le Poème Harmonique, Les Passions, Sit Fast, Les Traversées Baroques, Le Concert Spirituel and many others. In parallel with her classical repertoire, which ranges from the Renaissance to contemporary music, she has taken part in various projects with jazz musicians, including David Chevallier (Gesualdo Variations, Double Dowland, Sit Fast & Fear Not, Emotional Landscapes), Alban Darche, Dominique Pifarély, Marc Ducret, and others. 2013 was a great year with her initiation into the Confrérie des Chevaliers du Tastevin (The Brotherhood of the Knights of the Wine-Tasting Cup) at the gala to celebrate the Brotherhood’s Printemps et de la Musique Chapitre (chapter) at the Château du Clos de Vougeot. Amongst other things, 2014 saw the creation of the EP, Emotional Landscapes (songs by Björk played on early instruments), and the release of the CD “Dowland – A Game of Mirrors.” In 2015, there was the Messe in B and the Grande Messe in C with conductor Jean-Claude Malgoire, concerts at La Folle Journée in Nantes, the recording of a CD of Henry Madin’s music with the Stradivaria Ensemble, the Paradise and the Peri by Schumann, and the new collaboration with Le Concert Étranger.


François-Nicolas Geslot François-Nicolas Geslot studied singing in Italy with Arrigo Pola thanks to a scholarship awarded by the Ministry of Culture. In 1992, he entered the Paris Bastille École de l’Opéra in Anna-Maria Bondi’s class.

Following his début at the Palais Garnier in Poulenc’s Chevalier de la Force, Dialogues of the Carmelites, and playing a Jew in Salome at the Opéra Bastille, he became a member of the Opéra Comique company in Paris. He went on to sing in many operas both in France and abroad.

François-Nicolas Geslot performs at the Opéra Bastille, Châtelet, Palais Garnier, Hamburg Staatsoper, Concertgebouw Amsterdam, Opera de Gand and Anvers, Théâtre des Champs Élysées, Grand Théâtre de Luxembourg, Radio France, Cremona Opera House, at the Maggio Musicale Fiorentino and many other festivals.

His passion for Baroque music has led him to work as a countertenor with various ensembles, such as William Christie’s Arts Florissants, Il Seminario Musicale, Le Concert Spirituel, Le Poème Harmonique, La Simphonie du Marais, La Fenice, le Parlement de Musique, les Agréments, Gabriele Garrido’s Elyma Ensemble and Les Passions.

He has made numerous recordings, including the recent Missa Assumpta Est by Charpentier, conducted by Hervé Niquet and released on the Glossa label.

François-Nicolas Geslot recently gave his first performance of Platée by Rameau in Bremerhaven, Germany. It met with great success. He performed again at the Mondonville concert with the Orféo Ensemble conducted by Françoise Richard; and will record a CD of airs de cour (secular vocal music) by Michel Lambert with the Il Festino Ensemble.


Bruno Boterf Following university studies in musicology, Bruno Boterf decided to focus on a singing career. He quickly found a place under the batons of the finest conductors, performing in the Cantatas and Oratorios of Bach and Handel, and liturgical works by Monteverdi, Cavalli, Mozart, Rossini, et al. In parallel, he acquainted himself with the mysteries of mediaeval music, whilst performing contemporary music in the Groupe Vocal de France and the 2E-2M and l’Itinéraire Ensembles.

He has performed on stage in many operas, conducted variously by Jean-Claude Malgoire, William Christie, Marc Minkowski, Hervé Niquet and so on, while working regularly with Mireille Larroche and La Péniche Opéra.

Bruno Boterf has a passion for music of the Renaissance and early Baroque and works with the following ensembles: Akâdemia, Les Passions, William Byrd, Mensa Sonora, Les Witches, Les Sacqueboutiers and La Fenice. He has a particular penchant for the French repertoire from the end of the Sixteenth Century, and polyphonic French chanson.

He holds a Certificate of Aptitude in Early Music and, as such, has taught at the CRR in Tours and Liège Royal Conservatoire. He is a singing teacher specialising in Early Music at the Lyons Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD – National Higher Conservatoire of Music and Dance). He is regularly invited to give lessons and masterclasses at polyphonic music centres and other organisations.

His experience in polyphonic music and participation in projects by the Clément Janequin Ensemble for over twenty years have led him to form his own ensemble, Ludus Modalis, a vocal and sometimes instrumental group. Their repertoire finds its source in the vocal music of the Renaissance and the beginning of the Baroque era.

Bruno Boterf has made numerous recordings for the Harmonia-Mundi, Ricercar, Alpha, Erato, CBS and Auvidis labels, including Ramée record company with the Ludus Modalis Ensemble and, most recently, Ricercar for the first instalments of a Henry Du Mont project for which he intends to take on artistic direction.


Alain Buet Following Alain Buet’s studies at the CNR in Caen and the CNSM in Paris, his work under the great American teacher Richard Miller would signal his entry into the world of music. He then embarked on a career as a soloist and instructor.

His clear, mellow voice and taste for discovery have led him to sing a huge secular and religious repertoire ranging from the Sixteenth to Twentieth Centuries. He is regularly invited to perform at the most prominent international festivals (Beaune, Epau, La Chaise Dieu, Les Promenades Musicales du Pays d’Auge, Les Folles Journées in Nantes, Septembre Musical de l’Orne, Versailles (Chapelle Royale and Opéra), Fez, Innsbruck, Istanbul, Cremona, Parma, Beethoven Fest in Bonn, Leipzig, J.S. Bach Festival in Lausanne, Amsterdam (Concertgebauw), and others.

He has acquired stage experience thanks to his work with Jean-Claude Malgoire. He also takes part in several tours with Les Arts Florissants, conducted by William Christie.

His already prolific discography has recently been added to by several recordings under the baton of Jean-Claude Malgoire, Olivier Schneebeli, David Stern and the L’Arpeggiata Ensemble, Le Parlement de Musique, Le Concert Spirituel, Les Musiciens de Monsieur Croche, Les Folies Françoises, Les Passions, etc.

Alain Buet is founder and coordinator of the Les Musiciens du Paradis Ensemble. As holder of a Certificate of Aptitude, he has taught singing at the National Higher Conservatoire of Music in Paris since 2007.


1-Chœur Magnificat anima mea Dominum,

MAGNIFICAT

2-Récit de Basse-Taille Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo. Quia respexit humilitatem ancillae suae. Ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

3-Récit de Dessus et chœur en rondeau Quia fecit mihi magna qui potens est, Et sanctum nomen ejus.

Mon âme exalte le Seigneur, My soul doth magnify the Lord,

Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante ; Désormais, tous les âges me diront bienheureuse. And my spirit hath rejoiced in God my Saviour For He hath regarded the lowliness of his handmaiden. For, behold, from henceforth all generations shall call me blessed. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom. For He that is mighty hath magnified me, And holy is His Name.

4-Récit de Taille Et misericordia ejus a progenie in progenies timentibus eum. Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. And His mercy is on them that fear Him throughout all generations. 5-Chœur Fecit potentiam in brachio suo. Dispersit superbos mente cordis sui. Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes. He hath showed strength with His arm. He hath scattered the proud in the imagination of their hearts.


6-Trio Haute-Contre, Taille et Basse-Taille Deposuit potentes de sede, Et exaltavit humiles.

7-Duo de Dessus Esurientes implevit bonis, Et divites dimisit inanes.

8-Récit de Basse-Taille Suscepit Israël puerum suum, Recordatus misericordiae.

9-Récit de Haute-Contre et chœur Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham et semini ejus in saecula.

10-Chœur Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc, et semper, Et in saecula saeculorum, amen.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. He hath put down the mighty from their seat, And hath exalted the humble and meek. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. He hath filled the hungry with good things, And the rich He hath sent empty away. Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour. He, remembering His mercy, Hath holpen His servant Israel. De la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance, à jamais. As He promised to our forefathers, Abraham and his seed, for ever.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles, amen. Glory be to the Father, and to the Son, and to the Holy Ghost.


As it was in the beginning, is now, and ever shall be, World without end. Amen.

11-Chœur De profundis clamavi ad te, Domine; Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuæ intendentes In vocem deprecationis meæ.

12-Duo Taille et Basse-Taille Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit?

13-Récit de Dessus et choeur Quia apud te propitiatio est; Et propter legem tuam sustinui te, Domine. Sustinuit anima mea in verbo ejus Speravit anima mea in Domino.

DE PROFUNDIS

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel. Que ton oreille se fasse attentive A l’appel de ma prière. Out of the depths have I cried unto thee, O Lord. Lord, hear my voice. Let thine ears be attentive To the voice of my supplications. Si tu retiens mes fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ? If thou, Lord, shouldest mark iniquities, O Lord, Who shall stand?

Mais le pardon est près de toi, Pour que demeure ta crainte. J’espère en Dieu, j’espère de toute mon âme, Et j’attends sa parole. But there is forgiveness with thee, That thou mayest be feared. I wait for the Lord, my soul doth wait, And in His word do I hope.


14-Duo de Dessus A custodia matutina usque ad noctem, Speret Israël in Domino.

15-Récit de Haute-Contre Quia apud Dominum misericordia, Et copiosa apud eum redemptio.

Mon âme attend le Seigneur plus que les veilleurs l’aurore, qu’Israël attende Dieu. My soul waiteth for the Lord more than they that watch for the morning, Let Israel hope in the Lord.

16-Chœur Et ipse redimet Israël Ex omnibus iniquitatibus ejus.

17-Chœur Requiem aeternam, dona eis, Domine, Et lux perpetua luceat eis.

Car près de Dieu est la grâce, Près de lui l’abondance du rachat. For with the Lord, there is mercy, And with Him is plenteous redemption. C’est lui qui rachètera Israël De toutes ses fautes. And He shall redeem Israel From all his iniquities. Donne-leur le repos éternel, Seigneur, Et que la lumière éternelle les illumine. Eternal rest grant unto them, O Lord, And let perpetual light shine upon them.


IN EXITU ISRAEL

18-Marche des Hébreux – Chœur | Journey of the Hebrews In exitu Israel de Aegypto, Domus Jacob de populo barbaro. Facta est Judaea sanctificatio ejus, Israel potestas ejus.

Lorsqu’Israël sortit d’Egypte, Et la maison de Jacob du milieu d’un peuple barbare, Dieu consacra la nation des juifs à son service, Et établit sa puissance sur Israël. When Israel went out of Egypt, The house of Jacob from a people of strange language; Judah was His sanctuary, And Israel His dominion.

19-Récit de Basse-Taille Mare vidit, et fugit: Jordanis conversus est retrorsum.

La mer le vit, et s’enfuit : Le Jourdain remonta contre sa source. The sea saw it, and fled, Jordan was driven back.

20-Récit de Haute-Contre Montes exultaverunt ut arietes: et colles sicut agni ovium.

21-Récit de Dessus et chœur Quid est tibi, mare, quod fugisti ? Et tu, Jordanis, quia conversus es retrorsum ?

Les montagnes sautèrent comme des béliers Et les collines comme des agneaux. The mountains skipped like rams, And the little hills like lambs.

Ȏ mer, pourquoi fuyez-vous ? Et vous, ô Jourdain, pourquoi remontez-vous contre votre source ? What ailed thee, O thou sea, that thou fleddest? Thou Jordan, that thou wast driven back?


22-Tremblement de terre – Chœur | Earthquake A facie Domini mota est terra, A facie Dei Jacob.

23-Moïse frappe au rocher – Haute-Contre et chœur Moses struck the rock Qui convertit petram in stagna aquarum, Et rupem in fontes aquarum.

24/25-Récit de Dessus et chœur Non nobis Domine, non nobis: Sed nomini tuo da gloriam.

26-Récit de Haute-Contre Super misericordia tua et veritate tua: Nequando dicant gentes: Ubi est Deus eorum?

La terre a été ébranlée à la vue du Seigneur, À la vue du Dieu de Jacob. Tremble, thou earth, at the presence of the Lord, At the presence of the God of Jacob.

Qui changea la pierre en des torrents d’eau, Et la roche en des fontaines. Which turned the rock into a standing water, The flint into a fountain of waters. Ne nous donnez point de gloire, Seigneur, Donnez-la seulement à votre nom. Not unto us, O Lord, not unto us, But unto thy name give glory.

A cause de votre miséricorde et de votre vérité : De peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ? For thy mercy, and thy truth's sake. Wherefore should the heathen say, Where is now their God?


27-Récit de Haute-Contre Simulacra gentium argentum et aurum, Opera manuum hominum. Os habent, et non loquentur, Oculos habent, et non videbunt, Aures habent, et non audient, Nares habent, et non odorabunt, Manus habent, et non palpabunt, Pedes habent, et non ambulabunt, Non clamabunt in gutture suo.

28-Chœur Non mortui laudabunt te, Domine ; Neque omnes qui descendunt in infernum.

29-Dernier chœur Sed nos qui vivimus, benedicimus Domino, Ex hoc nunc et usque in saeculum.

Les idoles des nations ne sont que de l’or et de l’argent, Et l’ouvrage des mains des hommes. Elles ont une bouche, et ne parlent pas, Elles ont des yeux et ne voient pas, Elles ont des oreilles et n’entendent pas, Elles ont des narines et ne sentent pas, Elles ont des mains et ne touchent pas, Elles ont des pieds et ne marchent pas, Une gorge et ne peuvent pas crier. Their idols are silver and gold, The work of men’s hands. They have mouths, but they speak not, Eyes have they, but they see not, They have ears, but they hear not. Noses have they, but they smell not, They have hands, but they handle not, Feet have they, but they walk not. Neither speak they through their throat. Les morts, Seigneur, ne vous loueront point ; Ni tous ceux qui descendent dans l’enfer. The dead praise not the Lord, Neither any that go down into silence. Mais nous qui sommes vivants, nous bénissons le Seigneur Depuis ce temps jusqu’à l’éternité. But we will bless the Lord From this time forth and for evermore.


Cet enregistrement est une coproduction Les Passions | Radio France Le Festival de Radio France et Montpellier Occitanie Pyrénées-Méditerranée et Ligia (Eric Baratin, producteur exécutif). Enregistrement réalisé par Radio France à l’Opéra Comédie de Montpellier le 25 juillet 2016 dans le cadre du Festival de Radio France et Montpellier Occitanie Pyrénées-Méditerranée (Direction : Jean-Pierre Rousseau | Production artistique : Corinne Delafons).

Prise de son : Radio France Musicien metteur en ondes : Etienne Pipard Directeur du son : Catherine Déréthé Assistants à la captation : Célia Dufour, Clothilde Thomas, Laure Jung-Lancrey Editing : Adrien Roch (P) Radio France

Ce concert a été diffusé en direct le 25 juillet 2016 sur France Musique.


Ont participé au financement de ce livre-disque : le Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Occitanie Pyrénées-Méditerranée) la Région Occitanie Pyrénées-Méditérranée, le Conseil Départemental de Tarn-et-Garonne, la Ville de Montauban, la Ville de Toulouse, l’ADAMI, la SCPP, le Festival de Radio France et Montpellier Occitanie Pyrénées-Méditerranée, Radio France, Ligia, Odyssud et le Festival Toulouse les Orgues.

L’ADAMI, société des artistes-interprètes, gère et développe leurs droits en France et dans le monde pour une plus juste rémunération de leur talent. Elle les accompagne également avec ses aides aux projets artistiques. Jean-Marc Andrieu, Les Passions et Ligia remercient tout particulièrement : Bernadette Lespinard, Jean-Pierre Rousseau, Corinne Delafons, Joël Suhubiette, l’ensemble des médias, leurs mécènes et partenaires financiers, l’association Les amis des Passions présidée par Jean-Paul Sevoz.

Illustation de couverture : décor de la chapelle royale de Versailles, exécuté entre 1708 et 1710 : chapelle de la Vierge, calotte du plafond : "l'Assomption de la Vierge" (C. C. 781) MV8802 Boullogne Louis, le Jeune (1654-1733) Localisation : Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon Photo (C) RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

Contacts : Jean-Marc Andrieu, direction artistique Pierre-Bernard Kempf, administration | administration@les-passions.fr Aurélie Malka, production | production@les-passions.fr Catherine Kauffmann-Saint-Martin, relations presse/communication/coordination | cksm@wanadoo.fr Daniel Halm, Jean-Marc Boussin et Fabienne Azéma, bureau de l’association Les Passions – Orchestre Baroque de Montauban | www.les-passions.fr Impasse des Carmes | 82000 Montauban | Tél : +33 (0)5 63 22 12 68 Siret : 383 533 031 00027 | APE : 9001Z Licences entrepreneurs de spectacles : 2-1053249 et 3-1053250 Ligia Digital sàrl | 9 impasse des nénuphars | 03700 Bellerive-sur-Allier | ligia-digital@sfr.fr Eric Baratin, directeur | Olivier Vernet, directeur artistique

Orchestre Les Passions, Choeur de chambre Les Elements, Jean-Marc Andrieu - Blanchard: Magnificat a  

As Jean-Marc Andrieu presses ahead with the rediscovery of Antoine Blanchard’s works which he began thirty years ago, he has ably performed...

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